POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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A l'Homme qui pleure ses vieux jours. [feat Charlyse]

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Lincoln Crow


MessageSujet: A l'Homme qui pleure ses vieux jours. [feat Charlyse] Dim 12 Mai - 22:27

-Monsieur Crow, voici Amélia Xavier, et Dorian Dorgn. Décédés hier soir, aux alentours de 19h, à leur domicile. Mariés depuis quatre ans, ils semblent avoir été soumis au sortilège de l'Imperium pour s'entre-tuer.

Les paroles de Porton, l'un des Exécuteurs les plus fameux du moment, étaient lourdes dans la pièce où s'était installée la scène macabre qu'était l'exposition des corps des deux défunts. Crow analysait plus qu'il n'écoutait. Il observait avec une impassibilité notoire chaque détail de la salle. Que ce soit les éclaboussures de sang sur les murs, ou même les yeux blancs du mari, il était à cheval sur le moindre indice suspect qui le mènerait à faire avancer cette nouvelle enquête qui leur tombait sur les bras. Les Exécuteurs n'étaient pas encombrés de travail, ils n'étaient pas non plus exempts de tout boulot. Non, les Exécuteurs de Nuisibles du Ministère de la Magie avaient de quoi vivre pleinement leur tâche quotidienne qui était de tenir l'ordre en place et de résoudre chaque énigme rapportant aux résistants et autres hors-la-loi en cavale. C'était sûrement la plus grande fierté de Lincoln, celle de mettre derrière des barreaux des enfoirés comme Sheppard, comme Weasley, ceux-là même qui se croyaient au-dessus de tout concept et qui parvenaient, avec aisance et arrogance, à se croire suffisamment inatteignable pour continuer leurs méfaits. Lincoln ne leur demandait pas de se ranger, car Crow n'était pas un utopique. Il était réaliste jusqu'au bout des ongles, même si cela devait l'amener à devenir défaitiste. Cacher la vérité lui apparaissait comme trahir sa propre nature. Et bien qu'être défaitiste ne lui plaisait pas, il l'acceptait déjà plus si il n'y avait strictement plus aucun espoir de sortir vivant d'une situation périlleuse. Car de tous ceux du Ministère, rares étaient ceux ayant risqué leur vie pour le purisme. On pouvait aisément compter Mulciber, ou De Saint-Clair quoiqu'il dise, mais on pouvait aussi compter Crow, qui, par quatre fois n'avait pas hésité à prendre les rennes d'une opération pour la mener à bien. Il était tout sauf médiatique, il haïssait avec véhémence cette engouement autour de l’idole médiatique parfaite. Il savait parler en public, mais il n'aimait pas cela. Il n'aimait pas être pris en photo, et par-dessus tout, répondre à des questions lui cassait violemment les pieds au point qu'il en aurait frappé l'interviewer jusqu'à la mort. C'était l'un des principes fondamentaux de Lincoln d'ailleurs. Celui de n'avoir aucune limite. Il n'en avait pas eu pour répondre au Lord. Il n'en aurait pas pour assassiner un vulgaire journaliste censuré. Peut-être que la presse en était consciente et peut-être était-ce pour cela qu'on le laissait tranquille ? Cela lui allait bien, parfaitement bien, et il se taisait bien pour que ça change.

Lincoln contourna les corps, se baissa légèrement en observant plus en détail le cou de la défunte. Il releva les yeux vers Porton. Son regard était froid, et impassible, mais on reconnaissait l'homme professionnel. Il n'était pas là pour faire régner la terreur, il régnait de toute façon en maître sur son Bureau. Il était apprécié par ses hommes, car il était compétent et demandait à chacun le meilleur de soi-même.

-Des hypothèses?
-Le meurtre passionnel peut-être ? Mais un Imperium n'est pas donné à tout le monde. Surtout dans un cas aussi brutal que celui-ci. Il faut une force de conviction et une maîtrise du sortilège assez forte pour faire entre-tuer deux personnes.
-Voyez... ici. Ici on a une marque de brûlure. Que ce soit grâce à un objet moldu, ou à un sortilège, il y a eu un acte délibéré de laisser une trace du meurtre. Je pense plutôt qu'il s'agit ici d'une marque d'innocence.
-Une marque permettant de retirer tout soupçon sur leur tuerie mutuelle?
-Oui. L'Imperium n'était pas suffisamment bien utilisé, car ils ont pu marqué leur résistance via ce sortilège. On a affaire à un homicide volontaire véhiculé par la passion... ou par autre chose. Reste à trouver quoi.
-Monsieur Crow ! Monsieur ! On vient de trouver ça dans le buffet de l'entrée!
-Qu'est-ce Jason?
-Un papier souillé par de l'encre.


Crow se releva lentement, fixant d'un regard noir et cinglant l'Exécuteur qui venait de se présenter à lui.

-Vous vous foutez de moi?
-Monsieur, il s'agit d'un code divinatoire !
-Vous allez finir par vous expliquer ou dois-je vous retirer les informations moi-même grâce à ma baguette ?
-La tache d'encre est l'exact représentation du présage de mort selon le Grand Livre de la Divination. Si le couple l'avait caché ici, c'est qu'ils l'ont reçu il n'y a pas longtemps!
-Trouvez immédiatement l'expéditeur de la lettre, prenez une équipe de trois Exécuteurs en plus de vous. Porton, vous restez ici, et vous me trouvez des indices confirmant l'hypothèse, ou non, d'un meurtre passionnel. Je retourne au Ministère, je dois voir le Directeur de la Justice Magique.
-A vos ordres Monsieur.
-Entendu, Monsieur Crow.

Le directeur des Exécuteurs de Nuisibles quitta la pièce macabre et sortit de la maison pas plus grande d'un appartement en terme de superficie. Ce qui rattrapait le tout c'était le minuscule jardin présent à l'arrière. C'était à pleurer tant les gens s'entassaient ici dans les banlieues des grandes villes moldues. Des moutons, ou des cochons, c'était bien pareil, ces gens n'avaient aucun moyen de s'en sortir, sinon par le trépas dont Lincoln était témoin aujourd'hui. La nuit commençait à tomber sur l'Angleterre, et Crow transplana direction le centre même de Londres. Il s'alluma une cigarette une fois dans la rue, alors que la fumée noire qui l'accompagnait, caractéristique de son état de mangemort, se dissipait petit à petit derrière lui. Il avança dans les ruelles, toutes plus sombres et dénuées de population les unes que les autres. Il se laissa guider au gré de ses envies, et pénétra finalement dans un bar sorcier qu'il connaissait bien en plein cœur de Londres. C'était un bar où l'on était au moins pénard. Lincoln n'était pas un alcoolique, mais il aimait boire. Il aimait la sensation, le goût. Il appréciait plus un bon whisky qu'une lecture barbante, ou qu'une enquête inintéressante. Il salua le patron présent derrière le comptoir qu'il connaissait grâce aux Soupirs auxquels appartenaient les deux sorciers. Il lui commanda un whisky et alla s'installer au fond de la salle où il était certain de n'avoir aucun soucis quant à la populace qui venait parfois dans le bar. Il ralluma une cigarette d'un geste lent, précis, sans bavure et observa. C'était une occupation presque habituelle désormais. Une déformation professionnelle sans aucun doute. Le patron vint le voir, apportant le verre. Il s'installa en face de lui. Le gars était un peu gros, un ventre à bières disaient d'autres. Une barbe désormais bien épaisse se dressait sur son visage.

-Alors Nelson, du nouveau ?
-Ouais. Le Grand Maître a donné son accord.
-Déjà ? Merde, je pensais qu'on aurait plus de temps...
-Visiblement non. T'es prêt?
-Je pense. Il ne me reste plus qu'à régler le compte du Banquier.
-Ce fils de pute t'en doit une. Tu as prévenu Henri ?
-Oui, c'est lui qui me l'a retrouvé. J'ai déjà envoyé mes hommes.
-Alors tout ceci sera bientôt de l'histoire ancienne. Bon, j'y retourne, j't'en offre un autre tiens.

Lincoln le remercia d'un signe de tête et s'enfila le premier verre d'une traître comme il les aimait. Il profiterait avec plus de délicatesse et de connaissance le second qui serait irrémédiablement plus onctueux et savoureux. La porte du bar s'ouvrit sur une demoiselle au regard noir. Noir, mais pas si impassible que cela. Lincoln la connaissait de vue. Il l'avait rencontré, de loin, à l'enterrement de Maleficus Serpens, et quelques fois dans les couloirs de Poudlard du temps où il y était encore affecté. Diantre que cette époque semblait lointaine et perdue. Il avait l'impression d'avoir fait une traversée du désert depuis, et nul doute que ses expériences étaient devenues toutes autres. Il était maintenant à la tête d'une élite reconnue et inégalée. Et ça, c'était la preuve de sa réussite.

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MessageSujet: Re: A l'Homme qui pleure ses vieux jours. [feat Charlyse] Jeu 16 Mai - 20:21

Londres le soir … Ce que ça avait pu me manquer … Vivre à la demeure glaciaire était bien mais je sortais si peu que parfois j’avais l’impression d’être prisonnière. Pourtant je ne l’étais pas, Tryan avait été bien clair sur le fait que je puisse sortir quand je désirais. Mais depuis qu’il avait pris en main mon entrainement, je profitais de mon temps libre pour me reposer ou m’entrainer toute seule. Les sorties étaient limite oublier et pourtant il fallait bien se changer les idées de temps en temps.

Mes dernières sorties dataient de ma mission au chemin de traverse avec Tryan et de mon passage rapide à l’enterrement de Maleficus. Deux sorties qui avaient apporté beaucoup à ma façon d’être. Je changeais, j’espérais que c’était en bien mais de mon humble avis, je ne m’en portais que mieux. Fini la gamine effacée et discrète qui n’osait parler ou se mettre en avant si besoin. La nouvelle Charlyse n’était plus comme ça, elle participait beaucoup plus à la vie active au lieu de ressembler à une poupée ou une statue.

Ma présence ici aujourd’hui était du à une lettre, une lettre qui m’avait drôlement surprise puisque c’était une lettre de ma mère. Quand je l’avais reçue, je n’y avais pas cru et quand je l’avais parcourut, j’avais longtemps hésité avant d’y répondre. J’avais hésité à en parler à Tryan pour qu’il me conseille mais voulant prendre moi-même des décisions, j’optai finalement pour me taire et faire à mon idée.

Un rendez-vous fut pris. Je lui proposai Hyde Park. Un parc au centre de Londres, du côté moldu pour éviter les surprises. C’était peut-être ma mère mais je ne lui faisais pas confiance. Je trouvais ce changement trop soudain et je ne voulais pas prendre de risque surtout que Tryan n’était pas au courant de la destination de ma sortie. Ma baguette était cachée dans ma manche, à l’abri du regard des moldus mais disponible en cas de besoin.

J’arrivai la première sur les lieux avec une bonne dizaine de minutes d’avance. Repérant le lieu du rendez-vous, je me postai à une bonne distance pour voir toutes les arrivées possibles et attendit. Je voulais voir ma mère arrivait, je voulais voir si elle était seule et si je pouvais m’avancer sans risque. Elle était à l’heure … S’installant sur le banc, elle posa son regard sur le lac qui s’étendait aux pieds du banc, attendant visiblement mon arrivée. De mon côté, je pris le temps d’observer les alentours mais ne remarqua rien de bizarre. Je n’étais pas douée pour l’observation mais je préférais quand même faire ainsi.

Rejoignant la jeune femme, je m’installai à ses côtés sans un mot, attendant qu’elle se lance la première, qu’elle fasse ce premier pas que j’attendais depuis si longtemps. Le silence se posa entre nous, un silence lourd et pesant. Finalement je me tournai vers elle pour la regarder, prendre le temps de l’observer de près. Ca faisant pratiquement un an que je ne l’avais pas revu. Juste croisée lors de l’enterrement mais c’était tout. Maintenant que je pouvais la voir vraiment de près, je me rendais compte qu’elle avait vieillie. Lui adressant un sourire, je cherchais quelques mots à dire mais elle me devança en prenant la parole d’une voix légèrement tremblante.

Ma chérie … Tu m’as manquée. Reviens à la maison s’il te plaît. Je t’aime tant !

Un léger rire filtra d’entre mes lèvres alors que je secouais la tête négativement. Croyait-elle que quelques mots suffiraient à me faire fléchir ? Que son amour m’empêcherait d’oublier qu’elle ne m’avait jamais soutenue face à mon père ? Non elle rêvait …

Ton père veut s’occuper de ton éducation. Il fera de toi une grande sorcière. Beaucoup mieux que si tu reste avec Tryan. Je t’en conjure, écoute-moi pour une fois …

Mon cœur loupa un battement en entendant ses mots. Me redressant, mon regard parcourut le parc rapidement. Jamais ma mère n’avait parlé ainsi. Si elle disait ça c’est qu’elle avait encore une fois était faible et que mon père ou ses larbins devaient se trouver quelque part par là.

Oh non mère … Je voulais croire que je pouvais te faire confiance mais je vois que non. Où est passée notre complicité ? Je te pensais quand même un minimum de mon côté …

La femme s’effondra en larmes, se cachant le visage dans les mains. Poussant un long soupir, je me levai tout en continuant à regarder autour de moi d’un air inquiet. Où étaient-ils ? Quand allaient-ils essayer de me récupérer de force. Si je savais me défendre beaucoup mieux qu’avant, j’étais loin d’être capable de me battre face à deux ou trois hommes.

Je les ai envoyé de l’autre côté du parc en leur disant que tu n’arriverais que dans une demi-heure. Charlyse, s’il te plaît sauve-toi et trouve le moyen de faire ta vie sans avoir recours à ton nom. Les Stuart ne te feront pas de cadeaux. Je ne sais pas pourquoi mais ils pensent que tu as une part de responsabilité dans la mort de Maleficus.

J’étouffai un cri de stupeur. Tout le monde savait que Maleficus était tombé dans un piège face à un bourbiste et pourtant on m’accusait moi ! Comme si j’avais été capable de faire ça … Comprenant que c’était surtout pour avoir une raison pour ne pas me réintégrer dans la famille, je poussai un soupir avant de hausser les épaules.

Jamais je n’aurais été capable de faire ça ... Même si je ne portais pas Maleficus dans mon cœur, je ne lui aurais jamais fait de mal. J’espère que tu me crois au moins ? Enfin bref ! Je préfère partir de suite, pas envie de prendre de risque. Au revoir mère …

Déposant un baiser sur la joue de la femme, je m’éloignai rapidement tout en regardant autour de moi. La nuit commençait à tomber et bientôt je ne pourrais pas surveiller autant mes arrières. Serrant les lèvres, je cherchais une solution tout en pestant contre ma dignité qui m’avait empêché de dire à mon cousin le lieu de mon rendez-vous. Si seulement j’avais su …

Mes pas me conduisirent vers des rues de moins en moins passagères et je remarquai rapidement deux hommes qui me suivaient. Me mordant les lèvres, je regardais les devantures, cherchant un moyen de disparaître de leurs vues mais ce n’était pas évident. Repérant un bar, je poussai rapidement la porte et entra d’un pas vif. Cacher ma peur était essentiel, je devais avoir l’air d’une simple cliente, d’une jeune femme simplement en quête d’un endroit où boire un verre tranquillement.

M’avançant vers le bar, j’adressai un sourire à l’homme qui faisait le service. Lui commandant un verre de jus de cerise, je profitai qu’il était en train de me servir pour observer les personnes présentes dans la salle. L’une d’elle m’interpella légèrement. Un homme assis seul au fond de la salle, un homme que j’avais déjà croisé à Poudlard et plus récemment que j’avais entrevue à l’enterrement de mon cousin. Je savais qu’il avait un poste plutôt bien placé au ministère mais je n’aurais su dire quoi, je ne m’intéressais pas assez à ça. Enfin je ne m’y intéressais pas jusqu’à présent …

La porte du bar s’ouvrit pour laisser entrer les deux hommes que j’avais repérer. D’un geste rapide, j’attrapai mon verre et me dirigea vers l’homme, l’air de rien. Il fallait qu’on ait l’impression que je le connaissais bien, voir même que j’étais une amie à lui parce que de son côté il était connu et personne ne viendrait lui chercher des noises. Une chance donc pour moi de peut-être m’en sortir …

S’il vous plaît, faite comme si vous me connaissiez, je vous promets que je vous expliquerais après …
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Lincoln Crow


MessageSujet: Re: A l'Homme qui pleure ses vieux jours. [feat Charlyse] Sam 18 Mai - 18:52

Le verre de whisky était tranquillement posé sur la table, et c'était à la surface du liquide que tout s'agitait. On aurait cru une apocalypse miniature. Les ondes se mouvaient jusqu'à s'écraser lamentablement sur le bord du verre transparent. Le cendrier posé juste à côté fumait encore des cendres déposées par la cigarette du Directeur des Exécuteurs de Nuisibles. Lincoln était tout à fait évasif à ce moment précis Il pensait à bien d'autres choses qu'à ses enquêtes, qu'au Seigneur des Ténèbres, qu'au Ministère. Il pensait bien plus à lui qu'au reste du monde. Non pas qu'il était égoïste au point de se foutre de tout sauf de lui – quoique parfois c'était à se demander si ce n'était pas le cas, et il n'aurait pas été faux de le penser et de le croire – mais il considérait qu'à ce moment précis de la journée plus rien ne pouvait l'atteindre si ce n'est l'amertume de ses vieux jours.

Il n'était pas un vieux sorcier à l'image de Léon Brom, ou de Eris Valverde. Il n'était pas non plus tout jeune, et il commençait à avoir de l'expérience. Mais Lincoln était intelligent, ou du moins assez lucide pour comprendre qu'il ne vivrait jamais aussi longtemps qu'eux. Ils étaient des survivants à ses yeux car bien des dizaines d'années s'étendaient derrière eux. Lui semblait jeune, et on aurait pu lui hurler qu'il lui restait toute sa vie devant lui, alors qu'en vérité, il vivrait probablement moins longtemps que l'Intendant ou que le nouvel Inquisiteur de Poudlard. Il était loin d'être assez stupide pour penser qu'il n'était pas en danger. Et justement, il l'acceptait pleinement. C'était pour cela que ce soir il était dans ce bar non sécurisé perdu au centre de Londres, car il n'avait pas peur de la Vague, pas peur de l'Ordre, pas peur de Jugson ou de Voldemort. Il n'avait peur de rien, ni de personne, il attendait la mort comme l'on aurait attendu un ami en retard : en s'impatientant. Pourtant, Crow n'était pas un suicidaire, loin de là. Il n'allait pas contre la mort, mais il ne la cherchait pas non plus : il accomplissait, aussi simplement que cela puisse paraître, son devoir, et emmenait le plus de gens possible dans la tombe avec lui. Il crèverait demain sinon bientôt, et il lui était catégoriquement impossible de croire aux meilleurs jours. Il pensait à ce moment fatidique où il devrait dire au revoir au whisky, à la clope, à la couleur, et à cette foule hurlante. Au revoir au purisme et à la suprématie. Au revoir à sa baguette, et au Seigneur des Ténèbres. Au revoir à Jugson et à la vie. Il n'avait pas peur de ce moment, mais Dieu qu'il l'appréhendait.

Devait-il continuer à croire au purisme d'ailleurs ? N'était-ce pas la raison principale de son déclin ? N'était-ce pas là la raison de sa propre mort ? Il se mutilait lui-même. Il se mettait librement la corde au cou en espérant que le tabouret ne flanche pas. Ce tabouret qu'était-il en réalité ? Sa foi envers le purisme ? Ou envers le Seigneur des Ténèbres ? C'était un illuminé, et de loin. Il n'avait jamais, Ô grand jamais, douté du Lord. Mais lorsque les événements démontrent qu'il n'est plus parole de vérité aux yeux du monde, alors que doit-on en déduire ? Qu'il est faible, ou qu'il est faux ? Faut-il continuer à le suivre, comme un chien suivrait aveuglément son maître sous une pluie torrentielle et dénuée d'espoir ? Non, Crow n'était pas un défaitiste, au contraire, il préférait de loin voir ce qu'il y avait de meilleur, pour lui, en toute chose. Mais l'avenir lointain, lui, semblait plus noir qu'il n'y paraissait aux premiers abords. Alors Lincoln buvait. Du whisky s'il vous plaît, car elle était le meilleur moyen pour s'affranchir de ses pensées morbides. Il rêvait de mort et de meurtre, c'était à la fois son métier et sa raison de vivre, mais dire que cela ne déteignait jamais sur lui aurait été mentir.

Il repensait aussi à ce que les Soupirs lui avaient demandé d'accomplir. Diantre, ce n'était pas souvent qu'il peinait à accomplir sa tâche, mais aujourd'hui était différent. Aujourd'hui il lui semblait ardu d'être le meurtrier modèle dont il avait la réputation auprès du Grand Maître et de ses écoutants. Le Banquier, ce chacal, était réapparu aux yeux du monde avec un peu trop de prétention. Lincoln avait réussi à le pister grâce à Henri. Il l'avait pisté avec professionnalisme et savait désormais où il était caché. Le tout allait bientôt être achevé, dans le sang et le désespoir, mais ce serait fini. Après, Crow pourrait passer à la suite, soit la destruction totale et exemplaire des opposants. Il magouillait constamment, simplement car c'était un moyen tellement plus intuitif et efficace que cela en devenait plus attractif. Lincoln ne voyait pas les règles comme des barrières infranchissables, et pourtant c'était un militaire. Il avait appris à les respecter, sur le bout des doigts, et aujourd'hui s'en affranchissait petit à petit. Notamment car c'était désormais lui qui fixait les règles, et non plus les autres. Il était devenu son propre chef, si ce n'est Lord Voldemort en personne. Il n'avait plus à se faire taper les doigts, il pouvait désormais agir à sa façon, comme il lui semblait, et il aurait, de toute façon, toujours raison.

D'ordre général, Crow était un type grincheux, ou du moins suffisamment asocial pour que rien d'anormal ne lui tombe dessus. Il appréciait d'ailleurs ce bar de Londres car il connaissait le patron, et les habitués n'étaient pas des emmerdeurs. La plupart était des ivrognes qui ne savaient qu'enquiller bouteilles après bouteilles et qui ne posaient pas de question sinon une pièce de monnaie pour régler la commande. Il n'était pas repoussant d'apparence, mais sa tête trahissait son refus de se mélanger à la populace. Populace qu'il se refusait catégoriquement d'apprécier tant elle lui semblait abjecte et insignifiante. Il n'aimait pas les gens, simplement car il les trouvait sans intérêt, inintéressants. Qu'avait-il à gagner à aller parler à ces sorciers venus de nul part et d'ailleurs ? Pourtant, on venait de s'asseoir à sa table. Pourtant, il n'avait pas été assez repoussant. Pourtant, il manquait encore une soirée tranquille loin de toute agitation. C'était la gamine qui était entrée dans le bar quelques minutes auparavant. Une jolie gamine à vrai dire. On parlait rarement de Crow pour ses exploits sexuels, et pourtant, il y aurait eu de quoi faire. Il leva son regard et le posa sur elle. Il la fixa un long moment, sans dire un mot, sans décrocher une seule expression positive. L'impassibilité dans toute sa splendeur. Il bu une gorgée de whisky et tira sur sa cigarette. Son regard dévia et se posa sur les deux hommes qui apparemment, suivaient la jeune fille. Ils comprenaient. Ils comprenaient qu'elle était là, assisse devant Lincoln. Et ils n'approchaient pas. Avaient-ils peur ? Probablement. La présence du patron des Exécuteurs pouvait ne pas être rassurante pour eux. Il leur fit signe de la main et ils approchèrent, lentement, se regardant l'un l'autre avant de se décider à affronter leur destin. Lincoln les analysa un long moment, en gardant sa cigarette au bec. Il tira longuement dessus, et relâcha la fumée dans le visage de l'un des deux hommes de main.

-C'est elle que vous cherchez?

Le ton était détaché. Il n'en avait, pour ainsi dire, rien à foutre de tout ça. Il n'avait ni cœur, ni morale, ni compassion. Il ne pensait qu'au purisme, à son devoir, et à lui-même. Alors, si c'était elle qu'ils recherchaient comme disait la gamine, il se devait de le savoir.

-Ouais.
-Et elle ferait mieux de venir avec nous si vous voulez mon avis.
-Oh ? Parce que votre avis compte ?

Les deux se regardèrent un instant, et l'autre tenta, dans une tirade pitoyable, de s'excuser.

-Maintenant, retournez-vous, avancez tout droit, ouvrez la porte de ce Pub, et dégagez.
-Désolé M'sieur, mais ça va pas être possible ça.

Un sourire en coin, minuscule, mais glauque, apparu sur le visage du mangemort. Il fuma un long trait de tabac avant d'écraser le mégot avec lenteur et satisfaction. Il se leva avec toute la délicatesse, la prestance et la classe possible. Il tira un coup sur sa veste qui se replaça immédiatement bien, et il fixa le type dans les yeux pendant un long moment.

-Longtemps qu'on ne m'avait pas tenu tête.

Et le premier coup partit. Le coup de boule du mangemort surprit et rendu confus le type qui tituba en arrière. L'autre voulu intervenir mais se ramassa le poing en acier de Lincoln dans la figure et s'étala à terre dans une sorte de demie-convulsion amusante. Il l'attrapa et l'envoya valser sur son copain qui gémit dans un râle de souffrance encore plus difficile à entendre qu'il était désagréable. La baguette du mangemort sortir de l'intérieur de sa veste, se déposa dans sa main et le sortilège impardonnable de l'Imperium obligea l'un des deux à chopper l'autre et à le tabasser de plus en plus fort. Lincoln se rassit au même moment, admirant la scène avec toute l'élégance possible. Il s'amusa un moment, les obligeant à se foutre sur la gueule. Le sang coulait, et le bar, à part les coups, était silencieux. Le patron ne semblait pas dérangé, car il savait que Crow faisait ce que bon lui semblait. Les autres clients regardaient la scène avec inquiétude et certains baissaient la tête ou détournaient le regard. Crow n'en avait pour le coup rien à faire. Il était dans un état où plus rien ne l’atteignait, et paraître pour un monstre ou le dernier des salauds ne lui faisait pas grand chose ne fin de compte, en sachant qu'il l'avait toujours été. Lorsqu'il fut satisfait de l'état pitoyable de celui qui avait osé le contre-dire, Lincoln expulsa son pantin d'un coup d'expulso avant de l'enchaîner, en plein vol avec un doloris d'une incroyable violence. Il se leva alors, saisit le col de l'un, le tira jusqu'à l'extérieur du bar, et le jeta dans les poubelles un peu plus loin dans la rue avant de se retourner et de saisir le dernier et l'y mettre aussi. Il fit virevolter sa baguette et les vêtements des deux se découpèrent pour laisser apparaître leurs torses. Lincoln inscrivit alors, dans le sang et la souffrance, grâce à la magie noire « Magic is Might ». Histoire de.. comme on dit. Il rangea son bout de bois et rentra à nouveau dans le bar. Il fit signe au patron de lui ramener un whisky et se replaça là d'où il n'aurait pas dû bouger de la soirée.

-Chaque chose a son prix gamine.

C'était à peu près clair, tout se payerait en temps et en heure.

-Comment tu t'appelles?

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MessageSujet: Re: A l'Homme qui pleure ses vieux jours. [feat Charlyse] Sam 18 Mai - 23:39

L’homme leva les yeux et me dévisagea en silence. J’aurais pu, j’aurais du détourner mon regard mais je n’étais plus la gamine timide d’il y a six mois et je restai à soutenir son regard en attendant qu’il daigne dire un mot ou qu’il m’envoie balader. Il était calme, beaucoup trop calme … J’avais l’habitude avec Tryan mais cet homme était encore plus impassible que mon cousin et je faillis perdre patience à le regarder continuer à boire son verre et fumer sa cigarette sans rien dire. Mais si je perdais, ça voulait dire que je devrais rejoindre ces hommes et je n’en avais aucune envie.

C'est elle que vous cherchez ?

Quand l’homme se retourna pour faire face aux deux gars qui étaient entrés dans le bar, les battements de mon cœur s’accélérèrent tandis que je me mordais la lèvre inférieure. Allait-il me livrer aux deux hommes ou pas ? Je n’étais pas sûre après tout, je n’avais de souvenirs de lui qu’assez vague. Je savais que c’était un homme droit et juste mais comment pourrait-il savoir si j’étais du bon ou du mauvais côté, comment pourrait-il décidé qui il fallait croire ?

Longtemps qu'on ne m'avait pas tenu tête.

Levant les yeux vers le … protecteur que je m’étais choisie, je le regardai se lever et remettre en place sa veste avant de décrocher un coup de poing à l’un des hommes. Je sursautai sur mon siège tout en réprimant un cri de stupeur. Il était violent mais surtout je venais de me souvenir de son poste au ministère. C’était le directeur du bureau des exécuteurs de nuisibles. Un homme d’élite, un homme que personne n’osait aborder en principe et pourtant c’était ce que j’avais fait …

La scène était violente mais je ne détournai pas le regard. Je voulais que ces deux hommes voient que je m’étais entourée de personnes compétentes pour me défendre et que si on me cherchait des noises, il fallait s’attendre à des conséquences. Bien sûr j’étais la seule à savoir que Lincoln Crow, puisque c’était son nom, n’était pas l’un des mes amis, voir même que je le connaissais à peine. Je voulais qu’ils passent le mot au clan Stuart que même si j’avais leur sang qui coulait dans mes veines, que même si j’avais leur caractère, leur façon d’agir maintenant que je commençais à m’ouvrir, et bien jamais je n’agirais comme eux. Non j’étais mieux qu’eux et ça ils s’en rendraient compte un jour ou l’autre …

Crow enchaina en utilisant sa baguette. Pas la peine d’entendre le nom du sortilège pour comprendre ce qu’il faisait. D’après mes souvenirs, c’était un mangemort et donc il n’avait pas peur d’utiliser certains sortilèges que moi-même je me répugnais rien qu’à nommer. Je ne bougeais pas de ma place alors qu’il prenait l’un des hommes par le col pour le conduire dehors avant de venir chercher le deuxième. Puis il resta quelques minutes avant de rejoindre sa place en face de moi. Baissant les yeux sur mon verre, j’attendais les questions qui allaient irrémédiablement venir et auxquelles j’allais devoir répondre.

Chaque chose a son prix gamine. Comment tu t'appelles?

Relevant la tête vivement, je plongeai mon regard dans celui de l’homme et le soutins un moment. Il était peut-être beaucoup plus fort que moi, capable de me faire plier comme de rien mais je n’allais pas me laisser faire, même si j’avais apprécié son aide.

Gamine ! C’est un joli prénom non ?

Je lui adressai un sourire narquois avant de prendre mon verre et de le porter à mes lèvres. Mon autre main était posée sur la table mais ma baguette n’était pas loin au cas où. Je savais que je ne lui tiendrais pas tête mais peut-être juste assez pour fuir si mes mots ne lui plaisaient pas. Prenant le temps de déguster ma boisson, je ne le lâchai pas du regard avant de finir par reposer le verre sur la table et d’enchainer.

Charlyse Stuart. Merci de votre aide Monsieur Crow, vous m’avez rendu un gros service. Je me doute que cela ne va pas être gratuit alors dites-moi votre prix qu’on en finisse et que je puisse vous laissez finir votre soirée en paix.

M’adossant à mon siège, je croisai les bras en attendant qu’il me réponde. J’en profitai pour le dévisager d’un peu plus près. Du temps de Poudlard, j’étais si discrète et effacée que je baissais la tête sur son passage, préférant même éviter le responsable de la sécurité. Mais aujourd’hui je préférais largement le regarder pour essayer de comprendre l’homme qui se trouvait en face de moi. Une façade aussi froide que mon cousin mais peut-être que ce n’était vraiment qu’une façade … Après tout, je commençais à comprendre Tryan alors peut-être que je pourrais essayer de savoir ce que cachait cet homme. Quoique ce n’était pas en une seule soirée, voir en quelques minutes que je pourrais le faire et ce n’était pas prévu au programme que je le revois de si tôt …
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MessageSujet: Re: A l'Homme qui pleure ses vieux jours. [feat Charlyse] Dim 19 Mai - 14:51

Deux choses importaient particulièrement à Lincoln. La première était la puissance, et donc la recherche de savoir, de connaissances, plus particulièrement dans le domaine de la Magie Noire de la Peur, voire dans un champ plus large de cette magie si discréditée auparavant et remise au goût du jour. C'était un fait, il était un être puissant. Un sorcier hors paire qui avait fait ses preuves plus d'une fois et à qui on ne cherchait plus, sans raison évidente et avantage significatif, des noises. Il avait ridiculisé Jugson à Castle Bay alors que celui-ci avait osé venir le chercher jusque dans sa propre demeure. Crow s'était longtemps demandé « pourquoi ? ». Pourquoi Jugson cherchait avec tant de vigueur et d'audace à affronter le directeur des Exécuteurs de Nuisibles ? Pourquoi ne fuyait-il pas ? Essayait-il de prouver quelque chose au monde ? Ou simplement à lui-même ? A son fils décédé, étranglé par sa propre mère sous l'action persuasive de Lincoln ? Non. Au fond, Jugson avait agit pour bien d'autres choses, mais certainement pas pour l'honneur et la gloire d'avoir agi. Il était bien au-dessus de ces principes ridicules que l'on valorisait à tort et à travers. Tom était un Homme, et en tant que tel, il était couard. Il était lâche. Mais il était déterminé. Lincoln n'était peut-être pas un Homme après tout, car il se fichait bien de son honneur, de sa gloire, ou même de la mort. Il refusait simplement d'être enfermé, car l'enfermement était, pour lui, la pire des souffrances. Être là, nu comme un vers, dans une cage, à attendre que son destin soit dicté par des sous-fifre d'une puissance plus importante. La cage, cet instrument de torture, c'était probablement la seul chose que redoutait Crow, mais jamais il ne se serait affaibli malgré cette menace. Il avait connu Azkaban. Comme bien d'autres fidèles et ex-fidèles du Lord. Il avait été traqué, il avait été menacé. Et dans la prison, il fut malmené. Les détraqueurs, aussi imposants soient-ils, n'étaient pas les pires créatures sur Terre comme la populace semblait vainement le croire. Le pire à Azkaban, c'était le Hommes. Au fond, Lincoln les avait toujours comprit, ses bourreaux. Pour cela d'ailleurs qui les avait retourné, qu'il les avait déstabilisé. Il avait été un prisonnier difficile car impossible à saisir et à interroger. Il avait été assez intelligent pour manipuler avant de frapper, et que ne fut pas la surprise des gardiens quand à chaque interrogatoire terminé sur une goutte de sang, le Ministère en redemandait un nouveau. A croire que Fudge était assez imbécile pour croire qu'il briserait Lincoln par ce stratagème inutile. Azkaban était une grande cage de laquelle on ne sortait pas indemne, et aujourd'hui, c'était Lincoln le bourreau. Rôle inversé, et tempérament inchangé, il n'était plus un Homme, mais une chose crainte et haïe de tous.

La deuxième chose importante aux yeux de Lincoln, c'était l'audace. Que cela soit l'audace de la ruse, de la stratégie, l'audace du saut au-dessus du gouffre, ou de s'enfoncer aveuglément dans les lignes ennemies pour l'honneur de ses croyances, Lincoln était un grand partisan de l'audace. Cependant, il différenciait avec maîtrise l'audace de la stupidité. On pouvait croire en soi, et le faire valoir sans agir avec stupidité. Cependant, il était rare d'agir avec stupidité par audace. C'était une sorte de politique qu'il avait transmise à son Bureau. Les Exécuteurs étaient formés à croire en eux et en leur découverte. De la même façon que l'échec était un acte difficile, il fallait être brave pour l'assumer. Ainsi, Lincoln était plus indulgent devant l'échec quand celui-ci était pris de manière responsable et allait être – hypothétiquement – réparé. Charlyse Stuart avait de l'audace. C'était plus de la frustration d'être rétrogradée au rang animalier de « gamine » qui la chiffonnait et lui laissait pousser des ailes, mais elle était de toute évidence audacieuse. Notamment car elle avait osé pénétrer dans ce bar, elle avait osé s'asseoir à la table d'un homme inconnu qui, de toute évidence, ne voulait pas de compagnie, mais par-dessus tout, elle avait osé rétorqué et rehausser, par la même, son statut devant un homme de très haute importance.

Quoi qu'on en dise, Lincoln était un homme de très haute importance. Il n'était pas médiatisé comme Mulciber, comme Witcher ou Valverde. Il n'était pas puissant et politique comme Brom, mais Lincoln était un nœud névralgique du système. Il était la représentation même de l'élite militaire, il était nécessaire au bon fonctionnement du Ministère, de la Guerre en Irlande, et désormais de la sécurité de Poudlard. Il était un centre d'attention implicite sur lequel on se reportait lorsque tout partait de travers. C'était à ce moment précis que l'on se rendait compte de l'importance qu'avait acquis Lincoln en laissant simplement le temps passer. Ce n'était pas un gourmand comme d'autres, il n'essayait pas d’accaparer le pouvoir politique, il laissait les liens se faire et se défaire, tout simplement. Il n'hésitait pas à remettre en place une autorité, comme LeeRoy auparavant, car il ne recevait d'ordre réel que de Voldemort lui-même. C'était un réfractaire à la hiérarchie sociétale établie, il était partisan du Lord, non pas du Ministère de la Magie, ou de l’Intendance. Il fut une tête du Parti Puriste Anglais et on l'en avait évincé sous prétexte du rassemblement, ce qui était, aux yeux du mangemort, une aberration. On l'avait écarté, tant pis, il ne s'en souciait désormais plus, mais il redoutait l'avenir de ce groupe politique et de son siège sans service spéciale de sécurité. Witcher était un Homme, un sorcier, un politique fin et un ancien militaire aguerri, mais il était un Homme. Et il ne pouvait pas tout gérer. Alors il ferait des sacrifices, et celui de la sécurité serait peut-être le premier, voire le second. Dommage pour eux, ça tomberait vite quand la résistance s'en accommoderait.

-Faut croire, bien qu'il te scie plus qu'aucun autre.

Elle restait de toute évidence, une enfant. Tout juste sorti de son adolescence aux yeux du gouvernement – car elle devait tourner autour de dix-sept, dix-huit ans, et c'était tout juste si elle connaissait son programme de sixième année à Poudlard. Scolarité écourtée, le problème Stuart fut un sacré problème pour la direction de l'école de sorcellerie. Lincoln ne s'en était pas mêlé, car il n'en avait rien à faire, mais il était à peu près au courant de ce qu'avait entrepris la jeune fille à l'époque. Qu'elle se vante ou non de l'être, elle était une gamine. Il alluma une nouvelle cigarette – oui, il fumait beaucoup et de plus en plus – et termina son verre d'une traite. La fumée se dégagea lentement de ses lèvres avant de s'évanouir dans la pièce.

Quel était son prix ? Il était variable. Lincoln avait longtemps pensé devenir mercenaire. Pour le Lord, pour n'importe qui au fond, sauf pour les bourbistes. Une préférence pour les gouvernements et groupes puristes en vérité. Il s'était demandé combien valait-il pour la sale besogne, et il s'était estimé relativement cher. Il avait ses méthodes, et elle était coûteuse. L'avantage étant qu'il était capable de porter le chapeau sans même éveiller les soupçons quant à ses commanditaires. Cependant, il s'était organisé d'une autre façon. Il avait fini employé d'une école de sorcellerie prestigieuse, et était monté en grade au Ministère de la Magie pour finir à la tête d'une élite militaire rappelant son passé dans l'armée du Lord pour son avènement. On l'avait notamment choisi pour cela en fait. On savait qu'il était expérimenté, qu'il avait connu les désagréments des situations périlleuse t qu'il était au fait pour gérer une équipe, un groupe, que ce soit les entraînements ou les missions. Résultats significativement excellents obligent, on devait bien lui reconnaître qu'il était l'homme de la situation pour le Bureau des Exécuteurs.

Mais quel était son prix pour un sauvetage ? Ou du moins quelque chose s'en rapprochant fortement ? Il n'avait jamais aidé quelqu'un, pas autre part que sur le champ de bataille du moins. Il fut un remarquable allié. Le genre de capitaine à se sacrifier à la place de ses hommes. Non pas par amour, par compassion, ni par amitié, mais par principe militaire. Il était insensible à la mort, eux ne l'étaient pas, et si il devait mourir pour le purisme et ses propres convictions, il partait du principe qu'il n'avait pas à hésiter. Mais le prix d'un sauvetage il n'en avait pas la moindre idée. Il s'agissait juste de dire à celle-ci qu'il connaissait son nom, et que si il en avait besoin, ou si elle agissait contre lui, il saurait s'en souvenir suffisamment bien pour la réduire à néant. Il y avait du bon à avoir le Directeur de la Justice Magique, anciennement Président-Sorcier du Magenmagot, comme homme de main, soumis à un Serment Inviolable de la pire cruauté possible : la servitude totale. Cependant, Eccleston n'avait pas à se plaindre de sa situation, il était monté en grade grâce au soutien de Avery, et de Crow, sans compter l'appréciation de son travail par le Ministre de la Magie. Cependant, là où il vivait, il ne le devait qu'à une seule personne. De même que l'être qu'il était aujourd'hui, refusant la peur et la faiblesse, il ne le devait aussi qu'à cette même personne.

-A vrai dire le prix n'est nul autre que votre propre vie Miss Stuart. Que vous le vouliez, ou non, je sais désormais qui vous êtes, et vous me devez une dette à vie.

La dette à vie ou le serment inviolable implicite. C'était peut-être pire car on ne pouvait pas attendre les conséquences si l'on venait à déshonorer son contrat. Mais Charlyse était une gamine visiblement intelligente, anciennement une Serdaigle, et si elle était assez maligne, elle devait se douter de quoi il en retournait. Ainsi, semblait-il, elle repartait de ce bar avec la certitude de n'être plus embêtée par des colporteurs, de même, elle ne payait ni un centime, ni une goutte de sang. Mais la dette se payerait avec le temps, avec l'effort. Elle était liée à lui d'une façon beaucoup moins directe qu'Eccleston, mais elle l'était également. Alors, le prix était fort, ou ne l'était-il pas ? Aux yeux de Lincoln, c'était bien assez. Il n'avait besoin de rien de plus.

-Poudlard ne vous manque pas donc Miss ?

Il lui avança le paquet de cigarettes, sait-on jamais, des fois qu'elle fume.

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MessageSujet: Re: A l'Homme qui pleure ses vieux jours. [feat Charlyse] Mar 21 Mai - 22:07

Faut croire, bien qu'il te scie plus qu'aucun autre.

Je ne relevai pas sa remarque. Si on partait là dedans, j’étais prête à lui envoyer beaucoup plus, ayant eu l’habitude de ce genre de jeu de mots avec Maleficus. Souvent cela se terminait par ma défaite mais j’avais le goût du risque, le goût de la contrariété et j’aimais ça. Mais là, face à cet homme, je n’osai en ajouter, ne voulant pas prendre de risque inconsidéré. Je réagissais déjà assez vite aux remarques alors autant ne pas relever tous les mots sinon nous n’étions pas sortie de l’auberge.

Reprenant mon verre, je pris le temps de le siroter alors que l’homme fumait une cigarette. Je détestais l’odeur de la cigarette mais je n’en disais rien puisque c’était moi qui m’était invitée à sa table, il fallait mieux que je me taise. Quoique je n’avais jamais été silencieuse face à quelque chose qui ne me plaisait pas. J’étais certes timide auparavant mais quand un sujet m’importait, je me débrouillais pour tenir jusqu’au bout.

Vous devriez arrêter de fumer avant que ça ne vous tue. Je ne pense pas que ce soit votre choix de mort. Quelque chose de plus glorieux vous correspondrait mieux.

Je lui adressai un nouveau sourire. C’était prétentieux de répondre ainsi à un homme qui pouvait me tuer d’un simple geste mais c’était plus fort que moi. Pour une raison que j’ignorais, il me rappelait un peu Maleficus avec son air détaché, son air de « je m’en fous de tout » et ça m’amusait de lui parler ainsi.

A vrai dire le prix n'est nul autre que votre propre vie Miss Stuart. Que vous le vouliez, ou non, je sais désormais qui vous êtes, et vous me devez une dette à vie.

Mon sourire s’effaça en entendant ses mots. Ce n’était pas rien qu’il me demandait mais surtout je me posais la question sur ce que je pourrais lui apporter, moi la pauvre petite ex-serdaigle n’ayant pas fini sa scolarité. Parce que c’était surement comme ça qu’il devait me voir et je n’allais pas le contredire même si j’en venais à me sentir meilleure de jour en jour. Serrant les dents, je reposai mon verre et croisa les bras sur la table pour le regarder droit dans les yeux. Je me doutais que je n’y trouverais rien, aucune réponse, aucun indice sur la raison de sa demande mais je ne pouvais refuser sous peine d’avoir quelques soucis.

Une dette à vie ? Rien de moins ? Je doute de vous être d’une quelconque utilité un jour mais un accord est un accord.

Alors que je venais de prononcer ces quelques mots, mes pensées s’envolèrent vers Tryan. Qu’allait-il dire quand il le saurait ? J’aurais le droit à un sermon pour sûr ! Voir même un entrainement beaucoup plus corsé mais j’avais aussi la solution de ne rien lui dire. Après tout ce qu’il ne savait pas, ne pourrait pas me faire de mal, non ?

Poudlard ne vous manque pas donc Miss ?

Un léger rire filtra entre mes lèvres alors que l’homme poussa ses cigarettes vers moi. Je n’avais jamais fumé et je n’en avais pas envie donc j’ignorai le paquet et préféra le regarder à nouveau dans les yeux. Je ne voulais pas paraître impolie mais je ne voulais pas aussi qu’il pense que j’étais une jeune fille soumise et réservée. Non cette fille là, c’était la Charlyse de Poudlard, celle que j’avais abandonné six mois plus tôt.

Aucunement ! Même si certains cours étaient pour le moins intéressants, ils ne préparent pas à ce qui nous attend à la sortie. Je ne dis pas que les professeurs sont incompétents mais plutôt que le programme n’est pas du tout adapté.

Au moins mon professeur particulier avait su voir ce dont j’avais besoin pour m’en sortir et me donnait les leçons nécessaires. C’était loin d’être facile mais nettement plus instructif que tous les cours de Poudlard réunis.

Et vous ? Votre poste au ministère est plus intéressant que celui à Poudlard ? Plus… d’action ?

J’en connaissais assez sur le ministère pour savoir que les exécuteurs des nuisibles étaient l’élite du ministère et que s’il était à sa tête c’est qu’il se devait d’être un homme pour le moins important et doué dans son domaine. Jamais je n’avais pensé à m’orienter vers le ministère et désormais sans ASPIC, ça serait encore plus impossible. Mais est-ce que je me sentais capable de devenir une excellente sorcière ? Aux yeux de Tryan, je dirais oui, mais il me manquait encore un petit détail, que je n’arrivais pas à trouver, la petite chose qui ferait que je saurais vraiment où est ma place.
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MessageSujet: Re: A l'Homme qui pleure ses vieux jours. [feat Charlyse] Jeu 23 Mai - 21:33

La cigarette, cette objet de consommation aussi inutile qu'indispensable. Crow ne savait pas vraiment comment il avait pu tomber là-dedans. Peut-être était-ce simplement car il ne s'en était pas rendu compte. Il en avait pris une un jour, et voilà qu'il se retrouvait totalement dépendant de cette drogue à part entière. Elle lui bouffait l'intérieure assurément, mais pouvait-il réellement se défendre contre ça ? Objectivement, oui. Mais Crow ne voulait pas se défendre, il en avait sa claque de se battre. Il luttait déjà suffisamment contre une résistance invisible comme une fumée dans le noir. Il se battait pour sa survie auprès du Lord comme il l'avait déjà fait par deux fois. Deux fois où il avait vu son destin basculer, deux fois où la mort l'avait frôlé avec insolence. Et lui, que disait-il à tout ceci, sinon rien de plus que « merci » ? Merci car il n'avait simplement aucune raison de détester sa vie. Aucune raison de dire qu'il refusait de mourir, comme de vivre. Lincoln n'était pas un suicidaire, il était l'un de ceux n'ayant ni foi en la vie, ni en Dieu, ni en la mort, ni en rien. Il croyait au purisme, et il se battait pour cette idéologie, et c'était peut-être pour cela qu'il n'acceptait pas, ou peu, la diffamation à son sujet. Il était très opposé à cette mouvance de la populace qui visait à discréditer la pensée puriste. Que l'on critique le régime ne lui faisait, en soi, rien de plus que si l'on insultait un passant duquel il n'en avait rien à foutre. Il frapperait juste car personne ne méritait, sous une dictature, de discréditer le pouvoir en place, mais en soi, ce serait plus de la forme qu'autre chose. A contrario, il exécrait ceux se croyant suffisamment intelligents pour discréditer le purisme. C'était sa seule raison de mettre un pied devant l'autre. De sortir sa baguette, d'ouvrir les yeux, c'était une vengeance, c'était un concept particulier qu'il transportait avec lui, n'importe où, où il se rendait. Qu'importe qu'il se soit trouvé avec des opposants ou des sympathisants, il était un homme de convictions, avant tout, et en ce sens, il n'était pas docile et encore moins servile au point de ne rien dire si l'on venait à critiquer son mode de pensée qu'il jugeait comme unique.

Le purisme était donc une vengeance pour Lincoln. C'était ce que représentait le purisme qui était, à proprement parlé, une vengeance. Une sorte d'envie destructrice lui traversait l'esprit à chaque instant, et il était nécessaire, pour lui, pour les autres, pour la société, pour l'humanité, qu'il trouve ce en quoi canaliser cette agressivité qui, qu'on le croit sur parole, pouvait réellement devenir dangereuse si l'on osait transgresser les règles. Certains en riaient, et c'était tout à leur honneur. Mais d'autres savaient, d'autres ne riaient pas, car eux savaient qu'ils ne connaissaient pas les limites du mangemort. La vengeance de n'avoir jamais eu de père. La vengeance d'avoir eu un père de cette espèce infâme et impure. Un père fuyard dégradant la magie et ses fidèles. Un moldu, un chien, un rat, que Crow avait exterminer avec délectation en compagnie de quarante-deux autres. Mais aurait-il dû s'arrêter là ? Sa vengeance n'avait-elle pas été accomplie avec passion lors du dernier souffle rendu par Grégory, son père ? Vous auriez dit oui, il avait dit non. C'était ainsi qu'il avait entrepris d'exterminer chaque moldu, chaque né-moldu, car ils avaient eu la malchance d'engendrer son père, et Crow. Ils avaient engendré deux monstres, et le pêché devait être lavé dans le sang. Ils avaient amené le Diable sur Terre, et c'était aujourd'hui à lui de faire valoir ses droits : celui de terminer ce que d'autres avant lui avaient commencer : exterminer, détruire, disparaître.

Qu'est-ce qu'était la Gloire dans ce cas là ? Qu'est-ce qu'être un Homme Glorieux lorsque l'on avait pour seule vision des choses le chaos, le massacre, la destruction, et la délectation d'avoir accompli son désir ? Car Crow ne se plaignait pas, aucunement. Il était, en soi, heureux. Il était heureux d'être un monstre car ça lui allait très bien. Peut-être ne l'aurait-il pas été si son tendre et cher père ne s'était pas barré de la maison sous prétexte que sa femme était une sorcière ? Peut-être aurait-il même aidé la résistance simplement pour la Gloire de sauver la mémoire de son père. Ouais, ça aurait pu tenir, mais ça ne s'était pas passé ainsi, et désormais, c'était à eux, et non pas à lui, d'en payer les frais. Alors la Gloire, messieurs, mesdames, il s'en balançait. Cela n'apportait rien de plus que la honte de ne pas avoir su combler ce manque. Ça n'apportait rien de plus que ce sentiment infondé qui visait à se discréditer soi-même. Crow refusait de s'apitoyer sur lui-même, car il n'était pas faible. Il se battrait, jusqu'au bout, et il périrait, comme il était né, dans la souffrance, et pour tout dire, ça lui allait très bien. Enfin, il serait libéré, mais pas eux. Eux, cette population infectée, elle, continuerait à se morfondre en attendant la fin de l'hiver, la fin de leurs misérables vies.

-La gloire ?

Du coup, il eut un sourire amusé, réellement amusé. Une nouvelle prise de tabac, et il se concentra sur les yeux de la gamine qui, elle non plus, ne le lâchait pas du regard. Elle tenait tête, c'était un atout selon Lincoln, lorsque cela ne devenait pas insolent. Crow était le genre de type à placer le respect en premier lieu. Évidemment, le respect ne s'appliquait pas aux ennemis. Mais le respecte entre gens civilisés et magiques, comme Charlyse, comme Lincoln, comme Valverde, Brom, ou même Tryan De SaintClair, était de mise selon lui. Mais un respect n'avait pas une forme unique. On pouvait être respectueux sans être lèche-pompe, et c'était toute une nuance à saisir que beaucoup ne distinguait pas. Alors les Exécuteurs se pissaient tous dessus, sauf deux ou trois, à l'idée de manquer de respect militaire envers Crow cependant, ce dernier, lui, n'en avait rien à foutre tant qu'il ne s'agissait pas d'oublier qui il était.

-Parce que vous tenez à la gloire ? Vous n'irez pas bien loin dans ce cas Miss Stuart.

Vrai qu'aujourd'hui plus l'on était glorieux, honorable, et bienfaiteur, moins l'on montait les marches de la société. Il fallait avoir de l'audace, du cran, des tripes pour parvenir jusqu'au sommet, mais avant tout, il fallait être cruel. Il fallait être méprisant, médisant. Il fallait s'occuper de ses affaires avant celles des autres, et surtout il fallait filer droit. Ne pas diverger, ne pas tenter, pour le bon plaisir, d'aider telle ou telle âme perdue, car celles-ci étaient bien trop présentes sur les bords du chemin menant au sommet de la montagne, que l'on se serait retrouvé à côté d'eux en moins de deux. Lincoln continua de fumer sa cigarette avec lenteur, délicatesse, il n'avait aucun intérêt à se presser car lui n'était pas attendu. Il ne s'était pas embourbé dans une relation. Non. Il baissait de temps en temps quand ça lui prenait, souvent avec une catin, mais c'était bien tout. Car le sexe, comme la haine, était primitif et ne devait être comblé que par sauvagerie, et non par tendresse, amour, et tout ce tas d'idioties.

-Je ne rêve ni de mort glorieuse, ni de mort vaine. Je ne rêve d'aucune mort. Je ne rêve de rien. Je vis miss Stuart, et lorsque la mort viendra, je lui ouvrirai mes bras et je la remercierai, car j'aurai bien vécu.

C'était le fin mot.

-Appréciez votre vie Miss Stuart, non pas parce que vous n'en n'avait qu'une, mais plutôt parce qu'elle vous sera retirée bien plus tôt que ce que vous ne puissiez l'imaginer.

En vérité, peut-être que Charlyse périrait vieille, aigrie, et bouffée par le temps. C'était une possibilité envisageable, et pour être exact, c'était même fort probable vu le peu de risque que prenait la gamine à son âge. En comparaison, Lincoln, qui crèverait dans quelques semaines, mois, années tout au plus, était déjà un meurtrier recherché par les autorités, adepte de magie noire, prêt à être envoyé à Azkaban pour cinq années horriblement longues de sa vie. Il fut fou, oui. Lincoln était un fou, à proprement parlé, mais il avait vaincu lui-même la maladie qui l'avait rongé pendant ces cinq années à la prison des sorciers. Rien ne fut plus difficile que de se refuser soi-même. Il avait refuser la folie au moment même où il s'était rendu compte de sa présence, et quelle ne fut pas sa surprise quand il comprit qu'il ne guérirait, en vérité, jamais. Il était fou, encore aujourd'hui, mais paraissait sain. Et il était sain. Il était proprement impossible de lui diagnostiquer telle ou telle maladie. Il n'y avait que lui qui se disait fou, et c'était en ce sens qu'il était fou. Peur d'être fou. Ou fou d'être fou. Il était paranoïaque, et excessivement violent. Ce n'était pas propre à la folie, mais ça y contribuait. Combien de gens auraient arraché eux-mêmes leurs boîtes crâniennes en voyant un quart de ce qu'il avait vu ? Mais fou comme Crow, ou pas, comme Charlyse, nous avions toujours l'impression que la vie nous était arrachée trop rapidement.

Mais si la vie était aussi insignifiante que ceci aux yeux de Stuart, peut-être ne s'en rendrait-elle pas compte ? Auquel cas elle aurait bien de la chance et pour une fois, Crow le lui souhaitait vraiment. Crow ne désirait pas la vie, mais il ne guettait pas la mort. Il était dans un flou constant qui le rendait même indécis face à sa propre fin. Une fin malheureuse, il est vrai, qui ne pouvait pas se solder autrement que par une larme et aucune fleur sur sa tombe hypothétique – si tant est qu'elle existe un jour. Mais Lincoln pleurait déjà ses vieux jours, car il se sentait vieux. Vieux car il avait vécu suffisamment de choses pour dire que sa vie était remplie. Et il pleurait ses vieux jours, car il ne voulait pas mourir vieux. Il voulait mourir jeune, là où il était encore utile, et non pas comme un déchet humain s'accrochant à la vie, comme la sangsue à la chair. Diantre, serait-il un insecte ? Non, il était un Sorcier, et il ne tenait pas à la vie avec autant de ferveur qu'un animal. Il ne tenait à rien d'autre qu'à sa magie, et qui pouvait ici dire que la magie n'existait pas dans la mort ? La vie était éphémère, inutile, mais la magie était puissance, elle était éternelle, grandiose. Une autre valeur du purisme que personne ne pouvait discréditer. Personne.

-Rien de moins ? Oh non, rien de moins car comme vous le dîtes si bien, vous ne m'êtes d'absolument aucune utilité. Mais qui sait, peut-être serez-vous, un jour, une sorcière influente, et ce jour là, je guetterai votre ascension. Non pas pour vous abattre, car je n'aurai aucune raison de le faire, mais pour me permettre à moi, de ne pas chuter.

Sa chute, il ne parvenait pas à la prédire, ni à l'imaginer, ni même à la conceptualiser. Comment pouvait-il chuter ? Pourtant c'était simple. Aussi simple qu'il était facile d'écraser une fraise. LeeRoy était tombée sans s'en rendre compte, sans le prévoir. Malefoy aussi, à son époque, n'avait rien prévu. C'était ainsi. Nous n'étions rien sur l'échiquier, et tomber, n'était pas plus difficile de manger un pion. Menroth aurait pu en témoigner, si il avait encore pu, mais le Lord lui avait ôté tout droit de s'exprimer. Car il ne vivait plus. Et la mort était silence. La magie était éternelle, et silencieuse, droite et fidèle, elle ne divergeait pas. Crow espérait que Menroth, qui fut un sorcier admiré par le mangemort, reposait en paix sur le fleuve magique.

Mais la chute d'un homme était plus difficile à prévoir que tout autre action politique de la société. On ne pouvait pas s'en apercevoir, car même les auteurs de sa longue descente aux enfers n'étaient pas certains du résultat. Qui aurait pu prédire la réussite ou l'échec ? C'était tout aussi incroyable que la vie et la mort. C'était même inconcevable, indéfinissable. Aucune formule, aucune explication, on s’habituait juste.

Poudlard et son enseignement. Poudlard et son rapport à l'extérieur. Poudlard et ses détracteurs. Il y en avait à dire sur l'école de sorcellerie la plus prestigieuse du monde, ou tout du moins, l'une des plus en vogue. Elle avait viré dans la magie noire depuis l'ascension du plus grand Mage Noire de tous les temps, et à vrai dire, ça ne lui faisait pas de mal. Les élèves devenaient de plus en plus puissants, habiles, à l'aise avec la magie. Ce n'était pas à Beauxbâtons, école de la Honte selon Crow, que l'on voyait de tels résultats. Charlyse se sentait mieux à l'extérieur qu'à l'intérieur ? Rien d'étonnant lorsque l'on se rappelait de la petite fille timide et introvertie de Serdaigle qu'elle était. C'était différent aujourd'hui et en ce sens, Crow voulait bien admettre que ce n'était plus une gamine. C'était une jeune adulte, prête à affronter le monde extérieur. Et quel monde extérieur ! Allait-elle souffrir ? Non, pas vraiment, car elle n'avait pas de raison d'y être soumise. Elle était simplement bien seule, et même si elle devait posséder un tuteur, ou une personne de confiance pour la loger, la nourrir, et lui enseigner quelques rudiments magiques – ça se voyait à sa tête qu'elle ne créchait pas dans la rue et qu'elle était entraînée quotidiennement, ou presque, à survivre – elle restait diablement seule dans un monde qu'elle ne comprenait probablement pas. Serait-ce de la faute du système ? De la société ? Du purisme ? Non. C'était de la faute de personne. Ni même de celle de Stuart, c'était simplement un aléa comme il en existait tant d'autres.

-L'extérieur que vous décrivez est un extérieur bien tranquille.

Car l'extérieur était bien plus dangereux que ce qu'elle semblait s'imaginer. Non, il ne fallait pas en avoir peur, au contraire. Mais il ne fallait pas le prendre à la légère. Il ne s'agissait pas d'avoir de bonnes leçons, ou de bons sortilèges à utiliser. Il s'agissait de savoir quoi faire, quoi dire.C'était une attitude à avoir, et il était pour l’instant impossible de dire si elle était faite pour vivre dangereusement ou pas. C'était d'ailleurs à elle de choisir et à personne d'autre. Elle saurait elle-même si la vie était faite pour être vécue avec passion, ou non. Dans un cas ce serait dangereux, dans l'autre ennuyeux.

- Plus intéressant oui, mais plus encombrant. Comme toute chose, mon travail a ses défauts que je dois accepter avec l'emploi, et ce n'est pas toujours avec plaisir.

Il écrasa enfin son mégot qu'il venait d'achever dans une fumée épaisse.

-Mais dîtes-moi, comment subvenez-vous à vos besoins Miss Stuart ? C'est intriguant. Surtout que vous ne semblez pas mal vivre. Je me trompe?

Observateur, toujours et encore cette déformation professionnelle insupportable qui lui bouffait plus son temps libre qu'elle ne devrait lui en laisser. Son travail était proprement épanouissant pour un homme de la trempe de Crow, mais c'était diablement fatiguant, et c'était aussi pour cela qu'il était resté ici, dans ce bar, car il en avait marre. Se battre, à la longue, ça devenait pesant. Surtout lorsque la fin était la mort.

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MessageSujet: Re: A l'Homme qui pleure ses vieux jours. [feat Charlyse] Jeu 30 Mai - 16:00

La gloire ? Parce que vous tenez à la gloire ? Vous n'irez pas bien loin dans ce cas Miss Stuart.

Baissant les yeux, je secouai la tête à l’idée que je n’avais pas forcément choisi les bons mots. Vouloir jouer dans la cours des grands n’était pas forcément évident. Je me débrouillais certes, mais pas assez vu ce qu’il venait de lancer. Gardant le silence au lieu de lui répondre, je le laissai enchainer tranquillement.

Je ne rêve ni de mort glorieuse, ni de mort vaine. Je ne rêve d'aucune mort. Je ne rêve de rien. Je vis miss Stuart, et lorsque la mort viendra, je lui ouvrirai mes bras et je la remercierai, car j'aurai bien vécu. Appréciez votre vie Miss Stuart, non pas parce que vous n'en n'avait qu'une, mais plutôt parce qu'elle vous sera retirée bien plus tôt que ce que vous ne puissiez l'imaginer.

Je ne prévoyais pas de mourir dans les heures ou les jours qui suivaient bien évidemment mais il était vrai qu’on ne pouvait savoir de quoi était fait le lendemain. Après tout aujourd’hui en était un parfait exemple puisque je n’avais pas du tout penser que je risquais de tomber dans une embuscade.

La gloire n’est pas une chose que je recherche contrairement à ce que vous pensez. Je ne sais même pas si je cherche vraiment quelque chose ou si je vis au jour le jour. Sans votre intervention tout à l’heure, ma vie aurait pris une tournure très raccourcie, du moins, beaucoup plus que maintenant. Il faut savoir prendre en main son destin au bon moment et c’est ce que j’ai fais en venant à votre table.

Reprenant mon verre, je pris le temps d’en siroter une gorgée sans le regarder. Je le fixais depuis assez longtemps pour qu’il ait compris que je n’étais pas une simple gamine à ses yeux mais une jeune femme. Quoiqu’il ait pu entendre sur moi et mon départ de Poudlard, il fallait qu’il puisse savoir que j’étais de son côté. Maleficus avait trop longtemps essayé de prouver que j’avais rejoins les bourbistes alors que moi aussi je les haïssais plus que tout.

Rien de moins ? Oh non, rien de moins car comme vous le dîtes si bien, vous ne m'êtes d'absolument aucune utilité. Mais qui sait, peut-être serez-vous, un jour, une sorcière influente, et ce jour là, je guetterai votre ascension. Non pas pour vous abattre, car je n'aurai aucune raison de le faire, mais pour me permettre à moi, de ne pas chuter.

Mon verre à la main, je le regardais sans sourire. Qu’il veuille m’utiliser pour son propre avenir était un concept que j’avais du mal à comprendre. D’après moi, il ne fallait compter que sur soi-même pour gravir des échelons. Du moins c’était ce que j’avais compris de mon enseignement au côté de Tryan. Je l’avais vu et compris depuis mon départ de l’école de sorcellerie. Il fallait user de son intelligence et de sa ruse voir même de tout son savoir si on voulait réussir. Ceux qui n’avaient pas de savoir ou seulement celui qu’on leurs avait inculqué, et bien ceux-là étaient incapable d’arriver aux sommets. C’était ainsi qu’on reconnaissait les gagnants, des perdants.

L'extérieur que vous décrivez est un extérieur bien tranquille.

Reposant mon verre sur la table après avoir bu une nouvelle gorgée, je hochai la tête à sa remarque. Il n’avait pas tord mais je n’étais encore qu’en apprentissage et bien que j’ai déjà participé à une mission qui m’avait pour le moins pousser à agir avec plus de rapidité, je savais pertinemment que Tryan me surprotégeait afin de m’éviter bien des soucis.

Disons que je suis pour le moment dans une phase transitoire. D’un côté, je suis encore une élève suivant des cours particuliers et de l’autre, je suis une jeune femme voulant faire ses propres expériences. Une chance que n’ont pas les élèves de Poudlard. Ils passent d’une extrémité à une autre. La chute est rude et dure pour beaucoup. Et c’est là qu’intervient le mental. S’ils ne sont pas préparés, ils crèvent, sinon ils arrivent à survivre.

Je n’aurais pas survécue … C’était une chose que je pouvais affirmer maintenant mais si j’avais suivi ma scolarité jusqu’au bout, il n’aurait pas fallut longtemps pour que le système et le monde aient raison de moi. J’étais faible, oui, j’étais faible avant mais désormais cette faible jeune fille n’était plus. La mort de mon bébé, ma prise de conscience de mon existence avait beaucoup joué tout comme le traitement que m’avait fait subir Tryan. Il avait été dur avec moi au début mais il savait très bien pourquoi et il avait eu entièrement raison. Sans lui, je ne serais plus de ce monde.

Plus intéressant oui, mais plus encombrant. Comme toute chose, mon travail a ses défauts que je dois accepter avec l'emploi, et ce n'est pas toujours avec plaisir. Mais dîtes-moi, comment subvenez-vous à vos besoins Miss Stuart ? C'est intriguant. Surtout que vous ne semblez pas mal vivre. Je me trompe?

Tout travail, toute situation avait ses avantages mais aussi ses inconvénients. Il fallait faire avec même si ça ne nous plaisait pas. Je n’avais pas encore de travail, j’aidais juste mon cousin, enfin non, disons plutôt qu’il me testait. Surement pour savoir de quoi j’étais capable mais la mission que nous avions fait m’avait beaucoup plus et je m’étais déjà imaginer à faire un tel boulot dans le futur. Tryan m’avait stoppé dans mon élan en me disant que ce n’était qu’une mission simple et qu’il faudrait déjà que j’en vois plus. Je savais pourquoi il disait ça. Nous n’avions que stupéfier quelques gars et menacer un homme. Pas de blessures graves, pas de morts. Mais le monde était beaucoup plus violent que ça. Je le savais même si le français essayait de me protéger de tout ça, mais un jour il allait bien falloir que j’apprenne …

Comment un exécuteur des nuisible pourrait-il se tromper sur une chose aussi facile? Ah mais que dis-je ! Pas un simple exécuteur, mais le directeur de ce même bureau !

Un léger sourire passa sur mes lèvres. Il était observateur mais surtout il était très curieux. Ma première paye avait été posé à la banque où Tryan m’avait conduit afin d’ouvrir mon propre compte. Mes parents m’ayant renié, j’étais sans le sou et sans mon cousin, j’aurais vécu à la rue où je n’aurais pas donné cher de ma peau.

Mon mentor m’aide encore pour le moment mais j’ai déjà effectué un petit boulot pas trop mal payé donc on va dire que j’espère bien me débrouiller toute seule d’ici quelques temps. Vous voyez, il n’est pas forcément utile d’avoir ses ASPIC, il suffit juste d’avoir des bonnes connaissances et de l’expérience dans le domaine demandé.

Là, j’y allais peut-être un peu fort … Je n’aurais jamais pu faire tout le boulot toute seule. Déjà prévoir le plan aurait été au dessus de mes moyens et en plus je n’aurais pas été capable de gérer toute seule les deux gardes du corps dans le bureau. Je n’étais encore qu’une débutante quoi, mais une débutante qui n’avait pas envie de le rester toute sa vie.

Donc je n’ai pas encore de … métier à proprement parler mais j’aspire à utiliser ma baguette pour une … on va dire noble cause, même si je ne pense pas que ce soit les bons mots.

Je grimaçai légèrement. Je n’étais pas sûre que ce soit bien jouer d’avoir ajouter ça. Il pourrait très bien croire que je veux aider les bourbistes mais après notre petite discussion, il devrait savoir que je ne m’installerais pas face à lui si j’étais de ce côté de la barrière, ça serait risquer ma vie pour pas grand chose et je me sentais encore trop jeune pour mourir, même si j’avais déjà faillit y passer une fois …
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MessageSujet: Re: A l'Homme qui pleure ses vieux jours. [feat Charlyse] Ven 31 Mai - 10:38

Ce que pensait Crow avait-il un intérêt propre, au fond, aux yeux des autres ? Pour autant que l'on sache, lui n'avait que faire de l'imagination de la populace à son sujet. Que cela soit en bien – mais il en doutait fortement – en mal, ou en neutre, rien de tout ce que l'on aurait pu lui reprocher ne venait altérer son jugement et sa façon d'agir. Crow était un indépendant, ce genre d'homme sans allégeance, sinon à lui-même. Au fond, pouvait-on mieux le comprendre qu'il ne se comprenait lui-même ? Qui pouvait interpréter de la bonne manière, en essayant de saisir le contexte psychique et historique de son patricide ? Personne, ou presque, n'était assez intelligent pour englober l'ampleur de l'événement que cela avait été. Pour quiconque ouvrait le dossier Lincoln Crow, qui siégeait aujourd'hui au fin fond du bureau dudit Directeur des Exécuteurs de Nuisibles – il l'avait effectivement récupéré pour en être le seul possesseur – on se rendait vite compte que rien de tout ce qu'il avait entreprit avant son incarcération à Azkaban n'avait été de l'improvisation. Tout avait été finement prémédité, que cela soit les actions du Ministères – plus particulièrement des forces de l'Ordre – ou des victimes à abattre, Crow n'avait jamais laissé place au hasard. C'était une sorte de seconde nature chez lui, il agissait par préméditation. De la même façon, rien n'avait été improvisé chez les Jugson. Chaque meurtre explicitement commandité et que l'on chargeait à Lincoln devenait un prétexte justifié et considérable pour agir avec intelligence et prévoyance. Les seuls moments où Crow était incertain de son destin devenaient en fait les missions qu'il ne pouvait simplement pas prévoir. Que cela soit lors de l'envoi en Irlande de la Délégation Britannique au Ministère de la Magie de Dublin, ou que cela soit durant l'opération Standing North, Crow montrait qu'il était capable d'improviser, au moins assez pour s'en sortir vivant. A chaque mission, il y avait eu un mort – ou un capturé – mais Lincoln avait au moins prouvé qu'il pouvait mener à bien les objectifs et ramener, proportionnellement parlant, une partie majeure de la troupe initiale. D'autant plus que lors de sa première mission en pays bourbiste, ça n'avait pas été prévu qu'il passe chef de groupe. Aussi, l'aide de De SaintClair lui avait été utile, il l'avouait sincèrement et sans gêne. Sans le français, peut-être ne seraient-ils pas tous sortis vivants. Alors, oui, Brom était tombé, mais cela fut son choix, pas celui des autres. De plus, Mulciber capturé n'était en soi qu'une maigre défaite devant l'étendue des conquêtes que son sacrifice avait permis. Il allait revenir, de toute façon, une opération était en prévision par l’État-major, plus particulièrement par Brom et De SaintClair, et nul doute qu'elle aboutirait avec brio. Car le purisme, et le Seigneur des Ténèbres ne peuvent pas perdre.

Mais en soi, non, l'avis des autres n'avait pas d'impact sur sa vie, et par la même, son avis n'avait pas d'impact sur la leur. Si tant est qu'ils ne venaient à comparaître dans sa salle d'interrogatoire pour un meurtre contre le purisme, alors leur vie n'avait strictement aucun lien avec celle du Directeur des Exécuteurs et l'avis de ce dernier sur leur existence était, en réalité, insignifiante, voire inexistante. Lincoln était absolument indifférent face à la foule. Il la haïssait car c'était un repère de vautours, mais il ne s'en préoccupait pas. Rares étaient les choses que le mangemort appréciait, ou du moins, ne haïssait pas. Et encore, le mot haïr pouvait être agréable quand on parvenait à saisir l'ampleur de son dégoût pour l'impureté et le monde moldu. Il s'était plus d'une fois demandé si il aurait été différent, si son père était resté à la maison et ne s'était pas barré comme un lâche. C'était une question qui le perturbait. Au fond, il se savait excessivement violent. C'était un besoin naturel de frapper, de faire mal, de détruire, de tuer. C'était simplement un besoin. Rien d'autre. Et d'aussi longtemps qu'il parvenait à s'en rappeler, ce besoin, il l'avait toujours eu. Tout petit déjà, il était colérique, et pourtant, à cette époque, il n'avait aucune notion de l’impureté, et encore moins du crime de son père. Alors, si ce dernier avait été présent, aurait-il était différent ? En réalité, dans le fond, non. Crow aurait été violent, excessif, instable, meurtrier. Cependant, si son père avait été le père qu'il aurait dû être, peut-être que le mangemort n'aurait jamais servi le Lord. Peut-être se serait-il battu pour l'Ordre du Phénix, pour le bourbisme. C'était un fait, le purisme représentait, aux yeux du directeur des Exécuteurs, le refus de croire en son père. C'était l'idéologie qu'il avait suivi par conviction – et non car on l'y avait contraint à l'image de Jugson – et c'était pour ça qu'il était un puriste indéniablement dangereux. Car c'était toute sa vie, c'était sa raison de vivre, de tuer, de frapper. Au fond, c'était un illuminé, mais un illuminé méticuleux dans ses actions. Crow était ce genre de militaire qu'on croyait aussi bête que ses pieds et qui se révélait en fait bien plus intelligent que les autres.

-Je ne pense pas que vous recherchiez la gloire. Sinon je l'aurais explicitement dit. Vous êtes plutôt sur le fait que la gloire semble être un but commun à beaucoup d'hommes, et je vous réponds que non.

En soi, elle déformait énormément les propos. C'était probablement dû à son jeune âge. Peu de sorciers étaient, à tout juste dix-sept ans, dehors, à devoir se battre pour leur survie dans un monde hostile. Car le monde de la sorcellerie était hostile sous bien des aspects. Cruel même, car il n'y avait, ici, aucune notion de Bien Commun et de pitié. Les mangemorts étaient ces types sans vergogne capable d'agir pour leur propre bonheur, et pour tout le malheur du monde. Peu importait, il s'agissait d'égoïstes, mais d'égoïstes résolus à vaincre.

-L'improvisation est une bonne chose, mais ce n'est pas la voie que je partage. Nul doute qu'en sachant improviser vous saurez vous en sortir où que vous vous rendrez. Mais vous pourriez aussi tomber, au hasard, sur celui qui improvise mieux que vous. Et dans ce cas-là, Miss Stuart, vous finirez par perdre. Votre destin est votre, mais il est soumis aux autres, et ce sont ces gens là dont vous devez vous méfier, de moi, de votre protecteur, des mangemorts, des hors-la-loi. Car eux aussi protègent leurs intérêts, et certains improvisent bien mieux que vous, que moi. Prendre en main son destin, c'est important, mais sans savoir ce que cela va donner, c'est fatal, et parfois stupide.

Elle était indéniablement trop naïve. Crow ne pouvait même pas imaginer qui était son mentor, et au fond, peu lui importait, ce dernier était sans doute un excellent professeur en matière de sorcellerie, mais il se révélait un piètre maître en matière de réflexion. Pourtant, la gamine était intelligente, c'était un fait, ça se voyait. Elle semblait avide de savoir, de connaître, et pourtant, elle s'écrasait lamentable sur la falaise de l'inconscience. Elle pensait, à tort, que tout était affaire de hasard. Qu'il fallait savoir jouer ave cle destin pour s'en sortir, c'est à dire, de savoir agir promptement quand il était temps. Alors qu'il n'en était pour la plupart du temps, rien du tout. Pourtant, tout ceic était à nuancer, car Crow était un têtu. Il ne voyait généralement que par la fente de sa propre raison, et ne voulait pas comprendre les autres. Lui n'expliquait pas son fonctionnement, mais si les autres expliquaient le leur, alors il n'hésitait pas à les critiquer. La démarche qu'ils entreprenaient en délivrant de tels secrets au mangemort ne révélait qu'une trop grande assurance en ses méthodes, et Lincoln, aussi sûr soit-il de lui, trouvait toujours que cela trahissait le manque de recul vis à vis de la situation. Crow était prêt à mourir, mais Stuart non. Car elle vivait dans la peur de la mort, elle vivait sur l'improvisation. C'était ni plus ni moins une peur qui la guidait, celle de fuir le destin tant bien que mal.

-Tout dépend de l'élève que vous êtes. Certains savent choisir la voie pour expérimenter, d'autres la laisse filer. Vous avez choisi de partir, et c'est tout à votre honneur, mais vous manquerez de quelque chose par rapport à d'autres. Mais peu auront ce petit quelque chose que vous n'aurez pas, c'est sûr.

A ce moment là, Lincoln pensait à Mercurius. Lui, aussi con et impulsif pouvait-il être, avait su concilier deux aspects. Il était toujours à Poudlard et continuait son entraînement dans un programme scolaire encadré. Pourtant, avec Crow, il découvrait quelque chose d'autres, il découvrait l'extérieur au sens propre du terme. Il avait tué avec Crow, il avait torturé avec Crow, il avait gagné en puissance avec Crow. Tout ceci, Charlyse ne semblait pas l'avoir, ses yeux trahissait l'absence d'horreurs dans sa vie. Elle n'avait ni arraché de vie, ni torturé jusqu'à la folie. Elle n'avait pas vu la mort en face, c'était probablement ce pourquoi elle en avait peur. Au fond, ce n'était absolument pas un mal que la gamine soit ainsi, c'était même plutôt rassurant. Crow ne regrettait aucune action, aucun meurtre, mais il reconnaissait que tout l'avait poussé à être un monstre, et moins il existait de gens de sa trempe, mieux la société se porterait. Stuart était naïve, mais elle réussirait probablement là où Crow avait échoué.

-Mais vous crèverez aussi, soyez rassurée.

Autant la faire redescendre sur Terre. Il n'y aurait pas toujours de Lincoln dans un bar de Londres. Il n'y aurait pas toujours de mentor pour la protéger du reste du monde. Il y aurait un jour un Destin machiavélique, et un manque de concentration de l'ex-serdaigle. Il y aurait toujours un moment où sa vie basculerait, comme elle avait basculé pour Crow, comme elle avait basculé pour tout un chacun. Big Ben était une expérience douloureuse et vive dans l'esprit du mangemort, mais elle l'avait rendu si puissant aujourd'hui qu'il en remerciait presque Leonheart. Cependant tout avait commencé par un manque de concentration crucial, par une trop grande confiance en soi. C'était aussi pour cela qu'aujourd'hui il ne s'avançait plus sur son destin.

Son mentor devait être un homme prétentieux à souhait pour que sa protégée le soit autant. Elle agissait avec tant d'insolence et d'absence de recul et de réflexion que Crow en haussa même un sourcil. Il était Directeur des Exécuteurs oui, et pourtant elle le relevait comme si c'était un fait simple et banal. Au fond, Crow s'en fichait, il faisait son boulot, qu'on le reconnaisse ou pas, ça lui passait au dessus de la casquette, mais ce qui le gênait plus c'était son assurance quant à ce qui arriverait à son futur. Elle se prétendait compétente, ou alors il ne parlait plus anglais. Elle prétendait avoir des compétences dans le domaine des mercenaires. C'était un bien pour elle de connaître ce monde là. Car c'était un monde difficile mais enrichissant. Cependant... le mercenaire qui se vante de ses capacités était souvent le mercenaire qui en avait le moins.

-Et nul doute que vous en avez, de l'expérience et des connaissances.

Un peu de sarcasme ne ferait pas de mal à vrai dire. Peut-être était-ce la présence de Crow qui la rendait aussi impulsive et prétentieuse ? L'envie de se montrer égale à un type qui lui, avait fait ses preuves ? Peut-être était-ce aussi dû à tout autre chose. Peut-être était-ce l'euphorie d'avoir échappé à un lynchage de toute beauté. Peut-être était-ce l'euphorie, bien différente, d'avoir participé à une mission et d'avoir été payé pour sa réussite ? Au fond, tout ceci se rejoignait un peu puisque Charlyse ne réalisait pas réellement ce qu'elle bavait. Elle était, clairement, en train de s'étendre sur des sujets qu'elle ne maîtrisait pas, et c'était soit dû à la fatigue, ce qui était le plus plausible, soit à la prétention, soit à l'enseignement donné par son maître, soit... soit c'était l'envie pure et simple de passer à la casserole.

-J'espère pour vous que votre « noble cause » ne sera pas celle qui vous mènera dans mon bureau.

Il se leva, lentement, observa un temps Charlyse, puis le bar.

-Vous feriez mieux de disparaître par l'arrière du bar, ils ne vous y attendront pas. Je vous souhaite de réussir Miss Stuart, vous avez du potentiel, c'est indéniable. Affranchissez-vous, cependant, vous êtes encore bercée par les illusions que votre mentor vous impose. Vivez par vous-même, quitte à assumer les échecs.

Il reprit sa veste, la plaça sur son dos, et s'en alla d'un pas lent, tranquille, mais diablement mélancolique. Il finirait de se saouler à Castle Bay.

-Si l'envie vous prend, Miss, venez postuler au Bureau des Exécuteurs.

Il passa à côté du bar, posa quelques pièces, salua le patron, et sortit de l'enseigne avec aisance. Il se trimbala quelques temps dans un Londres endormi puis transplana. Quelque chose lui manquait, affreusement, et il n'arrivait pas à poser un mot dessus. Peut-être l'alcool parviendrait à lui répondre promptement. Mais ce n'était pas réellement sûr.

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MessageSujet: Re: A l'Homme qui pleure ses vieux jours. [feat Charlyse] Sam 1 Juin - 16:24

Je ne pense pas que vous recherchiez la gloire. Sinon je l'aurais explicitement dit. Vous êtes plutôt sur le fait que la gloire semble être un but commun à beaucoup d'hommes, et je vous réponds que non.

On pouvait dire que j’avais encore beaucoup de chose à apprendre … Les mots de Lincoln Crow en était la preuve. Me mordant les lèvres à l’idée de l’avoir froissé ou du moins qu’il me prenne de nouveau pour une gamine, je sentis une légère rougeur envahir mes joues. Ce n’était pas la première fois que je parlais en me trompant sur la signification des mots de mon interlocuteur. C’était une erreur que je faisais de temps en temps. Pas une erreur grave en apparence puisqu’on me jugeait sur ma jeunesse mais de mon côté je n’aimais pas, parce que j’avais l’impression d’être rabaisser à un rang inférieur que celui où je voulais être vue.

L'improvisation est une bonne chose, mais ce n'est pas la voie que je partage. Nul doute qu'en sachant improviser vous saurez vous en sortir où que vous vous rendrez. Mais vous pourriez aussi tomber, au hasard, sur celui qui improvise mieux que vous. Et dans ce cas-là, Miss Stuart, vous finirez par perdre. Votre destin est votre, mais il est soumis aux autres, et ce sont ces gens là dont vous devez vous méfier, de moi, de votre protecteur, des mangemorts, des hors-la-loi. Car eux aussi protègent leurs intérêts, et certains improvisent bien mieux que vous, que moi. Prendre en main son destin, c'est important, mais sans savoir ce que cela va donner, c'est fatal, et parfois stupide.

Se méfier des autres … Une chose que j’avais appris depuis quelques temps déjà. Mon départ de Poudlard avait été un premier pas vers cette méfiance. Je savais que j’avais encore du boulot, beaucoup de boulot, que je n’étais qu’au début d’une voie qui s’ouvrait à moi et que je devrais mener ma barque à bonne destination par mes propres moyens mais quelle destination était-ce ? C’était une des questions que je devais me poser. En faite, je m’en posais tellement que je ne savais pas toujours par quel bout commencer. Tryan était de bons conseils pour certaines choses mais je me refusais à l’embêter avec des questions qu’il pourrait trouver futile, des interrogations qu’il chasserait d’un simple geste de la main alors que j’attendais plus. Je préférais donc me taire et analyser au maximum tout ce qu’il se passait autour de moi et essayer de gérer tout ça moi-même. Ce n’était pas forcément évident, la preuve en était aujourd’hui avec ma discussion d’avec cet homme ou ma rencontre précédente d’avec ma mère et les hommes chargés de me ramener au clan Stuart.

Tout dépend de l'élève que vous êtes. Certains savent choisir la voie pour expérimenter, d'autres la laisse filer. Vous avez choisi de partir, et c'est tout à votre honneur, mais vous manquerez de quelque chose par rapport à d'autres. Mais peu auront ce petit quelque chose que vous n'aurez pas, c'est sûr.

Manquer de quelque chose ? J’en doutais un peu, mais je préférai me taire plutôt que d’en rajouter une couche. Des enseignements purement théoriques, je doutais que ça m’apporte beaucoup dans ma vie future et de toute façon, en ancienne Serdaigle que j’étais, je me débrouillais très bien toute seule avec les nombreux livres de la Demeure Glaciaire voir même avec quelques livres achetés par mes propres soins dans une librairie sorcière à Paris.

Mais vous crèverez aussi, soyez rassurée.

Un léger sourire passa sur mes lèvres. Il avait raison sur ce point. Tout le monde mourait un jour ou l’autre. Certains cherchaient la mort plus rapidement que d’autres mais la fin était identique pour tous. D’ailleurs que nous soyons moldu, sorcier, voir même seigneur, la mort nous faucherait un jour, quand elle aura décidé que nous avions assez vécu. Ca je le savais très bien même si la plupart des jeunes étaient insouciants, ce n’était pas mon cas. Du moins par sur un sujet d’une telle importance.

Et nul doute que vous en avez, de l'expérience et des connaissances.

Le ton qu’employa le sorcier pour me lancer cette phrase, me tira une grimace. J’avais été plutôt prétentieuse sur ce point. Une chose que je n’avais pas l’habitude voir même qui ne me ressemblait pas du tout. Je baissai les yeux sur mon verre, comprenant que j’en avais fait trop. Mais il l’avait bien compris vu sa voix et je ne relevai pas la phrase.

J'espère pour vous que votre « noble cause » ne sera pas celle qui vous mènera dans mon bureau.

Cette fois, je levai vivement mon regard vers lui et le fixa tranquillement. Croyait-il que j’allais passer du côté des bourbistes ? Croyait-il aussi comme l’avait cru Maleficus avant que j’avais quitté Poudlard pour rejoindre ce clan ? Si c’était ce qu’il pensait, il aurait pu m’arrêter ici même et m’embraquer mais il ne l’avait pas fait donc c’était juste une mise en garde.

Vous feriez mieux de disparaître par l'arrière du bar, ils ne vous y attendront pas. Je vous souhaite de réussir Miss Stuart, vous avez du potentiel, c'est indéniable. Affranchissez-vous, cependant, vous êtes encore bercée par les illusions que votre mentor vous impose. Vivez par vous-même, quitte à assumer les échecs.

Le regardant se lever, je ne bougeai pas de ma place, attendant les mots qui cloraient notre conversation. Je l’avais déranger pour sa soirée, je l’avais empêché de boire son verre tranquillement et il ne semblait pas m’en vouloir, me prodiguant même quelques conseils qui me surprirent. Avec juste une simple discussion, il avait eu le temps de juger mon potentiel alors que de mon côté j’avais à peine effleuré la surface de l’homme. Il était complexe, encore plus que mon cousin, ce qui n’était pas peu dire.

Si l'envie vous prend, Miss, venez postuler au Bureau des Exécuteurs.

Le regardant s’éloigner, je posai ma main sur le verre et m’apprêtais à le prendre pour le finir quand il ajouta quelques mots. Des mots qui me laissèrent sans voix et, on va dire, agréablement surprise. Postuler en tant qu’exécutrice … Du plus loin que je me souvienne, de tout les métiers que j’avais imaginé faire, que ce soit pour plaire à mon père, à Maleficus, à Tryan, voir même pour mon bonheur, jamais je n’avais pensé à l’élite du ministère. C’était un métier dangereux, certes, mais le plus intéressant qui soit et surtout, le mieux placé question respect. Tout le monde respectait, voir même craignait les exécuteurs. En devenir une serait un pied de nez à toute ma famille, à tout ceux qui disaient que je n’avais pas d’avenir. Mais en avais-je l’étoffe ? Quoiqu’en dise Lincoln Crow, j’avais des doutes. Des doutes qui ne disparaitraient qu’en m’améliorant, qu’en travaillant encore et encore sur ma confiance en moi, sur mon niveau de magie, sur ma façon d’être, sur tout quoi. Et puis … j’en parlerais à Tryan, parce que pour moi, il était important que j’ai son avis.

Terminant mon verre d’un seul coup, je le reposai sur la table et me leva à mon tour. Ignorant la porte de devant, je suivis le conseil de Crow et me dirigea vers l’arrière du bar. Dès mon entrée, j’avais repéré où se trouvais cette sortie, histoire de ne pas être bloquée s’il avait refusé de m’aider. Il l’avait fait avec une attitude digne d’un homme de sa carrure et je devais avouer que rien que pour ça, il m’intimait un certain respect. Quittant donc le bar, je m’enfonçai rapidement dans la nuit sombre pour rejoindre le lieu où je devais retrouver Mina pour transplaner directement à la demeure glaciaire. J’avais prévenu que je rentrerais tard et j’espérais que Tryan ne m’attendait pas parce que j’étais incapable de parler de ce qui m’était arrivée ce soir. J’avais d’abord besoin d’y réfléchir calmement et de remettre de l’ordre dans mes idées.


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A l'Homme qui pleure ses vieux jours. [feat Charlyse]

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