POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC)

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Aileas d'Huntingdon


MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Sam 23 Mar - 12:21

Il y a le un, l’unique. Et pourtant pourtant si l’on continue on trouve le deux. Le deux qui peut prendre deux formes tiens. Le second et l’on s’arrête. Le deuxième et l’on continue. Et au final l’on continue toujours n’est-ce pas ? Parce que jamais deux sans trois et ainsi va la vie. Des proverbes pour ne rien dire, qui de toute façon peuvent souvent être vrais. Juste pour faire parler. Alors on se tait un peu et l’on continue avec le quatre comme les quatre feuilles du trèfle. Espérance, foi, charité et après vient la chance. La chance d’être encore là quand vient la cinquième année de sa vie ? Elle n’y voyait pas de la chance. Ce ne serait donc pas sa cinquième année mais les cinq doigts de la main aussi unis que soumis finalement comme tout le reste du corps à un simple cerveau. Une simple masse de matière capable de bien des choses...

Le décompte continuait, douce chanson aux méandres du cerveau de la jeune fille. Soixante. Soixante secondes pour faire une minute. Et l’on revient au un, à l’unique. Sauf qu’en vérité des minutes il y en a eu tellement et il y en aura tellement qu’on ne peut les compter. Et de toute manière elle a compté trop lentement pour que ses soixante à elle n’aient fait le un d’une minute.

Et ce temps elle ne l’avait plus. Plus de temps pour continuer à compter le temps qui passe à un rythme différent que celui qu’elle fait défiler. Plus le temps parce que la personne qui lui faisait face, toujours bien là, avait fini de parler. La question était pourquoi était-elle toujours là ? Parce qu’elle avait posé une question et qu’il venait de lui répondre non ? Oui sans doute. Une réponse qu’elle avait soigneusement écouté. Le décompte ? Le décompte n’empêchait pas l’écoute, il n’était qu’une musique. La musique on l’écoute sans l’entendre. Comme quand elle jouait du piano, ça n’empêche pas de réfléchir, de faire autre chose. Aileas avait des pensées musiques, des pensées couleurs qui ne faisaient que tapisser son cerveau. Présentes assurément. Mais en arrière plan. Peut-être devrait-elle étudier l’impact que ces pensées autres avaient sur ce qu’elle entendait, sur ses pensées premières.

Mais elle n’avait pas le temps. Trop de choses à penser, ne serait-ce qu’avec ce que Tryan de SaintClair avait dit. C’était aussi pour cela qu’elle était encore là. Ça et aussi le fait que ce qu’il disait faisait résonner des choses en elle. Du sens. Certainement pas le même que lui mais qu’importe ? A sa manière elle voyait ce qu’il voulait dire. Pas ce qu’il avait dit. On transmet des mots pas du sens. On transmettait des données, libre à chacun de leur donner de la valeur ou non élevant la donnée au rang d’information ou pas. Ainsi on parlait et les mots parlaient à l’autre ou non et ainsi allait la vie, tourbillon de personnes qui peuvent se croiser mais jamais se confondre.

La réponse de Tryan de SaintClair tourna de la manière la plus naturelle qu’il soit pour en arriver à ce qu’il parle d’elle, de son fonctionnement jusqu’à présent. Ces logiques d’enchainements qu’elle ne cherchait pas vraiment à comprendre et qu’il maitrisait visiblement sur le bout des doigts. Aileas savait qu’elle avait tendance à passer d’un sujet à un autre, d’un centre d’attention à un autre sans qu’il n’y ait nécessairement de liens entre eux et cela ne la gênait nullement. De toute façon ils voyaient bien qu’elle avait changer de sujet, non ? En fait non en y réfléchissant ils ne voyaient pas toujours. “Quel est le rapport ?” voilà la question qu’on lui posait. Mais il n’y a pas de rapport. Ou alors pas de conscient alors pourquoi chercher ? Aileas ne comprenait pas. De temps en temps elle reprenait justement le temps de se poser la question puis après avoir établie une liste d’hypothèses qui ne l’avançait à pas grand chose, elle passait à autre chose, encore.

Non il n’y avait pas de piège. Et effectivement elle se comportait actuellement différemment qu’elle ne l’aurait sans doute fait avec quelqu’un d’autre. Ne serait-ce que parce que même si ses pensées ne pouvaient pas rester fixées en permanence sur cet homme comme elle ne pouvait rester fixées sur quoi que ce soit -il y a bien trop de choses à penser pour accorder l’exclusivité à un seul petit aspect de ce monde, ses pensées finissaient toujours à se raccrocher à lui d’une manière ou d’une autre. Son attention lui était majoritairement dédiée et ce depuis maintenant une longue durée.

Mais elle ne voyait pas cela comme une perte d’objectivité. Tout simplement parce qu’elle n’était pas objective. Jamais elle n’avait fait fi du fait qu’elle était un sujet pensant. Au contraire son monde se construisait essentiellement autour de son point de vue. Aileas ne pouvait toutefois pas juste en raison de ce point déclarer sa réflexion comme fausse. Parce que justement c’était la sienne et qu’en cela elle ne pouvait pas juger de ces mots qu’il avait utilisés pour la décrire. Soit c’était ainsi qu’il la voyait et c’était absurde, soit il mettait un sens différent qu’elle sous le termes d’impartials et d’objectifs.

« Qu'est ce qu'y vous a amené à ce résultat ? »

C’était donc à elle de tirer des traits, des flèches, de créer un grand schéma complexe de pourquoi, de comment ? Sauf que ses traits même tracés à la règle trouvaient toujours le moyen d’être pleins de courbes, ses flèches avaient une fâcheuse tendance à muter et à avoir plusieurs têtes et le schéma complexe devenait impossible à relire. Alors si en plus ils n’étaient pas d’accord sur la situation de départ, l’on partait dans un raisonnement construit sur un château de carte en haut d’un sommet venteux : impossible et absurde. Quel besoin d’un petit château de carte quand on se trouve déjà au sommet du monde ?

Au final la seule chose qu’elle concevait à peu près était ce qu’il appelait le résultat. Sauf que le résultat est un moment figé à un instant t que l’on voit selon le filtre d’une réflexion menée à un instant t. Aujourd’hui elle disait oui, demain elle considérerait un autre aspect et elle dirait non et une minute plus tard se rappelant d’un autre aspect, elle dirait peut-être. Aussi Aileas préférait dire tout de suite les trois à la fois ou ne rien dire. Elle concevait l’absolu mais elle ne pouvait le formaliser dans la limite de son humanité.

Mais il ne demandait pas le résultat mais le processus. Voilà qui était plus intéressant. Beaucoup plus complexe aussi. Mais la complexité ne faisait pas peur à Aileas. Le problème était que les mots ne pouvaient retranscrire le complexe, les multiples couches de la pensée, le raisonnement exact. Encore une belle boucherie au pays des mots, petits êtres misérables, maltraités, déformés, voilà ce qu’elle allait encore faire si elle ouvrait la bouche. A en sortir peu, elle ferait un massacre aussi facile qu’inutile. A en sortir plus elle les entrainerait dans un combat dur et certains passeraient sûrement mais si peu que seuls ils n’auraient plus aucun intérêt. Un combat valeureux mais perdu d’avance.

De toute façon ce n’était pas là le problème premier. Son plat était fini, elle réfléchissait à la question. Elle savait qu’elle aurait pu y réfléchir des heures, elle devrait y réfléchir des heures et elle n’aurait pas fini. Pour ne louper aucun aspect de la question. La situation, elle, lui, les paroles échangées, leur manière de fonctionner, l’environnement, les déplacements, les silence. Elle ne pourrait jamais, ça elle le savait, il lui manquait trop d’éléments. Alors quoi ? Le quoi se trouvait dans le vous. Elle, elle pouvait simplement revenir à elle toute seule. Éliminer tout le reste. Dire le je. Oh c’est sûr ça simplifiait la question et elle pourrait formaliser une réponse. Mais ça lui paraissait si anormal, refuser de prendre en compte tous ces éléments qui à l’évidence avait joué un rôle plus ou moins grands. Qui était-elle pour les renier sous prétexte que cela lui simplifiait la vie ? Elle n’aimait pas cela, elle n’en avait pas envie. Était-ce parce qu’elle avait ce mode de réflexion qu’il avait utilisé ces termes d’objective et d’impartialité ? Ça paraissait possible mais toujours aussi faux aux yeux d’Aileas ; pour elle cette manière d’étudier les choses n’était qu’une autre manière de construire ses pensées, les siennes d’où une présence du sujet pensant.

Les méandres de la réflexion complexe continuaient leur chemin quelque part dans son esprit, elle ne voulait pas des solutions faciles alors aussi simplement que l’on claque des doigts, elles les avaient laissées tomber. En face d’elle, elle avait un visage souriant, un sourire qui ne souriait que pour lui. Elle avait une réponse qui grandissait petit à petit dans sa tête, qu’elle détruisait, qu’elle renouait. Que pour elle aussi. Pas assez mûre pour être partagée. Tout autant qu’elle n’était pas assez dans son monde pour que ce sourire lui fasse quelque chose. Présents et absents l’un à l’autre, c’était sans doute la relation la plus saine qu’il pouvait être.

Qu’il le comprenne ou non, elle ne répondrait pas maintenant. Ce n’était pas qu’elle ne voulait pas. Ce n’était pas un refus de l’échange. C’était juste elle.
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Sam 30 Mar - 18:23

Elle se mura alors dans le temple du silence. Laissant le doux son du silence s'installer progressivement, ce n'était pas comme si cela n'était pas coutumier de leurs échanges. Mais là, ce blanc n'était pas vide de sens. Elle devait réfléchir, cogiter, là où lui n'avait eu besoin que de quelques minutes pour trouver une solution vraie, elle ne pouvait lui donner une réponse. Pourquoi ? Parce qu'elle n'avait pas son intelligence, elle n'avait pas son génie, il était bien au dessus et au lieu de simplement considérer le fait, il en usait et en abusait.
Là était la technique du maître, ramener quelque chose d'extérieur à son domaine, se l'approprier, et au lieu d'en faire une simple donnée, il en tirait un sens, une interprétation. Ainsi allait la logique mathématique, presque chiffrée des méandres de son esprit.
Un labyrinthe sinueux, tortueux, duquel entrer et sortir nécessitait de la force, de la volonté ou encore de l'intelligence. Et peu nombreux étaient les sorciers à avoir pénétrer son esprit.
Brom et Voldemort … ce n'était pas rien que de pouvoir prétendre n'avoir été compris même partiellement que par les deux sorciers les plus puissants encore en vie. Enfin, l'un lui devait la vie.

Aileas le regardait fixement, comme envoûtée par un serpent dont elle ne pouvait détourner le regard que pour donner un coup de fourchette. Charmée peut être.
Et elle semblait sourire, cela semblait inopportun, illogique, et pourtant pas que ça. Elle ne devait pas sourire, mais elle le faisait, sans mentir car elle n'avait pas pour credo de le faire, pour lui, rien que pour lui.
En aurait il tiré une quelconque satisfaction ? Qu'est ce que cela pouvait lui faire ? Rien, strictement rien, parce que lorsqu'il jouait ainsi, c'était pour lui et pour personne d'autre.
Obéis à ton maître petite marionnette.
Mais elle n'avait pas besoin d'ordre, elle le faisait seule, aussi bien que si elle avait été placée sous imperium.
Et cela pouvait être faux. Balayé en un claquement de doigt par le génie, envolé les rêves, les discussions, les échanges, Tryan avait le pouvoir de créer et de détruire, pour lui comme pour les autres, en ça il était au dessus du lot. Parce que ce pouvoir lui appartenait à lui, le droit de pouvoir contrôler le monde … le dominer, le manipuler.

Comptait elle répondre ? Oui sans doute, mais pas maintenant, parcequ'elle ne pouvait tout simplement pas. Il avait par orgueil posé une question à laquelle lui pouvait répondre après une brève réflexion, mais elle ? Si elle jouait un jeu, elle se serait trahie en répondant mais là, c'était si vrai ce silence. Ou elle manipulait du génie à l'état brut, ou elle était vraiment honnête, réellement comme ça, et c'était intriguant de penser que ce fut le cas. Pas question de trouver un refuge derrière on ne sait quelle muraille, non, elle était intègre, chose rare chez les commissaires du sang.
Aileas d'Huntingdon ne mentait pas, en ça elle était presque … désirable oui.
Beauté candide, esprit pur, si intacte, non souillée par le monde dans lequel elle évoluait sans le vouloir, en ça, elle était presque un substitut du réel, sorte de piédestal hors de la normalité, où elle était presque seule. Presque parce que visiblement son univers semblait accueillir par intermittence un autre esprit, plus évolué.

Bénédiction ou malédiction. Qu'était ce nouveau venu pour elle si ce n'est un nid à emmerdes. Il lui apportait de la réflexion, mais introduisait le doute, mais quoi d'autre ? Peut être plus qu'elle ne pouvait l'imaginer.
Qu'attendait il de ça ? Rien de plus que le jeu, le profit de l'instant, rien de plus. Il était là pour s'amuser, pour oublier, pour se refaire comme dirait l'autre, il était là tout simplement parce qu'il trouvait bien d'y être.
Ce restaurant, cette ambiance, cette nourriture, cette personne, il avait envie de ça, et de rien d'autre.
Rien d'autre ? Pas totalement … il aurait tué pour avoir avec lui une autre personne. Oh il n'aurait pas hésité à sacrifier tous les présents pour la ramener elle. Pour la simple et bonne raison qu'elle était sa moitié, et que la perdre l'avait fait sombrer bien bas.
Aileas était ainsi un substitut ? Oui probablement, elle le demeurerait jusqu'à ce qu'il décide de se débarrasser d'elle, comme il avait toujours fait avec ce dont il n'avait plus besoin.
Ce n'était pas de l'ingratitude ou de l'hypocrisie, c'était simplement profiter, saisir les opportunités, et rien d'autre, manipuler mais pas tricher. Il était ainsi, on ne pouvait pas le changer, personne ne le pouvait. Plus personne de vivant en tout cas.
Et ce silence qui se poursuivait implacablement .

Le serveur apporta ce qui allait être les derniers plats. Bientôt, ils n'auraient plus à rester ici, et où iraient ils ? Continueraient ils la soirée ? Des questions qu'elle pouvait se poser, mais dont lui avait les réponses.
Toujours sans un mot, il attaqua son assiette, sans se soucier de l'arrivée d'une réponse qui logiquement ne pouvait pas venir.
Elle était spéciale cette demoiselle, et c'était peut être ça qui intriguait le français, plus que sa plastique. Il connaissait des femmes plus belles qui elles, n'avaient eu droit qu'à un désintérêt profond.
Aileas était à part, et il attendait de la connaître pour pouvoir vraiment se prononcer sur une éventuelle suite. Car oui, elle n'y pensait peut être pas, mais Tryan, dans les rouages huilés de son esprit, voyait déjà 'un futur' se dessiner. Pas forcément celui qu'on attendrait venant de lui, mais elle ferait partie d'un moment, ne serait ce qu'un tout petit, de sa vie.

Cela dépendait de l'évolution de la situation. Et la situation évoluait à l'instant, sans besoin qu'il y ait de paroles, car en laissant ce silence, il respectait ainsi son choix, il n'attendait pas, non, il prenait son temps pour analyser, penser, sans précipitation, pas comme il lui était nécessaire de le faire sur le champ de bataille. Là il était au chaud, au calme, avec une demoiselle un brin spéciale, mais il avait son temps, tout son temps.

Puis il rompit le silence.

« Quelle armature complexe que l'usage des mots pour de la philosophie. »

S'essuyant la bouche avec sa serviette, il poursuivit sans regarder la demoiselle et en se concentrant sur le repas.

« Peu de sorciers prennent réellement le temps de se poser des questions, de réfléchir et de philosopher. Beaucoup voit en la magie une simplicité qui les satisfait, alors qu'elle n'est qu'un rebond pour permettre d'élever encore l'esprit. »

Terminant son assiette d'un coup sec de fourchette, il but une gorgée de la bouteille de vin avant de poursuivre.

« Il paraît que la magie d'un sorcier permet de nous renseigner sur ce dernier. Tout comme la composition de la baguette. Doit on y voir un déterminisme ? Je pense que oui … »

Alors relevant le regard, il la fixa avant de lui demander :

« L'esprit est si frêle … et à la fois si fort … quelles sont les limites de ce dernier selon vous Aileas ?»

La fin du repas approchait, et après ?
L'après semblait incertain, à ceci près que le jeune homme avait prévu … une stratégie, une manière de procéder, tout comme il avait l'habitude de le faire. C'était inscrit dans sa nature, il était déterminé à ce niveau, et savait qu'il ne pouvait rien y faire.



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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Lun 8 Avr - 23:31

Aileas se laissait bercer dans son esprit par l'écoulement des pensées. Existait-il des moments plus propices que d'autres à la réflexion ? Aileas concevait bien qu'il y avait des moments où s'adonner à s'enfoncer dans ses pensées n'était peut-être pas le plus judicieux. Mais pouvait-on pour autant bannir toute réflexion sous prétexte que l'on se trouvait dans une situation d'urgence ? L'homme ne pouvait-il agir et réfléchir en même temps ? Parfois quand Aileas posait des questions à son oncle, celui-ci lui répondait : "Tu sais Aileas je suis un homme d'action, je ne réfléchis pas autant que toi, je suis mon instinct." et si elle cherchait à rebondir sur ce qu'il disait, il la coupait en disant : "Tu vois, tu réfléchis encore Aileas.". Et elle ne comprenait pas. Aileas voyait l'action et la réflexion comme les deux faces d'une même chose or tout le monde voulait les dissocier voire les opposer.

Une bouchée pour l'action, une bouchée pour la réflexion, une pour l'instant présent, une pour le futur... Aileas entamait juste le dessert et continuait sa réflexion qui s'était quelque peu dédoublée l'espace d'un instant, le temps de remettre les choses au point, de ne pas rater le coche. Un moment d'autre chose dans l'ensemble d'une même pensée. Juste de quoi ne pas oublier que le monde continue de tourner et que dans l'ensemble des possibles elle n'en effleure qu'une petite partie mais que toute infime cette partie soit-elle, elle vaut le coup d'être vécue. Comme les infinités d'autres possibilités qu'elle ne pouvait réellement vivre et qu'elle laissait donc passer sans totalement oublier qu'elles existaient.


« Quelle armature complexe que l'usage des mots pour de la philosophie. »

Armature... La première pensée d'Aileas fut qu'elle n'aurait pas utilisé ce terme en association avec les mots, eux qu'elle trouvait justement trop petits, trop restrictifs pour clairement exprimer les choses alors quand ces choses sont aussi recherchées que la philosophie, inutile de dire qu'elle eut du mal à voir en quoi les mots pouvaient soutenir quoi que ce soit. Mais si Aileas aimait bien les premières sensations, les premières pensées, celles qui coulaient immédiatement, elle s'arrêtait rarement sur elles. Toutes rapides qu'elles étaient, elles se révélaient souvent assez naïves. Il leur manquait toujours des éléments à celles-là. A vouloir naître trop vite on risquait de ne pas être complet à l'arrivée.

Enfin au final il manquait la notion de complexe. Même si toute complexe qu'elle aurait pu être, Aileas n'aurait sans doute pas associé armature et mots mais elle envisageait bien désormais ce que l'on entendait là-derrière. Une bouchée pour Tryan de SaintClair qui réussissait une nouvelle fois à rappeler sa présence à Aileas, qui arrivait une nouvelle fois à faire en sorte qu'il soit celui qu'elle écoute, qu'elle regarde alors même qu'elle avait tellement de chose à penser que le mettre de côté n'aurait pas été bien dérangeant. Elle ne pensait pas cela parce qu'elle faisait en sorte qu'il n'y parvienne pas. Elle le pensait parce que pour AIleas écouter une personne qui vous parle n'est pas une obligation malgré ce que tout le monde voulait bien vouloir lui faire croire en assenant à cet acte ce grand et gros mot de "normal". Elle écoutait ce qui valait la peine d'être entendu à l'instant T où c'était prononcé. Et Tryan de SaintClair disait... ou faisait en sorte de dire sûrement, toujours dans ses ficelles, ce qui donnait envie à Aileas d'écouter.


« Peu de sorciers prennent réellement le temps de se poser des questions, de réfléchir et de philosopher. Beaucoup voit en la magie une simplicité qui les satisfait, alors qu'elle n'est qu'un rebond pour permettre d'élever encore l'esprit. »

Voilà des énoncés comme celui-là. Pas besoin d'un roman et pourtant on était amené à le considérer, à réfléchir. Sauf qu'en plus là pour Aileas au final sa réflexion produisait du sens alors que souvent elle réfléchissait à ce que les gens avaient dit pour finir sur cette constatation qu'elle ne voyait pas ce qu'ils voulaient dire. Et alors quand elle s'interrogeait sur ce qu'ils avaient voulu dire c'était pire mais elle s'aventurait de plus en plus rarement sur cette pente là, préférant passer à autre chose de plus constructif réflexivement parlant.

Aileas finissait ce dernier plat quand l'homme enchaina :


« Il paraît que la magie d'un sorcier permet de nous renseigner sur ce dernier. Tout comme la composition de la baguette. Doit on y voir un déterminisme ? Je pense que oui … »

Dire que le hasard jouait dans le processus du choix de la baguette et des affinités magiques était absurde. Aileas n'avait qu'à se souvenir quand elle avait acheté sa baguette. En cet instant elle n'aurait pas pu en choisir une autre que celle qui était aujourd'hui la sienne. Elle ne maitrisait pas encore sa magie et pourtant un objet magique particulier au milieu de tant d'autres avait réagi à sa personne. A sa magie, déjà présente, avec une forme qui lui était déjà propre bien qu'elle n'avait pu le sentir. Mais la magie, elle, faisait déjà son effet. Après fallait-il aller jusqu'à parler de déterminisme ? Il y avait des choses décidées à l'avance oui mais on était toujours libre de s'intéresser à d'autres affinités, il était toujours possible de prendre une autre baguette, d'aller à l'encontre de ce qui vivait en nous. C'était choisir une voie plus difficile mais ce n'était pas impossible loin de là. La question était de savoir si cela en valait la peine ? Pouvait-on réellement aller aussi loin dans sa maitrise de la magie si l'on décidait déjà au départ d'ignorer cette même magie ? Est-ce que tout était l'affaire de désir, d'envie et de volonté ? Faire ce choix n'était-ce pas se fourvoyer dès le départ ?

Aileas se serait bien attardée sur la question si Tryan de SaintClair ne l'avait pas de nouveau sollicitée. Ou plutôt si sa sollicitation n'avait pas à son tour attirée l'attention de la jeune femme. Aileas changea de position puis revint poser son regard dans celui de Tryan de SaintClair.


"Je pense qu'il n'y a qu'une seule vraie grande limite à l'esprit qui se décline en une infinité de limites : ce sont celles qu'on lui impose. Le possible, l'impossible, très certainement tout ce qui est enfermé dans le "normal", l'"anormal", le "bien" ou le "mal". Tous ces mots et encore tant et tant d'autres que l'on utilise pour justifier les limites que l'on pose soi-même à soi-même. C'est se dédouaner de ses peurs, de son impuissance en les attribuant à des éléments extérieurs que l'on ne maitriserait soit-disant pas."

Aileas mit un peu d'ordre dans ses couverts et poursuivit :

"L'esprit peut tout. Je suis sûre que vous avez déjà considéré des choses logiquement impossibles comme réalisables. C'est parce que l'on peut s'affranchir par l'esprit de ces limites qu'elles n'ont plus lieu d'être. Et pourtant on les conserve parce l'on peut concevoir l'infini, l'illimité mais on ne peut pas le toucher or l'homme n'aime pas savoir où il met les pieds. Et vous Tryan, avez-vous peur de ce qui n'a pas de limite ?"

Ce n'était pas dit de manière à offenser son interlocuteur, ce n'était pas dit comme une moquerie, c'était juste l'attente d'une explication sans doute. A vrai dire Aileas penchait pour une réponse négative. Sans quoi elle n'aurait pas affirmée qu'elle pensait qu'il avait déjà envisagé de dépasser la frontière des limites. Elle pensait même qu'il l'avait fait plus d'une fois. Quelque chose dans sa présence. Et en même temps... pourquoi cette question si quelque part cela ne le préoccupait pas au moins un peu ? Aileas se trompait peut-être mais elle-même -même si elle trouvait la question intéressante- ne l'aurait sans doute jamais posée. Car elle ne lui serait jamais venue à l'esprit. La preuve en était sûrement dans la rapidité avec laquelle elle avait pu répondre. Non pas qu'il soit aisé de répondre à une telle question. Mais les limites n'étaient pas ce sur quoi Aileas prenait le temps de s'interroger. Ce qu'il y avait au-delà était bien plus intéressant car alors l'absolu reprenait ses droits et c'était dans l'absolu qu'Aileas aimait vivre même si elle ne pouvait jamais pleinement le vivre.
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Sam 13 Avr - 18:24

Dépasser les limites ? À quoi bon ? Oh le commun résonnait ainsi, comme pour se limiter, comme pour ne pas aller au delà de ce qu'on avait pensé pour cette foule de moutons prêts à suivre le berger type qui se prétendrait berger, fusse t'il un loup ou pas. Le monde avait des œillères, et ne pouvait pas se passer de celles ci.
Penser par soi même était désormais un crime, là où la liberté n'en avait bien que le nom, et tout les esprits un brin éclairés, le savaient.
Tryan était de ceux ci, il était même un acteur, de la suppression de cette liberté pour le peuple. Pourquoi ? Pourquoi alors qu'il était un des rares à prôner la liberté de penser ? Parce que le purisme était nécessaire, tout simplement, et tous ne méritaient pas ce précieux gain, il fallait batailler pour l'avoir, prouver qu'on était digne, un moyen de se légitimer.

Politique, militaire, scientifique, arnaqueur ? Où classer Tryan De SaintClair ? Il était partout et nul part à la fois. C'était l'homme de tous les instants et d'aucun. Il était là sans l'être.
L'esprit libre et vagabondant tant sur ce plan que sur un autre, il fixait cette demoiselle, tout aussi éveillée, mais peut être moins capable, elle prenait de la distance en restant seule, en intériorisant tout, méthode qui fonctionnait jusqu'à présent, mais tôt ou tard, elle exploserait, ou elle introduirait en elle un parasite, peut être était ce déjà fait sans qu'elle le sache.
L'esprit n'admettait peut être pas autant de chose qu'elle le voudrait, qui savait. Lui, accueillait nombre de paramètres, triés, ordonnés, non pas par plaisir, mais par nécessité, il n'était pas encore à même de tout enregistrer, de tout juger, c'était peut être comme ça que certains le voyait, mais ils omettaient les approximations, forcément nombreuses.
Partir de postulats n'était jamais facile, il fallait bien choisir et cerner la situation de base, avant de chercher au maximum à la simplifier, savoir quoi négliger, s'il était possible de le faire, pour n'en faire au final qu'une donnée parmi tant d'autres.
Il avait choisi de négliger le coté manipulateur de cette jeune femme, et il prenait ce risque consciemment de toute manière.

"Je pense qu'il n'y a qu'une seule vraie grande limite à l'esprit qui se décline en une infinité de limites : ce sont celles qu'on lui impose. Le possible, l'impossible, très certainement tout ce qui est enfermé dans le "normal", l'"anormal", le "bien" ou le "mal". Tous ces mots et encore tant et tant d'autres que l'on utilise pour justifier les limites que l'on pose soi-même à soi-même. C'est se dédouaner de ses peurs, de son impuissance en les attribuant à des éléments extérieurs que l'on ne maîtriserait soit-disant pas. L'esprit peut tout. Je suis sûre que vous avez déjà considéré des choses logiquement impossibles comme réalisables. C'est parce que l'on peut s'affranchir par l'esprit de ces limites qu'elles n'ont plus lieu d'être. Et pourtant on les conserve parce l'on peut concevoir l'infini, l'illimité mais on ne peut pas le toucher or l'homme n'aime pas savoir où il met les pieds. Et vous Tryan, avez-vous peur de ce qui n'a pas de limite ?"

Il avait détourné le regard pour voir le temps dehors.
Un temps à faire faner la plus belle des fleurs, la plus épineuse des roses. Un temps où aucune fleur n'avait sa place, il fallait être de pierre pour ne pas se faire toucher. Et elle, Aileas d'Huntingdon, devant être une fleur au cœur de pierre, impossible à éroder par le temps, jusqu'à ce que le gel vienne tranquillement fendre cette pierre, pour réveiller la rose, la fleur d’Écosse qui sommeillait en elle.
Mais toute fleur a besoin d'eau pour vivre, pour ne pas dépérir, eau viciée ou non, elle l'ingurgitait jusqu'à mourir si la composition ne lui convient pas, mais avare, elle ne peut s'en passer, elle en a besoin. Les femmes étaient des fleurs, elle était une fleur, et Tryan avait laissé faner la sienne …

Il était si froid, qu'aucune fleur ne pourrait jamais repousser à son contact, elle mourrait instantanément, il y était destiné. La mort l'habitait, et elles n'auraient plus l'envie d'entrer dans ce jardin, voyant consciemment la mort qui les attendait. Les fleurs ont besoin d'eau, pas de glace, ni de grêle, d'eau et de soleil, il ne pouvait malheureusement leur offrir aucun des deux.
Sol corrompu par la mort du dernier morceau de vie en lui, évaporé, et à jamais piégé dans ce qui était une énigme impossible à résoudre, la mort l'avait baisé en beauté. Condamné, comme Tantale, l'impossible possibilité était en lui.
Il était si froid, que plus rien ni personne ne voudrait de lui.

Pauvre folle, elle parlait de ça sans vraiment comprendre ce qu'impliquait les limites, trop perdue dans son monde pour voir de quoi il en retournait. L'esprit se fixait l'impossible ? Tryan avait envie de lui exposer avec haine et colère la situation impossible dans laquelle il vivait. Impossible de ramener sa petite amie défunte, impossible ! Pas parce qu'il ne pouvait pas lui, non, il le pouvait, mais la mort, cette chienne, avait fait en sorte que si elle puisse revenir, elle ne soit plus la même, changée, piégée, il l'était, comme il avait autrefois piégé bien d'autres, ce coup là, c'était lui la victime, et cela lui laissait un goût plus qu'amer.

Il n'y avait pas de bien, pas de mal, pas de normal, pas d'anormal, rien … il n'y avait que la mort, la vie, et la mort-vie, le pouvoir, l'illusion.
C'était ça le monde réel, un enchaînement de situations plus ou moins probables, avec un type, une condition, des limites physiques et mentales, un potentiel, et basta.
L'infini, l'illimité ? C'était ça, sa limite, il voulait le pouvoir de la mort elle même, et il l'aurait, peu importe les sacrifices, il l'aurait, pour elle, pour lui …

Alors le jeune homme revint poser son regard sur la miss. Un regard toujours froid et vide, changé par la mort, triste, mais qu'on ne pouvait consolé.

« La mort vous fait elle peur ? »

Son regard dehors et revint vers elle en un instant.

« Parce qu'au fond, il n'y a que ça qui n'a pas de limites, ça et la magie. On ne peut vivre sans l'un, mais l'autre, qu'en est il ?
Est ce que j'ai peur de la mort ? Non. Enfin … ce n'est pas de la peur. Qu'avons nous à craindre de la fatalité … rien Aileas … rien. J'éprouvais une certaine fascination pour cette dernière, jusqu'à ce qu'elle me prenne, et là … les choses deviennent différentes voyez vous. Elle ne vous change pas, non … elle vous prend, et vous laisse, là, ni mort, ni vivant. À la 'limite' des états.

Alors non, je n'ai pas peur des limites, de ce qui en a, et de ce qui n'en a pas, pour la simple et bonne raison que lorsqu'on les brise devant vous, vous n'y croyez plus. »


C'était dit avec froid, et on pouvait peut être pour la première fois de cette discussion, voir une dimension personnelle dans les dires de Tryan. Il avait répondu par une sorte de logique ressentie, un peu comme Aileas pouvait le faire, mais de manière différente, presque personnelle justement.
Regardant la neige tombé dehors, le français ne dit plus rien.
Ce sujet avait refroidi l'ambiance, son intervention l'avait fait, il avait rétabli cette barrière entre eux, comme si le jeu avait pris une valeur qui ne l'intéressait plus, qui ne l'intéressait tout bonnement pas.

Le serveur vint apporter la note, que le jeune homme régla de suite. Pressé d'en finir peut être.
Puis ils se levèrent, et reprirent les épaisseurs supplémentaires contre les sévices du climat.
Une fois dehors, la neige tombant sur eux, le français lui demanda en fixant le ciel :

« Vous avez quelque chose de prévu pour la suite de cette soirée ? »

Lui rien … plus rien n'avait d'importance. Ni le bien, ni le mal, ni le pouvoir, il n'avait plus envie de prévoir. Pas ce soir. Pas après ce dernier sujet.
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Sam 27 Avr - 17:56

Aileas s'était déjà posé la question. Qu'est-ce qu'elle aimait ? Qui est-ce qu'elle aimait ? De quoi avait-elle peur ? Qu'est-ce qui l'amusait ? A vrai dire, elle ne s'était jamais posé la question d'elle-même, ça ne lui était jamais venu à l'esprit. Mais à force que ses deux cousines la lui posent sous prétexte qu'elle la trouvait trop "insensible", elle avait fini par se dire que peut-être étudier la question ne lui ferait pas de mal. Le problème en fait c'est qu'elle ne voyait pas vraiment ce qu'on lui reprochait -comme souvent il fallait l'admettre et elle l'admettait mais elle ne voyait pas pourquoi cela devait absolument changer ; elle vivait bien ainsi. On lui reprochait donc d'être insensible mais elle ne voyait pas comment on pouvait en arriver à un tel constat. Certes même après réflexion elle n'arrivait pas à répondre à ces questions qui apparemment étaient de toute simplicité mais cela ne justifiait en rien à ses yeux une absence de sensibilité.

Au contraire, à trop vouloir catégoriser leur intérêt sur un petit nombre de choses qu'ils les appellent les choses qu'ils aiment, les choses qu'ils craignent, les choses qu'ils n'aiment pas, ils en oubliaient tout le reste et ils en oubliaient que rien n'est éternel. Oui évidemment il devait y avoir des choses qu'elle aimait, des choses qu'elle n'aimait pas, des peur aussi certainement, des choses qui l'amusaient ça lui arrivait oui. Mais elle les avait à un instant T et puis après elle passait à autre chose. Inutile de dresser une liste ce qui était vrai aujourd'hui serait faux demain.

Et quand elle prenait la peine de répondre ça à ses cousines, celles-ci lui répondaient alors qu'elle ne s'attachait à rien et que c'était pareil que ça voulait dire qu'elle était insensible. Là généralement Aileas -en supposant qu'elle ait déjà pris la peine de faire toute la démarche précédente- laissait tomber pour s'intéresser à quelque chose de plus intéressant.


« La mort vous fait elle peur ? »

Aileas ne se souvenait même pas du corps de sa mère écrasé à ses pieds. Parait-il que c'était depuis ce jour qu'elle était ce qu'il voulait bien appeler par gentillesse "spéciale" et ce que d'autres appelaient dans son dos "folle". Ce n'était pas comme si cela lui posait un problème. Elle était bien capable de voir toute seule sans qu'ils en fassent un secret d'Etat qu'elle ne fonctionnait pas comme eux, qu'ils attribuent à cela le mot qu'ils voulaient, si cela pouvait les aider à la décrire, elle s'en fichait bien. Peut-être était-ce donc parce qu'elle n'avait jamais vraiment été confronté à la mort qu'elle pouvait si facilement penser que non elle n'avait pas peur de la mort. La sienne ou celle des autres d'ailleurs. Elle voulait dire que ce n'était pas comme si elle pouvait y faire quelque chose contre -elle n'y avait jamais songé à vrai dire, et ce n'était pas comme si elle avait une quelconque envie d'y faire quelque chose contre non plus. Peut-être était-ce finalement là réellement un signe de non attachement et après ? Jusqu'à preuve du contraire ça ne l'avait pas empêché de vivre.

Aileas ne pouvait donc pas affirmer qu'elle partageait la fascination de l'homme pour la mort et elle n'aurait jamais songé à le faire. La mort était à ses côtés, en elle aussi quelque part. Était-ce donc parce qu'elle ne voyait pas les limites qu'elle n'avait pas peur également ? Était-ce parce qu'à trop ne pas y penser tout en y pensant trop elle passait à côté de ce sur quoi elle aurait dû s'interroger ? En tous les cas elle ne songea même pas à cette idée de brisure. Peut-être parce qu'elle ne se souvenait justement pas de ce qu'avait pu être sa vie avant qu'elle ne prenne un nouveau tournant. Peut-être parce que son esprit s'était déjà soigné et que même si les réparations laissaient à désirer à ce que l'on pouvait en croire le regard de la société sur elle, elles lui convenaient parfaitement bien à elle et n'était-ce pas là le principal ?

Ainsi même si Aileas avait perçu un certain changement chez l'homme, elle ne prétendit à rien. Prétendre était quelque chose qu'elle ne comprenait pas. Elle laissa donc le silence donner ses réponses ou ses absences de réponses à l'homme suivant ce qu'il cherchait, s'il cherchait quelque chose... ou plutôt s'il cherchait encore quelque chose. Parce que l'impression qui émergeait de l'homme aux yeux d'Aileas c'était plus un vide tellement impossible à remplir qu'on avait déjà abandonné l'idée de le faire.

Aileas apprécia le contact du froid sur sa peau, le caractère plus sombre de l'extérieur de nuit malgré les lampadaires et la neige blanche, la disparition quasi-totale des couleurs. Non pas qu'elle n'avait pas apprécié l'intérieur mais Aileas aimait bien le changement, le renouveau et le nouveau et redécouvrir cet espace après avoir expérimenté quelque chose d'autre était intéressant.

Elle n'avait pas vraiment remarqué qu'elle avait commencé à faire quelque pas vers un ailleurs inconnu quand une question l'arrêta :


« Vous avez quelque chose de prévu pour la suite de cette soirée ?

- Non."

Rapide et facile à répondre pour la simple et unique raison qu'elle ne prévoyait jamais grand chose. Depuis qu'elle travaillait, le boulot venait créer une sorte de bulle stable dans sa vie quoiqu'elle réussissait envers et contre tout à donner l'impression de n'avoir aucun horaire à ses proches qui n'arrivaient quasiment jamais à la voir quand ils le souhaitaient. Mais en dehors de son oncle, sa grande-tante et son cousin rare étaient ceux qui voulaient la voir.
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Sam 11 Mai - 17:41

La vie était si fragile, que la briser relevait d'une simplicité enfantine. Les choses les plus précieuses sont souvent les plus fragiles. Tryan le savait, et ne cherchait pas ce qui était fragile. Non, il voulait l'immortel, le pouvoir, quelque chose qui puisse durer, sans vieillir, sans périr tôt ou tard. Se délivrer de la mort, c'était s'élever à un rang qui défiait l'entendement. C'était ça, son objectif.
Devenir le maître de la faucheuse.
Qu'elle s'agenouille devant lui, et obéisse à ses ordres. Qu'elle lui rende sa belle. Tout simplement.
C'était si simple à dire comme ça, mais dans les faits, il n'y avait pas moyen d'y accéder par de communs moyens.
Peut être perdait il son temps. Peut être pas. Qu'importait vraiment. La vie n'avait plus de sens pour lui. Et il constatait qu'elle n'en avait probablement jamais eu.

Pas plus pour lui que pour Aileas. Car dans le fond, c'était après ça qu'elle courait, sans vraiment l'admettre ou le comprendre. Ses longues réflexions ne la poussaient pas dans ce sens, mais sans ressenti, sans logique, sans arme, elle ne pouvait aller jusqu'à la frontière du rien. Y préférait elle le tout ? Ça n'avait pas d'importance. Elle n'avait pas d'importance. Il n'y avait que lui désormais, lui et sa quête, tout simplement, le reste ne serait qu'entiché de l'étiquette 'dommage collatéral'. Même si elle était belle, n'y avait que ça pour l'amadouer ? Non, bien sûr que non. Sa subjective objectivité était plaisante, car il sentait en elle une force que lui même ne possédait pas. Cette misse, avait pour tangible l'imaginaire pur, chose rare pour le commun, elle n'avait pas besoin de magie pour ça, naturellement, elle possédait un mysticisme latent des plus enviables. Une sorte de charme que le commun prenait pour de la folie. Mais non, c'était de la magie, et il ne pouvait pas le sentir.

Quand elle avait essayé le contact physique avec lui, il n'avait pas senti cette chaleur habituelle. Elle n'était pas froide non plus. Elle n'avait pas copié, pas de mimétisme, il y avait une neutralité magique des plus étranges en elle, comme si cela coulait dans son sang. Son sang … pur à ce qu'il se disait, pouvait il faire d'elle un bon parti ? Jamais. De SaintClair ne voudrait pas d'elle chaque soir, chaque journée, chaque nuit. Il aurait tôt fait de la comprendre, et de se lasser. Non, la voir à petite dose, pour apprendre suffisamment mais pas assez, pour y retourner. Encore et encore.
Voilà ce dont il avait besoin, d'un centre d'intérêt qui n'en était pas digne, tout simplement. De cette contrainte qu'on peut affubler d'un 'plus tard' sans craindre d'éventuelles représailles.
Elle était faite pour ça, taillée dans un bout de chair pour tenir ce rôle précis, voilà tout.
Mais comment conquérir ce qui n'était point ? Là était le tourment de la logique. L'infini, et le rien.

Facile à manipuler, plus difficile à séduire. Elle n'avait pas la faiblesse des sentiments, ni la force de ceux ci d'ailleurs. Un bien contre un mal. Qu'importait vraiment qu'elle puisse aimer ou non, il ne lui demandait pas ça. Non. Juste qu'elle présente assez d'intérêt pour qu'il puisse lui parler, et pour l'instant, bien qu'elle l'eut offensé sans le faire exprès, c'était expressément le cas.
Et encore non, elle n'avait rien de prévu. Le contraire aurait été étonnant, elle n'avait rien d'une personne qui prévoyait son emploi du temps, la voilà donc libre et dans Paris. Ville où il y avait toujours quelque chose à faire.
Mais vivre dans le souvenir n'avait rien apporté à Tryan. Pas plus la liberté que la satisfaction d'avoir retrouvé sa moitié. Passer à autre chose, c'était que tentaient de lui dire ceux qui l'entouraient, mais il ne les avait jamais écouté, cela ne commencerait pas maintenant.

Alors quand elle lui dit sous la neige, qu'elle n'avait rien de prévu, cela ne lui fit ni chaud ni froid. En réalité, il s'en foutait presque. Elle avait son intérêt, qui valait ce qu'il valait, et après quoi ? On ne chanterait point de louanges en son nom, pas plus qu'en celui d'un clochard en train de dégueuler tripes et boyaux dans un caniveau.
Elle était simplement plus belle et plus intelligente. Mais on ne tirait pas de gloire de ces caractères si on ne savait pas correctement les utiliser. C'était comme une baguette au fond.
Enfin, sans un mot, il lui tendit son bras. Et alors qu'elle le prenait, ils disparurent dans un souffle de vent, en brume blanche qui se perdit dans la neige qui recouvrait désormais le sol de la capitale.

L'avenue s'ouvrait désormais à eux alors qu'ils réapparaissaient dans un coin d'ombre. Lui délaissant le bras, le jeune homme passa le long du trottoir. Les lumières de l'endroit éclairaient tout celui ci, se reflétant sur la neige fine et qui continuait de tomber, voilà que la petite écossaise découvrait le pays de son hôte.
La fleur rousse qui accompagnait De SaintClair ne semblait pas craindre la neige, tant mieux pour elle. L'avenue était longue, et bien éclairée, lumière qui repoussait les ténèbres d'une nuit blanchie par la neige.
Le long chemin eneigé se poursuivit jusqu'à ce que le petit 'couple' arrive à un embranchement de rue, le français prit cette dernière, retendit une nouvelle fois son bras à la belle, et tira sa baguette.
Le grillage devant eux se changea en porte et cette dernière s'ouvrit, laissant pénétrer les deux individus dans une sorte de hall d'hôtel.
Richement décoré mais sans plus, il n'y avait pourtant pas de réceptionniste, ni de garçon de chambre. Non, on était dans une des propriétés de la famille De SaintClair, et aux vues des dorures, on devinait que cette propriété n'était pas une des plus modestes.
Le français se débarrassa de son manteau, et prit celui de la jeune femme avant de les accrocher à un porte manteau amovible qui était couvert d'une couleur dorée.
Puis il l'entraîna dans le salon.

La pièce était grande et spacieuse. Les portes fenêtres d'or donnaient sur l'avenue, laissant apparaître une nuit éclairée d'un hiver encore long alors que l'infatigable bibliothèque était toujours là.
Le jeune homme alluma les bougies sur un grand lustre de cristal d'un coup de baguette. De même que le feu dans la cheminée de marbre blanc. Après quoi, il se posa sur le canapé en cuir blanc et il fit venir à lui magiquement, un service de verre et une bouteille de vin d'elfe.
Puis il demanda à la demoiselle :

« Vin d'elfe miss d'Huntingdon ? »

Servant les boissons escomptées, le jeune homme commença un monologue.

« Qu'il est bon de trouver un feu en plein hiver. Dans cette nuit glacée … tous n'ont pas la chance de l'avoir. Question de mérite ? Probablement. L'héritage est mérité tant il a été acquis par des ancêtres, ne reste qu'à s'en montrer digne, ne pensez vous pas ? »

Soupirant, il reprit.

« Les choses sont ainsi faites dit on. Insondable destin que celui qui vous conduisit ici n'est ce pas ? Savez vous pourquoi vous l'êtes ? Probablement mieux que moi … mais je tiens à m'assurer d'un jour pouvoir répondre sans fausse note à cette partition que vous me jouez miss. Musique qui je dois l'avouer, ne me laisse pas indifférent tant dans l'art que la manière. J'y trouve une certaine complaisance.

Il n'est nul égoïsme à le reconnaître cela dit ... »


Prenant une gorgée de vin, le français pensa à conclure son discours.

« Le plaisir … qui ne le recherche pas ? À travers le pouvoir, le corps, les livres, le savoir, la découverte … tant de formes pour un seul mot que le commun recherche.

Et vous Aileas, recherchez vous une certaine forme de plaisir ? Fusse t'il en des formes différentes que celles que j'ai sommairement évoquées ? »


Hrp:
 
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Dim 12 Mai - 22:48

Il faisait froid. C'était évident, il suffisait de voir la neige autour. Mais malgré toute cette eau solidifiée autour, c'était un froid assez sec, celui qui se pose sur votre peau sans la pénétrer. Aileas aimait bien ce froid qui donnait l'impression qu'entre lui et elle il existait une fine pellicule de protection et qu'au final elle n'était pas vraiment en contact avec lui mais qu'elle ne faisait que le ressentir au travers de cette pellicule infiniment mince. Mais au final pouvait-on vraiment dire que l'on était en contact avec le froid ? Le froid était une température en vérité donc pas quelque chose de tangible que l'on pouvait toucher et pourtant il fallait bien le sentir et donc le rencontrer d'une manière ou d'une autre... Par l'intermédiaire d'une chose tangible qui serait froid alors ? L'air en l’occurrence ? Cela ne la convainquit pas. Quand il faisait sec comme cela c'était vraiment le froid lui-même qu'elle avait l'impression de pouvoir -presque- toucher. Heureusement qu'elle n'était qu'à Paris, le froid était gentil ici... elle ne doutait pas qu'il y avait des froids bien plus agressifs. Mais ils n'en étaient pas plus froid que le froid vu que le froid était tout ce qui tombait en dessous de la température du corps humain. C'était juste un froid différent.

Et alors qu'elle prenait le bras qu'on lui tendait sans vraiment y faire attention, alors qu'elle commençait à marcher au côté de l'homme, alors qu'un vent vint déposer sur sa peau des flocons de neige qui ne tardèrent pas à fondre, son esprit partit dans une tentative qu'elle savait impossible de catégoriser les différents froids. Tout en faisant cela, elle regardait la lumière des lampadaires jouer entre la noirceur de la nuit et la blancheur de la neige et les ombres qui essayaient de se faire une place au milieu de tout cela. La jeune femme finit par se reconcentrer véritablement sur ce qu'il se passait quand ils s'arrêtèrent. Elle ne savait même pas combien de temps ils avaient marcher et elle serait bien incapable de faire le chemin inverse si on le lui demandait mais quelle importance ? Retourner au restaurant ne lui servait à rien quand d'un coup de transplanage elle pouvait arriver bien plus facilement là où elle le souhaitait. Si elle le souhaitait car elle aimait bien marcher aussi, découvrir de nouveaux lieux, le transplanage c'était pratique mais avait ses inconvénients.

Le nouvel endroit semblait désert, sûrement une propriété de l’homme. Sans être en abondance, il y avait des touches d'or un peu partout. Celui-ci avait quasiment disparu du château dans lequel vivait Aileas. Sans vraiment avoir cherché à comprendre pourquoi, elle n'était pas une grande amatrice de la couleur qui a ses yeux n'en étaient pas vraiment une de l'or. De l'argent non plus d'ailleurs. Un jaune ou un gris était bien plus franc et agréable à regarder que ces dorures. En fait l'argent et l'or pouvait être très beau mais pas seul, il leur fallait une mise en valeur appropriée. Le blanc pouvait assez facilement mettre en avant un bel argent mais rarement le doré. A ses yeux en tout cas.

Aileas reporta enfin son attention sur Tryan de SaintClair. Existerait-il un jour une présence qui arrive à lui faire oublier tout le reste ? Une présence qui même sans parler, sans rien faire de particulier puisse capter tout ce qu'elle avait à donner ? Sans doute mais il ne lui serait peut-être jamais donné de la rencontrer, il existait tant de monde sur terre. Tryan de SaintClair à l'évidence avait une présence unique, il avait une personnalité forte intéressante mais, même si c'était certainement en raison de cette rencontre qu'elle en venait à se poser la question, elle n'arrivait pas à se focaliser constamment sur lui. Avant jamais elle n'aurait imaginé qu'il puisse y avoir chez quelqu'un tant de choses qu'on ne puisse jamais se lasser de l'autre et que l'on puisse lui préférer sa présence à la multitude des choses que le monde pouvait ouvrir. Maintenant oui elle présentait cela mais ce n'était pas pour aujourd'hui, cela ne serait sans doute jamais et cela n'était pas si grave. Même si cela pouvait s'avérer intéressant, elle pouvait vivre sans sans problème.

Après avoir considéré l'homme un instant, elle alla s'asseoir à son tour sur le canapé. Acceptant sans mot dire la boisson, elle en considéra la robe tout en écoutant Tryan de SaintClair. Aileas avait déjà considéré beaucoup de choses, utiles ou inutiles, mais jamais la question du mérite que l'on avait à vivre plus ou moins mal suivant ce que nos ancêtres nous avaient laissé. Mais à vrai dire cela rejoignait d'une manière ce qu'elle pensait du statut du sang. Un Sang Pur était un Sang Pur certes, de la même manière qu'un Sang-Mêlé ne pouvait être autre chose qu'un Sang-Mêlé, l'individu n'y pouvait rien changer, cela était décidé avant même qu'il ne voit le jour. Mais avoir la chance de naître dans la bonne famille ne voulait pas dire que l'on pouvait se tourner les pouces toute sa vie. Même si aux yeux d'Aileas la question du sang était plus importante que la question de la richesse et des possessions, ces points de vue semblaient se rejoindre.

Attendait-il un assentiment ? Ce point de vue semblait assez évident à vrai dire. Sans doute était-ce parce qu'elle était une Sang-Pure qui vivait plus qu'aisément. Mais on pouvait aussi considérer que les personnes qui n'avaient pas cette chance et qui refusaient ce point de vue ne le faisaient que parce qu'il 'était pas évident d'admettre qu'il y avait certaines choses contre lesquelles ils ne pouvaient à priori rien ? Sans doute. Le fait est que Tryan de SaintClair n'attendait apparemment pas de réponse -cela lui semblait peut-être un point de vue assez évident pour le considérer comme partagé- puisqu'il continua à parler.

Aileas leva les yeux de son verre et des éclats qu'il faisait scintiller pour regarder l'homme. La métaphore avec la musique était intéressante et montrait une nouvelle fois -même si Aileas n'avait pas besoin de ça- l'habilité de l'homme à jouer des mots. Aileas appréciait la musique. A vrai dire il était facile de l'intéresser avec l'art, celui-ci faisant souvent appel aux sens et à une certaine forme de perception. A vrai dire Aileas fut même amusée par la métaphore au dépend de Tryan de SaintClair sans doute. Car il ne fallait pas se leurrer, certes elle jouait donc sa musique mais même s'il n'était pas le compositeur de sa musique, il en était sans aucun doute le chef d'orchestre et le chef d'orchestre pouvait se permettre s'il le souhaitait de faire en sorte que la musique soit interprétée quelque peu différemment et un bon chef d'orchestre pouvait le faire si bien que les musiciens suivaient naturellement. Aileas se doutait bien que l'homme en était capable et le faisait sûrement.

Le plaisir, il est vrai que l'on pouvait l'atteindre de bien des manières étant donné qu'il s'obtenait en satisfaisant un besoin ou un désir qui pouvaient donc être tout et n'importe quoi. Les personnes qui ne souhaitaient pas l'obtenir devaient être une minorité. Aileas ne faisait pas exception mais elle ne courrait pas après lui, elle ne le recherchait pas réellement. Car quand on vit tel que l'on veut vivre, sans déroger à ce que l'on est, les frustrations se révèlent finalement rares, par conséquent comme elle remplit quasiment toujours ses désirs, la sensation de plaisir n'est plus vraiment la même. Mais oui elle ressentait du plaisir quand elle obtenait quelque chose pour laquelle elle s'était vraiment impliquée mais sa récompense était plus l'obtention de ce qu'elle voulait que ce sentiment qui finirait pas disparaitre. Mais n'en était-il pas ainsi pour tout le monde ? Les deux s'entremêlaient tellement qu'il devenait dur de dire ce que l'on appréciait le plus. Peut-être n'était-il pas nécessairement possible de les distinguer.


"Comme vous le dites, les formes sont multiples et il y a de nombreuses choses qui peuvent m'apporter du plaisir... Essentiellement découvrir, ressentir de nouvelles choses en ce qui me concerne je pense... mais je ne recherche pas une forme particulière, je le vis au quotidien."

Horriblement honnête, du Aileas pur, mais c'était justement parce qu'elle était ainsi qu'elle pouvait être amenée à tenir de tels propos. Cela pouvait paraître aussi très prétentieux mais cela ne l'était que pour ceux qui ne comprenaient pas réellement comment vivait Aileas et les différents niveaux de plaisir qu'elle pouvait obtenir en vivant ainsi. Elle, elle s'en fichait bien de la manière dont on pouvait la percevoir, elle ne changerait pas parce que cela ne convenait pas aux autres.

Aileas but une gorgée de ce vin d'elfe puis finit sa réponse :


"Mais finalement je crois que là où j'obtiens le plus de plaisir c'est quand j'atteins un but que je m'étais fixée. C'est comme ce vin, je l'apprécie et il serait bête de ne pas le faire au vu de sa qualité. Mais je n'ai rien fait de particulier pour l'obtenir, je ne cherchais même pas à l'obtenir."

Aileas baissa les yeux un instant sur son verre, objet sans le savoir de la discussion de deux hommes, puis les replongea dans ceux de l'homme avant de conclure :

"Et n'est-il pas au final plus satisfaisant d'obtenir quelque chose qui n'était pas gagné d'avance ?"

Mais pour un homme comme Tryan de SaintClair qui savait manipuler comme il respirait même cela était encore trop évident ou au contraire la difficulté devenue rare n'en devenait que plus intéressante qui savait ? Peut-être Aileas aurait-elle la réponse, peut-être pas...
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Mar 14 Mai - 16:56

Brisez le verre, et le vin ne pouvait survire en dehors de ce dernier. La robe s’appauvrirait et viendrait recouvrir le mobilier présent, le tanin disparaîtrait sous l'action d'une poussière grandissante, l'arôme se disperserait dans la pièce sans que l'on puisse en profiter, et le liquide s'oxyderait, laissant place à ce que la chimie eut fait de pire à l’œnologie.
Détruire le verre, c'était détruire le vin, et à l'instar de ce noble breuvage, l'humain en était différent, pas en tout point certes, mais peu de personnes pouvaient réellement prétendre à une indépendance forte de leur entourage. Aileas semblait en faire partie, tout comme Tryan depuis la mort de sa moitié. Un glaçon, même sortit du verre ne se dispersait pas, il fondait petit à petit, sauf en cas de froid, et c'était ce qu'il se passait avec le français.
Il ne savait pas s'il fondait ou s'il se maintenait, et quelle importance ? Plus de saveur, même pour ce vin qui ne semblait guère plus plaisant que de la piquette, du picrate de bas étage. À l'image d'une vie désuète et sans intérêt.
Le glaçon ne choisissait pas de fondre plus vite, ni de devenir liquide instantanément et d'ainsi disparaître. Le combat d'une métaphore sans doute bien plus réaliste qu'on ne pouvait le penser en ce monde.

Oh il y avait bien les partisans du suicide. Ces enfants de salauds qui pensaient que la mort pouvait régler tous les problèmes, et dans un sens ils avaient raison, mais la fuite n'avait jamais rien arrangé, et qu'en était il de l'action de s'ôter soi même ce qui était un cadeau du ciel ? Déshonneur parmi les déshonneur, une infamie, un acte contre-nature, même l'animal n'en arrivait pas là, ou alors par stupidité et sans en avoir l'intention.
À ceci, Tryan avait préféré la vengeance. Il y laisserait bien plus qu'il ne l'imaginait, mais il aurait le plaisir d'avoir pris une revanche sur le monde, quitte à détruire, qu'importe, l'homme qui a tout perdu ne craint plus rien, pas même la mort.
Puisque ni la délicatesse, ni la finesse, ni la gentillesse ne semblaient avoir de pouvoir, et avaient conduit à la mort de l'être le plus adorable en ce monde, il faudrait vaincre le mal par le mal. Disait on qu'un sorcier craignait toujours de voir ses propres sorts retournés contre lui … mais où était le plaisir à lyncher un homme avec ses propres armes ? Le cynisme n'avait rien de grandiose, loin d'avoir la superbe de la domination par ses propres créations, par la domination nette d'un style tout autre. L'important c'était le résultat. Il les voulait mort, quitte à se damner, sa conscience, bien que maigre, serait apaisée, et Emily vengée. Voilà ce qu'en secret projetait Tryan. Sans qu'on ne puisse le voir comme c'était le cas ici.

Pas un instant, il ne laissait entrevoir qu'une partie de lui était projetée dans cette optique, et pourtant même là, en sirotant tranquillement ce verre de vin, il y pensait, même en regardant Ailas.
Que tirerait il de cet acte ?
Une vengeance. Et qu'en était il du plaisir ? Il s'en foutait, c'était son devoir de le faire, point, le plaisir n'était qu'optionnel.
On ne tirerait pas de plaisir d'une guerre, et pourtant on la menait. Le plaisir n'était pas le but premier de l'humain, mais alors quel était il ? Le bonheur ? La sécurité ? L'amour ?
Non, il n'y en avait pas. L'humain n'avait pas de but, et cette vision des choses, bien que loin de celles des croyances qu'il affichait, était celle de Tryan De SaintClair. L'humain n'était pas logique. Certes on pouvait le cataloguer dans des cases, mais on avait vite fait de déborder, et de se rendre compte qu'au final, il n'était qu'une créature déplaisante qui ne savait pas s'arrêter. C'était d'autant plus visible avec 'les grands hommes'. Sauf un … probablement le plus sage d'entre tous.
Eris avait déjà discuté avec lui de tout arrêter. Choquant, mais le pouvoir ne l'intéressait pas, parce que le devoir primait sans doute. Ou le bien être personnel, mais pouvait on parler de bien être pour un homme froid qui autrefois avait sans doute été brisé ?
L'humain n'était en définitive pas simple à résumer, même pour le plus grand des psychanalystes.
Et bien qu'il aimait à croire qu'il pouvait l'anticiper, Tryan De SaintClair ne comprendrait jamais Aileas d'Huntingdon.
Il n'aurait pas ce 'plaisir'

"Comme vous le dites, les formes sont multiples et il y a de nombreuses choses qui peuvent m'apporter du plaisir... Essentiellement découvrir, ressentir de nouvelles choses en ce qui me concerne je pense... mais je ne recherche pas une forme particulière, je le vis au quotidien."

L'émerveillement constant hein ?
Tout ça, c'était des conneries selon lui. Une raison d'être pas plus méritante que celle d'un imbécile heureux, car il n'y avait pas de fierté à ne pas savoir. Blasé de tout, probablement, sauf de ce qui n'était pas encore, oui il l'avait toujours été. Au fond, la magie ne l'avait pas toujours surpris, et il se demandait si autre chose que la faucheuse pouvait encore le surprendre.
Cela avait commencé à Beauxbâtons, quand il avait découvert son 'génie'. Pensant que tout lui était dû, que tout lui était accessible, il avait pris de haut la vie elle même, et force était de constater que cela plaisait aux élèves, moins aux professeurs dont certains se sentaient insulter de par son comportement. Qu'importe, il n'en avait rien à foutre, de toute façon, combien étaient des génies de sang pur ?
La question avait vite été réglée.

"Mais finalement je crois que là où j'obtiens le plus de plaisir c'est quand j'atteins un but que je m'étais fixée. C'est comme ce vin, je l'apprécie et il serait bête de ne pas le faire au vu de sa qualité. Mais je n'ai rien fait de particulier pour l'obtenir, je ne cherchais même pas à l'obtenir."

N'était ce point là la notion de don qu'elle mettait en avant ? À moins que cela soit autre chose ? C'était relativement confus comme formulation, et il fallait que Tryan en tire le vrai du faux, tout cela sonnait comme un doux contre-sens à ses oreilles. Pour lui, il y avait une différence entre satisfaction et plaisir. D'un acte assouvi, selon une planification, on tirait un plaisir moindre, un plaisir calculé, sans surprise, et c'était rarement le genre à vous rendre heureux, tout juste bon à vous tirer un sourire discret. C'était ça peut être la satisfaction.
Alors peut être que dans la vie de De SaintClair, il n'y avait pas de plaisir, juste quelques satisfactions. Oui peut être … cela devait créer en lui cette froideur, et peut être qu'Eris vivait la même chose depuis plus longtemps, ce qui expliquait son attitude.
Difficile de profiler quand on parlait d'une chose assez méconnue et qui n'entrait pas dans les douces cases que la psychanalyse avait gentiment défini.

Trop occupé à analyser cette probable découverte, le français n'avait même pas noté le compliment sur le vin, chose qu'il aurait du relever. Qu'importait, il avait un sujet de réflexion progressiste, ce n'était pas un compliment qui détournerait son attention de ce dernier, et bien qu'il fusse capable de suivre et la conversation et son raisonnement, il n'eut pas envie de le faire par commodité, jugeant qu'il y avait bien plus à tirer de la réflexion de l'instant, l'idée fraîche et neuve qui inspire.

"Et n'est-il pas au final plus satisfaisant d'obtenir quelque chose qui n'était pas gagné d'avance ?"

Cette question là le fit tiquer. Elle était pour lui, et elle avait compris bien des choses par cette preuve d'ouverture d'esprit. Commençait elle à cerner le personnage ?
Elle désignait presque spécifiquement son aptitude à manipuler aisément et donc à obtenir avec facilité ce qu'il souhaitait. La rouquine désignait là un point que le français avait depuis toujours souhaiter éluder. Il était né d'une famille aisée, avec les moyens, mais il avait toujours tout gagné par lui même. C'était un gamin pourri gâté car il se gâtait lui même, tout ce qu'il souhaitait, il l'obtenait rapidement par lui même, d'où son attitude hautaine et supérieure. Ce n'était pas le fait de sa naissance, et ça Aileas devait l'avoir compris, il avait simplement les compétences de faire avec simplicité et rapidité ce que certains auraient mis des années à accomplir.
Elle avait percé une des nombreuses couches de glace de Tryan De SaintClair. Une petite maline visiblement, ses réflexions n'étaient peut être pas dénuées de portée finalement, et elles avaient leur utilité semblait il.

L'intérêt du cryomancien n'en fut qu'accru par cette habile manière de détourner la chose.
Elle faisait un pied de nez à tout ce qui touchait la manipulation, et à ce cher Tryan qui, s'il la manipulait, venait d'avoir la belle démonstration qu'il n'en tirerait rien de plus que la finalité d'une action sans plaisir.
Elle ne savait pas que réciter un monologue n'était pas si ennuyeux que ça, mais tout de même, cela n'avait rien d'aussi intéressant que cette belle démonstration qu'elle venait de lui faire. Un esprit si aiguisé se devait de trouver une place à coté de celui du génie. La miss avait clairement du mérite et le jeune homme se demandait même s'il n'avait pas sous-estimé cette dernière.
À trop baisser sa garde, il avait laissé entrevoir une brèche dans laquelle elle s'était engouffrée sans la moindre hésitation, signe d'un opportunisme latent. Si cela aurait pu énerver certains, Tryan au contraire, semblait particulièrement amusé de cette remarque, jugeant qu'il était plus équitable de lui laisser une chance de se défendre en terrain libre plutôt que de subir une énième manipulation.

Et comme la question ne semblait pas rhétorique, il fallut bien y répondre puisqu'elle attendait patiemment une éventuelle réaction voir une réponse, elle n'eut que l'une des deux propositions.

« Ainsi vous condamneriez le génie et la supériorité à l'absence de plaisir ... »

Puisque dans ces deux derniers cas, on était pratiquement certain de tout obtenir. Tryan pouvait en témoigner, ce n'était pas toujours son quotidien, mais presque.
Rarement il lui était arrivé de ne pas obtenir ce qu'il voulait. Il avait souhaité diriger le Rccm, il dirigeait le Rccm, il avait souhaité faire tomber Menroth, le mangemort était tombé, il avait souhaité maîtriser la nécromancie, il la maîtrisait. Accessoirement, il avait souhaité ce dîner et cet après repas, et il l'avait. Le temps faisait partie des données à n'en pas douter, mais trop on oubliait, pas assez on ne pouvait pas savourer à son paroxysme, mais dans ce cas, fallait il attendre pour quelque chose que l'on pouvait avoir plus tôt ? C'était faire passer le plaisir avant le rendement.
Accessoirement, ce n'était pas dans son profil.

« Peut être mettez vous en lumière un paradoxe … l'omnipotent ne pourrait au final pas se procurer un simple plaisir alors qu'il en a techniquement la capacité … l'idée est intéressante, vraiment. »

Regardant son verre, il détailla son vin en poursuivant.

« Seulement la capacité ne fait pas tout … puisqu'il n'est jamais question que de nous même. Les systèmes dans lesquels nous vivons comporte un nombre incalculable de paramètres, vous le savez, il faut alors éluder les plus infimes, selon une loi de probabilité d'évidence. Mais ce réalisme pousse à l'approximation, source d'erreurs, ainsi rien qu'en pensant qu'une chose est gagnée d'avance, il y là source d'erreur puisque nous sommes obligés d'occulter ce que nous ne savons pas, ne connaissons pas, ainsi que les événements les plus improbables … »

Terminant d'un cul sec son verre, le français ajouta en savourant les tanins du vin rouge :

« Et croyez moi … les événements improbables ne sont jamais très plaisants ... »

Puis plus bas, il poursuivit pour lui même.

« Non, ils ne le sont absolument pas ... »

Sa belle l'avait quitté sur un événement improbable. La douleur encore présente de ce qu'il appelait son incompétence, trop occupé à souffrir pour constater que de son fait, en tant qu'humain, il ne pouvait pas tout prévoir. Mais le destin le lui rappelait si cruellement qu'il ne pouvait qu'en garder un goût plus qu'amer. Si son regard eut pu laisser entrevoir de la tristesse, il n'en demeurait pas moins froid, et coupable d'impuissance. C'était sa faute, il avait échoué, tout simplement.
À qui la faute … il ne pouvait que douloureusement l'accepter.
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Sam 25 Mai - 19:29

Le problème avec le tout et ce qui faisait aussi qu’il était si intéressant c’était que l’on ne pourrait jamais le cerner. Ce que disait Tryan de SaintClair était juste et à la fois déjà faux. Car si on cherchait à aller encore plus loin, toujours plus loin justement dans les possibles alors celui qui peut tout, s’il ne pouvait accéder à cette forme de plaisir ne pouvait-il pas en trouver une autre. Une peut-être qu’ils n’étaient même pas capables d’envisager. Justement car ils ne pouvaient pas tout. Tout le raisonnement qui suivit pouvait être confronté au même problème bien qu’Aileas voit bien ce que l’homme voulait dire et concevait bien ce que ces propos avaient de pertinents.

En fait le problème se trouvait ailleurs. Ce n’était plus une question de juste et de faux en vérité. Simplement revenait cette question des limites. Car on pouvait mettre absolument ce que l’on voulait après un mot en apparence si simple comme pouvoir. Y compris donc dire que l’omnipotent pouvait tout prévoir. Évidemment à ce moment-là on ne s’arrêtait plus, l’on était sorti de l’humain, sorti du génie pour passer à un stade au-dessus. Qu’y avait-il au-dessus ? Les déités ? Cela dépendait encore desquelles. Aileas aurait pu partir loin dans ce questionnement sur les divinités, sur ce que pouvait leur apporter leur omnipotence, sur est-ce que le fait d’être omnipotent voulait dire que l’on utilisait en permanence cette omnipotence ou était-ce quelque chose qui se contrôlait ou qui vous arrivez dessus sans que vous ne puissiez rien faire, surement que non, alors que l’omniscience par contre...

Oui elle aurait pu continuer longtemps comme cela. Mais quelque chose dans le changement de ton de l’homme fit qu’elle prêta plus attention à ce qu’il disait. Le verre dans ses mains était déjà vide. Aileas partait souvent très loin de son être lorsqu’elle réfléchissait même si elle partait souvent de quelque chose qu’elle observait, ressentait, entendait à un instant t. Tryan de SaintClair semblait à l’inverse se rapprocher de lui-même. Ce n’était pas la première fois de la soirée que son ton changeait ainsi. Aileas reporta son regard du verre vide de l’homme à son visage. Aileas ne comprenait pas la douleur que l’homme laissait transparaitre. Et fallait-il le préciser, elle ne cherchait pas à la comprendre. Pourquoi faire ? L’improbable n’était pas pour elle, pour le moment peut-être, un handicap, quelque chose à craindre, mais quelque chose qu’elle recherchait. Elle ne ferait pas sienne ce qui avait pu être la faiblesse d’un autre. En cela elle ne pouvait pas compatir et ne chercherait pas à le faire.

Aussi si elle regardait l’homme ce n’était pas pour chercher quoi que ce soit à dire. Elle n’imaginait même pas qu’elle eut pu avoir quelque chose à dire en vérité. Elle ne se sentait nullement concernée. Non elle cherchait juste à analyser un peu plus en profondeur cette sensation qu’elle avait. L’homme vivait encore dans sa blessure et en cela aux premiers abords on pouvait avoir l’impression que l’on pourrait facilement le briser. Certes il semblait l’avoir déjà été mais la vie ne suivait pas de raisonnement et il n’était pas rare que l’on vienne écraser une nouvelle fois les éclats laissés sur le sol. Mais Aileas ne crut pas un seul instant à cette impression là. Car il y avait ceux qui, bien souvent seuls, se sortaient de là où on les avait laissés. Ils recollaient tous les bouts et repartaient. Ce n’était pas un morceau éparpillé qu’Aileas voyait là mais une fêlure. L’être s’était reconstitué, ils ne seraient certainement plus jamais le même, ils lui manqueraient toujours des bouts certainement éparpillés quelque part mais cela ne le rendait pas plus fragile. Certains le devenaient ou le restaient fragiles. Mais d’autres apprenaient de ce qu’ils avaient vécu et se renforçaient. Nul doute que Tryan de SaintClair n’était pas de ceux que l’on écrasait facilement.

Aileas ne songeait même pas à le faire, elle ne faisait qu’essayer de saisir un instant qui était déjà passé et qu’elle laissa filer sans remord entre ses doigts. Des longs doigts fins de pianistes accrochés à des mains pas bien grandes et pas bien épaisses. Si elle le voulait elle ne réussirait très certainement même pas à briser ce verre qu’elle avait alors était-elle capable de briser une vie ? S’il le fallait, nul doute qu’elle n’aurait aucun scrupule à le faire ou à essayer tout du moins. Elle suivrait sa ligne comme toujours. Ligne tortueuse, pleines de détours, de boucles et de zigzags. Une ligne qui avait oublié qu’il suffisait seulement d’aller tout droit dans l’alignement de deux points pour que ça marche. Ou plutôt elle le savait mais elle ne voyait pas en quoi c’était plus simple de faire ainsi, on passait à côté de tant de choses à foncer tête la première en avant.

Aileas but une nouvelle gorgée du liquide. Il n’y avait sûrement rien d’imprévu dans sa venue ici non plus. Qu’est-ce que l’homme qui prévoyait sans pouvoir tout prévenir avait donc en tête ? Aileas aurait pu rentrer dans la longue liste des hypothèses, ce ne serait pas la première fois qu’elle se laissait aller à une telle activité. Mais en l’occurrence elle avait une idée plus intéressante en tête aussi elle passerait son tour cette fois :


“Pourquoi avez-vous voulu venir ici ?”

Parce qu’au final, sa volonté ne prenait pas une grande place dans cette histoire. Non pas qu’elle soit inexistante mais plutôt qu’elle ne cherchait pas à la confronter à celle de l’homme. A vrai dire pour cela il aurait fallu connaître ce qu’il recherchait réellement en ce moment-là et malgré sa question, ce n’était pas précisément ce qu’elle cherchait à savoir. Elle ne cherchait pas non plus à tourner autour du pot, elle était trop directe pour cela. Juste il n’existait pas de questions pour trouver ce qu’elle cherchait.
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Jeu 30 Mai - 23:07

Y avait de bons et de mauvais ressentis ? Question véritable pour un homme déchu et privé de tout amour pour autrui. Se psychanalyser tout seul l'aurait aidé à résoudre ses problèmes, mais il avait une sainte-horreur de l'introspection, surtout maintenant, la souffrance était bien trop présente pour qu'il fasse le point sans péter un câble et lyncher ce qui lui passait à portée de main.
Comme tout les militaires, De SaintClair était un homme de violence, si bien qu'il le dissimulait habilement, mais à bien le côtoyer, vivre avec lui, passer plus de temps, il n'y avait bien que l'amour pour rendre aveugle face à ce fait qui effrayait plus qu'il n'amadouait. Cependant, il n'était pas un homme violent, chose bien différente.
Mais ça, Aileas ne pouvait pas le savoir.
Ne pouvait elle pas comprendre qu'il ne ressentait pas ? Ressentait elle qu'il ne ressentait plus rien qui soit appelé ainsi ? Comprenait elle que désormais, il n'y avait que la logique, et plus de sentiments ?
Tryan, depuis le début contrôlait plus qu'il ne ressentait, elle en avait fait l'expérience en voulant toucher son visage. Une erreur attendrissante ? Pas pour le français qui avait vu là une toute perspective. Son ressenti à elle était plus que limité, vraiment limité au point de ne pas voir l'évidence, mais peut être fallait il le mettre sur le compte de la nouveauté de leur rencontre. Dans ce cas elle ne méritait ni le terme surdouée, ni le terme de génie.

L'intelligence dominait les sentiments, tout du moins, elle était plus efficace, et toujours plus appropriée. Pas seulement s'il était question de logique ou quoi ou qu'est ce, non seulement que les sentiments menaient à la ruine. Mais ils pouvaient aussi mener à la réussite, réussite que l'intelligence pouvait tout aussi bien obtenir, sans prendre le risque de tout perdre.
Sur le papier, l'intelligence était bien plus utile que les sentiments.
Et on en revenait à sa question simple : Et n'est-il pas au final plus satisfaisant d'obtenir quelque chose qui n'était pas gagné d'avance ?
On ne pouvait satisfaire un tel ego. Il ne pouvait plus aimer. Pas même lui même, son narcissisme le déculpabilisait de la mort de sa belle, son amour lui crachait aussi visage avec cruauté qu'il en était entièrement coupable. Ce combat interne faisait plus que déchirer l'homme, il l'isolait, le forçait à se replier encore plus qu'il ne l'était, caché derrière des défenses psychiques bancales mais incisives, il n'y avait plus de pitié, plus de sentiments. Ces mêmes défenses de glace qui étaient tranchantes pour qui se heurtait à elle.
Comme une bête sauvage qui montre les crocs. Tryan restait l'opportuniste défensif, un erreur et il s'engouffrerait dans la brèche, il n'avait pas changé sur ce fait, alors pourquoi ne pas le faire avec elle qui en avait commis une.

Peut être parce qu'elle était vraie. Pas hypocrite, pas envieuse, pas jalouse, elle ne mentait pas, ne trichait pas, elle n'en éprouvait nullement le besoin, et aussi inconcevable que cela puisse paraître à De SaintClair, à plus de la vingtaine elle était aussi innocente qu'une enfant.
Une gamine philosophe dans un corps de jeune femme. Curieux spécimen s'il en est.
Elle ne fonctionnait que par le ressenti, et ne s'en cachait pas, ce qui faisait d'elle une parfaite marionnette, un pion idéal une fois soumis à la suggestion, et pourtant il ne ressentait pas le besoin de la manipuler.
Il voyait en elle une petite psychopathe de bas étage, ne fonctionnant qu'à l'intuition, elle était tout simplement dans le trop ressenti, et de ce fait, elle se coupait du monde réel pour n'être que dans une bulle d'égoïsme, la privant ainsi de sociabilité. La psychologie l'aidait, mais y avait il seulement lieu d'interpréter tout ça ?

Non, qu'elle en profite, et qu'elle conserve cette naïveté sincère, qualité à n'en pas douter, bien que cela impliquait une maladresse certaine. Étrange pour elle qui était habile avec les mots.
Restait à voir si la finesse le doigté pouvaient s'appliquer à d'autres domaines que ses méditations philosophiques.
Charmante créature …

“Pourquoi avez-vous voulu venir ici ?”

D'ordinaire, c'était le moment où il sortait sa baguette d'aubépine, activait le tourne-disque pour servir une charmante musique classique que peu appréciaient à part lui, seulement il ne le fit point. Non pas parce qu'il pensait que la demoiselle n'appréciait pas, bien au contraire, il savait que cela lui aurait plu, mais nan, la dernière fois qu'il avait agi ainsi, c'était avec Emily. Douloureux souvenir encore vivace.
Il se demandait bien ce qui pourrait tourner s'il l'activait. Non, en fait, il ne voulait pas savoir. Il y avait tant de souvenirs avec ces mélodies, trop de souvenirs heureux, portail vers un passé qu'il regrettait. Quel désastre cela serait si jamais il revivait ces derniers, on n'osait l'imaginer.
Et heureusement qu'il n'activa pas la symphonie qui allait être jouée …
Si ce cher Mahler avait pu le calmer, cette mélodie aurait rompu le reste de psyché du personnage, pour lui faire revivre avec nostalgie, en l'espace de quelques secondes tout ce qu'il avait vécu avec sa chère et tendre et là …

Il n'en fut rien. Il était là, à regarder cette demoiselle, candide, forcément innocente sans être niaise.
Si fragile, si faible … pourquoi arrivait il encore à considérer cette sorcière ? Aucun lien avec son sang pur, aucun lien avec ses éventuelles performances baguettes en main, alors quoi ? Une attirance ? Physique, peut être un peu. Mentale ? C'était essentiellement de la curiosité, et du jeu.
Le comprenait elle ? Possible, mais elle était opportuniste à sa manière, le concevait elle ?
Tryan passa une main sur son menton alors qu'il s'affalait dans le fond du canapé.
Ne le savait elle pas ?
Il n'était aucunement question du froid parisien, pas plus que de la neige, pas plus que de l'envie d'un verre de vin, pas plus que l'envie de se poser. Tout se passait selon ce qui avait été logiquement dicté par ce que l'esprit génial du français avait pondu, si inaccessible, si unique, si spécial.
En dépit de l'aura de froid qu'il dégageait, de ce charisme malsain qu'il possédait, de sa tête à claques, elle restait. Et elle savait parfaitement pourquoi elle restait.

Jouez cuivres, jouez cordes, jouez percussions, que l'on sonne le glas de cette farce.
La fin du premier acte était arrivé selon son souhait, puisqu'elle avait posé La Question qu'il attendait précisément qu'elle pose, les mailles du piège se refermaient, lui laissant la possibilité de l'esquiver, mais le voudrait elle ?
La réponse vint comme le couperet de l'espérance, épée de Damoclès qui tombait ainsi sur cet échange.

« Vous attendiez vous à autre chose ? Un rejet ? Une énième manipulation ? »

Quoi de mieux pour manipuler qu'indiquer qu'on le faisait honnêtement.
Ainsi continuait le jeu, le récital, le temps du monologue était venu également.
Alors il la fixa dans les yeux, de son regard d'un vert froid et presque hypnotique.

« Vous attendiez vous au contact que vous n'avez pu obtenir ? »

Il la fixa d'un sourire en coin. Avant de devenir une brume blanche qui fondit dans les airs avant d'entrer en contact avec elle et de la faire disparaître un instant.
Elle était dans ce canapé, un verre de vin à la main, et quelques secondes plus tard, elle se retrouvait sur un sublime fauteuil Louis XV, d'or avec un tissu confortable, devant une cheminée brûlante. L'endroit n'avait guère changé, les teintes étant les mêmes, les dorures toujours omniprésentes. Mais elle était assise dans le seul fauteuil devant la cheminée, ne voyant pas l'arrière de la pièce qui était un grand salon, ou une chambrée, difficile de le dire tant la pièce était grande, mais on devinait qu'elle était une autre partie de la demeure dans laquelle elle avait pénétré peu avant.
Une main froide sur son épaule, de glace qu'elle devait sentir à travers sa robe cyan. Il était là, debout, derrière ce fauteuil, à fixer le feu. Lui, Tryan De SaintClair, qui lui avait interdit un effleurement de visage.
Droit, et noble, il l'avait amené ici. Ici ou ailleurs ? Il venait de lui démontrer qu'un endroit ou un autre n'avait pas d'importance, il était là non pas pour le lieu, mais pour elle.
La main du jeune homme vint effleurer la nuque de la jeune femme avant de saisir une mèche de cheveux roux, puis de la laisser retomber. La main gauche revint sur l'épaule de la jeune femme.
Le lieu importait peu, il s'agissait avant tout d'elle. Et où était la limite de son ressenti ? Pouvait elle ressentir ce que ce contact prolongé signifiait.
Le feu de cheminée avait beau la réchauffer, la main qui gardait ce lien avec elle, devait se démarquer de l'endroit. Pas parcequ'elle était celle d'un sorcier doué d'une magie particulière, mais pour une autre raison, qu'elle pouvait aisément deviné, ou concevoir, dans le meilleur des cas comprendre, ou mieux pour elle … ressentir.

La voix de Tryan perça le silence.

« Que ressentez vous Aileas ? »

Une voix calme, toujours froide, mais moins incisive que lors des débats. Elle n'en était pas plus humaine, juste plus souple, plus légère, l'accent français déformait légèrement l'anglais, mais l'avait elle seulement noter.
C'était sans doute la première fois qu'on lui posait cette question de telle sorte qu'elle ait un sens. Sens qu'elle prenait ici et maintenant, pas ailleurs.
Et pour la première fois de la soirée, elle était la seule à posséder la réponse.
Fin du monologue.

Elle n'était plus une marionnette, elle devenait une actrice de cet échange, de cette 'relation'. Elle existait désormais non plus comme une entité, mais comme un personne qui pouvait ressentir quelque chose. Un pas pour l'homme de logique, un pas qu'elle concevrait.
Son existence impliquait bien des choses. Elle était désormais Aileas d'Huntingdon ...rien de plus, rien de moins.
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On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC)

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