POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

Partagez|

"Accepte moi comme ton sauveur" [solo]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 07/10/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 08/10/2011
Parchemins postés : 1575



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA5 - Sorcier Dangereux
Ma résistance magique est de: 14PV
Lincoln Crow


MessageSujet: "Accepte moi comme ton sauveur" [solo] Sam 23 Mar - 16:08

Il était évident, aux yeux de Lincoln, que ces derniers jours furent difficiles. Tant du point de vue moral que du point de vue physique. Il n'était pas du genre à se laisser abattre, loin de là, et élaborait même de nombreux plans pour survivre dans ce nouveau monde qu'il redécouvrait jour après jour. Vrai que depuis son retour au Ministère voilà déjà quelques mois, il n'essayait plus de vivre comme tout un chacun. Non. Il survivait à ce qu'il appelait l'adoucissement des passions. Rien ne semblait indiquer que les choses avaient changées. Pourtant, selon le Directeur des Exécuteurs, tout était différent comparé à l'avant Big Ben. Les gens n'avaient plus la même attitude. Ils étaient tendus à son passage, comme si il allait leur sauter dessus et les égorger vif. Oh ! Il aurait pu, et parfois ça le démangeait même de s'exciter sur un cadavre comme il le ferait avec Marshall d'ici quelques mois en Irlande – bien qu'il n'en avait alors aucune idée. Lincoln ne pourrait jamais être sage, c'était un fait établi. Il était violent, impulsif, et se trimbalait avec trop de haine derrière lui pour pouvoir se calmer un jour. Il crèverait comme un soldat, comme un puriste, comme un être de haine et de colère. Il crèverait baguette en main. Tué par un résistant digne de ce nom, comme Tom, ou Sheppard, peut-être même d'autres qui avaient disparus depuis le temps comme Valentine. Oui, il rechignait à se laisser mourir, il voulait se battre jusqu'au bout. Mourir sur son lit, comme un vieux, fiévreux attendant la fin avec impatience, ce n'était pas pour lui. Il n'était pas voué à mener une vie longue et agréable. Il devait être devant les troupes, au combat, pour sentir vivant. C'était tout le paradoxe du personnage. Il se sentait vivre proche de la mort et non loin d'elle. Un lien unique, probablement, quoiqu'il en soit, un sentiment d'extrême dépendance à la souffrance. Lincoln était un être souffrant, c'était une évidence, mais il s'en était accommodé, et aujourd'hui, cela n'avait plus d'effet sur lui. Comme immunisé, il faisait passer sa souffrance par sa baguette et la transformait en torture pour ses victimes. C'était probablement ce pourquoi il était si dangereux aux yeux des autres, car il n'avait aucun notion du mal qu'il infligeait.

-Monsieur Crow ? Par ici je vous prie.

On ne l’appelait pas souvent pour lui demander de suivre quelqu'un. C'était plutôt les autres qui suivaient Crow. En fait, il ne supportait pas qu'on lui lèche les pompes. Il était plutôt du genre à préférer l’honnêteté et un brin d'audace à ces enfoirés qui vous graissaient la patte avant de vous pourrir une fois le dos tourné. Il était conscient que certains dans ce monde ne l'aimaient pas, ils étaient même une majorité. Mais il différenciait ceux qui lui avaient dit, et ceux qui s'étaient tut. A partir de maintenant il ne laisserait plus rien passer. Notamment car il avait trop longtemps été absent, il s'était trop longtemps laissé anéantir par les nuisances, mis de côté. Vrai qu'on ne le connaissait que très peu en fait. Valverde était puissant par son côté médiatique, Mulciber également. Mais Crow, lui, il était quoi ? Puissant sur le plan physique ? Plus maintenant, c'était devenu une sous-merde incapable de tenir tête à un sixième année de Poudlard. Aujourd'hui il faisait partie de ces déchets de la société qu'on refuse de laisser partir sous prétexte qu'ils sont encore utiles. Ramassis de conneries infectes qui laissaient sous-entendre qu'on voulait simplement garder des éléments qui en connaissaient un peu trop sur le régime sans pour autant les tuer. Régime impitoyable, oui, mais régime logique surtout. Lincoln était lui même dans ce système. Il avait une tache à accomplir, un tache propre à sa condition de mangemort, une tache des ténèbres donnée par le lord en personne.

Mais d'abord, il devait voir ce guérisseur de Saint-Mangouste.

-Monsieur Crow, bonjour. Veuillez vous installer.

Il retira sa veste, puis son tee-shirt dévoilant ainsi un corps certes musclé, travaillé, mais criblé de cicatrices et autres marques de souffrance et de combat. Un corps mutilé, un corps à l'image de son propriétaire. On devinait facilement qu'il n'avait pas fait que dormir derrière un bureau et qu'avant d'être l'homme craint qu'il était aujourd'hui, le mangemort était passé par de nombreuses phases difficiles. Aurait-il dû envoyer chier le guérisseur et partir faire son travail ? En vérité, était-ce plus important que son devoir ? Au fond, non, pourtant en apparence, Crow était persuadé de perdre son temps dans l’hôpital des sorciers. Il se fit ausculter relativement longuement avant que le médecin magique ne s'attarde sur son bras de métal et sur les blessures qui étaient presque toutes refermées maintenant. On procéda même à une vérification des circuits sanguins et des différentes substances y circulant. Histoire de vérifier que plus aucune drogue ou autre potion ne s'y trouvait, malencontreusement. Aller à Little Hangleton n'avait rien eu de plaisant, mais ce fut peut-être moins pire d'un point de vue physique que Big ben où il avait été si mal traité que les séquelles étaient encore visibles aujourd'hui. Le Lord avait agi sur l'esprit de son serviteur, moins sur le physique, ce n'était, en soi, pas moins pire, mais ça choquait moins les médecins qui ne pouvaient imaginer un centième de ce qu'il avait enduré ce soir-là.

-Bon, tout est en ordre je crois. Il va falloir que vous entraîniez votre bras à agir selon votre volonté. Il se peut qu'il réponde mal lorsque vous voulez agir précipitamment. Je ne peux évidemment pas comprendre la magie du Lord, mais d'un point de vue magique, il faut que votre corps s'habitue à ce nouveau système. Entraînez-vous, rééduquez le, et à terme, vous serez tout à fait à l'aise avec.
-Bien. Autre chose ?
-Je vous conseillerai bien de vous ménager, mais je crois que mon commentaire ne servirait à rien. Donc faîtes simplement en sorte de ne pas trop forcer.
-J'essayerai.
-Alors vous pouvez y aller Monsieur Crow, passez une bonne journée.


Une bonne journée... il ne pouvait pas tomber mieux en vérité. Crow avait tout un programme qu'il allait devoir mené à bien si il voulait se coucher apaisé ce soir et espérer dormir au moins plus de deux heures d'un seul coup. Aujourd'hui il allait voyager un peu, aujourd'hui on allait l'oublier, il allait disparaître des données pendant une journée, il serait comme une ombre en pleine nuit, invisible. Aujourd'hui, il allait tuer, aujourd'hui, il allait revivre, au moins l'espace d'un instant.

Le mangemort sortit de l’hôpital sans même prêter attention aux multiples blessés s'y regroupant. Il n'avait en vérité aucune pitié pour ces gens, peut-être car personne n'en avait pour lui et qu'il n'en voulait, de toute façon, pas. Vivre seul et mourir seul. Telle était sa devise. Crow transplana immédiatement en direction de Castle Bay où il pu se préparer judicieusement à son intervention d'ange de la mort. Il prit sa baguette évidemment, mais aussi son couteau qu'il plaça intelligemment derrière lui, au niveau de sa ceinture. C'était un couteau relativement petit, long d'une vingtaine de centimètres. La lame prenait entre dix et quinze centimètres ce qui était largement suffisant pour égorger quelqu'un, et discret. Il avait une panoplie d'armes blanches. Certaines étaient réservées à la guerre, d'autres à se défendre, et certaines pour des meurtres discrets et plus ou moins secrets comme celui qu'il allait opérer aujourd'hui. Il s'habilla lentement. Il prenait son temps avant chaque intervention. La lenteur n'était pas un défaut, elle le devenait lorsqu'elle était handicapante. Ici, elle permettait au sorcier de se préparer psychologiquement. Non pas que Crow ait du soucis à tuer quelqu'un, loin de là. Il s'agissait simplement de se préparer à agir sous le code de l'ombre. Le mangemort n'était plus le même personnage quand il était en mission. Il devenait une véritable silhouette indescriptible, peut-être même invisible. Il se devait d'être prêt à agir en conséquence car sa mission n'avait rien d'évident. Il passa dans l'immense hall de son château privé avant de rejoindre les cachots où un résident un peu spécial trônait. Enchaîné comme un animal que l'on voudrait égorger, Gian Jugson n'avait plus rien de reconnaissable depuis sa capture. Il était devenu plus laid qu'un veracrasse, et les expériences noires de Crow à son encontre n'y était pas pour rien. La Magie Noire de la Peur déformait les individus, psychologiquement en premier lieu, puis physique petit à petit. Gian en était l'exemple parfait.

-Alors gamin, bien dormi?

Aucune réponse, rien d'étonnant.

-Ce soir je vais tuer les derniers membres de ta misérable famille. Restera plus que ton cher père adoptif. Moche comme vie non ? Il vous a complètement laissé tomber.
-...
-Bref, je tenais à te dire que j'en ai fini avec toi. Mes expériences ne peuvent pas aller plus loin sur un détritus de ton gabarie. Ah ! Ne t'en fais pas, tu ne pars pas. Tu restes ici. Théoriquement, je m'occuperai de toi après le reste de ta famille.


La nouvelle était tombée là-dessus comme une merde sur un passant. Il allait mourir, de la main de Crow. C'était devenu une évidence, et il avait presque enduré toutes ces horreurs pour rien. Il allait crever. Ici, dans cette cave sombre, glauque, humide. Personne n'en saurait rien, et Lincoln ne serait pas condamné pour ça. Que la vie est mal faite, pourtant, elle semblait sourire à Crow pour le moment. Celui-ci transplana sous les yeux de sa victime encore abasourdi par l'annonce de sa propre mort.

Le directeur des Exécuteurs de Nuisibles arriva devant Outlander Castle alors que la nuit tombait sur le domaine. Quelques lumières jaunâtre illuminaient encore le parc en traversant les fenêtres du bâtiment simplement immense. Des manoirs comme ça étaient rares. Seules les plus grandes familles se les payaient. Comme les Jugson, les Mulciber, les Sweet ou les Bedan. Des familles sans notion de l'argent qui roulaient sur l'or à en vomir. Lincoln était issu d'une famille relativement pauvre. Il avait su vivre sans de gros moyens, vivre dans une baraque moisie. Il avait vécu la rudesse de la pauvreté et savait ce que c'était de vivre en-dessous des autres du point de vue financier. Aujourd'hui il était dans la situation inverse puisqu'il était plus riche que la plupart des sorciers. Cependant, delà à ce qu'il soit propriétaire d'un domaine comme Outlander, c'était trop demandé. Il aurait pu prendre Challenger House, mais il avait préféré le léguer à James simplement car il préférait Castle Bay. C'était plus excentré, plus à son image, dans un climat plus rude, et le cadre était plus agréable. Lincoln observa longuement la bâtisse jusqu'au moment où une lumière s'éteignit. Il y avait du mouvement à l'intérieur. Il patienta encore quelques minutes avant de progresser en contournant le manoir. Il préférait voir l'ensemble avant d'entrée au cas où d'autres surprises l'attendent dehors.

Le parc était immense, et il se contenta de rester près du bâtiment. Le reste n'avait en soi aucune importance. Il ne trouva aucune entrée ouverte cependant, et dû se débrouiller sans. Il avait l'habitude de la discrétion, et le sortilège des clés était le meilleur dans ce cas là. Il pénétra dans une pièce reculée du rez-de-chaussée. Peut-être une réserve, ou quelque chose du même genre. Il se faufila jusqu'à parvenir au hall. Aucun signe de vie si ce n'est que le couloir à l'étage était allumé. Le mangemort avait sa propre façon de procéder, et il n'était pas pressé, loin de là. Il fit le tour complet l'entrée, visita chaque pièce histoire de vérifier qu'aucun être vivant n'était là pour le surprendre et se dirigea vers les sous-sols. Très logiquement, les entrailles du manoir devaient être immenses à en croire la taille de la bâtisse, aussi il se contenta de lancer un sortilège de détection qui l'informa de la présence de trois êtres. Probablement des elfes. Crow sortit sa baguette lentement en ne faisant aucun bruit. Il arriva jusqu'à la pièce, petite, où les créatures s'entassaient. Il informula un Impero sur l'un pour l'obliger à tuer les deux autres. Le méfait accompli, la pièce était repeinte en rouge tant l'elfe s'était déchaînait sur ses victimes. Lincoln l'observa un temps. Des yeux ronds et gros, globuleux, pleurant. Triste sort pour cette bête là. D'un seul geste, sa gorge s'ouvrit largement et un flot de sang s'écoula avant qu'il ne s'effondre, mort.

Il remonta jusqu'à l'entrée et entama l'escalier avant de débarquer à l'étage. Combien le manoir en possédait restait un mystère, mais il était persuadé que les seuls êtres vivants restant étaient ici, à l'étage numéro un. De toute façon, il ne partirait pas avant d'être certain de ne laisser qu'un no man's land derrière lui. Il passa dans chaque pièce, observant longuement le moindre détail. Tout ici pouvait avoir une importance et nul doute que l'ex-femme de Jugson – car Crow considérait que Sweet était sa nouvelle – n'avait pas pris la peine de demander à ses elfes de faire le ménage dans toutes les pièces. Âme charitable la madame ? Peu de chances. Finalement, Lincoln se pointa dans devant l'unique pièce encore illuminée du manoir. Il sortit sa baguette et posa sa main sur la poignée, lentement, comme pour n'émettre aucun bruit. Il posa son oreille sur le bois de la porte et écouta paisiblement. Des râlements, des souffles, un grincement de matelas, et des bruits de baisers. Nul doute, ils étaient deux à l'intérieur, et l'ex-femme de Jugson avait trouvé nouvel amant à sa botte. Crow ouvrit la porte lentement et se faufila à l'intérieur de la pièce. Il referma derrière lui et s'adossa à la porte, observa la scène avec attention. Il se délectait déjà de tuer ses deux nuisibles pendant qu'ils couchaient ensemble. Cependant, il hésitait. Peut-être que les interrompre renforcerait l'effet spectaculaire ? Hum.. sa baguette se leva et expulsa l'homme à travers la pièce avant qu'il ne percute le mur et s'effondre à terre, assommé. Lincoln informula un nouveau sortilège qui obligea la femme à se taire, et il fit parvenir les baguettes des deux protagonistes amoureux à sa main gauche, en métal.

-Bonsoir.

Le mangemort rangea les deux baguettes dans sa veste, comme des trophées, et avança en direction de la femme, nue, qui avait dores et déjà caché son corps sous ses draps. Il lui retira le sortilège de mutisme mais posa sa main sur sa bouche, histoire de lui faire comprendre que si elle agissait contre sa volonté... les répercussions pourraient être... désastreuses.

-Famille de traîtres visiblement.
-Qui... qui êtes-vous ?
-Vous vous plaisez à coucher avec un autre que Tom ?
-Qui êtes-vous ?!
-Ferme la. C'est moi qui cause.
-QUI ÊTES...


Impossible d'en placer une autre, elle fut de nouveau muette et son corps lévitait en l'air avant de se faire propulser violemment contre le mur où elle resta comme clouée. Lincoln avait le sens du spectacle, pour sûr, mais il y avait quelque chose qui l'interpellait dans la scène. Elle n'avait pas fuit depuis la trahison de Jugson. Étrange non ?

-Il a trahi le Seigneur des Ténèbres et vous... vous couchez avec un autre ?

Il fit mine de se poser des questions avant de hausser les épaules.

-Je ne comprendrai décidément jamais la condition humaine.
-Hé!


Lincoln tourna le regard vers l'homme qu'il avait expulsé à l'autre bout de la pièce et qui s'apprêtait à lui lancer un vase à la figure. Crow eut un rire amusé, mais bien trop faux pour sonner gentil. Un rire suicidaire qui ne pouvait signifier que son mépris et sa frustration qu'on s'imagine le tuer avec un simple vase.

-Oh... mais c'est notre bon Ministre Italien de la Magie. Quel plaisir de vous voir ici en si charmante tenue.

L'autre était à poil, son sexe à l'air, et tenait un vase à la main, prêt à le lancer sur un assassin surentraîné... scène exotique et incroyable s'il en était, Lincoln tourna sa baguette vers lui et entailla son ventre de sorte qu'il tombe à terre, les mains sur son abdomen. Le sang coulait entre ses doigts, mais ce n'était pas mortel. Loin de là. La cicatrice que cela causerait serait longue d'une trentaine de centimètres voilà tout.

-Crow...
-Une dernière faveur madame, monsieur ?
-S'il vous plaît ! Ne tuez pas mon fils, s'il vous plaît!


Un sourire discret se dessina sur le visage du mangemort. Il fixa la mère qui venait de parler avant de se déplacer lentement. Il saisit le ministre Italien par les cheveux et le traîna jusque devant le lit, bien en face de son amante. Il obligea cette dernière à avoir les yeux ouverts et la tête droite de sorte qu'elle ne puisse louper une seule image de la suite des événements.

-Mais pourquoi vous rigolez plus ? Pourquoi tu ne jouis plus toi ? Pourquoi ? Moi je sais. Je sais pourquoi vous êtes comme ça. Avant que j'arrive, vous étiez sûr de gérer. Vous étiez certains que rien ne pouvait vous arriver, vous teniez votre misérable petite vie au bout de vos doigts... mais maintenant... maintenant je suis là... et l’atterrissage est rude.

Il sourit un bref instant, puis sortit son couteau lentement tout en tenant les cheveux du Ministre. L'autre commençait à s'agiter en sentant la lame se glisser lentement, avec délicatesse, sous son menton. La flemme commençait à pleurer, elle paniquait, mais que pouvait-elle faire ? Clouée au mur comme un trophée de chasse, rien n'était plus agréable que de la voir impuissante, se maudissant de sa bêtise. Pourquoi n'était-elle pas partie ? Pourquoi ?

Le sang chaud coula le long des doigts de Lincoln avant de tacher abondamment le corps nu du ministre de la magie italien. Le couteau découpa largement la gorge sous les yeux de son amante qui pleurait de plus belle. Elle voulu crier, mais aucun son ne sorti. Lorsque le couteau eut fini son trajet, Lincoln se redressa et laissa tomber le corps. Le Ministre n'était pas mort, mais il le serait d'ici quelques minutes. Face contre le sol de la chambre, sur lequel le sang coulait à flot, Lincoln le retourna. Il était penché sur lui, les jambes repliées.

-Regarde-moi. Regarde-moi putain, me lâche pas du regard. Hé ! CONNARD ! Regarde-moi dans les yeux ! T'es ma chose ok ? Et quand j'ai fini de jouer avec toi, j'te jette.

Lincoln se releva, après avoir essuyé sa lame sur le corps de sa nouvelle victime et lui avoir craché dessus. En soi, le Ministre n'était pour rien dans cette affaire mais Lincoln n'avait qu'un seul principe lorsqu'il commettait un meurtre : ne laisser aucun témoin. Il leva alors les yeux sur la femme qui avait le visage meurtri par les larmes. Il la laissa retomber lourdement sur le lit, et la prit elle aussi par les cheveux. Elle voulut crier à nouveau, le son serait sorti... si elle avait pu parler. Il la traîna à travers l'étage, ouvrant une à une les salles. Il ne découvrit que ce qu'il cherchait au bout de la sixième pièce. Une chambre d'enfant, de bébé même. Il pénétra à l'intérieur, en obligeant la femme à aller en avant. Il avait toujours sa baguette à la main, elle ne pouvait rien faire, elle était soumise physiquement à cet homme qui rendait sa vie pire qu'un cauchemar.

La femme se précipita en avant et se pencha sur le landau où le gamin de Jugson dormait insouciant. Elle pleurait, mais n'osait pas le déranger. Lincoln était dans un coin de la chambre, il actionna un des nombreux objets magiques de la pièce et une mélodie enfantine s'en échappa.

-Tue le.

La mère se retourna vivement, un nouveau flot de larmes coulant sur son visage. Le visage horrifié. Elle aurait voulu hurler « non » à tous les coups, mais... manque de bol, Crow ne laissait pas place aux remarques inutiles. Elle allait le faire, elle y était contrainte.

-J'ai dit... tue le.

Elle fit « non » de la tête, paniquée à l'idée de tuer sa propre progéniture, mais Crow, lui, ne changerait pas d'avis. Il trouverait le moyen de l'obliger à commettre ce crime... que ce soit par la force, par la magie, ou par la persuasion, rien ne l'empêcherait d'accomplir son désir. Obliger l'Homme à se tuer lui-même, c'était son plus grand plaisir.

-Fais le... ou je le fais avec autant de beauté que j'ai tué notre ami.

Elle pleura de plus belle, et s'obligea d'elle-même à avancer ses mains vers son enfant. Lincoln voulu assister au miracle de la mort, et retira son mutisme. Elle pleurait en répétant « non non non non non » indéfiniment. Lincoln lui, souriait devant tant de malheur. Les traîtres sont une race inférieure avait-il dit un jour à Emma. Ils méritent tous de mourir les uns avec les autres, de leurs propres mains. Elle semblait rechigner à agir. Pourtant, ses mains étaient au niveau du cou de l'enfant et elle n'avait qu'à serrer... pourquoi était-ce si compliqué ? Pourquoi ces gens-là ne parvenaient pas à donner la mort ? Pourquoi ? C'était si intuitif, si logique... pourquoi ça ne coulait pas de source comme sourire, rire, mentir et trahir ?

Fais le!

A peine eut-il fini son ordre que les yeux du gamin s'ouvrirent. Il contempla sa mère avec insouciance, incapable de savoir ce qui allait lui arriver. L'enfance, quelle période sublime. Comme un déclic pour sa mère, elle pleura de nouveau en lâchant un simple et discret « je suis désolée » avant de serrer le cou de son fils. Elle serra, serra, toujours plus fort, comme si elle ne voulait pas sentir le mauvais goût de la mort. Ce goût amer que Crow adorait par-dessus tout. Il observa l'acte avec attention. Que de peine dans un simple geste. La mise à mort dura une bonne trentaine de secondes dans les cris du gamin, souffrant. Soudainement, les cris s'arrêtèrent, on entendit un simple, unique, et dernier râle, synonyme de l'étouffement du bébé, et... plus rien.

Le mangemort restait planté derrière l'ex-femme de Jugson. Elle était en pleurs, traumatisée par ce qu'elle venait de faire. Elle pleurait, sans pour autant réussir à adepte qu'elle l'avait fait. Elle avait tué son enfant. Lincoln la contourna, fit le tour de la pièce, baguette à la main. Il observa la dépouille inerte du gamin, puis plongea son regard sur le corps de sa mère qui réagissait en petits sursauts en rythme avec ses sanglots.

-On n'a qu'une famille après tout, c'est vrai. A une époque j'aurais tout fait pour la mienne. La première fois que j'ai tué c'était pour eux. Mais ça ne leur suffisait pas. Ah non, non, non, non. Pas du tout ! C'est ça le truc avec ceux qu'on aime, tu fais un truc pour eux et ils te plantent un putain de couteau dans le dos à chaque fois ! Et alors, dès qu'ils ont besoin de toi, ils arrivent comme ça : Lincoln ! Lincoln ! MAIS PUTAIN QUI C'EST QUI DOIT SOUFFRIR ?! EUX, OU MOI ?! MOI OU EUX?!

Il passa sa main sur son visage avant de lancer un sortilège avec sa baguette laissant couler un liquide d'apparence proche de l'eau mais dont l'odeur était bien différente.

-C'est comme si... comme si j'avais un putain de choix à faire. Et bizarrement, je préfère les voir crever.

Il sortit de la chambre, tout en tenant sa baguette pointée vers le sol, qui continuait de déverser de l'essence magique sur le sol. L'ex-femme de jugson n'avait pas bougé et pour cause, moralement, elle préférait rester près de son enfant. Il arrêta le sortilège une fois arrivé aux escaliers. Il se retourna lentement, observant le couloir imbibé de substance inflammable. Il prit son briquet, l'alluma d'un geste et le jeta au milieu de la flaque. Les flammes envahirent instantanément le couloir et se dirigèrent dangereusement vers la chambre. Crow, quant à lui, quittait silencieusement, d'un pas tranquille et sombre Outlander Castle, sans se retourner, alors que derrière lui, les flammes meurtrières emportaient avec elles un passé de souffrance.

____________________________________





Seul l'agent :geek:surveille les deux côtés de la force

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

"Accepte moi comme ton sauveur" [solo]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POUDNOIR :: 

Détente

 :: Archives :: PN origins :: Monde adulte
-