POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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De l'autre coté de la vie || Light

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Tom Jugson


MessageSujet: De l'autre coté de la vie || Light Mar 19 Nov - 9:53


« Non, nous n'abandonnons pas. Il est hors de question de le faire. Nous continuons à nous battre. Je maintiens ce que je dis. La bataille continue, et la Vague en est toujours, quoique vous en disiez.
-Vous lâchez l'Irlande, Thomas. C'est vrai ou non ?
-Faux ! J'ai fait ce que j'ai pu. J'ai fait organiser l'évacuation. Résultat ? Succès ! J'ai été à Sligo. Résultat ? Succès, encore ! Que demandez vous à la fin ?
-Peut-être que si vous y étiez allé un peu plus...
-Quoi ? L'Irlande aurait gagné ? Vous plaisantez, Radeskine. Les Irlandais ne pouvaient pas vaincre, c'était perdu d'avance. Dublin va tomber, c'est une question de jours, voire d'heures, maintenant. Que j'y sois allé non plus n'aurait rien changé du tout. Je ne dis pas ça parce qu'ils sont bourbistes ou quoi que ce soit. O'Hara est autant mon allié que le votre. Mais en bataille rangé, nous ne faisons pas le poids. On ne fait même pas le poids en attaques spectaculaires. C'est beau, les idées, Thorstein, mais la pratique vaut mieux. La seule technique valable c'est la guérilla interne. C'est ce que nous faisons. Harceler continuellement les mangemorts. Harceler le régime. Apparaître, disparaître.
-Alors vous méritez vraiment l'étiquette de terroriste, senor Jugson.
-Assurément, senora Naera. Nous sommes des terroristes. Nous sommes des assassins. Nous luttons à armes égales. Vous croyez sincèrement que la bataille se joue en Irlande ? Voldemort sera éliminé chez lui, en Grande-Bretagne. C'est d'Angleterre que tout a commencé, c'est là bas que tout se finira. »

Cela donna le signal de la dispersion. Victoria Naera, présidente du Chili Magique, son homologue russe Miroslav Radeskine et le chef des Etats Libres du Nord, Thorstein Sjarsson, résistant norvégien notoire, s'en allèrent, plus ou moins furieux. La conférence de l'OMUR (Organisation Magique Unie de Résistance) convoquée à Lima, au Pérou, qui réunissait les dirigeants des réseaux de résistances ainsi que les leaders des pays non alignés sur l'Intendance, officiellement en guerre avec elle, s'arrêta là, sous les derniers mots de son premier président, élu lors de la même conférence, avec une majorité relative, à savoir Thomas Willem Jugson, chef de la Vague. Jugson savait qu'il ne faisait pas l'unanimité : les points de vues – bourbistes, puristes, neutres, anarchistes – étaient trop divers pour qu'il soit réellement fédérateur, mais on était bien obligé de reconnaître que la Vague tenait le coup et avait supplanté l'Ordre du Phénix. Ainsi même contesté, le renégat restait le leader du mouvement mondial de résistance. Thomas resta seul, une fois les dirigeant partis, à étudier la carte. La conférence s'était tenu dans l'une des résidence qui servait de point de chute à la Vague en Amérique du Sud. La situation restait complexe. En bon chef politique, il n'y paraissait pas, mais Tom détestait vraiment ce qu'il passait. Abandonner l'Irlande était un choix de raison et non une envie pure. Il pouvait le justifier, mais il ne pouvait pas condamner ceux qui jugeaient que c'était une preuve de lâcheté. Lui aussi peinait à approuver cette mesure. Voilà pourquoi le rôle de chef était pesant. Souvent, il s'agissait de choisir entre deux solutions immondes et de décider laquelle le dégoûtait le moins. Le résistant n'en était pas fier, mais il n'avait pas eu le choix. Il avait filé tout ce qu'il avait pu au ministère irlandais, avait laissé au libre choix des membres de la Vague la liberté d'aller en Irlande, et à présent il regardait avec une certaine tristesse la chute de l'Eire. Une partie du monde allait s'écrouler, et Tom le savait, on lui reprocherait de l'avoir laisser faire, alors pourtant qu'il faisait ce qu'il pouvait pour enrayer le phénomène.

Incassable et terrible, le régime puriste poursuivait sa route de mort. Du sang et des larmes. Tom ne pouvait rien promettre d'autre. S'il ne doutait plus, pour lui même, de la sureté de la victoire, il se gardait désormais de donner une date. Car le monde libre était mort : le ressuciter prendrait énormément de temps. Tom Jugson ne pouvait pas savoir dans combien de temps. Il ne pouvait que donner les clés pour que cela arrive, encore qu'il n'était pas tout à fait dit qu'il verrait son œuvre, celle de tous les gens qui combattaient avec lui, achevée, et réussie. Tom ne voulait pas reconstruire le monde libre, de plus, il voulait détruire l'ordre ancien, qu'en face ils appelaient ordre nouveau, mais qui n'était qu'une résultante de croyances archaiques et dépassées. La peur. Ils n'étaient doués que pour la peur et la destruction, pour supprimer. Supprimer les hommes, supprimer la liberté, supprimer tout ce qu'il y avait de bon. On récoltait ce qu'on semait. Ce qu'était Tom Jugson et ce qu'il faisait, ce que la Vague faisait,  n'était qu'un retour du bâton bien mérité. Le régime ne voulait pas de contrepouvoirs ? A sa guise. Jugson en avait pris acte et en avait créé un. Pas de liberté de choix ? Il l'avait créé, le choix. Tom avait dit non alors qu'en toute logique il aurait du fermer sa gueule. Il l'avait dit parce qu'il avait peur, parce que sur ce coup là il ne voulait pas mourir. Mais tout le monde se battait pour survivre. Ils vivaient dans un monde aseptisé, dur, dangereux, inutile. Simple. Gentils, méchants. Mangemorts, terroristes. Bien, mal. Le bien et le mal étaient dus à l'abus de quelques erreurs. Personne mieux que Tom Jugson ne croyait moins à cela. Rien n'était simple dans la vie. Il était tellement plus simple de ne pas choisir. Mais cela n'était pas vivre. C'était être couché, se taire. Et à cette pensée, il releva la tête, et dans ses yeux bleus, lumineux, on put lire un éclair de fierté.

Jamais plus.

Jugson entendait remettre les pendules à l'heure. Oui, la vie était difficile et c'est parce qu'elle était difficile qu'elle méritait d'être vécu. Chaque affrontement, chaque choix, vous rendait un peu plus vivant. Ce n'était pas si facile. Dans un monde de bêtes, où survivaient la joie, la bienveillance, le simple plaisir d'exister ? De sa terrasse, Tom put apercevoir ses deux enfants qui se promenaient avec leur mère. Ils commençaient à peine à marcher, à peine. Là était l'espoir. Encore une fois, le résistant s'étonna de la puissance que conserve la vie malgré la mort. Il n'aurait su décrire cela, sinon en quelques mots, si forts de puissance :

« Puisque toute liberté se survit. »

Ce fut avec l'immense sentiment qu'il manquait quelque chose que Jugson retourna à Glasgow. Ils agissaient toujours en faisant de la guérilla, en attaquant, en surveillant, en pistant tout le monde. Suivre les gens pour choper un créneau d'assassinat, Ben savait bien le faire, très bien, même. Et puis l'attaque sur Mike....Jugson se foutait des réussites ou des échecs, le but était de montrer qu'ils étaient là. Il appela un autre résistant :

« Eh, Hurlev, c'est qui pour Witcher, cet après-midi ? Limonkov ou bien toi ?
-Moi, je crois, mais ça m'arrangerait que tu le prennes, j'ai un stock d'AK-47 à récupérer...
-AK quoi ?... »

Mais avant que Jugson eut eu le temps de finir sa phrase, le russe avait déjà transplané. Des fois, Tom ne pigeait vraiment rien à ceux qui avaient une partie de sang moldu. M'enfin, il supposa que c'était utile, et consulta le relevé très précis de l'emploi du temps des dirigeants puristes sur lesquels ils avaient des infos, établi le plus régulièrement possible par lui et qu'il conservait. Tom faisait confiance à tout le monde au QG de Glasgow, mais moins l'information se répandait, plus il pouvait la contrôler et sécuriser ce qui se passait. Ainsi, Witcher serait à Manchester. Bon. Fort bien. Il transplana dans la banlieue et se mit en quête du mangemort.

Jamais Tom et Mike ne s'étaient appréciés. Tom détestait Witcher à Poudlard pour sa suffisance, son mépris, et l'autre lui rendait sa détestation en le considérant comme un intello prétentieux et méprisant. Adultes, ça ne s'était pas arrangé. Jugson ne comprenait pas comment on pouvait se vanter d'avoir violer des gens, d'en rire, de le trouver normal. Mike était barge, plus que Tom qui pouvait passer pour seulement colérique à coté de lui. Enfin en attendant, il cherchait à découvrir ce que faisait Mike dans une banlieue pourrie d'une ville moldue. Du coté moldu, du moins. Eh bien, la réponse était simple.

Il se faisait attaquer. A la réflexion, songea Tom, ce n'était peut-être pas forcément la raison d'origine de sa venue, mais ça, c'était drôle. Jugson adorait franchement l'ironie du sort. Et qui était la personne qui attaquait Witcher ? Leonheart, Light de son prénom. Jackpot, si l'on pouvait dire. Le dernier souvenir qu'avait Tom de la jeune femme était de s'être pris une branche sur la gueule. Cette fois, la rencontre serait peut-être un peu plus positive.

Et pour le moins urgente. Il ne fallait pas sous-estimer Mike. Il avait beau l'air d'être un juriste, il restait un ancien soldat. Assez doué pour pouvoir s'éloigner tranquillement sans que Light ne puisse rien y faire et en l'ayant assez amochée alors qu'elle n'était pas mauvaise combattante non plus. Ce qui justifiait la non intervention de Jugson, ce qui justifiait aussi qu'il agisse maintenant. Il sortit de l'ombre, jeta sa cigarette, et s'avança, empêchant Leonheart de retomber.

« Ne hurlez pas, n'essayez pas de me frapper, n'ayez pas de réaction hystérique. Je ne vous veux pas de mal. » Il tenait fermement la jeune femme par les épaules, mais vu le sang qu'elle avait perdu, elle ne ferait pas grand chose de toute façon. Il passa un des bras de Light autour de ses épaules : « On va transplaner, si ça vous dérange pas, Mike a la facheuse manie d'avoir de très nombreux amis, et le nombre ne joue jamais en notre faveur. »

Un pop sonore, et puis plus rien. Ils avaient disparus pour réapparaitre dans le hall du QG de Glasgow. Ou passait justement Eagle. De son vrai nom Victor Witcher. Demi-frère cadet de Mike, lui ressemblant à s'y méprendre, n'eut été les cicatrices en moins et l'air bien plus sympathique que son ainé. Agent double très utile à Tom, il présentait le double avantage d'être guérisseur.

« Ah, Eagle. Tu viens bien t'occuper de Light, un instant ? Elle a croisé ton frère. » Jugson ajouta à l'intention de la résistante : « Ma parole vaut ce qu'elle vaut, mais tant que vous serez ici, je vous jure qu'il ne vous arrivera rien. »

L'autre eut un regard sombre :

« Inutile de demander quel frère. Venez, mademoiselle. Je peux vous appeler Light ? »

Jugson les regarda s'éloigner un instant. Il alluma une cigarette et monta à l'étage écouter deux autres types qui avaient attaqués des rafleurs. Il écourta et se rendit à l'infirmerie. Eagle devait être parti et avait laissé la jeune femme seule. La porte était ouverte, ce qui n'empecha pas Tom de frapper :

« Je peux entrer ? »
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Light T. Leonheart


MessageSujet: Re: De l'autre coté de la vie || Light Dim 24 Nov - 15:44


Pas assez rapide. Pas assez résistante. Trop pas assez de choses.

Trop faible.


Où était le mérite dans le fait d'être sorcier si c'était pour se retrouver secouru alors qu'on ne le demandait même pas ? Si quelqu'un était incapable de se débrouiller seul alors il mourrait, c'était de cette manière dont le monde fonctionnait à présent, alors pourquoi s'acharner à ramasser ceux qui ralentissaient les autres ? A part Weasley, peu de personnes se préoccupaient de savoir comment allait se passer la suite pour ces gens-là, mais tout le monde savait bien pourquoi on décidait de sauver quelqu'un : pour qu'il soit redevable, qu'il donne sa confiance. Qu'il vous appartienne.
Mais Light avait la ferme intention de ne plus appartenir à personne, dût-elle le payer de sa propre vie. Plus jamais elle ne laisserait un homme biaiser son jugement et mettre ses actes à profit de ses propres dessins, jamais ; croire en Weasley avait été une erreur, tomber sur De SaintClair en avait été une autre. Pourquoi s'acharnaient-ils sur les pauvres bougres, à la fin ? C'était interdit de devoir se débrouiller seule ?! A croire qu'ils ne voyaient tous qu'une saleté jetée au sol, qu'on laisserait pourrir sur le passage si personne n'intervenait.
Et alors ? N'était-elle pas assez grande pour décider par elle-même ?

Si elle ne reconnut pas Jugson tout de suite, la sorcière n'avait pas dans l'idée de se laisser faire, même si ce n'était pas la volonté de lui nuire mais bien celle de la protéger qui était en cause. Elle n'avait mendié aucune aide et n'en éprouvait pas le besoin, mais peut-être était-ce son intarissable orgueil qui lui voilait la face quant à la véritable importance des dégâts infligés par Witcher. "Mais nan ! Un petit pansement et ça ira ! Vous verrez !" Jugson devait avoir raison d'intervenir comme il le faisait pourtant son geste ne trouvait aucune grâce aux yeux de la jeune femme. Elle avait décidé de se débrouiller par ses propres moyens et désirait que personne ne se mette en travers de sa route. C'était sa vie, à elle de voir si elle avait envie de la prolonger ou non. Ce n'était nullement une décision qui revenait à quelqu'un d'autre.
Witcher avait raison, il ne fallait même pas chercher à parler : à la place des marques d'offuscation ne seraient sortis que d'infâmes gargouillis de sang. Pas pratique pour communiquer mais la manière dont elle essayait d'échapper à la prise de Jugson devait en dire assez long. Il ne fallait pas se voiler la face : cette piètre résistance était vaine et on ne lui laissait pas le choix. Encore.
Mais elle ne voulait pas, oh ça non ; elle devait poursuivre Witcher sur le champ, le coincer et lui faire payer. Mais ça non plus ce n'était pas dans l'optique de l'ancien Mangemort, malheureusement. Mais qu'est-ce que quelqu'un comme lui pouvait y comprendre ?

Comme il l'avait prédit, tout s'effaça autour d'eux, le gris triste de la ruelle, la petite brume qui naissait au coin des rues jusqu'à cette odeur de métal qui planait dans les environs. Les couleurs tristes et fades s'estompèrent et le sol disparut sous eux, comme englouti.
Le "voyage" dura une fraction de seconde tout en paraissant beaucoup plus long et ils se rematérialisèrent dans un endroit inconnu de la jeune femme jusqu'à lors. Mais si l'environnement ne lui disait rien, il n'était pas difficile de comprendre où Jugson avait décidé de l'emmener. Elle le reconnaissait enfin maintenant qu'ils s'étaient stabilisés et la surprise de sa rencontre attisa une ligne d'inquiétude sur le front de son accompagnatrice. Tom Jugson, le Traître. Comment avoir oublié ? Tout le monde parlait de lui comme le chef de ce nouveau mouvement, la Vague, comme libérateur et un des derniers piliers de la résistance. Mais ce nouveau Jugson était-il si différent de l'ancien, du Mangemort qui avait accompagné Lincoln ? Et s'il était là pour régler ses comptes avec elle ?

La paranoïa de Light pouvait difficilement atteindre plus de hauteur. A vrai dire, elle était déjà au sommet de tout et c'était sans doute cette incurable méfiance qui faisait que la jeune femme était toujours en vie. Mais dans les mots de celui-ci, dans son regard, elle put lire la franchise avec le même éclat que ce qu'on lui avait promis ailleurs, dans un autres temps, une autre vie. Il était sincère sur le moment, mais qu'en serait-il ensuite ? Il ne souffrirait pas qu'elle refuse son aide, ça elle n'en doutait pas ; mais après ? La "protection", on lui avait déjà assuré une fois. Et on pouvait à présent voir où ça menait.
Leonheart le croyait quand il prétendait ne pas lui vouloir de mal, mais elle refusait de rentrer à nouveau dans ce cycle vicieux. Personne n'avait besoin de personne. Son geste aurait pu en sauver plus d'un, redonner espoir à des sorciers balayés comme elle l'avait été par la puissance adverse...mais elle ne souhaitait pas renouer avec qui que ce soit. Elle était mieux toute seule, en paix. En sécurité.
Mais il fallait se rendre à l'évidence : l'arrivée du sorcier à ce moment était une chance inouïe, une opportunité à laquelle se raccrocher coûte que coûte. Mais c'était dur de se laisser approcher quand on ne voulait pas être domestiqué.
Elle lutta une dernière fois mais l'énergie qu'elle mettait dans cette attitude de reclus ne fit que diminuer ses forces un peu plus, si bien qu'au bout du compte on ne lui laissa plus le choix.

L'homme qu'il interpella, Eagle, lui renvoya le reflet de son échec en pleine figure. L'espace d'une seconde, elle avait même imaginé un piège, celui dans lequel Jugson aurait comploté avec Witcher. Mais c'était totalement absurde, c'était son esprit qui lui jouait des tours.
Elle n'eut d'autre choix que de se laisser guider par lui dans un endroit qu'elle ne connaissait pas, avec des gens qu'elle ne connaissait pas, impuissante qu'elle était, trop occupée à maintenir le creux de sa main au niveau de son cou pour limiter la casse tout en restant crispée sur le pommeau de sa baguette. L'homme en question, même si c'était le portrait presque intact de celui qui l'avait mise dans cet état, empestait la même générosité que Wilson, le mage de Big Ben. Mais même cet air de sorcier dévoué aux autres ne parviendrait à venir à bout de cette chose invisible qui faisait encore barrière autour de l'ex Serpentard : un bouclier extrêmement résistant dont les brèches avaient été réparées avec le temps. Et ce n'était pas le fait d'utiliser un nom qui lui était propre pour la désigner qui suffirait à le faire voler en éclat.
Elle secoua vigoureusement la tête et détourna le regard alors qu'il l'emmenait vers ce qui semblait être une infirmerie, l'autre bras croisé sur son buste.

Peut-être parla-t-il alors qu'il examinait la plaie en question, c'était même plausible. Seulement pour un esprit borné comme le sien ce ne fut qu'un bourdonnement lointain qui parvint aux oreilles de la blonde. Eagle faisait des allers-retours entre le lit et un bureau dans le coin sans qu'elle s'en aperçoive vraiment, tout simplement parce que le contrôle de ce qui se passait n'était pas en son pouvoir. Alors elle préférait se reculer dans un coin de sa tête, comme un animal apeuré, et attendre que tout passe. Mais elle réfléchissait sans vraiment le faire, en se demandant pourquoi on l'avait emmenée ici et ce à quoi elle pourrait bien servir à Jugson pour qu'il la prenne avec lui. Après leur dernière entrevue elle doutait que ce soit pour prendre l'apéro ou un autre usage ridicule de ce genre. Mais de toute manière, la réponse viendrait rapidement, d'autant plus qu'elle était coincée.
Mais la dernière fois, il avait été avec Lincoln, avait à peu près subi les mêmes choses que lui. Si ce dernier avait pu la pardonner, l'accepter même, alors ça pourrait ne pas être différent pour Tom. Qui savait ? Lui aussi avait trahi et on prétendait même qu'il entendait mener de front une résistance à ses anciens maîtres. Sans doute avaient-ils plus de similitudes qu'avec Crow... A la différence que Jugson, lui, voulait encore défendre le "Bien". Sans compter que Light n'avait pas été très sympa avec l'autre blonde, là...Carroll.

Elle releva la tête en entendant des pas approcher : et si c'était pour cette altercation qu'il l'avait ramenée ?


« Je peux entrer ? »

La sorcière n'avait même pas entendu Eagle partir et découvrait le bandage sur son cou pour la première fois. Et bien, Jugson allait bientôt répondre à ses interrogations lui-même.
Elle hésita un long moment en faisant naviguer son regard indécis du visage de son interlocuteur à un coin opposé de la pièce. Bien que la jeune femme n'éprouvait pas de sensation de menace émanant de celui-ci, elle ne parvenait pas à desserrer les dents, comme si sa seule présence lui procurait une douleur difficilement supportable. Mais c'était véritablement le simple contact humain qui la dérangeait à ce point ainsi que le fait d'être dans un environnement qu'elle ne maîtrisait pas.


« ...Je suppose. » parvint-elle difficilement à formuler en détournant obstinément les yeux.

Sa gorge était sèche, son poing largement refermé sur le coin du matelas. Sur le qui-vive après la première attaque de Witcher et les soins du dénommé Eagle ? Elle ne pouvait s'empêcher de maintenir sa garde, c'était comme ça : la jeune femme était tiraillée entre l'envie de fuir cet endroit et ces gens, de fuir le plus loin possible pour retrouver un endroit sans vie et sans sorciers, et celle de satisfaire une curiosité minime à l'égard de ce qu'avait pu devenir l'ancien Mangemort. Mais il était devant la seule sortie possible et semblait avoir des choses à dire pour s'être déplacé jusqu'ici. Quoi, elle l'ignorait totalement.

Mais avait-elle seulement le choix ?


Dernière édition par Light T. Leonheart le Jeu 26 Déc - 19:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De l'autre coté de la vie || Light Lun 2 Déc - 10:51


Ou était la limite à ne pas franchir avec les gens ? Dans la logique de Tom, il était plutôt normal de sauver quelqu'un si on pouvait le faire. Il ne faisait pas ça par marchandage. Il détestait le marchandage, c'était la technique du camp d'en face, celle de Mike. Witcher adorait faire ça. Crow aussi. Rien de plus humiliant que de vous retrouver à fuir alors que vous êtes sensé mourir, pensaient-ils. Mais Tom Jugson ne fonctionnait pas comme ça. En tout cas, plus comme ça. Mort, il serait finit, il ne vaudrait plus rien, ce serait la fin définitive et sans aucune possibilité de retour de la route. S'ils le laissaient vivant, qu'importait qu'ils croient l'avoir humilié, il recommençait, et il frappait de nouveau. Vivant, Tom était un fléau. Vivants, tous les résistants étaient des fléaux pour le régime, qu'importaient les défaites et les victoires. Car la victoire, celle qui viendrait à la fin, ne venait aucunement du fait qu'ils gagnent ou perdent, mais du fait qu'ils tiennent sur la durée. Bien sur que vivre était dur, Jugson en avait conscience, et parfois lui même ne souhaitait qu'une chose, renoncer, vivre normalement, il ne le pouvait pas. On lui avait pris la faculté de vivre normalement. On l'avait pris à tout le monde. Le seul moyen de la récupérer était de vivre, de continuer le combat, ce qui n'était pas pour Tom une vie normale et ne le serait jamais, mais qui pourrait permettre sans doute, un jour, quand tout serait fini, de revenir à un truc plus sain. Et si ce n'était pas le cas ? Jugson n'envisageait pas forcément cette hypothèse. Ca pouvait arriver, ça arriverait même probablement, mais le futur n'était pas si important que ça. Il n'avait aucune visibilité là-dessus, et il s'en foutait. L'instant présent comptait. On possédait une autre notion du temps quand on devenait résistant.

Alors dans le fond, pourquoi avait-il sauvé Light Leonheart ? Jugson aurait pu légitimement considéré qu'elle avait brisé sa vie. Certains le voyaient comme ça, mais il n'était pas mesquin, ce n'était absolument pas son style. Dans le fond, Thomas le savait, il s'était brisé tout seul, sans l'aide de personne. Et il s'était reconstruit tout autant seul. Il n'en voulait pas à la jeune femme. Il ne jugeait pas qu'il devait la torturer pour se venger d'un quelconque destin qu'il aurait eu. Quel destin, d'ailleurs ? Celui d'un tueur et d'un bourreau. Il était encore un bourreau et sans nul doute le serait-il toujours. On ne pouvait pas échapper à son passé, on ne pouvait pas le nier, et d'ailleurs Tom ne cherchait pas exactement à le faire. A présent, il essayait simplement d'aller de l'avant, de continuer. Une bonne action n'annulait pas une mauvaise action, et la réciproque était vraie. Mais maintenant, il pouvait choisir. Et il choisirait.

L'idée n'était pas de sauver Light Leonheart parce qu'elle lui apportait quelque chose, l'idée était de la sauver tout simplement parce qu'il devait le faire, ni plus ni moins. Sans aucune contrepartie. Il n'était pas et ne serait jamais un homme bon, toujours ce qu'il avait fait comme mangemort lui reviendrait dans la figure. Mais il pourrait dire qu'il avait essayé. Angélique ? Non. C'était une opposition radicale à un monde qui était devenu tellement cynique qu'il récompensait les assassins et condamnait ceux qui refusaient de tuer. On marchait sur la tête. Alors Jugson ne pouvait que s'y opposer, qu'importait ce que ça lui coutait.

D'un autre coté, il était curieux, il voulait savoir pourquoi Light avait attaqué Witcher. Mike était un type dangereux, vraiment, pas tant sur le plan de la puissance magique que sur le fait qu'il était complètement siphonné. Jugson se méfiait des gens comme lui, moins parce qu'ils pouvaient le buter que parce qu'ils étaient imprévisibles et instables – l'instabilité causait invariablement le plus de dégâts. Il resta un instant à la porte, et sourit :

« Vous pouvez dire non. J'aurais compris. »

Néanmoins puisqu'elle l'autorisait, il entra et s'installa sur une chaise, en silence. Il savait bien que c'était dur de parler. Pour tout le monde. Mais Tom était un homme assez patient lorsqu'il se décidait à écouter quelqu'un – assez paradoxalement, cette attitude coexistait avec l'idée qu'il n'écoutait rien ni personne et qu'il pouvait sortir les pires vacheries lorsqu'il voulait imposer son idée. Il désigna la blessure, après quelques minutes de silence :

« Ca vous fait mal ? »

Il ne savait pas très bien quoi dire. Il ne voulait pas la brusquer et savait pertinemment qu'elle lui en voulait. Mais il ne pouvait tout de même pas la laisser là-bas.

« D'aussi loin que je me souvienne, Mike a toujours été fêlé. A Poudlard, on se détestait...qu'est-ce que vous avez contre lui, vous ? »
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MessageSujet: Re: De l'autre coté de la vie || Light Mar 10 Déc - 13:34

Dans une vie il arrive qu'un moment vienne, celui où l'on aura été tant blessé par les gens qu'on préférera se terrer dans une morne solitude dans le but d'échapper à toutes ces emprises malveillantes qui nous auront déçus par le passé, et ce moment peu de personnes peuvent le comprendre ou même l'entrevoir. Qu'est-ce qui est le plus facile, au fond ? Se laisser avoir et continuer encore et encore à progresser parmi une foule d'"amis" qui disparaissent sans prévenir et vous laissent ou bien s'isoler, se priver des instants où tout semblait aller ? Il n'est pas dans la nature de l'Homme de vivre seul et cela depuis la nuit des temps. Et pour cela, peu savent se rendre compte de tout le mal que les incompris ont subi pour vouloir dresser des barrières infranchissables autour d'eux. S'ils ne se protègent pas des autres alors qui le fera ? Personne. Et c'était encore plus vrai aujourd'hui, maintenant qu'on était en guerre.
D'abord écorchés, ils en venaient à haïr toute cette masse qui les avait oppressés et qui les oppressait encore de par leur simple existence. Ils rêvaient peu à peu de vengeance dans les coins sombres où ils s'enfermaient, commençaient à montrer les dents. Mais sous cette colère brûlante il n'y avait que le froid du gouffre qu'on avait laissé dans leur cœur.
Aucun espoir, aucune envie, aucun rêve. Il n'y aurait pas de vie pour eux, jamais, et ils le savaient. Ils n'avaient qu'à mourir dans l'anonymat le plus complet, s'effacer dans la fumée sans un mot, sans un cri. Sans une plainte. Comme s'ils n'avaient jamais réellement existé.

L'Amour ? Light ne savait pas ce qu'était l'amour et elle s'était résignée depuis longtemps à l'idée qu'elle ne le saurait jamais. C'était comme partager des repas chauds, au coin d'un feu, avec des personnes à qui elle aurait tenu. Quelles personnes ? Qui ? Dans tout ce monde, il y aurait au moins quelqu'un qui tiendrait à elle, n'est-ce pas ? Sur un nombre si important d'êtres humains il y en aurait forcément un qui la garderait parce qu'il verrait réellement qui elle était ?
Mais la vérité était qu'il n'y avait personne pour Light Leonheart, ni dans cette vie ni ailleurs. Le seul qui aurait pu la tirer de là n'était pas intéressé, mais comment pouvait-on l'être pour une telle chose, une femme amère et désabusée ? Il n'y avait plus rien pour elle, c'était fini. La seule chose qu'elle pouvait encore espérer résidait dans le projet fou de mettre ces terres à feu et à sang, rien de plus. Mais encore fallait-il en avoir les capacités.

La jeune femme laissa expirer le silence qui s'était installé sous la bienveillance de Jugson et porta instinctivement le bout de ses doigts sur le pansement qui ornait son cou.


"Non..." répondit-elle d'une voix faible en secouant légèrement la tête

La question était banale mais suffisait à faire naître une petite point d'agacement qui se manifesta comme un poids au niveau de son ventre. A moins que ce ne fut-ce seulement que le mal être qui l'habitait au quotidien. Rester ici était une souffrance plus grande que la blessure de nouveau refermée, à croire que son organisme lui-même désirait rejeter toute autre présence quelle qu'elle soit.
Mais Jugson était là et il ne représentait pas du tout la même chose qu'Alex Carroll, et par conséquent cela impliquait d'avoir plus de scrupules à s'en prendre à lui. Il l'intriguait mais elle doutait d'avoir la patience d'assouvir cette curiosité à son propos. A quoi bon se soucier des questions à poser et des réponses à formuler quand on vous interroge déjà, hein ?
Si la première question apparaissait seulement comme une politesse des plus futiles, la deuxième lui renvoya son échec en pleine figure, accompagné d'une soudaine pointe de colère.

A cette interrogation, elle faillit simplement répliquer "Sa fille" en parlant de Mike, tout simplement parce qu'elle n'admettait toujours pas que Crow ait pu épouser cette traînée, l'annonce de cette union lui restant en travers de la gorge. Mais elle se reprit et admit finalement que Mike n'avait pas commis la seule faute d'avoir marié sa fille au Mangemort mais qu'il l'avait humiliée et menacée, qu'il devrait le payer.


"C'est un Mangemort et comme tout Mangemort il doit être éliminé"

Oui enfin...peut-être pas comme "tout" Mangemort. On pouvait bien faire des exceptions. Elle détourna à nouveau les yeux, comme si le fait d'avoir su garder son calme -ce qui ne lui ressemblait pas- avait nécessité trop d'énergie. Mais c'était peut-être le mensonge plutôt que cette explication qui l'empêcha de soutenir le regard de Pieux Jugson. Cette affaire ne le regardait en rien, elle ne regardait personne d'autre mis à part la sorcière.

"Et vous ? Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ? La dernière fois que je vous ai vu, vous étiez inconscient le front bosselé par une branche." Elle marqua une pause en pensant à un autre. "Pourquoi vous vous avez changé ?"

Il aurait été facile de dénoter la pointe de regret qui suinta à travers ces derniers mots si seulement le ton de sa voix n'avait pas été aussi morne dans l'ensemble. Pourquoi Jugson et pas Lincoln ? N'avaient-ils pas tous les deux été enfermés à Big Ben ? Pourquoi était-il le seul à être encore des leurs ? ...Pourquoi n'était-il pas resté avec elle, tout simplement ?
Encore et toujours cette même faiblesse sans qu'elle admette qu'il en soit une, Crow. Mais ça ne pourrait pas continuer longtemps comme ça.


Dernière édition par Light T. Leonheart le Jeu 26 Déc - 12:10, édité 1 fois
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Tom Jugson


MessageSujet: Re: De l'autre coté de la vie || Light Mar 17 Déc - 11:21


Pourquoi est-ce que les gens changent ? Une excellente question, à laquelle Tom Jugson ne possédait pas de réponse. Il savait répondre pour son cas précis, mais il n'était pas très sur pour les autres. La trahison de Ben ? Ils n'en parlaient pas, et n'invoqueraient sans doute jamais les raisons de pourquoi Limonkov se trouvait dans le camp de la résistance. La plupart du temps, Tom ne demandait rien : c'était un accord tacite avec ses interlocuteurs. Les raisons ne le concernaient pas. Certaines étaient plus enviables, plus droites, et sans doute infiniment plus prestigieuses que les siennes, mais d'autres étaient encore moins reluisantes. Mais il avait appris à faire avec. La Vague ne comptait pas sur le passé mais bien sur l'avenir, même si, Thomas en convenait fort volontiers, l'avenir semblait sombre, et incertain. Mais au moins était-il possible d'y croire un peu. Le passé, lui ne laissait aucune possibilité de modification ni d'espérance, à laquelle, il fallait bien le dire, Jugson ne croyait pas plus que ça non plus. Car dans le fond, pour lui même, que pouvait-il attendre ? Une potence, un gibet ? Cela, ce serait après les humiliations, la prisons, les insultes, s'ils finissaient par le rattraper. Dans le meilleur des cas. Parce que dans le pire des cas, ce seraient le baiser du détraqueur. Ou alors, il mourrait au combat. Aucune perspective joyeuse, comme on pouvait le constater. C'était comme ça pour tout le monde. A chacun sa croix, disaient certains : ici, elle était la même pour tout le monde, Tom n'en était qu'un exemple. Aucune situations ne se ressemblaient dans la résistance, mais tout le monde aboutissait au même résultat. Puisqu'ils étaient au fond du trou, perdu pour perdu, autant se battre. Ca finirait sans doute mal. Mais peu importait. Jugson ne croyait aucunement au miracle : il n'y avait plus en ce monde. Cependant, il ne croyait pas non plus que tout était perdu. Il croyait juste que s'il ne faisait rien, il deviendrait dingue. Il n'allait pas attendre qu'ils viennent le chercher, si ? Non. Eh bien voilà pourquoi il avait continué à se battre. Il avait été lâche, sans doute l'était-il toujours, car aux dernières nouvelles, il avait toujours peur de mourir, mais comme la menace était permanente, il se battait tout de même. Contre cette idée immonde : Marcher ou mourir ? Pas d'autre choix ? Si. Logiquement, il n'avait pas le choix, il n'aurait pas du l'avoir. Alors il s'était créé une troisième voie. Arbitrairement. Mais puisque tout était arbitraire, en ce monde, Tom s'en moquait.

En fait, il en était arrivé à se moquer de beaucoup de choses. Les motivations des gens ne l'intéressaient plus trop. La haine aveugle, il connaissait, comme la haine construite, et comme l'absence de haine, la mort donnée par pitié. Il n'allait pas jusqu'à dire qu'il comprenait Light Leonheart, cela aurait été faux. Tom n'en savait pas assez pour comprendre, ou pour tenter de le faire. Pas plus qu'il ne s'attendait à ce qu'elle le comprenne. Les gens restaient assez hermétiques à ce que véhiculait Tom Jugson. Il s'était repris à sourire, d'un sourire sans doute un peu moins aimable qu'avant, lorsqu'il occupait de si hautes fonctions dans la société, mais plus juste, meilleur. Sans doute était-il fini, mais Thomas Willem Jugson était bien plus heureux qu'avant. Adieu politique, magouille, règne à protéger. Détruire et reconstruire. Voilà ce qu'il faisait. Bien mieux que Witcher, ce satané Mike, qui promettait une reconstruction, mais qui au final, ne savait que détruire.

On ne pouvait pas se battre uniquement par idéologie, Tom avait fini par le comprendre. Lui se battait non seulement parce qu'il haissait ceux d'en face, mais également parce que, s'il était perdu, ce ne serait pas forcément le cas de tout le monde. Lui était marqué au fer rouge, mais ses enfants ? Eux, jamais, au grand jamais, n'avaient rien fait à personne, et cela était une chance pour eux. Eux, un jour, peut-être, auraient la chance de vivre en paix. Pour lui, c'était perdu d'avance, car de toute manière, il serait toujours poursuivi par son passé.

La haine catégorique, alors ? Les yeux bleus de Jugson se posèrent calmement sur Light, sans juger, ni même jauger ce qu'elle disait. Il n'y croyait pas vraiment. On ne détestait pas tout le monde de manière uniforme. D'une certaine manière, on s'attachait même parfois à ses ennemis, de manière curieuse. Tom n'y croyait pas vraiment : il en était incapable, Benjamin en était incapable, tous les gens qu'il croisait en était incapable. Après, on pouvait vouloir éliminer tout le monde sans détester personne, mais comme le sens du devoir global, et sans remise en cause, sans se poser de question, Tom n'y croyait pas non plus, cela lui semblait étrange. Il remarqua avec un léger sourire, un peu triste sans doute :

« Certains sont plus plaisants à éliminer que d'autres, je dirais. »

Il n'échappait pas à cela non plus, lui. Buter Brom ou Eccleston, ou bien Mike, serait bien plus facile qu'éliminer John Mulciber ou Crow, pas seulement pour des raisons pratiques, mais également pour des motifs affectifs. Qu'il le veuille ou non, malgré toute la haine qu'il lui portait, Tom appréciait encore assez John Mulciber : s'ils n'avaient pas été obligés de se battre, sans doute seraient-ils encore amis. Quant à Lincoln Crow, c'était encore autre chose. Une vraie amitié ? C'était sans doute un peu plus compliqué que ça. Mais dans le fond, ils étaient liés. Tom le savait. Rien n'était facile dans ce monde-ci. Il avait appris à faire avec.

Pourquoi avoir changé ? Bonne question. La réponse fut abrupte, brutale, franche, sans concession aucune :

« Je ne voulais pas mourir. J'avais peur. Et, d'une certaine manière, j'étais en colère. J'ai consacré bien plus de temps au régime qu'à la Vague : quand j'ai été en difficulté, alors que j'ai fait pour le purisme autant, voire plus qu'un autre, on m'a laissé tomber. Il aurait fallu que je crève. » Tom eut un sourire amer : « La récompense de mes bons et loyaux services. Alors je les ai envoyé se faire foutre. Je devais mourir, je n'avais pas le choix, mais j'ai pris la liberté de faire ce choix, et de décider que j'allais vivre. Et comme je n'ai pas pu me résoudre à fuir en voyant que pas mal de gens étaient dans ma situation, j'ai continué ici. »

Ce n'était pas glorieux, sans doute. Il l'admettait. Mais il ne faisait plus rien pour la gloire. Il assumait cette lâcheté. Parce que pour être lâche de cette manière, et suivre la voie qu'il s'était choisie, il fallait tout de même un certain courage.
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MessageSujet: Re: De l'autre coté de la vie || Light Jeu 26 Déc - 15:16

« Certains sont plus plaisants à éliminer que d'autres, je dirais. »

Elle hocha la tête : Tom avait raison, il y avait des personnes que l'on prenait plus de satisfaction à faire disparaître que d'autres. C'était étrange quand on y pensait. Ils n'étaient tous que de la chair et des os au final, qui tenaient debout tous autant qu'ils étaient. Les raisons pour lesquelles certains trinquaient plus que leurs congénères étaient absurdes ramenées à l'échelle de l'Univers. Seule la Fin comptait vraiment. Mais la Mort était trop silencieuse pour qu'ils se contentent seulement d'elle, d'où ce qui précédait. Arracher la dernière envie de vivre chez l'adversaire, lui faire regretter ne serait-ce que le fait de respirer...C'était ça, la victoire parfaite. Leur faire croire qu'après le calvaire viendrait la paix. Seulement il n'y aurait rien, rien du tout. Du moins, elle l'imaginait. Qu'y avait-il derrière le Voile ? Personne ne le savait vraiment. Voldemort était revenu plusieurs fois de ce voyage, on pouvait ainsi penser qu'il n'y avait pas que des allers simples. Mais à quoi bon quand on a rien dans la vie ?
Light baissa les yeux. Et s'il était possible de revenir comme Lui l'avait fait, pas pour recommencer de zéro et demander l'absolution, mais bien pour continuer sur le chemin qu'elle se devait d'emprunter, celui qui n'aspirait qu'à leur faire regretter ? S'il y avait une raison de revenir d'entre les morts, c'était bien celle-là. Leur pourrir la vie, tout simplement.

Elle ne savait pas alors combien sa raison de rester en vie était pathétique.


« Je vois. Il semblerait qu'Ils aient du mal à retenir les gens, ceux-là. » Elle soupira. « Mais je ne vois aucune différence entre Eux et tous ceux qui se disent être leurs ennemis. »

Et c'était ça le problème. Quand on ne peut se fier à personne, et pas même à soi, évoluer dans un monde n'a aucun sens. D'ailleurs, elle n'était même pas sûre que la vengeance était ce qu'elle souhaitait. Ce n'était peut-être qu'un passe-temps pour lui faire oublier qu'elle n'avait rien d'autre. Un passe-temps qui ne prendrait jamais fin. C'était ça, sa solution. A savoir si c'était la bonne...il était impossible de le dire. Mais la réponse aurait sans doute été négative.
Tom était peut-être un peu dans son cas, dans un certain sens, mais ça ne voulait pas dire qu'elle devait s'y fier. On voyait bien où menait la confiance...nulle part. Ou pire encore.
Pourtant elle aurait aimé se reposer une minute, laisser tout ce poids qui l'écrasait en lui interdisant autre chose que la méfiance et l'amertume. Seulement elle y était si habituée que cette possibilité lui paraissait inavouable.


« Vous pouvez être quelqu'un de bien, qui sait. Ou peut-être qu'on vous utilise encore une fois. » Elle eut un petit rire sombre. « Vous pouvez toujours rêver de Liberté, de Lumière, si vous le voulez. Mais vous resterez toujours un ennemi à leurs yeux. » Son regard se perdit un instant dans le coin de la porte. « Au fond, c'est peut-être Lincoln qui a le mieux joué... »

Encore lui. Bien décidée à savoir ce que Crow pouvait bien signifier, elle décida de se plonger dans ses pensées, juste un moment, histoire de mettre enfin une étiquette sur ce nom. Mais bien loin de se douter qu’elle ne trouverait pas quelque chose de fort en elle, la sensation de mal être lui fit mal au cœur, avec l’impression désagréable que quelque chose lui avait été retiré, une sorte de blessure que la sorcière ne parvint que difficilement à identifier. De la déception. Ou peut-être de la tristesse.
Elle garda la tête baissée, ses deux mains posées simplement sur ses genoux. Elle comprenait mieux, maintenant. C’était un rêve secret, secret et impossible, oublié. Quelque chose qui ne verrait jamais le jour. Et sur ce qu’elle en ressentait à présent, la jeune femme avait finalement fait le deuil d’une relation qui n’avait jamais eu lieu d’être.
Un sourire nostalgique étira la commissure de ses lèvres presque de manière invisible.


*C’est bien*, pensa-t-elle en prenant conscience du vide qui était là depuis le début.

A présent, il n’y aurait plus de faiblesse, plus d’espoir, plus de crainte. Il n’y aurait qu’elle pour elle seule, comme toujours. Ainsi que la sécurité de ne se fier à personne d’autre.
Cela aurait sans doute dû lui faire peur ou lui faire du mal, pourtant elle se sentait rassurée d’une certaine manière. En effet, personne ne pourrait la trahir dans ces conditions ce qui impliquait qu’il n’y aurait plus aucune atteinte de son côté. L’armure devait être maintenant bien rôdée.
Elle reporta finalement son attention sur Jugson.


« Navrée de vous faire perdre votre temps, j’imagine qu’il est précieux. »

Elle ne le pensait pas vraiment mais la jeune femme estimait que l’entretien avait duré assez longtemps. Trop longtemps pour elle, en tout cas. Il s’agissait donc d’écarter son interlocuteur. Toutefois, Jugson n’était pas n’importe qui sans parler des titres, et elle ne parviendrait pas à l’envoyer bouler comme n’importe quel autre sorcier. Un raison encore sans importance, je suppose. Quoi qu’il en soit, elle ne pouvait pas non plus le remercier de sa précédente intervention, au risque que ça lui arrache la bouche. Subtilité Leonheartienne.

« Je ne requière l’aide de qui que ce soit, même dans ce genre de situation. Parfois, il faut seulement laisser les choses arriver parce qu’elles le doivent. » Elle le fixa d’un intense regard froid. « Néanmoins je paye toujours mes dettes. »

Mais cette fois, elle ne donnerait pas la même liberté que De SaintClair en ce qui concernait le paiement. Botter le cul à des gamins ce n’était pas son boulot.

« Je resterai donc dans le coin le temps de remédier à ça, si vous le voulez bien. »
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