POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
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Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James]

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Lincoln Crow


MessageSujet: Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James] Ven 21 Juin - 23:23

L'histoire était aujourd'hui à la manipulation politique. Il était clair et net que rien n'avait plus d'importance, en tant de guerre, de manipuler les foules mais aussi de trouver des alliances politiques intéressantes et efficaces. Au fond, des alliances, le gouvernement du Royaume-Uni en avait un bon nombre. Que cela soit en Europe occidentale, orientale, ou même en Asie, ou en Océanie, rien n'échappait réellement au gouvernement le plus extrême au monde. Au-delà des préavis et des supposés induis par Valverde et sa propagande complexe et inégalée, il était évident, si tant est que l'on ait un peu de jugeote, que le gouvernement de Lord Voldemort était une dictature sanglante et inhumaine. Ça choquait les gens, apparemment. Pourquoi d'ailleurs ? Parce que ce n'était pas conventionnel ? Ou simplement car ils craignaient pour leur liberté ? Mais savaient-ils au moins ce qu'était la liberté ? Il y avait la définition à proprement parlé, oui, et il y avait la définition philosophique. Crow n'aimait pas spécialement la philosophie, car elle ramenait trop de principes à des faits universels, ce qui lui déplaisait fortement. Toujours est-il qu'il reconnaissait volontiers la véracité des paroles philosophiques dans le cas de la liberté. Cependant, il doutait énormément de la capacité d'un peuple à en saisir l'ambiguïté et à l'assumer comme telle. La liberté, pour le peuple, ressemblait plus à une nouvelle vague anarchiste – ce qui pouvait être vrai quand certains cas – qu'à une liberté réelle. Et au fond, en laissant le peuple se débrouiller, comme ce fut le cas sous le gouvernement Fudge au début de son règne, on se rendait rapidement compte que le peuple, lorsqu'il se perdait à cause d'un trop plein de liberté, se retournait contre ses dirigeants en exigeant un recadrage de la situation. C'était ça, le peuple. C'était de l’insatisfaction continue. Et selon Crow, mieux valait leur retirer toute liberté, même superficielle, pour qu'ils n'aient, à la fin, plus aucune raison de se révolter. Le peuple se sentait plus encadrer sous une dictature et avait moins l'envie de se révolter. Par peur, mais aussi par absence de motivation. Le gouvernement œuvrait pour le bien du pays, l'emploi était en hausse, l'économie aussi, la population ne manquait de rien. L'encadrement était tel qu'ils n'avaient à aucun moment le besoin de manifester leur mécontentement. Et la peur jouait évidemment beaucoup dans le système actuel.

Mais c'était un fait, les gens croyaient au purisme plus qu'aux prémices du gouvernement de Lord Voldemort. Après sept ans de règne ininterrompu et proprement sans bavure notoire, les gens commençaient à penser que le purisme n'était pas une mauvaise solution. Les sangs-mêlé n'étaient, pour le moment, pas inquiétés, et certains arrivaient d'ailleurs assez haut. James Eccleston était l'exemple même de ce genre de situation. Directeur de la Justice Magique pour ainsi dire. C'était pas un boulot à mi-temps, et c'était pas moitié payé. La reconnaissance était telle qu'il pouvait se pavaner dans les ruelles du Chemin-de-Traverse en sortant les lunettes de soleil et les agents en costard noir autour de lui. Eccleston était devenu une figure, au même titre que Valverde. Les deux étaient différents, mais ils inspiraient, aux gens, la même chose : la réussite. Et il était temps pour Eccleston de se dévoiler un peu. Crow détestait la médiatisation, mais il comptait bien s'en servir. Et James était le candidat idéal pour cela. D'une part car il ne s'y opposerait pas, car cela flatterait irrémédiablement son ego, mais aussi car James était une belle figure. Crow avait ce faciès qui, même si il pouvait plaire aux femmes parfois, était bien rustre et en disait long sur son passé. On savait qu'il avait tué plus d'une fois rien qu'en le fixant l'espace d'un instant.

Lincoln quitta le Bureau des Exécuteurs assez tard en vérité, il était dix-neuf heures passé. Il annula tous ses rendez-vous – et pour le coup, ça tombait bien, il n'en avait que très peu – et il se mit en quête du bureau du directeur du département dans lequel il travaillait depuis un peu plus d'un an maintenant. C'était Mulciber qui lui avait donné le poste. Un coup de poker à vrai dire, mais ça avait marché. Depuis, Crow misait légèrement plus sur l'intuition et l'opportunisme. Que ce soit en mission, ou en politique. Il y avait de remarquable, dans son ascension, le fait que Crow n'ait jamais fait de bruit. Au contraire de beaucoup d'autre, lui se taisait, ne pipait mot, et grimpait les échelons progressivement, mais sûrement. Il était devenu indispensable au gouvernement et avait une voix forte en son sein. On pouvait le critiquer sur bien des points, notamment le fait qu'il ne reconnaissait aucune hiérarchie sinon celle du Seigneur des Ténèbres, mais il restait, indéniablement, un élément majeur du Ministère de la Magie Anglais.

Il passa en face du secrétariat général du département, croisa deux sorciers reconnus du Magenmagot qu'il salua d'un signe de tête, et s'enfonça alors dans le dédale jusqu'à arriver devant la porte magistrale qui simulait la séparation entre le commun et le directeur de la Justice Magique. Crow n'attendait pas devant une porte, sinon celle du Seigneur des Ténèbres. Il n'avait pas hésité à rentrer chez Brom la dernière fois, et il n'hésiterait pas pour Mulciber. On le connaissait comme ça, et il ne plierait pas. Aussi, pour Eccleston, il était inutile de préciser qu'il entra sans crier gare. Il referma la pote soigneusement derrière lui, et fixa un instant Eccleston. Son regard était continuellement froid, mais depuis le temps qu'il collaborait avec James, il commençait à l'apprécier plus que le reste du monde. On aurait pu parler d'amitié, mais le terme, venant de Crow, aurait été fort. Non. James était apprécié de Crow, et ce dernier était donc plus proche d'un partenaire qu'autre chose. La relation « employeur-employé » du départ n'avait plus lieu d'être, et aucun des deux ne se considérait ainsi désormais. Tant mieux, d'ailleurs, car les choses réelles allaient débuter. Eccleston avait fait fort en allant tuer les Jugson dans leur demande sous les ordres de Lincoln, et maintenant que l'action avait été un franc succès, le directeur des Exécuteurs savait pertinemment qu'il pouvait mener son « ami » bien plus loin.

Il dégagea sur la droit, et s'offrit un verre, puis en servit un pour le propriétaire des lieux. Il eut un sourire amusé en voyant la marque, et amena le verre à James avant de s'asseoir confortablement sur le siège réservé aux invités.

-Highland Park ? Très bon choix. Je le préfère à un quelconque Dalmore ou à un Scapa.

Il coupa court, et renifla avec élégance le breuvage presque sacré. Il le sirota doucement avec une délicatesse dans pareille, afin d'en ressentir toute la saveur. Le tout parfumait aisément et avec puissance la bouche, laissant un arrière-goût difficilement descriptible sur le palet. C'était particulièrement agréable si l'on était un amateur de Whisky à l'image de Crow.

-Bon, James, pas mal de choses nous attendent. J'ai pas mal de plans pour toi, et pour moi par la même occasion. Dis moi, que dirais-tu de passer sous le feu des projecteurs ? Politiquement parlant j'entends.

L'affaire était alléchante, sans nul doute. Passer en politique était une affaire que beaucoup attendaient. Il s'agissait pour Eccleston, non pas de devenir un égal de Valverde, loin de là, il s'agissait de mettre une image sur son front, et de rendre le personnage public. Ce n'était pas la même politique que celle que pratiquait avec passion Eris, mais c'était bien suffisant aux yeux de Crow pour être justifié et utilisable.

Il sirota encore un peu son whisky, et le bu d'une traite. Le goût puissant ne lui arracha qu'une très maigre grimace, et il se leva en se dirigeant vers la porte.

-Discutons-en en chemin, tu veux ?

Il ouvrit la porte, et sortit du bureau du Directeur de la Justice Magique. Ensemble, ils rejoignirent l'Atrium avant que Crow ne lui indique sur un papier qu'il avait soigneusement préparé, le nom de la ville où il se rendait. Un petit bled au Pays-de-Galle. C'était un trou perdu où ils ne seraient pas dérangés. Une fois sur place, ils s'écartèrent du village pour se retrouver à marcher dans un champ réellement excentré de toute civilisation et loin de tout contact humain, et donc audible.

-J'ai besoin de rendre visite au Parti Puriste Irlandais, à Dublin. Mais y aller seul serait dangereux, et je n'ai plus le droit à l'erreur. Tu m'accompagnes donc, et tachons d'être discret, grâce à eux, on te propulsera sur le plan politique, et nous en tirerons largement profit tous les deux. Rendez-vous à Dublin, devant l'église à l'intersection de Western Way et Mountjoy Street.

Et il transplana quelques secondes avant James et se retrouva devant la grande église en question. La rue était déserte à cette heure, notamment car l'on était légèrement éloigné du centre même de Dublin. Il s'agissait, ici, d'un quartier à forte connotation puriste. Les bourbistes n'osaient pas réellement y rentrer et y mettre le feu notamment car tout pouvait rapidement partir en cacahuètes – les Irlandais avaient le sang chaud plus que le sang-pur – mais aussi car personne n'avait la certitude que des puristes se cachent réellement ici. Le P.P.I était resté très discret depuis la déclaration de Guerre Officielle entre le Royaume-Uni puriste et l'Irlande bourbiste.

Eccleston arriva rapidement, et ils se mirent en route en traversant diverses rues plus ou moins vides. Ils pénétrèrent dans un bar relativement tranquille, où seuls quelques types créchaient, et on sentait bien les habitués. Lincoln y entra avec détermination, ce qui pouvait supposer que le bar était sorcier plus que moldu. A l’image du Chaudron Baveur. Crow fixa le patron et celui-ci les mena jusqu'à l'arrière du bar. Ils passèrent alors par une trappe les menant directement au sous-sol. Là, une petite assemblée composée d'une dizaine de personnes attendaient. Quatre d'entre elles étaient assises, le reste était debout tels des chiens de garde armés jusqu'aux dents. Lincoln s'avança, serra la main des quatre chefs locaux du P.P.I, et présenta James.

-James Eccleston, actuel Directeur de la Justice Magique du Ministère de la Magie Anglais. Un ami.

C'était plus facile, pour les gens, de comprendre le sens du mot « ami » que celui de « partenaire ». Le premier relevait du rapport sincère entre les deux protagoniste, et induisait le fait que toucher à James, c'était se mettre à dos Crow. Partenaire avait un sens moins fort, et sous-entendait moins le rapport entre le Directeur des Exécuteurs et son supérieur hiérarchique. Quoiqu'il en soit, Crow l'utilisait sans savoir ce que cela voulait véritablement dire. Il savait juste que les gens étaient plus familiers avec ça, et ça lui suffisait pour l'utiliser. Crow prit place, et James fut invité à faire de même.

-On va pas patienter cent ans Crow. Qu'en dis l'Ordre?
-Les Soupirs pensent que votre aspiration est bonne. Aussi, nous vous soutiendrons, mais à certaines conditions.
-Lesquelles?
-Tout d'abord, vous laisserez le gouvernement du Seigneur des Ténèbres s'installer durablement en Irlande, et vous œuvrerez pour que la population soit certaine du bien fait de cette annexion de territoire. Ensuite, vous répandrez la parole puriste dans la campagne Irlandaise de sorte à ce que la tâche ne revienne pas au P.P.A. Enfin, vous ne parlerez jamais des Soupirs, et pour en être certains, nous vous enverrons un de nos hommes que vous traiterez comme un invité de marque. Il obtiendra ainsi une place de choix au sein de votre organisme, et nous fera des rapports détaillés. Si il mentionne ne serait-ce qu'une erreur dans votre façon d'agir, le Grand Maître en sera averti, et l'accord ne tiendra plus. De même si il arrive quelque chose à notre type.
-Putain, vous faîtes pas dans le luxe vous hein...
-C'est le prix à payer pour organiser une rébellion.
-Ouais, bon, c'est d'accord. Parlons un peu politique maintenant que les formalités sont terminées.
-Je vous conseille vivement une alliance avec le P.P.A dès l'annexion par le Royaume-Uni.
-Pourquoi ? A quoi ça nous servirait ? Et la Justice Magique, y'a pas d'alliance politique à faire avec elle un peu ?


Les mots de l'Irlandais trahissaient sa faiblesse d'esprit. Cependant, c'était un homme fort physiquement et possédant une prestance inégalé dans le pays. Ainsi, il était présenté comme le chef de l'organisation. En vérité, les trois autres autour de lui tiraient réellement les ficelles et lui ordonnaient quoi faire. Ainsi, Emilien Fletcher n'était pas grand chose de plus qu'un pantin. Eccleston devait faire bonne impression en usant de ruse pour convaincre ce Parti Puriste de se joindre à la cause du P.P.A. Sans ça, c'était Dublin qui leur filait entre les doigts. Une guerre se gagnait non seulement sur le champ de bataille, mais aussi dans les cœurs, et il était strictement impossible, au jour d'aujourd'hui, de conquérir les Irlandais sans utiliser des Irlandais. C'était le but de toute la démarche, répandre le purisme d'une autre façon que par la force. Pour une fois.

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MessageSujet: Re: Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James] Mar 25 Juin - 14:05

En accédant au poste de Directeur de la Justice Magique, James Eccleston avait clairement changé de catégorie. Désormais, il jouait dans la cour des grands, auprès des personnages les plus importants du régime. Il côtoyait des gens auxquels il n'aurait jamais pensé pouvoir un jour adresser la parole. Le Ministre, les gens de l'Intendance, et même, par deux fois, le Seigneur des Ténèbres en personne. Pour un type comme lui, sang-mêlé né dans un milieu populaire, c'était inespéré. Les clans détenteurs du pouvoir n'aimaient guère le partager, et ils n'acceptaient pas facilement les nouveaux venus. Il fallait que ces derniers sachent se tenir à leur place, qui, dans un régime puriste, était facile à définir : au second plan, derrière les sang-pur dont ils devaient servir les intérêts. On les tolérait à cette condition. James n'était pas dupe : un type comme Mulciber ne lui avait pas accordé sa bienveillance uniquement pour ses beaux yeux, il devait y trouver un intérêt quelconque. Cela, au demeurant, n'enlevait rien au fait qu'il soit sympathique, bien plus que la moyenne des sang-pur.

Depuis sa nomination à la tête du niveau 2, James s'était tenu en retrait de la vie politique britannique. L'ambitieux savait rester lucide, et il estimait qu'il ne pourrait guère monter davantage dans la hiérarchie. Trop de choses s'y opposaient : son sang, sa modeste extraction, son manque de réelles relations... Il s'était déjà attiré l'hostilité de quelques-uns par sa fulgurante ascension au sein du Ministère, et l'on murmurait, dans certains milieux, que « le sang-mêlé » ne resterait pas bien longtemps à cette haute place. Il s'y était maintenu, cependant, jouant la carte de l'efficacité et de la discrétion. Il faisait son travail, sans se faire remarquer, mais efficacement ; il savait s'effacer devant plus puissant que lui, considérant qu'il ne pouvait prétendre à davantage. Les sang-pur tenaient le devant de la scène et, même si on citait parfois son exemple pour prouver que le régime était ouvert à tous les sorciers loyaux, il ne demeurait pas moins un second couteau. Cela ne le dérangeait pas, du reste ; il occupait un poste important et intéressant, et il avait toujours préféré l'ombre à la lumière. Il s'assurait quelques amitiés utiles, servait le purisme avec zèle, tout en assouvissant son désir d'être parmi ce qui comptait dans le monde magique. À vingt-huit ans tout juste, on n'aurait pu rêver mieux.

Comme tous les sorciers haut placés du régime, Eccleston ne comptait pas ses heures au Ministère. À vrai dire, il se fichait un peu, à présent qu'il était de nouveau célibataire, de travailler jusqu'à pas d'heure. Cela lui permettait d'avoir l’œil à tout, de déléguer le moins possible, et d'éviter les soirées en solitaire dans sa vaste demeure. Ce soir-là, donc, à sept heures passées, il était encore dans son bureau, occupé à la lecture de rapports ; l'étage était calme, beaucoup d'employés étaient partis, c'était le genre de moment que James appréciait tout particulièrement au Ministère. L'immense bâtiment n'était jamais plus impressionnant que lorsqu'il était presque désert et silencieux.

La porte s'ouvrit brusquement, sans que personne ait frappé, et le maître des lieux n'eut même pas besoin de lever la tête pour savoir de qui il s'agissait.

-Bonsoir, Lincoln, fit-il en repliant ses parchemins.

Crow était le seul à entrer ainsi sans y mettre les formes, le seul aussi à appeler le Directeur de Département par son prénom, voire par son nom de famille, et cela lui valait bien des regards de travers dont il se foutait royalement. James ne se formalisait pas de ce comportement, qui l'aurait exaspéré chez quelqu'un d'autre ; Crow était un militaire, avec des manières de soudard, c'était comme ça. Il avait eu du mal à s'y faire, mais peu à peu, une sorte d'amitié s'était installée entre eux. James n'éprouvait plus cette peur presque paralysante des débuts, lorsqu'il sortait à peine des sous-sols de Castle Bay ; n'étaient restées que la gratitude et l'admiration devant les capacités magiques de ce type, puis les liens créés en Irlande, où Eccleston avait servi sous les ordres de Crow. À vrai dire, le directeur des Exécuteurs de nuisibles se comportait dans le civil comme l'officier qu'il était, accordant sa protection et sa bienveillance à ses hommes, en échange de leur totale confiance.

James prit le verre que lui apportait son visiteur, et se mit à l'aise, dénouant sa cravate. Crow était dans ce bureau comme chez lui ; il entrait, se servait, s'installait sans attendre qu'on l'y invite, c'était comme ça. Les relations entre les deux Mangemorts étaient informelles ; à force de collaboration, ils étaient devenus familiers. Pas de cérémonie entre eux. Le Directeur des Exécuteurs de Nuisibles entra d'ailleurs dans le vif du sujet sans s'encombrer de précautions oratoires ; James savoura une première gorgée de whisky salvatrice avant de demander :


-Tu penses à une carrière politique ? Tu crois que j'ai une chance ?

Il n'avait pas cherché à dissimuler l'intérêt que lui inspirait cette idée. Il brûlait de se lancer dans l'arène, et s'était contenu, jusque-là, pour rester raisonnable et faire mentir sa réputation d'intrigant. Mais avec l'appui d'un Lincoln Crow, les choses étaient différentes... Il avala un peu plus de whisky, songeur, attendant des explications qui ne vinrent pas. Crow se leva soudain, et James l'imita. Aucun ordre n'avait été prononcé, mais il n'y avait pas à s'y tromper : il était prié de se joindre au Directeur des Exécuteurs de Nuisibles, quel que soit le programme de la soirée.

Ils se rejoignirent dans un coin de la cambrousse galloise, où Crow donna quelques indications succinctes à son collègue, puis transplanèrent en direction de Dublin. Zoneencore bourbiste, dans un pays en guerre contre le voisin puriste. Les Britanniques n'étaient pas les bienvenus dans la capitale irlandaise, il faudrait être vigilant. James se laissa guider jusqu'à un bar visiblement réservé aux sorciers, puis on les conduisit jusqu'à une salle secrète où se tenait la réunion. Les regards se fixèrent sur Eccleston dont la présence n'était pas prévue, mais son titre parlait en sa faveur et il se retrouva assis auprès de Crow. Ces messieurs se mirent aussitôt à parlementer, sans que le Directeur de la Justice Magique comprenne bien ce qu'il faisait là. Il n'était d'ailleurs pas certain de tout comprendre – ainsi les Soupirs dont parlait Crow, qu'était-ce donc ? Il ne donnait cependant aucun signe d'ignorance, écoutait avec attention, comme il avait eu l'habitude de le faire lorsque Crow était président du PPA. Il fut presque surpris que son comparse lui fasse signe de répondre à l'homme qui avait parlé de la Justice Magique, mais il s'acquitta de sa tâche, après quelques secondes de réflexion :


-La Justice Magique que je dirige est une administration et n'a pas vocation à nouer quelque alliance politique que ce soit. En revanche, le PPA y est pleinement habilité, et un rapprochement entre partis de même obédience serait naturel. Vous demandez à quoi cela vous servirait, je vais vous le dire. Le PPA est un parti officiel, il dispose donc d'une infrastructure solide qu'il mettrait volontiers à la disposition d'un parti frère contraint à la clandestinité. Cela signifie des moyens financiers, la formation des cadres du PPI, un appui technique et matériel en toutes circonstances. Vous aurez un pays à reconstruire, une société à conquérir, et le PPA peut vous y aider. Il ne s'agit pas d'imposer le purisme, mais de gagner les populations au purisme, ce qui est très différent. La coopération avec le PPA allégerait singulièrement votre tâche, j'en suis certain.

Machinalement, il jeta un regard en direction de Crow pour l'inviter à ajouter quelque chose, et aussi, un peu, pour vérifier qu'il était sur les rails et ne disait pas n'importe quoi. Il ne s'agissait que de bon sens, mais dans la mesure où une partie de la donne lui échappait, il préférait être vigilant.
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MessageSujet: Re: Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James] Sam 29 Juin - 23:22

Si James avait une chance en politique ? Aux yeux de Lincoln, non. Il fallait être franc, Eccleston était un sang-mêlé, et était encore considéré, presque à juste titre, comme un arriviste. Rien n'était plus vrai que la montée fulgurante de l'ancien juge du magenmagot. Ça en était presque insolent d'ailleurs vu qu'il n'était partie d'à peu près rien, et était devenu en quelques mois l'une des têtes du régime puriste mené d'une main de fer par Lord Voldemort et son subordonné numéro un : Léon Brom, Intendant du Royaume-Uni. Alors, non, James n'avait aucune chance aux yeux de Lincoln dans le milieu de la politique car malgré quelques soutiens de taille comme le directeur des Exécuteurs, ou même peut-être le Ministre de la Magie, John Mulciber, en personne, rien ne serait assez puissant pour détrôner des piliers tels Eris Valverde ou même d'autres moins médiatisés mais tout aussi influent dans le milieu. Alors, non, James ne ferait pas de politique ici, au Royaume-Uni. L'Intendance était trop bien gardée par ces clébards du monde médiatique pour que lui, le pauvre sang-mêlé fasse son entrée. Là, même Crow serait forcé d'avouer l'arrivisme dont il aurait alors fait preuve. Mais le plan de Crow ne visait pas à faire entrer James dans la politique Anglaise, loin de là. En vérité, les Soupirs avaient besoin de visages puristes pour planifier différents coups d'état en Océanie. Ainsi, avec James Eccleston, Lincoln était sûr de proposer un visage connu, fort, et sachant répandre les valeurs du Lord par là-bas. Ainsi, voilà où James irait. En Océanie. Et non, il n'aurait même pas besoin de se déplacer tous les jours. En vérité, les Soupirs organisaient tout, déjà, pour que le message d'un visage puriste devienne parole divine. Ainsi, Eccleston n'aurait qu'à suivre les instructions de Lincoln, si le plan se déroulait comme prévu évidemment, et le peuple visé par l'Ordre écouterait la parole d'évangile. C'était une propagande masquée qui marcherait à merveille. Ainsi, peu à peu, les Soupirs parviendront à prendre le contrôle de cette partie du monde, et sans pour autant avoir la volonté de devenir les maîtres du monde, auront répandu la parole puriste suffisamment loin pour prendre les autres à revers. Car certains pays d'Afrique, ou même d'Asie ne basculaient pas. Eux, résistaient. Il allait y avoir des guerres, et la Terre en serait retournée. Aussi, les Soupirs prévoyaient sur le long terme et agissait dès maintenant pour laisser le moins de manœuvre possible à ces survivants bourbistes.

Emilien Fletcher était un bel enfoiré en vérité. Il ne manœuvrait rien du tout, mais il savait faire tout comme. Ainsi, même si son langage trahissait un manque cruel d'éducation politique, il était suffisamment beau parleur pour empêcher ses interlocuteurs de croire qu'il était manipulé par les trois accompagnateurs, qui, jusqu'à présent, faisant plus figures de pots de fleur qu'autre chose. Son œil droit partait dans tous les sens, et il avait du mal à fixer l'un, ou l'autre, des représentants de la Justice Magique du Ministère de la Magie Anglais. Crow le dévisageait, comme à son habitude, d'un regard froid, glauque, et pour le coup, extrêmement rabaissant. Le Directeur des Exécuteurs n'avait absolument aucune considération pour les Irlandais, pas même les puristes car ils n'avaient pas su tenir en laisse leur gouvernement bourbiste en les menaçant d'une insurrection. En Angleterre, ils l'avaient fait. Certes, le résultat fut Azkaban et un règne plus long pour Fudge et ses successeur Bourbiste, mais à terme, eux avait été récompensé, et aujourd'hui c'était Lord Voldemort qui siégeait sur le trône d'Angleterre. Il allait répandre cette parole, car c'était dans la logique des choses, mais aucun puriste d'Irlande ne méritait la considération de l'actuelle Intendance aux yeux de Lincoln.

James réagissait de la meilleure manière possible. Crow devait assurer un échange sans baguette à l'air. Il fallait que les deux partis trouvent un terrain d'entente. Tels étaient les ordres du Grand Maître des Soupirs. Le Parti Puriste Irlandais devait accepter les conditions si il voulait être soutenu dans sa rébellion, mais ils n'accepteraient pas d'être asservi inutilement. Il voulait une contrepartie, et c'était à Crow de la trouver, dans la limite du raisonnable. C'était d'autant plus difficile que Crow et la négociation... ça faisait deux. Bref, James comprenait petit à petit l'enjeu de l'entrevue. Il ne s'agissait pas de tout leur donner, mais plutôt de les tourner vers le Parti Puriste Anglais. Si Lincoln avait raison, il pouvait déduire que d'après les informations, très succinctes données par Mike, son cousin, le Ministère visait l'union. L'Union signifiait, pour ainsi dire, un rassemblement des institutions. Et si Lincoln ne se trompait pas, le Parti Puriste Anglais allait disparaître pour être réparti dans la sphère du Ministère. Peut-être tout chez l'Ordre Nouveau, peut-être dispatché, tout était possible, et ça, Crow n'en avait aucune idée encore.

-Et il amplifierait considérablement votre puissance à l'intérieur de Dublin et dans toute l'Irlande puriste une fois que le Seigneur des Ténèbres aura triomphé de cette guerre dores et déjà conclue.

Une pause, et Crow alluma une cigarette d'un geste habile et rapide. Il avait l'habitude de traiter en fumant, et pourtant, il ne traitait pas souvent. C'était un fait, ça le détendait, et ça l'empêchait, réellement, de partir au quart de tour. Il lui en fallait, du contrôle sur lui-même, face à un abruti fini tel que Fletcher qui ne faisait rien pour que les choses s'arrangent.

- En un sens, Emilien, vous feriez mieux de miser sur le peloton gagnant. Vous êtes certain de perdre si vous ne trouvez pas un terrain d'entente avec nous, et vous êtes parfaitement conscient que les Soupirs n'ont aucun intérêt réel à vous soutenir. Les seules conditions que nous vous imposons, nous pouvons les obtenir par d'autres moyens. Pourtant, nous vous choisissons vous. Soyez logique un instant, et convenez que le P.P.A est la meilleure solution.
-Et... et... et si, non, ça ne marchait pas ? Et si le Seigneur des Ténèbres ne parvenait pas à remporter la guerre ? Hein ? Et si toutes vos belles promesses mettaient en péril nos intentions ?
-Pourquoi cela adviendrait-il ?
-Qu'est-ce j'en sais moi... vous avez bien perdu à Sligo non ? Sans vos innombrables renforts, les bourbistes auraient gagné, j'me trompe ? Alors comment vous faîtes pour nous protéger si vous êtes pas capable d'éviter de vous enfoncer dans le bourbier Irlandais ?

Qu'il était chiant à brailler comme un porc en direction de l'abattoir. Crow aurait préféré sortir sa baguette et l'assassiner sur place, et si James prêtait attention aux gestes habituels de Lincoln, il comprendrait que telle était la volonté de son protecteur. On pouvait décrire la relation entre le Directeur de la Justice Magique et le Directeur des Exécuteurs de la sorte. Le dernier était le protecteur de l'autre. C'était un fait que les deux étaient bien obligés d'admettre, plus James que Crow d'ailleurs. Si Lincoln n'avait pas été là, que serait-il advenu du bon James Eccleston ? Pas grand chose de plus qu'un énième membre subalterne du régime envoyé à Azkaban, ou assassiné, pour trahison sous Imperium. Les seuls à échapper à cette peine là étaient les mangemorts, et encore, c'était au bon vouloir du Seigneur des Ténèbres. Crow n'était pas passé à la trappe après sa trahison sous vértiaserrum à Big Ben. Le Lord lui avait fait comprendre qu'une telle erreur ne reviendrait pas une seconde fois entre les murs de Little Hangleton, mais le deal c'était arrêté là. Ne torture dans les règles de l'art, et Crow avait pu récupérer un bras, une marque, et son poste. A partir de là, il avait été obligé de regagner toute son influence, mais c'était aujourd'hui chose faite. Il avait de quoi être fier, pourtant il ne l'était pas.

- Sommes-nous sur une même longueur d'onde ?

Les quatre principaux acteurs du Parti Puriste Irlandais se concertèrent un moment. Crow en profita pour se tourner vers Eccleston, et parla plus bas pour que la discussion reste entre eux.

- Emilien, celui avec qui nous « négocions » est manipulé par les trois autres. Il cherche à nous embrouiller en cachant les véritables intentions de ses maîtres. Reste sur la visée du PPA, c'est ce que le Maître veut.

Au même moment où il finissait sa phrase, les quatre arrêtèrent de parler et reprirent leurs places. Lincoln les fixa un instant, et attendit que Emilien s'élance dans un débat qu'il avait dores et déjà perdu. Mais ça, il ne devait pas s'en rendre compte. Seuls les trois autres étaient bien assez perspicaces pour savoir qu'ils étaient perdus et qu'ils n'avaient plus d'autres choix que de coopérer. Mis au pied du mur, ils étaient tels des chiens à abattre à qui l'on laissait la possibilité de vivre, mais en laisse. Quelle était alors la meilleure option, sinon celle de la survie ?

-Ouais... donc, on est partant pour l'alliance avec le Parti Puriste Anglais. Mais, on veut avoir une... une immunité aux yeux de la Justice Magique.

Crow regarda James, cette affaire là était la sienne. De toute façon, ça ne changerait pas le résultat final. Soit il acceptait une immunité pour ces quatre là, et ainsi, ils devenaient intouchables, ou presque – puisqu'un régime dictatorial n'en était pas un si il était honnête – et l'affaire était réglée. Ou alors, il refusait. C'était un coup de poker de la part des représentants officiels du Parti Puriste Irlandais. Ils pouvaient avoir un peu plus que le croûton de la baguette, mais c'était à leurs risques et périls. James pouvait refuser, dans l'absolu, ils plieraient de toute façon, car sinon, c'était Crow qui les réduisait à néant via les Soupirs. Ça, James ne pouvait pas le savoir, sauf si il s'en doutait qu'il y aurait représailles. Aussi, le Directeur de la Justice Magique pouvait agir comme bon lui semblait, Lincoln n'y verrait rien à redire pour la simple et bonne raison qu'à partir de maintenant il avait décidé de laisser James jouer dans la cour des grands. Il connaissait les bases rudimentaires de la nage, il n'avait plus qu'à se démerder dans l'océan qui l'attendait. Crow était partisan de l'expérience sur le terrain, donc de la pratique, plus que de la théorie. Aussi, il voulait voir comment James s'en sortait une fois devant un choix à faire. Ce choix n'était pas encore crucial, mais est-ce qu'Eccleston pouvait se rendre compte que quoiqu'il fasse, ils s'en sortiraient tous les deux ? Peut-être pas. Peut-être que pour lui, leur survie, ou du moins, la survie du plan de Crow reposait sur sa décision ? Seul lui pouvait savoir ce qu'il ressentait à ce moment là.

Les discussions continuèrent, quelques arrangements furent émis, et finalement, Emilien frappa des mains, avec un grand sourire, comme pour signaler que la fin des échanges était arrivée. Pas trop tôt cette connerie. Lincoln lui serra la main, fermement, comme pour tout bon accord censé être terminé.

- Et que l'amitié entre nos Partis soit respectée!
- N'en doutez pas.

Il suffisait de fréquenter un minimum Crow pour savoir que c'était du gros foutage de gueule. James le comprendrait très logiquement. Emilien était un imbécile, il ne voyait pas le sarcasme. Et les autres ne connaissaient pas Lincoln. Les quatre ainsi que leurs chiens de garde partirent alors assez rapidement. Dans le sous-sol du bar Irlandais ne restaient plus que James et Crow. Ils avaient encore à se dire. Notamment concernant les plans prochains. Les arrangements avec ces satanés rouquins étaient terminés, maintenant, Lincoln pouvait avancer ses pions sans trop se soucier de leurs décisions puisqu'il les connaissait.

-Bon, c'était bien joué. Comme le Parti Puriste Anglais va se dissoudre de lui-même dans peu de temps, j'en suis persuadé, le Parti Puriste Irlandais n'aura pas d'autres choix que de faire de même, puisqu'il n'aura aucun soutien. Pourtant, comme le P.P.A ne se détruira pas avant la fin de la guerre pour ne éveiller les soupçons, les Irlandais rempliront leur part du marché. Une fois les accords annulés car fondus dans la destruction du Parti, le Ministère les bouffera, et on aura alors un Ordre puriste sans vague en Irlande.

Il continua de fumer sa cigarette d'un geste lent.

-Du moins, si tout se passe bien. Bon, je te parlais de politique. Tu n'as aucune chance, pour l'instant en tout cas, de percer en politique dans l'Intendance. Trop de gros calibres gardent le territoire, comme Valverde. Tu vas devoir te faire un nom autre part.

Il termina sa clope, et l'écrasa rapidement sur la table en bois autour de laquelle les discussions avaient été faites. Les deux comparses discutaient normalement, et il n'y avait, maintenant, plus qu'une tension dans la pièce.

-Il y a un air de rébellion en Océanie en ce moment. Une montée du purisme dans toutes les couches sociales. Je vais soutenir ces mouvements de force, et les coups d'état en découlant. Mais pour ça, j'ai besoin d'un visage médiatique. J'ai pensé à toi. Tu es bien placé, t'as une belle gueule, tu sais parler, et tu représentes le régime de notre maître. Ainsi, tu serais la parole puriste là-bas et tu monterais les différents peuples contre leurs gouvernements bourbistes. T'en fais pas, tu n'y seras pas à temps plein, la plupart du temps je me chargerai d'envoyer des subordonnés. L'idée est de te faire un nom en Océanie. Une fois que le tout aura basculé dans le purisme, tu seras un héros là-bas, une sorte de visage saint, et là, tu pourras revenir en Angleterre. Tu auras un nom, et de nombreuses actions politiques bien menées pour le purisme dans tes valises.

Il fit une pause, analysa James du regard un instant. Bien qu'Eccleston soit apprécié de Lincoln, ce dernier n'en demeurait pas froid dans sa façon d'être. Il était juste moins distant avec James qu'avec des types comme Emilien. Mais Eccleston ne bénéficiait pas non plus d'un traitement de faveur et ne pouvait pas comprendre le fonctionnement de Crow tant celui-ci cachait bien son jeu.

-On n'entre pas en politique sans avoir de quoi faire contre-poids. En face tu as des Eris Valverde, ou des Mike Witcher, qui ont des révolutions menées à bien sur leur tête, et un passé puriste bien plus imposant que le tien. Même avec un soutien comme le mien, tu n'arriveras pas à rien sans avoir fait tes preuves. Ce pourquoi je te propose cette expérience exotique en Océanie.

Il se replaça sur sa chaise, en croisa les bras.

-Tu te doutes que tout ceci ne sera pas officiel. J'ai des moyens pour y parvenir. Tu as entendu les « Soupirs » tout à l'heure, ça en fait partie. Maintenant, avant d'en dire plus, j'ai besoin d'être sûr que tu iras jusqu'au bout. Tu peux refuser, pour le coup, je te laisse le choix. Sache juste qu'une occasion comme celle-ci ne se reproduira pas deux fois.

Entrer en politique et dans les Soupirs. Des privilèges rares et à chérir.

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MessageSujet: Re: Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James] Mer 10 Juil - 0:22

Émilien Fletcher, le leader du Parti Puriste Irlandais, ne gagnait pas vraiment à être connu. Le brillant orateur, vu de près, se révélait piètre politique, et même bonhomme un peu bas de plafond, s'il fallait être franc. Il ne fallait pas être un fin stratège pour savoir ce qu'une alliance avec le PPA, le puissant voisin anglais, apporterait à une structure aussi fragile que le PPI encore clandestin ; ce n'était que simple bon sens, mais cela semblait au-dessus des capacités de l'Irlandais. Il avait vaguement hoché la tête en écoutant la réponse de James, avec un peu l'air perdu de celui qui ne comprend pas bien la langue mais ne veut pas le montrer. Peut-être, songea le Mangemort amusé, qu'en le taquinant un peu, il se mettrait à faire « yes, yes » comme ces étrangers hermétiques à l'anglais... Il y avait fort à parier, cependant, que Crow n'apprécierait pas ce genre de plaisanterie. Il avait l'air de vouloir conclure au plus vite cet accord avec le PPI, et n'hésitait pas à compléter les propos de son collègue pour convaincre cet Irlandais au crâne épais. Les autres types assis autour de la table demeuraient immobiles, le visage fermé, et Eccleston ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'ils faisaient là. Fletcher se payait-il le luxe d'avoir trois secrétaires, ou trois gardes du corps, ce qui serait énorme pour le chef d'un parti clandestin ? Lorsque Crow présidait aux destinées du PPA, parti officiel, avec bien plus de membres que le PPI, il n'avait pas autant de personnel pour l'aider. Un secrétaire à plein temps au siège du parti, et Eccleston lui-même, que chacun prenait pour le secrétaire personnel de Crow, mais qui n'avait aucune fonction officielle.

Fletcher était têtu, comme beaucoup d'imbéciles. Il finassait, discutait, et énervait Crow. À force de le côtoyer, James avait fini par savoir décrypter chaque indice de son état d'esprit – et les indices en question n'étaient jamais flagrants. Pour un œil novice, Lincoln semblait être toujours le même ; il fallait bien le connaître pour remarquer les petits changements annonciateurs de la tempête. Et une chose était sûre, à présent : Fletcher ferait bien de se taire une bonne fois. Crow marqua d'ailleurs la fin de la récréation en sommant les Irlandais de se décider, et il en profita pour parler à voix basse à son collègue Mangemort. Tout s'éclairait : Fletcher n'était qu'un homme de paille, et les trois autres, les silencieux, étaient les vrais patrons du PPI. James hocha la tête aux instructions de Crow, en jouant machinalement avec le paquet de cigarettes que Lincoln avait déposé entre eux. Curieuse relation que la leur – le directeur de la Justice Magique retrouvait quelque chose des manières de ses frères aînés chez Crow. Cette façon de poser le paquet de cigarettes devant lui pour lui permettre de se servir s'il voulait, cette espèce d'attention dont on ne savait exactement si elle était protection ou surveillance. Et, comme un frère aîné, Crow apprenait nombre de choses utiles à son jeune collègue ; il n'avait qu'un an de plus, mais il avait vécu bien plus de choses, et son savoir magique, par exemple, était bien plus grand. James n'était pas mécontent d'apprendre sous la direction d'un Mangemort aussi accompli, et il se montrait bon élève, bien qu'aux yeux du monde, il fût le supérieur hiérarchique. Encore une ambiguïté. Il était, sur le papier, le supérieur d'un type auquel il avait juré obéissance. Personne ne le savait, du reste, et Crow se montrait très prudent dans sa façon de s'adresser à son directeur de département. Il évitait, sauf cas extrême, les ordres directs, et se faisait comprendre par des « pourrais-tu » qui trompaient tout le monde. On les croyait bons amis, et ils en donnaient la parfaite apparence.

Après une brève discussion à voix basse, les Irlandais retrouvèrent le chemin de la raison. Ils se prononcèrent en faveur d'un accord avec le PPA, mais ajoutèrent qu'ils voulaient une immunité aux yeux de la Justice Magique. James n'aimait pas prendre des engagements, même s'il était certain de ne pas les tenir, et il répliqua froidement :


-La Justice Magique anglaise n'a rien à faire en Irlande. Elle a bien assez à faire en Angleterre. Une immunité serait sans objet.

L'Irlande conquise disposerait de son propre Ministère, sous l'égide de l'Intendance, et les puristes irlandais devraient composer avec Urquhart. Le Mangemort le précisa d'ailleurs avec obligeance :

-Le seul qui pourrait vous accorder ce que vous demandez, c'est Léon Brom, l'Intendant du Royaume-Uni. Je ne suis en aucun cas autorisé à me prononcer à sa place. Toutefois, je peux vous affirmer qu'une coopération loyale entre nos deux Partis sera à ses yeux un témoignage de votre bonne foi, et je ne doute pas que cela le dispose favorablement à votre égard.

Fletcher ergota encore un peu, cherchant à arracher quelques garanties, mais les autres avaient compris qu'ils n'obtiendraient rien de plus que l'alliance du PPA, ce qui n'était déjà pas rien ; bientôt, Anglais et Irlandais furent d'accord, et ils se séparèrent avec force poignées de mains et congratulations. James fut soulagé de se retrouver seul avec Crow dans la pièce ; la discussion avec cet idiot d’Émilien l'avait passablement exaspéré. Les deux Mangemorts se rassirent, et le Directeur des Exécuteurs expliqua rapidement les conséquences de l'accord. C'était donc ça, ce petit ton sarcastique lorsqu'il avait juré que les accords seraient respectés à la lettre ! Il en vint ensuite à la politique. Il n'avait pas répondu lorsqu'Eccleston lui avait demandé s'il avait une chance ; il entreprit alors de le faire, sans détours. Le directeur de la Justice Magique encaissa le coup, les yeux rivés sur le bois de la table. Il n'avait aucune chance dans l'Intendance. Il s'en doutait, mais l'entendre dire par quelqu'un d'autre avait quelque chose de terriblement vexant. Il était parvenu au sommet des honneurs qu'il pouvait espérer dans son pays, et il devait admettre qu'il ne rivaliserait jamais avec certaines pointures du régime.

Soit. L'humiliation passée, il prêta une oreille attentive aux propos de son collègue. Ce qu'il proposait n'était pas mal non plus ; être un héros, même en Océanie, ça ne se refusait pas. Il ne demandait pas mieux que d'aller se démener pour le purisme dans ces lointaines contrées, et, s'il en ramenait en prime des lauriers pour son propre front, ce ne serait pas plus mal. Pour l'heure, il n'imaginait pas une seule seconde qu'il pût échouer à gagner toute cette région au purisme. Crow avait l'air si sûr de lui lorsqu'il en parlait ! Aussi, lorsque le Directeur des Exécuteurs lui demanda s'il irait jusqu'au bout, il répondit sur-le-champ :


-Oui, tu peux compter sur moi. J'accepte. Tu te doutes que certains éléments sont encore obscurs pour moi, comme les Soupirs, mais je te fais confiance pour m'expliquer tout ça.

Faire confiance à Crow n'était pas quelque chose qui allait de soi, mais c'était l'attitude de James depuis le Serment inviolable. C'était la meilleure façon d'accepter la servitude sans devenir fou ou paranoïaque. Et, jusqu'à présent, il n'avait pas eu à se plaindre de son protecteur. La preuve, maintenant encore, il lui laissait le choix alors qu'il aurait pu lui imposer sa propre volonté. Le Serment inviolable était une simple garantie de loyauté entre eux, pas un moyen de pression quotidien – et cette confiance était sans doute l'ingrédient qui garantissait l'efficacité du tandem Crow-Eccleston.
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MessageSujet: Re: Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James] Jeu 11 Juil - 15:18

Est-ce que Lincoln Crow parvenait à faire confiance à James Eccleston ? Il aurait été osé, presque suicidaire, de l'affirmer sans même en connaître plus sur la relation liant les deux hommes. En vérité, ce n'était pas que de la confiance dont avait besoin Lincoln, c'était quelque chose de plus important, de plus profond. Crow était un militaire, le genre de soldat comptant plus sur le soutien de ses camarades que sur celui de son sang, ou de sa famille. Il croyait, d'ailleurs, qu'une troupe devait, nécessairement, être liée pour réussir. Ainsi, il y avait une confiance à obtenir, mais il y avait aussi un lien à créer. Quelque chose d'unique, en vérité, que, contre toutes attentes, Eccleston était parvenu à faire. Il était difficile d'apprécier le directeur des Exécuteurs, ou même de s'en rapprocher, de simplement l'écouter et de le suivre dans ses actions. D'une part car il était relativement exécrable et ne laissait paraître aucun geste d'amitié ou de compassion – quoiqu'au jour d'aujourd'hui James pouvait en apercevoir quelques uns tout de même. Mais aussi, et surtout, car il était extrême. Il croyait à un purisme difficile à ingurgiter, difficile à appliquer, difficile à vivre. IL croyait au totalitarisme tout simplement, et l'appliquait au quotidien. Aussi, le Bureau des Exécuteurs était loin d'être un endroit de tranquillité. Les agents étaient tous au courant des risques encourus en cas d'échec irréparables. Mais étrangement, le tout les motivait plus que la simple liberté. C'était aussi une thèse de Lincoln, celle du refus de la véritable liberté. Les gens prétendaient vouloir la « liberté » mais ils ne savaient jamais réellement quoi en faire. Aussi, plus la dictature était drastique, plus ils se sentaient encadrés et ne percevaient pas les limites réelles de leur emprisonnement social.

-Bien, j'espérais que tu sois partant.

Pour le coup, forcer Eccleston n'aurait eu aucun sens puisque sa performance en aurait été affectée immédiatement. Vrai que la politique nécessitait une sorte d'investissement personnel qu'il n'aurait su fournir si il n'avait pas voulu de cette vie. En effet, il fallait la vouloir. Celle d'être sur le journal, photographié, interviewé, suivi... c'était un rythme spécial que Crow ne pouvait pas assumer pour sa part. Aussi, il la fuyait le plus vite possible. Cependant, ses activités lui demandaient une activité en politique. Aussi, il avait choisi James car il savait qu'il pouvait le placer suffisamment en avant pour jouer le rôle de para-tonnerre au niveau médiatique tandis que les affaires seraient réglées en douce. C'était gagnant pour les deux parties, en fin de compte étant donné que Crow continuait ses activités sans risquer d'être sous les projecteurs, tandis qu'Eccleston s'illustrait de plus en plus et gagnait en influence et en pouvoir international. Les Soupirs avaient au moins de mérite de viser les intérêts personnels directement plutôt que de chercher des buts communs inutiles et utopiques. Le vrai purisme, voilà ce que voulait Crow, rien de plus.

Expliquer toutes les nuances incombant aux Soupirs aurait bien trop long et fastidieux. Il existait bien d'autres moyens de faire saisir l'ampleur des possibilités et des règles qui s'imposaient maintenant à James. Notamment, pour les Soupirs, c'était le marquage magique. Un tatouage discret, simple, comportant magiquement un flot de données que le porteur ingurgitait immédiatement. La technique n'était pas propre à l'organisation, c'était à peu près le même système pour la Marque des Ténèbres, ou même autrefois pour les sorciers de Salem. C'était un concept simple à utiliser si tant est que l'on soit un minimum instruit en matière de Magie expérimentale. La Marque des Ténèbres faisait appel à la Magie Noire, celle des Soupirs qui ne portait d'ailleurs pas de nom, ne s'y risquait pas. Lincoln prit sa baguette et la posa sur la table.

-Bon, avant toute chose, pour entrer dans les Soupirs, je dois te tatouer. Pas de cérémonie pompeuse, après ça tu seras officieusement l'un des nôtres et tu sauras tout ce qu'il y a à savoir... du reste je t'en parlerai moi-même. Le tatouage est discret, et je peux l’apposer où tu le souhaites.

Ainsi, James devait choisir l'endroit où il serait marqué une seconde fois – après celle du Seigneur des Ténèbres – pour le reste de sa vie. Les boucles, Crow les appelait comme ça. Le tatouage n'avait rien d'extravagant, et c'était bien le but. Paraître insignifiant au reste du monde. La couleur était cependant importante puisqu'elle permettait le transfert magique entre le corps du porteur et les données contenues dans le dessin. La pose était bien moins douloureuse que celle de la Marque des Ténèbres, elle se faisait assez intuitivement d'ailleurs. Lincoln se l'était faite déposer en bas de la nuque, sur la colonne vertébrale de sorte que lorsqu'il est habillé, le tatouage soit invisible à toute personne venant de l'extérieur. James pouvait être assez imaginatif, la place n'avait pas d'importance. Aussi, il prit sa décision, et Lincoln s'appliqua au tracé avec sa baguette. La peau semblait se plier sous sa baguette pour laisser l'encre se déposer et s'imprégner directement. La tache terminée, il laissa la magie opérer. James devait à cet instant précis ressentir un flot de connaissances se glisser en lui comme de l'eau. C'était fluide, c'était même agréable. L'impression d'être plus intelligent en quelques secondes.

Il connaissait maintenant tous les rouages de l'organisation. La hiérarchie se composant au sommet du Grand Maître, un type que peu avait un jour vu exceptés ses Dévoués. Ils étaient au nombre de cinq, Crow était l'un d'entre eux depuis quelques temps. Parmi ces êtres de pouvoir et d'influence capables de prendre des décisions pour l'organisation, se dressait l'Unique. Il pouvait être vu comme le chef des Dévoués, mais il était surtout celui qui contrôlait les Soupirs car ayant le soutien immédiat du Grand Maître qui lui accordait son entière confiance pour gérer l'Ordre. A l'heure actuelle, personne n'était Unique, et c'était donc au Grand Maître de s'occuper de tout, ou presque, au sein des Soupirs. En dessous des Dévoués se trouvaient les membres, et parmi eux quelques uns étaient plus connus. James était maintenant de ceux ayant plus de poids, naturellement que le commun des mortels. Il était un proche de Lincoln, un Dévoué, et le poste qu'occupait le Directeur de la Justice Magique lui donnait immédiatement un statut privilégié. En plus de la hiérarchie assez simpliste en fin de compte, venaient les quelques règles. Certains semblaient basiques, classiques, d'autres avaient une importance somme toute différente. L'une d'elle visait à la protection de ses intérêts privés, d'ailleurs. « Ne recherche que ce qui fait de toi Homme et non ce qui constitue la Communauté. Sers tes intérêts en faisant prospérer la Magie, toute puissante ». Autrement dit, il s'agissait d'être assez égoïste pour s'épanouir soi-même tout en œuvrant pour l'intérêt propre de l'Ordre. Une autre ordonnait le soutien à l'Ordre et au Seigneur des Ténèbres. « Œuvre pour toi, cherche le Purisme, respecte et protège les Soupirs, agenouille-toi devant le Seigneur des Ténèbres. ». Le tatouage était d'ailleurs assez puissant pour empêcher quiconque appartenait aux Soupirs de trahir la cause. Parler de l’organisation n'était en rien un soucis, l'évoquer non plus, mais étrangement, évoquer les membres et les plans devenait soudainement impossible pour quiconque s'y risquait. Contrairement au Serment Inviolable on ne pouvait en mourir, c'était déjà un point rassurant.

James comprenait maintenant les ambitions des Soupirs, leurs actions passés, il lui semblait normalement en faire partie depuis toujours. Ils connaissaient les membres, comme si il les avait côtoyé. Il se rendait compte que certains étaient des criminels recherchés – mais jamais bourbistes. Le plus important était certainement Henri Stonem, un type traînant dans les pires affaires judiciaires possibles et inimaginables. Que ce soit dans les affaires financières, homicides, vols, il était présent dans chaque dossier, sans jamais que son nom soit clairement évoqué. Suspecté, mais jamais inculpé par manque de preuve. Les Soupirs s'en servait car il avait de bon contact un peu partout. Lincoln et lui collaborait souvent, car Henri était un vieux puriste, et était devenu un Dévoué depuis quelques années.

Les choses sérieuses pouvaient donc commencer.

-Le plus intéressant pour nous serait de commencer à Singapour. La ville est puissante en Océanie et plus l'on se rapprochera des îles du milieu du continent, plus le bourbisme sera implanté. L'Australie est depuis longtemps un pays puriste car influencé par les Etats-Unis. Ton avis est le bienvenue évidemment. En attendant, voilà comment on va procéder pour le début.

Il prit une carte laissée dans sa poche arrière et la déplia par magie. L'Océanie se dessinait devant eux, les courants maritimes semblaient s'animer, et tout était parfaitement reproduit. Lincoln indiqua Singapour.

-Le but est d'abord de s'infiltrer dans les petits groupes puristes. A Singapour il y en a une bonne dizaine. Leur espèce de mafia asiatique s'est glissée à l'intérieur et les familles puristes de chaque groupe se mènent une guerre sans merci.  Aussi, la première tache sera de les rapprocher pour former une seule et unique unité puriste. Sans ça, je vois mal comment on va pouvoir organiser un coup-d'état.

Il indiqua ensuite avec sa baguette un trajet à travers les différentes îles.

-En gros, on va suivre cette voie là. J'ai déjà un soutien en Australie qui est prêt à prendre à revers les îles et donc convertir au purisme les peuples du Sud tandis que l'on sera au Nord. Le seul problème c'est qu'il faut agir en même temps pour que ça ne parte pas en sucette. Quand on aura une bonne implantation au sein des populations, on organisera des révoltes un peu partout. Mais c'est pas pour tout de suite. Bref, comment tu vois ça toi?

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MessageSujet: Re: Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James] Mer 17 Juil - 0:14

Les Irlandais partis, on en venait aux choses sérieuses, vraiment sérieuses. Sur le moment, James s'était demandé pourquoi ils restaient dans cette arrière-salle complètement fermée, mais à présent, il comprenait. Crow avait à lui parler de choses qui devaient rester discrètes, et que rêver de mieux que l'arrière-salle presque secrète d'un bar magique, dans un quartier calme de Dublin ? Ils étaient à peu près sûrs d'être tranquilles, ici. Les puristes irlandais avaient dû sécuriser l'endroit au maximum, et de toute évidence, le patron était un type de confiance. Le PPI ne pouvait exister que de cette manière, dans un pays livré au bourbisme. Vigilance constante, comme aurait dit ce cinglé de Maugrey Fol Oeil. Jetant un regard, pour la première fois en réalité, à la pièce dans laquelle ils se trouvaient, James prit ses aises, dénouant sa cravate, allongeant ses jambes. Pour parler avec Crow, il pouvait se le permettre. Ils étaient presque des familiers, désormais ; ils ne se faisaient même plus de politesses en public, ce n'était pas pour en faire en privé.

Le chef des Exécuteurs avait semblé satisfait que James accepte sa proposition de travailler à l'avènement du purisme en Océanie. Avait-il douté de recevoir une réponse positive ? Il connaissait suffisamment Eccleston, cependant, pour savoir à quoi s'en tenir avec lui. Il avait un puissant ascendant sur celui qui était, officiellement, son supérieur ; au-delà même du Serment inviolable qui les liait, le tout nouveau Mangemort vouait une certaine admiration à son aîné, et ne demandait qu'à travailler avec lui. Il mesurait le chemin parcouru depuis qu'il était sous la protection de Crow, et entrevoyait combien il pourrait progresser auprès de lui. Il aspirait à se montrer à la hauteur, comme avec Avery, comme avec Mulciber. Il ne jouait pas dans la même catégorie que ces hommes-là, mais s'ils le jugeaient digne de recevoir leur enseignement, il y parviendrait forcément un jour ou l'autre...

En attendant, ce serait l'Océanie, puisque le purisme devait triompher là-bas aussi. Aucun continent ne devait demeurer à l'écart. Et le chef suprême du purisme étant le Seigneur des Ténèbres, le monde entier, converti au purisme, serait soumis au Lord. Brisant cette bienheureuse perspective, Crow annonça à son collègue qu'il devait le tatouer pour en faire un membre des Soupirs. Sans trop réfléchir, James demanda à recevoir le tatouage sur l'omoplate droite, et se dévêtit en conséquence. Les dents serrées, la tête basse, il s'apprêta à subir une douloureuse épreuve, mais cela n'avait rien à voir avec l'apposition de la Marque des Ténèbres dont il conservait le souvenir. Ce n'était pas agréable pour autant, mais ce n'était pas comparable, tout simplement. Ce ne devait pas être le même type de magie. Recevoir la Marque était douloureux, car il s'agissait de magie noire, et également, estimait James, car renoncer à sa propre liberté et se donner corps et âme à un maître ne pouvait se faire sans souffrance.

Le tatouage apposé, Crow reprit sa place, silencieux. Eccleston reboutonna sa chemise, intrigué par cette étape dont il ne percevait pas, pour l'heure, l'utilité ; après quelques secondes, cependant, la lumière se fit. Il se sentait extraordinairement lucide, léger, intelligent. Plus rien ne pouvait lui échapper. Les yeux fermés, il se concentra sur cette sensation. Son cerveau fourmillait à présent d'informations qu'il n'avait jamais ni lues, ni entendues, mais qu'il savait vraies et indiscutables. Le Grand Maître, un sorcier sans visage et sans nom, les Dévoués, toute une hiérarchie vouée au purisme et au Seigneur des Ténèbres. Il connaissait leurs principes depuis toujours, il lui semblait que Crow venait seulement de les lui rappeler... La sensation était incroyable. Lorsqu'il rouvrit les yeux, son compagnon reprit la parole pour lui expliquer le plan de conquête de l'Océanie. James suivit de son mieux, bien que la géographie de cette région du monde ne fût pas aussi précise dans sa tête que les principes des Soupirs. Heureusement, Crow, toujours organisé, avait prévu une carte sur laquelle il montra les étapes. Singapour, l'Australie, les îles situées entre les deux... Sur ce parchemin, cela semblait si facile. On sautait d'une île à l'autre, on menait la conquête de l'Océanie tambour battant. James observa la carte, hésitant à parler à son tour lorsque Crow lui demanda comment lui-même voyait les événements ; à vrai dire, il ne s'était pas attendu à être consulté. Il refit le trajet du bout de l'index, en commentant au fur et à mesure, d'une voix lente, comme pour lui-même :


-Singapour me semble être un bon point de départ. Rassembler les groupes puristes risque de prendre du temps si, comme tu le dis, une mafia gangrène tout. Les intérêts du purisme doivent passer avant tout... mais si les familles sont rivales, ce sera difficile. Il faudra user de beaucoup de persuasion pour les rassembler.


Tous deux savaient ce que signifiait le mot « persuasion » dans ce contexte, et James ne s'y attarda pas.

-Ensuite, la perspective d'un coup d'Etat et d'un partage des postes peut être un puissant ferment d'unité, et un facteur de réussite non négligeable. Singapour occupe une place parfaite pour servir d'arrière-base à la conquête du reste des territoires océaniens. Je pense qu'il faudra lancer quelques campagnes de presse pour discréditer les gouvernements bourbistes de ces régions. Tu penses avoir les soutiens nécessaires pour cela ?

Il posa enfin l'index sur l'Australie, la grande île, en murmurant un « oui » pensif. Un immense pays livré au bourbisme, quel gâchis.

-Laisse-moi y réfléchir quelque temps, si c'est possible. Tu me prends un peu au dépourvu, je n'ai pas vraiment le temps de me faire un avis. Il me manque des informations sur ces pays, sur leurs dirigeants, sur leur politique... Je dois me renseigner, avant tout. À première vue, ton approche me convainc, même si je suis loin d'être un spécialiste en tactique.

Crow avait organisé la conversion de l'Océanie au purisme à la manière d'une guerre de conquête. Encercler l'ennemi, pénétrer ses défenses, déstabiliser ses bases, et se faufiler dans chaque interstice. C'était logique, bien pensé, carré comme un plan d'attaque. Crow restait un officier, même lorsqu'il se mêlait de politique. Réfléchissant toujours, James posa le doigt sur une autre île :

-Et la Nouvelle-Zélande ? Elle est sûre ? Pas de risque que ton contact soit pris à revers à son tour ?
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MessageSujet: Re: Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James] Dim 21 Juil - 15:18

Les histoires de mafia, même sorcières, Lincoln n'y était pas très attachée. Pour ainsi dire, il n'y connaissait pas grand chose sinon que c'était de la mauvaise herbe dans les affaires puristes de l'Intendance, et plus particulièrement des Soupirs actuellement. Oui, on pouvait se servir de ces pourris pour parvenir à des fins bien plus intéressantes, mais ça restait généralement assez difficile de convaincre ces bougres de rejoindre un mouvement autre que le leur. Car les mafias n'ont pour but que leurs intérêts, de la même façon que Lincoln en vérité... ce qui causait directement un conflit d'intérêt majeur qui ne pouvait avoir lieu en ces temps. Cependant, aux yeux du mangemort, il était indispensable d'accélérer les choses, raison pour laquelle il avait besoin de James. Eccleston était un être bien plus disposé à prendre le pouvoir médiatique et ainsi à calmer les ardeurs, que Lincoln. D'une part car sont destin aurait été la politique si il avait été un sang-pur reconnu, d'autre part car lui avait un semblant de sang-froid vis à vis des autres que Crow ne possédait que très rarement. Ce dernier était instable, c'était un fait, et pouvait tout aussi bien se contrôler – comme face à Emilien Fletcher d'ailleurs – que se laisser aller à ses pulsions les plus destructrices – comme c'était très souvent le cas en vérité.

-Le problème de cette mafia c'est qu'elle se retrouve dans le chaos qu'elle entraîne. Il faut réussir à trouver des intérêts plus intéressants pour eux dans l'union que dans le désordre afin de les rallier, car je doute, sincèrement, qu'on puisse parvenir à les défaire de leur territoire. Comme à la guerre, ce sera leur terrain, pas le nôtre, il ne faut jamais oublier qu'ils connaissent l'endroit et les habitants mieux que nous... la tâche n'est pas facile, mais pas impossible.

C'était un fait, rien de tout ce que les Soupirs entreprenait n'était simple. Ils n'avaient pas pour habitude de se dorer la pilule et de se reposer sur leurs lauriers. Aussi, en visant l'Océanie, ils visaient haut. Ils en étaient parfaitement conscient. Ainsi, Eccleston avait du pain sur la planche, tout autant que Crow, de même que Henri, qui bossait sur le projet également. Au final, ça s'activait pas mal autour du plan, et chacun avait quelque chose de différent à travailler. Eccleston allait devoir conquérir des foules, organiser des rencontres, préparer des discours, c'était un travail d'apparence extrêmement important et il aurait toujours son mot à dire sur les plans de Lincoln et de Henri qui, pour le coup, travailleraient ensemble, dans l'ombre, en élaborant les meilleures stratégies politiques et parfois militaires, pour parvenir au résultat escompté.

L'idée d'une campagne publicitaire était bien pensée. C'était à ça que Crow pensait quand il imaginait Eccleston sur le coup. Lincoln était assez perspicace pour savoir que lui voyait les choses d'un point de vue purement et simplement militaire, stratégique, et logistique. Mais il y avait un soutien à gagner parmi la population que seul Eccleston, et peut-être Henri, étaient capables d'obtenir. Aussi, Lincoln acquiesça et écouta l'idée jusqu'au bout. Ce n'était pas très clair dans l'esprit du Directeur de la Justice Magique, mais ça progressait. Crow savait qu'il l'avait surpris avec cette demande, aussi, il n'attendait pas de lui un plan parfait, simplement des ébauches d'idées potentiellement utilisables et utiles.

-Si c'est une campagne publicitaire qu'il te faut, je pense que du soutien dans la presse sorcière de Singapour doit pouvoir se trouver. Je te ferai savoir dès que j'en aurai trouvé. Aussi, n'oublie pas que les gouvernements bourbistes sont de plus en plus méfiants vis à vis du purisme... après l'avènement du Seigneur des Ténèbres certains états ont même basculé dans la dictature. Actuellement, ce n'est pas le cas à Singapour, mais si ils sentent une pression trop importante et rapide de la part des mouvements contestataires, je doute qu'ils laissent libre court à la presse... la censure est possible. Il faudra être vigilant.

Bien entendu il avait besoin de temps. Lincoln ne lui enlevait pas la difficulté de se plonger dans le plan dès maintenant. Chaque chose en son temps, Lincoln prévoyait de partir en Australie d'ici quelques semaines, et les véritables manœuvres n'étaient même pas encore au point. Tout était encore à faire, mais en sachant James derrière lui et prêt à suivre le mouvement des Soupirs, il n'était pas impossible que les choses accélèrent légèrement, comme il l'espérait depuis quelques temps. Crow savait être patient, mais il savait reconnaître les situations où il était nécessaire d'accélérer les choses pour ne pas chuter lourdement. Une sorte d'énergie cinétique devait s'introduire dans leurs manœuvres pour ne pas plonger. C'était difficile, et même si Lincoln n'était pas encore absolument certain de la fin de cette histoire, il était à peu près sûr qu'il ne laisserait rien au hasard et à la défaite de lui-même. Il tenait à cette victoire sur le purisme, d'une part pour propulser James en politique, et d'autre part pour que les fronts puristes-bourbistes perdent de leur importance actuelle. Car bientôt le Seigneur des Ténèbres serait obligé de viser l'Amérique du Sud, et quand ce sera le cas...

Il sera préférable que le reste du monde soit avec lui.

La Nouvelle-Zélande. Lincoln l'avait oubliée, ou du moins, pas vraiment. Il avait simplement oublié d'en parler car la situation politique de l'île n'était pas en défaveur vis à vis de leur plan... pas du tout même, c'était l'exact opposé.

-Aucun risque, il s'agit d'un gouvernement puriste autoritaire qui, à terme, rallierait le Seigneur des Ténèbres si celui-ci en avait besoin. Aucun risque de se faire prendre à revers par cette île, ce sera même notre ultime bastion en cas de défaites consécutives.

Son contact venait d'ailleurs de Nouvelle-Zélande. Il était monté en Australie dans l'idée d'intégrer un groupe séparatiste Puriste et il avait réussi. Aujourd'hui, l'Australie était divisée entre le bourbisme au gouvernement, et le purisme dans la population. Il s’agissait d'une zone de guérilla où le purisme ne risquait absolument rien et où le bourbisme tomberait de lui-même d'ici quelques semaines, voire mois tout au plus. En vérité, l'Australie n'inquiétait pas pour le moins du monde Crow qu'il savait déjà perdue pour le bourbisme. Ce qui le dérangeait c'était les îles au nord avant Singapour. C'était une zone de conflit, une zone de tension où si l'Intendance, par l'intermédiaire très officieux des Soupirs, contrôlait les gouvernements, une bonne partie des intentions bourbistes d'Amérique s'écraseraient aussi sec.

Lincoln se leva alors, rangea la carte et alluma une cigarette, de nouveau.

-Bon, il va falloir que tu penses à tout ça de ton côté, je vais en parler avec Henri. Si tu connais des puristes en Océanie, contacte les, c'est toujours bon à prendre. J'ai quelqu'un à aller voir au centre de Dublin, je te laisse... le patron du bar a une cheminée menant directement dans un autre bar à Liverpool, il te laissera l'emprunter, ça t'évitera de sortir d'ici.

Crow remonta alors les escaliers, salua le patron qui était encore affairé à laver quelques verre à pinte, et sortit du bar. Il regarda à droite, puis à gauche et finalement s'en alla par l'allée d'où les deux compères de la Justice Magique étaient venus. Il dévala les hauteurs de Dublin par de petites rues. Il su assez rapidement lorsqu'il quitta le territoire puriste de la cité. En vérité, le décalage était assez flagrant. Chez les puristes, pas un mendiant moldu dans les rues, pas un chat dans la rue. Les gens avaient sans doute peur des représailles la nuit et se cloîtraient chez eux tels des rats morts. Chez les bourbistes, c'était différent. Aux abords du quartier puriste, le quartier bourbiste n'était pas très différent, sinon quelques clodos ici et là. Mais plus l'on s'enfonçait dans les terres, plus il devenait compliquer de ne pas prêter attention aux détails moldus se terrant ici et là. Le clou fut de passer par une allée festive où se trouvait une bonne partie des bars branchés du quartier. Lincoln ne prêta pas attention et continua sa route. Il était capable de rester en territoire moldu sans perdre son sang-froid, et son objectif était assez important pour ne pas le perdre de vue.

Il continua jusqu'à arriver dans un quartier plus calme, plus résidentiel et tout aussi bourbiste. Son contact l'attendait au port, et il avait encore du chemin à faire. Il s’engouffra dans quelques ruelles plus désertes encore, mal éclairées pour la plupart du fait que l'éclairage public déconnait sévère dans cette partie de la ville. La baguette du mangemort était toujours prête à être dégainées. Il la gardait proche histoire de ne jamais être pris au dépourvu. Question de sécurité...

Et d'ailleurs il allait en avoir besoin.

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MessageSujet: Re: Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James] Jeu 25 Juil - 0:01

-Augustus ? Petit déjeuner.

Il devait être six heures du matin, six heures et demie à tout casser. Comme d'habitude : sous prétexte qu'on était dans une ferme, on était supposé se lever aux aurores, même lorsqu'on était venu se reposer quelques jours. C'était comme ça depuis toujours. Augustus se tourna dans son lit en grognant quelque chose d'incompréhensible, mais son père poursuivit, insensible :

-Et ne te plains pas, je t'ai laissé dormir tard.

Pour le coup, Aug' ouvrit un œil et essaya de faire le point sur le radio-réveil. Sept heures et vingt-deux minutes. Quelle grasse matinée, en effet ! Il aurait pu protester, mais déjà Cole ouvrait volets et fenêtres, parlant fort, et la prochaine étape, classiquement, serait l'arrachage pur et simple des draps. À la campagne, on se lève tôt. Trop occupé à s'étirer, le jeune sorcier ne réagit pas assez vite pour empêcher son paternel de s'emparer des couvertures et de les retirer brusquement en claironnant :

-Allez, garçon !

Augustus avait dormi nu en raison de la chaleur, inhabituelle dans la région, et il exécuta une sorte de bond qui le fit retomber assis, manœuvre désespérée pour se cacher aux yeux de son père. Cole éclata de rire, et descendit l'escalier en plaisantant sur le fait qu'il avait déjà vu les attributs de son fils et qu'il n'y avait pas besoin de faire tant de manières. Aug' s'habilla, en maugréant, d'un vieux jean râpé et d'une chemise légère, et descendit rejoindre son père dans la cuisine. Cole, déjà assis devant son thé et ses œufs brouillés, l'accueillit en souriant. Il avait déjà versé du café dans la tasse destinée à son fils, et il cessa de manger pour remplir son assiette. C'était vraiment un brave type, sous ses airs un peu bourrus.

-Qu'est-ce que tu comptes faire aujourd'hui, grand ?
-Sais pas... J'ai un rendez-vous à Dublin à cinq heures, mais avant... C'était bien la peine de me réveiller si tôt !

Son brave homme de père se chargea de lui suggérer  des occupations pour le reste de la journée – le travail ne manquait pas, à la ferme. Il n'avait posé aucune question sur le séjour imprévu d'Augustus chez lui ; il l'accueillait avec plaisir, mais se doutait que le gamin ne venait pas pour ses beaux yeux. Ce drôle avait le don pour se mettre dans le pétrin, et sans doute avait-il quelques ennuis avec la police anglaise... Cole O'Connell, Moldu de son état, ignorait tout de la guerre qui faisait rage chez les sorciers et menaçait sa propre existence. Il ne savait pas que son voyou de fils était devenu un hors-la-loi, résistant de surcroît, et qu'il avait combattu pour sauver sa peau contre des Mangemorts. Il était venu, à l'invitation de Tom Jugson, chef de la Vague, prendre quelques jours de repos dans sa famille après une période chargée, et aussi prendre la température du pays. Il connaissait l'Irlande et était le mieux placé pour remarquer les changements. Chaque soir, il consignait dans un carnet les notes destinées à Tom et aux autres de la Vague. La journée, il aidait son père dans son travail, et se baladait un peu partout pour observer. Il était allé dans quelques villes, mais pas encore à Dublin, qu'il comptait visiter dans l'après-midi. Il y avait donné rendez-vous à un ami sorcier, sang-mêlé comme lui, résidant dans la capitale, qui saurait le renseigner sur l'état du pays.

À cinq heures, les deux hommes se retrouvèrent dans un pub moldu de Dublin, et ils bavardèrent durant deux bonnes heures. Augustus se fit faire un rapport complet sur l'avancée de la guerre, sur le moral des sorciers, sur les populations moldues touchées par les combats, sur tout ce qui pouvait intéresser Tom, en prenant des notes au fur et à mesure dans son carnet. Il sortit du pub passablement démoralisé, vers sept heures, et, au lieu de rentrer directement chez son père, songea qu'il serait agréable de faire un petit tour dans la ville. Il aimait Dublin pour son calme provincial – autant qu'il aimait Londres pour sa vie trépidante. Plongé dans ses réflexions, il marcha le nez au vent, sans trop savoir où il allait, et s'éloigna un peu du centre de la ville. Les passants étaient nettement moins nombreux dans ce quartier où, en prime, l'éclairage public fonctionnait mal, ce qui contribuait à rendre déserts les trottoirs. Augustus s'arrêta soudain, le regard levé vers la plaque chichement éclairée indiquant le nom de la rue. Il connaissait ce coin, et il avait marché un bon moment pour arriver là ! Son père allait râler qu'il ne soit pas rentré dîner, et qu'il n'ait pas prévenu. Autant manger un morceau à Dublin... Le hors-la-loi serra sa baguette dans sa poche pour transplaner vers des quartiers plus fréquentés, mais, avant qu'il ait pu bouger, il avisa un type qui marchait d'un pas décidé sur le même trottoir. L'homme lui sembla étrangement familier, et il le reconnut rapidement, à la lueur d'un réverbère : Lincoln Crow, un Mangemort. Il avait sa photo au QG de la Vague, comme tous les autres tarés au service du régime. Augustus eut une seconde d'hésitation. Crow semblait ne pas l'avoir vu... Il se rencogna contre une maison, et donna sur sa propre tête un léger coup de baguette magique dans l'espoir de se désillusionner. Il n'avait jamais eu recours à cette pratique et le regretta, car rien ne se produisit ; il se tapit alors encore plus dans le noir, en priant pour que le Mangemort ne l'ait pas remarqué.


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MessageSujet: Re: Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James] Jeu 25 Juil - 0:01

Le membre 'Augustus O'Connell' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James] Sam 27 Juil - 11:10

Lincoln avait toujours été doté d'une certain sens du danger et de l'appréhension. Il avait toujours à peu près su quand est-ce qu'il risquait sa vie réellement et quand foncer dans le tas ne lui serait pas plus dangereux que de rester en retrait. Il analysait bien, voilà tout, la situation. C'était un homme relativement méfiant, calculateur, et il ne prévoyait généralement rien sans être sûr du but de l'opération. Aussi, il était un homme et se ratait parfois, comme avec Leonheart et sa capture direction le repaire de l'Ordre du Phénix, mais ces choses-là, bien qu'elles figurent aux yeux de tous comme des échecs, étaient pour Crow des moyens inestimables de comprendre le fonctionnement ennemi. Peu de gens connaissait la guerre comme elle l'était réellement. Ce n'était pas qu'une affaire de nombre, d'hommes, et de baguettes employées. Ce n'était pas non plus qu'une affaire politique, raciale, ou territoriale. C'était aussi une affaire d'analyse et de compréhension. On faisait la guerre car on voulait comprendre l'autre, car l'autre est l'inconnu qui nous fait peur. Aussi, se frotter à lui et le détruire était un gage de sécurité pour la force frappante. Aussi, Crow avait appris à essayer de comprendre l'autre avant d'aller à la guerre. Non pas pour annuler les combats, loin de là, mais pour les rendre obsolètes. A vrai dire, plus il connaissait l'ennemi, ici les bourbistes, plus il comprenait leur façon de se battre et il les appréhendait, forcément, bien mieux. L'opération Standing North avait été basée sur cette tactique, et au final, malgré une capture imprévue, le reste avait été un succès. Il avait tout de même dû improviser, inutile de le nier, car tout n'avait pas été aussi facile que prévu, mais Marshall lui avait posé un bon nombre de bâtons dans les roues. D'une part car Mulciber n'avait pas été dans son meilleur état, et car le camp avait réagi d'une manière inattendue à certains événements, malheureusement. Mais tout, aujourd'hui, était réglé, et Crow pouvait assurer avoir réussi sa mission.

Aussi, cette ruelle l'inquiétait plus qu'il n'y paraissait réellement. En vérité, tout, ici, rassemblait les conditions pour un guet-apens ou une connerie du genre qu'il n'aurait pas réellement apprécié si on lui avait demandé d'y foncer tête baissée. Cependant, Crow restait un homme relativement paranoïaque quand il s'agissait d'être en terrain ennemi – sans changer laisser l'impression le submerger non plus – et il mettait volontiers cette appréhension du danger de côté, et surtout sur le dos de la solitude. Il continuait d'avancer, son pas était toujours aussi assuré, droit, fixe. On ne ressentait strictement aucune émotion, ni dans ses yeux, ni dans son comportement, ce type était un miroir qui n'avait aucune autre utilité réelle que de briser ceux tentant de se refléter à travers lui. Si il aurait volontiers été autre part à ce moment précis de la nuit, il continuait à penser que chaque chose arrivait pour une raison. Il ne mourrait pas tant que l'on en aurait pas décidé ainsi, et celui qui déciderait serait non seulement un adversaire coriace, mais il serait surtout connu de Crow car celui-ci le laisserait faire. Il emmènerait, jusque là, le plus possible de saloperie impure dans la tombe pour ne jamais regretter d'avoir été un monstre sans vergogne. Accepter sa condition était la première étape de la rédemption sanguine.

De tous ses ennemis, Lincoln n'en voyait aucun d'assez intelligent pour le détrôner de son siège d'argent sinon Jugson. Ce dernier le connaissait mieux que quiconque et connaissait sa magie. C'était un fait important quand on savait que Lincoln était un adepte de la magie noire de la peur, magie controversée, méconnue – surtout – difficile à contrer quand le combat n'était pas équilibré – c'est-à-dire qu'aucune magie spéciale n'est employée à contre-courant. Il aurait été bien peu prudent d'affronter Lincoln en un contre un, sauf si l'on était certain de savoir comment appréhender ses gestes, ses actions, son savoir, sa magie. Appréhender tant d'éléments relevait forcément d'un bon sorcier, ou d'un excellent chanceux. Et Crow avait appris, lentement, à ne jamais se fier à la chance. Une prostituée se vendant toujours au plus faible. C'était lâche et stupide d'espérer la chance dans une situation où rien ne la justifiait.

Il fallait observer pour survivre disait-on. Observer, analyser, réagir, briser, tuer. C'était en quelque sorte une suite logique, indépendante de toute autre action. Lincoln était plutôt bon dans ce domaine, même si il restait perfectible, bien évidemment. La Guerre apprenait tout autant qu'elle détruisait, c'était sûrement pour cela que le mangemort l'appréciait tant. La Guerre ne jugeait pas, elle permettait simplement le jugement entre les assaillants. C'était foncièrement différent. On haïssait les bourbistes et on utilisait la Guerre pour exprimer cette haine. Mais la Guerre ne permettait pas de les haïr, car c'était déjà le cas avant. Aussi, pratiquer la magie était toujours légèrement indiscret, et la pratiquer en se ratant lamentablement ne l'était forcément pas moins. La désillusion, par exemple, était facilement traçable. Il suffisait juste d'être vif.

-Bombarda!

La baguette était sortie de la veste de Lincoln plus vite qu'on ne l'aurait cru. Il avait visé grossièrement simplement dans le but de faire sortir son adversaire tapis dans l'ombre croyant être invisible. Un sourire naquit sur le visage de Lincoln, rapide, bref, qui eu simplement pour effet de rappeler à son propriétaire combien il était terrifiant pour ce vieil imbécile osant le défier ainsi. Qu'il était drôle de penser que l'ennemi avait cru disparaître pour fuir ? Pour l'attaquer ? Toujours était-il qu'un véritable adversaire n'ayant aucunement peur de Crow n'aurait pas hésité à l'attaquer de front. Ce que l'autre avait volontairement évité.

-Aurait-on peur de montrer sa face de nuisible ?

Le sourire de Lincoln avait disparu déjà. Il était parti aussi vite qu'il était venu. Son regard était froid, vide de vie, sans compassion. C'était un être morbide, ou presque, qui se tenait droit. Sa baguette était prête à tout, surtout à tuer. Car si l'on était fin observateur, et l'autre ne manquerait pas de l'être, et un brin intelligent, on se doutait facilement que tuer faisait partie des habitudes du mangemort.

Et diable que ces habitudes étaient belles à ses yeux.

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Dernière édition par Lincoln Crow le Sam 27 Juil - 11:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James]

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Réunion de fidèles, pour créer l'étincelle. [James]

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