POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Dans la nuit noire de l'âme [solo-fini]

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Pensine
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Ma résistance magique est de: 15PV
John Mulciber


MessageSujet: Dans la nuit noire de l'âme [solo-fini] Ven 22 Mar - 18:34

Dans la nuit noire de l'âme, il est toujours trois heures du matin.

Et il savait, lui, John Mulciber, qu'il était trois heures du matin, encore une fois. Ca faisait partie des seules choses qu'il savait. Il n'avait pas de montre, plus rien, ils lui avaient tout pris, ces connards d'Irlandais.

Il ne te reste rien. Il n'y a plus que toi et moi. Toi l'humain si pitoyable, qu'on torture. Moi le démon qui voit à travers ton œil imaginaire. Le mauvais. Le vert. Le noir, c'est l'oeil réel. Qui a dit « le réel c'est la bonne part, l'imaginaire c'est l'espoir » ? Tu ne sais pas. Moi non plus. On s'en fout. On ne peut pas parler littérature. On n'a pas le temps.

John voudrait chasser le Millénaire, rester seul. Non. Je reste, pourtant. Et toi aussi. Tu ne peux aller nulle part. On ne peut aller nulle part.

Il regarda la porte qui s'ouvrait, respiration haletante. Il était épuisé. Visage en sueur, crasseux, barbu, les lèvres craquelés. Il y avait du sang sous ses ongles noirs, du sang sur ses vêtements en loque. La dernière fois, ils l'avaient torturé à coup d'endoloris. Ils alternaient. Il ne comptait plus le nombre de fois où ils l'avaient fait, mais John n'avait toujours pas parlé. Il ne parlerait pas.Il ne trahirait pas.

Tu te souviens du Maitre ?

Tu le serviras toujours. Quitte à en crever. La prochaine fois ce serait physique, il le savait, ça laisserait des traces. Il s'en foutait, comme il se foutait du reste. Le mangemort hurla :

« Allez-y ! Venez, je vous attends ! Venez, bande de lâches ! Venez si vous voulez me voir mourir ! Moi, je n'attends que ça ! »

Es-tu désespéré ? Non, pas le moins du monde.

Il crachota un filet de sang, il était malade, affaibli, faible tout court. Quand ils l'avait amené ici, Mulciber souriait... Le Ministre savait ce qu'il se passait. Il savait que les bourbistes étaient contents d'eux, c'est ce qu'il avaient dit lorsqu'ils avaient assuré qu'ils allaient l'interroger. Ce qu'ils avaient fait. Ce qu'ils avaient continué à faire. John n'avait aucune idée de où il était. Quand ils l'avaient capturé, ils l'avaient emmené dans un endroit, puis dans un autre. Dublin ? Ou une autre ? Rien ne ressemble plus à une prison qu'une autre prison, alors celle là où une autre...

Il y avait eu ce type, qui s'était présenté comme le Ministre de la Magie d'Irlande, John O'Hara. Il avait offert de collaborer pacifiquement, sans torture, en échange de...en échange de quoi, d'ailleurs ? John ne l'avait pas écouté.

Tu es têtu, John, ça te tuera. Mais si tu te crois déjà mort...

Puis il l'avait envoyé se faire foutre en lui crachant à la figure. Ses geôliers lui avait pété trois dents pour ça. Le mangemort n'avait recraché à la figure de personne, après, mais il n'avait pas cédé non plus.

Après, il y avait eu cet autre type. Curtis O'Connell. Il était là, sans rien dire, il posait de temps en temps des questions. La dernière fois, ils lui avait fait subir une bonne vieille séance de doloris, à l'ancienne, mais il en fallait plus pour l'achever. Il avait eu mal, il avait hurlé.

Mais ta haine te sauve, encore. Tu les hais tellement que la douleur n'est rien.

Tu te rappelle ce que c'est le soleil ? Non, hein. Tu ne sais plus.

Pourtant John ne disait rien. Pas encore. La porte grinça. Ils venaient. Enfin. Ils lui avaient attaché les mains derrières le dos. Il ne pouvait pas bouger. Ce n'était pas la torture, encore, non, juste la bouffe. La gamelle d'eau qu'on lui balançait. Il avait soif. Ne pouvait pas boire. Il dut laper, comme un vulgaire clébard. C'est ça, un clébard. Quelle importance ? Personne ne pouvait le voir, ici. Personne ne savait. Enfin, si eux. Mais il s'en foutait. Soit un jour tu leur feras pire, soit tu mourras.

Mourir. Il ne savait pas que ça voulait dire : il n'était jamais mort.

Est-ce que ça te fait peur ? Non.

Est-ce que vivre te fait peur ? Non plus.

Ils peuvent bien te tuer, et alors ? Mort, tu seras un martyr. Non. Je serais de la terre.

C'est le destin. Tout le monde mourrait, y compris lui, alors peu importait. Tout le monde croupissait, à la fin, dans une boite en bois enterrée dans un trou sombre et glauque, et tout le monde devenait des os. A la fin, tout le monde devenait de la terre. Voilà. C'est comme ça. Mère la mort est authentique et véritable. Et puis, John n'était pas sur de vouloir s'en sortir. Il savait ce qu'on dirait.

Revenir serait une chute écrasante.

Voir De SaintClair se pavaner, Valverde et sa politique, Crow et ses magouilles, Witcher et sa gouaille, le Maitre et son coté impitoyable, Brom et son mépris... non, il ne voulait pas les voir. Il ne voulait pas qu'on vienne le sauver. C'était sa mort, il ne voulait pas qu'on lui la vole.

Peut-être qu'il délirait. John ne savait pas ce qu'il voulait. Il n'avait conscience que de la porte qui grinçait encore. Qui annonçait la torture. On le poussait, il se cogna contre les murs, il y eut de la lumière, d'un coup. On le poussa encore, violemment, sur une chaise. John vit des néons. Il peina à les regarder. Soudain, un homme, brun. C'est lui qui le torturerait, aujourd'hui.

Il doit être trois heures trente du matin.

Et ça continuait. Ca continuait.

Tu sais toujours qui tu es ? John Mulciber ? Oui, c'est bien. Continue à parler. Je suis mort ? Non. Pas encore. Alors, qu'est-ce qu'on fout, maintenant ?

Il était allongé sur le sol. Le tortionnaire cognait dur, si dur. Et pourtant il n'avait rien dit. Lui disait qu'il continuerait, demain. Jusqu'à ce qu'il parle. Il dit qu'il le noierait, qu'il avouerait. John sourit d'un sourire sanglant auquel il manquait des dents. Il y avait d'ailleurs une de ses molaires, pas loin. Il en cracha une autre.

« Eh bien, fais le... »

Qu'on en finisse.

Il s'était arrêté, mais voilà qu'il recommençait. Il frappa le ministre à l'oeil, qui enfla, qui enfla et saigna, il avait une entaille à la joue, qui pissait le sang et la graisse, un peu. Il voyait le mélange sur le sol, d'un rouge rosâtre. Dégueulasse. Il frappa encore. On aurait dit qu'il avait un bout de bois, un genre de matraque. John avait l'impression que son crane se fendait en deux. Un coup à l'estomac le fit vomir tout ce qu'il avait réussi à avaler. Et encore du sang.

Le goût âcre du sang lui déchira la bouche. Et il n'avait plus conscience que de ça, de ça encore, de ça toujours. Plus rien d'autre ne comptait. Il était incapable de penser, incapable même d'avoir mal. La douleur, due à tous les coups et blessures, était pourtant bel et bien là. Il la sentait en fond, en sourdine, alors que qu'il était couché sur le sol. Froid, le sol. Son œil droit était aveugle, gonflé, il ne pouvait pas l'ouvrir. Mais moi je vois, John Mulciber. Je vois. C'est l’œil imaginaire qui est ouvert. Il voyait sans voir. Il devait aussi être blessé à la tête, car le sang coulait en filet dans sa bouche. Il se redressa, il essaya au moins, sur un coude, assez pour voir un peu l'homme qui est là. Il est là depuis le début. Soudain, sa jeunesse le frappa, comme elle nel'avait jamais frappé auparavant. Il était brun. Si pâle. Un gosse. John réalisa, oui, que c'était un gamin, et ça l'aurait presque fait rire, si il l'avait encore pu. Crachotant du sang, il demanda :

« C'est...c'est quoi...ton nom...petit ? »

Il hésita à répondre. Et puis il dit :

« O'Brother. »

John Mulciber partit dans un rire hystérique. Il ne voyait plus rien, plus personne, il maudissait Lincoln Crow, et son erreur de stratégie, mais Lincoln Crow, il aurait donné n'importe quoi pour le serrer dans ses bras, à ce moment là.

On lui glissa une cigarette allumée entre les dents. Il tira une bouffée, deux, par réflexe. Un coup violent à la bouche le fit s'écrouler en avant, et il se remit à cracher du sang, qui coulait sur la brulure de la cigarette. Elle avait roulé un peu plus loin. John tendit la main, lentement. Il la reprit. La remit entre ses lèvres.

Fume, John, fume...une cigarette pour les Mulciber, une cigarette pour ton âme, parce que tu vas la laisser ici.
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