POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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comme un point égaré,une vision imparfaite et sombre-TERMINÉ

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MessageSujet: Re: comme un point égaré,une vision imparfaite et sombre-TERMINÉ Jeu 21 Avr - 18:28

Il existait différent univers. Qu’importe les races, on vous nommait des même manières le monde d’en haut, et le monde d’en bas. Certains en donneront des aspects religions, d’autres des aspects magiques, parfois des manifestations entre les deux mondes. Quand on était parmi les vivants, on se posait toutes sortes de question sur ce qu’il y avait là bas, sur ce qu’il y avait après. L’inconnu faisait peur. La mort encore plus.
La cabane hurlante était connue pour ses manifestations fantomatiques, pour ses critères paranormales. Nul n’en ressortait indemne. Ce jour là, une tempête de neige s’était levée, la dernière de l’année avant l’arrivée du printemps. Pourtant deux êtres avaient décidé de se réfugier dans ces lieux. On pouvait se demander si elles avaient fait le bon choix. Mais pour elles, tout ce qui les importait était d’être à l’abri, et ensemble. Surtout ensemble. Le lieu, le moment ne les préoccupait plus. Pourtant la réalité les avait rattrapé.

Elle avait relevé le regard après une quinte de toux. Bien qu’elle regardait dans le vide, son regard avait un air de défi. On l’avait coupé dans un instant troublant. A croire que le destin ne voulait pas qu’elles s’unissaient de ce baiser. Elle brûlait encore plus de ne pas s’être encore emparée de ses lèvres. Elle brûlait encore plus de ne pouvoir faire jaillir la passion qu’elle avait pour elle. Personne ne pouvait expliquer pourquoi les personnes amoureux avaient tant besoin de s’embrasser. Pourtant, c’était ce que l’on faisait depuis la nuit des temps. Premier geste intime. Premier geste tendre. Premier lien.
Frédérique frissonnait encore pourtant de l’étrange sensation qu’elle avait eu un peu plus tôt, à la fois comme si un corps étranger venait de traverser son corps frêle, à la fois de part les sensations qu’elle avait eu en serrant la jolie brune dans ses bras. Fière, elle ne montrait pas ouvertement ses peurs. Bien que la crainte était minime à leur entrée dans les lieux, à présent, on pouvait dire qu’elle était réelle. Elle ne parvenait pas à croire qu’un esprit avait pu les séparer. Elle se demandait quel genre d’esprit pouvait vouloir séparer ainsi deux êtres qui s’aimaient. Qu’importe le camp où on se trouvait, on ne pouvait faire une telle action. A moins que ce ne soit que pour signaler sa présence, et que le moment était si fort, si intense, si chargé, qu’il n’avait eu que cette occasion pour se manifester. Elle ne connaissait rien en fantôme et n’en avait qu’un vague aperçu avec ceux qu’on trouvait au château.

Elle devait reprendre son souffle et son esprit fit un bon en arrière. Elle voulait continuer à parler à la Maîtresse des potions d’un sujet qu’elle avait relevé plus tôt, tout en restant parfaitement attentive à toute manifestation qui pouvait se produire dans cette pièce. Mais rien ne semblait être décidé à bouger de nouveau, ni à les frôler. Mandy à ses côtés, s’inquiétait pour elle. Elle adorait la tendresse qu’elle lui apportait. Elle trouvait si agréable qu’elle s’en laissait à chaque fois charmer. Frédérique reprit donc la parole en prenant en témoin cette chose qui l’avait traversé et dont son cœur ne s’en remettait toujours pas.


« C’est de vous que je veux lui donner ce lien, pas d’un autre... pas d’une autre… Mon fils ne pourrait avoir de meilleure marraine que celle qui emplie mon cœur… Vos convictions sont aussi pures que mon sang…
Vous n’êtes pas une traître... Vous n’êtes pas une créature… Vous n’êtes pas de cet race ignoble de sauvage sans baguette…
Mon sang est pur, mais mon nom est traîtrise… Les Lee et les Roy étaient des Hors la loi… Je suis souillée de leur emprunte… Je n’ai eu que de la chance de ne pas souffrir de leurs maux… »


Elle se dressa enfin en pencha la tête sur le coté pour plonger son regard dans ses magnifiques yeux bleus. Elle lui sourit.
Frédérique attrapa la main de la jeune femme tout en tenant toujours sa baguette de son autre main, baguette qu’elle avait dégainé pour se protéger un peu plus tôt de la manifestation. D’un sort, et à la surprise de la jeune femme dont elle espérait avoir l’entière confiance, elle fit une entaille dans le creux de la main de Mandy. Le but n’était pas de lui faire mal et, la douceur qu’elle lui accordait en tenant sa main dans la sienne, elle espérait la mettre en confiance malgré l’étrangeté de son geste. Il fallait dire qu’elle ne lui avait donné aucune explication. Elle avait agi assez impulsivement, assez différemment qu’on la connaissait d’ordinaire. La manifestation n’y était pour rien, s’assurait-elle intérieurement.
Dès que le sang de sa bien-aimée vint à couler, elle porta ses lèvres sur le délicieux liquide rougeâtre et en recueillit quelques gouttes du bout de sa langue. Jusque là, quand elle donnait la mort, la vue du sang la mettait dans tous ses états. Elle appréciait le voir autant qu’elle s’en délectait de le faire couler. C’était la première fois qu’elle en goutait et son gout lui était agréable. Se redressant tout en se léchant malicieusement les lèvres, elle se fit la même entaille au creux de sa propre main non sans exprimer une légère grimace. C’était tout de même douloureux et espérait ne pas avoir fait trop mal à sa belle. Elle fit glisser sa main le long de la sienne déjà bien ensanglantée et entremêla leurs doigts.


« Vous êtes mienne… comme je suis votre à présent... Vous ne serez plus jamais seule… »

Son geste était plus un symbole qu’un réel lien. Elle voulait lui montrer, elle qui méprisait pourtant tant les impurs à leur sang, qu’elle l’aimait comme elle était. Tout en parlant ainsi avec elle, elle avait eu le temps de retrouver son souffle et ses esprits. Cette histoire de manifestation était presque derrière elles. La Professeur des Sortilèges lui indiqua d’un signe de la tête que tout allait bien pour elle et lui adressa un autre sourire tendre pour appuyer ses propos. Positionnée à présent face à elle, elle la regarda avec une tendresse évidente. Elle aurait voulu se plaquer contre elle, la pressant encore plus contre le mur où elle était encore adossée. Elle aurait voulu presser ses lèvres sur les siennes sans plus attendre et se délivrer enfin. Mais elle se contenta de garder leurs mains encore un instant nouées. Mais ce lieu était hanté et elle s’en voudrait qu’il arrivait malheur à la belle Evans à cause de son envie pressant de combler ses désirs. Une fois à Poudlard, elle aura assez de temps pour se faufiler jusqu’au sous-sol et la surprendre dans ses rêves.

« Un fantôme ne hante pas pour rien un lieu… Ce cabane n’était pas le refuge de quelques hors la loi il y a peu encore… ?
Montrez-vous, lâches… ! Nous ne sommes guère impressionnées par vos petits tours… Nous avons même meilleurs plaisantins à Poudlard… »


Mais personne ne lui répondit. Pire, un silence pesant se faisait ressentir et faisait ressortir les grincements des murs branlants de la cabane. Elle voulait hurler encore d’autres paroles. Hurler que personne ne pourrait l’empêcher de la chérir si elle le désirait. Hurler que personne ne la séparerait d’elle maintenant qu’elles s’étaient trouvées. Pourtant elle savait que les mots n’avaient pas les même impactes que la réalité. Frédérique savait qu’elle ne pouvait l’aimer librement. Il y avait sa personnalité et ses aventures dont elle ne parvenait pas à se défaire. Il y avait Scofield. Il y avait le Lord. Elle devait donc profiter au maximum de ces moments secrets qu’elle pouvait se permettre de passer avec elle. Elle apprendrait à le faire. Elles apprendrait à les apprécier. Ce qui comptait pour elle, s’était que Mandy n’en souffrait jamais.

Une porte s’ouvrit, celle pile en face du mur contre laquelle elles étaient adossées. Elle sursauta et lâcha la main qu’elles tenaient toujours, telle des adolescentes qu’elles n’étaient depuis longtemps déjà.
Pourtant, comme hypnotisée, Frédérique se redressa et s’avança jusqu’à cette porte et cette pièce mystérieuses ouvertes et qui ne semblaient plus vouloir se refermer malgré les murs branlants tout autour d’elles.


« Je dois retrouver Daniel… Sinon je ne trouverais jamais le repos… »

Sa voix était lointaine. Ses yeux étaient attirés vers un point face à elle à l’intérieur de cette pièce découverte. Elle marchait, d’un pas lent, sa cape se mouvant tout autour d’elle, presque devenue une part de cet esprit.
On aurait dit qu’elle allait s’évanouir à mi parcours…

[ HJ : Tu es toute pardonnée ma belle <3 ]
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MessageSujet: Re: comme un point égaré,une vision imparfaite et sombre-TERMINÉ Mer 4 Mai - 15:27

Le Sang, liquide rougeâtre qui donne puissance et vie au corps. Les leurs seraient ceux d'une nouvelle Alliance, bien loin de la première donnée par le fils d'un dieu aux hommes, bien plus omnipotente et bien plus réelle. Répandus puis mêlés, c'était un double affront, par sa symbolique, union de deux êtres en apparence non complémentaire, et par l'acte, mélange de deux sangs, l'un pur, l'autre mêlé. Mais finalement, transcendant toutes ces barrières, il semblait qu'il n'y en ait qu'un seul, unique, identique. Et quel lieu plus symbolique pour signer une alliance non ordinaire qu'un lieu relevant presque intégralement du paranormal... des centaines sûrement.

Lorsque Frédérique réaffirma sa volonté de vouloir faire d'elle la marraine de son fils, Mandy ferma les yeux, désolée. Si ses convictions étaient pures, son sang n'en restait pas moins mauvais. Si elle n'avait trahi personne, elle était tout de même un être appartenant à deux mondes, une ébauche brutale et instinctive de sorcier, une représentation artistique idéalisée du moldu. Elle se l'était dit mille fois, elle se le redirait sans aucune doute encore mille autres, deux moitiés d'homme si différentes ne pouvaient s'unir pour en faire un.


« Il ne sert à rien de nier des vérités qu'on ne peut pas combattre. Si votre nom était traitrise, vous en avez redoré le blason à maintes reprises. C'est tout à votre honneur, croyez-moi. Mais moi, il m'est impossible de purifier mon sang par mes actes, tout juste puis-je l'occulter quelque peu. »

Frédérique plongea son regard dans le sien et lui sourit. Elle aurait aimé goûter à ses lèvres, l'embrasser puis savourer ce fruit interdit. Mais il semblait que même les puissances fantomatiques de la cabane hurlante s'y opposer. Ou tout simplement, ce n'était ni l'instant, ni l'endroit. Si par un quelconque bonheur le hasard était avec elles, il leur accorderait cet instant lorsqu'elles pourraient en profiter de la plus belle manière.
Elle se mordit les lèvres, recherchant en quelques sortes ce contact qui à sa genèse était mort prématurément. Elle frissonnait de désir et brûlait d'envie.


« Vous êtes mon paradoxe Frédérique LeeRoy... À la fois celle que j'aime le plus, et celle que j'ai le plus peur d'aimer. »

Alors qu'elle disait ces mots, Frédérique avait attrapé sa main. Sentir sa peau contre la sienne était une consolation face à la peur, une arme qui se voulait la rendre invulnérable contre ses ennemis et sensible à chaque geste de l'être aimé. Elle fut déchirée, partagée entre surprise, plaisir et douleur, quand d'un sort informulé son sang coula d'une entaille. Sa main avait un peu reculé et son visage traduisait son désarroi, sa perplexité face à l'acte. Mais sa maîtresse des sortilèges semblait sûre de chacun de ses gestes et il était impossible que ceux-ci soient destiner à lui faire du mal. Elle savoura ses lèvres sur sa peau, mais quelque part au fond d'elle, une abstraction du passé criait à cracher ses poumons qu'elle ne devait pas boire cette liqueur mortelle, mot à la fois épithète et action. Cette voix de plus en plus étouffée disparue totalement lorsque leur sang se mêlèrent dans l'étreinte de leur main, coulant le long de leurs doigts et fendant l'air jusqu'à aller se fondre dans le bois.

« Merci... »

Sa voix à moitié éteinte mais pleine de reconnaissance ne semblait plus du tout marri que pour quelques instants son aimée ait renoncé à sa pureté pour faire quelques pas dans son monde. Elle était telle une lumière dans un monde noir, un peu de feu au milieu de la glace. Elle, Mandy Evans, pouvait aimer et être aimée, et c'était comme si toute sa vie n'était construite que sur ce désir. Elle ne voulait plus le vivre qu'à travers cette femme. Face à face, elle aurait été capable d'enlever la vie une deuxième fois à n'importe quel esprit assez hardi pour venir de nouveau briser la magie de cet instant. Ce qu'elle ressentait semblait si nouveau, si frais, que c'était à se demander si elle avait déjà aimé précédemment. Ce n'était pas la peur d'un quelconque malheur qui la tenait immobile, mais celle de l'inconnue. À bientôt 30 ans, elle pensait avoir déjà jouer avec le feu de chaque sentiment, de la haine au désir en passant par la paresse et la joie. Pourtant il y avait là quelque chose de nouveau, de légèrement piquant, attrayant, attirant, mais surtout, effrayant. Elle ne savait pas quoi faire de ce sentiment, et aurait accueilli avec joie le moindre conseil lui indiquant si elle devait le fuir, s'y abandonner corps et âme, l'affronter pour l'user et une fois que l'usure l'aura détruit, s'en sentir libérée, ou pire, peinée. Qu'on lui dise, elle écouterait, et ferait aveuglément. Car seule face à cette femme qu'elle voyait de ses yeux amoureux, elle savait qu'elle avait perdu depuis longtemps toute capacité de jugement et d'action personnels. Mais voulait-elle vraiment agir ou désirait-elle simplement profiter innocemment de l'instant, se laissait entraîner par les flots, gardant la tête en dehors de l'eau pour ne pas couler malgré la tempête qui s'annonçait ? N'avait-elle pas en réalité déjà fait son choix et n'agissait-elle pas dans cette direction, tout aussi inconscient que cela pouvait être ?

Après une tirade incitant l'ennemi invisible qu'elles n'affronteraient peut-être plus -c'était à espérer- à sortir de sa cachette, il y eu un silence pesant. Elles savaient qu'il fallait s'en méfier. Pourtant elles n'avaient nul moyen d'agir face au déterminisme instauré. Mandy se permit un léger sourire, pourtant incongru au vu de la situation, lorsque Fred décréta qu'il y avait de meilleurs plaisantins à Poudlard. Oh oui ! Combien de fois en ces quelques semaines avait-elle déjà pesté contre Peeves, foutu esprit frappeur ! qui n'avait rien trouvé de mieux à faire que de mélanger les ingrédients de sa réserve en guise de bienvenue. La différence résidait en ce que Peeves se voulait réellement être un simple plaisantin, loin d'être méchant. Ici, les fantômes ne riaient plus depuis longtemps.

Dans un claquement sec une porte s'ouvrit. Leur mains se quittèrent et Mandy en eut un léger haut le cœur, elle aurait voulu pouvoir la tenir éternellement. Ce nouveau sortilège ne fut pas dur à déceler pour celle qui n'y était pas soumis. Peu de gens se dirige tel des zombies vers des salles vides en y décrétant vouloir y retrouver leur fils. Intérieurement, Mandy maudit cette cabane de ses tromperies et des souffrances qu'elles entrainaient. Dans les faits, elle n'avait pas réellement le temps de s'offrir ce genre d'occupation.


« Frédérique ! »

Elle lui avait attrapé le bras et l'avait forcée à se retourner. Elle la chercha du regard, mais dans ses yeux elle ne lut rien d'autre que le vide et l'illusion. Elle répéta son nom une deuxième fois, dans un chuchotement. Elle se sentait perdre pied, perdre le contrôle de son corps comme si son esprit le quittait pour être entraîner vers d'autre lieu. Sa vue se brouilla, elle lâcha son emprise sur la jeune femme, et sa dernière vision floutée de ce monde fut cette entaille qui traversait sa main. Sa dernière pensait était le désir de ne jamais la voir se refermer.

~~~~~~~~

Elle ouvrit les yeux un peu difficilement, aveuglée par quelques rayons de soleil malade de cette fin d'hiver rude. Une voix familière prononçant son prénom la fit sursauter et elle se retourna pour reconnaître non sans un certain émoi Frédérique. Une foule de souvenirs factices s'enracinèrent dans sa mémoire, remplaçant ceux qui étaient réellement siens. Elles étaient en France, dans le village même où elle était venue avec Menroth des mois auparavant pour combattre la Vouivre. Dans ce petit bourg pittoresque, elles avaient leur propre maison, un peu à l'écart du village, dans les premières collines qui précédaient les montagnes. La vue y était magnifique, surtout le matin, alors que la brume se mélangeait à l'herbe, au ciel et aux cours d'eau des vallées. Elles avaient investi un chalet sentant encore le bois neuf et leur offrant le doux feu de sa cheminée pour combattre les longues soirées d'hivers. Elles faisaient de longue balade dans les montagnes, suivant les sentiers que le temps avait plus ou moins effacé. La nature domptée par la magie laissait place devant elles, et que cela soit le soleil ou la lune, l'astre en présence leur offrait toujours un magnifique spectacle qu'elles pouvaient contempler durant des heures en écoutant la mélodie animale. De temps en temps, lorsque l'envie leur en prenait et qu'elles se lassaient un peu de ce calme omniprésent et réparateur, elles allaient en ville quelques jours, se logeant à l'hôtel, allant voir les spectacles les plus inattendus et perdant des après-midi entières dans les boutiques. Ah, quelle était douce cette France là. Que cette vie à deux lui était délicieuse.


« Rentrons, tu m'as l'air fatiguée. »

Fred avait dit cela tout en saisissant sa main. Elle approcha ses lèvres des siennes et y déposa un baiser tendre, le sang de Mandy ne fit qu'un tour. Cette sensation lui semblait si familière qu'elle ne pouvait la déstabiliser, elle le savait, et pourtant elle était surprise. Un étonnement que son visage ne put s'empêcher de traduire, ce qui fit se libérer le magnifique rire de la jeune femme. Qu'elle était belle... D'une beauté délicate, légère, indescriptible et rare. Elle ne voulait pas la perdre. Elle plongea son regard bleuté dans le sien d'ébène et acquiesça, oubliant totalement alors cette sensation d'irréalité qui ne la quittait pas jusqu'à présent.

Elles transplanèrent et se retrouvèrent chez elles, dans le salon. Frédérique déposa un nouveau baiser sur ses lèvres, un peu plus insistant, et glissa sa bouche jusqu'à son oreille où elle y chuchota un simple « viens... ». Complètement retournée, perturbée, Mandy se laissa guider jusqu'à la chambre. La porte se referma en silence derrière elles...
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MessageSujet: Re: comme un point égaré,une vision imparfaite et sombre-TERMINÉ Jeu 5 Mai - 19:50

Une porte s’était donc ouverte face à elles, celle pile en face du mur contre lequel elles étaient adossés un peu plus tôt. Le regard du Professeur de Sortilèges était toujours hypnotisé, vide et rempli d’illusion. Elle ne sentit pas la main de la jolie brune attraper son bras. Elle ne perçut pas ses appels qui, comme un cri au milieu de la tempête, s’était modifié au point d’en perdre son sens véritable. Elle n’entendit pas son nom prononcé à deux reprises. Elle était simplement attirée vers cette pièce qui se découvrait à elles. Elle ne vit pas Mandy perdre à son tour le contrôle de son être. Frédérique était déjà loin, le regard flouté comme si elle se plongeait doucement dans ses songes, au moment où l’on fermait les yeux et où notre esprit se vidait. Elle s’était remise à avancer jusqu’à cette étrange pièce dont elle n’entendait que des rires d’enfant, et un son lointain l’appeler. Mais l’appelait-on réellement ? Y riait-on vraiment ?
La porte se referma derrière elle. Le Professeur de Potion se retrouva ainsi seule dans le hall d’entrée quand la porte se referma sur sa collègue. A ses yeux, si on pouvait appeler à ce moment là ainsi les deux globes qui lui servait à la vision, virent le décor changer. Elle n’en semblait pas étonnée. Comme si le nouveau décor lui était déjà familier. Il l’était, mais ce n’était pas réel. Plus rien ne l’était…

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

[i]Dans les temps anciens, Glastonbury, petite ville du comté du Somerset, en Angleterre était une sorte d'île. La mer recouvrait les terres basses. Le site était célèbre par son Tor et serait un des lieux où auraient séjourné, entre autres, Merlin. Son paysage était composé de collines arrondies et de vallées autrefois inondées par les Hautes Marées. Tout était vert, magnifiquement vert.

La jeune LeeRoy se retrouvait donc dans la ville de son enfance, devant une demeure simple et modeste, typiquement Anglais, au pied d’une étrange colline dressée au milieu de nul part, au milieu de cette vallée. Cela n’avait rien à voir avec un manoir de ses rêves. Il s’agissait juste de la villa de ses parents où elle n’arrivait plus à y mettre les pieds tant les souvenirs la submerger. Mais ici, elle y vivait avec sa belle Evans. La façade avait été rafraîchie. Des fleurs devançaient même le porche. Sa tenue n’était pas la même elle aussi. Elle ne portait plus sa cape sombre. Elle avait une jupe jaune, un haut rosâtre. Ses couleurs étaient colorées, claires, inhabituelles.
Pourtant ce jour là il y avait de l’orage. Mais elles ne s’en préoccupaient pas bien décidées à se promener main dans la main malgré le temps. Tout était parfait et ce n’était pas un peu d’eau qui gâcherait ce tableau.


« Tu es mon paradoxe Frédérique LeeRoy... À la fois celle que j'aime le plus, et celle que j'ai le plus peur d'aimer. »

« Est-ce une déclaration ? »

« Il ne sert à rien de nier des vérités qu'on ne peut pas combattre. »

« La seule vérité que je ne veux pas combattre c’est l’amour que j’ai pour toi. »

Elle avait l’impression d’avoir déjà eu cette discussion, dans un autre temps, une autre vie. Ou en tout cas, elle se souvenait de l’avoir entendu prononcer ces paroles, mais sa réponse lui semblait à la fois naturelle mais aussi irréelle. Elle ria à ses pensées et attrapa la main de sa compagne où elle déposa un baiser en son creux. Ce geste lui disait lui aussi quelque chose. Elle regarda un instant le creux de sa main mais elle ne vit rien d’autre que ses lignes de vie, d’amour et autres lignes de divination. Elle ne savait pas ce qu’elle cherchait tant à y trouver. Son comportement lui paraissait étrange mais elle préféra s’attarder aux mots qu’elle lui disait au lieu de se perdre dans des pensées aussi étranges.

« Si ton nom était traîtrise, tu en as redoré le blason à maintes reprises. C'est tout à ton honneur, crois-moi. Mais moi, il m'est impossible de purifier mon sang par mes actes, tout juste puis-je l'occulter quelque peu. »

« Tu as su redoré le blason autant que j’ai su redorer le mien. Ton sang a été purifié dès le jour où le monde entier a su pour toi et moi. Sommes-nous en train de fuir ? Sommes-nous en train de nous cacher ? Rien de tout cela. C’est notre liberté qui commence. Il est bon de vivre sans se cacher. »

Autres étranges sensations. Son cœur fit un bond à chaque fois que la jeune femme la tutoya, comme si s’était un acte nouveau, surprenant. Frédérique se demanda si elles n’avaient pas trop abusé du Whisky pur feu la veille au soir. Elle posa sa main autour de son cou, instinctivement, comme pour s’amuser du bout des doigts avec une chaîne, qui se trouva ici inexistante. Mais avait-elle réellement existé ? Et puis ses mots semblaient lui parvenir dans le désordre, comme si on les avait mis dans un chapeau et qu’on finissait par les sortir au hasard.

« Merci... »

« Non. Merci à toi. »

Frédérique, au fur et à mesure de ses derniers mots, avait laissé glisser ses mains le long de la taille fine de à celle dont les yeux bleus transperçaient son âme à chaque fois qu’ils se posaient sur elle. Elle lui souriait tendrement. Alors que ses lèvres allaient se poser sur elle, le tonnerre gronda et laissa se déverser un flot de pluie. Elle se mit à rire. A nouveau. Une tempête éclatait, l’empêchant de l’embrasser à son aise. Mais elle ne se laissa pas désabuser. Elle l’entraîna avec elle, décidée de monter à la Tor d’Avalon. Elles riaient, s’amusaient de cette pluie tout en gravissant la pente qui menait à l’étrange édifice, s’arrêtant même à mi parcours pour regarder la plaine qui s’étendait déjà sous leurs pieds. Leurs cheveux et vêtements ruisselaient déjà. Mais cela n’avait pas d’importance.

Arrivée en haut de cette étrange et magnifique colline, elles s’empressèrent de se mettre à l’abri dans le seul espace abrité de ce Tor, célèbre clocher, sans cloche, sans toit.
Alors que Frédérique dégageait quelques mèches de son visage, sa compagne se blottissait déjà dans ses bras.


« Plus tard, beaucoup plus tard, il faudra que la première qui mourra se fasse consumer par les flammes. »

« Pourquoi ? »

« Pour que la seconde, dans son tombeau, tienne entre ses mains les cendres adorées. »

« Pourquoi tu penses à des choses si dures ? »

« Cela m’est venu, un jour où... »

Elle ne savait plus où et quand elle avait pensé cela. Cette pensée lui semblait venir d’un temps si proche, mais à la fois si éloigné d’elle. Frédérique sourit à nouveau tendrement à sa compagne avant de s’emparer avec délicatesse de ses lèvres tendres. Son cœur s’emballa. Elle avait l’impression d’avoir des pétales de roses dans la bouche. C’était la première fois qu’elle ressentait autant de douceur et de délice à la fois dans un baiser. Elle l’avait déjà embrassé plusieurs fois dans cette journée là. Pourtant, elle n’en était plus si sur soudainement.

Mais un coup d’éclair fit sursauter la maîtresse des Sortilèges. La tempête qui s’abattait tout autour d’elles semblait aussi venir de loin. Mais il paraissait pourtant impossible de ressentir une telle chose à la fois ici même et ailleurs. Elle avait lâché, à contre cœur, les lèvres de Mandy et celle ci avant glissé son nez dans son cou. Les yeux ouverts, à regarder par dessus son épaule la pluie tomber tout en savourant ce moment tendre dans ses bras, elle eut l’impression de voir une silhouette adossée à l’extérieur, contre la pierre sombre de l’édifice. L’ombre sur le sol lui paraissait familière. Un parfum vint jusqu’à ses narines. Ce n’était pas celui de sa douce. Mais cette fragrance ne lui était pas inconnue. Elle baissa le regard et enlaça de plus belle Mandy.

Quand elle releva les yeux, la silhouette avait disparu et elle soupira de soulagement. Mandy la regarda interrogative. Elle lui donna un baiser pour la rassurer. Mais on vint à repousser ses cheveux qui recouvraient sa nuque. Frédérique sursauta et dévisagea la jolie brune, dont les doigts s’étaient entremêlés avec les siens. Pourtant des doigts caressaient toujours son cou et une autre main venait de glisser le long de sa taille.


« Tu as toujours eu bon goût… »

Elle fut remplie d’effroi. Mitch. Son Mitch. Son tendre époux. Elle était entre peur et tristesse. Elle ne pouvait y croire. Il était mort. Elle avait tenu entre ses bras son cadavre. Elle avait hurlé son nom à s’en déchirer les entrailles. Pourtant, s’était ses doigts chauds qui l’effleuraient. Frédérique s’empara à nouveau des lèvres de Mandy, comme pour se rassurer. Mais d’autres lèvres se posèrent sur sa nuque. Une larme coula le long de sa joue et elle se dégagea de l’étreinte de Evans qui la regarda avec tristesse et surprise. Elle cacha son visage entre ses mains pour ne pas voir ses yeux la réclamer. Elle cacha son visage entre ses mains pour retenir le sanglot qui se coinçait déjà dans sa gorge.

« C’est impossible ! »

« Rien n’est impossible… »

Frédérique découvrit son visage. Mandy avait disparu, comme volatilisée. La tempête n’avait pas cessé. Elle était si forte qu’il aurait été dangereux de dévaler la colline. Dans son dos, Mitch l’enlaçait de plus belle. Ses deux mains étaient déposées sur son ventre et il ne cessait d’embrasser son cou. Elle ne parvenait pas à se donner la force de le repousser, au contraire. Mais elle craignait de poser ses mains sur les siennes. Elle avait peur de le se rendre compte que ce rêve pouvait être réel. Ce rêve ? Et si ce n’était qu’un rêve finalement…

« L’aimes-tu plus que moi ? »

« Ne me pose pas ce genre de question. »

« Et ce sous-directeur ? Michael Scofield… »

« Je les aime aussi fort l’un que l’autre. »

« Il faut choisir… »

« Je ne peux pas. »

« Pourquoi… Tu as su gérer tes aventures et notre amour. Comment cela pourrait être à présent différent. »

« Je préfère mourir que choisir. »

Un autre coup d’éclair éclata. Il poussa un rire à la fois glacial et vil, mais tendre et envoûtant. Elle l’avait aimé pour sa cruauté. Pour leur passion. C’était son premier amour. Son grand amour. Mais il n’était plus. Son esprit sortait de son brouillard. Elle entendait toujours la tempête, mais la Tor d’Avalon semblait perdre de sa netteté. Tout ceci ne pouvait être qu’illusion. Elle tentait de tout remettre dans l’ordre. Où était-elle ? Pas à Glastombury. Pas à Glastombury…

« Serais-tu morte pour moi... »

« Je me serais tuée pour que tu survives. »

« Qu’attends-tu… »

Sa baguette se matérialisa dans sa main. Mitch venait de la lâcher. Elle se tourna vers lui. Elle se mit à rire avant de le regarder avec amour et poser sa main sur la joue de l’homme qu’elle caressa délicatement, comme pour redécouvrir chaque substance de sa peau.

« J’ai beaucoup souffert de ton absence. Je ne cesserais de t’aimer. Je ne t’ai pas oublié, je ne t’oublierais jamais. Mais j’ai appris à avancer. Pardonne-moi. Nous avons Daniel. Je ne l’abandonnerais jamais. »

« Tu es faible... »

« Plus maintenant ! »

Mitch ne pouvait la traiter de lâche. Mitch ne pouvait la traiter de faible. Mitch n’était pas un rustre. Il était tendre, attentif et bien qu’infidèle, il était présent et la louait plus que de raison. Cet homme, si il s’agissait bien d’un homme, n’était pas Mitch. C’était magnifique. Mais ce n’était pas Mitch. Elle se remit à rire et pointa sa baguette vers lui. Il lui tendait la main tout en lui souriant comme pour la mettre en confiance. Elle lui lança un sort informulé et fut projetée à terre, comme éblouie par une forte lumière.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Quand elle se releva, Frédérique était allongée au milieu de la pièce qui s’était ouverte dans la Cabane Hurlante. Elle eut une grande inspiration comme si quelque chose sortait de son corps. Elle attrapa sa tête entre ses mains, prise d’une subite migraine, si forte qu’elle pourrait s’en ouvrir le crane. Mais elle respira doucement, tentant de se concentrer. Elle était revenue à la réalité. Elle s’était laissée avoir mais des détails ne l’avaient pas trompé. Elle ignorait pourquoi elle avait subi tout ça. Mais elle savait que cela avait fait surgir sa plus grande peur, ses angoisses les plus profondes et inavouées. Elle se demandait si s’était l’œuvre de l’esprit frappeur. Elle se demandait si cette bâtisse ne renfermait pas des ondes particulières et néfastes.
Parvenant à ouvrir les yeux, elle s’assit doucement. La coupure de journal avec la photo de son fils était sur le sol à coté d’elle. La bague de mariage, donnée par son mari et qu’elle avait nouée d’une chaîne pour l’attacher à son cou, s’était détachée de son cou et était posée sur l’image même de Daniel. Elle se relève précipitamment et crut devoir se rattraper pour ne pas tomber dans les vapes. Elle devait partir à la recherche de Mandy. Elle sortit enfin de cette pièce maudite.

La jeune femme crut entendre du bruit à l’étage. Avec ce genre d’endroit, il fallait se méfier. Mais quelque chose lui disait que sa maitresse des potions s’y trouvait. Elle préféra suivre son instinct. Sa baguette à la main, elle gravit les escaliers grinçant et manquant de s’écrouler sous chacun de ses pas. A bout de souffle, elle poussa la porte derrière laquelle elle pensait entendre du bruit et l’y trouva à son grand soulagement. Mais elle n’aurait pas imaginé la retrouver dans un tel état.
Mandy était presque convulsante. Les yeux clos, allongée sur le dos sur un grand lit à baldaquin dont les barres tanguées tel un bateau, elle était seule et poussait de profonds soupirs. Frédérique était maitresse dans l’art du désir et du plaisir. Il ne lui fallut aucune réflexion pour comprendre son état. Elle, l’illusion qu’elle avait eu était tendre, agréable, triste, chose qui ne lui ressemblait pas. Alors que la jolie brune semblait plus éprise de passion, ardeur et sensualité, chose qui ne lui ressemblait pas plus. Les rôles étaient inversés. Ce qui représentait l’une en apparence n’était en fait pas ce qu’elle désirait au plus profond. Mais elle n’avait pas le temps de se permettre d’y réfléchir. Aussi agréable soit son illusion et de la voir vivre cette illusion, elle devait l’y en faire sortir avant qu’elle ne s’y perde et ne puisse jamais en revenir.
Car si elle ne parvenait pas à lutter contre ses démons, elle prendrait les devant pour l’y aider.

Frédérique s’assit sur le rebord du lit, se pencha vers elle et l’embrassa d’un véritable baiser. Elle savait que là, elle ne rêvait plus…
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MessageSujet: Re: comme un point égaré,une vision imparfaite et sombre-TERMINÉ Mar 24 Mai - 22:17

Lors que son grand-père lui racontait la France, autre fois, les yeux emplis de rêves et d'espoir, il lui arrivait de conter des époques où les moldus semblaient si proche des sorciers par leurs us et coutumes qu'il n'était pas effrayant pour certains de penser qu'une entente était possible entre les deux groupes. Mais les druides étaient devenus des prêtes, le Stonehenge avait été remplacé par des églises. Puis le temps venu où l'homme tua Dieu. Tout semblait avoir un début et une fin ; le vieil homme et ses histoires n'étaient plus, les croyances ancestrales avaient cédé leur place à la science, alors devait-elle se résoudre à penser que même cet instant devait avoir une fin ? Elle ne survivrait pas, elle le savait, si ses lèvres quittaient les siennes, qu'elle perdait le contact avec sa peau, qu'elle ne sentait plus son souffle chaud dans son cou. Elle dégustait encore et encore ses lèvres d'une douceur suave, nouvelle, qui suscitait à chaque bouchée l'excitation de l'inconnu. Sûrement Ève avait-elle connu une sensation semblable lorsqu'elle avait mordu dans la pomme. Jamais elle n'aurait douté à présent de la véracité de ce qu'elle vivait.

Pourtant, malgré elle, tout semblait s'éloigner, perdre de sa consistance. La matière se distendait, sa vision devenait flou. Elle semblait quittait cette vie pour aller vers la mort... ou une autre existence ? Ses yeux se fermèrent petit à petit, contre son gré, mais il lui était impossible de résister. Quelque chose, ailleurs, elle ne savait quoi, elle ne savait où, semblait l'appeler.
Elle retrouva progressivement l'usage de ses sens, et tous s'emballèrent dangereusement lorsqu'ils comprirent que ce parfum là était le véritable, que ces lèvres posées sur les siennes étaient faites de vraie chaire et que cette chaleur qui gagnait sa peau n'était pas le fruit de son imagination. Lorsque le contact fut rompu, que leurs lèvres se séparèrent, elle ouvrit lentement les yeux. Sa respiration se faisait haletante, mais l'air épais et poussiéreux de la cabane hurlante avait quelque chose de réconfortant.
Elle posa une main tremblante sur la joue de Frédérique.


« Je n'aurais jamais cru que la réalité pouvait être plus douce encore que ce rêve... »

Elle ne désirait qu'une chose, c'était l'embrasser à nouveau. Cependant son angoisse était grandissante car rien ne lui assurait que tout ce qui se passait à présent ne relevait pas à nouveau du rêve. Elle se pensait dans la réalité, mais ne l'avait-elle déjà pas pensé tout à l'heure, alors qu'elles entraient dans la chambre de cette chaleureuse bicoque française ?

Elle ne savait quoi faire, quel comportement adopter. Parler, se mouver, chaque action s'éloignant de la situation serait une tentative de fuite, un rejet. Elle était face à l’ambiguïté d'une situation à la fois désirée et redoutée. Alors elle se réfugia dans ses bras comme aurait pu le faire une enfant apeurée. Cela n'avait été qu'un simple rêve, court, éphémère, et pourtant, elle l'avait pensé si réel qu'il revêtait aussi un goût de désir qui était toujours ancré en elle. Elle ne voulait pas croire, justement, que cette illusion, aussi agréable soit elle, ne soit que l'expression de ses désirs véritables. Elle qui était réservée, d'un calme à la limite de la froideur, qui avait passé tant d'années à apprivoiser ses sentiments ; à elle si distante de lui et de ses adeptes, l'Amour pouvait-il se permettre de monter la tête et l'esprit dans de si hautes sphères qu'elle ne voulait plus que ce qu'elle ne possédait pas : la sensualité, le plaisir et une forme de liberté. Ces trois éléments elle ne se voyait pas les obtenir par le biais d'une autre personne que celle qui la tenait dans ses bras à cet instant, alors qu'elle gardait sa tête enfouie dans son cou.

Elle se demandait si elle aussi, elle avait vécu par substitution quelque chose de semblable. Combien de temps s'était-il écoulé alors qu'elle était partie dans cette France lointaine. Au dehors, les foudres du ciel avaient peut-être cessé et le monde extérieur, plus sûr, plus calme, dépourvu des dangers qu'elles avaient à affronter ici. Car à présent que la force des premières émotions se dissipaient, la peur prenait la place de l'excitation, et même si elle se trouvait dans ses bras, elle ne désirait plus que fuir. Loin de ce lit, de cette chambre, de cette cabane et surtout, dans un paradoxe étouffant, loin d'elle. Elle ne comprenait plus le flux de sentiments intenses qui s'acharnait en elle, ne voulant pas laisser son cœur au repos, et elle ne se tenait responsable de rien, ni de son incompréhension, ni de ses émois, cependant, elle savait que si ceux-là ne lui étaient pas reprochables, ce qui l'était, c'était la manière dont elle les gérait. Et elle ne voulait pas se défaire de sa ligne de conduite, de son objectif principal, qui était, et surtout devait rester, la continuité du règne du Lord Noir. Toute entité pouvant faire dévier le cours de ses pensées était néfaste.

Délicatement, elle se défit de l'emprise de la maîtresse des sortilèges. N'osant croiser son regard, ses yeux fuyaient son visage et tout son être, pour aller se fondre dans le décor sombre de la pièce.


« Si le temps ne nous permet de quitter cet abris, il nous serait préférable au moins de quitter cette pièce emplie par les esprits... »

Elle se leva, tendit sa main à Frédérique, attendit que celle-ci la saisisse et l'attira légèrement vers elle, l’incitant à se lever. Constamment se posait à elle cette question du comment. Comment pouvait-elle renoncer à quelque chose d'aussi fort même si naissant ? Comment pouvait-elle lui dire sans que ses mots ne brisent son cœur ? Sa baguette dans une main, celle de Fred dans l'autre, elle passa la porte de la pièce et emprunta les escaliers qui menaient à l'étage inférieur. Le silence était pesant. Elle le briserait, plus tard. En attendant, c'était le vent qui frappait aussi fort qu'il lui était permis contre les murs de bois vacillants de la maison qui s'attelait à la conception d'un fond sonore un minimum inquiétant. On entendait qu'il se faisait plus calme déjà, et l’accalmie n'allait pas tarder si elle en croyait son instinct.

Alors qu'elle avançait à présent sur le parquet craquelant, elle lâcha sa main et se dirigea vers le tableau que Frédérique avait contemplé plus tôt. En vérité, elle connaissait les réponses. Si elle renonçait, c'était par lâcheté. Aussi, ses mots ne pourraient que faire mal, autant pourrait-elle bien les choisir.

N'étaient-ils pas deux, sur ce tableau ? Et non trois. Encore moins, mais ça elle ne le savait pas, quatre ou cinq, en fonction de la considération que l'on pouvait accorder aux esprits.


« Savez-vous la différence entre les médiocres du sentiment et les esthètes de l'amour ? Les premiers rêvent l'amour qu'ils n'osent vivre, les seconds vivent l'amour dont ils rêvent... Mon rêve était magnifique, tout à l'heure. Dommage qu'il me sera toujours impossible de le vivre... »
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MessageSujet: Re: comme un point égaré,une vision imparfaite et sombre-TERMINÉ Mar 31 Mai - 18:43


Il y avait le paradis et l’enfer. Que l’on soit Moldu ou Sorcier. Que l’on soit croyant ou payen. Nous croyons tous à l’univers d’en haut et à celui d’en bas. Nous croyons tous au Bien et au Mal. L’interprétation du tout venait ensuite d’un simple point de vu. Mais il arrivait parfois que l’Enfer devenait notre Paradis. Il arrivait parfois que le Mal devenait le Bien. Le monde n’était pas peuplé que de malheur et de désolation. Le monde n’était pas peuplé que de bonheur et merveille. Mais quand les deux se mélangeaient, le feu engendré ne brûlait pas pour nous consumer diaboliquement, il nous faisait fondre de plaisir pour nous envelopper angéliquement.

Assise au bord du lit, penchée au dessus d’elle, retenant l’envie tentant de ce corps convulsant et l’appelant, le baiser qu’elle lui donnait passa rapidement de doux à langoureux quand la jeune femme semblait avoir pris conscience de son contact. Leurs lèvres s’unissaient enfin, après s’être cherchées, après s’être défiées. Frédérique eut son cœur qui battait si fort, qu’elle avait l’impression qu’il en lui ferait exploser la tête tant les battements retentissaient dans ses tempes. Ce baiser était à la fois doux comme du coton mais piquant comme les roses. En fait, quand elle l’embrassait, elle en avait comme des pétales de roses dans le bouche, et cette sensation lui était plus intense que durant l’illusion qu’on lui avait fait subir malgré elle.
Elle aurait bien profité du moment, comme elle avait toujours su en profiter avec ces différents partenaires, mais elle n’en fit rien. Mandy n’était pas ses différents partenaires, elle était plus que cela et elle ne voulait pas profiter du moment, mais le savourer quand il se présenterait. Comme pour ce baiser qui continuait à chavirer tout son être et la submergeait d’une sensation qu’elle n’avait jamais eu l’occasion de connaître jusque là.

Quand leurs lèvres se séparèrent, que leurs respirations se firent haletantes, son aimée vint à poser une main tremblante sur sa joue. A ce contact, elle ferma les yeux, un peu chamboulée par les sensations que lui avaient procuré ce baiser, comme un mélange de bien-être et d’envolée. Son cœur battait encore dans sa gorge et la chaleur qu’elle en avait ressenti subitement avait fait légèrement rougir ses joues.


« J’ignore la portée de votre rêve… Mais je pourrais faire la promesse de vous apporter une réalité si douce que plus jamais vous ne voudriez rêver… »

Ouvrant les yeux et lui adressant un de ses rares sourires tendres, elle allait se pencher à nouveau vers elle pour l’embrasser à nouveau, rechercher le doux contact de ses lèvres pour s’assurer de leur réel et pur existence, mais le regard de Mandy s’était fait étrangement fuyant. Elle s’apprêtait à lui demander si quelque chose n’allait pas mais elle s’était réfugiée dans ses bras.
Plongeant son nez dans son cou, Frédérique s’enivra de son parfum sans retenu. Cela n’avait plus rien à voir avec leurs étreintes timides, réservées, délicates. Cette fois, dans cette étreinte, elles ressentaient la tendresse et la réalité de leur amour. Elles étaient libre de s’aimer mais seraient toujours condamnées à s’en cacher. Ce n’était pas une solution mais c’était leur réalité. Chaque moment ainsi ensemble, elles le vivaient pleinement. Mais cela n’était pas toujours suffisant.
Pour l’heure, la maîtresse des Sortilèges se voulait amante et protectrice. Mais Evans se dégageait déjà de ce moment de tendresse, comme elle avait quitté son baiser. Elle voulait plonger ses yeux chocolats dans ses merveilleux yeux clairs mais elle fuyait toujours son regard.


« Il n’y a pas que la pièce qui est emplie d’esprits… Les autres le sont aussi… J’ignore ce qui s’est passé ici par le passé… Mais ces êtres semblent vouloir se nourrir ce qui pourrait s’y passer encore… »

Quand Mandy se leva, elle pensait la voir s’échapper de la pièce et demander à quitter rapidement cette cabane dont des hurlements lointains commençaient à se faire entendre. Mais au lieu de cela, elle lui tendit tout de même la main et Frédérique l’attrapa en y entremêlant ses doigts. L’attirant légèrement à elle, l’incitant à se lever, elle l’aurait bien reprise dans ses bras une fois encore mais celle ci l’entraînait déjà avec elle. Elles quittèrent cette chambre et descendirent les marches séparant les deux niveaux de la bâtisse.

Ni l’une ni l’autre ne brisa ce silence et il en devint pesant. Elle aurait pu user de Legilimens et d’Occlumens pour entrer dans son esprit et en scruter les secrets. Mais elle ne le fit pas.

Le vent frappait contre la façade de la cabane mais cela n’avait plus rien à voir avec la précédente tempête.

Les deux jeunes femmes se retrouvèrent au rez-de-chaussée, où tout avait enfin commençait.
Le parquet craquait sous leur poids.
Le tableau que Frédérique était toujours là et ce fut Mandy qui décida de s’y approcher pour mieux le contacter et lâcha par la même occasion sa main qu’elle tenait toujours.

Ses mots, pourtant réfléchis, posés, délicats, eurent l’effet d’une bombe. Elle suffoquait.
LeeRoy ne croyait pas en l’impossible. Tout lui semblait possible, car selon elle il suffisait d’user de volonté. Si elle prenait parfaitement au mot la question que la jolie brune venait de lui poser sans la regarder et si elle prenait l’interprétation aussi simplement qu’elle se présentait, Frédérique ne voyait pas plus Mandy médiocre du sentiment que elle même esthète de l’amour. Pourtant elle lui disait qu’il lui était impossible de vivre son rêve, de vivre donc leur amour. Elle ne voulait pas y croire. Elle n’y croyait pas, elle refusait d’y croire. Elle se donnerait corps et âme pour cette femme, elle le lui avait déjà montré la passion qu’elle avait pour elle. Et à présent elle lui disait ni plus ni moins qu’elles ne devraient pas. Que tout cela était impossible.

Elle ignorait si elle avait conscience de l’impacte de ses mots. Heureusement qu’elle lui tournait le dos car les yeux de la jeune LeeRoy s’était embrumée. Elle récupéra sa cape qu’elle enfila rapidement pour s’en couvrir et se cacher ainsi un instant des états qui emplissaient son être. Elle était fière mais entre l’illusion que lui avait infligée ces esprits et ce que venait de lui dire, de lui demander implicitement Mandy, elle n’avait plus la même volonté de fer d’un peu plus tôt où elle lui déclamait son amour. Ses sentiments n’avaient pas diminué. Au contraire, ils étaient à un stade même où le simple fait de la savoir en dehors de ses bras lui faisaient mal. Elle en était à un stade même où elle serait prête à agir impulsivement.
Mais ces mots avaient eu l’effet d’une bombe et elle en était tétanisée, prête à s’effondrer si elle avait appuyé ses propos par quelques justifications. Mais elle n’avait rien fait de tel et elle ne trouva pas la force d’avancer jusqu’à elle. Et si elle l’avait repris dans ses bras. Et si elle lui avait volé un autre baiser. Peut-être que. Peut-être que. Oui mais rien. Entre regret et remord, elle n’avait rien fait. Au contraire, elle se mettait à son tour à fuir. A cause de la douleur qui lui faisait peur, qui lui faisait pour la première fois perdre ses moyens, sa force, ses volontés. A cause de tout ce qui l’empêcher d’en faire son unique et de la présenter ainsi à ses cotés. Tant de chose qui faisait qu’au final, elle comprenait son choix mais ne l’acceptait pas forcement. Elle s’en voulait. Elle s’en maudissait. Mais elle l’avait dit dans l’illusion. Elle ne voulait pas choisir. Elle n’y arrivait pas. Elle voulait tout et allait finir avec rien.


« Vous êtes mon paradoxe Mandy Evans... À la fois celle que j'aime le plus, et celle que j'ai le plus peur d'aimer… »

En disant ses mots, presque pour elle mais pourtant parfaitement audible, Frédérique regardait sa main encore ensanglantée. Le sang avait séché et l’entaille lui piquait légèrement. Son bras gauche dissimulé sous sa mitaine en dentelle allait avoir pour nouvelle compagne la cicatrice qui s’en formera. Mais au milieu de ses lignes de la main, elle ne sera que minime à coté de ses profondes brûlures. Mais la cicatrice la plus profonde était celle que la maîtresse des Potions venait de faire naître dans son cœur. Car même si elle ne lui avait pas dis exactement, explicitement qu’elle ne voulait pas entamer une relation avec elle, ses mots n’avaient pas d’autres sens que ceux-ci et l’impacte n’en fut pas moindre.
Ses mots étaient ce que Mandy lui avait dit plus tôt et elle en comprenait l’impacte, un sens si fort qu’il en faisait mal. Il en serait mieux comme ça, quitte à compter ces jours où elle aurait pu se sentir bien. Elle voulait se convaincre. Convaincre qu’elle l’aimait à tel point qu’elle avait peur de la toucher. Evans lui demandait d’arrêter la partie, une partie brièvement commencée. C’était l’échec depuis le début, elle s’en convainquait aussi. Un léger rêve d’infini était né, mais il se brisa avec son cœur. Ce n’était pas pour elle. Elle ne devait sans doute pas y avoir droit.

L’une et l’autre étaient le paradoxe de l’autre. Il leur était à la fois impossible de vivre ensemble comme de vivre séparée. Il leur était impossible de se fuir comme de se détester.


« La tempête semble s’être calmée… Nous devrions aller, Professeur, avant que la nuit ne tombe… »

Lui tournant elle même à présent le dos, la capuche sur sa tête, son visage ainsi dissimulé, sa voix même devenue sèche, brusque, froide, ne pouvait la trahir tant elle ravalait sa douleur. Le simple fait de l’appeler Professeur montrait explicitement qu’elle se résignait, qu’elle suivrait la volonté de Mandy. Mais au fond d’elle, la tristesse bien présente, elle se jurait de se battre et portait une résistance immense à cette volonté d’impossibilité d’être réunies. Elle l’aimait et ne pouvait pas imaginer ne pas être avec elle, ne pas être à elle. Elle ne supporterait pas de la voir dans les bras d’un autre, d’une autre.

Cette cabane avait été le théâtre de la révélation ouverte de leur amour. Elle n’en restera pas seul gardien. Cabane de l’horreur, cabane du mystère, cabane de la réflexion. Elles voulaient à présent la fuir, et pourtant, elles ne s’en rendront compte que plus tard, une fois seule avec leurs pensées, que les esprits ne les avaient pas seulement poussé à les faire douter, ils avaient révéler leurs plus profonds désirs inconscients et pas seulement qu’en amour mais dans tout ce qui allait avec. Elle ne restera pas le seul endroit à voir évoluer envieusement ces sentiments qui ne mourront pas.

Elle poussa la porte et s’avança sans tarder vers l’extérieur. Le froid se précipita pour venir agresser son visage qui avait repris ses teintes pâles. Sa cape se mouvant déjà à chacun de ses mouvements, la neige se mit à craquer sous ses pas. Sans se retourner de peur de fléchir, Frédérique avançait déjà vers le château qui s’élevait au loin.

Un silence pesant et inquiétant enveloppait les lieux. Nul n’aurait pu imaginer ce qui avait pu se passer en si peu de temps. Tout n’était que blancheur, joie et tristesse à la fois. La pureté provoquée à cette vision apportait un goût amer. La lourdeur de cette image étincelante contribuait à cette impression d’absence de vie. C’était ici et ailleurs à la fois, comme si on avait changé de lieu sans même avoir bougé. Etouffement, fraîcheur, insuffisance, brûlure, envie, égarement. La multiplication des états provoqués présentait un aspect déroutant. Le moindre son semblait s’évanouir avec ce changement de paysage. Juste un souffle, presque imperceptible, une respiration retenue, un soupire, l’étouffement d’un sanglot, semblait transpercer l’air. On n’oserait s’y aventurer de peur de se faire avaler par les éléments.
Pourtant une présence, comme un point égaré, une vision imparfaite et sombre, était bien visible au milieu d’une des vallées entièrement immaculée. Son souffle saccadé se faisait aspirer par les particules qui l’enserraient.
Songe angoissant au milieu de la pureté…
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MessageSujet: Re: comme un point égaré,une vision imparfaite et sombre-TERMINÉ Jeu 2 Juin - 11:55

Il y a différentes façon de tourner la page. Certains la barrent, l'effacent, ou la collent à celle qui la précède, pour ne jamais plus pouvoir la lire. D'autres, plus classique, se contentent réellement d'en commencer une nouvelle, allant jusqu'à prendre une encre neuve pour une histoire naissante. Mandy Evans avait opté pour une solution plus radicale : elle l'avait arrachée. D'un coup, en fermant les yeux et en priant pour couper droit. Le travail avait été fait maladroitement et il restait quelques traces de cette page morte, quelques débris de papier encore accrochés à la reliure, parfois couverts de quelques lettres, pouvant former des mots comme regret, douleur, souffrance, choix, doute,... Les lettres semblaient se mouver pour permettre de nouvelles combinaisons inattendues, s'assembler pour former de nouveaux mots, de nouvelles douleurs inconnues. On n'arrache pas impunément une page du livre de sa vie sans avoir l'impression de perdre une partie de son âme, encore moins lorsqu'il s'agissait de la page centrale, celle autour de laquelle toute l’œuvre s'articulait. Toutes les autres pages étaient sur le point de s'envoler. Qu'elle aurait aimé pouvoir partir avec elles.

Elle n'avait pas dit un mot de plus. Toute parole aurait été superflue et aurait pu trahir ses véritables sentiments, ses pensées. Si elle avait réagi à l'instinct, alors elle se serait retournée et sans même s'attarder sur ce regard qui devait être aussi meurtri que le siens, elle l'aurait embrassée passionnément. Elle aurait mis dans ce baiser bien plus qu'elle n'avait déjà su y mettre, elle s'y serait donné corps et âme. Puis elle lui aurait soufflé doucement dans un fragile murmure qu'elle l'aimait. Son cœur se souleva et elle crut mourir quand Frédérique prononça ces mêmes paroles qu'elle lui avait dites un peu plus tôt. Des larmes brûlantes envahirent ses yeux de glace et elle dut déployer un effort colossal pour ne pas se laisser aller à s'affaler sur le sol poussiéreux de la cabane. Elle ne savait pas ce dont elle avait le plus peur, elle ne se rappelait plus de ce qu'elle fuyait. Était-ce sa fidélité et son sens des valeurs qui la poussait à ne pas commettre cette tromperie de l'âme envers celui qui avait été jusqu'à présent son unique amour ? Ou le Lord Noir n'était qu'une excuse, un ramassis de craintes qu'elle avait au sujet de l'amour qu'elle pouvait avoir pour cette femme ? Jamais, lorsqu'elle était entrée à Poudlard, elle n'avait imaginé que c'était là qu'elle vivrait ses plus beaux sentiments, mais aussi les plus ravageurs.

La porte se referma derrière Frédérique dans un claquement provoqué par le vent. Elle se mit alors à pleurer à chaudes larmes, instantanément, comme si son corps n'avait attendu que son départ pour pouvoir se soulager de sa tristesse. Elle plongea son visage dans ses mains et se força à respirer calmement, mais lorsque les gouttes salées glissèrent de ses joues pour aller se fondre dans ses paumes et que quelques unes d'entre elles se glissèrent dans la plaie ouverte qu'elle avait au cœur de sa main, réveillant la douleur, ses sentiments s'affolèrent de plus belle et c'est à peine si elle n'eut pas envie de hurler. Elle s'adossa au mur et se laissa glisser tout du long, terminant son voyage sur le sol, ses jambes repliées contre sa poitrine et ses mains couvrant toujours son visage. Elle ne ressemblait plus à la splendide professeur de potions, pleine d'assurance et de certitudes. Elle était tout simplement démolie.


"Mandy Evans, sale Sang-de-Bourbe... Tu es un être définitivement détestable..."

Sa vie lui apparaissait comme un tribunal, où elle était juge et coupable, la femme qu'elle aimait la victime. Elle se serait bien donné la peine de mort, châtiment suprême devant un tel affront, si elle n'aurait alors pas été sûre de ne plus jamais la revoir. Frédérique ne s'était pas plein, elle ne se faisait ni procureur, ni actrice lésée de ce tableau, et l'acceptation dont elle venait de faire preuve tentait de la persuader qu'elle ne tenait finalement pas tant que cela à elle. Mais le souvenir de sa voix et de ses dernières paroles lui rappelaient qu'elle se mentait.

"Et vous, Seigneur Noir, Dieu des Hommes... Je viens de sacrifier pour vous ce que j'avais de plus cher... Et je n'aurais jamais crû dire ça un jour, mais à présent... je vous déteste."

Elle savait que cette colère allait passer et que dans quelques heures, demain tout au plus, elle ressentirait à nouveau cette fervente loyauté envers celui-dont-on-ne-doit-prononcer-le-nom. Elle essuya ses yeux avec la manche de sa veste, se calma et après quelques minutes se leva. Elle n'avait plus pleuré comme ça depuis qu'elle avait eu huit ans au moins...

Réajustant sa cape, se dépoussiérant rapidement, elle se décida à sortir de la Cabane. Frédérique avait raison, il lui fallait quitter ce lieu avant que la nuit ne tombe. Mais elle ne se sentait pas la force de retourner à Poudlard ce soir. Elle allait trainer sur la route, puis s'enfermer dans son bureau. Elle n'assisterait pas au festin du soir, préférant s'enfermer dans son bureau et se plonger dans le travail, plutôt que d'avoir à affronter son regard, si plein de reproches, peut-être, et d'amour.
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