POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Le jour d'Après

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Light T. Leonheart


MessageSujet: Le jour d'Après Sam 5 Oct - 21:42

L'air était glacial, le couloir plongé dans une pénombre faiblement troublée par les flammes vacillantes de quelques torches. Chaque inspiration brûlait la gorge et gelait les entrailles tant la température était peu élevée.
Toujours à la même place depuis ce qui semblait être une éternité, elle attendait son heure qui approchait à chaque seconde rythmée par des gouttelettes qui tombaient du plafond rocheux. Même dans ce froid qui régnait, la glace commençait malgré tout à fondre autour de la clé laissée par De SaintClair, celle qui ouvrirait la vieille grille qui lui barrait le passage. La bouteille était sur le sol, vide, et il en était de même pour le reste du baluchon. La jeune femme était à nouveau seule, la tête renversée en arrière; ses pensées étaient à mille lieux de là. Après avoir tout d'abord songé une fois de plus aux derniers événements, avoir renversée de colère la couchette contre le mur, elle s'était peu à peu affaissée. Tout cela la fatiguait. Le simple fait de se souvenir, d'éprouver la douleur et cette horrible poing au niveau du ventre, lui sapait ses forces. Tout était silencieux, favorable au sommeil. Même le froid participait à cet effet hypnotique.
Elle était ailleurs sans savoir où exactement. A Big Ben ? Il n'y avait personne là-bas. Alors où ? Partout et nulle part, avec tous les autres "Riens", tous ces gens qui cherchaient quelqu'un sans jamais trouver. Elle était comme eux, un rien en bordure de tout ce monde, perdue dans de pitoyables cachots.
Light chercha encore un moment, comme si une simple pensée aurait pu émettre un signal de détresse qu'au moins une personne verrait. Mais il fallait se rendre à l'évidence : rejeter les autres et les maudirent impliquait d'être seule en toutes circonstances. C'était le prix à payer pour ne plus être déçue.
Depuis qu'elle restait en marge de tout contact, sa vie semblait prendre un tournant plus supportable; seulement elle n'avait pas prévu qu'on pourrait lui faire mal sans qu'elle ait eu le temps de s'attacher à qui que ce soit. C'était pourtant ce qu'"Ils" avaient fait en la traitant ainsi, comme une moins que rien. On l'avait rejetée, une fois de plus. Et cette fois par son propre sang qu'elle n'avait connu ni d'Eve ni d'Adam. Si même ces gens-là étaient en mesure de l'atteindre alors il n'y avait plus rien à espérer de la race humaine qui vaille le coup de se laisser approcher.
Ils la dégoûtaient tous autant qu'ils étaient. Les Tyler, De SaintClair...Tous.
Il n'y avait clairement plus rien à en tirer.

La sorcière saisit à nouveau la bouteille par le goulot et referma sa prise dessus en serrant les dents. Les maux de têtes étaient un peu calmés mais il fallait dire qu'avec un esprit embrumé ce n'était guère compliqué. L'avantage était que la douleur s'était elle aussi affaiblie, ce qui n'était pas un luxe.
C'était l'heure, la glace avait pratiquement fondu entièrement, il suffirait de peu de chose pour en venir enfin à bout. Mais avant de quitter cet endroit, elle avait une revanche à prendre sur ses habitants. Ils avaient voulu la briser mais c'était leur baraque qui serait détruite. Elle allait mettre cette maison à sac, casser tout ce qui pourrait l'être et rayer son existence de la carte. Il ne resterait plus rien de leur petit vie confortable quand elle en aurait fini. Ils perdraient tout, comme elle.
Light envoya la bouteille valser dans les airs et celle-ci explosa contre le mur dans un grand bruit de verre cassé. Fini de rêvasser, il n'était pas question de s'attarder ici ! Elle se releva en laissant échapper un juron et ajusta la couverture qu'elle avait sur les épaules, l'enveloppe de DSC dans la poche de son pantalon. Il aurait ce qu'il voulait et plus encore et il ne serait pas déçu du voyage.

La hors-la-loi n'eut pas à fournir de gros efforts pour enfin libérer la clé de son étreinte de glace tant le travail était avancé. Elle n'eut ensuite qu'à l'introduire dans la serrure rouillée et là...miracle.

La cage était ouverte et le monstre n'allait pas tarder à en sortir.


Dernière édition par Light T. Leonheart le Jeu 26 Déc - 19:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le jour d'Après Sam 12 Oct - 15:37

Des bruits indescriptibles se firent peu à peu entendre à mesure qu'elle avançait dans le couloir lugubre en s'appuyant contre le mur et elle se demanda tout simplement ce que l'autre enfoiré aurait bien pu mettre sur sa route histoire de continuer à la faire chier. La jeune femme ne pouvait tout simplement pas l'associer à une image de sauveur avec un comportement qu'elle haïssait au plus haut point, tout bonnement parce qu'être sauvé par quelqu'un impliquait d'être faible. Et puis, on ne lui avait rien demandé. Pourquoi était-il resté ? Oh, sans doute pour qu'on lui soit encore redevable ; à part cela, il n'y avait aucune autre raison assez crédible. Dans une autre situation, une autre vie, elle aurait peut-être pu se montrer assez intéressée pour ravaler sa fierté et ses piques, mais ce n'était pas le cas. Il n'y avait pas de chandelles, pas de douce soirée ; il n'y avait que ces cachots et les morts qui y vivaient. Se dire à chaque fois que les blessures seraient encaissées, supportées et qu'elles finiraient par disparaître ne menait à rien ; combien de fois ce genre de situations allaient se produire pour qu'enfin elle se décide réellement à passer le cap et à ne plus hésiter à aller jusqu'au bout des choses ? Et dire qu'il y avait ce sac et ce qu'il renfermait au dehors avec tous ces mensonges si évidents. Il n'y avait bien qu'un carnet pour faire ressortir ce genre de pensées et éclaircir les idées les plus embrouillées. Mais il faudrait qu'elle s'en débarrasse, la vie ne se résumait pas à mettre tout de côté dans une cache secrète que personne ne devait trouver. On ne pouvait pas se mentir en dissimulant le vrai sur des pages froissées et paraître indifférent à tout ce qui faisait encore ce monde. Et on ne pouvait pas en vouloir à la terre entière tout en ressentant ce vide au creux de soi. Il fallait faire un choix, les détruire ou les implorer. Mais la deuxième solution était irrecevable.

Oui, après cela, il n'y avait plus le moindre à doute à avoir quant à ce qu'il lui restait à faire avant de rejoindre les autres centaines de sorciers qui pourrissaient sous terre. Mais seule elle ne pouvait arriver à de bons résultats, il faudrait trouver d'autres moyens pour obtenir plus d'impact. Elle était encore officiellement du côté de la résistance même si elle ne mettait plus les pieds à Big Ben. Et puis, il y avait la Vague. En les convainquant d'attaquer ensemble les forces de Voldemort on arriverait à une belle hécatombe dans chacun des groupes concernés. Il valait mieux la jouer finement et ne pas attaquer seule et de front... Et puis...tuer à l'aide la Magie n'était pas lui rendre honneur. S'en servir, oui, mais pas de cette manière.

Light atteignit la fin du couloir avec ces sombres pensées mais ce qui l'attendait la stoppa net dans sa quête de liberté. Elle ne pensait pas avoir à faire à ce genre de vision un jour, pourtant l'évidence était là, sous ses yeux fatigués et baignés d'horreur.
L'homme releva sa face ensanglantée, le regard fou. La haine et la peur se lisaient dans son oeil ouvert et ses mouvements désordonnés. Sans prévenir, il se jeta sur les barreaux et tendit les bras dans sa direction pour l'attraper en poussant des râles semblables à celui de l'Inferius rencontré plus tôt. La vérité était qu'elle se trouvait hors de portée, mais peut-être voulait-il protéger son... Light déglutit en se rendant compte de ce qu'était son repas en réalité et fit immédiatement plusieurs pas en arrière pour se trouver le plus loin possible de ce qu'il restait du prisonnier. L’autre devait avoir complètement perdu la raison pour agir de cette manière, en animal dévorant l’un de ses semblables. Il portait la même toge sale qu’elle avait elle-même eut sur le dos, avec ce même sceau sur sa peau sale et égratignée. Il avait dû mourir de faim, subir les mêmes tortures voire pires…et il semblait être là depuis beaucoup, beaucoup plus longtemps qu’elle… Combien de temps avait pu durer son calvaire pour qu’il en vienne à cette extrémité ? Combien de temps fallait-il pour transformer un être humain en animal féroce ? Il ressemblait à tous ces morts vivants que l’on voyait dans les films Moldus, ceux qui couraient après les gentils en voulant les massacrer à coups de dents. Voir ça était un véritable cauchemar. Où allaient s’arrêter ces horreurs ?!
Le prisonnier abandonna rapidement sa cible pour en revenir à ce qu’il restait du corps de son compagnon de cellule, qu’il ramena contre lui dans une attitude protectrice. Comme si elle allait lui piquer sa proie…Il fallait vraiment être barré pour penser ça. L’odeur lui donnait des envies de vomir, mais ce n’était rien comparé à l’image de ces dents humaines qui crochetaient la chair d’un individu semblable et les bruits de mastications révulsant à chaque fois que les mâchoires de l’homme se refermaient sur sa prise.
Light se sentit mal et décida de passer son chemin au plus vite sans savoir quoi faire de plus de cette horrible chose à forme humaine.
Elle atteignit le haut des escaliers plus rapidement qu’elle n’aurait été en mesure de le faire normalement et s’arrêta juste en haut, le souffle court et la gorge serrée. La sorcière passa une main sur son visage dans le but d’effacer cette horrible vision de sa tête en se focalisant sur autre chose, mais la tâche était compliquée. Comment pouvait-on en arriver là ?! Elle ne comprenait plus rien, tout cela ne pouvait pas avoir de « bonne » explication, pas ce genre d’actes. Elle ne savait même plus si l’autre était à plaindre ou à craindre, même si les deux étaient sûrement liés.

Leonheart regarda autour d’elle et se rendit compte de l’état de la maison, du moins de la cuisine : les placards étaient ouverts et désormais vide, de la vaisselle gisait fracassée sur le sol. Tout était en désordre, De SaintClair avait fini le boulot. Il n’y aurait sans doute plus rien à briser dans cette baraque pour la défouler, c’était déprimant. Cette demeure n’avait plus rien d’un foyer.
Elle avança lentement dans le hall épuré et froid, passa le bout de ses doigts sur un meuble qui restait là, ses tiroirs ouverts déversant un flot de papiers chiffonnés.  
C’était comme si on lui avait pris ses repères, et pourtant elle n’avait jamais fait partie de cette famille. Encore une fois, elle ne savait plus ce qu’il lui restait à faire. Elle était perdue.


Dernière édition par Light T. Leonheart le Jeu 26 Déc - 19:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le jour d'Après Jeu 26 Déc - 19:09

Elle passa à nouveau la main sur son visage et ferma un instant les yeux pour les rouvrir aussitôt : à peine ses paupières furent-elles abaissées que l'image du prisonnier lui revint au galop en manquant d'attiser son envie de vomir. C'était triste, c'était sale, mais c'était comme ça...la guerre. Il y avait sans doute d'autres tortures bien pires que celles-là, faites à d'autres sorciers, dans d'autres baraques de cinglés. Combien s'en sortiraient vivants ? Et combien réussiraient à surpasser le drame ?
La jeune femme secoua la tête en serrant le poing. La simple idée que d'autres atrocités de ce genre puissent être perpétrées lui donnait envie de tout foutre en l'air, d'étriper n'importe quelle personne qui aurait ressemblé de près ou de loin à un Tyler.
Malgré tout ce qu'elle avait enduré jusque là, elle éprouvait une certaine pitié pour celui qui dévorait un de ces compères en bas. Qu'allait-elle en faire ? De SaintClair aurait pu en finir avec lui, abréger ses souffrances, pourtant il n'en avait rien fait. Avait-il si peu de considération pour la race humaine ? Mais se poser la question était totalement inutile, du peu quelle connaissait le personnage elle savait qu'il n'aurait rien fait qui ne lui aurait pas apporté quelque chose. Et être maître d'un monstre, d'un fou, n'apporte guère. C'était donc à elle qu'il incombait de prendre cette décision : le tuer ou non.
Mais il était trop tôt pour se pencher sur ce genre de chose, l'ombre était encore trop proche.

La sorcière traversa lentement le hall en lançant un coup d'oeil à la porte d'entrée laissée ouverte et hésita un moment. Partir et récupérer son sac avec les potions ou regarder s'il y avait quelque chose pour lui servir ici ? Elle était désarmée, sans baguette, et blessée. Si jamais Richard Tyler revenait alors il en serait fait de sa "fille". Quel choix faire ? Et s'il y avait quelqu'un dehors ? Si on la voyait ?

«Oh et puis merde»

Light rejeta ses cheveux sales en arrière et écarta doucement le battant de la porte principale avant de passer légèrement la tête au dehors. A l'extérieur, le jardin paraissait aussi calme qu'à son arrivée, voire plus. Rien ni personne en vue. Elle semblait être la dernière sorcière qui restait -ou presque-. Elle commença par faire un pas, le corps tendu malgré la fatigue, et dû lever son bras pour protéger son visage de la pluie froide qui la glaça instantanément. Le vent soufflait en rugissant tandis que les branches des arbres pliaient sous sa puissance. Il n'y avait plus que la force de la nature jusqu'ici indomptée.
La jeune femme progressa lentement malgré le froid cinglant, trop inquiétée à l'idée que le piège puisse se refermer à nouveau sur elle. Mais elle était bel et bien seule et ne risquait rien : devant le haut portail dont les battants se fermaient et s'ouvraient au vent gisaient les corps des gardes. Elle s'approcha : morts ? Ainsi donc, l'homme les avaient mis hors d'état de nuire...mais pourquoi ?
Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas, mais ne s'attarda pas. Elle sortit, rejoignit le petit bosquet où elle avait dissimulé son sac de voyage et en sortit une fiole contenant un liquide brillant. La sorcière fit sauter le bouchon sans attendre et engloutit son contenu sans demander son reste. Là, c'était fait. La potion prendrait quelques minutes à faire effet mais cela lui permettrait de tenir le coup jusqu'à ce qu'elle termine ce qu'elle avait à faire ici.

Bien, maintenant elle pouvait de nouveau rentrer pour tenter de trouver une arme dans tout le fatras laissé par les hommes de De SaintClair.

En espérant que personne ne viendrait troubler son dessein.
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MessageSujet: Re: Le jour d'Après Dim 12 Jan - 14:32

Elle était seule, remontant l'allée de gravier à la vue et portée de tous, simple silhouette noire balayée par le vent et la pluie. Ses cheveux couleur d'argent et de suie battaient follement contre son visage en lui donnant une image de possédée renforcée par le regard vide que la sorcière pointait loin devant elle, sur cette foutue baraque de barges. La masure lui apparaissait tout juste plus sinistre que la dernière fois, ses sombres secrets à présent connus de la pauvre fille. Le froid faisait trembler tout son corps, ses pieds foulant les cailloux gaugés qui lui gelaient les orteils, pourtant elle continuait avec cette même mine renfrognée, comme un animal qui savait pertinemment qu'après s'être enfui il était en train de retourner tout droit à l'abattoir.
Le tumulte des éléments lui donnait l'impression que sa tête allait exploser avec ces pensées qui se bousculaient toutes en même temps, la pluie et le vent lui vrillant les oreilles dans ce lieu de mort ; pourtant elle y retournait en toute connaissance de cause. Pourquoi ? Elle ne savait pas vraiment. Après tout, elle pouvait aussi bien tailler la route à travers champ, ne plus jamais remettre les pieds ici, partir très loin, très loin...Mais non, il fallait qu'elle y aille, sans raison apparente, juste parce qu'il le fallait.
L'eau avait pris le dessus sur l'air et c'est les cheveux plaqués contre son dos frigorifié qu'elle arriva finalement sur le tapis de l'entrée, rigide comme une statue, le poing serré et la respiration haletante tandis que la tempête continuait de se déchaîner derrière elle.
Son regard bleu vagabonda dans la pièce pour finalement se poser en direction des cachots. C'était terrible mais à présent qu'elle y repensait la dague qui lui avait servi pour tuer Isabella devait toujours être en bas, quelque part...dans un endroit qu'on ne pouvait atteindre qu'en passant à nouveau devant cette infamie.
Elle soupira. Dur... Mais en même temps, on n'allait pas faire la fine bouche, tout simplement parce que la situation ne le permettait pas. La sorcière emprunta donc une nouvelle fois ce foutu escalier en serrant les dents et en plissant les yeux pour éviter d'avoir une fois de plus cette affreuse situation dans son champ de vision. Mais ce ne serait certainement pas suffisant en ce qui concernait le bruit.

Elle passa rapidement devant la cage sans s'attarder alors que l'autre poursuivait son repas et retomba nez à nez avec son ancienne cellule, ou du moins ce qu'il en restait. La grille défoncée gisait sur le côté, ses gonds ayant sauté en même temps qu'une partie du mur sous la puissance de l'eau. Finalement, la Magie daignait bien lui accorder ses faveurs dans les pires situations. Pourtant, contre De SaintClair... La jeune femme enjamba ce qui restait de la carcasse de la sorcière et plaqua une main contre son nez. Oui, contre lui il s'était passé quelque chose de vraiment étrange, elle ignorait comment et pourquoi, mais il y avait bien une explication derrière tout ça. Explication qui pouvait bien attendre pour le moment.
Il ne subsistait plus rien du foyer ardent et de l'établi mais une multitude d'outils restaient éparpillés un peu partout dans un foutoir indescriptible, le tout rendant difficile la recherche de la dague. Elle s'agenouilla dans la flotte à la recherche du fameux objet pour finalement tomber sur les restes du fouet déchiqueté qu'elle écarta hâtivement de sa vue en serrant les dents. Oh, pour payer, il allait payer. Enfoiré.
La jeune femme secoua la tête et poursuivit la fouille des lieux en s'arrêtant de temps à autres pour tendre l'oreille et vérifier que personne ne risquait d'arriver. Elle retrouva finalement ce qu'elle cherchait, à savoir la dague dont la lame noire était intacte malgré les dégâts que le sort avait infligé. Son avis était partagé quant à garder l'arme avec elle quand on savait l'usage qui en avait été fait, mais cela restait néanmoins et de loin le meilleur moyen de défense jusque là. La sorcière jeta un coup d'oeil au bras gauche, celui dont la noirceur s'était étendue et où persistaient des engelures qui semblaient rester permanentes.
Au moins, elle pourrait en finir rapidement dans une situation désespérée...fallait voir le "bon" côté des choses.

Elle soupira et fit un dernier tour des lieux avant de clore le chapitre de la cellule par un bon coup de pied dans la carcasse pourrie. Arme OK...restait plus qu'à fouiller les étages. Sans baguette, impossible de détruire cet endroit comme il le méritait...et elle doutait que les Tyler aient entreposé du combustible Moldu.
La jeune femme referma la porte menant et sous-sol et emprunta à nouveau le grand escalier. Elle laissa rapidement les salles déjà visitées derrière elle et continua sa route au hasard dans le manoir. Tout était renversé, à croire que De SaintClair était arrivé ici avec un bon groupe et qu'ils s'en étaient donné à coeur joie... Les hommes, franchement. Elle lança un juron bien placé à leur attention et entra finalement dans ce qui était la chambre d'Hélen. Là aussi tout était en vrac, dispersé aux quatre coins de la pièce. Light lança un coup d'oeil circulaire et s'approcha d'une porte au fond de la pièce. Elle soupira : salle de bain accolée à la chambre, en plus. Ca déconnait pas. Enfin une occasion de se débarrasser vraiment de toute cette saleté. Elle regarda les guenilles qui lui servaient de vêtements et revint sur ses pas. L'autre devait bien avoir des trucs à se mettre en grande fille adorée qu'elle avait été, c'était sûr. Et elle avait raison de le penser. Un tas gisait devant l'armoire grande ouverte, certains vêtements dans un état plus que douteux, et Light préféra ignorer ce que des hommes loin de leurs familles avaient pu en faire ; non, elle se contenta de ramener ceux qui restaient pendus à des cintres et semblaient avoir échappé au pire. A en croire la garde robe d'Hélen, on pouvait estimer que la défunte ne connaissait aucune couleur, et pour cause toutes ses affaires étaient noires ou -dans de rares cas- très sombres.

Elle s'empara d'une longue veste de velours noir brodée d'entrelacs d'argent et récupéra par la même une robe de sorcière plutôt élaborée. C'est en passant la main le long du tissu qu'elle sentit finalement un contact rigide sous le but de ses doigts, une fine tige rangée dans le fond d'une poche. Elle fronça les sourcils et fourra la main à l'intérieur : se pourrait-il que ce soit ce qu'elle pensait être ?
Oui, c'était bien une baguette et pas n'importe laquelle. Même si elle n'y avait pas prêté une grande attention lors du duel elle reconnaissait très bien le toucher de celle qu'on lui avait donnée pour se défendre. Ainsi donc, De SaintClair l'avait laissée intentionnellement en sachant qu'elle tomberait probablement dessus. Il n'était peut-être pas si mauvais que ça.
Ca tombait bien, elle se retrouvait à présent avec deux armes magiques, la première étant moins importante mais tout de même. C'était ça de pris.
Leonheart termina son inspection de l'armoire et retourna dans la salle de bain après avoir pris le nécessaire, verrouilla la porte après avoir lancé un sortilège de protection sur la salle. Il était hors de question qu'elle se fasse avoir une nouvelle fois.
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MessageSujet: Re: Le jour d'Après Sam 29 Mar - 17:50

Les vêtements étaient entassés sur le coin d'un lavabo en marbre noir et les guenilles, elles, gisaient sur le sol. Hélen Tyler n'était pas quelqu'un qui semblait faire particulièrement attention à son image si on pouvait en croire l'absence totale de tout ce qui aurait pu se rapprocher d'un cosmétique; néanmoins, en ce qui concernait l'hygiène, on ne pouvait pas la blâmer. Des pots ronds, des fioles colorées... y'avait de tout, absolument de tout ! Light n'aurait jamais pu se décider tant les produits avaient de senteurs différentes. Alors c'était ça que "grande soeur" utilisait... Grande soeur. Ca faisait vraiment bizarre. La jeune femme termina d'enlever les restes de crasse dans le lavabo alors que la baignoire terminait de se remplir d'une eau chaude et limpide à souhait qui commençait à prendre une douce couleur bleutée. D'après son odorat, nul doute qu'il y avait là-dedans le parfum des violettes, ces petites fleurs fragiles qui peinaient à survivre en milieux hostiles, si simples et si belles à la fois. Elle aimait beaucoup ces fleurs, plus que les roses ou toutes ces grosses fleurs que les hommes offraient à leur maîtresse.
En jetant un coup d'oeil au miroir, la jeune femme entrevit les cicatrices fraîches qui ornaient à présent la majeure partie de son dos, une peau boursouflée et écarlate qui ne reprendrait jamais l'aspect qu'elle avait eu avant. Passant ses doigts sur l'un des contours, elle ne put s'empêcher de grimacer de douleur à ce simple contact et détourna finalement le regard en se mordant la lèvre.
Marquée comme un vulgaire bovin. Comme une simple pièce de viande. Elle enjamba le rebord de la baignoire et s'immergea dans l'eau brûlante qui lui arracha un violent frisson.

Balançant sa tête en arrière, elle posa les yeux sur le plafond immaculé et regarda la lumière du lustre vaciller doucement. A ce moment, il lui était tout bonnement impossible de penser à quoi que ce soit et c'était peut-être mieux ainsi : un peu de calme, enfin, après toute cette merde. En parlant de merde, il semblait que Leonheart retrouvait sa blancheur cadavérique pour de bon, si bien qu'il serait sans doute impossible de prédire la différence lorsque viendrait l'heure de mourir. Il fallait avouer que dans les cachots on voyait rarement le soleil. Foutus agents immobiliers, hein... Quelle blague affreuse.
Après un énième soupir -le premier de contentement- la sorcière se redressa assez pour s'emparer d'un baume de couleur rosée qu'elle entreprit d'étaler sur la moindre parcelle de peau qu'il lui serait permis d'atteindre. C'était étrange de retrouver un aspect "normal" au bout de tout ce temps, comme si rien ne s'était passé ou que tout pouvait disparaître comme ça d'un claquement de doigts. Mais hormis son bras et son dos, il était vrai que les soins de De SaintClair contribuaient à rendre la chose comme telle, c'est-à-dire un simple mauvais rêve dont elle était enfin sortie.

C'était quand même une chouette salle de bain et une sacrée baraque, il fallait l'avouer. Ca devait être si simple de vivre ici, de se faire servir. On ne devait pas avoir de problème sous ce toit... Si les choses avaient été différentes, aurait-elle pu être une digne petite aristocrate tirée à quatre épingles ? Prendre les gens de haut elle le faisait déjà, nul doute qu'elle s'y serait prise avec plus de finesses mais ça n'aurait pas grandement changé de ce côté là. Pour le reste, la jeune femme appréciait le luxe bien qu'elle n'en avait guère les moyens, sans doute était-ce inscrit dans le sang. Y'avait combien de générations de sorciers derrière ça ? Dommage, elle n'y goûterait jamais. Y'avait que Crow qui pouvait se payer une riche héritière tiens.
Sur cette pensée, la blonde ferma les yeux et s'immergea totalement, la tête sous la surface, ses bras s'entrecroisant en une sorte d'étreinte. Un "auto-câlin", en somme. Des câlins y'avait jamais eu grand monde pour lui en faire...

Crow avait tout simplement disparu du radar. Il était bien vivant, ça elle n'en doutait pas, mais...il n'existait plus. La partie de lui qu'elle aimait n'existait sans doute plus. Il avait sa femme, maintenant, et il devait être heureux comme ça. Bien sûr qu'elle voulait son bonheur, c'était le seul pour qui elle espérait ça. Seulement...elle aurait préféré qu'il le soit autrement.
Il n'avait pas répondu. Si jamais il avait voulu le faire, il aurait su faire parvenir sa lettre par n'importe quel moyen tant il était astucieux. Mais ce n'était pas le cas. Il fallait se faire une raison, il lui avait échappé, comme tous les autres.

Ma pauvre, qui pourrait bien rester avec toi ?

Avalant de l'eau comme l'air avait déserté ses poumons, Light se redressa vivement dans la baignoire et toussa abondamment, le coeur battant à tout rompre. Penser à Crow lui avait fait oublier qu'elle avait la tête sous l'eau.
Elle ferma les yeux et se força à calmer sa respiration petit à petit, la gorge en feu. C'était fou ce qu'il réussissait à lui faire faire sans avoir à être là...
La jeune femme ramena ses genoux contre elle et rabattit ses cheveux derrière ses épaules, le regard dans le vide.

Il y avait des choses plus importante que Crow pour le moment. Il fallait l'oublier définitivement, tirer un trait là-dessus une bonne fois pour toutes.
Qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir faire du prisonnier en bas, par exemple ? Hein, qu'y avait-il à faire d'un malheureux qui n'avait plus rien d'humain ?!
Elle posa sa joue humide sur l'un de ses genoux et souffla doucement en se focalisant sur une fine traînée d'eau qui ruisselait le long de sa jambe. Il faudrait qu'elle réfléchisse à ça aussi même si elle n'y tenait pas...

La jeune femme ferma à nouveau les yeux, fatiguée : quand cela se terminerait-il enfin...


Dernière édition par Light T. Leonheart le Jeu 17 Avr - 21:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le jour d'Après Dim 6 Avr - 22:19

Elle avait aussi une dernière chose à faire...

Regardant son sac du coin de l'oeil, la jeune femme ne put retenir un soupir qui marqua nettement son hésitation : la décision avait été prise depuis un moment mais elle ne s'était jamais fixée de date; sans doute avait-elle espéré pouvoir changer d'avis. Mais qu'est-ce qui aurait pu changer ses plans du tout au tout ? Crow ? Un autre ? Jamais. Et de toute façon, elle ne voulait pas de ça sur la conscience, non, pas une fois de plus. Ca la révulsait, tout simplement.
Il fallait le faire, il n'y avait pas d'autre solution, c'était comme ça. Personne n'y pouvait rien. Mais ce n'était pas si grave, au fond, si on arrivait évidemment à s'en persuader. Peut-être qu'au final ça la touchait bien plus qu'elle ne voulait le laisser croire.
La jeune femme soupira une nouvelle fois et décida finalement de repousser l'échéance quelques minutes encore, le temps de se mettre en conditions. Elle n'avait vraiment pas besoin de tout cela, ça lui causerait toujours plus d'ennuis qu'autre chose. Oui, c'était la meilleure option... De toute façon y'avait aucun espoir de tomber sur un mec bien alors...qu'avait-elle à perdre ? Ca rendrait service à tout le monde. La descendance des Tyler mourrait ainsi.

Il fallait qu'elle le fasse. C'était juste un mauvais moment à passer, rien de plus; et puis dans le genre de "mauvais moment" elle avait eu pire... C'était l'heure ou jamais de s'y atteler, tirer sur le sparadrap de manière rapide. Et ensuite on n'en parlerait plus.

Light ferma les yeux pour se donner du courage et s'aida du rebord pour se remettre debout. Elle sortit de la baignoire et se dirigea ensuite vers le sac pour en sortir une petite fiole au contenu sombre, sans tenir compte de l'eau qu'elle répandit sur son passage.
Enlevant le bouchon, elle retourna s'immerger et contempla silencieusement la réponse à ses problèmes. Une si petite fiole pour un tel changement. Ca paraissait si simple en fait. Elle hésita plusieurs minutes sans rien faire d'autre que de garder son regard fixé dessus, la faisant tourner entre ses doigts comme elle le faisait naturellement avec sa baguette, mais à quoi bon se poser trente six mille questions ? Qu'elle se décide, elle n'avait pas l'éternité pour réfléchir !

Après tout, qu'est-ce que ça pouvait bien faire ? Est-ce que j'avais une quelconque relation avec quelqu'un ? Pas le moins du monde, c'était même relativement affligeant. En même temps, je n'avais pas la prétention de m'abaisser à un besoin aussi bas que celui de me faire dorloter par un homme, même si j'aurais sans doute pu apprécier. Alors sur le long terme, forcément, cette partie de moi ne m'était d'aucune utilité, pire : elle me figeait. Je ne voulais plus me mettre en danger comme j'avais pu le faire par le passé et encore moins assumer une famille. Et quelle famille, franchement ? C'était déjà assez écoeurant de savoir que j'avais le même sang que le cinglé qui collectionnait des peaux dans sa cave alors être responsable de sa descendance...Non, je n'avais vraiment pas le choix. Ou peut-être que j'essayais de m'en persuader. Peu importe. J'avais prévu de le faire et ça me semblait être le meilleur moment pour ça. J'avais tellement de choses à prévoir ensuite que l'occasion pourrait ne plus jamais se présenter et je ne voulais pas risquer de passer à côté.

J'allais engloutir cette potion et renoncer à ce que la plupart des femmes souhaitaient avoir la chance de faire un jour : la possibilité de fonder une famille.
D’un côté, j’étais terrifiée à l’idée de ce qui pourrait se passer lorsque le breuvage ferait effet, mais d’un autre je me sentais presque soulagée à l’idée de le faire : c’était une faiblesse dont j’allais enfin me débarrasser. Bien sûr, j’aurais pu le regretter un jour… mais il y avait si peu de chance que je finisse par trouver quelqu’un qui voudrait bien de moi…

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MessageSujet: Re: Le jour d'Après Mer 16 Juil - 1:48

Après cela, je me relevais comme si rien ne s'était passé et allais me sécher près du lavabo. J'enfilai la robe de sorcière et la veste de velours en lançant à peine un regard furtif au miroir qui me mirait de toute sa prétentieuse hauteur. Je savais dès lors ce qu'il m'aurait renvoyé et je ne tenais vraiment pas à constater les dégâts une fois de plus. Ce n'était pas du déni, seulement je préférais ne pas trop m'y attarder. Et puis, j'avais d'autres chats à fouetter : je me demandais toujours ce que j'allais bien pouvoir faire du "prisonnier" qui restait dans les cachots, le libérer ? Il avait déjà essayé une vaine tentative de m'étriper même de l'autre côté des barreaux, je n'allais pas lui ouvrir si facilement. En fait, je crois bien que je savais quelle option s'offrait à moi mais je ne voulais pas le reconnaître. Sans doute la maigre situation de cet homme m'affligeait autant de peine que de compassion, mais l'évidence était là : je ne pouvais plus rien pour lui. Personne ne pouvait rien désormais. Pour lui, le monde avait perdu la signification qu'il avait avant tout cela.
A cette réflexion, je décidai de me changer à nouveau, de reposer robe et veste sur le lit pour me contenter de ce qui apparaissait comme une chemise de nuit simple. Je descendis alors après m'être chaussée, ma toute nouvelle baguette en main. Toujours personne, il fallait se faire une raison. Je me résignai alors sans plus de conviction à emprunter le vieil escalier des cachots une dernière et funeste fois. L'écho de mes pas résonna le long du trajet comme seule réponse à ma présence tout en ajoutant quelque chose d'inquiétant à cette ambiance particulière qui régnait déjà dans les cachots. Bientôt j'entrevis le vacillement des torches et celles-ci me dévoilèrent à nouveau l'étrange inconnu. Le prisonnier se redressa à mon approche et lança à nouveau ses maigres bras à travers les barreaux de la cage sans grand succès, le regard perdu. Je sentis mon coeur se serrer à cette vision, comme une souffrance bien nette qui accueillait la misère de ce pauvre diable. J'aurais voulu l'aider, mais je ne le pouvais pas. Même Sainte Mangouste n'aurait sans doute pu rien y faire. Je préparais donc ma baguette alors que l'autre reculait soudainement au fond de la cage pour se recroqueviller dans un coin, les bras croisés devant son visage.


"Non....non...."

Des pleurs.

Je n'en croyais pas mes oreilles. S'il était capable de ressentir un sentiment de peur et de perdre pied, comme un humain normal l'aurait fait, peut-être n'était-il pas trop tard finalement ?


"Calmez-vous..." Adressai-je doucement en m'approchant de la cage.

D'un sort, je déverrouillai la porte de la cellule et la poussai doucement pour libérer le pauvre homme qui continuait à sangloter.


"Je ne vous veux pas de mal"

Mais à peine avais-je mis un pied dans la cellule qu'il écarta ses mains, dévoilant son regard affûté, incisif comme la lame d'un poignard. Et c'est à ce moment que je compris que la ruse avait fonctionné, que je m'étais faite avoir. J'eus à peine le temps de faire un bond en arrière et de tirer la porte sur moi qu'il arrivait à mon niveau le poing tendu, prêt à m'attraper. Fort heureusement, mon instinct de survie me permis tout juste de refermer la grille alors qu'il s'acharnait à tenter de saisir un de mes bras. D'un coup de baguette, je le forçai à reculer au fond de la cellule.
Le souffle court, nous nous regardons comme deux chiens prêts à s'entre-tuer. Je m'étais trompée : je n'ai vraiment pas le choix.
La porte est à nouveau verrouillée et nous sommes tous deux opposés face à la grille. Je n'aime vraiment pas faire ça avec la magie mais je n'ai pas envie de risquer un orteil dans cette cage. Mon séjour ici ne m'a pas mise en ma meilleure forme et ce serait vraiment idiot de se faire avoir maintenant. Je dois régler ça en gardant mes distances.
Je ferme un instant les yeux et prends une profonde inspiration. J'ai déjà utilisé ce sort quelques fois mais ça fait un moment que je ne l'ai plus expérimenté. Enfin, c'est surtout parce que cela me demande beaucoup de concentration depuis un temps. Et ce genre de sortilège a toujours un prix.

Je veux qu'il meure, pour son bien et le mien. Mais d'un autre côté, cet homme m'attriste d'avantage qu'il ne fait naître ma méfiance. Il n'y a qu'une triste issue pour lui et il faut que je fasse un énorme effort pour accepter que l'on puisse finir sa vie ainsi et dans ce genre d'endroit. Mes doigts se referment sur le pommeau de "ma" baguette comme pour me donner plus de force de conviction mais, à vrai dire, ma volonté ne tient qu'à un fil.

Mourir.

Je dois réfléchir au sens du mot. Mourir c'est la fin de la vie, la disparition, l'oubli. Mourir c'est retourner au néant, s'évanouir en une seconde sans retour possible. Mourir c'est abandonner son enveloppe mortelle, la laisser choir et pourrir derrière soi. Mourir est un honneur dans certains peuples, une tragédie pour d'autres.
Mais pour cet homme, la tragédie aura été de ne pas mourir plus tôt.

Mort.
Délivrance.

Je pointe ma baguette sur le malheureux.


"Ca va aller, maintenant"

Derrière la folie dans ses yeux je crois apercevoir comme une lueur d'espoir, de soulagement. Ca me fait mal au coeur mais je dois le faire. Alors j'essaye de le regarder en pensant à la mort et à son sens tandis que je m'efforce de déverser l'incantation de ma voix la plus douce possible, comme si j'avais voulu bercer ce prisonnier jusqu'à ce qu'il s'endorme paisiblement. Pour toujours.

"Avada..."

J'essaye de ne pas être brusque dans mes paroles, d'utiliser le sort de manière bénéfique plutôt que d'en faire une arme.
De petites décharges parcourent mon autre bras alors que la formule se focalise au bout de ma baguette. Je marque une courte pause puis recommence depuis le début et les picotements reprennent aussi soudainement. J'ai l'impression de le plonger dans l'eau glacée. Un frisson parcourt mon corps mais je sais déjà ce qu'il arrive sans avoir à réfléchir davantage. Tant pis, je savais à quoi ça risquait de m'exposer. Je dois finir ce que j'ai commencé.

Je ne suis pas cruelle au point de refuser la mort à quelqu'un.


"Avada...."

Maintenant c'est un étau qui commence à enserrer mon crâne. J'ai l'impression que des filaments affûtés et chauffés à blancs rentrent dedans comme dans du beurre. La douleur est brève, soudaine, mes étonnamment aiguë. Je dois me concentrer davantage pour ne pas vaciller mais cela ne fait qu'accentuer le phénomène. J'ai la sensation de ne plus tenir debout par moi-même.
Mes yeux sont toujours ouverts mais des flashs si éblouissants brouillent ma vision par instants que l'image en devient floue. Il ne me reste pourtant que le dernier mot.
Je sens le bois de ma baguette entrer encore plus fortement au contact de ma peau comme je me force à continuer. La lueur d'abord timide brille maintenant de mille feux et nappe le cachot d'un vert vacillant.
Sur mon bras, une lettre rougeoie de manière inquiétante. Je ne suis qu'à une seconde de réussir.

Finalement, j'achève la formule sur un chuchotement presque soulagé et un trait d'émeraude illumine la pièce, file tout droit sur mon prisonnier. Ni violence ni choc, le sort endort l'homme avec amour, le libère enfin. Il peut dormir en paix, maintenant. Le corps retombe doucement et ce sont mes genoux qui accueillent le choc avec plus ou moins de lourdeur.

Je n’avais pas réfléchi à l’énergie demandée par les formules avant, je savais juste qu’utiliser un sortilège complexe comme les sorts de magie élémentale/élémentaire tels que le Vertex Subaquaneus m'était fortement déconseillé. Mais maintenant que je me retrouvais ainsi éreintée, je devais bien admettre que l’utilisation de cet Impardonnable en particulier devait nécessiter plus que la concentration commune à toutes les autres formules courantes.
La sensation du liquide chaud qui goutte au-dessus de ma lèvre me fait réaliser à quel point j'ai sous-estimé le processus. Je lance à nouveau un regard contrarié à mon prisonnier, les sourcils froncés. Je n'avais pas pensé qu'offrir la mort la ferait également avancer vers moi. Mais après tout, que me reste-t-il à accomplir encore ?

A contempler la scène, je me dis que je mourrais également seule sans personne pour s'en soucier et qui plus est d'une triste manière. Je pourrais aussi bien tout laisser derrière moi, dire adieu au passé à grand coup de pied et me dorer la pilule au soleil...Mais c'est pas moi. Putain ce que j'envie toutes ces bandes de potes qui partent à la plage l'été, qui font la fête dès qu'ils le peuvent sans rien nécessiter d'autre qu'une guitare, du feu et de la bière ! Mais voilà, moi je n'ai personne et je ne sais pas comment agir pour devenir ce genre de fille, avoir ce genre de potes qui se soucient de vous.


Je sais pas comment on fait pour être quelqu'un à qui l'on tient, tout simplement.
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MessageSujet: Re: Le jour d'Après Ven 1 Aoû - 22:27

Trêve de pleurnicheries. Ce n'était pas les geignards qui accomplissaient de grandes choses; hors, justement, tout Serpentard se devait d'en accomplir -si l'on en croyait les rumeurs, bien entendu. Serpentard, on ne pouvait pas dire qu'il ait eu de la compassion pour qui que ce soit, celui-là. Ironie du sort, c'était peut-être un des rares points sur lequel ils étaient d'accord : la compassion est pour les faibles ou pour ceux qui peuvent se le permettre sans risquer un retour de lame dans le dos.

Enfin dans mon cas la question ne se posait pas : de toute façon, je n'avais rien d'urgent à faire et il fallait bien que quelqu'un s'occupe de donner un lieu de repos décent à ces deux pauvres corps. C'était sans doute idiot de penser que j'étais responsable d'eux, que c'était à moi de m'y coller, mais cela n'avait aucune espèce d'importance : c'était ce que je ressentais. Ce n'était pas une honte ni un fardeau mais bien quelque chose qui m'apparaissait clair comme de l'eau de roche. Une banalité parmi tant d'autres.
Tant d'individus prient pour la vie qu'ils en oublient de s'occuper des morts, mais pourtant c'est bien la mort qui permet à la vie d'exister, l'une et l'autre faces d'une même pièce. A la limite, je voyais en la mort quelque chose de plus gratifiant, de plus pur, de plus simple. Il n'y avait pas à tergiverser avec elle, pas de marchandage ni rien. Les termes du contrat n'émettaient aucune alternative foireuse, pas de petites lignes en marge de la page, rien. C'était vraiment quelque chose de transparent.
Chacun avait son laissez-passer sur Terre pour un moment distinctement attribué, avec un aller et un retour. L'Aller étant bien entendu la vie. La mort était quant à elle un juste retour des choses et pas un monstre avide d'âmes damnées où que sais-je encore. Pleurait-on la fourmi qui s'était faite écraser à coup de tatane, l'asticot qui avait fait le repas d'oisillons ? Bien sûr que non car "c'est la vie", c'est "comme ça". Alors où était le mal dans notre cas ?

Seulement personne n'aurait pris soin de ces enveloppes charnelles si je ne m'en occupais pas : qui aurait pris soin d'anciens prisonniers après leur décès ? Déjà pendant leur vivant alors après... il ne fallait vraiment pas y compter ! Et puis...ce n'était pas comme si ils avaient dû subir le même traitement que...
Ca me fait toujours bizarre de devoir admettre ce qui s'est passé ici. J'arrive pas à le formuler clairement. Ou...je ne le veux simplement pas.
Je soupire et ferme à nouveau les yeux pour me garder à distance de cette sale semaine. J'ai du pain sur la planche, inutile d'appuyer moi-même là où ça fait mal, y'a des gens qui font ça très bien.


J'avais fait léviter les deux corps à l'extérieur et nous nous retrouvions à présent sous la pluie près de la petite marre. Je laissai les corps étendus dans l'herbe inondée et croisai leurs mains sur leur poitrine avant de me tourner vers le petit bassin dont l'eau s'agitait sous les bourrasques. D'un coup de baguette, je fis apparaître deux cavités bien distinctes dans la terre gorgée et les comblai d'un voile clair ; je m'agenouillai alors et transférai chacun des corps dans le plus grand silence. La pluie me faisait grelotter mais je ne m'en souciais guère, j'étais trop occupée à veiller mes morts. J'attendais peut-être un réveil de leur part, quelque chose, n'importe quoi...je n'en sais rien. Je ne pouvais simplement pas détacher mon regard de ces corps. Je ne voulais pas les laisser, sans doute étaient-ce les seuls êtres qui ne pourraient plus me causer de tort en ces lieux, alors pour une fois je restais tranquille et je laissais le temps filer calmement.
Ils avaient l'air si paisible, à présent. On aurait dit des anges. Des anges en lambeaux, déchiquetés, ensanglantés...des anges de la guerre mais des anges quand même. J'aurais tant voulu rester là à les contempler, laisser le temps glisser sur nous, tous devenir pierre. Pierre... Et ni le vent ni la furie du monde ne pourrait plus nous atteindre. Nous nous effriterions en silence, avec douceur, sans douleur aucune... Immortels dans la mort.

Je souris en me rendant compte de la niaiserie que suit ma pensée. Changés en pierre, vraiment ? Et puis quoi encore, l'eau en vin, la terre en or ? Je devais avoir pris froid, être déboussolée. Il valait mieux que je rentre avant d'avoir de la fièvre et de délirer plus encore.
Je soupirai et offris à chacun de mes tendres un petit bouquet de violettes apparut par magie, puis je décidai carrément de les draper de ces fleurs. Après tout, ce niveau de magie ne me coûtait quasiment rien d'énergie et ils ne paieraient pas plus cher leur voyage. Et puis, le parfum de ces fleurs avait quelque chose de si particulier... Je lui trouvais quelque chose de rassurant et d’enivrant à la fois, comme un doux rêve que l'on ne veut quitter pour rien au monde. Ils ne quitteraient jamais le leur.


« Dormez bien »

Je leur adressai un dernier sourire triste et refermai la terre sur eux. Ils prenaient la Grande Route, à présent. Ils rentraient. Et sans doute les rejoindrais-je bientôt.
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