POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
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Called in the dark [Lyna] FINI

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Tom Jugson


MessageSujet: Called in the dark [Lyna] FINI Jeu 19 Juil - 13:39

Il était intéressant de constater à quel point l'homme pouvait se détacher de la réalité à laquelle il appartenait. Tom Jugson n'échappait pas à cette règle là. Sans oublier où il était- l'idée de la prison disparaissait moins de son esprit que la prison elle-même. Il n'avait plus prononcé un mot depuis qu'il s'était retrouvé la dedans, dans ce placard agrandi par magie. Son bras le lançait malgré tout. Tom s'était retranché dans un coin de la chambre où ils l'avaient confiné, avait fermé les yeux, et n'avait plus rien dit. De toute façon, les geoliers n'avait guère l'intention de lui parler. Un mangemort était un mangemort, alors en plus un mangemort lache, on n'allait pas lui parler.

Il avait trahi. Et le pire, c'est qu'il l'avait fait sans aucune hésitation.

Tom se dégoûtait lui-même. Il savait qu'il était un salaud, mais était foncièrement quelqu'un d'honnête. Il croyait sincèrement qu'il aurait été capable de mourir pour le Maître. Mais il n'avait pas pu. Il s'était menti à lui-même, il n'en avait pas eu le courage : il ne s'en doutait pas. C'était déjà la deuxième fois que le cas se présentait à lui. Il n'avait pas pu sauver Rachel. Il avait préféré se sauver lui. Jugson trouvait ça lâche et minable. Il avait eu peur et il avait fui. Il n'avait pu sauver personne. Et aujourd'hui, il avait trahi le Maître pour ne pas mourir. C'était toujours la même histoire qui recommençait à l'infini. Tom avait toujours dit qu'il n'avait pas peur de mourir, mais au final, il savait que c'était faux. A ce moment là, la peur de l'inconnu dominait en lui. Il n'était pas différent des autres hommes. Même les plus grands ne voulaient pas mourir. Brom, Menroth, et le Maître...cette volonté de trouver un horcruxe témoignait de la même peur, universelle et inhérente à l'humanité, de la mort.

Jugson n'avait rien contre le fait de mourir. Mais pas maintenant. Pas comme ça. Pour une fois dans sa vie, il aurait bien voulu choisir pourquoi il voulait se battre, pourquoi il voulait vivre et mourir. Pour la première fois, alors que son cas était désespéré et que justement il ne pouvait plus rien faire, il avait envie de s'opposer à tout ce dont il était issu. Combien de fois avait-il voulu parler et s'était-il tu ? Il n'avait pas toujours bien su ce qu'il voulait dire, mais le plus souvent, c'est qu'il n'avait rien à dire. La nécessité de parler et le désir de ne pas être entendu. Le tout était de tout dire, car si parfois Tom avait voulu s'opposer à certaines choses, bien souvent il manquait de mots et d'audace. Personne ne lui avait jamais appris qu'il pouvait dire non. Il n'avait pas eu d'autre choix que d'accepter la règle du jeu, et le jeu l'avait formé à son image. Au final Tom était différent. Il n'était pas un assassin, mais un meurtrier d'occasion. Ce qui aurait pu être un traquenard prémédité pour le faire devenir un salaud (ce qu'il était en effet) n'était en fait que le résultat d'un réflexe de peur, d'auto-défense, de l'absence de recul. Tragédie d'être né avec un nom comme celui de Jugson. Tom ne savait que ce patronyme ne lui donnerait que le droit de ne pas choisir, et de ne pas pouvoir suivre une autre voie. On ne lui avait pas dit que quelque chose d'autre existait.

Sur le plan idéologique, Tom avait été élevé dans la haine. On ne remettait pas en cause ce que disaient ses parents, alors il était devenu haineux, il était devenu un salaud. Il était meilleur que Rodger pour ça. Son frère restait neutre, tandis que le chef du PPA finissait par y croire, gommant les incohérences parfois flagrantes que son esprit discernait. Et c'était ce fanatisme créé de toute pièce qui l'avait mené à Azkaban. La vie de Tom Jugson n tenait qu'à un fil. Si Rodger avait eu la même volonté que lui, leur père l'aurait laissé tranquille, et l’aîné serait devenu mangemort à sa place. On ne naissait pas prédestiné à devenir un salaud. Et s'il y avait combat, c'était principalement contre lui-même. Tom avait une forme de respect pour les résistants. On n'allait pas aussi loin sans conviction, et quiconque avait des convictions même à proscrire méritait son respect. L'affrontement à l'autre n'était que le dérivatif de son propre tourment. Car la vie de Tom, ce qu'il était, de ces choix terribles qui le détruisaient, ou plutôt de l'absence de choix.

Avant, il avait eu l'occasion de devenir autre que ce qu'il était. Il avait souvent été à la croisée des chemins, mais il n'avait pas su choisir une autre voie. Tom se souvenait de lui jeune. Il avait grandi trop vite à son goût. Il aurait bien aimé retrouver ses souvenirs. Où les avait-il laissé ? Et le mangemort revoyait tout. Crime et folie et révolte et courage. Ce qui l'animait, et ce qui le désespérait, et son histoire et son sang, et ses espoirs et ses peines. Encore une fois il revoyait tout et comme d'habitude, il semblait à Tom qu'il n'y avait personne pour tirer la morale du conte. Les mêmes erreurs se reproduisaient à l'infini, et quoi qu'il dise ou pense ça ne changeait rien. Il revoyait tout, et il se sentait victime, bêtement, du temps révolu et du temps à venir. Il ne connaissait rien du futur. Lui aussi avait sa part de Ténèbres.

En revanche, Tom savait bien qui il avait été. Il revoyait l'enfant qu'il était, l'enfant qu'il avait tué lui-même. Jusqu'à son mariage, et même encore un peu après, il avait été heureux, heureux aussi à Challenger House quand il était gosse avec sa famille, là où les lilas fleurissaient au printemps, heureux à Poudlard, rose d'ambre qu'on n'oubliait pas facilement, heureux avec Rachel, fleur trop vite fanée...Il était presque insensible, un signe de plus de dignité, mais pas tout à fait. Cerveau de la sagesse, ou d'une plus grande folie ? Car Tom aurait aimé retrouver ce passé là, à la lueur de la jeunesse et des lampes allumées très tard. Pourquoi pleurer le passé, et pourquoi pleurer tout ce qu'il avait perdu ? Pourquoi pleurer la fleur séchée, et pourquoi pleurer le lilas ? Pourquoi pleurer la rose d'ambre ? Mais pour ça, ça et ça. Tom ne disait rien : il n'avait plus le choix. Il ne demandait rien, il n'était pas insensible. L'homme de tous les mouvements, de tous les sacrifices n'existait plus. Il avait toujours refusé d'entendre, de comprendre. Il riait pour cacher sa terreur de lui-même, mais il se souvenait...



C'était un cimetière comme les autres, mis à part le caveau des Jugson. Tom aurait préféré ne pas revenir à Outlander, tout du moins pas comme ça. Il ne s'était pas rendu à l'enterrement de Rodger, incapable de supporter le regard de son père, et quand ce dernier était mort, il était déjà en Italie. Il venait de rentrer en Angleterre, et ses pas l'avaient menés ici un peu malgré lui. Marchant à pas lents, Jugson s'arrêta devant la tombe et s'assit en face, sur la stèle d'un certain Wallace Clifford, mort en 1874. Un homme s'approcha de lui. Blond, les yeux très bleus, avec le visage d'un jeune homme, alors qu'il avait un an de plus que Tom. Il avait une stature de géant avec son mètre quatre-vingt-dix-sept. Un physique la Malénor IV Jugson, un physique de guerrier.

« Salut, Tommy. »

Curieusement, sur le moment, voir son frère mort ne provoqua pas vraiment de réaction chez le mangemort. Il se contenta de répondre, allumant sa dernière cigarette :

« Salut, Rodger. »

Un silence. Puis l'aîné des deux frères reprit :

« Où étais-tu, Tom ? »

Jugson détourna les yeux, tirant sur sa cigarette .

« Demande autre chose, Rodger. Je ne peux pas répondre à ça.

-Tu ne réponds jamais à rien.
-C'est un reproche ?
-Non, un fait.
-La belle affaire. Tu le sais, que je suis un salaud, Rodger. »

Chacun se taisait. Ni le mort, ni le vivant ne savaient quoi dire. Alors ils restaient là. Tom finit par reprendre :

« Alors ?
-Alors rien. Tu es là. Ce n'est déjà pas si mal, pour quelqu'un qui ne s'intéresse qu'à lui et à sa cause.
-Tu sais que ce n'est pas vrai, Rodger.
-Arrête, Tom. Tu serais prêt à mourir pour ça.
-Et alors ? Je n'ai rien d'autre, moi.
-Moi, j'aurais bien aimé vivre. »

«...Si on m'en avait laissé le choix. » Tom termina mentalement la phrase, mais il ne répondit rien. Rodger s'assit à coté de lui. Le mangemort finit par dire :

« Et moi je ne suis pas mort.
-Non.
-J'ai préféré m'enfuir...
-Tout le monde aurait fait pareil...
-C'était ma femme...quel salaud je suis pour laisser ma femme mourir comme ça ? »

Rodger ne répondit pas tout de suite.

« Tu n'es pas un salaud.

-Ah oui ? Et je suis quoi, alors ?
-Si tu étais un salaud, tu ne serais pas là. T'es un type bien Tommy. Simplement, tu t'es trompé de voie. »

Tom en était étonné. Entendre Rodger, mort ou non, parler comme ça était étrange. Il avait toujours été dans le moule, s'était toujours tu, n'avait jamais rien dit contre personne...Et aujourd'hui ça...

« Je ne te savais pas critique du régime. Ni des choix que j'ai fait. »


Rodger sourit avec un geste vague de la main :

« Je t'ai connu-je nous ai tous connu- à la croisée des chemins. Nous nous sommes peut-être trompés...
-Quelle autre voie aurais-je pu prendre ? Il en allait...
-...de l'honneur des Jugson. Toujours et encore. Camarade, ô mon camarade, je te prends à témoin : quand avons-nous été heureux ?
-Quand j'étais avec Rachel...
-Tu ne réponds que pour toi, mais tu es dans le vrai. Quand tu n'étais pas un mangemort. Je sais que pour toi je n'ai jamais été un exemple. Pour toi et les autres j'étais un type médiocre. Mais ils ne m'ont pas eu, moi. »

Il y eut un silence. Tom avait envie de frapper son frère, mais il se taisait, parce qu'au fond il savait qu'il n'avait pas totalement tort. Rodger dit :

« Il faut attendre.
-Attendre quoi ?
-La croisée des chemins. Tôt ou tard tu la retrouveras, tu verras. »

Rodger se leva, laissant un Tom complètement médusé réfléchir à ce qui se passait. Le chef du PPA éleva une dernière fois la voix :

« Rodger ?
- Oui, Tom ?
-Tu es mort, hein ?
-Bien sur. Mais il n'y a pas que les fantômes qui te maintiennent en vie. »

Et puis il disparut. Comme le soleil répète sa joie, et lentement s'efface...


Voilà. Peut-être qu'il était arrivé à la situation décrite par Rodger. Il ne s'en rendait pas vraiment compte. Il ne savait pas si sort était mérité, et il s'en fichait. A vrai dire, il ne savait même si tout ça était juste ou équitable. Jugson n'était pas désespéré. Il acceptait la situation telle qu'elle était. Ce qui sauvait, c'était de faire un pas. Encore un pas. C'était toujours le même pas qui recommençait. Mais Tom ne pouvait plus avancer. Ca ne dépendait plus de lui. S'il était possible qu'il change, ça ne serait pas de son fait. Peut-être qu'il s'était planté, peut-être pas. Ca n'avait pas d'importance. La victoire serait à celui qui pourrirait le dernier. Et au bout d'un moments, les adversaires pourriraient tous ensemble, alors...

Ce qu'il disait ne le changeait pas. Il n'avait plus envie de se battre. Même plus envie d'être violent, de détruire les sang-de-bourbe. Il avait été ami avec Lyautey, qui trainait avec Roseburn...bien sur, Tom la détestait. Il la haissait parce que c'était une impure, et elle le lui rendait bien....mais tout de même. A ce moment là, il aurait donné n'importe quoi pour redevenir le gamin qu'il était. Il lui semblait qu'il avait quinze hier, et il réalisait soudain qu'il avait trente quatre ans et qu'il était fini. Mais il ne savait pas quoi faire. Les salauds ne devenaient pas des héros. Il n'était pas tout à fait innocent. Malgré tout, malgré sesc olères et ses refus, il représentait un monde accablant, corrompu. Et il ne pouvait rien y faire, à part attendre.

Il savait enfin qu'il n'y avait plus d'espoir, le sale espoir, qu'il était fini, et qu'il n'avait plus qu'à crier, pas à gémir, pas à se plaindre, à crier ce qu'il avait dire, ce qu'il n'avait jamais dit, qu'il ne dirait plus jamais et qu'il ne savait peut-être même pas encore. Il n'y avait plus à se battre. Plus rien à tenter, enfin !


Dernière édition par Tom Jugson le Mar 7 Aoû - 16:47, édité 1 fois
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Lyna Sweet


MessageSujet: Re: Called in the dark [Lyna] FINI Mar 24 Juil - 15:24

Il était aux alentours de vingt heure ce soir là. Une nuit fraîche en plein mois de Juin, ça faisait du bien, et même à l'intérieur de Big Ben, repaire de l'Ordre du Phénix, on sentait cette fraîcheur et on en profitait un maximum. Ainsi, alors que la semaine eut été éprouvante à souhait, les hors-la-loi de l'organisation classée terroriste par le Ministère, se délectaient, ensemble, de cette soirée qui sonnait presque comme une fête. Certes le contexte n'était pas propice à une telle situation de joie, mais contrairement aux hommes du Lord, ici, à Big Ben, les êtres savaient sourire, rire, chanter, parfois danser, et s'amuser, car ici, ils avaient un cœur, un vrai cœur, et savait qu'au fond, l'espoir ne naît que dans la joie et le sourire. Il fallait cependant nuancer les propos, ce soir là n'était pas une "fête". C'était une sorte de soirée conviviale, où les membres parlaient entre eux, attendant que ceux chargés de préparer le souper se décident à s'y mettre. Chacun avait sa propre occupation, entre ceux qui discutaient de la dernière mission au château Swan, ou ceux qui préféraient éviter le sujet. Entre les cuisiniers, les guérisseurs, et les Aurors. Entre les nouveaux et les anciens. Tout le monde se mélangeait, discutait, riait, parfois débattait... c'était une ambiance agréable et loin de tous les problèmes qui pouvaient survenir dans la vie des hommes pro-régime... ceux qui étaient plus communément appelés "les ennemis" ; ou "les partisans".

Dans un tel contexte, Lyna Sweet, nouvellement arrivée dans l'Ordre et tout juste officialisée grâce à sa prestation au château Swan, où elle avait réussit à s'imposer comme utile et compétente, se délectait d'un sirop concocté par les soins de sa nouvelle amie, et pas des moindres, la dénommée Tonks. Les deux femmes s'étaient rapprochées assez rapidement, bien que les débuts furent difficiles, et depuis, collaboraient en parfaite, ou presque, harmonie. Certes, Lyna ne connaissait pas tout de la femme qu'elle avait en face d'elle, et c'était réciproque, mais entre les deux régnait une sorte de confiance naturelle qui permettait leur entente aussi extraordinaire soit-elle. Elles s'étaient installées dans un coin reclus du repaire, où quelques sièges se trouvaient. Rapidement, elles furent rejoins par deux autres membres, un homme d'âge mûr, dont le nom échappait totalement à Lyna, et un autre, plus jeune, que Lyna connaissait depuis Poudlard, un dénommé Joffrey Vince, anciennement Gryffondor, tête brûlée, et beau garçon, tombeur de jupons. Les quatre s'entendaient plutôt bien, malgré que Tonks ne puisse pas voir en Joffrey un homme sérieux et de confiance, cela ne l'empêchait guère de débattre sur la position prise par l'Afrique du Sud quant à la prochaine compétition de Quidditch qui se passerait là-bas, la désormais nommée "Africa Cup of Quidditch"
Selon Tonks il était certain que ce serait le Nigeria, malgré les difficultés de l'équipe ces dernières semaines lors des entraînements, qui gagnerait. Pour Joffrey, c'était inévitablement les organisateurs, donc l'Afrique du Sud, qui remporteraient le trophée, simplement pour leur maîtrise incontestée du souaffle, chose à laquelle Tonks rétorqua "Le souaffle ne fait pas tout ; la façon de voler également". L'autre abdiqua, pour l'instant, fasse à cette réponse qui n'avait rien de méchant, c'était simplement objectif, le Nigeria volait mieux, voilà tout. Lyna s'entretenait avec l'autre homme, un type qui avait une barbe épaisse comme un buisson, des yeux petits, vicieux, et noirs, et un facial travaillé par le temps et l'effort.

"Vous dîtes que le Ministère en sera informé ?"
"Pour sûr Lyna. C'est obligé. Votre famille n'est pas n'importe quelle famille. Les Sweet et les Menroth ont une renommée certaine, surtout dans le Nord de l'Angleterre."
"Je me doute oui... mais qui les informerait ? Nous ne pouvons avoir de traître dans nos rangs."
"Vous n'êtes pas au rang de Weasley, de Granger, ou de Sheppard en terme de niveau de recherche par le Ministère, mais vous êtes une traître à votre sang Miss... votre oncle, Larsen, misera tout pour vous retrouver. Ainsi, cela ne m'étonnerait guère qu'une section de son département, ou quelques hommes de la Brigade Magique, soient à vos trousses. Vous n'êtes en sécurité nul part, sauf à Big Ben bien entendu."
"C'est inquiétant."
"Effectivement. Mais nous sommes protégés, très bien protégés, ne vous en faîtes pas."
"Oh, je ne m'en fais pas, je connais ma famille, je sais comment les appréhender. Sauf mon oncle. Ce sera plus de la chance qu'autre chose. Mais qu'importe, j'ai choisi moi-même cette voie, je ne m'en détournerait pas."
"Vous ne pouvez plus Miss, dans tous les cas."
"Effectivement."


Elle sourit au bonhomme. Un sourire mêlant amitié, sincérité, et gène. Elle était embarquée dans une roue infernale, impossible de se détacher, elle y était collée, et devait y rester jusqu'à sa mort, ou celle du régime. Elle doutait encore de l'efficacité de leur croisade. Était-ce bien pensé que de s'en prendre au régime directement ? Peut-être valait-il mieux s'enfuir, en emmenant le maximum de personnes. Organiser les ponts de traverse vers le continent, augmenter les fraudes et les trafics clandestins afin que le Ministère n'en soit que plus déstabilise... ce n'était pas les idées qui manquaient chez la sorcière de sang-pur, mais toutes étaient loin d'être réalisables.

Elle se leva, s'excusa auprès de ses amis et se déplaça jusqu'aux cuisines, qui n'étaient pas d'une grande luxure, mais savaient être efficaces et utiles. Les personnes travaillant aux menus ce soir avaient commencé à cuisiner. Pour la plupart, ils n'en étaient pas à leur premier plat, et c'était gage de qualité pour ce soir. Un homme, âgé, coupait des tomates, des concombres, des oignons, et des patates, tout ça, au moyen de sa baguette bien évidemment. Il vit Lyna approcher, timidement, observant le décor. Il aborda un sourire sincère et généreux :

"Vous joindriez vous à nous Miss ?"
"Je... pourquoi pas. Je fais quoi ?"
"Prenez le relais sur les tomates et les concombres. Pas que ça m'agace, mais un peu tout de même. D'autant que je dois choper la marmite qu'il y a derrière."
"Très bien."


Elle s'appliqua à prendre sa baguette, informuler quelques sortilèges basiques afin que les couteaux viennent couper finement les légumes, et fruits, qui sortaient directement, par lévitation du panier présent sur le plan de travail. Elle aimait se rendre utile, surtout lorsque la tâche n'était pas complexe.

"Alors, tu es nouvelle hum ?"

Le vieil homme, occupé à préparer le bouillon dans sa marmite avait posé cela sans même la regarder, il continuait son activité, en attendant la réponse. Comme elle se fit tarder, il se retourna et observa Lyna qui le fixait. Elle détourna le regard et reprit son activité, commençant sa réponse :

"Oui. Depuis une semaine et quelques jours."
"Bien, bien."
"Comment cela se fait-il que je ne vous ais pas vu plus tôt ?"
"Je ne suis que rarement à Big Ben. Je travaille en Amérique du Sud, mais il m'arrive de revenir pour discuter avec Ronald des objectifs."
"Et vous rentrez comment ? Par transplanage ?"
"Oh non ! Ça me tuerait ! Il faut être sacrément doué pour traverser l'océan Atlantique en transplanant. Non, le balai reste mon meilleur ami. Des fois je prends les moyens moldus, mais c'est un peu lent."


Les deux se mirent à rire, après tout, il est vrai que leurs oiseaux métalliques ne sont pas aussi efficaces qu'un éclair de feu. Même un moldu pourrait le reconnaître et... enfin non, un moldu ne pourrait pas le reconnaître en fait.

"Et vous, comment êtes-vous venue ici ? Une si jeune femme, c'est rare."
"Je... c'est... compliqué en fait. Disons que je suis tombée sur la bonne personne, au bon moment."
"Sheppard hum ?"
"Oui."
"Un garçon aussi imprévisible que l'est mon chat."
"Et complètement timbré aussi."
"Aussi."


De nouveaux, les deux se mirent à rire. Un rire qui était tout sauf bruyant et désagréable. Elle termina sa tâche en discutant un peu plus avec l'homme en question au sujet de ses fonctions au sein de l'Ordre. Ce type était une véritable montagne de savoir politique et stratégique. Il assurait les liaisons entre les gouvernements laxistes et puristes en Amérique du Sud... chose qui pour le moment s'avérait extrêmement difficile compte tenu de la montée du Lord dans l'opinion internationale. Lyna alla se laver les mains, et s'éloigna en direction de sa chambre après avoir salué le vieillard approchant très certainement la soixantaine, voire plus. Elle s'installa sur son lit, et ferma les yeux, s'abandonnant aux fantaisies d'Aria, qui lui faisait ses commentaires sur la journée passée.

Je pense qu'on devrait retourner un Irlande, ce serait mieux, on pourrait y trouver William à tous les coups !

Mais, l'Irlande c'est grand... tu as vu ce qui nous ait arrivé là-bas..."

Oui, mais réfléchis ! William est à moitié Irlandais. Si il ne peut pas être en Angleterre à cause du Régime, il ira se réfugier dans sa famille !

Et elle habite où sa famille hein ?

Bah... j'en sais rien moi ! J'suis pas sa soeur !

"Bah moi non plus hé !

Ah oui... les registres magiques peut-être ?

Aria... t'es complètement à côté de la plaque.

Je te permets pas Lyna !

Je me permets, c'est suffisant. Bon, je verrai ce que je peux faire.

Ouais, y'a intérêt parce que sinon je te...


"... Lyna ?"

La sorcière fut tiré ses songes immédiatement, ouvrit les yeux et regarda celle qui se trouvait à l'entrée de sa chambre. C'était Tonks, le visage souriant et un peu gêné. Lyna se releva et lui fit signe d'entrer.

Je te dérange ? Excuse moi..."
"Non, non, du tout Tonks, t'en fais pas."
"Bon. Heu... voilà, on a une tâche à accomplir."
"Hein ?"
"Suis moi."


Lyna s'exécuta et se leva immédiatement. Elle accéléra le pas pour se retrouver derrière sa complice qui la mena dans une section du repaire dans laquelle elle n'était jamais allée. C'était pas forcément glauque, ou sombre, non. La lumière était la même et le couloir était dans le même état que le reste du repaire... il y avait simplement que les placards des chambres étaient pour ainsi dire différents des autres. Un endroit qu'elle aurait aimé quitter au plus vite. Un homme, une masse impressionnante, se présenta devant eux. Tonks le salua, et elle présenta rapidement Lyna qui le salua d'un geste de la tête. Elle était trop fixée sur le couloir derrière le bonhomme pour entendre la discussion entre les deux autres. Finalement, Tonks l'interpella :

"Oh Lyna, t'écoute ?"
"Heu... oui, oui, désolée."
"Bon. Y'a deux prisonniers ici. Deux mangemorts, et pas les plus gentils."
"Ouais, en fait y'en a surtout un dont il faut se méfier, le dernier, ça devrait aller."
argumenta le bonhomme
"Et on est sensées faire quoi Tonks et moi ?"
"Leur donner à manger, enfin, apporter le repas quoi."
"Ah. Bah, rien de compliqué non ?"
"Comme c'est ta première fois, il faut que tu sois prudente tout de même... on peut pas les prévoir ces enfoirés."
"D'accord. On fait ça comment donc ?"
"Alors, tu prends un plateau comme celui-là. Tu ouvres la porte, tu poses le plateau à l'intérieur, par terre, ils ont pas de table, et tu ressors. Faut pas leur parler, ils en profiteraient tu comprends ?"
Le geôlier avait une façon toute particulière d'expliquer les choses.
"Ok. J'ai compris."
"Bon, alors tu prendras..."
"Lincoln Crow. Tonks, tu feras Jugson."
"Quoi ?! Mais t'es timbré mon gars ! Donner Crow à Lyna, mais ça va bien oui ?!"
"Qu'est-ce qu'il y a de choquant là-dedans ?"
s'inquiéta Lyna
"Ce mec est complètement détraqué. Je pense que c'est le plus dangereux ici. Alecto était intelligente, mais elle ne vaut pas Crow. Son frère est con, alors t'imagine bien... Light a pété un câble y'a pas longtemps avec Lincoln, elle était à deux doigts de le tuer."
"Bah, c'est qu'il est pas dangereux si elle l'a presque tué..."
"Il est attaché. Mais c'est un manipulateur, un enfoiré de première tu vois ? Le genre que tu éclaterais contre un mur tellement il est répugnant."
"Hum... ouais. Peut pas être pire que mon oncle. Bon, je prends qui du coup ?"


Tonks hésita un moment, elle se mordit la lèvre, et finalement, après un échange de regard avec le geôlier, elle se décida :

"Tu prendras Jugson pour la première fois. Je ferai Crow. Marc, tu peux accompagner Lyna jusqu'à la chambre de Jugson, je vais partir pour les cellules ?"
"Bien sûr Tonks."
"Très bien, faisons comme ça. Lyna, fais attention quand même. Jugson est moins dangereux que les autres, mais prudence."


L'aînée Sweet acquiesça avant de prendre un plateau, d'avancer d'un pas lourd dans le couloir jusqu'à se présenter devant la porte. Tonks lui adressa un regard amical, accompagné d'un sourire compatissant, et passa son chemin, pour tourner quelques mètres plus loin, direction la cellule dudit Crow. Marc était lui tapota l'épaule, et partit à son tour, Lyna était donc seule dans le couloir. A vrai dire, elle stressait. Réellement. Elle prit sa baguette, tourna la poignée, et entra. La porte se referma immédiatement derrière elle. A présent, elle était seule dans une chambre pas plus grande que la sienne, avec un tueur en face d'elle et qui avait quelque chose de flippant dans l'aura qu'il dégageait. Lyna s'avança jusqu'à son lit, et déposa le plateau sur la table, une chance qu'il en ait une, elle se recula... Une chose qu'elle ne comprenait pas, c'était sa fascination pour le bonhomme. Il captait toute son attention, réellement. Lyna recula encore un peu, et continua de l'observer. Il n'y avait pas de mépris, pas de peur, pas de stresse dans son regard, simplement... de la compassion, et un brin de curiosité. Ses yeux dérivèrent sur son bras gauche, et elle put contempler avec effroi l'atrocité qui lui avait été faite. On lui avait coupé le bras, et pas n'importe lequel... maintenant, elle comprenait d'où venaient les tâches de sang dans le couloir nord. Les montres... Qui pouvait bien faire une telle horreur ? Weasley ? Sheppard ? Lyna n'en croyait pas ses yeux.. elle fixa le moignon pendant un temps, avant de détourner son attention et de se fixer sur le visage du bonhomme. Il avait quelque chose, UN quelque chose qui donnait tout le charme du personnage, et malgré sa nature infecte de mangemort, Lyna ne pouvait s'empêcher de se sentir proche de lui, de vouloir être proche de lui, de lui parler, de l'écouter, de le connaître et le reconnaître. Elle aurait dû sortir à ce moment là, elle aurait dû, mais elle ne le fit pas. Impossible. Ces pieds ne voulaient pas bouger, ses jambes ne souhaitaient pas fonctionner, son corps n'arrivait pas à pivoter. Elle était clouée sur place, destinée à regarder indéfiniment l'homme qu'elle avait en face d'elle. Un homme qui de plus en plus lui apparaissait comme différent des autres. Pourquoi ? Comment ? Aucune idée, elle n'arrivait pas à déterminer ce qui se passait en elle. C'était nouveau, chaud, et délicat. Mais c'était dur aussi, rugueux, et ça semblait être blessant. Elle voulu parler, mais par deux fois, après avoir ouvert la bouche, elle la referma, sans parvenir à prononcer le moindre son. Un force la contrôlait, et impossible de résister. Voilà pire qu'un Imperium. Finalement, elle parvint à extraire quelques pensées :

"Quevousontilsfaitbordel?"

Était-ce compréhensible ? Pas sûr... c'était sorti en un seul morceau. Le genre de discours que même un gamin de treize ans fainéant ne pourrait pas comprendre. Elle eut un rire discret et léger, et reprit, plus calmement :

"Je disais, que vous ont-ils fait ... ? C'est... enfin... affreux quoi."

Elle semblait gênée à l'idée de lui parler, et à vrai dire, elle l'était. Il l'intimidait, sans même la regarder. Elle prit sa baguette, et informula un sortilège. Rapidement, Jugson se sentit plus léger, la douleur s'estompa grandement, et pour une durée qu'il ne connaissait pas encore. Lyna replaça ses cheveux et continua :

"Ça devrait vous détendre pendant une journée, ou deux."

Elle lui sourit, timidement. Depuis bien des années elle n'avait pas ressenti de tels choses... elle était "heureuse", ou presque, rien qu'à l'idée de lui parler. Elle prit une chaise qui traînait dans le coin de la chambre et se plaça dessus. Enfin, elle regarda son interlocuteur de nouveau :

"Perdez pas espoir, vous sortirez d'ici... enfin je... pense. Je... Je devrais pas être ici en fait, mais... Ah ! je parle trop. A tous les coups vous m'entendez même pas..."

Elle se redressa, et souffla. Dans cette pièce elle se sentait enfin libre, enfin elle, à l'extérieur du monde. Un espace temps. Oui, c'était un espace temps cette cellule. Ici les règles n'existaient pas, les autres n'intervenaient pas. L'Ordre était une lourde charge, surtout pour elle, et être ici, en compagnie d'un type qui n'en avait très certainement rien à faire. Se ficher de tout... voilà une belle qualité. Voilà quelque chose que convoitait la sorcière. Elle, était obligée de se concentrer sur tout, et ça la rongeait. Elle ne supportait pas, ne supportait plus. Aujourd'hui, elle n'avait pas envie de donner la patte, pas envie de mettre sa cravate, pas envie d'écouter, et d’exécuter. Elle voulait vivre, désirer, aimer, et écouter, parler. Il lui manquait trop de choses pour se sentir encore libre, et qui donc pouvait lui donner ? Personne. Elle souriait. Elle souriait car il la rendait heureuse par sa simple présence, et sans le connaître. Il n'en avait rien à foutre, et pour une fois, elle appréciait enfin "vivre" en temps que personne inintéressante, et non la "Traître à son Sang" ; la "Nièce de Menroth", ou encore la "Nouvelle", ou simplement "Lyna Sweet". Bordel, trouvez une occupation ! Soyez ouverts, soyez nouveaux ! Adieu le mérite, adieu l'honneur, adieu la fierté ! Bonjour la réalité ! Elle en avait marre de toutes ces conneries, tous ces préjugés, toutes ces manières !

"Vous devriez sourire. Rien n'est plus horrible qu'un homme ne sachant plus sourire.

Quelques mots, parce ce que le silence est la pire des punitions.

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Tom Jugson


MessageSujet: Re: Called in the dark [Lyna] FINI Mer 25 Juil - 8:55

Dans la vie, il y avait les gagnants et les perdants, l'essentiel, c'était d'être du bon coté de la ligne. Voilà ce que Tom savait, ce qui était sensiblement différent de ce que lui avait appris son père, Henry Jugson, à savoir que peu importait de vivre ou de mourir, peu importait de perdre ou de gagner tant qu'on défendait les valeurs inaltérables du purisme. Mais dans un cachot, les beaux principes ne tenaient pas longtemps, et Tom interrogeait simplement sur le fait d'avoir ou non choisi la bonne solution. Le reste, la cellule, les résistants, semblaient très loin de son esprit. Il s'en fichait pas mal, du moment qu'il ne revoyait pas de sitôt Ron Weasley. Non, il était seul, et tout ce qu'il avait envie de faire était de réfléchir sur lui-même. Sur ce qu'il avait fait. Il avait trahi, il détestait ça, il détestait se savoir un traître, détestait le simple fait de survivre de cette manière là. C'était lâche, c'était immonde. Mais d'un autre coté, c'était la seule manière qu'il avait de s'en sortir. Le seul moyen de tourner la page, d'enfin choisir. Oui, ce n'était pas un choix brillant, oui, ce choix venait un peu tard. Mais c'était tout de même un choix. Il n'avait plus rien, avait passé trente-quatre ans de sa vie à se mentir à lui-même, mais il était sorti de cette fichue boucle infernale, de ce fichu honneur des Jugson. Il pouvait enfin dire adieu à tous ces principes, à tous ces gens, à cette famille de martyrs et de bourreaux. Oh bien sur, ça n'excusait rien. Les meurtres restaient des meurtres. Malgré tout ce que Tom pouvait dire ou faire, il se savait coupable. C'est lui qui avait tenu la baguette, et il avait tué avant même de devenir mangemort. Mais il se souvenait de tout, de tout le monde, et il se demandait si ça avait servi à quelque chose. Pire, il se disait qu'il avait mis des gens dans la même situation que lui. La mort engendrait la haine, Tom en savait quelque chose à plus forte raison si c'était un assassinat. Qui savait si par hasard, il n'y avait pas des gens qui ressentaient envers lui ce qu'il éprouvait pour Malkavian ? Pour la première fois, Tom ne voyait plus tous ceux qu'il avait tué comme des traîtres, mais aussi comme ce que lui était : un père, un frère, un fils...Pour la première fois, il regardait autre chose que les apparences, ne se contentant pas de juger les gens (ni de se juger lui-même au passage), sur la simple étiquette de « mangemort », « traîtres », « résistant ». Pour la première fois depuis longtemps, Jugson avait envie qu'il y ait un peu plus d'humanité dans ce combat et un peu moins d'idées. Il se disait qu'au fond, tout ça n'avait servi à rien. C'était tellement paradoxal. Il avait commencé par éliminer des traîtres, et maintenant, il en était devenu un. Au départ, pourtant, il n'avait pas voulu de ça. Le premier d'entre eux s'appelait Harvey Irving. Tom n'avait que dix-neuf ans quand il l'avait tué. Il ne savait même pas qui était ce type. C'était Henry, son père, qui lui avait dit que ce type devait mourir, parce qu'il avait trahi, qu'il s'était sorti sans dommage de son procès. Que ce serait bien si c'était lui, Tom, qui le tuait, que ça prouverait sa valeur, et que lorsque le Maitre reviendrait, il pourrait dire « Regardez, Maitre, moi j'ai lutté pour vous », et devenir mangemort. Tom, déjà bien embrigadé, n'avait pas songé à dire non...Mais il avait eu peur. A dix neuf ans, on n'était qu'un gamin, et il ne savait pas trop bien comment s'y prendre. Alors il était allé au flanc, s'était introduit chez Irving, et lui avait lancé un diffindo, propre et honnête, par devant, dans un combat loyal où il avait recolté une bonne série de blessure. Les derniers mots de Harvey Irving avaient été : « Pourquoi toi ? T'es qu'un gosse... »... Après ça, Tom était allé boire un verre, puis deux, et au final, il s'était pris une cuite monumentale simplement pour oublier ça. Et ça avait continué, continué...Jugson tentait de garder le contrôle, et pour ça, il finit par se convaincre lui-même qu'il avait raison, que c'était la bonne voie, juste pour ne pas devenir fou. Pour ne pas devenir dingue, il se disait qu'il supportait l'honneur des Jugson, qu'il se battait pour l'honneur du sang. Et il avait fini par y croire, alors qu'au départ, ces meurtres le répugnaient. Et au final, il s'était retrouvé à Azkaban. Il était devenu un autre homme. Loin du gamin qui se disait qu'au fond, ça ne valait peut-être pas le coup de tuer...Oui, il avait changé. De martyr d'une famille qu'il l'avait embrigadé, il était devenu un bourreau à son tour. Mais il n'avait pas eu le choix. Il ne portait pas seul la responsabilité de ce carnage. Alors à présent qu'il voyait, qu'il comprenait, il se disait que ce n'était pas le chemin qu'il aurait choisi. Il ne savait pas encore lequel prendre (pour cela il aurait fallu ne pas être emprisonné), mais il savait qu'il le choisirait par lui-même. Mieux, que même si c'était lâche, en parlant, il avait renoncé à cette voie. Il était plus libre qu'avant. Mais il ne s'en réjouissait pas. La liberté n'était pas quelque chose d'heureux. C'était un poids, un fardeau terrible et dur. Il était en effet plus aisé de laisser les autres décider pour soit...tellement plus simple. Et tellement aliénant, aussi. Tom était foncièrement quelqu'un d'orgueilleux et fier, foncièrement quelqu'un qui refusait de laisser manipuler. Quand il était au Magenmagot il passait pour être incorruptible, et même en temps qu'homme, peu de gens pouvaient se vanter de l'avoir utilisé. Là, ç'en était trop. Il en avait assez d'être endoctriné.

Ainsi pensait Tom Jugson dans cette cellule de Big Ben. Il était seul, terriblement seul, et il ne disait rien, méditant sur son sort. Il restait là, dans ce coin de cellule, les yeux fermés. Il n'y avait rien à faire. Le fatalisme reprenait le dessus, et Tom n'avait pas vraiment d'espoir de s'en sortir dans un bon état, ni physique, ni mental. Alors, il ne disait rien. Figé dans l'expectative de quelque chose (il ne savait même pas quoi), qui ne viendrait sans doute jamais. Un bruit de porte le tira de sa rêverie, mais il ne jugea pas vraiment utile de parler, ou de faire un simple geste. Ca devait être le même gardien que d'habitude, et si c'était le cas, il n'aurait rien à lui dire. Mais le fait que la porte ne claque pas de nouveau étonna Tom, presque autant que de reconnaître la voix de Lyna Sweet, même de manière incompréhensible, puis plus posée. Si ses souvenirs étaient exacts, alors la jeune fille était la nièce de Larsen...Tom l'avait vu chez Swan, combattant quelqu'un d'autre que lui, il ne savait plus qui. Sur le moment, il s'était demandé comment elle avait pu trahir ainsi, mais au final, il n'était plus vraiment enclin à la juger là dessus...surtout après ce sort, qu'elle venait de lui lancer, là. Pour la première fois depuis longtemps, Tom n'avait plus mal partout, ce qui était un progrès en lui-même, malgré la fatigue, ce qui lui donnait l'impression d'avoir une bonne centaine d'années.

De son regard bleu pale, froid comme de l'acier, il scruta un instant Lyna, avant de dire :

« Je suis manchot, pas sourd, bien sur que je vous entends. Mais...vous n'étiez pas obligée, pour ça... » Il leva le bras, le gauche, enfin ce qu'il en restait, sans regarder le moignon, puis reprit : « Ni même de me parler, en fait...alors...merci. »

Le ton était sincère, malgré le fait que ce ne soit pas grand chose. Tom n'était pas du genre à être très expansif. Les sentiments, la reconnaissance, toutes les choses normales, étaient bannies chez les Jugson, et Tom était devenu de moins en moins à l'aise avec au fil du temps. Il ne l'avait de toute façon jamais été, même avec ceux qu'il aimait. Mais bizarrement, il souriait tout de même un peu. C'était étrange, parce qu'il n'y avait vraiment rien qui valait la peine de se réjouir, en l’occurrence, mais Tom ne pouvait pas s'en empêcher. Il la connaissait à peine, mais au final, Tom était content qu'elle soit là, sans bien savoir pourquoi. Peut-être parce qu'elle était la seule, depuis qu'il avait atterri ici, à ne pas avoir essayer de lui faire du mal, la seule à ne pas le regarder avec mépris...Tom décida de remettre la question à plus tard, et reprit, toujours un peu cynique, mais lucide sur son état :

« Sourire ? Vous en avez de bonnes, vous. Même si je sors d'ici, ça ne changera rien au fait que je suis un traître pour les deux camps, qu'au final je me suis conduit comme un lâche, et qu'il ne me reste plus rien. »

Oui, sorti de là, Jugson était un homme fini. Il continua d'un ton amer :

« Au final, j'aurais peut-être du les laisser me tuer...qu'est-ce que vous en pensez, vous ? »
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MessageSujet: Re: Called in the dark [Lyna] FINI Mer 25 Juil - 12:07

Depuis longtemps, Lyna se considérait comme à part, comme différente. Elle n'était pas comme les autres gamins, elle ne voulait pas jouer à la poupée, courir dans les prés, sortir pour rigoler, jeter de l'eau sur sa sœur, ou embêter son frère. Non, elle n'avait jamais voulu s'identifier à ce comportement enfantin qu'elle convoitait pourtant. Elle voulait, elle aurait voulu, être comme un chacun, pouvoir rire d'un gâteau par terre, ou d'une bataille d'oreillers, mais non, elle n'y arrivait pas. C'était pas faute d'avoir essayé... mais impossible, ça venait pas, c'était pas naturel, et ça la gênait. Elle ne se sentait à l'aise nul part, sauf seule. Peut-être était-ce là le fondement même de cette maladie étrange qu'elle vivait. Cette maladie comme elle l'appelait qui faisait naître Aria et qui la nourrissait. Pourquoi cette facette d'elle-même s'était comme détachée du reste ? D'où venait cette déchirure qui avait fait naître en elle une nouvelle personne, pleine de colère et de frustration. Elle n'en saisissait pas le sens. C'était comme un saut d'humeur perpétuel. Elle réagissait au quart de tour, et parfois restait inactive pendant des heures et des heures. Il arrivait même que Lyna ne l'entende pas pendant plusieurs jours... Aria était quelque chose d'absolument terrifiant, d'inquiétant et pourtant familier pour Lyna, c'était comme une sœur, mais cette fois-ci différent d'Eva. Elle était plus proche, elle correspondait plus à Lyna tout en étant opposée à elle. C'était une sorte d’échafaudage psychologique dangereux et peu instable. Elle n'avait rien à voir avec le reste de la personnalité de la descendante Sweet normalement représentée, elle était totalement différente, et c'était en cela que les deux facettes s'attiraient. Ce qui n'est pas de même nature s'attire...

En attendant, la sorcière était toujours dans cette chambre, seule. L'ambiance rasait le degré Zéro, et les deux protagonistes, tout aussi sérieux qu'ils étaient, ressentaient une furieuse envie de rendre les choses meilleures. Du moins, pour Lyna c'était le cas. Elle avait du voir en ce type là une personne différente que celle qu'il se donnait. Jugson était un salaud de première, oui. Mais il n'était pas comme les autres. Pas comme Larsen, comme Scofield, comme Mulciber. Non, lui il vivait autrement, elle en était certaine, au fond, il y avait quelque chose à récupérer. Mais y arriverait-elle ? Pas sûr. C'était un pari risqué que de se lancer dans une quête pareille... il avait vu les pires horreurs, avait engendré les pires souffrances... comment en ressortir "humain" ? Était-ce possible au moins ?

Elle observait d'un œil aiguisé le sujet. "Le sujet". Ça faisait très expérimental... et pour cause, le couloir dans lequel se trouvait sa chambre, à Big Ben était en soi un laboratoire. Ça y ressemblait fortement, et c'était la première chose à laquelle avait pensé Lyna. Un laboratoire dément dirigé par un scientifique fou. Thomas Jugson était, à l'image de ses collègues très certainement, une loque vivante. C'était un cadavre encore animé. Il réfléchissait, il parlait, il bougeait, voyait, mais il n'avait plus d'envie, plus de volonté, plus de but, et c'était triste à voir. Très triste. Il répondit d'une voix, tout d'abord cassante à Lyna, ce qui arracha à cette dernière un rictus d'incompréhension. Aussi buté qu'une mule le garçon.

Ah ! Mais mets lui des baffes ! Éduque le ! Fais quelque chose !

Oh, t'es bien vache Aria !

Pas pour un sous ! Mais qu'est-ce qu'il est énervant ! Regarde le ! Tu viens l'aider et vois comment il te répond ! Moi je lui arracherai les organes génitaux...


Avec une telle réplique, la sorcière ne put s'empêcher de sourire, se retenant de rire. Parfois, les deux avaient une complicité qui sortait de l'ordinaire et Lyna avait du mal à garder son calme tant l'autre la faisait rire. Cela n'arrivait certes pas souvent, mais tout de même. Ainsi, elle détourna brièvement le regard essayant d'effacer son sourire qu'il pourrait prendre mal. Il continua ses dires, cette fois sur un ton plus amical

-Il n'y a pas plus inhumain que de laisser un homme dans le silence.

Elle venait juste de se retourner, et son visage était toujours illuminé de son sourire discret, mais visible. Il n'était pas moqueur, simplement joyeux, simplement frai, et volupté. Il n'avait rien de narquois, ou de dérangeant, il était presque réconfortant. Tout du moins, il l'était pour elle.

-Et puis, c'était rien. Mangez, c'est pas ce qu'il y a de meilleur, mais ça vaut mieux qu'une miche de pain moisie d'Azkaban.

Il continua son délire. Il était relativement cynique. Même beaucoup en fait. Cependant, Lyna le comprenait. Elle avait eu le même ressenti il y a quelques semaines lorsqu'elle s'était décidé à trahir son sang et sa famille. Un sentiment de rejet, de dégoût de soi-même, un truc loin d'être agréable et qui vous déprime en moins de deux. Elle avait réussi à surmonter cela grâce à Tonks qui lui avait fait comprendre qu'une famille biologique c'était unique, ou presque, mais qu'une famille psychologique, ça se retrouvait facilement, à condition de s'ouvrir aux autres et de voir plus loin que le bout de son malheur. Malheur qui n'était que subjectif en fait.

-Si, il vous reste vous. Beaucoup n'ont pas cette chance de pouvoir encore se reconstruire. Vous avez fait le bon choix en vous livrant à Weasley, car même si vous pensez être seul, vous ne l'êtes pas. J'ai trahi moi aussi vous savez, et je pensais ne plus jamais pouvoir me regarder dans une glace... mais il faut penser autrement. Tournez vous vers l'avenir, oubliez le passé, il ne vous aidera plus.

C'était dur certes, mais c'était la vérité. Après un tel changement, il était inutile de penser à un renouveau du passé, ou à une quelconque aide, non. Désormais, tous ceux connus précédemment n'avaient plus d'utilité. Ils étaient potentiellement tous des ennemis, et ils étaient à écarter du chemin de la vengeance et de la rédemption. Elle l'écouta jusqu'au bout, puis le fixa dans les yeux d'une regard presque absent. Elle réfléchissait, la question était habillement posée, et les mots devaient être soigneusement choisis. Finalement, elle se lança, toujours ce sourire heureux sur le visage :

-Non. Sinon je n'aurai pas pu vous rencontrer.

Elle replaça ses cheveux et continua :

-Et puis, mort, vous ne seriez plus rien. Un cadavre n'a pas d'utilité, tout le monde s'en fiche, or vivant, quelqu'un pense à vous, vous parler, vous voit, vous existez, c'est le plus important, le reste n'est que futilité.

Elle le fixait toujours. Ce type n'était pas un homme banal, non.

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MessageSujet: Re: Called in the dark [Lyna] FINI Mer 25 Juil - 12:51



Thomas Jugson. Le premier du nom. Celui par qui la malédiction avait commencé. Plus que Arthur et Yeovah Jugson, pourtant tous deux ennemis et opposants des puristes, l’aïeul de Septima et de Atia était né en 1619. C'était un cousin à un degré très éloigné de Tom, mais pourtant, il y pensait. Arthur et Yeovah s'étaient battus pour les bourbistes en désespoir de cause. Thomas Jugson, premier du nom, avait choisi de se battre tout seul. Renié par son fils, par sa femme, par tout le monde, il avait vécu comme il l'entendait, parce qu'il voulait être libre. Parce qu'au fond, il savait que tous se trompaient.

Tom said "Mom, wherever there's a purist beating a guy,
Wherever a hungry newborn baby cries
Where there's a fight against the blood and hatred in the air,
Look for me Mom I'll be there.
Wherever there's somebody fighting for a place to stand,
Or decent life or a helping hand,
Wherever somebody's struggling to be free,
Look in their eyes Mom you'll see me."

The highway is alive tonight
But nobody's kidding nobody cause he's gone
I'm sitting down here in the campfire light
With the ghost of old Tom Jugson...

Bordel, pourquoi est-ce que maintenant, il repensait à ça ? Pourquoi il repensait à cette vieille chanson populaire, que les gens comme Roseburn aimaient bien lui siffloter, qu'il n'avait pas entendu depuis Poudlard, qui racontait les exploits de cet ancêtre là ? Thomas Jugson avait su choisir. Oui, c'était peut-être pour ça que Tom y repensait. Ou alors parce que son père l'avait justement appelé Thomas pour conjurer le sort, pour que le deuxième du nom soit un vrai puriste. Thomas Jugson avait quelque chose de plus que le mangemort. Il savait parfaitement qu'il ne pourrait pas se sauver lui-même. Il avait accepté d'être un salaud, accepté que lui était perdu, et en guise de rédemption avait décidé de sauver les autres. Le chef du PPA ne savait rien, rien sur lui-même, s'il pouvait se sauver lui, sauver les autres, sauver tout le monde. Il savait qu'il pouvait prendre un autre chemin, mais il n'osait pas. . Il ne savait même ce qu'il était. Etait-il perdu, ou simplement incomplet ? Cette ignorance de lui-même était triste, triste à pleurer. Aveugle en plus d'être manchot. Tom en aurait presque ri s'il n'avait pas eu envie de pleurer. Il aurait voulu être à la hauteur, continuer d'avancer. Se savoir un salaud, un lâche, était la pire des souffrances. Préférer sauver sa peau à celle des autres était le truc le plus honteux qu'il ait jamais fait.

Non. Le plus dur, ce n'était pas ça. C'était de savoir qu'il était seul responsable de cet état de fait, qu'il ne pouvait pas dire : « C'est le hasard, Dieu l'a voulu. » Tom ne croyait ni au hasard, ni à la chance. Il ne croyait en rien du tout. Le hasard était à la vie ce que la chance était au destin : c'est à dire tout et pas grand chose.

Mais il n'avait pas envie de penser à ça. Juste de siffler vaguement l'air entrainant de la chanson de Old Tom Jugson. Ca lui rappelait son enfance, et puis aussi le temps où il était avec Rachel, puisque lorsqu'il était seul avec elle à Rainsborough Manor parfois Tom se prenait à reprendre cet air là. Oui, à ce moment, il n'était pas trop malheureux. Il regardait Sweet,et il arrivait à penser à autre chose. Avec l'ombre d'un sourire amusé, il dit :

« De toute façon, il n'y a pas grand chose de pire qu'Azkaban. Sauf peut-être de se faire couper un bras...j'ai pas encore décidé. »

Tom, salaud ou pas, avait toujours eu de l'humour par rapport à lui-même. De manière général, il arrivait à plaisanter avec à peu près tout le monde, de cet humour cynique et grinçant qui faisait l'élégance du désespoir. Mais il était aussi un homme dur, fataliste, qu'on s'était acharné à détruire, et qui s'était détruit lui-même. Ca, Lyna ne pouvait pas le comprendre. Elle était parvenu à choisir la bonne voie. Le sourire de Jugson se fit amer, plus triste :

« Les salauds ne deviennent pas des héros, Lyna. Pas moi plus qu'un autre. Quoique je fasse, même si j'avance, c'est trop tard. Weasley ne me verra jamais comme un allié. Mangemort on est, mangemort on reste. Même si on ne l'a pas voulu...j'ai loupé le coche, il y a longtemps. C'est trop tard maintenant, pour moi. » Il y eut un silence. Tom regarda le plateau de nourriture, qu'il n'avait pas touché, d'un air mauvais. Il en voulait a Weasley, et ce plat qui semblait lui présenter du poulet roti, qu'il pouvait à peine attraper semblait le narguer à la place du chef de l'Ordre du Phénix. Il l'ignora donc royalement « Je ne sais pas comment vous avez fait...mais vous, vous avez eu le courage de choisir. De faire le choix que je n'ai pas su faire il y a près de quinze ans...je me doute que ça n'a pas été facile...mais vous êtes meilleure que moi. C'est comme ça. On n'y peut rien.»

Oui, Tom était fataliste. Mais il ne connaissait pas vraiment la valeur de l'espoir. Personne ne lui avait appris qu'il pouvait faire ses propres choix. Alors maintenant qu'il en avait la possibilité, qu'il avait brisé une partie de ses chaînes, il ne savait pas très bien quoi faire.

Etait-il perdu, ou seulement incomplet ?

Pas perdu. Tom savait précisement d'où il venait, et où il pouvait aller. Mais s'il plongeait dans la résistance, il plongerait dans tout ce qu'il ne connaissait pas. Tom avait besoin de temps pour reconstruire. On ne sortait pas comme ça de plus de trente ans de purisme. Mais en ayant du temps, il pourrait.

Incomplet, par contre, cela c'était indubitable. Il lui manquait beaucoup de choses. Du temps, et de l'audace. Et puis il manquait aussi de mots pour tout dire. A Lyna, il aurait pu dire, à la réponse à sa question « Pour ce que j'en ai à foutre ». Ou une bonne vingtaine d'autres vacheries bien senties. Mais les mots ne venaient pas. C'était étrange, puisqu'après tout, elle n'était rien pour lui (et Tom n'était pas persuadé d'être grand chose pour qui que ce soit au quartier général de l'Ordre du Phénix), mais il n'avait pas envie d'être blessant avec elle. Il ne savait pas très bien pourquoi, pas plus qu'il ne savait pourquoi il était content qu'elle lui sourie comme ça, d'avoir ce sentiment que ce sourire si désarmant était pour lui et pour personne d'autre à cet instant présent.

Il reprit donc, souriant lui-aussi :

«Pour être franc, je ne sais pas trop quoi vous dire...j'ai toujours été plus doué pour être imbuvable que pour être reconnaissant, à ce qu'il paraît. Mais...je suis content de vous avoir rencontré aussi. »

Le pire, dans tout ça, c'est que c'était hésitant, peut-être un peu maladroit, mais sincère. Tom avait toujours été quelqu'un de franc, même envers les résistants. Après tout, n'était-il pas plus ou moins ami avec Antonio Cavalieri,le chef de la résistance italienne, malgré leurs divergences, et le fait qu'ils aient tenté mutuellement de s'assassiner ? Tom disait ce qu'il pensait. Quoiqu'il récolte comme ennuis derrière.

Et puis peut-être qu'il y avait un peu d'espoir. Pas beaucoup, à peine deux grammes, un quart, mais assez pour lui.

« Mouais...je suppose que survivre est mieux que de mourir. »

Mais c'était tout de même moins bien que vivre.
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MessageSujet: Re: Called in the dark [Lyna] FINI Mer 25 Juil - 13:05

On ne naissait pas dans un moule, comme un gâteau qui sort du four. On naissait avec le doute d'un jour parvenir à avoir une vie normale et saine. Il est vrai que rares étaient les personnes qui parvenaient à un tel stade de satisfaction, cependant, c'était agréable de se dire que rien n'était joué d'avance, et c'était agréable d'avoir un but. Un vrai but. Celui de réussir, parvenir, par tous les moyens, les bons comme les mauvais, à la « bonne » vie comme il n'en existe pas deux pour un seul Homme. Le bonheur était totalement subjectif en réalité, et peu de gens arrivaient à s'en rendre compte. Le « bonheur » au sens propre du terme n'était pas compris par la société, il n'était pas dans le moule, il n'était pas acquis. Il se faisait attendre, se laissait complimenter, désirer, jusqu'au jour où, enfin, l'on parvienne à le retrouver, au détour d'une ruelle sombre et lugubre. Le bonheur différait selon les gens, certains le voyaient comme un moyen de pure folie créatrice, intense et incontrôlé, d'autres comme une période longue et paisible. Il y avait maintes façons de le voir et de le conceptualiser, sans jamais le matérialiser, mais il arrivait aussi que certaines personnes ne le voient pas. C'était là, la chose la plus triste sur Terre, et pourtant, il n'était pas rare de voir défaitistes, pessimistes, et autres, et ça, Lyna le comprenait mieux que quiconque. Elle l'avait toujours été, il y avait cependant une chose qui avait changé la donne : William. C'était l'élément perturbateur d'une vie de labeurs, et ça, peu de gens arrivaient à le saisir... et Jugson, ici présent, semblait tout à fait apte à le comprendre, il le ressentait, le vivait au jour le jour, et c'était un sentiment si fort en lui que même Lyna pouvait le voir à travers ses yeux et ses paroles... il était blessé, cassé, détruit par trop de souffrances et de malheurs... elle ne comprenait certes pas ce qui lui était arrivé, et elle ne saisissait certes pas l'étendue des malheurs qui l'avaient atteint, mais elle était certaine d'une chose :c'est que les deux n'étaient pas différents.

Elle observait le détenu, silencieusement, un sourire en coin. Elle aimait être patiente dans ses actes, être lente, sans être débile. Lyna avait sa façon de faire, de bien faire, c'était parfois long et désagréable pour les autres, mais c'était ce qu'il y avait de plus réconfortant pour elle. Elle savait vers quoi se diriger, et arrivait généralement à parvenir à ses fins, parfois laborieusement, parfois aisément, c'était selon. Alors elle souriait, alors, de ses yeux clairs et perçants, elle le scrutait tel une chose convoitée et insaisissable. Elle voulait plus qu'un contact froid et distant de la geôlière et le détenu. Bizarrement, ce type lui donnait envie de sortir, d'enlever ses chaînes et de se dévoiler au monde, apprendre à tous qui était réellement « Lyna Sweet ». Elle voulait, non, elle désirait, le connaître, savoir tout de sa vie, de son passé, connaître à l'avance son futur, ses passions et ses refus, elle voulait plus, toujours plus, elle n'était, semblait-il, jamais rassasiée. Jugson... l'ancien ministre, franchement, cela serait-il crédible ? Certainement pas non. Une résistante traître à son sang avec un mangemort ? Larsen tomberait de haut en l'apprenant, surtout qu'au bon souvenir de sa nièce, les deux serviteurs du Lord étaient amis. Parfois, elle aurait voulu voir la tête de son oncle spirituel... après la défaite cuisante d'Elza et l'affront qu'avait opéré Lyna sur le front de la matriarche, la traîtrise aberrante de la jeune femme... le pauvre Menroth devait se mordre les doigts.

Il avait un humour... disons déplacé. Ce n'était pas spécialement comique, comme l'était Steeve Corell à Poudlard, ou même noir, c'était un humour tout à fait particulier qui se riait de la situation actuelle, alors qu'elle n'avait, en soi, rien d'amusant. On pouvait appeler ça de la dérision. Oui, cela aurait pu être le bon terme, mais Lyna ne préférait pas l'employer dans le cas de Jugson. Elle esquissa un sourire amusé avant de lui répondre :

- Mieux vaut perdre un membre que sa dignité humaine non ?

Le sujet retomba dans le sérieux dès sa réplique suivante. Il n'y avait là plus aucune sensation humoristique dans son ton, ni même dans ses gestes. La discussion avait quelque chose de secret, de confidentiel, sans pour autant que tout soit impossible à expliquer. C'était une situation extrêmement ambiguë à laquelle les deux se livraient, et rien n'était plus excitant que l'idée que le tout soit une pure expérience inconnue et incontrôlée. Elle l'écoutait, son sourire n'était plus là, mais son visage était tout aussi illuminé et agréable. Elle n'avait pas pour habitude d'être froide, ça c'était le trip d'Aria. Elle le laissa finir, et enchaîna :

-Weasley peut-être, mais qu'en est-il des autres ? Ron n'est pas le seul à décider de tout ici. Je préfère me faire mon propre avis, et ce n'est certainement pas lui qui me dictera mes fréquentations. Et je ne suis pas la seule dans ce cas. Regardez moi, descendante de Menroth, il m'apparaissait impossible d'être appréciée ici, et pourtant... N'essayez pas de plaire à tout le monde, c'est inutile et impossible. Restez vous même, ici, vous avez droit à un nouveau départ, le « coche » se prend quand il se présente. Il n'est jamais trop tard.

Elle le regardait toujours, droit dans les yeux. Elle préférait être directe, et regarder dans les yeux son interlocuteur révélait une certaine appréciation de la discussion selon elle. Si l'on s'en fichait, alors on regardait autre chose, or ici, Lyna était loin de ne pas porter attention aux dires de Jugson. Il n'avait pas plus qu'un autre, il était simplement « plus ». Il était différent, et cette différence faisait de lui quelque chose d'attirant et d’intrigant, et Dieu sait que Lyna aimait l'inconnu. Depuis toute petite elle se précipitait pour découvrir et apprendre des choses nouvelles. Sans être une parfaite élève modèle, elle avait appris à apprécier le nouveau, et c'est ce qui faisait d'elle une fille ouverte d'esprit et observatrice. Il la complimenta, ou presque. Hum... son interprétation était en partie exacte, cependant, il se trompait sur un point. Elle n'avait rien de « meilleure » car ses intentions n'étaient pas aussi pures et belles que celles portées par l'Ordre du Phénix. En réalité, pour l'instant, elle se fichait complètement des sangs-de-bourbe, moldus et autres nuisibles. Elle, elle voulait simplement tuer le responsable de la mort de William, voilà tout.

-Meilleure, je pense pas. La décision n'a pas été simple oui, mais les circonstances m'y ont poussé. On n'a pas tous la chance de naître dans une famille qui éduque ses enfants avec l'idée de « libre-pensée ». Nous sommes issus d'une même sorte de famille... et pourtant nous voilà ici, tous les deux « traîtres » à leurs yeux. Je vais vous dire, j'en ai plus rien à faire, maintenant, je suis libre, et je suis pleinement ce que j'ai toujours voulu être. Remonter en selle n'est pas facile après une telle chute, mais je vous aiderai, promis. 

La fin de sa phrase résonnait comme les promesses des enfants. Elle avait retrouvé son sourire qui était passé comme enfantin. Elle était bien plus lumineuse qu'avant, c'était plus naïf certes, mais tellement plus pur. Elle continua, cette fois son regard se détacha, elle rêvait presque.

-Quand j'étais petite j'étais une vraie teigne. Je pensais que les moldus et les sangs-de-bourbe étaient à exterminer, et qu'on ne pouvait rien en faire. J'étais infecte avec les sangs-mêlés, et j'étais considérée par Larsen comme sa digne héritière. Il m'a conservé dans cette idée d'ailleurs jusqu'à il y a quelques semaines où j'étais pour ma famille la représente future. Je devais hériter des fortunes des deux familles... et pourtant, j'ai décidé de refuser tout ça. Je me suis tourné vers autre chose, plus rustre, mais qui m'apparaissait plus intéressant. Inconnu aussi. Et on peut penser que je suis devenue une parfaite défenseure des nuisibles... mais il n'en est rien pour l'instant. Je n'ai pas totalement changée... les moldus ne sont pas mes amis, loin de là, et je ne compte pas fréquenter les sangs-de-bourbe de trop près pour l'instant. Mais petit à petit je m'ouvre à cette perspective, peut-être qu'un jour je serai totalement agréable avec eux, mais ce n'est pas le cas actuellement. Je sais ce que c'est que de tomber du purisme, jusqu'ici, je suis peut-être la seule, à Big Ben, qui puisse comprendre votre désarroi, mais croyez-moi, c'est loin d'être insurmontable.

Lyna Sweet perdait ainsi le masque qu'elle avait tissé avec Tonks, Weasley et les autres. Non, elle n'était pas la rebelle au sang-pur comme ils semblaient le croire. Elle était là, voilà tout, mais elle comptait bien partir dès qu'elle en aurait fini avec sa vengeance, si elle y parvient évidemment, ce qui n'était pas sûr pour un sous. Ça, elle en avait bien conscience...

-Je crois que c'est un chic des sangs-pur d'être imbuvable vous savez.
Elle eut un rire discret, mais bel et bien présent. Elle pensait à Tryan De SaintClair à ce moment là, qui avait tout de la tête-à-claque parfaite. Pourtant, elle l'avait trouvé intéressant au début... enfin, il s'était révélé con et stupide sur la fin, dommage. A ce qu'elle avait entendu dire, il avait été promu directeur de département... voilà bien la côté illogique du gouvernement actuel... nommer un étranger pareil à un poste aussi élevé. C'était ridicule et purement fait par intérêt et non par professionnalisme. Il y avait aussi ce climat de lèche-botte et de pistonnage qui avait poussé Lyna à s'en aller, une bonne fois pour toutes.

-Je me chargerai de vous faire vivre de nouveau, vous verrez.

Et elle pouvait être têtue parfois.

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Dernière édition par Lyna Sweet le Mer 25 Juil - 14:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Called in the dark [Lyna] FINI Mer 25 Juil - 14:10

Il n'y a rien de mauvais en vous. Weasley n'imaginait même pas à quel point il pouvait se tromper. Ce n'était pas simplement son histoire qui avait fait de lui un mangemort. Tom avait une personnalité en elle même peu reluisante, assez dure et assez cynique. Il avait toujours considéré qu'il était le meilleur, même gamin. Il avait aussi un coté très nonchalant, très indifférent. Il se fichait pas mal des autres, il pensait d'abord à lui avant tout. En fait, les gens n'étaient pas grand chose pour Thomas Jugson, mis à part l'espoir qu'il plaçait en eux s'ils les aimaient, ou la haine qu'ils incarnaient s'ils étaient ses ennemis. Et les ennemis, il fallait les tuer. Oh, sans torture, sans cruauté, mais il fallait les détruire tout de même. Tom n'était pas à ça près, et le sang et les meurtres le laissaient proprement indifférent. Il n'était pas quelqu'un de bien, il ne le serait jamais, il le savait, et il ne pouvait rien y faire. Ce n'était pas parce qu'on décidait de ne pas être un salaud qu'on cessait de l'être. Bien sur, il pouvait bien agir. Il avait ses éclairs de conscience, éclairs d'humanité qu'il détestait plus que tout, parce qu'il trouvait ça faible. Il détestait l'humanité, détestait se dire qu'au fond il était comme tout le monde et qu'il marchait à l'espoir de vivre. Alors il masquait ça sous ses crises de colères, sous une froideur qui lui était devenue habituelle et récurrente. Il masquait ça sous des meurtres brutaux et gratuits, exécutés sur un coup de tête. Salaud et fier de l'être ? Non, ce n'était pas ça. Tom était bien un salaud, mais c'était simplement qu'il était réaliste, il ne s'en glorifiait pas vraiment. D'où le fait que tout ça le fasse rire. Ils croyaient savoir, ces fichus résistants, mais au fond, ils n'y comprenaient rien. Peut-être que Lyna savait à peu près de quoi il en retournait, elle. Peut-être.

Il sembla soudainement à Tom que toute sa vie était entièrement faite de peut-êtres, en tout genre, tous sans réponse. Peut-être qu'il allait devenir un vrai résistant, peut-être qu'il n'y croirait jamais. Peut-être qu'il n'était pas fait pour être mangemort. Peut-être qu'il avait encore une chance, peut-être que son cas était irrécupérable. Il avait envie d'y croire, mais il savait bien que ça ne marcherait pas. Tom était réaliste, et il savait que les traîtres n'étaient bien vus par personne. Il n'était sur de rien, même pas de ce qu'il voulait pour lui-même, mais il éprouvait un sentiment bizarre. Il ne savait pas bien quoi, d'ailleurs. Justement, peut-être que cette façon qu'elle avait d'être si sure d'elle le rendait admiratif. Non. C'était plus que ça. Il remarquait à peine qu'il l'écoutait, qu'il l'écoutait vraiment, alors que c'était un fait rare chez lui, mais le fait existait. Et elle avait ce sourire, loin du mépris, ou de la soumission auxquels Tom était habitué. Ce sourire là, qui lui donnait envie qu'elle reste avec lui, et pour la retenir, il n'avait d'autre option que de parler. Alors il raconta. Il raconta comment il en était arrivé ici.

« J'ai...j'ai un parcours étrange. Je suis le cadet de ma famille. Et c'était mon frère, qui devait la diriger, reprendre NimbusDone, et tout ça... C'est ce qu'il faisait, au moins en partie,avant qu'il ne soit tué par Malkavian... »Tom s'interrompit un instant. Jamais il n'avait envisagé de parler de ça à quiconque avant très longtemps. S'il en parlait un jour. Il avait d'ailleurs volontairement omis de parler de Rachel. Pas envie de revenir sur ça. « Moi, mon père me laissait tranquille. J'étais le second fils, la roue de secours...je faisais ce que je voulais, enfin à peu près. Et puis un jour, mon père à réalisé que mon frère ne serait jamais bon à rien à part au quidditch, et il a décidé que le mangemort de la famille ce serait moi. J'avais dix sept...peut-être dix huit ans. Je venais de sortir de Poudlard, et il m'a dit : « Quand le Maitre reviendra tu seras là. Et tu auras oeuvré pour lui. » On ne désobeit pas à son père. Alors, oui, j'ai commencé à tuer. Je sais pas si j'y croyais au départ, mais à la fin je m'en foutais, et je m'en fous toujours. J'ai fini par y croire, parce que sans ça, j'aurais juste été un tueur sans but. Et il y a eu Azkaban. Et l'évasion. C'est votre oncle, Lars, qui m'a emmené voir le Seigneur des Ténèbres. » Il fit une pause, et reprit pensivement : « Azkaban brise. J'étais devenu comme eux. Peut-être que je le suis encore. Je ne sais pas. Lorsque ma femme est morte, je me suis demandé qui méritait le plus de crever...et au final, je n'ai rien fait. Je suis resté le même. Jusqu'à aujourd'hui. Ou je ne sais toujours pas, mais où j'ai peut-être le choix. »

Peut-être, encore et toujours. Mais là, il sombrait dans la facilité. C'était trop facile de résumer son histoire ainsi. Il n'y avait pas que ça.

« Mais ce n'est pas seulement une banale histoire d'hommes et de misère. Je fais partie intégrante de cette logique. Il y a moi derrière ça. Moi, le sale type. Celui qui pour sauver sa peau sacrifie sa femme, et trahit son camp. Moi, le type pour qui un cadavre n'est qu'un cadavre, quelle que soit la manière dont je l'ai tué et qui il était de son vivant. » Pris d'une soudaine colère contre lui même, il frappa violemment le mur de son poing droit. Ses phalanges saignaient, mais il n'en tint pas compte. « Je suis un salaud. Même dans votre camp. Ce n'est pas seulement...pas seulement une question de choix. C'est moi. Moi même, ma personnalité. »

Il en souffrait, même s'il ne voulait pas l'avouer. Il en était malade, d'avoir cette impression qu'il détruisait tout ce qu'il touchait. Et il en aurait pleuré. Mais il voulait comprendre. Comprendre pourquoi elle était différente, pourquoi elle ne partait pas.

« Vous devriez fuir. Partir tant qu'il en est encore temps...Pourquoi vous faites ça ? Je suis rien, pour vous. »

Ce n'était pas dit méchamment. Juste d'un ton curieux. Tom en aurait presque souri.
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MessageSujet: Re: Called in the dark [Lyna] FINI Jeu 26 Juil - 13:56

Lyna écoutait sans perdre une miette. Elle buvait presque les paroles du mangemort. Il la fascinait, oui et non. Disons qu'il y avait quelque chose en lui qui la rendait excessivement attirée, mais une part de lui la révulsait. Il était tout de même un ex-serviteur du Lord, un grand du monde magique puriste, et ça, depuis les dernières semaines, Lyna s'était accommodée à trouver cela détestable. Pourquoi maintenant, et pas avant ? Aucune idée... peut-être le climat de révolte régnant dans le repaire la rendait plus forte encore dans ses idées, peut-être cela l'affirmait de plus en plus dans sa trahison... peut-être bien oui. Quoiqu'il en soit, elle n'était pas mécontente de son choix, ne le regrettait pas, et en était fier... c'était actuellement sa seule fierté en fait. Elle avait tout perdu, tout ce qui aurait pu compté pour elle, tout ce qui la rendait « meilleure » que sa sœur, que les autres. Elle avait tout laissé pour devenir tout ce qu'on lui avait appris à détester, et à détruire. Désormais, elle doutait même d'avoir reçu une éducation. Que devait-elle faire ? Plus de repaire, aucun. Sa mère n'était pas là pour lui dire comment réagir, son père comment agir, son grand-père pour la réconforter, non, ils n'étaient plus, et elle n'en voulait plus. Mais vivre seule, sans aide, dans un monde nouveau et inconnu, c'était pas simple, et elle en prenait conscience au jour le jour. Tom Jugson avait un quelque chose qui lui redonnait espoir. Elle voyait en lui une lumière dans l'obscurité, car il était le seul dans tout le troupeau des hors-la-loi, à savoir ce qu'elle ressentait en temps que traître à son sang autrefois puriste. Weasley lui ne comprenait pas, c'était un traitre à son sang depuis sa naissance, ça n'avait rien à voir. Mais eux, Jugson et Sweet, avait un énorme point commun qui les reliait indéniablement.

L'histoire de l'ex-ministre, ex-chef du Parti Puriste Anglais, et nouvellement détenu de l'Ordre du Phénix à Londres, continuait. Lyna y était particulièrement attentive, c'était toujours réconfortant de savoir que l'on était pas seul dans une situation de merde. Sa vie était bien pire que celle de Lyna assurément, mais à un degré différent voilà tout. A l'échelle de la jeune Sweet, sa propre vie était un enfer, peut-être était-ce insignifiant pour Jugson ? Allez savoir. Elle ne savait pas réellement quoi dire, on ne lui avait jamais dit « tu deviendras mangemort ». On lui avait dit d'être la digne héritière de ses ancêtres, tant bien chez les Sweet que chez les Menroth. On lui avait dit d'appliquer le purisme, de croire en Lord Voldemort, mais jamais, ô grand jamais, on ne lui avait dit d'être mangemort. Peut-être son père ne voulait pas la voir dévouée à une autre cause que sa famille ? Tout ceci n'était en réalité qu'une affaire de pouvoir, de possession, d'égoïsme. Rien d'autre.

- Mon oncle a toujours eu le chic pour être là au bon moment.

Loin d'elle l'idée de mépriser celui qu'elle avait très longtemps considéré comme son mentor, mais simplement le remettre à sa place. C'était un type mauvais, profondément mauvais, et qui se retrouvait là où il fallait pour foutre la merde.

- Je pense qu'un choix ne peut se faire que lorsque l'on est seul face à soi-même. Vous l'avez été quand Weasley vous a interrogé. C'était vous, ou un ministère qui ne vous porte pas plus d'attention qu'à une fourmi dans la fourmilière. Certains dictent nos actions, mais vous restez seul maître de votre destin, à un moment ou à un autre, vous avez toujours la possibilité de tout changer. C'est ce qui s'est passé pour moi, et c'est ce qui s'est passé pour vous visiblement. Ne soyez pas défaitiste, rien n'est perdu, vous pouvez encore redorer votre nom, sans oublier le passé, car il ne faut jamais l'oublier.

Lyna, elle, n'avait jamais oublié ce foutu passé. Elle gardait tout en mémoire car c'était un moyen d'éviter les erreurs. Elle ne referait plus les mêmes faux pas, les mêmes erreurs qui lui apparaissent désormais comme aberrantes. Une vie était de toute façon composée d'erreurs et de justesse, il s'agissait simplement d'apprendre à inverser la tendance. Le voyage qu'elle avait entreprit lui avait au moins appris cela. Inverser. Elle écouta son final. Une vie bien défaite pour un homme détruit.

- Et que croyez-vous ? Qu'ici tout le monde est un Homme qui respecte les bienséances ? Croyez-vous qu'ici nous sommes tous des enfants de cœur, défendant la véritable justice ? Non, du tout. Ici, nous ne sommes pas mieux que les mangemorts. Ici, nous nous cachons derrière un masque de pseudo-résistance, mais une fois le régime renversé, que croyez-vous que Weasley fera ? Il instaurera un régime digne de l'ancien, d'avant vous-savez-qui, et il y aura des erreurs, il y aura de la cruauté, car c'est le fort de l'Homme, se croire supérieur. Nous ne changerons rien, nous essayerons juste vainement d'améliorer les choses, et je préfère croire là-dedans, plutôt que dans le désespoir. Ça j'en ai trop goûté.

Elle se leva de sa chaise, et alla jusque sur le lit du mangemort manchot. Elle reprit son sourire et fixa la chambre, la scrutant sous tous les angles. Elle rit doucement et finalement, après que Jugson lui eut posé sa dernière question, se contenta de sourire et de répondre sur un ton doux :

- Je me contente de peu.

Elle le regarda longuement.

- Et puis... vous n'êtes pas comme tout le monde. Ça me plaît.

Depuis toute petite elle aimait bien les gens différents. En marge, ou simplement atypique. Un peu excentrique, et amusant. Légèrement décalé, ou même complètement. Elle se fichait bien des défauts de chacun, elle désirait juste ne pas être entourée de menteurs, et d'acteurs. Sa vie était construite sur des mensonges avec sa famille, elle voulait tout faire pour éviter la même chose avec ses amis. Et Jugson n'était pas un ami. Pas encore. Il était quelque chose d'autre, mais certainement pas un inconnu. Bien sûr, Eva lui aurait dit que ce vieux bougre n'avait rien pour lui, sa mère lui aurait dit qu'il était trop vieux, son père l'aurait plus ou moins laissée dans le doute, mais bon, qu'importe, maintenant, elle se faisait son propre avis, et elle avait envie de plus. Un peu plus, voire beaucoup plus, elle hésitait. Elle hésitait souvent à vrai dire. Pour tout...

Et n'importe quoi.

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MessageSujet: Re: Called in the dark [Lyna] FINI Mar 31 Juil - 16:05

Les repères. On avait besoin de repères dans la vie. La familles, les amis, les idées, ça c'était des repères. Et puis il y avait l'espoir. L'espoir de vivre, d'être heureux. Mais tout ça, pour Tom, ça ne valait plus rien. En fait, l'espoir n'avait jamais vraiment beaucoup valu pour lui. Il détestait l'espoir, ce fichu espoir qui faisait qu'il était comme tout le monde, et que comme tout le monde, lui qui se croyait bien au dessus de tout le monde, avait envie de vivre. Il ne voulait pas être comme le commun de l'humanité. Mais il l'était, au fond. Comme tout le monde. Oui, comme tout le monde, il avait eu peur de la mort. Comme n'importe qui, il avait trahi ses idées parce qu'il préférait vivre. Comme tout le monde. Oui. Parce que qu'il le veuille ou non, il était comme tout le monde.

D'ailleurs, étaient-ce bien ses idées ? Est-ce qu'il savait, lui ? Non. Et Tom s'en fichait pas mal. Il avait l'impression d'avoir passé sa vie à chercher des réponses. Les grandes questions qu'ils se posaient, tous, et que comme eux, il se posait aussi. Que vaut la vie ? Il ne savait pas. Que vaut la mort ? Il ne savait pas non plus. Qu'est-ce qui est bien, qu'est-ce qui est honorable ? Il ne savait pas. Non, en effet, il n'était pas malvenu de dire que Tom ne savait pas grand chose. Il avait toujours cherché, comme les autres, comme Larsen, comme son père, comme tous les mangemorts, à garder le contrôle. Il n'aimait pas que la vie lui échappe. Il n'aimait pas ne rien contrôler. Il n'était pas n'importe qui, il refusait de l'être. Alors oui, il tentait de savoir, parce que comprendre, connaitre, c'était garder le contrôle sur la vie, sur son destin. Sauf qu'il ignorait de quoi le destin serait fait. Il avait toujours ignoré ça. Sinon, il aurait peut-être pu empêcher la mort de Rodger, de Rachel. Sinon, il n'en serait pas venu là. Peut-être pas. Est-ce qu'il croyait aux idées du régime ? Sans doute. Il n'aimait pas les moldus, ni les nés-moldus. Il en avait tué, et ne le regrettait pas. Tom Jugson n'était pas un type bien. Il n'avait jamais eu de regrets. Il avait agi, parce qu'il valait mieux avoir des remords que des regrets. Mieux valait s'être trompé en faisant quelque chose, même quelque chose de mal, que de n'avoir rien fait.

Il avait toujours été fier de son parcours, fier d'avoir été le digne héritier de la famille Jugson, fier d'avoir rendu fier son père. Il avait toujours préféré l'honneur à la souillure, mais maintenant il n'avait plus rien. Et ça ne l'aidait pas à répondre à une question qu'il ne s'était jamais posé auparavant.

Qu'est-ce qu'il voulait, lui ?

Pour le coup, il avait peut-être la réponse. Il voulait vivre. Mais vivre dans un sens plus général que simplement être Tom Jugson. Il en avait assez du malheur. Assez d'être simplement ce qu'on lui avait dit d'être. Assez d'être simplement un salaud. La rédemption existait, peut-être quelque part. Bien sur, il ne serait jamais un type bien. Les salauds ne devenaient jamais des héros. Mais il ne voulait pas être simplement le traitre qu'il était. Il continuerait sans doute à tuer, sans doute à ne pas suffisamment maitriser ses colères, sans doute à être arrogant et égoïste. Mais il suffisait peut-être d'un mot, ou d'un geste, et le hasard s'occuperait du reste...Il avait la folie des grands, peut-être, mais qu'est-ce qu'il aimait ça...En fait, il ne s'était jamais aperçu que ne pas savoir, ne pas contrôler, pouvait être une bonne chose, une chose appréciable.

Et là, en l’occurrence, il ne contrôlait rien. Il ne savait pas le moins du monde où menait cette conversation. Pas le moins du monde pourquoi il était content qu'elle soit là. Il ne la connaissait que de nom. Ne savait rien, mais absolument rien d'elle. Peut-être lui enviait-il cette sorte de sureté, cet optimisme que lui n'avait jamais eu. Peut-être à cause de ce sourire, qu'il avait envie de garder pour lui. Il ne savait pas très bien, ne voulait pas savoir. Il remettait à une autre fois la question de son avenir, de ce qu'il allait et pouvait être. Là, il voyait où cette conversation l'emmenait lui. Il aurait du réfléchir. Et elle, elle aurait du partir. Mais ça ne s'était pas passé comme ça.

Lyna Sweet n'était pas une amie. Mais ce n'était pas une ennemie non plus, contrairement à Weasley. Elle était simplement...différente ? Et il voulait....plus. Simplement plus. Justement parce qu'elle était différente. Avant...avant père aurait levé les yeux au ciel, habitué qu'il était au caractère volage de ses deux fils, Rodger lui aurait tapé sur l'épaule en souriant d'un air gêné, avant de s'éclipser pour éviter qu'on ne lui parle de ses aventures, mère n'aurait rien dit, et puis il y aurait eu Rachel. Ca aurait été différent. Mais c'était du passé. Et le passé était révolu depuis longtemps, maintenant. Ce n'était peut-être pas une bonne idée. Mais vu où l'avaient mené toutes ses bonnes idées avant, Tom n'était plus trop enclin à les suivre. Alors il leva la main lentement, ses yeux (bleus comme ceux de tous les Jugson) fixés sur ceux de Lyna, caressant sa joue doucement, avant de murmurer :

"Vous n'êtes pas comme tout le monde non plus..."

Et là, il posa ses lèvres sur les siennes. Geste qu'on pouvait considérer comme une erreur, sans doute, mais que Tom lui apprécia...ce qui ne serait pas forcément le cas de Lyna.

Il avait la folie des grands, peut-être.
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Lyna Sweet


MessageSujet: Re: Called in the dark [Lyna] FINI Ven 3 Aoû - 22:14

L'esprit de Lyna s'entremêlait tel un labyrinthe. Pourquoi tout était si compliqué ? Pourquoi tout devait être difficile à comprendre, difficile à accomplir, à expliquer, à... à tout. Tout, absolument tout, semblait impossible. Et pourtant, nous tentons tout. Tout, ou presque. Il y a toujours cette entité inexplicable qui nous empêche de tenter l'absolue difficulté. Lyna n'essayait pas de tout comprendre, elle trouvait ça barbant, prétentieux, et absolument inutile. D'autant plus que c'était impossible, mais certaines choses la rendait curieuse. Elles captaient toute son attention plus qu'autre chose. Comme ce Tom Jugson. Bordel, pourquoi était-elle aussi attirée par lui ? Son physique ? Son charisme, même triste ? Son cas désespéré ? Elle ne savait pas l'expliquer, et ça l'agaçait. Elle ne voulait pas retomber amoureuse, elle ne voulait pas s'entêter à s'attacher à un autre, William lui ayant servi de leçon. Elle se laissait bercer dans les prunelles de l'ex-ministre, indéfiniment, essayant de comprendre son fonctionnement à lui, de percer ses plus noirs secrets, ses plus profonds sentiments. L’œil révèle tant de chose sur la personne, tant de choses inexplicables, voire impensable. La haine, la colère, la joie, la peur, le bonheur, la déception, la tristesse... tout passe par les yeux avant d'être transmit par les gestes et le langage. Elle s'en rendait compte au fur et à mesure que le temps passait, depuis toute petite, et ce soir là, tout était plus explicite encore. On voyait clairement qu'un lien s'était instauré entre les deux protagonistes présents dans la chambre. Une chambre pas immense, mais confortable pour un prisonnier de guerre, hors-la-loi depuis peu, et bientôt jugé de l'autre côté de l'Atlantique. Pauvre de lui. Après avoir perdu son bras, il allait peut-être perdre la liberté. Lyna voulait empêcher son départ, elle voulait à tout prix le garder ici. Elle ne comprenait pas bien pourquoi, elle s'en fichait à vrai dire, mais ce type là, ne méritait pas de partir pour être châtié. Il avait merdé, oui, mais est-ce qu'il le méritait vraiment ? Méritait-il vraiment d'être puni ? Non. Il n'était pas comme toutes ces raclures de Scofield, Crow, Valverde. Lui, il avait un cœur, une âme, une envie, ça se voyait, ça se sentait.

Tout se passait vite, très vite. De même que dans une vie, on ne retenait pas tous les éléments passés, Lyna ne se souvenait pas de chaque étape de cette discussion. Elle ne se rappelait plus à quel moment avait-elle opté pour se rapprocher de lui. A quelle moment avait pensé partir, si tant est qu'elle eut voulu s'éclipser, ce dont elle n'était pas bien certaine. Après tout, pourquoi vouloir partir ? Y'avait-il un endroit où elle se serait mieux sentie ? Non, aucun. Pas ici, pas à Big Ben. Il lui fallait un climat serein, de la tranquillité, du calme, un peu de compagnie agréable et pas pesante, dans un lieu clos et excentré du reste. A part la caverne aux loups, il n'existait pas beaucoup d'endroits similaires à cette description exhaustive. Ainsi, peut-être était-ce mieux qu'elle reste ici. D'autant plus que la compagnie était loin d'être désagréable. En effet, Lyna se sentait plus proche de lui maintenant. Il avait peu à peu ouvert son esprit à celui de la jeune femme, et sans prétendre le connaître, elle pouvait facilement dire qu'elle avait pu en apprendre bien plus sur lui que ses ex-compagnons du régime. En une soirée, elle avait vu en lui bien plus qu'aucun autre ne semblait avoir détecté. Autrefois, elle fut tout, sauf douée en Divination, mais elle était sûre et certaine de ne pas se tromper à propos de Jugson. Elle voulait plus, elle désirait plus, et elle aurait plus.

Il l'embrassa. Soudainement. Elle ne suivait même plus le cour des choses. Tellement surprise qu'elle se figea et ne dit rien pendant une bonne, et longue, seconde. Abasourdie, complètement bouche-bée, incapable de prononcer le moindre mot, d'exprimer la moindre pensée, elle releva les yeux, le fixa longuement, et lui décolla une gifle. Ce n'était pas une gifle dure et cassante. Elle était plus lente, plus douce, plus agréable, mais elle restait indéniablement une baffe. Elle venait de le gifler, de le souffler même. Elle le fixa une bonne demie-minute ainsi, l'air tout à fait stupéfié. Finalement, elle commença à sourire, tout d'abord discrètement, puis plus explicitement, et enfin, éclata de rire. Elle plaça ses mains derrière le cou de Jugson, et l'embrassa à son tour, fougueusement, longuement, par passion et désir. Elle le voulait lui, et lui seul, maintenant, et jusqu'à en crever. Elle continua sur sa lancée durant une bonne poignée de minutes avant de le repousser sur le lit, de s'allonger avec lui et de continuer ce qu'elle voulait inlassablement faire depuis trop longtemps. C'était peut-être la réponse à toutes ses questions. C'était peut-être lui. Lui était peut-être la clé, il était peut-être celui qui rendrait les choses plus simples.
-Je te veux, maintenant.

Plus que de la passion, elle le désirait. Elle désirait ses yeux, ses cheveux, son corps, ses réflexions, son humeur – cynique – son timbre de voix, tout. Elle voulait Thomas Jugson, et elle l'aurait, coûte que coûte. Une nuit de bonheur enfin acquise depuis bien longtemps, voire depuis toujours. Plus de doute maintenant :

Tu es amoureuse Lyna


HRP : désolé du post court.
Je pense qu'on peu s'arrêter là pour le premier RP, en laissant supposer leurs ébats amoureux ? ^^
Dis moi donc par MP!

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Called in the dark [Lyna] FINI

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