POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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I don't care for fancy things [Mulciber]

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Lincoln Crow


MessageSujet: I don't care for fancy things [Mulciber] Jeu 1 Aoû - 16:58

Le tout était de rester concentré. C'était quelque chose de primordial pour survivre, du moins était-ce au moins aussi important pour vivre. Il fallait rester concentré. Rien n'était plus horrible, véritablement, que la décadence entraînant l'Homme vers l'abandon et l'échec. Car tout provenait de ce simple fait, tout était originaire de ce simple fait : la concentration. Lincoln avait longtemps été ce genre de gamin capable d'avoir d'excellentes notes sans se fouler plus que la moyenne, tout en étant un véritable intenable en dehors de salles de classe. Il n'avait jamais reconnu l'autorité, la figure paternelle était absente depuis sa naissance. Aussi, la discipline n'était pas naturelle chez lui, il avait simplement appris à faire semblant avec l'armée. C'était un militaire, pur et dur, et quoi que l'on en dise, Lincoln était doté de règles et d'une morale. Cette morale était puriste, extrémiste d'ailleurs, et elle pouvait être jugée comme immorale effectivement. Cependant, le fait était établi, Lincoln n'était pas régi par l'anarchie. Il la fuyait plus que la peste en vérité, et il aurait été bien mal connaître les principes fondamentaux de l'armée pour croire le contraire. Aussi, Lincoln était quelqu'un de concentré, conformément à ce qu'il avait toujours appris. C'était un instinct de survie. Certains menaçaient, d'autres fuyaient, d'autres encore s'alliaient, lui, se concentrait.

Dans son travail, il était irréprochable, véritablement. On ne pouvait pas lui retirer son professionnalisme sans faille. Toujours prêt à enquiller un autre dossier par dessus un autre, il n'avait jamais failli à sa tâche de Directeur des Exécuteurs de Nuisibles. Évidement, l'incident Leonheart avait eu des répercutions, mais pas sur son travail au Ministère. Au contraire, au Bureau, il avait été accueilli en presque héros du fait qu'il en était revenu vivant malgré les horreurs subies. Même la disparition d'Aaron quelques semaines après son retour il y a un an, n'avait pas été perçu. Depuis, on avait supposé qu'il s'était exilé. Lincoln avait volontairement guidé l'enquête de ce côté là pour ne pas que l'on puisse remonter à sa venue à Castle Bay où il l'avait tué après que l'Exécuteur ait lié James et Crow par le Serment Inviolable. Tout ceci était méconnu, c'était les coulisses du régime, et les dirigeants s'en foutaient royalement qu'un sous-fifre y passe si c'était pour la « grandeur » de Lord Voldemort – et pour leurs poches accessoirement. Crow était un directeur strict, peut-être même difficile tant il était ardue de suivre le rythme imposé, cependant, si l'on se révélait capable d'être à la hauteur, Lincoln était un chef véritablement bénéfique. Les Exécuteurs progressaient à une vitesse folle, et aujourd'hui, il n'avait plus peur de dire qu'il avait dépassé le stade d'Orcus qui, déjà, fut un Grand homme. La criminalité baissait sans cesse, malgré les quelques remous de La Vague. L'Ordre du Phénix de Weasley avait disparu, ou presque, de la circulation et l'on en entendait plus parler. Aussi, les petites actions terroristes isolées auxquelles Lincoln avait dû faire face dès le début de son règne au Bureau étaient désormais inutiles et inexistantes même. Les bilans étaient bons, voire très bons, parfois excellents, et Lincoln était devenu une figure incontournable de la Sécurité, ce qui lui avait valu sa place dans l’État-major Puriste.

Le fait était que, avec son travail, Lincoln était souvent confronté aux pires découvertes imaginables pour le régime. Il avait percé au grand jour le secret si bien gardé de Michael Scofield – ce qui était encore un secret bien gardé par Crow, Brom et Voldemort en personne – et il continuait sur cette voie en cherchant les potentiels traîtres au sein des institutions puristes actuelles. Il avait bien failli découvrir quelques atrocités sur Ernagen Prince, du département de la Coopération Internationale, mais cet imbécile avait échappé de peu à la vague Crow grâce à un alibi, qui, malgré les apparences, avait rassuré Lincoln. Vrai que si de grands visages tels que Prince venaient à trahir, c'était toute une partie des plans qui tombait à l'eau, et mieux valait, en ces temps obscurs et incertains, garder précieusement le monopole de l'imprévisibilité.

L'imprévisibilité, d'ailleurs, était quelque chose d'incroyable. Lincoln n'était pas imprévisible, pour la simple et bonne raison qu'il était un militaire, et de ce fait, était facilement compréhensible pour quiconque avait l'esprit assez ouvert pour comprendre son fonctionnement. Ce qui était moins prévisible chez lui étaient ses intentions évidement. C'était une part cachée qu'il ne dévoilait presque jamais, et certainement pas à n'importe qui car il les considérait, au même titre que l'Amour, comme des faiblesses majeures. Lincoln ne parvenait plus à tomber amoureux. C'était difficilement compréhensible pour le commun des mortels, car cela semblait pessimiste infondé, mais il n'en était pas autrement. Rebecca était encore trop enfouie dans son cœur – personne qu'il ne connaissait plus désormais d'ailleurs – et l'envie de fuir cette responsabilité morale l'animait jour et nuit. Cependant, il était encore capable d'éprouver le désir corporel, de reconnaître le plaisir et d'en avoir envie. Aussi, l'arrivée de Karen Witcher n'était pas un mal. Elle n'était pas encore prête à lui faire confiance, et lui n'en serait jamais à ce stade non plus, mais Lincoln s'efforcer de ne pas dévoiler tout ce qu'il était à Karen afin, d'une, de ne pas la traumatiser – car entre lui et son père, il y avait un fossé dans le genre de l'atrocité – et de deux, pour essayer de faire d'elle une proche de Lincoln, à l'image de ce que fut Emma, malheureusement morte après un excès de confiance en soi face à Crow qui n'était, forcément, pas dans sa période la plus clémente.

-Monsieur, votre femme vous a fait parvenir ceci.

Exceptionnellement, la porte du bureau du Directeur des Exécuteurs étaient grande ouverte. La chaleur était la cause de ce changement d'habitude. Lincoln crevait presque dans son bureau quand la porte était fermée, et comme il ne faisait que mener une enquête sans réelle découverte renversante, il n'était pas contre un léger courant d'air, d'autant plus que cela facilitait le travail de Miss Roberts qui n'arrêtait plus les allers et venues. Elle lui fit passer l'enveloppe via un sortilège de lévitation qu'elle maniait à la perfection. Il l'ouvrit d'un geste habile, en tira le parchemin fin et clair sur lequel une écriture à l'encre noir figurait, régulière et droite. Karen, qui résidait dans l'une des bâtisses Witcher puisque Crow désirait garder Castle Bay pour lui seul – coup d'égoïsme extra-conjugale assurément – désirait le voir ce soir si il était disponible. Après tout, il avait passé la semaine à jongler entre le Bureau des Exécuteurs, Castle Bay pour s'entretenir avec les Soupirs quant à l'Océanie, et n'était passé qu'une nuit voir Karen. Il avait un semblant de « bon mari » bien que cela soit très difficile à juger, il n'était pas le bourreau que l'on pensait. Karen était en vérité très libre et ne manquait de rien. Crow se fichait un peu des principes fondamentaux du couple, il n'aimait pas ça, tout simplement. Aussi l'obligation implicite d'être avec sa femme au moins à la fin de chaque journée n'était pas réellement dans ses habitudes. Pourtant, il n'avait jamais été incorrect vis à vis d'elle, et jamais il n'avait élevé la voix. La relation se passait, pour le moment, dans une ambiance certes loin d'être parfaite, mais agréable. Lincoln n'était pas charmeur, mais il était un bel orateur. Il savait bien parler, sa diction n'était pas celle de Valverde, mais elle avait du caractère et trahissait une volonté souvent très forte. En cela, Karen n'était pas tombé sur le pire mari imaginable, contrairement à ce que les pronostics pouvaient prétendre.

Son enquête avançait assez classiquement. Il établissait des liens, refaisait des comparaisons, et procédait à des interrogatoires – deux ce jour-là – afin d'éclaircir la situation et de retrouver la vérité si bien cachée. Les choses allaient bon train en vérité, l'histoire était facile à écrire pour une fois. La vérité ne se donnait jamais de la façon que l'on espérait. Elle se présentait toujours autrement que ce qui nous arrangeait le plus. Lincoln avait fini par s'en accommoder, et chaque révélation ne lui faisait ni chaud ni froid. C'était probablement aussi pour cela qu'il savait manier la vérité avec tant d'assurance et de malice. Il faisait un excellente menteur quand il en avait besoin, malgré le fait que mentir ne soit pas un attribut réellement valorisé par le mangemort, formation de force de l'ordre oblige. Un détail le chagrinait cependant. Un rapprochement qui le laissait perplexe. Il avait l'impression de reconnaître quelque chose de familier dans les rapports des Exécuteurs au sujet des différentes filatures et enquête « sur le terrain ». C'était plus le fait de voir une méthode, une façon de faire, qui lui rappelait vaguement quelqu'un. Un homme qu'il avait connu, fréquenté, apprécié. Cependant, ce type ne pouvait pas y être. Pas techniquement. Pourquoi apparaissait-il dans une enquête aussi basique et récente ? Était-ce un réseau plus grand qui se terrait derrière de petits actes ridicules ?

-Miss Roberts, appelez moi Porton je vous prie.
-Bien Monsieur. Ronny ? Ouais, Monsieur Crow veut te voir. Maintenant oui. Il arrive Monsieur.

L'Exécuteur le plus prisé du moment débarqua dans le bureau en frappant succinctement à la porte pour signaler sa présence. Lincoln releva doucement les yeux et retourna le dossier de sorte que son homme puisse y jeter un coup d’œil alors que celui-ci prenait place sur un siège.

-Ouvre donc une enquête pour moi sur un type.
-Qui ça Monsieur?
-Benjamin Mulciber.

La demande jeta un froid. Personne au Bureau n'était sans ignorer qui fut Benjamin Mulciber. Un membre de la famille du ministre, proche, autrefois, de celui-ci via leur lien de parenté. Le fait d'enquête d'aussi prêt était dangereux, Porton en avait pleinement conscience, mais il savait aussi que si Crow lui demandait d'agir de la sorte, il le défendrait en cas de problème. Lincoln ne laissait pas tomber ses employés, encore moins quand ils étaient fidèles et efficaces à la manière de Porton. Lincoln agissait bien souvent en dehors des sentiers battus. Il savait que c'était dangereux de fouiller de ce côté là de la barrière, et pourtant, il le faisait continuellement car il n'était pas du genre à fermer les yeux sur les erreurs. Benjamin n'était peut-être pas une erreur de la part de John. Il avait assez confiance en ce dernier pour le croire innocent sur cette affaire et incapable de croire encore son cousin vivant. Car la tragique vérité officielle était que Benjamin Mulciber était mort.

-Charge Jeff Connelly de me faire un rapport sur lui, et toi occupe toi de faire un rapprochement avec cette affaire là. Je vous place sous Serment Inviolable, et le regroupement d'enquêtes est de classe 5.

L'autre acquiesça, et repartit. Lincoln se leva, alluma une cigarette et observa l'Atrium qui s'étendait derrière lui, par la baie vitrée. Les choses allaient bon train, oui, mais pas toujours dans le wagon attendu. Il allait falloir ruser. Connelly revint quelques quarts d'heure plus tard, un dossier légèrement plus épais que celui qu'avait donné Lincoln à Porton, et le remit à son chef.

-Tu as tout retracé?
-Depuis son entrée à Poudlard, oui.
Parfait.

Lincoln s'installa alors, et commença à lire les données regroupées par son employé. Il y passa près d'une heure, tout y était. Il avait établi des liens surprenants, des liens qui n'annonçaient pas clairement Benjamin, mais qui le laisser clairement comprendre. Il avait participé à de nombreux attentats récemment et ce depuis sa disparition et sa prétendue mort. Non, Benjamin Mulciber n'était pas mort, il avait simplement fait en sorte de l'être aux yeux du monde. Découverte surprenante, certes, mais Lincoln avait bien autre chose ne tête que de se demander pourquoi le bougre avait agi de la sorte. « Mort » en 2001 après l'attaque d'un camp de prisonnier à Arkhangelsk, en Russie, par des bourbistes russes. La victoire fut pour les puristes, pour le Lord, qui avait envoyé Benjamin là-bas, mais le corps du jeune mangemort était encore introuvable. Les autorités supposèrent la mort par explosions magiques qui furent assez nombreuses ce jour-là, et la version devint officielle par la suite. Si Benjamin était à l'origine de l'attaque du camp afin de s'éclipser et de trahir c'était un acte hautement punissable. Mais la possibilité qu'il ait été capturé, détenu, forcé et coopéré n'était pas à exclure bien que le rapport semblait tout de même démontrer le contraire.

-Je m'absente, je dois voir le Ministre. Faîtes parvenir une missive à son secrétariat m'annonçant avec demande d'audience de toute urgence.

La secrétaire du directeur des Exécuteurs s'efforça de remplir ses fonctions tandis que Lincoln s'éclipsait déjà pour les Hautes Sphères qu'il atteignit assez rapidement quelques secondes après la missive envoyée par Roberts. Il ne patienta pas, on l'introduisit directement dans le bureau. Il s'avança vers le Ministre, lui serra la main distinctement comme il était normal entre eux, et déposa le rapport formel sur Benjamin Mulciber sur son bureau. Il prit place sur un siège et croisa ses mains.

-Monsieur, Benjamin Mulciber est vivant et est potentiellement un traître à son sang.

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MessageSujet: Re: I don't care for fancy things [Mulciber] Jeu 1 Aoû - 18:26

On reprochait parfois à John Mulciber sa dureté de ton, mais jamais personne ne venait, du moins dans les rangs des employés et des subalternes, remettre en cause son autorité. Dans le fond, il n'était pas mauvais chef malgré ses colères et cette apparente dureté. Ses règles étaient souvent simples et malgré tout ce qu'on pouvait dire de lui, il montrait une certaine bienveillance envers ses employés. Règle numéro un pour diriger : aimez ceux que vous commandez. Mais en silence. Ca vaut mieux. Toujours maintenir les gens sur la brèche, même s'il les appréciait, permettait à John de voir qui faisait quoi, qui réussissait le mieux, et qui ne faisait pas ça pour monter. Il n'aimait pas la flagornerie. Ce n'était pas pour rien que dans sa famille les gens le surnommaient « Honnête John ».  Pas de magouilles, pas de compliments. John se foutait que les gens l'aiment. Il voulait des gens qui faisaient leur boulot, pas des gens qui se jetaient à ses pieds en disant qu'il était le meilleur. D'ailleurs lui même ne se voyait pas comme le meilleur. Ceux qui étaient en haut de l'échelle n'échouaient jamais, lui si. Il le savait, il l'acceptait. Je ne compte plus les victoires et les défaites, je continue juste ma route, je prends ce qu'il y a prendre. Combattre, pas gagner ou perdre, restait le seul moteur de John Mulciber. Il répétait qu'il se foutait de la mort, et c'était vrai. Peut-être que je suis pas humain. J'en sais rien. Est-ce qu'on est humain lorsqu'on tue quelqu'un et qu'une demi heure après on rit et on blague ? Je suis assez humain pour garder cet amour pour le monde, mais ça personne ne le sait.  Ce qu’on a, tout au fond de soi-même, c’est ça qu’est la bonne partie. Quand on a lâché ses secrets à tout le monde, qu’est-ce qu’il vous reste ? Rien était la réponse qu'il donnait à cette question, car rien ne survivait aux hommes. John le savait et s'en foutait, il ne cherchait pas à léguer quelque chose à l'humanité, il ne cherchait pas à être reconnu. Ne vous souciez pas de la vie. Vous n'en sortirez jamais vivants. Il répétait cela depuis si longtemps qu'il finissait par y croire. Dans ce monde il n'avait rien et n'emporterait rien, il ne courrait pas après la gloire, parce que dans le fond, si la gloire c'était avoir un article dans le dictionnaire à son nom disant qu'il avait été un héros il s'en fichait.

Je n'ai rien d'héroique. John faisait ce qu'il fallait, c'était tout. Le monde ne lui offrait rien, il n'offrait rien au monde, il ne cherchait même pas la popularité. Il faisait comme toujours son travail. On aurait même pu croire que l'entretien avec le Lord ne changeait rien. Maintenant il avait l'obligation de retourner en Irlande s'il voulait vivre, mais John n'accordait guère d'importance à ce détail. En fait il retournerait de toute façon. Avec ou sans l'avis du Lord, il l'aurait fait, il n'envisageait pas de ne pas être là pour la bataille finale. En attendant de savoir s'il vivrait ou mourrait, en héros ou en paria, il travaillait. Que ce soit l'échec ou la victoire le résultat, peu importait. Ce qui compte est l'essai, c'est de se donner à fond, de n'avoir à rougir de rien, parce qu'au moins on a tenté le coup, on a fait de son mieux, on ne s'est pas lancé uniquement dans des batailles qu'on est sur de gagner.

Longtemps il avait cru qu'il n'avait pas besoin des autres, qu'il pourrait y arriver seul, mais cela c'était lâche, et c'était peut être la seule chose dont John Mulciber avait à rougir. Tu poursuis des choses négatives, l'avait un jour prévenu Willie-Jay Mulciber, le pasteur de la famille, issu d'une branche éloignée des Mulciber même pas représentée dans l'arbre généalogique, dans un de ses sermons. Tu ne veux te soucier de rien, exister sans responsabilité, sans foi, sans amis et sans chaleur. Mais on n'existait pas sans les autres. Il attendait d'eux qu'ils fassent comme lui, mais le monde était faible. Alors au final, il avait appris à aimer ce qui existait et à ne pas courir après l'impossible. Ca valait mieux comme ça. On a moins mal lorsqu'on prend le monde tel qu'il est, pas comme il pourrait être.  On a moins mal lorsqu'on n'essaye pas à tout prix d'être malheureux. Enfermé dans le malheur, les hommes deviennent des loups. Je suis un loup. Je suis naturellement ce que les autres deviennent – rien n'a causé mon malheur. Mais le bonheur n'est pas pour moi. Maintenant je ne veux plus essayer d'être un loup pour l'homme, je veux être un homme qui connait et qui applique la haine qu'ont les loups.

Parfois il se disait ça en regardant ceux qui cherchaient à lui ressembler, parfois John constatait que d'autres haissaient comme ils respiraient. C'était le cas de Lincoln Crow dans le fond. Mais ce n'était pas une critique, car la haine était un formidable moteur.

Sauf que ce que Lincoln lui annonça, John ne s'y attendait pas. Il commençait à avoir l'habitude que le directeur des exécuteurs démasque des traitres. Mais bon dieu ! Que la personne qu'il nommait en soit un...Dire que John connaissait bien Benjamin Mulciber était un euphémisme, de son vivant – drole d'expression puisqu'il n'était pas mort – ce dernier était son plus proche cousin. Celui qu'il avait formé. Le gamin en qui il croyait le plus, et c'est lui qui le mena devant le Lord. Dieu, pouvais-je savoir ?  Un moment le ministre de la Magie ne dit rien. Il ne savait pas quoi dire, pour parler vrai. Je me souviens, tiens, de la dernière fois où je l'ai vu. On s'était dit au revoir, il allait prendre un portoloin. Puis il me regarda ; il avait l'air tellement triste ! Les larmes lui montèrent aux yeux et je sus qu'il devait être rongé par le chagrin, parce que dans le fond ce n'était qu'un gosse.  J'étais là, incapable de faire un geste : je ne l'avais jamais vu pleurer. Et aujourd'hui, je ne sais toujours pas. Ben, bon Dieu, gamin, je pensais que tu mourrais en héros, toi tu en avais la carrure, moi non.

« De toutes les choses inimaginables... »

Il parlait sincèrement. John savait que d'autres auraient protégé leur famille, comme les Malefoy, lui non. Si Ben était revenu et lui avait demandé de l'aide, il serait mort. Le Ministre de la Magie parcourut le rapport rapidement.Il continua très froidement. La machine se remettait en marche doucement mais surement :

« Où est-il maintenant ? S'il se trouve sur le territoire britannique – ou ailleurs, je vous le dis franchement, je m'en contrefous – je veux une arrestation dans les plus brefs délais. Et je le veux capable de parler. Il va devoir rendre des comptes à qui de droit. »

Pas à lui. Même si, dans le cas très peu positif pour l'intéressé où John trouvait Benjamin en premier, il finirait salement amoché rien que pour laver l'affront qu'il faisait à sa famille, c'est devant le Maitre en personne que John comptait le trainer. C'est lui que tu viens de trahir, et je te souhaite bien du courage, rien que pour mourir, petit.

« Il va falloir l'annoncer au Maître... » Joie et bonheur, il allait être ravi. Et ça va être pour ma pomme, encore. « Si ça ne vous dérange pas, Lincoln, je ferais parvenir cette...nouvelle moi même à ses parents. »

Oui, ça risquait de ne pas bien se passer, cet été, les vacances...
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MessageSujet: Re: I don't care for fancy things [Mulciber] Jeu 1 Aoû - 19:39

Lincoln était un être naturellement véhiculé par la haine. Tout du moins, fut-il ainsi autrefois. Vrai qu'aujourd'hui, Crow était au dessus de ce sentiment. Il continuait de l'adorer au sens où il voyait en chaque haine une façon propre, unique, réelle, de progresser, mais lui avait éteint sa haine désormais. Il ne prétendait pas avoir la science infuse, ni même être capable d'être un être parfait. Ce n'était pas le but. Non. Il avait cette haine qui était en lui continuellement. Il l'écoutait quand il le voulait, quand elle lui demandait d'agir d'une façon qui lui plaisait. C'était cette haine qui fonctionnait la plupart du temps quand il agissait pour la vengeance. C'était celle-ci qui avait tué son père, Scofield, et tant d'autres. Cette haine était Lincoln, mais elle ne l'avait pas toujours été. Elle l'était devenu. Il l'avait accepté, ingurgité, le traitement fut rude, mais il pouvait affirmer, sincèrement, n'être aujourd'hui plus que lui même. La rage était encore un autre débat. Il avait la rage de vaincre, la rage de tuer, de torturer. Il faisait du mal, et il aimait ça. Aujourd'hui ce n'était plus au monde qu'il en voulait, c'était à quelques individus qu'il avait ciblé. Reporter sa rage contre ces personnes était un acte qui, contrairement à ce que l'on aurait pu penser, était tout sauf naturel chez le Directeur des Exécuteurs. Il allait les faire souffrir plus que jamais, plus qu'il n'avait jamais fait souffrir quelqu'un d'autre, plus que son propre père. Ils avaient tenté de le détruire, et ils avaient failli réussir, mais il s'était relevé. Aujourd'hui il était au sommet de sa puissance, et il comptait bien en profiter avant de quitter le monde dans lequel il n'était pas le bienvenu.

Crow était un fervent partisan de la pensée unique. Il considérait, à juste titre, qu'il était primordial de suivre une même destinée. Maître de son destin, selon le mangemort, l'Homme doit pouvoir choisir la voie qui lui scie le plus. Cependant, là est l'erreur de jugement de la plupart des Hommes, il ne doit pas s'en retourner. L'erreur n'est pas humaine, l'erreur est le fondement de l'impureté. L'impur né de cette erreur de jugement, et changer de voie en ayant délibérément choisi sa vie est une preuve irréfutable de son impureté spirituelle – ou réelle. C'était probablement pour cela que Lincoln haïssait les traîtres à l'image de Jugson. Déjà parce qu'ils décevaient nécessairement leur entourage – et Tom était l'homme ayant le plus déçu, un jour, Lincoln – mais aussi, et surtout, parce que les traîtres étaient l'impureté à abattre. Bien entendu, il restait les nés-moldus et les moldus eux-mêmes, mais l'extermination n'était, en soi, pas plus importante que leur existence. L'important avant tout autre concept d'extermination résidait dans l'éradication pure et simple de la race traître de la population magique. Après cela, il n'y avait plus qu'à rendre à César ce qui était à César, soit la régence sorcière parfaite et puriste.

La réaction de John Mulciber n'étonna pas Lincoln. Il était difficile d'encaisser le prix de la traîtrise quand on était aussi haut que le mangemort actuellement Ministre de la Magie. Il n'était jamais facile d'être en proie à ce gouffre laissé par l'absence d'un proche, surtout quand cette absence était prête à se transformer en haine. Car Benjamin devait maintenant haïr ce côté là de la balance, le côté auquel il avait appartenu. De plus, il fallait être certain que Benjamin était maintenant actif parmi la résistance vu le nombre d'implications dans les actes terroristes depuis 2001 suggérées par Connelly. Aussi, Crow gardait toujours en tête l'Imperium qui n'était pas un choix impossible, mais d'après les observations de son employé, il n'y croyait pas personnellement. La traîtrise avait un certain goût, et Lincoln ne le connaissait que trop bien. Aussi, son impression était celle de la traîtrise consentie, à l'image de Jugson qui avait eu le choix de ne pas rejoindre l'autre versant. En fin de compte, Benjamin avait trahi, John l'encaissait, et Crow était simplement le formiable corbeau annonçant la mauvaise nouvelle. Un rôle qui lui correspondait si bien qu'il aurait été difficile de l'imaginer autrement.

-J'ai deux hommes sur le coup, on le recherche activement. Il se peut qu'il soit apparenté à La Vague Monsieur. Les dernières implications supposées de Benjamin dans des actes terroristes sont en rapport avec les agissements du mouvement de Jugson.

Porton était en charge de faire les liaisons entre les enquêtes sur lesquelles le doute de l'implication de Benjamin Mulciber était encore présent. Il y parviendrait car c'était un jeune Exécuteur talentueux. De l'autre côté, Connelly avait encore du pain sur la planche et devait relier les liens qu'avait Benjamin avec le reste du monde résistant, pour remonter à la source du problème et la localiser. Tout était histoire de concentration, encore une fois.

-Sachez, Monsieur, que seul moi et mes deux Exécuteurs sont au courant de l'affaire. J'ai placé un Serment Inviolable, je sais combien il peut être important d'éviter l'ébruitement de ce genre d'affaire. Aussi, tant que nous n'aurions pas retrouvé sa trace, le dossier ne parviendra à aucune autre oreille que la mienne, la votre, celle du Lord, et l'agent Porton et Connelly.

L'idée était, qu'effectivement, en cas de haute trahison, ce qui était le cas de Benjamin, il fallait éviter de discréditer le régime. Aussi, Lincoln travaillerait à transformer cette trahison en un fait moins remarquable pour la foule. Manipuler était quelque chose qu'il gérait relativement mal, surtout quand cela concernait un grand nombre d'individus, mais qu'importe, ici, il allait y être contraint, pour éviter que l'on ne voit les grandes figures que comme des imbéciles douteux. Le Lord n'aimait pas que l'on évoque le régime et le fait de le discréditer dans la même phrase, encore moins quand il s'agissait de « son » régime, mais il était pourtant logique de penser ainsi. Vrai que plus l'on évitait les gros scandales, plus l'endoctrinement était facile pour les politiciens à l'image de Valverde. Comment l'Inquisiteur pouvait-il convaincre la jeunesse du bien fondé du régime si les plus grands s'en écartaient les uns après les autres ?

Alors voilà la situation, Benjamin était classé comme traître. Il allait être recherché, traqué, Lincoln rajouterait du monde sur sa piste tout en écartant la possibilité qu'il soit un Mulciber. Il n'était pas difficile de modifier les noms et prénoms. Porton serait en charge de l'enquête, Connelly en second, quelques hommes à leur botte pour traquer l'individu qui, à leurs yeux, aurait une autre identité. Dès que l'histoire fera un peu trop de bruit, Lincoln aura tout le loisir de l'officialisée réellement. Le tout était de gagner du temps pour trouver une solution à l'ébruitement.

-Non Monsieur le Ministre, ça ne me dérange pas. Le sujet ne m'est pas personnel, je suis venu vous apporter la nouvelle en personne car il était de mon devoir de vous en avertir, mais ce n'est évidemment pas à moi de vous enlever le droit de l'apprendre à votre famille.

Il fit une pause, observa un temps le Ministre avant de reprendre toujours sur un ton calme, froid, distant. L'affaire ne le concernait pas directement, c'était simplement un traître de plus, même si il avait connu Benjamin à Poudlard alors que celui-ci était à Serpentard et était un préfet qui avait maintes fois sorti Lincoln de la merde.

-Cependant Monsieur, veillez à ce que la nouvelle ne soit pas diffusée. Plus l'on sera que Benjamin est vivant, plus vous le conforterez dans l'idée qu'il est là où doit être. Il se croit encore mort aux yeux du monde et il a déjà fait un erreur. Si il parvient à savoir que l'on a démasqué son identité, il redoublera d'efforts pour ne pas laisser de traces, et nous peinerons à le retrouver.

Logique élémentaire de l'enquêteur qu'était Lincoln. La méconnaissance de l'ennemi était la meilleure arme de celui-ci. Plus Benjamin se croyait supérieur au point d'avoir trompé les forces de l'ordre puriste, plus ces dernières auraient un temps d'avance sur lui. Il n'était pas réellement nécessaire d'avoir fait de fait de grande étude pour comprendre classiquement que l'erreur, normalement humaine, était la première étape de la décadence. La pente sur laquelle se trouvait Benjamin venait tout juste de débuter, mais elle s'annonçait glissante, et dangereuse, surtout si Crow se mettait à sa recherche, ce qui n'était, pour le moment, pas le cas.

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John Mulciber


MessageSujet: Re: I don't care for fancy things [Mulciber] Lun 5 Aoû - 10:29

La vie, ou tout du moins la manière de penser, marchait souvent chez John Mulciber par un système binaire. Dans le sens où l'on trouvait deux options. La traîtrise, par exemple. Ce qu'il y avait comme réaction face à un renégat se divisait en deux parties : comprendre, concevoir la trahison, et en être déçu. Deux choses très différentes. La plupart des gens associaient les deux, ils confondaient l'idéologie et le sentiment, une erreur à ne surtout pas faire du point de John Mulciber. Lui concevait la trahison comme possible. Et là on tombait sur un autre concept, le choix entre croire et accepter. Nuance subtile. On ne trahissait pas ce qu'on croyait, parce qu'on en était convaincu. En revanche, on pouvait parfaitement trahir ce qu'on acceptait dans la mesure où on nous donnait une preuve – vraie ou inventée – que ce qu'on tenait pour vrai était en fait faux. Sur le plan idéologique, John Mulciber croyait. Mais je suis bien seul à le faire encore. Il ne cherchait pas à comprendre, à définir une idéologie particulière, à revisiter le purisme pour se l'approprier. Comprendre, ça mène à se poser des questions. Se poser des questions mène à trouver des réponses, et trouver des réponses qui peuvent soit nous conduire à accepter pour vrai notre idée de base, ce qui signifie qu'on peut la remettre en doute, soit à la remettre en doute directement, tout de go. La plupart des gens acceptaient pour vrai leur idéologie. Ils essayaient de la théoriser, de la comprendre, et ils tournaient en boucle. Pourquoi toujours remettre en cause quelque chose qui préexiste, quelque chose de solidement bâti ? Ça ne mène à rien. Sauf à justifier sa haine personnelle. On en revenait au concept de base, comprendre et/ou haïr.

Les gens se laissaient emporter par leur haine personnelle. Comme si elle était un moteur. Ce n'était pas une critique de la part de John Mulciber. Trop de gens fonctionnaient comme ça pour qu'il soit sur d'avoir raison. Ils marchaient, dictés par une haine propre à leur personne, parce qu'un jour quelqu'un s'était trouvé sur leur chemin et leur avait résisté, ou que quelqu'un les avaient privé de ce qu'ils voulaient avoir, et les gens se reconnaissaient dans une situation plus générale, une situation idéologique, qu'ils cherchaient ensuite à analyser et à comprendre pour justifier la haine qu'ils éprouvaient. Mais une idéologie n'est pas une justification. La haine personnelle, petite, minable, qui venait par a coup pour tuer on ne savait comment et qui allait en disparaissant et en revenant, était personnelle, justement. Elle disparaissait avec ceux qui en étaient les propriétaires. Elle ne leur survivrait pas. Dans ce monde on a rien, on ne garde rien, on ne meure avec rien. Il est inutile de croire en nous même, car rien ne nous survivra. Nous sommes trop faibles pour ça. La seule solution pour dépasser cet état de pièces remplaçables par d'autres pièces, c'est de ne pas nous fier à nous mêmes. La colère et la haine menaient à l'aveuglement, à la justification, à adapter l'idéologie. Il fallait croire en premier, ce que John Mulciber faisait très bien d'ailleurs. Et mettre la haine au service de l'idéologie. Premier principe fondamental : tout ce qui n'est pas nous est un ennemi. A partir de là, la haine particulière, propre à l'homme, disparaissait. C'est une croisade et nous n'y survivrons pas. Pas plus que nos enfants et leurs enfants à eux. L'éternité, si vous la cherchez, ne vient pas de nous, elle vient de nos idées, car elles, elles traversent le temps.

Ainsi John Mulciber, ministre de la Magie Anglais, haïssait il pourtant les gens. Il ne le cachait pas et n'en faisait pas un mystère. La trahison de Benjamin Mulciber, à l'instar de celle de Tom Jugson, le mangemort la vivait comme une déception personnel. Il avait eu confiance en eux et voilà qu'ils le reniaient et qu'ils passaient dans l'autre camp. Comment apprécier ça ? Pourtant il n'en faisait pas grand cas et ne trouvait pas vraiment d'importance à sa colère. Elle passerait. Et il faudrait tout de même les détruire. John Mulciber paraissait moins en colère depuis qu'il avait rencontré Martell, et pour cause : la haine personnelle avait conduit son ancêtre à la mort et surtout à l'échec. Il se méfiait de la colère comme de la peste. Non, la bonne solution était de se ramener à quelque chose de général. Tous les tuer en bloc, ne pas faire de cas, laisser courir sur les noms, qu'ils ne soient que des traitres parmi d'autres. C'est ce qu'il pouvait leur faire de pire – couper totalement les ponts avec eux et dire que c'était fini, qu'il n'y avait plus rien à faire, plus rien à attendre de lui. Et aussi ce qu'il pouvait faire de mieux. M'impliquer personnellement laissera trop de place à la haine. Trop de place aux sentiments. Ce qui ne sert à rien.

Pour en revenir précisement au cas Benjamin Mulciber, la bonne question c'était pourquoi. Tout dans ce dossier interrogeait John dans ce sens, et c'était finalement ce qu'il fallait déterminer, le Ministre se disant, avec plus ou moins de raison peut-être, que cela pourrait bien être la clé pour l'arrêter. Il écoutait le directeur des exécuteurs sans mot dire, analysant rapidement ce qui se disait, et il continuait à réfléchir pendant ce temps là.

« Il était le témoin de Tom Jugson à son premier mariage. »
Un fait dont il venait de se souvenir ; lui même n'était pas invité. « Je crois qu'ils se connaissent depuis Poudlard, et même après, ils ont continué à se fréquenter. »

Ça correspondait au niveau des dates, mais de là à l'affirmer... C'était une période que John connaissait très mal, pour la simple et bonne raison qu'il se trouvait en prison durant ce temps là. Au vu de l'âge de toute cette troisième génération de mangemort, Lincoln devait également avoir rencontré Ben à Poudlard, fait sur lequel John ne s'attarda guère. De tous, Crow était le premier qu'ils avaient vu arriver à Azkaban, parmi les jeunes qui s'étaient pris de l'envie de suivre la même route que leurs ainés et qui avait fini de la même manière en taule.

«  Si Benjamin a de plus agit en Russie pour les bourbistes, alors il devait graviter dans l'entourage de Miroslav Radeskine. Qui est lui même en contact avec Jugson, nous le savons déjà. »

On pouvait presque considérer comme certain l'appartenance de Ben à la Vague. Ce qui ne surprenait pas vraiment John. A dire vrai, il voyait mal l'Ordre du Phénix accueillir à bras ouverts un mangemort renégat, ni un mangemort renégat se diriger naturellement vers l'organisation de Weasley et compagnie. Surtout si on supposait un purisme de circonstance tendant vers celui de Jugson de la part de Ben.  Mais même dans ce cas ça restait une trahison, une trahison que le Maitre n'aimerait pas du tout. Une trahison qui pourrait coûter cher et envoyer un message totalement négatif à la population. On ne pouvait pas dire que John l'ignorait, et maintenir le peuple dans l'ignorance serait nécessaire. Vital même. Nous ne pouvons pas faire autrement. Seulement, il y avait un revers... Il se contenta de répondre :

« Renforcez moi la sécurité autour de ses cibles potentielles. Pour l'instant inutile d'expliquer pourquoi – de toute façon, ça n'est pas propre à lui. Maintenez moi tout le monde en dehors de ça, sauf nous. Pour l'instant il n'est pas utile de mettre qui que ce soit au courant sauf le Maître. »


Ça viendra bien assez tôt. John imaginait déjà les remarques cinglantes qu'il prendrait. Pas que ça me touche, mais pour le reste de la famille. Lui avait le dos large, le reste des Mulciber moins, parce qu'il s'arrangeait depuis longtemps pour qu'on leur foute la paix. Ce n'était pas forcément le grand amour entre John et les siens, mais le mangemort faisait ça par principe, l'un des seuls qu'il conservait d'ailleurs, lui qui croyait qu'on pouvait tout faire tant que la fin justifiait les moyens. En tout cas ça ne change rien, la question, ça reste pourquoi ? Est-ce que Ben Mulciber voulait réellement disparaître ? Parce que si c'est ça, il doit tout de même bien savoir que nous on cherchera à le retrouver, surtout s'il commet des attentats...

« Je ne suis pas sur qu'il veuille rester mort...Il avait les moyens et l'opportunité de le faire. L'explosion du camp d'Arkhangelsk lui permettait de disparaître. Et il aurait pu rester en Russie sous un faux nom, sans rien faire, combien de chances aurions-nous alors eu de le retrouver ? Au lieu de ça,  non. Il se lance dans une série d'attentats que nous ne pouvons manquer de remarquer, et il se lie probablement à la Vague. Il veut qu'on le découvre, en fait je pense même qu'il veut qu'on publie son nom. Il sait ce que ça fera si tout le monde sait qu'il existe. »

Et parla même occasion, il envoyait un message. Un message qui disait : peu importe que vous découvriez, je me bats à découvert, regardez moi, je n'ai rien à perdre, je m'en fous. Et la question restait la même, toujours : pourquoi ?
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MessageSujet: Re: I don't care for fancy things [Mulciber] Ven 9 Aoû - 17:39

Benjamin Mulciber n'était pas inconnu de Lincoln Crow. Les deux s'étaient cotoyés, à plusieurs reprises, sans jamais avoir eu une réelle amitié. Non, d'ailleurs, il était rare de parler d'amitié à proprement dit avec Lincoln. C'était plutôt de l'alliance, ou du pacte de non-agression, parfois de défense. Il avait compté peu d'amis dans son entourage, grand maximum Cédric. Le seul qui aurait pu le devenir réellement avait décidé de se détourner d'un chemin pour lequel il avait brisé son âme. Jugson. Lincoln ne haïssait pas Jugson, c'était plus profond que cela. Ce n'était pas de la haine raciale, sanguine, ou purement idéologique, non, ce n'était pas si superficiel. C'était un homme blessé qu'était devenu Crow après Big Ben, non seulement pour sa marque, pour son intégrité, mais aussi et surtout pour avoir perdu un proche, un « ami » faute de meilleur terme. Alors, non, Jugson n'était pas détesté du Directeur des Exécuteurs, il n'était pas envié non plus remarquez. Il était simplement considéré comme tel. Autant certains, à l'image de Ron Weasley, Granger, ou anciennement Dumbledore étaient déconsidérés par le mangemort, il les haïssait purement et simplement, une rage inutile et stérile qu'il ne pouvait réfuter. Ne restait que Jugson qui était considéré comme un être humain à part entière, et c'était déjà un grand pas. Il n'était pas sûr, d'ailleurs, que la réciproque soit vraie, et à vrai dire, Lincoln s'en foutait un peu. Il ne cherchait pas la compassion des autres, leur amour, ou leur haine. Il les laissait filer tels qu'ils étaient venus, comme des fantômes que l'on ne peut voir, sentir, toucher. Le reste de la population indifférée Lincoln. Pour la plupart il les déconsidérait, pour d'autres il les haïssait, mais ceux que eux pensaient de lui... c'était bien la dernière chose dont il se souciait actuellement.

Benjamin avait tout juste deux ans de plus que Crow. Un rien sur l'horloge terrestre, mais à une époque cela avait suffit à faire la différence. Pourtant, Lincoln n'avait jamais reconnu l'autorité sinon celle du Seigneur des Ténèbres. Il avait toujours été ainsi. Ni crainte de Dumbledore, ni de Rogue, pas même des préfets, et encore moins du Ministère bourbiste. Il les avait tant détesté, tous, qu'au final il avait fini par oublier leur légitimité à le contrôler. Il était devenu proprement incontrôlable et il se maintenait entre les rails de la société seulement par son bon vouloir. Ce qui était rarement décrit dans son livret scolaire c'était sa capacité à se connaître lui-même mieux que quiconque. Beaucoup de sorciers affirmaient, à tort, bien évidemment, qu'ils se connaissaient par cœur. Ce n'était pas vrai, aux yeux de Lincoln, tant que l'on reconnaissait une quelconque autorité. L'autorité imposait la règle, la règle était le contrôle, le contrôle était implicitement celui de soi-même. Au fond, croire en une entité autoritaire autre que sa propre personne était, pour Crow, une forme directe d'impuissance et de méconnaissance de son être propre. Il ne reconnaissait pas le Seigneur des Ténèbres comme autorité absolue. Il le reconnaissait comme figure de ce en quoi il croyait ce qui, nécessairement, lui forçait le respect et l'obéissance. Mais si il s'avérait que Lord Voldemort n'était pas puriste pour un sou, il était très peu probable que Lincoln ne décide pas de déshonorer le contrat de la marque des ténèbres.

Préfet qu'il fut le petit gars. Hum... et maintenant hors-la-loi. Preuve irréfutable que le système éducatif de l'ancien régime bourbiste fut inefficace et indirectement une source puissante de criminalité. Le gouvernement avait fait croire à de belles choses – car les propos bourbistes étaient parfois beaux pour Lincoln – mais proprement infaisables. On ne pouvait pas prouver l'égalité, on ne pouvait pas l'admettre, ni l'appliquer. L'égalité, ce mot qui leur pendait à la bouche comme la bave chez un nourrisson. Ils en étaient dépendants, ils ne pensaient que par ce simple concept restrictif : égalité, égalité, égalité. C'était ce pourquoi tant de hors-la-loi pensaient bien faire : pour l'égalité. Au fond, Lincoln ne leur en voulait pas. Il les plaignait plus qu'il ne les détestait. Ces imbéciles incapables de voir le monde tel qu'il est. Eux espèrent et lui il voit. Ils avaient les yeux fermés et le sourire aux lèvres, il avait les yeux grands ouverts et la baguette levée. Rien, non rien, n'était potentiellement meilleur que la survie primitive et puriste dans ce monde, la bourbisme ne relevait que de l'espoir et du rêve. Preuve qu'il était fait pour les lâches et les faibles : car le sorcier, le vrai, ne rêve pas, il agit.

Benjamin avait connu Jugson, rien ne plus normal. Crow avait échappé à Tom à Poudlard, mais il se souvenait de son nom sur les tableaux des anciens élèves, sur les trophées de la maison de Salazar Serpentard, et de toutes ces babioles désormais oubliées de tous. Lincoln n'avait jamais été ni patriote, ni solidaire envers sa maison, ni envers ses camarades. Il avait fait son chemin seul, incroyablement seul d'ailleurs, jusqu'à rencontrer les mangemorts. Il avait cru pendant longtemps qu'il s'y sentirait comme chez lui, comme dans une nouvelle famille. La réalité était bien différente. Il y avait vu l'intérêt personnel pré-régime, il y avait vu la désunion, la haine, les conflits, les traîtres. Il y avait tout ce qui faisait de lui désormais un sorcier accompli et puissant car tous ces vices là il n'y avait pas succombé. Il n'avait jamais haï un mangemort, il n'avait jamais profité de l'intérêt commun, il n'avait jamais visé la désunion, bien au contraire, et il n'avait pas trahi. Il aimait l'intérêt personnel, mais il se le construisait lui-même pour, au final, aider le régime à se bâtir sur plusieurs front. Mais aucunement il ne piocherait dans la Communauté, ce grand mot bien pompeux, pour prospérer lui-même. D’ailleurs,il n'en avait pas besoin. Aucun bruit, aucune vague. Les choses étaient ce qu'elles étaient, Lincoln en était venu à les voir ainsi, il ne cherchait plus à les résoudre si personne ne le voulait. Il n'agissait que quand il percevait une envie commune à l'Ordre des fidèles du Lord.

- Un dossier est actuellement en cours à propos de Miroslav Radeskine . Nous pensons pouvoir le retracer, et si nos négociations avec le gouvernement russe portent leurs fruits, peut-être pourrions-nous l'attraper et le ramener ici. Mais il n'est pas une priorité absolue, donc il se peut que l'affaire prenne du temps.

Les ordres que venaient de donner le Ministre de la Magie étaient on-ne-peut plus clair. Ils étaient, pour ainsi dire, logiques et indéniablement efficaces. Aussi Crow acquiesça, il renforcerait la sécurité autour des cibles les plus en vogue pour La Vague. Depuis son passage à Poudlard en temps que Chef de la Sécurité, Lincoln s'était illustré comme un compositeur hors pair de la sécurité du domaine, du personnel, et de l'intégrité puriste. Poudlard avait connu sa période de paix sous Crow. L’Élite s'était formée à ce moment là, Lincoln en avait largement eu vent, il avait laissé faire car il savait à ce moment là qu'il ne resterait pas longtemps dans l'école de Sorcellerie. Et il savait que Mercurius y était rattaché. Aussi, il avait toujours eu un œil sur Poudlard, toujours, mais trop de choses devaient être tues car elles étaient mal perçues. Depuis son arrivée au Ministère, bien évidemment il était le Directeur des Exécuteurs de Nuisibles, mais on lui demandait souvent de traiter la sécurité car il avait l'expérience et le CV nécessaire. Cela ne le gênait guère en vérité, c'était plus de travail mais c'était toujours intéressant, et, au fond, affecter des hommes à quelques personnalités, leurs donner des ordres clairs et précis et lire leurs rapports toutes les semaines n'avait rien de réellement fatiguant.

-Vous avez peut-être raison. Quoiqu'il en soit, je vais suivre votre piste et la mienne, inutile d'exclure l'une des deux tant que l'on ne sera pas assez proche de la vérité pour déterminer la bonne option. Quoiqu'il en soit, je vais essayer d'infiltrer un homme dans La Vague, le dossier est en place depuis plusieurs mois, les premières actions vont être menées. Je vous tiens au courant si le nom de Benjamin Mulciber remonte par l'infiltré.

Lincoln se leva alors, salua le Ministre respectueusement et avant de quitter le bureau, il se retourna légèrement.

-Sincèrement navré de vous avoir apporté cette nouvelle qui a plus de mauvais que de bon. Quoiqu'il en soit, vous avez mon soutien, personne n'a le droit de vous discréditer pour pareille affaire. Au revoir Monsieur le Ministre.

Et la porte des Hautes Sphères se referma derrière le Directeur des Exécuteurs de Nuisibles qui regagna rapidement son lieu d'affectation où il avait presque droit de vie ou de mort sur ses hommes. Il rejoignit d'abord une équipe en charge d'un meurtre sordide en pleine capitale, puis s'affaira à régler de la paperasse pour l'infiltré qui allait bientôt de mettre en action, et enfin, il reprit place, seul, derrière son propre bureau où il se laissa avoir par une cigarette tout en observant ce qu'il avait repris et fait brillé de mille feux. Miss Roberts frappa à la porte restée ouverte, il posa ses yeux sur elle, et lui indiqua qu'un agent de la Coopération Magique Internationale voulait le voir. Il le fit pénétrer, le salua d'une poignée de main et lui permit de prendre place. L'autre déposa un dossier léger sur le bureau de Crow qui l'ouvrit lentement afin de découvrir de quoi il en retournait. Pendant ce temps, l'autre commença.

-Avez-vous déjà entendu parler du mercenaire Vaas, Monsieur Crow?

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MessageSujet: Re: I don't care for fancy things [Mulciber] Ven 9 Aoû - 20:54

John Mulciber, laissa partir Lincoln Crow. Le soutien de son confrère mangemort ne le toucha pas plus que ça. Tout est poussière, le déhonneur et l'honneur ne comptent pas. Et le Maitre pardonnera pas...De tous temps il avait fait de son mieux, mais l'homme qu'il était et le patriarche qu'il fut, millénaire ou non, s'écroula à ce moment là, une fois seul. Un instant, il fut à l'image du gosse qu'il était, du gosse qui mourut trop tôt pour ne jamais renaitre, et une larme coula alors qu'il regarda pour une fois en le voyant vraiment la vue artificiellement créée de Londres. Tout disparaît. Il ne me reste rien, sinon moi même. Et pour combien de temps ?

Il quitta son bureau. Revint chez lui. Pris quelque chose dans la vieille remise des elfes de maisons qui entretenaient le jardin. Il ne remonta même pas saluer sa femme. Il transplana directement à Morley Old Hall. Une nouvelle visite, difficile à annoncer, l'attendait...

John regardait le couple, et celui-ci semblait sur le point de s'effondrer. Enfin, surtout Edward Mulciber, son oncle. Teddy réalisait la portée de la nouvelle que son neveu venait de lui annoncer. Susan, elle...voyait-elle uniquement ce qu'elle voulait voir, à savoir que son fils restait en vie ? Ou s'interrogeait-elle ? Pendant des années elle a adulé et aimé la mémoire de son héros de rejeton, au détriment de ses autres gosses, et aujourd'hui je lui annonce que Ben est un traître. Bien sur, on pouvait mal le prendre. Il ne fallait pas croire. La trahison de son cousin, Benjamin Mulciber, flanquait un coup de plomb dans l'aile du Ministre. Simplement, John ne le montra pas. Il resta celui, qui de marbre, annonce les nouvelles. Comme si ça ne le concernait pas. Il se posa en dehors de tout ça, et à vrai dire, il n'eut pas totalement tort. Dans le fond, il n'y pouvait rien, et ce n'était pas sa faute. Il ne savait même pas pourquoi Ben avait trahi. C'était brutal, c'était dur, c'était immonde, mais le fait restait. Le mangemort ne concevait pas la trahison. Pas plus aujourd'hui qu'hier, pas plus demain qu'autrefois. Il ne pardonnait rien. Comment pouvait-il le faire de toute façon ? Benjamin Mulciber salissait son nom, sa propre réputation, et la confrérie des mangemorts. Et surtout le purisme. On peut renier ce qu'on veut, l'amour, le nom, la famille, mais on ne peut pas renier ce à quoi on croit. Si on changeait de camp, c'est qu'alors on doutait, ou qu'on avait jamais vraiment cru. Auquel c'était différent, tout ce qui était cité plus haut ne devenait qu'un simple déclencheur. John revoyait les larmes du gamin qu'était Ben lorsqu'il partait pour la Russie. J'étais fier, petit, et toi, toi tu pleurais. Pourquoi n'ai-je pas compris, pourquoi ai-je continué ? Le Maître ordonnait que tu partes, mais j'aurais pu le convaincre. Tu n'avais rien connu sinon une vie facile, et je t'ai plongé en pleine guerre. Tu as vu ce que tu n'aurais pas du voir. Tu devais être ma plus grande réussite, Benjamin, tu as été mon plus grand échec, je le sais à présent. John Mulciber, rendu lucide par ce qu'il avait vu, parce qu'il avait cru, tout au long de sa vie, connaissait bien les hommes – ce qui n'était pas le cas lorsqu'il avait fait de Ben son apprenti. Aujourd'hui il ne reproduirait pas les mêmes erreurs, mais aujourd'hui était trop tard. Il ajouta sans brutalité :

« Il vient probablement de revenir en Angleterre. Malheureusement, lorsque nous le retrouverons, il faudra le conduire devant le Seigneur des Ténèbres. Il faudra qu'il paye ses fautes, je crains. »

A ce moment là, Susan s'effondra, en larmes. John la regarda avec un brin de pitié. Pauvre femme. Il ne chercha pas à atténuer la réalité, à consoler. Il disait simplement ce qu'il prévoyait, ce qu'il savait, ce qui se passerait, sans possibilité de mettre un conditionnel devant, lorsque ça arriverait. La mine sombre et grave, l'oncle Teddy passa un bras autour des épaules de sa femme et la berça doucement pour la calmer. L'amour entre son oncle et sa tante demeurait un mystère pour John. Il ne comprenait guère pourquoi Teddy portait autant d'affection à cette femme, manifestement folle, tout du moins fortement dérangée. Mais bon, j'ai vu des mariages bien plus étrange, à commencer par celui de Crow...valait-il mieux un mariage étrange mais avec de l'amour qu'un mariage étrange mais sans amour ? A tout prendre la première solution restait meilleure, toute bizarre qu'elle soit...

« N'y a-t-il pas moyen d'obtenir... »


John ne sourit pas, il garda un regard dur. Nous y voilà. Il savait ce qui suivrait et décida de couper court à tout espoir avant qu'il ne prenne trop de place. Malgré toute l'affection qu'autrefois il portait à Ben, il n'en tint aucunement compte :

« De la clémence ? Non. Lorsqu'on trahit on en paye le prix, oncle Edward. » Bien que Teddy n'aie que six ans de plus que John et qu'ils aient été ensemble à Poudlard un an, il l'appelait toujours ainsi. « Benjamin a fait ses propres choix. A présent, nous ne pouvons plus rien pour lui. Il entache notre nom et celui du purisme, sans parler du fait que ses actions vont à l'encontre des directives du Maitre. Il est magnanime, mais cette fois ce ne sera pas le cas. On ne Le trahit pas. Pas plus qu'on ne trahit les Mulciber et le purisme. »

Manière de dire, si vous comptez sur mon soutien, pouvez vous brosser, je lui éclaterais la gueule dans le premier caniveau venu si je le croise. John se leva et quitta Morley Old Hall. Il portait toujours avec lui son paquet, long et rigide. Il passa dans les champs jusqu'à ce qu'il finisse par atteindre la tombe de Ben Mulciber. Il déballa le paquet, qui contenait une pioche. Il regarda sans mot dire cette tombe. Qui est le pauvre type qu'on a enterré là ? Qui ? Il leva la pioche, la prit à deux mains, et il l'abattit. Il martela le marbre jusqu'à ce qu'il n'en reste rien. Le tout explosa avec un petit bruit presque métallique, et personne ne put voir les larmes de John Mulciber, et personne ne les vit jamais.

Trop de noirceur exorcisée, acceptée, ne donnait pas la lumière si dure à porter mais qu'on nommait la paix.
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