POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

Partagez|

On ne perd pas ses victoires || James

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 17/11/2012
Parchemins postés : 1364



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 14PV
Mike F. Witcher


MessageSujet: On ne perd pas ses victoires || James Mar 27 Aoû - 18:21


Définitivement, il n'était pas ivre. Mike Witcher, directeur du département de l'Ordre Nouveau, n'eut pas détesté l'être en ce moment précis, mais le fait s'avérait vrai, et il ne l'était absolument pas. Pourquoi chercher à l'être, d'ailleurs ? Cela l'indifférait même si l'idée ne lui déplaisait franchement pas. Il leva sa bouteille de whisky devant ses yeux avec un sourire mauvais.Le sourire qu'affichait Mike Witcher la plupart du temps n'avait rien de rassurant lorsqu'on regardait ses yeux. Ils brillaient d'un éclat métalliques et glacés. On aurait dit que le rictus ne montait pas jusqu'à eux, qu'il s'en révélait incapable. Ses vrais sourires n'apparaissaient que très rarement. Et jamais dans le milieu politique. Celui là possédait quelque chose de carnassier, de mauvais. Peut-être qu'au final il était bien bourré, ou pas. Il arrivait à tenir un discours à peu près équilibré, à se rappeler de ce qu'il disait et à pourquoi il se retrouvait là. Encore une fois, c'était la faute d'Evangelyn, qui s'était encore barré. Est-ce qu'il devenait chiant ? Avant il tolérait qu'elle se casse, qu'elle le trompe, en fait, Mike la trompait aussi, mais...mais voilà, quoi ! Peut-être qu'il devenait vieux mais qu'elle se tire avec d'autres mecs commençait sérieusement à l'emmerder, parce qu'il l'aimait vraiment et qu'il détestait cette foutue instabilité, ce couple libre idiot. Dans le fond il avait même arrêté de sortir, et puis voilà qu'elle se taillait en disant que si lui le faisait, pourquoi pas elle ? Mike ne le digérait pas, ça. Pas du tout même.

Voilà pourquoi il se retrouvait dans ce bar minable de la banlieue de Londres. En fait il l'avait purement choisi parce qu'on pouvait s'y rendre en voiture et que le patron laissait les clients emporter leurs consommations à l'extérieur, du moment qu'ils payaient. Il ne voulait pas d'emmerdes, le gars, et il avait bien raison. Assis sur le capot de la décapotable, Mike observait la campagne. Il but une gorgée de whisky pur-feu et jeta un regard aux alentours d'un air curieux. Observer était son deuxième passe-temps, le premier étant d'observer des gens en général plus heureux que lui. Or donc, il observait, là un couple, là un homme seul, là d'autres gens. Le couple l'intéressa le plus. Toujours les mêmes remarques, qu'il se faisait. Mariés depuis peu, il verrait, comme toujours, la fille le lâcherait. Fallait pas s'emballer, ce n'était qu'un anneau. On pouvait dire sans se tromper que Mike Witcher devenait aigri lorsqu'il buvait. Mais ce n'était qu'un reflet d'une part de lui plus sombre. Il ne regrettait pas son passé, il n'était pas malheureux. Elle reviendrait, se disait-il. Revenu en pleine lumière comme lui l'était, bien décidé à graver dans le marbre le triomphe de l'Eternité puriste, pouvait-il échouer ? Le mangemort était persuadé que non. Et même si c'était le cas, il mourrait le sourire aux lèvres, parce que même fou, même perdu dans les ombres la plupart du temps, même avec ce sourire carnassier qui ne montait pas jusqu'à ses yeux, bon dieu ! Il avait réussi à revenir en pleine lumière, et il aimait ça, le soleil qui réchauffait sa peau ! Witcher était un bon chef parce que ce regard doré qu'il possédait se faisait parfois visionnaire, parce qu'il prêchait plus qu'il ne parlait, parce qu'on le savait habité d'une foi qui poussait à le suivre jusqu'au bout du monde. Parce qu'il était lui même, parti de rien. On pouvait dire que certains se construisaient seuls : c'était le cas de Mike, seule la vie lui avait apporté quelque chose, dans les joies et les peines, et lui avait permis de devenir l'homme qu'il était aujourd'hui.

Personne n'attendait rien de Mike Witcher. En tout cas pas qu'il fasse de vague. On ne le pensait pas brillant, on ne le crut jamais aussi doué que d'autres, mais le fait est qu'il était toujours là, et que les autres à qui on le comparait, il en rigolait doucement, justement parce que lui était là et que eux sombraient peu à peu, disparaissaient. Jugson se moquait de lui autrefois, mais maintenant ? Beaucoup de gens méprisaient Witcher, mais lui s'en moquait. Au contraire, parfois, cela l'arrangeait même. Personne n'attendait qu'il rétrograde Silverleaf au sein de sous-fifre et nomme Yaxley, personne ne s'attendait au discours de l'Etat de l'Union, personne ne croyait à l'union avec Mulciber. Mais Witcher le faisait. L'Ordre Nouveau enseignerait en collaboration avec Valverde le purisme à Poudlard, et c'est pour cela que Keith Saint-John, vieux collaborateur de Mike y était devenu professeur. Son bilan était bon, et personne ne pouvait rien lui reprocher. Sous-estimé, il avait une marge de manœuvre assez large pour mener à bien ce qu'il voulait .Et ce qu'il voulait se limitait au purisme. Parce qu'il n'avait rien besoin d'attendre pour lui même. Sa vie était beaucoup plus facile comme ça.

Sauf peut-être ce soir, mais comme les autres nuits, ce soir n'avait justement aucune importance, ça irait de la même demain matin. Il sourit et cette fois le rictus fut sincère. Sa vie n'avait rien d'un supplice et lui même ne le voyait pas comme tel. Il avait gagné sur tous les terrains, et demain l'aube se leverait encore. D'ici là, il allait sans doute arriver à trouver quelqu'un avec qui passer la nuit, tant pis pour Evangelyn, il se sentait l'homme le plus puissant et le plus heureux du monde, il fallait bien fêter ça avec quelqu'un, même si la victoire, comme toujours, avait plutôt un goût amer de revanche que de vrai triomphe.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | Membre de PN Origins

| Membre de PN Origins
avatar
Date de naissance du joueur : 10/03/1981
Âge du joueur : 37
Arrivé sur Poudnoir : 31/05/2012
Parchemins postés : 1504



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 12PV
James Eccleston


MessageSujet: Re: On ne perd pas ses victoires || James Sam 31 Aoû - 23:43

Encore un week-end qui avait bien commencé, pourtant. Le travail s'était achevé plutôt de bonne heure ce vendredi soir, à croire que chacun au niveau 2 avait mis les bouchées doubles pour pouvoir partir tôt. James était parti le dernier, à six heures à peine passées. Pour une fois, il n'emportait pas de travail à la maison. Il y avait un moment qu'il n'avait pas pris deux jours complets pour lui, et il comptait passer cette fin de semaine à buller, les pieds dans l'eau. Car il avait été pris d'une lubie récemment, et, à coups de sortilèges, avait installé une piscine dans le jardin de Challenger House. Cela lui avait pris plusieurs soirées de travail, mais le résultat était à la hauteur de ses espérances. Un bassin de belle taille, carrelé de bleu pour trancher avec le ciel souvent gris, était apparu au beau milieu de la pelouse impeccable. James avait également prévu un abri, servant également de salon, dans lequel il avait disposé quelques sièges et un petit bar. D'un coup de baguette magique, on pouvait recouvrir le bassin de sa toiture translucide, et ainsi continuer à se baigner même sous la neige. Ce vendredi soir, il procéderait aux derniers réglages et vérifications, puis il pourrait, enfin, inaugurer cette piscine. Cela rendrait Challenger House plus agréable, à n'en pas douter. Cette bâtisse était majestueuse, certes, mais rien ne semblait avoir été prévu pour s'amuser ou simplement pour vivre dans un cadre chaleureux, comme dans beaucoup de demeures de grandes familles de sang-pur. James savait que, si son initiative parvenait à certaines oreilles, on le blâmerait pour tant de superficialité, mais après tout, il se fichait déjà de l'avis des pisse-froid pour tant d'autres sujets...

Parvenu chez lui, il eut à peine le temps de troquer son costume sombre contre un jean et une chemise bleu marine ; comme il s'apprêtait à redescendre dans le jardin pour y reprendre ses travaux, un hibou hors d'haleine s'engouffra dans l'entrée. Reconnaissant le petit-duc de ses parents, il détacha en vitesse la lettre de sa patte, et prit connaissance d'un message griffonné par son frère aîné :


« James, nous avons besoin de toi à Cutcombe. Problème avec papa. Viens vite. David. »

Poussant un juron sonore, le Mangemort ramassa le hibou épuisé et transplana en direction de la maison de ses parents. Il savait qu'il allait y trouver un cirque indescriptible, et il ne fut pas déçu : Thomas Eccleston était en train de monter une faramineuse affaire de revente de chaudrons défectueux importés en fraude d'Asie centrale, et imprudemment, il s'en était vanté auprès de sa femme. Heureusement qu'il n'était pas capable de la fermer, cela permettait au moins de le stopper avant qu'il ne fasse trop de sottises. Judith avait vainement essayé de le raisonner, puis David, le fils aîné, avait pris le relais. Voyant que son père s'obstinait, il avait alors appelé à la rescousse son plus jeune frère, qui occupait un poste important à la Justice Magique et saurait calmer les ardeurs de l'escroc. Ce fut le cas, au prix d'une petite mise au point entre quatre-z'yeux au cours de laquelle il promit froidement à son père de le tuer de ses mains s'il posait un seul orteil en-dehors des limites fixées par la loi. Abasourdi, Thomas ne trouva rien à répliquer, chose rare chez cet homme emporté, et James sortit de la pièce sans un regard pour lui. Il avait longtemps rêvé de lui river le clou de cette manière, et c'était arrivé... À présent, il n'avait plus peur des terribles colères de son père, ni de ses magouilles. Il se savait capable de l'empêcher de nuire, quel qu'en soit le prix. Curieusement, cela lui laissait un sentiment amer, et il ne s'attarda pas à Cutcombe. Prétextant qu'il avait du travail, il fila après quelques minutes, en recommandant de lui renvoyer un hibou en cas de problème.

Il transplana, sans trop y penser, en direction d'un bar sorcier de la banlieue de Londres où il avait ses habitudes. On y trouvait sans trop de mal un amant pour la nuit, ce qui expliquait que le Directeur de la Justice Magique connaisse plutôt bien l'endroit. Depuis le départ de Misha, il avait collectionné les aventures sans lendemain, intimement convaincu à présent qu'il ne pouvait prétendre à rien de durable en la matière. Il commanda un whisky Pur Feu d'une voix absente, et le sirota doucement en pensant à son père. Serait-il capable de le tuer ? Oui, à n'en pas douter. Il ne laisserait pas cet homme compromettre sa carrière et la vie paisible de toute sa famille. En éprouverait-il du remords ? Sans doute. Il avait déjà tué, et son tout premier cadavre – personne ne l'avait jamais su et ne le saurait jamais – l'avait empêché de dormir plusieurs nuits. À présent, il s'était endurci, mais il ne pourrait tout de même pas tuer son propre père sans que sa conscience le lui reproche. Il fallait compter sur le bon sens de Thomas, qui avait toujours soigneusement évité le danger et ne voudrait pas vérifier si son fils tenait sa promesse. Il n'aurait sans doute jamais à mettre sa menace à exécution, mais ce n'était pas rien de devoir en venir là – et de se rendre compte qu'il n'hésiterait pas à le faire. Cela donnait une curieuse impression, que le premier whisky ne parvint pas à dissiper. Un type vint s'asseoir à côté de James, un peu trop près pour que ce soit purement fortuit. Le Mangemort, absorbé dans ses pensées, ne lui accorda aucune attention. Après un moment, il commanda un autre whisky, qu'il préféra aller boire dehors, au soleil. Peu à peu, la sensation désagréable qui l'avait envahi à Cutcombe s'estompait, et il reprenait contact avec le monde extérieur. Sorti du bar, il fit d'abord quelques pas lents, comme un malade en convalescence, puis retrouva sa démarche naturelle. Il allait mieux ; il se prit même à observer avec intérêt les hommes présents, mais en vain. Personne qui corresponde à ses goûts. Un peu plus loin, il fut stupéfait de reconnaître Mike Witcher, assis sur le capot d'une voiture ; il s'avança vers lui, le verre à la main, et lança lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques mètres :


-Mike, en voilà une surprise... Je ne pensais pas que vous fréquentiez ce genre d'endroit !

Pure politesse, au demeurant. Witcher avait l'air du genre à fréquenter n'importe quel endroit, mais il fallait bien dire quelque chose. Parvenu auprès de la voiture, Eccleston reprit :

-Me permettez-vous de rester un moment en votre compagnie ?

Échanger quelques mots avec Witcher achèverait de dissiper le cafard, surtout avec un peu de whisky. Parler, parler de tout et de rien, voilà tout ce à quoi James aspirait à ce moment.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 17/11/2012
Parchemins postés : 1364



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 14PV
Mike F. Witcher


MessageSujet: Re: On ne perd pas ses victoires || James Mar 10 Sep - 16:52


Ca faisait tellement longtemps qu'il n'était pas sorti seul que Mike Witcher regrettait presque de l'être. Il détestait être seul, en réalité, parce que, de manière très simple, il craignait la solitude plus que tout. Il ne la recherchait pas, bien au contraire. Être seul lui pesait. Ne pas l'être aussi si on y regardait bien, mais le directeur du département de l'Ordre Nouveau ne passait pas, avec raison, pour être l'homme le plus logique du monde dans ses habitudes et dans la manière qu'il avait de penser.  Totalement agoraphobe, détestant la foule, cela ne l'empêchait pas de sortir et d'organiser ses propres soirées, généralement certes moins bruyantes et plus feutrées que les fêtes que donnaient les grandes familles puristes, ou même de sortir seul. Tant qu'on ne lui demandait pas de parcourir une foule immense de trois cent personnes – même parler devant ce genre de groupe il le faisait facilement, tant qu'il n'était pas dedans – bruyante, ça allait. Le pire était vraiment le bruit, ce brouhaha confus qui agressait tous ses sens et l'empêchait de réfléchir, ça, Mike ne le supportait pas, et cela ne tardait pas à le mettre en colère, et quand il était en colère, Witcher n'était pas quelqu'un d'agréable.

Pour en revenir à cette histoire de solitude, il ne voulait pas être seul. Seul il tendait à devenir instable. Avant il tendait même à déprimer, mais ce temps là était fini, il était en paix avec lui même. Ce n'était pas pour rien que son adage favori était quand tout le monde t'aime, tu ne peux jamais être seul. Non pas qu'il souffrit d'un défaut d'affection, dans le fond, XIII méprisait la plupart des gens et croyait qu'il était une sorte de chef né, ce qui n'était pas tout à fait faux car il possédait réellement un charisme tranquille assorti d'un sourire qui le faisait passer pour sympathique, ce qu'il était au moins en réalité. En fait, le mangemort était un homme pragmatique qui savait que seul il tournait mal – très mal, même. Au dela de ça, en revanche, il restait un stratège avisé. Les gens suivaient ceux qu'ils aimaient, et Mike avait très vite compris l'intérêt d'être populaire.

Si on grattait bien, il était un homme méprisant qui adorait écraser tout ce qui se trouvait sur son chemin, et il ne se privait pas de dire ce qui n'allait pas à tout le monde, y compris à ses employés. Mais à coté de ça, XIII arrivait parfaitement à le gommer. Moins politique que stratège, il restait un homme très observateur. Et il savait ce que ça faisait de souffrir du mépris des intellectuels – car il différenciait le mépris classique des sang purs, logique pour lui, du mépris de ceux de la haute, coincés à mort. Clairement, Mike avait un problème avec le bon goût, car si lui même le maîtrisait amplement, il préférait de loin les relations plus naturelles des autres pays anglo-saxons, et il y avait bien plus de chance de manger une pizza les pieds sur la table avec lui qu'avec un Jugson, ou un Valverde par exemple. Sans doute était-ce pour cela qu'il était populaire : il avait compris que pour être aimé il fallait être accessible. Après, valait-il mieux être aimé que craint ? Aimé, assurait Witcher. Les gens ne trahissaient pas ceux qu'ils aimaient. La peur, ils finissaient toujours par en avoir assez. Et lorsqu'ils en avaient assez, ils mordaient.

En fait d'être accessible, Witcher se construisaient une façade. L'homme réel qu'il était ne ressemblait pas au militaire-juriste droit et tranquille, souriant, avec toujours un bon mot, leader né. Il était beaucoup plus dur, beaucoup plus ferme, il travaillait avec acharnement. Il restait honnête, et il restait un bon chef. Mais cette fois là on le craignait. Le peuple avait besoin de l'aimer car les gens qui aimaient leur chef étaient plus manipulables. Et en manipulant les gens on pouvait arriver à  gérer plus facilement la communauté. En ce qui concernait les gens qui appliquaient ses ordres, Mike Witcher exigeait la compétence et il s'arrangeait pour être craint. L'amour ne servait qu'en façade.

Et ça le conduisait, comme une boucle étrange et infernale, à être seul encore une fois. Ce qu'il ne supportait pas. Quand Evangelyn le larguait, dieu, qu'il se sentait paumé. Maintenant que Karen n'était plus là et que Sara allait en cours, que pouvait-il faire ? Rien. Il sortait, et il continuerait à le faire. Bouteille de whisky à la main, assis sur le capot de cette voiture, il était bien décidé à ne pas finir la soirée seul. Mais pas avec n'importe qui. Restait à voir s'il allait rencontré quelqu'un d'intéressant dans cette soirée ou non, et ça, ça n'était pas gagné...ou peut-être que si, finalement. Mike leva sa bouteille en guise de salut lorsqu'il aperçut James Eccleston. Tiens donc, monsieur le directeur du département de la justice magique fréquentait aussi ce genre d'endroit ? Comme c'était curieux comme coincidence. Mais pas déplaisant pour autant, ça, non.

« Je fréquente tous les endroits du moment qu'il y a marqué bar et qu'on sert un whisky pur-feu correct...mais je ne pensais pas que ça serait votre cas. Un homme dans votre genre... » Il avait failli dire de votre sang, mais réussit à passer outre. « J'aurais cru que vous aviez une situation à établir. La vieille élite de notre nation anglaise est psychorigide, il faut bien le dire. Vous ne prenez pas le thé avec eux ? Non ? Vous faites bien. Le thé est toujours immonde, moi je m'en passe très bien, même si on me considère comme un cas désespéré socialement, je dois dire. »

Prolixe ? A moitié ivre ? Oh, non, Mike n'était que très rarement fin bourré, mais il avait besoin de parler, et puisque James était là, autant en profiter. Puis il aimait bien ce sang mêlé là, plus jeune que lui – sans doute dix ans de moins, même – qu'il ne voyait pas si souvent que ça. A vrai dire, la dernière fois, c'était au mariage de Karen, la fille de Mike. Leur échange avait été...annonciateur d'autre chose, pouvait-on dire, et ce soir était peut-être l'occasion d'aller plus loin. Witcher n'attachait pas une grande réputation à l'étiquette, du moins dans le domaine privé, tant qu'en façade elle restait préservée, car c'était la façade qui comptait dans ce monde politique, ce monde hypocrite avec lequel il devait composer. Il but une gorgée de whisky :

« Comme vous voulez, James. »

Il hésita un peu, ne dit rien pendant un certain temps, puis demanda, curieux :

«  Qu'est-ce que vous êtes venu chercher ici ? L'oubli du quotidien ou les sensations fortes ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | Membre de PN Origins

| Membre de PN Origins
avatar
Date de naissance du joueur : 10/03/1981
Âge du joueur : 37
Arrivé sur Poudnoir : 31/05/2012
Parchemins postés : 1504



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 12PV
James Eccleston


MessageSujet: Re: On ne perd pas ses victoires || James Sam 21 Sep - 23:42

James Eccleston était un homme de sang-froid, en apparence, mais c'était seulement parce qu'il avait appris à dissimuler sa fébrilité. Un avocat n'inspirait pas confiance si sa nervosité était palpable, voire contagieuse, aussi avait-il dû s'astreindre à donner le change. Les études juridiques, si exigeantes qu'elles aient pu être, avaient été une partie de plaisir comparé à ce travail quotidien sur soi-même. Et les occasions de s'entraîner n'avaient pas manqué, à la maison, avec le drôle de type qui lui servait de père... Ne pas trembler, affermir sa voix, respirer tranquillement, contrôler ses mots, ne craindre ni la colère, ni l'abattement soudain. Dans ces moments-là, les pensées défilaient à toute allure dans son esprit, et c'était là le seul point qu'il était incapable de juguler. Et ce soir-là, alors qu'il mettait les points sur les i à son père, les pensées s'entrechoquaient exactement comme à l'époque où, jeune adulte, il s'obligeait à ne pas entrer dans le jeu malsain de Thomas. Il remâchait tout ce qu'il pourrait lui dire de désagréable, de moqueur, de définitif – et qu'il ne lui disait pas.
Un bon moment s'était écoulé depuis son explication avec son père, mais le rythme de ces pensées parasites peinait à faiblir. Frustré, encore aussi rageur qu'à Cutcombe, Eccleston ressassait des paroles encore plus claires que celles qu'il avait prononcées, de quoi river son clou à Thomas pour de bon. Pourtant, les menaces de mort – proférées avec le plus grand sérieux – étaient déjà quelque chose d'assez extrême... mais il trouvait encore de quoi les aggraver. Les assortir de quelques reproches bien sentis, par exemple, ou choper le père par le colback pour qu'il comprenne un peu que l'époque de ses extravagances était révolue. Peut-être même lâcher quelques noms de sorts de torture, histoire de planter le décor. James serait capable de torturer son père, il en était certain. Presque certain. Il détestait cet homme qui n'avait jamais pensé qu'à son petit business irresponsable, et avait plongé la famille dans un pétrin à peine croyable. Il le détestait pour ses crises de colère qui l'avaient terrifié étant môme, et pour ses railleries sur le Ministère, ce repaire de feignasses. Mais le détestait-il assez pour le torturer ? Le détestait-il vraiment, d'ailleurs ? Parfois, il avait eu envie de le prendre par l'épaule et de lui parler à cœur ouvert. Il avait encore cette envie, dans les moments où son père était calme. Dans ces moments, il lui semblait l'aimer presque autant que sa mère. Ou même autant. Il n'avait jamais su où il en était, avec ce type si compliqué, et il ne savait toujours pas s'il serait capable de le tuer. Mais si c'était un ordre du Maître ? Là, c'était différent. De toute façon, il y avait peu de chances que le Maître s'intéresse jamais à un obscur sorcier comme Thomas, ce qui permettait de ne pas répondre...

Finalement, la rencontre fortuite avec Witcher allait peut-être donner à Eccleston une excellente raison de passer à autre chose. Il ne pouvait pas avoir une conversation sensée avec quelqu'un si son esprit continuait de vagabonder... Il s'efforça de ne plus penser à son père, et avala une gorgée de son whisky tandis que Mike plaisantait. C'était bien la première fois que le jeune homme l'entendait parler autant ; la teneur de ses propos le fit sourire. Prendre le thé avec l'élite de la nation ? Peste, à tout prendre, James préférait savourer son thé seul, au calme. Dans les raouts mondains, il y avait toujours quelqu'un pour le regarder en coin, comme s'il lui était poussé des oreilles de lapin. Ces gens-là, il le savait, observaient le sang-mêlé qu'il était avec une circonspection proche de la défiance, et, s'il était toujours très bien reçu, il avait parfois l'impression d'être un domestique admis à la table des maîtres. Ce n'était rien, seulement un regard un peu trop appuyé ou un mot maladroit, mais il se savait épié. Était-il digne d'être là ? Digne de sa position dans le régime ? Il était suspect, pour la simple raison qu'il n'était pas pur. On pouvait s'en agacer, mais c'était ainsi. Il jugea préférable de ne pas être trop sérieux avec Mike Witcher, et de botter un peu en touche :

-Vous exagérez, Mike. Il y a des thés absolument excellents. Je vous en ferai goûter un jour, si vous voulez. Un Anglais ne peut pas vivre sans thé. Mais je dois reconnaître que le whisky Pur-Feu est au moins aussi indispensable à la vie !

Il leva son verre pour un toast imaginaire, et avala une autre gorgée. Cela réchauffait délicieusement le palais, faisait tourner légèrement la tête en descendant, et éloignait peu à peu la discussion avec Thomas. Le Directeur de la Justice Magique s'appuya à la voiture sur laquelle Witcher était assis, et ils burent un moment en silence. Le niveau du verre de whisky de James baissait un peu trop vite, il serait bientôt à sec – et même pas encore ivre. Sa résistance s'était accrue ces derniers temps, au contact de redoutables buveurs comme Mulciber ou Crow. Il lui fallait désormais d'honnêtes quantités d'alcool pour commencer à vaciller. Il s'obligea à boire moins vite, et se mit à observer les alentours pour s'occuper. Un jeune couple qui se trouvait là se leva ; au bout de quelques pas, la fille s'arrêta, se hissa sur la pointe des pieds et embrassa le garçon. James eut un sourire tandis que des pensées grivoises peuplaient à présent son esprit. Il n'était pas saoul, mais l'alcool lui donnait de telles pensées. En plus, l'heure avançait : c'était désormais le moment des dragueurs, des hommes seuls dont on devinait, à les voir scruter les alentours, qu'ils cherchaient quelque chose de bien précis. Pour avoir été l'un de ces hommes à diverses reprises, Eccleston en connaissait quelques-uns ; ils passèrent devant lui sans faire mine de le reconnaître, et il faillit éclater de rire en comprenant ce qui motivait leur discrétion. Ils le croyaient en affaires avec Mike... voilà qui était amusant, alors qu'ils parlaient en toute innocence. Le directeur de l'Ordre nouveau reprit d'ailleurs la conversation, en demandant à James ce qu'il était venu chercher dans ce bar. Le jeune Mangemort hésita, puis fit :

-Mettons... l'oubli du quotidien... l'oubli de contrariétés familiales, pour être plus précis. Pour ce qui est des sensations fortes, j'ai ce qu'il faut...

Un Mangemort ne pouvait guère se plaindre de manquer de sensations fortes, en effet. Avec un sourire, Eccleston poursuivit :

-Et vous, Mike ? Mis à part le Pur-feu que vous devez avoir en abondance chez vous, que cherchez-vous ici, si ce n'est pas indiscret ? La fréquentation de ce peuple que vous contribuez à diriger, ou autre chose ?

Il avait ponctué sa phrase, presque inconsciemment, d'un très léger regard en direction de deux hommes qui commençaient à se tourner autour. Après tout, Witcher avait été le premier à faire des allusions, le jour du mariage, il était normal de lui rendre la pareille...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 17/11/2012
Parchemins postés : 1364



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 14PV
Mike F. Witcher


MessageSujet: Re: On ne perd pas ses victoires || James Mer 2 Oct - 10:07

Il était dans le brouillard, il ne remarquait pas tut ce qui s'introduisait dans son for intérieur. Personne ne pouvait trouver le moyen d'arranger ça, Mike causait un lent désastre autour de lui et à l'intérieur de lui. Il ne le savait pas, il ne s'en rendait même pas compte. Il était un homme au caractère prononcé, un homme au caractère étouffant, si bien qu'au final, invariablement, des gens l'aimaient plus que tout, et il le leur rendait en retour, mais indubitablement, il finissait par les perdre. Ce qui donnait lieu aux mêmes questions, à chaque fois. Est-ce que son code était correct ? Pouvait-on l’entendre? Son monde tournait-t-il correctement ?

System all green.

Communications interrompues.

Parfois, Mike se disait que dans ce monde, on était tous reliés par des fils, un peu comme des patients, reliés à des machines dans un hôpital. Il n'était pas différent. Il avait tellement peur que ces liens soient coupés… Et pourtant ça arrivait. Pourtant, il ne pouvait rien y faire, rien. Il créait cette situation. Et dans le fond il le savait. Il savait aussi pourquoi Evangelyn était partie. Oh, elle reviendrait, indubitablement, car elle valait cent fois mieux que lui, mais il savait que c'était sa faute. Il l'aimait réellement, mais Mike ne supportait pas de ne pas pouvoir tout régenter. Il était une sorte de tyran domestique qui ordonnait autant qu'il pouvait sans vraiment tenir compte des autres. Ou plutôt en en tenant compte, mais sans leur demander leur avis. Il décidait pour eux, avec la volonté de bien faire, pourtant. On n'apprenait pas aux Witcher à montrer leurs émotions. Prononcer ce mot, dans l'enfance de Mike, c'était pire que de parler de sexe et on s'en prenait plein la gueule. Rien qu'entre frères et sœurs ils se foutaient d'eux entre eux. Quant à leur père, Anthony, il était tout aussi tyrannique que Mike l'était devenu. Pourtant, Dieu savait qu'il ne voulait pas lui ressembler, à l'origine. Il détestait le silence de ce père, il détestait le mépris et l'absence de compliments. Il détestait le fait d'avoir eu l'impression d'être oublié, dédaigné, par ce père. La blessure originelle était là. Tout venait toujours de là – le sentiment de ne pas avoir été reconnu à sa juste valeur, le fait qu'il était tyrannique, le mépris dont il se servait, l'idée de ne jamais être ce qu'on attendait de lui, la haine de la solitude. La mort de Jeremy l'avait rendu plus haineux, encore plus froid qu'il ne l'était déjà. Mais Mike était en paix là dessus.

Il ne voulait pas, à l'origine, ressembler à Anthony Witcher. Trop bassement intéressé à la politique pour son compte personnel, trop intéressé par l'argent, Anthony n'était pas un modèle pour son fils. Mais finalement, il aimait son père, et il savait que celui ci l'aimait. Mais aucun mot n'avait été échangé, jamais. Et jamais il ne l'avait vraiment dit à sa fille non plus. Ni vraiment à Evangelyn – ou alors ça ne faisait pas sérieux. En vieillissant, Mike réalisait que sur le plan du caractère il devenait de plus en plus comme son père. Silencieux bourru, tyrannique, mais voulant un bon futur pour sa famille, alors que sur le plan professionnel il réussissait en étant ouvert. Sans jamais parler de lui. Le silence, c'était là la vraie force des Witcher, mais aussi leur faiblesse. Aimer ceux qu'il commandait, car on ne pouvait pas distinguer la notion de commandement et de famille dans le cas présent, mais en silence. Mike pensait à sa famille, mais pas aux individus de cette famille. Jamais de compliments, jamais un mot plus haut que l'autre et que des exigences. Il avait appris la valeur de l'effort à sa fille, comme son père lui avait appris la valeur du travail et comme tous les Witcher avant eux l'avaient appris. Personne ne faisait de cadeau à personne dans la famille. Tout était fait pour en faire des gens rudes. Et les hommes rudes gouvernaient le monde.

Witcher avait appliqué cette théorie à tous les gens qu'il connaissait et qu'il aimait. Il se fichait du reste du monde, le reste du monde était manipulable. Mais dans le cercle familial, bien qu'il ne soit pas seul, c'est comme s'il était. Comme ce soir là. D'ailleurs, il ne comprenait pas pourquoi Evangelyn ne s'était pas barrée plus tôt. Alors qu'il y a deux minutes, Mike était persuadé qu'elle reviendrait, là, ça lui semblait nettement improbable, l'alcool aidant, et une profonde instabilité de caractère n'aidant pas non plus. La déprime faisait lentement son chemin dans son esprit, mélangée de colère, car sa fierté personnelle s'indignait qu'on aie pu le laisser tomber ainsi, lui, Mike Witcher. Du coup, par pure revanche provocatrice, il était venu là, dans ce bar, histoire de ne pas finir tout seul cette soirée et de prouver à Evangelyn qu'il n'avait pas besoin d'elle. Il regardait autour de lui avec un brin d'amusement, cependant, il était l'heure entre chien et loup, l'heure où les rencontres d'un soir se nouaient. Witcher jeta un regard en coin à Eccleston. Finir avec lui, ce soir, tiens, oui, pourquoi pas ? Il surprit le regard de James vers les deux autres hommes et se mit lui aussi à sourire, buvant à la bouteille une gorgée de pur-feu.

«Je suppose que j'essaye d'être une épave confiante. Ou plutôt de ne pas rester dans cet état pour toujours, je veux dire. »
Ca pouvait paraître incompréhensible, aussi ajouta-il : « Ma copine est en train de me larguer, je suppose. Mais c'est de ma faute. J'aurais du l'épouser il y a des années, je ne l'ai pas fait. Alors, je viens là pour oublier aussi, je suppose...»

Ouais, parfois il se demandait s'il n'avait pas été un peu minable sur ce coup là. Et parfois non. Il continua lentement, comme s'il ne savait pas très bien ce qu'il disait. Il lui semblait être excessivement fatigué et avoir besoin de relâcher la pression qui s'accumulait, de parler sans détour, même si dans le fond, ça n'avait pas tant de sens que ça :

« Je suis heureux de vous avoir rencontré, vous savez, James. La communication marche entre nous et mon code est correct. Mon monde tourne enfin correctement. System all red, vous savez ? Quand la communication se fait... » Oui, il divaguait vraiment. Et ça voulait dire qu'il allait de moins en moins bien...ou qu'il était de plus en plus ivre. Mike sourit en manière d'excuse : « Désolé. Ca doit vous paraître incompréhensible. Je suis fatigué, je crois.... »

Plus par un non contrôle de ce qu'il faisait et sans doute mue par une envie sourde de le faire, envie qu'il ne comprenait qu'à moitié en l'occurrence, il se laissa glisser et appuya sa tête contre l'épaule du directeur du département de la justice magique. Il était bien, comme ça. Puis si fatigué, oui.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | Membre de PN Origins

| Membre de PN Origins
avatar
Date de naissance du joueur : 10/03/1981
Âge du joueur : 37
Arrivé sur Poudnoir : 31/05/2012
Parchemins postés : 1504



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 12PV
James Eccleston


MessageSujet: Re: On ne perd pas ses victoires || James Sam 12 Oct - 23:32

C'était amusant comme, de soir en soir, rien ne changeait dans ce bar de banlieue. Chaque jour, à peu près à la même heure, toute une faune venait remplacer la clientèle plus sage de la journée : aux couples d'amoureux et aux grand-mères buveuses de thé succédaient de petits revendeurs de drogue et des sorciers et des sorcières en quête de compagnie pour la nuit, spécialement de compagnie non conventionnelle. Ceux qui recherchaient autre chose qu'une nuit à deux, un homme et une femme adultes venaient se retrouver là, tout naturellement. Parmi eux, beaucoup d'hommes dont le regard s'attardait un peu trop sur les garçons présents. Certains étaient mariés, et même pères de famille. Certains travaillaient au Ministère – James en avait déjà vu traîner là après une journée de travail. Mais personne ne ferait la moindre allusion, en dehors de ce bar, à ce qui pouvait s'y tramer. C'était la règle tacite ; l'anonymat était de règle, y compris lorsqu'on reconnaissait un collègue ou un subordonné. Surtout, ne jamais gaffer à l'extérieur en parlant de ces soirées interlopes. C'était un petit monde parallèle, et celui qui s'aviserait d'en briser les codes en serait à jamais exclu. On était entre gens de bonne compagnie, malgré les apparences ; chacun était puriste ici, et c'était certainement pour cela que l'endroit était toléré. Chaque régime, si tyrannique soit-il, a besoin de lieux de perdition, pour sa propre sécurité ; le peuple peut accepter beaucoup de choses, mais il doit pouvoir s'amuser. Du pain et des jeux, voilà tout... Alors on faisait en sorte de surveiller les lieux de plaisir, et on fermait ceux qui ne respectaient pas les règles fixées par le pouvoir. La clandestinité des rencontres n'était qu'une apparence destinée à procurer un peu de frisson aux amateurs ; James, lui, était bien placé pour savoir que ce bar était sous une surveillance constante. Il y venait en toute connaissance de cause. Quelle que soit la discrétion dont on faisait preuve, on était identifié dès qu'on passait la porte de cet établissement. Les homosexuels n'étaient pas persécutés dans le régime puriste – pas encore ? - mais ils avaient tout intérêt à être prudents ; James n'ignorait pas que sa "particularité", comme on disait, ne serait acceptée que tant qu'il servirait à quelque chose. Si un jour on voulait le faire tomber, elle deviendrait une circonstance aggravante. Et c'était la même chose pour tout le monde. Tout ce qui ne participait pas à l'accroissement de la population magique pouvait être réprimé un jour ou l'autre.

Par chance, l'heure était à l'insouciance ce soir-là. Personne ne semblait se souvenir qu'il vivait dans une dictature, et que chacun de ses pas était épié. Pas même James Eccleston, directeur de la Justice Magique. Il prenait plaisir à observer les allées et venues des clients du bar, tandis que le silence se prolongeait entre Mike Witcher et lui. La conversation se traînait, les réponses venaient lentement, mais c'était bien ainsi. Ils avaient le temps. D'ordinaire, ils se rencontraient en coup de vent, pour régler quelque affaire, et n'échangeaient que les paroles indispensables. Le mariage de Crow avait été leur première rencontre en-dehors du cadre professionnel, et le ton avait nettement changé. Mike était passé, sans préavis, au badinage, et James, pris au dépourvu, avait dû paraître timide. À vrai dire, il n'avait jamais regardé Witcher avec beaucoup d'attention, parce qu'il n'avait jamais imaginé que ce gaillard-là puisse aimer le hommes. En règle générale, il évitait de trop poser les yeux sur les gens qui travaillaient avec lui, mais si un autre faisait le premier pas... Et l'invitation de Mike, au mariage, avait été claire. Bien plus claire que ce qu'il racontait à présent, parlant de code, de système et d'épave. Il était fin bourré, voilà tout... La seule chose que James ait retenue de ses paroles était le fait que sa copine était en train de le quitter. Moche. Lorsque Misha était parti, Eccleston avait aussi été une épave, quelque temps. Le temps que la peine fasse place à la colère. À présent, il n'en était plus là. Qu'il abuse de l'alcool ou des plaisirs de la chair, il ne le faisait plus pour oublier le guérisseur. Il se fichait de ce type – enfin, non : il le détestait. Mais le résultat était le même, au fond : il ne pensait plus guère à lui, et il s'en trouvait bien mieux.

Comme James cherchait quelque chose à répondre à Mike – pas facile, entre les propos incompréhensibles et le départ de sa copine – le directeur de l'Ordre Nouveau appuya sa tête sur son épaule. Le jeune homme eut la parole coupée quelques secondes encore, puis il murmura, en regardant loin devant lui :


-Ne vous excusez pas, Mike. Vous êtes fatigué, ça arrive. Et saoul comme une vache, aussi. Vous avez pris une sacrée avance sur moi, sur ce plan-là.

À tâtons, pour ne pas déranger Witcher, il chercha la bouteille de whisky que l'autre tenait encore, et la lui enleva des mains. Il but quelques longues gorgées brûlantes, en fermant les yeux, à même la bouteille. En buvant assez vite, il serait très vite aussi ivre que Mike. Sa voix était d'ailleurs un peu pâteuse lorsqu'il fit :


-Là, on devrait retrouver un certain équilibre. Vous savez, il paraît qu'en buvant dans le verre de quelqu'un on peut connaître ses pensées, mais ça marche aussi avec les bouteilles, hein... maintenant je connais vos pensées, Mike.

Il prit une nouvelle gorgée qui le fit grimacer, et rendit la bouteille à Witcher en poursuivant :

-Vous voulez connaître les miennes ? À la vôtre, monsieur le directeur de l'Ordre Nouveau... vous n'avez qu'à boire.

Il ramena la main qui venait de lâcher la bouteille et la posa, presque innocemment, sur la cuisse de Mike. La bouteille serait bientôt finie, et alors on devrait bien se décider à jouer cartes sur table. En attendant, on pouvait encore parler, faire semblant. L'alcool aidant, James devenait plus bavard qu'à l'accoutumée, et il murmura quelques phrases, sans lien apparent avec ce qui avait précédé ou entre elles  :


-Je suis venu ici pour boire parce que je m'en veux. J'ai menacé mon père de mort tout à l'heure. Il ne comprend pas que c'est fini.  C'est votre voiture, au fait, Mike ?

À son tour de proférer des paroles incohérentes. La tête lui tournait légèrement, et il affermit sa prise sur la cuisse de Mike, pour dissiper ce tournis selon la version officielle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 17/11/2012
Parchemins postés : 1364



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 14PV
Mike F. Witcher


MessageSujet: Re: On ne perd pas ses victoires || James Lun 14 Oct - 18:10


Qui pouvait comprendre ce genre d'appel de détresse ? Ce malheur qui s'accumulait, qui ressortait de manière mesquine, qui ne semblait surgir que d'un coup, d'un seul, comme venant de nul part, comme rentrée à l'intérieure, alors qu'on croyait foncièrement être heureux, qu'on croyait foncièrement que rien ne pouvait nous atteindre. Mike pensait être en dehors de cela. L'instant d'avant, il lui semblait qu'Evangelyn allait revenir bientôt, elle ne pouvait que revenir, de toute façon, parce qu'elle n'avait que lui. Peut-être pensait-il cela par orgueil. En tout cas, au final, il lui semblait que depuis le temps, il était à l'abri de quelque chose, à l'abri de tout. Mais au final il se trompait. On était à l'abri de rien. Tout pouvait s'écrouler d'un moment à l'autre, tout pouvait se finir, tout, absolument tout. Au final, on n'était sur de rien. Ah, parfois il avait raison dans ses crises de cynisme fous qui le poussaient à regarder les sang-de-bourbe qu'il gardait chez lui s'entredévorer dans un labyrinthe noir et froid. L'humanité ne valait rien. On ne pouvait faire confiance à personne et surtout pas aux gens qu'on aimait. On ne pouvait faire confiance qu'à soi même. C'était le jeune Mike Witcher qui avait affirmé cela, d'un ton péremptoire et suffisant, qui croyait tout savoir, et qui finalement, comprenait bien mieux et doutait beaucoup moins que son double plus vieux. Il en avait mis, du temps, à retomber sur ses pattes, à redevenir lucide. La mort de Jeremy l'avait sérieusement ébranlé. Maintenant, il aimait sérieusement Evangelyn, mais Van Speer le larguait. Rien ne lui réussissait plus sur un autre plan que celui du purisme. Tout mourrait. Il ne s'agissait pas là de ne pas arriver à protéger ceux qu'il aimait. Il s'agissait là de détruire tout ce qu'il touchait, du moins dans sa vie personnelle.

On ne pouvait avoir confiance qu'en soi même. Cette fois là le jeune Mike Witcher, et l'adulte le savait, il possédait la supériorité intellectuel pour le dire, se trompait. Même soi même, on pouvait se trahir. La preuve, on détruisait ceux qu'on aimait. Mike était en paix avec lui même sur Jeremy et il le serait pour Evangelyn...Est-ce qu’on reste responsable des gens avec lesquels on a vécu, une fois que notre histoire commune s’est terminée ? Non, répondait-il. Non. Vraiment pas. Alors il passait à autre chose. Il oubliait qu'il était tyrannique et foncièrement invivable, il se vengeait de la vie qui était une garce, et ici de la garce qui lui pourrissait la vie en faisant autre chose. Il sentait  l'immensité du monde, il sentait qu'il n'était qu'une poussière dans l'univers dotée certes de beaucoup de pouvoir, et que en fin de compte, tout çà n'a pas beaucoup d'importance. Alors il rejetait la tête en arrière et commençait à sourire. Witcher tournait sur lui même et cherchait autre chose. Tu n'auras jamais le temps de regretter, avait dit Jeremy. Mike avait vigoureusement approuvé. Sa vie avait quelque chose de minable mais elle était magnifique et son histoire serait emportée dans l'Eternité. On se souviendrait de la gloire Mike Witcher, pas du fou qu'il était. Ou l'inverse. Oh, et est-ce que ça comptait, de toute façon ? Le pire - le mieux ?-, c’est que tout le monde est comme ça. On marche, on gesticule, on se prend les pieds dans la poubelle et on se demande comment on a fait pour en arriver là. La différence de Mike Witcher avec le reste du monde tenait dans le fait qu'il savait comment il était arrivé ici.

Etat de déchéance. Etat de fuite. Etat de rien du tout. Etat de minable. Il était toujours fort, mais là, justement, il avait envie d'être déchiré, de ne plus rien comprendre, de laisser faire, de ne pas piger, de juste faire, et on le vent emporterait le reste, personne ne se souviendrait de rien, car de toute façon, personne ne parlait jamais de rien ici. Ici, c'était un peu comme le néant. On voyait ou on ne voyait pas, mais cela semblait être une parenthèse. Quand on y était, plus de barrière, rien. Quand on en sortait, ça n'avait jamais existé.  

Il ne voulait rien savoir, juste être ivre, et James lui semblait être le compagnon idéal pour ça, et plus encore si affinité. Drôle de nuit. Drôle de rencontre. Drôle de vie. Qu'importait. C'était comme ça. Il n'allait pas s'en plaindre. A vrai dire, Mike aimait même plutot ça. Etait-il vraiment ivre ? Oui, peut-être plus qu'il ne le croyait, ce qui était rare, mais ça lui plaisait, là, pour le coup.

« Peut-être bien, oui. Si les autres nous voyaient... » Il murmurait ça dans le vague, sans rien voir, ni rien penser, et soudain le visage de Valverde, si réprobateur et si improbable dans cette situation lui apparut. Il fut secoué d'un rire silencieux : «  Hein, James. S'ils nous voyaient. On fait de parfaits mangemorts, tout à fait exemplaires, toi et moi. »

Depuis quand le tutoyait-il ? Foutrement aucune idée. Pourquoi le faire ? Pas plus de réponse. Son cerveau se débranchait vraiment, là. De manière impeccable et parfaite, juste magnifique. Est-ce que c'était grave ? Cela n'apparaissait pas comme une catastrophe à Mike. Il ne contrôlait rien, rien du tout. Il se laissa prendre la bouteille des mains, trop occupé à penser à autre chose, si on admettait que sa capacité à penser était encore de ce monde. Connaître les pensées de l'autre ? Hein ? Il s'empara de nouveau de la bouteille et avala une gorgée rapide avec un regard de défi – ou ce qui pouvait s'y apparenter dans l'état où il était, pour Eccleston.

« A la votre, monsieur le directeur de la Justice Magique. »

Que ces titres lui semblait ridicules. Comme il aurait préféré juste être XIII, comme avant. Mais le retour en arrière n'était pas possible. James n'était pas Jeremy. D'ailleurs ce n'était pas un souvenir, ni le fait de rejouer un souvenir, ici. Qu'est-ce que c'était d'ailleurs ? Pas de réponse. Décidement, il fallait vraiment arrêter de se poser des questions stupides. Il but une nouvelle gorgée, et commenta avec un geste très large, sans même chercher à retirer la main de James de sa cuisse, elle était très bien là :

« Les pères... »

Manière de dire, le mien n'était pas mal dans son genre. Il ne voulait pas penser à Anthony, pas ce soir, ni même qu'il avait pu ou non le menacer de mort. Il préféra se concentrer sur la question sur sa voiture. Etait-ce la sienne ? Bonne question. Il regarda le capot. Rouge. Ah bah non, c'était pas la sienne. C'était celle d'Evangelyn, le seul point commun avec celle de Mike, c'était qu'elle était décapotable et vieille, comme la sienne. Où était donc sa bagnole, alors ? Ah, oui. Un éclair de lucidité revint à Mike. Evangelyn s'était barrée avec et il avait balancé un sort pour qu'il soit écrit dessus « J'ai été volé par une garce cinglée ». Puéril mais drôle. Cela arracha un sourire à Mike. Décidement plein d'audace, il passa un bras autour des épaules de James :

« Non, mais c'est comme ci. » Il embrassa l'autre sur la tempe, et murmura, assez souriant : «On va faire un tour ? »

Encore fallait-il être capable de conduire. Mais ça ça  ne posait pas de problème à Mike. Rouler à tombeau ouvert, il savait faire, même dans les états les plus minables qui soient.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | Membre de PN Origins

| Membre de PN Origins
avatar
Date de naissance du joueur : 10/03/1981
Âge du joueur : 37
Arrivé sur Poudnoir : 31/05/2012
Parchemins postés : 1504



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 12PV
James Eccleston


MessageSujet: Re: On ne perd pas ses victoires || James Mer 16 Oct - 15:53

On ne voyait pas souvent rire James Eccleston. Oh, il n'était pas un pisse-froid, emmuré dans un sérieux ennuyeux à mourir, non ; au contraire, il était plutôt souriant, parfois à contre-temps, comme s'il se souriait à lui-même sans s'embarrasser de ce qui l'entourait ; il suivait le cours de ses pensées, observait le monde alentour, un sourire aux lèvres. Il aimait assez la vie pour sourire au spectacle qu'elle offrait. Il aurait bien le temps, disait-il, de faire la tronche lorsqu'il serait mort. Mais il riait peu. Il était rare que quelque chose l'amusât au point de le faire rire. Et puis il y avait cette retenue, cette impression que rire en public avait quelque chose d'indécent. Il ne savait pas d'où lui venait cette opinion ; une chose était certaine, les gens qui s'esclaffaient lui semblaient affreusement vulgaires. Lorsqu'il était à jeun, c'était quasiment mission impossible de le faire rire. Il fallait qu'il soit ivre, ou dans cet état si particulier qu'induisait en lui le combat, pour rire franchement. Dans ces moments où il n'était plus réellement lui-même, il se permettait ce qu'il évitait en général ; il ne se dominait plus complètement, alors, et il se laissait aller. Comme ce soir. Que faisait-il avec sa main sur la cuisse de Mike, d'ailleurs ? Son regard venait de tomber sur cette incongruité, et, comme s'il regardait la scène de l'extérieur, il posait la question. Délicieuse sensation de dédoublement de la personnalité que seul l'alcool savait procurer. Stupéfait et réprobateur, le James sage se vit remonter un peu sa main, et éclater de rire lorsque Witcher évoqua les autres Mangemorts. Un rire clair, véritablement amusé, par le rire gras d'un homme totalement bourré.

-Oh ça... j'en connais quelques-uns qui tireraient une drôle de tête en nous voyant, oui, approuva-t-il en adressant un grand sourire à son compagnon.

Eris Valverde, par exemple, si prompt à condamner les comportements indignes d'un Mangemort, et à rappeler à Eccleston le peu de cas qu'il faisait de lui. Mais Valverde représentait une conception de la magie trop rigoureuse pour James. Il n'avait jamais dû faire un pas de travers, et le jeune sang-mêlé l'imaginait à vingt ans, aussi sérieux qu'à présent, déjà habité des devoirs d'un sorcier... Il y avait un monde entre eux, un fossé que rien ne pourrait combler.


-Mais bon... on s'en fout de ce qu'ils pensent, hein ?
demanda-t-il, purement pour la forme, en laissant sa propre tête s'appuyer contre celle de Mike.

Le seul dont l'opinion comptait, c'était le Seigneur des Ténèbres – et, à cet instant, James était presque convaincu qu'il n'y accorderait aucune importance. Et puis, tout de même, il fallait ajouter quelques personnes dont l'estime était chère au jeune Mangemort, comme John Mulciber. Que dirait le Ministre s'il les voyait ? Rien, décida Eccleston. Pour parler franc, il n'en savait foutre rien, mais il se plaisait à imaginer son nouveau mentor comme un chic type (ne le prouvait-il pas en s'intéressant à un sang-mêlé?), à l'esprit plus ouvert que la moyenne. Sans doute y avait-il là une part de mythe, mais peu importait, après tout. Repartant dans un rire, silencieux cette fois, Eccleston fit :


-Hé... tu crois que Valverde a déjà pris une cuite ?

Tiens, tu tutoies Witcher, maintenant, remarqua son double sage qui n'approuvait pas de telles familiarités. En même temps, quand on a sa main sur la cuisse d'un bonhomme, ça incite à y aller mollo avec le protocole, fichue mauvaise conscience. Oui, n'empêche que le protocole, là, il en prend un vieux coup dans les rotules : si tu regardes bien, tu es ivre mort, serré contre un autre Mangemort – le tout en public – et tu viens de lui poser une question débile, digne d'un adolescent qui vient de prendre sa première cuite.

-Oh, mais merde à la fin !

James venait de rabrouer à haute voix sa conscience, et, pour faire bonne mesure, il avait fait un geste brusque comme pour chasser une mouche importune. En temps normal, ça n'aurait pas été bien grave, mais dans son état, il tenait à peine debout, et il n'évita la chute qu'en se rattrapant à Witcher. L'autre n'avait pas dû comprendre le pourquoi de cette colère soudaine, aussi le jeune homme s'empressa-t-il de dire :

-Pardon, Mike... ce n'était pas à vous que je parlais, tu sais...

Tu en tiens une sacrée, ce soir, fit sa mauvaise conscience qui ne se laissait pas déloger ainsi. Ah, il est beau, le Directeur de la Justice Magique. Furieux de se sentir coupable vis-à-vis de lui-même, James reprit doucement la bouteille des mains de Mike, et avala quelques gorgées supplémentaires pour finir de s'abrutir. La mauvaise conscience était simplement le signe qu'il n'avait pas assez bu ; lorsqu'il serait vraiment cuit, elle déclarerait forfait. Et, de fait, elle demeura muette lorsqu'il répondit à l'invitation de Mike, en sachant pertinemment sur quoi cela allait déboucher :

-Faire un tour en voiture ? Tu sais conduire ? Tu vas me prendre pour un con si je te dis que... je ne suis jamais monté en voiture... Enfin, je veux bien qu'on s'éloigne un peu d'ici, c'est plein de gens dans ce bar... j'en ai marre de voir des gens...

Sur ces paroles sans appel, il entreprit de longer la carrosserie de la voiture pour accéder à la portière côté passager. Bordel, qu'est-ce que ces chaussures pouvaient être lourdes ! Il leur jeta un regard suspicieux, s'étonnant de ne pas s'en être rendu compte avant. Il parvint à ouvrir la portière, au prix de quelques efforts (quelle invention diabolique que ces machines moldues) et se laissa tomber sur le siège en assurant :

-Bon, déjà, c'est confortable... Je suis sûr que je pourrais m'y endormir, d'ailleurs. À toi de t'arranger pour que je ne puisse pas, ajouta-t-il à l'adresse de Mike, en ponctuant sa phrase d'un sourire complice.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 17/11/2012
Parchemins postés : 1364



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 14PV
Mike F. Witcher


MessageSujet: Re: On ne perd pas ses victoires || James Dim 20 Oct - 17:23

Drôle de monde, concluait Witcher à chaque fois qu'il regardait celui ci. Un drôle de monde dans lequel il était un drôle de bonhomme. Son caractère était très porté sur les sautes d'humeur. Il était très instable. Très lunatique. S'il paraissait stable, c'est que Mike se contraignait à l'être au moins en surface. Il était devenu au fil du temps qui passait un excellent acteur, si bien que personne ne pouvait réellement deviner ce qu'il avait en tête. Il savait arborer des mines de circonstances, masquer ses véritables pensées. Cependant, on ne pouvait pas non plus lui enlever l'humour. Witcher était un homme paradoxal. Sévère mais aimant rire. Dur, conservateur, mais résolument moderne et jeune, ne supportant pas les vieux carcans du régime et les vieilles badernes. Il détestait foncièrement ces vieux idéaux, cette vieille société et son argenterie, son amnésie chronique, sa lourdeur qui le critiquait et le prenait pour un barbare parce qu'il détestait le thé et mangeait des pizzas, parce que non, il n'allait pas aux grands raouts puristes, parce que oui, il était divorcé, qu'il l'assumait pleinement et que leur avis de vieilles bigotes et autres grenouilles de bénitiers, il s'en carrait complétement. Il aimait rire, il aimait boire. Quelque part, sa famille le détestait pour ça, car les Witcher n'aimaient pas le scandale. Ils craignaient tous que ça arrive un jour, que Mike aille trop loin et que tout casse, tout meure. Pourtant Mike Witcher était un homme prudent. Il ne faisait rien d'illégal. Ou si c'était le cas, il s'arrangeait pour ne pas le faire et le confier à d'autres gens. C'était nettement plus facile comme ça.

Etre bourré n'était en tout cas pas un crime. Se taper du bon temps non plus, et Dieu savait que le directeur de l'Ordre Nouveau en avait besoin. Pas seulement pour tenir le choc, il savait que la séparation était là, latente depuis des années, qu'elle arriverait forcément, même si ce n'était pas cette fois là. Mais aussi pour calmer un peu ses sautes d'humeurs terribles, ses tics et tocs qu'il se mettait fatalement à voir si il ne faisait rien. L'alcool applanissait tout ça. Il y avait fatalement une phase d'instabilité croissante que Mike supportait très mal, puis après il redevenait lucide, peu à peu, ça allait mieux. Il passait par tous les stades avant ça. Colère, malheur, déprime. Un instant il voulait retrouver Evangelyn et la buter pour lui faire payer le fait de se barrer, d'oser le quitter lui, le grand Mike Witcher, l'instant d'après il était convaincu qu'elle reviendrait, qu'il l'aimait, putain, que tout irait bien, ensuite il se disait qu'elle ne reviendrait jamais, et ça tournait en boucle dans sa tête. Une fois que l'alcool avait fait son effet...curieusement, il devenait plus lucide. Plus philosophe, aussi. Le mangemort finissait par conclure que ça importait peu, qu'il verrait bien, qu'on s'en foutait. Pour l'instant, rien n'importait. Quand il avait fini de boire, qu'il n'y avait plus de whisky, ce qui arrivait fatalement à un moment où un autre, Mike relâchait l'idée qu'il contrôlait tout. Il admettait qu'il ne contrôlait rien, et il s'en foutait.

Il prenait ce qu'il venait, souriant tranquillement, et il était content d'être là, content d'être avec James. Quoi ? Oui, c'était un sang mêlé. Oui c'était un homme. Ce n'était pas exactement comme s'il risquait d'avoir des gosses avec lui, non plus, alors que tous les connards donneurs de leçons se la ferment une bonne fois pour toute. Il fallait qu'ils comprennent que Mike s'en foutait d'eux. A l'Ordre Nouveau, il avait pris un rôle de continuateur, tout en imposant sa touche de réforme, sans compromis. Il faisait pareil dans la vie. Oui, il aimait les hommes. Et les femmes. Il le disait si on lui demandait : Witcher ne cachait rien et se foutait de l'avis du monde. Reste provocateur de son enfance, sans doute, choquer les gens l'amusait. Alors il se contenta d'un sourire à la réponse de James. Ouais, on s'en foutait. Il regarda droit devant lui, avec un sourire, content d'avoir pour lui le jeune mangemort. Tout sang mêlé qu'il était, James Eccleston était un type bien qui méritait qu'on l'apprécie. Mike faillit en lâcher sa bouteille lorsqu'il évoqua Valverde.

« J'en sais foutrement rien, et je crois que je préfère pas savoir. »

Il se marrait en disant ça. La vie de Valverde l'intéressait finalement assez peu. Il était même tout près à oublier ça et à passer à autre chose quand James reprit avec violence. Il haussa légèrement les sourcils, même pas réellement près à rire. Il laissa faire, laissa dire. Il se contenta de poser gentiment, ce qui était rare chez Mike, la gentillesse pure, la compassion désintéressée, sur l'épaule de James :

« T'en fais pas. Ca restera entre toi et moi, de toute façon, cette histoire, hein. »

Enfin, John, avec son foutu bon sens habituel, finirait bien par le deviner. Mais Mike n'y accordait pas trop d'importance. Le ministre de la Magie avait pour règle de tout voir mais de ne faire remarquer que ce qui était vraiment dérangeant, ce qui incluait peu de choses et pas le fait qu'il se bourre la gueule, entre autre choses pas très catholiques, avec James Eccleston. Il se redressa sans trop de mal, larguant la bouteille de whisky. Bouteille qui était vide. Que c'était dommage. Enfin pas vraiment. Il doutait de tenir debout s'il avait continué à boire. De fait, il ne tanguait pas trop lorsqu'il contourna la bagnole en faisant sauter les clés dans sa main. Il se mit à rire :

« T'es jamais monté dans une bagnole, sérieux ? J'aurais jamais pensé, tu vois... »

Pour lui, les bagnoles, c'était plus accessibles aux sang mêlés qu'aux sangs purs comme lui. Mike ne s'était mis à conduire que parce que, phobique de nature, il ne supportait plus le balai, ça lui collait le vertige, et qu'il adorait la vitesse. La voiture lui convenait parfaitement. On allait vite avec ces machins là, et aller vite était la chose qui plaisait le plus à Mike. Ca permettait de pas s'attarder sur certains détails pas très reluisants.

Trop de gens, ouais. Une assemblée de 15 mangemorts, ça allait, parler devant une foule, ça allait. Dès qu'il s'agissait d'être dans cette foule, Mike n'en pouvait plus. Trop de bruit, trop de mouvement, ça bloquait ses pensées, il n'en pouvait plus et voulait en sortir. Alors, oui, il comprenait. Il démarra la voiture avec deux ou trois idées précises en tête sur où ils iraient.

« Ca, j'y compte bien... »

La voiture partit à une vitesse folle. Mike souriait. Le vent sifflait, il faisait un peu froid, mais il s'en foutait. Quand l'autre gosse, Wayland, son cousin éloigné, s'était tiré en piquant la bagnole du vice-président des Etats-Unis, il n'avait pas été étonné. C'était comme ici : il fallait aller vite, et rouler. Quand il était en guerre avec lui même, il roulait. C'est ce qu'il faisait, là. Witcher arrêta la voiture au pied d'un petit immeuble, dans un quartier sorcier de standing. Tout était propre, et noir. Ce n'était pas chez lui mais chez son frère, Watson, le directeur de la Gazette du Sorcier. Rentrer à Scarborough aurait pris trop de temps. Il n'en avait pas. Il adressa un sourire à James :

« C'est pas mal, hein ? »

Il leva les yeux vers la fenêtre de son frère. Noire. Bon, Watson était bien parti en Italie pour son reportage, parfait. Il aurait l'appart pour eux, et c'était pas mal. Mike descendit de la voiture et fit un signe de la main encourageant à James :

« Allez, viens. »


Il l'entraina dans les étages, sans expliquer où ils étaient. D'une certaine manière, chez lui. L'appartement lui appartenait, d'où le fait qu'il aie les clés, et il ne faisait que le louer à Watson. Certain auraient jugé un peu sans gêne qu'il s'invite chez son frère comme ça, pas Mike. Après tout, Watson n'était pas là. L'appartement était grand, lumineux, même la nuit, il avait deux chambres. Il se tourna vers James, jouant avec les boutons de la chemise de celui-ci, souriant, le regardant d'un air un peu étrange, tranquille, presque prédateur :

« J'sais pas si tu vas encore avoir besoin de ça, tu sais... »


Il posa ses lèvres sur les siennes. Sans demander son avis. Qui contrôlerait quoi, après ça. Aucune idée. Mike s'en foutait. Le contrôle, ce n'était pas drôle dans ce genre de moments.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | Membre de PN Origins

| Membre de PN Origins
avatar
Date de naissance du joueur : 10/03/1981
Âge du joueur : 37
Arrivé sur Poudnoir : 31/05/2012
Parchemins postés : 1504



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 12PV
James Eccleston


MessageSujet: Re: On ne perd pas ses victoires || James Sam 2 Nov - 22:52

C'était pire que tout ce que James avait pu imaginer. Les sièges confortables lui avaient donné l'impression qu'il pourrait s'endormir, mais à peine la voiture eut-elle démarré qu'il changea d'avis. Mike roula à une allure raisonnable à peine le temps de rejoindre la grande avenue, à quelques dizaines de mètres, puis il accéléra comme un fou. James se retrouva plaqué contre son siège, avec la désagréable impression que son estomac allait lui remonter dans la gorge. Il mettait cela sur le compte de la voiture, et de la manière de conduire pour le moins abrupte de Mike ; à aucun moment il n'envisagea que sa consommation excessive d'alcool pût être à l'origine de cette nausée. Les mâchoires crispées, fermement agrippé au bord de son siège, il osait à peine respirer et appréhendait chaque virage qui, négocié à cette vitesse, semblait devoir signer l'arrêt de mort de son estomac. Par chance, le vent frais leur arrivait en plein visage, dissipant un peu le malaise du jeune homme.

Au début, il avait voulu profiter de la balade pour regarder le paysage. Londres by night, un spectacle rêvé... Mais la conduite débridée de Mike ne lui permettait pas de se détendre. Il préférait voir arriver le danger en face, en somme. La circulation londonienne était plus fluide à cette heure de la nuit, mais ils croisaient tout de même des voitures, et il y eut quelques coups de klaxon pour protester contre la façon de conduire de Witcher. Il ne s'arrêta pas une seule fois durant leur petite échappée nocturne, grillant allègrement les feux rouges dont James ignorait la signification. Il roulait si vite que le jeune Mangemort songea que la voiture avait probablement subi un enchantement, comme le Magicobus, pour ne pas entrer en collision avec les véhicules moldus... parce que c'était un miracle de ne pas avoir d'accident dans ces conditions. Plusieurs fois, James dut se retenir de crier un « Attention ! » paniqué à son chauffeur, et il n'y parvint qu'en serrant encore plus sous ses doigts le cuir du siège, pour essayer de ne pas passer pour un trouillard... Mais son opinion était faite : la voiture, plus jamais. Jusque-là, la Poudre de Cheminette était le moyen de transport le moins agréable qu'il ait connu avec les à-coups et le risque de se perdre, mais l'automobile battait tous les records. On avait envie de vomir, peur de mourir, et on se caillait. Question de circonstances peut-être, mais pour un premier contact, c'était vraiment négatif.

À force de stresser, il avait presque dessaoulé quand Mike s'arrêta enfin, dans un quartier calme. L'autre lui adressa un sourire, comme s'ils venaient de partager un excellent moment, en espérant qu'il confirmerait que c'était « pas mal ». Par politesse, James le fit, mais d'une voix d'outre-tombe qui contredisait nettement ses propos :


-Oh, oui... c'est... pas mal du tout...

Il resta assis quelques secondes de plus, à profiter du calme enfin revenu et de la nuit fraîche, puis descendit en enjambant la portière – il n'avait pas trouvé la poignée. Mike l'attendait, et il retrouva le sourire en reposant les pieds sur le plancher des vaches. Il observa alors les alentours, et reconnut un quartier sorcier de standing, parfaitement inaccessible aux Moldus. Il avait, un temps, songé à s'y établir, avant que Crow ne lui fasse don de Challenger House. L'endroit n'avait rien à voir avec le quartier plus modeste où il avait vécu plusieurs années, dans une rue où son immeuble était la seule maison sorcière. Abandonnant la voiture, les deux sorciers entrèrent dans un immeuble, gravirent les étages, et entrèrent dans un appartement qui devait servir de pied-à-terre à Mike. Un bel appartement, spacieux et calme, offrant une vue superbe sur les alentours.

Et les choses sérieuses commencèrent. Comme James regardait distraitement par la fenêtre, Mike s'approcha de lui, et, jouant avec les boutons de sa chemise, fit une réflexion avant de l'embrasser. Parfait. Le jeune Mangemort n'aimait rien tant que ces hommes aux manières directes, qui savaient s'imposer sans qu'il soit besoin de parler. Il avait su, depuis le début, qu'il finirait la soirée dans le lit de Mike Witcher, mais à présent, il avait vraiment hâte. Il avait envie de s'abandonner, de se laisser guider par cet homme contre lequel il se lovait à présent. À son tour, il l'embrassa, murmurant :


-J'espérais bien ne pas en avoir besoin plus longtemps...

La veste glissa à terre, suivie par la chemise. La Marque des Ténèbres gravée sur le bras d'Eccleston apparut, semant, un instant, le trouble dans l'esprit du jeune Mangemort. Ce qu'ils allaient faire n'était-il pas une faute ? Pire, un outrage au Seigneur des Ténèbres, ou au purisme ? Son esprit, encore passablement embrumé par l'alcool, ne parvenait à aucune conclusion cohérente... Il voulut demander à Mike ce qu'il en pensait, mais, comme les mots tardaient à venir, se contenta de l'embrasser encore.

Un moment après, le crime était consommé, et, curieusement, James s'en trouvait apaisé. Il avait cessé de réfléchir aux implications de ce minuscule événement, cessé de se faire des reproches, et simplement accepté l'inévitable. Il se sentait bien, allongé près de Mike, inspirant tranquillement l'air frais qui entrait par la fenêtre ouverte. Les yeux au plafond, il murmura :


-Tu as quelque chose à boire, Mike ? Un truc sans alcool, si possible... Il fait terriblement chaud, ici.

Aussi chaud, au moins, qu'au mariage de Crow, lorsque Mike lui avait innocemment suggéré de dénouer sa cravate et de se mettre à l'aise.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur





Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: On ne perd pas ses victoires || James

Revenir en haut Aller en bas

On ne perd pas ses victoires || James

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POUDNOIR :: 

Détente

 :: Archives :: PN origins :: Monde adulte
-