POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Inheritance || Solo

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John Mulciber


MessageSujet: Inheritance || Solo Mar 2 Juil - 11:48




❝ Des démons, et mon âme qui vacille...

BY TCHI ON APPLE SPRING
2005.

John Mulciber devenait vieux. Plus que la mort, plus que la vie, il craignait cela. Il entendait les cris. Il en faisait des cauchemars. Tu es un homme de bataille. Tu le sais. Tu ne cherches pas à le changer. Tu aimes ça, même. Mais regardes, tes mains tremblent. Tes cheveux deviennent gris. Tu n'es déjà plus tout à fait toi. Il vieillissait, oui. Bientôt, il ne serait plus un homme de guerre. Que ferait-il alors ? Il était incapable d'être un homme de paix. John Mulciber survivait à tout et rien ne le détruisait. Il ne craignait pas de mourir ni de vivre. Mais s'il vieillissait, il ne serait plus lui même. Fou, fou ! Tu n'es déjà plus toi-même. Tu m'entends, moi. Tu entends Golgoleth, aussi. Comment voudrais-tu l'être ? La voix agressive, mordante, du Millénaire. Les propres erreurs de John lui revinrent en mémoire. Il était si différent de l'homme qu'il aurait voulu être. Je suis moi, pourtant. Où me suis-je perdu ? Où me suis-je trompé ? Il ne voulait pas refaire le chemin en arrière pour autant.

Alors que demandes-tu ?

Rien.

Si.

La faculté de pouvoir dire peut-être.

John Mulciber ferma un instant les yeux puis les rouvrit. Il n'avait qu'une seule option. C'est à cela qu'il songeait lorsqu'il mit en place le premier rite. Les deux épées étaient là, sagement posées contre le mur.

John Mulciber ne voulait qu'une seule chose. Une dernière chance. Même pas. La possibilité d'une  chance. Tu en as déjà eu des milliers, et tu ne les as pas saisi. Pourquoi le faire maintenant ? Parce que je vais changer. Tu m'en diras tant. Le Millénaire ne le croyait pas, mais John s'en fichait. Il prit la craie et commença à tracer le pentacle. Un pentagramme de Lovecraft. Deux étoiles inversées, imbriquées, l'une dans l'autre. Puis il se plaça au centre du cercle et d'un coup de baguette s'entailla un bras. Le sang gicla avec un petit bruit humide, et le mangemort grimaça légèrement. Le sang coula avec un léger bruit, puis il le repartit le long du pentacle. D'un sort informulé, John fit venir à lui le Necronomicon, et le laissa flotter à hauteur d’œil. L'invocation qu'il réalisait ne comprenait ni vortex, ni parole latine. Il s'agissait de faire venir un démon déjà invoqué. Aussi ne parlait-il pas latin, mais la langue d'Arkham, perdue et retraduite dans le vieux grimoire maléfique, ce qui donnait en langue commune :

« J'en appelle à toi, dans la connaissance et la lumière de ton Maître, qui as vu tous les univers et en  qui reviens toujours. Je t'invoque, Millénaire, réponds à mon appel. »

Il y eut un vent glacial. Tout s'éteignit, la Mort elle même passa, suivie d'une chasse de squelettes de chiens et de chasseurs, puis il fit une chaleur de four. Et dans une puanteur nauséabonde, le démon fut là. Il avait l'apparence d'un homme, couvert par un grand manteau. On ne voyait pas son visage, masqué par un capuchon. John ne tiqua pas pour autant. Je connais ton manège, Millénaire.

« John Mulciber. Te voir ailleurs que dans ton esprit me plaît. Que veux-tu ?
-Que tu tiennes ta promesse. »

Le Millénaire éclata de rire, mais John ne cillait toujours pas. Je ne lâche rien, surtout pas avec toi, Millénaire.

« Ma promesse ? Ne t'ai-je pas déjà aidé ?
-Non. Tu m'as maudit. C'est très différent, et tu le sais très bien. J'ai payé le Du. A toi de remplir ta part du contrat. »

John Mulciber connaissait bien les arcanes des pactes démoniques. Chacun d'entre eux avait ses propres règles, qui variaient. Le pacte avec le Millénaire n'était pas le même qu'avec le Golgoleth. Il fonctionne plus simplement, même. Je demande, et en échange, je donne une contrepartie, le Du, car je suis redevable. Le Du, c'était la malédiction. Le Millénaire vivait dans votre esprit, et vous rendait progressivement fou. En demandant à le payer, John renversait la situation : c'était le Millénaire qui lui devait quelque chose. Celui ci était intelligent. Il éclata de son rire grave de démon :

« Bien. Tu n'oublies rien, pour un humain. Que veux-tu ?

-Que tu sortes de ma tête et que tu me donnes tes connaissances. »

Il y eut un rire, titanesque, monstrueux. Le capuchon du Millénaire tomba, et John Mulciber put voir son visage, un visage en putréfaction, un visage de cadavre, pourri. Il tombait en morceau, du sang coulait, avec du pus. Ses yeux étaient vides, froids, noirs. Des asticots grouillaient dedans. Il sourit, découvrant une langue à moitié rongée et des dents miteuses :

« Approche, John Mulciber ! As-tu peur de la mort ? »

John sourit à son tour. Non, je n'ai pas peur. Pas de toi, Millénaire. Il s'approcha, et enfonça ses pouces dans les orbites vides du cadavre.

« Non. Et tu vas me donner ce que je demande. »

Il y eut un autre rire, et le Millénaire saisit de ses mains putréfiées celles de John Mulciber. Il écarta celles ci de son visage, et celui ci commença à changer. Il fondait, la peau redevenait saine, ses yeux réapparurent, et John le vit tel qu'il était vraiment. Un homme brun, sans age, les yeux d'un vert si pur que personne ne pouvait l'avoir vraiment vu.

« Tu gagnes, John Mulciber. Tu es doué. Mais tu ne seras pas épargné pour autant. »

La silhouette partit en poussière, une poussière dorée, fauve, sombre. Elle vint, d'un coup, former une pique, et se précipita dans l’œil sombre de Mulciber. Il hurla. Ça ne pouvait pas s'arrêter. Il allait mourir. La douleur était telle qu'il pleurait des larmes de sang. Il ne pouvait pas la stopper, alors il hurla. Je vais crever.

Non.

Je vais vivre.

Il s'écroula.

Puis ouvrit les yeux, fixant le plafond. Les cicatrices avaient disparus autour de son œil. Ils étaient verts tous les deux. Et il savait.

Spoiler:
 


Dernière édition par John Mulciber le Lun 22 Juil - 14:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Inheritance || Solo Mar 2 Juil - 18:44




❝La mort ou la gloire, le feu ou le sang...

BY TCHI ON APPLE SPRING

2005.

La connaissance. C'était une arme, et ça pouvait tuer. John Mulciber le savait, à présent. Il observait. Il voyait. Il comprenait. Cela ne se manifestait pas par l'impression d'avoir la science infuse. Plutôt comme si un voile disparaissait, et que d'un coup, le monde qui l'entourait devenait simple et clair, facile à appréhender, comme si plus rien n'avait de mystère. Oh, quel sentiment lorsque j'ai vu cette lumière ! Il n'avait jamais été aussi vivant, ni aussi lucide. Il comprenait mieux le monde, même, que lorsque le Millénaire était avec lui. Il lisait simplement, dedans, comme dans un livre. John Mulciber n'en était pour autant pas plus heureux. Il me semble que toute la sagesse de tous les mondes vient de me tomber dessus. Il me semble que je suis encore plus vieux.

Point positif, il n'y avait plus la colère. Il n'y avait même plus rien. Juste le calme, froid et serein, immense et paisible. John restait lui même, il ne fallait pas s'y tromper. Mais son esprit semblait au repos, plus clair, plus attentif. Il saisissait d'un coup chaque nuance. Sa folie aveuglante refluait un peu. Ah, tu crois ça ? Oh, mortel, tu es parfois tellement stupide. Tu crois sincèrement que tu peux te débarrasser aussi facilement de moi ?

Point négatif, Golgoleth remplaçait le Millénaire. Et c'était pire. Je pouvais lutter, avant. Plus maintenant. Je n'en ai plus pour longtemps. Je tiens, pour l'instant, mais ça devenir chaque jour un peu plus dur. Le mangemort l'admettait volontiers : il avait invoqué le démon sans trop savoir quoi en faire, se disant juste que sa puissance pourrait être utile, maintenant, il le payait. La démonologie, science du diable, ma foi. Il ne maîtrisait pas la puissance de ce démon là. J'ai joué trop gros. La solution existait, pourtant. John la connaissait, avec les risques et les avantages qu'elle comportait. C'est dangereux. Je pourrais crever, et ne pas en revenir. John Mulciber sourit, lucide, avec un peu de tristesse.

Qu'avait-il à perdre? La réponse vint vite. Rien. Je suis un homme seul, et si vieux. John avait cinquante-et-un ans, et il lui semblait être aussi vieux que le monde. Je ne devrais pas être en vie. Serpens est mort, et moi je suis vivant. Ce monde n'est pas logique. Un vieux meure. Un jeune survit. Ca, d'accord. Rien à dire. Mais le contraire...

Je n'ai pas cessé de faire des erreurs. Je ne sais pas où je vais. Je vais essayer. Mais ça n'a pas de sens. J'ai ri alors qu'il fallait pleurer, absout ce qui me ruinait, banni mes alliés et fait d'eux mes ennemis, fait de mes ennemis mes alliés. A quoi tout cela rime-t-il ? A quoi ? Je devine toujours, mais je ne sais juste pas.

« La vie est toujours folle...
-Vous parlez tout seul, père ? »

John sortit de sa rêverie et jeta un œil du côté d'où venait la voix. Roxane, bien sur. Elle se tenait à distance. Elle a peur de moi. Ça aussi, ce fut une erreur. De SaintClair lui a retiré ses marques. Elle lui sera loyale, mais pas à moi. D'ailleurs, pourquoi revenait-elle ? Avant, il l'aurait tué. Et aujourd'hui, rien. Le monstre est-il mort ? Non, juste qu'il existe sous une autre forme. Il se contenta de sourire, et dire :

« Je me prépare pour un voyage au bout des Ténèbres, un voyage dont on peut ne pas revenir. Il se peut que j'en crève, oui. Alors je vais m'autoriser à être encore un peu plus dingue que je ne le suis déjà. »
Il tapota sa tempe d'un index inquisiteur, amusé : « La tête est déjà vide, qui deviendra crâne. La folie, c'est le déjà là de la mort. » D'ailleurs, il faut toujours être botté et prêt à partir, John Mulciber. Ta gueule, toi, le Roi-Vyre. « Je vais peut-être bien y rester. Si ça arrive, Roxane, dis moi,  qui me sauvera ? »

Personne, disaient ses yeux, et surtout pas moi. Je danserais sur ton cadavre, salaud, parce que vous vouliez me détruire. John sourit encore. Il n'avait plus le temps de s'occuper de la haine et de la rancune. Là où je vais il n'y aura rien. Je joue le tout pour le tout. Gagner ou perdre. Vivre ou mourir. La vie ne valait plus rien, il n'y en aurait plus d'autre. Il ne restait qu'à tenter le coup, sans savoir si c'était pour s'accrocher à un espoir sans but ou pour rendre grâce de l'avoir échappé belle tant de fois. Il laissa aller sa fille, et continua à fixer le jardin sans le voir. Il était ici chez lui.

Mais alors, d'où lui venait la sinistre impression de n'être qu'un étranger dans un monde qui aurait du être le sien ?

Le choix qui s'offrait à John Mulciber n'en était pas un.

Il descendit à la cave, et eut la vision de son tombeau, là-bas, dans la crypte. Pas encore, mais ça viendra, John Mulciber, bientôt. Tu verras. Le mangemort ignora Golgoleth. Il se moque de moi pour rien, ça ne prend pas. Il barra la porte en chêne d'une lourde barre de fer, et pour assembler le tout, enroula une grosse chaîne, qu'il ferma par un solide cadenas gros comme un poing. Personne n'entrerait ici ; plus important encore, personne n'en sortirait. Par mesure de précaution, John récita  huit longs sortilèges pour parfaire la protection.

Puis il commença le rite. Long et complexe, il durait longtemps, car ce n'était pas une invocation, mais un transfert. Six bougies étaient posées en cercle. Ashrael était posée devant John. Il fit à nouveau venir un livre devant lui, mais il s'agissait cette fois du Thésaurus, qui décrivait les arcanes de la Gabala. Il fallait passer par six paliers de séparation. A chaque fois, une bougie s'éteindrait. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de lumière. Jusqu'à ce que la porte s'ouvre.

Jusqu'au début de ma mort programmée.

John était fataliste là-dessus. S'il y avait un autre moyen, je l'emploierai, mais il n'y en a pas. Et c'était sa seule chance de ne pas sombrer définitivement dans la folie. John ne regrettait rien. Il allait le faire. C'était la seule solution. Dut-il y passer. Il prononça les six paroles rituelles. Ouverture. Chemin. Porte. Entrée. Arrivée. Fin.

L'épée tournait. Elle s'éleva dans les airs, dangereuse, vibrante. Avec un vrombissement assourdissant, elle fondit sur John et le transperça au niveau du thorax. La douleur fut telle que le mangemort en eut le souffle coupé. La souffrance l'envahissait, incontrôlable. Puis vint le froid, glacial et immense. La mort était peut-être venue plus vite qu'il ne le pensait.
Soudain, il y eut quelque chose de dur sous lui. Le sol. Il était tombé. Mais il n'était pas mort. Pas encore. D'un geste mal assuré, il remarqua qu'il n'avait rien de cassé, et il se remit sur pied. John comprit lorsqu'il regarda autour de lui. Il me teste. Il attend. Il va venir. Le Golgoleth jouait, il avait tout le temps devant lui, mais John Mulciber, lui, ne pouvait pas se permettre de le faire. Autour de lui, les murs étaient sombres. Le sol était froid, il avait pu le constater. La seule fenêtre, perdue dans le noir, là haut, ne laissait entrer que peu de lumière.

« Tu n'es pas si intelligent que ça, finalement. Venir ici n'est pas une preuve de courage, juste de stupidité...suicidaire, qui plus est. »

John se tourna lentement vers son interlocuteur, derrière lui. Il fit face, pourtant . Il ne change pas. Le Roi-Vyre, Golgoleth, était toujours ce crâne, souriant, et ces orbites vides, aussi froides que la mort est même. Il est comme le diable. La machoire du démon claqua avec un bruit d'os alors que tonnait son rire à vous glacer le sang. Mulciber ne tremblait pourtant pas. J'en ai vu d'autres, je veille, je peux y arriver.

« Tu es venu négocier à nouveau. Que veux-tu, dis moi, John Mulciber ? »

Le mangemort ne tremblait toujours pas. Il savait ce qu'il voulait, enfin. C'était simple et clair. Mais c'était un échange. Que voudrait-il, lui, en face ?

« Je veux que tu effaces tout cela. Je veux ta force. La jeunesse. »


On ne pouvait pas rajeunir, pas vivre éternellement. Ce n'était qu'une avance sur la mort, une pichenette sur le temps. Il gagnerait quoi ? Cinq ans ? Dix ans au maximum. Mon temps est révolu. Il ne voulait pas demander de vivre à jamais. Il se méfiait de la contrepartie. Il pensait juste qu'après ça, le Roi-Vyre s'en irait. Car il ne pouvait plus vivre ainsi.

Ou alors il le tuerait. Et c'était nettement plus probable. Le démon sourit encore. C'est fini, cette fois. Il tendit la main, et Mulciber recula. Mais il ne pourrait pas le faire très longtemps. La main d'os s'abattit sur son visage, John en sentait le contact glacé et morbide. Aucun d'entre eux ne bougeait, puis d'un coup, le mangemort se sentit plus léger, plus calme. La main du démon se reconstitua, elle se couvrit de chair puis de peau. Puis Golgoleth recula. Il se vit lui, cassé, détruit, presque mort. Fini depuis longtemps. Où est passé celui que j'aurais du être ? Je suis vieux alors, j'aurais du être jeune aujourd'hui... Il contempla de ses ses propres yeux sa figure ravagée par sa vie, son nez cassé et ses cheveux gris. C'est moi, ça n'a jamais rien été d'autre que moi...

Puis il réalisa qu'il se sentait bien. Vraiment bien. Plus jeune. Pas beaucoup, mais un peu. L'autre souriait. Il a encore un plan, car même s'il a mon visage, c'est toujours le Golgoleth. Et tout cela ne disait rien qui vaille à John.

« Regarde toi, John Mulciber. »

Le Roi-Vyre se moquait de lui. Comme moi je me moquais du monde. Est-ce que je suis encore vivant ? Je ne sais pas. Je voudrais bien revenir en arrière, m'arrêter un peu. Prendre le temps d'aimer ce qu'il n'avait jamais aimé parce qu'il n'avait pas réalisé qu'il attendait des choses que ce qu'il détestait ne pouvaient pas lui offrir. Il regardait son reflet dans un miroir qui n'en était pas un. Pas celui d'un homme plus jeune, mais de l'homme qu'il devait être. Qu'il aurait été si Azkaban, les combats, la démonologie, n'étaient pas passés par là. Puis le miroir se brisa, au moment où John Mulciber aurait pu devenir un peu meilleur. Le démon sourit, et le mangemort sombra dans le piège que le Golgoleth lui avait tendu, sans espoir de retour.


Dernière édition par John Mulciber le Lun 22 Juil - 14:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Inheritance || Solo Dim 7 Juil - 16:35




❝Le Nord du monde, si loin...

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Quelque part hors du temps.

Le fait de ne pas savoir s'il était mort ou non commençait légèrement à agacer John Mulciber. Lorsqu'il ouvrit les yeux, un vent froid, sec et poussiéreux, lui passa sur le visage. Il regarda autour de lui, cherchant à se faire une idée d'où il venait d'atterir. Ce monde-ci était gris. John se redressa. Il crut d'abord que cette absence de couleur venait d'une mauvaise vision de sa part, mais il ne se trompait pas. Gris et rocheux était le paysage, gris était le ciel, et pour parfaire le tout, grise était même l'eau du torrent qui passait en contrebas. Eh bien, c'est gai et original, tout cela. A croire que cette fois je suis vraiment mort...il y avait en effet un coté infernal dans ce paysage, jusqu'à l'absence totale de soleil. Au loin, très loin, il sembla à John entrapercevoir une petite lueur pâle. Il décida d'aller vers là, mais la distance semblait infinie. Il n'avait pas sa baguette. Je me sens vide. Il manque une partie de moi.

Avancer. Il fallait qu'il marche, qu'il aille vers cette lumière, là bas il y avait peut-être de la vie. Tout se ressemblait et le paysage restait invariablement le même. Il ne parvenait toujours pas à mettre un nom sur cet endroit. Au pouls, je suis vivant, mais ici c'est mort. John soupçonnait le Golgoleth de l'avoir envoyé ici, où que ce soit, et qu'il reste enfermé à vie. Pas vraiment mort, mais condamné à errer pour l'Eternité. Mulciber se prit à rire. Bien trouvé, je l'avoue. Il continua à marcher jusqu'à ce qu'il perde la notion du temps, et lorsque celle ci disparut totalement, il s'arrêta. S'asseyant sur un rocher, il regarda autour de lui. Paumé, je suis définitivement paumé. Il n'entendait plus le Golgoleth, c'était un avantage. Seul dans mon crane, seul au milieu du néant, me voilà bien.

« Ce n'est pas un endroit pour les vivants. Vous seriez vous égaré ? »

John sursauta violemment. En face de lui, debout, il y avait à présent un homme. Grand, de haute stature, les yeux verts, d'un vert émeraude très prononcé, brun, John aurait pu jurer l'avoir déjà vu quelque part, mais il ignorait où. L'homme souriait, comme s'il riait d'une plaisanterie qu'il était seul à comprendre. Mulciber sourit lui aussi d'un air las.

« J'en déduis que c'est un endroit pour les morts, que vous l'êtes, et qu'en plus vous savez où on est. Juste ? »

L'autre éclata de rire franchement, d'un rire qui rappelait quelque chose ou quelqu'un, il ne savait pas trop, à John :

« Exact. Enfin presque. Nous sommes au Nord du Monde, là où le Golgoleth envoie ceux qui lui sont redevables. Comme on général, on demande la vie éternelle, il tue les contractants avant des les envoyer ici. Ca a été mon cas.  Je suis Martell. Je commande ici.
-John Mulciber. Vous commandez à qui précisément ? »

Ce que disait l'inconnu, Martelle comme il s'était nommé, n'étonnait pas vraiment John et ne faisait que confirmer ce qu'il savait déjà. En revanche, il se demandait pourquoi il avait l'impression de connaître ce type. Je l'ai déjà vu. Mais où ? Et quand ? Il voulait apprendre. Comprendre qui était Martell. Donc il posait des questions. L'autre sourit encore :

« Des morts. Nous le sommes tous, ici, sauf vous. Je suis le premier à être arrivé, alors...ça fait longtemps vous savez. Depuis 980. »

Effectivement, 1025 ans, ça faisait long. John ne dit rien, il continua à écouter. Martell souriait :

« Ca fait étrange de voir un vivant. Tout est mort, ici. Sauf la lumière, là bas, c'est le palais du Golgoleth. Il ne vient pas par ici, et c'est tellement loin que nous n'y arrivons jamais. Nous sommes là. Nous attendons. Le Nord du Monde est un mauvais nom, c'est la Mort du Monde qui serait le plus juste. Après tout, c'est déjà la mort de la Gabala. Ce qu'il en reste. »

En attendant parler de la Gabala, John tilta. S'il était encore perdu dans cet Empire Démonique, cela signifiait qu'on pouvait rouvrir une porte donnant sur le monde réel. Mon monde. Je peux rentrer.

« La Gabala a une porte.
-Pour ouvrir une porte, il faut la clé. Nous ne l'avons pas, puisque vous avez du l'avoir pour voir le Golgoleth. De plus, il contrôle ce coté ci de la porte. Ca ne sert à rien...
- Mais pour moi, qui ne suis pas mort... »

Martell marqua une longue pose méditative. Ses yeux ressemblent aux miens, s'aperçut brusquement John. Le mort semblait réfléchir. A quoi ? Le mangemort n'en savait rien. Ca ne changeait rien, puisqu'ils ne pourraient pas ouvrir la porte. John avait tort d'espérer. C'était vain. Martell ouvrit finalement la bouche :

« J'ai peut-être une idée. Il faut que je parle de vous à Bathory.
-Elizabeth ?
-Oui. Une grande sorcière, mais la magie du sang et les moldus ça ne fait pas bon ménage. Curwen sera peut-être intéressé, lui aussi. Venez.»

Joseph Curwen était un mage noir reconnu du XVIIème siècle, un démoniste majeur en ce qui concernait la Gabala, John était donc à peine étonné d'entendre ce nom là ici. Il suivit Martell jusqu'à leur camp, observant qu'ils s'éloignaient de la lueur du lieu où se trouvait le Golgoleth. Le camp se trouvait être une ancienne cité en ruine. Martell y fut accueilli en héros. Ils sont quinze, observa John, peut-être un peu plus. Mis à part Curwen et Bathory, personne ne lui semblait connu. Elizabeth l'écouta patiemment, du haut de sa stature de grande femme blonde et froide qui lui donnait l'air d'une impératrice. Curwen, plus dans le genre vieux médecin de cmapgne, lui témoigna un intérêt poli. Ce sont des bons hôtes. C'est un drôle de monde aussi. On n'avait ni faim ni soif, pas sommeil non plus. John s'habitua peu à peu.

Martell était sans égal. Tout le monde s'inclinait devant son humour, son coté simple, ses phrases courtes et tranquilles. On ne savait rien de lui pourtant tous le suivaient. Mulciber était admiratif et estimait avoir beaucoup à apprendre de cet homme là. Philosophe et sage, il savait pourtant rire et était loin d'être ennuyeux. Il semblait tout avoir vu du monde. John apprit que comme lui, Martell avait invoqué et vaincu le Millénaire. Il semblait au mangemort qu'il avait tout à apprendre de cet homme là. Ils parlaient très longtemps. John avait parfois l'impression de le connaître depuis toujours et le lendemain de découvrir un étranger. Dans les yeux de Martell il n'y avait qu'une profonde tristesse. A son contact il changeait et devenait plus sage, d'autant qu'il possédait désormais les connaissances du Millénaire.

Puis un jour, Martell vint trouver John.

« J'ai peut-être une solution pour toi.
-Vous l'avez déjà dit. C'est quoi ? »

Martell sourit. L'impertinence et l'impatience de John ne semblaient pas l'outrer, il s'en amusait même. Mais il cache quelque chose. John s'était habitué à cela chez Martell, à son malaise sur certains sujets aussi, comme son passé, qu'il n'évoquait jamais. Il reprit finalement la parole, prenant le temps de choisir ses mots :

« Quand j'étais vivant, j'étais le général de l'armée d'un roi. Finalement je me suis révolté, et j'ai demandé au Golgoleth de vivre à jamais pour assurer ma victoire. Mais je compris qu'il se servirait de moi. Coûte que coûte j'ai décidé de me battre une dernière fois pour que le Roi m'arrête, et il le fit. Il voulut me décapiter, mais mon contrat me fit survivre un instant, juste avant que le Roi-Vyres ne m'enferme ici. Le démon prit le contrôle de mon corps mais le roi avait l'épée de la Gabala, et il frappa jusqu'à ce que le démon sorte de mon corps. Je mourus, rattaché à la terre, le Golgoleth fut emprisonné et mon esprit condamné à errer ici. »

John connaissait cette histoire. Combien de fois l'ai-je lue ? Tous les détails correspondaient. Mais même si à présent il était sur que Martell n'était qu'un surnom et qu'il pensait connaître son vrai nom, il ne voyait pas où il voulait en venir.

« Que dois-je en conclure ?
-Réfléchis, John. Mettons que ton esprit revienne dans mon corps, pendant ma révolte. Je suis exécuté. Mon âme est emprisonnée ici. Le Golgoleth est vaincu. Mon esprit, celui de Martell, survivra un instant avant de disparaître, rien ne changera. Mais au premier coup ton esprit sera là. Ashrael détruit tout ce que fait ce démon. Tu seras libre, et tu retourneras dans ton monde, sans que le Golgoleth ne parasite ton esprit. »

John sourit. Rien n'est sur dans ce qu'il me propose. Les risques étaient immenses. Mais le mangemort ne craignait rien ni personne. Ma vie a toujours été droite, c'est la seule façon d'exister et d'être fier. Ne jamais plier.

« Ca peut échouer...
-Ou réussir. 
-Comment allez vous faire ?
-C'est encore dans mes cordes, ce n'est pas changer de monde, toi et moi serons toujours là, c'est changer de lieu. 
-Sans retourneur de temps ?
-Je n'étais pas trop mauvais sorcier, fit Martell avec un clin d'oeil. C'est facile. J'aurais aimé t'apprendre, mais je n'ai pas le temps.
-Si vous le dites. John marqua un silence, puis il dit : A propos, vous ne vous appelez pas vraiment Martell, n'est-ce pas ? »

L'autre sourit tristement, comme si John venait de découvrir une vérité gênante :

« Non. Mais tu connais mon vrai nom, toi, n'est-ce pas ? Je suis content que quelqu'un s'en souvienne, content de voir que des gens portent le même que moi presque mille ans après ma mort. J'ai été content de rencontrer, John. Adieu, maintenant. »


Il murmura quelque chose, puis John disparut. Resté seul, Martell regarda le ciel gris avec beaucoup de tristesse, et il se mit doucement à chanter tout bas :

« Martell, le grand Martell, pâle sous le ciel clair,
Quand il vit achevée son œuvre immense,
La lourde forteresse, et sa flèche en démence,
Éperdument plongée aux profondeurs de l'air ;

Martell qui sentait la mort planer sur sa guerre,
Fit sa propre statue, et dans la véhémence,
De sa joie, il cria : « Que ma gloire commence ! »
Car l'orgueil au génie allume son éclair.

Et, depuis lors, selon le vœux du statuaire,
Son image s'accorde au fond du sanctuaire.
L’Éternité s'écoule ; et lentement vieillit.

Le culte se fait rare, et rare la prière.
Les hommes ne vont plus saluer, recueillis,
Le vieux Martell et son rêve de fer. »


Il restait quelque chose de Martell, mais dans le fond, il était plus content que l'on se souvienne de Denis de Mull Cair Bren, fondateur presque légendaire de la famille Mulciber.
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John Mulciber


MessageSujet: Re: Inheritance || Solo Lun 22 Juil - 17:36





❝Un seul mot. Guerre.

BY TCHI ON APPLE SPRING

980. Denis de Mull Cair Bren, dit Martell, avait besoin d'alliés. Ancien chef de guerre du roi-sorcier Julian Outlander, il s'était rebellé et désormais, il menait une guerre féroce contre le souverain. C'est le problème lorsqu'on est un rebelle, on n'est en sûreté nulle part, et on ne peut se fier à personne. A l'avenir il se méfierait plus, songea-t-il en retirant son haubert, dévoilant  des cheveux noirs et une barbe en broussaille. La maille de son armure cliqueta sous les plates gravées à l'emblème de l'aigle doré sur fond noir.

Tous les seigneurs sorciers du Sud suivaient Denis et marchaient derrière lui. Mais le roi Julian comptait sur le Nord avec raison. Pour décider de l'avenir de la guerre il fallait convaincre un dernier seigneur de le suivre, et ce seigneur était Farago Winter, dont les descendants prendraient plus tard le nom de Witcher. Denis ne pariait pas trop sur son ralliement. Après tout, Iago Winter, le frère de Farago, venait de prendre parti pour Julian, et Martell voyait mal les deux frères s’entre-tuer.  Mais si Farago restait le dernier seigneur sorcier neutre, il faudrait bien qu'il finisse par choisir. Il possédait un fief gigantesque, qui s'étendait du Yorkshire au Pays de Galles. Lorsqu'il arriva de Scandinavie, bien des années plus tôt, Julian, qui venait de devenir roi, chargea Denis de négocier la paix avec lui. Il ne serait pas facile à vaincre, car il restait l'un des militaire les puissants du pays, avec Outlander et Mull Cair Bren.

Ça écorchait les lèvres de Martell de le reconnaître, mais il fallait que Winter l'aide. On annonça la délégation au maître d’Anchor Hall avec un brin de pompe. Denis de Mull Cair Bren, Bouclier du Norfolk, lord Protecteur d'Est Anglia. Sir Archibalde Bedan, gouverneur de Cardiff, suzerain de  Galles. Axioldan Axelston, gouverneur de Blackpool, lord protecteur du Lancashire. Caractarus Brom, bouclier du Wessex. Martell distribuait allègrement les titres. Il organisait sa nouvelle élite, mais ce foutu héraut ne semblait pas le voir, pas plus qu'il ne semblait voir que lui, Denis, serait bientôt son roi. Il attrapa le héraut par l'épaule :

« C'est Denis de Mull Cair Bren, Ier du nom, Roi-sorcier de Grande-Bretagne, gamin...
- Pour cela il faudrait avoir gagné la guerre, Martell, et si tu es ici, m'est avis que c'est parce qu'elle est encore en cours. »

Farago Winter était roux. Grand, les yeux gris, il ne paraissait pas très vieux malgré ses quarante ans passés. Denis sourit malgré lui. Il ne va pas me soutenir, j'aurais du m'en douter. Voilà, il prenait le parti de son frère, mais ce n'était pas illogique, et Martell ne s'en offusqua pas. Tout du moins en apparence, car il savait que désormais le problème de ses ennemis devenait assez conséquent. Il en aurait détruit quelque chose de rage, mais réussit à faire bonne figure.

« Alors tu prends le parti de Julian?
- Tu te battrais contre ton frère ?
- Non, certainement pas. Nous partons, alors. »

Farago hocha la tête et prononça encore quelques mots avant de disparaître dans les entrailles de son château :

« Alors retraversez mes terres. On vous livrera passage pour cette fois. Après, si vous revenez, nous vous tuerons. »

Ce ne sont pas des menaces en l'air. Winter méritait d'être craint et Denis prit au mot l'avertissement. Il remit son heaume et s'en alla, suivi de ses bannerets. Il fit avancer à marche forcée la petite troupe, et ils arrivèrent bientôt au camp de Martell, près d'Outlander. Là se tiendrait bientôt la dernière bataille. Denis le savait. Mourir ici ou mourir ailleurs, est-ce que ça a une importance ? Cette entrevue venait de se solder par un échec, pourtant Martell ne disait rien. Ses hommes s'en étonnèrent, mais ne dirent rien. Ils craignaient leur chef. Martell ne tolérait pas qu'on parle de lui dans son dos.

Je change. Il prétendait le contraire mais savait que c'était faux. Ça commençait depuis longtemps et ça empirait. Il le constatait depuis maintenant assez longtemps. Depuis qu'il écoutait l'Autre. Il disait venir d'un autre temps. Plus calme et plus austère que Denis, il n'était pas très différent pourtant. Ce n'est pas moi, mais il y a quelque chose. Mêmes idées et même rage au combat, mais un rapport plus calme au monde. Martell mit pied à terre. Je change. Ce n'est pas plus mal. En fait il n'en savait strictement rien. Il prenait du recul sur tout cela. Il se battait encore car le choix s'imposait à lui. Denis savait qu'il ne gagnerait pas.  Vaut-il mieux vivre en serf que mourir en roi ? Tel que je suis parti, je vais vivre, et mourir, en étant rien du tout. Ce constat lui arracha un sourire.

Ce serait plus facile si j'abandonnais. Tous les jours, je pense que je pourrais rentrer chez moi. Tout serait tellement plus facile. Julian lui offrit ce choix, au début, celui de renoncer et de s'exiler à Mull Cair Bren Court, mais Martell refusa. Ils veulent tous savoir comment c'est chez moi et ils croient que c'est merveilleux. Mais au final, tout le monde le sait. Chez moi, c'est nulle part.

Parfois, Denis de Mull Cair Bren se disait qu'il fallait qu'il arrête de réfléchir. Il posa sa longue et lourde épée à coté de lui, dans sa tente, et s'installa pour convoquer le conseil de guerre. Tous ses généraux étaient là. De la pointe de sa baguette, il désigna sur une carte ce qu'il comptait faire :

« Demain, messires, marquera la fin de ce conflit. Julian n'est pas loin. Il arrivera à l'aube, les éclaireurs m'en ont avertis. Farago et Iago seront avec lui. Voilà comment nous procéderons : Rowle coupera la retraite en tenant la rivière. Yaxley prendra Julian de front. Axelston, à vous l'avant garde. Brom, je ne veux plus aucune machine de guerre qui fonctionne dans leur camp, il faut que tout brûle. Et des inferi ne seront pas de trop. Bedan et moi nous les prendrons à revers. 
»

Il n'y eut pas de questions et les hommes de Martell quittèrent la tente, le laissant seul. La stratégie du chef de guerre se tenait, elle exploitait les talents magiques de chacun. Denis n'avait jamais perdu une bataille. On le connaissait pour ça, disait Julian Outlander, dans des pays dont il n'avait même pas idée...

Certains prétendaient que Denis était un idiot, un barbare, un rustre, qui ne méritait pas sa place ni son titre dans l'élite gouvernante du pays. Martell s'en moquait, ceux là ne savaient pas ce qu'ils disaient. Il lisait, il parlait, il apprenait. Il prenait ce qu'il y avait à prendre. Si on lui demandait si les moqueries le touchaient, il souriait et haussait les épaules, ne paraissait même pas les remarquer. possédait un redoutable accent du Norfolk à couper au couteau. Lorsqu'il parlait, les Highlanders du roi sorcier ne le comprenaient pas bien. Mais il en imposait. On le craignait. On le respectait. On l'aimait aussi. Car il aimait aussi ses hommes. Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. C'était sa règle, et cette règle survivrait à travers tous ses descendants. Il croyait que le monde se gouvernait par la crainte. Je ne fais pas de politique, ou plutot si. Celle de la terre brûlée. La fin justifie les moyens, après tout. L'adjectif barbare plaisait à Martell, et de fait, barbare il était. Sa réputation était sanglante, et il ne répugnait devant rien. Viol, meurtre, massacre, pillage. Les Royaumes se gagnent, vivent et meurent par l'épée. On disait Denis fou. Il se plaisait à entretenir cette aura de peur. La loi s'impose par la crainte.

Julian Outlander, dit Jude, était le cousin de Denis, à la neuvième génération, quelque chose du genre. Martell ne fut jamais un courtisan, bien que cousin du roi. Mais Jude le nomma tout de même chef de guerre pour succéder à son père, Keith de Mull Cair Bren. J'en étais fier, oui. Julian lui fit l'effet d'un grand frère, un homme bien. Denis l'admirait et l'aimait comme ça. A tort ou à raison, je voulais qu'il me reconnaisse.

Et aujourd'hui, mon vieux, où en sommes nous ? A la guerre ouverte, oui. Quand j'ai vu pleurer Julian, le jour où je n'ai pu taire qu'il me fallait ma liberté, j'ai bien cru que j'allais rester...Mais j'avais de la route à faire... Il aurait aimé que je sois comme il le voulait. Et j'attendais sa colère, mais c'étaient des larmes qui venaient. J'aurais trouvé plus facile de m'en aller sur un éclat, de lui tourner le dos en héros vainqueur et sur de son droit, mais ça ne s'est pas passé comme ça... A la cour, Denis s'était vite aperçu que la prétendue sagesse de Julian n'était qu'un leurre. Du moins le pensait-il. Il lui sembla au fur et à mesure que le temps passait qu'Outlander devenait méprisant envers lui. Je pouvais supporter ça de tout le monde, mais pas de toi, Jude...

Un bruit attira son attention. D'un coup de baguette magique, il écarta la tenture qui fermait l'entrée de la tente. Il laissa entrer Seth Rowle, l'un de ses généraux, et lui lança. Visage carré, sévère, Seth ne passait pas pour bavard. C'était un soldat. Comme il faisait tout comme ses hommes, on l'aimait cependant.

« Entre, Seth. Que se passe-t-il ?
- Il y a là un homme qui veut te parler. Un mage blanc, je crois. Il dit s'appeler Sipion. »

Denis hocha la tête, il y avait peu de mages blancs dans ses troupes. Je dois passer pour un Apostat démoniaque. Ce qui se défendait comme théorie, il était démoniste après tout. Sur ses gardes, il fit signe à Rowle de le faire entrer puis de s'en aller. Il ne vient pas hasard, et ce nom là, je crois que je le connais. Ce qui le faisait grimacer d'avance.  Il s'installa sur son pliable de cuir, siège d'un roi en bataille, pour voir entrer un vieillard. Soixante-dix, peut-être quatre-vingt ans. Un dégaine de druide, n'eut été les yeux. Longs cheveux et barbe blanche lui donnaient un air vénérable que démentait son regard acéré. Intelligent, stratège, fourbe, chef. Autant de mots qui venaient à l'esprit de Martell, habitué à lire l'esprit des gens et aidé par l'autre pour décrire Sipion, mais pas vénérable druide comme le prétendaient son bâton et sa robe. Il lâcha :

« Sipion.
- Martell. »

Pas de titre, pas de formule de politesse. Il ne le voyait pas comme roi, cela avait le mérite d'être honnête au moins, à défaut d'être plaisant. Cela sonnait comme une constatation. Le chef de guerre sourit :

« Ce n'est pas votre vrai nom, n'est-ce pas ?
- Martell est-il le votre ? »

Le sourire du vieux mage ne s'accordait pas avec ses yeux. Il répond aux questions par d'autres questions. Un individu malin. Dont il faudrait se méfier. L'avis de Denis se partageait entre méfiance, intérêt et amusement.

« Vous êtes exorciste, n'est-ce pas ? J'ai entendu parler de vous. On ne peut pas dire que je sois trop adepte de vos méthodes, je l'avoue.
- J'ose espérer que vous ne compter pas me tuer pour ça.
- Ma réputation me précède. Je dirais non, pour l'instant. Qu'êtes vous venu me proposer ? Je vous aurais cru du coté de Julian plutôt que du mien.
- Ce conflit ne me concerne pas. Je propose mon aide à ceux qui en ont besoin. »

Martell faillit grimacer. Mais l'Autre le fit résister à cette tentation. Il ne fallait pas se laisser aller à la colère. Mais tout de même, il apprenait des choses...ainsi, nous avons besoin d'aide ? Nous perdons donc bien, comme je le craignais. Et la deuxième chose, il était soit disant neutre. Denis se pencha en avant :

« Il n'y a que deux types de neutres, les traîtres et les lâches. Je ne vous crois pas lâche. Etes vous un traître ?
- Dans la mesure où vous trahissez Julian Outlander, cette question possède-t-elle un sens véritable?
- Même les traîtres n'apprécient pas trop qu'on se retourne contre eux, Sipion. Que proposez vous ? J'ai une armée.
- Je pourrais soigner vos hommes. Vous avez peu de guérisseurs. Et je ne suis pas un guerrier... »

Menteur. Denis le savait depuis le début. Il me trahira. Il faudra se méfier. Denis ne voulait pas de l'aide de Sipion, mais il savait que ces capitaines ne comprendraient pas qu'il refuse l'aide d'un guérisseur alors qu'ils n'en avaient pas assez sous la main. L'autre ajouta :

« J'ai apporté ceci pour vous prouver ma bonne foi. »

Martell regarda le mage blanc comme s'il venait de devenir fou. Il laissa son regard alterner vers Sipion et l'épée qu'il lui tendait. Ashrael, épée de la Gabala. Ashrael, à la fois bénite et maudite. Je la croyais perdue. Mais au final non. Il la posa sur ses genoux d'un air à moitié sceptique et à moitié émerveillé. Il savait déjà ce qu'il en ferait, et il savait aussi pourquoi Sipion la lui donnait. Ca me donnera la victoire, si je fais ça...ou ça me tuera. Il savait ce qu'il y avait à savoir sur le compte de cette épée et maugréa :

« Allez. Voyez avec Rowle ce qu'il peut vous trouver à faire. »

Nul ne sut jamais comment Denis occupa les dernières heures de sa vie durant la nuit précédant la bataille d'Outlander, sauf Martell lui même, et un autre homme, bien plus tard, John Mulciber, à qui il arriva la même aventure. Mull Cair Bren lui même ne donna aucune explication. On vit des feux dans la nuit et on entendit des voix étranges dans les Ténèbres, la voix du Diable, dirent certains. Bien plus tard on prétendit que Denis combattait au nom du Diable et que cela lui couta sa victoire. Lui aurait rit : ce n'était pas loin de la vérité. Car il sut qu'il faisait une erreur lorsqu'il prononça les paroles fatidiques, lorsqu'il passa un pacte maudit. Il pensait ruiner sa vie en invoquant le plus puissant des Rois-Vyres, Golgoleth, le destructeur de la Gabala, mais au moins détruire celle de Julian. L'Autre le mit en garde. Mais il n'en tint pas compte. Peut-être aurait-il mieux valu qu'il le fasse. Il comprit trop tard...mais il comprit tout de même. Le Golgoleth se servirait de lui pour faire bien pire.

Denis n'avait pas le choix, à présent. Il faut que je perde. Oh, Dieu, n'est-ce pas comique ? Tout cela pour choisir d'être vaincu ? La vie lui semblait illogique, et quand vint le matin, Martell fut content d'entendre le son du cor, ce son qui sonnait enfin le glas pour lui. J'ai demandé de ne pas mourir pour vaincre Julian, mais si j'y arrive, le Golgoleth me contrôlera. Alors ce sera la fin de tout...Il devait perdre.

Ce ne serait pas trop difficile, songea Denis en voyant devant lui l'immense armée de Julian Outlander qui campait en bas de leur camp. Impressionnant dans son armure noire, Martell sortit et affronta la dernière aube de sa vie. Envolés les rires, les ailes des grillons, les paniers de cerises, disparu tout ce que j'aimais, ne reste que la mort. Oh, Julian, en mourant je te sauve. Crois moi. Je donne du sens à un échec qui était de toute façon impossible à éviter. Le cor sonna encore. Cela sonna comme la fatalité, et Denis en fut content. Réjouissez vous, car aujourd'hui, je meurs.  . Il sauta en selle et il ordonna :

« A cheval, tous ! Nous attaquons ! Nous percerons le front. Ils comptent nous enfermer, il ne faut pas leur laisser l'initiative ! »

On suivit Denis aveuglèment, car on faisait confiance à son jugement. Il ne pouvait faire autrement. On lui annonça que Sipion s'était volatilisé. Passé dans l'autre camp, oui, je m'en doutais. Denis ne vit pas Julian. Ca allait venir vite. Trop vite même. Julian était un excellent sorcier malgré ses presque soixante-cinq ans.  Snaga dans son dos, Ashrael à la ceinture, baguette en main, Martell mena la charge. L'aube serait sanglante. Il tira son épée lorsqu'il vit les lignes ennemis qui s'étendaient sans et lança son cheval à une allure rapide. La chevauchée devint une cavalcade désespérée où Denis venait en premier, suivi par toute son armée. Il se tailla un chemin sanglant. Il faut que j'aille le plus loin possible. Ses sortilèges tuaient des hommes, son épée faisait gicler le sang. A moi, maintenant, allez ! Venez me détruire ! Il défiait la mort mais elle ne venait pas. Puis soudain le piège se referma. Un nouveau coup de corps. Derrière l'ouverture que l'armée de Martell venait de se tailler dévalait une autre armée, immense. Iago. Non. Farago.

D'un coup, ils se trouvèrent encerclés. Le vent soufflait, charriait une odeur de sang et de morts, des inferis bouffaient des hommes, des choses brulaient. Denis regarda autour de lui et il vit tous ses hommes qui le regardaient.

I look at you all see the love there that's sleeping...

Il avait échoué. Il ne pouvait pas faire mieux. Il les sauverait tous en faisant ça. Il démonta. Je vais mourir. Mais où est Jude ? C'est lui qui doit me tuer. Il allait mourir, oui, mais ça ne changeait rien, il faisait ce qu'il devait faire, et l'autre approuvait. Le monde irait mieux comme ça.

I look at the world and I notice it's turning...

Apparu alors Julian. Royal. Si froid  et si vieux, si triste aussi. Denis eut envie de plier, de s'enfuir, de rentrer sous terre, de peur d'affronter ce regard si bleu. Julian observa tout cela. Puis il descendit lui aussi de cheval. Il regarda Martell, puis clama :

« Ceux qui se rendront seront pardonnés. Faites le maintenant. Agenouillez vous, ou vous mourrez, je ne pardonnerais pas aux autres. »

Ils ne le feront pas, mon vieux. Martell le savait. Et Julian aussi. Mais il ne voulait pas entrainer tous ses hommes dans la mort, ils ne meritaient pas ça. Denis se tourna vers sa propre armée, si petite et si encerclée par celle de Julian.

With every mistake we must surely be learning...

Il fit un geste sauvage :

« A genoux ! »

On ne comprit pas. On se regarda. On se tut. On hésita. Je vous sauve. Faites le. Obéissez moi comme toujours. Faites le. Il y en eut un qui le fit. Brave homme. Puis deux. Puis finalement tous se mirent à genoux devant Julian. Ne resta bientôt plus que Denis. Jude sourit :

« Et toi, tu ne te rends pas ? »

Denis sourit et lui tendit Ashrael, car on décapitait les vaincus avec leur propre épée pour marquer la défaite :

« Tu sais bien que non. »

________________________

Les mains lasses du roi tremblaient de son dernier voyage au crépuscule, les étoiles auraient jalousé la beauté de son présent. Le vieil homme sourit dans sa barbe grise, et l'autre, l'homme enchaîné, maugréa :

« Il n'a pas de quoi rire. » Le  roi sourit et leva la main pour demander à l'autre le silence, ce qu'il n'obtint pas. « Vraiment pas...
-Tu regrettes ?
-Non. Il n'y a rien à regretter. C'est ma fin, je la choisis en connaissance de cause.
-Tu n'as jamais été doué pour mentir, Martell. »

L'autre eut un grand éclat de rire. Il savait ce qu'il allait se passer. Et il n'avait vraiment aucun remord, sauf un. Mais le roi ne pouvait pas le comprendre. Tu n'as jamais compris, mon vieux, c'est moi qui le faisait pour toi, avec ta prétendue sagesse...et tu ne sais rien de moi. Personne ne sait rien de moi, même pas moi, de toute façon.

Denis de Mull Cair Bren ne s’appelait pas Martell. C'était un surnom qui lui venait des batailles. Et encore. Qui me vient des batailles, lorsque j'ai commencé à les gagner. Baguette en main, lançant des sorts à tout rompre, épée dans l'autre main, il ne laissait effrayer par rien, et on commençait, à cette époque là, à le craindre. Comme ses pères avant lui, il était chef de guerre du Roi Sorcier. On le surnommait le Marteau du Roi, et au fil des conquêtes, il était devenu Martell.

Un jour, il en eut assez de combattre pour le Roi, de n'être que le Marteau, et il décida de prendre la couronne. Il commença alors à perdre. En tout cas, c'est ce que l'on contera sur mon sort. Aujourd'hui il perdait et il mourrait.

« Maintenant, la gloire est bien finie. »

Il disait cela sans regret aucun. La seule honte qu'il avait, était qu'on ne souvienne plus de son prénom, ni de son nom. On l'oubliait, comme on avait oublié ses pères, lui qui voulait vivre pour toujours. Je suis une légende. On ne doit pas me faire ça... A la fin de sa vie, il n'était plus un homme, et tout le monde ne l'appelait plus que Martell.

On souleva le voile et la lumière l'éblouit. Le roi se leva sous le soleil d'or, et prit l'épée dans sa main. L'homme enchaîné fut agenouillé devant lui par les gardes et contraint de baisser la tête, lui qui ne s'était jamais incliné devant quiconque. Ses yeux étaient verts, et il semblait avoir tout vu du monde, de ce qu'il était et de ce qu'il serait. Je vais mourir. Je vais mourir. Il va me tuer. La peur l'envahit, puis reflua. L'autre était là, l'autre qui était lui... à moins que lui ne soit l'autre. Il n'arrivait pas à trancher cette question. Il sourit, un peu tristement, du même sourire triste que d'habitude. C'était pourtant lui qui avait choisi, et ni le souverain ni lui ne voulaient cela. C'était juste comme ça. Juste nécessaire. Le roi assura sa prise sur l'épée, et dit lentement :

« Oui, Martell. C'est fini. »

Martell mourut sans s'en rendre compte. Il oublia qu'on ne se souviendrait pas de lui comme un héros, mais comme un traître. S'ils savaient, tous, qu'ils me doivent la vie...

Il souriait, et il lui semblait voir l'autre voler, voler, voler, voler...  
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John Mulciber


MessageSujet: Re: Inheritance || Solo Lun 22 Juil - 17:37




❝Le Nord du monde, si loin...

BY TCHI ON APPLE SPRING
2005. Chaque souvenir lui revint lentement. Les tulipes qu'il arrachait par magie en découvrant ses pouvoirs. La joie alors qu'il montait dans le Poudlard Express. La fierté de se voir envoyé à Serpentard. Cette fille, si belle, qui lui souriait. Son nom. Marciana. La petite Mary MacDonald, gisant inconsciente et ensanglantée, lui qui donnait l'ordre de la balancer dans l'escalier. Le regard reprobateur de Dumbledore.  La fin de Poudlard. La vie qui commençait. Le regard du Maitre. La marque. Le goût du sang.  La course désespérée pour ne pas aller à Azkaban. La prison, les détraqueurs, le noir.  Le triomphe de la victoire.  Le goût du whisky et une odeur de cigare. Un rire. Le sien.

John Mulciber sourit tranquillement dans la lumière d'été. Il dominait le jardin de son manoir, vieux patriarche millénaire et pourtant seulement homme. On aurait pu croire qu'il était gardien de pierre, immobile. Mais pourtant il se leva. Il marcha longtemps, traversa le parc pour en sortir, et parvint jusqu'à la forêt. Là, il s'enfonça sous les arbres, et chercha la rivière. Il la retrouva vite et s'engagea sous le couvert du feuillage, longeant tranquillement le courant. Il portait Snaga et Ashrael. Les deux clés d'une même porte. L'ennui avec les clés, c'est que si elles peuvent refermer, elles peuvent aussi ouvrir... Puis il arriva à l'endroit dont il se souvenait, là où l'eau formait de gros remous bouillonnants, et où la rivière n'était rien de moins qu'un torrent grondant. C'est la fin. Je tourne le dos au passé.

Et il ne le regrettait pas.

Fou que j'étais, fou. Mulciber revint après quelques temps au manoir, et s'assit encore en pleine lumière sous le soleil brillant et lourd. Rien ne se passait, le monde semblait arrêté en pleine course. Je change. Peut-être pas en bien. John n'en savait rien, il ne réfléchissait pas en ces termes, mais il savait qu'il changeait. Le monde, il commençait enfin à le comprendre, seul, sans démon, et avec les connaissances de Martell et du Millénaire. Mon monde est mort, et celui ci est mille fois plus vivant. Comment croire que c'est encore le même ?

Il songea alors aux deux épées qui tombaient ensemble, toute rancune oubliée, tout héroïsme et toute traîtrise mis à part, dans les eaux houleuses du torrent, il revit Denis et Julian, et pour le première fois depuis longtemps, il fut vraiment heureux.

John sourit, et une larme, vieille de près de mille ans, s'écrasa au sol. Il comprenait enfin que son héritage ne reposait pas que dans son nom, et dans son histoire, mais qu'il était cet héritage : un homme qui ne croit pas en l'Au-delà, qui sait pertinemment que Dieu est une fiction, et que cette vie est la seule qui nous est donnée.

Quelque part au Nord du Monde, quelqu'un lui disait adieu.
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