POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Those for whom the world is not enough || Vaas

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John Mulciber


MessageSujet: Re: Those for whom the world is not enough || Vaas Sam 9 Nov - 14:42

Qu'est-ce qui se passera si je meurs ? Tu le sais, toi, Millénaire ? Lorsqu'il avait posé la question au démon, John Mulciber n'avait obtenu qu'un sourire de la part de cette entité au visage si commun, si connu, et si indéfinissable. Tu sais, John Mulciber, je ne sais pas. Tu n'es jamais mort, moi non plus. Je sais tout et ma connaissance s'arrête là. Et voilà que maintenant la vérité, John Mulciber finissait par la comprendre, la voir, la piger. Maintenant. Tout de suite. Il allait mourir. Il le savait, car maintenant il n'avait plus la possibilité de s'en sortir. Il eut un rire qui ressemblait à un gémissement. Il se remit debout, encore. Je suis en train de me vider de mon sang. Putain, il avait raison, Walt. Le bide, c'est tendre et c'est mou. Faut du temps pour que ça se vide, mais ça pardonne pas. Jamais on a vu un type survivre avec ses tripes qui lui pendaient dehors. Fin, c'était pas encore son cas. Pourquoi est-ce qu'il pensait à ça, déjà ? John Mulciber n'en savait foutrement rien. Ah, oui, parce qu'il allait mourir sans aucune possibilité de retour. Qu'à cela ne tienne, il allait crever debout. John Mulciber, à défaut de chance – car il n'était pas trop mauvais tout de même, pour avoir réussi à survivre jusqu'à là – possédait une volonté de faire. Le Ministre de la Magie se disait qu'à défaut de survivre, il allait tout de même avoir une mort convenable. Enfin. Convenable. Il n'y avait pas de mort intelligente. Il n'y en avait jamais. John Mulciber le savait très bien et il ne cherchait pas à le masquer. Je vais mourir, je ne veux pas m'y habituer, je vais mourir. Un jour, je mourrais. Je serais mort. J'aurais été vivant.

La vie était un contrat capitaliste qui finissait inévitablement par se rompre et Vaas était indubitablement le plus grand capitaliste de ce siècle, peut-être plus que John même s'il l'avait compris. Le mangemort eut encore un sourire :

« Tu veux que je te dise ? Je m'en fous. T'es un putain d'Antéchrist, Vaas, mais il est trop tard. » Il était déjà mort, maintenant, il pouvait faire et dire ce qu'il voulait – pourquoi pas qu'il envoyait le monde entier se faire foutre, à commencer par le mercenaire. «  La définition de la folie ? Non. Y a pas de définition de la folie. Rien, que dale. Y a aucune putain de vérité dans ce monde. La folie, ça vaut rien. Je vaux rien. Ecoute un peu les morts, Vaas. Ecoute un peu. L'Antéchrist, c'est moi, maintenant. Viens et va faire un tour du mauvais coté de la vie, celui qu'on appelle la mort. Choisis tes derniers mots, ce sera bientôt la dernière fois. Toi et moi, on est nés pour mourir. Ecoute l'Antéchrist. » John Mulciber approcha, lentement. Il titubait, lentement. C'était ses derniers mots, à lui, pas celle de Vaas. Sa mort. Réglée au papier millimétré, avec précision et tranquillité, depuis le temps que je l'attends, personne ne me la piquera. Il était face à Vaas, maintenant, moins de cinq centimètres les séparaient. La main du Ministre se leva lentement et traça une croix sanglante sur le front du mercenaire, et il éleva encore la voix et dit ce que les morts disent toujours : « Nous étions ce que vous êtes, et ce que nous sommes, vous serez. »

Ces derniers mots, tant de fois rêvés, tant de fois compris, résumaient ce qu'il était – ou avait été. John Mulciber tituba. Il recula d'un pas et il trébucha, puis finalement tomba. Je n'étais jamais tombé, mais voilà que je meurs. C'est bizarre.

Ou dans un sens, c'était logique. Le Ministre de la Magie n'en voulait pas à Vaas. Il n'en voulait à aucun de ses ennemis, jamais. Surtout pas à ceux qui pouvaient le pousser à mourir. Car cette fois, il en était persuadé, il ne pouvait que mourir. Quelle drôle de mort, d'ailleurs, jugea-t-il. Il partait dans un silence si profond, si terrible, sans vraiment rien comprendre. Il tombait dans une allée vide, à deux pas de chez lui. Oh...d'un coup, il se souvenait de ce qui manquait. Marciana. Bon Dieu. Faites qu'il la laisse. Elle s'en sortira. Elle devrait s'en sortir. Ne sois pas triste, ne pleure pas quand tu comprendras. Je sais que tu détestais ce que j'étais devenu. Mais parfois l'amour n'est pas assez, parfois ma vie à coté de toi m'a apporté plus. Mais ça n'enlevait rien. Je t'aimerais jusqu'à ma fin des temps, je t'attendrais un million d'années. Promets que tu te rappelleras que t'es à moi. Est-ce que tu peux le voir à travers les larmes ? Je t'aime plus que toutes les putes que j'ai pu croiser, et je te pardonne tout. Oh, ils étaient loin les grands rêves de John Mulciber, les rêves avec lesquels il avait séduit Marciana Selwyn alors qu'il n'avait que dix-sept ans.

Il ne savait pas pourquoi ça continuait de le faire rire. J'essaye de tailler la route, et de m'amuser en même temps. C'était assez réussi, mais voilà, il avait fini par tout perdre, il avait finalement réussi. Mais rien ne nous survivra. Maintenant, John savait pourquoi. Parce qu'il avait réussi à tout perdre, de sa propre volonté. Il avait eu une vie merveilleuse. Un éclat de lumière que même lui n'avait pas su voir. Vivre si mal et mourir si bien, voilà ce qu'il voulait, et il avait fait le contraire sans même le voir. Quel délire ! Quel blasphème, s'il avait su ! Mais John Mulciber ne voyait déjà plus rien, il ne se souvenait plus de rien. Il ne réfléchissait pas.

Il avait été John Mulciber. Il avait été vivant. Mais vous n'auriez pas voulu être moi. J'ai été au sommet, mais qui voulait de ma vie, bon dieu ? Personne. C'est une bonne chose, je crois. Personne pour le sauver. Finir sa vie seul, tué par un mec qui n'avait rien contre lui mis à part le fait d'avoir un contrat sur sa tête. Ca lui convenait d'une certaine manière.

Sauf que...

« Pourquoi faut-il toujours te sauver alors que tu ne le veux pas, bon sang ? » Mike lui avait dit un jour, et John s'était contenté de répondre : « Sans doute parce que parfois, je voudrais avoir tort. »

John Mulciber croyait sincèrement qu'il allait mourir, il ne pouvait pas en être autrement, mieux, c'était ce qu'il voulait. Un vieux meurt, quelqu'un le remplace. Pas de problème avec ça. Sauf que voilà, dans la vie, et il y était encore, dans cette foutue vie, on ne pouvait pas prévoir quand on allait vraiment mourir. Ni quand les gens nous donnaient tort.

Quelle sinistre plaisanterie, tout de même.


Dernière édition par John Mulciber le Dim 10 Nov - 15:00, édité 1 fois
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Mike F. Witcher


MessageSujet: Re: Those for whom the world is not enough || Vaas Dim 10 Nov - 16:07


« Avez-reçu la réponse de l'Inquisiteur Valverde sur le cas Willow ?
- Oui, monsieur le directeur. Enfin je pense. Je n'ai pas ouvert le courrier. »

Mike Witcher leva les yeux au ciel. Douglas Mac Namara était un type compétent en tant que secrétaire mais parfois il faisait preuve d'une minutie et d'une rigueur abominablement ennuyante. Il fit un geste impatient :

« Posez ça là et disparaissez, allez. »

Il travaillait mieux, franchement quand il était seul. Le mangemort jugeait cela plus profitable et plus propice à la concentration, de manière réelle. Ça l'arrangeait vraiment. Douglas ne se le fit pas dire deux fois et mit la directive à exécution. Mike Witcher n'était pas un mauvais patron – moins traumatisant peut-être qu'Eris Valverde même si Douglas avait beaucoup de respect pour son ancien directeur, croisé quelque fois du temps où il était un secrétaire perdu dans la masse des administratifs. Witcher était un impatient de nature, et également un homme très froid lorsqu'il le voulait, pouvant très vite devenir mauvais si on l'ennuyait trop, mais il était aussi capable de compliments si on faisait bien son boulot. C'était une habitude qu'il avait gardé depuis son enfance. Car depuis qu'il était gosse, c'était Witcher le chef. Michael adorait donner des ordres. Prouver sa supériorité sur le monde passait par là. Il était convaincu de son importance et parce qu'il possédait cette assurance on le suivait n'importe où. Mike avait tout été. Juriste, soldat, capitaine, leader, propagandiste, théoricien du purisme, mais par dessus tout il restait un prêcheur. Il en possédait l’austérité et le regard si lumineux, capable de rassembler parce qu'il était visionnaire. Fou, profondément instable, il l'était aussi, mais cela personne ne le voyait. XIII avait juste appris à s'en servir et à le contrôler. C'était tout.

Il était un stratège. Un bon joueur en politique, surtout, et Mike ne laissait rien au hasard sur les pièces de son échiquier. Le Convent servait uniquement à ça. Il complétait son travail à l'Ordre Nouveau. Il cherchait toujours de nouvelles solutions, pas pour lui, il n'en tirait aucun avantage, il n'en avait pas besoin. Plus besoin, en fait. Il faisait tout cela pour le purisme. Witcher ne possédait plus aucun rêve propre. Il les avait tous réalisé. Maintenant, il ne s'occupait plus que du purisme, et ça marchait très bien. Michael Witcher était un type complet. Autant capable d'être froid et terrible que colérique et violent, respectable discoureur ou personnage populaire idéal pour la propagande. Continuateur avisé de Valverde, son travail avait complété fortement celui du nouvel Inquisiteur de Poudlard et s'avisait de maintenir très fermement la collaboration entre les différentes instances de l'Intendance.

D'où le rendez-vous qu'il avait aujourd'hui avec John Mulciber. Mike ne cessait jamais vraiment de travailler, même le dimanche, lorsque les autres ne bossaient pas, lui était à son poste. Il n'avait que ça à faire. Ca lui évitait de penser au reste du monde.  Rangeant ses lunettes, il attrapa sa canne et s'en alla paisiblement du Ministère de la Magie pour se rendre à Oxburgh Hall. Transplanant – même s'il détestait ça, il fallait ce qu'il fallait – Mike arriva devant le manoir. Et il sut, de suite, qu'il y avait un problème. La grande porte forgée du portail restait là, à moitié ouverte. Avec une certaine circonspection, le mangemort la poussa un peu plus du bout de sa canne et entra, faisant lentement le tour du paysage d'un regard lent et observateur. Le chemin était vide, mais des voix lui parvenaient de loin.

Allons bon, voilà que John s'était fait encore attaqué. Mike Witcher leva les yeux au ciel – John collectionnait les ennuis à un point tel qu'il le surpassait lui, pourtant pas mal emmerdé par la résistance en ce moment. Le directeur du département de l'Ordre Nouveau alluma une cigarette avec agacement et continua son chemin.


Mike Witcher avait été un des plus brillants mercenaires à avoir sévi en Afrique du Sud, un type craint et respecté, et à défaut d'être aimé, incontournable quand on plongeait dans le milieu illégal sud-africain. XIII, comme il s'appelait à l'époque, c'était le type qui avait établi son quartier général au Jolly Roger Arms à Cape Town, qu'il fallait voir pour continuer pépére ses petits trafics, qui rendait service contre la reconnaissance et la loyauté. Techniquement, il ne dirigeait que douze personnes à l'époque, en réalité, son influence était si grande que la plupart des mercenaires et autres criminels se référaient à lui même s'ils étaient indépendants. Même après la mort de Jeremy, même à l'hosto, il dirigeait son petit monde. Il disait qu'il était puriste et qu'il bossait uniquement pour le SABT, les puristes sud-africains, qui finiraient par gagner la guerre civile et se faire élire au gouvernement, mais en réalité c'était faux. Mike Witcher, à cette époque là, c'était un capitaliste. Il ne l'avait jamais vraiment avoué, mais du moment qu'il y avait du fric en jeu, il prenait tous les contrats. Les bourbistes n'avaient jamais eu de fric à lui proposer ; voilà comment survivait l'illusion d'un mercenaire puriste qu'il entretenait.

Il n'avait jamais eu la mémoire des noms : les gens qu'il pouvait éliminer, ou qu'il devrait détruire, ne l'intéressait pas. En revanche, il savait reconnaître, rien qu'à l'allure, un groupe de mercenaires. Surtout quand leur chef leur disait quelque chose. Witcher sourit :

« Eh bien y a une fête et on m'a pas invité ? »

Un mercenaire se tourna pour lui bloquer le chemin. La canne du mangemort s'enfonça de quelques centimètres dans sa poitrine et il se heurta au regard doré, très froid, de Mike :

« Je te conseille pas de faire ça. »

Ce n'était pas une menace. Mike Witcher ne menaçait jamais. Il n'avait pas la mémoire des noms, mais bien celle des visages. Ce type là, il l'avait croisé en Afrique du Sud. L'autre savait comment il fonctionnait : il le laissa passer. Globalement,on le laissa arriver jusqu'au chef. Tiens, lui. Le mec qui servait de lieutenant à l'autre...bordel, comment ils s'appelaient, tous les deux ? Aucune idée. Une histoire de trafic de drogues, ouais, ça, Mike s'en souvenait. Lui, c'était un espagnol...La canne s'enfonçait dans la boue à mesure que Witcher avançait. Il souriait ; ce qui devait changer l'autre – s'il se rappelait de lui – parce qu'à la période où ils s'étaient croisés, Witcher en était foutrement incapable, trop atteint par la mort de Jeremy.

« Ca a l'air d'avoir bien marché, depuis l'Afrique du Sud, pour toi. » Il continua à avancer, lentement mais surement, d'un air plus que paisible, pas affecté du tout parce qu'il voyait, et vint très tranquillement se placer entre John et Vaas. « Je crois qu'il a son compte, maintenant. » Enfin, il n'était pas tout à fait mort, mais peu importait. «  Si on discutait un peu, toi et moi ? »
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Vaas Lonero


MessageSujet: Re: Those for whom the world is not enough || Vaas Mar 12 Nov - 15:12

Essayer de fuir la folie c'était se risquer à se faire baiser par derrière comme une truie aveugle dans une porcherie. La folie était au centre de toute chose, elle était un point d'équilibre, et plus l'on s'éloignait le long de l'axe manichéen du Bien et du Mal, plus l'on était jugé normal selon les critères illogiques de cette immense société basée sur les interdits et les préjugés. Vaas était fou, atrocement dingue, il était la définition même de la folie, mais il le savait, il ne le fuyait pas, et il parvenait même à mettre une véritable définition sur ce qu'il était, ce qu'il représentait. L'idée était peut-être incompréhensible, ça il s'en fichait complètement. Qu'on essaye de le comprendre n'avait aucun impact aux yeux du mercenaire. Ce qui importait était qu'on le craigne, car il était le danger à considérer sur cette Terre. Il n'avait pas envie d'être la personne la plus crainte, car il l'était déjà. Plus que Lord Voldemort, plus que Dumbledore, Vaas était celui dont il fallait se méfier car il n'avait d'attache nul part. Voldemort était craint par certains, et haï par d'autres. Mais il n'était pas craint par tous, les moldus ne le connaissaient pas. Dumbledore avait été craint des mangemorts, de Voldemort lui-même, mais avait été aimé par bien des autres. Vaas, quant à lui, était craint de tous. Il était au centre du terrain de jeu, et il n'avait peur de rien, ni de personne, ni d'aucun camp. Voilà ce qu'était Vaas, un point d'équilibre, un point de folie pure au milieu de ce brouhaha dénommé « normalité ».

Vaas éclata de rire. Lui, un Antéchrist ? Quel bordel. Mulciber, mourant, balançait réellement n'importe quoi. Il n'avait pas saisi la nuance qu'était Vaas lui-même. Le Bien, le Mal, tout ça était bien trop normal pour lui, il était plus complexe que ça. Il ne se limitait pas à ce concept stupide. Vaas était le Bien, et le Mal à la fois. Il était la Mort, et la Vie. Il était le Passé, et le Futur. Il était tout, absolument tout, mais il n'était rien. Et ce bout d'homme fâchait l'humanité. Pourquoi était-il encore vivant, lui ? Ce virus, cette saloperie ? Parce que la maladie ne naissait que lors des périodes de crise, et pouvait-on dire que le monde, aujourd'hui, était sain ?

Mais Mulciber signait là une naïveté sans égale. Pas de définition de la folie ? Vaas l'observa d'un regard moqueur, rabaissant. Quel état pitoyable. On pouvait peut-être mettre cette connerie monumentale sur le dos de sa blessure – l'autre avait eu la passion de se relever, chapeau – mais si il en pensait autant en étant lucide, là Vaas ne répondait plus du fou rire qu'il se taperait. Fuir la définition de la folie c'était se croire fou sans l'être. Un être véritablement atteint de folie savait qu'il l'était, et se laissait bercer par ses caresses tantôt douces et chaudes, tantôt rudes et froides. La folie n'était jamais plate et uniforme. Elle regroupait le Bien, et le Mal, encore une fois, elle était un point d'équilibre. Et tous les fous, les vrais, pas comme Mulciber, était l'équivalent de cet équilibre au sein de l'espèce Humaine – si tant est qu'ils en fassent encore partie.

Vaas plaça sa main ouverte sur le visage de John et le poussa en arrière d'un geste puissant mais las.

-Allez, ferme ta gueule tocard. Tu racontes de la merde, et tu m'intéresses pas. J'vais te saigner sale porc, et quand tu seras là-haut Son index pointait le ciel Tu m'observeras baiser ta fille et retirer les couilles de tes fils.

Pouvait-il à cet instant présumer que John Mulciber se fichait de sa famille ? Non. Vaas considérait que, comme tous les autres imbéciles peuplant la Terre, le Ministre s'était fondé une petite famille et qu'il y tenait, qu'il possédait au moins l'idée de protection inhérent à la famille. Que de belles saloperies tout de même. Vaas ne voulait pas de famille, il détestait les gosses, et les femmes, c'était dans son lit, les cuisses grandes ouvertes, rien de plus. Il prit son couteau, et l'ouvrit d'un geste habile. Il flanqua un coup de pied dans les côtes de sa victime, et se pencha, plaçant son genou sur sa cage thoracique, histoire de le bloquer. La lame du couteau effleura la plaie d'impact de la balle, réveillant sourdement la douleur.

- Alors si j'appuie encore un peu tu me tues hein ? Comme ça ?

Il appuya avec plus d'intensité, la douleur devait être affreuse, la plaie était béante.

-Désolé, est-ce que tu as la moindre putain d'idée de ce qu'était que ça ? Hein ? Qu'est-ce que tu dis ? « Aaaah » c'pas vraiment une réponse ça... enfin, c'est celle de ma pute quand je la fais jouir quoi. T'es une pute toi ? Hein ? Ouais, t'as l'air hein... t'as l'air de te faire salement baiser chaque soir pour quelques biftons toi.

Il regarda ses hommes avec un sourire amusé.

-Garry, prends ton putain de téléphone et filme moi ça, allez !

L'autre s'approcha avec un appreil dans ses mains, et commença à filmer la scène. Vaas se plaça au-dessus de Mulciber, le visage bien visible, et mina un va et vient, comme une sodomie imaginée. Vaas riait aux éclats.

-Je baise le Ministre putain ! Vaas baise le Ministre de la Magie Anglais.

Il fit son affaire quelques secondes de plus, et se releva, prit dans ses mains le téléphone et se filma, pointa son doigt devant l'objectif.

-C'est c'qu'c'est une vraie lopette le type. Mais attention ! C'est un putain d'Antéchrist. Ouuuuuuh, on a peur hein ? Et un couteau dans la jambe, il continue de broncher l'Antéchrist ? Il continue de verser ses conneries ?

Il se pencha de nouveau sur le Ministre qui commençait à sombrer dans un état de latence tant la douleur le prenait et le sang lui manquait. Le couteau se planta légèrement sur son torse, laissant un filet de sang s'échapper. Tandis que Vaas continuer de filmer son acte, il profanait le corps du Ministre en agitant le couteau. Lorsqu'il se retira, sur le torse de Mulciber était gravé « Antéchrist ».  Il continua de filmer la scène en montrant le visage défiguré du type, la plaie béante, l'état pitoyable de celui qui devait être le grand Ministre de la Magie, le signe même de la puissance magique aux yeux de la population qu'il gouvernait. Vaas continuait de rire, tout en se relevant.

-Eh bien y a une fête et on m'a pas invité ? 

Le regard du mercenaire vira en direction de la source de cette intrusion.

-Oh, mais qui voilà... encore une tapette qui veut jouer le beau-gosse en nous prenant de haut.

Il éteignit la vidéo, et rangea le portable dans sa poche. Il chargea son pistolet, et s'avança doucement vers le nouveau-venu. Ses hommes le laissèrent passer alors que Vaas fit signe qu'il gérait la situation. Par mesure de sécurité, comme toujours, Hoyt fit signe aux autres de charger les armes. Le lieutenant de Vaas veillait promptement à ce que rien n'arrive à son chef à qui il devait beaucoup. Et le blanc semblait le connaître. Il parlait de l'Afrique du Sud. Se seraient-ils rencontrés ?

-Ouais, p'têt, qu'est-ce tu fous ici toi?
-Je crois qu'il a son compte maintenant.
-Ça... c'est un putain de point de vue philosophiquement subjectif.
-Si on discutait un peu, toi et moi?

Vaas éclata de rire. L'autre était-il sérieux ? Discuter ? Est-ce qu'on discutait avec Vaas ?

-J'sais pas, t'as de l'argent pélo ? Parce que ton pote là, il m'a contrarié... et tu vois, j'ai pas fini de le saigner comme la truie qu'il est. Donc soit t'alignes, soit tu le rejoins, à toi de voir. Perso, Hermano, j'suis ouvert à tout, même à une petite baise si t'as une minette à m'offrir.

Un sourire amusé s'installa. La fureur était redescendue, mais la rage envers Mulciber était encore présente. On pouvait au moins dire qu'il avait eu la chance d'avoir été sauvé au dernier moment ce soir-là.

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Mike F. Witcher


MessageSujet: Re: Those for whom the world is not enough || Vaas Mer 13 Nov - 9:25


Nos façons d'être et d'aimer s'inventent très tôt. Il suffit qu'on possède un modèle, qu'on le comprenne à fond, pour qu'elles ne bougent plus. Ce n'était pourtant pas d'hier que les hommes souffraient du cœur. Même les meilleurs d'entre eux. Même les plus forts, les plus doués, les plus sans attache. Il est tout à fait impossible de se gouverner par le cerveau. Les plus rationnels des êtres ? Folie. L'homme ne pouvait pas être rationnel, il aurait fallu pouvoir renoncer à tout. L'homme recherche son profit ? Oui, c'était vrai. Mais l'homme était capable de tellement de grandeur pour se détruire que ça en devenait effrayant. Aimer était une connerie. Etre humain était une connerie. Si vous écoutiez trop votre raison, vous perdiez tout et vous finissiez seul. Si vous écoutiez trop votre cœur, vous finissiez crétin et brisé. Si vous écoutiez votre instinct...peut-être qu'on finissait lucide. Où alors clairvoyant. Mike Witcher restait possiblement très ouvert là-dessus. La malédiction des hommes étaient de vouloir le meilleur, de savoir que jamais ils ne l'atteindraient et que le pire allait reprendre le dessus, qu'ils mourraient tous. Le savoir. Savoir que vous bâtissez une vie inutile et ne pas arriver à le dépasser est la pire des malédictions. Car à cela, vous ne pouvez rien sinon constater que vous n'êtes rien et qu'à n'importe quel moment de votre vie on peut vous balayer comme un coup de vent.

Face à ce constat, il n'y avait que deux voies à emprunter. La plupart des gens choisissaient d'ignorer ce qui se passait et de vivre comme si rien n'allait jamais leur arriver, ou alors, et ça revenait au même, ils attendaient de mourir. Au final, les gens ne faisaient rien. Mike le savait. Il le constatait toujours, et ce depuis si longtemps qu'il s'y habituait. Il était né dans un monde qui commençait à ne plus vouloir entendre parler de la mort et qui était à présent parvenu à ses fins, sans comprendre qu'il s'était du coup condamné à ne plus jamais entendre parler de la grâce. Puis, il y avait ceux qui savaient qu'ils n'étaient rien, qui ne le refusaient pas et qui choisissaient d'exister tout de même au mépris du carcan de la vie. C'étaient les partisans du fait de vivre leur vie à fond en passant par tous les risques, si possible en s'instituant terreur – ou amour suprême - des autres. Du coup, on obtenait le pouvoir. La toute puissance. Qu'elle soit au nom de soi ou de quelque chose d'autre : capitalisme, le purisme, le bourbisme, egoisme, instinct. Mike avait compris ça tôt. On ne pouvait pas passer sa vie à attendre les morts, ou pire, la mort. Ou a croire qu'on ne va pas mourir. L'idée, c'est de ne rien craindre. L'idée était très simple, au final. Lorsque vous ne craignez rien, on ne pouvait rien vous prendre. Par contre, vous pouvez tout prendre aux autres. Elle est pas belle, la vie, lorsque vous savez ça ?

Ainsi Witcher fonctionnait il ainsi. Personne ne pouvait avoir de prise sur lui : contrairement à la majorité des gens, il ne marchait à rien. Il n'attendait plus rien pour lui même. Tout le monde marchait à quelque chose, l'essentiel pour manipuler une foule, et c'est ce que faisait le mangemort en permanence, c'était de le savoir. Et l'essentiel pour ne pas être manipulé, c'est de n'avoir besoin de rien. Mike s'était battu sa petite fortune personnelle, avait renforcé celle de sa famille. Il n'avait plus besoin de rien. Voilà. La véritable liberté c'était ça. Ne rien avoir à perdre. Ne rien attendre de personne. Il était toujours en position de force car on ne pouvait pas l'influencer. C'était une attitude restante de son état de mercenaire. Choisir.  Ecarter ce dont il se foutait. Il avait le pouvoir. Il n'avait besoin de personne et les gens avaient besoin de lui. Mike était fier d'être parvenu là.

C'était la première caractéristique d'un bon chef. La seconde était de savoir susciter la crainte en deux secondes. Et venait donc immédiatement la troisième : la folie était nécessaire pour diriger le monde. L'univers ne tournait pas rond pour Mike : le truc, c'est qu'il tournait encore moins rond que tout ce qu'il voyait. Etant le taré en chef, il s'imposait comme le leader. Mike était parfaitement instable ; mais d'une instabilité très calme. Il pouvait dire ou faire les pires abominations et tout cela d'une manière des plus glaciales même si ça lui procurait une jouissance immense. XIII montait en puissance crescendo : la colère, terrible, était le stade suprême, celui qu'il valait mieux ne jamais voir, car on y survivait pas. Non, Witcher contrôlait assez une certaine forme de folie pour pouvoir en faire une quatrième qualité : pour avoir le contrôle sur des peons quels qu'ils soient, une simple personnalité marquée ne suffisait pas, il fallait prendre l'ascendant, avoir du charisme, être visionnaire. Mais être visionnaire pouvait très bien aller du fait qu'on vous voit comme un prophète à la simple façon d'être le chef parce que c'était comme ça, qu'on était le chef auquel on s'habituait. Il suffisait de regarder Mike Witcher et de le connaître un tant soit peu pour savoir qu'il cumulait tout ça.

Quelque part dans un bar de Cape Town, 1993.

Le sourire de Mike Witcher ne réapparaissait pas. En face de lui, le type – un petit trafiquant de diamant sans importance – ne savait plus sur quel pied danser pour avouer, car il était obligé de le faire, qu'il avait trahi. XIII ne souriait pas et il lui adressa un profond regard de mépris, très calme.  Ses yeux dorés lurent  en un instant toute l'histoire dans le regard de son interlocuteur et le mercenaire ne l'apprécia pas. Il détestait qu'on essaye de lui faire des coups de putes dans le dos. Surtout là. C'était sa soirée, il jouait au billard et on venait le voir pour des contrats. Le fait qu'on cesse de l'applaudir et de payer des tournées générales contraria profondément Witcher. Il continua à jouer, impeccable et détonnant dans le paysage dans son uniforme noir. Le soldat anglais qui avait la pègre de l'Afrique du Sud à sa botte. Le britannique modèle des couvertures des magazines puristes. Il en riait. La bout de la canne de billard ricocha contre la balle et en expédia une autre au fond du filet. Witcher tira sur sa cigarette et écouta Dudley Flairson reprendre :

« Tu comprends, j'étais obligé...y a...blabla...ma femme...argent...bourbiste...ta confiance... »

XIII avait vingt-six ans et il dirigeait ce monde. Il releva sa canne de billard et se tourna vers l'autre d'un air profondément las :

« Tu sais quoi ? Je suis déjà au courant. Et tu vois, ça me désole. Ca m'ennuie franchement, ce que tu me dis. Tu sais pourquoi ? Je vais te dire. »

La canne partit. Le bout s'enfonça en plein milieu du thorax de Flairson. Witcher rencontra une légère résistance : il y avait comme qui dirait un os. Il fouailla du bout de la canne de billard, et avec un craquement dégueulasse, la paroi osseuse céda. Il tourna, tourna encore. L'autre produisit un gargouillis immonde, et s'affaissa. Mike le retint avec une solidité démente :

« Oh non. Tu vas pas mourir maintenant, hein. Ce serait vraiment très impoli. On n'en a pas fini, surement pas. C'est dommage, Dudley. T'espérais quoi en faisant ça ? Me doubler ? T'en sortir ? T'as vraiment cru à tout ça ? Eh ben non. » Crac. La canne se brisa en deux tout en s'enfonçant un peu plus dans la chair. Le type s'affaissa encore un peu plus. Witcher se pencha à son niveau : « Je t'ai fait confiance, pourtant. Pas toi. Qu'est-ce que je t'ai fait, hein, Dudley, pour pas mériter ta confiance ? La base de toute relation humaine, c'est la réciprocité. Et là, tu vois, ça marche que dans un sens, et je déteste faire tous les efforts. »

On vint dire à Mike qu'on demandait après lui. Il écarta l'inoportun d'un geste agacé.

« Plus tard, ils ont qu'à se taper une fille en attendant. Bon, Dudley. Voilà ce qu'on va faire. Tu vas boire un coup et t'excuser. D'accord ? Ah, tu veux pas boire ? Très bien. »

Hochement de tête négativement frénétique. Mike acta l'idée et explosa sa bouteille de vodka, à moitié pleine encore, sur le crâne du dealer qui finit de s'écrouler, en sang.

« A ta guise. » XIII trempa un mouchoir en papier dans son verre jusqu'à ce qu'il soit bien imbibé d'alcool. « Bouffe. »

L'autre s'étouffa à moitié. Il roula des yeux terrifiés sans pouvoir parler quand le mercenaire sortit le Zippo. Mais il ne hurla pas quand Witcher mit le feu à l'étoffe et mourut en digne torche vivante. Dans le bar, tout le monde se taisait et regardait. Cela laissa Mike de marbre. Il poussa le mec dehors et la torche finit de se consumer dans la rue. Witcher jeta un regard neutre aux prochaines personnes qui voulaient le voir, un dealer et son gamin de lieutenant :

« Tiens, Spitz. Comment t'aime tes putes, dis moi ? Saines d'esprit ou pas ? »


Mike n'avait pas la mémoire des noms, mais il avait la mémoire des gens et des attitudes. Il enregistrait de manière mécanique ce qu'il s'était passé, ce qu'il utilisait – ou non – lorsqu'il croisait quelqu'un qu'il connaissait déjà a priori. Même s'il se rappelait rarement du nom exact si il jugeait que la personne ne servait à rien il arrivait à peu près à remettre les gens qu'il croisait. Le gamin qui servait de lieutenant à l'autre con. Enfin, Vaas, éclair lumineux de mémoire, tiens, n'était plus tout à fait un gamin non plus. Et il n'avait pas l'air d'être plus porté sur l'échange poli et courtois qu'il y a douze ans. Ca faisait un bail, tout de même, mais Mike savait une chose. Il y avait des gens qui défiaient toute logique, face à qui toute votre raison, quelle qu'elle soit, ne servait strictement à que dale. Il y avait des gens avec qui vous pouviez négocier sur votre propre terrain, et si vous étiez à peu près intelligent, cela constituait la majorité des gens. Et il y avait ceux que vous ne pouviez pas manipuler. Ceux là étaient vos plus proches amis ou vos pires ennemis, mais toujours vos égaux. Mike alluma une cigarette. Le bruit du Zippo qu'on ouvre et qu'on referme d'un geste sec claqua dans l'air.

« Parce que dès que t'as plus d'uniforme tu prends les gens de haut ? »

C'était pas l'uniforme ni le costume qui faisaient le mec. Le mec faisait l'uniforme. Point final. Ah, bonne question ce qu'il foutait ici. Excellente. Witcher jeta un œil las, très fatigué, à John.

« A l'origine, j'étais venu boire un verre avec un cousin. Maintenant...je suppose que je rame pour sauver un cousin qu'a plus de sens du théatre que de la survie. »

Ce qui qualifiait très bien John Mulciber. Antéchrist. Pourquoi fallait-il sérieusement que tout le monde essaye de se comparer à Dieu dans ce fichu monde ? Dieu existait pas, Dieu, c'était le mec qui pouvait te tuer dans la seconde, celui là avait le pouvoir, et personne d'autre. Enfin, on n'allait pas trop parler philosophie. Pas trop. Surtout vu la manière dont Vaas envisageait la philosophie.

Hermano...tiens, pour un peu, Witcher se serait presque remis à parler en afrikaans, tiens. L'idée de dire qu'il n'était pas son frère ne valait pas. Entre chiens de guerre et ex-soldat de fortune, on se comprenait à peu près.

« Est-ce que j'ai une foutue gueule de maque, mon gars ? » Ca avait été le cas à un moment donné, remarquez. « Sur qu'on peut parler fric. C'était quoi, le deal de base ? Moitié du fric avant, moitié après, avec...laisse moi deviner, Limonkov et Jugson en commanditaires. Mouais. On peut s'arranger. »

On pouvait toujours s'arranger. L'argent était l'hymne national du succès, comme disait le père de Mike et comme Witcher aimait à le répéter lui même.
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MessageSujet: Re: Those for whom the world is not enough || Vaas Sam 30 Nov - 1:27

Est-ce que l'homme faisait l'uniforme ? Ou l'uniforme faisait l'homme ? Quelle question, Vaas s'en fichait totalement. Il ne comprit pas, en vérité, ce que l'autre venait de dire. Il le regarda avec un air intrigué. Non pas stupide – l'avantage de Vaas c'est qu'il était inculte à un point inimaginable, mais il ne paraissait jamais stupide – mais bien intrigué, comme si il essayait de comprendre la nuance des propos de Witcher, sans réellement comprendre pourquoi l'autre sortait ça. Finalement, il haussa les épaules, il ne répliqua pas. Sa main fit un geste rapide, signe distinctif qu'il essayerait pas de dialoguer avec un type aussi incompréhensible. Un genre de « laisse-tomber » gestuel. Il attrapa un cigare dans une boîte en métal planquée dans sa poche arrière et alluma le tout de son zippo couvert de sang. Il fallait dire que Mike Witcher était un péteux. Le genre de gars jouant à un rôle différent à chaque fois qu'il se présentait devant un nouveau public. Il jouait le type calme, proche du peuple, agréable, accessible, face à la populace. Mais il jouait aussi le connard fini en petit comité. Il jouait ici, face à un Vaas aussi peu manipulable et indifférent à sa condition politique – il aurait déjà fallu qu'il la connaisse – la carte du type expérimenté, connaisseur, fort... tout simplement crâneur à en être baffé jusqu'à ce mort s'en suive. Le mercenaire jeta un coup d’œil à son groupe qui avait, tous, main sur les crosses ou baguette au point. L'Espagnol eu un sourire amusé. Il n'avait qu'à levé une main, et l'autre se faisait percer de toute part. Oh ! Il aurait pu lui dire, mais il connaissait déjà sa réponse : « Hé, gamin, je le savais déjà, tu me surprends pas. » avant d'ajouter, inutilement « Mais ça ne marchera pas ». Sous-entendu, lui était plus fort que tout le monde. C'était assez typique des anciens criminels. Vaas était incapable de se souvenir où avait-il vu cette gueule là, mais il la connaissait. Et si il la connaissait c'était que l'autre était tout, sauf clean. Son passé devait être un beau ramassis de saloperies, tout comme l'était celui de Vaas. L'appréciait-il pour autant ? En un sens, oui, car l'autre avait beau être un péteux probablement frustré de ne plus avoir cette vie de mercenaire qu'il avait sans aucun doute adorée, il restait un de ceux-là qui avaient connu la véritable vie clandestine, qui avait œuvré dans une réelle optique individualiste, eux étaient de véritables êtres capables de comprendre la vie au sens où l'entendait Vaas. Et rien que pour cela, il ne pouvait pas les détester. L'opposé même de John Mulciber qui croyait avoir tout compris mais qui se trouvait être pire inculte que le tueur à gage Espagnol en fin de compte.

-C'ton cousin ça ? Bah putain, tu lui apprendras à se battre à l'occaz'. Bref, s'tu veux un verre, j'dois avoir une bouteille de rhum qui traîne à la maison, t'auras qu'à passer pélo.

Balancé à moitié sur le ton de la franchise, et de la rigolade – Vaas était un type débordant d'humour parfois glauque, ou incompréhensible, ou trop complexe pour être réellement apprécié. Il continua de tirer sur son cigare, tandis qu'il s'accroupissait à la hauteur du visage du ministre de la magie anglais. Il éclata de rire en l'observant d'un œil rabaissant et profondément moqueur. Ce type était adulé ? Sérieusement ? Il n'y avait qu'à regarder sa face de créature frêle, fragile, cassable en mille morceaux. Dommage pour lui, ce n'était en tout cas pas le cas de l'Espagnol. Il fit tomber la cendre juste sur le nez du ministre et se releva, replaçant le tout entre ses lèvres, sourire aiguisé. Son regard se détacha sur corps inerte, et se reporta sur le sauveur de l'humanité magique intitulée par ce personnage si peu fiable.

-T'as la gueule que j'ai envie de te donner connard.

Là c'était plus sec. L'autre voulait jouer les durs, il en avait le droit, le seul bémol était qu'il était seul, sur un terrain que Vaas venait de conquérir, et avec un cadavre à récupérer qui pouvait disparaître à tout moment – ça aurait été drôle ça aussi si le Ministre avait été enlevé par un mercenaire comme Vaas. Il aurait pu faire sa pub. Oh l'idée de génie, l'illumination, c'était grandiose.

Mais l'autre ne le laissa pas en placer une. Putain, fais chier, ça il détestait. Et les déductions – certes justes – s'enchaînaient, simplement pour montrer qu'il était un intellectuel capable d'interpréter plus vite que son ombre, plus vite que n'importe qui, plus justement qu'on ne l'aurait cru. Il en aurait eu la rage pour peu qu'il venait de passer ses nerfs sur Mulciber quelques minutes auparavant. Mais la dernière phrase lui plu bien plus. Il frappa dans ses mains.

-Bon ! Bah voilà qu'y m'paraît mieux. T'es plus sympa que ton pote là. L'autre m'a parlé d'Antéchrist, de blabla religieux, sérieux, c'était du grand n'importe quoi. C'était nul, à chier, et ridicule. Putain, donc, j'disais... ouais, voilà. Balance moi dix millions de gallions, et on se casse d'ici. Pour un type dans une si belle tenue, c'devrait l'faire hein ?

L'autre accepta. Avait-il le choix de toute façon ? Non, pas réellement. C'était soit ça, et Vaas tiendrait parole sans faire d'histoire. Soit l'autre se voyait passer à tabac, Mulciber capturé – voire tué, et le domaine saccagé voire récupéré et habité par les mercenaires. Quoique non, trop voyant, trop facile d'accès, trop connu. L'idée était stupide. Bref, Witcher prit le Ministre de la Magie et le reconduisit à l'intérieur de sa propre demeure. Vaas rejoignit son groupe.

-Bon les filles, dès qu'on a l'argent, vous deux, vous l'amenez à la planque. Toi tu vas me chercher quelques putes, vous trois vous allez me chopper deux trois gars à tabasser pour la nuit, et le reste, vous rentrez avec moi, on va au bar. Ce soir, je bois, je frappe, et je baise. Putain de programme non?

Quelques uns rirent, d'autres pensaient déjà à leur soirée à eux. Au fond, faire partie du groupe de Vaas était une véritable aubaine puisque les temps de quartiers libres pouvaient être très longs, et très facilement remplis. L'Espagnol se retourna alors que Witcher sortait de la demeure. Il lui amena plusieurs sacs remplis de gallions. Les hommes de Vaas récupérèrent l'argent, et disparurent dans un élan typique du transplanage.

-Bichonne le bien ton cousin, la prochaine fois que je le croise, je lui arrache les couilles. Sans déconner j'le fais. Sinon, si tu passes par Bristol un jour, le rhum tient toujours Hermano.

Le ton était amical, Vaas était bipolaire à un point tel que son attitude changeait même au sein d'une même phrase. Il transplana à son tour, ses hommes avec lui. Voilà comment l'Antéchrist échappa à ce qu'il y avait de plus informe au monde. Vaas n'avait aucune attache, et c'était probablement pour cela qu'il était si terrifiant.

Il regagna l'usine où l'attendaient déjà ses filles, ses victimes, son rhum : sa soirée était désormais fixée, et l'argent trônait en maître sur son bureau. Belle réussite.

Spoiler:
 

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Those for whom the world is not enough || Vaas

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