POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Apprends-moi... [Terminé]

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Pr Mandy Evans


MessageSujet: Apprends-moi... [Terminé] Ven 3 Juin - 15:05

Cela faisait deux mois que sa raison gagnait sur sa volonté, et qu'elle ne parcourait pas comme elle le désirait les quatre niveaux qui la séparaient de la maîtresse des Sortilèges. Autant dire qu'elle pensait avoir gagné la guerre. Tromperie, ce n'était qu'une bataille. Les pas qu'elle refusait d'exécuter d'elle-même, c'était l'administration de Poudlard qui l'y forçait. Cette dernière lui avait gentiment fait comprendre qu'il serait bon pour le tournoi à venir qu'elle affiche un niveau en sortilège des plus convaincants ; et même si les mots n'avaient pas été prononcés tels quels, cela voulait tout simplement dire que ses capacités dans ce domaine étaient pour le moins décevantes. Elle ne l'avait pas nié. Elle était professeur de potions et non de magie noire, de métamorphose, ou d'une autre matière où l'on remuait un morceau de bois en prononçant des incantations idiotes. Son problème n'était donc pas sur le principe, mais plutôt dans la pratique. Toute progression sous-entendait professeur, et comme un acharnement du destin, on lui avait imposé la seule personne qu'elle désirait ne pas avoir. Paradoxalement, la nouvelle que Frédérique LeeRoy l'aiderait à se remettre à niveau avait créée en elle une joie intense, sentiment qu'elle avait du mal à accepter.

Elle était assise à son bureau, sa baguette posée devant elle, accoudée sur sa main gauche, la droite tapotant frénétiquement la table de bois. Elle ne se souciait pas d'arriver en retard, elle l'était déjà. après de longues minutes encore, elle attranpa sa baguette, la glissa dans son fourreau qui pendait à sa ceinture, se leva et sortit de son bureau, ne prenant même pas soin de fermer la porte derrière elle. Elle ne comptait pas s'absenter bien longtemps à vrai dire...

Vêtue de ses habituels vêtements sombres, l'absence du bruissement de sa cape dans l'air au rythme de ses pas en était presque déstabilisant. Modification notable depuis leur dernière rencontre, sur sa veste noire se tenait à présent l'insigne des Gryffondors. Un petit lion d'or et de sang au niveau de son col, assez discret. Tout semblait vouloir l'opposer un peu plus à la directrice des Serpentards. La rivalité ancestrale qu'il y avait entre les deux maisons n'avait pas de répercutions au niveau professoral, et malgré le blason qu'elle portait aujourd'hui, de coeur, Mandy restait une Serdaigle. Cependant elle devait avouer que les Gryffondors possédaient quelque chose d'attachant ; elle les voyait comme de grands enfants qui croyaient encore que le courage et la persévérance étaient les parents de la réussite. Les plus matures d'entre eux commençaient parfois à comprendre qu'il ne suffisait pas de ces quelques valeurs pour se forger une existence.

Elle marchait d'un pas lent à travers les murs épais des cachots, comme pour éterniser ce voyage qu'elle aurait pu comparer à celui des âmes sur le Styx. L'image était un peu forte mais il lui fallait au moins cela pour traduire son état d'âme et gagner assez de courage pour affronter ce qui lui apparaissait comme un drame. Mais peut-on réellement gagner du courage à travers de simples métaphores et autres figures stylistiques... Elle fuyait par dérision. Poudlard lui semblait bien plus petit qu'à l'ordinaire, et elle aurait parié que les dix minutes qu'elle prit pour monter des cachots vers la salle de sortilège avaient duré si peu longtemps qu'elle aurait pu les faire tenir dans une demi-respiration sans même user de magie. Elle arrêta machinalement sa course traînante devant la porte de la salle de cours et ferma les yeux. Il devait être à présent vingt heure passée d'une vingtaine de minutes et autant de retard qu'elle avait.

Elle toqua, posa la main sur la poignée, attendit quelques secondes avant de l'abaisser, puis entra. Si elle fut surprise ce ne fut pas à cause de sa présence, mais par sa resplendissante beauté. Elle n'avait oublié aucun des traits de son visage, aucun détail, et le tableau qui lui apparaissait était exactement conforme à ses souvenirs, pourtant elle était submergée. Dans un souffle inaudible, elle ne put s'empêcher de retenir ces mots qui lui brulaient les lèvres : « Dieu qu'elle est belle... ». Elle referma doucement la porte derrière elle avant de s'avancer vers le centre de la pièce. Les tables avaient été déplacées sur les côtés pour leur laisser la place.

Elle inclina la tête en signe de salut.


« Professeur LeeRoy... Veuillez m'excuser de mon retard, j'étais occupée à une quelconque affaire, je n'ai pas vu l'heure passer. »

Elle savait emprisonner les sens, ensorceler les esprits, mettre la gloire en bouteille, distiller la grandeur et même, enfermer la mort dans un flacon. Elle pouvait faire parler les langues les plus liées, détruire les convictions les plus fortes et créer des illusions qui semblaient plus réelles que la réalité. Elle doutait que les sortilèges puissent lui permettre d'accomplir des équivalents de ces exploits là.

Sa gorge s'était noué, sa respiration se résumait à des petites impulsions poumonales irrégulières. Elle avait tant de choses à dire qu'elle préférait les taire. Le silence était moins douloureux. Elle n'osait toujours pas la regarder, et ses yeux regardaient les lattes vieillies du plancher comme si elle venait d'y découvrir une passion soudaine.


« Si nous pouvions faire vite... Je doute que nous ferrons des miracles en quelques heures de toute façon...»


Dernière édition par Pr Mandy Evans le Lun 25 Juil - 14:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Apprends-moi... [Terminé] Lun 6 Juin - 21:50


Il y avait des univers, infinis et inimaginables. Il y avait des êtres, hommes et femmes. Il y avait des époques, passé et présent. Il y avait des histoires, simples et compliquées. Le tout se recoupait sans cesse dans un perpétuel recommencement. Pourtant on ne pouvait prédire à l’avance le cour des évènements. On les vivait, les subissait, les laissait venir. Inattendus, soudains, agréables ou douloureux, on ne pouvait rien y changer et les remords et regrets prenaient place avec les souvenirs. Ainsi était faite la vie.
Frédérique était plongée en plein dans ce qu’on pouvait traduire de ce phénomène. Relativement jeune, elle était déjà aspirée dans le tourbillon de sa vie, incontrôlable et qui semblait l’avoir abandonné.

Elle n’avait jamais autant enchaîné les aventures que durant ces deux derniers mois. Dès ses sorties pour récolter des informations sur son fils précisément ou en règle général sur les enlèvements d’enfants sorciers, elle ne pouvait s’empêcher de charmer ses informateurs et d’en faire l’un de ses nouveaux partenaires. Cela ne durait que quelques heures, une nuit, un instant. Puis lassée, elle disparaissait comme si rien ne s’était jamais passé.
Quand il s’agissait d’une femme, pulpeuse ou non, brune ou blonde, elle réclamait obscurité pour mieux s’imaginer avec sa douce Evans. Ses yeux clairs la hantait. Son parfum la poursuivait. Plus elle s’émergeait dans ces sensations, plus elle la réclamait de tout son être.
Quand il s’agissait d’un homme, charpenté ou non, jeune ou avancé, elle réclamait virilité et ardeur pour mieux se réimprégner de son Scofield. Sa voix la hantait. Sa violence la poursuivait. Plus elle s’émergeait de ces sensations, plus elle le réclamait de tout son être.
La première l’avait rejeté, le second abandonné. Elle en était plus meurtrie qu’elle ne l’aurait imaginé. Et cela commençait par la détruire. Si elle n’avait pas son fils qui renouvelait perpétuellement son énergie, si elle n’avait pas son mentor qui ravivait sa force, elle se serait inconsciemment laisser mourir. Fière ou pas. Forte ou pas. Elle semblait avoir abandonné l’idée de vivre pour elle. Elle ne vivait que pour un but. Le reste lui paraissait éphémère.

Le fait de travailler à l’endroit même où travaillaient ses deux amants n’arrangeait pas les choses. Au contraire, ce jour là, on était venu la trouver pour l’ordonner de remettre à niveau la Professeur de Potion en vu du Tournoi que les dirigeants de Poudlard mettaient en place.
Son dernier cours de Sortilèges de la journée achevait depuis quelques heures déjà, sa salle de classe parfaitement vidée de son mobilier, elle n’avait pas choisi de tout remettre en place. Elle devait donner en quelque sorte un cours particulier. Elle n’y était pas prête. Ni pour ce cours, ni pour la revoir.
Mandy…
Depuis leur étrange aventure dans la Cabane Hurlante, elles s’étaient mutuellement fuis. Frédérique avait choisi de déserter les repas à la Grande Salle, soit en mangeant à l’extérieur de Poudlard, soit en se réfugiant dans ses quartiers. Et pour ses moments de libre, elle recherchait encore et toujours son fils. Tellement qu’elle s’était éloignée même de ses élèves. Elle fuyait tout. Les gens, Mandy, elle même. Elle refusait d’accepter qu’elle avait mal. Elle refusait d’accepter la situation. Mais plus elle la fuyait, plus elle semblait vouloir la rattraper.
Voilà à présent qu’elle devait personnellement la former.
Et tout ses efforts s’étaient écroulés.

Ce jour là, elle avait revêtu sa robe de sorcier vert très foncé, spécialement conçu pour les duels, proche du modèle de celle que portait inconditionnellement le Professeur Rogue, prédécesseur de sa belle. Enserrant sa taille fine, rehaussant son buste délicat, on aurait dit que ce bustier sur mesure faisait partie intégrante de son corps. Le col remontant légèrement autour de son cou pâle, une légère ouverte en V laissait imaginer son décolleté. Ses bras étaient parfaitement recouverts. Le bas de la robe, recouvrant de toute sa longueur ses longues et fines jambes, était fondu sur le coté afin de lui permettre des gestes amples et une démarche gracieuse. De longues bottes en cuir noir finissaient le tout. Elle avait choisi cette tenue pour plus de commodité, non pas pour plaire. Pourtant, comme tout ce qu’elle choisissait avec goût pour se revêtir, cela lui apportait un charme certain voir une diabolique beauté.
A travers la pénombre de l’extérieur alors que la salle était parfaitement éclairée de toute ses bougies, postée devant l’une de ses fenêtres ouvertes, regardant au loin une équipe de Quidditch en train de s’entraîner, ses cheveux, parfaitement lâchés et retombant en corolle sur ses épaules, virevoltaient avec la légère brise. Dans ses pensées, elle ne fit pas attention aux coups que portait enfin sa collègue à sa porte qui choisissait donc d’entrer sans recevoir d’invitation. Le visage fermé, contrôlant tout état, toute parole, tout geste, elle choisit de ne pas se retourner de suite alors qu’elle l’entendait pénétrer dans la salle et y faire quelques pas.


« Professeur Evans... »

La Directrice de Serpentard ne répondit pas à l’inclinaison de tête que lui fit la jeune femme en guise de salut. Pas par impolitesse mais tout simplement qu’elle ne la voyait pas faire, lui tournant toujours le dos. La laissant s’excuser de son retard, elle retenait la suite de ses propos où elle brûlait de lui dire son plaisir de la revoir, sa joie de lui adresser à nouveau quelques mots, le bonheur de la savoir si proche. Oui mais si proche et si distante à la fois. Sa collègue, vu qu’elle ne désirait qu’être cela pour elle, lui avait prié de ne continuer aucune relation avec elle alors que la leur était doucement née. Née pour s’essouffler.
En plus de quelques mots, elle retenait ses gestes où elle brûlait de la serrer de ses bras, de caresser ses lèvres délicates, de sentir à nouveau son parfum qui n’avait jamais quitté ses sens. Mais rien de tout cela ne vint. Ni parole, ni geste. Elle restait là, à distance raisonnable, distance qui était plus souffrance que délivrance. Pourtant, de là où elle se trouvait, elle aurait pu percevoir ses inspirations soutenus qui faisaient gonfler sa poitrine de façon irrégulières. Mais de dos, elle ne put rien voir de cela. Joie ou colère d’être là, à moins de se plonger dans son esprit, rien ne laissait déterminer avec exactitude son état.
Et ses nouveaux propos ne l’aidèrent pas en cela. Au contraire, ils la contrarièrent plus qu’autre chose. Déjà bien contrariée de la savoir ici, proche et accessible mais pourtant distante et fuyante. Déjà bien contrariée de les savoir réuni par le travail et non la force des sentiments. Comme de la colère, envers elle même. Comme de la tristesse, envers le comportement de Mandy. Elle lui répondit à la fois sèche et froide, alors qu’au contraire, son regard dissimulé se faisait mélancolique et lointain.


« Faire vite... Madame la Directrice serait-elle pressée… ? En une légère pulsion de baguette, je pourrais vous mettre dans un coma profond… Vite dites vous… En un souffle, je pourrais vous enfermer dans des douleurs dont vous n’imaginiez pas l’existence… »

Lui tournant toujours le dos, LeeRoy eut un léger ricanement. Elle avait réellement du mal à garder cette apparence. Sans l’aide de la magie, elle porta ses mains sur les battants de la fenêtre et la ferma avec précaution. Ses doigts fins et vernis de noir glissèrent doucement le long de la vitrail. Plus ses gestes étaient précis et longs, plus elle devait se concentrer à ça seulement et moins elle pensait à ce qu’elle ressentait. C’était un moyen comme un autre pour elle de se contrôler.

« Je n’ai pas eu le plaisir de tester vos capacités en Sortilèges… Or, ceux ci font partis de la tache que l’on semblerait nous confier… Nos élèves ont des capacités assez inattendus pour certains… Vous seriez surprise de voir l’étendu de leur propre pouvoir... Nous pouvons faire vite et vous laissez vaquer à vos propres occupations, qui sembleraient plus importantes que vous trouvez ici… Mais il serait dommage de nous priver de vos compétences expertes en potion si vous deviez vous octroyer un séjour de longue durée à Ste Mangouste… »

Frédérique connaissait les risques des différents Tournois réalisés à Poudlard. Celui ci n’échapperait pas à la règle. Il n’y avait pas que de simples blessés, certains y avaient même laissé la vie. Elle ne se le pardonnerait jamais si cela arrivait à sa jolie brune. Elle prenait donc cette remise à niveau plus à cœur qu’elle ne voulait laisser paraître. Elle se savait la mieux placée pour une telle tâche. Mais comment être parfaitement à la hauteur quand on voulait à la fois protéger et faire évoluer une personne ?

« Je suis là pour faire des miracles justement... J’en fais tous les jours avec ces jeunes écervelés… Douteriez-vous de mes capacités en Sortilèges… ? »

Délicatement, sans mouvement brusque, la jeune LeeRoy se retourna enfin et son regard fut de suite aspiré par celui de la jeune femme. Elle en eut une brusque inspiration qui dissimulait mal le mélange de joie et de tristesse que leur situation lui infligeait.
Il y avait des univers, infinis et inimaginables. Il y avait des êtres, hommes et femmes. Il y avait des époques, passé et présent. Il y avait des histoires, simples et compliquées. Pourtant à chacune de leur rencontre, le temps semblait s’arrêter…
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MessageSujet: Re: Apprends-moi... [Terminé] Mar 7 Juin - 1:26

Elle avait envie de pleurer. Juste pleurer, et peut-être, aussi, trouver le réconfort dans ses bras. Elle se croyait forte encore quelques minutes auparavant, avant de passer cette porte et de poser ses yeux sur elle. Maintenant que son regard s'était délecté de cette contemplation, elle voyait toute l'étendue de sa faiblesse et ne désirait plus que céder pour redevenir sienne.Toutes les peurs qui l'avaient poussée à fuir lui apparaissaient en ce jour comme dénuées de sens, toutes les raisons étaient sans valeur et le tout s'accumulait dans un amas de regrets et de remords dramatiques, qui poussait tout son être sous le feu de la panique alors qu'elle se retrouvait dans la situation la plus sulfureuse qu'elle aurait pu imaginer, que cela soit dans ses rêves ou dans ses cauchemars.
Elle ne voulait qu'elle, alors pourquoi continuait-elle à entendre cette petite voix qui lui criait de sa voix cassée qu'elle n'avait pas le droit ?

Elle avait voulu fuir, non la blesser, mais tentative après tentative, c'était les formes et les couleurs de l'échec que son pinceau semblait vouloir inscrire sur la toile. Elle était condamnée à vivre pour elle, avec elle, et elle le désirait tout en le niant. Alors elle en devenait blessée et blessante, perdue et perdante, convoitée et convoitante. Les séquelles de son amour se faisaient de plus en plus visibles ; elle avait été incapable de poser ses lèvres sur d'autres que les siennes, incapable de poser les yeux sur un autre corps, tout aussi charmant pouvait-il être, tout son esprit était porté vers son être. Et la froideur et la sècheresse de cet être qu'elle chérissait tant lui causait à présent le plus grand mal. Ses regrets laissèrent place à une forme de honte qu'elle n'aurait su identifier réellement, à la fois en colère contre elle-même et pleine de tristesse.

Ses yeux se mouillèrent et elle ne put retenir les quelques larmes qui coulèrent sur ses joues. Elle baissa la tête pour camoufler sa douleur. Face à cette femme, elle perdait toute fierté. Celle-ci savait se montrer si pleine d'autorité et de droiture qu'il en était troublant pour Mandy qui cherchait cette perfection de lui faire face et de la souffrir sans pouvoir l'atteindre. Elle ne l'en aimait que plus d'être tout ce qu'elle n'était pas.
Ses paroles furent dans un premier temps parsemées d'hésitation et énoncées par une voix chancelante qui dut prendre de l'assurance au fil des mots.


« Je... Je vous prie de bien vouloir excusez mon arrogance Professeur... La fatigue me pousse à dire des propos qui n'ont pas lieux d'être. »

Elle releva la tête alors que la dernière larme se glissait délicatement dans son cou. Elle ignorait si cette femme savait qu'elle n'avait besoin d'aucune magie pour la faire souffrir, d'aucune baguette pour la faire tomber en catalepsie. Un sourire, un baiser, un mot auraient suffi pour tout cela, et elle aurait pu souffrir des heures si elle lui avait demandé. Mais aucune douleur jamais ne pourrait équivaloir celle qui bercer doucement son cœur. Elle croyait avoir à supporter ce supplice pour elle, pourtant, ce n'était que quand elle était là que la douleur s'estompait, ce n'était que quand elle la regardait qu'elle l'oubliait totalement, et uniquement lorsqu'elle la touchait qu'elle s'en allait mourir au loin. À la place s'installait une joie et un bonheur intolérable par leur pureté. Il faut être fou pour fuguer de l'amour idéal et de la félicité, pensez-vous ? Que non, il suffisait d'être elle : une inconditionnelle des sentiments.
Elle remerciait le ciel qu'elle n'ait pas encore eu à plonger son regard dans le sien. Elle ne maîtrisait pas aussi bien ses émotions que la maîtresses des sortilèges, pour qui la pratique de l'occlumancie était une grande aide, et même avec ceci, sa tendre LeeRoy ne pouvait tout dissimuler, et elle s'accrocherait à tout ce qui pouvait être un signe plein d'un sens qui lui était inconnu et animerait en elle une petite lueur d'espoir. Elle ne la laissait pas indifférente, c'était déjà d'un doux réconfort. Elle n'osait pas penser à ce qui était visible dans ses yeux, car même si ceux-ci étaient sa plus belle arme, il arrivait qu'ils la trahissent et ouvrent son âme à qui voulait bien y entrer.


« Un mouvement... Un souffle... Peut-être. Mais je crois malheureusement pour vous que je connais la plus grande des douleurs que l'on puisse m'infliger. Et je n'ai eu besoin que de quelques mots pour m'en faire la détentrice. »

Elle faisait là référence à ce qui c'était passé dans la cabane hurlante au cours des mois précédents. Quelques mots bien choisis avaient su causer le malheur des deux personnes qui se trouvaient dans cette pièce. Et pourtant ces mots n'avaient rien d'agressifs, ils n'étaient pas piquants, ils ne portaient pas en eux l'ironie et le cynisme. Au contraire, ils étaient lyriques, oserait-on dire poétique. Mais à présent elle haïssait les mots, source de tous ses maux. Sa punition était de devoir les manier et de revivre à chacun d'entre eux cette destruction, ce suicide.

« J'ai passé tellement de temps entre les livres et les chaudrons ces dix dernières années que les seuls capacités qu'il doit me rester dans votre domaine, si je peux me permettre l'exagération, sont celles qui me permettent de faire voleter mes fioles. Et l'on m'a dit que le service à St Mangouste était des plus déplorables... »

Elle se serait bien permis de sourire à cette dernière réplique si elle n'avait pas pleinement conscience des risques que ce tournoi pouvait lui faire encourir. D'avoir ouï les récits des anciens concours, elle savait qu'ils avaient toujours été accompagné de blessures et de morts. Elle ne se croyait pas supérieur aux autres, loin de là. Elle espérait simplement se sortir des épreuves avec le moins d’égratignures possibles que cela soit sur le plan physique ou émotionnel.

Quand son regard capta celui de la jeune femme, elle sentit son corps tout entier frissonner d'abord de crainte, puis de plaisir. Elle venait d'obtenir ce qu'elle réclamait silencieusement depuis qu'elle était entrer dans ce lieu. Machinalement, elle fit un pas en avant. Sa respiration s'accéléra un peu plus et très vite ses yeux quittèrent les siens pour se poser sur ses lèvres.

Si Ève avait gouté la pomme, une première fois, à l'abri du regard divin, pensez-vous qu'elle aurait réussi à ne pas la croquer à nouveau ?

Elle se mordit la lèvre jusqu'au sang et même ça ne suffit pas à la sortir de ce rêve éveillé. Elle ne pouvait douter de ses capacités en sortilèges, alors qu'elle était sous son charme en un unique regard. En quelques secondes elle était à nouveau tout à elle alors qu'il lui avait fallu si longtemps pour croire s'extraire de son emprise.


« Je n'ai de doutes qu'en moi, jamais je ne me permettrai d'en avoir en vous. Prenez tout le temps que vous jugerez nécessaires, mes heures sont vôtres... Et nous verrons biens, ainsi, si mon cas sera sujet de votre désespoir. »

Dans un effort surhumain, elle la quitta des yeux et prit une profonde inspiration. Plus le temps passait et plus elle avait de chance de craquer, de se laisser aller à ses désirs qui devenaient de plus en plus des pulsions. Sa peau frémissait, elle voulait sentir la sienne, la parcourir, la caressait. Sa bouche la brulait, elle voulait l'embrasser et lui avouer tendrement dans un murmure qu'elle l'aimait. Ses yeux la brulaient, ils étaient éblouis par la beauté qui leur faisaient front. Elle avait chaud, si chaud, mais elle aimait cette chaleur. Elle aimait profiter de sa compagnie, un peu trop peut-être...
C'était un effort de chaque instant pour se rappeler ce qu'il s'était passé, le choix qu'elle avait fait et les raisons de ce dernier. Elle avait l'impression que sa vie s'était arrêté il y avait deux mois, une après-midi de tempête dans une vieille cabane criante, et elle venait de reprendre, tout à coup, ce soir. L'impression était semblable à un barrage qui disparaissait, laissant d'un coup les ondes bleus se déversaient en excès dans la rivière à laquelle elles appartenaient.


« Par quoi voulez-vous commencer ? » demanda-t-elle à mi-voix.
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MessageSujet: Re: Apprends-moi... [Terminé] Mar 7 Juin - 18:50


Délicatement, sans mouvement brusque, la jeune LeeRoy s’était enfin retournée et son regard fut de suite aspiré par celui de la jeune femme. Elle en eut une brusque inspiration qui dissimulait mal le mélange de joie et de tristesse que leur situation lui infligeait. Elle ne parvenait pas à quitter immédiatement ses yeux d’une profondeur, d’une douceur, d’une incroyable clarté. Elle les vit légèrement gonflées, assez légèrement, quelque peu rougis aussi, mais parfaitement brillants. Larmes ou réelle fatigue, elle n’aurait su le dire avec exactitude. Tout ce dont elle était sur, c’était qu’elle n’avait jamais oublié à quel point ils pouvaient être beaux, les plus beaux que la terre lui était donnée.

« Si fatigue est telle, nous n’obtiendrons aucun résultat satisfaisant… »

Tout en continuant à la dévisager, elle avait répondu à cela suite à ses excuses. Elle ne l’excusait pas. C’était de cette arrogance que lui était née cette décision de les désunir. C’était de cette arrogance que toute leur peine était née. Elle avait fait son choix seule et elle n’avait fais que suivre sa volonté. Elle ne l’excusait pas de lui avoir fait autant mal et de continuer cette souffrance. Elle ne l’excusait pas d’avoir pris son cœur pour ensuite l’enfermer et le voir disparaître.
Sincère, ardente, déterminée, rancunière, acharnée, extrême, impétueuse. Tant de qualités et de défauts qui faisaient entre autres parties du fait qu’elle était ainsi à présent cruelle avec elles deux. Elle avait été sincère avec ses sentiments, elle le serait toujours si elle osait lui en poser la question. Elle était ardente dans cette folie amoureuse, elle brûlait encore plus de ne pouvoir dévorer ses lèvres. Elle était déterminée à ne pas lâcher cet amour, mais elle n’était ni suppliante ni romantique. Elle était rancunière et ne parvenait pas à lui pardonner de l’avoir fait ainsi rêver. Elle était acharnée et pouvait aller jusqu’au bout avec elle, quitte à vendre son âme. Elle était extrême, et de passion à plaisir, elle était passée à colère et désespoir. Elle était impétueuse et se faisait cruelle, mais ce n’était que parce qu’elle ne savait plus comment s’y prendre.
Elle ne se pardonnaient pas elle même de n’avoir rien fait pour la convaincre de changer d’avis, d’avoir préféré la distance au lieu de l’acharnement. Mais cela ne faisait pas partie de son caractère que de supplier, que d’implorer. L’amour ne s’implorait pas. L’amour se gagnait, s’offrait, se recevait. L’amour transperçait l’imagination pour vous toucher au plus profond pour ne plus jamais se détacher. On ne pouvait le fuir car toujours il vous rattrapait.


« Cette douleur, dites vous, vous vous l’infligez vous même… Elle n’a que vous comme coupable… L’on détient que ce que l’on désire… »

Tout en parlant, la Directrice de Serpentard était parvenue à reprendre de la contenance. A nouveau droite et fière, son instant de faiblesse qu’elle avait laissé exprimer dans une inspiration malgré elle avait disparu. C’était d’autres fatigues qu’elle aurait aimé lui infliger. Pour l’instant, froide et sèche, elle le regardait se murait en excuse. Elle la regardait se justifier. Au diable les mots ! Si elle souffrait autant qu’elle souffrait, si elle affirmait tellement être détentrice de ces douleurs, pourquoi ne venait-elle pas se soigner en se réfugiant dans ces bras ? Elle tentait de se convaincre que ces maux n’étaient rien et que ces mots n’étaient que pour la bercer encore d’illusions. Pour l’oublier, elle avait même tenté de se persuader que l’amour n’était qu’un état qui embrumait le cerveau. Mais à présent face à elle, elle ne croyait plus à l’illusion.

A force de réflexion et de contemplation, ce feu ardent qui se propageait en elle se joua d’elle. Cet envie irrésistible de poser ses doigts sur sa peau délicate, afin de s’assurer de son existence physique dans la pièce, la poussa à faire à son tour un pas vers elle. Mais ce pas fut accompagné d’un deuxième. Et un autre se faufila au milieu d’eux, si bien qu’elle se retrouva à avancer doucement jusqu’à elle d’une démarche lente et fluide, à moitié dangereuse, à moitié enchanteresse.
Un mouvement. Elle ne stoppa pas son pas. Elle se contenta de ralentir même quand elle fut à un mètre, peut-être moins d’elle. Et ses gestes lui échappèrent. Elle leva doucement sa main et vint à glisser ses doigts fins dans ses cheveux longs. Elle les dégagea de son visage et les glissa derrière son oreille. Elle frôla à plusieurs reprises sa peau si douce, si chaude. Elle se retenait pourtant encore de ne pas poser parfaitement sa main sur elle, pour ne pas l’enlacer totalement. Ses doigts toujours entremêlés dans ses cheveux, glissèrent doucement jusqu’à leur pointe. Elle ne la toucha pas plus. Elle n’était plus qu’à quelques centimètres d’elle.
Un souffle. Elle se penchait et se rapprocha tout aussi dangereusement de son cou ainsi dévoilé. Elle respira doucement ce parfum qui n’avait jamais eu de cesse de la hanter. Elle s’en imprégna tous ses sens. Et tendant légèrement les lèvres, elle souffla sur sa peau. En une impulsion, elle aura pu embrasser son cou. Une impulsion, elle aurait pu la reprendre. Mais elle se redressa et s’éloigna en passant à coté d’elle, faisant frôler leurs deux bras. Elle lui tournait à présent le dos en se retrouvant dans son propre dos à un pas d’elle.
Cruelle cruauté.


« Voyez, il y a plus de force dans un mouvement et un souffle que dans des mots… Alors assez avec les mots… ! Je veux vous voir à l’oeuvre… Je ne jugerais pas vos capacités dans ce que vous m’en dites, mais dans ce que vous serez capable d’accomplir… »

La maîtresse des Sortilèges maîtrisait mieux son art que ses états. Mais elle maîtrisait mieux ses émotions que sa douce collègue. Elle parvenait à passer d’un état à un autre état dans une habilité déconcertante. Sa première phrase par exemple avait été dis sans un long murmure, parfaitement audible, mais parfaitement susurré avec charme. La deuxième fut plus vive, forte et autoritaire. Les deux dernières se trouvèrent ainsi plutôt comme une mise au défi, une douce provocation.
Lui tournant toujours le dos, elle en était venue à parler de Ste Mangouste et la jeune femme, dans un mélange d’ironie, lui avait dis que le service n’y était pas si bon. Elle regarda son bras gauche, le relevant à mi hauteur du regard, et se remémora la mission où elle y avait été profondément brûlé à cause d’un sort incontrôlable. Pourtant parfaitement recouverte de ses manches longues, elle caressa du bout des doigts l’endroit même où les cicatrices étaient visibles, à son avant bras gauche.


« Le service à Ste Mangouste est bon… Sinon de mon bras ce ne serait des cicatrices que j’aurais, il serait définitivement perdu à l’heure qu’il est… »

On lui avait apporté tous les soins possibles, sorts et potions Enfin, elle le croyait. Les cicatrices persistaient. Elle, désireuse de charmer, de conquérir, de reconquérir, se retrouvait prisonnière de marques qui n’avait rien de séduisantes. Depuis, elle avait trouvé divers moyens de les dissimuler et cela passait presque inaperçu. Presque. Elle devait vivre avec. Cela lui rappelait son devoir. Elle était au service de Lord Voldemort, elle était une disciple à chacune de ses respirations, à chacune de ses paroles, à chacune de ses actions.
Puis son regard remonta jusqu’au creux de sa main, où une autre cicatrice, moins profonde et presque confondue avec les lignes de sa main, y était parfaitement présente et persistante. Mandy avait la même. Un pacte du sang, comme deux sœurs, entre deux amantes. Elle lui avait demandé de devenir la marraine de son fils. Celui ci n’avait toujours été retrouvé. Celle ci avait accepté. Mais les deux jeunes femmes s’étaient depuis éloignées, fuies plutôt.

Frédérique revoyait chaque instant, dans chacun de ses rêves ou cauchemars, de ce qui s’était passé dans la cabane hurlante. Elle revivait tout tous les soirs où elle se réveillait en sueur et en larmes, éprise d’effroi. La douleur de l’être était une chose indescriptible, pourtant elle la connaissait et ne parvenait pas à s’en débarrasser. Elle avait senti un peu plus tôt le regard de la jolie brune glisser le long de ses lèvres. Dans cette cabane, elle avait eu l’occasion de goûter à ses lèvres et d’obtenir plus qu’une simple réponse à ce baiser. Ces aventures ne lui avaient pas fait perdre une seule de ses sensations. Au contraire, cela l’avait donné encore plus envie de la retrouver.


« Ce n’est pas votre cas qui est sujet à mon désespoir… »

Ses propos étaient lourds de sens. Ce n’était pas son cas qui était sujet à son désespoir, mais son amour pour elle. Elle le savait. Elle jouait de ces propos. Fière, elle ne lui dirait jamais explicitement qu’elle souffrait. Les mots étaient fais pour être utilisés. Elle ne voulait plus les entendre. Elle ne pouvait les prononcer. Elle n’était pas tendre de nature. Elle était possessive mais ne se faisait pas exclusive. Tout en elle était contradiction. Jour et nuit. Eté et hiver. Joie et peine. Plaisir et colère. Amour et haine.

« Le doute mène à l’échec… Je ne vous donne pas le droit à quelques insuccès… »

La gardienne des verts et argents se retourna vivement à ses mots et sortit tout aussi rapidement sa baguette qu’elle pointa sur la maîtresse des rouge et or. Les sourcils froncés, le regard foudroyant, elle la mettait à nouveau au défi. Elle était là pour rehausser son niveau. Elle était là pour lui donner toutes les bases pour ne pas finir à l’hôpital à cause des épreuves qu’elle infligera durant le Tournoi. Si on ne les avait pas mis volontairement à l’épreuve, la force des choses les mettait elle même face à leurs plus gros dilemmes.

« Attaquez moi… ! »
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MessageSujet: Re: Apprends-moi... [Terminé] Mar 14 Juin - 23:56

Le Silence était la concentration de toutes les forces de l'Univers. Si les mots étaient magnifiques lorsqu'ils étaient maniés avec aisance et grâce, ils se mourraient avec le temps qui passe aussi vite qu'on leur avait donné naissance. Le Silence lui était immuable. Il se jouait du temps. Avant la création du monde, pendant, et encore après, le Silence était toujours là, quelque part, entier ou en partie. Elle n'avait jamais réellement pris le temps d'en profiter, de le contempler. Mais à présent qu'elle faisait face à une femme qui maniait aussi bien les mots qu'elle et qui était indifférente aux siens, une femme qui avait sur elle autant d'emprise que personne ne pouvait en avoir, elle optait pour la première fois pour le silence total. Elle préférait laisser ses mots l'atteindre en plein cœur, quitte à s'en trouver blessée. Elle se savait coupable de tout ce qu'on pouvait l'accuser, elle ne niait rien, mais elle n'acceptait pas non plus la situation. Lasse de recherches infructueuses, elle ne cherchait plus.

Un mouvement, et elle se trouvait à présent face à face, si proche, si loin. Il suffit de ce léger contact, ce frôlement, pour réveiller en elle plus de désir qu'elle ne pensait en contenir. Son cou mis ainsi à jour, elle dût supporter la torture de sentir son souffle contre sa peau. Première leçon. Elle venait de comprendre ce qu'il pouvait être doux de souffrir. Elle aurait voulu parler, agir, lui dire tout ce qu'elle avait sur le cœur, lui expliquer ses choix, ses décisions, faire tout ce qu'elle aurait dû faire et qu'elle n'avait pas fait. Mais déjà elle n'était plus là, disparue comme un songe. Elle savait qu'il lui suffisait de se retourner pour faire face à nouveau à ce rêve, et il était dans ses pouvoirs de le transformer en un terrible cauchemar... Elle pouvait aussi le conserver, le façonner pour en faire une réalité enviable, comme elle lui avait promis, ce jour-là, à l'abri du bois craquelant et usé de la cabane hurlante.

Elle avala avec difficulté sa salive. Elle refusait qu'on joue ainsi avec elle, par fierté ou par orgueil, mais aussi simplement par résistance. Elle n'aurait pu dire alors ce qu'il l'avait poussée à agir comme elle allait le faire, peut-être une forme de psittacisme inconscient, ou tout simplement la frustration accumulée, mais à son tour elle et d'un pas légèrement plus presse elle parcourut le peu de distance qui la séparait de Frédérique. D'un geste lent, elle posa l'extrémité de sa main sur la baguette de la jeune femme, et fit glisser ses doigts jusqu'à sa main, qu'elle entoura délicatement de la sienne. Sans force, elle lui fit abaisser son bras, puis d'un nouveau pas elle vint quasiment se coller contre elle. Elle posa sa main libre contre sa joue, la caressa délicatement en glissant jusqu'à ses lèvres. Elle les caressa du bout des doigts et approcha les siennes donnant l'illusion d'un futur baiser, mais elle s'arrêta à moins d'un centimètre, inclinant la tête et plongeant son regard dans le sien. Elle pouvait sentir le souffle de sa respiration sur sa peau. La sienne se faisait courte, presque haletante. Elle avait poussé le contact dans des proportions bien plus grande que ne l'avait fait Fred, et le jeu n'en était que plus dangereux. Elle voulait lui faire comprendre qu'elle aussi savait jouer, elle aussi pouvait la tenter tout en se refusant, et que si Frédérique voulait jouer ainsi, alors à chaque partie elle offrirait une vengeance. Elle pensait, au vu de sa réaction à leur dernière rencontre, que Fred avait accepté la résignation, et elle n'imaginait que vaguement l'idée qu'elle ne puisse désirer rien d'autre que ce petit jeu, où Mandy se mettait elle-même en danger. Elle espérait au contraire, que toujours dans l'esprit de fuite qu'elles avaient toutes deux adopté au cours des deux derniers mois, LeeRoy mettrait elle-même fin à tout ceci. Elle, elle n'en avait pas la force. Inconsciemment aussi, elle ne le désirait pas. Au contraire, ce qu'elle voulait, c'était Fred. Elle n'aspirait qu'à la posséder, et pire encore, elle voulait que ça soit elle qui fasse le premier pas. Impensable à tout esprit raisonnable après ce qui s'était passé, et pourtant un seul mot d'elle l'aurait convaincue de la suivre à nouveau. Sa résistance n'était que superficielle et elle se briserait à la moindre tentation.


« Je ne puis vous en faire une promesse, mais peut-être que je pourrais effacer à jamais ces quelques cicatrices, si le cœur vous en dit... »

Elle ne croyait pas aux destins, mais penser que certaines personnes pouvaient être impliquées dans votre futur, et il lui avait presque toujours coûté un coup de folie de s'en bâtir un. Il s'agissait aussi de futurs éphémères, nés pour mourir. Elle ne voulait pas de cela pour Fred, et cela l'effrayait outre mesure. Elle comprenait pourquoi elle avait fuit, elle avait eu peur, elle avait toujours peur. C'était une crainte égoïste qui consistait en ce qu'elle voulait se conserver pour elle même, inquiétude de se donner, d'appartenir à quelqu'un d'autre et hantise d'une liberté perdue.
À nouveau le Silence. Ses paroles à double sens pouvaient jouer contre elle. Son comportement pouvait jouer contre elle. Mais ce n'était pas à son âge qu'on allait lui apprendre qu'il était dangereux de jouer avec les flammes, surtout celle du cœur. Pure folie. L'histoire de chaque individu nous apprend que rarement seulement les premières tentatives ne sont pas synonyme d'échec. Premiers pas, premières chutes ; premier vélo, premières blessure, premier amour, premier chagrin... premier jeu, première défaite. La vie de Mandy était plus jalonnée d'insuccès, sa réussite s’éclipsait plus fréquemment qu'elle ne l'aurait désiré, et ses triomphes n'avaient quand à eux rien de glorieux. Mais la véritable bataille se jouait à présent ; toutes les batailles du passé, qu'importe leur domaine, avaient perdu toute leur importance. C'était un nouveau champ de bataille, une nouvelle armée, de nouvelles armes, de nouveaux ennemis. Car les belligérants ne se résumaient pas aux deux femmes, c'était deux manières d'être, deux modes de penser, la passivité et l'action, la lâcheté et le courage qui s'affrontaient. Tous se regroupaient en l'intelligence et visaient la même fin, mais Mandy était dans son essence plus calme, son courage oscillait entre la témérité et la couardise, pour cela sûrement, son art de prédilection demandait patience et quiétude, il était puissant mais passif. Au contraire, Frédérique, vive et engagée, alliait malice et hardiesse, elle savait se jouer du monde et de ses éléments, infléchissant leur course au bon vouloir de ses désirs d'un simple mouvement de baguette. Pour une raison qui lui échappait, elle était irrémédiablement attirée par cet opposé, et son existence semblait dénuée de sens si elle n'était pas mélangée à la sienne. Cependant, quand elle poussait cette analyse jusqu'à l'extrême limite, elle s’apeurait encore plus des conclusions qu'elle pouvait en tirer. Aussi loin que ses souvenirs pouvaient la mener, elle croyait ne jamais avoir aimé quelqu'un de véritables sentiments avant ce jour. Alors si elles étaient à ce point différentes, combien avant elle s'étaient attiré les grâces de Frédérique ? Combien y en aurait-il encore ? Et combien y en avait-il en ce moment ? Pouvait-elle se permettre de prendre le risque de n'être qu'une parmi d'autres ?


« Vous attaquez... Non. »

Ses lèvres se rapprochèrent dangereusement de celle de la jeune femme et il s'en serait fallu de peu pour qu'elle ne succombe à son instinct et scelle à nouveau leur union d'un baiser. Elle dut déployer un effort colossal pour finalement s'éloigner d'elle, signant toujours le refus avec sa tête et tremblant légèrement. Quand quelques mètres les séparèrent, elle pivota de manière à lui tourner le dos à nouveau. Pourquoi son cœur battait si fort ? Pourquoi ses yeux s'humidifiaient ? Elle désirait mais son désir ne voulait pas être comblé. Elle aimait mais ce n'était pas son choix.
Rigide, sa silhouette devait paraître à la limite de l'ascétisme. Pour la première fois, si elle avait mal, ce n'était pas par ce qu'elle ressentait, mais bien par ce qu'elle avait fait. Elle ne voulait plus souffrir.


« Doute, échec, ou insuccès, mettez sur cela le nom qui vous plaira, il n'empêche que je suis incapable de lancer un quelconque sort contre vous. Jamais je ne pourrais agir de manière à vous faire souffrir, à moins d'avoir la certitude de vous épargner une souffrance plus grande. »
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MessageSujet: Re: Apprends-moi... [Terminé] Mar 21 Juin - 20:30


Les mots étaient des éléments de la langue constitués d’un ou de plusieurs sons et exprimant une ou plusieurs significations. Il pouvait y avoir confusion quand on utilisait un mot plus qu’un autre. Leur sens n’était pas fixe ni prédéterminé. Tout dépendait de leur traduction, de leur interprétation, de leur situation.
Les gestes étaient des mouvements du corps principalement de la main, des bras, de la tête. Ils pouvaient être porteur d’un sens ou non. Tout dépendait de la situation, de l’intention et d’autres facteurs comme le regard, la vitesse.
Quand on alliait geste et mot, on obtenait des sens bien plus précis de ce que l’on voulait exprimer. Il suffisait de bien combiner le tout et le langage en devenait universel et transporteur.

Se retournant vivement à ses derniers mots et sortant tout aussi rapidement sa baguette qu’elle pointa sur la maîtresse des rouge et or, elle tenait à tout prix à ce que celle ci l’attaquait, que celle ci fasse ressurgir physiquement les douleurs insupportables que sa simple présence lui infligeaient. Les sourcils froncés, le regard foudroyant, elle la mettait à nouveau au défi. La maîtresse des Sortilèges était là pour rehausser son niveau. On le leur en avait donné l’ordre. Elles devaient obéir. Elle était là pour lui donner toutes les bases pour ne pas finir à l’hôpital à cause des épreuves qu’elle infligera durant le Tournoi et qui pouvait lui revenir. Si on ne les avait pas mis volontairement à l’épreuve, la force des choses les mettait elle même face à leurs plus gros dilemmes. Elles avaient tout fait pour se fuir, s’éviter, s’oublier. Pourtant la vie les réunissait encore et toujours, comme un rappel à l’ordre. Tel des aimants qui s’attiraient, elles se repoussaient tout autant. Avançant jusque là d’un pas pour mieux reculer de trois, elles semblaient à présent dans une impasse. Mais Frédérique l’aimait tellement qu’elle avait peur de la brusquer, de l’effrayer, de la voir fuir à nouveau. Tel un enfant qui découvrait innocemment l’amour, elle remettait à découvrir les passions et les plaisirs quand elle était en sa présence. Alors qu’avec d’autres, elle serait déjà en plein ébat, là, elle hésitait, redoutait, fuyait elle même. Etait-ce possible d’aimer au point de pouvoir avoir peur de se toucher, de s’aimer réellement ?

La surprise était un mélange d’éléments inattendus, soudains, imprévisibles qui survenaient dans un moment donné.
Frédérique se croyait en position de force. Dans toutes les situations qu’elle entreprenait, elle s’était toujours cru en position de force. Dans ce genre de position, au dessus de ses adversaires, elle oeuvrait dans son domaine de prédilection. Elle savait à la perfection envoûter, troubler, attaquer, emprisonner, conquérir. Elle était de ceux qui préféraient agir au lieu d’attendre. Là elle avait ouvert le jeu de la séduction avec sa merveilleuse collègue mais ne s’attendait à en être charmée en retour. Elle imaginait presque qu’elle était la seule à pouvoir ainsi jouer de cela. Elle était passée de prédatrice à proie. Cette situation ne lui était arrivée que dans de rares cas, sans doute jamais. Elle trouvait cela à la fois déroutant que délectant. En tout cas, elle se retrouva prise dans son propre piège.

Les gestes de Evans se firent lents, délicats, une véritable caresse pour cette rose épineuse. Si doux étaient ceux ci qu’ils semblaient plus dangereux que les mouvements brusques et soudains qu’elle avait pu elle même lui apporter. Elle ne chercha pas à se dégager quand elle posa sa main à l’extrémité de sa baguette. Elle ne chercha pas plus à lui envoyer un sort. On aurait dit qu’elle était pétrifié, attendant avec impatience sa sentence. Elle eut une profonde inspiration quand sa main d’une délicieuse chaleur entoura délicatement la sienne étrangement froide, après avoir glissé avec finesse sur son morceau de bois qui en était devenu l’espace d’un instant, un vulgaire instrument. Toujours sans résistance, elle baissa son bras sur lequel elle exerçait un appui sans force, digne d’un mouvement de danse.
La froideur que son corps et son être avaient jusque là prirent une tournure plus brûlante quand elle fit un pas pour venir quasiment se coller à elle. Son esprit visualisait parfaitement tous ce qu’elle brûlait de lui faire depuis ces deux mois. Elle avait longuement imaginé leur retrouvaille. Pourtant, elle se laissa dominer et ne se permit de rien entreprendre. Hypnotisée, elle ne parvenait plus à lâcher ses yeux clairs et ne parvenait pas à allier muscle et esprit. Elle ne bougeait toujours pas, sa respiration se faisant plus vive, tout comme son cœur qui semblait vouloir jaillir de sa poitrine.
Frédérique eut l’impression de retrouver un peu d’air quand elle posa sa douce main sur sa joue. Elle y fit même une légère pression de la joue contre sa main afin de la reposer dessus. Elle ne ferma qu’un instant les yeux, bercée par ses délicates caresses qui glissèrent jusqu’à ses lèvres, et quand elle les reouvrit, la jeune femme s’était approchée d’elle comme si elle allait lui offrir un baiser. Mais elle n’en fit rien et un frisson parcourut son corps. Un centimètre et elle aurait été certaine de la retrouver. Un centimètre et elle faisait la promesse de ne plus jamais la laisser lui échapper. Mais Mandy choisissait de ne pas aller plus loin, gardant cette distance d’un centimètre comme pour mieux apprécier, comme à chaque fois, la tentation inachevée. Leurs respirations haletantes se mêlaient déjà. La maîtresse des sortilèges avait l’impression de mourir de ne pas réduire la distance. Maîtresse des sortilèges elle l’était, importante dans sa discipline, inégalée, pièce forte et majeure dans les missions qui demandaient en priorité cet enseignement qu’elle savait gouverner. Mais ici elle se sentait faible. Elle devenait la maîtresse de Evans, qui en devenait par conséquent la pièce forte de ses déterminations. Elle voulait la maîtriser comme en être maîtrisée.
L’experte en Potions voulait lui faire passer un message et elle l’avait parfaitement perçu. La jeune LeeRoy n’était pas seule à jouer et que chacune pouvait offrir une vengeance plus grande. Il se pouvait qu’au contraire, elle poussait à nouveau le jeu pour recevoir cette douce vengeance. Provocante, elle pouvait être prête à tout pour n’avoir ne serait-ce qu’une faible attention de sa part. Si il fallait pour cela mutuellement se tenter pour mieux se refuser, elle le renouvellerait continuellement. Jusqu’à céder enfin et se délivrer de leur si douce mais cruelle torture. Mais qu’en adviendra-t-il ensuite ?


« Pouvoir effacer à jamais ces quelques cicatrices… Je ne demandais que cela… Je l’ai profondément réclamé… La douleur est pourtant si vive… le supplice si présent… que je me dis que c’est une chose bien méritée… »

Frédérique n’avait pas compris la fuite de celle qui était chère à son cœur. Elle ne comprenait pas plus ses nouvelles hésitations, ses provocations qui allaient, à son grand regret, devenir de nouvelles fuites. Se refusant de lire en elle, elle ne pouvait deviner ses craintes et ce qui faisait naître ses troubles et incertitudes. Il fallait avouer qu’en dehors de leurs jeux de séduction, de dévorantes tentations, elles ne savaient que peu de choses l’une de l’autre, seulement ce que tout le monde pouvait savoir à travers leurs dossiers. Mais elles étaient, ce qui les hantaient, ce qui les avaient forgé, ce qui les forgeront, elles étaient encore loin de se douter de la réponse à ses interrogations.
Mandy lui avoua qu’elle ne pouvait l’attaquer. Elle aurait pu le faire, là, où elle était la plus vulnérable. Mais elle n’en fut rien. La leçon allait avoir du mal à trouver son commencement. Elles n’y parviendraient pas et cela elle le savait depuis le départ. Les ordres allaient être enfreint, une première pour la Miss aux Potions, une deuxième pour celle des Sortilèges. Mais l’heure n’était pas écoulée et personne ne savait encore ce qui pouvait se passer durant ce moment là, si court, et pourtant si long.


« Vous avez pourtant agi de sorte à ce que la souffrance se fasse… J’ai plus souffert en deux mois que dans toute une vie… Mais vous retrouvant là, si proche, je me rends compte à quel point j’ai pu aimer cette souffrance… car je constate que c’est au moins une chose que nous avons pu partager durant tout ce temps… »

Elle s’était trop longtemps égarée à chercher ce dont elle était certaine de ne pas trouver. Ce qu’elle désirait, ce qu’elle chérissait, ce qu’elle réclamait, était Mandy et uniquement Mandy. Elle savait qu’elle ne parviendrait pas à enfouir les démons qui l’avaient élevé jusque là. Elle était mauvaise, impitoyable, provocante, spéculatrice, cruelle. Elle faisait partie de ces enfants parfaitement démoniaques, forgés de la main du Seigneur des Ténèbres, presque à la hauteur de Scofield. Presque. A la grande différence qu’elle avait un cœur et que celui ci avait choisi de se manifester pour Evans. Pourquoi elle, elle l’ignorait. Tout ce qu’elle savait c’était que ses sentiments étaient vrais et qu’ils ne s’effaceront jamais.

Frédérique crut un instant qu’elle allait enfin se délivrer, qu’elle allait déposer ses lèvres sur les siennes. Celles ci se rapprochaient dangereusement et elle ferma doucement les yeux. Son souffle se faisait encore plus proche, encore plus haletants. Mais sa jolie collègue choisit de s’éloignait et elle ouvrit les yeux tentant de retrouver à nouveau de l’air. Au bord du malaise, elle aurait pu se laisser tomber dans un fauteuil, à moitié sonnées, si elle n’avait pas noté les signes de tête qu’elle faisait en s’éloignant d’elle. Elle semblait vouloir se convaincre. Il lui suffisait d’un geste pour qu’elle cesse toute résistance.

Avant qu’elle ne détournait son visage pour lui tourner à son tour le dos, elle crut voir ses magnifiques yeux clairs s'humidifiaient. Elle disait refuser de la faire souffrir mais la voir souffrir était un véritable déchirement. Bien que ce jeu lui était délectant, elle ne parvenait pas à accepter sa souffrance. Que elle, elle puisse en souffrir était une chose, mais voir Evans, son Evans souffrir lui était insupportable.
Ce fut pour cela qu’elle choisissait de faire ce pour absolument personne elle n’avait fait. Elle brisait ses barrières, elle détruisait sa carapace. Elle se laissait emporter par son cœur. D’ordinaire, elle aurait réagi froidement à cette provocation, à cette nouvelle fuite. D’ordinaire, elle aurait répondu avec malice à un nouvel affront, plus en finesse encore, plus piquante. D’ordinaire, elle aurait brusqué son adversaire, elle aurait liquéfié sa proie. Mais on n’était pas d’ordinaire et Mandy n’était ni adversaire ni proie.

Elle avança doucement jusqu’à elle, pas de loup, fluidité d’une anguille. Elle attendit d’être parfaitement proche, pour les pas à tendre les bras, pour glisser ses mains autour de la taille de cette jeune femme qu’elle sentait si fragile, pourtant plus âgée qu’elle. La veste qu’elle portait l’empêcher d’épouser la forme parfaite de ses reins. Quand ses mains dépassèrent sa taille, frôlant déjà ses mains, elle se rapprocha de plus belle. Sa propre tenue épousait si parfaitement son corps qu’elle lui donnait presque l’impression une seconde peau. Pour les duels, elle lui permettait une agilité parfaite. Dans ce moment là, sa légèreté et sa finesse au contact pouvaient en être troublant. Glissant à présent sans pudeur ses mains sur son ventre, qui lui n’était pas recouverte de cette veste encombrante, elle colla son buste et sa maigre poitrine contre la dos de Mandy.


« Ne m’empêchez pas de vous aimer… Laissez-moi vous aimer… »

Tendre et délicate, douce et affectueuse, elle montrait une fragilité qui ne lui était pas commune. Elle voulait la protéger comme en être protégée, le cœur prenant le dessus sur l’esprit. Parfaite femme-enfant, la présence de sa belle la transformait. De panthère féroce elle en devenait un adorable chaton...
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MessageSujet: Re: Apprends-moi... [Terminé] Mer 29 Juin - 15:25

Ce n'était pas de la souffrance qu'elle avait ressentie au cours de ces derniers mois. Ce n'était pas un supplice. C'était simplement l'enfer. Elle avait senti les flammes froides de Lucifer frôler sa peau à chaque fois qu'elle entendait son nom ; elle avait connu la fièvre les nuits où elle rêvait trop à elle ; son cœur avait été réduit en cendre plus d'une fois à l'idée de ne plus jamais la revoir et il s'embrasait de nouveau quand elle croyait sentir son parfum au détour d'un couloir. Si proche et si éloignée d'elle, il ne se passait pas une seconde sans qu'elle regrette son acte et ses paroles, mais à chaque instant elle se rappelait aussi pourquoi elle avait agi ainsi, et elle voulait se persuader que sa décision avait été la seule de raisonnable, la seule viable pour elles deux. Elle oubliait que son cœur n'avait pas les mêmes intérêts que son esprit. Elle ne pouvait pas éternellement ignorer le premier au profit du second, car elle se dévastait. Bien qu'en apparence elle se forçait à faire bonne figure, ne voulant pas montrer sa faiblesse, son regard trahissait toujours ce qu'elle ressentait. Il était celui d'une femme avinée, mais ivre d'une autre femme. Elle se serait sûrement laisser aller à plus de d'enivrement s'il aurait s'agit d'un homme, car elle n'aurait pas côtoyé cette peur de l'inconnu mêlée à celle de se donner à un trop de passion. Ce qu'elle ressentait pour Frédérique LeeRoy était quelque chose d'unique, de fort, d'intense et de passionnel.
Elle connaissait l'enfer depuis deux mois, car elle était morte dès l'instant où elle lui avait dit non.

Elle s'était éloignée d'elle après l'avoir provoquée dans des proportions dont elle ne se croyait pas capable. Elle n'avait pas l'âme d'une joueuse, encore moins dans les histoires de cœur, et si elle avait fait du mal à quelqu'un dans les dernières minutes, c'était à elle-même. Elle lui avait tourné le dos et retenait du mieux possible les larmes salées qui voulaient s'échapper de ses yeux couleur diamant. Elle n'entendit pas les pas de Frédérique, qui se rapprochait dangereusement de sa personne. Elle ne réussit pas non plus à étouffer entièrement ce petit gémissement, mélange à la fois de surprise et de plaisir. Elle ne la touchait presque pas et pourtant l'infime pression qu'elle exerçait sur ses hanches lui avait offert comme un nouveau souffle de vie. Elle se mordit les lèvres jusqu'au sang quand le buste de sa bien-aimée se fondit dans son dos et que ses mains glissèrent sur son ventre. Ses larmes s'intensifièrent et cette fois elles coulèrent sur ses joues avant d'aller se fondre sur le sol. Elle aurait voulu se retirer, mais elle restait. Elle aurait voulu la détester, mais elle la désirait comme elle n'avait jamais désiré personne. Elle l'aimait, c'était indéniable. Elle ne le voulait pas, mais elle ne pouvait faire autrement que de l'aimer. Elle ne savait plus vivre sans ça.

Elle posa ses mains au dessus de celles de Fred et les serra un peu plus contre elle, comme si elle voulait la retenir. Elle ne pouvait pas l'empêcher de l'aimer, c'était au dessus de ces forces. L'amour qui les unissait semblait si fort qu'aucune potion et qu'aucun sortilège ne pourrait en venir à bout. Alors pourquoi n'arrivait-elle pas à se laisser aimer ?


« Si seulement tu pouvais voir dans ma tête... Tout serait tellement plus simple... » susurra-t-elle.

Elle inspira profondément. Il y avait tellement de choses qu'elle aurait aimé lui dire, tant de sentiments qui n'arrivaient pas à dépasser les frontières de son cœur et de pensées qui se perdaient dans l'immensité de son esprit. Ce n'était plus l'apothicairesse qui parlait, non plus la professeur ou la directrice, mais la femme. Ses remparts s'étaient effondré quand Frédérique avait choisi de faire chuter consciencieusement les siennes. Elle ne connaissait plus aucun protocole, plus aucune limite. Le vouvoiement avait laissé place au tutoiement. Le contact s'était substitué à la distance. Elle ne voulait plus jamais la perdre et elle avait peur de l'avoir déjà perdue.
Elle se dégagea des bras de Fred avec délicatesse, puis elle se retourna pour lui faire fasse et reprit ses mains dans les siennes. D'un regard elle chercha la cicatrice qu'elles avaient toutes les deux sur la paume de leur main. C'était l'unique preuve d'un pacte de sang qui se voulait symbole de leur amour. Frédérique s'était souillé en buvant et en mélangeant son sang avec celui d'une mulâtre. Elle n'arrivait pas à s'offusquer de l'affront fait à la pureté d'un sang et elle ne l'aimait que plus pour la folie de son action. Elle l'aimait pour ce qu'elle était, malgré ce qu'elle était.
Elle porta la main découverte de la jeune femme jusqu'à ses lèvres et y déposa un baiser. Elle frissonna. Sa peau était sucrée et son odeur était un délice. Elle lâcha sa main et plongea ses yeux légèrement rougis dans les siens. D'un geste lent, elle repoussa les quelques mèches qui avaient envahi son visage. Un sourire timide se dessina sur ses lèvres, elle avait envie de l'embrasser au moins une dernière fois... En temps normal, elle n'aurait pas été plus loin et aurait continué à la contempler, impassible. Mais en présence de cette femme, elle n'était plus elle-même. Elle ne connaissait plus les interdits des actes et son audace était digne de celle que l'on trouvait chez les Gryffondors. Elle se rapprocha de Fred en transcendant les limites de la bienséance, posa ses mains sur ses hanches, rapprocha son visage du sien, sembla hésiter quelques secondes avant de fermer les yeux et de goûter à ses lèvres. Une vague de chaleur intense l'envahit, pour la première fois depuis deux mois, elle se sentait bien. Lorsque leurs lèvres se décollèrent, elle ne s'éloigna pas mais n'ouvrit pas les yeux non plus.


« Je t'aime Frédérique LeeRoy... Je t'aime, mais je n'ai pas le droit de t'aimer. L'Amour que je te porte me détourne de ma véritable mission et j'en oublie que la première personne que je dois servir, ce n'est pas mon Désir, ce n'est pas toi, ni nous, mais le Seigneur des Ténèbres. Je ne suis peut-être rien à ses yeux, mais mes convictions sont assez fortes pour me faire renoncer à tout ce que je peux avoir de plus cher... et jusqu'à toi cela ne m'avait jamais causé de problème. Mais à chaque fois que je te repousse, c'est à une part de moi-même que j'ai l'impression de renoncer... »

Jamais elle ne s'était exposé comme elle venait de le faire. Ses larmes avait séché et elle ressentait à présent un calme troublant. Accalmie après la tempête, ou œil du cyclone ? Elle fit un pas en arrière et garda encore et toujours les yeux fermés. Elle ne voulait pas affronter ce regard. Elle ne voulait pas en sentir le poids sur elle, parce qu'au fond, elle savait, que là encore elle ne trouvait qu'une excuse à la véritable cause de sa fuite. Elle était l'unique interdit à cet Amour. Elle voyait en Frédérique tout ce qui manquait à sa vie et à son bonheur. Et c'est parce qu'elle croyait avoir rencontré la personne parfaite, qu'elle avait peur.
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MessageSujet: Re: Apprends-moi... [Terminé] Mar 5 Juil - 19:03

La chaleur.
Il existait divers types et sources de chaleur. Elle pouvait vous atteindre de l’extérieur et vous envelopper pour vous réchauffer ou pire vous atteindre pour vous brûler. Tel le feu, élément vil mais indispensable, ou tel le soleil, astre lointain mais mesquin. Il y avait aussi cette chaleur qui prenait naissance à l’intérieur de soi, partant jamais du même endroit du corps mais se propageant à une vitesse alarmante jusqu’à atteindre chaque parcelle de notre être.
La chaleur, source de réconfort, de doute, de bien-être et de douleur. La chaleur, simple température variable mais toujours élevé d’un corps, d’un objet ou d’un lieu. La chaleur, énergie qui s’élève, dilate, fait fondre, ou décompose. La chaleur physique ou des sentiments, ardente, fougueuse, enthousiaste. La chaleur était plus présente dans notre vie qu’on ne pourrait jamais l’imaginer.

C’était le mélange complexe et presque indescriptible de cet état que ressentait Frédérique alors qu’elle tenait sa bien-aimée tout contre elle. Sa poitrine comprimée contre son dos, ses bras entourant sa taille, ses mains reposant sur son ventre. Elle était bien ainsi. Elle la sentait contre elle. Elle percevait chaque pulsion de son corps, chaque vibration, chaque souffle. Presque à la fusion, elle s’enivrait de son parfum qui semblait continuer à l’apaiser. Mandy vint à poser ses mains sur les siennes avant de les serrer un peu plus contre elle. Elle se laissa faire appréciant ce moment de tendresse qu’elle ne connaissait que trop peu. La chaleur lui s’emparait de tout son corps, une chaleur douce et délicate. Ses vêtements, leurs vêtements semblaient être un reste de carapace qui commençait à devenir trop encombrante. Tout en restant dans cette tendresse, cette délicatesse, elle souhaitait en cet instant leur en débarrasser. Elle voulait sentir un peu plus ce contact, sentir un peu plus son corps, comme si elle pouvait finir par ne plus faire qu’un, à la fois sentant et ressentant.


« Disciple du plus grand legilimens et occlumens d’Angleterre, je peux lire parfaitement en toi… Mais seulement je m’y refuse… Et puis, je n’ai pas besoin de lire en toi pour savoir ce que tu ressens… »

Moment tendre et parfaitement intime, le tutoiement était venu naturellement et sans y penser, elle suivit sa douce dans cette complicité.
Parfaitement de la même taille, Frédérique glissa son nez dans le coup de la jolie brune. Elle frôla sa joue de la sienne et sentit les larmes qui s’y coulaient. Elle n’avait pas besoin de violer son esprit, elle n’avait pas besoin de s’infiltrer dans sa tête pour savoir ce qui s’y passait. Elle, elle avait déjà aimé. Elle ne s’en était donc jamais posée de question. Elle pouvait comprendre les doutes que Mandy pouvait avoir. Ce qui l’ennuyait le plus s’était qu’elle n’y pouvait rien et que la jeune femme ne parvenait pas à se laisser aller. Qu’elle ne parvenait pas à chasser ses peurs. Tous ces conflits qui grouillaient dans son esprit lui faisait mal. Et en conséquent, cela faisait mal aussi à cette femme qui l’aimait si fort qu’elle était prête à prendre le temps qu’il fallait pour espérer un jour vivre leur amour. Mais elle était complexe, ambigu. Elle ne donnerait son cœur à nulle autre femme, mais son attente serait perpétué d’aventures. Pour oublier la douleur qu’elle en aurait. Car elle refusait la douleur. Pour elle s’était un poison qui s’infiltrait en vous pour vous rendre faible et incapable.
Le mal n’était-il pas le bien et le bien le mal dans ce monde qui était le leur ?

Elle n’eut pas le temps de déposer un baiser dans son coup que Evans se détachait déjà de leur étreinte pour lui faire face et lui attraper les mains. Elles entremêlèrent leurs doigts et plongèrent leur regard l’un dans l’autre. Ses yeux étaient si clairs, si troublants et pourtant rougis par les pleurs que Frédérique ne parvenait plus à les quitter. Elle voulait s’y perdre, s’y noyer à jamais pour que ses yeux ne puissent voir éternellement plus qu’elle. Elle ne voulait qu’elle, elle ne voyait qu’elle, elle était à elle.
Quittant leur regard tendre, Mandy chercha la cicatrice sur sa main qu’elle avait mutilé pour mêler leur sang pour réaliser un pacte plus fort que la magie elle même. Elle en embrassa le creux de sa main. Frédérique en eut un frisson et un léger sourire tendre se dessina sur ses lèvres si froides d’ordinaire. Elles se regardèrent à nouveau et alors qu’elle pensait la voir à nouveau s’éloigner elle, Mandy s’empara de ses lèvres et lui vola un tendre baiser. La jeune LeeRoy eut un nouveau frisson et tout son être s’emballa. Sa douce avait franchi d’elle même les barrières qu’elle se mettait jusque là.
Contrairement à elle, elle ouvrit les yeux quand elle décida de stopper ce baiser sans pour autant s’éloigner, la gardant cette fois ci elle même avec une main sur ses hanches. Enfin audacieuse tout en restant simple et tendre, ses mots eurent un impact troublant sur la plus jeune des deux. Ils résonnèrent plusieurs fois en écho dans son esprit les ayant trop peu entendu pour en être lassée.


« J’ignorais qu’il existait un droit à l’amour… Notre mission est importante pour moi également… Mais l’amour n’est en rien une barrière à cela… Au contraire, c’est dernier temps elle m’a permis d’être encore plus forte, de m’élever de plus belle… Nous servons le Maître et uniquement le Maître… Mais il ne réprimande pas l’amour… au contraire… cela fait naître de nouveaux alliers parmi ses fidèles… »

Mandy venait de faire un pas en arrière, les yeux toujours fermés. A force de s’avancer vers elle, la voir reculer, s’avancer encore et la laisser de nouveau reculer, ils n’étaient plus qu’à un mètre du mur le plus proche. La jeune maîtresse des Sortilèges posa sa main gauche sur sa joue dont les larmes avaient à présent séchées. De son pouce, elle caressa sa pommette. Elle s’avança l’obligeant à reculer encore un peu. Force de provocations, chasser le nature et il revenait au galop.

« Alors cesse de me repousser… Je me meurs de toi… »

Frédérique s’avança encore un peu la forçant toujours à reculer et la belle Evans heurta, sans aucune violence, le mur derrière elle. De sa main droite, elle glissa le long de son bras, frôlant sa frêle et pourtant si tendre poitrine et se déposa sur sa hanche qu’elle remonta doucement, soulevant le tissu de son haut et se posa sur sa taille dont la chaleur de sa peau la surprit. Elle se rapprocha d’elle, collant son buste à son buste dans un léger frottement sensuel. Qu’importait si elle n’ouvrait pas les yeux, la sensation n’en serait que plus forte.

« Je t’aime Mandy Evans… »

La main toujours sur sa joue, la jeune LeeRoy s’empara de ses lèvres dans un baiser langoureux.
Elle l’aimait. Elles s’aimaient. Elle voulait qu’elle la laissait l’aimer à présent…
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MessageSujet: Re: Apprends-moi... [Terminé] Mer 6 Juil - 18:20

Un pas en avant, un pas en arrière.
Un pas en avant, un pas en arrière.
C'était une mauvaise valse que dansait Mandy, à tout juste deux temps. Elle tentait par quelques mouvements mal maîtrisés d'allier le désir et la peur, et le résultat penchait désespérément en faveur du premier. Elle avait mené la danse quelques instants, prenant l'initiative, choisissant la musique et les paroles, mais LeeRoy lui avait vite retirer la baguette de chef d'orchestre des mains ; sûrement que la maîtresse des sortilèges désirait exploiter sa faiblesse plus ou moins passagère pour la récupérer. Elle ne devait plus douter à présent que toutes les barrières que Mandy pouvait dresser entre elles étaient vouées à s'effondrer par sa simple présence. Un simple geste et elle était à elle, un mot et elle la suivrait, un baiser et elle lui appartenait.

Joue contre joue, peau contre peau, torse contre dos, les deux femmes semblaient ne plus former qu'un tout, Mais une nouvelle fois Mandy avait brisé l'ensemble pour mieux le reformer. À chaque fois qu'elle s'éloignait d'elle, elle ressentait le besoin -toujours plus fort- de l'avoir au près d'elle. Elle s'était éloigné, puis rapproché pour lui voler un baiser qu'elle voulait le dernier. Mais alors qu'elle aurait dû fuir à nouveau, de manière définitive, tout ce que son corps lui avait permis d'accomplir était un léger pas. Elle sentit une main délicate se poser sur sa joue alors que Frédérique faisait un pas vers elle réduisant cet espace qu'elle avait créé. Dans un effort surhumain elle recula. Toujours yeux fermés et ne faisant pas face au mur de toute façon, elle ne savait pas qu'elle en était à moins d'un mètre et que sa fuite serait bientôt impossible, prise au piège entre le froid de la pierre et la chaleur d'un corps.

Un pas en arrière.

Elle n'arrivait plus à parler et buvait les paroles de Frédérique comme elle aurait bu l'ambroisie divine, cherchant à se saouler de ses mots et de son parfum. Elle appuya doucement sa tête contre la main qui se trouvait toujours sur sa joue encore chaude des larmes qui avait coulé sur elle. Elle se sentait sombrer, mais rien de ce qu'elle entrevoyait ne l'effrayait. Ni les sensations, ni les sentiments. Comme si tout était dans l'ordre des choses et que le monde se limitait à cette salle, ces quatre murs, ces tables et elle.
Le droit à l'amour n'était pas un droit naturel, mais un droit d'homme, régit par des accords tacites entre les individus. Le sang, le rang, tant de facteurs qui rentraient en compte et limitaient les rapports entre les êtres, pourtant, il arrivait parfois que sans prévenir, l'accord soit rompu. Était-ce un mal ou un bien ? Mandy n'en savait rien. Elle n'était même plus sûre de ce qu'elle pensait auparavant. Sa Douce avec sûrement raison après tout. Mais alors, elle esquivait sa vie derrière sa mission et espérer que cette excuse avait assez de valeur pour qu'elle paraisse légitime. Elle faisait proche d'une lâcheté inconsidérée depuis le début et paradoxe étonnant, elle n'avait de courage que quand cette sublime ensorceleuse était à ses côtés.

Elle ne voulait plus la repousser, elle ne voulait plus la faire souffrir. Elle voulait simplement l'aimer, mais elle s'en sentait incapable. Elle ne savait tout simplement pas comment s'y prendre...


« Alors apprends moi... »

Un pas en arrière.

Sa course était à présent stoppée par le mur, cet imprévu fit naître un léger mouvement de panique dans son poitrail, son cœur s'emballait à nouveau. Son corps frissonnait au rythme des caresses de la belle brune et il lui semblait que la température de la pièce avait augmenté de plusieurs degrés entre l'instant où elle avait fermé les yeux et celui où Frédérique avait posé sa main sur sa hanche. Elle avait perdu le sens de la réalité. La main de Fred avait bravé le tissu pour épouser sa peau un peu plus haut au niveau de sa taille. La fraîcheur de sa main lui provoqua un nouveau tremblement, qui fut renouvelé lorsqu'elle sentit le corps de la jeune femme se coller au sien. Les mots prononcés résonnèrent comme une délectable mélodie, paisible et ouatée.

Quand Frédérique posa ses lèvres sur les siennes, l'embrassant avec une suavité qu'elle n'avait jamais connue auparavant, Mandy crut qu'elle allait en mourir tellement que c'était bon.
Elle rouvrit enfin les yeux quand leurs lèvres se séparèrent, les plongeant dans ceux de celle qui était pour un soir sa professeur. Elle passa ses mains autours de son cou, les noyant dans ses cheveux et l'attira à nouveau vers elle pour effacer les quelques centimètres qui séparaient leur visage. Elle l'embrassa à son tour, mangeant ses lèvres, se délectant de sa peau et savourant son parfum.


« … Et pardonne moi », souffla-t-elle entre deux baisers.

Elle lui avait fait plus de mal qu'elle ne l'avait imaginé et cela n'avait jamais été dans ses intentions. À l'inverse, elle voulait la protéger. Mais c'était elle qui avait besoin de protection. Elle avait besoin de ces bras, de la douceur de leurs étreintes pour trouver la force d'affronter le monde et l'avenir qui semblait être le sien. Un futur qu'elle ne pouvait imaginait sans cette femme.

Frédérique avait changé de tout au tout. Au début tendre et délicate, pleine de douceur, elle était à présent plus provocante et entreprenante, sans pour autant avoir délaissé la tendresse. Elle retrouvait presque la jeune femme qui était venue, un après midi, tester des antidotes plus ou moins salvateurs. Jamais elle ne se serait douté que ce jeu instauré l'espace d'un instant sous l'effet des liqueurs et des vapeurs allait la conduire ici.

Ses mains quittèrent son cou et descendirent le long de son dos, suivant chacune de ses courbes avec une précision étonnante, redescendant jusqu'à ses hanches et attirant un peu plus Frédérique contre elle. Elle pouvait ressentir chacun de ses mouvements, chacune des vibrations de son corps. À présent, elle aussi ressentait le gène et l'encombrement des vêtements, elle aussi avait chaud, de ces chaleurs réconfortantes et fondantes. Elle lâcha quelques secondes une de ses hanches pour aller défaire les deux premiers boutons de sa veste, se libérant insuffisamment de cette sensation d'étouffement.
Elle chavira sur le côté inversant leur place, et quitta ses lèvres pour glisser jusqu'à son oreille.


« Ne me laisse plus jamais partir... »

Elle descendit jusqu'à son cou et y déposa de tendres baisers.

Elle aurait aimé pouvoir faire un pas en avant. Puis un autre. Elle ne voulait plus jamais faire marche arrière.
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MessageSujet: Re: Apprends-moi... [Terminé] Sam 23 Juil - 22:59


Le désir était une tension vers quelque chose que l’on imaginait comme bon ou agréable, comme inaccessible ou impossible. Le désir était la conscience d’une absence, ressentie comme une privation de plénitude. En ce sens, le désir était donc source de souffrance, de frustration. Mais on pouvait dire que le désir était la recherche de la réduction d'une tension issue d'un sentiment de manque et en ce sens on ne désirait que ce dont on manquait. Quand on avait trouvé les buts considéré comme une source de satisfaction, on allait tendre vers eux. C’était ce que ressentait Frédérique.

Elle ouvrit à nouveau les yeux en même temps que la jolie brune et leurs regards se plongèrent l’un dans l’autre. Les secondes qui s’écoulèrent pouvaient durer des minutes, des heures. Mais chaque instant écoulait n’était pas une torture, au contraire, il s’agissait d’un supplice agréable, des plus délectables souffrances qu’on aurait pu infliger à quelqu’un. De ses yeux brillants, faisant étinceler de tous les états qui se passaient en elle, elle se laissa se noyer dans leur profonde teinte bleutée. Il était incroyable comme elle pouvait aimer ces yeux là et uniquement ces yeux là. Comme si ces yeux pouvaient l’envouter à un point qu’elle ne pourrait rien lui refuser dès l’instant même où elle posait son regard sur elle. Elle la déshabillait, la réchauffait, lui glaçait le sang, l’enveloppait et la repoussait à la fois.


« Ne suis-je pas sensée être là pour te former… »

A la fin de ses propos, elle garda son regard dans le sien et lui fit un sourire en coin, mélange d’envie et de malice. Elle l’aimait, et ressentait son amour. Ce n’était pas physique, ce n’était pas forcé, ce n’était pas éphémère. C’était réel, s’était pur, s’était sincère. Elle ne se posait plus de question. Elle ne se perdait plus dans ses réflexions. Elle laissait simplement faire ses instincts. Elle laissait simplement aller le cour de choses comme elle le sentait simplement.
Elle se laissa donc faire quand Mandy passa ses mains autour de son cou, plongeant ainsi ses doigts dans ses cheveux dénoués. L’attirant à nouveau vers elle pour l’embrasser à nouveau, Frédérique quitta son regard pour fermer à nouveau ses yeux et apprécier encore et encore le baiser qu’elles se donnaient. Tendres et langoureuse, dévoreuses et loin d’une quelconque romance, elles commençaient à ne plus brider leurs désirs ce qui fit monter encore plus la température qui les entourait.

Une ou deux fois, elles avaient pris la mauvaise décision, le mauvais virage. De sang et de feu, le destin avait tenté de les réunir. Egarées, fautives, elles n’avaient pourtant jamais ralenti et leur sentiment avait perduré. Elles avaient chassé les voix dans leur tête et avaient osé ce qu’elles n’auraient jamais pensé pouvoir oser : s’aimer. Ravalant leur peur, chassant leurs démons, ce n’était finalement pas si compliqué. Elles avaient perdu assez de temps. La vie, n’accordait pas de retour en arrière, n’accordait pas de délai supplémentaire. Le jeu de la fuite leur avait été plus fatiguant qu’autre chose. Mais elles s’étaient montrées plus fortes. Une caresse, un baiser, plus rien ne semblait à présent vouloir les détacher.

Entre deux baisers, la jolie Evans lui demandait le pardon. Quand elle s’empara à nouveau de ses lèvres, le pardon lui était déjà accordé depuis longtemps. Elle se moquait déjà du mal qu’elle lui avait fait, elle se moquait déjà de tout ce qui s’était passé. Ce qui l’importait était l’instant présent. Ses lèvres sur les siennes, sa peau contre sa peau, son parfum se mêlant à son parfum. Elle mourrait dans l’heure si à cet instant précis on la séparait d’elle. Elle la désirait bien plus qu’elle n’avait pu désirer n’importe quelle femme, n’importe quel homme. Jusque là, elle se délectait des êtres, elle les utilisait pour se satisfaire et les abandonnait par la suite. Là elle ne pouvait l’abandonner sans risquer de s’abandonner elle-même.


« Tu es mienne… ma bien-aimée, ma douce, ma belle, mon amour… Jamais je ne te laisserais partir… jamais je ne permettrais qu’on t’enlève à moi… »

La jeune LeeRoy rassurait ainsi les dernières paroles de la jeune femme avant que celle ci ne déboutonnait sa veste marquant explicitement ce qu’elle désirait, désir qui était parfaitement partagé. Elle n’avait jamais été tendre, on ne l’avait jamais appris à l’être. Elle avait tué très jeune et s’était perdue tout aussi jeune dans les plaisirs de la chair. Ce soir là, elle se voulait pourtant à la fois être protégée comme protégée l’être. Elle voulait se montrer douce mais aussi entreprenante. Elle voulait brusquer cet être fragile comme lui inculquer les plus délicieuses caresses. Elle voulait à la fois l’entendre hurler et soupirer.

Malgré elle et plutôt rare de sa part, elle eut un frisson quand elle sentit les mains de la jolie brune descendre de long de son dos, suivant chacune de ses courbures, arrivant à ses hanches et l’attirant un peu plus l’une contre l’autre collant ainsi à la fois leur buste et leur bas ventre. Elle eut un frisson quand elle sentit ses lèvres dans son cou. Elles pouvaient ainsi sentir chacun de leur mouvement, et Frédérique profita par entreprendre quelques frottements mélange de serpent et de félin afin de titiller un peu plus la jeune femme.
Ce fut Mandy qui fut la première à considérer leur vêtement comme trop encombrant. Ce n’était bien évidemment pas pour déplaire à sa compagne qui vit s’entrouvrir les premiers boutons de sa veste pour laisser apparaitre la mince poitrine que dissimulait encore sa tenue de duelliste. Elle la fit chavirer sur le coté inversant ainsi leur place. Alors que sa douce venait de quitter ses lèvres, elle sourit en coin face au résultat de cet acte entreprenant.

De son coté, la maitresse des sortilèges qui avait toujours ses mains sur les hanches de la miss Evans, remonta doucement ses mains le long de sa peau douce et chaude. Elle caressa ainsi son ventre du bout de son pouce. Un bouton sauta, un autre encore et ses mains continuaient leur ascension avant de s’arrêter un instant. Alors que sa joue était contre la sienne depuis que sa belle amante lui avait murmuré ses dernières paroles, elle glissa ses lèvres dans son cou et lui donna des baisers à la fois tendres et pressants. Sa main gauche passa dans son dos pour venir à caresser l’une des deux masses charnues qu’elle rencontra, et sa main droite continua à remonter le long de sa peau délicatement douce. Elle passa le bout ses doigts dans une infime caresse sur l’habitacle de son cœur.

La machine était lancée et leur sort était sellé.
Dans un souffle tout en embrassant toujours son cou, alors que le contact qu’elle avait provoqué titillait tellement ses sens et son désir qu’elle en avait mal à la tête, elle lui susurra de la suivre. Elles étaient encore dans une salle de classe et les quartiers de la miss LeeRoy se trouvaient derrière une porte non loin de là. Elle sentait Mandy toujours aussi frissonnante au rythme de ses caresses. Elle sentait les tremblements que provoquait chaque passage de sa main sur son corps. Mais elle en voulait plus, elle devait lui en donner plus.
Elle l’avait doucement poussé pour l’obliger à reculer vers la porte qui n’était qu’à quelques pas. Elle l’ouvrit, presque sans mal, à se demander comment elle faisait sans la lâcher, et elle la fit entrer dans ses quartiers où elle n’était jamais allée avant ce jour. Elle voulait être tranquille. Elle voulait profiter de cette nuit. De toute cette nuit. Rien ne pourrait la perturber. Elle serait toute à Mandy. Mandy serait toute à elle. Cette nuit, et en espérant d’autres aussi, entre les murs de ce château pas si paisible qu’on le pensait…
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