POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
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On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC)

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Aileas d'Huntingdon


MessageSujet: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Sam 26 Jan - 18:53

Aileas n'avait aucun problème à s'intégrer dans un quotidien totalement différent de celui qu'elle avait quasiment toujours connu. Elle n'avait jamais aimé la routine. Elle n'avait jamais fait deux fois la même chose. Ses professeurs l'appréciaient pour son intelligence et l'intérêt manifeste qu'elle portait à leurs cours mais ils avaient compris depuis longtemps qu'instaurer un emploi du temps régulier avec la jeune fille était impossible. Alors ils préparaient leurs cours et dès qu'ils avaient du temps de libre -quelque soit l'heure du jour ou de la nuit- ils contactaient Billy qui leur disait si oui ou non la demoiselle était dans les parages. Cela évitait des déplacements pour découvrir que la jeune fille était introuvable depuis maintenant quatre heures et que Billy n'avait pas la moindre idée de quand elle reviendrait.

L'homme avait cru qu'Aileas serait aussi peu fiable dans son boulot et qu'ainsi elle serait renvoyée en moins de deux. Plus que le croire en vérité, il l'avait espéré. Mais non Aileas était toujours très ponctuelle, voire beaucoup trop en avance. Apparemment jusqu'à présent on n'avait rien à reprocher à la jeune fille mais cela n'allait pas tarder n'est-ce pas ? Il n'était tout simplement pas possible que cette fille dont personne n'avait voulu dans sa famille malgré beaucoup de bonne volonté ne réussisse à s'intégrer dans une société dont elle ne comprenait rien du tout. Pour l'instant elle devait s'en sortir car elle devait à peu près suivre les règles mais il y aurait bien un moment où elle ne comprendrait pas une règle et où elle serait mis hors jeu. Et alors son calvaire serait finit. Car surveiller la jeune fille quand elle était dans son château paumé c'était une chose, il ne pouvait rien lui arriver. Ici, il suffisait qu'elle fasse un pas de travers et elle aurait des ennuis. Et si elle avait des ennuis, lui il mourrait.

Enfin bon puisque tout se passait bien, il n'aurait pas dû s'inquiéter autant non ? Eh bien si parce que la jeune fille n'avait rien trouvé de mieux que d'obtenir un rendez-vous avec Tryan de Saint Clair, le directeur du département de contrôle et de régulation des créatures magiques. Pourquoi bon dieu pourquoi se sentait-elle obligée d'aller rencontrer de telles personnes ?

Le pourquoi était à vrai dire assez simple même si Aileas avait mis un bout de temps avant de se décider à demander un entretien avec l'homme. Il y a quelques jours on lui avait transmis qu'elle aurait une certaine Emma Quwiden, fille apparemment d'un sorcier et d'une gobeline -chose qu'Aileas n'essayait pas trop d'imaginer. Il s'agissait donc d'une hybride. Or le dossier de la demoiselle n'était pas accessible car il se trouvait au département de contrôle et de régulation des créatures magiques comme ceux de tous les hybrides. Aileas avait d'abord songé à en parler à la jeune commissaire qui avait été chargée de s'occuper un peu d'elle, mademoiselle Siverleaf. Mais la jeune femme semblait débordée et si Aileas avait tenu à travailler ce n'était pas pour embêter tout le monde mais pour être utile. Au final, il faudrait d'une manière ou d'une autre récupérer le dossier et pour cela on ne pouvait passer que par la personne qui s'en occupait donc pourquoi passer par des intermédiaires ? Aileas aimait bien être autonome et se prendre en main.

Une fois qu'elle en était arrivée à cette conclusion, elle avait soulevé sa tête du bureau révélant une grosse trace rouge sur son front là où la peau était restée en contact avec le bois. Elle avait rédigé une courte lettre à l'intention de Tryan de Saint Clair lui demandant un entretien tout en expliquant en quelques lignes son problème afin de ne pas le prendre de court quand elle viendrait -s'il acceptait de la rencontrer. Et il avait accepté malgré un emploi du temps qui à l'évidence devait être bien chargé.


Billy regardait Aileas mettre de côté les dossiers du jour à transmettre à mademoiselle Silverleaf et ranger consciencieusement les autres dans l'armoire. A l'évidence il devait y avoir une organisation dans la manière dont elle rangeait ses dossiers mais celle-ci lui échappait complétement. Pas d'ordre alphabétique, pas de rangements chronologiques, pas de classement par âge, pas de classement selon le sang auquel ces personnes prétendaient non plu, elle ne prenait pas plus en compte la taille du dossier... Non c'était juste incompréhensible et pourtant il devait bien y avoir une organisation puisqu'elle retrouvait quasiment toujours instantanément le dossier dont elle avait besoin.

Mais à vrai dire aujourd'hui cette question du classement était bien le dernier des soucis de Billy. Pour la treizième fois depuis qu'Aileas avait finit son dernier entretien de la journée, il répéta :


"Mademoiselle, je vous rappelle que Monsieur de Saint Clair est en deuil, n'oubliez pas de lui souhaiter vos condoléances pour la mort de sa fiancé."


Et une fois de plus, il n'eut aucune réponse de la part de la jeune fille. Toutefois il espérait que s'il le lui répétait suffisamment un déclic se ferait dans son esprit et qu'elle le ferait. Il avait abandonné pour les salutations comme "bonjour" et "au revoir" mais peut-être que cette phrase là trouverait grâce dans l'esprit de la jeune fille et qu'elle daignerait la prononcer. Et c'est en sachant que ce n'était pas gagné qu'il l'accompagna jusqu'au quatrième étage où il attendit avec elle que ce soit l'heure. Il savait qu'elle se fichait qu'il soit là ou pas. Souvent il se demandait même si elle avait conscience de sa présence.

Enfin ce fut l'heure et la chevelure rousse qui tombait en boucles épaisses sur une robe bleue cyan disparut. Il n'avait même pas réussit à lui faire porter une tenue sombre à défaut de réussir à lui faire prononcer de simples mots comme "toutes mes condoléances".
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Dim 27 Jan - 23:18

Hiver 2004-2005 :


Une brume blanche se matérialisa devant la grille blanche et nouvellement repeinte de cet endroit sans vie.
L'enceinte en béton mouillée par une pluie de la veille, donnait à ce lieu aspect d'autant plus morne qu'il ne l'était déjà. Le chemin de terre battue qui menait jusqu'aux grilles n'était plus qu'un amas de caillasses bordées de terre rouge, rouge comme le sang de ceux qui avait coulé par divers endroit pour terminer ici.
Vicié ou non, en ces lieux, il n'y avait plus de sang pur ou de sang souillé, la mort les avait pris, et les statuts de sang ne voulait plus rien dire.

Cette mort ambiante pesait sur le commun des mortels qui entraient dans cet endroit lugubre, mais pas lui. La mort il désirait la dompter, la maîtriser, la contrôler, posséder son pouvoir, pouvoir interagir avec elle, il en était son avatar, et sans vouloir prendre sa place, il souhaitait en devenir son porteur.
Capuchon noir rabattu, il se déplaçait entre les pierres tombales, sachant pertinemment où il allait, cet endroit, il le connaissait peut être mieux que quiconque, pour y être resté un certain moment.
Alors il passa son chemin pour arriver devant l'édifice en marbre blanc, surmonté d'une croix, son nom y était inscrit.
Il se stoppa là.
Sa cape retomba sur lui, son visage invisible, dissimulé par le capuchon, ne pouvait apparaître à qui de droit, de toute façon, personne ne l'aurait vu, il n'était pas là.
Son habit entier de noir était rompu au niveau du col par une croix en argent qui semblait maintenir ce dernier, un peu à la manière d'un prêtre, en revanche, le fourreau à la ceinture ne trompait pas.
Sur son torse de cet habit presque clérical, on pouvait voir les armoiries de la famille, cette même famille qui n'était pas venue à son enterrement.

Malgré les apparences, il n'arrivait pas à se défaire de la mort de sa compagne.
Lui parler à travers une glace ne lui plaisait plus, il y avait perdu le goût. Là, il sentait le besoin d'aller la voir, de lui parler vraiment, face à face, et d'oublier un peu qu'elle n'était plus là. La dépersonnaliser, c'était simple, mais il en avait besoin.
Même malgré ses progrès magiques impressionnants, il n'arrivait pas à se faire à l'idée qu'il était impuissant face à la faucheuse, et que jamais il ne pourrait la sauver, la ramener, c'était quelque chose de si … frustrant …
Lui qui avait toujours réussi, se trouvait face à un échec qu'il ne pouvait assumer, qu'il ne pouvait endosser, elle était morte, et il aurait pu être là pour l'empêcher.

Son visage dissimulé, comme une honte.
Elle était une partie de sa vie. Envolée celle qu'il aimait, brisée trop tôt sur le chemin de la grandeur, il ne pourrait plus lui dire je t'aime, il n'en avait plus la force, car ce cœur brisé ne pouvait plus battre tant l’écho du désespoir atténuait son harmonique.
Oh il avait bien songé à la venger … mais comme une idée puérile, elle était passée ce mois durant, devenu adulte, il comprenait que le véritable fautif c'était lui.
Et le pire dans tout ça, c'est qu'il ne pouvait pas en parler.
Les autres avaient beau eu lui dire qu'ils étaient là s'il avait besoin, pour en parler, en discuter, expliquer la situation, mais là n'était pas le problème, il n'y arrivait pas. Ce poids trop lourd, il ne pouvait le porter que tout seul, car oui, il était désespérément seul dans tout ce merdier.

Les yeux dissimulés par l'habit noir ne quittèrent pas la pierre tombale, se fixant tour à tour sur l'épitaphe, puis sur le nom, les dates, les gravures … c'était tout simple injuste.
Alors, ayant suffisamment pensé à cette discussion, il dut lui parler, en français et d'une voix froide, mais non moins émue.

« Tu sais … ça faisait un moment que j'avais envie de venir ici ... »

Il laissa une pause.

« C'est assez … difficile pour moi … et je ne pense pas que tu mérites ce qui t'es arrivé.
Comment croire en Dieu après ça … dis moi … je doute. S'il ne croit pas en moi, dois je lui montrer que je crois en lui ?
Je ne sais pas Lily …

J'ai beaucoup hésité, et je pense que je vais aller travailler aujourd'hui. Dire que ça fait un mois … c'est si long. Mais je trouverais le moyen de te ramener.
Au revoir Emily ... »


Les derniers mots sortirent difficilement.
Tirant sa baguette, il en sortit une rose de glace, rose qu'il déposa sur la tombe de la demoiselle.
Puis la silhouette noire se détacha de l'endroit, sortant du cimetière, refermant les grilles, il disparut dans une fumée blanche.



Un peu plus tard …

La fumée blanche se matérialisa dans l'atrium.
On ne se retourna pas ou peu devant cette silhouette noir, seule la croix en argent attirait l'attention, mais on savait déjà de qui il s'agissait.
Lorsqu'il pénétra à l'intérieur de son département, il ôta son capuchon, sa cape noire traînait derrière lui, et on saluait le directeur, sans que celui ne réponde que par de brefs signes de têtes.
Alors Tryan put enfin rejoindre son bureau.
Se posant dans son fauteuil le jeune homme soupira. Pourquoi le Rccm ne pouvait il pas tourner sans lui quelque fois ? N'y avait il personne pour faire ça aussi bien que lui ?
On avait tant besoin de lui.
Soupirant, il jeta un œil à son emploi du temps.
Une journée chiante à souhait, entre les troupes françaises et le Rccm …


Le soir même :

La journée était sur le point de s'achever au Rccm. Les employés avaient commencé à rentrer chez eux, et ceux de permanence venait d'arriver.
Le département avait perdu de sa vigueur et on tombait ce tour ci à l'heure du changement de dispositif. Le directeur était cependant encore là.
Une dernière chose restait à régler, un entretien dont il n'avait pas encore pris connaissance, c'était Roxane qui gérait ce genre de chose pour lui, il n'aimait pas s'emmerder avec toute l'habituelle paperasse que l'on pouvait avoir pour une personne de sa fonction.

Souhaitant régler ce détail au plus vite, il sortit de son bureau, et sa secrétaire se présenta à lui, soumise et docile comme une bête bien dressée, elle reçut pour ordre d'aller chercher son rendez-vous. Aussi, elle fit claquer ses talons, pour aller dans la salle, laissant le jeune homme prendre connaissance du nom de la personne avec qui il s'entretiendrait.
Une demoiselle. Un nom pas inconnu, sans doute de la noblesse écossaise, qui savait.
Roxane revint suivie d'une demoiselle rouquine habillée en bleu très flashy et sans doute d'un de ses larbins. Le directeur du Rccm ne réagit pas à sa vue, mais fut toutefois intérieurement étonné de voir une couleur si vive en son département. Désignant de la main le larbin, il dit tout haut :

« Lui, il reste là ... »

Et deux agents du Rccm empoignèrent par l'épaule le serviteur, pour laisser le directeur entrer dans le bureau en compagnie de la demoiselle.
Lui désignant un fauteuil devant son bureau, il se posa dans le sien et fit signe à Roxane de fermer la porte.
On ne pouvait pas dire qu'il avait une idée précise de la raison qui amenait la demoiselle ici, on ne lui disait pas toujours tout, pour cela qu'il avait des agents plus personnel, afin de jouer sur des plans dont on lui barrait l'accès.
Cette jeune femme semblait un peu perdue, comme dans son monde, elle lui rappelait quelque peu une certaine disparue, du moins, dans sa manière d'être.

Attrapant la lettre, il lui adressa un bref regard. Sans doute devait elle fixer sa croix en argent, comme beaucoup de sorciers britanniques, elle devait ignorer le sens du mot religion, et ne devait voir là que des moldus armés de torches prêts à brûler des sorciers pour hérésie.
Enfin, là n'était pas le sujet.
Le français se risqua d'ailleurs à une remarque teintée d'un humour rare en ces temps de deuil.

« Il est bien rare de voir en ce moment du bleu cyan au Rccm … je dois dire que cela me manquerait presque. »

En plus d'être en hiver, cela n'avait pas vraiment de sens de porter une couleur si claire, mais étrangement, cela ne le dérangeait, surtout que cela s'accordait parfaitement à son bureau.
Les teintes étaient froides, renvoyant à son univers glacial, aussi, on pouvait facilement être mis mal à l'aise à la vue de la décoration, ne serait ce que par la présence d'un gros loup-garou empaillé à coté de la porte, ou d'un golem de glace derrière le bureau à coté de la fenêtre du fond.
Cette lumière glaciale, comme si l'intégralité du bureau était gelé, provoquait chez la plupart des sorciers un frisson, mais elle, cette petite commissaire du sang, y semblait insensible, et c'était là quelque chose que le français appréciait, enfin quelqu'un qui pouvait peut être vivre dans son univers, peut être pas le comprendre, mais le supporter.
Entre l'ordre de Salazar, les décorations militaires, et les trophées en vitrine, on voyait là peu de souvenir, l'endroit était très … impersonnel, simple empreinte d'une réussite soit magique, soit politique, voir militaire, mais jamais sur sa propre personne.
Pas de photo de famille, pas d'arbre généalogique, peu de photos … à part celle où il était avec sa défunte petite amie dans la vitrine, une autre avec ses camarades de Beauxbâtons, dont Fleur, c'était à peu près tout.

Oui cette commissaire avait une aura étrange, une magie presque dérangeante qui intriguait Tryan.
Il aurait juré sur la fleur de Lys ne pas être facilement influençable, voir froid et stoïque, mais elle, c'était on ne peut plus impressionnant, presque pathologique.
Cette beauté froide … elle était une figure de glace, création de Dieu, expression de l'enfer gelé qui ne pouvait regarder vers le ciel. Était ce un péché que de désirer ?
Elle n'était rien et pourtant, elle portait la foi, l'espoir d'un soupçon d'humanité en Tryan, la dernière parcelle d'émerveillement.
Cette jeune vierge, car elle devait l'être, était ce que lui avait cherché en chacune de ses anciennes prétendantes. Une statue de sel qui à la moindre goutte de larme fonderait, c'est ce qu'elle était.

Les yeux gris-vert du français, aussi inexpressif que ceux de la demoiselle, se posèrent sans vergogne sur ce visage de glace, si beau.
Qu'Emily lui pardonne, elle vivait à travers cette petite.
À peine partie, elle s'était réincarnée en cette beauté glaciale.
Il n'avait pas pu rater ce procédé. Pouvait on lui jeter la faute ? Elle n'avait rien demandé … et pourtant, pouvait on ignorer le destin ?
La foi perdue venait elle de renaître en elle ?
Les yeux du jeune époux venait de se détourner du ciel pour revenir sur terre, sur elle.
Était ce un désir ?
C'était si soudain … que les saints lui pardonnent, le jardin d’éden n'avait jamais été pour lui, la magie l'avait acquis bien avant.

Il s'accouda sur une hanse de son siège, posant sa coude droit sur celle ci, avant de replier la main, sur laquelle il posa le bas de la partie droite de sa mâchoire, laissant involontairement en évidence la chevalière aux armoiries de la famille De SaintClair.
Qui était elle vraiment ?
Une intrigante curiosité, belle et pure, encore plus pure que la première glace du jeune homme, elle était Aileas d'Huntingdon.

Continuant de la fixer, le jeune homme demanda dans son anglais teinté d'un accent français.

« Alors qu'est ce qui amène une commissaire du sang dans mon bureau à cette heure ? »

Était ce le renouveau de la foi en le genre ...


Dernière édition par Tryan De SaintClair le Jeu 7 Mar - 18:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Lun 28 Jan - 23:27

Tryan de Saint Clair. Elle ne connaissait jusqu'alors qu'un nom et une fonction. Et le fait qu'il était français aussi tiens. D'ailleurs en attendant que l'on vienne la chercher, elle s'était demandé comment se prononçait son nom. Elle n'avait pas la moindre notion de prononciation française. Et du coup elle en était venue à se demander combien de fois par jour, des personnes comme Ailes écorchaient son nom, le déchiquetaient à coup d'accent anglais enfin... écossais pour elle. Elle se serait bien lancé dans le calcul mais il lui manquait trop de données. Même si elle avait pu savoir combien de personnes il rencontrait chaque jour, en confrontant ce chiffre à celui de la population sorcière britannique ayant des notions de français, elle aurait pu avoir une idée. Sauf que déjà elle n'avait pas ce deuxième chiffre non plus, puis il faudrait prendre en compte qu'il y avait certaines personnes qu'il rencontrait peut-être plusieurs fois et puis les gens qu'il rencontrait était sans doute plus cultivée que la majorité des sorciers et donc la possibilité qu'ils aient des notions en français augmentaient donc il faudrait prendre un pourcentage plus élevé que la moyenne et...

Encore interrompue dans ses raisonnements. De toute façon elle ne calculait jamais que des choses incalculables car le résultat n'était pas tant ce qui l'intéressait. Ce qu'elle aimait c'était prendre en compte toutes les variables et aller le plus loin possibles pour ne pas en oublier une seule. Celle qui devait être la secrétaire du directeur du département de contrôle et de régulation des créatures magiques signala à Aileas qu'elle pouvait venir. Là elles arrivèrent devant un homme qui devait être le fameux français à qui plein de gens écorchaient le nom chaque jour. Il demanda à ce qu'"il" reste là. Il ? Aileas, la secrétaire. cela faisait deux femmes pour elle, elle voulait bien croire qu'elle ne comprenait pas toujours tout mais là il y avait une limite, elle savait encore distinguer un homme d'une femme. De même qu'elle savait que "il" faisait référence à un homme.

Un bref coup d’œil en arrière lui permit de mettre fin à son problème. Billy, évidemment. Elle l'avait encore oublié mais en même temps il était si inutile et en plus voilà qu'il venait déranger jusqu'ici. Aileas ayant identifié la source de son problème comme inintéressante, elle s'en désintéressa. Car la suite avait bien plus à lui offrir. Aileas fut surprise en découvrant le lieu. Une agréable surprise mais une surprise quand même. Car le bureau de Tryan de Saint Clair différait de tout ce qu'elle avait pu voir jusqu'à présent. Toute personne avait tendance à aménager un espace qui lui était destiné de manière à se l'approprier. Mais il y avait toujours dans leur appropriation des lieux quelque chose de pas fini, de trop conventionnel pour correspondre au regard de la société. Mais là Aileas n'avait pas l'impression d'être rentré dans un de ces reliquats de continuation du monde extérieur agrémentés d'un soupçon du "moi" de la personne qui avait pris possession du lieu.

Non elle était rentrée dans un autre univers. Celui de cet homme. Un univers froid dans lequel elle se sentait pourtant plus accueillie que dans n'importe quel lieu où elle était allée à présent car, même si elle ne comprenait pas forcément cet univers, au moins cet homme n'offrait pas que des faux semblants. Il était lui, sans doute aussi imperméable que ce lieu mais fidèle à lui-même.

C'était en tout cas comme cela qu'Aileas percevait les choses.


« Il est bien rare de voir en ce moment du bleu cyan au Rccm … je dois dire que cela me manquerait presque. »

Pourquoi fut la première chose qui vint à l'esprit d'Aileas car finalement elle trouvait que cette couleur correspondait pas trop mal au lieu, heureuse coïncidence. Puis elle se rappela l'histoire des condoléances et cie. Du noir pour les morts. Elle ne voyait pas pourquoi le noir pour les morts. Ils étaient morts, qu'ils laissent les vivants exprimer leurs sentiments comme ils le voulaient. C'était comme cette manie de mettre des mots dans la bouche des morts comme si cela leur donnait plus de poids. Aileas s'en souvenait encore de ces phrases que l'on avait dit à son père : "Ne te laisse donc pas aller ainsi, Fenella n'aurait pas voulu, pense à ta fille". Sa fille elle s'en était très bien sortie sans son père, son père pouvait très bien s'en sortir sans que l'on fasse dire des choses à sa femme qu'elle n'aurait sans doute jamais dit, vivante ou morte. Mais cela faisait sans doute encore partie des choses "normales". Ce monde marchait sur la tête et on justifiait cela à coup de "normal" qui ne vouaient absolument rien dire.

Et comme bien souvent quand elle avait l'impression qu'il n'y avait qu'elle pour ne pas comprendre leur "normal", elle se tut.

Elle se taisait et elle observait. Elle observait cet homme qui vivait dans un monde construit sur du normal et qui pourtant pouvait d'une certaine manière ne pas paraitre si différent qu'elle. Son visage demeurait impassible. Inexpressivité que l'on reprochait si souvent à Aileas mais que l'on devait trouver normal chez cet homme. Elle ne voyait simplement pas de raisons de faire de son visage un théâtre à ciel ouvert alors pourquoi se forcer à faire quelque chose qu'elle ne trouvait pas naturel ?

Puis Tryan de Saint Clair brisa cet espace temps qui donnait l'impression d'être un peu figé, sans doute en raison de l'atmosphère du lieu et de l'immobilité des deux personnages. D'abord en changeant de position puis en reprenant la parole :


« Alors qu'est ce qui amène une commissaire du sang dans mon bureau à cette heure ? »

Alors seulement Aileas ouvrit la bouche pour répondre. Et pas pour saluer, pas pour dire des formules de politesse qui ne la concernaient en rien.

"Je viens car je reçois dans quelques jours une certaine Emma Quwiden en Commission de Sang or cette dernière étant une hybride, fille d'un sorcier et d'une gobeline, je n'ai pas accès à son dossier. Je voulais donc savoir s'il était possible d'avoir accès à ce dossier ou au moins les parties pouvant m'être utiles pendant cette commission à venir."

Quant à l'heure, eh bien elle était disponible à cette heure là tout simplement. Aurait-elle dû avoir une autre raison ? Oui ? Non ? Peut-être ? On s'en fiche ? Le on s'en fiche lui plaisait bien, elle s'arrêta dessus. Si cette partie de la question était porteuse d'un réel besoin de réponse, il reposerait la question.

Une fois qu'elle eut fini de répondre, elle reporta son attention sur le loup garou empaillé puis le golem, plus facile à observer de par sa position dans la salle. Les morts ne semblaient jamais reposés. Pourtant ils avaient désormais l'éternité de vide devant eux mais non il fallait que même dans leur mort il y ait quelque chose de torturé comme pour montrer aux vivants qu'ils étaient morts et que cela n'avait rien de joyeux. Alors qu'au final ils ne faisaient qu'induire le reste des mortels en erreurs. Un mort est un mort et il restera avec toutes les choses sans vie quelque chose de définitivement dépourvue de sens. Mais les humains aimaient bien donnés du sens même à ce qui n'en a pas...
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Mar 29 Jan - 23:29

Tryan vivait dans un monde froid, dénué de vie, de sens, où seul une logique magique régnait.
Manipulation, mensonge, bain de sang, qu'importe, ce monde n'était pas le plus sain, ni le plus propre que l'on puisse trouver, il était même vicié, le reflet le plus abject de la société, mais non moins intéressant.
Car il y avait en cette vie une forme de passivation déjà bien établie, comprendre par là que plus grand chose ne pouvait surprendre celui qui avait tout prévu.
La guerre, la mort, la souffrance, tout ça n'était plus qu'un ramassis de paramètres pour lui, de froid, il était passé à gelé, glacial, cristallisé dans un monde qui ne comportait plus aucune de joie ou de bonne humeur.
Oui il feintait un sourire de temps à autre, pour qu'on lui foute la paix, simplement ça, qu'on ne le dise pas 'bizarre', non pas qu'il se soit soucié de ce que pensaient les autres, non, simplement pour qu'on lui foute la paix, qu'on le croit sur la voie de la guérison.
Mais ça, ils ne pouvaient pas le voir.
Non, Tryan était bien trop manipulateur, et doué pour ça, il le dissimulait, mais au fond, il allait mal, très mal, il était même sur le point de tomber encore … et encore.

Personne ne le voyait, tout simplement parce qu'ils ne savaient pas le voir.
Manipuler était si aisé pour lui, mentir aussi, duper, tromper, mais jusqu'à quel point ? Il ne pouvait le dire, mais la limite devait être loin, puisque plus que de tricher sur les autres, il trichait sur lui et … sur ce à quoi il tenait le plus.
La vie n'avait plus de sens, et il pouvait vivre sans sens, simple, il suffisait d'en chercher un.

Sans l'admettre et le montrer, il souffrait énormément, il accumulait cette douleur, cette haine, et s'en servait comme moteur pour avancer.
Tryan ne pouvait plus supporter ce qu'il y avait autour de lui, et il avait procédé comme toujours, il s'était replié sur lui même.
À la disparition de Fleur, le jeune homme avait coupé tous les autres liens d'amitié qu'il avait, pour une raison simple, aucun ne la valait. Là, c'était pareil, il ne voulait plus aimer, car aucune ne la vaudrait, l'amour perdu, était une plaie ouverte, qui au lieu de faire couler le sang, vidait un être de ses larmes. Larmes qu'aucune soif, ne pourrait jamais abreuver.

Il était loin le temps de l'adolescent fringant qui avait toutes les demoiselles à ses pieds, et qu'il les repoussait sans vraiment chercher autre chose que de les humilier. Cependant, il n'avait pas totalement changé, une part de lui ordonnait à son cœur de le faire, là où sa raison lui sommait de trouver un substitut.
Et venait alors la méditation, le substitut était il siège d'un vrai amour ? Ou n'était ce là qu'une machination temporaire qu'il balayerait d'un revers de main ? S'il était aisé d'anticiper une réponse via un profil standard, celui d'un sociopathe était loin d'être aussi clair, nul ne prouvait prédire ses réactions.
Lui même ne le pouvait pas.

Et là, il n'avait pas envie de faux-semblant, pas devant cette jeune femme, qui elle ne jouait pas avec le monde, elle semblait elle aussi s'en être coupée.
Au fond, ils se ressemblaient, refermés sur eux trop jeunes, contraints à vivre avec un poids que seul eux pouvaient supporter, ça, il le comprenait.
Oui, de par son comportement, elle lui indiquait bien des choses, la psychologie avait des limites, mais certaines approximations étaient possibles.
Elle devait avoir vécu un drame, une perte sans doute, traumatique, mais elle ne semblait pas en avoir conscience, sinon elle ne l'extérioriserait pas autant. Cela devait être dans son enfance, sinon elle pourrait quitter ce rôle aisément, elle était introvertie. Cette demoiselle devait ignorer le monde, considérant que celui ci n'avait aucune valeur réelle, vrai, elle devait être philosophe sur le sujet.
Le test était de lui demander son avis. Si elle répondait, alors c'était que Tryan se trompait, si elle se murait dans le silence, c'était bon.
Mais l'heure n'était pas au jeu ou la pérégrination, car il n'y avait rien à y faire, il s'en foutait, elle s'en foutait, il ne la jugeait pas, tout comme elle ne le jugeait pas.
Le croisement des regards en disait long, ils étaient sur la même longueur d'onde, bien qu'appartenant à différents univers.

Alors Aileas répondit simplement à la question, d'un ton neutre, normal, pas de stresse, pas d'angoisse, rien, un vide. Un vide froid et apaisant qui plut de suite à De SaintClair, car il se retrouvait en ce genre d'expression.

"Je viens car je reçois dans quelques jours une certaine Emma Quwiden en Commission de Sang or cette dernière étant une hybride, fille d'un sorcier et d'une gobeline, je n'ai pas accès à son dossier. Je voulais donc savoir s'il était possible d'avoir accès à ce dossier ou au moins les parties pouvant m'être utiles pendant cette commission à venir."

Il fixa la jeune femme le temps de la réponse, immobile, comme s'il attendait le moindre signe d'humanité en elle, sans pour autant le trouver, ce qui incitait aux mystères, et attisait la curiosité déjà forte exacerbée du jeune homme face à cette fille, qu'on aurait pu croire frigide, mais qui n'était au fond qu'un mur d'indifférence notoire.
Sortant lentement son aubépine, il donna un coup sur son emblème du ministère, posé sur le bureau.
Quelques secondes à peine après, cette action, la porte du bureau s'ouvrit, laissant apparaître Roxane à la porte.

« Roxane, il me faudrait le dossier d'Emma Quwiden … Quwiden avec un Q je présume ? »

Il demanda simple confirmation de la commissaire, et un hochement de tête positif eut pu lui suffire dans ce cas.
Un fois la réponse obtenue, la secrétaire repartit de là, laissant à nouveau les deux jeunes gens seuls, dans le silence qui ne semblait gêner personne, pas plus Tryan qu'Aileas, une bonne chose, car le français aimait le calme et le silence.
Il en avait l'habitude, la solitude était une partie inhérente de sa vie.
Car c'était seul qu'il se couchait, car c'était seul qu'il survivait, car c'était seul, qu'il avait toujours été malgré le monde qui l'entourait, et aux mécaniques de réponses, il devinait qu'il en était ainsi pour la jeune femme.

Eut elle pu être dans sa tête pour voir ce genre de raisonnement. Les similitudes criardes, étaient là.
Mais il les passa sous silence, elle avait beau être quelqu'un comme lui, en valait elle la peine ? Fallait il réellement creuser sous cette carapace froide ? Ou simplement la considérer comme un tout, et non un être refoulé ? Il ne se posait tout simplement pas la question, car Tryan De SaintClair ne jugeait pas.
C'était pour cela qu'il appréciait Eris, ce froid caractéristique le mettait à l'aise, car devant cette similitude, on ne pouvait le juger, il n'y avait rien d'autre qu'une communion évidente. Avec elle, même sans la connaître, c'était presque pareil.
Et lui, pouvait rester là, à la contempler, des heures durant, sans dire un mot, car ils n'en avaient pas réellement besoin pour se comprendre, pour communiquer. La commissaire devait déjà savoir à qui elle avait à faire rien qu'en regardant son environnement, sa façon d'agir, car les semblables se reconnaissaient, sans rien dire, ils connaissaient presque déjà.

Et le silence dura un long moment. Mais qui ne parut qu'une fraction de seconde pour lui, car rien ne pouvait lui faire plus plaisir que d'admirer cette jeune femme, si froide, si impassible, qu'elle en était tout simplement splendide, la glace la plus pure … celle que l'on touchait du bout des doigts de peur de la casser, tant elle était belle. Cette même glace dont il était fait, brisée, et rompue depuis trop longtemps déjà, affûtée et tranchante, prête à entailler la chair de quiconque s'y attaquerait, celle qui piégeait les esprits et les âmes.
Alors après ce moment d'échange tacite, le jeune homme sourit en coin, détourna le regard pour le poser sur sa main, puis de nouveau sur la jeune femme, assise là, devant lui.
Et alors il lui dit.

« Je crois n'avoir jamais trouvé quelqu'un d'aussi vrai. »

C'était complètement sorti de son contexte.
À nouveau, il détourna le regard pour le poser sur une photo dans sa vitrine, celle où il était avec sa défunte petite amie.

« Ne juge pas de crainte que l'on ne te juge … mais qu'y a t'il à juger dans un faux-semblant ? Cela vaut il vraiment la peine de juger ce qui n'a pas à l'être, ce qui ne juge pas ? Vous connaissez la réponse … sans doute mieux que quiconque. »

Fermant les yeux, le jeune homme soupira.
Puis il en revint à cette échange de regard avec la commissaire.

« Miss d'Huntingdon … »

Ce nom si anodin pour lui, s'en était presque poétique.
Un nom dépourvu de sens, car il n'y avait que la magie qui en avait réellement un, il venait de l'apprendre il y a peu, dans la douleur et la souffrance.

« Pourquoi a t'il fallu que vous veniez là ... »

Question purement rhétorique, et elle le savait.
Car loin de toutes les considérations sociales, les conventions qui à une question, associait avec la plus grande des débilités une réponse, il n'y avait pas besoin de parler pour se comprendre, seul la magie avait des conventions et encore, car rien n'était impossible, pas même ramener les morts à la vie.
On aurait pu dire que cette question n'était que d'ordre pratique, mais une missive l'aurait faite, une autorisation demandée, et signée de la part du directeur, le dossier remonterait au niveau dix. Mais non, il avait fallu qu'elle vienne, alors quel sens à cet entretien ? Ce n'était pas le hasard, il n'y en avait pas, et il n'y en avait jamais eu. Le destin, seul, guidait les actes des vivants.
Vivant ou mort, quelle importance, car rien ni personne ne peut échapper à ce à quoi il est destiné, la règle de l'existence, qu'elle soit passée, présente ou future.
La vie ne devait avoir plus de sens pour lui que pour elle.
Car tout deux, survivaient depuis longtemps, très longtemps.
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Mer 30 Jan - 22:42

Aileas fut arrachée à son observation par une question de l'homme. A vrai dire elle ne regardait plus vraiment la créature. Mais elle aurait été incapable de dire à quoi elle pensait à l'instant. Soit la pensée s'était envolée en raison de la déconcentration soudaine avant d'avoir eu le temps de s'imprimer dans son esprit. Soit elle avait réellement eu un moment de blanc, un trou vide de toutes pensées. Mais cela était-il vraiment possible ? Et quand bien même ça l'était, l'humain ne serait même pas en capacité d'apprécier ce moment puisque dès le moment qu'il lui viendrait la pensée qu'il ne pensait à rien, il se remettrait à penser et donc ce n'était tout simplement pas possible de se rendre compte que l'on ne pensait à rien et donc la seule chose que l'on pouvait avoir c'était le regret de ne pas s'en être rendu compte pour pouvoir l'apprécier.

Aileas ne regrettait pas, elle trouvait plus intéressant de s'interroger sur le phénomène. Mais elle devait surtout répondre à la question de l'homme. Rien de bien compliqué, que du bien concret, rien à comprendre ou à ne pas comprendre. Un hochement de la tête lui suffirait amplement aussi c'est ce qu'elle fit. Parfois les choses n'avaient pas besoin d'être compliquée et un rien les faisaient avancer. Mais sans ce rien le fait est que les choses n'avançaient pas. Aileas savait qu'elle n'était pas grand chose ici au Ministère mais elle espérait qu'elle était tout de même comme ce rien, un peu utile car c'était pour cela qu'elle voulait travailler.

Son attention était donc revenue sur Tryan de SaintClair. Jusqu'à présent elle se rendait compte qu'elle ne s'était pas vraiment intéressé à lui. A son nom, oui et encore juste à la question de comment le prononcer. Au lieu dans lequel il se trouvait. Mais pas vraiment à lui. Un peu quand même pour faire le lien entre la froideur du lieu et le personnage mais en dehors de cela ? Et en même temps que pouvait-elle dire d'une personne qu'elle ne connaissait pas ? Finalement en dehors de son nom et un peu de sa personnalité qui transparaissait dans le lieu qu'était-elle censé observer ? Elle ne pouvait même pas prétendre pouvoir le comprendre en l'observant alors elle préférait attendre se contentant d'apprécier le peu qu'elle avait déjà.

Un peu qui la comblait déjà bien assez. Venue ici pour un dossier, elle avait trouvé bien plus que cela. Un calme. Qu'elle trouvait sûrement dans cette absence de foule d'expression que les gens se sentaient toujours obligés de faire défiler sur leurs visages. Mais pas seulement. Peut-être dans ce silence qu'il ne se sentait pas obligé de combler en disant tout et n'importe quoi. Du coup Aileas savait qu'elle pouvait prêter plus attention quand il parlait car ce ne serait pas des paroles en l'air, pas des mots pour ne rien dire. Cela faisait longtemps qu'elle n'écoutait plus Billy. Cela faisait longtemps qu'elle ne le voyait presque plus à vrai dire...

Et les paroles vinrent mais libres de toute sensation d'obligation. Aileas se demanda même s'il s'adressait à elle. Ce n'était pas une question. Il statuait un fait. Un fait qui amena la jeune fille à s'interroger. Qu'est-ce que c'était la vérité une fois associée à une personne ? Pouvait-on parler de vérité alors que même une personne ne pouvait jamais se connaître totalement ? Si on considérait qu'on le pouvait puisqu'il le faisait, alors était-ce de vivre et de se montrer tel que l'on était ? Si c'était cela alors peut-être oui était-elle vraie car elle ne comprenait même pas que l'on puisse vouloir être quelqu'un d'autre que soit-même. Mais dans ce cas-là, elle pouvait bien lui retourner la phrase puisqu'elle-même n'avait jamais rencontré quiconque qui semblait assumer sa personne autant que lui.

Sauf qu'elle ne la lui retourna pas. Car cela voulait dire qu'elle se basait sur le même registre que lui or elle n'était même pas sûre qu'elle puisse affirmer avoir réellement compris ce qui se cachait derrière ces mots aussi n'était-il pas absurde de retourner des mots que l'on ne comprenait sans doute pas ? Aileas préférait se taire ou dire les choses avec ses propres mots et son propre sens même si de la même manière il ne serait peut-être pas compris.

Cela n'enlevait rien au fait que pour la première fois il lui semblait que sa manière d'être n'était pas vue de manière bizarre, étrange, décalée. En soit qu'on ne la comprenne pas ne la dérangeait pas tant qu'on lui fichait la paix. Elle ne voyait rien d'attirant dans leurs manières de pensées absurdes et si elle posait des questions de temps en temps c'était pour essayer de voir quel raisonnement ils utilisaient pour justifier leur vision du monde. Mais c'était assez inutile la plupart du temps. Personne n'arrivait à des explications qui lui permettent d'assembler les pièces du puzzle ensemble, alors du coup on essayait de lui forcer la main pour l'amener à joindre les deux bouts mais dans ce domaine-là elle était restée comme les enfants. Même si on lui mettait la main qui tenait la pièce à côté de l'autre avec laquelle elle devait s'emboiter, elle était incapable de voir le lien et au final on la lui prenait et on la mettait à sa place en lui disant "Tu as vu ?" mais elle n'avait rien vu, rien compris et elle restait avec son puzzle incomplet mais au final ce n'était pas comme si elle avait réellement voulu le faire ce puzzle, elle voulait juste comprendre comment le faire par curiosité...

Ce n'était donc pas de l'espoir qui fut éveillé en elle quand il lui semblât que l'homme paraissait mieux la cerner que quiconque jusqu'à présent alors qu'elle n'était là que depuis quelques minutes. Non son intérêt avait juste encore augmenté. Qui était cet homme qui assurément faisait partie de ces gens qui comprenaient et qui pourtant pouvait atteindre son univers ? D'un seul coup il n'y avait plus qu'une question de dossier dont elle avait besoin. Car si, une fois le dossier récupéré, elle ne devait plus revoir cet homme qui n'avait rien en commun avec toutes les personnes qu'elle avait croisées jusqu'à présent, elle serait... déçue oui. Et pour la jeune fille c'était quelque chose de nouveau. Personne n'avait jamais fait quoi que ce soit qui fasse qu'elle leur trouve un intérêt particulier.

Cette fois ce fut le tour de l'homme de détourner les yeux mais Aileas, elle le regardait toujours alors qu'il reprenait de nouveau la parole, apparemment nullement découragé par le mutisme de celle qu'il avait en vis à vis.


« Ne juge pas de crainte que l'on ne te juge … mais qu'y a t'il à juger dans un faux-semblant ? Cela vaut il vraiment la peine de juger ce qui n'a pas à l'être, ce qui ne juge pas ? Vous connaissez la réponse … sans doute mieux que quiconque. »

Le jugement ? Aileas pouvait-elle vraiment dire qu'elle ne jugeait pas ? Elle n'avait jamais fait attention à cette question. Car à vrai dire même si elle jugeait, elle savait que son jugement n'avait de valeur que pour elle car ses valeurs, sa logique n'étaient jamais celles des autres aussi en quoi pouvait-elle appliquer des jugements qui n'avaient de sens que dans son esprit. Elle devait bien juger quotidiennement du sang des personnes qu'elle recevait dans les commissions mais elle jugeait selon des preuves, des éléments concrets dans lequel sa vision du monde n'intervenait pas. Si cela n'avait pas été le cas, elle n'aurait sans doute pas pu faire ce métier...

Après l'on pouvait toujours se poser la question de savoir si c'était juger que de porter un jugement que l'on ne prenait pas en compte car il n'avait pas lieu d'être. Mais pour Aileas ce fonctionnement était tellement habituel qu'elle ne prenait pas la peine de se la poser. Elle serait même incapable de dire en quelles occasions elle émettait des jugements. A vrai dire plus que des jugements elle se posait des questions sur lesquelles elle s'attardait ou non en fonction de l'intérêt qu'elle leur trouvait. Elle était incapable de classer les gens dans des boites toutes faites. Chaque personne était différente, elle n'arrivait pas à en voir deux pareilles en ce monde. Après elle ne s'attardait juste pas toujours à voir les spécificités de chaque personne mais cela personne ne pouvait le faire.

Les yeux gris-verts revinrent se poser dans ses yeux gris-bleus de la jeune femme. Que leur avait-on fait à tous les deux pour ternir la couleur de leur regard ? Et à vrai dire s'en portaient-ils si mal ? Pour lui Aileas ne savait pas mais pour elle, elle savait qu'elle vivait très bien malgré tous les "pauvre enfant" que l'on voulait bien lui sortir.

L'homme ne s'exprimait-il qu'en questions qui n'attendaient pas de réponses ? Il semblait en tout cas qu'il n'en attendait pas spécialement de la part de la jeune femme. Pas parce qu'il semblait considérer qu'elle n'avait pas à donner son avis ou que celui-ci n'importait pas mais parce qu'il semblait penser que la jeune fille pouvait le comprendre. c'était sans doute la seule personne qui semblait encore attendre de la compréhension de sa part. Et en même temps n'était-il pas la seule personne qui semblait la comprendre également ? Elle-même ne se permettrait pas de prétendre le comprendre toutefois elle devait admettre que ses propos étaient bien moins absurdes et inutiles que la plupart des choses qu'elle entendait habituellement.

Elle était venue parce qu'elle en avait besoin, parce qu'elle voulait faire les choses elle-même mais maintenant qu'elle était-là, il lui semblait qu'elle n'aurai jamais pu répondre qu'il n'y avait que cela dans sa venue car elle avait trouvé bien plus. Et quelque par il lui semblait qu'en ne demandant pas pourquoi était-elle venue mais pourquoi il avait fallu qu'elle vienne, l'homme formalisait une nuance qui allait dans ce sens. Mais comment, comment, pouvait-il saisir ces nuances et savoir qu'elle allait suivre un raisonnement à peu prêt semblable ?


"Considérer que je vous comprenne, vous va-t-il ? Vous suffit-il ?"

Car elle ne pouvait rien lui promettre, elle ne pouvait pas lui promettre qu'elle mettait le même sens sous ses mots, qu'elle suivait les mêmes raisonnements que lui mais elle n'avait jamais considérer comprendre quiconque jusqu'à présent. Du coup elle était toujours partie sur le principe qu'elle était probablement dans le faux. Cela voulait dire que s'il disait oui, elle devrait partir du principe qu'elle était probablement dans le vrai pour les autres cela ne changeait sans doute pas grand chose, pour elle cela changerait quand même un peu sa manière de considérer certaines choses...
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Sam 2 Fév - 16:32

Aileas d'Huntingdon, cette jeune femme venue du froid, sortie d'un blizzard pour trouver la lumière en ce bureau. Il n'eut pu rêver meilleure trouvaille, à cette instant, rien ne comptait plus que cet entretien, le reste était balayé par sa présence, l'importance du commun, déjà fort limitée, tombait dans un néant de sens.
Mais elle, sa présence, lui apportait la méditation, un peu comme lorsqu'il s'entraînait à méditer sous la cascade gelée, elle, trouvait cette étonnante faculté de pouvoir communiquer avec lui tout en provoquant cet état de contraction et d'acuité spirituelle.
Cette demoiselle avait un sens de la philosophie assez particulier, en ça, son expérience passée, elle avait du vivre, puis mourir pour arriver à cet état, De SaintClair le savait, il avait vécu la même chose, et il le vivait encore.

Mais elle ne devait pas savoir quel bienfait lui procurait cet état de froideur naturel, elle ne savait pas qu'en ça, elle était bénie, car supérieure au commun, tout comme l'était son interlocuteur, dénué des émotions apparentes qui viciaient le comportement du commun, faussait un jugement, elle ne pouvait comprendre cet état sans l'avoir vécu, le pourquoi Tryan pensait que le traumatisme qu'elle avait subie, avait eu lieu dans son enfance.
C'était dingue de voir à quel point elle était simple et si complexe, désirable et repoussante, l'équilibre parfait entre la création et la destruction, elle était à la fois le corps et l'esprit, le positif et le négative, le feu et la glace, siège d'un équilibre qui pour le commun ressemblait à un déséquilibre, tout bon ignorant qu'il était.
Aileas … il eut envie qu'elle pénètre dans son esprit pour y voir les tourments de son âme, qu'elle le comprenne, il désirait qu'elle le comprenne, qu'elle vive ce qu'il avait vécu et qu'elle compare avec elle, pour pouvoir dire, nous ne sommes pas si différents.

En venant ici, elle avait permis à ce jeune homme de sortir de son quotidien, de s'évader l'espace d'une entrevue, le deuil mis de coté pour une entrevue, la magie écartée pour se concentrer, comme autrefois il l'avait fait, sur la psychologie, et cela payait, il eut pu faire un profil de son interlocutrice là, mais il doutait de celui ci, elle était si équilibrée, à la fois inchangée et immatérielle, qu'il ne pensait pas pouvoir saisir l'entière nuance de son être. Sans le savoir, elle lui résistait et l'attirait.
Les similitudes criantes ne trouvaient d'échos que dans la différence, mais diable où était elle ? Qu'est ce qui faisait qu'il était lui, et qu'il n'était pas elle ?
Avait elle un jour aimé ?
Si oui, cela devait remonter à bien des années, très loin, peut être avant même qu'elle n'eut dix ans, voir cinq, il ne savait pas.
Elle vivait dans un monde qui ne laissait pas de place aux sentiments, aux ressentis, peut être même pas pour l'intuition, un univers que le jeune homme comprenait en partie, vivant dans une parité exemplaire de cette dérivée psychologique.

L'implacable logique ne bourdonnait pas à ses oreilles, la miss avait sa logique, sa façon de faire, et même si l'accession au poste de commissaire du sang paraissait plutôt obscure à Tryan, elle avait réussi à prendre part à la vie de la communauté, non sans mal probablement. Elle était jeune, bien plus jeune que lui, et alors ? Elle devait avoir un talent monstre, quelque chose de plus imposant que la magie ou la psychologie, et c'était assez enviable comme statut.
Pouvait on dire, qu'à sa manière, elle était une génie ?
Et lui, en était ce un ?
Ils vivaient dans un monde qui les rejetait. Enfin vivaient, c'était un bien grand mot, parler de survie devait être plus juste, car l'un comme l'autre, ne devait pas avoir de but, et quand bien même trouver le sens de la vie en était un, le bien fondé forçait à admettre que ni l'un, ni l'autre n'y parviendrait.

Or donc pouvait elle comprendre ? Comprenait elle ? Voulait elle comprendre ? À ces interrogations, elle répondit par une question, une simple question, sans ambiguïtés.

"Considérer que je vous comprenne, vous va-t-il ? Vous suffit-il ?"

De là provenait sa pureté. Car sous les airs d'une question simple, se cachait un réseau de conséquences bien plus complexes que le fait de répondre à Voldemort. Elle avait cette faculté d'occulter le réel, de se débarrasser des acquis pour en tirer une essence, une simple essence, bien plus forte que le reste, mais ô combien incomprise.

On ne pouvait tout simplement pas répondre par un oui ou par un non, même s'il aurait voulu le faire, Tryan n'y serait pas arrivé. Il aimait trancher dans le vif, répondre pour couper le contrat social, là, c'était l'inverse. Comment répondre sans couper ce lien étrange et invisible ? Cela relevait d'une faculté d'adaptation bien moins commune que le simple fait de répondre à une question. Car donner une solution, c'était se poser une multitude d'autres problèmes encore plus insolubles.
Alors vint le moment où il la fixa droit dans les yeux.

« Est ce là si important ? »

C'était peut être ça la bonne réponse, si tant était qu'il y en eut une.
Le jeune homme laissa une brève pause avant de reprendre.

« Vous doutez miss d'Huntingdon … vous avez toujours douté de pouvoir comprendre n'est ce pas ? Et vous doutez encore une fois. »

Il détourna le regard pour le poser sur Tyler Wallace. S'il avait douté lors de l'affrontement de ce loup-garou, il serait probablement mort, car pour lui, rien n'était plus fort que la certitude. Si elle bridait l'inventivité des plus faibles, elle n'en demeurait pas moins un moteur pour qui savait s'en servir, et visiblement, la jeune femme vivait dans un monde dans lequel elle devait tout remettre en question, considération politique incluse.
Elle n'avait aucun acquis, et au lieu d'être une faiblesse, cela semblait être une force, à croire qu'elle ne pouvait pas même prétendre à se connaître elle même.
Il n'y avait simplement pas de doute permis pour un homme comme De SaintClair, pas de regrets, pas de pauses, il n'y avait qu'un long chemin vers le pouvoir, vers la liberté, vers l'élévation.
Cependant, faute de le connaître, elle ne devait pas comprendre ce pourquoi.

Vivre sans famille, dans un clan qui ne reconnaissait ni sa puissance, ni son existence, était la base de son fonctionnement, délaissé, il avait du survivre seul, exister pour lui même, et personne d'autre, alors se trouver un but était quelque chose d'indécent, il n'avait aucune épaule sur laquelle se reposée, car ni Fleur, ni Eris, ni tous les autres ne pouvaient se le permettre, faute de mieux, à vivre seul, il était enclin à ne plus être un animal social. De pièce sur le tableau de la vie animale, il était devenu prédateur de celle ci.
Du chasseur ou du chassé, qui s'en sortait le mieux ? Il n'y avait que regarder les deux, la différence était minime sur le plan psychologique, une question d'être et pas d'avoir.
On avait tous un héritage, mais celui de ces deux sorciers, était bien différent, intangible pour qui ne pouvait le vivre, et dans une moindre mesure le comprendre. D'où la question, de la similitude ou de la différence.

La simple différence entre eux pouvait briser l'unité, voilà pourquoi elle ne pouvait pas réellement le comprendre. Saisir les mécaniques de son raisonnement, pourquoi pas, mais pas connaître.
Cette réponse était un non dissimulé, et il n'avait pas la prétention de la comprendre non plus, juste de saisir la tangente de son esprit, les conséquences, le mode de raisonnement, de là à dire comprendre, non, il y avait un univers d'écart, nuance qu'elle devait saisir.

La porte du bureau s'ouvrit d'elle même. Roxane pénétra dans l'endroit, et posa le dossier sur le bureau, faisant claquer ses talons au passage, après quoi, elle retourna à la porte, et la maintint grande ouverte, posant son regard hautain sur la commissaire du sang, et Tryan put saisir une pointe d'amertume et de jalousie dans celui ci. Roxane Mulciber ne l'aurait jamais, et c'était difficile pour elle de se faire voler un homme qu'elle convoitait par ce qu'elle jugeait d'inférieur à elle, le résultat d'une éducation facile, regardez la fille, vous y verrez le père.
Le directeur du Rccm porta son regard sur sa seconde et lui dit d'une voix calme :

« Je suis certain que miss d'Huntingdon trouvera la sortie quand elle éprouvera le besoin de quitter ce bureau … et je doute qu'à l'instant, elle ait envie de sortir. En te remerciant Roxane ... »

Et la secrétaire lança un regard noir et furieux à son patron avant de sortir de là.
Était ce une nouvelle fois pour impressionner la gente féminine qu'il avait dit ça ? Non, nullement, les approximations de comportement, la psychologie, plus un esprit aiguisé et affiné, rien besoin de plus pour qu'Aileas ait l'illusion d'être comprise, de pouvoir exister à travers la pensée d'un autre.
Tout ça n'était que de la science, et elle ne devait pas connaître le profilage, et encore moins la psychologie, voir la psychiatrie, mais loin de Tryan l'idée de faire appel à ce dernier modèle.

Alors le français reposa son regard sur la commissaire, toujours impassible, bien qu'intérieurement, elle devait encore s'étonner de voir son comportement approximé sans trop d'erreurs.
Car tout était là, dans l'approximation, et non dans la compréhension, mais c'était déjà un pas vers celle ci, un grand pas, que peu devaient avoir fait aux vues de l'interrogation passée de la miss.
Voyez, comme une simple question permettait d'en dire long sur un esprit, c'était là le quotidien et la compétence de Tryan, tout n'était que données.
Même la pensée en face de lui, et bien qu'il ne pouvait prétendre à la comprendre, l'anticiper c'était comme une évidence, une habitude, peut être mauvaise, mais au moins, elle devait être à l'aise, comme en témoignait et ce regard fixe, et ce silence installé.

Il avait envie de lui demander comment elle voyait la mort.
Cette question qui le taraudait tant, qui occupait les trois quarts du temps son esprit, jusque dans son sommeil, la mort était on ne peut plus subtile et complexe, bien plus que le plus formidable des esprits, elle était le pouvoir, elle était l'immortalité, à la fois omniscience, omnipotence et surtout omniprésence. Cette même mort qu'il étudiait, et qu'il vivait, manipulait au quotidien.

« Mais si vous pensez pouvoir me comprendre … De la suffisance, certes non, ce n'est pas une nécessité que d'être compris, vous le savez aussi bien que moi. Est ce que cela m'irait … je ne demande qu'à voir. »

Il n'avait pas quitté des yeux la demoiselle en prononçant cette phrase. C'était un appel, si elle pouvait prétendre à le comprendre, qu'elle le prouve, ou le montre, à vrai dire, il n'attendait qu'un signe dans ce sens, et il l'attendrait autant que possible. Car si Eris et Fleur pouvaient le comprendre, c'était qu'un lien fort s'était tissé, là, ils ne se voyaient que depuis le début de cette entrevue, et elle voulait déjà prétendre à le comprendre ? Ou du moins, le formalisait dans ce sens, elle émettait l'hypothèse d'y parvenir, sans date certes, mais elle voyait déjà pointer l'aube de quelque chose de grand.
Elle venait de formuler autre chose que par le 'je'. Une avancée dans son monde, elle pensait probablement y inclure une autre personne, en la présence de Tryan, chose assez étrange, car plus que d'essayer d’interagir, elle fomentait un contrat social à sa manière, un échange.
Alors le jeune homme lui posa à son tour une question, qui attendait peut être pour la première fois une vraie réponse.

« Ma question sera tout autre : Et vous, désirez vous que je vous comprenne Aileas ? »

Direct mais non moins subtil, il lui prouvait qu'il avait considéré également la chose.
En ça, il comptait éveiller quelque chose en elle, non sans la forcer un peu à la mettre face à l'évidence, mais à sa manière, car elle devait raisonner par le moi, et non par le je, par le reste, par elle même elle devait comprendre.
Parler d'elle ainsi, comme pour élaborer une intimité entre eux, ce n'était pas la brusquer, car s'il se rendait compte que son approximation de comportement était bonne, sa réaction interne serait positive, peut être même qu'il espérait une brève émotion en elle, utopique peut être, sauf si cela était son but, la chose qu'elle attendait depuis très longtemps.

En oubliant la négation dans sa question, il indiquait qu'il y parviendrait et que même peut être, il y était déjà parvenu, à elle de juger, il n'était pas dans sa tête, et ne pouvait pas connaître les pensées exactes de la demoiselle, mais tout semblait indiquer qu'elle le pensait. Alors si vraiment il pouvait la comprendre, voulait elle tisser quelque chose ? Broder, ne pas rester à ce simple état, construire autour de ce fait probablement nouveau pour elle.
De sa réponse, ou de son absence de réponse, dépendait une partie d'elle, elle se mettrait seule au pied du mur. Ce n'était pas de la manipulation, simplement un échange entre deux esprits différents du commun.

Autour d'une compréhension mutuelle. Car pour échanger avec quelqu'un, il fallait être bien sûr de le comprendre. Tryan était peut être la seule personne à pouvoir prétendre à cela, peut être ...
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Dim 3 Fév - 13:18

« Est-ce là si important ? »

Il y avait eu un temps où Aileas n'avait eu plus rien. Un vide. Plus rien ne s'accordait avec rien. A cette époque-là elle ne comprenait plus et à ces mots qui n'avaient d'un seul coup plus de sens pour elle, elle n'avait rien à leur opposer. Elle aurait pu se laisser envahir par ce vide, perdre complétement la tête. Mais finalement elle s'était accrochée, elle avait continué à les écouter jusqu'à identifier des mots qui faisaient encore sens à ses oreilles. Autour de ces mots elle s'était reconstruite. Elle ne se souvenait plus combien de temps cela avait pris, elle ne se souvenait plus si elle était encore avec son père ou si on avait déjà commencé à la faire bouger à droite et à gauche. Elle se souvenait juste des mots. Ces mots qu'elle ne voulait plus entendre et qu'on lui répétait, répétait et qu'elle se forçait à écouter. Et ces quelques autres mots qui l'avaient sauvée. Ces mots dont elle s'était emparée comme d'une bouée puis qu'elle avait repris entre ses mains jusqu'à les faire totalement siens.

Mais il n'y avait jamais eu un seul moment où elle s'était souvenue de ce temps où, parait-il, elle comprenait encore. Mais Tryan de SaintClair lui semblait avoir accès aux deux. Est-ce là si important ? Habituellement on essayait de lui répondre clairement, simplement. Des beaux oui, des beaux non qui n'amenaient à rien. Des réponses dont elle se désintéressait rapidement. A défaut de produire du sens, ils pouvaient produire des réponses qui amènent à s'interroger. Même si Aileas ne pouvait pas les comprendre, elle aimait s'interroger. Mais non ils finissaient toujours par rendre tout dialogue impossible.

Mais cet homme ne coupait pas la conversation, il ne ressentait pas ce besoin impérieux de fournir des réponses à priori simples et claires, il ne ressentait peut-être même pas nécessairement le besoin de répondre. Peut-être. Peut-être pas. Est-ce que cela avait de l'importance au final ? On en revenait toujours à là. Est-ce là si important ? Mais Aileas avait-elle jamais considéré la chose comme importante à la base ? Qu'est-ce que l'on rangeait dans la case "important" et à partir de quand décidait-on que non il fallait caser quelque chose dans la case "non important" ? Tout dépendait de beaucoup trop de choses pour pouvoir fournir une réponse objective. C'était là ce que les gens ne comprenaient pas encore une fois.

Et en cela la réponse de cet homme voulait tout et rien dire. Mais Aileas s'en contentait car c'était là la réponse la plus intéressante qu'il aurait pu lui faire. Car au final qu'il réponde oui ou non elle aurait continué selon ce qui lui semblait le plus judicieux. Qu'elle considère qu'elle comprenne ses propos ou non, il resterait toujours le doute qui l’amènerait à envisager aussi l'autre position aussi elle resterait dans un jonglage permanent.


« Vous doutez miss d'Huntingdon … vous avez toujours douté de pouvoir comprendre n'est ce pas ? Et vous doutez encore une fois. »

Elle doutait oui en ce moment elle doutait et en même temps dans ce doute elle trouvait du sens. Qu'elle aurait aimé dire par contre que non elle n'avait jamais douté. Qu'elle avait toujours su que de toute façon elle ne pouvait pas comprendre. Mais ce n'était pas vrai. Si comme on le lui disait elle avait été ce qu'ils appelaient si aisément "normale", cela voulait dire qu'il n'était pas impossible dans l'absolu qu'elle le redevienne. Sauf qu'elle s'était dans doute enfoncée trop loin dans son monde pour faire machine arrière. Mais ce sans doute demeurait. Toujours.

Elle dans son monde fermé, incapable de s'ouvrir et pourtant en doute permanent. Lui capable d'évoluer dans le monde de ceux qui comprennent tout en étant capable d'envisager le sien et pourtant si sûr de lui. Où puisait-il cette assurance ? Quelle nécessité trouvait-il dans ses certitudes ? Car Aileas ne pouvait pas envisager l'assurance comme naturelle. Elle le devenait souvent chez ceux qui comprennent car il leur était si facile de se cacher derrière leur "normalité" et de justifier toutes leurs certitudes avec ces mots. Mais Tryan de SaintClair semblait aller plus loin que ça aussi Aileas ne pouvait se résoudre à croire que son assurance venait d'une raison si commune, cela lui aurait semblé comme regarder la rivière et ne voir que les cailloux et les poissons dedans ; elle passerait à côté de ce qui faisait à la base que l'on appelait rivière une rivière : ce flot de liquide insaisissable, perpétuellement en mouvement, jamais le même, translucide mais bien présent.

Et étonnamment passer à côté de quelque chose qui semblait être propre à cet homme dérangeait Aileas. Étonnamment car l'intérêt qu'Aileas portait aux gens était rarement très poussé puisqu'au final, elle ne parvenait rarement à établir un vrai contact, elle dans son monde incapable de les comprendre, eux dans leur monde persuadés par leur normalité que de toute façon c'était à elle de venir vers eux. Aileas commençait à s'intéresser à cet homme et pas seulement à ce qu'elle avait là maintenant tout de suite devant elle ; ses paroles, ses attitudes. Non elle commençait à se demander qui était cet homme, pourquoi était-il si différent des autres ? C'était la première fois, lui semblait-il que lui venait ce sentiment de vouloir en savoir plus. Sans doute parce que c'était la première fois qu'il lui semblait qu'en en sachant plus elle réussirait à approcher plus prêt. Qu'est-ce que cela faisait de comprendre les autres, d'être comprise ? Même cela au final elle ne le savait pas.

La porte s'était ouverte mais Aileas ne prit le temps de se tourner vers la nouvelle arrivante qu'une fois qu'elle eut finit de mettre ses pensées un peu en ordre. A vrai dire le temps qu'elle fasse cela, la femme était déjà repartie. Aileas recentra son attention sur le dossier ne remarquant même pas que la femme faisait le pied de grue à côté de la porte en la regardant. Bien elle avait le dossier c'était une bonne chose de faite. C'était réglé elle se désintéressa donc du dossier reportant son attention de nouveau vers l'homme qui lui faisait face.


« Je suis certain que miss d'Huntingdon trouvera la sortie quand elle éprouvera le besoin de quitter ce bureau … et je doute qu'à l'instant, elle ait envie de sortir. En te remerciant Roxane ... »

Elle avait encore loupé quelque chose. Chose que Tryan de SaintClair n'avait pas raté lui. Elle aurait donc dû sortir ? Pourquoi ? Et encore ce comment qui revenait. Comment pouvait-il saisir sa logique à elle en comprenant qu'effectivement elle n'avait pas l'intention de sortir alors qu'apparemment il aurait été logique qu'elle sorte, cela tout en saisissant celle des autres. Le simple fait de remercier aussi facilement que comme ils le faisaient en permanence la dépassait. Remercier à la base c'était apprécier l'attitude que quelqu'un avait envers vous. Ils en avaient fait une obligation et Aileas ne comprenait jamais pourquoi ils remerciaient à tout va. La politesse lui avait-on dit, c'est comme ça, la vie en société, les bonnes manières... tout autant de raisons qui justifiaient à leurs yeux l'emploi abusifs des remerciements là où elle ne voyait qu'une disparition de sens qui faisait qu'elle était incapable de voir quand elle était censée appliquer ces fameux remerciements.

Une nouvelle fois les yeux du français revinrent se poser dans les yeux. Aileas ne cherchait pas là de réponse à ses questions. Elle ne croyait pas aux sens des expressions du visage, ils pouvaient tout autant mentir que certains mots.


« Mais si vous pensez pouvoir me comprendre … De la suffisance, certes non, ce n'est pas une nécessité que d'être compris, vous le savez aussi bien que moi. Est-ce que cela m'irait … je ne demande qu'à voir. »

Ce n'était pas une nécessité. Aileas ne pensait pas qu'elle l'entendrait dire aussi clairement un jour. De manière aussi naturelle. Elle n'avait pas besoin d'approuver et il n'avait pas besoin qu'elle approuve. Elle n'avait jamais considéré qu'elle avait besoin d'être comprise mais cela jusqu'à présent n'avait jamais été propre qu'à elle-même. Si Aileas avait érigé des vitres tout autour d'elle qui lui permettait de voir et d'entendre le monde extérieur sans jamais pouvoir passer de l'autre côté, Tryan de SaintClair avait cette étrange faculté de passer au travers de ses vitres sans jamais y faire le moindre impact...

« Ma question sera tout autre : Et vous, désirez-vous que je vous comprenne Aileas ? »

Qu'il la comprenne ou non, ce n'était pas de son ressort à elle. Et de toute façon il avait déjà prouvé qu'il en était capable. Jusqu'où ? Cela avait-il une importance ? En quelques minutes il était déjà allé plus loin que quiconque. La question ne se trouvait pas là. La question c'était elle. Elle qu'est-ce qu'elle désirait ? Un raison de sa différence on avait toujours considéré ses désirs, ses "lubies", comme une bizarrerie de plus. Là on donnait de l'importance à son soi propre. Était-ce là un véritable échange ? Désirait-elle cela ? Pourquoi lui plutôt qu'un autre ? Juste parce qu'il pouvait prétendre la comprendre, elle devait le désirer ? Cette réponse ne satisfaisait pas Aileas. Son oncle, celui qui sans doute la prenait le plus au sérieux, semblait parvenir parfois à la comprendre et pourtant elle ne le désirait pas. Alors pourquoi elle ne pouvait pas se montrer aussi catégorique avec Tryan de SaintClair ? Pourquoi cette question la faisait-elle douter ainsi ?

Parce qu'il était différent. Elle l'avait su dès qu'elle était rentrée ici. Si elle devait imaginer la logique de chacun comme des cercles tracés autour d'eux, celui de de SaintClair ne serait pas semblable à celui des autres. Ces cercles étaient très rapidement mis à mal par ce qu'ils appelaient les convenances, la normalité, ils devenaient discontinus et le monde extérieur venait empiéter dans leur espace propre et ils finissaient par tous penser de manière semblable. Aileas avait érigé ses vitres sur le sien, l'isolant presque complétement de cet extérieur envahissant. Celui de de SaintClair était resté intact. Il n'avait pas ces vitres qui l'isolaient, il pouvait accéder à cet extérieur. Mais cela voulait dire que l'extérieur pouvait venir aussi l'agresser jusque dans son univers. Mais non, il semblait qu'il ne laissait aucun trou se former, se contentant de passer par-dessus le cercle comme il réussissait à traverser la vitre d'Aileas.

Mais pour arriver aujourd'hui à être si cohérent dans son univers tout en accédant à celui des autres, combien d'affrontements avait-il mené ? Qu'avait-il vécu pour se construire une telle force ? Aileas n'avait aucun mérite, elle avait sa vitre qui filtrait tout ce qu'elle ne voulait pas comprendre. Lui ne pouvait compter que sur lui-même pour se maintenir égal à lui-même dans un monde où chacun pouvait si facilement se cacher derrière des conventions.

Il était seul. Elle était seule. De manière différente mais avec un résultat assez semblable au final. Désirait-elle qu'il la comprenne ? Ils ne pourraient jamais se comprendre totalement. Mais une compréhension totale de l'autre rendrait inutile tout échange car il n'y aurait plus rien à ressortir de cet échange puisqu'il n'y avait plus de sens à trouver dans les mots échangés. Il n'y avait pas de sens dans la compréhension que son oncle lui offrait. Aileas pensait qu'il pouvait y en avoir dans celle que Tryan de SaintClair envisageait comme possible.

Quel était ce sens ? Aileas ne le savait pas, elle mettait les pieds dans un monde inconnu mais un monde que, oui, elle désirait découvrir.


"Que l'on me comprenne m'importe effectivement peu."

Aileas n'avait pas besoin de jeter un nouveau coup d’œil sur l'endroit qui l'entourait pour s'en imprégner alors qu'elle poursuivait :

"Mais vous n'êtes pas "on". Chaque personne est différente mais vous l'êtes, vous, d'une manière différente. Et dans cette différence qui n'est propre qu'à vous, oui je pense trouver du sens alors si vous aussi vous trouvez du sens dans tout cela, oui je désire que vous me compreniez."


Deux fois oui. Deux oui qui instauraient une relation. Car si c'était du sens à sens unique qu'ils instauraient, cela ne serait en rien différent de ce qu'Aileas vivait avec son oncle, il n'y aurait pas de véritable échange. Aileas ne savait pas vraiment ce qu'était un véritable échange mais elle avait ce sentiment que ce qu'elle pouvait construire avec cet homme en serait un. La première fois que les mots ne viendraient pas buter contre sa vitre. Il avait fait passer les siens mais il lui offrait la possibilité de recevoir ceux de la jeune fille. Il était seul. Elle était seule. Mais il y avait quelque chose en plus par rapport à avant. Quelque chose qui formait un éventuel "ils", était-ce rêver que croire que c'était possible ?

"Quant à savoir ce que je comprends de vous..."

Tryan de SaintClair ne lui avait pas posé de question en ce sens, il avait demandé à voir ce qui n'impliquait pas qu'elle le fasse maintenant. Mais Aileas ne voyait pas le principe de toujours retarder les choses quand on ne savait pas quand elles pourraient être faites plus tard.

"Sans doute pas grand-chose, peut-être même que je me trompe, mais en entrant dans cette pièce, j'ai eu l'impression de pénétrer un autre univers. C'est comme si vous évoluiez dans le monde extérieur et interagissiez avec lui sans qu'il n'ait d'emprise sur vous. Cela demande une force qui ne peut pas s'acquérir facilement. Cela demande de se battre et se battre pour être soi-même c'est se battre seul. Je ne vous connais pas, je ne sais pas ce que vous avez vécu mais c'est là ce que je perçois de vous aujourd'hui."


Il y avait sans doute plus à dire. Il y avait sans doute moins à dire. Il n'y avait sans doute rien à dire en vérité. Mais Aileas était somme toute et toute différente qu'elle soit un humain qui n'avait souvent que sa voix pour s'exprimer, voix qui laissait entendre des mots que tout un chacun interprétait bien comme il le voulait... Et en l’absence de la vocalisation imparfaite de ses pensées comment pouvait-elle espérer que Tryan de SaintClair y ait accès ? Ce n’était pas impossible, il avait déjà prouvé à plusieurs reprises que lui-même avait une compréhension déjà assez poussé de qui elle pouvait être mais si elle le laissait faire tout le chemin seul alors elle ne rendait pas possible un possible échange. Elle devait fournir des efforts qu’elle n’avait certes jamais produit avant mais elle n’avait jamais été dans une telle situation non plus donc elle ne pouvait pas comparer.
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Lun 4 Fév - 18:54

Courir après des chimères, des causes perdues, c'était sans doute le destin de Tryan. D'abord devenir le meilleur élève de son école alors qu'il était sacqué, retrouver Fleur, une hors la loi que le régime n'arrivait pas à saisir, maîtriser son affinité élémentaire au niveau maximal de sa puissance, tout ça pouvait paraître utopique, et pourtant, seul, il avait réussi.
Et pourtant, le jeune homme n'était pas un idéaliste, il avait les pieds sur terre, et vivait avec son pouvoir, ses limites, ces actes n'étaient que la justification de l'absence de règles qu'il se fixait. Tout ça pour l'emmener plus haut, toujours plus haut, jusqu'au jour où il se brûlerait les ailes.
Il fonctionnait ainsi, selon ce que lui pensait, et pas les autres. Et bizarrement, certains n'appréciaient pas, allez savoir pourquoi.

Cette faculté de penser librement dérangeait, et si pour Aileas on collait l'étiquette folie, pour De SaintClair c'était autre chose, on lui affichait l'étiquette de traître en devenir, de poseur de problème, alors qu'en fait, il ne faisait qu'apporter des solutions. Mais ça, il fallait un cerveau pour s'en rendre compte, il était le choix le plus optimisé en matière de stratégie, et malgré tout ce qu'on pouvait dire sur son caractère et ses idées, il avait une réelle place dans le monde puriste.
Mais avant d'être un politique, Tryan était une baguette un peu spéciale, compétent, polyvalent, et avec un style atypique, c'était un sorcier fougueux et plutôt vicieux en matière de magie, aussi insaisissable que dangereux.
Sa jeunesse lui donnait un avantage, la rapidité, la mobilité, et le culot avant tout, car peu de personnes auraient tenté de porter tout un groupe dans un ministère ennemi.
Cependant, Aileas ne le savait pas, à moins qu'elle puisse ressentir sa magie, ou l'affronte un jour, elle ne verrait jamais le combattant en lui, le guerrier opportuniste prêt à tous les coups bas pour gagner, une facette que peu encore en vie avait vu …

Ce qu'elle devinait de son interlocuteur intéressait grandement ce dernier, à la fois par narcissisme, que plaisir de voir s'il jouait dans la même cours psychologiquement parlant, mais il pouvait déjà prévoir une réponse approximative. Elle le trouverait sûr de lui, doué, peut être un brin trop personnel, mais comme elle l'était car elle vivait dans un monde de moi, peu de chances qu'elle en parle. Quoi d'autre ? Peut être verrait elle un homme qui ne s'attache pas, qui a toujours été seul, comme elle, elle le verrait pour sûr différent du commun.
Après, était ce vraiment lui, pas vraiment, le définir aussi facilement était presque une insulte à son ego, alors que répondre pour le satisfaire vraiment sans passer pour un lèche-cul … tout simplement je ne vous connais pas.
Au jeu des mots et de la psychologie, la demoiselle semblait reine. Un talent qu'on ne lui enlèverait pas.

"Que l'on me comprenne m'importe effectivement peu."

C'était là la règle première d'une conversation avec elle, règle qu'avait compris Tryan avant même de commencer l'entrevue. Elle vivait dans son monde, cela se voyait, mais lui, ne chercherait pas à l'en tirer, elle était bien à l'intérieur, pourquoi la forcer à trouver là moins de complaisance dans un environnement hostile, c'était foutrement incohérent que de lui forcer la main, car comme lui, elle devait se braquer assez rapidement.

"Mais vous n'êtes pas "on". Chaque personne est différente mais vous l'êtes, vous, d'une manière différente. Et dans cette différence qui n'est propre qu'à vous, oui je pense trouver du sens alors si vous aussi vous trouvez du sens dans tout cela, oui je désire que vous me compreniez."

Et à ce moment, les quelques oreilles 'normales' qui pouvaient encore écouter cette discussion se seraient perdues. Oui, la manière propre de chacun avait un sens, sens qu'elle semblait comprendre, approximer, et prétendre pouvoir donner un sens 'évident', aux actes de De SaintClair, à ses mots, c'était digne d'une réflexion qui relevait du génie ou de la légilimancie.

Elle désirait. Peut être pour la première fois de sa vie, elle désirait tout simplement. Autre chose que sa vie, son monde, elle venait de s'ouvrir à autre chose, et elle semblait le vouloir, le comprendre, elle voulait aussi être comprise, c'était là l'information principale, un appel, un cri :'oui comprends moi', sous entendu qu'elle ne voulait plus être seule alors qu'elle venait de trouver une compagnie.
La formulation pourrait faire penser à celle d'une gamine pourrie gâtée, mais Tryan ne voyait là qu'un signe particulier de l'ouverture d'esprit de la demoiselle, elle semblait vouloir lui faire une place dans son monde.
Accéder à cette requête était tentant, très tentant, pour peu que l'on se soucie un peu de la personne d'en face, ou qu'elle nous intrigue, nous intéresse, et c'était précisément pour cela que De SaintClair continuerait à essayer de la comprendre, d'autant qu'elle n'était pas déplaisante à regarder non plus.

"Quant à savoir ce que je comprends de vous... Sans doute pas grand-chose, peut-être même que je me trompe, mais en entrant dans cette pièce, j'ai eu l'impression de pénétrer un autre univers. C'est comme si vous évoluiez dans le monde extérieur et interagissiez avec lui sans qu'il n'ait d'emprise sur vous. Cela demande une force qui ne peut pas s'acquérir facilement. Cela demande de se battre et se battre pour être soi-même c'est se battre seul. Je ne vous connais pas, je ne sais pas ce que vous avez vécu mais c'est là ce que je perçois de vous aujourd'hui." 

Le jeune homme n'eut aucune réaction.
S'en était presque décevant, mais il ne s'attendait pas à autre chose à vrai dire, il était et resterait seul et incompris. Même cette petite perle pure n'avait pu y voir quelque chose de personnel, autre que dans le fait de mentionner la solitude. Bien sûr qu'il était seul, il l'avait toujours été, c'était une putain d'évidence.
Et elle avait quand même su le voir malgré que la plupart des sorciers le pense entouré. Une bonne chose, elle devait alors comprendre pourquoi il arrivait si bien à la comprendre d'une part, mais il lui manquait la notion de psychologie, pour affirmer qu'il était presque sûr de ses dires.

Chose intéressante que sa métaphore sur le monde, vraiment. Un moyen de dire qu'il était un manipulateur et qu'elle l'avait vu ? Possible, mais cela l'arrangeait bien dans ce cas, au moins, dans sa tête, avait elle l'idée qu'il maintenait l'illusion de la comprendre. Mais y voyait elle une différence ? Si bien sûr, sinon elle n'aurait pas répondu ainsi avant, elle voulait être comprise, signe qu'il était dans le vrai.
La force qui ne peut pas s'acquérir facilement, supposée une hérédité n'aurait pas été débile, dans le sens ou par les temps qui couraient, on calait tout sur l'hérédité, et pas sur ce que l'individu était par lui même. Bien évidemment, une crouille née d'une crouille restait piètre, cependant, tout ce qui brille n'est pas d'or, et le sang pur donne parfois lieu à des aberrations, De SaintClair aurait pu citer bien des sorciers pour exemple.

Acceptait elle d'entrer dans le monde de Tryan De SaintClair ? Oui sinon elle ne continuerait pas cette discussion, elle entrait dans un jeu dangereux dans lequel elle perdrait sûrement, mais qu'importe, elle avait envie de jouer, en cela ça plaisait à l'intéressé, l'opportunité était trop belle pour ne pas être saisie. ( loin de l'auteur toute métaphore salace )

La fixant dans les yeux, il répondit calmement :

« Ainsi vous désirez être comprise … par ma personne. C'est probablement une marque de confiance venant de vous. Alors poussons la compréhension. »

Il passa une main sur son menton avant de faire silence pour quelques secondes.

« Miss d'Huntingdon, vous plairait il de poursuivre cette conversation autour d'une bonne table parisienne ? »

C'était une invitation, au jeu, au plaisir, et à l'échange, c'était l'ultime test, le dernier pas à faire pour qu'elle puisse être encore plus comprise. Il ne tenait qu'à elle de vouloir ou non poursuivre en cette voie.
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Mer 6 Fév - 9:20

« Ainsi vous désirez être comprise … par ma personne. C'est probablement une marque de confiance venant de vous. Alors poussons la compréhension. »

De la confiance ? Étrangement ce mot sonnait très creux aux oreilles d'Aileas. On lui avait souvent dit "je te fais confiance" mais leur "je te fais confiance" se basait sur des mots qu'elle ne pouvait pas comprendre. Une confiance posée sur un tas de brindilles toutes plus fragiles les unes que les autres. Et Aileas finissait toujours par les écraser. Mais elle ne faisait pas l'effort de ne pas les écraser. Et en vérité très vite on n'attendait plus d'elle qu'elle le fasse assez rapidement. La preuve on ne lui avait quasiment jamais dit "je te faisais confiance". Comme tant de mots ils avaient fait de la confiance une convenance qu'elle n'était plus en mesure de comprendre.

Mais cette fois on ne lui faisait pas confiance. On trouvait dans ses mots à elle une forme de confiance. Cela voulait dire qu'elle attendait de lui qu'il ne la déçoive pas et donc qu'il parvienne ou au moins qu'il essaye de la comprendre. Cela voudrait dire que son désir était motivé par une attente. Aileas n'arrivait pas à le voir comme cela, à son avis son désir était plutôt motivé par un intérêt. Était-ce parce que l'intérêt lui était plus familier que l'attente ? Non. Elle savait ce qu'était l'attente. Elle avait vraiment espéré être embauchée comme Commissaire de Sang, elle avait réellement été heureuse d'être prise et elle aurait réellement était déçue de ne pas l'être même si tout le monde à part son oncle semblait croire que jamais elle ne pourrait passer son entretien...

Là elle ne pouvait pas dire qu'il n'y avait rien, elle avait accepté l'échange il aurait été déloyal vis à vis de la personne envers laquelle elle s'était engagée de ne pas s'investir dans cette relation particulière qui s'était créé sous prétexte que dès que son intérêt s'envolerait elle irait voir ailleurs si quelque chose ou quelqu'un pourrait l'intéressait l'espace d'un instant. Une fois qu'Aileas s'engageait, elle ne faisait pas machine arrière aussi facilement. Donc peut-être qu'elle n'avait pas encore cette attente. Mais là où elle espérait réellement quelque chose n'était pas dans le fait qu'on la comprenne, il était dans le fait que puisse naitre cette attente de la compréhension. Qu'il lui fasse découvrir qu'elle manquait quelque chose, s'il n'y parvenait pas oui quelque part elle serait déçue car cela voudrait dire qu'elle n'avait plus rien à espérer des autres.

Et elle était consciente que s'il y parvenait elle creusait sa tombe. Car ce qui la sauvait pour l'instant, ce qui lui permettait de supporter sa vitre c'était bien le fait qu'elle n'attendait pas à comprendre, elle n'attendait pas à ce qu'on la comprenne. Le jour où elle attendrait quelque chose de l'extérieur, elle ferait de sa protection une prison. Elle jouait à un jeu dangereux juste par intérêt car si elle n'avait pas besoin de lui faire confiance pour l'instant, si son intérêt était rempli, elle aurait besoin de lui faire confiance dans l'avenir. Sauf que personne ne pouvait prévoir l'avenir. Et Aileas n'essayait pas de le faire, car le présent et le proche avenir lui offrait déjà suffisamment.


« Miss d'Huntingdon, vous plairait il de poursuivre cette conversation autour d'une bonne table parisienne ? »


La première réflexion d'Aileas fut pourquoi. Ses premières réflexions étaient souvent des interrogations signe de son incompréhension mais signe ici aussi du fait que l'homme ne la comprenait pas encore non plus. Habituellement Aileas n'avait pas besoin d'envisager la réciproque, elle était évidente. En acceptant cet échange, elle admettait qu'elle pouvait ne pas l'être. Mais s'ils n'avaient pas convenu de cet échange auparavant, elle aurait cessé là cette conversation. Perte d'intérêt puisqu'il montrait là qu'il continuait à envisager les choses selon un mode de raisonnement qui échappait à Aileas et qu'il pensait pourtant qu'elle comprenne.

Mais il n'y eut pas perte d'intérêt. Au contraire en raison de cet échange qu'ils avaient établis, elle trouva un sens à cette incompréhension. Ce sens était que cette compréhension qui lui avait presque semblait naturelle pendant un instant n'existait pas. Et cela l'amenait à réviser son propre jugement qu'elle avait posé sur lui un moment auparavant. Son regard quitta celui de l'homme pour se replonger dans les lieux. Elle se leva même afin de mieux prendre sa place dans cette pièce. Place qui n'existait pas. Même si ce lieu lui donnait une impression de familier, elle savait qu'il était différent. Différence qui la mettait pour sa part à l'aise. Différence qui devait déranger les autres qui n'aimaient pas ce qui sortaient de leurs schémas. Mais différence dans tous les cas. Aileas s'était arrêtée à l'évidence. La différence sautait aux yeux de tous, elle la voyait juste différemment, la question était de savoir quelle différence au final. Aileas était restée à la surface, à ce que tout le monde pouvait accéder sans doute s'il s'en donnait la peine. Elle avait déclaré ne pas pourvoir dire d'où venait sa différence parce qu'elle ne le connaissait pas. Mais était-ce totalement vrai ?

Aileas posa les yeux sur le loup-garou empaillé et s'approcha de lui. Levant la main, elle la considéra avant de considérer la gorge de l'animal. Ses mains avaient-elles toujours été si petites ? Même avec les deux, elle faisait sans doute à peine plus que le tour de la moitié du cou de la bête. Elle ne pourrait jamais étouffer avec ses deux petites mains une telle créature donc. Sauf. Sauf si elle apprenait les points où appuyer pour couper aisément la respiration. A ce moment-là même avec ses petites mains elle pouvait espérer étouffer une si grosse créature. Bon en s'étant assuré auparavant qu'elle ne ferait pas trop de mal mais ça c'était une autre histoire. L'apprentissage. Elle devait apprendre à comprendre. L'homme avait-il déjà compris tout cela ? Savait-il qu'elle accepterait sa proposition même si elle n'en voyait pas la raison ? Sans doute.


"Toujours une longueur d'avance."

Aileas réfléchissait à voix haute alors qu'elle se détournait de la créature et revenait vers le bureau. Jusqu'où Tryan de SaintClair pouvait-il venir empiéter sur son monde ? Loin elle en était sûre. Elle ne l'en empêcherait pas, protéger son espace ne l'intéressait pas, gagner ou perdre cela n'apportait qu'une victoire ou une défaite que l'on finissait par oublier. Le plus intéressant était le chemin que l'on faisait pour arriver à l'un ou à l'autre. Elle s'était déjà trompée une fois, elle se tromperait sûrement de nouveau mais tant qu'elle apprendrait de ses erreurs, elle avancerait.

Aileas posa sa main sur le dossier. Posé bien parallèle au bord du bureau, les lignes formées ne se croiseraient jamais. La jeune femme fit tourner légèrement le dossier. Plus de parallélisme, les lignes pouvaient se rencontrer. Il ne fallait parfois pas grand-chose. Tout en faisant cela, elle répondit enfin :


"C'est d'accord."

Pas besoin de tant de mots pour accepter une telle invitation, comme pour une question de Q un simple hochement de tête aurait suffi. Mais ici ce n'était pas tant "d'accord on continue cette conversation à une table parisienne", ici, ailleurs, bonne ou mauvaise, Aileas s'en fichait, elle comprendrait éventuellement une fois là-bas, peut-être pas. Ici c'était "d'accord je suis à côté de la plaque mais je ne désire pas arrêter là". Puisqu'il ne semblait pas le vouloir malgré son erreur pourquoi le voudrait-elle ?

Toutefois avant qu'ils ne quittent ce lieu, elle voulait faire une dernière chose. Elle avait le droit de se tromper si elle essayait réellement de ne pas le faire. Si elle ne m'était rien en œuvre pour que les erreurs n'arrivaient pas elle n'était pas en droit de prétendre y avoir le droit. Laissant là le dossier, elle contourna le bureau et s’approcha de Tryan de SaintClair. Juste une fois au moins, elle voulait aller au contact. Elle leva la main et l’approcha de son visage. Juste un effleurement suffirait s’il la laissait aller jusque là.
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Jeu 7 Fév - 20:15

Une beauté si fragile était si cassante, qu'une simple rupture en elle la faisait voler en éclat, Tryan le savait, il avait la faculté de briser cette splendeur naturelle. N'était ce pas ce qu'il faisait de mieux d'ailleurs.
Tout ce qu'il touchait ne se transformait pas en or, mais finissait inlassablement par mourir plus tôt que prévu, ou à lui tourner le dos, tout ce qui lui plaisait, ce qu'il aimait, lui devenait inaccessible, interdit, sous peine de le détruire.
Sans doute pour cela qu'on ne pouvait le comprendre. Pour le commun créer et détruire étaient des choses de la vie de tous les jours, mais pas pour lui, car il ne pouvait rien créer sans détruire au préalable, c'était dans sa nature, il avait ce besoin de remodeler le monde autour de lui, non pas à son image, mais à ce qu'il désirait, trouvait le plus pratique, ou lui donnait une longueur d'avance suffisante.
Il était clairement sur un plateau d'échec, ne sachant pas trop s'il poussait les pièces ou jouait pour quelqu'un d'autre, mais force était de constater qu'il s'en sortait plutôt bien.

Quand bien même une personne le devinait, Tryan faisait en sorte de pouvoir conserver un avantage, même minime, car il arrivait toujours à en tirer quelque chose de plus ou moins conséquent. C'était probablement ça qu'appréciait Brom, il devait voir le français comme une personne capable de se sortir de n'importe quel merdier sans trop de mal, et par conséquent, il lui avait collé un travail plutôt complexe et non moins évident, coordonner les troupes du Sud, à savoir gérer à la fois les créatures et les soldats étrangers, une aubaine pour faire ses preuves, mais quelle merde de devoir se faire obéir de tout ça, il fallait un cerveau et de la poigne. Non content d'avoir les deux en quantité suffisante, il fallait bien que le jeune homme ne réussisse pas quelque part, et pour l'instant, c'était au niveau du timing, à part quelques mouvements, pas grand chose à signaler dans la conquête du sud, manque de renseignements, de soutien, tôt ou tard, cela devrait se passer différemment.

Il y avait aussi les autres.
Ceux que le jeune homme avait tué par orgueil ou par plaisir, non pas par nécessité ou par devoir, quoi qu'il arrivait à justifier chaque meurtre, une capacité à fuir les responsabilités peut être. D'Urberville, ou Tyler, deux êtres différents qu'il avait vaincu et tué, l'un pour une dette impayée, l'autre parce que … pour rien en fait, c'était un meurtre simple, elle avait refusé de céder, conclusion, vengeance.
D'ailleurs, la commissaire ne le savait probablement pas, mais De SaintClair poussait le vice jusqu'à arborer leur baguette de temps à autre, il aimait garder les baguettes de ses victimes, probablement par souvenir, ou pour y voir un aspect pratique, en soumettant le sorcier, il avait soumis l'instrument. Nul doute que la baguette de Tyler soit utile pour la magie noire, mais il déplorait l'usage de cette dernière, donc elle ne se contenterait que du répertoire de son nouveau porteur.

Avec une grâce dépassant le commun, la demoiselle se leva, non pas pour sortir de la salle, mais admirer le loup-garou empaillé. Une sorte de halo l'entourait, c'était mystique et étrange, comme si sa magie était différente.
Comme pour les flammes, autour de la dansante, il y avait un air modifié, qui ne reflétait pas exactement la lumière comme l'air ambiant, Aileas avait ce genre de halo là, mais en différent, du moins, Tryan pensait le voir, le concevoir, pas forcément le comprendre, mais au comportement de la demoiselle, correspondait quelque chose qui valait le coup d'oeil. Peut être qu'un jour, poussé et par la curiosité et la tentation, il viendrait la défier en duel, pour voir dirait il, juste pour voir.

Elle regarda le cou de la bête, ce même cou qui avait été violenté par De SaintClair, provoquant la mort de la bête. Le fouet du maître avait soumis une dernière fois le chien, par la force des choses, c'était ce soir là qu'il avait réellement fait valoir son droit à autre chose, prouvant au monde magique qu'il pouvait vaincre les plus terribles fléaux, et Tyler Wallace en faisait partie. Oh petite bureaucrate qu'elle était, elle ne devait pas savoir que le cou était la partie plus sensible d'un loup-garou, quand bien même elle l'aurait su et étudié, elle aurait pu voir que la chose avait été faite avec force et détermination, la marque était nette, il était fort rapidement, sans trop souffrir, mais les flammes avaient quelques peu agressées son pelage à cet endroit, qu'importe, ce n'était qu'un trophée désormais, comme tant d'autres choses ici.

"Toujours une longueur d'avance."

Elle venait sans doute de le comprendre.
L'illumination devant ce reste probablement, elle avait sans doute constaté que vaincre un loup-garou par soi même était une tâche délicate, et qu'une longueur d'avance était nécessaire. Mais non sûr de ça, elle venait de l'énoncer, comme pour faire le parallèle avec leur propre échange, quand bien même cette réplique en fut, Tryan n'avait rien répondre.
Un longueur d'avance, c'était si peu pour lui, si insignifiant, non, quand il pouvait avoir les cartes en main, toutes les cartes, il le faisait. Pas par sûreté, parce que cela était dans son caractère, tout vouloir contrôler, prévoir, sans qu'il n'y ait de place pour un hasard qui lui avait déjà pourri la vie, suffisamment pour qu'il s'enfonce encore plus dans cette optique. Il était compétent, très compétent, mais la chance, le hasard comme ils disaient, s'évertuait à le pourrir à souhait, autant que faire se peut. Désormais, il n'attendait plus rien de la vie.

Gagner ne l'intéressait plus. Il voulait plus, écraser, dominer, manipuler, d'ailleurs, il n'était pas sûr que la simple gagne l'eut un jour intéressé, il y avait tellement plus de satisfaction à en tirer avec de la suprême, toujours. D'aucun appelait ça le panache, l'élégance à la française, pour lui, c'était un art de vivre, sa façon de concevoir l'essence de l'excellence, car sans prestance, on ne pouvait avancer.
Échouer, perdre, cela ne faisait pas partie de son vocabulaire, pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait jamais été habitué, mais avec cette miss, il n'y avait pas de perte ou de gain, simplement une énigme qu'elle représentait. Pouvait il la posséder ? La dominer ? La séduire ? La convaincre ? Bien sûr qu'il le pouvait, les capacités étaient là, mais dans cette période de doute et de tristesse, là où les certitudes avaient été balayées d'un revers de main par la faucheuse, Tryan avait besoin de se prouver qu'il en était encore capable, que la magie n'était pas d'une donnée, qu'il y avait autre chose, ce petit truc qui faisait de lui quelqu'un de meilleur, de plus puissant, plus intelligent, tout simplement au dessus du reste.
On pouvait appeler ça de l'orgueil, mais après tant d'années, cela ne pouvait plus disparaître, il avait toujours vécu ainsi, et bien qu'Aileas ne fut pas une gamine, il ne pouvait éprouver quelque chose pour elle, le cœur trop obstrué par une douleur criante. Il se contenterai de la désirer, et de l'avoir, il n'avait pas besoin d'autre chose … tout du moins, il n'en avait plus besoin.

Elle revint vers le bureau, tourna le dossier, ce qui expliquait bien des choses pour le jeune homme. Ce simple geste était une indication d'une grande utilité, elle venait de rompre avec son schéma de pensées traditionnel, elle entrait dans autre chose, suffis la routine, elle venait de changer de point de vue sur une question, ou du moins, par rapport au moment de son arrivée.
Cela devait le concerner, bien évidemment …

"C'est d'accord."

A noter qu'il ne s'agissait pas d'un simple oui. Elle ne pouvait pas dire 'oui' ou 'non', elle ne pouvait pas car tout lui semblait obscur, autrement plus compliqué, seulement, elle avait décidé de comprendre, de vouloir creuser, pour y trouver quelque chose, ou quelqu'un. Le français aurait bien pris la peine de lui expliquer qu'en rien il n'y avait d'erreur, que cette invitation n'était pas tant résultante que de leur rencontre, mais bien d'un autre fait plus 'scientifique', 'humain' dirons nous.
Il était simplement l'heure de manger pour lui, il avait la dalle, et de par sa nationalité et ses états de service, il connaissait un bon resto à Paris, comprendre par là que l'on y servait d'excellents repas. Et pourquoi la proposition ? Parce que lui aussi n'avait pas envie de couper court à tout ça, mais qu'en même temps, la faim était là, il était au travail depuis un certain temps.
Mais là encore, c'était à elle de comprendre, et elle comprendrait en voyant l'endroit ou l'attitude de celui qui l'invitait.

Son comportement devint plus étrange. Elle commença à se déplacer pour contourner le bureau.
Le cerveau du français se mit à pulser un coup, analysant la chose, il prit d'abord ça pour une manœuvre de séduction aguicheuse à la Roxane, mais cela ne collait pas au profil, qu'était ce alors ? Son cœur commença à battre plus vite alors que discrètement, sa main vérifiait la présence de sa baguette, une bonne chose, au cas où …
Elle se rapprochait, calmement. Il ne parvenait pas à trouver d'explication rationnelle à ce comportement, preuve qu'il ne la connaissait pas encore totalement. Le rythme cardiaque continua d'accélérer, et elle continuait de se rapprocher.
Il n'aurait fallu qu'une fraction de seconde pour qu'il sorte son aubépine et la crucifie ainsi, réduisant le potentiel de menace à zéro, mais l'envie n'y fut pas, le stress si.
S'il n'avait pas eu pour habitude de dissimuler ses émotions, il se serait mordu la lèvre, son regard se serait durci, l'appréhension, et l'incompréhension, quelque chose qu'il ne connaissait pas ou peu, son monde de certitudes absolues s’effondrait avec cette jeune femme.

La commissaire du sang arriva à sa hauteur. Elle leva une main délicate et presque hésitante vers lui.
Bordel qu'il détestait ça, il avait la violente envie de … de … la repousser, lui envoyer un apicem glacialis, et ranger tout ça. Il n'y avait qu'une seule femme qui pouvait le faire … pouvait. Elle était morte et cette tentative lui rappelait de douloureux souvenirs avec elle, trop récents, la plaie ouverte saignait bien évidemment, et cette tentative, vue comme un affront à sa mémoire, ne pouvait pas le faire bien réagir, tôt ou tard, il perdrait son calme.
Mais au fond de lui, il souhaitait qu'elle le fasse, si son cœur et son esprit lui disait non, qu'est ce qui pouvait le faire tant hésiter ? Bondieuserie, lui hésiter ainsi … il était tombé bien bas, vraiment très bas.
L'irrémédiable envie de sortir sa baguette et de la repousser était de plus en plus présente, il ne connaissait que la violence en remède du cœur, pauvre homme blessé qu'il était, tous réagissaient ainsi. Il ne faisait pas exception à la règle.
Tout simplement, il n'était pas près à ce qu'elle entre dans son monde …

Alors que la main s'approchait 'dangereusement', il l'attrapa au vol avec sa main gauche. Stoppant la progression de la jeune femme dans son entreprise. Si elle avait été plus rapide, elle aurait pu, mais elle avait tenu par ce geste lent, à lui faire comprendre qu'elle ne ferait sans doute rien sans son accord. C'était trop pour lui. Elle devrait se satisfaire pour l'instant de cette main froide contre la sienne. Une peau froide comme la mort, comme si plus de sang n'y circulait pour chauffer un corps délaissé, et devenu une simple matrice d'un esprit tout aussi mort, meurtri.
Son regard dans le sien, les yeux froids du français devaient exprimer quelque chose, mais lui même n'aurait pas su dire quoi, pour la première fois en face d'elle, plus qu'un avertissement, il y avait là quelque chose de plus … plus profond, plus réfléchi, moins ressenti. Si elle voulait le comprendre, il faudrait qu'elle intègre le fait que lui fonctionnait plus à l'esprit qu'aux ressentis, aux émotions, elle ne serait probablement pas trop dépaysée, seulement, il fallait l'accepter.

Qu'elle tente ce genre de choses étaient une erreur, tout du moins, elle ne le connaissait pas assez.
Ce n'était pas parcequ'il avait saisi son comportement qu'il pouvait y adhérer forcément, y trouver de la complaisance, ce n'était peut être pas évident pour elle, elle qui ne devait pas être habituée à ce qu'on lui refuse quelque chose, il faudrait qu'elle apprenne à vivre en présence des autres, et cela passait par ce genre de procédés de refus.
La peau de sa main serait tout ce qu'elle aurait … du moins pour l'instant.
Après avoir stoppé le mouvement et attendu un moment, le français se leva, laissant sa cape noire retombée derrière lui, son habit noir étant presque uni à cette dernière.
Il la regarda dans les yeux une poignée de seconde, puis lui lâcha la main avant de détourner le regard.
Ce n'était pas de la honte, juste une incompréhension de ce qu'elle faisait, ce n'était pas dans sa logique à elle de faire ça, et ce n'était pas dans la sienne de laisser ce genre de choses arriver, pour la simple et bonne raison qu'il avait une sainte horreur que l'on touche à son visage. Pourquoi ? Il ne l'aurait tout simplement pas dit par narcissisme.
Un jour elle comprendrait … ou pas.

La laissant derrière lui, il se dirigea vers la porte de son bureau, avant de l'ouvrir, il tira sa baguette pour donner un coup en l'air, les dossiers se rangeant à leur place rapidement, sauf celui que la commissaire désirait, après quoi, il rangea son instrument magique. La laissant prendre le dossier, initialement, c'était pour cela qu'elle était venue, il lui désigna la sortie du bureau d'un geste de main noble et élégant, presque invitant, c'était dire quand on connaissait la nature profondément asocial du jeune homme.
Une fois sortis, il ferma son bureau, et passa dans les couloirs du ministère avec la demoiselle avec lui. Visiblement le gêneur n'était plus là, probable que les gorilles s'en soient occupés, ou qu'il soit retourné chez lui, qu'importe, au moins il n'était plus gênant.
Ils prirent l'ascenseur, arrivèrent dans le hall du ministère, où le français tendit sa main à la demoiselle, la priant de bien la prendre. Après quoi, ils disparurent dans une fumée blanche pour atterrir dans le ministère français de la justice une fraction de seconde avant de retransplaner pour arriver dans une ruelle pavée.
Le ciel était noir, et la ruelle donnait sur une avenue elle même éclairée par des lampadaires. Une fine pellicule blanche recouvrait le sol, alors que de la nuit tombait quelques flocons de neige.
Toujours dans le silence le plus total, il lui lâcha la main et sortit de l'endroit, le plus bruit des pavés sous ses chaussures raisonnaient dans la nuit. Débouchant sur la grande rue, il resta un instant immobile, levant les yeux au ciel pour sentir la fine neige sur son visage, quelque chose qui l’apaisait. D'ailleurs, il n'avait jamais réalisé de sort pour qu'il neige … la grêle il avait en stock, mais pas la neige.
Bref, après ce maigre moment de flottement, il entra dans le restaurant sur sa gauche, suivi de miss d'Huntingdon. Là, le réceptionniste le salua, et un type qui passait là, probablement le patron lui serra la main. Ils échangèrent rapidement en français, langue que ne devait pas parler l'écossaise qu'il avait amené là. Après quoi on leur désigna une table, revenant vers elle, le français lui fit signe de suivre encore le mouvement.
Ils s'installèrent alors dans la grande salle, peu remplie par le temps.

Il y avait un énorme lustre de cristal qui illuminait l'endroit, le sol semblait recouvert d'un tapis rouge, et les tables en bois finement ouvragé laissait entrevoir en prime, un coté plutôt luxueux. Les fauteuils confortables et chiques, étaient la confirmation que l'endroit n'était pas donné à toutes les bourses.
On les laissa s'installer.
Là, le français lui donna une bribe d'explications.

« Probablement la meilleure table de Paris … et comme il se trouve que j'ai plutôt faim, et qu'il aurait été dommage de me priver de votre compagnie, j'ai trouvé le compromis intéressant. »

Pas besoin de plus. Elle savait qu'il savait qu'elle allait accepter, inutile qu'il revienne dessus, elle l'avait bien vu, Tryan De SaintClair était très prévoyant, un peu trop pour certains.
On leur amena deux menus, un en français que le jeune homme récupéra et un en anglais pour la demoiselle, signe que l'établissement tenait une clientèle internationale.
En apéritif, le jeune homme prit comme à son habitude un cocktail à base de vodka et de divers sirops, habitudes prises depuis quelques temps déjà, en entrée une assiette de charcuterie avec un blanc des côtes de Beaune, puis en plat principal il précisa comme dans le temps, signe que la maison connaissait l'habitude de l'intéressé.
On laissa la demoiselle commander après quoi, on leur servit très vite l'apéritif.

Le jeune homme laissa son verre devant lui avant de dire :

« Saviez que la coutume de trinquer en occident vient du Moyen-âge ? De ce temps, les seigneurs avaient peur d'être empoisonnés, le pourquoi on trinquait, pour que les verres plein échangent leur contenances, preuve de bonne foi si les deux acceptaient. »

Regardant son verre puis la jeune femme il ajouta.

« Curieuse coutume que de garder cette tradition … à moins que cela ne soit pour symboliser le partage. »

Ne tenait qu'à elle de continuer partager ...
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