POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Je ne t'ai pas oublié Pv-EM

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Tryan De SaintClair


MessageSujet: Je ne t'ai pas oublié Pv-EM Dim 18 Aoû - 18:10

Car j'ai atteint le toit du monde, celui sur lequel j'ai tué mon mentor. L'apprenti dépassa le maître, saluez la venue d'une ère nouvelle. Lorsque l'hiver vous emportera à jamais, souvenez vous de celui qui fut le premier à le dominer.

Tels étaient les mots de ce qu'il avait vu. Le monde ne tournait pas spécialement autour de lui, il n'était pas là pour porter un destin qui guiderait la masse, il était l'homme du froid. Car ce qui devait arriver se produirait d'ici peu. La première barrière était tombée, et bientôt, l'élève ferait ce qu'il s'était toujours juré de faire.
Son apprentissage était terminé depuis longtemps, mais il restait encore une chose à faire, avant de pouvoir crier qu'il était le meilleur cryomancien au monde, le prouver.
Un jour viendrait, où la glace recouvrerait le monde, ce jour serait l'avènement d'une nouvelle légende. Seulement, l'histoire n'a jamais expliqué où commençaient réellement ces légendes.
La réponse était simple : sur le toit du monde.


L'odeur de brûlé qui avait envahi ses vêtements devenait de plus en plus insupportable, à tel point que les voies respiratoires de ceux qui étaient là bas, s'en retrouvaient assaillies, entraînant glaires et multiples toux, mais pas pour lui.
Tout ceci venait de s'achever devant ses yeux, il y était, il avait été une page de l'histoire.
Pas de festin pour celui qui les avait guidé, pas de repas frugal, pas de reconnaissance alors que pourtant, il avait été là. Il avait assisté au début, et à la fin, survivant de cette épopée qu'il ne conterait pas. Non, une chose lui avait manqué, et cette chose, on la lui avait volé sans qu'il ne puisse faire quelque chose.
C'était comme si c'était hier …

Le crépuscule arrivait qu'il quittait la ville, dans une brume blanche, pour faire ce qui lui semblait juste de faire : préparer l'avenir.
Il ne s'était pas changé, pas lavé, et arborait encore les stigmates de l'affrontement lorsqu'il repoussa la grille blanche de son gant sale.
Sa baguette était rangée, son visage, couvert de poussière, avait été affaibli par l'effort mais n'en demeurait pas moins froid, une froideur qui s'effaça partiellement devant cette tombe.
Cela faisait plusieurs mois qu'il n'était pas revenu ici, et cela se voyait. Les fleurs avaient fané, le temps était passé, et elle, était toujours endormie sous cette dalle de marbre.
Sortant sa baguette, il la passa au dessus des fleurs, leur redonnant une nouvelle vie, les couleurs vivaient désormais sur la tombe de sa belle alors qu'il déposait comme à son habitude, une rose noire sur cette dernière, rose qui l'avait accompagnée durant la bataille.
Se relevant, il fit face à l'édifice mortuaire, fixant cette dalle avec insistance alors que sa respiration fut prise d'un soubresaut sentimental, c'était toujours aussi difficile.

Après quelques minutes de silence, il brisa ce dernier.

« Tout est terminé … »

Il laissa une pause et reprit.

« Et pourtant, je ne me sens pas libéré … par la faute de ces événements je t'ai perdu, et pourtant alors qu'ils s'achèvent, je ne vois aucun changement, pas de soulagement, pas de motivation supplémentaire. C'est comme si tout était resté figé depuis ma dernière visite … tu sais … je ne t'ai pas oublié.

Et maintenant que j'ai le temps de … »


Soupire.

« Je ne suis plus très sûr d'en avoir réellement envie.
Qu'est ce que je dois faire Emily ? »


La tombe resta silencieuse, comme vide. Il soupira en baissant les yeux avant de les reporter au ciel, sa respiration se faisait hasardeuse, et il savait bien ce que cela voulait dire.
Il ferma les yeux, se calmant, avant de s'asseoir sur la tombe voisine, et de refixer celle de celle qu'il aimait.

« Est ce que je dois retourner là bas et les tuer ? Je ne sais même pas qui ils sont, et pourquoi ils ont fait ça. Je ne sais rien d'eux, pas de noms, pas d'adresses, je ne sais rien … mais toi tu sais. Toi tu sais et tu n'es pas là. »

Une douce brise vint à souffler dans le cimetière, elle caressait lentement la joue droite du français, comme une des caresses de sa belle. Devait il y voir un signe ?

« Il me rappellera, c'est une certitude … il me fera une offre qui me détournera de toi, et je n'ai pas envie de l'accepter. Mon esprit me dit de ne pas le faire, mon cœur me dit de revenir vers toi. C'est étrange de ne pas pouvoir se décider, alors que tout serait si simple si tu me parlais … »

Impossible pour lui de comprendre cette situation. Au fond, Tryan ne savait pas vraiment si c'était lui qui avait abandonné sa belle ou l'inverse, c'était si confus. Personne n'avait souhaité lui en parler, il éprouvait le besoin d'en discuter, mais personne dans ses proches n'avait eu le courage d'oser, et c'était peut être ça le problème. Comme d'habitude, il gardait toutes ses pensées pour lui, sans partager ce qu'il ressentait, même avec Lyse avec qui il vivait de facto.
Personne ne lui avait parlé d'elle, on l'avait abandonné.
Tous lui avaient dit : 'je serais là pour toi', mais au final, il n'y en avait eu qu'un qui n'avait pas eu la stupidité de le dire. Eris.
Il avait beaucoup oeuvré, et le fait qu'il n'avait pas besoin de le préciser suffisait pour que Tryan comprenne qu'au fond, il n'y avait que son parent qui le connaisse réellement. Jackson, Emily, Charlyse, tout ceux qui avaient dit qu'ils seraient là, ne l'avait pas été. Et Fleur n'était pas venue, pour ne pas compromettre sa sécurité, mais aussi parce qu'elle se savait impuissante, le deuil de son époux était encore trop frais, et il comprenait.
Et puis il y avait les cons … ceux qui disaient d'une voix moraliste : 'il y a milles fois pire que ça' … il n'y avait rien de pire que la mort de l'amour. Rien.

Aucune tombe ne pourrait supporter le corps d'Emily de Rochemort, car son petit ami connaissait ces dernières. Il était l'agent de la Mort, un nécromancien accompli, et avait bien compris qu'une sépulture ne pourrait retarder un de ses confrères.
Tout ça était bien trop pesant, et il le supportait seul.
Poussé par le désespoir, le jeune homme se saisit de sa baguette, et laissant l'essence de glace nécromantique se former, parce qu'il en avait besoin, espérant aléatoirement que le destin lui donne un coup de main pour réanimer sa belle, mais il n'en fut rien. L'ombre pareille à un spectre, resta pourtant là.
Elle lui murmura des paroles, qui le forcèrent à relever la tête, et à préparer l'avenir. Était ce vraiment elle qui lui parlait ? Il ne savait pas vraiment.
Fort de ces mots, il essaya un hominum revelio, mais il était toujours seul dans ce cimetière ...le destin ne l'avait pas aidé une fois de plus. Mais elle lui avait parlé, il aimait à le croire, et peut être qu'au fond, il savait que c'était le cas.


--------------------------------------------------------------


La nuit avait été courte mais salvatrice, Tryan avait pu se doucher, manger autre chose que la merde que l'on servait à l'armée, mais n'avait pourtant pas réussi à effacer les marques de la guerre sur son visage. Des cernes plus poussées qu'avant, et même rasé de près, il semblait demeurer inconsciemment cette pilosité inexistante. Son regard était froid, mais moins dur qu'à l'accoutumée, il en était sorti, lui qui avait été là dès le premier jour, mais quelque part, lorsqu'on le regardait et qu'on le connaissait depuis bien avant que la guerre n'éclate, on se disait que quelque chose était mort là bas.
Et en effet, il avait perdu quelque chose là bas, sa moitié.

Il avait médité sur ce qu'il s'était passé, une bonne partie de la nuit, mais qu'importe, son choix était fait. En ce début d'après midi, il sortit de son domaine, et transplana jusqu'à un petit appartement de Londres, un recoin perdu, dans un quartier mal famé, mais qu'il connaissait de visu.
Il toqua à la porte, et on lui ouvrit.
Roxane était méconnaissable. Elle avait troquée son habituelle tenue de pouffiasse d'antan pour une plus décontractée et passe partout, une robe simple, relativement courte, mais pas autant qu'avant, et le décolleté n'était en rien plongeant comme il l'eusse été autrefois.
La demoiselle avait perdu une bonne partie de ses formes, en effet, sa poitrine était devenue plus correcte et moins exubérante, tout comme ses cheveux lisses d'un noir ébène qu'elle avait délaissé au profit d'un blond passe-partout avec une pointe de frisure sur le bout. Concrètement, elle était transformée, sa vie avait changé grâce à cet homme qui lui rendait visite.
Maintenant, elle était plus mince, moins en formes et plus en classe et en délicatesse. Elle avait laissé l'habitation de son mari pour cet appartement et avait changé de statut, devenue simple administrative du Rccm. Personne ne savait qui elle était, et même son père devait jusqu'à ignorer ce qu'elle était devenue.
En quelques mois, elle était devenue une autre.

Avec un grand sourire, elle fit entrer son ancien patron, lui tapant une bise au passage, chose qu'elle n'avait jamais eu le droit de faire de son ancien temps.
S'installant dans l'endroit presque insalubre, le français lui demanda simplement un verre d'eau. Elle le rejoignit et lui proposa des petits gâteaux avant d'en venir à cette discussion.

« Alors Tryan, qu'est ce qui t’amène ici ?

_ J'ai besoin que tu me rendes un service. »

Ne cachant pas son air surpris, la miss se demanda un moment si elle avait bien entendu. En effet, il était rare que Tryan De SaintClair vienne demander des services de n'importe quelle nature qu'ils soient.

« Bien sûr qu'est ce que je peux faire pour toi ?

_ Je veux que tu me donnes l'adresse d'une personne en particulier au ministère.

_ Mhok mais c'est qui … »


--------------------------------------------------------------


65 Cauldhame, Stirling en Écosse.
La campagne avoisinante vit apparaître Tryan De SaintClair. L'endroit était très floral, perdu en pleine nature, et à l'image de la personne qui y habitait, personne que le français était venu retrouvé, à l'improviste. Si cela pouvait ressembler à une décision prise sur un coup de tête, il n'en était rien, car tout cela était mûrement réfléchi par cet esprit complexe.
La maison modeste mais bien entretenue, était logée aux creux de quelques collines bordant une forêt, lieu où la nature semblait régner en maître alors que l'on approchait doucement de l'automne.
Tryan n'était pas surpris de trouver cette personne en ce petit cottage reculé, il la savait capable de supporter une telle solitude, car cette personne la, elle n'avait besoin de rien d'autre que de calme.
Calme qu'il venait troubler visiblement.

S'il avait pu revêtir son uniforme militaire noir, il avait préféré le mettre de coté, trop souvent requis en Irlande, tout cela était derrière lui, et il préférait éviter ce dernier avant un moment. De ce fait, il avait préconisé un ensemble sorcier dans les teintes sombres que l'on pouvait identifier comme étant un bleu très foncé, ou un violet-indigo tendant au noir.
Lunettes de soleil de mise, il arborait à la ceinture un fourreau aux armoiries de sa famille, à moitié dissimulé par son grand manteau sombre qui contenait, comme la personne qu'il allait visiter le savait, tout ce dont il avait besoin en mission.
Se déplaçant jusqu'à la porte, le français toqua trois coups, jetant un coup d'oeil derrière lui, personne.
Attendant patiemment, la porte finit par s'ouvrir, dévoilant un elfe de maison dont il connaissait le nom.
La voix froide mais calme du français finit donc par se faire entendre alors que l'elfe était comme tétanisé ou paralysé par la vue de cet homme.

« Popi … va donc me quérir ta maîtresse. »

L'elfe eut un moment de flottement avant de repartir dans la maison. Nouveau coup d'oeil en arrière pour Tryan. Personne.
Alors rapidement le jeune homme put percevoir des pas, avant d'apercevoir enfin celle qu'il était venu voir.
Un sourire en coin sur son visage, elle s'approchait, l'avait elle reconnu ? Probablement pas avec les lunettes de soleil, cela faisait un moment qu'ils ne s'étaient pas vus.
Quand elle lui fit enfin face, le français prit la parole quelques secondes avant qu'elle ne le fasse.

« Bonjour, ça faisait un moment … Emily ... »

Avant de prononcer ce nom, il avait retiré ses lunettes de soleil, lui laissait alors pleine vue sur ce visage, l'hésitation de la demoiselle s'évapora alors.
Les retrouvailles s'étaient faites attendre.
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Emily B. Matthews


MessageSujet: Re: Je ne t'ai pas oublié Pv-EM Dim 18 Aoû - 21:56

Le petit homme était presque chauve. Quelques cheveux solitaires ornaient son crane lisse et luisant, qu'il essuyait d'un geste, soufflant un peu, tel un buffle épuisé, alors que ses petites mains allaient et venaient entre les feuillets, ses doigts grassouillets caressant le papier avec l'assurance fébrile qu'il était bien en vie sous ce ciel orageux. Les lumières se reflétaient sur les nuages sombres et épais du ciel irlandais. Les ombres mouvantes et tordues d'une rage de vivre inimaginable s'élevaient comme des titans au milieu des ténèbres, accompagnées de leur cacophonie infernale, celle d'une victoire plus qu'amplement méritée après des saisons de combats intenses et inutiles. Partout, les cris muets d'avoir trop vu d'amis tomber se changeaient en hurlements de frustration libérée, qui résonnaient autant dans les têtes que dans les cœurs. Et chaque syllabe était reprise avec un peu plus de force à chaque fois.
Mais pas ici. Cet homme, ce secrétaire petit mais possédant l'embonpoint de celui qui n'avait jamais souffert de la famine, avait mit en place une maigre barrière, constituée d'une toile cirée où se miraient les silhouettes et se répercutaient les exclamations. Son visage était éclairé par la flamme tremblotante d'une bougie, alors que sa plume d'oie allait et venait parfois de l'encrier au papier, quand elle ne reposait pas simplement quand il lisait. Mais ses yeux marrons se levaient surtout sur ce qu'il voyait face à lui, et de vieilles sensations qu'il pensait noyées sous le flot de la bureaucratie, de la guerre et d'une vie familiale insipide lui revenaient.
Ce qu'il accueillait ici n'était pas un de ces éternels mercenaires bardés de cicatrices, lesquels fumaient plus que des dragons, empestaient bien davantage que des basses fosses. Non, il s'agissait au contraire de la plus pure des bouts de femme, du moins de son avis. Une femme, en attestait ses formes graciles, sa silhouette des plus menues et chétives, la profondeur troublante de ses grands yeux bleus, à la fois de glace, d'eau et d'un feu tel qu'il en était brasier, bordé de longs cils ébène. Il laissait son esprit vagabonder sur ce corps, caché par une robe noire et brulée, associée à des rudes bottes à semelles épaisses, toutes masculines, et surtout, il se perdait dans ce beau regard, qui lui transperçait l'âme tout en demeurant impénétrable. A la fois froid et contemplatif, mortel et passif, encadré d'une peau de lait tachée de saleté et de cheveux noirs de jais aux boucles folles.
Il toussa bruyamment, se reprit en épongeant une fois de plus son front dégoulinant d'un revers de manche et continua de noter silencieusement, écartant parfois quelques mouches qui venaient voler trop près de lui. Seuls les rires, les cris, les chants, venaient troubler le silence accompagné de grattement sur le parchemin.

-... Et donc, finit-il par attaquer d'une voix un peu éraillée, vous étiez lieutenant, Miss Matthews...?
-O'r Gogledwald, répondit-elle d'une voix égale, où se perçait un frissonnement glacé de par son ton clair comme un ciel d'hiver. Miss O'r Gogledwald ou Of Norlvand.
-Je vois que vous aviez des ancêtres français qui avaient imposés le "De", mais vous voulez revenir à votre patronyme originel ? Celui de, je vois là, votre domaine au Pays de Galles ?

Celle qui possédait le sang de l'une des plus vieilles familles de sang pur du territoire brittanique hocha la tête. De manière directe, elle était la dernière de cette dynastie presque mythique et si son sang n'avait été souillé par une sang mêlée, elle aurait été l'un des plus beaux partis qui soit. Hélas, famille massacrée, domaine saccagé, plus aucun survivant si ce n'était cette fille que l'on préférait voir appelée Matthews plutôt que de désacraliser un héritage aussi prestigieux.

-Voilà, votre dossier est en tout cas complété,
fit le secrétaire, sa fine moustache oscillant alors qu'il tendait les papiers.Votre autorisation de rapatriement, signez ici -Il lui tendit également une plume d'oie et une bouteille d'encre- ... Et là. Je dois dire que je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un me demande aussi vite des papiers, avec la fête... Mais je présume que votre famille vous manque...

Pique d'ironie auquel Emily ne prit même pas la peine de répondre, traçant seulement les grandes boucles qui ornaient les lettres de son nom, pas De ou Of Norlvand, ni même Matthews, mais bien celui de ses ancêtres : O'r Gogledwald. Son expression était songeuse, son regard se perdait dans quelques contemplations alors que le secrétaire caressait sa moustache avec cet oeil brillant qui reflétait tant ses pensées, si bien qu'il fut surpris d'entendre la voix de la chétive qui levait vers lui ses prunelles limpides.

-On est quel mois...?
Osa t-elle demander en reposant la plume, alors que la toile de la tente était secouée par la foule, dont le capharnaüm de joie n'était étouffé que par cette mince protection.
-Nous sommes en aout, Miss Matthews, répondit-il posément, afin de ne pas la brusquer. La fin de l'été est pour bientôt... Reposez vous, surtout, demandez un congé avant de revenir à la vie active... Et bon retour chez vous...



Se reposer... En était-elle capable désormais ? Chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle repensait à toutes ces images qui étaient devenus habitude, son quotidien fumants de cadavres en putréfaction, que l'on remblayait dans une terre jadis verdoyante et devenu boue et marécages sanguinolents. Elle ne savait combien d'irlandais avaient péris, mais c'était trop pour qu'elle en ressorte indemne et puisse contempler son paysage comme jadis, pour qu'elle puisse simplement écouter le chant des oiseaux et le bruissement du vent dans le feuillage des arbres sans entendre encore les cris et les éclairs magiques qui lui vrillaient les tympans. L'odeur des fleurs elle même n'arrivait pas à la calmer, et l'écrin végétal de sa serre ne lui semblait plus qu'une mince et friable protection contre la noirceur de l'horizon qui se dessinait.
Il n'y avait nulle victoire à fêter pour le soldat, juste celle d'être encore en vie et cela pour le plus longtemps possible. Rentrer chez soi ne valait pas plus quand personne ne vous attendait, quand vous étiez plus seule qu'une île au milieu d'une éternité de flots...
Assise au milieu du bourgeonnement d'une vie foisonnante, elle gardait ses mains blanches sur les cuisses et observait sa toile, bariolée de couleurs oscillant entre le vermeil et le jaunâtre, avec surtout ce bouquet épars d'éclairs verdâtres. Cela ne semblait rien représenter, mais pour Emily, il s'agissait de l'expression même de ce qu'elle avait ressentit, de ce qu'elle avait vu : un ciel dont l'orage était l'intensité de la lumière des baguettes qui rugissaient dans les ténèbres. La mort à chaque pas, à chaque mot, et on ne devait la vie qu'à la chance ou une protection toujours plus efficace... Quand ce n'était la capacité à tuer plus vite que l'adversaire.

-Miss, Miss !

La petite Popi se précipitait dans l'habitacle de verre et de métal, magnifié par la végétation, pour arriver, toute essoufflée, près de sa maitresse, laquelle posait pinceaux et palette près du chevalet, essuyant ses mains sur sa salopette de travail, tachée à la fois par la terre, l'herbe et la peinture. Elle se leva assez vite et suivit son elfe de maison, attachant ses cheveux de manière cavalière grâce à un simple élastique. Qui pouvait venir jusqu'ici ? Un moldu perdu ? Un membre du Ministère, envoyé par Ombrage, ou un remplaçant quelconque ? Depuis le renvoi de Tryan, elle avait continué à servir comme lieutenant, bien que non sous sa responsabilité et commander les membres du RCCM engagés. Malgré cela, elle ne suivait plus du tout les actualités, autant concernant son département que le ministère tout court, en vérité. Un sentiment nationaliste s'était développé chez elle, mais entièrement dévoué à sa patrie d'origine, le Pays de Galles. Cette maison écossaise, d'ailleurs, elle prévoyait de s'en séparer pour reprendre son domaine d'origine. La colossale fortune accumulée par sa famille l'aiderait en cela... Quoi qu'il en soit, elle n'attendait aucun visiteur.
Aussi, fut-elle surprise quand elle découvrit un grand et jeune sorcier portant des lunettes noires et une cape élégante. Il était beau, séduisant, et ne portait nulle trace d'écusson du Ministère, seulement un sourire en coin qu'elle était sur de connaitre. Oui, elle avait déjà rencontré cet homme. Aussi, quand il la salua et enleva ses lunettes, son cœur rata un battement, prouvant par la même que la vie était bien en elle.

-Mons... Tryan,
dit-elle simplement alors qu'un sourire doux et discret, comme elle savait en faire, relevait les commissures de ses lèvres. Je m'attendais à tout sauf à recevoir t... Votre visite...

Elle sentait toujours ce besoin de mettre une distance entre eux, bien que les sentiments qui étaient les siens criaient le contraire. Il était devenu, peu à peu, son mentor et bienfaiteur, sa loyauté lui était toute acquise, au terme de discussions et d'heures de travail en bureau ponctuées de missions, mais aussi de par les épreuves qu'ils avaient endurés tous deux, séparément, mais toujours un regard posé l'un sur l'autre, dans la guerre et la souffrance. Tryan était celui qui avait le plus perdu, bien qu'elle n'ai jamais osé lui parler vraiment de cela, de peur de raviver trop de souffrances. Elle même ne parlait pas, elle ne parlait jamais. Elle était de ces personnes hermétiques qui se refermaient comme des coquilles trop pleines, de peur de déborder...

-Ent... Trez,
lançait-elle en jetant un regard vers Popi, pour bien lui faire comprendre ce qu'elle attendait. Je suis très heureuse de vous revoir, comment allez vous...?

Une part d'elle même avait peur de la réponse, tandis que l'autre la désirait ardemment. Elle l'invita d'un geste, sans faire attention à la négligence de sa tenue, dans son intérieur, lequel était bien entretenue, mais étonnamment, un arbre qui avait du être arbuste de décoration jadis, avait planté ses racines dans un coin du séjour et son feuillage tapissait le plafond et une de ses branches serpentait jusqu'à s'enrouler autour de la rambarde d'escalier qui menait au premier. Quelques feuilles jonchaient ci et là les dalles de terre cuite, mais à peine Popi ramenait-elle des biscuits et une théière brulante de thé, elle s'occupait au plus vite de balayer, presque une ombre dans le décor alors qu'Emily s'asseyait sur un fauteuil, invitant son ex patron à s'assoir sur le sofa.
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Tryan De SaintClair


MessageSujet: Re: Je ne t'ai pas oublié Pv-EM Lun 19 Aoû - 2:07

La noblesse qui était autrefois la sienne avait été corrompue. En effet, Tryan avait perdu ce coté noble de par la guerre, devenant plus une sorte de guerrier que de noble sorcier, à l'image des roi-sorciers d'antan.
Avant la guerre, son visage fin et ses attitudes ne trompaient pas, mais là, le déguisement était parfait, son relachement certain laissait entrevoir une nature beaucoup plus méfiante, comme s'il pouvait à tout moment revenir sur ses gardes et crucifier un éventuel assaillant, bien qu'ici, il y avait très peu de chance d'en croiser, une sale manie sans doute.
Son langage corporel était devenu plus flou, il traduisait beaucoup moins de confiance, mais plus une sorte de charisme indécent mais discret, qui pouvait gêner d'ailleurs. Les longues journées de combat avaient durci ses muscles, jusqu'à ce qu'ils ne se relâchent plus, comme s'ils étaient toujours crispés et prêt à fournir un énième effort. L'homme auquel Emily faisait face, n'avait plus grand chose à voir avec son patron, dans l'apparence tout du moins ; c'était d'ailleurs pour ça qu'elle n'avait pas du le reconnaître au premier coup d'oeil, et il était normal qu'elle s'y trompe, l'illusion était convaincante.

La tenue de la miss n'avait plus rien à voir avec son bel uniforme qu'elle avait en Irlande, du peu que Tryan l'avait vu avant de quitter le RCCM, elle portait bien ce symbole des militaires, il lui allait à merveille, éveillant au premier regard une sorte d'aura étrange. En effet, le contraste douceur de son visage et de son attitude, mêlé à l'aspect autoritaire et dur de l'habit, lui donnait une prestance qui la rendait plus belle qu'elle ne l'avait jamais été. Ou tout du moins, bien plus belle que dans cette salopette de peintre raté.
Elle aussi portait les marques de la guerre, pas forcément sur son visage, mais dans son regard, qui avait perdu en froideur, elle avait les yeux d'un enfant, car d'embryon, elle était devenue un enfant libre. Ce vide qui ne demandait qu'à être comblé qu'en savoir, c'était désormais fait une place pour ressentir des plaisirs plus simples, en d'autres termes, elle avait découvert là bas à travers la mort.
Oui, elle avait tué des innocents et elle le savait, mais elle avait échappé au pire, elle n'avait pas été dans le bataillon de Tryan De SaintClair, exprès de par sa demande. Mais ça elle ne le savait pas.
Tryan avait veillé sur elle en secret, lui épargnant le massacre de ce qu'il y avait de plus innocent.
En effet, Emily n'avait pas été contrainte de commander le massacre de femmes et d'enfants, elle n'avait pas fait condamné des gamins à peine en âge de compter, elle ne les avait pas eu sous sa botte, elle n'avait pas eu à lancer le sort qui abrégeait leur vie. Elle n'avait pas eu à faire ce qu'un militaire devait faire.
Tryan avait géré le RCCM en Irlande, sans que son nom ne soit mentionné, il avait chapeauté l'armée du Sud, mais personne n'avait fait le lien, car il avait dirigé de tel sorte à optimiser les déplacements, quitte à séparer les troupes en diverses sections, et affaiblir un front. N'avait il pas pris Nuketown avec seulement une centaine d'hommes ? N'avait il pas capturé Curtis O'Connell, une des figures de l'Irlande bourbiste et sorcier de renom ?
Certes Emily Matthews avait tué, mais elle avait tué par idéologie, et pas gratuitement, comme il lui aurait été demandé de le faire si elle avait été avec Tryan.
La guerre les avait changé, l'une en bien, l'autre en mal. Car Emily en était ressortie plus forte, même si sur le coup elle ne s'en rendait pas compte, elle avait beaucoup appris de cette expérience, alors que son ancien patron, lui, avait perdu ce qu'il avait de plus cher.
D'aucun dirait que cela serait son premier gros fait d'arme, mais non, il n'avait pas fait ça pour sa carrière qui était techniquement au point mort puisqu'il n'avait aucun emploi, cependant dans les faits, on le savait là, invisible, mais là, la preuve en était la proposition de Witcher.

Et pourtant elle souriait, d'un sourire aimable et franc, comme il était rare d'en voir de nos jours. La surprise opérait, et elle semblait heureuse de voir une tête amicale, chose rare en temps de guerre, mais cela prouvait qu'au fond, elle n'était pas qu'une petite fille intéressée et arriviste, elle était une femme de cœur avant tout.
Tryan ne manifesta pas ce ressenti, il n'était d'ailleurs presque plus capable de le faire, la dernière fois remontait à quoi … six, sept, huit mois ? Il ne comptait plus car le temps passait, et il avait perdu la notion de ce dernier, qui s'écoulait à la fois trop lentement sur le champ de bataille, et trop vite lorsqu'il quittait ce dernier.


-Mons... Tryan, Je m'attendais à tout sauf à recevoir t... Votre visite...


Cela se voyait, d'ailleurs elle semblait gênée dans son attitude, tiraillée entre le vouvoiement et le tutoiement. Devait elle le voir comme un supérieur ou comme un ami ? Là était son dilemme. Son cœur la poussait au lapsus, la raison reprenait le dessus, un combat de chaque instant que le français réglerait évidemment plus tard. Non pas que l'entrée ne soit pas agréable, simplement que le cadre ne s'y prêtait pas.


-Ent... Trez. Je suis très heureuse de vous revoir, comment allez vous...?


Il y comptait bien. Franchissant l'embrasure de la porte, le français regarda l'intérieur verdoyant de la demoiselle en lui répondant presque machinalement et avec calme :

« Toujours en vie comme tu peux le voir. »

Ils entraient dans ce qui était le salon, la pièce à vivre qui, il fallait le dire, ressemblait plus à un salon de jardin qu'à un salon tout court. De la verdure à foison, comme cela n'étonnait pas Tryan ! La miss avait toujours aimé les plantes et s'intéressait au druidisme du temps où elle partageait plus que de simples regards avec son mentor, les choses n'avaient visiblement pas changé, cela restait un bon point.
Tryan ne la regardait pas, continuant de détailler l'intérieur, avec son habituel regard froid qui analysait le moindre signe par réflexe, sorte d'habitude qui pouvait gêner mais qui avait son utilité une fois en situation de combat.
Ainsi, il remarqua évidemment cet arbre, semblable à celui qu'il y avait dans une des demeures de sa famille, sorte de chêne mais qui s'entortillait comme du lierre autour de n'importe quoi, recouvrant ainsi les murs et tout ce qui pouvait servir de mobilier. De facto, il laissait trainer quelques unes de ses feuilles au sol, mais rien de bien gênant, tant que cela ne faisait pas office de tapis ou de coussins pour s'asseoir, le français ne s'en préoccupait pas.

L'elfe apporta les commodités d'usage, petits gâteaux secs et boisson chaude, tradition britannique que le français dénigrait volontiers, refusant pour ainsi dire toujours, ce qui n'était pas de chez lui, autant dire que le thé n'était pour lui bon qu'à arroser cet arbre d'intérieur.
Bref, ignorant la boisson, la boudant pour être plus honnête, il prit place dans le sofa alors que la maîtresse de maison s'affalait gracieusement dans son fauteuil.
La discussion pouvait ainsi commencer.

« Et il y aurait trop à dire depuis la dernière fois que nous nous sommes vus. »

Pour ne pas dire parler, cela devait remonter à tellement longtemps qu'il en avait oublié le sujet, le jour et l'heure, trop de choses à penser, comme une guerre à gagner par exemple.

« Bref, et toi alors ? Ça fait longtemps que tu aies rentré d'Irlande ? Tu arrives à reprendre ton ancienne vie ? »

Question légitime, car il savait qu'il n'était jamais aisé de retourner à son ancienne vie, car rien n'était plus comme avant, ça ne le serait plus, mais ça, elle devait s'en douter.
Mais il n'était évidemment pas venu pour des mondanités, bien qu'il appréciait Emily, il n'était guère question de se renseigner ainsi, politesse qui dissimulait autre chose que de la bienveillance.
Il la regardait, la scrutait, un peu à la manière de leur première entrevue, mais sans violence, de façon très naturelle, il voulait voir qui était la nouvelle Emily.
Elle avait évolué, il le savait, et tenait à prendre en compte ces changements, en bien, comme en mal.
Tryan avait hâte de savoir ce qu'elle avait pensé de tout ça … avant de parler de son avenir.
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Je ne t'ai pas oublié Pv-EM

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