POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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A propos des âmes perdues || James

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John Mulciber


MessageSujet: A propos des âmes perdues || James Mer 16 Oct - 10:26

Drôle d'idée que celle de croire que John Mulciber croyait en Dieu. John Mulciber ne croyait pas en grand chose mis à part au purisme, mais le purisme valait le coup qu'on se batte pour lui. Le purisme rendait quelque chose à ses enfants. Dieu, lui...C'était un drôle d'histoire. Une histoire sans fin, terrible et sans borne, dont on ne connaît ni le commencement ni la fin, car après tout, la stupidité des hommes n'a aucune borne. Cynique, John Mulciber ? Non, il n'attendait juste rien de la majorité du monde, qui n'avait pas vu le quart de ce qu'il avait vu. Il avait été loin, pas seulement en voyage, pas seulement dans les faits. Loin aussi dans la pensée, loin dans le temps, loin en arrière et en avant, si bien que son regard semblait immortel, dur, contenant exactement la même colère qu'avant, la même joie féroce d'être en vie et la même indifférence fier face à la mort qu'il recherchait, parce qu'on n'était jamais plus vivant que quand on risquait de mourir, attitude suicidaire mais tellement drôle s'il en était. Mais cette colère, mal maîtrisée auparavant, semblait contenue, sourde, mise au service de quelque chose de plus grand. Tout ce qui me tue me fait me sentir vivant. Tout ce qui me cloue au sol m'emporte loin. Bizarre, John ? Oui. Devinez quoi ? Je suis un connard, je l'ai toujours été, et être vivant passe par le sang, quitte à ce que ça soit le mien. Personne ne comprenait bien John, et c'était à se demander s'il se comprenait lui même. Mais le mangemort n'avait pas de souci avec sa propre personnalité. Fou, il l'était. Sans doute. Il l'était toujours, même après son passage au Nord du Monde, simplement il apprenait à contrôler sa folie, et elle s'était emprunte d'une certaine forme de sagesse.

Voir plus loin. Réfléchir plus vite, et surtout, réfléchir mieux. Trouver ce qui poussait chacun à avancer. John Mulciber ne lâchait rien. Ce n'était pas dans le caractère des Mulciber, de toute façon, de faire ça. Il étudiait les gens et qu'ils étaient, pourquoi ils l'étaient aussi. On ne devient pas qui on est en un jour. Ce n'était pas son cas, en tout cas. Et pour les autres non plus. Il étudiait, il regardait, il comparait. Il n'y avait rien à retenir sinon que les hommes n'étaient que poussière. John était au sommet de sa gloire et de sa puissance, mais au final, cela n'avait aucun sens. Pas de manière personnel. Il y a un sens idéologique. Il y a une œuvre générale. Cela, oui, sans doute. John approuvait. Il ne pouvait qu'approuver. J'ai même réussi à sauver mon corps, à sauver les miettes de mon cerveau.

Pour mon âme, en revanche, je crois que c'est foutu.

C'était pourtant drôle, la vie, cette vie où il n'y avait pas de Dieu. John souriait. Pour une fois, toute sa famille était là. Toute sa famille était toujours là quand il recevait des gens. C'était comme ça. Mais de toute façon, lorsqu'on allait chez les Mulciber, qu'on soit chez le chef de famille, chez John donc, ou chez qui que ce soit d'autre, il était bien rare, voire impossible, de ne pas y rencontrer quelqu'un d'autre. Il avait insisté pour quitter Mull Cair Bren Court en Septembre, et ils étaient à présent revenu à Oxburgh Hall, à King's Lynn. La ligne du Roi. Là où commençaient, à l'origine, les défenses de Denis de Mull Cair Bren, reconquises vers 1480 par Daniel Mulciber. John en était fier. Aujourd'hui, donc, il y avait du monde. Ça criait et ça parlait, ça riait et ça chantait, martelant The Star of County down en buvant de la bière. Les Mulciber étaient des barbares. Personne ne pouvait le cacher parmi eux. On le leur reprochait, tout comme on le reprochait à John. On leur reprochait leur manque de tradition, le fait d'avoir trahi du temps de Denis, le fait d'être nés de la trahison du péché, d'avoir fait fortune réellement tardivement – l'essor économique des Mulciber datait réellement du XIXe siècle - , d'être des parvenus, d'être protestants, de toujours choisir la voie de la contestation, d'être des gens plus habitués des bals populaires que des opéras, de rire, enfin, de vivre. Aucun carcan chez nous. Pourtant ils étaient aussi riches, voire plus riches que n'importe quelle famille de sang pur.

Et pourtant, ce n'était pas vrai pour tous les Mulciber. L'immense majorité avait cette grandeur – ou cette folie, selon ce qu'ils en faisaient – joyeuse et barbare. Larry, Donny, Teddy, les oncles de John l'avaient, bien que Edward manqua singulièrement d'ambition. Ce n'était pas forcément un mal. L'ambition était l'un des signes annonciateurs de la folie chez eux. Bien que ce ne soit pas obligatoire. John était fou, mais mis à part pour le purisme, il n'avait aucune ambition. Mais il y avait des Mulciber, froids, durs. A part. Mon père se demandait ce qu'il y avait de lui en moi. Il ne reconnaissait aucun trait. La différence avec lui était plus simple. Je voulais vivre. Putain, comme je voulais vivre. Il y avait plus ou moins réussi. Il l’espérait. Si ce n'était pas le cas, il fallait à nouveau chercher la mort.

Longtemps, John avait été en conflit permanent avec sa famille. Avec son père. Avec Denis, son cousin. Avec Willy-Jay Mulciber, le pasteur. Aujourd'hui, ce n'était plus le cas. Les Mulciber affichaient, et ce n'étaient pas qu'une façade, une solidarité et un amour familial réel et fort. Démonstratif. Il l'était aussi. Longtemps je vous ai pris pour des fils de pute, qui ne pensiez qu'à votre gueule. C'était vrai, mais eh ! J'en suis un aussi, non ? John en riait. Et aujourd'hui, il se foutait de la gueule de tout le monde, mais en souriant, en les comprenant, il tolérait qu'on le reprenne. Il avait longtemps régné par la peur, aujourd'hui, il régnait parce qu'on le respectait et qu'on l'aimait. On craignait encore ses colères, mais moins. Elles arrivaient moins fréquemment et restaient plus ciblées. John faisait un bon chef de famille. A l'inverse d'une famille comme les Bedan où un seul homme concentrait tous les pouvoirs et consentait à en déléguer une partie à sa famille, chez les Mulciber, tout le monde était à égalité et acceptait de placer le chef au-dessus, parce qu'il laissait une très grande liberté.

Les gens ne connaissaient pas cinq pour cent de la vie de John Mulciber. Le mangemort en était d'ailleurs très fier. Le fait de le voir en grand-père d'un môme de cinq ans qu'il asseyait sur ses genoux, comme maintenant, tout le monde s'en foutait. Il écoutait, il parlait, il prenait du temps pour eux. On était dimanche. Pas de boulot au Ministère, aujourd'hui. Il ne s'occupait pas de suivre les magouilles de Varys, ni de surveiller du coin de l’œil Crow, ni de gérer la défense, ni de plan d'attaques sur l'Irlande, ni de Jugson, ni de Benjamin, ni de personnes, ni de surveiller l'évolution des rapports sur Poudlard, ni des relations acariâtres entre Valverde et Mike, d'ailleurs présent, de personne à part cette famille.

Il était sensé avoir un rendez-vous aujourd'hui. Avec James Eccleston. Mais c'était un peu différent. Un peu comme Crow, un peu comme Mike, James faisait partie des gens que John connaissait bien et qu'il appréciait réellement. C'était son apprenti, puisqu'il avait repris le flambeau après Avery. Une sorte de membre de la famille ? Ça devait un peu s'en rapprocher. Nathaniel, le fils de John était là aussi. Il savait, comme Marciana, que son père avait invité le directeur du département de la Justice Magique, et ce fut lui qui fut chargé d'accueillir James à son arrivée. Revenu voir son père,c'est avec un pincement de lèvres exacerbés qu'il notifia au Ministre :

« Il est arrivé. Je comprends toujours pas pourquoi tu tiens tellement à ce que tu veuilles qu'il vienne aujourd'hui. C'est une réunion privée, et c'est un minable sang mêlé...
-Tu te répètes, Nathaniel. Et au cas où tu ne l'as pas remarqué, lui est invité. Toi tu n'es là que par convention. »

En gros, si je pouvais, je me passerais de t'inviter. John aimait sa famille, mais ses enfants ne l'aimait pas lui, et il avait du mal avec eux. D'autant que Nathaniel n'avait rien d'un Mulciber, mais tout d'un Yaxley. Ce qui excédait passablement John. Nat était un minable sans rien de commun à un Rygger ou à un Walt. John sortit de table et descendit dans le hall, sobre et droit dans son costume trois pièces noir. Apercevant James qui traînait dans l'entrée, heureusement, un elfe avait eu l'idée et la décence de le débarrasser de son manteau, le mangemort descendit à sa rencontre et lui serra la main :

« Mes excuses, ma famille s'est invité chez moi quelque peu à l'improviste. Je vois que vous avez la connaissance de mon fils. » Il fit un geste de la main pour encourager James à le suivre dans les étages supérieurs, et chemin faisant, continua à parler : « Nathaniel est un Yaxley bien plus qu'un Mulciber, il a tout pris de sa grand-mère. Encore qu'il n'a rien de brillant. On peut dire ce qu'on veut de Walt Yaxley, il reste un grand mangemort, là où Nathaniel n'a rien fait de sa vie mis à part être mon fils. Il n'a pas été trop mal-aimable, j'espère ? Vous pouvez le dire, vous savez. Personne ne cache quoi ce soit à personne, ici, c'est la règle. »

Il ouvrit la porte d'un bureau, le sien, décoré dans un style particulièrement sobre. Lambris de bois clair, parquet dans les mêmes tons miels, tapis beige, bureau de bois clair, murs blancs, bibliothèques du même style vitrées et rangées avec soin, et un loggia ouverte sur une série de fenêtres éclairant la pièce d'un ton lumineux malgré le pâle soleil de mi-Octobre. Dans un coin une armure, celle de Daniel Mulciber. De part et d'autre du bureau et devant une grande cheminée où brûlait un feu doré de confortables fauteuils clairs eux aussi, qui tranchaient avec la chaise plutôt américaine, du style des écrivains californiens, du propriétaire des lieux. John désigna un fauteuil à James et s'installa dans cette dernière.

En y regardant bien, il lui semblait avoir vu le même homme lorsqu'il était Martell. John eut un mince sourire et reprit :

« J'ai rencontré un de vos ancêtres, il y a longtemps. Axioldan Axelston, il s'appelait. Un type bien. Il venait de Blackpool. »
Longtemps, oui...au haut Moyen Age, même, en 980, du temps du dernier roi sorcier et de la bataille qui avait opposé ce dernier au fondateur de la famille Mulciber. Si James le savait, il allait le prendre pour un fou, mais John disait la vérité. Il ajouta : « Il y a une carafe de whisky  à coté de la cheminée, si vous voulez. »

Il n'y toucha pas lui même. Il se contenta de sourire, et lança :

« Bien. Par quoi commençons nous ? Politique, démonologie théorique – ici nous ne ferons rien de pratique, de toute façon – ou bien je vous explique maintenant comment je connais le fameux Axioldan Axelston ? Sachant que les deux derniers seront liés. De toute façon. »
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James Eccleston


MessageSujet: Re: A propos des âmes perdues || James Dim 27 Oct - 23:55

Dimanche à la con. Quel était le sombre imbécile qui avait décrété que le dimanche, non seulement on ne travaillait pas – ce qui pouvait encore se concevoir – mais qu'en prime on devait se farcir un déjeuner en famille ? James avait longuement réfléchi au problème, ce matin-là, tout en paressant dans ses draps encore tièdes. Il s'était réveillé tôt, comme à son habitude, mais, contrairement aux autres jours de la semaine, il avait du temps pour traîner au lit et en avait profité. La magie était bien appréciable, parfois, simplement pour le confort qu'elle permettait. Il avait suffi d'un coup de baguette pour qu'un copieux petit déjeuner vienne se poser en douceur sur le lit. Une tasse de thé brûlant à la main, James, les yeux perdus sur le parc de Challenger House, avait laissé ses pensées défiler à leur guise. Et il en était venu à songer que le dimanche chômé ressemblait fort à une volonté de singer les Moldus. Après tout, les sorciers n'avaient que faire de ce jour que d'autres consacraient à leur dieu... Bien sûr, au Moyen Âge, ils avaient dû, pour éviter les persécutions, se fondre dans la masse et respecter les coutumes des Moldus, mais à présent, cela n'avait plus de sens. Pourquoi conserver ce dimanche chômé ? Pourquoi ne pas garder le Ministère ouvert sept jours sur sept, à charge pour chacun de prendre une journée de repos dans la semaine ?

Ce n'était pas forcément par zèle que le Directeur de la Justice Magique songeait à cela tout en faisant un sort à ses œufs au bacon dominicaux. La principale – la seule, pour être honnête – raison de son envie soudaine de travailler le dimanche était la traditionnelle invitation dans la maison familiale de Cutcombe. C'était une sorte de rituel, auquel on n'échappait pas facilement ; le dimanche, qu'il neige ou qu'il vente, les parents Eccleston recevaient leur progéniture à déjeuner. James n'avait jamais été très amateur de ces réunions, trop souvent ternies par les coups d'éclat de son père, mais il y avait toujours assisté d'assez bonne grâce. Depuis quelque temps, cependant, c'était différent ; il commençait tout bonnement à ne plus supporter les déjeuners en famille. Il y avait ses parents, perpétuellement au bord du divorce mais ne divorçant jamais. Il y avait surtout son père, qu'il avait dû menacer de le tuer pour qu'il renonce à ses sottises, et qui, désormais, fuyait son regard. Il y avait les deux moutards fraîchement pondus par sa sœur et par la femme de son frère Eric, deux bébés qui, aux yeux de leur oncle, n'avaient rien des merveilles que leurs mères décrivaient. Ça pleurait, ça vous bavait son lait à moitié digéré sur le veston, ça empestait – et tout le monde se récriait si on osait faire une remarque. Judith, grand-mère gâteau, insistait pour que James tienne le petit Euan, le fils de son frère, son futur filleul. Le Mangemort se sentait parfaitement idiot avec ce mioche sur les bras, et cela finissait par l'exaspérer. Impossible de manger tranquillement, désormais : lorsque les gamins ne pleuraient pas, leurs mères monopolisaient la conversation, à grand renfort de détails scabreux. Peu à peu, James devenait misanthrope, et les dimanches, simple corvée naguère, se changeaient en véritable enfer. Il s'y rendrait encore ce jour-là, en regrettant que le Ministère ne soit pas ouvert le week-end.

Ce dimanche, cependant, ce serait moins terrible que d'habitude. Le benjamin avertit dès son arrivée qu'il devrait partir tôt, ce qui, dans son esprit, signifiait dès la dernière bouchée avalée. La moue déçue de sa mère laissa place à une expression de fierté lorsqu'il expliqua qu'il devait se rendre chez le Ministre de la Magie pour le café, afin de s'entretenir avec lui de choses importantes. L'ascension de James dans la hiérarchie du régime était un sujet de satisfation pour toute la famille, au point que les Eccleston, qui avaient toujours été indifférents à la politique, se laissaient désormais convaincre par les charmes du purisme. L'un des leurs, reçu par le Ministre – et chez lui, en plus, ce qui supposait une certaine familiarité ! On traita le petit dernier comme une sorte d'invité d'honneur pendant tout le repas, et il fut même dispensé de faire risette à l'espèce de larve bavante que son frère venait d'engendrer. Il ne s'attarda pas, et, le dessert à peine fini, transplana en direction de King's Lynn. Il atterrit à quelque distance de la demeure de John Mulciber, et acheva la route à pied, tranquillement, toujours porté par ses pensées qui allaient à leur guise.

Sa visite avait été annoncée, de toute évidence. Il avait à peine posé le doigt sur la sonnette que la porte s'ouvrit sur un jeune homme qui le toisa avec froideur, comme s'il hésitait à le laisser entrer.


-Je suis James Eccleston. Monsieur le Ministre m'attend.
-Ah. Attendez là,
fit l'autre d'un ton revêche avant de disparaître.

Charmant accueil, songea le Mangemort entre amusement et exaspération. Un elfe, avisant un visiteur ainsi abandonné dans le hall, s'empressa de le débarrasser de son manteau – premier élément montrant que James était dans une maison civilisée. Il avait la désagréable impression d'être un gueux venu mendier chez des nobles, et dont on redoutait qu'il pose ses sabots crottés sur les tapis précieux. Heureusement, l'apparition du Ministre dissipa ce malaise. Mulciber avait toujours fait preuve de beaucoup de bienveillance à l'égard du jeune sang-mêlé, et, pour autant qu'Eccleston pouvait en juger, il était sincère. C'était rare chez les sorciers au sang pur. Quoi qu'on fasse, lorsqu'on était de sang-mêlé, on restait toujours un inférieur. John Mulciber n'avait jamais fait sentir cette infériorité au jeune homme, et cela lui valait une profonde reconnaissance de la part de son subalterne. Être traité en égal, par un homme de la trempe du Ministre, représentait une véritable consécration. James inclina la tête lorsqu'il salua le Ministre d'un « Bonjour, monsieur » un peu formel, mais il se permit un sourire en lui serrant la main. Mulciber n'était pas un forcené du cérémonial, on pouvait se comporter naturellement avec lui. Il interrogea le visiteur sur le comportement de son fils, tout en s'engageant dans l'escalier ; Eccleston hésita une seconde avant de répondre :


-Oh... Mal-aimable n'est pas le mot... Disons plutôt glacial. Mais j'ai l'habitude, vous savez.

Il souriait. Naguère encore, il se serait senti offensé par le comportement de Nathaniel Mulciber, mais recevoir la Marque l'avait rendu moins sensible sur le chapitre du sang. Il valait bien mieux que le fils du Ministre, tout sang-mêlé qu'il fût, parce qu'il avait été choisi par le Seigneur des Ténèbres. Il ne tirait pas sa noblesse de sa naissance, mais de sa fidélité au grand Lord, et il ne craignait aucune comparaison.

Mulciber fit entrer son jeune apprenti dans son bureau, une pièce chaleureuse, calme et sobre. Les deux hommes prirent place, l'un face à l'autre ; le Ministre reprit la parole, et ce qu'il dit laissa son visiteur stupéfait. Il parlait d'un des ancêtres de James, et disait qu'il l'avait rencontré... mais cet ancêtre se nommait Axelston, un nom qui n'était plus porté dans la famille depuis le seizième siècle. Peu à peu, le nom originel, Axeliston, s'était déformé, pour devenir Eccleston aux alentours du dix-huitième siècle. Comment le Ministre avait-il pu rencontrer un sorcier portant ce nom ancien ? Sans même prêter attention à la mention du whisky – ni à celle de la démonologie ou de la politique – le jeune Mangemort murmura :


-Pardonnez-moi, monsieur, mais je crains de ne pas comprendre... Axioldan Axelston a dû vivre au Moyen Âge, si je ne me trompe pas...

On n'était guère féru de généalogie, chez les Eccleston, et un ancêtre aussi lointain qu'Axioldan était totalement ignoré. Lentement, en choisissant ses mots pour ne pas paraître douter de la parole de son mentor, le jeune homme reprit :

-Je ne comprends pas bien comment vous avez pu le... le rencontrer. Il y a là, à n'en pas douter, quelque chose qui m'échappe, et qui m'intrigue, je dois l'avouer.
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MessageSujet: Re: A propos des âmes perdues || James Lun 18 Nov - 13:51

Tous les accidents qui arrivent suivent une logique. Les coincidences prennent toujours un sens, alors elles ne sont plus des coincidences, mais bien l'histoire d'une vie. L'ennui, c'est qu'en général, on ne le réalise qu'après la mort. La plupart des gens étaient obsédés par l'idée de comprendre une vie qu'ils ne pigeraient que trop tard. John Mulciber, non. Rien dans sa vie, de ce qu'il créait, n'avait du sens, sauf le purisme, l'unité ministérielle, mais ça, son travail, sa mission, sa vocation, faisait partie de quelque chose d'autre, de quelque chose de plus grand, qui ne touchait pas que lui, qui était certes remarquable, comme sa famille. Et c'était intiment lié. Le purisme ne pouvait pas être dissocié des familles. On parlait de clans, de famille de sang pur. On était sang pur à la manière de sa famille et pas de manière personnel. On existait d'abord parce qu'on avait un nom. Les gens oubliaient le prénom, on devenait un membre X ayant vécu à l'époque X, mais dès qu'on disait le nom, on obtenait hochement de tête approbateurs ou désapprobateurs, et les phrases traditionnelles : « alors ça devait être un chic type » ou alors « celui là, il vaut pas mieux que ses ancêtres. ». Même les chefs de famille se faisaient bouffer là dedans. Qui se souvenait de l'arrière-grand-père de John, Craig, alors qu'il avait été conseiller du Ministre de la Magie ? Et de Paul Mulciber, pourtant chef reconnu d'un département de la Justice Magique qu'il avait largement contribué à moderniser ? Personne. Mais on se souvenait de leur nom. On se se souvient toujours de nous, on doit toujours compter avec notre présence, puriste depuis toujours. Jamais ne doute était la devise des Mulciber. Pas plus John que ses ancêtres ne possédaient la capacité à se remettre en cause. Ils étaient de tous les combats. Ils étaient tous barbares, rieurs, et bon vivant. Prompts à la colère, prompts au rire, mais prompts à pardonner aussi. Protestants. Et ça leur allait bien. Les Mulciber adoraient protester. John était comme ça, aussi. De tous les combats. C'est ma vie. Je suis fait pour me battre bien plus que pour diriger, heureusement, je suis né dans une époque où les deux mots sont synonymes si souvent qu'on finit par les confondre.

Il ne savait pas enseigner. Il ne pensait pas le savoir. Le Ministre de la Magie Anglais le constatait impitoyablement lorsqu'il observait ses enfants. Ils ne lui ressemblaient aucunement. Il n'avait jamais rien fait pour. Pourtant, il fallait bien que quelqu'un lui succède, un jour. Alors, qui ? John n'envisageait pas mal la mort, à vrai dire, il se fichait de ce qu'elle pourrait être, car elle viendrait, fatalement. Il se méfiait de ses enfants, si cyniques, si terribles, tellement peu brillants, alors qu'ils étaient tellement sur d'eux mêmes. Il y avait tous ces mots que nos enfants ne prononçaient plus, des mots qu’ils ont oubliés, comme « gentillesse, politesse, respect, bienveillance, écoute ». Au fond, je crois que c’est nous-mêmes qui les avons abandonnés. On n’ose plus depuis longtemps ni les prononcer, ni les défendre, ni les transmettre. Mon grand-père l'a transmis à mon père, mais lui ne me l'a pas fait. Ca vaut plus, tout ça. Les règles ont changé. Ce sont les mots oubliés par notre génération, qui a trop misé sur le fonctionnel, l’apparence, la compétition, le conformisme, le crédit, les choses. Je crois pas au crédit. Si vous vous y croyez, prêtez moi cinq gallions. Non ? Vous voyez. Vous défendez des choses auxquelles vous ne croyez plus. Vous ne savez même plus ce qu'est la confiance.

John Mulciber ne croyait pas lui non plus à la gentillesse, à la politesse. Il croyait en d'autres choses qui formaient non pas une morale mais bien une certaine forme d'honneur, bien qu'il ne crut pas non plus plus que ça à l'honneur. Confiance, force, respect, union. Le sens de la corporation, appris en famille, lui avait permis de s'en trouver une autre. Qu'il le veuille ou non, il était bien plus proche d'un Valverde que de n'importe quel autre membre de sa famille, sauf Denis et Dan, mais pas parce qu'ils étaient des Mulciber. Parce qu'ils étaient des mangemorts, parce qu'ils avaient un but commun. Ainsi, il estimait nécessaire de transmettre ce qu'il savait aux nouveaux – dans la mesure où ceux-ci pouvaient avoir besoin d'aide. Ben, Denis, Dan, eux, avaient eu l'enseignement, comme Mike, et comme Tom, d'une certaine manière. Le mangemort n'était pas un homme bien, mais il savait faire preuve d'une certaine bienveillance lorsqu'il le voulait.

Il fallait qu'il le veuille. Il sourit aimablement à James. Il était le prochain sur la liste, le prochain à apprendre. C'était un type intelligent et doué qui ferait de grandes choses. Il était juste dommage qu'il soit sang mêlé. Le mérite était une autre valeur de John, mais le mépris faisait partie de ses défauts. Les actes du directeur du département de la Justice Magique rachetaient ce défaut. Mais ne le gommaient pas. Il ne fallait pas rêver non plus. Mais c'est suffisant pour qu'il vaille mieux que Nathaniel. Un compliment immense, venant de la part de John, qui méprisait le caractère inutile de son fils.

« Mouais. Il n'est pas dit qu'il devienne un jour chef de famille de toute façon. »

Tout plutôt que ça. Ils s'installèrent et on commença la discussion. Ah, oui. Je m'en doutais. Il ne sait pas. Les ancêtres, comme vu précedemment, s'oubliaient finalement assez vite partout, même si on connaissait encore leur nom. John s'amusa de la réaction de James et précisa :

« Dans la période 980 et quelques, en effet. Le Haut Moyen-Age, l'époque de la grande bataille de Camlan, qui a opposé le dernier roi sorcier, Julian Outlander à Denis de Mull Cair Bren. La rivalité entre Jugson et Mulciber ne date pas d'hier, comme vous pouvez le constater. »

Puisque Julian était l'ancêtre de Tom et Denis le fondateur de la famille Mulciber. John continua de conter l'histoire :

« La démonologie permet de faire de très grandes choses. Elle abolit le temps et l'espace. Il n'existe pas qu'un monde, James. Les pantheons démoniques en sont d'autres. Et les gens que vous y croisez sont si puissants que passer de 2005 à 980 ne leur pose aucun souci. J'ai peu de temps pour vous parler de la possibilité de remonter dans le temps, et ce n'est de tout façon plus faisable. » Il jaugea d'un œil presque sévère, comme s'il se méfiait de l'insistance potentielle de James pour essayer : « C'est trop dangereux, même pour moi. Le prix à payer a été terrible. Mais ceci vous montre bien qu'on peut presque tout faire à l'aide des démons, tant qu'on les contrôle. Nous commencerons plus bas - c'est très suffisant pour la plupart des cas, de toute façon. »

Il sourit encore, amusé, changeant complétement de sujet :

« J'ai vu que vous faisiez un peu de politique. Je ne vais rien vous demander sur Mike, je pense assez bien le connaître pour savoir à peu près ce qu'il s'est passé...vous avez fini par trouver un accord avec Eris, à ce que j'ai vu ? »
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MessageSujet: Re: A propos des âmes perdues || James Dim 8 Déc - 18:58

Pour autant qu'il s'en souvienne, James s'était toujours senti à l'aise en présence de John Mulciber – excepté peut-être lors de leur toute première entrevue, lorsque le Ministre l'avait convoqué pour un duel. Mais c'était une sale période que celle-là, avec la crainte de finir en prison pour collusion avec les hors-la-loi, et Eccleston ne remercierait jamais assez Crow d'avoir mis fin à cette mauvaise passe. Il se rappelait parfaitement sa réaction paniquée lorsqu'il avait reçu le message du Ministre de la Magie, et sa stupéfaction à l'annonce du duel. Lui, un obscur petit employé, lever la baguette contre le Ministre ? Il se savait incapable de causer le moindre dommage au Mangemort, mais c'était le principe qui le dérangeait. On n'affronte pas son supérieur, question de respect. Mais lorsqu'on en reçoit l'ordre explicite ? Il avait bien fallu obéir, et tâcher de se défendre. C'était d'ailleurs depuis ce jour, depuis cette toute première rencontre, qu'il appréciait Mulciber. Il avait été séduit par l'humanité et la simplicité du Ministre : rien de cassant ou d'arrogant chez cet homme pourtant si haut placé, pas de mépris pour un adversaire facilement défait, pas même cette condescendance si habituelle envers un sang-mêlé ; Eccleston lui en avait été profondément reconnaissant, et cela s'était confirmé par la suite. Mulciber avait su s'y prendre pour gagner le respect de son employé – un vrai respect, pas seulement la politesse formelle due à un supérieur – simplement en le traitant en égal. Depuis, les liens entre les deux hommes s'étaient renforcés, sans que jamais cette base soit remise en cause. Qu'il le fasse naturellement ou par calcul, Mulciber avait continué de se comporter avec bienveillance, de sorte que James avait fini par le considérer davantage comme un mentor que comme un patron. Il lui rappelait un peu son oncle Robert, à la fois exigeant et compréhensif, le genre d'homme que l'on avait envie de rendre fier coûte que coûte. Rien ne donnait davantage envie à Eccleston de se surpasser que le charisme tranquille de ces hommes-là, aussi s'employait-il à mériter leur confiance.

Être reçu chez John Mulciber était, en quelque sorte, une consécration pour le sang-mêlé. Le Ministre de la Magie avait décidé de remplacer Avery auprès du jeune Mangemort, et de lui servir de maître ; il l'acceptait parmi ses familiers, et le prouvait bien en le conviant, un dimanche, à passer chez lui pour une leçon. Le fils du Ministre ne s'y était pas trompé, du reste ; seul le dépit pouvait expliquer la froideur dont il avait fait preuve à l'arrivée d'Eccleston. Celui-ci s'en fichait ; il avait l'habitude des mauvaises manières de certains sang-pur, et il était disposé à croire Mulciber lorsque celui-ci disait que son fils ne valait pas grand-chose. De toute évidence, il existait entre John Mulciber et son apprenti un lien d'estime réciproque qui n'existait pas entre le père et le fils. Le sang ne faisait pas tout, tu n'es rien, tout fils de Ministre que tu sois, si tu ne prouves pas ta valeur. James eut un bref sourire revanchard à cette pensée, mais le récit de son hôte ne tarda pas à monopoliser son attention. Ce n'était pas tous les jours qu'on avait l'occasion de s'entretenir avec un type qui avait rencontré un ancêtre mort depuis un paquet de siècles... Au début, James avait craint que ce ne soit qu'une plaisanterie, mais la suite le stupéfia. Si Mulciber se moquait de lui, il était rudement bon, et bien renseigné. Les Axelston, devenus Eccleston, étaient effectivement originaires de Blackpool, et ils avaient été une famille reconnue parmi les sang-pur, jusqu'à une période récente. Ils avaient perdu leur place dans cette société en raison de leur appauvrissement et de leur désintérêt pour le purisme, et le fond avait été touché lorsque Thomas, le père de James, avait épousé une sorcière de sang-mêlé. Depuis lors, les Eccleston étaient considérés comme ayant toujours été des sang-mêlés, en dépit de leur présence ancienne dans les listes de sorciers. Plus personne, dans l'actuel monde des sang-pur, ne se déclarait parent avec eux, alors même qu'ils avaient tissé des liens avec bien des familles depuis des siècles. Il était frappant de voir que les Eccleston eux-mêmes n'avaient pas eu d'arbre généalogique jusqu'à l'obligation de passer la commission du sang, ce qui prouvait leur profond désintérêt pour la pureté du sang... une faute inexpiable pour les puristes convaincus qui dominaient le monde désormais. James payait la légèreté de ses ancêtres, plus soucieux de fortune matérielle que de sang, et se trouvait condamné aux seconds rôles malgré une ascendance tout à fait honnête. La plus belle preuve n'était-elle pas cet Axioldan Axeliston, suffisamment important, en 980, pour prendre parti dans une lutte royale ?

Mulciber parlait, donnait quelques explications brèves mais suffisantes pour comprendre. La démonologie. Voilà bien une branche de la magie à laquelle le jeune magistrat n'avait jamais touché, et qu'il connaissait vraiment peu. Son utilisation n'était pas fréquente, et on n'en parlait guère. Tout au plus une mention en cours, rien de plus, pas même un développement. John Mulciber avait donc pratiqué la démonologie... James le fixa avec intérêt, avide d'en savoir davantage, mais le Ministre ne l'entendait pas de cette oreille. Il continua de parler, mais son apprenti avait encore l'esprit occupé de démons et d'Axioldan Axeliston, si bien que la suite le prit complètement au dépourvu. Il entendit prononcer le nom de Mike Witcher, agrémenté d'un sous-entendu qui le fit rougir jusqu'à la racine des cheveux ; il n'essaya même pas de s'expliquer ou de répondre sur ce point, Mulciber était bien trop sûr de lui pour accepter d'être contredit. Il n'y avait pas, cependant, trace de reproche dans sa voix – il semblait plutôt amusé, à vrai dire. Si leur relation avait encore été celle du début, formelle et plutôt distante, James aurait été terriblement gêné. Mais le Ministre souriait, et le jeune Mangemort avait l'impression de se trouver devant un oncle bienveillant feignant la sévérité. Il eut un sourire d'excuse pour confirmer les soupçons de son patron, songeant qu'ils avaient bien assez manqué de discrétion, Mike et lui, pour être repérés facilement, et baissa les yeux le temps de reprendre contenance. Il n'avait pas honte, non... mais c'était gênant, tout de même. Tout le monde ne le prendrait pas aussi bien que John Mulciber, dans le petit monde plutôt coincé des puristes. Il fut reconnaissant au Ministre de passer immédiatement à autre chose, et s'empressa de relever la tête pour répondre :

-En effet, monsieur... Nous avons trouvé un terrain d'entente... enfin, pour autant que ce soit possible avec Eris Valverde. Il a une piètre opinion de moi et c'est déjà inespéré que nous ayons pu nous entendre pour organiser ce déplacement en Australie. Les puristes, là-bas, ont besoin de soutien, et il est de notre devoir de les aider. D'ailleurs, j'y pense, peut-être pourriez-vous envisager vous aussi une visite dans ce pays, d'ici quelque temps...

Les Australiens seraient vraiment flattés que le Ministre lui-même se dérange pour eux. Ou bien l'Intendant. Il leur fallait des soutiens de poids, des hommes de confiance du Seigneur des Ténèbres, pour gagner l'adhésion des foules. James oublia cela, cependant, pour demander, après une hésitation :

-Pardonnez-moi si je semble vous manquer de respect, monsieur, mais... vous comptez m'apprendre aussi la politique ? Monsieur Avery se limitait à la magie, et comme vous aviez dit que vous le remplaciez... Je sais que j'ai besoin de progresser dans le domaine politique aussi, je ne veux pas dire que c'est inutile, ajouta-t-il en hâte, je voudrais simplement des éclaircissements à ce sujet.

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MessageSujet: Re: A propos des âmes perdues || James Mar 24 Déc - 8:30

[justify]
Définir les relations de John Mulciber avec le monde extérieur était complexe. D'une part parce qu'on ne pouvait selon lui, considérer le monde extérieur comme le seul monde. Il fallait tenir compte de tout ce qui dormait en lui, de tout ce qui vivait et y mourrait en permanence, mais également de son passé et de son avenir, bien que celui-ci soit plus ou moins indistinct. Il fallait aussi tenir compte des mondes qui gravitaient autour de celui qu'il fréquentait tout les jours, dans lequel il était de passage, car ces mondes, le mangemort y avait aussi quelque fois posé les pieds. Ainsi, il n'y avait pas un John Mulciber fixe, et immuable, mais uniquement un homme en devenir, fruit d'un passé qui semblait le poursuivre et d'un avenir qu'il ne comprenait pas encore. Bien qu'il sut parfaitement où cela le ménerait : droit dans un mur. Mais comme tout le monde, après tout. Sur la mort, John n'était pas haineux. Il en voulait beaucoup moins aux gens qui essayaient de le tuer qu'aux gens déjà finis, déjà morts, qui attendaient de mourir. Quelqu'un peut-il m'expliquer, parce que moi je ne comprends pas pourquoi, certains vivent en attendant de mourir ? Il n'en riait pas, cependant. Qu'avons nous fait de nos rêves ? Qui a la réponse à la question ? Allez, j'attends, levez le doigt. Personne, hein. Je m'en doutais. John Mulciber ne le savait pas non plus. Les rêves et les regrets étaient bons pour les enfants.

Il n'attendait rien de la vie et se fichait à présent de la mort. Les rêves étaient faits pour mourir. Si tu pouvais être où tu veux, avec qui tu veux, et faire ce que tu veux, où ce serait, et avec qui ? Pour bien des gens, il fallait se poser la question, et John souriait imperceptiblement devant la réponse à la question. Les motifs variaient, les personnes changeaient, mais au final, il restait simplement une chose : la même réponse, invariable. Pas ici, et pas avec vous. Si je pouvais être quelqu'un d'autre, je ne serais pas moi. Gosse, il rêvait de tout, de grandeur, de rêve, d'une grande maison blanche sous le ciel bleu, et du fait qu'il serait heureux, et libre, et aimé, que tout serait éternel. Mais tout ce que John Mulciber avait touché s'était transformé en poussière très rapidement, et finalement, il avait compris que le monde ne s'adapterait pas à lui. Le monde est notre ennemi, le monde veut nous détruire, voilà tout. Le monde était petit, mal adapté à l'adolescent qu'il était, se rêvant en héros romantique puriste comme ses ancêtres. Je ne suis pas un héros, je ne suis pas romantique. Je suis moi. C'est pire. C'est mieux aussi. Il l'avait compris, et anéanti toute forme d'espérance. Il attendait beaucoup de monde, mais la vie allait et était dure. Sans pitié. Il n'en ferait rien ; ou plutot il en ferait tout. Alors il détruisait, comme la vie, pour ne pas finir broyer, pour continuer. Il lui avait fallu du temps pour discerner les erreurs, pour voir un peu de lumière.

Et une chose était sure, elle ne venait pas de lui. Quelque part, John Mulciber était un héros, mais une sorte de Don Quichotte se battant contre des moulins. Ecrasé par un ennemi redoutable, il survivait, et cognait, pour défendre des choses plus belles, et nobles que lui. Mais le mangemort n'était ni beau ni noble. Juste compétent. Il possédait une humour ineffable envers le monde. Il y a du bon par ici, mais plus personne ne sait le voir. Moi je me contente de désormais continuer. Je me bats. Ma rage est intacte. Mais il semblait plus vieux et infiniment plus sage. C'était un plaisir d'écouter ce vieux soldat devenu quelque peu tempéré et porté sur le dialogue. Il écouta patiemment James. John ne revint pas sur Mike. Il ne comprenait pas cette orientation mais après tout...Eh bien, c'est leur cul, pas le mien...Le coin de sa bouche se haussa en un sourire en coin amusé à cette pensée, mais il revint vite au sérieux. Il écouta attentivement James et sourit :

" J'ai déjà donné beaucoup en ce qui concerne l'étranger, James. C'est plutot le rôle de Mike aujourd'hui. Ma guerre est ici, désormais. Jugson, Limonkov, voilà mon lot d'ennemis, et non pas le Chili et la Russie. C'est le travail de l'Intendance, cela, maintenant."

Il continuait pourtant à sourire, car la question de James était légitime. Politique ? John n'en faisait pas vraiment. Il n'en avait jamais vraiment fait. Trop malhonnête, trop de magouille. Un esprit clair et un marché sans fioriture. John était un diplomate exigeant, contrebalancé par un guerrier très dure. Lorsqu'on refusait de saisir la garde l'épée, il tendait la lame, et il tuait.

"Non. Je ne fais pas de politique, James, je gouverne. Chacun à sa méthode pour ça, politique, économique, justice...moi...disons que ma véritable famille est bien moins ici qu'au Ministère et chez les mangemorts, et que je dirige un peu comme tel. Je ne peux pas vous aider à trouver votre manière de gouverner - car vu votre poste, quels que soit les conditions dans lesquelles vous l'occupez, vous gouvernez aussi - seulement vous donner des pistes. Mon père m'a appris l'honnêteté, le travail et la loyauté. C'est ce qu'il faut. Moi je vous apprendrais à ordonner et obéir - j'ai déjà commencé. Lincoln aussi."

Le sourire était dur, mais sincère. Il ne flanchait pas, et John possédait la solidité du roc. Les conseils qu'il donnait valaient toujours. Ils valaient depuis trente-trois ans pour lui, date où il était devenu mangemort. Il continua lentement :

"La première leçon, c'est que vous n'avez à rendre des comptes qu'aux gens à qui vous devez quelque chose. Ceux là sont vos chefs. Votre hiérarchie, qu'elle soit personnelle ou officielle, repose là dessus. Les autres, ce sont vos égaux et au pire, s'ils vous sont supérieurs, vous leur devez le respect, la collaboration, l'aide. Pas l'obéissance. Le respect. Vous comprenez la différence, James ? A présent, dites moi à qui vous devez des comptes et à qui vous devez assistance. C'est la différence principale entre vos supérieurs et vos alliés."

Le regard était inquisiteur, dur, il sondait, mais sans méchanceté non plus. Il

"Moi aussi j'ai du apprendre à reconnaitre mes alliés et mes chefs. C'est une leçon. Ca permet de savoir à qui vous ne pourrez jamais ordonner. Ca vous rappelle ce qu'on est tous. Cela ne fera pas de vous un héros. Mais je n'en suis pas un non plus, je l'admets."

Non. Juste humains, avec un peu de pouvoir, et avec des devoirs à remplir.

Spoiler:
 
[/just
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MessageSujet: Re: A propos des âmes perdues || James Mar 7 Jan - 14:35

Ce n'était certainement pas le but recherché, mais, à mesure que la conversation avançait, James sentait une réelle amertume s'installer en lui. John Mulciber n'en était ni le responsable, ni la cible ; simplement, assis face au Ministre de la Magie, le jeune Mangemort prenait pleinement conscience de l'injustice de la vie. Bien sûr, il n'était pas naïf au point de ne s'en être jamais rendu compte ; comme tout un chacun, il avait rapidement compris que tous les êtres humains n'avaient pas les mêmes chances, et que la société se partageait, grosso modo, en deux parties – les baiseurs et les baisés, comme disait son père. C'était bien là une des seules choses que son paternel lui ait jamais apprises, d'ailleurs. Thomas tirait de cette fine observation sociologique des conclusions toutes personnelles, essentiellement destinées à justifier sa tendance maladive à la malhonnêteté, que son fils ne partageait pas. Lui avait plutôt développé une ambition démesurée, visant à s'extirper de la condition majoritaire dans l'humanité, celle de baisé, pour devenir un happy few, un membre de l'élite, un baiseur. Là était le principal ressort de son ambition. Ce n'était pas le pouvoir en tant que tel qui l'attirait, ni l'argent, mais le désir de se sentir appartenir à une caste supérieure.  Mais à cet instant, dans la maison de John Mulciber, il mesurait la chance de ceux qui, par le hasard de leur naissance, avaient vu le jour dans cette caste. Le fils du Ministre, par exemple. Cet imbécile heureux ne se rendait pas compte de la faveur que le sort lui avait consentie. Naître dans une famille au sang pur, riche, influente, et avoir un père tel que le sien. C'était beaucoup, aux yeux d'un jeune homme issu d'une famille de sorciers, certes, mais de sang-mêlé, ni riche ni puissante, et dont le père ne possédait pas la moitié des qualités humaines d'un John Mulciber. C'était probablement cela qui lui semblait le plus injuste. Nathaniel Mulciber avait la chance d'avoir un père ouvert, bienveillant, et il n'était pas fichu de lui faire honneur. James était le fils d'un petit escroc sujet à des accès de colère mémorables, et jamais il n'aurait imaginé discuter avec son père comme il le faisait à ce moment avec son patron. Thomas lui avait toujours fait peur, et un peu honte aussi. Que n'était-il, lui, le fils du Ministre ! Il aurait été un bon fils, sans nul doute, tout disposé à contenter son père, bien plus que ce Nathaniel de malheur. Mulciber aurait pu compter sur lui pour tout et pour n'importe quoi – c'était d'ailleurs bel et bien le cas, même sans lien du sang. James était bien tout dévoué à son patron, pour lequel il éprouvait une vive reconnaissance, bien plus qu'à un père auquel il ne vouait de respect filial qu'autant que le commandaient les usages. Le destin avait bien mal fait les choses. Pour un peu, il se serait arrangé pour casser la gueule de Nathaniel Mulciber en repartant – mais il décida opportunément que ce type ne méritait même pas tant d'attention.

Le Ministre déclinait, gentiment, son idée de se rendre à l'étranger. Dommage, la présence du Ministre anglais de la Magie aurait été un soutien de poids pour les puristes australiens... Mais le refus de Mulciber était légitime, et James en prit note avec un bref hochement de tête. C'était agréable d'avoir affaire à quelqu'un qui savait dire non sans s'emporter... Au moins, on n'avait pas peur de suggérer, ou de questionner, lorsqu'on était certain de ne pas se faire rabrouer. Encore une qualité que Thomas Eccleston n'avait pas. John Mulciber souriait, répondait paisiblement, aussi détendu que s'il devisait avec un ami. Ils ne feraient pas de politique, disait-il. Il entendait apprendre d'autres choses à James, celles qu'il tenait de son père et que le jeune sang-mêlé n'avait précisément pas reçues du sien, à commencer par l'honnêteté. Il s'était voulu aux antipodes de cet encombrant géniteur, aussi professait-il une rigueur morale confinant à la manie ; il s'était créé ses propres valeurs, et il approuvait sans réserve Mulciber lorsqu'il énonçait l'importance du travail et de la loyauté. James Eccleston, en dépit de sa réputation d'arriviste sans scrupules, était un type profondément loyal. Sans doute n'avait-il pas besoin d'apprendre cela, finalement. Le Ministre en venait au fait : il devait apprendre à obéir et à ordonner. James adressa à son mentor un regard déconcerté. Comment pouvait-on apprendre à obéir ? Il l'avait toujours fait, naturellement, simplement parce qu'il était d'un naturel docile. Et ordonner ? Cela lui semblait encore moins concevable. Il n'aimait guère donner des ordres. Il n'était à l'aise que lorsqu'il les recevait, ou lorsqu'il pouvait travailler seul. Avoir des gens sous ses ordres ne lui était ni agréable, ni facile. Il y avait un paradoxe dans son attitude, d'ailleurs, souvent arrogante envers ses subordonnés mais mal à l'aise avec l'idée même d'exercer une autorité. Le programme de Mulciber tombait à pic, car son apprenti n'était pas vraiment au clair avec le fait d'ordonner.

Le jeune sang-mêlé écouta attentivement la suite des propos du Ministre. Il était parfaitement d'accord avec ce qui était dit, non pas par désir de plaire à son mentor, mais parce que cela correspondait à sa propre conception. Il faisait une différence nette entre un Lincoln Crow ou un John Mulciber, par exemple, des hommes envers lesquels il avait une dette, et un Eris Valverde, Mangemort de renom mais plus lointain. Ce dernier avait bien entendu droit à son respect et à son entière collaboration, mais les premiers pouvaient compter sur un dévouement bien plus important. Il leur devait tout – sa place, sa liberté, son admission dans les Mangemorts, tout ce qui faisait de lui l'homme qu'il était devenu. Ils avaient eu une influence décisive sur le cours de son existence. Sans Crow, il aurait trahi le régime en renseignant Sheppard de manière exhaustive, et aurait fini, au choix, au bout d'une corde ou à Azkaban. Sans Mulciber, il serait resté un obscur petit gratte-papier, un minable sang-mêlé sans espoir de se faire remarquer et de se soustraire à sa condition. Le Ministre lui avait fait confiance, il le prouvait encore en le recevant chez lui pour parfaire son entraînement, et Eccleston lui était reconnaissant pour cette bienveillance jamais démentie. Il eut un instant d'hésitation lorsque son maître lui demanda de dire qui étaient ses supérieurs et ses alliés, puis se lança :

-Parmi ceux à qui je dois quelque chose... Je suppose que le Seigneur des Ténèbres reste hors de cette conversation...

Il ne se voyait pas placer sur le même plan Lord Voldemort et certains de ses serviteurs. Il y avait, il devait y avoir un fossé entre le Maître et ses sbires, même les plus puissants. Songeur, James poursuivit :

-Parmi ceux à qui je dois quelque chose, donc... Il y a... Crow... Mr Avery... et vous, monsieur, ajouta-t-il avec une gêne inexplicable. Pour ceux qui sont des supérieurs... voyons... Léon Brom... Eris Valverde, bien qu'il ne soit pas à proprement parler un supérieur hiérarchique... Et je crois que c'est tout.

Des Mangemorts, uniquement des Mangemorts. Sa nouvelle famille, en somme. Après une nouvelle hésitation, voyant que le Ministre ne reprenait pas immédiatement la parole, Eccleston s'enhardit à poser la question qui lui trottait dans la tête depuis un moment :

-Pardon, monsieur, mais je me demandais... comment peut-on apprendre à obéir et à ordonner ? Je ne suis peut-être pas très au fait de tout cela, mais je croyais qu'on était fait, naturellement, pour l'un ou l'autre...
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MessageSujet: Re: A propos des âmes perdues || James Ven 10 Jan - 14:30


Ordonner et servir. Il s'agissait là, normalement, d'une véritable opposition. Le commun des mortels jugeait qu'il était fait pour l'un ou l'autre. John Mulciber méprisait cette idée. Croire qu'on sera toujours vainqueur. Croire qu'on sera toujours perdant. Et la chance qui tourne, alors ? Non. On ne pouvait pas négliger le fait que le hasard s'en mêlait, parfois. Mais la compréhension du monde selon John Mulciber ne tenait finalement que très peu compte du hasard. Non, en réalité, on dominait et on était dominé tour à tour par le simple amour. Il n'avait jamais vu quelqu'un qu'il aimait ou quelqu'un qui l'aimait être son égal ou son semblable. Juste des gens à qui il ordonnait, juste des gens qui l'admiraient. La logique de John semblait si implacable que pérpétuellement, il écrasait ou pliait. Mais comme il trouvait ça d'un cynisme hors pair, et que dans le fond, il n'était pas si cynique que ça, le mangemort rétablissait la balance à l'aide d'un contrepoids parfait. Ses ennemis. Eux seuls le traitaient en égaux. Même lutte. Nous sommes les deux revers d'une même pièce, seule la façon de la voir change. Ainsi n'aimait-il que peu de gens, finalement, car il préférait être honnête avec ceux qu'il croisait, ne pas avoir à les asservir et ne pas être asservi. Il en allait à peu près de la même manière pour ses alliés, mais la plupart, pour John, étaient des sortes d'ennemis. Pas idéologiques, non, mais bien sur la manière de penser, de faire. Moi contre le monde. Dernier et seul. Dernier parce que sans doute héritier d'un autre temps, qui semblait disparaître, gardien de valeurs qui n'avaient plus cours dans ce pays, et qu'il fallait réapprendre, et c'est ce qu'il faisait. Car même obéir et servir, ce concept qui pourtant régissait la base du monde, semblait avoir disparu. Enfermés dans nos cases, notre horizon se limite à un quotidien stupide et sans grandeur. Le purisme était grand pourtant, c'était un idéal qu'il fallait atteindre. Que ferons nous sans chefs, sans personne qui se rappelle qu'un chef n'est pas là pour écraser mais aussi pour relever, car s'il doit quelque chose, c'est bien au peuple, car c'est le peuple qu'il sert, et même au dessus de lui, il y a toujours un chef. Dieu, le Seigneur des Ténèbres, qu'importait. Ca existait.

Obéir et servir. La seule manière valable de gouverner. Une logique que du temps de John, au moins les membres des familles de sang pur maitrisaient. Le paradoxe familial faisait qu'ils devaient s'imposer s'ils voulaient qu'on retienne qu'ils étaient et pas quel était leur nom de famille, mais également ne jamais oublier l'intérêt de ce nom de famille. Aujourd'hui, John pensait être l'un des derniers à maitriser cette logique pure. Peut-être que Mike l'a encore un peu, mais il a mis du temps à le comprendre. Pour le reste, c'était perdu. Wiltord Bedan voyait son intérêt personnel, celui de ses descendants, mais on ne pouvait pas parler de l'intérêt du nom. Chacun faisait donc en conséquence de la politique pour son compte. Un petit monde égoiste. On disait que John Mulciber ne pensait qu'à sa pomme, allez comprendre, alors que lui savait encore faire le distingo. Cela donnait la capacité d'ordonner à sa famille tout en prenant soin d'elle, même si ses décisions paraissaient dures. Il en allait de même pour le peuple. Le peuple ? Rien à foutre du peuple. Le peuple ne me sera jamais reconnaissant pourtant tout ce que je fais est fait pour son intérêt. Ordonner et servir ne supposait pas de remerciement.

Désormais, les gens ne savaient plus apprendre. Le fils de John, Nathaniel lui même ne savait qu'ordonner, et se croire supérieur. Cela amusait John, car en réalité, Nat' n'était rien. Sans pouvoir, sans autorité. Aucune influence. Ecrasé par son père. Cela le désolait et l'indifférait en même temps car d'une certaine façon, John en était responsable. Si tu avais préféré tes enfants. Si ton combat n'avait pas été si important. Si tu n'étais pas allé en prison. Pas de père pour Nathaniel et Roxane Mulciber. Rien qu'une enfance vide et sinistre. Sans doute était-ce pour cela qu'il avait enseigné autant, alors que pourtant, John ne se croyait pas vraiment bon professeur.  Benjamin, Parch...il jeta un œil grave à James. Jamais deux sans trois disait-on. Mais il ne croyait pas à ça. L'avenir n'était pas une répétition du passé. Personne n'a vu ce que j'ai vu. L'avenir n'est pas fixé. Il y a des millions de possibilités. Des millions. Alors il voulait croire.

Ordonner, servir : se taire face à ceux à qui il devait quelque chose, leur obéir, il avait appris depuis longtemps à le faire. Ordonner car il savait le faire, car il pouvait le faire.  C'était une évidence pour John mais il concevait aisément que ça ne devait pas l'être pour tout le monde. Il hocha la tête à ce que disait James. Il apprenait  vite.  C'était une bonne chose de ne pas avoir à répéter. John n'attendait pas de ses apprentis une vitesse quelconque d'apprentissage mais simplement de l'attention. En cela, avec James Eccleston, il n'était pas déçu. Pas plus qu'il ne s'attendait à ce qu'il comprenne du premier coup. Les mentalités changeaient vite. Très vite. Et il fallait réapprendre les anciennes paroles, les anciennes manières de faire, à ces jeunes qui semblaient oublier si vite. Mulciber se pencha légèrement en avant et répondit, pour une fois, à la question, par une autre question :

« Dites moi, James, quelle est la différence entre le roi et son destrier ? »

Comme cela pouvait paraître incompréhensible, aussi John continua-t-il :

« Ce n'est pas une devinette pour les enfants, la réponse n'est pas 'l'un est un homme, l'autre est un animal'. Ce n'est pas une question de silhouette, de genre, d'intelligence ou de force. La question, c'est pourquoi, au moment où les roles se distribuent, l'un commande le combat et l'autre doit servir. Il y a autre chose. » Une pause. Devait-il réellement dire cela ? Oui, sans doute. « Il n'y a pas de différence entre le roi et son cheval. Il n'y a pas différence entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent, parce que tour à tour on est roi et destrier. On écrase et on est écrasé. Les rôles ne sont pas fixés. » Etrange confidence de la part d'un homme qui défendait la supériorité naturelle d'un sang en particulier. « Pourquoi le roi devient roi ? Parce qu'il est plus fort ? Plus intelligent ? Supérieur ? Non. Il a simplement l'audace de prendre la couronne. Et un jour, quelqu'un a plus d'audace que lui et la lui prend également. Tout le monde a de l'audace un jour ou l'autre. Pour ordonner, c'est la seule chose qu'il faut. L'audace. Tout le monde a aussi l'instinct  des personnes à qu'il doit obéir : vous l'avez aussi, vous venez de me le montrer. Tant que ces personnes ne vous disent pas 'non tu n'as pas à ordonner à ces gens' alors le reste du monde vous est inférieur. Et c'est à vous d'avoir l'audace de commander. »

John sourit à nouveau. Cela était très théorique, il le savait. Et rien ne valait la pratique pour le comprendre.

« Je vais vous montrer ce que ça donne dans la réalité. Ce sera plus facile. »

La porte s'ouvrit doucement. On aurait pu croire qu'il s'agissait là d'un chien qui entrait en cognant de sa tête contre le bois pour se ménager une entrée, et de fait c'était réellement un chien. Mais il était immense, noir, et paraissait humide, ou composé de flammes noires étranges. Ses yeux brillaient d'une intense lumière rouge sang, et seuls ses crocs étaient de couleurs blanches. Si cela était un chien, il n'était pas ordinaire. John lui parla, au risque de passer pour un fou, comme si la bête allait lui répondre :

« Ah, Azarus. Je me demandais si tu allais finir par venir. Pointer ton nez ici t'as tenté, finalement ? »


La bête fit le tour de la pièce comme si elle était chez elle. Elle regardait James, qu'elle ne semblait pas reconnaître, et qui ne semblait pas trop lui plaire, comme si elle souriait, d'un sourire véritablement humain, vivant, ce qui était doublement curieux pour un chien normalement incapable de sourire et d'éprouver des sentiments. Elle s'en alla doucement contourner le bureau et posa sa tête énorme sur les genoux de John. Puis finalement, elle parla :

« Je voulais voir celui que tu nommes ton apprenti. Tu es déjà assez pitoyable, alors je me demande ce qu'il vaut. »

Le Ministre eut un sourire et chassa ce qu'il savait être un démon, qui se coucha dans un coin, avant de reprendre à l'intention de James :

« Puis-je vous présenter Azarus, démon majeur issu du Panthéon d'Arkham ? Ne faites pas attention à son sale caractère. Il aime être comme ça, en réalité c'est tout ce qu'il peut faire, étant donné qu'il est lié à moi par un contrat démonique. »

Il fit une légère pause, histoire de voir si Azarus se décidait à répondre. Manifestement ce n'était pas le cas. Bien. Il eut un sourire satisfait et continua :

« Alors. Je vais vous faire rapidement un cours théorique de démonologie, mais je vous renvoie à ceci... » Il posa devant James un ouvrage de taille moyenne intitulé Des Démons et écrit par un certain John Mulciber.  Il lui adressa un clin d'oeil : « Je ne vais pas essayer de faire preuve de fausse modestie, je me contenterais donc de signaler que l'ensemble du travail de l'auteur a été encensé par les démonologistes du monde entier.  Il paraît que le livre est complet. Bien, ceci étant. Commençons par le commencement. Il existe plusieurs mondes peuplés par des démons, que l'on appelle des panthéons. En général, chaque démoniste a sa spécialité. Je vous enseignerais la maitrise de celui d'Arkham, et peut-être un peu du panthéon hellénistique si Chronos est de bonne humeur...
- Chronos n'est jamais de bonne humeur...
-Merci Azarus. Je vous aurais bien parlé de la Gabala, mais le Thésaurus, le livre de référence pour en invoquer les démons, est écrit dans une langue perdue, et il fait tout de même presque quinze mille pages, je doute d'avoir le temps de vous en parler beaucoup, d'autant qu'il est dangereux de trop s'y intéresser. Ceci étant. Dans chaque panthéon, il y a une hiérarchie démonique. Les démons mineurs, les démons majeurs, les piliers et les Maitres. Ainsi, Azarus et Petrus, son frère, sont des démons majeurs d'Arkham...
-Et ouais ! Ca t'embouche un coin, hein, l'humain ?
-Silence, Azarus. Tu deviens pénible. Je disais donc. Tous ces démons doivent répondre cinq piliers : le Millénaire, le Légendaire, le Tortureur, le Fléau et le Chasseur...qui a fait une remarquable apparition il y a deux ans, vous vous en souvenez peut-être. Eux même doivent répondre aux Maitres d'Arkham : Yog-Sothor, Cthutulu et bien sur, le Maitre suprême, le Miskatonic. On peut tous les invoquer par un contrat, ce qu'on nomme le contrat démonique. Le démon vous donne quelque chose, et vous devez payer le Du. Cela va d'une offrande de viande au fait que le démon fasse de vous son esclave en passant par le fait que vous pouvez devenir fou. En l'occurrence, le contrat est le suivant : Azarus et Petrus me servent, tuent pour moi et me défendent tant que je suis en mesure de leur ordonner. Si je n'y arrive pas ils deviennent mes maitres, jusqu'à ce que je réussisse à renverser la tendance ou que je meure. »

John évoquait cela calmement, sans paraître effrayé par la perspective que ce démon puisse être un jour son maitre. T'es pas assez intelligent pour ça, Azarus.

« Je vais mettre fin à mon contrat avec Azarus, et le renvoyer dans son Panthéon. » Il se tourna vers le démon sans sourire  et prononça une formule en latin. La silhouette s'effaça lentement. Mulciber revint à Eccleston : « Je vais vous confier Azarus. D'une, cela vous permettra de travailler les invocations démoniques, de deux, il est plus gérable que son frère, de trois, je n'ai véritablement besoin que de Petrus, et de quatre, cela vous fera travailler votre capacité à ordonner. Parce que si vous ne le faites pas, lui le fera. Et croyez moi, vous n'aimerez pas ça. »

Il se leva et prit dans la bibliothèque un ouvrage plus volumineux et le posa également devant James. Le livre datait apparemment du XIXe, ou peut-être du début du XXe siècle.  Le Ministre de la Magie commenta :

« Il s'agit du Necronomicon...enfin, de la traduction de référence par Lovecraft, le spécialiste du panthéon d'Arkham. Je vous le donne, étant donné que j'en ai un autre exemplaire. Ne le perdez pas, cependant. Il vaut probablement plus cher que votre manoir. »


John n'avait aucune idée du vrai prix du livre, en réalité, car il ne l'avait jamais payé, ayant obtenu ses deux exemplaires en assassinant leur précédent propriétaire, mais à sa connaissance, il ne restait que six exemplaires de l'édition de Lovecraft, celui ci ne l'ayant pas fait réédité.

« Vous ouvrirez le livre à la page sept cent...ça doit quinze. Oui, c'est sept cent quinze. Vous y trouverez la formule pour ouvrir un vortex, un portail entre notre monde et Arkham. Puis vous invoquerez Azarus avec la formule en dessous. A ce moment là, il apparaîtra. Vous conclurez un contrat démonique dans les conditions que j'ai évoqué plus haut. »

Ce n'était pas un choix. C'était une leçon. James le suivit dans la grande salle de duel, au sous-sol du château. De grandes colonnes de pierres blanches supportaient un plafond en arcade tout aussi clair, et au sol, le damier blanc ne changeait de couleur que pour former un pentagramme de céramique noir. John le désigna de la main :

« Vous invoquerez le démon à l'intérieur. Le pentagramme de Lovecraft vise à enfermer le démon pour éviter qu'il ne fasse des dégâts importants. Vous pouvez commencer. »

Chaque geste serait une épreuve. Mais tout était calculé.
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MessageSujet: Re: A propos des âmes perdues || James Ven 10 Jan - 14:47

Pas mal, Eccleston, pas mal mais il manque un petit quelque chose pour que ce soit brillant. James avait entendu cela durant toute sa scolarité, et il avait pesté, en silence, contre les professeurs qui le lui disaient. Comment pouvait-on reprocher à un élève d'être « trop scolaire » ? Il réalisait les travaux demandés, de son mieux, en les réussissant correctement la plupart du temps. Mais s'il était bon élève, sérieux et attentif, il était vrai qu'il ne se détachait guère du lot. Même en potions, sa matière de prédilection, il lui manquait quelque chose – une petite étincelle de folie, d'audace, de curiosité, il le comprenait seulement maintenant qu'il fréquentait les Mangemorts. Ces hommes étaient bien différents de lui, qui n'avait jamais osé dépasser les limites, que ce soit les siennes ou celles du système. Il s'était toujours tenu tranquille dans son coin, sans prendre de risque, sans chercher à devenir un sorcier exceptionnel. Le sérieux suffisait à garantir de bonnes notes, lesquelles suffisaient à atteindre son objectif de devenir avocat. La boucle était bouclée. Pourquoi aller à l'encontre du règlement en rejoignant ceux qui – cela se savait confusément dans l'école – travaillaient discrètement des matières ne figurant pas au programme ?

James regrettait à présent d'avoir été trop timoré dans sa jeunesse. Il mesurait tout ce qui lui restait à apprendre et à comprendre pour espérer arriver au niveau des autres Mangemorts, et c'était vertigineux. Le Seigneur des Ténèbres lui-même le lui avait bien dit : il n'attendait rien d'exceptionnel de sa part, inutile de se monter la tête. Contente-toi d'obéir et d'être fidèle, sans te prendre pour une lumière. Fais ce que tu sais faire – exécuter les ordres. Lord Voldemort avait cerné la personnalité de son nouveau serviteur en quelques instants à peine, preuve de sa puissante intelligence. Eccleston ne pouvait prétendre égaler les autres Mangemorts ; c'était la comparaison avec Crow qui lui semblait la plus révélatrice. Les deux hommes avaient à peu près le même âge, ils avaient donc suivi le même enseignement à Poudlard, auprès des mêmes professeurs. Pourtant, James avait souvent l'impression que Lincoln avait dix ou vingt ans de plus que lui, tant sa pratique de la magie était virtuose. Son ami possédait ce petit quelque chose, cette forme de folie propre aux sorciers d'exception. Rien ne lui semblait trop grand, trop complexe, rien ne lui était interdit, alors que James restait son premier censeur, raisonnable jusqu'à en devenir hésitant.

Les Mangemorts qu'il fréquentait désormais s'attachaient à corriger ce trait de caractère. Crow n'avait de cesse de le pousser à se dépasser, et Mulciber, son nouveau mentor, prenait également cette tâche très au sérieux. L'idée de se comparer au Ministre n'était jamais venue à l'esprit du jeune Mangemort ; ce type-là lui semblait si loin au-dessus de lui qu'il aurait été irrespectueux, et déraisonnable, de prétendre l'égaler un jour. Il l'écoutait donc avec humilité, aussi déférent qu'il avait pu l'être avec ses professeurs – voire davantage, puisque le Ministre avait toute son estime, ce qui n'avait pas été le cas de ses enseignants. Il écouta les explications de son mentor, la comparaison avec un roi et son destrier, sans comprendre vraiment où cela allait le mener. Avoir l'audace de commander... Le Ministre annonça qu'il allait lui montrer ce que cela donnait dans la réalité, mais James demeurait perplexe. Mulciber savait ordonner, il avait un charisme qui donnait envie de lui obéir ; cela lui était naturel, à l'inverse de son apprenti. Comment lui apprendrait-il à commander ?

Avant qu'il ait pu parvenir à une réponse satisfaisante, un événement imprévu – et ô combien imprévisible – vint troubler le cours de ses réflexions. La porte s'ouvrit sur un chien auquel le jeune Mangemort ne prêta d'abord aucune attention, jusqu'à ce que la bête soit assez proche pour qu'il la voie bien. Si c'était un chien, c'était le plus étrange qu'il ait jamais vu. Son pelage noir brillait de reflets indéfinissables, et deux yeux rouge sang éclairaient ce museau entièrement noir. Le Ministre accueillit l'animal en lui parlant (pourquoi pas, après tout) tandis que la bête, lentement, contournait le bureau sans quitter James des yeux. Elle regardait le visiteur avec une drôle d'expression, mais le plus curieux fut de l'entendre répondre, de vive voix, au maître des lieux. Et en lui envoyant une pique, en prime. Quelle sale bête était-ce donc là ? Tout s'éclaira lorsque Mulciber fit les présentations. Un démon. Le premier que James eût jamais vu, du reste. Il n'avait jamais imaginé s'essayer à une branche aussi obscure que la démonologie, qu'il laissait à d'autres, plus audacieux. Il semblait bien, pourtant, qu'il allait devoir s'y mettre pour continuer à bénéficier de l'enseignement de John Mulciber... Pour la première fois depuis son entrée dans la pièce, il regretta de ne pas s'être servi un whisky lorsque son hôte l'y avait invité. Il aurait eu bien besoin d'une bonne gorgée d'alcool à cet instant, pour digérer un peu tout ce qui lui arrivait d'inhabituel, et la certitude que cela ne faisait que commencer.

La suite confirma son impression. Il allait devoir se plonger jusqu'au cou dans la démonologie, quelle que soit son appréhension quant à cette nébuleuse discipline. S'avançant sur son siège, il prit le livre que le Ministre venait de poser devant lui, et l'ouvrit machinalement, tout en écoutant le cours théorique qu'il s'efforçait de graver dans sa mémoire. Les choses lui semblaient bien compliquées, même si Mulciber en parlait avec autant de facilité que s'il avait énuméré les membres de sa propre famille. De temps à autre, le démon l'interrompait, d'un ton gouailleur qui ne plaisait guère à James. L'évocation du contrat démonique acheva de mettre mal à l'aise le jeune Mangemort qui commençait à entrevoir où son maître allait en venir. Il ne fut guère surpris d'apprendre qu'il allait hériter du nommé Azarus, de son sale caractère et de ce contrat glaçant. Il tâcha de sourire vaillamment, bien que cette perspective n'eût rien pour l'enchanter. Il ne protesta pas, cependant, acceptant par avance les ordres de son mentor. Celui-ci prit un second livre, plus épais, qu'il posa également devant son apprenti tout en donnant ses instructions. Page sept cent quinze, l'invocation, le contrat. Cela semblait si simple, dit comme ça... James ne répondit rien, se contenta de hocher la tête pour indiquer qu'il avait compris. Puis, frissonnant malgré lui, il se leva pour suivre le maître de maison jusqu'à une vaste salle du sous-sol, les livres sous le bras. Il n'eut même pas la force de se rendre compte de la majestueuse beauté du lieu, une salle de duels de toute évidence. L'instant était trop grave pour cela. Le jeune sang-mêlé se plaça dans le pentagramme noir que lui désignait son mentor, sans oser lui poser la moindre question pour se rassurer. Pas question de passer pour une lavette, même si une soudaine angoisse lui nouait les tripes. Le Ministre n'avait pas besoin de savoir cela, et d'ailleurs, il devait s'en douter. Invoquer un démon pour passer avec lui un contrat démonique, ce n'était pas commander un whisky Pur-Feu au Chaudron Baveur. Après une brève hésitation, James ouvrit le Necronomicon à la page sept cent quinze, et entreprit d'ouvrir le vortex indispensable pour entrer en communication avec Azarus. Cette première partie se passa étonnamment bien, et il passa sans tarder à la seconde invocation. Lentement, la silhouette de chien d'Azarus reparut devant ses yeux, avec son pelage de flammes et ses yeux rouges fixes.

-Que me veux-tu, humain ? demanda-t-il d'une voix traînante.
-Je veux conclure avec toi un contrat démonique, Azarus.

James avait répondu avec toute l'assurance dont il était capable. Le démon renifla dédaigneusement avant de répliquer sur un ton cinglant :

-Pathétique sorcier... qui es-tu pour prétendre traiter avec un démon majeur du panthéon d'Arkham ? Il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir.

Un sourire cruel passa sur son visage. James, déconcerté, consulta son mentor d'un regard. Cela n'était pas prévu au programme... Que devait-il faire désormais ? Négocier ? Le ton du démon semblait sans appel. Jeter l'éponge aurait été sa seule réaction, mais Mulciber n'allait certainement pas approuver. Que faire, alors ? Trouver une invocation pour obliger Azarus à accepter le contrat ? La panique continuait de vriller l'estomac du jeune homme, qui aurait donné n'importe quoi pour ne plus voir les yeux rouges et le sourire carnassier du démon. Quel besoin avait-il de passer un contrat avec cette détestable créature, du reste ?


Dernière édition par James Eccleston le Dim 26 Jan - 13:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A propos des âmes perdues || James Ven 10 Jan - 14:47

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MessageSujet: Re: A propos des âmes perdues || James Lun 27 Jan - 13:24

John Mulciber n'avait jamais été un homme brillant. On pouvait l'estimer doué, mais lui même ne se considérait pas comme le meilleur. Dans tous les domaines où il était compétent, il y avait toujours des gens pour le surpasser. Dans notre société, les hommes que l'on admire le plus sont ceux qui bâtissent des ponts, des gratte-ciel et des empires, et à la limite ceux qui ont une grande et belle vie de famille, et la célébrité. Mais si John Mulciber possédait tout cela en apparence, c'est qu'il avait tout tenté et peu réussi. On pouvait le qualifier de brillant en surface, on aurait pu le dire avec raison sans doute bénéficiaire d'une vie heureuse, mais dès qu'on grattait la surface l'or et les paillettes disparaissaient. C'est toujours un peu plus compliqué que ça, voyez vous. On ne peut pas se limiter à réussir, ce sont des choses qui arrivent, mais statistiquement beaucoup moins que les déceptions. Il avait été un bon élève mais jamais brillant, n'ayant jamais étudié que ce qui l'intéressait et n'ayant jamais eu l'impression d'avoir à forcer pour obtenir des résultats corrects. Il avait aimé sa femme mais finalement l'avait abandonné. Il était un bon mangemort, sans doute, mais jamais on n'oublierait ses erreurs. Il avait aimé son père, mais il l'avait détesté. Si j'ai été brillant, ce temps est révolu. Réconciliation dans la mort d’être et avoir : avoir été. J'ai été. Le temps est passé et il a passé vite. Etre et avoir, ne plus être, ne plus avoir. Glissement imperceptible et pourtant si pénible. Je suis, vit, respire. Pourtant il faudrait qu'il s'habitue. S’habituer à ce « était » alors qu’il n'est pas encore là. Etait : jamais imparfait n’a si bien mérité ce nom, le passé est imparfait, qui souligne ce qui n’est plus et ne sera plus jamais. Impossible de parler de lui au présent désormais. A cinquante deux ans John Mulciber se disait que sa vie était derrière lui quand bien même il savait que les sorciers vivaient plutot longtemps, plus longtemps que les moldus en tout cas. Ca arrivera bientôt, pourtant. Il le savait, il le sentait, et il l'avait vu. Nous sommes des maitres de guerre, mais voilà que la tempête arrive et nous courrons à notre perte. J'ai été. Le temps est passé et il est passé vite. Le passé est imparfait, il souligne ce qui n'est plus et ne sera plus jamais. Que fais tu ? Ou habite-tu ? Je ne fais plus, je faisais. Je ne suis plus, j'étais. Je n'habite plus, j'étais un homme et je ne suis plus que cendres.

Requiem macabre. Conscience confuse qu'il n'était éternel, mais conscience lucide qui savait également qu'il laisserait un héritage derrière lui. John Mulciber était sans doute un homme au passé sanglant mais il savait une chose, qu'il le veuille ou non, il laisserait derrière lui un fort héritage. Un héritage de haine et de meurtre. Ils ont tous oubliés comme je n'ai jamais mentionné ma famille à mon procès, comme toujours j'ai parlé d'eux, comme toujours je les ai protégé. Ils ne savent pas. Ils ne comprenaient pas et personne ne faisait rien pour essayer de le comprendre. Ils pensent que le nom suffit. Le nom ne suffit jamais. Je ne suis pas un nom, je suis moi, c'est là que vous faites erreur. La compréhension est mauvaise parce que vous prenez un mauvais angle pour tenter de piger. Un héritage ça se conquiert, voilà tout.

Définition typiquement Mulciber, prononcée avec rage. Il croyait fermement à cela. Si on ne conquierait pas l'héritage, alors il fallait avoir la capacité de le créer, et cela ne concernaient que peu de gens. Ainsi il avait façonné les Mulciber à son image, mais aucun d'eux ne lui ressemblaient vraiment, et c'est en cela sans doute que John avait été brillant. Il ne savait pas conquérir, la preuve c'est qu'il ne ressemblait pas à son père. La famille, pour lui c'était une vaste rigolade, de toute façon. On ne choisit rien ni personne. On refuse ou on accepte : choix mineur. Il est vrai qu'on ne choisit pas ses parents, qu'on choisit à peine sa femme - offerte par une rencontre -, qu'on choisit rarement ses enfants - la plupart nés d'une précaution mal prise - et encore moins de les faire tels qu'ils sont ; c'est même ce qui rend si compliqués, si bêtes, les problèmes de la famille. On pouvait choisir de conquérir ou de créer : lui savait créer, capacité partager par un seul autre membre de la famille. Benjamin. Héritage discutable, sans doute. Mais héritage existant. Parmi ceux ayant la faculté de conquérir, un seul retenait son attention. Llewelyn. Mais il aura l'héritage de son frère, pas le mien. Il commençait à se poser des questions sur cet enfant, qui ne lui laisserait pas l'occasion de faire preuve de pitié. Il faudrait qu'il sévisse mais pour l'instant, il ne pensait pas à cela.

Celui qui aurait son héritage, à lui, John Mulciber, n'existait peut-être pas. Il faudrait léguer tout en plusieurs parties, mais James Eccleston en serait un des dépositaires. John savait très bien qu'il avait peur et qu'il ne pourrait pas l'empêcher d'avoir peur. Lui aussi avait craint les démons, au début, mais cela lui était passé. Ils vivent et meurent comme nous, mais on si on sait s'y prendre ils obéissent. John savait ce qu'il faisait, il fallait que James voit et alors il saurait. It'll come true if you say it will. Voilà tout. Aussi se contenta-t-il d'observer. Pas mal pour un début. L'invocation réussit. A nouveau Azarus apparut. Mais cela ne fonctionnait pas toujours correctement. Ainsi le démon semblait-il décidé à obéir à sa propre volonté. Comme toujours, cela dit. Eccleston tourna les yeux vers lui. John hocha la tête négativement mais ne fit rien pour arrêter l'attaque du démon qui se jeta sur James en lui flanquant un coup de griffe magnifique.

« Défendez vous, James, je vous ai dit qu'il vous tuerait sinon. »

Le ton était sans réplique. John ne comptait pas, cependant, laisser son apprenti dans la tourmente. Il lui donnerait de l'aide, pour ce combat là. Ainsi il murmura une sombre incantation et le chien se trouva enseveli sous des tonnes de pierres qui semblaient créées à partir d'ombre. Si cela le blessa, il était cependant décidé à repartir à l'assaut. Rien n'était fini, tout commençait.

STATS :

John : 15/4
James : 9/4
Azarus : 7/3


Dernière édition par John Mulciber le Lun 3 Fév - 15:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A propos des âmes perdues || James

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A propos des âmes perdues || James

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