POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

Partagez|

Le KanonDeymon [Solo]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage


Invité


Invité


MessageSujet: Le KanonDeymon [Solo] Mer 10 Avr - 0:04

Mon passé me manque. Durant ces journées où les maux magiques qui me rongent sont si forts que je ne peux me lever, j'ignore le présent à coup de souvenirs. Je me souviens d'une époque où mes deux jambes étaient faites de chair et d'os, où je savais me servir d'une baguette magique, où je savais aligner deux sortilèges d'apprenti sorcier sans perdre la vue ou la mémoire. Je me souviens de ces aventures avec Jane, ma cousine.

J'aimais bien Jane. Un peu moins quand elle passait son temps à se plaindre. Je ne sais plus, il me faudrait un bon verre de démêle-neurones, car je ne me souviens plus très bien, mais je crois que c'est exactement ce qu'elle faisait à ce moment là. Nous étions sur le pont du "Atlantic Dragon" et elle ne cessait de rabâcher ses inquiétudes. Les hommes reçoivent un don à leur naissance. Quand une bouche à proximité de leur oreille non consentante se met à cracher un flot de paroles avec le débit d'un fusil-mitrailleur, il y a cette sorte de petit panneau qui coulisse juste devant le tympan. Comme par magie, la voix se transforme alors en un souffle lointain, bien lointain, qui vous laisse l'oreille si tranquille qu'elle ne le perçoit même pas.
Tandis que Jane s'essoufflait dans mon dos, je regardais l'horizon, paisible. Elle finit par se taire et je me retournai vers elle. Elle avait le visage très pâle, je lui demandai ce qui lui arrivait. Elle protesta qu'elle venait de passer un quart d'heure à me le dire, je lui conclus qu'elle avait simplement le mal de mer. La vérité était qu'elle mourrait d'inquiétude à propos de cette mission que le grand-père nous avait confiée. Je n'approuvais pas la présence de Jane dans cette aventure, mais le fondateur de la fortune des Seth avait insisté. Je n'avais pas le droit de refuser. Et comme je ne parvenais à rassurer ma cousine, j'aimais mieux esquiver ses angoisses à l'aide de ma mauvaise foi légendaire. J'étais un cousin formidable.


Alors que nous nous promenions sur le pont, un léger coup de sifflet retentit.
-Ce signal est pour nous. Il est temps d'y aller, annonçai-je simplement.
-Aller où? Quand me diras-tu ce que nous faisons sur ce bateau? Cette croisière dure depuis cinq jours, et je ne sais toujours rien! Réponds-moi, Nolan!
-Suis-moi.

Elle n'insista pas. Ses cordes vocales devaient exiger un peu de repos. Nous descendîmes dans une toute petite cale. La pièce était obscure, éclairée seulement par une lanterne. Il y avait quelques personnes, au milieu desquelles se tenait un type en uniforme de marin. Il désigna une barrique, au sommet de laquelle reposaient de nombreuses boussoles et autres objets marins. Le matelot annonça:
-Les portoloins sont prêts. Vous pouvez les utiliser dès maintenant. L'Atlantic Dragon vous remercie pour votre visite. Nous vous souhaitons bon voyage.
Plusieurs individus saisirent un à un des portoloins parmi ceux qui étaient disponibles et se volatilisèrent aussitôt. Jane fit un bref mouvement de fuite, je la retins par la main. J'allais saisir notre portoloin quand un homme nous bouscula grossièrement. Il porta vers nous un regard moqueur et je reconnus le sourire crispant de Robin Eldoy, toujours vêtu de son costume marron rayé de noir, le pantalon assorti.
-Alors, Seth, on joue de nouveau à l'aventurier? T'as amené quelqu'un pour te protéger, cette fois? C'est une bonne idée. Qui sait ce qui t'attend au Triangle...
Il saisit une boussole et disparut aussi sec. Jane me regarda avec étonnement. Sa bouche s'ouvrit et je saisis l'objet le plus proche de ma main, un vieil astrolabe rouillé. Le portoloin nous emmena loin de ce bateau.

Nous réapparûmes sur une petite plage déserte. La mer était agitée et le temps orageux. Des gouttes d'eau commençaient à tomber.
-On ferait mieux de se magner.
-Un instant! Déclara Jane d'un ton autoritaire.
Elle me regardait avec des yeux sévères, et je ne me sentis pas en mesure de me défiler. Même le petit clapet d'autodéfense de mon tympan n'osa se manifester.
-Je ne suis pas un animal de compagnie! Et j'aime bien savoir où on m'emmène. Où sommes-nous? Et qui c'était, ce type? Le Triangle?
Je me rendis compte que Eldoy ne s'était pas donné la peine de m'attendre, cela me faisait songer que nous n'étions pas très en avance. Mais Jane avait le droit à ses explications.
-Très bien, Jane. Nous sommes sur l'île des Méduses, dans le Triangle des Bermudes.
-Le Triangle des Bermudes?
-Oui. Et pas très loin d'ici, il y a le port du Léviathan. Si tu veux bien, nous allons nous y réfugier parce que d'ici quelques minutes, ça va être le déluge!


Nous commençâmes par marcher, puis quand la pluie tomba soudain avec force, nous nous mîmes à courir. La plage était effectivement assez proche du port. Un petit chemin de terre nous y conduisit assez vite, et au détour de quelques palmiers, nous trouvions l'auberge du "Kraken craquant". La salle était comble. Il y avait un vacarme pas possible et je nous réservai une petite table bien à l'écart. Autour d'une chope de rhum, j'expliquai à ma cousine tout ce qu'elle souhaitait entendre.
-Peut-être as-tu déjà entendu parler du Triangle des Bermudes? De toutes les âneries que nous avons fait avaler aux moldus, je crois que celle-ci est la plus impressionnante, Jane! Il s'agit d'une zone maritime près des côtes américaines et des Bahamas, en forme de Triangle. Cette région accueille de très nombreuses îles qui hébergent des sorciers depuis toujours. La communauté a toujours tenu à garder le secret sur cette existence. C'est pourquoi cet archipel est couvert par un ensemble de sortilèges qui repousse les moldus. Ils pensent que le Triangle est une région dangereuse pour la navigation, ils croient que les avions et les navires s'y perdent, c'est pourquoi les îles n'ont jamais été découvertes. Bon, il faut préciser que pour la crédibilité, les sorciers ont été amenés à couler quelques bateaux par le passé, on ne fait pas d'omelette sans...
-Et que faisons-nous ici?
Enchaîna Jane.
J'hésitai quelques secondes. Le sujet était sensible et j'avais le sentiment qu'on pouvait nous écouter.
-Nous sommes à la recherche d'un bateau, chuchotai-je. Quand le gouvernement anglais a commencé à étendre son pouvoir en Europe, des armées se sont levées contre le Seigneur des Ténèbres, ainsi qu'un navire. Les armées ont été écrasées sans problème, mais La Mariposa a réussi à pilonner les bastions mangemorts pendant plusieurs semaines.
-Qu'est-ce qui empêchait Tu-Sais-Qui de couler un simple bateau?
-La Mariposa possède une arme très puissante. Peu de gens, le savent, mais elle est dotée du KanonDeymon.
-Le Kanon...
-Crie-le plus fort! je te propose même d'en faire un article pour la presse locale des fois que tout le monde n'ait pas eu la nouvelle!
Grognai-je.
Elle baissa le nez, rougissante et vexée.
-Excuse-moi, marmonna-t-elle.
-C'est oublié. Je ne sais pas très bien comment ça marche, mais le KanonDeymon utilise une force magique ancienne très dangereuse, une sorte d'esprit relié à un canon monstrueux qui crache des flammes terribles. C'est de la magie noire. Tu te souviens de cet article de la Gazette, avec l'incendie accidentel qui a tué une dizaine d'agents du Ministère? C'était de la foutaise! Ces types occupaient une forteresse sur les côtes anglaises, ils ont été tués par un coup du KanonDeymon. Mais par la même occasion, les soldats du Ministère sont parvenus à repousser le navire. Selon les rumeurs, La Mariposa a été très sévèrement touchée et a été contrainte de fuir le plus loin possible.
-Au Triangle des Bermudes...
-Oui. Tu vois, les artisans du Triangle sont réputés pour la qualité de leur équipement marin. Il est très probable que La Mariposa se soit réfugiée dans la région pour se faire réparer. Grand-Pa veut que nous trouvions le KanonDeymon.

-C'est de la folie! S'exclama Jane, plus pâle que jamais. Si ce navire a causé du tort au Seigneur des Ténèbres, nous ne devons pas nous en approcher.
-Ne t'en fais pas, Jane. Pour Tu-Sais-Qui, La Mariposa n'était qu'un fauteur de troubles. Maintenant que le navire est à moitié détruit, il n'a plus de raison de s'y intéresser. Et puis, je ne suis pas sûr qu'il soit informé du caractère exceptionnel de cette arme. Ce genre d'informations, il faut faire partie du milieu des collectionneurs pour les connaître. De l'élite des collectionneurs! C'est ce qui explique la présence de ce type que tu as vu dans la cale de l'Atlantic Dragon, Robin Eldoy. C'est un collectionneur, il fait partie du Cercle des Antiquaires. J'ai peur que nous ne soyons pas seuls sur l'affaire. Ce qui m'ennuie, c'est que ces types là ne sont vraiment pas fréquentables. Ils sont prêts à tout pour obtenir l'objet de tous leurs désirs. Alors il va falloir être prudent.
Je pris une gorgée de rhum et la cousine m'observa d'abord en silence, avant d'en rajouter.
-Quel est le programme, alors?
-Quand la pluie s'arrêtera, nous irons au marché. J'ai un contact là bas, un ancien charpentier naval qui saura me dire où se cache La Mariposa. Nous rejoindrons le navire et nous récupérerons ce qui intéresse le grand-père.
-Rien de plus simple, n'est-ce pas?
Je lui souris simplement.




Revenir en haut Aller en bas


Invité


Invité


MessageSujet: Re: Le KanonDeymon [Solo] Mer 10 Avr - 16:59

La pluie avait finalement cessé de tomber et la vie reprenait son cours au port du Léviathan. En y repensant, je regrettais de n'avoir pas eu le courage d'affronter le déluge. C'était une faute professionnelle. Mes concurrents, eux, n'auraient certainement pas reculé devant le mauvais temps. Nous nous étions remis en route, avec Jane. Il y avait un léger rayon de soleil, mais la ville était trempée et les gros nuages noirs restaient très proches. D'immenses flaques d'eau jonchaient les pavés en pierre des rues. Pour ma défense, cette averse avait quand même été assez phénoménale. Nous approchions du marché en plein air. Les toiles multicolores qui protégeaient certains étals étaient imbibées d'eau. Mais cela n'empêchait pas les commerçants de vivre, et leurs cris se mêlaient les uns aux autres, annonçant le dernier article à la mode ou la fraîcheur du poisson en vente. Mon contact se situait normalement près d'une minuscule taverne, où il avait l'habitude d'installer sa boutique d'antiquités. Alors que nous approchions, je mis Jane en garde.

-Le type que nous allons rencontrer, Din Moretti, n'est pas très recommandable. C'est un collectionneur lui aussi, et il n'y a pas grand chose qui le freine quand il veut un objet rare.
-Tu ne traînes qu'avec des salauds?
-Ouais... Ce n'est pas un milieu très propre. Disons que je suis la colombe qui fait exception dans ce jeu de crapauds, ajoutai-je en affichant mon sourire le plus publicitaire.
Elle ne parut pas me croire. J'en revins à l'essentiel.
-Il n'y a pas lieu de s'en faire. Moretti me doit un service, je l'ai pas mal aidé par le passé. Cela fait quelques années qu'il s'est installé au Triangle, et il en connait beaucoup sur la région. Il nous dira ce que nous voulons savoir. Tout ce que je veux te dire, c'est qu'avec ce genre d'individus, il faut se méfier des entourloupes. Fais bien attention aux paroles qu'il prononce et à ses gestes. Ce gars là, c'est l'hypocrisie en personne.
-Bien reçu.


Nous passions devant la taverne du "Corail argenté" avant d'arriver au stand de Moretti. Je fus surpris de découvrir que l'étal était abandonné. Din n'était pas là. Nous avions pourtant convenu de nous rencontrer aujourd'hui. Jane héla le marchand d'un emplacement voisin.
-Bonjour. Savez-vous où nous pouvons trouver le propriétaire de cet étal?
-Din? Il a été appelé d'urgence au chantier naval pour une histoire de boussoles... Il devrait bientôt revenir, ça fait une heure qu'il est parti.
La cousine le remercia et reporta ses yeux vers moi. Nous échangeâmes des regards perplexes.
-Est-ce le genre d'entourloupes que tu évoquais? ironisa-t-elle.
-C'est bizarre...
Le marchand nous renseigna sur la localisation du chantier naval et nous nous y rendîmes au plus vite.
Il s'agissait d'un vaste ensemble installé sur une petite baie non loin de la ville. Il y avait quatre ou cinq cales sèches. L'une d'entre elles hébergeait l'ossature d'un navire en construction. Le chantier était désert, exceptés ces ouvriers qui rangeaient l'entrepôt. De l'autre côté du chantier, j'aperçus un assortiment de baraques en bois sur pilotis, au-dessus de l'eau. J'adressai cette destination d'un signe de la tête à Jane, qui me suivit.


Nous entrâmes dans le plus proche des bâtiments. Il y avait quelques tables, des plans d'architecte, des outils et des instruments de mesure. J'aperçus le chapeau de Din Moretti sur le dossier d'une chaine. Jane désigna du doigt la porte du fond, restée entrouverte. Elle entra la première. Je la suivis, baguette à la main. La salle était très sombre, et paraissait très grande. Il y avait une forte odeur de souffre. D'immenses tissus blancs étaient suspendus au plafond. C'était ici que l'on réparait les voiles des bateaux. Les toiles filtraient la lumière provenant des ouvertures au plafond, ce qui donnait à l'endroit cette luminosité mystérieuse, un rien étouffante. J'éclairai les lieux à l'aide de ma baguette magique. Jane poussa alors un cri d'effroi, et je découvris le sujet de sa terreur. Un homme gisait au plancher, la poitrine sanglante, les yeux grands ouverts. Naturellement, nous venions de rencontrer Din Moretti. Ma cousine était sur le point de céder à la panique et de mon côté, je dois reconnaître que j'étais bien incapable de réagir. Je n'aimais pas Din, mais pas au point de le préférer dans le costume d'un cadavre. Approchant la lumière de ma baguette, j'aperçus le manche de la dague qui dépassait de son torse.
-En plein coeur... saluai-je.
-Nolan, c'est horrible! se plaignit ma cousine. Regarde, il y a des traces de sang sur les voiles!
Je remarquai à mon tour les marques qui couvraient les voiles les plus basses. Elles étaient en forme de main. Un individu aux paumes pleines de sang s'était perdu au milieu des toiles. Une voile était déchirée, les traces de sang étaient passées par là. Elles continuaient à travers une succession d'autres voiles trouées. Visiblement, le tueur déchirait tout sur son passage. Marchant sur ses pas, j'essayais de me remémorer le sortilège le plus puissant que je connaissais. Je n'étais pas très fier. Vers quel genre de taré me dirigeais-je? Alors que nous progressions, la lumière devenait de plus en plus forte. Une dernière toile nous barrait le chemin, je la soulevai et la lumière du jour nous inonda à travers une ouverture dans la cloison en bois. En fait d'ouverture, notre prédécesseur avait carrément enfoncé le mur. Clignant des yeux à cause du soleil, je mis du temps à comprendre que ce trou donnait sur la mer. J'entendis un bruit d'étranglement. Un homme était à quatre pattes dans l'eau, emmêlé dans une toile, il se noyait à moitié. Cette scène pathétique me poussa à le secourir. Sans perdre de temps, je sautai dans l'eau peu profonde et j'extirpai l'individu du piège dans lequel il s'était précipité tout seul. Le gaillard pesait lourd et j'eus beaucoup de difficulté à le soulever. Mais avec l'aide de Jane, on parvint à le ramener sur la plage. Je reconnus alors les rayures noires du costume marron de Robin Eldoy.


Robin Eldoy eut toutes les peines du monde à retrouver son souffle. Et même allongé sur le dos depuis cinq minutes, il continuait de s'étrangler et de cracher de l'eau. Son costume était couvert du sang que la mer n'avait pas effacé. Nous le regardions avec des yeux sinistres. Eldoy chercha à se redresser. Je plaquai mon pied sur son torse, le forçant à rester couché.
-Qu'est-ce que tu fous ici, Robin?
-Din n'avait pas des dettes qu'envers toi...
-Tu l'as tué! Espèce de salopard! Tonnai-je.
-Ce n'est pas moi!
Il s'étrangla de nouveau. Sa toux dura plusieurs minutes et devint franchement pénible à écouter. J'avais envie de me racler la gorge. Jane afficha une mine écoeurée. Robin parut enfin se remettre, et je ne perdis pas de temps.
-Alors, quel est ce cirque?
-Il... il l'a tué, Nolan! Je n'ai rien compris... Din m'expliquait où se situait La Mariposa quand... tout a pété! Il y a eu des détonations, et de la fumée. Ca empestait! J'ai entendu un sifflement, un projectile filait à travers les voiles... Ca faisait le bruit d'un vif d'or... Et Din est mort... Une dague dans le coeur!
Je ne savais pas très bien quel crédit accorder au récit d'Eldoy. En hypocrisie, lui aussi méritait la mention "très bien", mais il était convaincant. Après tout, on l'avait retrouvé en train de se noyer au milieu de l'eau. A quoi rimait ce jeu, si ce n'était la réalité? Et puis ces explosions expliquaient l'odeur de souffre. Finalement, j'acceptais de croire le récit de Robin. Mais Jane se montra bien moins calme que moi, et ne laissa pas de répit à notre témoin.
-Moretti était donc un agent double! Qu'est-ce qu'il vous a dit?
-Je ne réponds pas aux gamines.
La gamine en question lui asséna un coup de pied dans le tibia. Cela bouleversa sa précédente règle.
-Aïe! Je vais te... Ok! Du calme, je vous réponds.
Il poussa un soupir.
-Din ne connaissait pas personnellement l'abri de La Mariposa. Mais il avait rencontré le quartier-maître du navire. Il s'est installé dans une bicoque... Près de la capitainerie, au port.
Ca commençait à fleurer l'arnaque, Robin se montrait trop coopératif. Mais nous n'avions plus de piste. Alors je pris les rênes.
-Debout, Eldoy. Tu vas nous y conduire. Tu ouvres la marche, et si tu cherches à te faire la malle, je te fais avaler la moitié de cette plage! En route!


Robin en tête, il nous fit marcher pendant un bon quart d'heure, nous ramenant dans la ville. Les gens observaient notre convoi avec un rien de curiosité. Faut dire qu'on ne passait pas inaperçus avec nos vêtements trempés jusqu'aux genoux, et le costume tacheté de sang de Robin. Mais personne ne nous enquiquina, et c'est ce qui comptait. Arrivés au port, notre guide nous fit descendre un petit escalier jusqu'au quai. Il y avait quelques voiliers amarrés, des embarcations de pêcheurs pour beaucoup. Les sorciers du Triangle n'avaient pas grand chose à voir avec ceux, plus modernes, du Royaume-Uni. Nous longeâmes le quai, au pied de la falaise, jusqu'à arriver à une série de bâtiments plus ou moins en bon état. Il y avait une jetée au bout de laquelle se tenait la capitainerie. Mais Eldoy nous indiqua une petite maison en bois, coincée entre la falaise et deux autres bicoques. La maison était installée sur une terrasse en hauteur, et un long escalier biscornu permettait d'y accéder.
-C'est là, déclara Robin.
-Tu passes le premier.
-A ta guise...
Il s'exécuta. Je n'aimais pas tellement l'attitude d'Eldoy. Si on se fiait à ses informations, il était sur le point de nous livrer à celui qui nous guiderait jusqu'à La Mariposa. Cela signifiait qu'il abandonnait l'affaire. Il paraissait un peu trop serein pour quelqu'un qui laisse filer un trésor. Arrivé à mi-hauteur, je décidai de changer de plan.
-Jane, reste ici. S'il y a un imprévu là haut, tu feras venir du renfort. N'oublie pas que cette île dispose d'une couverture contre le transplanage, mais la capitainerie est à deux minutes à pied.
-Entendu.
Je rattrapai Robin qui prenait un peu trop d'avance. Nous arrivions enfin devant la porte de la maison. Eldoy entra sans frapper et cette attitude me parut très louche. Je ne relevai pas le détail, et je m'enfonçai à la suite du collectionneur. Ma baguette était à portée de main, je flairai le pire. Et j'avais vu juste. A peine entré dans une petite chambre, Robin fit brusquement volte-face et me chargea. Préparé, je pus esquiver en partie son coup d'épaule, qui m'envoya quand même valser contre le mur. Deux hommes surgirent d'une porte au fond de la pièce. Eldoy profita du désordre pour s'enfuir, en clamant:
-C'est Nolan Seth, les gars! Occupez-vous de lui!
Il y eut une détonation et un rayon rouge fila vers moi, mais j'eus le temps de le détourner avec ma baguette. Le deuxième sorcier attaqua à son tour, je parai également. Je reconnus les visages de John Fillis et Tom Blanc, deux membres du Cercle des collectionneurs, deux collègues de Robin Eldoy. Les deux gaillards étaient costauds, mais ils intimidaient plus qu'ils ne faisaient de mal. En tout cas, baguette à la main, je ne les craignais pas.
Pendant les premières minutes du combat, je fis systématiquement le même geste. Ils attaquaient et je faisais mine de subir leur feu, me protégeant à chaque fois par un "protego" au dernier moment. Fillis allait remettre le couvert quand je décidai finalement de contre-attaquer au lieu de me défendre. Il fut surpris, et mon sortilège le renversa. L'autre était un peu plus habile. Il esquiva ma seconde attaque. De mon côté, je me laissa tomber sur le côté pour éviter son mauvais sort, qui troua la cloison dans mon dos. L'autre se relevait. Je le couchai de nouveau d'un autre geste de la baguette. Mais son pote Tommy était vraiment plus vif et me renvoya mon sort en pleine poire. Sonné, j'essayais de me relever tout en résistant aux assauts magiques du mister Blanc. Nous n'étions qu'à quelques mètres de distance. Relevé, j'esquivai son sortilège et je fis apparaître du bout de ma baguette une sorte de fouet magique qui s'enserra autour du bras de Tom. Tirant de toutes mes forces, je le fis basculer vers moi. Je saisis alors l'occasion pour sauter sur mon adversaire. Mais l'animal eut le réflexe de m'adresser un joli coup de poing dans son mouvement de déséquilibre.
Accrochés l'un à l'autre, nous tenions debout comme nous le pouvions. L'autre semblait définitivement hors de combat. Blanc m'adressa un nouveau coup de poing qui m'obligea à lâcher prise. Un peu au hasard, je lui assénai un coup de pied au genou. Notre boxe devait être particulièrement ridicule à voir, mais tous les deux étions vraiment pris au jeu. Laissant la magie de côté, nous continuâmes de nous battre au corps à corps pendant cinq bonnes minutes. Son poing heurta mon nez, c'était désagréable. Mais mon coude lui enfonça le ventre jusqu'à le réduire à l'épaisseur d'un timbre. Sans mentir! Il se défendait bien, et il me fit subir une série de coups que j'avais tout le mal du monde à détourner. Me protégeant le visage comme une petite fille, je me recroquevillai comme je pouvais contre le mur, espérant réduire au maximum l'exposition de mon corps à sa brutalité. J'étais essoufflé, étourdi. Je ne sentais plus la douleur, mais ces coups me filaient la nausée. Plus tellement lucide, j'eus le réflexe de m'écarter brusquement, et son poing toucha la cloison dans un bruit sinistre. Il poussa un hurlement terrible. J'avais presque envie de m'excuser, quand me vint plutôt l'idée d'enfoncer mes deux doigts dans ses yeux. Je n'étais pas un sauvage, je n'allais pas les lui crever, mais ça pouvait l'occuper un moment. Se tordant de douleur, il reçut également mon poing dans la joue, ce qui le fit presque tomber. Pouvait-on réellement tenir debout aussi longtemps? Il revint à la charge. Je le retenais comme je pouvais, cherchant ma baguette magique de l'autre main. Il m'avait semblé l'avoir vue à mes pieds. Je la trouvai finalement. Alors je fis un nouveau pas de côté et avec son élan, Tommy se trouva contre le mur. Il allait se retourner, quand je fis un rapide mouvement de la baguette. Des cordes jaillirent du néant et s'enroulèrent violemment autour de mon ennemi, le plaquant au sol. Elles le serrèrent si fortement qu'il ne put bientôt plus faire le moindre geste. Terminé.

Je n'avais hélas pas le temps de reprendre mon souffle. Me précipitant à l'extérieur, je vis que Jane était aux prises avec Robin. La petite avait résisté longtemps, l'empêchant de passer. Mais j'arrivai au moment où Eldoy la chassa d'un sortilège violent. Ma cousine chuta deux mètres plus loin. Furieux, je tirai dans le dos de Robin, il s'écroula et je dévalai les marches quatre par quatre pour le rattraper. Il n'eut pas le temps de se relever que je l'attrapai déjà par le col. Il poussa des cris de protestation, je lui plaquai le visage contre les pavés.
-Espèce de salaud! Tu crois qu'on peut me filer comme ça?
-Laisse-moi! Laisse-moi, Nolan!
Jane se releva et vint me prêter main forte. Elle l'aurait tué à coup de pieds si je ne l'empêchais pas.
-Doucement. Maintenant que Robin a compris qu'il avait affaire à plus fort que lui, il va nous dire toute la vérité.
-Tu la connais, la vérité! Cracha Eldoy.
-Il va nous dire la vérité et cesser de nous prendre pour des abrutis, ajoutai-je.
Je lui pressai le nez contre la chaussée, et cela l'aida à prendre sa décision. Le ventre et la face contre terre, il nous avoua tout ce qu'il savait. L'histoire du quartier-maître de La Mariposa était vraie. Robin nous avait seulement menti sur l'emplacement du marin. Il occupait une garçonnière dans le centre-ville. Le quartier-maître, du nom de Ian Sealgair, avait été débarqué de La Mariposa comme tout le reste de l'équipage après le retour difficile du navire au Triangle. Apparemment, le capitaine du navire était mort, et le lieutenant s'avérait incapable de prendre la relève, n'ayant pas les moyens financiers. Le bateau avait été quasiment abandonné dans une cale sèche secrète. Sans le sou, le quartier-maître Sealgair s'était rendu au marché du Port du Léviathan pour revendre son attirail de marin. C'est ainsi qu'il avait fait la rencontre de Din Moretti.

Je remerciai chaleureusement Robin Eldoy pour sa coopération. Je lui fis subir à lui aussi un sort d'enchainement, histoire de l'occuper quelques heures. Enfin, par précaution, je pris sa baguette et je la jetai à la mer, en dépit des multiples jurons du collectionneur. Cette fois, je ne pensais pas que Robin mentait. Il avait probablement compris la leçon. Aussi, Jane et moi, nous nous remîmes en route, avec l'ambition de rencontrer Ian Sealgair au plus tôt.






Revenir en haut Aller en bas


Invité


Invité


MessageSujet: Re: Le KanonDeymon [Solo] Sam 20 Avr - 0:01

Le ciel s'était nettement assombri depuis que nous avions quitté le port. Il y avait pourtant une belle éclaircie, mais le soleil commençait à se coucher au-dessus de la mer. Le Port du Léviathan était vraiment une ville magnifique quand on prenait le temps de visiter. La plage, le soleil, le village traditionnel. Ici, on se sentait loin des tourmentes du régime de Lord Voldemort. Et pourtant, rien ne s'était passé comme prévu, comme si j'avais transporté au Triangle une partie de la malédiction qui planait sur le Royaume-Uni. Normalement, ce n'était qu'une affaire de quelques heures. J'aurais rencontré Moretti, il m'aurait conduit au navire. Mais Din avait préféré mourir, Robin m'avait trahi, et qui sait ce qui m'attendait encore chez ce quartier-maître à la retraite? Quelqu'un s'amusait à troubler les pistes. Je n'avais pas le sentiment que c'était spécialement contre moi, car comment aurait-on pu prévoir mes déplacements? C'était plutôt Robin qui avait frôlé la mort de peu. Mais cela ne devait pas nous arrêter. Jane semblait pensive, soucieuse même, mais pas abattue pour autant. La petite commençait à se prendre au jeu.

Nous arrivions enfin dans le petit centre-ville. Il s'agissait d'une longue rue pavée, surtout peuplée de restaurants et de boutiques bien plus chics que le reste de la ville. Un somptueux hôtel dominait le bout de l'avenue, et toutes les maisons paraissaient minuscules à ses pieds. L'habitat de Ian Sealgair était coincé entre une taverne minuscule et une sorte de banque. L'endroit était étonnamment calme. Les locaux devaient craindre la pluie, le temps redevenait menaçant. Nous hésitâmes devant la petite porte peinte en rouge.
-Je crois que c'est ici, déclara Jane.
Je fis un signe de tête positif. Nous entrâmes dans le tout petit immeuble. Il y avait un hall minuscule, une vieille femme était en train de balayer. La concierge nous fit savoir que Sealgair occupait la chambre au troisième, sous les combles. Elle nous assura que le quartier-maître était ici, car un autre homme était venu lui rendre visite presque une heure plus tôt. Inquiet, je croisai le regard de Jane qui semblait aussi perplexe que moi. La dame ne sut pas nous en dire plus sur l'individu. Étonnée par notre attitude, elle voulait savoir s'il y avait quelque chose de grave, Jane lui jura que tout allait bien. La concierge rentra dans son appartement du rez-de-chaussée et nous laissa monter.
-Tu commences à te faire à l'art du mensonge, remarquai-je pendant que nous montions.
-Pourquoi dis-tu ça?
-Rien de grave là haut? Tu y crois vraiment?
Elle hocha la tête.
-Je ne voulais pas l'inquiéter. Et puis il vaut mieux éviter que d'autres viennent mettre le nez dans nos affaires, n'est-ce pas?
-Oui. Prépare quand même ta baguette, parce que moi je ne suis pas aussi dupe que la concierge.
-Tu me fais peur, Nolan...
Elle fit mine de faire demi-tour. Je la rassurai, lui promettant qu'avec Robin Eldoy, nous avions mis hors d'état de nuire la seule vraie menace dans cette affaire. Elle continua à avancer en silence. Jane mentait bien, mais elle devait encore apprendre à ne pas croire tout ce qu'on lui disait.
La porte qui défendait l'entrée était close. J'hésitai un instant. Jane frappa la première. Il y eut un silence avant qu'une voix ne demande:
-Qui est-ce?
Je ne sais pas ce qu'il me passa par la tête pour que je réponde cela, peut-être le pressentiment idiot que ça me porterait chance.
-Eldoy... Robin Eldoy.
Jane salua le stratagème d'un signe de tête.
-Entrez! invita la voix avec empressement.
J'ouvris la porte et j'entrai le premier. Ce qui se passa alors fut très confus. La pièce était sombre, éclairée par une simple fenêtre, il y avait un homme au fond dont je ne pus voir le visage. Il me sembla apercevoir un corps étendu à ses côtés. J'allais avancer quand j'aperçus une grosse corde à mes pieds. Elle se trémoussait, tel un serpent, tournant sur elle même, rampant, comme si elle était vivante. Je ne pus retenir mon étonnement.
-Qu'est-ce...
Mais à peine prononçai-je un mot que la corde bondit brusquement sur mon torse avant de s'enrouler autour de mon cou. Son poids me renversa au sol. J'entendis Jane pousser un cri d'effroi, et il y eut un vacarme que j'étais incapable de décrire. Je crus voir le type s'enfuir par la fenêtre. Pour le reste... La corde essayait tout bonnement de m'étrangler. Je la retenais avec mes mains sans pouvoir faire grand chose. Ma gorge se nouait, je ne respirais presque plus. Jane tentait vainement de tirer ce serpent magique hors de moi, mais elle n'avait pas assez de force. J'avais envie de vomir, mais j'étais bloqué. Je battais des pieds inutilement. Cette sensation était épouvantable, je cherchais de l'air qui ne venait pas. J'allais m'évanouir, quand tout se relâcha brusquement. Il y eut un sifflement strident, comme le cri d'un animal blessé, et la corde s'immobilisa. Redevenue un simple objet, je pus la retirer de mon cou.
J'avais toutes les peines à trouver mon souffle. Ma gorge faisait un bruit horrible, j'avais l'impression que mon cou avait été réduit de moitié. Avec les coudes, je me fis glisser vers le mur où je pus m'adosser, ne cherchant même pas à me relever. Cette saloperie de corde magique gisait à mes pieds. Jane l'avait abattue d'un coup de couteau en tentant de la couper. La cousine me demanda à plusieurs reprises comment j'allais. J'étais incapable de lui répondre. Il me fallut presque dix minutes pour retrouver mon souffle. Enfin, entre deux raclements de gorge, je retrouvais la voix.
-Il... il est mort?
Assis contre le mur, je lui désignai le corps près de la fenêtre. Jane haussa les épaules et alla l'examiner.
-Il respire. Tu crois que c'est Sealgair?
-J'en sais rien... il porte une marinière, non?
Je me relevai, encore essoufflé. Cette corde me terrifiait. Je ramassai ma baguette et je l'incendiai. On ne sait jamais. Le serpent de lin se recroquevilla sur lui-même en brûlant, dans une sorte de posture d'animal agonisant. Il n'en resta vite plus que des cendres. L'esprit tranquille, je pus reprendre mes investigations.
L'homme semblait retrouver ses sens. On l'aida à se relever et on l'installa sur son lit. Il se tenait la tête, visiblement assez mal en point.
-J'ai mal! Gémit-il.
-Etes-vous Ian Sealgair? Interrogea Jane.
Il bafouilla un vague "oui".
La jeune femme s'arrangea pour lui trouver un verre d'eau, qu'il but d'un trait.
-Vous feriez mieux de manger un peu, ajouta-t-elle, muée en infirmière.
Il fit un geste de refus de la main, et reporta son regard troublé vers nous.
-Qui êtes-vous?
Le marin frôlait la cinquantaine, il portait une courte barbe grisonnante et avait le front bien dégarni. Avec sa marinière et son air de dur à cuire, il avait bien une tête de loup-de-mer. Ce qui ne l'empêchait pas de paraître honnête. Je ne vis pas la nécessité de lui mentir.
-Je suis Nolan Seth, et voici ma cousine, Jane.
-'chanté... Ian Sealgair. Qu'est-ce que vous fabriquez ici?
-Nous sommes à la recherche de La Mariposa, Mr Sealgair. On m'a dit que vous aviez travaillé dessus.
-Qu'est-ce que vous lui voulez tous, à ce bateau? Grogna-t-il.
Je sentis de la méfiance dans sa voix. Din Moretti était déjà passé par là, avec sa tête de truand et ses questions insistantes, et sans doute d'autres aussi. Il fallait ruser.
-Nous sommes des réfugiés anglais, mister. Nous voulons rejoindre la résistance contre le régime du Seigneur des Ténèbres.
Jane me regarda d'un air très désapprobateur, je l'ignorai.
-Nous savons que La Mariposa abrite une arme très puissante. Mais des individus sont à sa recherche. Ian, nous devons les arrêter!
Il ne répondit pas. J'insistai.
-Qui était cet homme chez vous? C'est lui qui vous a assommé, pas vrai? Il a tenté de m'étrangler... Et il a assassiné Moretti, l'antiquaire que vous aviez rencontré au marché. Vous voyez, de sales types sont prêts à récupérer le Kanon Deymon... Ne les laissez pas faire!
Il eut l'air inquiet et se tourna vers Jane qui lui inspirait certainement plus de confiance. Elle lui sourit sincèrement. Il se releva.
-Je ne sais pas qui il était. Il s'est amené chez moi et a tenu des propos bizarres. Il n'arrêtait pas de parler comme s'il était au théâtre... Je crois qu'il était fou, il se prenait pour un comédien! Il m'a mis en garde, il m'a dit qu'un conspirateur arrivait... Un certain Robin avait rendez-vous avec la mort.
-Robin Eldoy?
Il haussa les épaules.
-Je crois que c'était celui qu'il attendait, mais je ne connais pas ce Robin. Ensuite, l'autre m'a jeté une espèce de poudre noire aux yeux, et je me suis évanoui.
J'avais du mal à comprendre. La fenêtre était grande ouverte. J'alla jeter un coup d'oeil. L'agresseur avait pu atteindre un balcon voisin sans difficulté, puis un toit un peu plus bas. Il avait sûrement filé par le petit jardin sous le balcon. Rallié à notre cause, Sealgair était en train d'expliquer à Jane le moyen de trouver La Mariposa. Le navire était en panne sur un des îlots voisins, à l'abri d'une caverne inondée, sorte de port clandestin. Le marin nous remit une carte avec l'îlot en question, entouré d'une croix. Nous le remerciâmes avant de le quitter.

Cela faisait du bien de retrouver l'air frais. Le Port du Léviathan m'apparaissait de moins en moins sympathique. Quasiment chaque lieu que nous avions visité avait été le théâtre d'agressions parfois mortelles. Il n'y avait qu'à l'extérieur que je me sentais bien, au final. Je n'étais pas un lâche, mais je devais reconnaître que l'idée de devoir dormir au Triangle m'angoissait beaucoup. Toute l'île me semblait maudite à présent, et la nuit qui approchait n'arrangeait rien à ces idées noires. Nous n'avions pas vraiment de temps à perdre, mais j'avais besoin d'un peu de réconfort. Jane accepta que nous trouvions une taverne pour boire un coup.
La scène de la corde m'avait traumatisé. Par moment, j'avais encore le sentiment de manquer d'air, et je ne pouvais m'empêcher de me masser la gorge, craignant qu'elle se rétracte une seconde fois. Pour faire face à ce sentiment d'insécurité, j'avais besoin de trouver la taverne la plus animée et la plus bondée de l'île. Je la trouvai finalement non loin de la plage. Je fus séduit par la grosse baraque sur pilotis, illuminée de lanternes, dont on entendait les éclats de voix et les chants plusieurs centaines de mètres au loin. Elle était pleine à craquer, et le serveur nous indiqua une table sur la terrasse. Alors que Jane et moi buvions nos verres, un groupe de jeunes jouait sur la plage devant nous. Là, je me sentais mieux.
-Peut-être que nous ferions mieux de rentrer... glissa Jane soudainement.
Je la regardai d'un air curieux.
-Tu veux fuir?
-Tu sais, j'ai vu beaucoup de choses en peu de temps...
Je devais admettre que c'était vrai.
-C'est ça, la vie de collectionneur. Mais je ne crois pas qu'on cherche à nous tuer.
-Qu-est-ce qu'il te faut!
-Jane, seul Eldoy a des raisons de nous en vouloir. Mais même lui ne voulait pas notre mort.
-Et l'autre?
-Je ne sais pas... J'ai l'impression qu'on s'est insérés dans une histoire qui ne nous regarde pas. Souviens-toi, Sealgair nous a dit qu'il attendait la venue d'Eldoy. Il s'est enfui quand nous sommes arrivés.
-Tu lui as fait croire que tu étais Robin. Il a eu l'air surpris en découvrant ton visage.
-Tu vois, cela signifie donc que ce n'est pas après nous qu'il en a.
-Il aurait quand même pu retenir sa corde magique!
Je ne répondis pas, réfléchissant. Jane était anxieuse. Elle ne buvait pas, son verre était presque intact. Peut-être avait-elle raison, peut-être que nous aurions été mieux inspirés de quitter le Triangle. Ce qui me troublait le plus dans cette affaire, ce n'était pas l'abattement de Jane, c'était le mien.
-Nolan, tu es sûr de ne pas connaître ce type?
Je ne répondis pas de suite. En vérité, la description fournie par Sealgair sur son agresseur me rappelait quelqu'un. Je connaissais un type un peu étrange de ce style, mais il n'avait rien à faire ici.
-Quand il a parlé de théâtre, ça m'a rappelé un homme. Et cette corde magique, c'est l'opération d'un enchanteur... ce qui colle aussi avec mon souvenir. Mais je ne vois pas ce qu'il ferait ici, et ça n'a jamais été un meurtrier.
Elle n'insista pas.
-Jane, si tu le souhaites, nous pouvons partir.
Elle but son verre d'un trait et se releva brusquement.
-On part trouver La Mariposa.



Revenir en haut Aller en bas





Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Le KanonDeymon [Solo]

Revenir en haut Aller en bas

Le KanonDeymon [Solo]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POUDNOIR :: 

Détente

 :: Archives :: PN origins :: Monde adulte
-