POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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It's a cold world [Jugson & Limonkov]

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Vaas Lonero


MessageSujet: It's a cold world [Jugson & Limonkov] Jeu 29 Aoû - 22:21

La mer s'étendait à ses pieds. Une grande partie de la population mondiale, quelle soit moldue ou sorcière, voulait dominer, conquérir, être craint, ou aimé. Beaucoup désiraient être au dessus des autres, des règles, de Dieu. Que leur manquaient-ils, à ceux-là, pour renverser les normes sociales et devenir les tyrans inédits d'un monde nouveau ? Selon Vaas, le mercenaire sans foi, ni loi, ni Dieu, ni Maître, ils manquaient cruellement d'audace. C'était un pas, un simple pas à faire au-dessus du vide, renverser le système, détruire les barrières obligeant à se restreindre à un simple conditionnement. C'était un pas, mais à leurs yeux, c'était une montagne à franchir. Et l'autre en riait de ces manières, de ces foutus êtres sans courage, sans audace. Oh ! Ils pouvaient crier tous plus fort les uns que les autres, au fond, ils n'avaient pas plus de poids qu'un coq en cage alors que lui... oui, lui, était un Homme parmi les bêtes. Non pas qu'on le sous-estimait, mais on oubliait, plutôt, de le considérer. Son jugement ne semblait avoir aucun poids aux yeux de cette population toujours plus imbue d'elle-même de jour en jour. Au fond, ça ne l'affectait pas. Il s'en fichait, comme il se fichait d'à peu près tout, sauf le prix qu'il exigeait pour remplir les contrats qu'il exécutait. La fumée sortit de sa bouche et de ses narines lentement. Le cigarillo se replaça entre ses lèvres et il continua de scruter l'horizon, les mains dans ses poches de treillis. A sa ceinture, dans son dos, un colt beretta était rangé. Sur le côté droit, sa baguette était présente également, bien qu'il ne s'en serve pas le plus clair du temps. Ses rangers s'enfonçait doucement dans le sable de la plage, dégueulasse d'ailleurs, de ce coin là de la ville de Bristol. Au loin, le port était illuminé et l'on apercevait les hauteurs de la ville avec une facilité déconcertante à cette heure. L'ambiance « british » n'était pas la plus sensationnelle aux yeux du mercenaire hispanique qui préférait mille fois l'Amérique du Sud et l'Amazonie. L'autre se posta aux côtés de son chef, et alluma une cigarette. Lui, il avait la dégaine anglaise. Saloperies d'anglais.

- Sympa l'endroit Hoyt.
-C'est un coin tranquille ici... jamais eu de problèmes.
-Vaudrait mieux pas qu'on en est... tu me comprends?
-Bien sûr, ça n'arrivera pas Vaas, je me couperai moi-même la queue si on en avait.
-Hum. Et ton contact là, ça en est où?
-Je vais le voir dans quelques jours, il a été assez occupé.
-Je m'en contre-fous que ce connard soit occupé putain ! Trouve un moyen de le voir, et VITE !
-Ouais, ok, j'irai demain.

Vaas frappa la nuque de Hoyt d'un geste presque plus parental que patronal ou amical. Il termina son cigarillo et jeta le mégot sur le sable. Il se retourna et revint au niveau de la planque du groupe de mercenaire situé à même la plage. Il s'agissait d'un bâtiment  désaffecté, probablement une ancienne usine. Ils avaient investi l'ensemble de la bâtisse, les soldats logeaient dans la zone de fabrique, plus haut on trouvait quelques bureaux qui avaient été aménagés en chambre pour les lieutenants et pour Vaas lui-même. Une salle de réunion avait été saisie pour y stocker les armes et les affaires inutiles tant qu'ils ne partaient pas en mission, et enfin, l'ancien office de ce qui devait être le directeur de l'usine avait été pris par Vaas pour en faire son propre bureau. C'était un endroit miteux, les vitres étaient en partie cassées – et Vaas y avait contribué dès son arrivée en bon investigateur des lieux – le sol était souillé de papelards jaunâtres, de verres, et de moisissures. Ne restait que cet espèce de bureau en bois moisi qui trônait là. Le lieu n'avait rien de glorieux, mais c'était un luxe, pour le groupe, de loger dans pareille bâtisse tout en étant recherchés par les forces de l'Ordre à l'international. Vaas s'installa derrière l'office, posa ses deux pieds sur le bureau, et alluma un nouveau cigarillo tandis que ses lieutenants, Hoyt et Jason débarquaient dans le bureau. Le dernier des trois hommes posa une bouteille de tequila. Le chef s'en saisi et l'analysa avec un sourire amusé. Le visage de Vaas était tout sauf froid et inexpressif. Au contraire chaque petit ressentiment passait par son faciès qui avait une capacité à traduire son humeur intéressante. Il retira le bouchon de la bouteille et englouti une dose d'alcool d'une traite.

-Tu sais ce que ça me rappelle cette merde? Rio putain !
-On y retournera sûrement.
-Peut-être. En attendant, j'ai peut-être de quoi nous occuper en ex-Yougoslavie si ça marche pas ici. Un groupe séparatiste Serbe veut aller taper du Croate à Dubrovnik. Ces tocards haha!
-Et on attendra combien de temps ici avant de savoir si ça marche ou pas?
-A Hoyt de nous dire ça.

Vaas tenait toujours la bouteille dans sa main gauche et le cigarillo au bout des lèvres. Il fixait son deuxième lieutenant avec insistance, de tous, ici, ce n'était certainement pas Vaas qui craignait le plus pour sa vie. Oui, le groupe craignait leur chef, autant qu'ils le respectaient profondément. Il était dangereux car instable, et pourtant c'était un chef qu'ils n'avaient que très rarement eu. Les contrats et l'argent coulaient à flot, et eux ne manquaient de rien. Ils attendaient un contrat en Angleterre, ou même dans l'Intendance qui les ferait partir sur le marché anglais, et c'était à Hoyt que la tâche était revenu car lui avait les contacts pour s'en occuper. Or, ça traînait, beaucoup trop. Voilà quatre jours qu'ils étaient arrivés à Bristol et toujours rien d'intéressant à se mettre sous la dent. On leur avait bien demandé de braquer une banque moldue la veille, mais ça n'avait rien d'amusant, et le prix avait été dérisoire. 500 000 gallions pour un braquage qui n'en avait rapporté par plus. L'utilité frôlant zéro, Vaas n'avait même pas insisté pour recevoir un surplus quant à la somme versée. Parfois, oui, ça lui arrivait de lâcher l'affaire tant l'employeur était inutile. Oh ! Il ne repartait jamais les mains vides et ne partait jamais sans avoir reçu la somme annoncée, mais il n'allait pas se battre cent ans, même quand le contrat était aussi inutile que ce braquage.

Un gars débarqua, un pirate de Vaas qui avait une dégaine d'éclaireur plus que de véritable soldat. Chacun avait son petit rôle dans la meute de l'Espagnol, et lui était chargé d'avertir le grand manitou des arrivés et départs.

-Deux types qui arrivent, Vaas.
-Qui?
-J'sais pas, l'un est en béquille, l'autre … bah j'sais pas.
-Putain, qui c'est qui m'a collé un tocard pareil ? Hoyt vas-y.

Ne restèrent plus que Jason et Vaas dans le bureau, tandis que l'autre lieutenant descendait les marches pour revenir au niveau de la salle de fabrique et de regagner le hall où un groupe d'une bonne vingtaine de pirates attendaient, armés évidemment. Ils gardaient l'entrée, du moins officiellement, et en profitaient pour se détendre tant qu'il n'y avait pas de contrat à remplir. Hoyt sortit de la bâtisse flanqué de trois types.

-J'espère pour vous que vous vous êtes simplement trompés de destination?

Dans le bureau, la bouteille de tequila était déjà à moitié vide, ou à moitié pleine. Jason avait trouvé où s'asseoir et fumait sa cigarette en silence tandis que Vaas lavait son arme lentement, avec une délicatesse sans pareille. Il y tenait plus qu'à la prunelle de ses yeux, ses armes étaient pour lui des bijoux à préserver. Il arma le canon, analysa la tenue et la visée, et finalement tira sur les carreaux encore entiers de la vitre présente à sa gauche. Jason ne tilta pas, les coups de feu étaient trop fréquents pour que le bruit l'étonne.

-Putain qu'est-ce que j'aime ce flingue. Tu trouves pas Jason qu'il a un … un … un truc particulier?
-Ouais, carrément. C'est la tenue je pense, la crosse est parfaite.
-Ouais ! C'est ça, putain tu vois les choses toi!

Hoyt entra dans l'office. Sa démarche était généralement très assurée, forte même. Il était un nouveau-né de la jeunesse anglaise, violente et excessive. Il avait traîné avec tout ce tas de skinheads, hooligans et bandits de quartiers qui lui avaient forgés l'esprit et le corps.  

-Deux types qui veulent te voir Vaas. Un qui prétend te connaître, « Limonkov » qu'il a dit.

Un large sourire s'étendit sur le visage du mercenaire, meurtrier récidiviste dont la réputation n'était plus à faire. Il prit une bouffée de cigarillo et recracha lentement la fumée.

-Fais les entrer. Et demande à deux clampins d'empêcher l'accès au bureau. Toi et Jason vous restez là.

Hoyt sortit du bureau, se pencha par dessus la rampe qui séparait l'ancienne administration des ouvriers et indiqua aux pirates de les laisser passer. La montée ne fut pas facile pour le dénommé Limonkov qui avait dû subir une belle bagarre. Alors que les deux types passaient la porte du bureau, ou plutôt ce qui restait de la porte, Vaas ouvrit les bras et laissa ses pieds juter par terre.

-Benji ! Haha ! Putain Ben... longtemps que je t'ai pas vu ! Entre putain, toi et ton copain, allez. Bon, hé, c'est pas un peu le luxe comme bureau hein ? Bon, pas eu le temps d'aller chercher des sièges hein, m'excuserez ? ERIC ! Ramène des caisses, ou des trucs, démerde toi.

Jason restait assis sur le rebord de la fenêtre, cigarette au bec, colt 45 à portée de main. Hoyt, lui, était adossé au mur derrière Vaas, et il observait. Les lieutenants ne riaient pas, car eux n'avaient pas à rigoler. C'était Vaas qui s'amusait, personne d'autre que lui, et pourquoi pas Benjamin qui, visiblement, était apprécié du mercenaire.

-Que puis-je pour vous messieurs ?

Il ne connaissait pas l'accompagnateur de Benjamin, mais si c'était Limonkov qui était là flanqué de ce type ça voulait surtout dire que c'était l'inconnu qui avait besoin des services de Vaas. Mulciber faisait un simple intermédiaire, le bouche à oreille était toujours une bonne façon de procéder. Une gorgée de tequila fila une nouvelle fois, et Vaas proposa la boisson à ses invités... de marque.

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MessageSujet: Re: It's a cold world [Jugson & Limonkov] Sam 31 Aoû - 21:20


Ben n'en avait pas cru ses oreilles lorsque Victor Witcher, guérisseur en titre de la Vague, petit génie de la trahison et de la dissimulation au passage lui avait dit ça, mais de fait, c'était foncièrement vrai. En fait, il s'était très vite aperçu que sans ses béquilles, il ne pouvait rien faire. Pas mal de gens lui proposaient de l'aide, il refusait toujours. Ben Mulciber était réellement un type solitaire, pas du tout du genre à accepter les mains tendues. Pourquoi ? Parce qu'il ne faisait pas confiance aux gens, sans doute, parce qu'il savait qu'il pouvait réussir seul. Parce qu'on ne peut compter que sur soi, et que même en disant ça j'ai tort, parce qu'on peut se trahir soi même très facilement. Il avançait, donc, avec de lourdes difficultés. Il serrait les dents, et il ne disait rien. Reconnaitre qu'il avait mal était encore trop un hommage rendu à ce foutu connard d'Eris Valverde. Il détestait les hommes dans ces moments là, et globalement il restait un homme aigri et solitaire. La médiocrité des uns et des autres l'affligeait profondément, car il s'y retrouvait foncièrement. Ben le savait, quoi qu'il fut, quoi qu'il soit, et quoiqu'il serait, malgré tout ce qu'il avait fait, il n'ignorait pas qu'il était. L'agitateur. Le terroriste. On le donnait favori s'il se présentait à l'élection présidentielle de Russie pour succéder à Radeskine, car Limonkov était la figure la plus populaire de Russie sans être slave lui même. Mais il ne le fit pas. Il savait qu'il ne servait à rien d'aller contre un destin déjà tracé, défini par avance. De tous temps, les Mulciber avaient été des barbares et de tous temps ils le seraient. Face, c'est la grandeur, pile, c'est la folie, mais jamais on ne prendra au sérieux. Le mépris. Bon dieu, il s'était habitué à ça. Benjamin Mulciber restait seul parce qu'on ne le comprendrait pas.

Pourquoi avoir pris cette route ? Parce que je n'avais pas le choix. Pourquoi avoir continué de la suivre ? Parce qu'elle existait. Pourquoi ne pas renoncer ? Parce que je ne peux pas le faire. C'est notre destin, depuis la nuit des temps. C'est la malédiction Mulciber. Nous sommes des perdants magnifiques. Bons dans le combats, jamais dans la victoire. Il continuait à se battre et il traçait son chemin seul, parce qu'il ne cherchait pas un but, il cherchait encore le combat, parce que même la vengeance qu'il disait rechercher comptait finalement beaucoup moins que ne pas se taire, continuer à parler, continuer à se battre, tracer la route, encore et toujours, parce qu'il s'arrêtait il mourrait, et qu'en défiant continuellement la mort, justement, il restait en vie, il se savait en vie, et il le faisait payer aux autres. Sa malédiction personnelle devenait celle des autres. Payez le fait de pas m'avoir tué. Ca aurait mieux valu. Payez le fait de m'avoir pris tout ce que j'avais. La main se referma violemment autour des béquilles. Un pas après l'autre, il avançait lentement, même en touchant à peine le sol.

Quel étrange monde. On aurait pu croire qu'il se briserait sur lui même. Que Ben se briserait sur lui même aussi. Mais l'un comme l'autre, ils continuaient à tourner. A tourner comme le dernier valseur qui ne veut pas que le bal finisse. Qu'est qui poussait à avancer ? Nous avons quelque chose en commun qui est plus fort que nos différences : c'est le besoin de croire à un avenir moins terrible, moins moche, un avenir meilleur pour nous, où on aurait le pouvoir, ou rien ne nous toucherait.  Ceci appartenait à toutes les nations, à toutes les idéologies. Je déteste que vous soyez de petits puristes  impérialistes lamentables et stupides, empêtrés dans la glu d'un passé social en train de pourrir. Mais je sais, et vous savez aussi déjà au moins une chose, c'est que l'homme est merveilleux et que les hommes sont pitoyables, et que chacun de notre côté, dans notre morceau de connaissance et dans notre nationalisme misérable, c'est pour les hommes que nous travaillons. Mais pas de la même manière.

Il méprisait le régime puriste non pas pour ses idées, mais pour bien d'autres choses. Pour ses oraisons, ses hymnes cramoisis, sa passion du futur, sa chronique amnésie ! Ils l'avaient abandonné et Ben ne le pardonnait pas. Lui qui avait servi si droitement s'était fait avoir et ils lui avaient pris tout ce qu'il possédait. Il ne pardonnait pas ça. La rancune te bouffera, disait Natasha. Mais la haine et la rancune, dans le fond, étaient tout ce qui restait à Benjamin Mulciber. Il y laisserait sa peau, mais quand on avait plus que ça à perdre, rien n'avait d'importance. Seul le faire le plus de mal possible comptait.

Et il savait que Tom partageait cette vision là des choses. La seule différence venait dans l'après. Jugson portait un projet, un espoir nouveau, un monde qui se reconstruirait. Benjamin, non. Il était, il détruisait, point. Après ? Mais je serais mort, moi dans l'après ! Quelle importance ? Il n'en parlait pas, il ne disait rien. Au QG de Glasgow il parlait à très peu de gens, car on si on appréciait ses émissions on avait appris à ne pas le déranger quand il ne disait rien, car il fonctionnait d'une manière simple : il faisait ou ne faisait pas le premier pas, mais sinon il ne servait à rien de tenter.

Il restait bien des ennemis à abattre. Des gens qui cherchent à se persuader que la solitude, la souffrance, les épreuves, sont bonnes, nécessaires, que l'homme se fait dans la souffrance.  Je crois que la joie est plus utile. Car dans le fond il n'était pas malheureux, Benjamin. Il était même profondément humain, content de fréquenter les gens qu'il fréquentait, juste qu'il agissait seul, parce que c'était sa vengeance et qu'aucun ne pourraient l'accomplir aussi bien que lui malgré tous les échecs. La famille Mulciber serait-elle à l'abri de cette vengeance ? Sans doute pas. Mais le premier sur la liste de Ben n'était pas encore John. Il se méfiait de ce dernier. Non, le premier, ce serait Mike Witcher. Pourquoi ? Parce que je lui dois bien ça. Parce qu'il me cherchera. Parce qu'il viendra à moi le premier. Tom avait également d'autres cibles, bien que John Mulciber soit gravé dans un coin de son cerveau, Ben n'en doutait pas. Mais aucun d'entre eux deux n'avait réellement le temps de s'occuper de lui pour l'instant. Mais ça viendra. Personne ne l'ignorait, surtout pas John lui même. Je te ferais la peau, cousin, mais pour l'instant regarde ton monde trembler avec moi.

En attendant, il existait une excellente solution qui se nommait Vaas Lonero. Barge, qu'il était, certes, mais Ben l'aimait bien. Le genre de type à te foutre la raclée de ta vie et boire un pot avec toi le même soir. Ce qui leur était arrivé plus d'une fois. Ben l'avait connu en Russie, que ce soit comme ennemi ou comme allié. Il avait entendu dire par Hurlev, qui s'y connaissait bien dans ce monde là, ce petit monde de mercenaires, que Vaas était en Angleterre et finalement, le trouver, via différents contacts n'avait pas été si difficile que ça. Ensuite, Ben en avait parlé à Tom. Qui avait causé quelques difficultés. Au départ. Il avait fallu toute la force d'argumentation de Mulciber pour convaincre son ami d'y aller, et de tenter le coup. Jugson avait une idéologie. Pas Ben. Mulciber n'avait qu'un but, la vengeance. Les conditions, il s'en cognait.

Voilà pourquoi ils avaient débarqué à Bristol. Et en observant ce quartier pourri, cette ancienne usine qui était pire, Ben se dit que Vaas n'avait pas du tout changer. Appuyé sur ses deux béquilles, il constata simplement  à l'intention de Tom :

« Je sais que ça te plait pas de bosser avec un type qui sera probablement contre nous dans deux mois, Tom, mais bordel, le fric de Rades', j'ai bien l'intention de l'utiliser. Tout est bon à prendre pour qu'ils payent. »

Tout était juste dans l'amour et dans la guerre. Vaas raisonnait pour le fric, bon, bah il ferait avec, voilà tout. Benjamin s'en fichait. Il s'avança, péniblement il était vrai, mais il réussit à marcher tout de même. Un mec vint à leur rencontre. Ah, on se plante. Ben eut un léger sourire :

« Non, on vient faire du tourisme. T'es un nouveau, hein ? Vas dire à ton chef que Limonkov veut le voir. »

L'autre parut hésiter. C'était un lieutenant, Benjamin s'en doutait, mais il s'en foutait. Le client est roi, et le mec qui a le fric, c'est moi. Un instant plus tard, on leur dit de venir, finalement. Ben maugréa dans sa barbe. Encore un putain d'escalier, merde. Il ne prononça pas un gémissement, pas une demande : personne ne l'aiderait de toute façon, et monta lentement les escaliers, suivi par Tom, qui portait la malette pleine du fric russe. Et on les laissa entrer, sans problème finalement, dans le bureau du grand chef. Il sourit en voyant ledit Vaas. En effet, ça faisait longtemps.

« Vaas. Ca fait un bail, ouais...Va bien, depuis Iekaterinbourg ? » Ca avait été leur dernière mission en commun, après il ne savait pas trop ce que Vaas avait fait. Il sourit d'un air amusé : « La dernière fois, si je me rappelle bien, je savais marcher et mon cousin était pas ministre, mais passons. Tu m'excuses, je te serre pas la main, si je lâche ces foutues béquilles je me pète la gueule, ce que je voudrais éviter. »

Il fit rapidement les présentations avant qu'on apporte les caisses :

« Ah sinon, je pense que tu dois pas connaître. Le pseudo beau-gosse costardeux à gueule d'aristo, c'est Thomas Jugson, le leader de la Vague. Mon patron, quelque chose du genre. »

Le ton laissait entendre que non. Avec raison. Ben n'était qu'un ami de Tom et s'il était membre de la Vague c'est parce qu'il le voulait bien. Les caisses furent apportées, et Mulciber s'installa avec un brin de soulagement. Il fit un signe de tête à Tom :

« Tu lui expliques ? »
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Tom Jugson


MessageSujet: Re: It's a cold world [Jugson & Limonkov] Dim 1 Sep - 15:27


On ne pouvait pas exactement dire que l'été était brillant pour la Vague et pour la résistance. Si Jugson n'était pas peu fier d'avoir latté pour la deuxième fois John Mulciber en moins d'un an, ça ne changeait finalement pas grand chose au fait que les défaites s'accumulaient devant eux et qu'il fallait changer ça. L'Irlande était perdue et il ne comptait continuer à ramer pour sauver ce qu'il en restait. Egoiste, Tom Jugson ? Non, simplement pragmatique. Il ne jouait pas que pour gagner, pas vraiment, en ce sens là au moins il partageait la même vision des choses que Ben Mulciber. Mais Jugson n'était pas complétement suicidaire comme lui – si on écoutait Benjamin, la Vague serait en Irlande depuis longtemps. Tom se considérait comme responsable des membres du groupe, avec raison puisqu'il en était le chef. Et l'évidence était que l'Irlande tomberait bientôt. C'était dommage, c'était dur, mais il ne pouvait pas envoyer des gens à la mort dans un combat où aucun n'avait de chance de réussite. Il pouvait décider pour lui de faire ça. Aller sur un front hasardeux, périlleux, en équilibre entre la possibilité de victoire et de défaite, Tom le faisait, mais pour lui. C'était un choix personnel. En temps que chef il proposait, il dirigeait, mais n'obligeait pas. Contraindre quelqu'un à s'éxecuter et ne lui laisser d'autre choix que la mort, ça, c'était la méthode du camp adverse, ce dont justement il voulait se démarquer. Jugson laissait le choix. En revanche, une fois qu'on acceptait, qu'on s'engageait, c'était pour aller jusqu'au bout. Quitte à échouer et à mourir, mais en l'ayant accepté, par choix, par volonté. Car l'idée restait bien de se battre, de montrer qu'ils étaient là, qu'ils ne se tairaient jamais, malgré les coups, les défaites, et le sang. Tant qu'ils seraient vivants ils reviendraient à la charge. Jugson pensait comme ça. Reculer, lorsqu'il fallait le faire, et il le faisait, n'était qu'un moyen, pour lui, de mieux frapper.

N'empêche que quelques victoires ne feraient pas de mal. Jugson parcourut du regard les quais de Glasgow, qu'il voyait tous les jours pourtant, en passant dans tous les bars miteux, mal famés, glauques, mais tellement honorables et honnêtes, plein de gens que finalement il appréciait bien plus que ses anciens amis. Une affiche proclamant « purisme partout, justice nul part », le fit sourire. Il termina sa cigarette et revint sur ses pas. Glasgow n'était pas un mystère très compliqué à résoudre. Située en Ecosse, territoire déjà fier et indépendant, réfractaire à l'union, même puriste, avec son ennemi héréditaire qu'était l'Angleterre, la ville était la plus amochée qui soit, sinistrée sur le plan économique, abandonnée du monde, qui semblait penser que la situation de la ville resterait inchangée. Méprisés par tous, les habitants étaient réfractaires à tout, et tendaient naturellement à soutenir les rebelles plutôt que le régime.

Oui, des victoires seraient les bienvenues. Vaincu par Eccleston, vaincu par Valverde en ce qui concernait Benjamin, ayant certes réussi à récupérer Alex Caroll, mais dans quel état, Jugson savait que s'il ne réagissait pas très vite, il donnerait raison à Witcher et confirmerait qu'ils étaient dépassés par les événements. Ils pouvaient prétendre que le purisme ne gagnait pas, mais Tom comprenait bien que si les actes ne suivaient pas, on pouvait d'ores et déjà enterrer la Vague, ce qu'il ne voulait pas. Voilà pourquoi il mettait en place l'opération Shaking Throne. Ils allaient faire de la guérilla. Jugson était loin d'être mauvais stratège, pour quelqu'un qui a la base n'était qu'un juriste. Il s'agissait, cette fois, d'attaquer, de partir, de recommencer. Ils ne possédaient pas, c'était un fait, les moyens de s'engager dans de grosses actions. Pour l'instant. Il fallait espérer que ces petites attaques, rapides et précises, qui n'étaient pas là pour forcément vaincre mais pour montrer qu'à tous les niveaux la résistance n'abandonnait pas et que le régime ne la vaincrait pas de sitôt – un but purement provocateur, en fait.

Mais delà à employer des mercenaires...Etait-ce vraiment une bonne idée ? Ben était convaincu que oui, Tom un peu moins. Witcher avait été un mercenaire. Ca lui suffisait pour se méfier. Et puis s'allier avec quelqu'un qui pouvait à tout moment les trahir ne lui semblait vraiment pas quelque chose à faire. Les incertains étaient les plus dangereux. D'autant que cet incertain là n'avait pas l'air d'un enfant de choeur. On ne pouvait pas dire que le renégat était un modèle de stabilité mentale, mais vu comment Ben lui vendait Vaas Lonero, puisque c'était son nom, Tom se disait qu'il venait de trouver pire, largement pire même, que lui.
Le problème, c'est qu'ils n'avaient pas exactement le choix. Non seulement parce que la situation ne jouait pas en leur faveur – ils manquaient de temps pour tout mettre en place, mais aussi de moyens humains – mais aussi parce que la cible du contrat semblait bien décidé à leur tenir tête. Mais il fallait s'y attendre, songeait Jugson avec un brin d'amusement. John Mulciber revenait toujours à la charge. Même battu deux fois par lui, même capturé, il tenait le choc. De mauvaise grâce, Tom avait fini par accepter.

Le pire, c'est que le fric, ils n'en manquaient pas. Allié, voir ami de nombreux dirigeants bourbistes, pragmatiques comme lui, qui ne partageaient pas nécessairement ses idées, la Vague bénéficiait de financements fort intéressants. Sans compter que Benjamin était plus ou moins le beau-fils de Miroslav Radeskine, le président russe. Enfin, aurait été si sa copine n'était pas morte, d'après ce que Jugson avait compris. Ils pouvaient se permettre d'engager ce type là.

En arrivant à Bristol, en voyant cette usine désaffectée, la première réaction de Jugson fut de se dire que tout ça ne payait pas de mine. Tom était quelqu'un de méprisant, il ne fallait pas se leurrer, son éducation purement puriste où lui martelait qu'il valait mieux que le reste du monde laissait des traces sur sa personnalité, de son simple costume au regard de mépris qu'il porta à la bâtisse. Aristo, le qualifiait Benjamin, avec raison, car il l'était. Ca ne l'empêchait pas d'être brillant et populaire, mais ça ne voulait pas dire qu'il n'était pas un salaud. Même s'il tendait à être un type bien.

Tout était bon à prendre pour les renverser...peut-être. Peut-être pas. Il était trop tard pour reculer maintenant, du coup Tom laissa faire son vieil ami, et ils passèrent un par un les barrages pour enfin rencontrer le maitre des lieux. Ainsi c'était donc lui, Vaas. Jugson s'abstint de tout commentaires. S'il le faisait maintenant, avec ce cynisme qui caractérisait pratiquement tout ce qu'il disait, il foutait en l'air tout le contrat alors qu'il n'était même pas encore signé. Il se contenta donc d'un rire sec en entendant ce que disait Ben. En effet, il n'était pas le patron de Mulciber – un ami certes, mais pas un chef. On ne pouvait pas ordonner à Benjamin, pour la simple raison qu'en bon emmerdeur, trait de personnalité familial sans doute, il obéissait...eh bien seulement lorsqu'il voulait. Ce qui n'empêchait pas Jugson de bien s'entendre avec lui. Ca faisait des années que ça durait, ça ne changerait pas maintenant. Il alluma une cigarette en désignant Ben d'un signe de tête :

« John Mulciber, son cousin, le Ministre...vous savez de quoi de lui ? »


Une phrase. Une pauvre phrase, une simple question qui pouvait, si l'autre comprenait vite, bouleverser toutes les issues du conflit.
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Vaas Lonero


MessageSujet: Re: It's a cold world [Jugson & Limonkov] Dim 1 Sep - 18:23

Vaas n'avait aucune allégeance. Pour certains sorciers, et même moldus, ce principe même de n'avoir aucun camp vers lequel pencher, ne pouvait être vrai. C'était difficile à conceptualiser, c'est vrai, qu'une personne n'ait pas d'affinité particulière. Que cela soit pour les puristes, les merlinistes, les moldus, les créatures magiques, Vaas était impassible face à leur situation. Le seul intérêt de Vaas, l'unique au monde pour lequel il pouvait se bouger la carcasse, c'était l'argent. Ah ! Ca, il connaissait. Le mercenaire allait, contre vent et marrées, dans le sens de l'argent. Cela pouvait bien être un grand sorcier merliniste, immensément riche, qui lui demandait ses services, ou un mouvement néo-nazi moldu, l'important, pour le mercenaire, n'était pas les raisons qui poussaient ses employeurs à lui demander de l'aide, mais si, oui ou merde, ces connards avaient le pognon qu'il exigeait. Vaas était un franc déconneur, sérieusement. Il aimait boire, rire avec ses amis – car même si il était légèrement dingue, il restait un type avec qui l'on pouvait se lier d'amitié – et passer son temps à balancer des conneries à tout va. C'était un type étrange, en vérité, extrêmement lunatique. Mais c'est ce qui en faisait sa force également. Il était capable de rire pendant un temps, puis d'un instant à l'autre, s'énerver comme pas deux. Il était imprévisible, et il surprenait souvent par son tempérament indescriptible. L'avantage qu'on pouvait lui donner était très certainement de ne jamais se contenter de ce qu'il avait obtenu. Vaas cherchait toujours à améliorer ce qu'il obtenait. Non pas le lieu dans lequel il vivait, ça, ça lui passait au-dessus de la tête, mais plutôt les armes qu'il utilisait, les vivres pour son groupe, les vêtements et tout ce qui s'en suivait. Aussi, Vaas pouvait être un type barge mais riant aux éclats pour n'importe quoi, autant il ne riait jamais avec l'argent. Il fallait être sérieux, au moins avec ça, et pour le boulot. Il ne prenait jamais à la légère un paiement, ou un contrat. Chaque contrat était minutieusement étudié, et exécuté. Il ne s'était jamais foiré, c'était pas près d'arriver.

L'un des atouts que l'on pouvait au moins reconnaître à Vaas, c'était sa connaissance du monde. Lui, contrairement à ces tanches de puristes, ne s'était pas limité à la magie. Oui, c'est puissant, qu'il disait, mais on peut toujours trouver mieux que ce que l'on connaît déjà. Il avait travaillé avec des moldus – dont l'un avait cru être une réincarnation d'Hitler, barré le type, il avait fini planté par son plus grand partisan le soir d'Halloween, pathétique – et avec des sorciers. Il avait vécu comme un mercenaire moldu lambda, et il leur avait fait la guerre. Il avait vécu comme un mercenaire sorcier exceptionnel, et il avait engendré bien des conflits un peu partout sur le globe entre les deux courants de pensée majeurs. Triste à dire, mais Vaas était peut-être le clown le plus instable, provocateur des pires conflits possibles au sein de la communauté magique, il était, en lui-même, une insulte à la race humaine.

Il le portait plutôt bien, ce statut, d'ailleurs. Il n'avait ni honte d'être ce qu'il était, ni honte du parcours suivi. Il avait tué des êtres qui lui avaient fait confiance. Il avait trahi des gens qui lui avaient donné l'opportunité de monter, et tout ça, toute cette merde qu'il se traînait quotidiennement, le poussait, jour après jour, à sourire et à continuer sa besogne. Vaas ne voyait pas le mal là où il était vraiment. En vérité, c'était plus sa conception du monde qui différait de celle des autres, et les conséquences étaient, nécessairement, importante. Aussi, il n'avait jamais vu la trahison comme un acte de barbarie qu'il fallait punir. Il avait été élevé comme un loup, parmi la meute. Le seul but d'une bestiole de son gabarie, comprenant l'importance de son existence et révélant peu à peu sa puissance était, classiquement, de prendre plus de place au sein du groupe. La meute dans laquelle il avait grandie, soit le groupe de trafiquants de Spitz, fonctionnait assez classiquement comme toutes les autres meutes. Tuer le chef pour prendre sa place était le seul et unique moyen d'obtenir le dessus sur les autres. La démocratie était totalement étrangère à Vaas et à ses semblables. La tradition se perpétuait également dans son groupe de mercenaire. L’Espagnol ne voyait pour l'instant personne capable de le renverser. Le plus proche aurait été Jason, un type qu'il fréquentait depuis l'époque de Spitz, soit très longtemps avant d'arriver en Angleterre, mais même lui n'aurait pas eu le courage, ni la détermination, ni même le talent, pour détrôner le roi.

Hoyt se décolla un instant du mur, et se pencha derrière Vaas, lui susurrant quelque chose à l'oreille. Le chef mercenaire éclata de rire et frappa dans ses mains. Il alluma un cigarillo et indiqua la porte à Hoyt. L'autre se déplaça, passa à côté de Benjamin, et l'ouvrit. Vaas laissa la fumer s'échapper de ses narines, et d'un sourire carnassier, il fixa Hoyt.

-Prépare le comme il faut. Je m'en occupe dès que j'ai terminé ici.

Sous-entendu, il y en avait un qui allait passer un moment intense, pur, dérangé. Il écouta Ben parler , fixa ses béquilles, et rit à sa dernière remarque. Il y avait un truc qu'il avait toujours bien aimé chez le Mulciber, c'était sa façon de prendre en dérision toutes les merdes qui lui tombaient sur la tronche. Vaas prit une gorgée de tequila, et continua de fumer son cigarillo tout en commençant à répondre à son ancien frère d'arme, puis ennemi, puis ami de beuverie.

-Après Iekaterinmachin … Putain, ça remonte. Je me suis cassé en Serbie, un gars avait besoin de mon groupe pour, 'fin tu sais, lancer des attentats un peu partout en Bosnie. C'était la merde là-bas, mais bordel qu'est-ce que ça payait bien. Des sacrés salauds ces yougoslaves hein ? Toujours à l'afus pour te mettre un PUTAIN de couteau dans le dos! Son regard était devenu aussi noir que la nuit, un instant la rage avait pris le dessus. Puis il se replaça au fond de son siège, et un sourire apparu, de nouveau. Haha ! Mais après avoir arraché les couilles à leur premier ministre, ils ont commencé à être dociles les connards.

Eric, l'un des hommes de Vaas qui était le plus souvent chargé des transports de drogues, de marchandises et tout ce qui constituait un second commerce pour le groupe, fit apporter deux caisses pour le type en costard, et Ben. Les choses sérieuses commençaient enfin. Il ne connaissait pas ce fameux Thomas Jugson. Vrai qu'il faisait bien sur lui, beau-gosse, Vaas n'aurait su dire, il préférait une belle paire de nichons, à des boules de pétanques bien pendantes. Quoiqu'il en soit, pour que Mulciber traîne, et visiblement, bosse avec un type comme lui, c'est que Jugson avait une certaine importance. La Vague, inconnue au bataillon. C'était pas comme si le mercenaire s'était intéressé à la situation politique de l'Intendance. Tout ce qui lui importait c'était d'amener un peu de bordel dans le tas, et d'être payé. L'équation était aussi simple que cela, et jusqu'à présent, ça semblait bien parti pour être rentable. Il retiendrait ce nom. Jugson. Il se foutait royal de savoir si il avait de l'importance ou non. Le fait était que cet aristo semblait être à la tête d'un mouvement, probablement résistant si Ben était dedans, et qu'il fallait toujours garder en tête les dirigeants de ce style là.

L'autre commença enfin à décrocher un mot. Vaas adressa un regard à Jason, tandis que Hoyt revenait dans la pièce et se replaçait contre le mur, derrière son chef. La voix de Jugson laissa un blanc dans la pièce. Les lieutenants n'avaient pas le droit à la parole, seul Vaas répondait aux clients, et la question décrocha un sourire au personnage. Il fixa un instant ses pieds, les laissa redescendre à terre, et s'approcha de son office en reprenant une bouffée de cigarillo. En s'avançant ainsi, sa cicatrice qui lui ornait le crâne du côté gauche apparue bien plus distinctement. Trace d'une lutte acharnée pour la bestialité, elle était un trait de sa personnalité autant qu'un détail de son faciès déjà bien détraqué.

-Ce que je sais de son cousin?

Il éclata de rire. Son sourire était tout sauf froid. Au contraire, il était très expressif, très vivant. On ressentait vraiment sa passion pour la vie, car ainsi était-il. Il aimait la vie, même si l'argent était à ses yeux bien plus précieux. Il donnait la mort à ceux qui, à ses yeux, ne l'aimait pas. Et puis, grandement, parce que ça l'amusait. Vaas ne cherchait pas les excuses, il n'en avait pas, ses actes étaient opérés avec passion car ils étaient faits sous l'impulsion. Il ne cherchait pas à se justifier, c'était impossible, il aimait juste être le mal le plus important qu'est connu ce monde là, et c'était tout ce qui importait.

-Je sais que vous êtes venu avec une mallette pleine de pognon pour que je m'occupe de son cas. Et, ça l'aristo, ça me suffit.

Il se replongea au fond de son siège. Jason avait affiché un sourire en coin satisfait. Le groupe ne se prenait pas la tête à savoir pourquoi tel employeur voulait la peau de telle bestiole, le seul détail qu'ils tenaient à voir régler était la note.

-Alors, putain, vous me dites ce que vous attendez de moi, et je vous annoncerai l'addition. Mais elle risque d'être salée.

S'attaquer à un Ministre n'était pas forcément difficile pour Vaas, moralement du moins. Ce qui était plus rude c'était les moyens qu'il allait mettre en œuvre, et évidemment, le coup d'une évasion si jamais il en avait besoin. Vaas prévoyait tout avant s'élancer dans un contrat, et l'évasion de prison était une solution qu'il connaissait plutôt bien.

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Benjamin Mulciber


MessageSujet: Re: It's a cold world [Jugson & Limonkov] Dim 8 Sep - 16:16

On pouvait définir Benjamin Mulciber de toutes les manières qui soient. Résistant. Traître. Minable. Perdant magnifique. Affranchi. Lui il se définissait de manière très simple comme ce qu'il était : un Mulciber. Fier de son nom malgré tout ce qu'il lui causait comme emmerdes, il l'était indubitablement. Et si on lui disait qu'il faisait honte à son nom, il répondait, avec raison, non. La philosophie Mulciber, elle n'était pas puriste, elle était humaine, elle s'appliquait à peu près tout dans la vie, et elle disait : ne m'emmerdez pas, et je ne vous emmerderais pas. Par contre, essayez seulement de me toucher, et vous le paierez jusqu'à la fin de votre vie. Rancunier ? Par envers tout le monde, en fait. Benjamin n'en voulait pas à Vaas, même s'il l'avait affronté une ou deux fois. Le mercenaire ne se cachait pas du fait que si quelqu'un lui proposait assez d'argent pour le buter, il s'en prendrait à Limonkov sans aucun scrupule. Non, ce que Benjamin détestait, c'était ceux qui faisaient de belles promesses. Les menteurs. Les traîtres. Ce n'était pas lui qui avait trahi, mais bien le purisme qui l'avait laissé tomber. Quoi ? Vous ne me croyez pas ? Pourtant c'est vrai. Regardez les. Ils l'accusaient tous de tous les maux, mais bon dieu, lui restait fidèle au purisme, et pourtant, on l'avait laissé à moitié mort, là, dans la neige. Personne n'était venu le chercher. Et pourtant, il n'avait pas démérité. Je n'avais pas le choix. Alors, j’ai fait un truc qui me serre le cœur chaque fois que j’y repense. Un truc qui me poursuit jusque dans mes rêves. Un truc que je ne parviens pas à croire que j’aie pu faire et que je regrette encore aujourd’hui. Mais je n’avais pas le choix. J’étais si jeune, et j’avais tellement peur. Je ne savais pas comment réagir autrement. Il ne parlait de ça à personne. Ben n'était pas un homme causant, c'était un type solitaire. Son sourire, cynique en diable, lui tenait depuis si longtemps lieu de rire qu'il en avait oublié ce que ça faisait d'être heureux. Natasha comprenait ce qu'il vivait, oui mais voilà, elle était morte.

Il ne lui restait plus rien, et ce rien, il le devait au purisme. Et il les ferait payer pour ça. Ce n'était pas une question d'idéologie, de principes. Qu'est-ce qu'on s'en foutait de savoir de quel sang était le type d'en face ? Ce qui comptait, c'était de savoir ce qu'il vous avait fait, s'il méritait de crever ou non. La seule idéologie de Ben Mulciber était celle de la vengeance. Aurait-il voulu cela ? Non. Il n'aspirait pas à cela plus aujourd'hui qu'hier, mais c'était tout ce qu'il avait, tout ce qu'il lui restait, tout ce qu'on lui laissait. Vous m'avez abandonné. Vous m'avez pris tout ce que j'aime. Je suis en faute en continuant ainsi ? Fallait-il que je me laisse faire ? On lui avait appris à ne pas prendre de coup, et s'il en prenait, à les rendre. Benjamin Mulciber ne faisait qu'appliquer les leçons d'hommes qui étaient aujourd'hui ses ennemis mais qu'il remerciait tout de même de lui avoir donné des armes pour les détruire.

Il était seul, maintenant. Ami avec Tom, ami avec Vaas, sans doute, mais personne ne le comprenait plus, et il ne cherchait plus à comprendre personne. Tout le monde peut se retourner contre toi, lui avait dit un jour John. Le reste il ne l'avait pas retenu – contrairement à son cousin Ben ne croyait pas qu'on devait fatalement être écrasé ou écraser ceux qu'on aimait. Mais le fait qu'il était seul contre le monde, ça oui, il y croyait. Seul contre un monde qui voulait le détruire.  En conséquence, pour survivre, pour se venger de ce monde qui avait déjà plus ou moins réussi à l'atteindre, il n'avait pas le choix. Il fallait utiliser toutes les cartes qu'il avait en main.

Et là, il s'agissait de Vaas. Tom ne pouvait pas – en tout cas pas en totalité – comprendre le fait qu'il voulait l'utiliser. Lui ne se bat pas que pour lui. Moi si. Ben se foutait de l'avenir politique de l'intendance, du monde, de tout. Je veux juste qu'ils sachent que je n'oublie pas. Et que je ne pardonne pas non plus. Evidemment, ça pouvait pousser à faire n'importe quoi, y compris conclure des contrats avec des mercenaires, ce que Tom ne savait pas exactement faire. Ben sourit et leva sa main droite pour arrêter la conversation, celle à qui il manquait l'annulaire et le petit doigt.

«Ca ne suffira pas si tu dois l'affronter, et en plus c'est faux...tu as croisé John en Russie. Celui qui demandait de faire les opérations de sabotages, c'était lui. Le démoniste puriste, c'était lui. »

John ne se souvenait sans doute pas d'avoir affronté Ben, il ne connaissait que Lmonkov, le terroriste qui usait et abusait de la démonologie. Mais Ben se souvenait de Mulciber. Et aussi des contrats qu'il avait passé avec Vaas, contrats qui avaient salement emmerdé Benjamin, mais qu'importait. Il tira sur sa cigarette et continua :

« Que tu le butes. Enfin que t'essaies. M'en chargerais bien moi même mais j'ai un compte à régler avec un autre avant. » A savoir Witcher. Mais ça, le mercenaire n'avait pas besoin de le savoir. Et de toute façon ça risquait de ne pas venir tout de suite vu l'état de Limonkov. « Ca fait quoi ? Trois fois, que Tom le défonce, mais tu le connais, on n'arrête pas John Mulciber si facilement...Je connais les prix. Réussis et on te paye le double de d'habitude. Et si tu perds – ce que je ne souhaite pas – on est pas des chiens, on paiera le prix habituel. »

Disons qu'il faudrait le tuer pour qu'il ne se relève pas. Mais sans sous-estimer Vaas, même pour lui, ça allait être chaud. Très chaud.
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Tom Jugson


MessageSujet: Re: It's a cold world [Jugson & Limonkov] Dim 8 Sep - 17:33


No pain, no gain. A nul sacrifice nulle victoire. Oui, mais voilà, le principe dérangeait fortement Tom Jugson. Non pas qu'il s'intéressa au fait d'avoir ou non bonne conscience. Ou d'être vu comme un héros, ce n'était pas le cas de toute façon. Non, ce qui le dérangeait, c'était juste l'idée. C'était personnel. Tout est juste en amour et dans la guerre, disait Ben, et Tom le suivait jusqu'à un certain point. Ce qui le dérangeait, c'était de s'allier avec quelqu'un qui le claquerait dans les pattes au moment le moins opportun. Jugson croyait fermement que ce qui pouvait être un danger pour eux devait être éliminé, ce qu'il ne se privait pas de faire, même s'il s'agissait d'éventuels alliés. La situation était ce qu'elle était, et il ne pouvait pas se permettre de pactiser avec le diable. Si encore ça n'engageait que lui, peut-être, mais le problème, c'est que ce n'était pas le cas. C'était plus facile pour Benjamin, lui ne possédait plus rien et pouvait donc égoistement se permettre de lutter sans rien avoir à perdre. Pour Tom...non, c'était autre chose. Cette voie de garage de trahison qu'il avait emprunté était moins une solution de secours qu'une solution de rédemption. Ca faisait sans doute prétentieux et peut-être que ces deux là avaient raison de se moquer de lui, mais le renégat s'en cognait éperdument.  Ce n'était pas un moyen de survie pour Jugson. Au départ, c'est ce que c'était, mais la transformation effectuée donnait quelque chose d'autre, que Tom maîtrisait bien. Rebondir, il savait le faire depuis toujours. La simple survie, c'était trahir, se planquer, disparaître, et il aurait pu le faire. C'était bien plus facile, et s'il n'avait eu qu'un brillant cerveau, s'il n'avait été qu'un connard comme la majorité des gens croyaient qu'il était, et comme Tom lui même se considérait, c'est ce qu'il aurait fait. Rebâtir un empire au Chili ou en Russie, Jugson pouvait le tenter – pourtant il restait là, en Angleterre. Et il se battait. Pourquoi ?

Bon dieu, mais de manière très simple parce qu'il ne pouvait pas penser qu'à lui. L'intérêt personnel, ça allait bien cinq minutes, mais un jour, ses gosses seraient assez grands pour demander à Tom pourquoi ils vivaient en paria. Et il ne voulait pas voir seulement un regard de reproche ou de dégout, un regard qui disait qu'il n'avait rien fait. Il voyait aussi des gens mourir tous les jours, des gens bien moins puissants magiquement parlant que lui, bien plus ordinaires, des gens qui n'étaient ni sang pur ni convaincus, ni très doués en politique, et ces gens là le voyaient comme leur chef, ils croyaient en lui. Ces gens se battaient, sans jamais se plaindre. La première fois, il n'avait pas compris pourquoi, et on lui avait répondu : « parce qu'il le faut. ». Dans cette phrase il y avait plus d'honneur que dans tous les discours puristes. Et lorsque Tom l'avait compris, finalement, si on lui demandait, il ne répondait pas par vengeance, même si c'était en partie vrai. Ca allait au delà de ça. C'est parce qu'il n'y avait pas que lui. Qu'ils étaient nombreux. Et qu'il en était le chef. Il ne pouvait pas abandonner des gens qui avaient confiance en lui.

Ben ne comprendrait jamais ça, pas plus que Vaas. Non pas qu'ils soient incapables de faire preuve d'esprit de corps, mais parce qu'ils agissaient pour eux, que ce soit pour le fric ou la vengeance. Pas Tom. Lui agissait pour qu'un jour demain soit un peu mieux, ou à défaut pour éliminer le plus de salopards possibles, parce que bordel, même si ça semblait devenu normal, même si ça faisait bisounours, ou taré, de le dire, ils tuaient des gens. Voilà pourquoi lui agissait. Voilà pourquoi il était prêt à tuer ou à torturer.

Qui comprendrait ça ? Pas eux. Mais Tom ne demandait pas à un type comme Ben de comprendre, encore moins au mercenaire qu'était Vaas. On pouvait reprocher à Jugson d'être méprisant, de croire tout savoir mieux que tout le monde, et par moment c'était plus que vrai. Il pouvait être un connard imbu de lui même. Mais dans le fond, dans ce monde de cynique, il était peut-être l'un des derniers à encore parler sincèrement.

Craignait-il les gens cyniques ? Non. Tom était fort en gueule. Et il pouvait rivaliser avec n'importe qui, ou presque, sans rougir, dans un combat. Il ne craignait pas plus Ben que Vaas. Mais s'il appréciait le Mulciber, ce n'était pas le cas du mercenaire et dans tous les cas il se méfiait des deux. Ben n'était pas un mec qu'on pouvait contrôler facilement. Et le fric n'apportait jamais la loyauté.

En ce qui concernait Mulciber, c'était autre chose. Le tuer serait pas mal. Lui faire peur, même si ça serait difficile, ça irait aussi.

« Le faire taire pendant un bout de temps, qu'il ferme sa gueule et arrête de croire qu'il peut vaincre tout le monde suffira dans tous les cas. John Mulciber est un gosse capricieux qui mérite au moins une bonne correction, comme disent les maitres d'écoles. Le prix sera le même, que vous le tuiez ou non. Simplement ce sera règlement en deux fois, à vous de définir le lieu et le jour après exécution du contrat, selon sa réussite ou non... » On sentait le juriste dans la voix de Jugson, mais également le mec qui ne s'en laisse pas compter. « La moitié du fric maintenant, l'autre moitié après. Avec la différence correspondant au double du prix si vous arrivez à le tuer. »

Il ne céderait pas là dessus. Après tout, business is business, et dans les affaires, le client était roi.
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Vaas Lonero


MessageSujet: Re: It's a cold world [Jugson & Limonkov] Dim 15 Sep - 18:39

Certaines causes méritaient tous les sacrifices. Certaines causes avaient cet élan réformateur qui leur donnait, étrangement, une certaine légitimité. Que l'on veuille faire prospérer un pays, ou simplement accomplir une vengeance personnelle, il était possible de se donner toutes les justifications possibles et inimaginables afin de rendre nos actions plus implacables, moralement parlant, aux yeux du monde. Mais toutes les causes étaient affreuses. La laideur de chaque concept criait aux oreilles de Vaas comme un monstre à un enfant. A la seule et unique différence que Vaas n'en avait pas peur. Il n'avait pas peur du monde, c'était l'inverse. Ainsi, il le percevait à sa juste valeur, et avec perspicacité. Le monde était laid. Proprement repoussant lorsque l'on savait enfin analyser ce qui le faisait tourner. C'était laid à en vomir, mais rien ne semblait atteindre le mercenaire. Pas même cette réalité qu'il n'essayait même pas de masquer. Tous se battaient corps et âme pour pallier l'absolu pêché que de voir l’œuvre du Dieu créateur comme tableau d'atrocités, mais lui, infidèle qu'il était, en avait même compris les rouages, et il errait sur ce champ là. Vaas faisait partie de cette très petit minorité qui ne réfléchissait pas, ni ne pensait. Était-il possible de le comprendre réellement ? Lui n'avait aucune idéologie, aucune raison d'agir. A la différence de ces grands illusionnistes, il n'agissait pas en nom de quelconque action. Il agissait parce qu'il en avait envie, rien de plus, rien de moins. C'était aussi banal, enfantin, franc que cela. Il n'avait pas besoin de justifications, se justifier devenait un acte délibéré afin de cacher la vérité, car personne n'agit que pour son idéologie. Tout le monde agissait par envie, par pur plaisir. Que l'on tue quelqu'un, ou qu'on l'embrasse, qu'on l'insulte, ou qu'on l'ignore, tout ceci entrait aussi dans le cadre de l'envie primitive. Vaas avait choisi, depuis toujours, d'agir primitivement, ce qui en faisait un être proprement immonde, à l'image du monde qu'il comprenait, et la très grande majorité de la population avait choisie de développer l'autre aspect, un aspect plus civilisé, plus raisonnable. Ce qui ne pouvait pas convenir à un être de sang comme le mercenaire.

Benjamin Mulciber était un gars, autrefois, droit, et ancré dans la logique du pêché. Il avait changé, c'était indéniable. Vaas le voyait presque comme un être ressuscité, revenu à la raison, percevant le monde d'un œil nouveau. Il lui manquait encore beaucoup avant de le voir réellement tel qu'il était, mais Ben voyait déjà plus l'atrocité de cette création divine. Et si Dieu était laid ? Mais Limonkov était toujours porté par des principes, stupides au passage, qui l'empêchaient littéralement d'y voir clairement. La vengeance et tout ce tas de conneries, Vaas n'y croyait pas. En fait, ce n'était même plus une question de savoir si il y croyait, ou non, c'était simplement un fait, ça ne l'intéressait pas, il n'y réfléchissait pas. Vaas ne perdait pas de temps, il vivait. Les questions ne se posaient pas à lui car il ne leur laissait pas le temps de s'installer. C'était aussi ce qui faisait de lui un être d'exception, cette impulsivité qui était tantôt tranchante, tantôt veloutée, il était exceptionnel et pourtant il fallait l'abattre.

Le problème des clients c'était leur naïveté. Plus le temps passait, plus cela interpellait Vaas. Même des types comme Benjamin continuaient d'ignorer les principes propres au milieu du mercenariat. Ce n'était pas faute de leur tendre la perche. Vaas n'avait pas besoin de raisons, il n'avait pas besoin de justifications. Le mercenaire devait être considéré comme un outil, mais un outil si difficile à manier que l'on préférait le laisser agir à sa sauce. On ne dirige pas un mercenaire, on agite l'argent devant sa trogne pour qu'il s'exécute, mais la décision revient à lui seul si il a envie de servir tel ou tel berger. Vaas servait ceux qui avaient l'argent, mais le prendre de haut parce qu'on en avait était une erreur fatale à ne pas commettre. C'était voir partir le meilleur mercenaire du moment sous son nez. Il continua de tirer sur son cigarillo tout en observant Limonkov. Son sourire ne disparaissait pas, sa folie non plus.

-Hum. Et ? J'm'en branle de ça.

Qu'il ait connu John Mulciber ou pas, Vaas ne faisait aucune distinction. On le payait pour frapper, pour tuer, pas pour se rappeler. Maintenant que Ben l'évoquait, oui, ça revenait au mercenaire. John Mulciber. Il l'avait rencontré quelques mois après le fameux Eris Valverde avec qui il était toujours en lien. D'ailleurs il n'avait même pas utilisé cette relation pour pénétrer en Angleterre. Remarque que c'était un test pour Hoyt. Ceci expliquant cela, Vaas se rappelait donc de l'oncle de Ben. Ouais. Un type sans grand intérêt. Amusant, distrayant, légèrement atteint psychologiquement, et alcoolique. C'était tout ce qu'il avait en tête. Le type était aussi allumé que bien des autres car barré dans son idéologie d'absolue pureté. Il combattait, à l'époque, comme Valverde, pour le Seigneur des Ténèbres. Vaas ne l'avait jamais rencontré ce grand monsieur, mais on lui en parlait, on lui en parlait, il allait bien falloir qu'il le rencontre un jour. Au moins pour un verre, une clope, ou autour d'une pute. C'était des choses qui rapprochaient.

-On bute pas un gars en connaissant sa biographie. On bute un gars parce qu'on a la putain d'occasion pour le faire. M'apprends pas mon job.

C'était suffisamment clair. Client, mercenaire, la frontière était posée. Il appréciait Ben, vraiment, c'était un type qu'il affectionnait, mais on n'entrait pas dans la basse-cour de Vaas en prétextant mieux connaître les rouages de son propre système. Et puis, l'autre là, Jugson, Vaas ne le sentait pas. Le gars semblait impétueux, se croyant meilleur que tout le monde, c'était ridicule. Il devait surtout avoir les jetons de se faire détroncher ici-bas, à Bristol, dans cette bâtisse désaffectée. Voilà à quoi ils s'en remettaient, ces grands hommes des valeurs et des justifications, à venir risquer leurs propres vies, simplement pour faire appel à une créature du diable. Et si Dieu était Diable ?

Le prix habituel ? Vaas éclata de rire en frappant sur la table. Jason ne pu s'empêcher d'esquisser un sourire amusé, et Hoyt eut un sourire en coin qui faisait écho aux deux autres. L'idée était belle, mais encore une fois, ils ne connaissaient rien au mercenariat. Le prix n'était jamais le même, sauf pour des trucs insignifiants comme un braquage. Ça, Vaas n'en voulait pas spécialement, alors il ne faisait pas chier sur le prix. Mais ce qui était demandé là, c'était bien plus intense et intéressant. Ça demandait des prises de risques, et ça demandait surtout un prix plus exorbitant lorsque la cible n'était nul autre qu'un Ministre de la Magie.

-Putain les gars... putain ! Oh ! On se réveille bande de tocards ! Vous avez pas pu croire que je vous ferai payer un prix aussi dérisoire pour un Ministre quand même ? ERIC ! Apporte moi une bouteille.

Il écrasa son cigarillo sur le bureau qui était déjà en sale état, et se leva. Il glissa ses mains dans ses poches, son pistolet toujours présent dans son dos, prêt à être dégainer. La crosse sortait suffisamment pour être visible par tous. Il se posa à la fenêtre réduite en plusieurs éclats de verre, et observa la mer froide s'étendant devant la plage dégueulasse où était installé la bâtisse.

-C'est le double du prix habituel de base. Et vous ajouterez la différence avec le double de ce prix, si je le tue. Après, vos histoires de séparation du cash, pas mon problème, j'm'en branle, vous reviendrez ici quand je vous le dirai.

Eric pénétra de nouveau dans le bureau et déposa une nouvelle bouteille pleine sur le bureau. Vaas le regarda quitter la pièce puis reprit le fil de la discussion.

-2 700 000 de votre argent russe maintenant, la même somme après, ce qui fera à peu près le prix pour une cible de ce calibre.

Il se retourna et observa les deux clients. Le client est roi, peut-être, mais pas chez Vaas. Ce n'était pas les contrats qui manquaient. En Angleterre c'était calme, notamment parce que le régime ne permettait pas des écarts, mais en dehors c'était une queue immense qui demandait les services de Vaas. Le prix était ce qu'il était, et seul Vaas pouvait l'exiger.

-Si tout est clair, je crois que vous pouvez retourner à vos occupations sans vous retourner.

La décision leur revenait maintenant.

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Tom Jugson


MessageSujet: Re: It's a cold world [Jugson & Limonkov] Jeu 19 Sep - 16:37

C'était un drôle de mélange, Tom Jugson. Un mélange de cynisme et de croyant, un mélange de bonté et d'impureté, quelqu'un de compliqué à définir. Profondément marqué par des idéologies qui n'étaient pas les siennes mais qu'on lui avait enseigné, il n'était pas impossible que sur certains points il ressemble et comprenne, plutôt bien, d'ailleurs, ceux qu'il avaient en face. Il parlait souvent de la fatalité du destin mais n'y croyait qu'à moitié. Ou plutot selon les circonstances. Ca dépendait. On ne pouvait pas dire, c'est le destin, Dieu l'a voulu ! Et puis s'en retourner sans rien dire, et mener sa petite vie. On ne pouvait pas faire ça. Pourquoi ? Oh, pour deux ou trois raisons toutes simples. Très simples. Trop simples mêmes. Certains cherchaient absolument à avoir Dieu dans leur camp, à se trouver une justification parce qu'ils cherchaient à prouver qu'ils étaient les élus, qu'ils avaient raison. Pour avoir un but. Pour ne pas juste être fous, parce que ça ne plaisait à personne de reconnaître qu'on tuait pour le plaisir de tuer – pas même à Tom, qui se connaissait bien, et qui savait pourtant qu'au paroxysme de la colère, il faisait ça juste pour s'amuser, sans rien controler. Il y en avait qui se disaient que Dieu était laid et qu'ils n'avaient pas besoin de s'en préoccuper. Tout le monde cherchait des réponses, personne n'en trouvait. Tout le monde vivait dans l'inquiétude, et se demandait s'il ne se plantait pas. Et si Dieu était laid ? Et si Dieu était bien le dieu du Carnage ?

Et si Dieu n'existait pas ?

C'était ça, la vérité selon Jugson. Le concept de divinité ne trouvait aucun sens à ses yeux. Les hommes réfléchissaient. Pour eux, et pour les autres. Dire que tout le monde avait le pouvoir était faux. Dire qu'on pouvait briser les barrières était faux. On ne pouvait pas le faire, c'était la fatalité du destin. Les hommes n'avaient pas besoin de dieu, ils étaient seuls. Personne pour les obliger à quoi que ce soit, ils s'obligeaient très bien tous seuls. Ou plutot certains en obligeaient d'autres. Certains réussissait à avoir un peu, un tout petit peu, juste un rien de marge de manœuvre en plus. Et ce rien si dérisoire permettait parfois de contrôler les autres. Ou de s'affranchir du joug des autres. Une chose était sure, on ne faisait rien – très peu, si peu – de choses par envie. On savait ce qu'on voulait, Tom lui même le savait, mais il devait composer avec les autres. Parce que tout le monde cherchait quelque chose.

Vaas devait se croire libre, mais il ne l'était pas. Il pouvait refuser tel ou tel contrat, n'empêche qu'il dépendait de cette humanité qu'il méprisait, cette humanité qui n'avait pas le choix, qui pensait qu'elle n'avait pas le choix, qui valait à peine mieux qu'une bande de hyènes enragées. Libre ? Mais personne ne l'était. On était toujours rattaché à quelque chose : l'argent n'était au final qu'une idéologie comme une autre. Le tout arracha un sourire à Jugson, mais il ne dit rien. Il n'avait pas besoin de dire quoi que ce soit. Il suffisait à certains de se croire libres sans l'être pour être heureux. Lui ne l'était pas. Pourquoi ? Tout simplement parce que comme tout le monde il devait être loyal envers lui même. Tout simplement parce qu'il n'avait pas le choix. Si Jugson ne tuait pas ses ennemis, ils le tueraient. Il aurait aimé faire autre chose, arrêter tout ça, mais le faire tenait du  suicide et puis...ce n'était pas juste. Il possédait, en tant que sorcier et en tant que chef,  de réussir, plus que les autres, et ça il l'avait choisi.

Le monde n'était pas blanc, pas noir. Ce n'était pas une question d'envie ou de fatalité du destin, mais des deux. Il y avait réellement des deux dans ce fichu monde, et voilà pourquoi il était si compliqué de si retrouver, de comprendre. Mais face à l'arbitraire, face à la fatalité du destin, dont Tom se servait allégrement, comme ici, on ne pouvait répliquer qu'en faisant un choix.

En gros, quand on vous disait d'aller mourir et que cela paraissait votre seul choix, parce que l'autre choix dire non et vivre une vie infernale, est possible, mais lourd de conséquence, vous prenez tout de même la deuxième option. Pourquoi ? Tout simplement pour le plaisir de dire non et d'envoyer se faire foutre un monde qui ne cesse de vouloir vous écraser. La vie est simple, quand on a pas le choix. On se fait cogner dessus par un baton alors qu'on nage dans un lac. On n'arrive pas à nager parce qu'on les jambes brisées. Quel est le premier réflexe ? Saisir le baton, s'y raccrocher pour ne pas se noyer. On ne songe pas que si on se laisse dériver on pourrait retrouver la berge. Pourquoi ? Parce que c'est plus facile d'avoir des œillères. Pour qu'elles sautent, il faut être sur le point de crever. C'est tout. C'est que Jugson avait vécu. Tom se foutait pas mal de Vaas, de ces prétendus conditions. Il lui adressa un simple sourire et se contenta de dire d'un ton aimable en posant la malle sur la table, avec la plus grande liberalité qui soit :

« 3 millions maintenant, 3 millions après. Ca me donnera au moins l'assurance de ne jamais vous revoir mis à part pour vous balancer un sort dans la gueule, mon vieux, ce qui finira fatalement par arriver. »

Ce que Tom ne regretterait pas. Il n'y avait rien à sauver chez le mercenaire. Et sans attendre la réponse de Vaas, car en fait il se foutait de son opinion, il s'en alla. Dans la vie, Tom croyait simplement qu'on ne faisait pas ce qu'on voulait ou ce qu'on ne voulait pas. On ne pouvait pas dire qu'on n'avait aucun contrôle sur sa vie, c'était aussi faux que de dire qu'on faisait tout ce qu'on voulait. La vie, ce n'était pas je fais ce que je veux, c'était toujours je fais ce que je peux. Il y avait de tout, de la fatalité, du destin, du hasard, et puis des choix...Choix imposé, choix arbitraire, choix fait avant qu'on n'aie eu voix au chapitre... Mais aussi, la dernière catégorie, plus dangereuse encore pour celui qui choisit, le choix qu'on fait soit même.

Vaas ne choisissait pas. Ben ne choisissait pas. Pas plus qu'en face ils ne choississaient. L'argent, le purisme, la vengeance, la liberté...en fait, chacun décidait de sa propre volonté, mais par obligation. Comme si au commencement, quelqu'un avait défini le choix par avance, le motif qui ferait que Dieu n'intervenait pas, n'avait pas besoin d'intervenir, parce que les hommes pouvaient très bien s'obliger tous seuls.

Tom laissa Ben se débrouiller tout seul et regagna Glasgow. Il marcha un peu le long des docks et se demanda si lui avait choisi ou s'il se contentait de s'obliger lui même à être loyal envers des gens qui vivaient la même chose que lui. Au final, il conclut qu'il était libre. Car si Ben tuait pour se venger, si Vaas tuait par plaisir, celui qui désignait et choisissait les cibles, c'était bien lui.

[HRP : Jo fait savoir qu'il ne compte pas conclure, vu qu'il considère que ma rep sert très bien de conclusion ^^ Merci pour ce rp, Rob Smile]
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It's a cold world [Jugson & Limonkov]

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