POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Les deux princes [Pogrow, Zyrwick, (Arnzeck)]

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MessageSujet: Les deux princes [Pogrow, Zyrwick, (Arnzeck)] Mar 19 Jan - 18:31

HJ: La suite de notre intrigue...
Je jouerai le rôle de Valvimar, ce qui ne vous empêche de le décrire à votre manière selon vos besoins. J'ai mis la participation d'Arnzeck entre parenthèses, non pas que je veux l'exclure, mais je ne suis pas certain que ce RP l'intéresse spécialement. S'il veut participer, pas de souci.
---

Une faible lueur progressait dans les couloirs souterrains du Loch Ness, au rythme des pas du petit groupe de gobelins. En tête, Zyrwick tenant le lampion, et Pogrow, ouvraient la marche. Derrière eux suivaient Trokpok et Arnzeck. La bande marchait dans le plus grand des silences. Ici, tout le monde savait combien le moindre bruit pouvait être fatal. Un seul éternuement, répercuté par l'écho des parois rocheuses, devenait un véritable coup de canon. Aussi, on s'efforçait à la plus parfaite des discrétions, et même chaque pas était soigneusement pesé avant d'être effectué. A tout moment, une bête sauvage pouvait surgir. Alors que Trokpok, de son courage naturel, tendait à rallentir la marche, Pogrow, lui, avançait à une allure que Zyrwick était constamment obligé de modérer tant elle était imprudente. En dépit de ses longues années d'enfermement, le prince déchu avait vite retrouvé l'usage de ses jambes, bien qu'il manquait un peu d'adresse, par contre, il avait oublié la dangerosité de son entourage naturel. Il n'était pas conseillé de se précipiter dans ces grottes mal famées. Mais le prince semblait trop enthousiasme à l'idée de revoir son royaume pour se discipliner. Pourtant, lorsqu'un bruit sourd fit dresser les oreilles des quatre gobelins, Zyrwick lui imposa l'arrêt en le retenant par le bras. A son grand regret, Pogrow dut patienter.
A présent qu'ils étaient immobiles et concentrés, ils entendaient clairement les échos d'un vacarme lointain. Des grognements, des cris, des entrechoquements, des sons métalliques... Les parois rocheuses se faisaient les messagères de ce qui ressemblait clairement à une bataille.
Pogrow réagit le premier et voulut se précipiter.

-On se bat dans mon royaume!
-Arrêtez!

Une seconde fois, Zyrwick le retint par le bras, plus fermement. Il n'accorda aucun regard au gobelin, continuant de tendre l'oreille. Trokpok gémit.

-Je... je crois que ça se rapproche!
-Mettez vous à couvert!

Dans la désorganisation la plus totale, ils cherchèrent chacun une cachette, mais avant qu'ils n'aient le temps d'y parvenir, les responsables de ce bruit croissant étaient déjà là. Cinq ombres bondirent du haut d'un précipice en poussant des jurons, tenant à la main ce qui apparaissaient clairement être des armes. Malgré la fureur qui semblait agiter leurs jambes, ils s'immobilisèrent en apercevant ceux qui se trouvaient en travers de la route. Les deux groupes se dévisagèrent longuement. Zyrwick frémit en détaillant les costumes de ces créatures trapues. Ils portaient des boucliers en bois marqués d'une tâche verte, leur peau était rougeâtre. C'était des gobelins d'Aryonemen.

-Mes ennemis! Rugit Pogrow en réalisant à son tour à qui il faisait face.

Aussitôt, il empoigna une hache et ce fut le signal d'un affrontement sauvage. Les cinq guerriers brandirent leurs gourdins et se précipitèrent sur Pogrow et Arnzeck qui vint le rejoindre. Zyrwick ne croyait plus en sa capacité de se battre au corps-à-corps et estima plus intelligent de rester à l'écart, le temps de mettre la main sur quelques outils de son sac. Quant à Trokpok, le fait qu'il osa prendre son arc était déjà un exploit. D'une flèche bien placée, il immobilisa un adversaire tandis qu'Arnzeck en étendait un autre d'un fameux coup de poing. Pogrow, lui, brisait les armes désuètes de ses ennemis à coup de hache avant de fendre leur crâne. Réduit de moitié, le groupe de pillards préféra fuir aussi vite qu'il était apparu lorsque Zyrwick sortit de son sac quatre sarbacanes qui prirent leur envol au déclenchement d'une petite boîte à musique. Au son de l'instrument mécanique, les quatre tubes en bois se mirent à léviter et commencèrent à faire pleuvoir sur les trois derniers gobelins une pluie de fléchettes. Ils filèrent sans en demander plus.

Retrouvant le calme, les quatre gobelins se dévisagèrent, plus ou moins anxieux selon la personnalité.

-Ces gobelins semblaient fuir lorsqu'ils nous ont croisé, fit remarquer Arnzeck en essuyant sa lame.
-On entend toujours les échos d'une bataille. Ils devaient probablement battre en retraite.
-Aryonemen est l'ennemie d'Anclar, ce sont sur mes terres qu'ils se battent!

Ce rugissement de Pogrow fut le signal de départ. Ils repartirent hâtivement en espérant ne plus faire de mauvaises rencontres. Au fur et à mesure qu'ils approchaient, ils ne cessaient de croiser des gobelins dans un état de plus en plus lamentable, qui ne faisaient même plus attention à eux. Une bataille sanglante devait faire rage à quelques pas de géant d'ici. Enfin, ils arrivèrent au sommet d'une falaise qui débouchait sur une large caverne dans laquelle se jouait effectivement une belle bataille. Des gobelins dans tous les sens s'administraient des coups avec rage et cruauté. Le sol était jonché de cadavres et leur nombre ne cessait d'augmenter. Partout, des blessés se trainaient au sol dans l'espoir de parvenir à quitter le terrain, ce qui arrivait quand ils ne recevaient pas un mauvais coup entretemps. La scène était éclairée d'un grand brasier dont la provenance intriguait Zyrwick. Penché, il aperçut un gobelin soufflant de toutes ses forces dans un long tube en bois qui crachaient des flammes et poussaient des rugissements terribles. Malgré son état délabré, l'engin faisait des ravages.

-Une trompe de dragon! Un souvenir de Mlijëv?
Pogrow arbora un sourire fier en constatant à son tour la présence de cette arme, issue d'un pillage lointain mais réussi du temps où la cité avait encore à craindre d'Anclar.
-Cette arme n'est pas à la portée du premier venu... L'imbécile!

Zyrwick leva un doigt vers le joueur de trompe. Il semblait connaitre quelques difficultés à manipuler son arme, les flammes devenaient de plus en plus denses, mais au lieu de se répandre sur l'ennemi, elles dévoraient également ses alliés. La trompe rougissait et se fissurait de toute part, dans un craquement sinistre, elle finit par éclater et le feu jaillit dans tous les sens engloutissant tous ceux qui se trouvaient trop près, y compris le responsable. Se relevant doucement, Zyrwick déclara d'une voix sombre:

-Le crime ne réussit jamais, pas même vingt ans après.

Pogrow aurait volontiers riposté, mais ils avaient plus important pour l'heure. Cet accident dévastateur parut marquer la fin d'une bataille qui perdait déjà en intensité depuis quelques minutes. Désormais, il y avait davantage de gobelins qui regagnaient l'arrière en courant que de guerriers au combat. Les deux camps fuyaient.

-Ah! les lâches! Grogna Arnzeck qui aimait toujours les beaux spectacles.

Soudain, un bruit sourd retentit du fond d'une caverne et vint s'éteindre sur le champ de bataille. Comme le bruit d'une cavalcade. C'est alors que surgirent de l'obscurité d'un couloir une dizaine de gobelins montés sur des créatures massives bien que petites. Bien qu'elles remplissaient la même fonction, elles ne ressemblaient pas tellement à des chevaux, mais davantage à des gros chiens ou des loups noirs. Pogrow applaudit l'arrivée de ces cavaliers arborant les couleurs d'Anclar. Ils se déversèrent sur le champ de bataille comme une vague puissante renversant la plupart des guerriers ennemis. Au bout de cinq minutes, ce qui restait des forces d'Aryonemen était définitivement couché au sol, ou en déroute. La bataille était terminée et Pogrow ne put réprimer un cri de joie à l'égard de son peuple. Alertés, les cavaliers gobelins levèrent le nez et virent les quatre voyageurs. Sentant qu'un nouveau moment difficile approchait, Trokpok tira instinctivement une flèche de son carquois, mais comme toujours, Zyrwick le retint.

-Je crois que c'est le moment de déclarer votre retour, prince...

Sous le regard silencieux des cavaliers immobiles, Zyrwick vint se placer au bord du précipice et vida un sachet de poudre bleutée qui matérialisa un escalier magique. Les marches étaient transparentes, comme constituées de lumière, mais leur existence était bien réelle. Le pied ne passait pas à travers. Ainsi, ils purent aller à la rencontre des cavaliers d'Anclar.




Dans son palais, le prince soupirait, impatient de connaitre les résultats de la bataille. Il frottait nerveusement les accoudoirs de son trône en jetant sans cesse des coups d'oeil à la porte. Entendant enfin du bruit venant de l'extérieur, il alla porter un regard par la grande ouverture qui donnait sur le petit royaume d'Anclar et ses maisons en pierres. Les portes venaient de laisser entrer dans la caverne les restes d'une terrible bataille. Sous les yeux des habitants, défilèrent les soldats d'Anclar, avec à leur tête les survivants de la troupe montée. Contrairement à la coutume, les spectateurs restèrent silencieux en découvrant les résultats de la bataille. Valvimar d'Anclar ne put comprendre ce que signifiait cette réaction, étant trop loin pour reconnaitre le visage de Pogrow.
Ce fut lorsque les portes s'ouvrirent qu'il demeura lui-même dans un long mutisme marqué de stupéfaction. Il n'eut besoin que d'un coup d'oeil pour reconnaitre immédiatement Pogrow, son rival de toujours, et il sentit son sang se réchauffer brusquement. Profitant de cet instant de silence, les voyageurs vinrent se placer au centre de la pièce, vaguement guidés par les gardes du palais, bien que ceux-ci semblaient trop intrigués pour être capables d'une véritable intervention.

-Pogrow! De quel droit t'invites-tu dans mon royaume? Et avec des étrangers! Tonna Valvimar d'une voix grave et sévère.

Son regard se durcit en voyant que son ennemi était entouré de gobelins dont la silhouette trahissait leur origine de Mlijëv. Valvimar, lui, était bien un gobelin d'Anclar, et issu de la même lignée que Pogrow, comme en témoignait son corps plus grand que la moyenne, et très massif. Sa tête était ornée d'une couronne en métal grossier, mais symbolique d'un pouvoir fort et d'une gloire certaine.
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MessageSujet: Re: Les deux princes [Pogrow, Zyrwick, (Arnzeck)] Lun 1 Fév - 21:53

Les immenses et tortueux souterrains construits juste sous le lit du célèbre Loch Ness n'étaient ni silencieux, ni exempt de lumière. On pouvait distinguer la lumière d'un lampion, le très léger grésillement de ce dernier ainsi que des bruits de pas feutrés, comme si ceux qui s'avancaient cherchaient à ne pas se faire repérer. C'était vrai pour Zyrwick, le porteur de lumière, qui se maintenait en tête du groupe pour éclairer la voie. Arneck aussi mesurait ses pas, lui, le téméraire et violent gobelin, qui voulait à tout prix venger son père tué par les sorciers lors de la représailles des assauts du château de Venbatten - anecdote racontée lors de l'entrée dans les souterrains, qui avait excité le prince déchu d'Anclar contre les porteurs de baguette - fermait la marche, assurant ainsi la sécurité, les arrières étant ainsi bel et bien couverts. Quand à Trokpok, il n'y avait pas plus prudent, le couard pesait le moindre de ses pas. Il ne claquait pas des dents, cette fois, et heureusement, car sinon, Pogrow lui aurait fait tomber sans remords. Il était déja à deux doigts de le faire, vu comment il ralentissait l'avancée de Pogrow vers son royaume. Ou du moins dans son royaume, vu que les frontières d'Anclar, marquée par un panneau surmonté d'un casque doré. Malgré qu'il titubait encore un peu, faute d'avoir pu recouvrir pleinement l'usage de ses membres antérieurs, Pogrow était rapide et pressé. Sur de son sang bleu, des armes que possédait le groupe et de sa propre force physique, aveuglé par l'euphorie, ne se souvenant pas du danger qu'il courait dans ces cavernes, vu qu'autrefois, il s'y baladait rien que pour y pourfendre des monstres, son corps étant infaillible et le pouvoir royal le suivant comme une auréole. Il connaissait encore pas mal de sortilèges, mais il n'en avait plus la pratique, il les louperait sûrement, et il n'avait pas les artefacts royaux, sa bague et son sceptre, pour amplifier sa puissance. Néanmoins, il était sûr que son sang noble suffirait à écarter les nuisibles de sa route. Sa seule renommée garantissait l'immunité physique des natifs de Mlijëv, un seul de ses gestes précipiterait leurs morts. Il en est ainsi, dans le royaume d'Anclar. Il en sera ainsi quand Pogrow aura récupéré le trône qui lui revient de droit, et bouter du trône son frère, Valvimar, cet ursupateur qui, par des moyens subtils et vils, amenuisait la puissance autrefois indéniable, maintenant fragile, de la terre de ses ancêtres, à laquelle le gobelin avait pourtant, avant ses années de prison, redonné sa splendeur d'autrefois. Il l'avait revêtu de ses habits d'apparat tout en leur donnant du sang, du pain et de ennemis à combattre. Le confort auquel ils étaient habitués à cause de la faiblesse de son grand-père allié avec les valeurs restaurées, le goût du sang, l'honneur et l'amour de la patrie, était un mélange qui pouvait paraître insolite mais qui était en fait très efficace et destructeur. Mlïjev la grande elle même pouvait en témoigner, combien de leurs guerriers sont tombés sur le champ de bataille, ou les charognards souterrains, les chiens-loups, en partie domestiqué par les cavaliers d'Anclar mais dont la majorité est sauvage, se régalent des ossements des deux races confondues, faisant craquer les os, se délectant de la moelle et prêts à se battre pour un dé à coudre de sang vieilli, qui disparaissait d'un leste coup de langue rapeuse et âpre. Indisciplinés et sauvages, comme l'était Pogrow à la simple évocation de son pays après tant d'années d'incarcération. C'est pourquoi il manqua frapper Zyrwick quand il lui intima de s'arrêter. Il dut obtempérer, avec un sentiment d'indicible regret, quand il comprit qu'il ne valait mieux pas se fâcher maintenant. Et même ne pas se fâcher du tout, il avait une dette envers eux, et ils n'avaient pas laissé au prince la moindre opportunité de retirer son serment, ayant apparemment compris que le prince déchu jouait sur les mots. Il fallait aussi avouer que le bruit sourd qui avait retenti avait quelque peu passé pour le moment à Pogrow l'envie de se quereller comme un saoulard dans une taverne de bas étage. Elle revint néanmoins au galop, quand, attentifs, n'émettant comme tout son que le bruit de filets de respirations, volontairement atténué par prudence, ils distinguèrent des bruits que Pogrow connaissaient et guerrissaient. Des grognements, de douleur comme de triomphe, de surprise comme de peur, ceux des guerriers, mariés à leurs armes et à leurs terres jusqu'a ce que la Faucheuse les sépare. Le doux bruits des armes qui s'entrechoquent, Pogrow imaginait déja la violence des impacts, il voulait revivre cette sensation le plus vite possible. Il était tellement dans son souvenir qu'il lui fallut quelques instants pour se rendre compte que, si il y avait bataille, elle se déroulait sur ses terres. Ce qui signifiait qu'un envahisseur était venu menacer Anclar.

- On se bat dans mon royaume !
- Arrêtez !

A nouveau, Zyrwick stoppa le prince déchu d'un geste du bras, mais Pogrow, cette fois, ne put s'empêcher de grogner fortement. Il fallait les arrêter, les ennemis de la nation, ou au moins aller voir ce qui se passe ! Néanmoins, il n'en eut pas besoin, puisque, comme le disait Trokpok, c'étaient eux qui venaient leur rendre une petite visite, sans doute pas de courtoisie. Sous l'injonction, une nouvelle fois, de Zyrwick, les quatres gobelins se dispersèrent pour se mettre à l'abri, ou se dissimuler pour mener une attaque, qui sait ? Trokpok avait déja trouvé un coin de rocaille et s'apprêtait à s'y cacher, mais Pogrow le bouscula et se dirigea d'un pas pesant vers l'endroit tant convoité. Son altesse princière passait avant ce simple gobelin, placé sous domination sorcière. Mais, malheureusement, dans ce Colisée géant, la mort n'a pas d'égards pour les nobles, la populace et les grands saigneurs sont tous mis dans le même sac. Pour le destin non plus. Pogrow n'avait pas encore parcouru la moitié de la courte distance qu'il lui restait pour atteindre son point d'observation - cela dit les autres n'étaient pas en meilleure posture - que les belligérants bondissient du haut d'un précipice, les armes à la main, l'air enragé. Ils se figèrent en apercevant les quatres gobelins. Pogrow ne put s'empêcher de grogner en les reconnaissant. Des créatures trapues, bien que petites, à la peau ocre, bien que quelque peu délavé, comme si, en dormant dans leurs maisons en pierres, les dieux souterrains avaient plus sur eux des larmes de sang et eau mêlées. Leurs boucliers sommaires, en bois, étaient marqués de l'emblème d'Arnomeyen, une tâche verte; qui ne signifiait rien pour beaucoup de peuples mais qui avait une signification particulière pour Pogrow : Alors qu'Anclar, trois siècles plus tôt, à l'époque ou elle était en pleine expansion vers le nord, assaillissait Arnomeyen, il y avait eu une bataille sanglante qui avait rendu les pages des livres d'histoires gobelines toutes poisseuses. Un piège rondement mené par le stratège d'Arnomeyen. Un régiment isolé est allé harceler le plus gros de l'armée d'Anclar, qui avait aussitôt attaqué les adversaires. Rapidement, Arnomeyen a été mise en déroute, et les escadrons ont fui, poursuivi par la cavalerie d'Anclar... Malheureusement, des fantassins ont surgi de dédales adjacents et ont écrasé la cavalerie, pendant que les survivants fuyaient par d'autres galeries quelques mètres plus loins, en se divisant en quatre groupes. L'infanterie d'Anclar s'est mise en branle, évidemment, et s'est engagé dans le corridor pour attaquer le gros de l'armée adverse. Il était déja trop tard. Les galeries d'Arnomeyen étaient toutes reliées à la grande voie que l'armée d'Anclar venait de quitter. Il avait suffit aux fuyards de prévenir les troupes postées dans les galeries pour qu'elle se rejoignent et forment un bloc compact derrière le paté de gobelins dirigé par l'ancêtre de Pogrow. Assaillis sur trois flancs, les Anclarites n'ont pas eus d'autres choix que de continuer sur le chemin, et de fuir. Ils débouchèrent ainsi sur une plaine, ou les archers d'Arnomeyen les attendaient et criblaient de flèches les pauvres fous qui laissaient passer leurs oreilles de la galerie. Seuls quelques uns, fuyant dans des galeries ou ils errèrent un bout de temps - beaucoup y sont morts de faim - ont réussi à revenir à Anclar et à conter la débacle. Depuis ce jour, Anclar se défie d'Arnomeyen et avait entamé son expansion vers le sud-ouest, seul point cardinal ou les Anclarites avaient quelque chose à gagner... Vers Mlïjev. Mais cette débâcle restait impérissable dans la mémoire des riverains d'Anclar, et les protections des guerriers d'Arnomeyen revetaient toujours cette tâche verte, cette plaine qui serait pour toujours le sépulcre des combattants Anclarites qui y avait débouchés. Ne cherchant même pas à savoir si ils étaient pourvus d'intentions belliqueuse - cela dit, c'était sans doute le cas - ou amicales, Pogrow, d'un cri viril et passioné, donna le signal des hostilités.

- Mes ennemis !

A cet hurlement, les cinq adversaires se jetèrent sur la troupe. Pogrow, un rictus aux lèvres, prit sa hache et se jeta sur les ennemis de sa patrie, suivi par Arnzeck, qui venait avec son poignard fétiche. Zyrwick ne semblait pas vouloir participer à la bataille, mais Trokpok, surmontant sa peur, prit son arc et atteint le gobelin le plus proche de Pogrow. Profitant de l'immobilité temporaire de son vis-à-vis, d'un revers de hache, Pogrow brisa son gourdin et avanca d'un pas. L'autre gobelin recula, s'abritant derrière son bouclier, mais c'était désuet et inutile. Il fut fracassé quelques instants après. L'Arnomeyenun tituba et tenta d'échapper à Pogrow. La lame de la hache brilla brièvement à la lueur du lampion avant de fendre l'air, ainsi que le crâne du fuyard, avec autant de facilité. Le sang verdâtre du gobelin, mélangé à ce qui servait de liquide céphalo-rachidien pour la créature fantastique, jaillit et éclaboussa la peau parcheminée et dure du prince déchu. Pendant ce temps, l'autre gobelin attaquait Arnzeck. Le forgeron esquiva un coup de bâton, porta sa lame dans l'avant-bras de son adversaire, avant de l'étendre ensuite d'un coup de poing surpuissant. Soudainement, Pogrow sentit sa pilosité dorsale se hérisser, et il se retourna, au mépris de sa sécurité, il y avait encore trois autres guerriers debouts en façe. Il avait entendu une mélodie lente et enfantine... Il vit Zyrwick, une boîte à musique à la main, en train de tourner la manivelle pour que la musique retentisse, avec quatres espèces de sarbacanes flottant, comme en apesanteur au dessus de lui. Ce n'était rien de moins qu'une nouvelle preuve que la magie de Mlïjev était véritablement dangereuse. Une pluie de flèche provenant tout droits des quatres petits tubes oblongs vinrent marteler la peau et le bouclier des quatres gobelins encore vivants. Ceux qui tenaient encore sur leurs jambes battirent en retraite, laissant dans leur sillage un nuage de poussière et des traînées d'hémoglobines. Celui qui était groggy, neutralisé par Arnzeck, était au contraire criblé de traits, et se convulsait à chaque impact. Il n'était plus qu'une étendue de peau sur laquelle Zyrwick avait dispose des punaises, comme la carte ou, jadis, Pogrow, à l'aide de couteau, désignait les points faibles de l'ennemi, les passages les plus surs. Les quatres gobelins, plus ou moins inquiets, se contemplèrent. Arnzeck essuya sa lame, tout en commentant la situation.

- Ces gobelins semblaient fuir lorsqu'ils nous ont croisés.
- On entend toujours les échos d'une bataille. Ils devaient probablement battre en retraite.
- Arnomeyen est l'ennemie d'Anclar, ce sont sur mes terres qu'ils se battent !

Cette déclaration sauvage de Pogrow, qui résumait parfaitement le cas de figure dans lequel ils se trouvaient, conclut les échanges verbaux pour le moment, et, avec célérité, par crainte de faire de mauvaise rencontre, reprirent la route vers le trône. Au fur et à mesure de leuur avancée, ils pouvaient voir de multiples corps agonsants joncher le sol, emettre des râles ou même continuer à ramper sans prêter attention aux gobelins. A mi-chemin, Pogrow prit sa hache et se dirigea vers un Arnomeyenun. Un sourire cruel aux lèvres, il leva son arme et trancha le pauvre gobelin en deux. Il avisa un autre corps, quasi inanimé, et s'apprêtait à réitérer son acte barbare, quand Trokpok le héla.

- Ne croyez vous pas que cette cruauté gratuite est complètement inutile, seigneur ?
- Cette vermine n'a pas le droit de subsister sur ces terres jadis impénétrable ! grogna Pogrow, tout en frappant le mourant. L'obséquiosité de Trokpok coupé sous son pied, il se dirigea vers un autre corps, continuant son avancée, détâché du groupe de Mlijëv, qui, soudé, craintif, ecoeuré par cette violence, avancait seul dans les ténèbres, n'ayant que son lampion pour suivre le chemin salvateur et l'espoir comme coeur et pour guise. Pogrow, lui, frappait encore et encore. La violence des coups qu'il assénait occultait presque ceux de la bataille qui se déroulait à quelques lieues de la. Et son état de fureur, de jouissance que lui procurait la mort de ses ennemis inhibait toute la crainte que pouvait procurer la joute pour la métamorphoser en peur à l'état pure. Les jours qui se profilaient à l'horizon de l'avenir de Zyrwick, Arnzeck et Pogrow ne s'annoncait guère plus réjouissant que les vingts dernières années qu'avait vécu le prince Anclarite. Ils se battraient pour une cause, mais avec la peur de voir, sur un coup de folie ou un caprice du destin - bien que, ici, Pogrow en est l'agent - tout partir en fumée.

***

Ils se tenaient tout en haut d'une falaise, tandis, qu'en contrebas, une bataille, sanglante, barbare, mais pas épique, se tenait. Pas épique, car il n'y avait pas d'éthique. Pas de stratrégie. On se frappait, on se saignait, on mourrait, on tuait, sans aucune distinction, sans aucune classe. Aucune stratégie, aucun honneur, on se fritait, s'arrachait les tripes, avant de ramper pour fuir, avec ou sans trophée, espérant ne pas prendre de mauvais coups au passage. Néanmoins, c'est le genre de bataille que Pogrow affectionne, car il n'y a pas de calculs à faire, juste à user de sa supériorité, de sa force physique, de sa brutalité, domaines dans lesquels l'Anclarite excellait. Cette scène cruelle était d'une beauté particulière, le sang, les corps prenaient une teinte particulière grâce à la lumière qu'émanait le brasier qu'émettait un long tube en bois, vieux, abîmé, mais très efficace. Chacune des flammes qui sortait de l'instrument venait lécher mortellement les Arnomeyenun. Il émit un sourire satisfait. Comme Zyrwick l'avait remarqué, il s'agissait d'une trompe de dragon, souvenir d'un pillage de Mlïjev il y a bien des années, peu avant l'incarcération du prince. Il ne put s'empêcher d'émettre un rire narquois, la défense de Mlïjev n'était pas aussi infaillible que le prétendait le conseil de cette même ville, qui, jurait Pogrow, deviendrait aussi misérable que la plus petite des bourgades d'Anclar après sa prochaine épopée. Soudain, alors qu'il s'était immergé dans ses plans de bataille, de conquête, d'esclavagisme, un craquement sonore retentit. Pétrifié, Pogrow sortit de l'océan ou il péchait ses idées noires juste à temps pour admirer les flammes consumer tout les imprudents qui se trouvaient trop près de l'artefact, porteur y compris.

- Le crime ne réussit jamais, pas même vingt ans après...

Le seigneur de guerre ne réagit pas, dédaignant par mauvaise foi et par mépris la remarque acerbe de Zyrwick. Tout est permi en période de guerre, et le vieux sage ne l'avait pas compris. La bataille semblait achevée, tout les gobelins fuyaient. Arnzeck montra sa désaprobbation par une apostrophe ou ils qualifiaient les belligérants de lâches. Une nouvelle fois, Pogrow grogna. Il ne connaissait pas Anclar. Un esprit avisé aurait pu s'apercevoir que les soldats d'Arnomeyen fuyaient n'importe ou, alors que ceux d'Anclar allaient tous dans un seul et unique couloir. Même Valvimar ne pouvait pas supprimer la fierté d'Anclar, sa cavalerie de chiens-loups. Il ne se trompait pas, une fois de plus, la cavalerie surgit à temps pour engloutir tout les fuyards du camp oppose et ainsi remporter une victoire écrasante. Les fantassins devaient sans doute être des barbares enrôlés de force, Valvimar ne sacrifierait pas des citoyens impunément, cela serait très mauvais pour son image. Pogrow pousa un cri de joie, le genre de hurlement caverneux propices à effrayer tout les gobelins un tant soit peu civilisé. Les cavaliers d'Anclar entendirent eux aussi les cordes vocales de Pogrow vibrer et le son émis se propager grâce à l'echo, et se tournèrent vers eux, levant la tête vers la falaise ou ils se trouvaient. Un silence de mort régna, rompu par un bruit metallique, Trokpok qui sortait une flèche de son carquois. Pogrow se tourna vers lui, pour lui administrer une giroflée à cinq pétales, mais Zyrwick, plus sobre, se contenta de le retenir.

- Je crois que c'est le moment d'annoncer votre retour, prince...

Des marches bleues, crées par une poudre sortie tout droit de la sacoche de Zyrwick, se créerent. Pogrow, inquet, posa son pied sur la première, et fut rassuré : l'escalier était bien solide. Prudents, ils entamèrent la descente... Ou du moins, Pogrow entamait son ascension vers le trône. Quand il s'approcha du général, reconnaissable grâce à des épaulettes en or, qui différaient du fer de ses frères d'armes, des murmures parcoururent les rangs. On l'avait reconnu. Mithrorn lui-même, lui qui servait déja Pogrow trente-cinq ans auparavant était ébahi.

- Po... Po... Seigneur ?
- Tu peux déja m'appeler prince, mon ami, dit l'Anclarite, en posant une main amicale sur la croupe du chien-loup, qui émit une sorte de feulement, expirmant son contentement. Comme tu le sais, j'ai été incarcéré suite à notre débâcle à Mlijev, mais ces valereux riverains de cette cité ennemie m'ont libéré. Je, ou plutôt nous, leurs devons une fière chandelle.
- Je ne vous sers plus, prince, dit Mithorn, le visage crispé. Je sers Valvimar, notre bien-aimé seigneur.
- Alors, pourquoi m'appeles tu prince, et lui simple seigneur comme à l'époque bénie ou je régnais ? Valvimar ne t'apporterait peut-être pas satisfaction ?
- J'ai juré serment envers lui.
- Comme tu as juré serment envers moi. Je n'ai pas été déchu, je n'ai eu de cesse d'être votre roi, c'est pour vous que je reviens, Mithorn. Vous ne m'empêcherez pas d'aller à Anclar.

Pogrow recula, et, d'un regard hautain, toisa tous les soldats présents sur le champ de bataille, vivants comme morts. Ils s'adressaient aussi aux valeureux tombés sur le champ d'honneur, pour que leurs âmes le soutiennent et lui permettent d'accéder à la victoire. Anclar était encore pourvue de croyances aussi primitives que celle-ci, et c'est en partie ce qui lui confère ce charme si rustique.

- QUI M'AIME ME SUIVE !

Il y eut un long silence, durant lequel Pogrow prit peur. Valvimar les avait ils aliénés à ce point. Soudain, un cavalier fit se mouvoir son destrier pour se ranger derrière Zyrwick et cie, suivi par une douzaine d'autres. Les fantassins blessés sortirent des cavernes pour exprimer leur joie et leur allégeance à Pogrow. Leur enthousiasme était contagieux, bientôt tout les soldats hormis Mithorn frappaient du poing sur leurs armures, un vacarme assourdissant qui transportait le fruste prince gobelin. Le général, apparemment réticent, lança un regard réticent autour de lui, avant finalement de regarder Pogrow et de soupirer.

- Nous te suivons.

Les fantassins, Pogrow, Zyrwick et la joyeuse troupe montèrent en croupe derrière des cavaliers. Le régiment se mit en branle, pour rentrer à Anclar. Les murailles qui entouraient la ville tremblaient déja, pressentant une bataille entre frères de rang, frères de sang, frères de races, dans le périmètres qu'elles étaient censées défendre.

***

Les portes mal huilées qui permettaient l'accès à Anclar s'ouvrirent, et les guerriers gobelins rentrèrent dans la cité. Les vivats ne retentirent pas. Des riveraines avaient commencés à héler les soldats, mais la vue de Pogrow, que tout le monde croyait disparu, et celle de quatre Mlijëvites leur avait apparemment coupé le sifflet. C'était sans doute la seule fois dans l'histoire d'Anclar que la populace n'acclamait pas une armée triomphante. La marche vers le palais n'était qu'une longue marche funèbre, sur le rythme monocorde des pattes des canidés sur le sol graniteux. Arrivé devant le palais, les palefrois des cavaliers vinrent prendre en charge les destriers, alors que Pogrow sautait à terre, imité par le reste des gobelins. Après s'être concerté du regard avec Mithorn, il poussa les portes du palais. Vanvimar était là. Les soldats qui escortaient Pogrow s'alignèrent aux alentours du mur, alors que les portes se refermaient et que Pogrow, suivi par les Mlijëvites, guidé vaguement par les gardes du palais, mais congédié d'un geste de main, le prince déchu savait tout de même marcher tout seul, se dirigeait vers le point central de la pièce. La harangue entre les deux princes allaient commencer. Pogrow, rompu aux cérémonies et beaucoup plus doucereux que Valvimar, du moins dans son souvenir, allait s'en donner à coeur joie.

- Pogrow ! De quel droit t'invites-tu dans mon royaume ! Avec des étrangers, en plus !
- Tout d'abord, bonjour, Valvimar. Je suis heureux de constater que mon prénom n'ait pas déserté ta mémoire aussi vite que les bonnes manières et les traditions gobelines. Serait-ce à moi de te rappeler, mon frère, que nous portions le même sang ? Que nous portons le même sang. Anclar me doit l'hospitalité, et je suis en droit de réclamer mon dû, le trône qui me revient de droit, ainsi que la couronne que tu arbores fièrement. Chaque citoyen jure de servir son roi jusqu'a a sa mort lors de la cérémonie de son couronnement. Tu m'a juré loyauté et fidélité, tu me dois obéissance et respect. Or, ton apostrophe et ton ursupation sont un affront au pouvoir que les dieux souterrains m'ont conféré ! Je t'ai toujours été supérieur, Valvimar, et toutes ses années d'incarcération n'y ont rien changé ! Je ne souhaite pas gaspiller ton sang, tu est précieux, inestimable, ne serait-ce que parce que nous sommes issu du même giron maternel. Néanmoins, si tu refuse de me laisser la place à l'amiable, je me verrai contraint de te la prendre par la force, dans un duel singulier ou nos sujets n'auront pas le droit d'intervenir. Fais le bon choix, Valvimar !
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MessageSujet: Re: Les deux princes [Pogrow, Zyrwick, (Arnzeck)] Mer 3 Fév - 16:41

Comme tous les rois d'Anclar et plus particulièrement ceux de sa lignée, Valvimar était un gobelin fort et autoritaire à qui la perspective de mourir ne faisait pas peur. Et pourtant, pour la première fois depuis longtemps, il avait peur, véritablement peur. Non pas pour sa vie, que tout guerrier apprend dès son plus jeune âge à remplacer par l'honneur, mais pour son pouvoir. Jusqu'à présent, il avait vécu un règne sans partage et sans autre gêne que les hostiles royaumes voisins et quelques vagues protestations dans son peuple, mais rien qui ne pouvait réellement menacer sa couronne. Et Pogrow était de retour...
S'il n'avait été plus intelligent qu'impulsif, Valvimar aurait immédiatement ordonné l'exécution de son frère. Mais plus qu'une créature de guerre, c'était un stratège politique. Valvimar magnait bien mieux les mots et le sceptre que l'épée et l'étendard. Pour autant, ce n'était pas un lâche, mais il était conscient de ses points forts et de ses faiblesses et, en gobelin sensé, il combattait sur le terrain le plus propice à sa victoire, même si ce n'était pas toujours le plus honorable. Ainsi, se souvenant que sa cour et la moitié de la garde royale étaient présentes autour de lui, il s'abstint de supprimer ce rival qui, de toute évidence, avait encore du crédit auprès des serviteurs d'Anclar. Pour que Pogrow ait pu entrer librement à Anclar, non pas couvert de chaines, même pas sous les regards hostiles et les jurons, mais à la tête de la cavalerie comme un général victorieux sous les yeux de tout un peuple, c'est que son nom n'avait pas été oublié, pas plus que le roi qu'il avait été, malgré sa chute. C'était pour cela que Valvimar était inquiet, et il avait fort raison de l'être. Vingt ans après, Pogrow était toujours dans le cœur de nombre de ses anciens sujets.


Dès la première minute, Pogrow fit un rapport clair de ses intentions: ou le trône lui était rendu immédiatement, ou il réclamait un duel au cours duquel la lame et le sang feraient choix du seul maître d'Anclar. Néanmoins, Pogrow n'en cachait pas moins son attachement sur son frère, mais il proclamait sa supériorité et cela ne faisait pas tant broncher que ça les spectateurs. Valvimar se devait de répliquer. Il se leva de son trône, dévoilant un corps puissant et imposant, même pour un gobelin, comme son frère.


-Pogrow VII n'existe plus, il n'est plus roi depuis le jour où Valvimar II l'a remplacé. Déclara-t-il en serrant fièrement son sceptre royal. Où étais-tu ces vingt dernières années?

La salle du trône restait silencieuse, tous avaient les yeux rivés sur les deux monarques. Parcourant une chambre qu'il considérait comme la sienne, Valvimar profitait de l'attention qu'on lui donnait. Il se tourna vers ses sujets.

-Moi, je vais vous le dire! S'exclama le prince en désignant son rival du doigt. Tu étais en prison. Gardé toutes ces années comme le plus misérable des criminels. Je suis heureux de te revoir en vie, mon frère, mais tu aurais été bien mieux inspiré de ne plus vivre, car tu ne le mérites pas et tous les braves le savent. Qui voudrait d'un roi qui conduit la moitié de son peuple au massacre, se laisse capturer par ses ennemis quand ses amis se vident de leur sang sur le champ de bataille? Ce jour là, un seul gobelin aurait du mourir, le responsable de cette honteuse défaite. Mais les dieux ont voulu qu'un seul ne revienne, vingt ans après...

A présent, les deux prétendants au pouvoir absolu se trouvaient presque nez contre nez. Leurs visages se touchaient quasiment, leurs yeux se lançaient des éclairs.

-Ne t'y trompe pas, Pogrow. Si les dieux t'ont permis de sortir de ta prison, ce n'est que parce qu'ils estimaient qu'il appartenait à Anclar de juger ses assassins. Tu sais comme moi ce que signifient chez nous la défaite. Lorsqu'un général perd honteusement, il s'exile à moins d'être mort en héros sur le champ de bataille. Mais quand il fait l'insulte à son pays d'être le prisonnier de ses ennemis, ce n'est plus l'exil, c'est la mort qui est nécessaire! Ton honneur, tu l'as perdu un peu plus chaque année de ta captivité, alors que la honte salissait le nom d'Anclar. L'honneur est le seul habit du roi, celui qui ne peut s'en vêtir est un imposteur. Moi, je n'ai pas perdu. La plupart des gens que je cotoyais hier, je les vois aujourd'hui encore, ils ne sont pas morts dans une bataille ingagnable. Tu t'es couvert de honte, tu as cessé d'être roi. Aurions-nous du attendre vingt ans que tu reviennes? Non. Il fallait un roi, le trône me revenait de droit de par mon sang.

Ayant achevé sa tirade sur l'honneur et certain de son effet auprès de ses serviteurs, Valvimar acheva sur une note qu'il voulait généreuse pour en ajouter à sa grandeur, et parce qu'au fond de lui, il savait que les mots enrobaient bien des choses pas toujours honnêtes. Mais Pogrow comme lui avaient leur part de mensonges, ils le savaient tous deux.

-Cependant, tu restes mon frère et je ne peux verser notre sang. Je te laisse le droit de vivre, Pogrow, à condition que ce soit loin de nos terres et dans le rejet de toute tentative de ta part pour récupérer ma couronne. Je ne veux pas me battre avec toi, ne m'oblige pas à te faire la guerre.

Valvimar savait parfaitement que Pogrow ne se plierait pas, il n'était pas de ceux qui admettent la défaite. Mais ses mots, Valvimar les avait adressés à tous ceux qui écoutaient autour, tout comme le ferait son adversaire à son tour. Les deux frères se haïssaient autant que pouvaient se haïr deux êtres de pouvoir, mais pas un ne se coucherait devant l'autre. De toute évidence, le sang devrait quand même être versé, il importait de réunir le plus de serviteurs à sa cause. Valvimar espérait encore faire l'unanimité contre Pogrow à travers ses arguments sur l'honneur, mais il n'était pas stupide et savait qu'il y avait des chances que son ennemi se trouve des partisans. Il fallait alors frapper plus fort et plus vite. En somme, une guerre civile était tout à fait probable, mais aucun des deux ne reculerait devant la possibilité de monter sur le trône.
Tout aurait été plus simple si Pogrow avait été tué lors de la guerre de Mlijëv, ou si Valvimar avait pu le localiser dans un sinistre couloir où il aurait été facile de le supprimer. Mais à présent que son rival avait fait son retour publiquement, une disparition subite ne duperait personne. Est-ce que les gobelins oseraient accuser leur roi? Ce n'était pas sûr, mais il n'est jamais bon de s'entâcher de trop de mensonges, surtout quand ceux-ci sont connus de tous. Tôt ou tard, ils se payent.


HJ: C'est pas très long, mais voilà au moins quelque chose. Bien entendu, le problème ne sera pas résolu dès ce RP, mais nous saurons au moins quel type de sujet nous devrons faire la prochaine fois: duel... guerre...
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MessageSujet: Re: Les deux princes [Pogrow, Zyrwick, (Arnzeck)] Lun 15 Mar - 19:37

En dépit de son vieillissement le rapprochant de plus en plus du jour où il serait un roi usé, Valvimar était heureux de constater que les armes qui l'avaient conduit au pouvoir étaient encore bien affutées. Un silence avait suivi ses déclarations venimeuses à Pogrow et la riposte de ce dernier se faisait attendre. Il était clair que le frère du roi avait oublié de préparer ses arguments avant de réclamer le trône, il avait fait l'erreur de penser que tout se jouerait avec le fer d'une hache ou la pointe d'une dague. Pour Valvimar c'était profitable. Il se trouvait sur un terrain dans lequel il dominait, et pourtant, Pogrow tenait à se défendre.

-Tu utilises beaucoup de mots, mon frère. Comme toujours, tu parles, tu parles et tu ne fais rien d'autre. Le jour où nous avons voulu faire tomber Mlijëv, tu ne t'y es pas opposé. A tes yeux aussi, la victoire était envisageable! A moins... à moins que tu avais projeté de faire tourner les choses autrement...

Le sous-entendu était clair mais dépourvu de toute preuve. Néanmoins, l'entourage avait saisi l'hypothèse d'un complot de Valvimar pour faire échouer son frère et c'est cela qui importait pour le jour où il faudrait choisir entre les deux monarques. Pogrow lança un regard suspicieux à son rival et arbora un sourire malicieux. La vérité n'était jamais agréable à entendre, surtout quand elle ôtait le masque de quelques manipulations peu honorables.
-Si mon honneur t'importait tant, pourquoi ne pas m'avoir aidé à le sauvegarder?
-Ce n'était pas moi le roi. Il ne m'appartenait pas de miser ma gloire sur une bataille décisive. A ta place, j'aurai eu le droit de le faire, et j'en aurai assumé les conséquences. Mais je n'étais pas du bon côté.
-Tu es à ma place aujourd'hui!
S'exclama Pogrow, irrité par tant de mauvaise foi. Et où sont tes exploits? Tu n'as rien tenté, tu n'as jamais risqué ton honneur pour celui d'Anclar!
-Je n'ai jamais risqué l'honneur d'Anclar pour me couvrir de gloire!

Pogrow s'apprêta à protester mais Valvimar leva le bras et intima le silence d'un geste que seuls les chefs savent exécuter. Les deux gobelins se dévisagèrent avec hostilité à quelques centimètres l'un de l'autre pendant un court instant, puis Valvimar retourna s'asseoir sur son trône.

-Je n'ai peut-être pas toutes tes médailles, mon frère, mais j'en ai assez pour justifier mon rang, et quoi que tu en dises, moi, je n'ai pas sur les épaules la honte de mon peuple. Tu as perdu la pire bataille de notre histoire, et si tu mets cela sur le compte de quelques duperies qui t'ont été faites, c'est que tu es non seulement un mauvais général, mais en plus un naïf, en tout cas un piètre roi.

Au regard que lui lança son frère, Valvimar était en droit de craindre pour son existence, mais Pogrow savait que se jeter sur son rival et l'étrangler ne le ferait pas gagner. Il prenait clairement conscience de la domination de Valvimar sur cette joute verbale et devait admettre son insuffisance. Recourir à d'autres règles pour renverser la bataille serait lâche et éliminatoire. Aussi, il garda le silence. Réjoui, Valvimar se leva de nouveau et désigna la porte à ses gardes.

-Estime-toi heureux que je me contente de cela. Qu'on l'emmène hors de nos terres et qu'on s'assure qu'il n'y reviendra pas. Je suis triste de me séparer ainsi de mon frère, mais je ne peux supporter de le voir se complaire dans le déshonneur. Justice est faite.

Les gardes se mirent en mouvement mais il ne fut pas nécessaire de recourir à la force. Pogrow avait déjà commencé à avancer vers la sortie et Zyrwick et ses compagnons ne trouvèrent mieux à faire que de le suivre. Ils furent quand même escortés dans les couloirs par une cohorte de gardes et raccompagnés jusqu'à l'extérieur où la cavalerie prit la relève. Tous étaient silencieux. Pogrow pestait intérieurement de cette humiliation et réfléchissait au moyen de revenir plus fort. Zyrwick ne savait quoi ajouter à cela. Il était un étranger à la politique et les traditions d'Anclar, il ne pouvait être d'un grand secours à son allié. Trokpok s'impatientait seulement de quitter au plus vite cet endroit.

La marche sur les terres d'Anclar fut longue et monotone. L'enthousiasme de Pogrow s'était vite essoufflé, métamorphosé en une haine folle. La procession avançait lentement, silencieusement, tristement. Ce ne fut qu'arrivés au niveau d'un croisement entre deux couloirs souterrains qu'il y eut du nouveau. Brusquement, le capitaine Mithrom immobilisa sa monture et fut immité par ses soldats. Arnzeck, Pogrow, Trokok et Zyrwick s'inquietèrent de ce changement d'attitude. Valvimar avait-il secrètement ordonné le meurtre de Pogrow? Ce serait une manière sûre de se débarrasser de son rival pour toujours. Le capitaine de la cavalerie avança jusqu'à se trouver face au prince déchu. Son armure luisant aux lumières des torches, il tira son épée et la leva. Sa voix était hésitante, trahissant une certaine émotion.

-Pogrow... Tu maîtrises moins bien les mots que Valvimar, mais nous avons foi en ton épée plus qu'en la sienne.

Pour s'assurer que l'emploi de la première personne du pluriel n'était pas abusive, le capitaine lança un regard à l'ensemble de ses compagnons qui demeuraient silencieux.

-Les jours où je servais Anclar sous ton étendart me manquent. Je ne vois plus les armées de nos ennemis trembler au rugissement de ta voix comme autrefois, je ne vois plus mon roi se précipiter en premier sur ses adversaires. Valvimar se contente de rester sur son trône, toi tu cherches à le rendre plus grand, plus lumineux chaque jour. Je veux te servir... Mes cavaliers le feront aussi.

Probablement surpris, le prince ne savait que dire à cela. Mithrom lui tendit son épée de manière à ce qu'il comprenne qu'il lui en faisait cadeau. Pogrow la prit sans ajouter un mot. Pendant de longues minutes, ils restèrent tous réfugiés dans le plus grand des mutismes, comme si la moindre parole risquait de renverser cette scène décisive. Finalement, retrouvant le goût du pouvoir, Pogrow leva son épée avec un agréable sentiment de déjà vécu et déclara haut et fort:

-Que ceux qui veulent retrouver leur prince me suivent.

Etaient-ils tous favorables à Pogrow ou agissaient-ils par crainte? Il n'était pas possible de le dire pour le moment, mais la plupart vinrent se ranger à la suite du capitaine. Seuls trois guerriers parmi lesquels le lieutenant de la cavalerie restèrent à l'écart. Le choix de celui-ci était assez simple à comprendre, il convoitait depuis longtemps la place de son supérieur. Il trouvait enfin une occasion de réussir. Les deux autres devaient avoir leurs raisons. Les deux camps fraichement délimités se toisèrent longuement d'un regard plus curieux que hostile. L'idée de devenir brusquement des ennemis devaient sûrement les effrayer autant les uns que les autres, mais leur éducation les commandait des conserver une digne impassabilité.

-Vous êtes libres de votre choix, cavaliers. Que les dieux vous ramènent vite à la raison.
-Je suis dans l'obligation de rapporter cette trahison au prince.
Affirma le lieutenant en dévisageant le capitaine.
-Faites votre devoir.

Les trois cavaliers firent demi-tour et disparurent bien rapidement du champ de vision des mutins. Pogrow se sentait revivre et fit part au capitaine de toute son amitié pour cet acte de courage digne de tout bon Anclarite. Encore une fois, ce fut Zyrwick qui prit soin d'atténuer cet instant de joie, peut-être parce qu'il était un peu trop Mlijevois pour partager le bonheur de la gloire quand la mort promet de revenir bien rapidement.

-Prince, nous aurons bientôt une armée à nos trousses! Il faut nous en aller.
-Valvimar n'osera jamais affronter la cavalerie. De toutes les armées d'Anclar, c'est elle la plus puissante, chacun le sait.
-Sans doute, mais il est plus sage de trouver un abri.
-Il y a peu, nous avons envahi un temple qui appartenait aux Kohoslar, nous pourrions nous y établir.

La proposition du capitaine fut approuvée par tous et ils se mirent en route. Il ne fallut pas plus d'une demi-heure pour qu'ils atteignent le temple dédié aux divinités du royaume Kohoslar, ce qui signifiait que le refuge des rebelles était très proche du palais de Valvimar. Les cavaliers d'Anclar avaient beau être les meilleurs, Zyrwick craignait une mauvaise surprise. Ils trouvèrent au fond d'une immense grotte un grand temple en pierres bordé par un lac à l'eau claire. Tout en haut d'un escalier dominait la statue d'un dieu Kohoslar au visage humain. Ce peuple avait probablement jadis fait la rencontre de quelques porteurs de baguette qui avaient marqué leur histoire au point de figurer dans leur religion. Zyrwick s'en amusa, mais il garda ce constat pour lui, car si tous les peuples gobelins du Loch Ness se massacraient avec le plus grand des plaisirs, en revanche, aucun ne se serait permis d'insulter les dieux des autres, même lorsqu'on venait de lui prendre un temple.

-Est-ce que les Kohoslar ne risquent pas de chercher à récupérer leur temple?
-Nous leur avons infligé une défaite dont ils se souviendront longtemps. Leur armée est décimée, incapable de revenir au combat pour le moment.
-Pour le moment?
-Nous ne resterons pas ici bien longtemps!
S'exclama Pogrow. Dès demain, nous marcherons sur mon royaume.

Mais cette fois, l'enthousiasme du prince rebelle ne trouva guère d'écho. Mithrom comme Zyrwick demeurèrent perplexes devant ce qu'il leur paraissait être une invitation au suicide. Le vieux gobelin de Mlijëv se félicita de ce que le capitaine prenait cette fois l'initiative de ramener son maître à la raison, il serait certainement plus efficace. Doucement, le soldat expliqua.

-Mon prince... J'ai peur que cette décision ne soit la promesse d'une catastrophe. Sur un terrain vide, nous pouvons affronter tout le monde, mais le palais est défendu par des murs et des archers.
-Alors quoi? Nous n'allons pas patienter dix ans que Valvimar daigne mourir de lui-même! Il faut me constituer une armée. Où puis-je trouver des partisans, Mithrom?
-A Anclar, quand ils auront appris votre retour, ils seront sûrement nombreux à vouloir vous suivre, mais pas les mains nues...

Zyrwick sentit que pour une fois, il allait vraiment jouer un rôle dans la guerre qui s'annonçait. Il bénit le ciel de combiner aussi bien les hasards pour arriver au succès. Arnzeck et sa folie productive serviraient.

-Les armes de Mlijëv vous serviront. Mon ami est forgeron et il a déjà des centaines de lames qu'il peut mettre à disposition. Il suffit simplement de réfléchir au transport de ces armes, mais avec celles-ci entre vos mains, vous serez sûrs d'avoir le dessus sur Valvimar.
-Alors il est temps de nous préparer. Essaye de trouver des partisans parmi les gens d'Anclar, Mithrom, et envoie-les nous rejoindre ici. Grâce à Zyrwick, nous pourrons les armer et les faire combattre. Bientôt, je reprendrai mon trône.
-Etes-vous prêt à massacrer vos frères anclarites pour cela? C'est une guerre civile que vous lancez, Pogrow.
-Ce sera nécessaire le temps de parvenir au palais. Une fois maître de celui-ci, je pourrais obliger Valvimar à se battre en duel. Alors il ne me restera plus qu'à le vaincre!

Zyrwick n'eut plus aucune autre raison que l'horreur de la perspective de futures boucheries pour se laisser aller à la joie collective. Ses projets avançaient bien, le prince était de retour et bientôt, Mlijëv aussi connaitrait son réveil.
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Les deux princes [Pogrow, Zyrwick, (Arnzeck)]

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