POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Tu es seul le matin va venir || PV I. Bedan

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Eris L. Valverde


MessageSujet: Tu es seul le matin va venir || PV I. Bedan Dim 13 Oct - 12:58

Tu es seul le matin va venir
Eris L. Valverde & Isaac Bedan


Le déjeuner venait de se terminer.
Poudlard était sous une pluie fine et froide, les premières lueurs d'un automne qui s'annonçait glacial. Tandis que résonnait le bruit des sortilèges et des os brisés d'Irlande, le silence planait et faisait loi dans l'antique Ecole de Sorcellerie. Là où quatre sorciers poursuivis par la folie moldue, dans toute leur puissance, avaient bâti une Ecole prête à accueillir les fils et les filles de celles et ceux qui depuis toujours été persécutés. Là où Lord Voldemort avait posé ses pas, où il avait construit une future philosophie qui prendrait pleinement son pouvoir dans ces mêmes lieux. Là où Albus Dumbledore avait instauré une dictature de l'ombre, tyrannie bourbiste où chaque élève qui entrait à Poudlard se voyait vidé de tout sens critique et tout sentiment patriotique vis à vis de la Sorcellerie. Puis la suite, on la connaissait. Potter, Mai 1998, Rogue, Halloween, Brom, LeeRoy et désormais, le Purisme.
Et ce silence, toujours ce silence. Ces murs renfermant des secrets, des crimes, des espoirs et des craintes. Etreinte douloureuse que celle imposée par les instances puissantes de cette Ecole. Gaïa et Ouranos, ne pouvant respirer, sans cesse en train de produire de nouveaux membres à leur immense famille. Ce silence était devenu glacial, un silence que l'on pourrait presque qualifier de Puriste.
L'ordre était revenu. Les habitants avaient compris que la révolte était inutile. Le bourbisme avait entièrement disparu, laissant place à une société clairement respectueuse de la Justice et de la Sécurité. Une société Sorcière digne de son nom et de celui du Seigneur des Ténèbres. Pour ceux qui aspiraient encore à la destruction, il faudrait s'y résoudre qu'en dehors de murs de Poudlard, qu'en dehors des frontières de l'Intendance, et bientôt qu'en dehors des frontières de l'acceptable.

Plus rien ne s'entendait, si ce n'était les voix du Purisme. De toute façon, tout le monde se savait surveillé. Et quiconque faisant un pas de travers publiquement se voyait emmené directement par les services de Sécurité. Quant à ceux qui préféraient lâchement l'ombre, alors Bedan et l'Elite venaient répondre à l'insulte par le nom de l'Inquisiteur Valverde. Quoiqu'il en soit, jour et nuit, à n'importe quelle heure, en tout lieu, l'Inquisition semblait pouvoir tout voir, tout contrôler. Il était devenu si difficile de marcher autrement qu'avec l'hymne Puriste qu'on s'y était habitué. Peu à peu les esprits avaient fondu dans ce moule Puriste, et peu à peu, les remouds de l'ère LeeRoy s'étaient oubliés. L'impression s'était créée que Valverde avait toujours été à la tête de la Jeunesse et de Poudlard et que LeeRoy et son bourbisme découlait d'une époque archaïque, oubliée des esprits, servant à faire peur aux plus jeunes. L'ère Valverde, ou plutôt, l'ère de l'Intendance était présente à Poudlard. L'Inquisition était respectée, pour la simple et bonne raison que ce respect assurait la vie. Petit à petit, cette vie devenait acceptable, comme avait été l'acceptation après les Emeutes de Londres.
Le combat était vain. Car désormais, la résistance ne s'incarnait plus à Poudlard. Elle avait été réduite à néant quelques jours seulement, et sans l'intervention directe de Brom ou pire, de Voldemort. Non si certains voulaient troubler l'ordre établi, l'échelle était désormais plus dangereuse mais plus grande.

L'Inquisiteur de Poudlard venait de recevoir deux membres importants du conseil d'Administration de Poudlard. Le terme "importants" était évidemment à remettre en question dans la mesure où les dits membres ne servaient qu'à montrer qu'un conseil d'Administration existait toujours. Cependant, le pouvoir en vérité, était confié à l'Inquisition, et ce, surtout depuis que Poudlard était rattaché à l'Intendance du Royaume-Uni.
Le Mangemort Politicien recevait cependant encore quelques uns de ces membres, qui pour certains, étaient aussi parents d'élèves. Quelques doléances, Valverde exprimait clairement que le pouvoir était au Seigneur des Ténèbres et qu'en bons Puristes, les sorciers devaient obéir. Autrement dit, ils ne disaient pas beaucoup de chose.
Le bureau Inquisitorial était, comme la tradition le voulait, plongé dans un calme studieux. On ne revenait plus sur la froideur qui entourait les lieux depuis que Valverde y travaillait, mais on pouvait toutefois mettre en avant la sérénité de travail qui s'y dégageaient. Entouré de livres, le vieil homme était assis derrière sa table de travail. La plupart du mobilier installé dans ce bureau provenait de son manoir, après, pour certains membres de celui-ci, un passage à l'Ordre Nouveau. Rien ne rappelait le célèbre bureau des directeurs de Poudlard. Vestige d'une époque dépassée, l'ère était à l'Inquisition et la décoration le rappelait parfaitement bien. La forme des murs, c'est-à-dire ces trois tourelles qui se superposaient rappelait qu'on se trouvait à l'endroit où Brom, Rogue, LeeRoy, Dumbledore et bien d'autres avaient siégé.
Mais comme à l'Ordre Nouveau, le numéro trois du Régime avait pris ses marques et avait montré que ces lieux lui appartenaient de droit.

« Monsieur l'Inquisiteur, individu Isaac Bedan attend pour son entretiens.

Bien. Faites-le entrer. »

Aussi faible et sans conséquences que fut la sentence de Valverde, elle était accompagnée de cette froideur célèbre. Neeson fit entrer le cousin d'Ariana Bedan dans l'antre de l'Inquisiteur.
Il était rare pour un élève de pénétrer dans ces lieux. Puisqu'une hiérarchie avait été rigoureusement travaillée et installée à Poudlard, l'élève, tout en bas de la pyramide, avait peu l'occasion de se retrouver face à sa pointe. Autrement dit, l'Inquisiteur Valverde. Habituellement, différents services se chargeaient des communications, bien que le vieil homme soit au courant des moindres faits et gestes des habitants du château.
Toutefois, les choses étaient différentes. Ce Bedan ci était d'une autre stature que la Bedan que tout le monde connaissait. De plus, il semblait assez perturbé depuis que son père eût trouvé la mort. Mais bien que Valverde ne soit pas psychologue, il y avait une troisième raison. Celle-ci surplombait les deux autres: Bedan voulait entrer dans la Brigade Inquisitoriale.
Et le vieil homme avait quelques projets pour cette Brigade.

« Installez-vous. »

Nouvel ordre, toujours cette froideur. Valverde, lunettes sur le nez, prenait des notes sur une feuille de parchemin tout en lisant un rapport, dossier ouvert. Bedan n'eut donc pas de difficulté à comprendre qu'il était invité à s'asseoir sur un des deux fauteuils offerts aux invités devant le bureau Inquisitorial.
Le vieil homme ferma le dossier, posa sa plume de sphinx à la pointe d'argent et retira ses lunettes. Ses deux yeux froids se fixèrent alors sur Bedan. Un étrange mélange de capacité d'observation, de calme et de froid.

« Je vous écoute. »

Etrangement, même à travers ces mots, Valverde ne semblait pas être en posture d'attente, de soumission à la mise en propos de la pensée de Bedan.
Tout au contraire.


Dernière édition par Pr Eris L. Valverde le Dim 27 Oct - 21:00, édité 1 fois
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Isaac Bedan


MessageSujet: Re: Tu es seul le matin va venir || PV I. Bedan Lun 14 Oct - 15:12

-Eh bien, heureusement que tu m'as dit ce matin que t'étais pas en forme, fit Haytham en passant la porte de la salle de classe. Je me serais inquiété sinon.
-Ferme-la, tu veux ? répliqua Isaac, qui semblait en train d'ajouter la mauvaise humeur à la mauvaise forme.

Loin d'obtempérer, le grand le prit par l'épaule et continua, d'une voix faussement attendrie, suscitant les rires des quelques autres élèves qui marchaient avec eux :


-Oh, voyez-moi ça... il est tout grognon, le barbu...

Sans répondre, Isaac se dégagea de l'étreinte fraternelle et accéléra pour marcher deux pas devant lui – pas longtemps, car l'autre le rattrapa. Vrai qu'il n'était pas d'humeur, et il n'avait pas de quoi l'être. Le cours de métamorphose qui venait de s'achever avait été un véritable cauchemar pour lui. Cette matière ne lui posait pas trop de problèmes d'habitude, mais ce matin-là... Il n'avait réussi aucun sort. Aucun. Il semblait bloquer sur la métamorphose humaine ; rien ne lui réussissait, au point que le professeur avait failli lui donner une retenue. Ils étaient censés faire changer la couleur des sourcils de leur voisin, et Isaac n'y était jamais parvenu. En revanche, cinq minutes avant la sonnerie, il s'était débrouillé pour se faire pousser une énorme barbe roux vif, qui avait provoqué l'hilarité de la classe. Car le professeur l'avait forcé à se lever pour montrer son chef-d’œuvre à tout le monde, en commentant :

-Et voilà ce qui arrive quand on ne se concentre pas assez. Vous viendrez me voir à la fin du cours, Bedan.

Le gamin en aurait pleuré. Il lui avait fallu des trésors de sang-froid pour ne pas céder à l'envie de renverser sa table et d'insulter le professeur. À la fin de l'heure, débarrassé de son encombrante pilosité, il alla voir l'enseignant à son bureau ; il ne fut pas surpris de se retrouver avec une tonne de devoirs supplémentaires, mais le fait d'avoir échappé à la retenue était un bon point. Il ne restait plus qu'à subir les quolibets des autres, et notamment d'Haytham, impitoyable comme savent l'être les grands frères. L'adolescent envisagea même de renoncer au déjeuner pour éviter la compagnie de son aîné, mais les grondements de son estomac furent les plus forts, et il prit sa place à la table des Serpentard en sentant sur lui les regards rigolards des autres troisième cycle. Bien lui en prit, cependant ; il venait à peine de s'asseoir qu'un parchemin apparut dans son assiette. En dépliant la feuille, il fit apparaître, tout d'abord, le sceau de l'Inquisition. Puis une brève convocation : l'Inquisiteur Eris Valverde l'attendrait dans son bureau, dès la fin du déjeuner.


-Tu crois que c'est à cause de la métamorphose ? demanda Haytham qui avait lu en même temps que lui.
-Tu parles, répondit Isaac en rangeant le papier dans sa poche. Il s'en fout pas mal de la métamorphose, le directeur. Il s'occupe de trucs plus importants.

Le grand, inquiet cette fois, continua de chercher pour quelles raisons l'Inquisiteur voudrait voir son petit frère, mais Isaac ne lâcha aucune information. Il savait que cette convocation avait trait à sa candidature dans la Brigade Inquisitoriale, mais il n'en avait parlé à personne, de peur d'être ridicule s'il était refusé. Il expédia son repas en quelques minutes, et resta assis, silencieux, préparant mentalement des réponses aux questions que Valverde pourrait lui poser. Dix minutes avant l'heure à laquelle il était convoqué, il prit la direction de la Tour de l'Inquisiteur, en suivant les indications inscrites sur le parchemin – les élèves n'allaient guère dans cette partie du château, et rares étaient ceux qui savaient précisément où se trouvait l'entrée de la tour. Un Brigadier qui montait la garde l'accompagna jusqu'à l'antichambre du bureau du directeur, où le secrétaire de Valverde prit le relais. Isaac n'eut guère à attendre ; à peine le temps de vérifier que sa tenue était bien en ordre, et on le fit entrer dans le bureau. Il s'avança timidement dans la pièce dont la froideur avait quelque chose de majestueux. On craignait de déranger ce silence rien qu'en osant respirer, et lorsque le Serpentard prit la parole, ce fut d'une voix légèrement étouffée :


-Bonjour, monsieur l'Inquisiteur.

Sur l'invitation – impérieuse – du directeur, il s'assit sur l'un des sièges prévus pour les visiteurs, et attendit, les mains posées à plat sur les genoux. Il ne détourna pas les yeux lorsque Valverde se mit à l'examiner, d'un regard froid et perçant, bien qu'il ne se sentît pas très à l'aise. La suite acheva de le déstabiliser ; au lieu de l'interroger, le maître des lieux lui indiqua qu'il l'écoutait, indiquant par là que c'était au gamin de se débrouiller comme il pouvait pour être convaincant. L'exercice était difficile pour un adolescent de cet âge, plus habitué à répondre à des questions qu'à mener un exposé, mais c'était certainement un moyen de tester sa faculté à s'adapter. Réfléchissant à toute vitesse, Isaac ne laissa passer que quelques secondes avant de se lancer :


-Eh bien... Je suppose que vous m'avez convoqué au sujet de ma candidature à la Brigade Inquisitoriale, monsieur... Je me suis permis de me porter candidat car je pense que la bonne marche de cette école est de la responsabilité de tous, et que je voudrais m'y investir davantage qu'en tant que simple élève.


Que cherchait-il ? Pas le pouvoir ; il n'était pas vraiment attiré par l'exercice de l'autorité, mais davantage par la participation à un projet de société, et il essaya de s'en expliquer :

-J'ai postulé car l'appartenance à la Brigade Inquisitoriale m'apparaît comme une occasion unique, à mon âge, d'avoir un rôle actif dans société puriste, et, je pense aussi, de gagner en maturité.

Était-ce bien clair ? Il n'était pas entré dans les détails personnels, n'avait pas évoqué la fragilité qui, pour l'heure, l'obligeait à prendre un traitement préventif, n'avait pas voulu parler de son père et de son désir d'être fier de ses garçons. Comment mieux le rendre fier qu'en devenant, à son tour, un agent du purisme ? Un peu maladroitement (mais c'était Valverde, ici, qui maîtrisait l'éloquence, pas le tout jeune homme assis en face de lui), Isaac conclut :

-Voilà, monsieur...
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Eris L. Valverde


MessageSujet: Re: Tu es seul le matin va venir || PV I. Bedan Dim 20 Oct - 19:27

Un deuxième Bedan.
Valverde était attaché à Ariana, pour la simple et bonne raison qu'elle avait la chance d'être intelligente. Ce n'était plus le cas de tout le monde et le fait d'être né dans une famille Puriste plus connue par son nom que par ses actes n'avait pas forcément été bon pour la jeune fille. Valverde lui avait fait comprendre qu'on ne devient rien à s'appuyer sur son nom. La preuve en était avec Brom, De Saint-Clair, lui-même et Voldemort. Des noms inconnus à l'origine. Beaucoup s'étaient peut-être moqués du petit Jedusor à son arrivée à Poudlard. Où étaient désormais ces gens? Personne ne s'était moqué de Malfoy, de Menroth, de Lestrange, de Mulciber, et où étaient-ils maintenant? Oh certes, certains avaient encore une place, un fauteuil à responsabilités. Mais plus beaucoup d'oreilles étaient tendues pour les écouter. Car une chose était certaine, les sorciers de l'Intendance avaient un besoin impressionnant de devenir quelqu'un. C'était le but de la dictature de Voldemort d'ailleurs. Certains idéalistes comme l'Inquisiteur ne le disaient pas de cette façon là. En réduisant les sorciers à un état pur de sorciers, ils cherchaient une manière de se débarquer. Or, ils faisaient partis de la foule, du nom inconnu. Mais de ces inconnus là avaient été un temps les Brom, les Valverde, les Jedusor, les De Saint-Clair, les Crow. Et désormais, ils étaient tout autre, bien que le jeune français prolongeât quelque peu trop son absence le rendant désormais sans véritable poids politique.
Bedan avait ce charisme des sans-noms, de ceux qui n'étaient partis de rien pour arriver à leur état actuel. C'était là toute sa force, il fallait faire en sorte qu'elle représente la réussite Puriste possible à toute la Jeunesse. Le modèle d'une Jeunesse digne de ce nom, capable de se battre contre le bourbisme sur tous les fronts.
Et une chose était certaine, il ne fallait pas que d'autres Bedan viennent entacher le lancée de la rusée Ariana.

Valverde était un homme politique. Manipulateur donc par essence, il avait été forgé dans cette politique de l'ombre. Une manipulation qui n'avait pas pour vocation sa propre personne, d'où cette raison qu'on reconnaissait que l'Inquisiteur de Poudlard était un pilier du Purisme, à la différence des Malfoy ou de Menroth qui manipulaient pour leur propre personne. Ces gens avaient réussi à s'être fait un nom, une importance dans une quelconque institution. Mais ils n'avaient pas la reconnaissance de Lord Voldemort, encore moins celle du Purisme. Et à ce moment précis, ils pouvaient être éliminés facilement. Malfoy par Menroth, puis Menroth par De Saint-Clair. Du moins, indirectement. Mais pouvait-on éliminer Brom? Valverde? Crow? Non, tout simplement parce qu'ils filaient droit et parce que toutes ces manipulations, tous ces accords, toute cette influence politique renforçait le régime Puriste de Lord Voldemort.
Poudlard était une institution de l'Intendance du Royaume-Uni. Poudlard était donc garante d'une certaine image, une image qu'il fallait Pure et Juste. Car, dès le moment où les choses étaient singulièrement remises en question, c'était tout un Régime qui en souffrait. Et tous les moyens étaient bons pour permettre une crédibilité de l'image et un bon fonctionnement des services.
Le Mangemort politicien avait toujours su être là où il fallait, et absent des endroits où il ne fallait pas être. Lâcheté? Non. Il avait de nombreuses fois mis sa vie en danger, mais cela en avait toujours valu le risque et les efforts.

Qu'était Isaac Bedan face à Eris Valverde. Un élève. Une abeille face à la reine mère. Mais une abeille qui, si elle choisissait de ne pas protéger la souveraine durant l'hiver, risquait la mort de celle-ci, puis l'avènement d'une autre reine.
Qu'était Eris Valverde face à Isaac Bedan?
Et les choses pouvaient aller loin comme ceci. Le cheminement complexe. Certaines lois physiques ne pouvaient s'expliquer par des théories scientifiques. Il fallait respecter la hiérachie. Un temps viendrait où ces jeunes prendraient importance et responsabilités. Ce temps aurait fait en sorte alors que les choses soient établies. Il ne fallait rien presser, rien forcer. D'autres jeunes les respecteraient alors, puis ces derniers seraient respectés et vice versa.
Ainsi, il ne s'agissait pas là de se questionner sur qui était Isaac Bedan face à Eris Valverde, car la réponse était déjà si évidente qu'elle ne nécessitait pas d'être évoquée et donnée.
Il s'agissait de se demander ce que demanderait Isaac Bedan face à Eris Valverde.

« Bien. Valverde observa le jeune-homme. Ce mot ne semblait pas vouloir affirmer que le vieil homme acceptait ce que venait de dire le cousin à Ariana. Il avait posé une question, la question était donnée. Jeu d'équivalence, pour le moment. La Brigade Inquisitoriale est par tradition liée à l'Inquisitrice LeeRoy, vous n'êtes pas sans le savoir. Beaucoup ont cherché à y entrer pour plaire à cette dernière dans un Poudlard coupé du monde, où prendre le pouvoir semblait l'unique objectif de ses habitants. Or, ce n'est plus le cas. Et vous le savez, n'est-ce pas? »

Oui, il le savait.
Tous les Bedan le savaient désormais. Ils se trouvaient de l'autre côté du fleuve, du côté de l'Inquisition, de l'Intendance. Ils avaient une place toute réservée. Enfin. Pas tous. Juste Ariana. Là était la touche de Valverde. A chacun sa place, mais la famille n'a rien à dire ou à influencer dans cette histoire.
Quelle légitimité avait alors le garçon?
D'une part, Valverde pensait qu'en l'installant au coeur de la Brigade Inquisitoriale, cela assurerait un contrôle sur cette dernière. Toutefois, d'une autre manière, installer Bedan au couer d'une institution désorganisée et inutile pourrait sonner avec l'installation d'une hiérarchie familiale, tournée seulement auprès des Bedan. Quel discours opter alors pour une Jeunesse, où chaque individu a son importance pour former la Communauté Sorcière?

« Vous n'entrerez pas dans la Brigade Inquisitoriale. La sentence était tombée, personne n'y reviendrait dessus. L'Inquisiteur Valverde restait l'instance dirigeante de cette école et personne n'était là pour contredire ses décisions. Du moins, pas directement, Monsieur Bedan. Cette institution ne détient que son nom, et si vous êtes à la quête d'un nom par une instance extérieure à votre propre personne, alors ni l'Inquisition de Poudlard, ni qui que ce soit ne vous sera d'une quelconque aide. Or, il en est de la sécurité de l'Ecole, et nous ne pouvons nous permettre de la mettre en branle pour une affaire d'une quête existentielle. Valverde n'avait jamais vraiment aimé les adolescents. Toutefois, il accordait une importance sans bornes au Purisme. Et à la Jeunesse qui était en train de l'incarner pleinement. Le vieil homme se leva, contourna son bureau, descendit les quelques marches qui séparaient les deux tourelles. Sa robe rouge-sang flottant au rythme de ses pas, il atteignit les bibliothèques anciennement remplies d'objets étranges de Dumbledore et désormais composées de dossiers et de livres. Il y sortit un dossier, l'ouvrit, sortit une feuille de parchemin. Il referma le dit dossier avant de retourner à sa place. Vous avez ici la liste des membres de la Brigade Inquisitoriale. Votre rôle est simple. Vous allez vous rapprocher d'un des quatre nom souligné. Au choix. Quatre individus qui peuvent s'avérer dangereux pour l'Intendance et le Purisme. Quatre noms qu'il va falloir garder à l'oeil. Et cela, dans la discrétion la plus totale. Poudlard ne saurait retomber dans des divisions de groupes qui veulent s'attribuer plus de pouvoir qu'il ne leur en est autorisé et ainsi, diviser le Purisme dans d'idiotes quêtes arrivistes. »

Ariana était l'image du Purisme Jeune, celle qui était dans les confidences de l'Inquisiteur Valverde, le politicien du régime de Lord Voldemort.
Hélas, ou heureusement pour lui, Isaac Bedan n'était rien. Il ne tenait qu'à lui de prouver qu'il pouvait s'incarner dans cette discrétion qui semblait être la sienne, et servir aux intérêt de la Sécurité du Purisme et de Poudlard.

Tout n'était qu'affaire de choix.
Ou presque.
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MessageSujet: Re: Tu es seul le matin va venir || PV I. Bedan Mer 30 Oct - 20:46

Des livres, des centaines de livres. Des milliers, peut-être ? Les volumes bien rangés occupaient la majeure partie des murs, jusqu'au plafond. L'endroit rappelait à Isaac la bibliothèque dans laquelle son défunt père avait aménagé son bureau. Ces murs de livres avaient quelque chose de rassurant, de presque chaleureux. Le gamin avait passé des heures auprès de son père, à dessiner en silence. Il n'était pas un enfant sage, mais le dessin avait pour étrange vertu de le rendre calme. Hugo avait poussé l'obligeance jusqu'à lui installer, devant l'une des fenêtres, une table à dessin, une vraie grande table sur laquelle Isaac pouvait copier les illustrations des grimoires de son père... L'atmosphère studieuse de la bibliothèque lui plaisait, et il en retrouvait quelque chose dans le bureau de l'Inquisiteur. On n'avait pas envie de parler à voix haute dans un endroit peuplé de tant de livres. Leur présence inspirait un respect que même Isaac, enfant terrible avant d'être un adolescent violent, ne voulait pas transgresser. Telle était la majesté de ces volumes, et du savoir qu'ils renfermaient. Le cadet Bedan avait un grand respect pour les livres et la connaissance, au point que le Choixpeau Magique avait brièvement hésité à l'envoyer à Serdaigle. Il ignorait qu'Eris Valverde avait étudié dans cette maison, mais, étrangement, la présence de ces dizaines de livres dans son bureau le lui rendait un peu moins antipathique. Il y avait du chemin à parcourir, cependant, car toute la personne de l'Inquisiteur dégageait une froideur impressionnante. Quelle était la part de calcul dans cette façon d'être, et la part de naturel ? C'était difficile à dire, mais le résultat était là : Isaac ne se sentait pas vraiment à l'aise face à Valverde, comme s'il avait eu quelque chose à se reprocher. Ce n'était pourtant pas le cas : il venait simplement offrir ses services, la conscience nette, mais le regard de l'Inquisiteur était singulièrement perçant et donnait l'impression d'être jugé. Bien entendu, c'était le cas ; Valverde recevait un candidat à la fonction de Brigadier, et devait prendre une décision. Mais il avait une telle façon de fixer son visiteur que le gamin finissait par se demander quelle idée il avait eue de venir dans ce bureau.

Enfin, Valverde parla, et rappela en quelques mots l'histoire tourmentée de la Brigade Inquisitoriale. Il était vrai que, sous l'ancienne direction, la Brigade avait été un marchepied idéal pour tout ce qui se faisait d'ambitieux à Poudlard – ou presque. Le jeune Bedan était-il ambitieux ? Probablement, mais il était aussi lucide et savait très bien qu'à quinze ans, il n'avait rien de mieux à faire qu'attendre et apprendre. Plus tard, dans dix ans, dans vingt ans, il serait un homme et pourrait aspirer à prendre sa juste place dans la société. Pour l'heure, il savait où était sa place. Il convoitait la fonction de Brigadier pour se ranger du côté de l'Inquisition, et contribuer au redressement de l'école. Ariana le faisait bien, après tout... Il n'était pas moins digne qu'elle de faire partie des soutiens du purisme à Poudlard. Le pouvoir, le minuscule petit pouvoir que l'on pouvait retirer de la fonction de Brigadier, ne l'intéressait pas. Il hocha la tête lorsque Valverde lui demanda s'il savait que la Brigade avait changé depuis l'époque de LeeRoy :

-Oui, monsieur, je le sais, murmura-t-il.

Il n'ajouta rien. Inutile de s'attarder sur ce sujet. Il avait été bien briefé sur ce sujet par ses proches, et particulièrement par Ariana, au double titre de cousine et de chef de l'Elite. Elle ignorait sa démarche auprès de l'Inquisiteur, mais avait veillé à ce que ses troupes – et notamment les plus jeunes, dont Isaac faisait partie – ne puissent pas commettre de gaffes.

Et la sentence tomba. D'une voix froide, indifférente, Valverde annonça au garçon qu'il refusait de l'intégrer à la Brigade. Il était inutile de répondre, d'argumenter ; au ton employé par l'Inquisiteur, Bedan savait que la décision était irrévocable, et que discuter serait un manque de respect. Ravalant sa déception, il hocha la tête pour montrer qu'il avait bien reçu le message, et baissa la tête... Mais Valverde n'en avait pas fini avec lui. Pas directement ? Que voulait-il dire ? L'adolescent releva les yeux pour fixer avec attention le Directeur. Ainsi, il avait quelque chose à lui confier ? Il suivit chacun de ses mouvements tandis que le sorcier se levait pour aller prendre dans un dossier un parchemin qu'il lui remit. Isaac en prit connaissance rapidement : la liste des membres de la Brigade Inquisitoriale. Il en connaissait certains, et son visage s'éclaira d'un sourire lorsque Valverde lui expliqua ce qu'il attendait de lui. Une sorte d'espionnage, en somme ? C'était inattendu, mais intéressant – et valorisant, du reste : c'était une mission de confiance, sans doute plus que l'entrée dans la Brigade Magique. Cela supposait un lien plus personnel avec l'Inquisiteur, ce qu'il enviait confusément dans la position d'Ariana. Et le fait de s'insinuer auprès d'un camarade pour le surveiller et rendre compte de ses faits et gestes ne lui déplaisait pas. Le garçon déposa la liste sur le bureau d'Eris Valverde, et annonça :


-Robin Hopper, de Gryffondor, est dans ma classe et je peux sans problème me rapprocher de lui. Est-ce que vous voulez que je vous tienne au courant régulièrement, monsieur, ou seulement si je remarque quelque chose de particulier ?

Peut-être Valverde voudrait-il que les rapports soient faits à Ariana, pour éviter de perdre du temps à recevoir un élève... Mais il avait dit « en toute discrétion » : Ariana serait-elle au courant ? À mi-voix, le gamin fit, sur le ton de l'évidence :

-Je suppose que personne ne doit être au courant...
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MessageSujet: Re: Tu es seul le matin va venir || PV I. Bedan Ven 1 Nov - 17:02

Ils étaient là, attendant leur heure de cours. Deux brigadiers à l'entrée de la salle. Qu'est-ce qui avait finalement changé? Deux personnes se chargeaient de préserver une ambiance juste et sûre, rien de plus. Les cours étaient les mêmes. La Magie restait puissance, et chaque professeur travaillait à l'enseigner aux plus jeunes des sorciers. Et puis, on rentrait soit dans son dortoir, soit à la bibliothèque. On étudiait, on discutait. Les rumeurs, les actualités de l'Intendance, du monde. Rien n'avait véritablement changé. On avait finit par enterrer la révolte contre LeeRoy. On avait oublié que la Grande-Salle avait été le spectacle d'exécutions sommaires et sanglantes. On avait mis de côté les mains et les têtes accrochés sur le mur de la Grande-Salle. Le train-train quotidien était revenu. Du moins, en apparence. Car des choses avaient germé dans l'esprit des adolescents sorciers. Une envie de voir un monde meilleur, la compréhension qu'on ne pouvait se tirer du bourbisme et de la misère que par l'excellence et le mérite. Alors chacun s'était mis en tête de se dépasser. Certains pour le Purisme, certains pour Valverde, certains pour Voldemort, d'autres encore pour leurs parents, et quelques uns même pour eux-mêmes. Mais quoiqu'il en soit, on avait appris l'effort. Une entité oubliée à Poudlard depuis deux années maintenant. L'ancienne Inquisition de Léon Brom revenait en force avec Valverde. Deux intellectuels, deux personnalités liés à la maison Serdaigle. Nul doute que la personnalité inclinait la pensée et la direction de cette école.
Mais du bas de ses occupations quotidiennes, la masse étudiante ne se doutait pas de ce qu'il se passait dans la Tour de l'Inquisiteur. Oh, on connaissait Valverde. On savait qu'avant Poudlard, il avait dirigé l'un des principaux Département de l'Intendance et on se doutait qu'il ne passait pas ses journées à ne rien faire. Mais les choses étaient tellement rigoureusement administrées, dirigées qu'on ne s'imaginait pas que toute une équipe puisse y travailler. La chose était si naturelle qu'on la croyait faite ainsi à des niveaux hiérarchiquement supérieurs. Mais ce n'était nullement le cas. Et c'était là toute la différence entre l'Inquisition de Poudlard et les élèves qui parcourraient quotidiennement le château. Et c'était sur ce point qu'ils ne comprendraient jamais Ariana Bedan, et que toujours ils la jalouseraient. Mais aucun de ces élèves pensait que la jeune Serpentard avait énormément de travail à faire aux côtés de l'Inquisiteur de Poudlard et qu'elle était la première à être mise en danger. Elle, elle ne pouvait pas se cacher dans la foule. Tout comme Valverde. Le vieil homme faisait parti des Mangemorts connu et reconnu. Aussi, chaque journée était une mise en danger, autant de l'intérieur que de l'extérieur. Que cela soit auprès des opposants ou des adjuvants. Et peu comprenaient que c'étaient ceux qui avaient en leur froide main le plus de pouvoir qui risquaient tous les jours leur vie.

Isaac Bedan venait, en quelques secondes, de changer de monde. Il venait à l'instant de comprendre ce qui se tramait dans les couloirs de l'Inquisition. Mieux encore, il était assis dans l'antre de Valverde. Il n'était ainsi pas difficile pour le jeune-homme de s'imaginer, tous les matins, une réunion avec Bedan, Selwyn et quelques autres représentants de la Sécurité. Cela devenait presque tangible pour ce dernier de voir de grands dirigeants tels que Witcher ou Mulciber marcher dans ce bureau. Être près de Valverde, c'était comme être près de Voldemort. Personne ne pourrait un jour comprendre ce que ressentait le jeune Serpentard avant d'avoir vécu la même chose. L'Inquisiteur de Poudlard était loin d'avoir la prétention d'être une personne exceptionnelle. C'était d'ailleurs cela qui l'avait mené là où il était actuellement. Mais pour d'autres regards, il était une personne installée à la Tour de l'Inquisiteur, manipulant et surveillant esprits et corps. Celui qui avait emporté des foules. Foules installées à plusieurs mètres de lui, dont certaines composantes n'avaient d'ailleurs vu qu'un reflet rouge lointain, sur une estrade et n'avait entendu qu'une simple voix. Isaac Bedan, lui, se trouvait face au politicien du Purisme, à l'incarnation actuelle de la direction de Poudlard. Aussi, lorsqu'il marcherait dans les couloirs de Poudlard, il verrait les choses d'une autre manière. Non pas forcément avec hauteur ou suffisance, juste différence. Il comprendrait que les choses ne se jouaient pas dans l'immédiat, dans l'ici, dans l'instantané. Il se rendrait compte que d'autres, plus haut, contrôlaient des choses, surveillaient des personnes.
Etait-ce positif? Fallait-il attendre encore un peu? Au fond, Valverde s'en fichait. Ou du moins, semblait-il ne pas en prendre compte. Car quiconque pensait que le Mangemort politicien agissait sur le moment, sans réflexion préalable et sans observations se leurrait totalement. L'homme était aguerri dans l'art de la pensée et de l'analyse. Aucune parole ne découlait de l'irrationnel, rien ne rimait avec l'irréfléchi. Tout était prêt, contrôlé et préparé à l'avance.

Il se trouvait qu'Eris Valverde était à la tête d'une institution qui souffrait encore d'anciennes blessures. La Sécurité était rapidement revenue, mais il fallait maintenant préserver cette Sécurité. L'Inquisiteur était aussi là pour la gloire du Purisme et l'action de Voldemort de placer à la direction de la Jeunesse et de Poudlard un politicien de la renommée de Valverde ne découlait pas de la bêtise et de l'anodin. Une mission politique s'opérait dans l'ancien bastion bourbiste des Dumbledore, Potter et McGonagall. Et cette mission nécessitait différentes forces, différentes personnes, différentes énergies.
Isaac Bedan était un garçon de la discrétion. Celui vers qui on ne se tournerait naturellement pas, trop dans l'ombre d'une cousine autonome. Car Valverde avait appris à Ariana à composer sans son nom et sa famille. Mais paradoxalement, l'entité autonome Ariana avait pris le pas sur le nom Bedan. On pensait désormais plus à Ariana qu'à Bedan, et pourtant, il y en avait bien d'autres. Isaac faisait parti de ceux-ci. Ne pas se servir de celui-ci serait particulièrement bête.
L'ancien Directeur de l'Ordre Nouveau ne faisait pas les choses avec une idée malsaine à l'esprit. Tout au contraire, il cherchait la gloire du Purisme. Et cette gloire s'incarnerait à Poudlard par la Sécurité, l'Ordre et la Justice. Il fallait donc chaque jour travailler pour que la Jeunesse devienne élite d'Excellence, et tous les moyens restaient bons pour parvenir à une fin. Isaac Bedan était autant un moyen que Logan Selwyn, Andrew Neeson, Ariana Bedan et les élèves exécutés dans la Grande-Salle.
C'était là tout l'art du politicien. Certains ne jouaient toujours que la même carte. C'était là leur force, à l'image de l'Intendant Brom qui était avant tout un guerrier craint et redouté. Valverde, lui, avait en sa poche multiples cartes, toutes de tailles différentes, de compositions et de matière différentes et de poids différent. Le tout n'était pas la carte en elle-même, mais la façon avec laquelle il la jouait. Ce que cela lui rapportait, à un temps donné après une attente précise. C'était pour cette raison qu'on reconnaissait à Valverde ce talent de Politicien qu'était le sien. Juge, Directeur de Département, Inquisiteur. Autant de fonctions qu'il avait jouées, autant de titres qu'il avait portés et le tout pour le renforcer politiquement parlant.

« L'Inquisition de Poudlard est une insitution de l'Intendance, qui demande transparence à ses dirigeants et confiance dans ses membres. Aussi, vos rapports serviront à l'entière Inquisition et ne pourront lui être cachés. A quelle fin les cacherions-nous? Le regard noir de Valverde, malgré l'interrogation, préserva cette froideur qu'on lui connaissait tant. Notre unique but est la gloire du Purisme en ces lieux. La Brigade Inquisitoriale représente encore à ce jour un danger pour le Purisme que défend le Seigneur des Ténèbres. La surveiller est une mission de sécurité. »

Autrement dit, Valverde n'était ni Larsen Menroth, ni Drago ou Lucius Malfoy. Les choses, il le faisait pour le Purisme et c'était vrai. Beaucoup prétendaient le faire aussi pour le Purisme, mais à un temps donné, on ne pouvait que faire le constat du mensonge et de l'illusion. Le vieux Mangemort, lui, avait toujours fait en sorte que le Purisme et Lord Voldemort soient renforcés de ses choix et de ses actions. Les camps de travaux forcés en étaient la preuve. A Poudlard, on notait actuellement une hausse des résultats scolaires. Les élèves étaient calmes et studieux. Certains en sortiraient renforcés dans leur croyance pour le Purisme. Le combat serait gagné.
Qu'avaient gagné Menroth et Malfoy? La mort. Qu'avaient apporté Menroth et Malfoy? Rien. Rien qui ne puisse se faire sans eux. Valverde n'était lui aussi dispensable, mais ses actions n'avaient eu que pour objet le Purisme et la Sorcellerie. Si celui qui était en l'état de le juger, c'est-à-dire Brom par la volonté du Seigneur des Ténèbres, estimait qu'on n'avait guère plus besoin de lui, alors il se retirait. Mais tout sorcier restait indispensable pour la Magie à son échelle. C'était cela le message du Mangemort Politicien. C'était à ce message qu'il s'était voué à l'Ordre Nouveau et désormais à Poudlard.

« Vous écrirez vos rapports et les ferez transmettre à mon secrétaire. Nul besoin de vous rappeler que mentir ne serait que bêtise sans intérêt, puisque nous finirions par le savoir. Sans ommettre le fait que chercher nuire à l'Inquisition de Poudlard, c'est chercher à nuire à l'Intendance et par extension, au Seigneur des Ténèbres. Je me doute que cela n'est pas votre volonté. La voix de l'Inquisiteur de Poudlard était d'un calme paradoxalement reposant. Mais la froideur du regard et du ton obligeait quiconque se trouvait face à lui de ne pas perdre une miette de ce qui était dit. Une attention perpétuelle. Nous disposons d'un important service de Sécurité interne qui saura mettre en lumière les éléments dangereux pour le bon déroulement de l'Education Puriste en ces lieux. Mais votre mission consistera à observer ces dirigeants de la Brigade Inquisitoriale, à sonder leurs intérêts et leurs objectifs. Peut-être n'y trouverez-vous rien de bien concluant, auquel cas nous n'en serons que plus satisfait. Je le pense, c'est là une chose qui pourra peut-être vous prouver que vous êtes un élément du Purisme que le Seigneur des Ténèbres construit quotidiennement. L'effort de tous les Sorciers est nécessaire dans cette société que nous bâtissons. »

Valverde n'avait pas peur de la Brigade Inquisitoriale. Il n'avait pas peur d'Isaac Bedan. Toutefois, il cherchait à contrôler certaines personnes qui pourraient faire de l'ombre à d'autres. Et surtout, à eux-mêmes. Et au final, faire une ombre au Purisme.
Savoir de quelles personnes il était question tenait de l'utopie. Contrôler Isaac Bedan en l'empêchant de faire de l'ombre à sa cousine Ariana? Contrôler Isaac Bedan pour éviter de perdre le contrôle sur la Brigade Inquisitoriale? Contrôler Isaac Bedan pour faire en sorte de mieux contrôler Ariana Bedan en la laissant perpétuellement sous la lumière de ses actions et donc, de ses potentielles erreurs ou réussites, et ainsi ne pas la voir déraper? Contrôler la Brigade Inquisitoriale via Isaac Bedan, individu de confiance?
Personne ne pouvait apporter de réponse. Mais quoiqu'il pouvait arriver, le Purisme s'en trouvait renforcer. Et c'était tout ce qui comptait pour le Mangemort Politicien.

Etait-ce le cas de tout le monde?
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MessageSujet: Re: Tu es seul le matin va venir || PV I. Bedan Sam 9 Nov - 20:05

Le bureau de l'Inquisiteur, dans cette tour, semblait coupé du monde. On n'y entendait aucun des bruits de l'école – et pourtant, le collège, même s'il était devenu plus calme, n'était jamais vraiment silencieux dans la journée ; les élèves parlaient, s'interpellaient, marchaient en grands groupes bruyants, déplaçaient tables ou chaises... Cela n'avait rien à voir avec l'ancienne époque, mais la majorité des habitants du château restait composée d'adolescents, et, si on les avait mis au pas, on ne les avait pas réduits au silence. Ils étaient plus disciplinés, mais ils demeuraient, pour beaucoup, des gamins qui avaient besoin de moments de relâchement. Isaac lui-même le reconnaissait ; il pouvait être parfaitement silencieux durant les heures de cours et marcher au pas tant qu'on voulait, mais uniquement si on lui accordait le droit de se défouler par ailleurs. Il n'ennuyait personne lorsqu'il allait courir dans le parc jusqu'à l'épuisement, ou lorsqu'il prenait un balai et volait au point de s'étourdir ; d'autres avaient besoin de rire avec leurs amis, de se poursuivre sur les pelouses, et rien de tout cela ne se faisait sans bruit. Les jeux des élèves étaient tolérés, du moment qu'ils ne contrevenaient pas au règlement et ne dérangeaient personne. Il fallait simplement renoncer à galoper dans les couloirs, comme du temps de LeeRoy, ou à s'esclaffer n'importe où dans le château. Si un adulte – et ils étaient plus nombreux que jamais – vous y surprenait, c'était les ennuis assurés. Mais dehors, ou dans les salles communes, on pouvait encore s'amuser.

Normalement, à cette heure-ci, à la fin de la pause déjeuner, l'école était particulièrement bruyante. Les élèves profitaient de leurs derniers instants de liberté avant la reprise des cours pour se détendre. Les retardataires quittaient la Grande Salle en hâte pour aller chercher leurs affaires de l'après-midi dans leurs dortoirs. Quelques portes claquaient, et la voix des adultes chargés de maintenir l'ordre résonnait dans les couloirs. Mais dans le bureau de l'Inquisiteur Valverde, on ne soupçonnait même pas qu'une telle fourmilière puisse ainsi grouiller un peu plus bas. Aucun bruit ne parvenait jusqu'à la tour d'ivoire de Valverde. Le bureau aurait aussi bien pu se situer dans un bâtiment différent, finalement. Par la fenêtre, Isaac n'apercevait qu'un petit coin du ciel, et cela renforçait cette sensation d'isolement. L'adolescent comprenait mieux, désormais, quelle était la position du Mangemort à l'école. Dans le petit monde de Poudlard, mais loin au-dessus du commun. Un peu comme – toutes proportions gardées – le Seigneur des Ténèbres qui régnait sur la population magique. On le savait présent, mais nul ne savait où il était et ce qu'il faisait précisément. On savait seulement que sans lui, les choses ne pourraient se dérouler sans anicroche. Il en était ainsi de Valverde. L'approcher était exceptionnel, et permettait de mesurer la distance qui le séparait du menu peuple qu'il dirigeait. Isaac éprouvait une certaine fascination pour ce lieu habituellement hors de portée, pour cet homme qui lui parlait avec sévérité ; il était bien conscient de vivre une expérience que la plupart de ses condisciples ne connaîtraient jamais, et pourtant, cela ne le plaçait pas au-dessus des autres, il en était certain. Il demeurait un simple élève, astreint aux règles de l'école, l'un de ces gamins sur lesquels l'Inquisiteur avait tout pouvoir. Son père lui avait souvent dit que servir le Purisme donnait plus de devoirs que de droits, aussi ne s'attendait-il pas à recevoir un quelconque privilège en travaillant directement pour Valverde – hormis la précieuse récompense d'une conscience nette. Il écouta attentivement les propos du Mangemort, et hocha la tête lorsque celui-ci lui rappela que mentir serait non seulement une erreur, mais surtout une déloyauté. Il n'avait, à aucun moment, eu l'intention de mentir dans ses rapports. Il n'était pas remonté, dans son raisonnement, jusqu'au Seigneur des Ténèbres, mais remettre délibérément un rapport faux à l'Inquisiteur lui semblait déjà gravissime. Pas par peur de la punition encourue, ou pas seulement ; il avait été suffisamment influencé par son père pour que la simple idée de trahir le purisme, même à la marge, le révulse.

Valverde conclut en rappelant au gamin qu'il devenait partie prenante du purisme désormais, comme des milliers d'autres sorciers qui œuvraient sous l'autorité du Seigneur des Ténèbres. Oh, bien sûr, il n'était qu'un des maillons de la chaîne, une minuscule ouvrière de la ruche, mais il savait qu'il travaillait à présent pour la même cause que son père. Et si Hugo avait sacrifié sa vie à cette cause, c'est qu'elle en valait la peine... À mi-voix, le Serpentard assura :

-Je comprends ce que vous voulez dire, monsieur. Je suis vraiment honoré de pouvoir prendre ma part du travail pour le Purisme, et je ferai tout mon possible pour vous donner satisfaction.

Ou j'en assumerai les conséquences. On pardonnait difficilement les échecs, dans le régime puriste, et ce n'était pas parce qu'il n'était qu'un gosse qu'on aurait davantage d'indulgence pour lui. La recherche de l'excellence était constante, comme le démontrait la nouvelle direction de l'école ; la paresse, le laxisme ou l'à-peu-près n'avaient plus leur place à Poudlard. Chacun devait répondre de ses actes, et, si l'on tolérait que les plus jeunes commettent des erreurs dans leur apprentissage de la magie, on n'acceptait pas que le Purisme en pâtisse. Seule une parfaite loyauté pouvait racheter celui qui avait failli, et Isaac le savait. Les réussites étaient celles du purisme, les échecs ceux de chaque individu. C'était la meilleure façon de pousser chacun à se dépasser et à donner le meilleur de lui-même pour la communauté. Le gamin, désormais, ne pouvait plus espérer qu'une chose : être à la hauteur de la mission que son directeur venait de lui confier. S'il se montrait trop maladroit pour gagner la confiance de Hopper, ou pas suffisamment perspicace, il aurait manqué une excellente occasion de faire ses preuves. Soucieux d'éclaircir le plus de choses possible lors de cette entrevue, il demanda encore :

-Dans combien de temps attendez-vous mon premier rapport, monsieur l'Inquisiteur ? Est-ce qu'une semaine convient ou est-ce trop long avant que je vous rende compte de l'avancée de mon travail ? Je ne pense pas pouvoir vraiment progresser avant.

Un bruit de l'extérieur parvint enfin, très lointain, jusqu'au bureau de Valverde : le son de la cloche qui marquait le début des cours. Isaac serait en retard pour son premier cours de l'après-midi, chose qui ne lui était encore jamais arrivée, et il devrait affronter les brigadiers désormais postés devant chaque classe. Il n'en avait pas peur, d'autant qu'il avait une excellente raison d'être en retard, mais pour un début de mission d'espionnage, ce n'était pas vraiment très discret.
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MessageSujet: Re: Tu es seul le matin va venir || PV I. Bedan Sam 16 Nov - 10:37

Voir cet élève devant lui était sensiblement étrange. Valverde avait presque la sensation de se voir, lui, jeune. Discret, de physique maigre et timide, le regard froid et plein de projets pour le monde, arpenter les couloirs de l'Ecole avec des livres en main. Depuis, le calme avait fait main avec la vieillesse et avait un peu remplacé cette envie de tout faire changer que l'on pouvait lire dans son regard. Jeune, le petit Eris se définissait déjà par ce calme qui en surprenait plus d'un. Mais comme tout adolescent, il était plein d'espoir pour le monde qui allait se construire. Comme le sentiment que les choses ne feraient pas sans lui et qu'il fallait qu'il donne raison à ses parents. Il fallait qu'il mette en marche les théories Puristes de son époque. Du temps où ce n'était que livres, idées, il se sentait capable d'entrer en action. A sa façon, certes, mais il se savait investi de quelque chose pour la Sorcellerie. Il lui arrivait de partir dans des énervements propres à sa personnes. Il est souvent assez troublant de voir une personne habituellement calme sinon sympathique se mettre à s'énerver. Si rare que cela puisse être, la dangerosité était encore plus grande. Maintenant, à presque soixante-dix ans, l'Inquisiteur de Poudlard s'énervait en silence, lançant piques et remarques acerbes à ceux qui l'avaient déçu. C'était cela qu'il fallait déceler chez le vieil homme. Quand il ne disait plus rien à plus personne, c'était qu'il jugeait la partie perdue. Quand il continuait à s'acharner sur une tierce personne, alors il fallait comprendre qu'il pensait encore possible de la faire évoluer faire le chemin qui semblait le plus cohérent pour elle. Il ne fallait pas y voir une envie de tout contrôler. Il ne voulait aucunement imposer son point de vue à des êtres. Mais quand il leur parlait, il voyait dans leurs yeux une cohérence qu'ils ne s'appliquaient pas à eux-mêmes. Ainsi, par ses froides remarques, il faisait en sorte de créer la crise et de pousser l'autre dans ses retranchement, et ainsi, le pousser à se redécouvrir.
Chez certains il avait abandonné le projet. Il les jugeait perdus d'avance et pensait qu'un jour ou l'autre, le destin ferait en sorte de prouver au monde entier qu'ils n'étaient pas dignes de confiance. Cela avait été le cas pour Malfoy, pour Menroth et pour LeeRoy. En 2003, il avait jugé la professeur de Sortilèges trop jeune pour prendre la place d'Inquisitrice. Personne n'avait voulu l'écouter. Et que c'était-il passé deux ans après?
Les choses s'écrivent toutes seules. Chaque crime ou bienfait ayant toujours une répercussion sur ce qu'il suit. Chaque moment conditionne un autre. Les conséquences arrivent toujours avec le temps. Forcer le destin était quelques fois souhaitable. Mais il fallait, à des moments, savoir se taire et attendre.

Le monde prouverait si oui ou non le Purisme marquerait les esprits. Valverde en était persuadé. Persuadé non pas parce qu'il était actuellement un acteur majeur, mais parce qu'il savait que la Sorcellerie avait besoin de retrouver un statut qui était le sien. Les anciens temps étaient révolus et peu à peu, l'art de la Magie s'éteignait avec ses membres. Le sang Moldu pénétrant dans les secrets de la Sorcellerie, grangrennant ses ressources fragiles et puissantes, il faisait tous les jours un peu plus de dégâts sans que personne ne réagisse. Valverde ne se confortait pas dans une position qui était la sienne. Car Merlin savait qu'à l'heure actuelle, le paysage politique ne se faisait pas sans ce vieil homme. Néanmoins, par le passé, d'autres avaient eu sa place et dans le futur, d'autres la prendraient sûrement. Quand? Comment? La réponse ne semblait pas venir, puisqu'Eris Valverde était encore à la place qui semblait être la meilleure pour lui pour le moment. Il avait le profond sentiment de faire changer la Sorcellerie, de lui redonner la position qu'était la sienne dans le concert naturel et l'ordre des choses. Qu'il le soit en Juge au Magenmagot, en chercheur Runique, en Directeur du Département de l'Ordre Nouveau, en Inquisiteur ou tout autre chose si le futur le voulait voir ailleurs, cela n'importait peu. Il voulait faire évoluer les choses dans le domaine qu'on lui attribuait. Un temps le contrôle du Sang, alors il faisait son possible pour redonner à la Sorcellerie le prestige qui était le sien grâce à la direction de l'Ordre Nouveau. Désormais Poudlard, où il s'activait à faire de la Jeunesse le vecteur d'une nouvelle génération Sorcière, à l'image de la Création Naturelle qui avait fait de la Magie la Puissance régente du Monde. C'était cette vision des choses qui lui avait permis d'apprendre, de travailler, d'arriver à une stature qui était la sienne. Faire les choses pour ce qui entoure, découvrir le monde tel qu'il est et le changer du mieux que l'on peut. Pas pour soi, mais pour le Monde. D'autres ne s'en rendaient pas encore compte, mais ils se perdaient en se servant eux-mêmes avec les bienfaits ou les méfaits du monde. Jamais ils n'arriveraient à faire quelque chose de concret de cohérent.

Isaac Bedan, lui, venait d'arriver dans ce monde. Tout comme le jeune Serdaigle Valverde qui débarquait à Poudlard et qui ne savait pas du tout quoi faire de toutes ces idées qui tournent dans la tête. Il venait d'arriver dans un monde adulte qu'il ne connaissait pas encore. Valverde n'était pas sadique. Aussi faisait-il en sorte de ne jamais rien cacher de ce qui était des choses du monde adulte. Mais il arrivait que certains adultes se vouent une guerre sans limites, au point où quiconque entrait dans ce monde se retrouvait attaqué de plein fouet. Certes, l'Inquisiteur Politicien avait fait des coups bas et en avait eu. C'était une certitude. Auquel cas, comment aurait-il pu arriver à être connu comme le plus grand Politicien de son temps? Il y en avait eu d'autres, dont certains qui avaient cherché à lui barrer la route de la meilleure ou la plus lâche façon possible, bien que les deux termes se retrouvent souvent dans un cadre politique. Menroth, Yaxley, McNair, et bien d'autres inconnus qui un jour ou l'autre avaient tenté de l'abattre. Finement, comme Menroth qui avait fait prévaloir une fausse alliance pour mieux écraser Valverde, ou de façon grossière tel Yaxley, qui ne passait pas un jour sans montrer ses véritables motivations.
Toujours ces mots, qui revenaient dans sa tête.

« Je sais ce que vous vous dites Yaxley. Vous êtes en train de vous dire qu'un jour, vous me détruirez. N'oubliez seulement jamais que d'autres personnes bien plus subtiles et intelligentes que vous se sont jurées la même chose. Trouvez-moi en encore une seule d'entre elles qui a une once d'influence politique dans ce monde. »

Et c'était bien vrai. Valverde n'avait pas de prétention, mais il était un redoutable animal politique. Eloigné à Poudlard, certains pensaient qu'il était hors champs et qu'on pouvait bien se passer de lui. Ils n'avaient pas tout à fait tort. Mais Valverde restait influent. Certes ne le voyait-on plus du tout au Ministère de la Magie Anglais. Mais à l'Intendance, c'était tout autre. On le voyait souvent, aux côtés de Brom. Indirectement, il apprenait l'art de diriger. Diriger Poudlard. Car l'Intendant actuel avait été lui aussi Inquisiteur. Directeur de Département, Valverde en avait appris beaucoup. Mais diriger un Département n'était pas diriger une structure telle que Poudlard ou l'Intendance. Chaque jour était pour le vieil homme une occasion d'apprendre. Mais quiconque se mettait sur son chemin pour ralentir le Purisme, qu'il soit bourbiste ou puriste était un ennemi de Valverde. Alors il s'appliquait à le détruire de la meilleure façon possible. Parfois, cela mettait quelques secondes. Parfois, comme avec LeeRoy, cela mettait deux années. Les choses avaient été dans l'ombre. Mais Valverde se souvenait encore de cette révolte des élèves à Poudlard. Ce moment de fracture, où l'on sent que depuis le début on avait hélas trop raison. Ce moment de défaite de celui qu'on a vu grandir trop vite.

Isaac Bedan, lui, se retrouvait confronté à ce monde que Valverde ne contrôlait encore pas totalement. Que pensait-il? Que ressentait-il? Lui même ne le savait pas encore totalement. Seulement, vieil homme, il se souviendrait de ce jour où il avait été en contact si proche avec la dangerosité politique. Avec ce monde que l'on croit très haut et imprenable et qu'on ne comprend pas très bien. Mais les choses se faisaient au jour le jour, et en politique, il fallait savoir s'emparer des bonnes occasions aux bons moments. Finalement, ne pas avoir pris Poudlard en 2003 pour le prendre en 2005 avait donné à Valverde quelque chose qui n'aurait jamais eu à l'époque: une légitimité.
Bedan, lui, était à l'aube de son commencement. Au début de quelque chose que seul le temps définirait par la suite.

« Dès ce soir je veux vos premières observations. Nous ne devons pas perdre de temps. Tout ce que vous jugez intéressant, faites-le savoir. Si vous jugez qu'il n'y a rien à dire, ce rien sera tout de même intéressant. »

Le rien, le nihil, le toujours intéressant. Le vide en soi, la chose qui semble sans consistance ni intérêt et qui pourtant l'est bien plus que le reste.
Bedan apprendrait par lui même. Valverde n'en doutait pas. Car une fois sorti de Poudlard, Ariana et Isaac Bedan, Mulciber, Witcher tous ces élèves qui, pour la plupart, voyaient Valverde comme l'Inquisiteur de Poudlard, regretteraient vite le temps où il suffisait de travailler pour être dans le bon oeil du Purisme. Il fallait donc dès maintenant préparer la suite. Dès maintenant penser au macrocosme et oublier le microcosme. Ou du moins, prendre exemple sur le microcosme, y faire sa formation pour mieux entrer dans un monde qui se montrerait intransigeant envers les faibles.

« Vous demanderez à Neeson de vous préparer un papier d'excuse pour le retard à votre cours. Au revoir, Monsieur Bedan. »

Fin de la scène. Scène suivante.
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