POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Il n'y a pas de fumée sans feu (Pv Fred-Terminé)

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Erin Breckenridge


MessageSujet: Il n'y a pas de fumée sans feu (Pv Fred-Terminé) Sam 25 Aoû - 13:44

Erin serra fermement l'enveloppe dans sa main.
C'était pour ça qu'elle était restée à Poudlard cet été. Pour ne pas affronter cette situation. Elle avait faire croire à son père qu'elle avait des cours d'été, non obligatoires mais conseillés, et voyait ses parents de temps en temps, les week end, à Londres. La rencontre ne durait pas plus de quelques heures, son père était surchargé par les séminaires et n'avait pas beaucoup de temps à lui accorder. Sa mère, quant à elle, avait trop honte pour venir la voir. Mais Erin ne savait pas si elle avait honte de son mari ou d'être une sorcière.
L'administration de Poudlard ne lui avait pas posé de question quand elle avait fait sa demande pour rester durant les grandes vacances. On voulait l'éloigner le plus possible de ses parents. Elle commençait à comprendre...

Sa mère était une sorcière, de sang pur qui plus est. Elle avait tout perdu pour son père. Elle avait renoncé à tout. Elle avait été déshéritée, reniée. Elle vivait dans le mensonge, dans l'oubli de soi. Elle n'avait jamais osé dire la vérité à son mari car elle ne le savait pas capable d'accepter une telle réalité. Remettre en cause dieu tel qu'il le connaît et vivre par amour... c'était un acte trop important pour un homme de son tempérament. Il n'était pas de ceux que l'on pouvait contredire, pas de ces gens qui se remettaient en cause.
Elle avait appris à Erin a garder le secret, à se battre silencieusement pour son existence. Et sa mère avait abandonné le combat.

Elle avait reçu une lettre aujourd'hui, marquée du sceau des Breckenridge. Elle avait regardé durant des heures cet olivier marqué dans la cire rouge. Elle n'avait pas osé ouvrir et maintenant qu'elle l'avait fait, elle le regrettait plus que tout. Fermée, la lettre ne lui aurait rien enlevée et rien apportée. Elle serait allée à Londres au prochain rendez-vous, puis la fois d'après et la fois d'encore après... Personne ne serait venu, elle se serait senti abandonnée, délaissée. Mais elle n'aurait jamais haï, elle n'aurait jamais détesté comme elle détestait à présent. La haine, la colère, la vengeance, elle comprenait tout ce que LeeRoy avait dit à présent.

Sa mère avait tout avoué à son père, elle avait cédé. Il avait brisé sa baguette, elle n'avait rien fait. Il disait qu'ainsi, elle pourrait se rependre de ses péchés et vivre dans la foi du christ sauveur... Il priait Erin de rentrer dès à présent, que les choses pouvaient s'arranger très vite pour elle, que ce n'était pas sa faute, mais qu'il fallait qu'elle décide de faire cesser ses balivernes. Qu'aucun sacrifice ne valait de s'éloigner du chemin tracé par Jésus...

Erin était assise sur un table, dans une salle du château. Elle ne savait même pas comment elle avait atterri ici. Elle était dans une rage folle depuis que ses yeux avaient parcouru le papier. Elle ne se rappelait plus de rien, ses actes, ses sentiments, tout était une énigme.
Elle bondit et d'un sort fit exploser ce qui se trouvait devant elle. Pas le temps de savoir ce que c'était, juste tout faire péter... détruire comme elle était détruite à cet instant. Son père, l'homme qui lui avait donné le jour, n'était qu'un fanatique dénudé de tous sentiments. Il ne savait aimer personne d'autre que son dieu... son f*cking dieu qui l'avait privé de l'amour d'un père durant si longtemps. Qui lui avait prit sa mère, son enfance de sorcière... son enfance. Elle avait perdu presque dix sept années de sa vie à rester dans un secret pour rien. Il n'était pas capable de comprendre... Il préférait l'oublier plutôt que de l'aimer et participer à son bonheur. Il ne pensait qu'à son dieu... non... qu'à lui. Les moldus étaient tous les mêmes. Ils étaient persuadés d'être dans le droit chemin, le seul chemin... mais il n'y avait pas qu'un seul chemin.

Elle cria et lança un nouveau sort. Encore un. Puis encore un autre.
Oui, ils n'étaient que des vermines, jalouses, qui n'acceptaient pas que faire des miracles leur était impossible, alors que d'autres en étaient capables. Ils pouvaient briser des vies juste pour ressentir la satisfaction d'une fictive supériorité. Ils se voulaient forts, Erin allait leur montrer toute leur faiblesse. Elle allait les exterminer les uns après les autres, comme on l'avait exterminée. Comme on avait exterminé sa mère et souillée son sang.
Elle comprenait à présent, elle comprenait toute la haine que pouvait susciter cette espèce. Et elle ne doutait plus, elle ne doutait plus de tout ce que lui avait dit LeeRoy. Les liens avec sa famille avaient été brisés et la douleur n'en était que plus forte car elle ne l'avait pas voulu... donc la folie n'en était que plus douce.

Un Bombarda. Cela ne suffisait à calmer sa souffrance, à l'exprimer. Elle avait besoin de plus. De faire plus de mal. Il fallait qu'elle s'exprime, mais l'art ne lui suffirait pas. Il fallait qu'elle accomplisse ce qu'elle ressentait pour endormir une douleur qui, elle le savait, ne partirait jamais.

Elle sortit la lettre de sa poche et la regarda sans broncher quelques instants. Sa main tremblait. Son corps tout entier peut être. D'un coup de baguette, elle en fit une copie conforme. Puis une copie de ses copies, et ainsi de suite, jusqu'à ce que toute la pièce en soit remplie.
Elle rangea l'originale dans sa poche. Son regard se perdit dans les papiers. Ils voulaient jouer... elle allait jouer.
Elle saisit une des lettre et d'un mouvement du poignet l'enflamma. Elle contempla la flamme s'emparait discrètement du papier et le changer, passer du blanc au noir, du solide à la poussière, de la vie à la mort... comme son cœur.
Quand la flamme arriva sur sa main, elle lâcha la missive et laissa le feu se rependre de feuille en feuille.Très vite, la fumée envahit la pièce. Une larme perla sur sa joue. Il faisait chaud, le monde devint de plus en plus flou, de plus en plus loin... Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait bien.
Elle sentit une forte douleur au poignet et ne pu s'empêcher de penser qu'il ne fallait jamais oublier, puis tout devint sombre.

***
Erin ouvrit les yeux, elle était dans le dortoir des Serdaigles, dans son lit. Il faisait nuit, cela devait faire un sacré bout de temps qu'elle dormait. Sa gorge lui faisait mal, ses yeux lui piquaient, elle avait mal au crâne.
Elle passa une main sur son visage. Elle se demandait si tout ceci était un rêve.
Une légère douleur au poignet attira son attention, elle y distingua une forme noire, étrange. Elle cligna des yeux à plusieurs reprises pour stabiliser sa vue et pu distinguer un olivier dans un cercle. Le sceau des Breckenridge. La marque était imprimée à l'intérieure de son avant bras, dans une encre noire. L'encre utilisée pour écrire la lettre.


« Pour ne jamais oublier... », dit-elle d'une voix sombre.

Elle n'avait pas rêvé. Tout ce qu'elle avait ressenti était réel. Tout ce qu'elle avait fait aussi. Mais que faisait-elle ici alors ?
Elle tenta par plusieurs reprises de se redresser, mais c'était peine perdue. Elle ferma les yeux, elle avait un goût amer dans la bouche. Quelque chose qui lui faisait comprendre qu'elle regrettait d'être ici...


Dernière édition par Erin Breckenridge le Sam 27 Oct - 20:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de fumée sans feu (Pv Fred-Terminé) Mar 4 Sep - 22:44


Le soleil était cruel, menaçant. De ses éruptions lointaines, il brulait, il détruisait. Il était impossible de le défiler. Il gagnait à tous les coups. Les anciens le considéraient comme une divinité. On pouvait se demander comment un astre aussi loin pouvait jouer un rôle aussi important sur nos corps, sur notre univers, sur nos vies. Loin, mais dont la présence se faisait ressentir. Le jour. La nuit. Le chaud. Le froid. Les saisons. Les cycles. La vie. La mort.
C’était comme le feu. Il pouvait dévorait tout sur son passage, comme apporter chaleur et réconfort. Il était impossible de dire si il fallait s’en débarrasser ou si au contraire, il valait mieux en garder une trace, bien qu’infime. Sa lumière semblait indispensable. On croyait maitriser ses flammes, mais c’était celles-ci qui nous maitrisaient. Ses couleurs, ses danses, il semblait vivre et attendre être libéré. Prisonnier mais si fort, il était incontrôlable. Elément incontrôlable. Elément sombre. Phénomène troublant.

Frédérique était plus proche de la lune. Se dissimulant de la lumière, apparaissant à la tombée du jour, mystérieuse, charmeuse, lointaine mais si proche, on ne pouvait pas savoir si il y avait du bien ou du mal quand elle était pleine, quand elle était sombre. Sa robe pale, ses courbes gracieuses, elle ne brulait pas, elle ne glaçait pas. Elle semblait vous sourire tout en vous défiant. La lune était belle, mais banale à la fois. Il y avait quelque chose en elle qui donnait envie de la rencontrer, qui donnait envie de la toucher sans que l’on ne comprenne pourquoi.
Il faisait jour. Il faisait clair. Mais la nuit s’annonçait déjà. La lune n’était pas encore présente. Ou bien elle se cachait de la jeune femme. De la fenêtre où elle faisait face, les derniers rayons de soleil caressaient les carreaux. Ils atteignaient sa peau, comme si ils voulaient la transpercer. Elle était comme les flammes, elle était comme la lune. Le soleil n’était qu’un élément perturbateur. Si elle ne le contrôlait pas, elle voulait le déjouer. Ce n’était pas le cas avec le feu.

Quelques heures plus tôt, elle était en train de consulter le dossier d’un élève qu’on lui avait signalé. Un Sang-Mêlé qui pouvait être suspecté de bourbisme. Il y avait aucune preuve de cela. Il n’avait participé à rien. Mais sa trop grande discrétion était douteuse. Douteuse pour le professeur qui était venu trouver l’Inquisitrice. Elle comptait rencontrer cet élève. Elle avait des moyens que l’on ne pouvait déjouer. Elle ne craignait pas les utiliser. Elle avait plein pouvoir à Poudlard et elle ne s’en privait pas. C’était pour le bien du régime.
Mais un Elfe de Maison était apparu soudainement. Furieuse de cette intrusion, elle avait levé sa baguette sur lui pour l’en chasser. Mais il parvint à parler avant que le sort ne fuse. Un feu avait envahi une salle du château. Un feu si violent si puissant qu’il s’était propagé rapidement et l’on ne parvenait pas à l’éteindre. Il n’y avait au château qu’elle, des Elfes de Maison et Erin. Erin. Elle ne voyait qu’elle d’assez puissante pour créer un tel phénomène. L’ancienne enseignante des sortilèges pensa immédiatement au Feudeymon. Son père l’avait enseigné à ses élèves. Il n’était pas impossible qu’il s’agisse de cela.
Elle ne chercha pas à en savoir plus et se téléporta jusqu’au couloir menant à cette salle. Ce n’était pas le moment de trainer.

Quand la jeune LeeRoy posa la main sur la poignée de la porte ouvrant la salle, elle la retira vivement. La poignée était brulante. Cela laissait présumer ce qu’elle allait trouver derrière celle-ci. Elle devait se précipiter. Son instinct lui disait que sa jeune protégée était à l’intérieur et qu’il ne suffisait que de quelques minutes encore pour que celle-ci soit asphyxiée par la fumée qui pouvait l’entourer et que les flammes ne commencent à ronger son corps à terre.
Grace à un sort, elle s’entoura d’une bulle de protection qui empêcherait la fumée d’envahir ses poumons et que les flammes ne brulent sa peau. Elle ouvrit la porte d’un autre sort et constata l’ampleur des dégâts. Le feu n’avait pas encore tout dévoré. Elle entra dans la pièce et s’empressa de chercher la jeune fille. Elle la trouva, elle se mit si proche d’elle, qu’elle la fit entrer dans sa bulle protectrice et les téléportèrent. Ce qu’elle ne vit pas de suite, s’était une des lettres, qui s’invita dans le voyage.

La nuit était tombée. Elle n’avait pas bougé de sa position près de la fenêtre. La pièce était éclairée par la faible lueur des bougies. Breckenridge se reposait sur son lit, dans son dortoir vidé par les vacances d’été. La jeune femme lui tournait le dos. Elle ne savait pas quoi faire. Elle était sous sa protection, elle était sa disciple. Elle la punirait pour lui faire comprendre que son acte était répréhensif. Mais elle voulait aussi l’aider. Elle pensait à ce qu’elle avait fait. Il était si imprudent d’avoir mis le feu à l’école, à son école. Le sort venait de l’intérieur, venait d’une élève irréprochable. Elle l’avait assez sondé pour être certaine de sa bonne foi. La colère, la douleur, la tristesse étaient des états incontrôlables. Elles poussaient à des actes que l’on ne contrôlait pas non plus. Les protections de l’établissement n’avait rien pu faire. Les sorts n’étaient pas contre l’école, pas contre un autre élève, pas contre un personnel, pas contre le régime. S’était imprévu, s’était intolérable.
Frédérique se massa la nuque. Elle était tendue. Elle n’était pas une personne tendre. Elle avait vu son fils disparaitre trop tôt pour être une femme maternelle. En fait, tout ceux qui avaient pu être proche d’elle avait disparu ou avait trouvé la mort. Son fils Daniel, son ex compagne Mandy, son père adoptif Léon Brom, ses parents biologiques Thomas Lee et Catherine Roy, son époux Mitch Shaeffer. Tous. C’était une bien trop grande coincidence. Bien trop grande à son gout. Elle venait d’avoir sa première disciple. Elle s’était sentie prête. Elle n’aurait pas du. Elle causait le mal à ceux qui se voulaient proche d’elle. Elle les détruisait. Elle les perdait.
Elle soupira.

Ce fut à ce moment là que Erin semblait reprendre connaissance. Frédérique lui avait elle-même retiré ses vêtements pour lui donnait des soins. Il fallait bien que ses dons en sortilèges notamment en soin serve à quelque chose. La jeune fille était tirée d’affaire. Tout était bénin. Elle n’avait eu aucune raison de l’emmener à Ste Mangouste. Mais elle n’en était pas certaine pour son moral. Elle avait lu la lettre. Elle allait devoir l’aider. Sa faiblesse allait devenir sa force. Il était stupide de vouloir s’auto-détruire quand on regorgeait d’autant de force. D’autant de volonté. D’autant de potentiel.
La jeune femme se retourna quand elle l’entendit bouger. Fronçant les sourcils aux propos qu’elle entendit d’elle, alors qu’elle ne semblait pas se rendre compte de sa présence, elle les trouva cruellement sombre. Erin tentait ensuite de se redresser avant d’arrêter d’essayer de le faire. Elle venait de fermer les yeux quand elle présenta à coté du lit. Elle avait évidemment vu la marque à l’encre qui s’était gravé sur son bras. Elle n’avait pas cherché à la lui retirer, s’intéressant en priorité de ses plaies.


« Ne pas oublier… Mais avancer… »

Elle non plus elle n’avait pas oublié les douleurs de son passé, mais cela l’avait forgé. Ce qu’elle ne désirait pas, s’était qu’elle fasse les même erreurs qu’elle. Erin avait son soutien. Frédérique avait du se construire seule…
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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de fumée sans feu (Pv Fred-Terminé) Sam 15 Sep - 23:03

Erin avait mal. Pas seulement son cœur et son esprit, tout son corps souffrait. Elle avait passé de longues minutes dans une pièce enfumée, si elle n'avait pas quelques séquelles physiques on aurait facilement pu remettre en cause son humanité.
Ses yeux la brûlaient. Elle était si fatiguée qu'ils étaient soulignés d'un violet foncé largement étalé. La peau de ses lèvres était craquelée et ne demandait qu'à se rouvrir. Ses muscles étaient dans le même état que si elle venait de courir un marathon. Elle n'avait pas fini dans les premiers pour le coup. Au contraire, elle avait joué le rôle de lanterne noire. Elle était rarement dans le groupe de tête, jamais dans les derniers non plus. Toujours dans le peloton à faire comme les autres. Là, elle avait quitté ses camarades pour s'aventurer sur des sentiers encore inexistant. Résultat ? Elle avait brûler toute une salle. Assez pour se faire virer de Poudlard. Elle n'était pas sans ignorer qu'on pouvait prendre ce qui c'était passer pour un acte terroriste. C'était un tableau plutôt sombre, dans des teintes de feu et de noir. Elle l'avait peint en criant à l'aide mais elle ne contrôlait pas l'esprit des gens et l'interprétation qu'ils pouvaient en faire. Dans le climat de méfiance actuel, il était bien plus facile de croire qu'elle avait voulu détruire le château plutôt que de se détruire elle et ce qu'elle incarnait. À bien y réfléchir, peut-être avait-elle voulu détruire les deux.

Elle souhaitait ne pas être là où elle se trouvait. Elle voulait partir loin des hommes, moldus ou sorciers. Elle voulait être où on ne pouvait être, dépourvue de toute compagnie, même de la solitude.
Elle voulait être là où elle se serait trouvé si on ne l'avait pas sortie de cette pièce. Elle voulait retrouver la chaleur réconfortantes des flammes... pour toujours.

Oui, elle voulait, elle souhaitait, elle désirait plus que tout... Elle ne faisait que ça, convoiter. S'accaparer le talent, la richesse, la famille, les amis, l'avenir, l'espoir. Mais elle avait joué les avares et lorsqu'elle avait tout possédé, elle s'était refusé d'en profité, pensant que toutes ces notions abstraites ne la trahiraient jamais. Pourtant là, elle n'avait plus rien. Que dalle. Même plus assez d'eau dans son corps pour pleurer. Même sa tristesse ne lui appartenait pas. Alors pour l'enfoncer un peu plus, la dépecer non seulement de ses biens mais aussi de la moitié d'âme qui lui restait, il n'y avait plus beaucoup à œuvrer.

Elle ferma les yeux.


« Ne pas oublier… Mais avancer… »

Cette voix n'était pas celle qu'elle s'attendait à entendre. En fait, elle s'attendait à ne voir et à n'entendre personne. Peut-être un elfe de maison de temps en temps, ou une autre vermine jugée assez peut importante pour ne pas se souiller en présence d'un demi-sang.
Il n'y avait personne d'autre au château que les elfes et cette femme. Les pouvoirs des premiers n'étaient certainement pas assez forts pour réparer les dégâts d'Erin, s'ils savaient faire autre chose que se rendre invisble et se téléporter, ils n'auraient pas aussi facilement accepté leur condition d'esclave-souffre-douleur-serpillière. Une sorte d'appareil multifonction version sorcier. Erin ne pensait pas valoir mieux qu'eux. Après tout, elle était bien la seule à trouver anormale leur condition et à compatir pour ses malheureuses créatures. Des sentiments qui prouvaient facilement qu'elle s'y identifiait. Elle se voyait comme leur semblable. Elle était juste un pion, juste une chose qu'on bougeait au gré de ses envies de salle en salle, de pièce en pièce, de château en gare.
Elle n'avait même pas le pouvoir d'arrêter la partie quand elle le désirait.

Elle tourna la tête et regarda LeeRoy mais ne dit mot. Ses yeux parlaient pour elle. Leur éclat disparu les rendaient semblable à un océan froid. Ils étaient d'un bleu mort.
L'inquisitrice parlait, mais ne pouvait pas comprendre ce qu'elle ressentait. Elle n'était pas faite de contradictions. Elle ne voulait pas faire de mal aux moldus alors qu'ils avait participé à son existence, elle n'avait rien contre eux... avant. Maintenant elle savait en quoi c'était mal pour un sorcier de procréer avec cette sous espèce. L'être engendré n'était qu'une âme torturée composée de deux moitiés qui ne se complétaient pas. Il cherchait un équilibre instable quelque part entre deux mondes. Elle pensait avoir trouvé le sien, les moldus avaient coupé le fil sur lequel elle se trouvait et l'avait regardé sans la moindre peine tomber dans le précipice. Il n'y avait personne pour lui tendre la main. Elle voulait se venger de la race qui avait provoqué sa déchéance.

LeeRoy avait un passé terrifiant, rempli de trahison et de destruction. Mais son sang ne l'avait jamais trahie. En vérité, il était impossible pour un sang mêlé de ne pas choisir définitivement entre le monde des moldus et celui des sorciers. Il n'existait pas d'autre solution que de quitter le no men's land pour aller se fourrer dans des tranchés, parce qu'en guerre, on ne pouvait pas appartenir à deux camps.

Elle baissa la tête et se retourna en réajustant la couverture pour ne plus la voir. Elle ne voulait pas affronter son jugement maintenant. Elle ne voulait pas faire face à ses conseils et ses idées. Comment pouvait-elle croire qu'elle pouvait continuer à avancer après ça. Elle n'était plus qu'une enfant perdue dans les quartiers peu fréquentables d'une grande ville. Une cible facile, une proie pour tous les prédateurs.

Sa vie n'était qu'une vaste toile que le peintre fâché du manque d'inspiration venait d'asperger d'eau. Les couleurs pleuraient et se mélangeaient les unes avec les autres. Tout tournait au marron et au vert cramoisie. Hideux, repoussant.

Elle voulait être où elle n'était pas... être « où » ne pas être... À bien y réfléchir, c'était peut-être là aussi, qu'était la question.
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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de fumée sans feu (Pv Fred-Terminé) Mar 18 Sep - 20:44


Il y avait les douleurs physiques, présentes et que l’on espérait soulager. Par des sorts. Par des soins. Par des interventions extérieures, humaines et qui masquaient ce qui se passait réellement. Les douleurs de l’âme, du cœur, de l’esprit ne s’effaçaient pas avec une telle adresse. Certaines même ne s’effaçaient jamais. Elles n’avaient pas la même force, pas le même impacte selon les individus. Les circonstances, les causes pouvaient avoir un rôle bien plus important que l’on pouvait imaginer. La même action, la même scène, le même évènement pouvaient ébranler différemment les êtres. Mais des actions différentes, des scènes différentes, des évènements différents pouvaient vous faire défaillir de la même manière. Il s’agissait d’un tout. Il s’agissait de la vie.

Frédérique avait de nombreuses interrogations. Mais elle ne voulait pas le lui faire à présent. Il fallait qu’Erin se repose physiquement mais surtout moralement pour être assez forte pour lui répondre. En effet, elle avait besoin de soulever de nombreux détails avant de savoir ce qu’elle ferait de l’avenir de cette jeune fille. Elle ignorait si elle avait cherché à atteindre directement à sa vie, ou si elle avait tenté de détruire l’institution que représentait Poudlard.
Si c’était le premier point, elle allait devoir l’aider. Comment, elle l’ignorait, mais il était de son devoir de l’aider. Elle-même avait subi de nombreuses épreuves alors qu’elle était étudiante à Poudlard. Elle avait fait de mauvais choix avant de forger son chemin dans la direction où elle était à présent et qui avait été la meilleure chose à faire vu le statut qu’elle pouvait se vanter d’avoir. Mais Erin avait deux ans de plus qu’elle au moment où sa vie avait basculé. Elle était plus mure de par son âge, elle était plus posée et avait une façon de voir les choses plus réfléchies qu’elle n’avait su avoir. Erin n’avait pas subi la mort de ses parents, elle devait vivre avec leur supplice. Elle avait du faire un choix et ce choix la détruisait de l’intérieur tant la douleur était vive. La jeune femme n’avait eu qu’à tuer l’assassin de ses parents pour avoir l’impression de les venger tout en lavant leurs erreurs. Mais leurs parents étaient des traitres, leurs parents étaient des lâches. Et ce point les rapprochait bien plus qu’elles ne pourraient un jour l’imaginer.
Mais s’il s’agissait du second point, la jeune femme ne savait pas vraiment comment elle devait réagir. Si elle laissait ses pulsions faire, elle la mettrait au cachot et avant de régler son cas dans la plus pure justice du Ministère. Car elle aimait la justice, tant que bien sur cela entrait dans les valeurs du gouvernement. Mais quand il s’agissait de ses élèves, elle espérait toujours que leur cas s’arrangerait, qu’une fois prise en charge, ils pourraient comprendre à quel point le Lord et ses idées étaient la meilleure chose qu’il puisse être pour l’Angleterre et peut être un jour pour le monde entier. Erin était sa disciple. Si elle avait tenté de détruire Poudlard, un lieu qu’elle chérissait tant, Frédérique espérait donc qu’on pouvait la sauver. Que tout n’était qu’un acte impulsif et non calculé. Elle l’espérait.

Breckenridge tourna la tête vers la jeune femme et posa ses yeux sur elle. Quand la jeune LeeRoy posa son regard dans le sien, elle fut surprise de ne plus trouver ses yeux brillaient d’espièglerie. Au lieu de cela, elle se trouva face à un regard sombre, un regard perdu, un regard mort, sans expression. Ils ressemblaient aux teintes du lac non loin de là, froid et mystérieux, lugubre et triste. Un espace si vaste, d’un aspect désert qui regorgeait dans le fond tant de tracas.


« J’aimerais vous dire que je vous comprends… mais cela serait vous mentir… J’apporterais uniquement l’aide que vous demanderez… Je ne serais ni pressante, ni étouffante… Vous saurez me trouver si vous le souhaitez… Je vous laisse le temps de me répondre au sujet de votre acte… Comprenez qu’en tant qu’Inquisitrice, je ne saurais pas tolérer que l’on dégrade mon établissement… Nous aurions tout le temps pour en reparler… »

Erin venait de baisser la tête et se retourner en réajustant sa couverture comme si elle ne voulait plus la voir. Elle avait ainsi deux possibilités, la laisser ainsi tranquille. Mais ayant eu ces moments de doutes et surtout de solitude qu’elle regrettait, elle ne voulait pas la laisser seule face à ses démons. Mais elle pouvait comprendre que sous le choc, on ne voulait ni voir ni entendre une personne qui ne raconterait que ce qu’on ne voulait pas entendre. Pas de suite. Donc la seconde possibilité était de rester, sans doute silencieuse, sans dire mot, juste être là.
Frédérique n’était pas maternelle, elle était encore moins une bonne amie ou confidente. Sans doute car elle ne savait pas ce qu’était être une amie ou une confidente. Elle n’en avait jamais eu elle-même. Des amants, des amantes, des ennemis, des alliés. Elle avait eu tout plein. Elle ignorait ce que pouvait représenter le soutien, la compassion, l’écoute. Elle était une dirigeante née. Elle était une meneuse. Elle ordonnait, elle conseillait. Mais elle ne recevait de conseil de personne.
Une seule chose était sur. Elle n’était pas prête de la laisser face à tous les vautours qui ne se gêneraient pas à vouloir en faire ce qu’ils en voudraient. Elle ignorait pourquoi, mais elle n’était pas prête à la laisser tomber. Cette jeune fille deviendra membre influente des jeunesses puristes, une des élites les plus convoitées. Une autre LeeRoy. Mais ce qu’on espérait n’était jamais la réalité, n’était jamais ce qui se passait, n’était jamais ce qu’on imaginait.

La jolie brune retourna alors d’un pas lent et claquant alors vers la fenêtre. Elle se pencha doucement pour regarder à l’extérieur. Tout était calme, aussi calme que le silence pesant présent dans cette salle. La noirceur de la nuit était aussi troublante que la noirceur des yeux bleus de la jeune fille encore sous le choc et la noirceur des yeux chocolats de la jeune femme si loin de toute attention agréable. Elle s’assit sur le rebord, dos à l’angle, une jambe pendant d’un coté, l’autre posée sur le rebord et repliée vers sa maigre poitrine. Une main dans ses longs cheveux ondulés, l’autre pendant au dessus de son genou, cet air presque décontracté marqué la jeunesse encore présente en elle et la grâce qui malgré cette allure restait malgré tout incroyablement présente qu’importe l’attitude qu’elle optait. Elle était belle, elle était mystérieuse, elle était une femme énigmatique et dont on ne pouvait pas affirmer réellement connaitre. Ses pensées, lointaines, n’étaient jamais révélées. Froide et forte, il y avait pourtant de réelles faiblesses en elle. Et ce soir là, elle était plus blessée par ce qui venait de se passer pour sa protégée, plus blessée qu’elle ne pouvait le montrer.
Ne pas oublier…
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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de fumée sans feu (Pv Fred-Terminé) Dim 7 Oct - 11:55

Respirer, ça fait mal.
Erin avait oublié cette douleur dans la tête, dans la gorge, au ventre et dans toutes les parties de son corps qui semblaient pouvoir souffrir, sans limite. Ou bien, c'était son corps qui le voulait... Comme une destruction de l'enveloppe charnelle par l'âme, non pas pour mourir, mais bien pour survivre, se protéger du monde. Elle était dans une sorte de 4ème dimension, ni terre, ni enfer, ni paradis, sans dieu, sans moldus, sans sorciers. Un Eden pré-chrétien où n'avaient droit de séjour que sa douce folie, une nature flamboyante et son être blessé, bientôt blessant. Rien n'est pire qu'une âme abandonnée par les autres, mais surtout, pas elle-même.

Erin se roula en boule sous sa couette. Les paroles de LeeRoy ne lui parvenaient que de très loin. Elle ne pensait pas à rendre des comptes pour l'instant.
Des larmes se mirent à couler le long de ses joues. Elle ne sait combien de temps elle pleura, mais elle finit par sombre dans le sommeil. D'abord sans rêve, la noirceur de sa nuit se transforma progressivement, s'éclaircissant d'un orange chaleureux, d'un jaune crépitant et d'un rouge destructeur. Le feu.
Ses rêves n'étaient que feu. ni décor, ni issues. Elle marchait à travers les flammes comme si elle leur appartenait. Elle déambula des heures ou des minutes durant, elle n'avait plus notion du temps. Finalement, elle comprit. Elle ne pouvait pas fuir les flammes, car elle était les flammes et on ne peut se fuir soi-même. Elle s'était toujours destiné à la création, se conférant indirectement les pouvoirs du Dieu moldu car elle donnait vie à ses pensées. Elle pensait que chaque être humain était une part de Dieu... Elle ne savait pas si elle s'était trompé, elle savait juste à présent qu'elle n'en était pas. Elle n'était pas Dieu. Elle ne pouvait rien créer. Elle n'était que du feu, del'air chaud et puissant, animée d'une vie plasmique, aux ordres de celui qui savait comment le maitriser.
Ses pieds quittèrent le sol et elle s'éleva au dessus des flammes, si haut, qu'elle pouvait contempler dans toute son étendue la vaste plaine de son esprit embrasé.
Elle pouvait être plus... Elle pouvait devenir maître du feu...

Elle se réveilla brusquement. il lui semblait qu'elle n'avait pas arrêté de pleurer durant ce semblant de repos.
Elle se redressa, LeeRoy était toujours là assise sur le rebord de la fenêtre et contemplant la nuit. Erin quitta son lit, sa couverture sur le dos, et parcourut les quelques mètres qui les séparaient. Elle se laissa tomber à ses pieds et dans un geste éclair glissa ses bras autour de la taille de la jeune femme. Elle enfouit sa tête dans les vêtements de celle-ci et, sans le vouloir, fondit à nouveau en larme. Elle s'aggripait à elle comme une enfant l'aurait fait avec sa mère. Elle la forçait à être la source de son réconfort, mais n'était-ce pas ce que LeeRoy voulait, puisqu'elle était restée ? Elle avait la partie. Échec et mat ; car son geste traduisait indubitablement le serment d'allégeance tacite entre Erin et l'inquisitrice.
Erin était le feu, LeeRoy en était le maître.
Pour combien de temps...

Elle ne sentit pas ses joues s'empourprer, ni la chaleur les envahir, ou alors, elle interpréta ça comme un malaise de plus, rien d'autre. Sûrement avait-elle raison. Peut-être était-ce un trop plein d'innocence.
Mais elle n'était pas innocente. Elle avait mis le feu à une salle du château, détournant sans le savoir tous les sorts de protection et risquant de détruire les vies qui y demeuraient ainsi que le souvenir de celles qui n'y étaient plus. Une âme innocente n'est pas blasée à ce point, elle ne tente pas de fuir... Elle vit. Tout simplement. Erin ne vivait pas.

*ça doit être la crise de la quarantaine...*
*T'es bourrée ou quoi ? On a même pas encore 17 ans, j'te rapelle.*
*Et alors ? On a toujours été très en avance...*

Elle ne s'effraya pas de cette voix dans sa tête. Elle savait que c'était la sienne mais qu'elle ne lui appartenait pas. Elle connaissait ce "on" mais n'arrivait pas à mettre un nom dessus.

Qui était-elle ?
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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de fumée sans feu (Pv Fred-Terminé) Dim 7 Oct - 18:14


Ne pas oublier…
L’oublie était comme une perte d’un souvenir, comme laisser une chose derrière soi et ne plus y revenir au point d’en négliger l’existence. Les paroles s’envolaient, les écrits restaient. Et l’esprit, la mémoire étaient comme un livre, un ouvrage où tout s’écrivait, tout se gravait pour ne jamais disparaitre. L’impression d’oublier n’était qu’illusion. Tout restait là, dans un coin, et ne demandait qu’à revenir. Il ne fallait que d’un élément pour refaire surface et existait à nouveau. Dans une image, dans un son, dans une odeur, souvenir tendre, lointain, qui parait irréel, qui parait ne pas nous appartenir. Mais il ne fallait pas confondre oublier, et s’oublier. Car la nuance était faible, mais la signification plus conséquente.

Alors que la jeune fille s’était endormie, sans doute à bout de force, à bout de larmes, la jeune femme s’était mise à réfléchir, à penser, peut-être trop même…

Frédérique avait bien entendu, même si le bruit était étouffé que sa jeune élève s’était mise à pleurer. Mais elle n’avait su si elle devait se lever et aller retirer sa couette pour la consoler, ou bien si elle devait la laisser couler ses larmes pour ainsi laisser couler sa peine. Elle ne passerait jamais à autre chose. Elle se sentait trahie, laissée, abandonnée, par ceux à qui elle avait le plus tenu, par ceux qu’elle ne pensait jamais recevoir une telle douleur. On ne choisissait pas sa famille mais on ne parvenait jamais à s’en détacher pleinement. Elle avait tout fait pour les satisfaire l’un et l’autre au point de s’oublier parfois. C’était peut-être pour cela qu’elle s’était enfermée par la création de divers arts. Pour s’évader, pour être elle un instant. Mais tout s’était accéléré et on lui avait demandé de renier. Sa colère, sa rage et sa présence ici au lieu d’avoir fait ce qu’on lui avait demandé montré son choix, sa décision. Elle ne pouvait pas renier ce qu’elle était. Elle était ainsi forcé de les renier eux. Ce choix impossible avait brisé une partie d’elle. Qu’importe ce qu’elle aurait choisi au final, elle savait qu’elle en serait meurtrie.
La jeune femme avait eu à faire ce choix, si différent mais pourtant si similaire. Ses parents, partisans de l’Ordre du Phenix voulaient qu’elle les rejoigne, voulait la faire avoir un avis, des pensées qui ne lui ressemblaient pas. Elle était contre ses ignobles créatures, contre les moldus, contre l’impureté de ces sang-de-bourbe. Elle louait les sorciers, les adulait, les vénérait. Elle ne voyait rien de mal à vouloir la suprématie d’une espèce qui ne pouvait être que meilleur que les autres, que plus forte, que plus importante. Elle était ce qu’elle était. Elle n’était ni mauvaise, ni impitoyable. Elle défendait une cause, mais pas seule. Elle défendait ce qui semblait être le plus juste pour elle. Ses élèves pouvaient le dire, elle était celle que l’on voulait à ses cotés. Mais on redoutait l’inverse.
La jeune femme avait pensé, autrefois, quand ses parents avaient été assassiné, elle voulait, elle pensait, partir. Où, elle l’ignorait. Elle avait mal, elle était en colère. Elle voulait fuir, disparaitre, effacer. Mais on n’oubliait pas. Elle voulait aller n’importe où tant que s’était ailleurs. En France, en Asie, sur une ile, de l’autre coté de l’océan. Gravir une montagne. Découvrir la mer. Caresser les grains dorés du sable chaud. S’allonger dans la neige. Sentir sa peau brunir sous les rayons d’un soleil du midi. Sentir la pluie battre sur sa peau. N’être plus personne. Apprendre à être quelqu’un. Mais on n’oubliait pas. Elle décida alors de rester, et d’affronter les épreuves. Elle en était devenue plus forte. Elle était devenue ce qu’elle était. Elle en était fière.

Mais au prix de quoi…
Oui au prix de quoi. Elle les avait perdu. Tous. Les uns après les autres. Tous ceux qu’elle avait aimé. D’un amour différent les uns que les autres. Mais elle avait tenu à eux. Elle aurait donné sa vie pour eux. Mais ils avaient tous disparu. Alors qu’elle, elle était restée. Elle ne comprenait. Elle ne comprendrait sans doute jamais. Elle se demandait pourquoi. Mais la réponse ne venait pas. Ses parents, son époux, son fils, sa compagne, son mentor. Et Erin avait failli elle aussi. Serait-elle maudite. Serait-elle damnée. Etait-elle l’une de ses sorcières dont le destin était de subir des malheurs pour accepter d’être ce qu’elle était, mais de l’être seule. Mais elle aimait la compagnie et elle avait la faiblesse du cœur. Elle en souffrait, mais en demandait encore. Encore pour aller jusqu’où après tout. Elle était une femme puissante, sombre, ambitieuse, cruelle, mais elle savait aimer et tout là résidait sa faiblesse.

Tellement plongée dans ses réflexions, elle n’entendit pas la jeune fille se réveiller. Elle aurait pu éternuer que cela ne l’aurait pas fait sursauter. Elle était perdue au plus profond de ses pensées et ne cessait de fixer la lune, bien rond, bien brillante, bien présente, qui semblait la scruter comme elle la scrutait à ce moment même. Regarder et être regardée, elle se demandait si elle pouvait lire en elle. Il y avait tant de mystère dans les astres que l’on pouvait se demander si ils n’étaient pas eux aussi dotés de magie.
Elle venait de lever la main et allait poser ses doigts fins sur la vitre, à l’endroit même où elle pouvait avoir l’impression de caresser cette jolie blonde. Mais Erin, tombant à ses pieds, non pas en signe de soumission ou autre marque que pouvait représenter une personne à genou devant une autre, mais elle ne fit cela que pour venir entourer ses bras autour de sa taille et enfouir sa tête sans ses vêtements, au creux de son ventre. La main encore levée, Frédérique ne semblait pas savoir comment réagir. Ni maternelle, ni de nature amicale, elle n’était pas de nature tactile ou câline. Mais elle ressentait en cet instant, en ce contact, de la tendresse pour sa disciple. Plus qu’une simple affection que l’on pouvait avoir pour une enfant. Car elle n’était plus vraiment une enfant. Plus qu’un simple respect pour une élève. Car elle n’était plus vraiment une élève.
Erin pleurait, ses yeux encore rougis continuaient à verser des larmes. Elle s’agrippait à elle, comme si elle était sa bouée de secours. Et bien que tout son corps était tendu par cette proximité qu’elle n’avait pas elle décidée, elle baissa sa main pour la reposer sur ses cheveux et y glisser doucement ses doigts. Elle lui avait dis qu’elle se voulait être une source de réconfort. Mais elle ne voulait la forcer en rien. Elle voulait juste être là. Et elle ne se l’expliquait pas. Pourtant, elle continuait à douter, elle ne voulait pas qu’il lui arrive de mal, à elle aussi. Mais elle ne parvenait pas à s’y empêcher. Elle voulait la protéger, l’aider, la secourir et l’élever.


« Il n’y a aucun soucis à te faire… Je prends en main ton destin… »

La jeune LeeRoy lui parlait d’une voix calme, douce, délicate, chose qu’elle ne faisait que rarement. Elle caressait ses cheveux longs et doux d’un geste de réconfort tendre et agréable. Elle sourit même presque, doucement. Elle ne savait pas si elle lui disait ce qu’elle voulait entendre. Elle ne savait pas si elle agissait comme elle attendait qu’elle agisse. Elle agissait elle-même de manière confuse, désordonnée. Elle agissait juste. Ainsi, elle était passée du vouvoiement au tutoiement pour ces propos là. Mais pour la situation semblait l’obliger…
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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de fumée sans feu (Pv Fred-Terminé) Dim 21 Oct - 18:56

Le destin, c'était juste un truc foireux créé par les hommes pour éviter d'assumer leurs actes et d'affronter leur peine. Erin le savait, elle avait essayé de se persuader toute la matinée que c'était son destin... Destin divin, historique, humain, hasardeux, dramatique, tragique, terroriste... Juste un responsable. Dieu a créé l'homme pour qu'il ait des responsabilités, l'homme a créé le destin pour avoir son responsable.
Au fond, on savait tous qu'on était la cause de tous les malheurs, des nôtres comme de ceux des autres.

Elle était fatiguée. Fatiguée de tout ça. Fatiguée de ce jeu. Des gens. De cette guerre. De son existence. Elle voulait dormir. Même ses larmes qui coulaient si abondamment le long de ses joues commençaient à s'essouffler, pour finir par mourir...
Elle s’apaisait, doucement, mais chaque seconde de calme était comme un cadeau des dieux. La respiration régulière de Fred était un réconfort. Elle cala la sienne sur la même fréquence.

Doucement, elle sombra à nouveau dans le sommeil.

Les dernières paroles qu'elle entendit fut celle de l'inquisitrice, étonnamment maternelle pour l'occasion, qui tentait de la réconfortait. Si elle prenait en main son destin, alors elle serait responsable de toutes ses défaites et de tous ses échecs... Pourtant, c'était rassurant de savoir que quelqu'un veillait sur elle.

C'était rassurant de savoir que Fred veillait sur elle...

Elle replongea dans le monde des rêves, mais cette fois, le feu était avec elle...


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de fumée sans feu (Pv Fred-Terminé) Mer 24 Oct - 15:28


Frédérique était maudite, elle le savait. Le sort s’acharnait sur elle et plus elle voulait avancer, plus il s’abattait contre elle. Comme si un être supérieur la regardait et s’arrangeait pour la punir. Mais la punir de quoi elle l’ignorait. Elle avait toujours été quelqu’un de juste, posée, réfléchie. Elle défendait une cause car elle en avait jugé son importance. Personne ne l’y avait poussé, personne ne l’avait jamais forcé. Elle avait toujours agi de son propre chef, avec ses idées propres, ses valeurs qui lui tenaient à cœur, même si elle voulait plaire au Lord. Fidèle dans ses pensées, sincère, franche, directe, elle était de ceux qu’il valait mieux suivre que fuir. Elle pouvait se montrer aussi impitoyable que tendre. Elle était l’être de tout ou de rien. Elle ne faisait pas dans la demi-mesure. Elle était incontrôlable, elle était imprévisible.
Elle était perdue.

Ce moment tendre, doux, délicat la bouleversa plus qu’elle n’accepta à ce moment là de se l’avouer. Serrant cette jeune fille dans ses bras, cherchant à la réconforter comme une mère, cherchant à l’apaiser comme une amie, cherchant à la rassurer comme mentor, elle ne s’était pas rendue compte que Erin s’était endormie. Leurs respiration, tout aussi doux, tout aussi délicat, tout aussi tendre se basèrent sur la même fréquence pour en devenir régulier. Erin se rapprochait de ce qu’était Fred. Mais Fred se rapprochait de ce qu’était Erin. L’élève apprenait de son maitre. Mais le maitre s’inspirait de son élève. La communion psychique s’était faite entre elles mais aucune des deux ne s’étaient encore rendue compte.
Se détachant doucement d’elle, elle la regarda un instant ainsi apaisée, mais surtout parfaitement endormie. Elle ne la trouva pas seulement adorable, mais simplement jolie, naturellement jolie. La jeune LeeRoy émit un sourire toujours tendre, toujours doux, toujours délicat. Elle avait eu raison d’avoir écouté la raison, d’avoir tenu compte de son instinct, et de l’avoir choisi pour s’occuper de son entrainement, de s’occuper à présent de son destin, mais pas seulement que de son destin dans le monde de la Magie. Elle tiendrait parole. Elle ne la lâchera pas. Elle veillerait sur elle. Elle sera là. Toujours.

Aidée de sa baguette, car il fallait l’avouer, Frédérique n’était pas bien épaisse et n’avait que peu de force physique, elle l’avait réinstallé dans son lit et avait replacé son drap sur elle. De son visage endormi et toujours apaisé, elle chassa une mèche de ses cheveux dans un mouvement délicat de ses doigts fins. Elle se redressa, lui adressa un dernier regard, et d’un pas lent et glissant, elle quitta la pièce. Erin devait avoir besoin d’être seule. Mais elle était rassurée à présent, sinon elle ne l’aurait pas laissé. Elle était tirée d’affaire aussi bien physiquement que moralement.

Elle referma doucement la porte du dortoir.
La lune, souriante elle aussi, veillerait sur sa nuit…

[ HRP : Ce n’est pas grave, ta réponse est très bien Wink ]
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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de fumée sans feu (Pv Fred-Terminé)

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Il n'y a pas de fumée sans feu (Pv Fred-Terminé)

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