POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC)

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Aileas d'Huntingdon


MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Lun 10 Juin - 10:01

Aileas observait l’homme. Pas pour lui signifier par l’attention qu’elle lui portait qu’elle attendait sa réponse, juste parce qu’au moment où son regard se posait sur lui, elle se rendait compte qu’elle ne l’avait finalement pas vraiment regardé jusqu’à présent. A vrai dire on regardait rarement vraiment les gens. On les voyait et bien souvent on était capable de les reconnaître par la suite tout de même mais on ne remarquait pas nécessairement les changements que ce soit dans le physique de la personne, son style vestimentaire -si elle en avait un- ou plus subtilement dans sa physionomie. Peu de personnes distinguait Lindsay et Astrid, les cousines d’Aileas qui n’étaient pas jumelles mais qui avaient moins d’un an d’écart et qui se ressemblaient énormément. Mais s’il aurait été stupide de dire qu’elle ne se ressemblait pas, il était tout aussi improbable aux yeux d’Aileas de dire qu’elles étaient indissociables l’une de l’autre. Sans même tomber dans les petits détails comme les grains de beauté, l’une avait un visage un peu plus rond et puis surtout avec leurs caractères différents, elles n’avaient pas du tout les mêmes expressions.

Aileas n’avait certainement pas assez bien regardé l’homme encore pour pouvoir le distinguer de par ses traits physiques si elle devait rencontrer quelqu’un qui lui ressemblait beaucoup toutefois une chose le différenciait à coup sûr des autres personnes, c’étaient ces yeux froids. Plus que froids à vrai dire, deux morceaux de glace. Deux pâles reflets sans doute de ce que devait être cet homme. Mais qui disait glace ne disait pas figé, car ce qui se trouvait derrière était loin d’être un esprit rendu amorphe par le froid. Ça bougeait plus rapidement que le flot des pensées, un glacier solide et imperturbable qui cachait derrière cette apparence des torrents tumultueux. Tellement rapide qu’il arrivait à en prévoir jusqu’à l’instant présent là où Aileas le laissait arriver. Il contrôlait le flot sur lequel elle se contentait de surfer. Il y avait beaucoup plus de chances de se laisser envahir par celui-ci dans sa position, un mauvais geste et elle tombait, et quelque part elle en était consciente et malgré tout elle ne considérait pas qu’elle ait à agir autrement. Peut-être parce qu’à vivre dans un monde décalé, elle ne percevait pas réellement les impacts qu’une chute pouvait prendre ou alors plus simplement parce que quand elle chutait aux yeux des autres, elle ne faisait que continuer sa drôle de route aux siens...

Alors quand il lui demanda ce qu’elle attendait, elle aurait pu répondre qu’elle n’attendait rien, il avait très certainement choisi -et il ne s’en cachait pas nécessairement- le prochain embranchement que sa vie allait prendre et elle avait suivi oui parce que cela n’allait en rien à l’encontre de ce qu’elle pouvait vouloir faire. Il était facile de jouer de cela et après ? Tant qu’elle voulait être là où elle était, Aileas ne voyait rien à redire même si ce qu’elle voulait avait été influencé par un élément extérieur. C’était quasiment tout le temps le cas à vrai dire si on y réfléchissait, un sujet d’intérêt sortait rarement du grand néant. La différence ici était que cet élément extérieur exerçait cette influence de manière volontaire, Aileas devait-elle pour autant en faire un critère de rejet. Elle ne voyait pas en l'occurrence de raison de le faire. Si on avait voulu la conduire faire quelque chose qu’elle ne voulait pas, oui mais ce n’était -au moins pour l’instant- pas le cas.

Elle aurait pu donc répondre oui qu’elle n’attendait rien et qu’elle allait juste voir ce que le détour du flot allait lui faire découvrir. Certes c’était une forme d’attente mais il était impossible de vivre dans un présent pur sans perdre beaucoup de ce que l’intelligence pouvait avoir à offrir, Aileas n’avait ni la prétention, ni même l’envie de vivre dépourvue de désir, de projection, de dialogues, d’imagination, et encore tant de choses qui demandaient d’utiliser la pensée symbolique et donc l’appel à des éléments qu’elle n’avait pas en sa présence mais qu’elle était capable d’imaginer et d’envisager.

Mais elle ne répondit rien à cette première question. Au fond l’homme ne se doutait-il pas déjà de tout cela. Peut-être pas. Aileas ne savait pas jusqu’où il avait cerné la personne qu’il était. Sans doute plus loin et de manière bien plus tranchante que quiconque l’ait fait auparavant mais la phrase qui suivit l’amena à se dire qu’il ne la suivait pas toujours aussi bien qu’elle-même pensait qu’il ne le faisait. Le contact qu’il lui avait refusé avait constitué une réponse qu’elle cherchait. Et elle l’avait eu et vu ce qu’elle avait été, elle doutait fortement qu’il revienne sur ce contact-là. S’il devait y avoir contact, nulle doute que ce serait de la manière dont il l’avait choisi ce qui changeait complétement de tout à l’heure. Donc non elle ne s’attendait nullement à ce qu’il revienne sur ce contact. Et pour le coup elle ne l’aurait même pas voulu car cela n’aurait été qu’une grosse mascarade ridicule. Si c’était pour cela qu’il avait souhaité venir ici, elle allait voir ailleurs s’il n’y avait pas des choses plus intéressantes à faire.

Mais sans doute savaient-ils aussi bien l’un que l’autre qu’il n’avait pas l’intention de perdre le contrôle et que donc cela n’arriverait pas ? Aussi la soirée poursuivit son cours dans une ambiance quelque peu différente comme si sa question avait amené la fin d’un moment et visiblement le début d’un autre. Aileas vit l’homme disparaitre d’un un nuage de brume blanche et n’eut pas le temps de s’approprier le nouvel endroit où elle se trouvait désormais qu’un frisson la parcourut alors qu’un contact d’un froid mordant venait de se poser sur son épaule supplantant -avant même qu’elle ait eu réellement le temps de prendre note de sa présence- la chaleur du feu de la cheminée. La main de l’homme.

Cette dernière relâcha un moment son emprise mais même entre le moment où elle effleura son cou et celui où elle se reposa sur son épaule, Aileas put sentir sa présence.


« Que ressentez vous Aileas ? »

La jeune femme avait l’impression que si elle ouvrait la bouche pour répondre, un nuage de buée en sortirait. Non pas qu’elle ait réellement froid, cela aurait été difficile au vu du bon feu qui brûlait juste devant elle. C’était cette présence de l’homme qui arrivait à en occulter ce qu’elle pouvait ressentir par ailleurs. Alors qu’un nouvel endroit s’offrait à elle, elle ne pouvait se détacher de cette présence alors même qu’elle ne faisait que la sentir partiellement de par ce contact sur son épaule. Si Aileas avait été moins dans la sensation, elle aurait sans doute craint Tryan de SaintClair cet homme en qui reposait à l’évidence une puissance que l’on ne pouvait ignorer en cet instant. Mais elle ne résonnait pas ainsi et plutôt que de fuir, elle prit le temps de sentir cette présence et de se laisser envahir par elle en toute connaissance de cause avant de répondre :

“Soit vous connaissez déjà la réponse, soit il ne sert à rien que je vous réponde.”

Les deux étaient sans doute vrais d’ailleurs. La première parce qu’il était évident qu’il n’ignorait pas sa propre présence. La deuxième...

Aileas posa sa main sur celle l’homme. De nouveau elle sentit ce contact refroidir la sienne mais celle de l’homme semblait ignorer les quelques degrés supplémentaires que ce touché aurait pu lui apporter comme elle s’en doutait. Si les hommes étaient des colliers de perles qui se sont cassés et dont les perles s’étaient éparpillés au sol, chacun aurait une manière différente de se construire. Bien souvent chaque homme recherchait la perle centrale, la plus brillante, le but de leur vie qu’ils en aient conscience ou non. Mais pour cela certains tenaient à tout prix à collecter chaque perle mais ils finissaient par mourir avant même d’avoir aperçu le début de la fin, d’autres évitaient certaines perles pour en privilégier d’autres. Tryan de SaintClair lui semblait avancer sans se soucier de ce qu’il devait écraser pour atteindre LA perle, quelle qu’elle soit pour lui.

Il semblait à Aileas que les sensations que les autres pouvaient lui apporter avait été une de ces milliards de perles, écrasées contre ou avec sa volonté. Le fait en était qu’Aileas ne considérait pas comme utile de lui décrire quelque chose qu’il ne désirait pas ou plus connaître. Ce n’était sans doute pas ce qu’il recherchait dans sa réponse.

La jeune femme leva son visage vers l’homme. Même malgré ce qu’il venait d’amorcer... et qu’il avait sans doute déjà amorcé depuis longtemps en fait, il gardait cette distance et cette position de contrôle. Étrange créature que l’homme qui même contre celle qui n’avait nulle intention de s’approcher pour prendre une place qu’elle n’avait même pas ne serait-ce qu’envisagé comme sienne et qui n’avait nulle intention de venir se poser à son encontre persistait à vouloir imposer sa place. Mais là n’était au fond pas le problème d’Aileas.

Spoiler:
 
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Tryan De SaintClair


MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Sam 15 Juin - 18:05

Tout était froid. Si froid …
Là où Tryan De SaintClair posait son regard, il ne voyait que de la glace, un froid mordant, comme étant le reflet de sa vie, de ses sentiments, et évidemment de son être. Le monde tournait vite, et lui était immobile, comme une statue taillée dans un iceberg qui dépassait de loin le sens de l'univers, qu'il n'était pas sans ignorer, mais dont il ne se souciait pas. Pas par nécessité, ni par plaisir, mais parce qu'il n'avait pas envie de le faire.
Ce monde ne lui avait rien apporté qu'un pouvoir non éphémère mais inutile à souhait le plus cher. Lui qui était un homme d'idées, en était devenu un prisonnier. Sorte de handicap permanent qu'il n'avait pas toujours eu. Un incident de parcours pour certains, mais pour lui, c'était plus que ça.
Sa vie avait changé, si on pouvait toujours appelé ça comme ça, mais sans elle, il n'était rien de plus qu'une coquille vide recouverte de givre et qui recelait un pouvoir destructeur. Créer ne lui avait rien apporté, alors il allait détruire, pour reconstruire et … probablement parce qu'il avait besoin de le faire. Briser un homme lui était possible, mais comme il était passé de l'autre coté de la barrière, il avait plus de réticence à le faire, mais plus de facilité dans la manière.
C'était là tout le paradoxe de la souffrance, si on lui survivait, on devenait plus fort … mais plus rien n'avait d'intérêt.

L'envie avait disparu en même temps que l'amour. Adieux douces journées d'été, il n'y aurait plus qu'un long hiver pour Tryan, un hiver qui durerait jusqu'à la renaissance du printemps.
Mais on le savait loin … très loin.
Un cadavre animé, doué de magie et d'intelligence, voilà tout.
L'ambition s'était effacée pour laisser place à un cruel réalisme, qui n'enlevait rien à son génie, mais qui ne le renforçait pas non plus. Non, le français, stratège émérite, ne laissait plus aucune place à l'approximation et au hasard ; et si autrefois ses plans avaient d'un complexité affreuse, ils étaient maintenant inaccessibles au commun.
Alors à quoi rimait savoir ce qu'il voulait ? À rien, il n'avait envie de rien, tout simplement. La fin de tout espoir, pour qui sonne le glas, le couperet ne ressemble en rien à une épée de Damoclès, donc non ce n'était pas vivre, c'était autre chose.
La mort-vie, comme l'appelait les nécromanciens, ressemblait de près à cet état, mais il y avait une étrange différence qu'aucun n'arrivait à désigner par un terme, et si Aileas avait pu le ressentir, son esprit aurait tourné un bon moment avant de pouvoir se rendre compte qu'elle ne pourrait jamais poser un mot dessus, pour la simple et bonne raison qu'il n'y en existait pas.

Tous les nécromanciens étaient habités par la mort, et entretenaient une relation personnelle et unique avec cette dernière. Peu la dominaient, le reste se faisait lentement happer par cette dernière, jusqu'à ce qu'elle ne fasse que les obséder, et les posséder, pour mieux les attirer à elle.
Sentir la raison s'envoler, la chair subsister, mais se corrompre lentement, jusqu'à ne devenir que l'instrument baveux et squelettique de ce qui, autrefois, avait tenté d'être manipulé.
Se lier à la faucheuse, c'était tôt ou tard s'avouer son esclave, son serviteur, ou son adversaire. Et cette dame en noir, ne pouvait pas perdre.

Aileas ne devait pas même penser à tout ça. Non, et dieu l'en préserve, son raisonnement pourrait arriver jusque là, mais pas par le même chemin que celui de l'homme qu'elle regardait. Tout du moins, ce dernier n'espérait pas pour elle.
Ne souhaite pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'il t'arrive. Il fallait croire que le français avait écouté cette morale débile quand il était marmot.

“Soit vous connaissez déjà la réponse, soit il ne sert à rien que je vous réponde.”

Il ne réagit pas à cette réponse.
Elle semblait le surestimer en matière de ressenti. S'il était plus que capable dans bien des domaines, le ressenti n'en faisait plus partie. Alors non, il ne connaissait pas la réponse parce que son cœur était gelé.
Oh certes elle devait avoir froid à son contact, c'était certain, mais quoi d'autre ? Juste ça ? Impossible, si celle qui fonctionnait au ressenti ne ressentait rien, alors c'était qu'elle jouait un jeu bien stupide, à moins que passer pour une autiste lui plaise.
Enfin, Tryan fuyait le contact physique avec les autres personnes qu'il fréquentait pour leur éviter cette désagréable sensation de toucher un cadavre, un glaçon vivant comme aurait dit certains. Sa magie avait pris le pas sur ses sentiments, et le résultat était net et sans bavures.
Alors à quoi bon avancer pour de la magie ?
Il ne le faisait que dans un seul but, pouvoir ressentir à nouveau. En voyant Eris, il avait pris conscience que le temps jouait contre lui, et qu'à trop repousser l'échéance, il ne pourrait plus imaginer ce que cela signifiait. Loin de lui l'idée de penser que son père spirituel était dépourvu de sentiments, non, ils étaient juste plus froids, moins vivaces sans doute, que ce soit l'age ou n'importe quoi d'autre, il devait faire au plus vite.

S'il maintenait cette évidente distance, ce n'était pas contre elle, c'était pour lui. Ne plus s'attacher pour ne plus être déçu, pour ne plus souffrir, et au fond il le savait bien, il avait toujours fonctionné ainsi, les rares fois où il avait essayé de s'attacher … la souffrance n'avait jamais été bien loin.
Et même cette charmante demoiselle ne pouvait éveiller en lui qu'un intérêt qu'il aurait qualifié de minime face à celui qu'il aurait pu lui porter autrefois. Elle n'était qu'un bout de chair, un être humain ? Non, un objet. Tous ne seraient que des objets, et rien que ça. Des objets dont on pouvait se servir pour n'importe quelle besogne.
Mais il ne pouvait fonctionner comme ça avec tout le monde, et il le savait bien. Alors devait elle faire partie de ce cercle très fermé des chanceux du contrat social ? Ah elle de le lui prouver, mais elle ne pouvait pas le comprendre.
Alors pourquoi poursuivre cette entrevue ? Parce qu'elle était belle bien que rousse ? Parce qu'elle éveillait une sorte de désir et de convoitise ? Non, ça il s'en passait, son esprit était bien plus fort que son corps. C'était autre chose, mais il n'arrivait pas à savoir quoi. Une chose lui paraissait certaine, ce n'était pas des sentiments.
Peut être le dernier feu dans cette toundra gelée …

Alors le français la fixa dans les yeux, et sa main droite vint caresser délicatement la joue de la demoiselle. La chaire se rafraîchit, mais cela ne fut pas désagréable. Perdu dans ses pensées, il aurait aimé voir un autre visage que celui de cette rouquine. Il aurait aimé que les choses soient différentes.
Juste une larme … il aurait fallu une larme, mais non. Elles ne pouvaient naître, à peine existeraient elles qu'elle deviendrait un glaçon parmi tant d'autres, un flocon de neige pendant un grand hiver.
Ce que la mort prenait, elle ne le rendait pas.
Et ce constat était difficile à supporter. Et quand l'occasion se présentait pour oublier, comme c'était le cas ici, il fallait qu'elle vienne narguer le pauvre bougre sur lequel elle s'acharnait, comme la misère après le pauvre homme.
D'autant plus que Tryan ne souhaitait pas oublier … alors pourquoi ? À quoi rimait la présence d'Aileas ici ?
Il ne savait pas.

Et ces derniers temps, il avait l'impression de ne plus savoir grand chose.
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Sam 22 Juin - 0:22

Le silence. C’est sans doute ainsi que bien des gens auraient décrit l’absence de paroles échangées qui suivit la phrase d’Aileas qui sembla comme mourir, effacée justement par ce vide qui l’avalait. Mais le silence, absence de bruit, n’existait sans doute pas. Même les sourds devaient avoir une forme de perception des sons. Par les vibrations notamment que le son pouvait faire en se propageant, même elle les ressentait parfois ces vibrations mais elle ne les avait jamais isolées du son qu’elle pouvait percevoir. Cela devait pouvoir s’expérimenter. Une potion ou un sort qui rendait sourd pendant une certaine durée, ça devait exister ou même un objet magique qui permettait de ne rien entendre en les mettant dans les oreilles... Idée tentante qui aurait certainement amené la jeune femme à partir dans tout autre chose... si elle lui avait traversé l’esprit. Mais elle ne le fit pas car même si l’idée qu’un véritable silence puisse régner dans la salle ne lui serait jamais venue, elle ne percevait réellement pas vraiment les quelques bruits qui existaient pourtant dans la pièce à commencer par le bruit du bois en train de se consumer dans l’âtre.

Son attention était toute portée sur l’homme et si elle avait dû entendre quelque chose, cela aurait été le bruit de sa respiration à lui. Il y eut sa main sur sa joue. Mais la véritable chose qu’elle ne pouvait pas lâcher, sans qu’elle ne sache réellement pourquoi, c’était surtout son regard. Peut-être qu’elle y cherchait la raison à cette impression différente qu’elle ressentait venant de lui depuis quelques instants. A moins que ce soit justement parce qu’elle le regardait si profondément qui avait fait qu’elle avait cette sensation. Les sensations, c’était souvent dur à expliquer si l’on ne prenait pas la peine de s’y pencher dessus et parfois elle s’évanouissait avant que vous en ayez eu le temps. C’était quelque chose d’éphémère et de peu fiable, Aileas en avait conscience mais cela lui importait peu.

Mais Aileas cette fois-ci ne prit pas la peine de chercher ce en quoi Tryan de SaintClair pouvait lui paraître légèrement différent même si des brides de sentiments passèrent comme des semblants de réponse auxquels elle ne savait pas quelle valeur donner. Elle avait l’impression que si ce moment s’éternisait comme cela, sans bouger, sans un mot, elle allait perdre quelque chose. Elle n’était pas du genre à se précipiter ou à considérer les moments de calme comme des moments perdus, inutiles... mais cela ne voulait pas dire qu’il n’y avait pas des moments où elle ne ressentait pas le besoin de bouger, d’agir, de rompre un silence. Pas forcément de manière brusque. Il n’y avait pas nécessairement urgence. Il y avait juste ce sentiment qui lui donnait envie de faire en sorte que les choses ne se figent pas comme cela.

D’ailleurs n’était-il pas étrange qu’elle ait cette impression ? Elle qui jusqu’à présent avait eu le sentiment que quoi qu’il puisse se passer, l’homme avait toujours un pas d’avance si bien que les évènements ne pouvaient faire autrement que d’aller de l’avant. Il y avait-il désomais un élément qui lui échappait même à lui ? Evidemment qu’il ne pouvait tout prévoir, il l’avait lui-même admis mais nul doute qu’il faisait de manière à ce que cela ne se perçoive pas. Alors qu’est-ce qui, là maintenant, changeait ?

Aileas se détacha du dossier du fauteuil et se tourna de manière à faire pleinement face à Tryan de SaintClair. Elle ne pouvait affirmer que son sentiment était juste, que ces impressions étaient la réalité. C’étaient là des choses qui pouvaient être très influencées par celui qui ressentait et donc extrêmement subjectif. Mais l’homme n’avait jamais eu pour vocation d’être un être objectif. Aileas bougea encore. Désormais elle était à genoux sur le fauteuil, ses bras s’appuyant sur le haut du dossier, sans doute plus proche en cet instant physiquement de l’homme qu’elle ne l’avait été jusqu’à présent. Pourtant elle ne le touchait pas mais ses yeux ne lâchaient pas les siens.


“Si même vous ne pouvez pas ressentir la chaleur de ma main quand je la pose sur la votre, cela ne veut pas dire que vous ne sentez pas qu’elle est là.”

Aileas n’enchaina rien après cette phrase. Elle était bien la dernière à donner des leçons aux autres. Elle ne formulerait donc pas ce qui n’était pas à formuler. Elle se rendait vaguement compte qu'ainsi elle n'aidait sans doute pas à se faire comprendre mais à quoi bon se battre pour des causes perdues. En faisant de longues tirades ne risquait-on pas autant d'augmenter les chances d'incompréhension ? Si dire cela lui suffisait alors elle s'en contentait et si du coup il voulait mettre le sens qu'il voulait ou ne pas en mettre derrière cette phrase c'était sans doute presque même mieux, qui sait...
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Lun 24 Juin - 16:41

Ce que ressentait Tryan en cet instant, s'apparentait à la même chose qu'être couché dans une neige fraîchement tombée. Tout autour de lui, il n'y avait aucune chaleur. C'était à se demander si un brasier pourrait un jour réchauffer cet homme, pire, si son sang circulait encore.
De temps à autres, un frisson parcourait son échine, mais rien de plus. Tout ça n'avait aucun sens concret.
L'hiver semblait continuer à prendre son du, encore un peu plus à chaque fois que le français respirait, jusqu'à devenir une statue de glace, animée par le seul désir de revoir ce qui ne pouvait être ramené. Le jeune homme n'était pas du style à oublier.
Quelque fois, il lui arrivait de ne pas y penser, mais, lorsqu'un chiffre le lui rappelait, lorsqu'une odeur apparaissait, lorsqu'une phrase était prononcée, alors là, il y avait probablement plus de mal que de bien à lui faire se souvenir de son amour disparu.
Mais les choses étaient ainsi faites, la douleur persistante continuait à lui miner l'existence, rien ne semblait pouvoir lui faire oublier ce sentiment d'abandon, ce froid dans lequel il vivait.

Y avait il un être vivant pour pouvoir apporter un peu de chaleur, et chasser ce froid ? Il ne devait pas y en avoir, tout du moins, il ne pensait pas qu'il y en est.
Alors pourquoi attendre quelque chose de cette demoiselle ? Car c'était de ça qu'il s'agissait, pas pour ses beaux yeux, pas pour la discussion, il attendait quelque chose d'elle, sans vraiment savoir quoi, il fallait le dire.
N'étant pas un homme d'intuition, il était rare de le voir fonctionner ainsi, mais ses sentiments perdus l'empêchaient d'avoir la même acuité qu'autrefois, si bien qu'il pouvait en perdre de sa superbe. La magnificence n'était plus qu'un lointain souvenir, perdu dans l'espace-temps, crucifié par des inconnus.
La nostalgie et le passé le rongeaient, au détriment d'un génie qui ne demandait qu'à briller encore plus qu'il ne le faisait. Seul la magie lui permettait d'avancer, la magie et les promesses qu'il avait fait, après quoi, il ne s'agissait pas que de se détourner de la voie qui lui était tracée, il y avait plus à trouver à creuser à coté.
Seulement il n'arrivait pas à oublier ce qui faisait de lui l'homme qu'il était. Une promesse était une promesse, et il les retrouverait, après quoi … il ne répondait plus de rien, et quelques corps seraient semés ci et là, avant de devenir des larbins.
Il l'avait dépouillé de tout amour, il leur prendrait la vie, et plus encore.

Sans qu'il n'ait tiqué, elle avait changé de position. Désormais, elle était à genoux sur le fauteuil, les bras sur le dossier, le visage proche de celui de l'homme qui l'avait invité ici. Un regard insistant, un échange parmi tant d'autre.
Si parfois elle pouvait avoir des attitudes dignes d'une matriochka russe, voir d'un philosophe savant, son comportement était parfois enfantin, et cela pouvait troubler. L'innocence et la réflexion, un mélange entre candeur et analyse.
Elle était folle, et alors ? Ça ne lui enlevait ce qu'il y avait de plus appréciable en elle.

“Si même vous ne pouvez pas ressentir la chaleur de ma main quand je la pose sur la votre, cela ne veut pas dire que vous ne sentez pas qu’elle est là.”

Il eut un bref sourire en coin, suite à quoi il répondit calmement, toujours froid et tact.

« Les fruits ne demandent qu'à mûrir, les bourgeons à fleurir, et pourtant ils finissent par pourrir et faner. »

Soufflant calmement, il poursuivit.

« C'est cette même intention qui les corrompt, tôt ou tard. »

Plissant légèrement les yeux, son regard se fit plus vif, plus vivant, comme s'il venait d'ouvrir une des nombreuses barrières qu'il avait placé entre Aileas et lui.

« Croyez vous que je recherche plus la chaleur que le contact ? Le ressenti que la sensation ? En êtes vous certaine Aileas ? »

Ou bien ces certitudes ne demandaient qu'à être balayées.
Encore une fois, elle s'enfermait elle même dans un piège qu'il n'avait pas tendu, et venait de passer à coté de quelque chose. On aurait pu lui dire qu'elle aurait mieux de se taire, mais là n'était pas l'avis de Tryan, ça non. Elle avait le droit de s'exprimer, quitte à aller titiller l'erreur, tant que cela ne lui était pas préjudiciable.
La réponse à la question était simple pour lui parce qu'il le vivait, il ne pouvait ressentir, alors à quoi bon s'entêter à chercher le moindre ressenti ? Tout ça n'était plus que physique, et à moins de le comprendre, on voyait ce que le commun faisait, s'enfermer dans la drogue ou l'alcool pour essayer de se sensibiliser jusqu'à ressentir à nouveau, seulement … cette faiblesse était la cause de la chute, à l'image du fruit qui pourrit en cherchant à trop mûrir.

Tryan avait essayé l'alcool à la disparition d'Eris, mais toutes les vodkas avaient le même goût, celui de la désillusion, et dieu qu'il était désagréable. Ce n'était pas la première perte, et peut être qu'heureusement, seulement, qu'est ce qui pouvait lui faire remonter la pente ? Rien, le seul moyen de guérir était d'aimer, et il en était foutrement incapable en ce moment.
Non, il ne se donnait pas cette chance, il ne le pouvait, car il ne savait plus aimer. Six ans de confort l'avait insensibilisé à la séduction, il admirait les corps sans les toucher, il jouait avec les esprits sans les charmer, pour la simple et bonne raison qu'il ne savait probablement plus comment faire.
Oh certains auraient dit qu'il était bon séducteur, faux, il était bon manipulateur, et la manipulation aidait dans tous les domaines, mais cela ne faisait pas de lui un homme à femmes pour autant, peut être même qu'au contraire, elles le répugnaient un peu plus.
La plus belle avait été happée par la mort, alors les autres, qui étaient moins belles, moins généreuses, devaient elles payer le prix, le lourd tribut que représentait la fin de la meilleure d'entre elles ? Il pensait que oui, la faucheuse aurait du prendre le piètre avant de s'attaquer aux hautes sphères. La conclusion était toujours la même, les meilleurs partent toujours en premiers.

Femmes ou fillettes, aucune ne la vaudrait jamais, on ne pourrait la remplacer.
Alors pourquoi était elle là ? Que faisait elle là ? En quoi sa présence justifiait il qu'il la garde ainsi ? Rien de logique dans tout ça, il n'avait plus d'espoir, alors pourquoi cette demoiselle.
Ça n'avait pas plus de sens que de chercher de la glace au centre d'un feudeymon, elle était simplement là, sans vraiment comprendre, et surtout sans que lui ne le comprenne.
Peut être qu'au fond, une fois de plus dans sa vie, il n'agissait pas en toute logique, bien que cette fois il ne soit certainement pas question de sentiments.

Afin d'illustrer sa réponse précédente, il posa une main sur celle de la demoiselle. Si cela pouvait l'aider à comprendre, à se glisser en son être, et essayer d'avoir une vision de ce qu'il pouvait sentir ou ressentir.
C'était casse-gueule, il le savait, mais l'homme n'avait plus rien à perdre. Il se foutait qu'on le comprenne ou non, ce qu'il voulait, c'était oublier, un instant, plus de ressenti, plus rien ne devait avoir d'importance. Juste le moment présent, et tout oublier, pour mieux recommencer.
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Aileas d'Huntingdon


MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Ven 5 Juil - 20:02

Ce qu'avait mis exactement Tryan de SaintClair sous, sur ses mots qu'importait la manière et les degrés, Aileas ne savait pas et ne cherchait pas à savoir. Les cheminements de pensées étaient quelque chose dans lequel elle finissait toujours par se perdre. En dehors du fait que l'esprit de l'homme était sans doute bien plus complexe que celui de bien des gens qu'elle avait rencontré -et finalement par son isolement, elle n'en avait pas rencontré tant que ça, elle savait pertinemment que ne comprenant pas ce qu'il semblait relever de l'élémentaire pour les autres, son raisonnement était souvent faussé même avant d'être entamé. Ce qui pour être honnête ne l'avait jamais empêchée de le faire parce que la gymnastique l'intéressait plus en elle même que pour le résultat qui ne tombait pas souvent juste.

Mais là ce qui était intéressant plus que le cheminement c'était ce fait que oui, il y trouvait quelque chose sans qu'elle ait besoin de se répéter, se reformuler ou encore d'expliquer. Était-il sûr de ce qu'elle avait associé à ses mots, se fichait-il de savoir ce qu'elle avait voulu dire exactement ou savait-il qu'elle-même se fichait de faire passer son sens et qu'il construise le sien lui allait beaucoup mieux ? Des trois propositions c'étaient la dernière qu'elle éliminerait en premier si elle avait à faire un choix. Pas parce qu'il n'était pas capable de savoir qu'elle se fichait de cela mais elle ne le voyait tout simplement pas se limiter aux avis des autres. Mais peut-être qu'elle transposait sa vision des choses sur lui qui sait... Après à choisir entre les deux autres... Elle faisait peu de cas de bien des choses en ce monde, c'était à son sens logique et ne s'en cachait donc pas, inutile de dire que quelqu'un qui puisse n'en avoir rien à faire de ce qu'elle voulait ne la choquait pas. Ce qu'elle n'aimait pas c'était ceux qui cherchaient à imposer ce qu'elle ne voulait pas... Et comme elle le savait capable d'avoir compris ce qu'elle avait voulu dire, elle ne ferait pas de choix entre les deux derniers. C'était même peut-être un peu des deux. Voire une raison qu'elle n'avait même pas envisagé.

Alors qu'il répondait, son visage changea mais plus que cela, pour Aileas qui ne suivait pas le fil des expressions, son regard changea quand vint une question. La réponse avait-il son importance pour l'homme ? Certainement que non dans le fond : Aileas ne lui apporterait sans doute jamais rien, elle le savait. Quand bien même la réponse ne le satisferait pas, n'était pas celle qu'il pouvait possiblement attendre, il ne perdrait rien. Mais le fait est qu'elle était là et que l'importance de quelque chose était si fragile que cela ne servait pas à grand chose de s'y référer.

Un temps passa pourtant Aileas qui avait envie de répondre et qui sentait déjà ce qu'elle pensait répondre demeura silencieuse. Même encore après que l'homme ait posé sa main sur la sienne. Sa réponse grandissait en elle. Par ce regard, par ce touché. Enfin quand elle la fut prête à cueillir, elle la servit. Rien de juste, rien de faux. Jamais rien que sa vision des choses, en cela elle n'était sûre de rien mais à quoi bon dire l'évidence, le reste était plus intéressant en tout cas au moins pour elle :


"Le premier décrit bien mieux mon monde qu'il ne décrit le votre. Le deuxième n'est à mon sens pas toujours agréable, je doute qu'il le soit encore plus pour quelqu'un qui ne fonctionne pas avec le premier. Le tout pour l'instant me concerne bien plus qu'il ne vous concerne."

Et donc là n'était pas la réponse à ce qu'il voulait mais comme se serait sans doute toujours le cas, enfermée comme l'était dans son cercle de verre, elle partait d'elle avant de pouvoir passer à l'autre.

"A vrai dire je ne pense pas que vous recherchiez le premier et le deuxième sans le premier me semble n'être qu'une illusion, quelque chose d'éphémère en tout cas, un échappatoire peut-être même."

Était-ce étrange pour quelqu'un qui vivait autour de cela d'envisager quelqu'un à son opposé ? L'homme n'était pas homme que par ses ressentis loin de là. L'homme était même plus homme par son esprit qui le définissait en tant que tel que par autre chose. En n'ayant plus ce que bien des hommes considéraient comme faisant l'humanité de cet être, l'homme se rapprocherait donc de ce qu'il était au plus profond de lui-même ? Aileas en vérité trouvait la question passionnante et comme d'habitude la réponse universelle qui n'existerait sans doute jamais ne l'intéressait pas. Ce que l'Homme, celui avec un grand H, était, chaque homme devait-il l'être ? Pour Aileas on devait être ce que l'on voulait être. Ce qui est a peu de valeur, demain il ne sera déjà plus.

Qu'est-ce qu'Aileas faisait là ? Elle elle savait en ce qui la concernait mais lui ? Pourquoi sa compagnie si au fond ce qu'elle disait, ce qu'elle faisait pouvait aussi bien être balayé et oublié l'instant d'après ? La jeune fille regardait de nouveau l'homme, si d'autres changements venaient qu'ils soient pour se fermer ou pour encore muter vers quelque chose d'autre, elle ne voulait pas le louper. Il vivait par l'esprit, elle vivait de sensations et d'impressions. Peut-être avait-il simplement besoin de se confronter à cette personne qui ne suivait pas du tout le même chemin que le sien pour mieux finalement poursuivre sa route ensuite. Dans tous les cas il poursuivrait sa route, celui ou celle qui l'arrêterait ou le ferait changer de voie, ce n'était pas elle. Justement peut-être parce qu'elle ne voyait aucune raison de le faire. L'aurait-elle dû ? La question ne lui effleura même pas l'esprit.
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Jeu 11 Juil - 0:37

Chaque flocon faisait partie de ce qu'était une couche de neige. Cette structure cristalline avait besoin de petits flocons pour exister, de l'ordre, et d'un alignement. C'était le maître mot pour la glace, l'ordre. Des molécules d'eau agencées d'une manière précise, pour une structure cristalline, ni plus ni mois que de l'ordre dans ce qui en était dépourvu.
L'eau, la vapeur, tout ça n'était que le désordre, le chaos comme certains se seraient plus à l'appeler, mais est ce que Tryan De SaintClair était un homme de chaos ou d'ordre ?
Il avait une certaine rigueur naturelle, une logique à laquelle il dérogeait rarement, un ordre particulier qu'il ne souhaitait probablement pas briser, car il avait eu tant de mal à le retrouver … mais cette perte n'était rien face à celle de l'être qu'il avait aimé.
Qu'il avait aimé ? Non, qu'il aimait.

Oui il aimait cette morte. Plus que tout probablement, plus qu'il ne pourrait jamais aimer, et pourtant il lui en voulait ; de l'avoir abandonné, de l'avoir laissé, de le faire souffrir. C'était égoïste, mais l'amour était égoïste, il s'était plu à s'aimer à travers elle, il le savait, et il avait aussi appris à l'aimer elle. Tout ça pour qu'on lui enlève.
Si elle avait pu, si elle avait su … les choses seraient différentes. Il ne se passait un jour sans qu'il regarde cette photo sur sa table de chevet, pas un jour sans qu'il ne veuille l'embrasser, pas un jour où elle ne lui manquait pas.
Si elle avait su …

Il ne lui avait pas suffisamment dit qu'il l'aimait. Non, il était bien trop con à l'époque, il se disait qu'elle le savait, alors pas besoin de lui dire. C'était aussi quelque part le moyen de fuir cette faiblesse, se dire qu'au final, il n'avait pas besoin de ça et qu'elle faisait partie de son quotidien, qu'elle était là sans vraiment l'être, qu'elle était certes importante, mais que voilà, elle n'était rien de plus qu'une 'extension' de ce qu'il était. Sauf que justement, la perte de cette extension, elle avait été bien plus douloureuse que prévu.
Amputation du cœur en laissant une belle ouverture, et derrière celle ci, un vide.
Voilà ce qu'il restait, de la viande froide, bonne qu'à périmer une fois qu'on l'aurait réchauffé, et sinon, elle pourrirait là, comme elle était entrain de le faire à petit feu dans ce froid implacable et sans pitié.

Cela devait être trop lointain pour qu'Aileas repense aux premiers mois de la perte d'un de ses proches, de ce qui l'avait ainsi crée. Elle ne savait pas ce que c'était que de souffrir, non, elle ne savait pas, mais lui … lui il le vivait. Jamais cette gamine pourrie gâtée ne pourrait compatir, jamais elle ne pourrait lui dire qu'elle sait ce que cela fait, jamais elle n'aurait d'utilité pour apaiser cet esprit tourmenté.
Et pourtant elle était là, tout en le sachant.
Oh elle devait bien s'en foutre, derrière son culte du Moi, du Je, elle ne pensait qu'à sa gueule, et elle avait raison. Du moins, Tryan lui donnait raison, c'était le meilleur moyen de ne pas être déçue, et elle avait trouvé le bon compromis entre une vie agréable et paisible.
Du ressenti, mais pas de sentiments. Elle devait être heureuse cette petite psychopathe de bas étage, qu'elle le reste, et qu'elle en profite. Oui, au moins une femme sur terre serait définitivement heureuse. Quitte à être une imbécile heureuse d'ailleurs …

"Le premier décrit bien mieux mon monde qu'il ne décrit le votre. Le deuxième n'est à mon sens pas toujours agréable, je doute qu'il le soit encore plus pour quelqu'un qui ne fonctionne pas avec le premier. Le tout pour l'instant me concerne bien plus qu'il ne vous concerne. A vrai dire je ne pense pas que vous recherchiez le premier et le deuxième sans le premier me semble n'être qu'une illusion, quelque chose d'éphémère en tout cas, un échappatoire peut-être même."

Elle ne mentionnait pas les termes, tout ça pour s'en distancier, parce qu'elle ne se les appropriait pas, ou l'avait fait mais le sens devait être différent. À moins qu'il fusse identique et qu'elle ne souhaitait aucune redondance. Mais sa vie de commissaire devait l'être, encore un paradoxe entre ce qu'elle voulait, et ce qu'elle avait. Le comprenait elle ?
Possible, à travers l'éphémère de la sensation, chose qu'elle s'évertuait à rechercher, on ne trouvait là que le plaisir de l'instant, rien de plus, rien de suffisant pour qui était ambitieux, ou avide.
Rien de ce que Tryan pouvait toucher ou approcher. L'éphémère le répugnait presque désormais, et si on lui avait dit de profiter de la vie … alors là, il vous dirait qu'elle est bien trop courte, mais que mener une vie de barreau de chaise, ça n'a de sens que si on peut en profiter, ce qui n'était pas son cas de toute évidence.
Alors s'avançait une évidence face à la situation, une évidence qu'il énonça en baissant les yeux, sur un ton froid, presque désespéré devant ce constat qui l'affligeait.

« C'est ce que nous cherchons tous Aileas, un échappatoire. »

Sans prévenir, il déposa un léger baiser à la demoiselle.
Peut être serait cet échappatoire providentiel ? Peut être pas. Il avait ça, sans réfléchir, sans ressentir d'ailleurs, ce n'était ni une pulsion, ni un acte consenti, c'était ce qui devait être.
Ce baiser fut fugace, léger et rapide, comme la bise fraîche du matin, rien qui ne fasse peur, rien qui ne blesse, qui ne fusse autre chose que le profit du moment présent pour qui le subissait.
Un simple french-kiss, mais qu'avait elle ressenti ? Le froid ? La solitude ? La passion ? Elle aurait ce ressenti personnel, cette petite note de gel en elle lui éveillerait des sensations qu'elle ne devait pas connaître, comme un festival de découverte.
Mais ça, il s'en foutait.
Il ne l'avait pas fait pour elle, ni pour lui, ce n'était pas égoïste, pas plus qu'intéressé ou calculé, c'était ce qui devait être.
Il avait pris de la vodka pour oublier, il essayerait de la prendre elle, en espérant plus de succès.

Il lui offrait une sensation, une sensation qu'elle avait voulu plus tôt, et qui arrivait maintenant, comme une porte de sortie, non pas à la discussion, mais à ce qu'il vivait. Cette porte de sortie se verrait peut être une porte d'entrée vers autre chose, il ne savait pas, il ne craignait pas l'inconnu.
Il aimait Emily, il ne pouvait se résoudre à ne pas l'aimer, à l'oublier, il n'y arrivait pas seul, alors il avait besoin d'aide, mais il ne la demandait pas, il allait la chercher, et si un jour elle revenait, il espérait plus que tout que ce jour vienne, elle lui pardonnerait.
On ne trompait pas une morte, ou ne faisait pas cocue une morte, on ne faisait rien avec les morts ! Et c'était précisément ce qui le dérangeait.
Alors Aileas d'Huntingdon serait un maigre lot de consolation, un échappatoire, et pour elle ? Il se foutait bien de ce qu'il serait, au fond, c'était peut être égoïste si … mais il se foutait bien que cela le soit ou non.
Il avait besoin d'une sortie, elle avait besoin de sensations, voilà tout. Un échange de bons procédés.

On a toujours besoin d'un plus petit que soi ...

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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Lun 22 Juil - 21:33

Ne faisait-on jamais que se tendre vers ? N’y avait-il un seul instant où l’homme pensait avoir trouvé ce qu’il cherchait ? Où il se posait sans rien envisager d’autre que ce qu’il avait ? Sans pour autant rester figé sur place, juste en avançant dans un ensemble qui lui convenait jusqu’à la prochaine perturbation qui l’aménerait de nouveau à chercher ? Avait-il besoin de lui-même de se rajouter des défis là où la vie en donnait souvent déjà ? Un état entre celui de l’animal qui ne vit que du présent et celui de l’homme qui va désirer et se projeter dans ce qu’il n’a pas juste devant lui ?

On cherche tous un échappatoire ? Cette phrase semblait tellement juste qu’Aileas aurait voulu approuver mais elle n’en fit rien. Elle avait cherché, elle avait déjà trouvé. Avant même sans doute d’avoir songé qu’il lui en fallait un. Une sorte d’instinct de survie bâtard que celui de protéger son esprit à l’instar de ce que l’on peut faire avec sa vie. Cela avait-il marché ? D’aucun dirait non, elle dirait oui voilà sans doute pourquoi elle pouvait dire qu’elle avait trouvé. Depuis elle allait toujours derrière le même mur, derrière les mêmes raisons, toujours. Peut-être n’était-ce qu’une illusion destinée un jour à s’écrouler mais c’était une illusion qui faisait sa vie, qui la détournait sans doute aussi d’une autre vie qu’elle aurait pu vivre mais c’était la vie qu’elle vivait et qu’elle présentait aux autres. Une illusion faite réelle et jetée aux yeux de tous. Étrange solution sans doute son esprit avait-il trouvé en lui faisant prendre ce chemin.

Cherchait-elle encore ? Pour échapper à quoi ? Elle aurait du fuir sans doute bien des choses sans le faire. Pourtant elle savait que son état ne la protégerait pas de tout, elle avait conscience des craintes des autres mais n’arrivaient pas à les partager faute de les comprendre. Mais peut-être que simplement sa façon de toujours continuer à aller de l’avant constituer lui aussi un échappatoire. A qui ? A quoi ? La vie ne pouvait-elle être qu’une fuite perpétuelle plutôt qu’une recherche perpétuelle ? Du bonheur, de la richesse, de la gloire, de la connaissance... Tous des artifices ? Sans doute, des constructions humaines dans tous les cas. L’un masquait l’autre et vis versa au grès et au besoin de l’homme.

Mais une illusion éphémère pouvait-elle satisfaire ? Aileas avait une illusion durable où elle pouvait s’appuyer sans soucis. Pouvait-on fuir sur un pont de papier ? L’homme pourrait-il se contenter à jamais de cela ? Cela devait être à la limite de l’insupportable, si ça ne l’était même pas tout simplement, insupportable. Et s’il le faisait pourtant... Avait-il encore l’espoir en lui que ce n’était possiblement qu’un état passager ? Était-ce pour cela qu’il pouvait ?

Alors que déjà la sensation des lèvres de l’homme sur les siennes disparaissaient, Aileas ne songeait pas tant à ce qu’elle avait ressenti. Quelle importance si ce n’était pour lui que pour elle ? Elle songeait à lui. Pas tellement pour elle. Pas plus pour lui. S’il l’avait voulu sans doute aurait-elle pu entrapercevoir la volonté de le faire pour lui. Non juste parce qu’au moment où ses lèvres s’étaient posées sur les siennes, ses pensées s’étaient figées sur cette question. Étrange lien. Étrange sentiment qu’elle avait en ce moment alors que les événements faisaient leur bout de chemin. Quelque part la conscience en elle de là où ils en étaient arrivés et en même temps cette impression de ne rien savoir et d’être comme une fissure au milieu d’une grande étendue blanche. Toute petite, insignifiante, que l’on aurait si facilement pu boucher mais qui était restée là même pas nécessairement pas désintérêt mais parce que l’on ne penserait que jamais personne d’autre ne mettrait les yeux sur cette petite fissure dans l’étendue blanche se perdait à l’horizon. Pourtant une personne était arrivée là et avait mis le doigt sur la fissure. Trop tard pour ne serait-ce que pour masquer l’endroit avec quelques phrases d’explications. Aileas n’avait que ce qu’elle avait pu percevoir de son côté des choses. Quelques poussières rien de plus.

La jeune femme baissa les yeux sur la main de l’homme toujours posée sur la sienne. Avait-elle jamais eu besoin des artifices des autres pour continuer à avancer ?  Etre cette fissure n’était pas un échec pour elle. Qu’importe si son ignorance l’amenait à prendre des chemins quelque peu différents, il en avait toujours été ainsi. Avait-elle eu une seule fois à revenir sur ses pas ? Aileas retourna sa main pour saisir lentement celle de l’homme s’insufflant dans chaque endroit où sa peau touchait la sienne même si cela restait très léger. Cette main n’était pas juste une partie de son corps bien utile, elle était cette main. Alors regardant de nouveau Tryan de SaintClair elle se leva. Elle partait à la recherche de quelque chose donc elle ne connaissait pas même l’ombre, pas même le contour. Rien en vérité. Mais elle savait qu’elle cherchait quelque chose parce qu’il y avait toujours quelque chose. Un Colin Maillard sans connaître l’apparence et les noms des gens avec lesquels on joue. Mais si on recherchait ce que les règles vous disent de chercher, cela n’est pas intéressant n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Jeu 1 Aoû - 19:06

A ses lèvres bleutés, à la saveur macchabée, elle resta accrochée.
Juste le temps qu'il lui avait presque imposé. Un dominant, un dominé, il en avait été toujours ainsi, et sans surprises, il était aux commandes de cet artifice, bien qu'il fusse probablement le moins à même des deux à le faire, et pourtant.
En amour comme en sexe, tout n'était affaire qu'égoïsme, et Tryan n'échappait pas à la règle. Ce qu'il faisait, c'était uniquement pour lui, pour lui et pour personne d'autre.
Ne le faisait il pas pour elle ? Pas pour Aileas, mais pour cette morte qu'il pleurerait encore longtemps ? Était ce une vengeance ? Celle du fait qu'elle l'ait abandonné trop tôt, et de manière si brutale, si brusque … peut être. Ce soir, il n'avait pas envie de réfléchir.

Alors pourquoi cette allumée et pas une bombe sexuelle comme il aurait pu en trouver tard le soir dans les rues de Paris ? Pourquoi cette rouquine inutile et insignifiante ? Peut être parce que justement, elle était insignifiante, parce qu'elle n'était rien. Rien … rien de plus qu'un jouet, que l'on utilise et que l'on jette, voilà ce qu'elle serait.
Elle profiterait un temps et quand l'heure serait venue de la jeter, il le ferait. Pas de sentimentalisme, ça non, il n'y aurait qu'un maigre plaisir, une fuite du quotidien tout en étant ancrée dans la réalité et non dans le souvenir, et de cela, il en tirerait ce qu'il y avait à en tirer. Rien de plus, rien de moins qu'une porte de sortie avec un léger retour à la réalité.
Cela valait mieux, pour son entourage, pour lui, et pour elle ? Il se foutait bien que cela soit bon ou pas, jamais elle ne pourrait l'atteindre, l'inverse n'était toutefois pas vrai.

Il y avait une multitude de femmes inutiles et insignifiantes, plus belles qu'elle, plus compétentes, plus adéquates. Tout aussi différentes et à la fois si semblables, alors pourquoi elle ? Une fourmi dans la fourmilière. Un maillon du système, la cinquième roue de carrosse, cabossée et inutilisable, roue qui est destinée à être jetée.
Il allait lui faire du mal quand ce jour viendrait, et peut être que cela le rassurait, de se dire que quelqu'un d'aussi détaché que lui pouvait souffrir, cela lui laisserait entendre qu'il serait toujours … quoi humain ? Il s'en foutait bien. Non, autre chose, peut être plus grand encore. Amoureux …
Pourtant elle ne l'était pas, mais devait devenir humaine sous la contrainte, sous le poids du jeu. Car comme toutes les femmes, elle était incapable de jouer sans entrer dans la danse, sans se laisser prendre au jeu. Elle pourrait faire un serment inviolable qu'elle en mourrait, c'était ça, l'antagonisme féminin.

Elle baissa les yeux. Pas par honte, pas par dépit, parce qu'enfin, elle comprenait. Elle n'était rien, et venait de le savoir à nouveau, bien qu'il ne s'agisse pas d'une révélation soudaine, c'était le retour à sa condition qui s'imposait. Jamais elle n'y avait eu droit, on ne l'avait jamais considéré ainsi, en ça, elle était faible de ne jamais avoir réellement existé émotionnellement.
Aileas ignorait tout de l'aboutissement de son mode de vie, elle vivait dans le ressenti sans explorer ce qui en faisait l'essence même, les sentiments.
Avait elle peur ? Probablement pas plus que ça, elle ignorait tout de ce dans quoi elle s'engageait de par cette acceptation forcée de son Moi. Elle désirait être aimée, mais ne le serait jamais. Elle était bien trop différente pour cela, alors elle aurait droit à ce qu'on lui donnerait, car elle n'oserait jamais demandé, trop petite pour cela.
Son mode de vie l'avait clairement amené à ce piège qu'était le sentimentalisme. Ce même piège qui l'avait détruit, et qui la détruirait encore, car elle était facile à briser.
Bientôt coulerait une larme de sang, celle qui symboliserait la chute du corps, cette dernière entraînerait plus tard celle de l'esprit.

Alors l'insignifiante demoiselle s'accrocha à cette main, comme si elle était tout pour elle, et peut être bien qu'elle l'était après tout.
Elle vivait dans l'illusion que cette main lui prodiguerait ce dont elle avait besoin, et cette main le pouvait, mais le ferait elle ? Assurément non.
Cette main qui appartenait à cet homme, cet homme qui se fichait de cette femme, cette femme qui ressentait ces sentiments, ces sentiments que cet homme ne connaissait que dans un souvenir encore récent, et trop douloureux pour qu'il puisse faire le bien autour de lui.
Tryan avait besoin de détruire pour reconstruire, en ça, il n'était pas si différent de l'humain lambda, il était simplement plus doué, plus compétent. Ce que l'on appelait le Génie n'était rien de plus que de la poudre aux yeux à l'heure actuelle, et il avait besoin de le retrouver. Cela passait par cette jeune femme, et le sacrifice d'un être pour un autre.
Une vie pour une vie. Un esprit pour un esprit.
L'éternel rituel, et loi de l'équilibre, qui poussait ce qui se faisait de mieux à engendrer ce qu'il y avait de pire.

De ce fait, elle se leva. L'autre la fixait. Le pur et l'impie se mêlerait pour ne faire qu'un équilibre qui verrait l'un emporter l'autre, alors qu'autre part dans le monde, l'inverse se produirait.
Elle n'allait pas faire de cheveux blancs avant de retourner vers cette main qu'elle chérirait tant.
Cette main différente de celle de sa défunte mère, cette main qui la corromprait, qui la forcerait à changer de par le temps.
Elle fixait cet homme, sans sourcilier, sans comprendre, et sans chercher à comprendre sans doute.
Elle allait venir retrouver cette main et s'abandonnerait … sans comprendre, en ressentant.
Aileas ne sortirait peut être pas différente de cette pièce, il n'était pas trop tard pour qu'elle la quitte, mais elle ne le ferait pas. Elle n'avait pas fait tout ce chemin pour ça, Tryan le savait.
Alors il était là, immobile, à attendre qu'elle vienne le retrouver, en ayant l'impression de réclamer ce dû dont elle avait honte.
C'était l'ordre logique des choses. Et bien qu'il n'y en ait pas forcément pour Aileas ou pour les sentiments, Tryan aimait croire qu'il y avait encore moyen de les contrôler, de les manipuler.
De cet ultime monologue qui ne demandait qu'à s'achever.

Roméo et Juliette ne se termine-il pas par la mort des deux amants ? Par le suicide ?
La mort de cet être.
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Sam 10 Aoû - 19:25

Tryan de SaintClair regardait Aileas et elle le regardait. Alors, sans prévenir, sans qu’elle ne sache vraiment d’où cela venait, lui vint cette questions qu’elle s’était déjà posée plus de fois que de raisons. Comment les autres personnes pensaient-elles ? Pas juste lui ou même pas lui tout court car elle doutait qu’elle puisse obtenir de ce qui venait de cet homme quelque chose qu’elle puisse généraliser facilement aux restes des hommes. Non tous. Qu’est-ce qui occupaient leur esprit ? Restaient-ils pleinement terre à terre ou leurs pensées s’évadaient-elles majoritairement vers un imaginaires ? Pensaient-ils en dialogue ou le fil de leur pensée ne restait-elle qu’un monologue continu ? Tout le monde pensait-il d’ailleurs tout le temps ou le cerveau avait-il des pauses pendant lequel rien d’autre que ce que son corps faisait à l’instant T et le ressenti de ses cinq sens l’occupaient sans qu’il n’y associe la moindre pensée ? Les gens y avaient-ils plus de liberté ou leurs pensées s’arrêtaient-elles aux mêmes interdits, aux mêmes limités que ce que leurs paroles et leurs gestes montraient ? Leurs pensées se tournaient-elles majoritairement vers le présent et le futur proche ou partaient-elles toujours dans des anticipations, des rêves et des projets futurs ?

Un mélange de tout cela formait sa question. Et s’il devait y en avoir une et une seule à laquelle elle n’aurait jamais de réponse elle avait ce sentiment bizarre que ce serait celle-là. Pourtant elle s’était déjà posée bien des questions et certaines bien plus improbables et aux réponses bien plus dures à trouver certainement que celle-là. Et pourtant le sentiment restait et malgré tout la question lui revenait comme cela de temps à autre. Oh elle connaissait l’art de la légimencie bien qu’elle ne le pratique pas mais elle présentait que même si elle le maîtrisait cela ne lui apporterait pas ce qu’elle voulait. Le contenu final l’intéressait peu. C’était quelque chose de plus global qu’elle ne pouvait pas toucher ainsi. Et quand elle avait essayé de poser la question et que les gens avaient à peu prêt réussi à comprendre ce qu’elle voulait savoir, elle avait eu en retour des regards dubitatifs ou des réponses maladroites qui avaient été dépourvues d’intérêt.

Si elle avait posé la question à Tryan de SaintClair et -s’il avait répondu- même si sa réponse avait été foncièrement différente que toutes celles qu’elle avait eu auparavant, sans doute plus réfléchie et plus profonde, elle avait le sentiment que celle-ci ne la satisferait pas plus. Elle chassait une chimère.

Aileas ferma l’espace d’un instant ses yeux et quand elle les rouvrit les chimères partirent se trouver une place dans un coin de son esprit le temps d’une petite hibernation avant de rejaillir. Elle laissa son regard se poser sur ce qu’il y avait vraiment devant elle. Celui plutôt. Quand on voyait une photo d’Aileas seule, ou si on ne voyait que son visage ou encore si on la voyait assise, on avait souvent l’impression que la jeune fille n’était pas bien grande en raison de son visage et ses formes tout en arrondi. Mais l’impression était trompeuse, vraiment. Car son corps et particulièrement ses jambes étaient tout en longueur et alors que sa croissance s’était désormais arrêtée, elle mesurait 1 mètre 79. Si bien que debout face à Tryan de SaintClair, elle avait à peine besoin de lever le menton pour le regarder dans les yeux.

En dehors de sa main qui n’avait pas lâcher la sienne mais qu’elle avait presque oublier là, elle ne le touchait pas. Pas plus qu’elle ne faisait attention à son souffle qu’en y prêtant attention elle aurait certainement pu sentir en raison de la proximité. Pour l’instant il y avait juste ses yeux qui parcouraient la ligne de son front à la naissance  des cheveux courts et clairs, qui redescendaient pour apercevoir les lignes plus arrondies d’une oreille puis déjà elle revenait à la pomette, la tempe, le long d’un sourcil pour redescendre le long de la ligne du nez, la bouche, les ombres qui marquaient la machoire et surtout le cou.

Elle profitait qu’il ne bouge pas qu’il ne dise rien pour apprendre à réellement voir les visages. Les gens ne se laissaient pas regarder. Leur regard changeait, des mimiques apparaissaient, froncement de sourcils, sourires gênés... ils essayaient de parler pour rompre le malaise ou se détournaient. Et surtout il cherchait une raison à ce regard. Un jugement sûrement qu’ils pensaient qu’elle posait sur eux. Elle ne faisait que regarder pour nourrir sa vue de formes, de couleurs, de lignes que seuls les humains portaient et que chaque homme portait différemment.

Tryan de SaintClair aurait pu être une statue tant il semblait immuable. Si elle avait pensé y arriver aussi facilement qu’elle pensait la chose sans que les choses ne bougent plus que maintenant, elle aurait voulu entailler la peau pâle de l’homme juste pour voir le liquide qui devait encore couler en lui bien qu’à le regarder on puisse se poser la question. Et même sans le faire, elle avait la sensation que même le contact avec le fluide trop rouge, trop brillant lui aurait semblé froid bien que venant de sous sa peau. Un instant elle put clairement imaginer des traits rouge glisser sur la peau de l’homme qu’elle déformait du bout de ses doigts. Puis après un regard qui parcourut songeur les quelques veines vertes-bleutées que la peau laissait voir, Aileas revint sur le visage de l’homme et s’avançant à peine elle embrassa l’homme à son tour.
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Tryan De SaintClair


MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC) Sam 17 Aoû - 18:00

Pas de larmes. La honte se cachait attendant de ressortir le lendemain matin. Tryan pourrait il supporter d'avoir 'trompé' Emily ?
Il préférait ne pas y penser, fuir ce qu'elle pourrait penser de ce qu'il avait fait, mais il doutait. Il doutait d'elle, de lui, de tout ce qui pouvait avoir un sens, et de ce qui pouvait ne pas en avoir. Pas de certitudes pour l'homme privé d'amour sentimental.
Et puis, le sexe pour le sexe … le sexe pour oublier l'amour … était ce bien la solution ?
Il n'était pas question de ressentir quoi que ce soit, au contraire, il fallait oublier pour un temps ce que le mot sentiment exprimait en chaque être. Si Tryan n'avait jamais été un profond humaniste, il y voyait tout de même une embrouille passagère avec ce qu'il aurait aimé pouvoir faire, ne pas subir ce contrecoup était égoïste, mais avait il seulement le choix ?
Le plus vite cela passerait, le plus vite il reprendrait la voie de la magie pour la ramener.

Tryan ne voulait pas se détourner de son but, mais là était le passage à la guérison, trouver autre chose, et non pas quelqu'un d'autre, car il ne l'oubliait pas.
Lui en voudrait elle ? Un peu, probablement, elle était jalouse de nature, mais elle n'avait plus de vie, et le choix lui appartiendrait, une fois revenue d'entre les morts.
Voici un sacrifice pour le retour de son amour, un acte consenti pour le salut de ce qui était la partie la plus importante de sa vie et de son être, de son humanité.
Aileas n'était qu'une bouée de sauvetage, rien de plus, un moyen divers de passer à autre chose, délivrer un peu de ce qui était son anxiété en un acte que l'on jugerait naturel. Mais pouvait elle être considérée comme son amante ? La question restait entière.
Le peuple et les hauts dignitaires qui voulaient le voir tomber diraient que oui, lui n'y accorderait aucun crédit.

Évidemment, il y avait une relation, de corps à corps plus que d'autre chose. Peut être y avait il un bref apport philosophique, mais rien d'émotionnel, rien de rien.
Alors quand elle fit un premier pas en daignant prendre les devants, même pour un simple baiser, lui sut que tout cela n'avait rien de normal pour elle. La curieuse petite Aileas s'adonnait à une nouvelle discipline du ressenti qu'elle ne connaissait probablement pas.
L'enfant mourait au profit de la femme.

Le nuit fut longue, et glacée, comme chaque période glaciaire entraînait un renouveau, quelque chose de plus grand encore, de verdoyant. Bourgeonne la fleur, mûrit le fruit, ainsi était le destin de tout ce qui survivait à l'hiver.
L'homme n'était qu'une brindille dans la vaste prairie de ce monde … glacé aux yeux du français. La chaleur humaine n'avait rien changé à cela …



*****************************************



La fine neige blanche perlait sur les toits parisiens, recouvrant d'une fine pellicule les rues de la capitale française. La nuit avait laissé place à l'aube, puis au matin, sans que personne ne le remarque outre mesure.
La porte de la maison dorée s'ouvrit, et un homme en sortit, sans un bruit, avant de disparaître dans l'immensité de ce monde en une légère brume blanche qui se fondit dans l'air frais.
Les doux rayons du soleil caressaient le visage endormi de la demoiselle qui avait passé la nuit ici, les draps encore imprégnés du mélange des odeurs de deux corps jumelés, mus par un même désir.

Elle se réveillait seule, l'autre n'était plus là, obligé de reprendre son travail de directeur du Rccm avec les responsabilités qui allaient avec.
Rien ne laissait présager un retour de cet homme, pas de lettres, pas de petit déjeuner au lit pour la belle, rien de tout ça, juste une fleur.
On devinait la nature magique de cette dernière, une rose de glacéternelle, posée là, au pied du lit, luisant d'un blanc nacré particulièrement esthétique. Une simple rose blanche aux yeux du cryomancien.
Cette fleur était une promesse, celle de se revoir, il ne savait pas quand, il ne savait pas comment, mais il la reverrait, ils se reverraient.

Les destins croisés d'un grand et d'une petite.

Hrp:
 
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MessageSujet: Re: On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC)

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On a toujours besoin d'un plus grand que soi (DSC)

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