POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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We can work it out and get it straight || Graham

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MessageSujet: We can work it out and get it straight || Graham Lun 27 Mai - 13:03

Soirée calme au bureau des exécuteurs. Il n'y avait pas grand chose de neuf pour Daniel Cade. Il ne se préoccupait pas, et d'ailleurs il n'avait pas à le faire, des histoires politiques du régime. Il laissait ça, ça valait mieux, à plus haut placé que lui, comme le patron. Lincoln Crow gérait les hautes affaires, mais lui était mangemort, c'était son boulot de faire ça. A chacun sa tâche, et a chacun de la faire bien, voilà comment Danny voyait le monde. Il faisait son boulot, et ne demandait pas plus. Ce qu'il avait lui convenait. Il ne posait pas de question, enquêtait sur les missions qu'on lui confiait. Le reste, il le lisait dans les journaux. Du genre le départ de Frederique LeeRoy de Poudlard. Cade se disait qu'il ne fallait pas être très douée pour se faire virer par des élèves. On l'avait remplacée par Eris Valverde, et c'était désormais le président du PPA qui gérait l'Ordre Nouveau. Daniel se souvenait, très vaguement, de Mike Witcher. Ils étaient ensemble à Poudlard, mais ils n'étaient pas amis. Les sang purs n'étaient pas ouverts, et ne le seraient jamais. Déjà lorsqu'il était élève, Daniel s'était habitué aux critiques et aux moqueries. Il faisait le dos rond et laissait passer. La plupart étaient juste des cons, convaincus d'avoir raison, ce qui n'était pas tout à fait faux. De fait, comme ils étaient sang purs, leur sang n'était pas souillé, et de fait, ils pouvaient faire ça. Daniel n'en pensait pas grand chose. Les moqueries étaient pour lui inutile : pourquoi insulter les gens sur un état dont ils ne se glorifiaient pas et qu'ils ne pouvaient pas changer ? Il n'aimait pas sa mère, pas plus que les sang-de-bourbes et les moldus. A cause d'eux, il allait devoir passer sa vie à prouver son honnêteté : cela il l'avait vite compris, et vite dépassé aussi. Daniel se contentait de vivre. Les commentaires lui passaient dessus sans rien faire. Il s'en foutait. Ce n'était pas comme si il avait accordé une sympathie quelconque à qui que ce soit, associable qu'il était.

Cade ferma ses dossiers sans rien dire, et blasé, jeta un œil à son bureau en se disant qu'il faudrait qu'il range, un jour quelconque. La table disparaissait sous ses affaires, et y mettre de l'ordre relevait du défi le plus impossible. Un regard à sa montre appris à l'exécuteur qu'il n'avait pas le temps de toute façon, vu que le concert de ce soir était pour bientôt. Il fallait qu'il dégage, sinon Shame et Jeff allaient encore gueuler qu'ils commençaient en retard. Pas que l'heure soit une notion importante pour Danny en dehors du boulot, mais bon, il n'avait pas envie d'entendre râler pour quedale, et Jeff, surtout, s'enervait pour rien. Shame, lui c'était l'alcool. Ou le plaisir de la bagarre. Ou de finir au poste. Allez savoir, et Cade ne se posait pas vraiment la question.

Du coup, il fila, sans dire au revoir à qui que ce soit d'ailleurs. Porton était en mission, et mis à part à lui, Cade ne parlait pas à grand monde. Il était du genre à venir bosser durant une semaine et à ne rien dire. Il travaillait, mais en silence, si bien que certains en étaient encore à se demander si ce n'était pas un nouveau, alors qu'il était là depuis bien plus longtemps que certains.

Le bar où jouait Mussitation ce soir était bruyant et agité. Ce fut un concert sans vraiment de plaisir, même si Daniel appréciait, comme toujours, d'être là et de jouer. C'était tout de même mieux quand ils avaient un minimum d'attention, mais au vu de ce qu'il entendait, les gens étaient plus là pour passer le temps que pour la musique. Boire, se saouler, sortir, programme banal pour la fin de semaine dans les bars du Chemin de Traverse. Cade n'y prêtait pas vraiment attention, lui il jouait, point. Il arrivait souvent qu'il fasse la loi dans les bars si ça dégénérait, faisant le boulot de brigadiers qui semblait à Danny de plus en plus absents. On disait qu'il y en avait pas mal qui étaient partis à Poudlard, lui se disait que ça ne servait à rien, et qu'ils auraient mieux fait d'empêcher que des saoulassons essayent de bousiller son concert, ou, comme c'était arrivé une ou deux fois, de voler sa guitare. Ce que Daniel ne supportait pas. Sa guitare, il en prenait soin, elle était à lui, personne n'y touchait, c'était un truc privé, personnel, quoi.

Bon, en attendant, ils réussirent à finir le concert sans trop d'incidents, mis à part une ou deux, voire quatre ou cinq, bouteilles qui volèrent dans le bar. Les gens avaient la critique facile, observa Daniel, et une manière pas très polie de l'exprimer. M'enfin, ça ne changeait pas grand chose. Le patron leur offrit la tournée générale, et Cade fit l'effort d 'écouter Jeff parler d'un groupe qu'il plaçait au rang de mythes, les Stones, un truc comme ça, sans doute venu de chez les moldus, peut-être intéressants dans leur style, d'ailleurs. Daniel n'en pensait rien, à vrai dire. Il adorait Jeff et Shame, et Sally aussi, mais il était crevé et pensait surtout à rentrer chez lui. Les trois autres s'en allèrent en remportant le matériel, ajoutant le désormais traditionnel « salut à la prochaine ». Daniel resta pour remballer guitare et ce qui restait, puis il envisageait de prendre une autre bière, sans doute, avant de repartir.

Et là, la bagarre qu'il prévoyait depuis le début finit par éclater. Cade se retint de jurer entre ses dents. Il était peinard, mais non, il fallait qu'ils s'écharpent alors qu'il était encore là. Il ferma posément l'étui de sa guitare, et observa la salle. Le patron semblait débordé. Il ne lui en fallait pas beaucoup, parce qu'au maximum, ils devaient être seulement deux à vraiment se battre, les autres se contentant d'encourager l'un ou l'autre. Daniel descendit tout aussi posément, absolument pas effrayé, juste passablement las des conneries de mecs bourrés, toujours les mêmes. Il se fraya un chemin parmi la foule, écartant sans ménagement les réfractaires, pour arriver là où finalement, les deux adversaires étaient bien décidés à se casser mutuellement la gueule. D'un regard, il évalua celui qui était le plus énervé, un type jeune, la trentaine. L'autre, un type rougeaud, était lui, plus que bourré. Il le repoussa d'un geste, et le type s'affala sur une chaise, sans plus rien dire. Étonnamment facile, mais pas illogique : une barrique de vin contenait moins d'alcool que ce mec là. Cade fit face à l'autre, qui avait l'air de...de quoi, d'ailleurs ? De rien, en fait, Danny s'en foutait.

Il se contenta simplement d'appliquer la procédure qu'on lui avait appris à l'armée – ah, les jeunes années en uniforme - et immobilisa l'autre, le retournant sans aucun ménagement avant de le plaquer contre le mur, lui tenant fermement les mains. Il ajouta très calmement :

« Vous êtes calmé, monsieur, ou je dois en plus vous arrêter ? »
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MessageSujet: Re: We can work it out and get it straight || Graham Mar 28 Mai - 23:46

Silence. Un regard vers la fenêtre de son appartement indiqua à Graham que la nuit était en train de tomber. C'était un fait, le ciel était presque noir ,et nuageux aussi d'ailleurs. Mais pourquoi user du verbe tomber lorsque la voute céleste se contentait d'abord de faire un dégrader pour devenir uni un peu plus à chaque seconde que le temps passait. Tomber, c'était brusque en général, pourtant, la nuit ne venait pas d'un coup, elle ne chutait pas non plus quelque part. C'était étrange, et le langage courant ne permettait pas d'utiliser d'autres termes. Il fallait dire que si Graham avait du le faire à sa manière, il aurait dit la nuit est peinte. Car oui, la peinture, c'était un peu pareil, ça venait peu à peu, couche après couche. Enfin pourquoi tenter d'expliquer une vision des choses qui changerait sans doute dans quelques heures ou qui serait oublié sans un coin de la tête du commissaire du sang. L'évidence venait tout juste de lui sauter aux yeux mais déjà la conscience de son esprit se focalisait sur autre chose. Plus bas, dans la rue, le jeune homme entendait de loin des bruits de fête, peut être de la musique, mais en comparaison des éclats de voix qui ressortaient, ce n'était pas grand chose. Mais ça suffisait à attirer l'attention de l'ex policier qui, tel le pas feutré de ses chats, approcha de la fenêtre pour regarder dehors quelques instant puis faire volte face, déjà l'intérêt porté à bout. L'idée en place, elle ne changerait pas jusqu'à ce qu'elle soit terminé et que Graham s'intéresse à autre chose. Esprit vacant librement, c'était particulièrement gênant. Il détestait proprement ça, ne pas pouvoir s'empêcher de voir dans quelque chose autre chose. Ce n'était que de la pure imagination, mais devenue si particulière que s'en était étrange... drôle de conclusion ! Le plus étrange dans l'histoire, c'était bien Graham, et non pas ses pensées qui était de son propre fait. Ou plutôt du fait d'un esprit pas totalement saint... On s'en foutait au fond non ?

Les rues sorcières de Londres étaient évidement moins peuplé que celles moldus, mais ce n'était pas plus mal en fin de compte quand lorsque comme ce soir régnait une ambiance survolté dont Graham n'aurait su identifier la raison. C'était curieux quand même toutes ces personnes excités. L'alcool étant sans doute la cause première de leur mal amabilité, l'ex policier laissa passer pour l'instant, même si il n'aimait pas particulièrement cette attitude qui lui rappelait sans cesse bien des choses peu agréable. Lorsqu'il était brigadier, il en avait vu des cons et des bourrés, ça disait la même chose mais ça faisait pas pareil. Dans tous les cas, un bon coup de poing c'était un remède idéal, dans un cas comme dans l'autre. Le point négatif de cette histoire, c'était que le commissaire du sang ne pouvait guère se permettre une bagarre, aussi facile soit-elle. Les guérisseurs avaient été formel, un choc assez violent pouvait casser de nouveau tout cela... Et pas que Graham n'aimait pas l'hôpital, mais il estimait l'avoir assez vu dans sa vie.

Choisir un bar dans ces conditions n'était donc pas simple, surtout si en plus, les avis divergeant du jeune homme s'y mettaient : trop de monde, pas assez, musique pourrie, odeur désagréable, j'aime pas la tronche de ce type... bref, bien des options qui empêchait le commissaire de se décider définitivement, ce qui laissait au final assez peu de choix pour aller se changer les idées. Pas par désespoir de cause, l'américain était trop têtu pour cela, mais le bar qu'il choisi avait le mérite de ne pas cumuler trop de point négatif, juste la tête d'un type qui lui revenait pas. Mais bon, il n'allait pas lui demander de se barrer pour son bon plaisir. Même si l'envie ne lui manquait pas, le savoir vivre de Graham l'en empêchait et au final, il eut tôt fait de l'oublier. Pendant un temps du moins...

Il y avait dans ce bar un concert qui se déroulait. A vrai dire, le jeune homme été un peu musicien lui aussi de son côté, depuis longtemps, mais il jouait très rarement, et depuis qu'il était sur Londres, c'était limite si il n'avait pas abandonné complètement cet art. En réalité, il avait commencé à se désintéresser de ça aussi, trouvant dans le jeu musical bien peu d'expression en comparaison de la simple imagination de l'esprit. C'était tout autant un moyen d'expression, le problème étant que Graham aurait préféré la musique à ce surplus illusoire qui trainait encore et encore et encore ... dans sa tête.

Un verre, deux verres, il c'était arrêté exactement à trois verres et demi, le quatrième mais pas encore totalement terminé donc. Ça allait encore, c'était tout à fait tenable, mais ce n'était pas le cas de tout le monde. Sur quoi était parti la mésentente ? Dieu seul sait, car Graham était bien incapable de ressituer le contexte exacte. Surtout pas quand on commençait à l'attaquer pour par grand chose. Il aurait vraiment – mais alors là le mot était faible – vraiment voulu éviter ce qui arriva par la suite. Il dominait clairement, un ou deux coup suffisait, mais le jeune homme avait l'intime conviction que quelque chose ne se passerait pas bien, qu'un cheveux atterrirait dans la soupe, bref, une merde pas possible...

Et il fallait évidement que les doutes se confirment en réalité, parce que ça ne devait jamais se passer bien, comme toujours. Pourquoi autant de souci pour pas grand chose. Et surtout pour un truc que Graham n'avait pas commencé. Ou peut être que si... enfin non. Non ! Il n'avait rien fait, il n'était pas assez fou pour ça... quoique ce n'était pas le bon terme. Il eut à peine le temps de voir son adversaire s'effondrer sous le coup léger d'un nouvel arrivant, ce dernier d'ailleurs ne perdit pas de temps pour arrêter Graham d'une manière tout à fait... et bien dans l'esprit de l'américain c'était violent. L'autre ne pouvait pas savoir, bien évidement... le plaquage au mur était cuisant, et les côtes prirent en premier le choc, ce qui eut le bon point de stopper la colère du jeune homme, mais aussi de l'arrêter net, coupant son souffle et déversant une douleur affreuse dans tout le corps. Si celui qui l'avait arrêté ne lui tenait pas les mains dans le dos, sans doute Graham aurait t-il au moins plié un genoux à terre pour souffrir en silence de la douleur qui remontait. Il avait pourtant l'occasion et le temps – étrange – de penser, non, de s'imaginer si ses os étaient capable de s'effriter à l'intérieur même de son corps et de s'étendre comme une petite poudre. C'était bien le moment tient...

« Vous pourriez me lâcher ? »

Une voix clairement pas bien. Il n'attendit pas que l'autre lui donne sa bénédiction, il se dégagea dans la surprise de la main qui le tenait avant de tourner dos au mur et de s'appuyer sur lui, reprenant une respiration plus lente, mais toujours extrêmement douloureuse. Si il devait retourner à Sainte Mangouste pour cette histoire, ce gars allait entendre de ses nouvelles !

« Pourquoi vous êtes intervenu... ça se serait très bien fini, l'autre était rond comme une barrique. Un coup et il serait tombé, vous avez bien vu. »

C'est vrai ça... c'était pas à lui de faire la loi. A moins qu'il ne soit un brigadier. Auquel cas ce n'était vraiment pas cool.
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MessageSujet: Re: We can work it out and get it straight || Graham Jeu 30 Mai - 13:12

Pourquoi se battre ? Daniel Cade n'était pas un adepte de la bagarre. Enfin, jeune, si, un peu. Il faisait un peu de Quidditch, et il y avait la traditionnelle rivalité entre Serpentard et Gryffondor qui jouait. Mais pas plus. C'était souvent des insultes échangées, des coups de poings bien mérité, mais ça n'allait jamais plus loin. Des conneries de gamins, rien de bien méchant. En vieillissant, Cade s'était un peu calmé. Jeune, il cherchait la cogne, c'était indubitable, et il était tête brûlée. C'était une façon comme une autre de s'insérer dans le groupe, après tout, à une époque où il n'appréciait guère d'être seul. Aujourd'hui, oui, on pouvait dire que cela changeait. Tout simplement parce qu'aujourd'hui, il préférait de loin qu'on lui foute la paix. La Loi, l'Ordre. Pour l'exécuteur, son métier ne consistait pas à se battre ni à tuer, mais à arrêter les gens qui voulaient cogner ou commettre des meurtres. Il était là pour garantir la sécurité et la tranquillité, pour éviter que règne l'agitation et le chaos. Le calme. Même sans être des criminels, les gens s'agitaient toujours pour si peu, ils passaient leur vie à courir pour pas grand chose. Daniel Cade, naturellement, était un contemplatif. Il n'avait pas besoin de beaucoup, et ne demandait jamais rien. Il aimait le silence, le calme, et surtout, il ne supportait qu'on vienne le déranger.

Dans un certain sens, oui, cette bagarre qu'il venait d'arrêter ne le regardait absolument pas. Mais bon, il était là, il était du Ministère, et il n'y avait pas de brigadier. Certes, il n'était pas en service, il l'admettait. Mais d'une, on venait de lui pourrir la fin de sa soirée, lui qui n'aspirait qu'à rentrer chez lui. Là encore, il aurait pu passer outre. Mais tous les sens de Danny, autant celui de l'ordre et du calme que celui de la justice et du droit, l'empêchaient de faire ça. Et quel genre d'homme détourne les yeux devant la violence ? Il n'était pas lâche, il l'affrontait. Deuxièmement, ça ne changeait pas beaucoup, de toute façon : la brigade arriverait bientôt, et les collègues seraient contents de ne pas avoir à séparer deux ivrognes avides de sang, ou de se prendre un sort dans la gueule.

Enfin, le premier correspondait à la description du mec bourré. Le second, un peu moins. Voir même pas du tout. Daniel observa un instant l'homme qu'il venait d'immobiliser. Jeune, comme il l'avait vu au premier abord, peut-être un peu plus vieux que lui, mais pas de beaucoup. Un vague air sévère, qui aurait pu le faire passer pour un flic. Ouais, c'était ça, ce type là avait une dégaine de flic, et ça aurait presque fait marrer Daniel, car les agents de police n'étaient pas sensés, enfin pas vraiment, sauf dans les mauvais bouquins, se battre dans les bars. Ou alors, le type en question n'était absolument pas flic. Dans le fond, l'exécuteur n'en savait rien, il verrait bien à un moment où un autre, car cette affaire, si elle continuait comme elle avait commencé, risquait bien de se finir par un interrogatoire en règle.

En tout cas, il ne manquait pas de culot, celui-ci, pour ne pas simplement répondre oui, et dire que désormais il serait calme. Enfin non.. A la voix, quelque chose n'allait pas. Avantage de savoir écouter, lorsqu'on parle peu, Daniel remarquait facilement ce genre de chose. Notant au passage l'accent, pas anglais pour un rond, Cade fronça les sourcils. On ne pouvait pas dire qu'il avait agi pacifiquement, mais en principe, ce genre de choses faisait mal, certes, mais pas à ce point là. Ce n'était pas fait pour blesser, il s'en souvenait d'après ses cours à l'armée - le sergent instructeur était un vrai bouledogue, son enseignement marquait, parfois même au sens physique du terme. Non, le but était juste d'immobiliser, mais apparemment, ça avait été plus loin. Daniel n'était pas franchement, sans être une lavette, une montagne de muscle capable de vous broyer d'une main, donc il fallait plutôt supposer une blessure.

De surprise, plus ou moins perdu dans ses réflexions aussi, il laissa l'autre se libérer de son emprise, l'écoutant vaguement râler, d'une voix marquant un peu moins la douleur. Avisant une chaise par terre, Daniel sourit, assez amusé, et la ramassa, la faisant glisser vers l'homme, le fixant sans méchanceté :

« Tenez, ce sera mieux que le mur. Vous avez du bol, vous seriez tombé sur un brigadier, vous étiez bon pour au moins la garde à vue. Voie de fait, trouble à l'ordre public, agression, et j'allais oublier, état d'ébriété sur la voie publique. Même si vous ne paraissez pas vraiment bourré, à la réflexion... 'Fin bref, mes collègues n'aiment pas ça, en général. Moi je ne suis qu'un exécuteur, même pas en service. Disons juste que j'aime passer mes soirées tranquilles et j'ai ramené un peu d'ordre dans ce qui promettait d'être un joyeux bordel. Et que je vous aie évité un passage au poste. Donc on va dire qu'on oublie ça, n'est-ce pas, monsieur... »

Il avisa soudainement le fait qu'il tenait un portefeuille à la main, et qu'il n'avait pu le chopper qu'à cet homme là. Foutue cleptomanie, ça finirait par lui poser problème, tout de même. Cela dit, Daniel, pas mauvais comédien quand ça lui chantait, s'en servait parfois à son avantage. Du genre expert qui arrive à voler sans que vous vous en rendiez compte vos affaires. Ce qui était vrai d'ailleurs, sauf que lui non plus ne s'en rendait pas compte. Parfois, c'était plus que dérangeant, et pour le coup, il comprenait que les gens se foutent en pétard. Il n'appréciait pas vraiment le vol non plus, c'était répréhensible, mais en l'occurrence, Daniel n'y pouvait pas strictement rien. Il n'avait même pas conscience qu'il volait des choses. La preuve, il venait de se rendre compte pour le portefeuille. Un flic cleptomane. Drôle d'histoire, paradoxale à sa manière, que Danny préférait utiliser, quand il le pouvait, comme ici, à son avantage. Il affecta un instant une ignorance du meilleur aloi :

« Monsieur comment, d'ailleurs ? » Il jeta un œil au portefeuille, l'ouvrant d'un geste « Que vois-je ? Graham Ferwright, commissaire du sang... » Il sourit, encore plus amusé. « L'Ordre Nouveau a l'air de prendre des bagarreurs. Je suis pas sur que votre directeur apprécie. Et...ah. » Il venait de tomber sur une ordonnance de Sainte-Mangouste. Un ancien de la brigade, tiens, sérieusement blessé à ce qu'il voyait, ce qui expliquait le fait qu'il aie eu mal. Daniel referma le portefeuille. « Mes excuses pour tout à l'heure. Vous vous coltinez une sacrée blessure. » Il lui lança le portefeuille, que Ferwright rattrapa au vol. « Vous voulez un verre ? Vous êtes blanc comme un linge. »
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MessageSujet: Re: We can work it out and get it straight || Graham Sam 22 Juin - 2:00

Curieusement, même si la douleur s'annonçait dans chacun de ses membres et particulièrement au niveau de ses côtes – endroit où il était censé éviter tout choc – Graham n'avait aucune pensées particulièrement mal aimable à l'encontre de cet homme qu'il considérait comme faire son boulot. Si c'était bien le cas cependant, car l'ex policier ne pouvait jurer savoir la vrai identité de ce garçon même si son regard avait le quelque chose d'un homme honnête et droit. Peut-être pas le cas de tout policier cela dit. Enfin c'était l'humble avis de l'américain un peu fou sur les bords et qui ne pensait même pas à la douleur qui l'assaillait. Cela dit, pourquoi se concentrer dessus. L'idée était de tenter de l'oublier, c'était logique, il ne fallait pas rester planter dessus au risque de ressentir encore plus la douleur ! A moins que ce ne soit absolument pas ça et que ça ne change rien du tout. Ça ne changeait rien en fait, mais l'adaptation à la douleur du jeune homme était assez élevé, même si il préférait (encore heureux) ne pas avoir mal. Devait-il se rendre immédiatement à St Mangouste ? Oh... de toute façon, que cela soit nécessaire ou pas, il irait, il n'avait pas envie d'avoir de mauvaises nouvelles qui le bloqueraient plus longtemps encore.
Sérieusement, c'était quand même un drôle de hasard que cet homme lui tombe dessus alors que pour une fois – des rares fois – il n'avait pas cherché la bagarre... Graham avait compris la leçon, et cette douleur qui remontait le long de ses os était un bon rappel, efficace et... douloureux. Si le choc sur le coup avait fait penser des insanités à l'ex policier, il les avait désormais oublié alors qu'il appuyait un peu sans trop forcer sur son torse. Vague moyen de vérifier qu'il restait quelque chose de ses côtes ? Peut être bien. Il y avait sans doute une explication plus réfléchit encore à cela, et en d'autres circonstances, le jeune homme n'aurait pas hésité à se pencher sur la question. Mais d'autres choses l'en empêchait, à commencer par la voix de l'homme qui l'avait interrompu. Soufflant, c'était presque comme si le tout jeune commissaire ne l'écoutait pas. Pas qu'il n'en ait rien à foutre, quoique ce n'était pas impossible, mais d'autres pensées se faisaient plus pressantes... comme un bon remontant par exemple ! Bien aimable à l'autre de lui faire passer une chaise en tout cas, Graham ne se priva pas pour s'y poser. Quoi ? On lui proposait, il n'allait pas refuser. Puis c'était une bien maigre compensation... voilà, il changeait déjà d'avis. C'était le propre de l'américain de se balader d'un extrême à l'autre en passant par les cases intermédiaires sans se gêner ou prendre garde à ce que les autres pouvaient voir de lui. A quoi bon, il était ainsi, et seule la folie marquait le droit de ne pas être déclaré. Ça évitait bien des soucis...

Quoi ? Il n'était même pas brigadier ? Juste exécuteur ? C'était pas nécessaire pour lui d'intervenir alors... il avait rien de mieux à faire ? Allons Graham, calme les nerfs, cet homme ne faisait que son boulot... oui enfin il aurait pu y aller plus doucement, celui qui va finir sur un lit ce n'est pas lui... oui mais tu n'avais qu'a pas chercher la bagarre. L'autre m'y a obligé ! Drôle de discussion entre soi même, mais ce n'était pas des plus étonnant. Si quelqu'un l'entendait un jour, nul doute que ce serait quelque chose de très drôle, et particulièrement... particulier ? Pas grave. Mais ça devait être amusant de s'entendre si... Ne recommence pas !

« Désolé d'avoir troublé l'ordre public alors... »

Pure sincérité. En fait, ce n'était pas dans les habitudes de l'ex policier de mentir. Il pouvait, mais... ça n'avait pour lui aucun intérêt. Puis ça apportait plus de problème que ça ne pouvait en résoudre. Donc conclusion, quitte à mettre les pieds dans le plat, autant y aller franco sans regretter des paroles. Quoique... avec Graham, l'instant suivant il se demandait déjà si il avait bien fait.
Il n'avait pas répondu à la question de l'exécuteur. Si s'en était une. En fait, il ne l'avait pas noté, et ne tilta réellement que lorsqu'il senti sa poche légère, vidée de son portefeuille. Simple constatation, l'autre lui avait pris. Devait-il s'en inquiéter ? Une personne normale oui. Disons que l'ex policier se demanda avec quel génie l'autre avait saisit l'objet. Curieusement doué, par particulièrement honnête.

La douleur repris un instant, mordante, puis s'effaça, arrachant une grimace à Graham. Ouais, pas beau à voir... S'ennuyer en blabla, cela dépendait des humeurs de l'américain. Il pouvait être bavard... et ne pas l'être.

« Ouais... un accident du travail. Il respira, puis accepta la proposition de l'autre, comme ça l'était, purement sympathiquement. Je veux bien un verre oui. Vous en voulez pas, vous pouviez pas savoir... même si il aurait pu – en toute honnêteté – y aller moins fort. Vous vous appelez ? »
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MessageSujet: Re: We can work it out and get it straight || Graham Mar 25 Juin - 10:28


On pouvait, sans trop se tromper, qualifier Daniel Cade de psychorigide, et dans les faits, c'était vrai, il l'était quelque peu. L'ordre était l'ordre, on ne pinaillait pas avec, et on le respectait, point à la ligne, c'était comme ça. Les lois existaient pour maintenir l'ordre, et la police pour les faire respecter. Danny appliquait, de façon très pragmatique, la loi, que nul n'était sensé ignorer. Passer outre parce qu'il n'était pas en service se trouvait donc être, selon lui, une fausse excuse et une preuve de mauvaise foi qu'il considérait comme intolérable. Au bureau des exécuteurs, on appréciait , ou non, cette ligne de conduite, mais elle forçait tout de même le respect, quand bien même les gens trouvaient Cade chiant – ce dont lui se fichait éperdument, il ne prêtait guère attention à l'avis des autres, vu qu'il se perdait dans son monde rapidement – car il ne variait jamais. Il suivait sa ligne, droite et tranquille, modérée, et dans le fond assez humaine. Car si Danny était psychorigide sur le fait qu'il devait intervenir, les méthodes d'interventions restaient pour lui critiquables. Du coup, il n'approuvait pas forcément tout ce que le patron faisait – pour la partie dont il avait connaissance tout du moins, il préférait ne même pas savoir ce que Lincoln Crow faisait et ce dont il n'informait pas ses employés. Oh, il ne fallait pas s'y tromper, Daniel n'était pas critique envers les motifs de ses actes. Il respectait son chef, et pire, il le craignait un peu. Mais Cade ne doutait pas que les motivations du mangemort soient entièrement honnêtes. Lui n'agissait pas comme ça, enfin, il essayait de ne pas le faire. Pour l'exécuteur, il n'y avait aucune gloire à tuer, et s'il fallait le faire, bien qu'il soit à même de le faire, il considérait l'option comme une extrémité.

Heureusement, ce soir là, on était très loin d'un meurtre. Graham Ferwright, dans le fond n'avait pas fait grand-chose de bien méchant, et même si ça avait vraiment mal tourné, Daniel ne l'aurait sûrement pas emmené au poste...quoique, on n'en savait rien, Cade se mettant assez facilement en colère lorsqu'on l’énervait pour rien. Il venait de Gryffondor, après tout, et il cumulait les traits de caractère sanguins, même si dans l'ensemble il restait assez constant. Globalement, le commissaire du sang ne paraissait pas être un dangereux criminel, juste un type ayant un peu le sang chaud qui se battait dans les bars. N'empêche, ça restait une voie de fait, et il fallait bien que Daniel intervienne. On ne respectait pas la loi à la carte, selon qu'on était ou non en service. On la respectait, point, car la loi était immuablement la même.

Bon, après, de là à aller plus loin...Daniel n'était pas non plus idiot, et ça ne valait pas le coup d'aller plus loin. Il ne fallait pas confondre respect de la loi et connerie bornée, et il considérait que dans le fond, la justice c'était être équitable, donc bah, presque comme toujours, il faisait du cas par cas.

Un instant, il lui sembla que l'autre se foutait de sa gueule. Il y avait quelque chose de sarcastique, presque ironique, dans la manière que Graham Ferwright avait de s'excuser... non. Daniel regarda un instant son interlocuteur en se disant qu'en fait, il ne se foutait pas de lui, il était sincère, mais qu'il n'en avait rien à foutre. Il se contenta d'un sourire et tira pour lui même une chaise :

« Et ma fin de soirée paisible après le concert. Mais tout le monde se fout des états d'âme du guitariste que je suis, donc laissez tomber. »

C'était dit avec humour, et Daniel n'en voulait pas à Ferwright. Ca faisait un peu d'action, et sans cet incident il n'aurait sans doute pas trouvé quelqu'un avec qui parler ce soir là. Même si ce n'était que dix minutes, ça retarderait le moment où il rentrerait chez lui, dans cet appartement vide et noir, légérement déprimant, auquel l'exécuteur ne prêtait plus attention par la force de l'habitude.

Cade n'était pas sadique, et faire du mal aux gens ne l'enchantait pas plus que ça. Cela dit, aurait-il plaqué Graham Ferwright contre ce mur s'il avait su ? Peut-être bien que oui. Daniel n'en savait rien strictement rien. Le cas ne se produisait pas, pourquoi y réfléchir de toute façon ? Ca ne servait pas de le savoir. Il oublia cette question. Mais la réponse aurait sûrement été oui. Ce n'était pas parce qu'on sortait de Sainte Mangouste et qu'on était blessé qu'on pouvait faire n'importe quoi, et troublé l'ordre public. Non mais. Hooligan, va.

Daniel Cade pouvait vraiment être sévère et très critique pour des faits minables, et le fait que Graham Ferwright se soit battu juste avant restait un délit aux yeux de l'exécuteur, mais pas un délit trop grave. Alors il restait partagé. Il n'avait blessé personne après tout...alors que faire ? Continuer sur un ton positif comme il l'avait fait ou soudainement faire preuve d'un excès d'autorité ? Finalement, la première option l'emporta et Daniel commanda deux whiskys au barman, que celui si s'empressa de leur apporter. Il grimaça :

« La force de l'habitude, vous comprenez...pas pu m'empêcher d'intervenir. » Souriant à la question de l'autre, il lui tendit la main : « Daniel Cade. » Une autre question lui venait comme ça, pour vérifier une chose :« Vous êtes américain, pas vrai ? Je crois que je l'ai vu en lisant votre certificat du sang. »


Il demandait comme ça lui venait. Après, que l'autre réponde ou pas, c'était à voir...
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MessageSujet: Re: We can work it out and get it straight || Graham Mer 3 Juil - 21:50

C'était un homme juste. Si il avait été quelqu'un d'un peu plus stable, Graham aurait été d'un avis plus stricte par rapport à lui même. Ex-policier, il aurait sans retenu appliqué la procédure dans ce genre de situation que venait de régler Daniel Cade. C'était particulier, parce qu'en effet, même si l'américain gardait le côté honnête jusqu'au bout des ongles, sa notion de justice et de règles avaient hélas pris plusieurs coups lors des différents problèmes qu'avaient subit le jeune homme. En effet, à force de se prendre toutes sortes d'injustices – totalement justifiées – on en venait à regarder d'un autre œil, essayer de faire des écarts. Mais l'honnêteté avait toujours un prix, et en plus de ce cruel dilemme, il restait le problème du doute qui était chez Graham extrêmement poussé. Il haïssait cette facette de lui et enviait l'autre de ne pas se prendre plus la tête avec une décision. Si l'un fonçait dans le tas, celui qui avait la conscience le plus souvent était lent pour choisir et ne cessait de se remettre en cause. C'était très gênant dans le boulot, et même pour soit, dans la vie de tous les jours. Vrai quoi ! L'ex-policier était capable de passer plus d'une demi heure devant une boite de haricot et de flageolet pour savoir lequel serait le mieux, le moins cher, le moins calorique, le plus appréciable en goût et en couleur... c'était un calvaire de tous les jours ! Et même sur ses chats, il était capable d'hésiter quand il les appelait. Pas qu'il ne se souvienne pas de leur nom, mais ils avaient tendance à beaucoup se ressembler ces deux là. Alors entre Rumplestiltskin et Mr Gold – les noms étaient purement choisit par la petite Coleen – il était difficile de se souvenir. Ou alors c'était exclusif à Graham. Mais dans tous les cas, c'était un problème. Et pour en revenir à la situation, en d'autres circonstances, selon les humeurs, il aurait trouvé normal de laisser deux hommes s'agresser en public et foutre le bordel. Mais – il y avait toujours un mais – dans l'était actuel des choses, les côtes douloureuses et le souffle court, il trouvait normal que cette mascarade ait pris fin. Et surtout ça lui sauvait peut être la vie (encore que, arrêter quelqu'un se faisait en général avec plus de douceur).

On pouvait dire sans crainte que Graham était tout sauf un type méchant. La folie qui l'habitait ne faisait pas forcément de lui une personne mauvaise, et quand l'autre s'amusait un peu, c'était au mieux sympathique mais chiant, au pire, carrément chiant et énervant. Jamais réellement dangereux. Car le jeune homme n'avait aucun attrait pour la violence si elle n'était pas justifié. Si il pouvait s'en sortir avec les mots et sans mensonges, alors c'était le mieux à faire. Pas qu'il considère ça comme une arme de faible, mais c'était un chemin qui menait aussi vers la folie, et pour sa part, il avait assez donné dans ce registre. Son cas était loin d'être désespéré, mais il n'avait pas envie de l'aggraver. Il arrivait encore à cacher ses problèmes, pas la peine de faire pire. Et puis d'un point de vue purement subjectif, il ne voyait pas l'intérêt. Il avait été policier à la brigade pendant longtemps, et ce n'était pas pour autant qu'il utilisait la magie à excès. Forme de sagesse ? Peut être. L'autre aurait dit « conneries ! » mais n'aurait rien fait. Comme quoi, tout chez Graham était bordélique.

Ça ne plaisait pas particulièrement au jeune homme d'avoir gâché une soirée à quelqu'un. Et curieusement il ne songeait pas encore que la sienne de soirée était proprement mal partie et qu'elle risquait de mal se finir, en tout cas en douleur. Ça ne se calmait hélas pas beaucoup, et si la respiration c'était ralentie, les coups douloureux dans ses os ne cessaient pas, se faisant un peu plus dérangeant à chaque secondes qui passaient. Étrange et foutu sort ! Guérisseurs minables aussi de ne pas avoir pu le soigner d'une traite comme ça ! Et puis aussi criminel à la con... en général, la vie de Graham était gâché par plein de chose, et pas seulement par ses écarts caractériels.

« C'est triste. J'aurais aimé ne pas vous déranger plus alors. »

Mais il n'avait pas vraiment eut trop le choix dans cette bagarre, alors il ne pouvait pas s'excuser plus. Et puis ce n'était pas nécessaire, il l'avait fait déjà deux fois, il n'allait pas non plus continuer à s'enfoncer. Voilà déjà que l'égo s'y remettait... Graham essaya de se redresser un peu, avachi qu'il était sur sa chaise, mais la douleur le cloua sur place et dans une grimace, abandonna l'idée de se relever plus. Sa main parcouru distraitement son torse, mais ce n'était pas comme si il pouvait sentir quelque chose. Un bon verre permettrait peut être de passer à autre chose le temps de... le temps de quoi d'ailleurs ? Pourquoi était-il venu ici ? Il n'en savait plus rien en fait, et ce n'était sans doute pas important. Mais si ça n'était pas important, bouger n'aurait pas été utile, et cette blessure n'aurait pas eut raison d'être... stupide raisonnement, comme toujours. Quoique pas si illogique.

Le ton d'humour qu'utilisa Daniel Cade ne marqua absolument pas l'ex policier. Ou du moins sur le moment il ne le nota pas et c'est seulement quelques secondes après qu'il s'en souvint, lâchant alors un sourire un peu contrit à l'exécuteur. Il ne devait pas comprendre pourquoi, seule Graham savait pourquoi il avait cette réaction, et c'était déjà assez pour deux.
Daniel Cade avait quelque chose de particulier selon l'américain. Il avait l'air... complètement plat. Pas dans le sens où il n'était pas intéressant. Mais il semblait prendre les choses avec un détachement étrangement plat. Comme si tout cela le concernait sans le concerner vraiment. Ça n'avait aucun sens pour Graham, mais en fait, rien n'avait de sens pour lui que ce qu'il avait déjà revu en tête. Certaine choses, il les partageait en commun avec le reste du monde, et d'autres, il ne pouvait s'empêcher de les revoir, tout en le gardant pour lui. Mais en général, ce n'était que des théories un peu délirantes qu'il voyait aussi de la sorte mais ne pouvait contredire. Coleen trouvait ça amusant, bien qu'un peu bizarre, mais c'était encore une gamine, et elle ne devait pas avoir bien compris que son oncle avait un sérieux problème. Elle n'avait pas besoin de le savoir encore.

En vouloir à Cade ? Non, et ça il l'avait déjà pensé et repensé. En fait... ça aurait pu être n'importe qui d'autre que Graham ne voyait pas l'intérêt de lui en vouloir. C'était purement un accident, personne ne pouvait savoir, ce n'était pas comme si sa blessure se voyait sur son visage.

« Je comprend. J'ai été policier. »


Ou du moins l'avait comprit. À l'époque quand il exerçait encore et qu'il n'était pas fou. C'était loin tout ça maintenant en réalité. Des années étaient passées, et en fait, il prenait conscience assez souvent qu'il vivait plutôt bien avec ses soucis. Les débuts avaient été dur, certes, mais il s'accommodait plutôt bien. Et sa vie n'était pas si merdique, il fallait le dire. Il attrapa la main de Daniel Cade et la serra. Il n'avança pas son nom, comme de toute façon l'autre le savait déjà, et patienta un peu que les boissons arrivent, ce qui ne tarda pas. Verre sur la table, Graham l'observa un peu avant, admirant une goute de condensation qui coulait le long de la paroi, curieux de savoir combien de temps elle mettrait pour tomber jusqu'en bas et s'écraser sur le bois brun de la table. Le jeune homme aurait pu rester des heures comme ça, mais la voix de Cade le fit revenir à la raison, et il prit le verre, trempant légèrement ses lèvres avant de boire une bonne gorgée, respirant un peu l'air pollué du bar. La question surpris un peu l'ex policier. À vrai dire, il avait l'habitude qu'on le devine américain immédiatement. Il lui suffisait de dire un mot pour que tout de suite son accent fasse le reste. Donc oui, ça le surprenait un peu, mais il haussa les épaules, souriant.

« Ouais. Mais j'ai quitté le pays y a deux ans pour... affaire personnelle dirons nous. Ce n'était en soit pas réellement un secret, mais pas sur que ça intéresse l'exécuteur. Il avait l'air sympa, mais... Du jour au lendemain je me suis retrouvé tuteur de ma nièce. Ça bloque un peu les départs. Bah en fait... les mots étaient sortis... Graham, toujours à se laisser un peu aller avec lui même. Mais bon, il ne pouvait pas dire qu'il regrettait sa décision. Il embraya sur autre chose. Ça vous arrive souvent de jouer ? »

La question comme ça pouvait paraître étrange. Et sans indication, elle pouvait paraître complètement illogique. Mais c'était comme ça avec lui, il était déjà revenu à quelques informations énoncées plus tôt, notamment le fait qu'il soit guitariste. Curieusement, le jeune homme ne l'aurait pas deviné en regardant Daniel Cade, mais pourquoi pas.
Son regard dévia de nouveau sur son verre...
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MessageSujet: Re: We can work it out and get it straight || Graham Lun 8 Juil - 18:50

La vie de Daniel Cade n'était pas exactement des plus passionnantes et celui qui la vivait tous les jours le savait parfaitement. Dans un sens on pouvait dire qu'il s'ennuyait, mais Daniel Cade ne s'en rendait pas vraiment compte. En fait, il s'installait paisiblement dans son train train quotidien, mais aucun jour ne ressemblait exactement au précédent. Il faisait tous les jours exactement les mêmes choses, les mêmes mouvements, le même parcours. Tout le monde disait qu'au fond, il faisait partie des milliers de gens qui n'avaient pas une vie intéressante, et Daniel ne pouvait qu'approuver, il était un homme ordinaire, presque banal. Mais rien ne se passait jamais de la même manière. Chaque jour changeait, le décor se modifiait, des détails ne restaient pas les mêmes, et les surprises arrivaient. Les gens ne voyaient pas ces choses là, Daniel lui, si. On pouvait dire que c'était à cause de la solitude. Comme parler avec les gens lui semblait impossible, car il n'avait rien ou presque en commun avec eux, il admirait sa vie tranquille en notant les petites choses qui changeaient de l'habitude. La routine, ça n'existait pas pour lui, car rien ne se reproduisait à l'identique. Chaque moment était unique et laissait une grande place au hasard. On pouvait dire que Daniel Cade était un type passif, très peu concerné par la vie autour de lui, mais cette attitude lui convenait tout à fait . Il laissait faire le hasard, la chance, la vie, ce qu'on voulait, il se contentait d'apprécier l'instant présent. Ainsi, il pouvait s'intéresser à ce qui en valait vraiment la peine. Ce qui restait la même chose il le faisait mais il s'en foutait, ce qui différait réveillait son intérêt profond. Même si il pouvait râler parce que justement ça dérangeait sa routine quotidienne.  

Voilà en gros pourquoi Graham Ferwright l'avait intéressé. Certes, se battre c'était mal, certes, Daniel était intervenu surtout parce qu'il foutait le bordel et que c'était contraire à la loi. Plus qu'un réflexe policier ou une habitude, le fait de respecter la loi s'ancrait dans les gênes de Cade avec une profondeur alarmante. Mais discuter avec Graham Ferwright, continuer cette discussion autrement que par une bagarre, ça, c'était quelque chose qui changeait par rapport à d'habitude et ça, ça plaisait à Daniel Cade. Quoi, après tout, on n'en voyait pas tous les jours des américains ? Maintenant que Ferwright le disait, il reconnaissait l'accent. Daniel ne connaissait pas beaucoup de choses du monde mis à part la  Grande-Bretagne, il n'avait jamais eu l'occasion, et pour être tout à fait franc, n'en avait jamais eu les moyens. Réellement, parler d'un pays étranger à Daniel Cade le faisait retomber dans un état d’émerveillement quasi enfantin. Et puis ça l'occupait. Réussir à faire en sorte qu'il parle à quelqu'un en alignant plus de deux mots tenait de l'exploit pour Daniel Cade, ça voulait qu'il trouvait quelque chose à raconter, et ça c'était rare.

Et aussi que la personne sortait de l'ordinaire, de la foule de gens que les yeux observateurs de Danny voyaient. Ferwright était un type différent des autres...peu de gens semblaient sincères lorsqu'ils s'excusaient, lui paraissait réellement désolé. Il semblait un peu perdu dans son monde, mais Daniel ne lui en voulait pas, le sien n'était pas très compréhensible non plus. Puis si on réfléchissait bien il était contradictoire : il ne mentait pas en disant que Graham lui avait gaché sa soirée, mais il ne lui en voulait pas et était content de parler avec lui. Alors que dire maintenant ? Il lui adressa un sourire :

« Vous en faites pas, y a rien qui m'attend nul part, je rale plus pour le plaisir de râler qu'autre chose. »

Dans un sens, Daniel avait une vie très morne. Ca pouvait paraître triste, comme disait l'américain, mais il ne le remarquait pas, ça ne lui paraissait que très normal, et si on lui disait que sa vie était vide, Danny se contenait de répondre, étonné : « Ah bon, celle des autres gens n'est pas comme ça ? » Il ne voyait pas du tout en quoi il pouvait différer du commun des mortels, de fait il n'en différait pas vraiment. Il était très observateur pour les autres, beaucoup moins pour lui même. Il sourit :

« Je sais, je crois que je vous ai vu au Ministère. »


Oui, ça pouvait être flippant. Daniel n'oubliait pas grand chose, et il pouvait se souvenir de gens rencontrés dix ans auparavant sans difficulté. Il écoutait, il voyait, il comprenait. On le trouvait gentil quand on parlait avec lui – mais un peu bizarre.

« Ah, oui, la famille, toujours un moteur... »

Pas trop pour lui. Son frère et sa sœur se débrouillaient très bien sans lui, et lui sans eux. Ca chagrinait Danny, mais dans le fond, il savait que ce n'était pas possible. Eux étaient des sang purs, lui non, à partir de là, il se tapait ce foutu mépris, et n'y pouvait rien. Mieux valait parler d'autre chose, même s'il n'y paraissait pas, la pensée de son frère échauffait très vite Danny, et étrangler Scott Walls de ses propres mains ne lui aurait pas déplu.

Bref. Il avait des relations tendues avec son frère et sa sœur.

Mieux valait parler d'autre chose. Daniel remercia intérieurement Ferwright de changer de sujet avant qu'il ne se mette à parler de sa propre famille :

«Assez oui, même si j'ai de moins en moins le temps, je dois le dire. Pas mal de boulot en ce moment. »
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MessageSujet: Re: We can work it out and get it straight || Graham Mer 17 Juil - 3:28

Au delà de l'ennuie profond, il y avait l'envie de tout envoyer balader. Par chance, Graham n'en était encore qu'au stade de la découverte et de l'appréhension. Il tentait tant bien que mal de ne pas se faire une idée trop rapide de l'homme qu'il avait en face de lui, mais ce n'était guère simple. L'esprit voltigeait dans tous les sens, imaginant, racontant, fadaises, mensonges, peut être vérité, mais rien de tout cela n'avait pour le jeune homme un vrai sens puisqu'il faisait tout pour ne pas les écouter. Il voulait découvrir, au moins le temps d'un soir, un homme qui ne lui semblait pas désagréable au niveau du caractère. Ce Daniel Cade, même si il lui avait brisé un semblant d'os sans le vouloir – et l'ignorant – n'était pas mauvais homme, et ça, Graham en était persuadé. Il y avait des choses sur lesquelles il doutait, mais parfois, un semblant de lucidité non expliqué venait toquer à la porte de son esprit, insinuant quelque chose avec tant de force qu'il en devenait convaincu. Les joies de ses problèmes psychologiques. Et encore, c'était loin d'être la pire chose qui pouvait lui arriver. Le grave dédoublement de personnalité qu'il avait pouvait s'annoncer d'un moment à l'autre dans les jours les plus sombres ou les plus fatiguant. Ça restait chose rare – et tant mieux – car il n'y avait rien de pire que de perdre le contrôle de soi totalement. Se voir dire autre chose que ce que l'on pensait, se voir exécuter des choses improbable au naturel, c'était la pire des punitions bien souvent peu mérité. C'est vrai, qu'avait fait en vrai le jeune homme pour mériter une expiation pareil. Il avait juste fait preuve d'égoïsme en allant seul contre ce fou dangereux. Mais la douleur n'avait-elle pas été un châtiment suffisant, avait-il été nécessaire de rajouter cette folie ? Le bon Dieu semblait en avoir décidé ainsi hélas, et en changer aujourd'hui était proprement impossible. D'une certaine manière, Graham était marqué à jamais par ses propres erreurs, et ça, sans jamais pouvoir l'oublier.

Alors oui, cette idée sur Daniel Cade lui semblait bien, et il ne pouvait rien contre. La simple pensée d'aller à son encore devenait un crime, et c'était peu dire. En beaucoup de chose l'ex policier se montrait extrême. Vestige d'un naturel passé ou nouveauté de la reconstruction, il ne saurait le dire. Se souvenir d'avant lui était possible, mais il gardait dessus un regard tellement neutre que cela aurait pu être le passé d'un autre. Même la mort de son frère, qu'il avait apprit bien tard et qu'il n'avait que peu connu l'avait moins touché qu'il ne l'aurait cru. Il se souvenait avoir sincèrement aimé son frère, l'avoir adoré et détesté sa famille pour la séparation qui avait eu lieu. Mais quand il y repensait maintenant, à l'instant même dans ce bar, il n'y avait rien. Et paradoxalement, il aimait beaucoup sa nièce, Coleen. Il ne la prenait pas pour sa fille, mais elle était très importante. Avec elle, il avait forgé des liens depuis, et même si souvent encore cela restait houleux – souvenir du père et de l'oncle se mêlant – il n'en était pas moins qu'elle était de sa famille, sa protégé, celle qu'il élevait désormais. L'Amérique lui manquait beaucoup cependant, et souvent il avait voulu repartir... mais c'était plus difficile que prévu, et même, il ne voulait pas que la petite connaisse le même problème que son père en son temps avait connu, à savoir changer de vie du tout au tout pour le caprice d'un autre. Fou mais encore responsable, Graham n'infligerait pas ça.

Rien n'attendait Daniel Cade. C'était triste. Cela dit, l'ex policier pouvait en dire autant. Il n'avait pas grand monde chez lui sinon deux chats. L'année scolaire était encore en court et Coleen n'était donc que peu à la maison. Ça ne dérangeait pas vraiment Graham, et ça ne semblait pas non plus poser de problème à Cade. Le commissaire ne songea pas à répliquer là dessus. Il ne se sentait pas encore assez proche de l'exécuteur pour lui demander des choses plus personnelles. Cela dit, cette pensée resta dans un coin de sa tête, il ne comptait pas l'oublier. De même, il se contenta de sourire lorsque Daniel lui avoua le connaître et l'avoir déjà croisé au Ministère. Cela avait-il quelque chose de surprenant ? Non, pas du tout. Il sirota l'air de rien la boisson, il n'attendait pas spécialement de réponse, il aurait même cru ne pas en avoir vu l'étrangeté de sa réplique, mais pourtant, il répondait. Par simple politesse ou réelle envie de le faire, ça restait un mystère. Un moteur ? Y sentait-il une certaine ironie là dedans ? Peut être bien, ce n'était pas au jeune homme d'en juger, mais ça ne l'empêchait pas déjà de se demander ce que ce ton pouvait bien signifier. De toute évidence, il avait des inimités régnantes dans sa famille. Mais là encore, ce n'était pas à Graham de s'en mêler. Il se contenta juste de dire sur le ton de l'humour.

« Que ne ferait-on pas pour elle. »

Il y avait une part de vrai là dedans. En tout cas, pour l'ex policier, c'était la vérité. Il n'était certes pas près à tout, mais il avait quand même bien abandonné sa vie pour une nièce inconnue qu'il découvrait du jour au lendemain. La famille...
Il sentit de la reconnaissance dans le regard de Cade. Pour avoir changé le sujet sans doute. Pour Graham, c'était juste... naturel. Et il se contenta de lui retourner un sourire sincère, curieux d'entendre la réponse. Il aimait la musique. C'était un bon moyen pour oublier et se libérer les sens et l'esprit. Du moins, c'était comme ça que le ressentait Ferwright. Mais il n'était guère une bonne source de normalité. Il émit une grimace légère quand il parla de boulot trop présent pour les loisirs. C'était malheureux, mais bien souvent trop réel. Graham avait cependant besoin de travail, la solitude de sa maison le rendait plus fou encore, et s'occuper permettait de moins perdre les pédales. Mais Dieu que le terrain lui manquait. En soi, c'était ce qu'il enviait à Daniel, sa chance d'être encore en droit d'aller sur les affaires de terrain. Si il avait pu, l'ex policier aurait aimé être exécuteur. Peut être avait-il encore ses chances, mais son actuel statut de blessé grave n'aiderait pas. Mais une chose était certaine, même si il aimait la commission du sang – le travail y était des plus intéressant – la Justice Magique lui manquait.

« Je vois. Je vous envie Daniel. Il lâcha un sourire tout simplement naturel, avant de reprendre sa boisson, la finissant presque, laissant un fond dans le verre. Il l'avait appelé par son prénom comme si tout cela avait été normal. Il ne voyait pas l'homme s'énerver pour ça, ni même s'offusquer. Vous êtes quelqu'un de bien. Puis se rendant compte que ceci paraissait bizarre, alors que Cade n'avait rien fait pour démontrer ce fait, Graham se justifia, un peu gêné pour le coup. Ne le prenez pas mal, ça m'arrive beaucoup de... dériver quand je parle. »

Il accompagna ces mots par la perte de son sourire. Hélas, ce n'était pas bon de repenser à ça, de ce caractère si envolé qui ne parvenait jamais à être complètement stable. Il releva d'un coup les yeux vers Daniel, encore une fois, il avait changé de ton et de sujet aussi rapidement que les vents soufflants dans les tempêtes.

« Hum Daniel, pourriez vous me rendre mon paquet de chewing gum qui est dans votre poche s'il vous plais ? »

Cela ne choquait ni ne dérangeait Graham d'avoir affaire à un cleptomane. Car c'était bien le cas ici en l'occurrence. Mais l'ex policier ne le jugeait pas, il savait trop ce que c'était que d'avoir ce genre de petit souci dans les actions inconsciente. Il reprit le paquet que lui tendait Cade.

« Merci. Alors comme ça, personne ne vous attend ? Vous êtes célibataire ? »

Il prit un chewing gum. L'autre s'amusait-il à influencer l'américain ? C'était bien possible, celui ci était devenu tout d'un coup plus confiant, moins de doute. Parfois c'était peut être utile, même si déjà il regrettait d'être entré les pieds dans le plats.

HRP : Désolé, je pars un peu en live, mais j'avais envie de relancer un peu ça
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MessageSujet: Re: We can work it out and get it straight || Graham Mer 17 Juil - 13:11

Daniel Cade n'était pas mauvais observateur sur les autres. Sur lui même...c'était une autre histoire. En fait, il ne se préoccupait pas de lui. Il était le genre d'homme à ne pas manger et à se laisser déperir lorsqu'il travaillait sur une affaire pour le bureau, sans même s'apercevoir qu'il avait faim – ce genre de réalité pragmatique lui échappait complètement parfois. Pas qu'il ait une vie intellectuelle très prononcée non plus, Danny n'avait pas réellement fait d'études non plus, et il était loin de comprendre des sujets de discussion très évolués comme la politique du régime. Il se contentait de faire confiance aux dirigeants là haut. S'ils étaient arrivés là, cela ne devait pas être du au hasard. Cade admirait fermement ces gens, qui oeuvraient pour la grandeur de la sorcellerie. Car il restait un puriste convaincu, le bougre. Et il croyait sincèrement que ceux qui exerçaient le pouvoir le faisaient pour le bien de la communauté, sans penser à leur intérêt personnel. L'exécuteur faisait une bonne cible pour les discours de propagande, parce que lui n'admettait pas qu'on y dise pas la vérité. Lui ne faisait pas de concessions. Cade disait la vérité, mentir, il ne savait pas faire. Alors il pensait que les dirigeants faisaient comme lui. Au moins eux. Son père avait élevé Daniel dans le purisme le plus total, le lui assénant la leçon comme une vérité générale, la seule et unique vérité valable dans ce monde ci. Daniel supposait que les dirigeants avaient la même vision du monde que lui, en conséquence, il leur faisait confiance, même si parfois il se mettait un peu à les craindre. A commencer par son propre chef. Mais Lincoln Crow, c'était différent, juste qu'il était naturellement flippant.

La plupart des gens, en revanche, des gens lambda, n'étaient pas tout à fait honnêtes. Cade se croyait un peu investi d'une mission comme il travaillait au Ministère – dans un sens il était légérement illuminé, mais pas méchant. Il croyait réellement bien faire. Et il n'approuvait guère la violence. Mais parfois elle restait nécessaire. Ce n'était pas pour autant que Cade aimait ça, il considérait comme des barbares dégénérés les gens qui tuaient pour tuer, juste bon à enfermer. Heureusement, Danny ignorait tout des penchants sanglants de certains hauts-gradés. Et il valait mieux qu'il continue à l'ignorer, il n'aurait pas supporter ça. Tout comme il ne supportait pas l'arrivisme. Il en voyait plein des gens qui bossaient pour leur propre gueule, pour monter, pour se faire du fric et qui voyaient leur boulot comme purement alimentaire. Cade ne supportait pas ça. Peut-être pouvait-on le trouver agaçant ou réactionnaire, vieux jeu voir même con ou têtu, mais peu peu importait. Dans la vie, pour lui, si on ne possédait pas la moindre once de conviction on allait nulle part.

Exemple type, Scott Walls. D'habitude, Daniel Cade ne détestait personne, il était simplement profondément indifférent aux gens. Mais là, c'était différent, il ne pouvait vraiment pas encadrer son frère. Un petit con qu'il était. Un sale connard prétentieux qui croyait toujours faire mieux que tout le monde. Qui pensait à se faire du fric, à sa gueule, et à faire des fêtes. Greg Walls avait élevé Daniel pour qu'il serve le purisme, on aurait dit qu'il avait oublié ce concept avec Scott – pourtant, qu'est-ce qu'il glorifiait son second fils...Oh, Danny n'était pourtant pas aigri, il comprenait parfaitement qu'on puisse aimer sa famille, mais il préfera ne pas répondre à Ferwright. Même sur le ton de l'humour, il ne valait mieux pas qu'il se lance, ça risquait fort de partir en live.

Quelqu'un de bien lui ? Allons donc. Ferwright naviguait vraiment rapidement dans les sujets de conversations...quelqu'un de sympathique, oui, un petit peu...lunatique n'était pas le bon mot selon Daniel. Indécis convenait plus, mouvant encore mieux. Mais pour en revenir à ce que disait le commissaire du sang, il n'en savait fichtre rien. Daniel ne se voyait pas comme quelqu'un de bien, juste...en fait il ne se posait pas exactement de questions sur lui même alors ça compliquait un peu la tâche pour répondre à Graham. Il lui adressa un sourire un peu contrit :

« Vous en faites pas pour ça, j'arrive à suivre. Mais je crois pas, non...je suis...je sais pas, quelqu'un de normal ? »

Il hésitait un peu, parce qu'il ne savait pas très bien qualifier ça. Si une chose dans la vie n'intéressait guère Daniel Cade c'était bien lui même. Pas de le sens où il ne s'aimait pas, mais où il ne voyait pas ce qu'il avait de différent du reste du monde. Ce n'était pas un manque d'ego de dire ça. C'était juste comme ça.

Le seul truc qu'il pouvait avoir de différent des autres, c'était éventuellement sa cleptomanie. Ca luo jouait souvent des tours et Daniel détestait ça, il se se sentait honteux à chaque fois que quelqu'un découvrait ça. Là en particulier, il ne savait pas pourquoi. Ca le gênait toujours, ce n'était pas quelque chose d'agréable de piquer des trucs et des machins, même sans importance. Il porta la main à sa poche, et effectivement y trouva le paquet de chewing gum, qu'il tendit à l'americain, s'excusant d'un air désolé :

« Mes excuses. Pour tout vous dire, je sais même pas quand est-ce que je vous l'ai fauché...je vais essayer de pas recommencer une nouvelle fois. »

Oui parce que bon, entre le portefeuille et ça, maintenant, ce n'était pas très glorieux. Et voilà qu'il continuait sur un sujet, que bon, Daniel, préférait éviter. Cade n'était vraiment pas doué pour le relationnel. La plupart de ses copines le quittaient rapidement. Un gentil garrçon, certes, beau gosse certes...mais si bizarre. La plupart ne supportait pas. Il pouvait passer des jours sans parler, alors elles finissaient invariablement par se tirer. Peut-être que...il jeta un coup d'oeil en coin à Ferwright. Beau garçon cela dit, ça marcherait peut-être mieux qu'avec...Danny s'asséna une gifle mentale. Pas question de sombrer dans ce délire là. D'autant que là, il repensait plutôt à la secrétaire du patron, jolie brune dont il aurait aimé se rapprocher. Parfois il n'en pouvait plus de la regarder, et elle n'en savait rien, bien sur. A vrai dire, Cade n'était même pas sur qu'elle savait qui il était, comme la plupart des gens au bureau des exécuteurs, d'ailleurs...lui n'avait jamais eu seulement le courage de lui demander son prénom, elle restait donc miss Roberts, et puis point. Il se renfrogna un instant :

« Ouais, on peut dire ça. J'ai jamais été du genre sociable, en même temps, d'après mon père. »
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MessageSujet: Re: We can work it out and get it straight || Graham Sam 27 Juil - 4:56

Doucement, la situation semblait se décoincer. Pas que les choses parurent stagner, mais pendant quelques instants, Graham avait songé à laisser Daniel Cade pour la stérilité de leur discussion qui s'amoncelait vers des banalités affligeantes qu'il ne plaisait que peu à l'ancien policier d'entendre. Il n'aurait pas envoyé balader le jeune homme, mais sa concentration aurait vite été perdu, et la suite se serait révélé simple : au revoir, à jamais, ou seulement au Ministère. Cela dit, il ne fallait pas être très intelligent pour remarquer que l'exécuteur n'était pas le genre d'homme à se faire remarquer. Il y avait certain détails chez lui qui le marquaient comme homme discret. Ce n'était pas vraiment un défaut, c'était une partie de lui même, même si Graham avait tendance à préférer les hommes qui s'imposaient. Lui même était ce genre de personne, du moins dans le quart de l'ombre. Il ne pouvait prétendre égaler les Grands du Ministère et ne l'aurait jamais fait tout simplement parce que ce n'était pas possible, il le savait, connaissait sa place et déplorait parfois de ne pas pouvoir en bouger. La particularité de ce régime hélas, qui tendait à dire le contraire alors que la vérité transparaissait de partout, sans que personne n'en dise rien. Le commissaire du sang ne critiquait pas cette façon de faire sur le principe, ce qu'il n'aimait tout simplement pas, c'était cette tendance à mentir partout. Mais c'était dans la nature de l'américain, plus encore marqué que chez certain, cette honnêteté semblable à la naïveté qui n'en était pas vraiment. Et toujours le pire dans tout ça, c'est qu'il avait beaucoup de mal à aller contre ses propres principes. Le paradoxe qu'était Graham se représentait entier dans tous les pores de son être. Pour en revenir à Daniel Cade, malgré cette apparente discrétion, ça n'empêchait pas le bonhomme d'être un agréable interlocuteur. Celui la même ne devait pas s'en rendre compte, il n'y avait que l'ex policier pour le dire, puisqu'il voyait en l'exécuteur quelque chose de particulier qu'il enviait beaucoup, le fait d'être normal, d'être en paix avec soit même et ne pas s'attarder sur les choses compliqué de la vie. Il était assez facile de lire entre les lignes, en tout cas chez cet homme. Graham ne pouvait pas le faire avec tous, et contrairement aux idées que cela pouvait laisser transparaitre, il n'était pas particulièrement doué pour lire au travers des autres. Comme qui dirait, il y a des exceptions. Et encore, pour le cas Cade, ce n'était pas tant qu'il pouvait lire en lui que la sensation de savoir qu'il était vraiment homme discret. En somme, une simple impression, rien de vraiment concret. Ce qui prouvait toujours Ô combien Graham était une machine instable, plus en lui même que extérieurement parlant. D'où ce fait qu'il enviait réellement Daniel. Mais ça, Cade ne pouvait pas le comprendre, et l'ex policier n'avait pas dit ça pour le mettre dans une quelconque confidence. Néanmoins, l'américain ne put s'empêcher :

« C'est pour cette normalité que je vous envie Daniel. »

Il se contenta d'un sourire énigmatique, avant de reprendre intérêt pour son verre. Se souciait-il réellement de cette image qu'il pouvait donner de lui vu de l'extérieur. Oui, mais curieusement, avec Cade, ça n'avait pas la même impacte, c'était comme si, sans le vouloir lui même, l'exécuteur comprenait son interlocuteur et ne prenait pas la peine de poser des questions qui pouvaient paraître étranges ou déplacées. Ce dont ne se privait pourtant pas Ferwright. Qu'était-ce, la normalité ? Un homme qui l'était enviait celui qui avait la touche de folie en lui. Et pour l'inverse, Graham pensait au contraire que cette normalité était quelque chose à chérir réellement, et que la perdre, c'était perdre totalement une partie de soi. Il ne s'estimait pas incomplet, il l'était réellement, et cette part lui manquait cruellement. Ce n'était pas quelque chose qu'on pouvait expliquer à une personne normale, elle ne pouvait saisir la subtilité de la chose. Il y avait, en tout cas selon l'ex policier, dans cette folie, quelque chose de destructeur qui rongeait petit à petit cette part en vous, et qui la rendait, avec le temps, absente. Parfois, c'était long, et d'autres fois, la destruction est si rapide, que ce manque passe presque inaperçu, avant de se rendre indispensable. La folie, légère comme c'était le cas de Graham, n'avait rien à envier.

Néanmoins, c'était Daniel Cade lui seul qui se prétendait normal. Peut être avait-il raison. Ou peut être tort. Après tout, normal ne voulait pas dire qu'on ne pouvait pas sortir du lot, avoir son petit point fort. Ce qui était dans la cleptomanie un point fort pour Graham était clairement une défaut pour l'exécuteur. L'ex policier pouvait le comprendre, dans son travail, ce ne devait pas être facile, encore moins toléré. Il avança un sourire pour l'excuser;

« Ne vous en faite pas. Ce n'est pas grave. C'est qu'un paquet de chewing gum après tout. Vous en voulez un ? »


Il n'avait pas fait allusion au porte monnaie de tout à l'heure, et ce n'était pas la peine d'enfoncer plus encore le jeune homme dans ses soucis alors que ceux ci représentaient un fardeau. L'exploiter aurait été plus amusant. Mais Graham n'était pas homme à donner la morale, surtout quand lui même devait se débrouiller avec son être intérieur pour ne pas craquer complètement. Il le sentait toujours présent et observateur. Jamais réellement méchant, mais moqueur. Et dieu sais combien l'américain savait que la moquerie était peu apprécié, surtout quand elle n'était pas justifié. C'était véritablement une source à problème. Mais il était là, d'ailleurs bien plus présent depuis quelques minutes maintenant que les trois derniers jours où il ne c'était absolument pas manifester. C'était bien son jour de chance.

Cade n'était peut être pas très à l'aise avec la question posé. L'air renfrogné qu'il aborda confirma la pensée, et Graham ne put s'empêcher de regretter de l'avoir demandé. Mais curieusement, il avait envie de savoir. Il n'y avait pas de raison particulière à cela, c'était juste comme ça, par pur intérêt pour la personne. Mais si celui ci ne voulait pas répondre, il n'avait aucune obligation de le faire. C'était un peu ça que ne comprenait pas l'américain. Pourquoi se forcer à répondre, se faire possiblement du mal, quand il n'y avait aucune obligation derrière, aucune récompense, rien de calculé ? Car Daniel ne devait rien à Graham, sinon un verre qu'il lui avait d'ores et déjà payé, et peut être une allée à Sainte Mangouste si la douleur persistait, ce qui était indéniablement en train de se passer. Curieux phénomène d'ailleurs que celui ci, des pics de douleur qui venaient et repartaient comme si de rien n'était, annonçant leur venue avec force, et sans réellement prévenir d'un départ, juste une absence momentanée de quelques minutes. Même si l'ex policier avait l'impression de pouvoir s'y habituer, il était à chaque fois surpris douloureusement de l'effet que ça lui faisait. Ce n'était même plus une gène à ce niveau là. Bon sang, il priait sincèrement pour que ses côtes ne se soient pas de nouveau transformé en miette.

D'après son père ? Qu'est-ce que cela pouvait vraiment signifier ? Celui ci avait-il une importance, le préciser était-il vraiment nécessaire ? Cela prouvait en tout cas que pour Cade, son père avait eu une grande influence. Cela laissait bien silencieux le commissaire qui ne pouvait pas prétendre vraiment comprendre. Il n'avait pas grandit réellement avec son père, ni même avec beaucoup de famille en réalité. Et pour ce qui lui en restait... mais c'était le fait que Daniel l'évoque. Il aurait très bien pu rester sur la précision qu'il n'était pas du genre sociable, cela suffisait à Graham pour comprendre. Mais pourquoi parler de son père ? Par ailleurs, ce n'était pas l'exécuteur qui prétendait ne pas être sociable, c'était selon les dire de son géniteur. Curieux...

« Votre père... Et que pensez vous vraiment de vous ? Je veux dire, ne croyez vous pas que vous êtes devenu ce genre de type associable parce que votre père disait ça de vous ? »

Pourquoi fais tu la morale à cet homme ? Je ne... si... pourtant, il n'était encore ici, pas le mieux placé. Cela dit, Graham avait actuellement une petite amie, une femme du nom de Emma, fort charmante qu'il avait rencontré trois semaine plus tôt. Elle était partie en voyage pour son travail ces derniers jours, ce qui expliquait que personne n'attendait vraiment l'ex policier. Mais pour sa part, il ne pouvait prétendre être célibataire, pour l'instant. Car l'autre avait la douce manie d'être fortement machiste, ce qui ne plaisait guère à la gente féminine, ce que Graham comprenait pleinement. Au moins, on ne pouvait pas dire que sur ce coup, l'américain avait manqué de sincérité. Peut être un peu de tact, mais pour cela, il fallait remercier l'autre, qui en général ne prenait pas de gant et aimait rentrer les pieds dans le plat.
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We can work it out and get it straight || Graham

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