POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Voie de garage || PV Ariana

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Wayland Witcher


MessageSujet: Re: Voie de garage || PV Ariana Dim 20 Oct - 14:56

Cette fille était une bombe à retardement qui aurait fait exploser n'importe qui. Wayland en était persuadé, maintenant, mais ne pouvait pas nier que ça lui plaisait, dans le fond. Les gens qui lui ressemblaient étaient trop étranges pour ne pas susciter chez lui un certain désespoir, une certaine idée que s'il finissait sa vie avec eux il deviendrait comme eux alors que tout ce qu'il voulait, c'était prendre la route. Combien de fois avait-il était tenté par les seringues d'Anais ? L'héro exerçait un attrait fou. Un attrait auquel il avait su résister et il en était particulièrement fier. Qu'on ne le comprenne pas ne lui semblait pas une mauvaise chose. Au contraire, ça prouvait une certaine normalité. Non pas que Wayland se considéra comme anormal, il se voyait comme à part. En revanche, la majorité des gens qui pensaient comme lui étaient des cas, et ça, il en avait bien conscience. Aussi avait-il finalement appris à se méfier des gens qu'il fréquentait. Ca faisait mal de les aimer et Wayland détestait avoir mal. Il voulait être tranquille, vivre une parfaite tranquillité, aisée et riche, avec du pouvoir et des gens qui le vénéreraient en l'appelant son excellence, puis qu'on se souvienne de son nom, pas que du fait qu'il était un Witcher. Manque de chance, les gens « normaux » semblaient aussi décidé à le classer dans la case des « cas », ce qu'il ne supportait pas, pas plus qu'il ne supportait la pitié. Avec Ariana Bedan, le problème ne se posait pas puisqu'elle ne semblait pas connaître la pitié, et aussi parce que dans le fond, elle ne le connaissait pas. Elle n'avait aucun a priori, ce qui convenait très bien à Wayland. Ca lui allait parfaitement de parler comme ça, avec franchise. D'être avec cette fille qu'on ne pouvait que aimer et détester. Pas ou. Et. Elle ne faisait rien pour se rendre agréable, ce qui donnait aussi bien envie de la baffer pour la remettre à sa place et de lui dire qu'elle n'était qu'une gamine ignorante n'ayant rien vu que son petit monde facile et tranquille que de l'embrasser pour cette franchise et cette impitoyable manière d'être, sans concession aucune, d'être elle même, de ne pas mentir.

Ca faisait une éternité que Wayland cherchait ça, aussi était-il plutôt indulgent, sans parler d'être sous le charme, qui n'avait rien de charmant et que toute personne extérieur aurait pris pour un désir de souffrir à la limite de la pathologie psychiatrique. Mais pas lui. Il s'amusa un peu, disant d'un air presque joyeux :

« Je sais bien. Le contraire serait pas très sain. Y a que les junkies et les fous qui pigent, en général, je veux dire. Eux, ça leur parle. Pour le reste du monde, bah...je crois que je resterais éternellement le type qui se met à chanter quand la musique s'arrête. »

Une pause. Ca ne sonnait pas franchement comme un reproche, voire même pas du tout.  Wayland savait parfaitement que personne ne comprenait ce que valait la route. C'était un moyen de fuir, un moyen d'exister, un moyen d'échapper à un poids terrible, celui de savoir qu'il était et qu'il devrait être, un moyen de modifier le destin qu'on lui traçait. Tout était un moyen de modifier ce destin, après tout. C'était un mode d'existence assez curieux. Il serait éternellement à contre-courant dans la manière de vivre, pas dans la manière de croire. Croire, penser, même si pour Wayland ce n'était pas la même chose, était un autre domaine qu'être. On pouvait vivre sa vie en croyant au purisme tout en étant comme lui, il en était persuadé. Il restait un drôle de personnage. Indubitable fruit de l'éducation de ses parents, d'ailleurs. On lui avait appris qu'il était un Witcher et qu'il valait mieux que le reste du monde. Comme on lui avait appris ça, Wayland s'était décidé à être plus et à pouvoir dire je. Et comme il disait je, il existait autrement que comme un Witcher. Parce qu'il faisait partie de cette famille, il était plus qu'un membre de cette famille. Paradoxal mais vrai.

Le bluff venait des Witcher. L'idée de se fondre dans la masse et d'appartenir à la famille, le fait que le nom existait d'abord, aussi, mais Wayland le vivait depuis toujours comme une souffrance et c'est pour cela qu'il essayait de se démarquer désespérement. C'était comme un appel d'air. Le reste d'une souffrance mal contrôlée, d'une blessure mal cicatrisée, celle d'un ego qui se satisfaisait mal que de n'être qu'un Witcher parmi d'autre, de ne pas hériter du vrai prestige, celui de Mike, de ne rien être par lui même. Il ne voulait rien devoir à personne et voulait pouvoir mourir en se disant qu'il avait vécu en étant lui même, pour lui même et par lui même. Ce qui l'amena à poursuivre d'un ton plus mélancolique :

« Tu sais...Il y a beaucoup de souffrance dans ce monde, et il y a en quantité égale, beaucoup d'enfance. En fait, ce n'est qu'une seule chose. L'esprit d'enfance est insupportable au monde. L'enfance est ce que le monde abandonne pour continuer d'être monde. On se blinde. On bluff. On dit qu'on ne souffre pas, mais ce qu'on abandonne ne meurt pas. Ca va, sans plus connaître de repos. On a mal, et pour arrêter d'avoir mal, on triche. Tout va bien. On trouve des palliatif. On se dit qu'on va tout contrôler, ou qu'on va jouer – et la plupart du temps, ça a le même but, le pouvoir – on se dit qu'on va décider par soi même, qu'on va être libre, qu'on va se tirer – ça c'est moi – qu'on va aimer, qu'on va réussir à s'en sortir et que personne ne pourra nous atteindre. Des palliatifs. Je le fais aussi. J'essaye de pas trop y penser, et je le fais tout de même. Si on ne le fait pas, on devient barge. Sur le principe, si on considère qu'à la fin on va tous mourir et que ça n'a donc aucun sens, ce qu'on fait est inutile. Mais au final, parce qu'on le fait, finalement, ça a du sens. On donne du sens à tout ce qu'on fait en le faisant, pas en trouvant un but derrière.»

Il fit une pause, légère. Le ton était celui, sérieux, de celui qui a réfléchit et qui sait ce qu'il dit, et qui ne pense pas à mal en le disant, qui ne cherche pas à convaincre. Il parlait d'une réalité que ceux qui la découvraient trouvaient toujours un peu triste, mais Wayland ne la trouvait pas déprimante plus que ça. Peut-être parce qu'il avait réussi à trouver son équilibre, qu'il prenait ce qu'on lui donnait en se disant avec un ineffable optimisme que ça pouvait être pire.

« Tout le monde joue. Ceux qui disent que non mentent. Tout le monde essaye de trouver un sens à sa vie. On ne peut pas enlever la part du hasard. Beaucoup de gens disent que tout se fait au talent. On sous-estime beaucoup trop la part de la chance, je crois. Certains sont mathématiciens, d'autres sont faits pour dominer le monde. Je sais pas comment on fait pour devenir ça. Si toi tu sais, j'espère que tu réussiras. Moi...moi je suis toujours en partance, à la recherche d'un autre rade, et puis je joue. C'est comme ça.»

Il haussa les épaules, pas l'air franchement affecté par ce qu'il disait. Sa vie lui convenait et ne lui semblait pas pourrie. Pas encore. Wayland marqua une nouvelle pause, un peu méditative, semblant hésiter sur ce qu'il disait. En souriant, il tourna de nouveau la tête vers Ariana, avec cette fois l'air un peu plus joyeux :

« Qui sait ? Te rencontrer toi était peut-être une chance, ou peut-être que ça n'a rien d'important. Mais je préfère croire à la première option. »

C'était dit de manière très sincère, très calme. Ca n'appelait aucune répartie, aucun désaccord ni approbation, et ce qu'elle dirait ne lui ferait pas changer d'avis ensuite.

On pouvait dire que Wayland Witcher était naif. Sur les idées, oui. Plutôt idéaliste. Il croyait à un puriste pur, parfait, sans tâche, croyait qu'il pourrait tout révolutionner et que cela serait facile, parce qu'il était Wayland Witcher et que rien ne pourrait lui résister. C'était faux, la vie était beaucoup moins simple que ça, mais s'il y avait quelque chose sur laquelle Wayland n'était pas naif, c'était bien le fait que le pouvoir était un iceberg. On n'en voyait qu'une partie, le pouvoir de surface, un vrai pouvoir cependant, mais ce pouvoir s'étendait loin et parfois des gens qu'on ne soupçonnait pas en possédait tout de même. Lui le savait. Le Convent c'était ça. Il soupçonnait Ariana de l'ignorer, avec raison. Il ne jugea pas utile de la détromper. Certaines choses devaient s'apprendre seuls. Il continua, souriant :

« Oh, mais c'est pas dominer le monde dont je parle. Personne ne gouverne seul. On peut avoir des pions et connaître des gens...et se faire prendre pour un pion par d'autres. M'est avis que ça t'arrivera, si c'est pas déjà fait. Ce qui te sera pas exclusif, on est tous un pion sur l'échiquier d'un autre, le tout c'est de le savoir. T'auras besoin des autres, comme tout le monde. Personne ne domine le monde seul. Des larbins, c'est toujours très bien. Des gens sur qui compter, des alliances...ça, c'est autre chose. Pour l'instant t'as rencontré personne qui peut te barrer la route. Ca arrive pourtant tôt ou tard. Et affronter ça seul, sans que personne le comprenne, ça marche pas. »

Ca pouvait se discuter. Tout pouvait se discuter. Tout était variable, discutable, redéfinissable, relatif. Wayland le savait, et il admettait aussi qu'elle pourrait opposer un refus. Il sourit à l'évocation du fait de tisser sa toile. Vrai qu'il critiquait beaucoup les politiques. Vrai qu'il ne les aimait pas non plus. Pourtant, même s'ils ne se comprenaient pas, dans le fond, il ne pouvait pas nier qu'il leur ressemblait. Etrange paradoxe du à son éducation, déjà évoquée. Il haussa les épaules, souriant un peu.

« Ca fait partie de moi, tout autant que la route. Ce sont deux moyens d'exister par moi même, deux moyens de ne pas être qu'un Witcher comme un autre, perdu dans un foutu arbre généalogique. »

Il n'ajouta rien, pendant un moment. Puis, alors qu'il n'avait logiquement plus rien à dire et qu'il aurait du se taire, il finit tout de même par dire quelques mots :

« C'est vrai que j'ai pas tant de choses pour moi que ça. Mais je te suivrais au bout du monde s'il le fallait. »

Crétin qu'il était. Ne savait-il pourtant pas qu'elle pouvait refuser, qu'elle pouvait s'en foutre, et que ça ne lui poserait aucun problème de le faire. Ne savait-il pas qu'aucune femme pouvait le sauver, malgré ce qu'il persistait à croire ? Si. Bien sur que si il le savait. Mais Wayland ne pouvait pas se taire, il ne pouvait pas ne pas dire ça, aussi. Si il ne l'avait pas fait, il se le serait reproché à mort. Parce que sans elle, et il ne savait même pas comment il arrivait à cette conclusion stupide qui serait indubitablement source de moqueries, tout serait faux.
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Ariana Bedan


MessageSujet: Re: Voie de garage || PV Ariana Mar 22 Oct - 19:42

Ariana était très peu disposée à l'extravagance. Elle n'y était simplement pas habituée, elle n'était pas faite pour ça, on ne l'y avait pas éduqué ainsi. C'était sûrement un tort, d'ailleurs, qu'on oublie à quel point l'extravagance, le non-respect des codes pouvait être important parfois. Mais elle, en grande petite puriste qu'elle était, elle ne pouvait pas s'imaginer transgresser ces lignes là. Pourtant ce n'était pas un faible caractère – avait-on encore besoin de le prouver ? - et beaucoup auraient été d'accord pour dire qu'elle était prédisposée à faire ce que personne n'attendait d'elle. Mais, non. Elle restait assez prévisible en fin de compte, elle ne cherchait pas à être la cerise sur le gâteau. Elle voulait être la fondation, celle donnant naissance à toute chose. Est-ce que l'on s'attend à une certaine extravagance de la pâte fondatrice du gâteau ? Non, jamais. On veut simplement qu'elle réagisse comme on la prévu, comme la recette le décrit. Ainsi Ariana était incapable de faire autre chose que ce qu'elle, et ceux ayant un minimum de logique politique, avaient décidé. Au fond, c'était peut-être ici qu'elle était originale. Elle ne cherchait pas à être imprévisible, elle ne cherchait pas à être différente des autres – sauf qu'elle l'était de part sa richesse matérielle, et le nom de sa famille – elle cherchait simplement à être celle qu'elle espérait devenir depuis toujours. Une princesse, donc. Ou s'y rattachant. Ce qui la faisait rire, c'était tout ces imbéciles heureux cherchant l'originalité là où il n'y en avait plus. Fini le temps de la rébellion envers les codes de la société. C'était même trop prévu, trop vu, et revu. Dommage pour eux, ils n'avaient même plus le recul nécessaire pour le percevoir. Elle en riait, car elle ne les enviait pas. Elle les riait car ceux-là croyaient la connaître mieux qu'elle n'était capable de se connaître elle-même. Il la jugeait de réactionnaires – vrai – et de fermée d'esprit – vrai aussi – mais surtout, il la pensait manipulée et incapable de se rendre compte du système d'engrenages s'installant autour d'elle. En d'autres termes, il la pensait naïve, idiote, aveugle. Faux. Elle ne percevait pas toutes les manipulations, loin de là, elle restait une gamine de dix-sept ans pas même encore sortie de l'école de sorcellerie. Mais elle en décelait bien plus qu'on aurait pu le croire. Elle était simplement assez intelligente pour savoir lesquelles il ne fallait pas dévoiler, et celles contre quoi il fallait crier gare. Elle n'avait rien dit à Valverde, et Dieu sait qu'il l'avait allègrement manipulée à son aise. Aujourd'hui, ça portait ses fruits. Elle n'était plus manipulée comme une marionnette, elle avait une liberté d'action plus importante. Elle se cantonnait à respecter les dires de l'Inquisiteur qui, en soi, continuait de se servir doucement d'elle. Cette manipulation n'était mauvaise que si l'on était pas au cœur de la machination. Eris bénéficiait d'elle. Elle bénéficiait de lui. Au fond, pour ces deux-là, que l'un soit le manipulateur et l'autre le manipulé, ne changeait rien. C'était une manipulation intelligente, ayant un intérêt réel aux yeux de la verte et argent. Elle montait en flèche, elle s'extirpait de la foule. Et cette foule continuait, naïvement, de l'insulter, car elle était incapable de se soumettre à l'évidence qu'elle était une foule banale, et qu'Ariana était, elle, une exception.

-J'espère que tu chantes juste alors.

Manière de dire qu'il avait intérêt à savoir bien se débrouiller dans un monde où, visiblement, il n'arrivait pas à s'intégrer totalement. Étrange pensée se disait-elle. Même pour un Witcher. Wayland semblait voir les choses avec une espèce de radicalité qui n'aurait scié à personne d'autre que lui-même. Fort caractère, c'était indéniable. Elle n'aurait pas pu lui reprocher sa détermination. Elle détestait les gens sans détermination. Sans ambition.

-J'aime pas trop quand ça sonne faux.

Il parlait bien le type. Même très bien. Mais c'était un discours qui n'avait pas plus de sens aux yeux d'Ariana qu'il n'en aurait eu auprès d'Emma, ou de Laura. Elles étaient des puristes distributionnalistes, des individualistes, réactionnaires, alors quand on leur parlait de hasard, de jeu, d'absence de prévisibilité, ça les rendait folles. Laura était peut-être plus à même de comprendre – quoique – de part son lien avec les Mulciber qui étaient de grands joueurs, et amateurs de boissons alcoolisés. Mais il aurait été foutrement crétin de dire que les Bedan étaient des joueurs. Ils étaient limite des scientifiques. Wiltord ne laissait rien au hasard, ses prévisions économiques fixées avec Jeff, son frère, étaient parfaitement calibrées. Ariana et Emma n'étaient pas non plus adeptes de cette mouvance du « hasard ». Une erreur est une erreur qui a été causé par l'oubli d'un paramètre. Une réussite est, au contraire, la vérification de tous les paramètres, et certainement pas due au hasard. Elle voulait bien admettre que parfois, certaine situations, cocasses, étaient soumises à un peu de chance, mais c'était, aux yeux de la Serpentard si rare, qu'elle n'en tenait pas compte. La chance n'avait eu aucune importance dans son entretien avec Eris Valverde le jour où elle avait manipulé toute l’Élite pour retourner la situation à son avantage sans que personne ne s'en rende compte, même aujourd'hui. On parlait de chance quand une action que l'on avait pas prévue se déroulait merveilleusement bien. Mais si l'on était réduit à croire à la chance à chaque fois que l'on agissait pour une cause quelconque, c'est bien que l'on était assez stupide pour être incapable de préméditer son action. Wayland était peut-être stupide si il était autant convaincu que son passé et son présent et son avenir étaient tous soumis au même facteur superstitieux qu'était la chance. Mais le débat n'intéressait pas vraiment Ariana en fait. Elle s'en fichait plus qu'autre chose. Il avait une conception du monde différente, tant pis, il restait puriste, c'était tout ce qu'il fallait savoir. Elle était très radicale dans ses choix également. Un vrai puriste pouvait bien voir les choses différemment d'elle, ça n'avait aucune importance, tant qu'il croyait à son sang pur, et à sa supériorité naturelle. Ce qui était manifestement le cas.

-Peu de personnes, ici, aurait dit que me rencontrer était une chance. Tu continues d'être original Wayland.

Premier cap passé. Fini « Witcher », c'était « Wayland ». Il était indéniablement intéressant, bien qu'il soit légèrement étrange sous certains aspects. Il y avait quelque chose de drôle entre eux, Ariana était assez féminine pour le sentir, ce petit détail qui faisait une certaine différence entre lui, et les autres garçons de Poudlard. Était-il réellement attirant ? Elle aurait été foutrement incapable de dire si oui, ou non, il l'était. Simplement car elle n'avait jamais été attiré par personne, elle n'avait jamais eu de petit copain, elle avait simplement eu des coups d'un soir, à la manière de Yakovsky – et Dieu sait que des coups, elle en avait eu. Alors aller jusqu'à dire si un garçon était séduisant, attirant, c'était une bien belle étape. En vrai, elle ne s'était jamais vu en couple, c'était barbare comme concept. Se priver du peu de liberté d'action qu'on avait, du peu de liberté de baise qu'on possédait.

Tout ça la saoulait en fait. Elle voulait pas discuter, ça ne l'intéressait pas, à cet instant précis. A bien des moments elle était toute disposée à discuter longuement sur tel ou tel concept, telle ou telle politique, tel ou tel décret, mais là, maintenant, tout de suite, non. Elle voulait autre chose, ça l'embêtait prodigieusement tout ce qu'il disait. C'était un rebelle puriste, un vrai, un dur. Difficile de le nier, on avait compris.

Elle tourna son regard sur lui. Un regard moqueur en fait, un sourire amusé en coin. Jusqu'au bout du monde ? Était-il sérieux là ? Jamais on avait eu l'audace de lui dire ça, ni même l'occasion d'ailleurs. La suivre pour quoi ? Vers quoi ? Pour qui ? C'était amusant comme idée, mais légèrement difficile à conceptualiser dans l'esprit de la verte et argent.

-Tu sais quoi?

Elle se tourna pour la première fois totalement face à lui.

-Tais toi.

Elle lui fila une gifle douce – non, pas la grosse gifle monumentale du type qui a trompé sa copine – presque un effleurement de sa joue, et immédiatement, après, elle l'embrassa. Dire qu'il n'aurait rien fait si elle n'avait pas agi lui scié les pattes. Comment pouvait-on être aussi direct, franc, rebelle, tout ce qu'il voulait, et ne pas franchir le pas devant une fille ? C'était Ariana, peut-être, mais c'était deux lèvres comme les autres.

A ceci près qu'elles valaient des millions.

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MessageSujet: Re: Voie de garage || PV Ariana Mer 23 Oct - 11:03


Si on demandait à la plupart des gens qu'il connaissait si Wayland Witcher était un intellectuel, et par cette désignation, on pouvait regrouper la plupart de ses frères et sœurs, voire même ses parents, ils répondaient dans leur grande majorité oui. Rares étaient les gens à dire non, et pourtant ceux là étaient plus dans le vrai. Raymond Witcher le traitait de simple aventurier, ce qui faisait à son sens la gloire des grands Witcher. Ray Witcher était l'arrière grand-père de Wayland. Malgré ses 99 ans et le fait que son fils, Garrison, le grand-père de Wayland soit mort avant lui, il gardait une lucidité immense sur le monde et sur les gens. Quand son fils était mort, il s'était retiré de la gestion familiale. C'est Malone, le père de Wayland qui lui avait demandé de reprendre tout ce qui concernait l'intendance des domaines Witcher, ce que Raymond faisait avec succès. C'était aussi un homme impressionnant, que Wayland adorait mais qui lui faisait également un peu peur, du haut de ses deux mètres de géant, le regardant d'un air tranquille avec ses yeux dorés. Raymond était également le spécialiste de la manière d'être Witcher, étant le plus vieux d'entre eux. Il fallait prendre en compte pour cela une éducation très dure, mais également très pragmatique, assez paradoxale sur certains points, que Wayland avait parfaitement intégré pourtant. Il ne se voyait pas lui même comme un intellectuel, justement en vertu de cette éducation. On lui avait appris à être fier de ce qu'il était, à ne renoncer à rien, à dire ce qu'il pensait parce qu'il en avait le droit, mais on lui avait aussi appris que seul le travail comptait, que personne ne lui ferait de cadeau, et que prétendre être plus intelligent que les autres ne lui suffirait pas, qu'il faudrait le prouver. Le nom était une base et il devait être digne de sa famille, être un bon Witcher, et ne pas sortir du lot.

Car la famille Witcher n'apparaissait pas partout. On la connaissait, oui, mais on en parlait peu, on ne savait pas ce qu'elle faisait. Ce n'était pas une forme de pudeur. C'était un instinct politique très développé qui disait que tant que personne ne les remarquait la marge de manœuvre était très forte. En gros, être sous-estimé voulait dire être libre, principe, on le notait, appliqué à la lettre par Mike Witcher lui-même, le chef de famille. D'un autre coté, il fallait bien exister par soit même, selon les principes vu plus haut, pour prouver qu'on était digne de sa famille. Pour exister par soi-même, il fallait se différencier des autres...et donc de sa famille, paradoxe étrange, encore une fois, mais ça n'avait jamais posé problème à Wayland. On disait qu'il ressemblait à son père et à sa mère, et c'est pour ça qu'on le classait dans la catégorie des intellectuels. Mais Wayland lui même ne se voyait pas comme ça. Pour lui, les intellectuels étaient des gens comme son père. Et Malone Witcher était trop doué pour les compromis pour que Wayland ne lui ressemble pleinement. Oui, Wayland discutait, lisait, il était sans doute promis à un avenir de juriste et de théoricien puriste, quelque chose qu'on pouvait rapprocher du fait d'être un intellectuel, c'est vrai. Mais Wayland était sans doute trop franc, trop dur, trop direct, trop porté dans une volonté d'être, trop matériel aussi, pour qu'on puisse le qualifier ainsi. En un mot, il avait sa propre fierté qui ne lassait pas de laisser une place au sacro-saint sang et à l'aisance matérielle. Trop pour qu'on le voit comme un intellectuel. Il était foutrement incapable de faire abstraction de lui même à la manière d'un Eris Valverde.

En fait, pour définir Wayland Witcher, on aurait mieux fait de dire qu'il semblait tout droit venir d'un autre temps, pas spécialement ancien, peut-être même arrêté au XIXe siècle par certains cotés dans la manière de pensée. Et encore pas dans tout. Peut-être simplement dans la manière d'aborder les filles, dans le fait qu'il n'en avait jamais obligé une à l'embrasser. Il n'était pas dans sa nature, encore une fois, de faire le premier pas, même s'il en crevait d'envie. Comme là. N'importe qui en aurait été étonné alors même qu'il avait indéniablement un caractère qui se prêtait à justement aborder de front les demoiselles, mais pas lui, ça semblait à Wayland absolument illogique, et ce au possible, de procéder ainsi. On ne forçait pas les gens, on les convainquait, et ils faisaient le premier pas. En gros, ils cédaient. C'était une question d'ego, à moitié. Faire le premier pas et se prendre un vent, Wayland ne le supportait. Puis non, il n'était pas un goujat, il n'était pas un sale type, il ne forçait pas les filles à faire ce qu'elles ne voulaient pas faire. Voilà. Il essayait de convaincre, ça marchait ou ça ne marchait pas, et si ça ne marchait pas, eh bien au moins, il ne pouvait que s'en prendre qu'à lui même, ce qui était franchement plus pratique pour désigner un responsable.

Ce qui tout de même un peu problématique, là, c'est qu'Ariana pouvait très bien dire non. Justement parce que Wayland parlait de valeurs d'un autre âge dans un monde très cynique, très dur, ne laissant aucune place à l'amour ni aux déclarations qui en relevaient, encore moins lorsqu'on les faisait à une fille ayant un caractère d'acier, hyper-réaliste et pragmatique, habituée à ce que tout le monde s'écrase sur son passage. Personne ne croyait plus en ce genre de déclaration, surtout pas Wayland lui même, qui avait ses périodes de cynisme aigue, comme tout le monde. Il ne croyait pas vraiment en l'amour non plus, enfin au sien si, parce que lui était capable d'aimer les gens, mais à celui des autres très peu, parce qu'on lui avait prouvé bien des fois que les gens étaient incapables d'aimer réellement, c'était l'époque qui voulait ça. Il était toujours légèrement en décalage par rapport au reste du monde, il fallait bien le dire. Ce qui ne dérangeait pas vraiment Wayland. Il s'était habitué à ce genre d'amour en sens unique, qui lui suffisait amplement. Plus ? Mais plus, c'était toujours mieux, il ne le niait pas. Si on lui donnait plus, il prenait plus, mais Wayland n'en attendait pas trop de personne. Il prenait ce qu'on lui donnait avec un optimisme tranquille. Bonne poire ? Non. Réaliste. On ne pouvait pas demander aux gens plus qu'ils ne pouvaient donner.

Alors, question, arriverait-il à faire céder Ariana Bedan ? Wayland n'en savait rien. Pas plus qu'il ne savait pourquoi il la voulait elle et pas une autre. Parce qu'elle était elle, sans compromis aucun, avec entiereté, parce qu'il croyait distinguer autre chose qu'un simple réceptacle de pouvoir en elle, qui savait ? Wayland avait toujours eu sa propre manière de regarder les gens, un peu à part. Il était observateur. Ce qu'il y avait à aimer chez les gens échappait la plupart du temps à ceux qui regardaient. Personne ne se donnait la peine de chercher à comprendre, à analyser, juste un peu, à dépasser le premier abord. On ne pouvait pas dire qu'ils se comprenaient tout à fait, avec Ariana. Ou plutôt si. C'était une démarche similaire qui les avait conduit à des points de vue différents, et en ce sens là ils pouvaient se retrouver.

La baffe, est-ce qu'il s'y attendait ? Plus ou moins. Habitué qu'il était à gérer les réactions d'une junkie et ses sautes d'humeurs, Wayland s'estimait plus que capable de gérer celles de quelqu'un d'autre, tout aussi imprévisible qu'elles puissent être. Il n'avait même pas cillé. Ce qui le surprit plus, finalement, ce fut le fait qu'elle l'embrasse juste après, mais il n'eut pas vraiment le temps de se poser la question...ni en fait, envie de se poser la question du pourquoi du comment tout ça se passait ainsi. Assez curieusement, quand on croyait au hasard et qu'on acceptait de perdre ou de gagner, on apprenait vite, et c'était une des grandes qualités de Wayland, à prendre avec beaucoup de philosophie ce qui arrivait. Et à se contenter d'apprécier les bonnes choses. Du genre se faire embrasser pile par la fille que vous draguiez sans trop savoir où ça allait vous mener juste deux minutes avant.

Jackpot, donc, songea-t-il en passant un bras autour des épaules d'Ariana. Jackpot, ouais, mais pour combien de temps ? Embrasser une fille ne voulait pas dire sortir avec elle. Même s'il y avait quelque chose entre eux, il s'agissait de le définir avec sureté, ce que Wayland était pour l'instant incapable de faire...

La pluie le coupa dans ses réflexions, alors qu'il cherchait quelque chose à dire. Le temps écossais était idéal pour rappeler tout le monde à la réalité, il fallait bien l'avouer. Wayland leva les yeux au ciel avec un air atteré.

« Merde. »

Commentaire des plus appropriés dans la situation présente. Il tendit la main à Ariana pour l'aider à se relever sur un sol qui commençait déjà à être humide à cause de l'averse. Elle était plus petite que lui, ce qui était assez logique, dans le fond. Wayland avait toujours été grand depuis qu'il était gosse, et avec un mètre quatre-vingt-onze aujourd'hui, il dépassait tout le monde en taille. Vue comme ça, elle paraissait bien plus fragile qu'elle n'était en réalité. L'illusion trompait bien, dans le fond. Il en aurait presque souri, ce qu'il fit, d'ailleurs :

« Combien de temps ça fait que ces abrutis te complimentent sur le pouvoir que t'as et qu'ils sont incapables de voir au premier abord que t'es belle, simplement ? »

Oh, oui, le pouvoir pouvait être une source de compliment, devait l'être, même. Mais Wayland ne supportait pas les lèches-bottes, tous les hypocrites qui essayaient de graviter dans la sphère du pouvoir. On aurait pu dire qu'il l'était, mais ce n'était pas tout à fait vrai. A ce moment là, présent, il avait complètement oublié l'Elite et tout ce qui allait avec. Lui était sincère, et il avait toujours cru que quelque chose de sincère valait mieux qu'un mensonge visant à accroitre son pouvoir personnel en tentant bassement de flatter les gens. Alors il l'embrassa de nouveau, rien à foutre, il fallait qu'il le fasse, et ajouta avec un sourire amusé :

« Ne compte pas sur moi pour te lâcher, maintenant. »

Il pleuvait toujours. Mais ça, Wayland l'avait aussi oublié.
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Ariana Bedan


MessageSujet: Re: Voie de garage || PV Ariana Jeu 24 Oct - 23:53

Il était plutôt facile de deviner quel était le lien entre le romantisme et Ariana Bedan. A première vue, les deux étaient très éloignés, voire étaient incapables de coexister. Ariana n'avait rien de la fille romantique, et d'ailleurs, elle n'aimait pas les garçons romantiques. Pas qu'ils faisaient niais, car même si ça pouvait repousser, ce n'était pas le pire, mais bien qu'elle percevait mal comment l'on pouvait être sincère, et être romantique en même temps. Elle ne croyait pas en l'amour, pour la simple et bonne raison qu'elle ne le connaissait pas. Les liens familiaux n'était pas l'amour comme on était capable de l'imaginer. Surtout elle. La famille, c'est sacré, disait l'autre. Elle l'appliquait à la lettre. On ne pouvait lus dissocier famille et Ariana. Elle y accordait, tout de même, moins d'importance en terme d'avenir professionnel qu'auparavant. Merci Eris Valverde. Elle jugeait sur son passé, sur ses compétences, plus sur son nom et ses ancêtres. L'évolution était conséquente en vérité, mais ça, rares étaient ceux capables de le percevoir. Rares étaient ceux qui la connaissaient assez pour en tirer de telles conclusions. Eris Valverde était une exception, oui. Il avait lu le jeu d'Ariana, devait-on le mettre sur le compte de l'expérience ? Ou simplement de la clairvoyance dont il faisait preuve ? Au fond, peu importait. Il avait jugé qu'il y avait du potentiel, un filon à exploiter, une mine à consolider, une bombe à faire retarder. Ariana était une bombe, oui. Elle exploserait un jour. En bien, en mal, qui sait ? Elle deviendrait soit la plus grande risée du monde puriste, ou serait sa plus grande fierté. Elle finirait six pieds sous terre, ou au sommet de la pyramide.

Mais le romantisme, là-dedans, à quoi servait-il ? Le premier avis était sûrement le bon. Elle ne s'y attachait pas. La gamine voyait les choses de manière très rationnelle, très pragmatique. Elle ne laissait jamais place au rêve, ses idées elle les avait laissé tomber depuis longtemps, depuis qu'elle était sortie de l'enfance en vérité, et diable que ce fut tôt. Emma avait suivi assez rapidement. Parfois, elle se reprochait d'avoir entraîné sa sœur dans une voie légèrement trop dure à supporter aussi tôt. Au fond, les jumelles vivaient ensemble, c'était un véritable amour. Il semblait que rien n'était capable de les séparer... et Ariana se basait là-dessus pour construire ses relations sociales. Difficile, alors, d'être attacher aux gens lorsqu'on ne trouvait pas le même feeling qu'avec sa propre sœur, la personne née huit minutes après soi. Au fond, il n'y avait rien d'étonnant à cette alliance psychique entre les deux filles, mais cela risquait fortement d'entacher la vie de l'une, ou de l'autre, à terme. Peut-être était-ce là le véritable détonateur ? Le jour où Ariana ne supporterait plus sa propre sœur ? Le jour où cette dernière se retournera contre sa moitié ? Le jour où l'une disparaîtra, laissant l'autre dans le plus profond chagrin ? Les possibilités étaient multiples, et ça en devenait même terrifiant. Trop terrifiant, car bien trop instable. Les relations humaines n'étaient bonnes s’autodétruire, elles, et leurs sujets. Et que donnerait une Ariana détruite ? Voulait-on seulement le savoir ?

La pluie tombait drue. Oui, l'injonction de Wayland était appropriée. Elle n'aurait pas été capable de sortir plus juste. Merde. Point. Merde car cette pluie gâchait tout, ou presque. Disons qu'elle préférait le soleil à la pluie. D'une car elle détestait les habits trempés, et de deux car le soleil donnait bien plus de possibilités de manœuvre. Peut-être aurait-elle voulu le déshabiller sur place ? Peut-être voulait-elle simplement faire l'amour sauvagement avec celui-là ? La réputation d'Ariana dans ce domaine n'était plus à faire. Elle n'avait couché qu'avec des sangs-purs. A une exception près. Cette dernière restait cependant officieuse – étrangement d'ailleurs – et personne n'en était véritablement sûr. Elle ne le cachait pourtant pas. Mais on n'osait pas poser la question, tout simplement. Elle ne s'en plaignait pas, évidemment, mais l'idée était amusante.

Il la complimenta de la manière la plus... facile possible ? Mais c'était bien tenté. Elle était facilement sensible aux flatteries, remarquez, ça c'était assez aisé de le deviner. Une gamine aussi coquette et proche de son image était forcément sensible aux compliments. Mais ici... étrangement ça ne lui faisait aucun effet. Elle sourit tout de même, sans ajouter un mot. Qu'elle était silencieuse en sa compagnie... le comportement n'avait rien d'habituel, loin de là, elle qui l'ouvrait toujours pour balancer une saloperie sur tel ou telle bourbiste, sur telle ou telle victime de l’Élite, sur tel ou tel enfoiré l'ayant mal regardé. Là, elle ne pipait mot. Elle se contenta de le regarder. Son regard était profond, loin d'être froid. Il l'embrassa. Elle le lui rendit – il aurait été étrange de le lui refuser alors qu'elle était passée à l'étape supérieure quelques secondes auparavant. Deux jeunes ainsi allaient faire rire Valverde, elle n'en doutait pas. Le vieux verrait son masque de froideur se briser devant la nouvelle. Car elle n'était pas dupe, elle qui assistait au conseil d'administration, elle savait pertinemment qu'on les observait. C'était le jeu, ça l'amusait, car elle, elle n'avait rien à craindre, tout du moins, elle n'imaginait pas ce qu'on pouvait lui reprocher ici. Valverde ne rentrerait pas dans ce domaine là, sauf si elle transgressait les règles logiques de comportement en société puriste. Mais elle ne le ferait pas aux yeux de tous, évidemment pas.

La suivre jusqu'au bout ? Elle pouffa de rire, l'embrassa succinctement, c'en était même frustrant tant ça relevait de l'instant insaisissable, et elle se décolla, se retourna, et avançant vers le château.

-Tu es niais Witcher.

Elle continua de progresser, avant de se retourner. L'autre n'avait toujours pas bouger. Elle leva les yeux au ciel, toujours ce sourire amusé.

-Par contre, j'aime pas attendre. Alors viens!

Et elle reprit sa progression. La pluie continuait, quant à elle, de ruisseler sur ses épaules, le long de son front, sur ses joues. Ses cheveux étaient proprement trempés, ça dégoulinait de toute part, ses habits étaient presque fichus, mais ça aussi, elle s'en fichait. Elle se disait – telle la gamine richissime – qu'elle se payerait un nouvel ensemble la prochaine fois, rien d'alarmant. Pouvait-elle se repayer un Wayland ? C'était la question du jour. Y'avait-il quelqu'un d'assez fou pour aller jusqu'ici à ses côtés ?

Ils regagnèrent le château en prenant leur temps, en profitant, simplement, de l'instant présent. Elle n'avait pas résisté à lui prendre la main. D'une car l'idée était charmante, et drôle, et aussi car elle ne l'avait jamais fait. Drôle de situation pour une fille aussi forte de caractère, et pourtant aussi foutrement inculte dans le domaine des relations amoureuses. Après tout, elle se disait que ça viendrait tout seul, qu'elle pouvait se permettre de ne pas prévoir la suite, pour une fois. Juste une fois. Et si ça la tuait ? Si ça la menait à sa perte ? Et bien tant pis, elle prenait le risque, juste cette fois.

Le hall de l'école était bien rempli. Entre les élèves tout juste rentrés afin d'éviter le déluge, ceux sortant de la séance d'étude libre dans la Grande Salle, et ceux rejoignant les différents étages, la foule était au rendez-vous. Oui... c'était une belle foule, qu'elle manipulait. Qu'on le veuille, ou non, elle leur faisait dire, croire, penser, n'importe quoi. La main de Way dans la sienne, elle s'avança. Le nouveau couple monta les marches principales, devant les yeux de tous. Certains s'en fichaient royal, d'autres, bien au contraire, les fixaient, le regard fuyant. Tout ceci l'amusait fortement. Elle faisait jaser, c'était ce qu'il fallait. Le scandale, le « buzz », c'était là où elle s'illustrait le mieux. Arrivés au premier pallier, elle l'embrassa de nouveau, bien plus passionnément qu'auparavant. L'acte dura quelques minutes, avant qu'elle ne se détacha délicatement, fixant d'un regard aguicheur le sang-pur. Elle s'éloigna en direction d'un couloir que seuls les Serpentards empruntaient car menant à leur partie réservée des cachots, sans lâcher du regard Wayland. Il comprendrait l'idée, elle l’esprit. Ils ne pouvaient pas le faire maintenant, mais ça viendrait plus vite qu'il ne pouvait l'imaginer.

Ce nouveau couple était une nouvelle intrigue au sein de l'école, il ferait parler les pipelettes de l'école, à coup sûr.
Et elle saurait en tirer profit. On en revenait toujours à la politique. Encore et toujours. Merci Eris Valverde.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Voie de garage || PV Ariana Ven 25 Oct - 12:46


Fou. On aurait pu qualifier Wayland Witcher ainsi si on regardait les relations qu'il liait avec les gens, les filles avec qui il sortait. Un politique eut apprécié la manœuvre présente, mais pour le Serdaigle il n'était aucunement question de politique ici. Ca se faisait où ça ne se faisait pas. Les gens ne pigeaient rien à l'amour, et il n'y pigeait pas grand chose non plus. L'amour, c'était bizarre. C'était une force qui allait. Vers où ? On ne savait pas. Il n'y avait pas de moyen savoir où finissait ce genre de chose. C'était comme la route. Comme les voyages. On ne savait pas où le voyage finissait, mais on savait où il commençait. Ce qu'on rencontrait sur la route était intéressant, le but du voyage, beaucoup moins. Lui acceptait ce qui lui tombait dessus. Il était idiot de s'en remettre entièrement au destin, Wayland n'y croyait pas entièrement non plus, il fallait être stupide pour le faire. On ne pouvait pas tout imputer à la chance. Mais il était tout aussi bête de dire qu'on pouvait entièrement décider de son destin. Pour une partie, c'était vrai. On pouvait nettement infléchir sa courbe de vie, mais il n'y avait rien de tranché dans la pensée de Wayland à ce sujet là. On pouvait décider de se barrer en voiture, et on pouvait planter la voiture contre un arbre. Décision et chance, dans la même action. Aucun ne dominait l'autre. C'est-à-dire que dans le cas présent, le hasard était à la vie ce que la chance était au destin, tout et pas grand-chose à la fois.

Son destin aurait-il été le même s'il était né ailleurs ? Non. La chance primait, il était né sang pur, ce qui était un droit inaliénable qui conférait à Wayland une supériorité indubitable que personne ne pouvait lui contester mais qui l'obligeait aussi à répondre à des règles familiales précises que parfois il ne supportait pas. Intellectuel, cynique, acceptable, respectable, présentable, modéré, tranquille, économiste. Les Witcher étaient des économistes, des propriétaires terriens, des agriculteurs. Ils possédaient un goût avéré pour la discrétion parce qu'ils n'aimaient pas qu'on les dérange. La principale vue familiale, ce n'était pas le pouvoir, c'était l'argent et l'intérêt personnel, si bien que le purisme witcherien, adjectif employé par John-Ross I Witcher, premier du nom, était plus modéré, plus tranquille, plus diplomate que celui des Mulciber ou des Bedan. Cela se voyait rien qu'avec le père de Wayland. Des compromis, toujours des compromis. Wayland détestait les compromis. Bien qu'il sut en faire, qu'il était capable de céder, bien qu'il ressembla à son père, il estimait – à juste titre – avoir bien plus de personnalité que lui. Wayland avait de toute façon une drôle de relation avec sa famille. Il les adorait, il ne pouvait pas le nier, et quiconque parlait en mal des Witcher risquait fort de s'en faire un ennemi. Mais il ne voulait pas seulement être le fils de. Le fils de, ça n'apportait rien, de toute façon. Wayland voulait plus que la richesse, il voulait exister en mieux. Besoin de reconnaissance ? Pas vraiment. Curieusement, Mike Witcher n'aurait pas désavouer ce cousin là : comme lui, Wayland possédait un esprit porté à relever des défis tout simplement très développé.

Dans ses relations avec le reste du monde c'était tout à fait autre chose. Même là, présentement, avec Ariana. On en revenait à l'extériorité du facteur chance. Si au départ, il voulait simplement lui parler pour une histoire de pouvoir, ça avait dérivé. L'avait-il décidé ? Savait-il pourquoi ça se passait ainsi ? Non. Wayland, si on lui demandait, aurait franchement répondu que non, il n'en savait foutrement rien, et de toute façon, quelle importance ? Carpe diem aurait été une bonne devise pour lui. Il était du genre à se lancer à l'aveugle dans ce qu'il voulait faire. Ce n'était pas forcément une bonne chose, ça le ménerait peut-être à sa perte, mais Wayland était trop, beaucoup trop instinctif pour être un véritable intellectuel. Réfléchir ? Oui, il en était capable, il le faisait, dans l'abstrait, sur des concepts. Il manquait peut-être d'expérience, mais il détestait planifier, il voulait simplement vivre, et détestait les plans tout tracés, déjà prêts. Ca limitait justement la part de chance et si parfois elle réservait de mauvaises surprises, il aimait qu'il arrive de bonnes choses qu'il n'avait pas prévu. Dernier exemple en date ? Rencontrer Ariana Bedan.

Se poser des questions ? Rien à foutre, des questions. Wayland estimait qu'il n'avait rien à cacher, rien à prouver à personne, et qu'il ne faisait rien de mal. L'avis de autres, par extension, comptait très peu. Il laissait faire – et se laissait faire un peu aussi, il fallait avouer, de manière purement volontaire, parce qu'elle lui plaisait, et que c'était tout. Il ne fallait pas ajouter autre chose, il ne pouvait ajouter autre chose, de toute façon. Jusqu'où tout ça irait ? Il n'en savait foutrement rien. Ce qui était une bonne chose. En quoi savoir comment une histoire va se finir était-il bon ? Non, ça ne lui apportait rien. Il se contenta d'un sourire amusé, sans rien répondre. Il avait toujours eu pour règle de laisser dire ses copines ce qu'elles voulaient de lui tant qu'elles s'adressaient à lui et qu'il gardait la possibilité de répondre – et de mettre les points sur les i si elles n'avaient pas le courage de lui dire en face. Wayland se méfiait des gens qui ne connaissaient de l'amour que le verbe creux aimer. Ca ne voulait rien dire. Puis il voyait mal Ariana – sa copine, et ça sonnait bien, bordel – partir de ce genre de miévrerie. On ne pouvait nier que Wayland avait un sacré caractère, mais peut être était-il moins rigide là-dessus à voir. Il se contenta de la suivre, levant les yeux au ciel à son tour,  amusé par ce ton digne d'un général de bataille.

Amusé aussi par ceux qui les regardaient passer. L'impression curieuse qu'il avait fait tomber l'impératrice ne saisit pas Wayland immédiatement. Il avait juste le sentiment de voir Ariana de manière un peu plus...humaine était sans doute le meilleur terme qu'il pouvait trouver, là, sur le moment, le seul qu'il trouva d'ailleurs. Il en fallait beaucoup pour le faire taire, mais elle y arrivait très bien.

Il la laissa partir avec un sentiment de désir totalement innassouvi et s'en retourna en arrière, espérant méditer tranquillement...ce qui était bien entendu sans compter sur Jill, véritable tornade qui s'abattit sur lui dès qu'elle le put :

« Alooooors, on se tape la reine de Poudlard ! Putain, j'y crois pas, je te laisse même pas une heure et tu joues les séducteurs, t'es pas vraiment pas croyable, Way !
-Jill...
-Quoi ? On ose nier ? On ose essayer de mentir à sa sœur chérie ? Attends que je le dise à Garry, ça va être pire, tu es bon pour tout raconter ou je te fais la gueule pour le restant de tes jours ! »

Le sourire amusé de sa sœur finit par gagner Wayland à son tour. Ca, c'est sur, à Poudlard, il n'aurait jamais la paix, et il commençait à se dire que c'était pas mal.
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MessageSujet: Re: Voie de garage || PV Ariana

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Voie de garage || PV Ariana

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