POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

Partagez|

Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage



avatar
Date de naissance du joueur : 10/03/1981
Âge du joueur : 37
Arrivé sur Poudnoir : 17/09/2013
Parchemins postés : 267



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Isaac Bedan


MessageSujet: Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé] Ven 22 Nov - 14:27

-Non... NOOOOON !

La supplication s'enfla en un cri, qui résonna avec force dans tout le dortoir des sixième année, tandis que Gary Clifton, le garçon qui l'avait poussé, s'emmêlait dans ses couvertures et tombait du lit, emportant avec fracas sa table de chevet. Tous les occupants de la pièce furent réveillés en sursaut par le vacarme, et une voix inquiète, quelque part à la gauche d'Isaac, demanda dans un souffle ce qui se passait. Il y eut un bref silence, puis l'un des élèves alluma, enfin, la lumière du dortoir.

-J'ai... j'ai fait un cauchemar, avoua piteusement Clifton en ramassant ses couvertures.

Quelle heure pouvait-il être ? Isaac, parfaitement réveillé bien qu'il n'ait pas bougé, n'osait consulter sa montre. Il avait eu tant de mal à s'endormir... et cet abruti de Clifton se permettait de raccourcir sa nuit avec ses coups de gueule. Parce que maintenant qu'il avait les yeux ouverts, il se doutait qu'il n'y aurait pas moyen de se rendormir. Il avait récemment diminué la quantité de potions qu'il prenait pour stabiliser son humeur, et son sommeil s'en ressentait. Une fébrilité perpétuelle l'empêchait de s'endormir à des heures honnêtes, et le moindre bruit le réveillait. Trop nerveux, mon gars. Il se forçait d'ailleurs à rester parfaitement immobile pour ne pas céder à la tentation de sauter sur Clifton pour l'étouffer dans son oreiller – ce qui ne résoudrait rien, il en convenait lui-même.

-T'es vraiment un gros connard, toi, lança Jon à l'adresse de Clifton, résumant ainsi brillamment la pensée de l'ensemble de la communauté.

Les autres approuvèrent avec plus ou moins de véhémence, on éteignit la lumière, et tous les sixième année se rendormirent. Tous ? Non ! Dans l'un des lits, les yeux grand ouverts dans le noir, un élève résistait encore et toujours au sommeil. Il essaya à plusieurs reprises de retrouver les bras de Morphée, mais ne parvint qu'à se mettre les nerfs à vif. Il abandonna, finalement, et se leva. À tâtons, il attrapa des vêtements – pas son uniforme, on était samedi – et son balai, avec la vague idée d'aller voler au stade de Quidditch pour se passer les nerfs.

Il ne regarda sa montre qu'une fois arrivé dans la Grande Salle presque déserte : il était sept heures moins le quart. Le service du petit déjeuner commençait à peine, pour une vingtaine de convives au grand maximum – des adultes, surtout, et quelques élèves, surtout des septième année, dispersés aux quatre tables. Maudissant silencieusement Gary Clifton, papa Clifton, maman Clifton et tous les Clifton passés, présents et à venir, Isaac se servit une grande tasse de café qu'il huma voluptueusement d'en boire une délicieuse première gorgée. Le café de Poudlard était excellent, bien meilleur que le jus de pieds qu'on trouvait habituellement sous ce nom en Grande-Bretagne, pays de buveurs de thé. Le petit déjeuner dura longtemps pour le peu qu'il mangea, comme tous les jours : Isaac était très lent à table, ce qui lui valait régulièrement des reproches de son frère ou de ses amis, d'autant plus agacés par la longueur de ses repas qu'il mangeait finalement assez peu. Personne ne savait comment il se débrouillait pour passer autant de temps à table, mais lorsqu'il avait du temps devant lui, comme ce samedi matin, cela pouvait facilement durer plus d'une heure pour avaler deux cafés et un bol de céréales.

La Grande Salle commençait à se remplir, chose rare sous l'ancienne direction mais qui devenait courante, à présent : beaucoup d'élèves se levaient tôt désormais pour travailler, et s'éviter les foudres de l'Inquisiteur. Personne n'avait envie d'être désigné comme un mauvais puriste, en sursis avant les camps de travail, comme ceux qui avaient été nommés dernièrement lors d'un rassemblement dans la Grande Salle, alors on faisait des efforts. Dès huit heures, le week-end, les élèves s'installaient dans la bibliothèque, au lieu de faire la grasse matinée et d'aller s'amuser dans le parc. Isaac, lui, ne renonçait pas à passer du temps à l'extérieur, comme il avait toujours aimé le faire. Il avait besoin de se dépenser, de se fatiguer – l'infirmière le lui avait même conseillé pour essayer d'être moins nerveux. Il sortait tous les jours, par tous les temps, pour un moment de sport, aussi la petite bruine qui tombait ne le découragea-t-elle pas lorsqu'il mit le pied dehors, son balai sur l'épaule. Le jour se levait à peine, et il n'y avait, bien entendu, personne dans le parc. Le Serpentard ajusta son écharpe autour de son cou, et prit la direction du stade en faisant un détour par le lac. Il passa ainsi à proximité du terrain aménagé pour les cours de Crow, cours que les sixième année ne pouvaient pas suivre pour l'heure, à son grand regret ; profitant de la solitude, il observa l'endroit, en songeant qu'il devrait demander, un jour, la permission de venir s'y entraîner. Cela pourrait le changer des courses dans le parc ou des séances de vol...

Saisi par le froid qui régnait au bord du lac, il s'arracha à ses réflexions et gagna d'un pas vif le stade de Quidditch. À cette heure, en général, l'endroit était désert et on pouvait en profiter pour exécuter diverses figures. Isaac aimait voler, même si le Quidditch ne l'intéressait pas plus que cela. Le vent glacé lui fit venir quelques larmes aux yeux lorsqu'il se lança, mais il lui en fallait un peu plus pour l'arrêter. Il enchaîna quelques tours de stade à la vitesse maximale de son balai – un excellent balai de course, cadeau de son père pour son dernier anniversaire – puis se lança dans une série de loopings jusqu'à ce que la tête lui tourne. Il reprit alors une trajectoire plus régulière, bien que toujours très rapide, le temps de dissiper le tournis ; ensuite, il s'amusa à descendre jusqu'à frôler le sol, puis à remonter en flèche bien plus haut que les buts de Quidditch. C'est alors qu'il s'aperçut de la présence, chose inhabituelle, d'une personne assise sur les gradins... Personne parmi ses amis ne savait qu'il était là, il n'y avait aucune chance pour que ce soit l'un d'entre eux... Enfin, mieux valait vérifier. Le gamin atterrit à proximité, et grimpa dans les gradins pour reconnaître une fille de Serdaigle, en même année que lui – une de ceux qui avaient été nommés comme mauvais puristes par Valverde.

-Ah, c'est toi, Kane, fit-il (sans mépris excessif mais il n'était plus très sûr de son prénom). Tu... euh... tu voulais me voir ou pas du tout ?

Il se sentait un peu idiot, maintenant qu'il avait atterri sans raison à côté d'une personne qui, de toute évidence, n'était absolument pas là pour lui. Il fallait parler, essayer d'être naturel, mais c'était difficile lorsqu'on venait manifestement de commettre une erreur.


Dernière édition par Isaac Bedan le Mer 29 Jan - 0:29, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 30/08/1989
Âge du joueur : 28
Arrivé sur Poudnoir : 15/08/2013
Parchemins postés : 1668



Pensine
Mon casier judiciaire est: peu rempli
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Mary Kane


MessageSujet: Re: Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé] Ven 22 Nov - 15:35

Mary détestait être observée, c'était une personne discrète, calme, qui n'aimait rien tant que d'observer les autres, aussi être celle qui était observée avait tendance à la mettre mal à l'aise mais pour sa décharge la présence d'une langue de plomb de manière constante aurait mis mal à l'aise n'importe qui. L'homme était toujours là, jamais envahissant, jamais menaçant, plutôt indifférent mais bel et bien toujours présent. Il ne pénétrait jamais dans ce qu'on appelait son "espace vital" mais il en était toujours proche, assez du moins que pour observer et noter ce qu'elle faisait mais aussi écouter ses conversations. Le directeur de l'Ordre Nouveau lui avait dis qu'elle serrait sous surveillance pour une durée d'un mois mais depuis le discours de Valverde et son altercation avec Llew, elle doutait la surveillance finisse un jour. Son seul répit était la salle commune des Serdaigles, il ne l'y suivait jamais. Pourquoi ? Elle n'aurait su le dire, peut-être était-ce parce que ça risquait de mettre mal à l'aise les autres élèves mais elle en doutait, mettre mal à l'aise les élèves ou non devait être le moindre des soucis de l'homme qui la surveillait. Elle aurait d'ailleurs bien voulu connaître son nom, c'était une habitude après tout pour elle que de connaître les détails, aussi à défaut de le connaître, elle lui en avait donné un " Stuart". Quoiqu'il en soit, s’il ne la suivait pas dans la salle commune, ça ne voulait pas dire qu'il n'y avait pas des yeux où des oreilles, Mary était peut-être parfois un peu paranoïaque mais il lui semblait plus sûre de faire attention à ce qu'elle faisait même dans la salle commune. Après tout, n'était-elle pas soupçonnée de ne pas faire de son mieux pour être un exemple pour la jeunesse puriste, la prudence était de mise.

Aussi sortait-elle peu depuis un mois, elle aimait rester au chaud dans la salle commune près du feu en compagnie des Serdaigles qui ne le fuyait pas depuis le discours de l'inquisiteur où d'un livre, au moins là ne sentait-elle pas la présence de Stuart. Pourtant, la jeune fille n'était pas un rat de bibliothèque et même elle ressentait le besoin de sortir et d'aller se dégourdir les jambes une fois de temps en temps. Elle avait passé la soirée de vendredi à travailler son cours de sortilège, elle était allée se coucher tôt n'ayant plus rien à faire mais le sommeil l'avait fuis comme souvent depuis son entrevue avec Mike Witcher. Elle était souvent sujette aux cauchemars depuis, elle revivait la scène où le directeur de l'Ordre Nouveau lui avait donné un choix, sauver son père où ne rien faire. Des semaines après, le souvenir de cette entrevue la perturbait toujours. Plus que le sang, c'était l'homme qu'on lui avait présenté devant elle qui l'empêchait de dormir. Cette loque humaine était-elle vraiment son géniteur. Qu'avait-il pensé quand elle avait accepté de le laisser mourir ? Qu'aurait-il fait à sa place ? Elle aurait souhaité ne jamais l'avoir vu, elle avait voulu savoir ce qu'il était devenu, et ce qui lui arriverait mais n'avait jamais voulu le rencontrer, le savoir vivant à Askaban était un poids qu'elle ne supportait pas mais aurait-elle supporté de le voir mourir devant elle ? Ces réflexions l'empêchait de dormir, et lui donnait des cernes que ses professeurs attribuaient à un désir de briller dans ses études après l'humiliation qu'elle avait reçue dans la grande salle. Ils pensaient probablement qu'elle désirait rattraper son retard en cours et passait ses nuits à étudier, grand bien leur fasse.

Après quelques heures de sommeil, elle s'était finalement réveillée, impatiente, un peu fébrile et avait décidé de se lever. Il était encore très tôt et ses camarades de dortoir dormaient toujours. Elle se dirigea vers la fenêtre et écarta doucement un des rideaux laissant passer un raid de lumière dans la pièce, pour observer le temps qu'il faisait dehors. C'était une belle journée de Novembre, il ferrait sec aujourd'hui et probablement froid, un temps qu'elle adorait. Un sourire aux lèvres, elle fit un rapide tour dans la salle de bain pour prendre une douche et s'habiller. Elle prit la première robe de sorcière qu'elle trouva dans son armoire, une longue robe verte bouteille très chaste sur laquelle elle mit une cape en fourrure noire, une vraie Serpentard, contrairement à son habitude, elle laissa ses cheveux détachés pour se protéger un peu froid et sortit de la salle commune. Les couloirs étaient déserts et seul le son de ses chaussures claquant sur le marbre était audible. Elle ne sut jamais comment la langue de plomb chargé de la suivre sut qu'elle était réveillée mais au détour d'un couloir, elle l'aperçut la suivant de loin. Avec un soupir, elle continua son chemin vers la grande salle.

Malgré l'heure matinale, celle-ci était déjà très fréquentée, la jeune fille fit un détour par la table des Serdaigle saluant rapidement quelques personnes qu'elle connaissait et emballant un petit pain au chocolat et un toast de marmelade, elle se dirigea vers le terrain de Quidditch. Comme tous les petits sorciers et sorcières, Mary avait très tôt appris à voler et s'était vite aperçue qu'elle et les balais n'entretiendraient jamais une grande et passionnante histoire d'amour. Elle était une voleuse médiocre contrairement à sa sœur qui avait toujours brillé comme poursuiveuse dans l'équipe de Quidditch de Beauxbâton. Elle n'était pas douée sur un balai mais elle aimait les hauteurs, le vent froid qui lui giflait le visage en hivers, aussi se rendit-elle sur le terrain de Quidditch pour se poser sur les gradins et lire. L'emplacement avait plusieurs avantages, les gandins étaient souvent vides et presque toujours sec, elle profitait d'une belle vue et elle assistait souvent aux entrainements où au vol solitaire de certains joueurs.

Ce fut le cas aujourd'hui, alors qu'elle arrivait dans les gradins, elle aperçût au loin une silhouette masculine s'entrainant, elle l'observa un moment n'arrivant pas à distinguer qui ça pouvait-être puis ouvrir son livre et se mit à lire tout en levant les yeux de temps en temps pour regarder quelle figure exécutait la personne son sur balai. Elle avait prit avec elle un livre qu'elle avait demandé à son grand-père de lui en envoyer. C'était pendant le cours du professeur De Saint-John qu'elle s'était aperçue de ses lacunes en politique internationale aussi lui avait-elle demandé qu'il lui envois un ouvrage sur le sujet, celui-ci était modestement intitulé "Le purisme à travers les âges" était une ode au purisme, il racontait la chute du Merlinisme et comment le Seigneur des Ténèbres avait peu à peu imposé la politique qui était la leur actuellement. Plongée dans son ouvrage, elle vit pas le Serpentard venir vers elle et eut un sursaut de surprise en l'entendant atterrir à ses côtés. Elle leva les yeux vers lui intriguée, il semblait croire qu'elle désirait une entrevue avec lui et avait prononcé son nom avec un peu de mépris, ce à quoi elle était désormais habituée, il n'était pas étonnant depuis que l'inquisiteur l'avait désigné comme mauvaise puriste que les gens évitent de lui parler de peur d'être associés à son image. Elle reconnut sans peine la personne devant elle comme étant Isaac Bedan, tout le monde connaissait les Bedan et Isaac était dans la même année qu'elle, ils avaient souvent des cours en commun.

"C'est bien ça Mary Kane", répondit-elle en ajoutant son prénom. Il n'y avait pas mépris dans sa voix, et elle fut étonnée, il était d'usage chez la majorité des sangs-purs d'éprouver du mépris pour les sangs mêlées comme elle, c'était en tout cas ce qui lui semblait. Elle ne s'en offusquait pas, il lui avait toujours semblé naturel d'être inférieure au sang pur, le sang tout comme la fortune était ce qui déterminait leur classe sociale et leur position dans le monde sorcier. Elle possédait le second mais le premier, ils étaient une classe sociale à part dont elle ne ferrait jamais partie et c'était ainsi qu'allait la vie. Beaucoup le vivait comme une injustice, elle le voyait comme le cours naturel des choses. Elle referma son livre lentement, mettant son signet à la page où elle était arrivée et le posa à côté d'elle.

"Je ne voulais pas te voir", elle se rendit compte que la phrase dite seule était un peu rude, voir méchante après tout, elle n'avait rien contre le Serpentard, aussi ajouta-t-elle. "Mais je t'en prie, assied toi si tu le désires, la place est libre après tout."

Elle n'avait jamais eu l'occasion de parler à Isaac à part peut-être une fois dans un cours de potion pour lui demander de lui passer des ingrédients qu'elle n'arrivait pas à atteindre dans une armoire. Il semblait plus discret que sa pétulante cousine, peut-être était-il plus aimable aussi ?


Dernière édition par Mary Kane le Lun 20 Jan - 22:17, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 10/03/1981
Âge du joueur : 37
Arrivé sur Poudnoir : 17/09/2013
Parchemins postés : 267



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Isaac Bedan


MessageSujet: Re: Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé] Ven 29 Nov - 17:18

Bien sûr, qu'elle ne voulait pas le voir. Isaac s'en était rendu compte en même temps qu'il posait la question idiote, avant d'avoir pu retenir ces mots. Pourquoi aurait-elle voulu le voir, du reste ? Ils avaient dû se parler deux fois depuis le début de l'année, les deux fois où ils y avaient été strictement obligés. Pourquoi tant de distance ? On ne pouvait par parler d'hostilité entre eux, simplement d'une profonde indifférence ; Isaac était entré à l'école en même temps que sa petite bande de copains, des rejetons de familles au sang pur comme lui, et il n'avait pas éprouvé le besoin de s'intéresser à Mary Kane à son arrivée. C'était une sang-mêlée, quelqu'un qu'il ne pensait pas fréquenter a priori, une Serdaigle, et, last but not least, une fille, alors que les fréquentations d'Isaac étaient essentiellement masculines. Seules quelques filles, des membres de sa famille, faisaient exception : Ariana, Emma, Laura, Jelly, et c'était à peu près tout. Le cadet Bedan ne s'était jamais affiché à l'école avec une fille qui ne soit pas de ses cousines : naguère encore, il était tout simplement trop gamin pour seulement y songer. Désormais, cela faisait partie des possibilités qu'il envisageait, mais avec encore certaines hésitations surtout liées au fait qu'il serait très certainement la cible de railleries, à commencer par celles de son frère, lorsqu'il se déciderait. C'était ainsi, personne n'y échappait. On pouvait sortir avec la fille la plus canon et la plus pure du château, il y avait toujours quelqu'un pour vous charrier. Et puis... et puis il fallait bien avouer qu'il ne connaissait pas des masses ces demoiselles, pour les raisons énoncées plus haut. Oh, lui et ses copains savaient tout du physique de leurs camarades, qu'ils avaient observé avec la plus grande attention ; ils avaient, bien souvent, entre eux, discuté des mérites respectifs des fesses de Machine et de la poitrine de Truc, mais tout cela restait purement théorique. Aucun d'entre eux ne s'était aventuré à adresser la parole à ces demoiselles, autrement que pour les nécessités de la vie quotidienne (des phrases aussi peu romantiques que « tu peux me passer le sel » ou « on a cours de quoi, maintenant ? »). Aussi, maintenant qu'il fallait se décider à entrer dans la cour des grands, ces matamores se sentaient-ils affreusement ignorants. Machine, celle dont le popotin en forme de cœur faisait rêver les garçons, Machine avait-elle un autre nom que « Cul d'enfer » ? Truc aux seins plantureux avait-elle les yeux bleus, verts ou phosphorescents ? Et surtout : de quoi pouvait-on bien parler avec ces êtres-là lorsqu'on n'avait pas besoin de sel ou d'un rappel de l'emploi du temps ? Avec les copains, c'était facile, mais avec une nana...

Pourquoi pensait-il à tout cela, d'ailleurs ? Kane – Mary de son prénom – venait de lui confirmer qu'elle ne voulait pas spécialement le voir, et la courtoisie aurait voulu qu'il s'excuse et s'éloigne. Mais il restait là, indifférent au fait qu'il venait probablement de passer pour un imbécile. Désireux, tout de même, de s'expliquer, il fit :

-Ah, pardon, j'ai cru... En général, il n'y a jamais personne à cette heure-ci au stade, alors j'ai pensé... mais bon, c'est pas grave.

Sans réfléchir, il déposa son balai sur le banc de devant, et s'assit à côté de la jeune fille, comme elle le lui proposait. Pour quelle raison, d'ailleurs ? Ils n'avaient rien à se dire, elle n'était pas venue pour le voir et lui-même n'avait aucune idée de conversation avec cette quasi inconnue. La pluie, le beau temps, le retard des champignons ? Tout cela était d'une platitude à pleurer. Le jeune Bedan resta silencieux quelques instants, les yeux fixés quelque part vers les cercles marquant les buts, à sa gauche ; à sa droite, il sentait, proche de lui, Mary Kane immobile, dérangée en pleine lecture...
Le visage du Serpentard s'éclaira. Voilà de quoi ils pourraient parler : les bouquins ! Il nourrissait une vive passion pour la lecture, au point que le Choixpeau Magique avait hésité à l'envoyer, lui aussi, à Serdaigle. Il dévorait littéralement les livres, curieux d'apprendre tout ce qu'il pourrait sur la magie et le monde des sorciers.
Elle avait posé le livre à côté d'elle, de sorte qu'il ne pouvait en lire le titre à moins de se contorsionner d'une manière fort peu élégante. Il se borna donc à dire, sans regarder la jeune fille au départ :

-Tu étais en train de lire... Je suis désolé de t'avoir dérangée. C'est un livre pour les cours ou une lecture personnelle?

Un livre pour les cours, paria-t-il mentalement. Mary Kane avait été nommée parmi les élèves qui ne servaient pas correctement le purisme, ceux qui risquaient de se retrouver en camp s'ils ne redressaient pas la barre : il était donc à peu près certain qu'elle s'y employait. Elle ne semblait pas du genre à chercher les ennuis – peut-être sa mésaventure résultait-elle simplement d'une certaine méconnaissance du régime puriste – et les cernes qu'il aperçut lorsqu'il se décida enfin à la regarder en face prouvaient qu'elle passaient du temps à travailler. Il eut un sourire lorsqu'elle lui montra la couverture du livre : il avait vu juste. Le Purisme à travers les âges, un bon ouvrage pour avoir une vue d'ensemble de la politique puriste jusqu'à l'époque la plus contemporaine. Il l'avait lu, lui aussi, l'année précédente, lorsqu'il préparait ses BUSE.

-Bon choix de lecture, pas toujours facile mais très complet, commenta-t-il en hochant la tête. J'imagine que ça ne doit pas être facile de découvrir tout ça d'un coup alors qu'on arrive d'un autre pays. Pour moi, c'est plus facile, puisque j'ai toujours vécu ici...

Il lui prit doucement le livre des mains, et le feuilleta machinalement. Il avait passé du temps sur ce satané bouquin, reprenant les passages les plus compliqués, tirant de chaque chapitre une synthèse en quelques fiches... Cela lui avait permis d'obtenir de bonnes notes aux BUSE, mais à la fin, il aurait volontiers jeté le grimoire au feu.


-Si ça te dit, je pourrai te passer les titres des livres qu'on nous avait conseillés l'an dernier, pour les BUSE, s'entendit-il proposer alors qu'il rendait l'ouvrage à sa propriétaire.

Quelle idée... Kane était considérée comme une bourbiste par la plupart des élèves, et voilà qu'il lui offrait son aide... Il se serait donné des gifles – mais le mal était fait, la proposition avait été entendue. Si on lui disait quelque chose, il pourrait toujours répondre qu'il valait mieux essayer de convaincre les bourbistes de renoncer à leurs erreurs que les ignorer purement et simplement. Oui, c'était une théorie qui se tenait, après tout. Surtout que la bourbiste en question, finalement, était plutôt pas mal fichue – enfin, plutôt sympathique. C'était tout ce qu'il avait voulu dire : sympathique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 30/08/1989
Âge du joueur : 28
Arrivé sur Poudnoir : 15/08/2013
Parchemins postés : 1668



Pensine
Mon casier judiciaire est: peu rempli
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Mary Kane


MessageSujet: Re: Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé] Mer 4 Déc - 12:36

En voyant le visage d'Isaac prendre un air embarrassé, elle s'en voulu d'avoir été aussi rude. Ce n'était pas son intention. Pour peu, elle aurait soupiré d'exaspération, elle ne savait pas y faire avec les gens en général et encore moins avec les garçons. C'était triste en quelque sorte, si elle avait réussi à être plus sociable, il y aurait probablement eu moins de gens pour croire qu'elle était réellement bourbiste. Ainsi pour le moment, les rumeurs allaient de bon train et Mary ne faisaient rien pour les réfuter. Elle avait essayé et ça n'avait amené que des problèmes, ce n'était pas la peine de s'en attirer plus. Elle préférait se faire discrète mais ce n'était pas une raison pour faire fuir tous ceux qui lui parlait. Aussi décida-t-elle de s'excuser à son tour pour éviter un malentendu.

"Non, excuse-moi, je viens souvent ici, j'aime bien regarder les gens voler, je trouve détendant. Et puis, je trouve que c'est un bon emplacement pour lire.", elle rougit brièvement, elle ne voulait pas qu'il pense qu'elle avait été envoyé par les Serdaigles pour espionner les joueurs de Quidditch des autres équipes.

A Poudlard, certaines choses ne changeaient jamais. Le nouveau régime mit en place par l'Inquisiteur avait beau restreindre leur possibilité au maximum, le Quidditch restait le Quidditch. Il déchainait les passions, créaient des rivalités inattendues, offrait des moments de liesses qui permettaient d'oublier leur soucis l'espace d'un match. Pour certains, le Quidditch était une histoire de vie ou de mort. Bien entendu, ce n'était pas le cas à ses yeux mais elle appréciait un bon match. Il y avait quelque chose de grisant à savoir qu'une fois de temps en temps, l'espace de quelques heures,  elle faisait partie d'une foule, pendant ces moments-là, elle n'était plus Mary Kane, celle qui fallait éviter mais simplement une élève de Serdaigle comme les autres encourageant son équipe préférée. Elle le regarda déposa son balai sur le banc devant elle et s'assoir à ses côtés. Ils restèrent côté à côté en silence un instant. Etre seule avec un garçon était une expérience étrange pour Mary, elle avait rarement été seule avec l'un d'eux, outre Wayland et Llew évidemment. Les filles avaient cette habitude de se déplacer en groupe compact, bavardant d'une classe à l'autre. Il ne lui serrait jamais venu à l'idée d'aller parler à un garçon de son plein gré. Aussi fut-elle particulièrement reconnaissante quand il brise le silence. Ce n'était pas qu'elle n'avait pas de conversation, c'était simplement qu'elle ne le connaissait pas et qu'il était difficile de ne pas dire autre chose que les banalités d'usage.

"Tu ne me déranges pas, je n'arrivais plus à dormir alors je suis venue lire. On me l'a  conseillé dans le cadre des cours mais c'est aussi de la curiosité personnelle. ", elle prit le livre à ses côtés pour lui faire lire le titre et le gratifia d'un sourire éclatant quand il approuva  son choix de lecture. "Je sais que je suis à la traîne en politique internationale.", elle eut un soupir. " Le cours est intéressant pourtant mais Beauxbâton n'a pas un cours aussi poussé en la matière, je me rends compte que je pose parfois des questions qui peuvent sembler stupide à ceux qui ont toujours vécu ici mais on ne peut pas apprendre si on ne s'informe pas."

Elle le laissa prendre le livre tandis qu'elle continuait à parler, sa voix était toujours égale et on n'y décelait aucune trace de ressentiment, "Je ne crois pas qu'on doive rester dans l'erreur simplement parce qu'on a pas eu la chance d'avoir des professeurs compétents en la matière, alors je me mets à jour, comme ça, ça m'évitera d'être pointée du doigt encore une fois.", elle faisait bien entendu référence à sa désignation dans la grande salle comme mauvaise puriste, elle préférait ne pas le dire tout haut, la honte d'avoir été pointé du doigts devant tout le monde dans la grande salle était toujours cuisante.

Elle reprit le livre que lui tendait Isaac, l'effleurant au passage, et son sourire s'élargit tandis qu'il lui proposait son aide. C'était assez surprenant, elle devait bien l'avouer. Depuis qu'elle était arrivée, on lui avait souvent dis " si tu as un souci n'hésite pas". Premièrement, elle doutait que  toutes les propositions soient sincères. Ensuite, quand on était aussi timide qu'elle, on n’allait pas vers les autres facilement, encore moins pour demander un service. La proposition du Serpentard était la première concrète qu'elle recevait réellement.

"Vraiment ? Ce serrait avec plaisir. On les trouve facilement à la bibliothèque ? ", elle refreina son enthousiasme, ce n'était pas convenable, "Enfin, si ca ne  te pose pas de problèmes bien entendu.".

Sa cousine ne l'aimait pas, c'était de notoriété publique et il était plutôt mal vu en ce moment d'être aperçut en sa compagnie. Mary était une fille simple, qui ne désirait rien tant que la tranquillité. Si l'aider lui attirait des problèmes, elle préférait qu'il ne le fasse pas, ça finirait par lui retomber dessus. Elle était sang-mêlé et donc quoiqu'il arrive ça serrait toujours elle et non pas les autres qui étaient en tord.. Elle avait eu une discussion avec sa sœur à ce sujet, une discussion qui avait encore mal tourné, une de plus. Eléonore  s'était insurgée  contre les injustices dont les sangs-mêlés étaient souvent victime; ça n'avait aucune logique selon elle. Mary s'était contentée de hausser les épaules en arguant qu'il ne fallait pas chercher de la logique dans le régime puriste. La discussion c'était encore une fois finie en dispute.

Il y eut un bref silence que Mary ne trouva pas embarrassant pour autant qu'elle rompit en désignant le balai devant elle. "Tu fais partie de l'équipe ?", en l'observant tout à l'heure, elle  l'avait trouvé beau et agile dans les airs. Il y avait une certaine grâce dans la manière dont pouvait voler un joueur de Quidditch et Isaac s'en sortait particulièrement bien.


Dernière édition par Mary Kane le Lun 20 Jan - 22:18, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 10/03/1981
Âge du joueur : 37
Arrivé sur Poudnoir : 17/09/2013
Parchemins postés : 267



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Isaac Bedan


MessageSujet: Re: Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé] Mar 10 Déc - 22:35

La répression, bien que nécessaire, ne peut pas tout résoudre, il faut avant tout user de persuasion.  Le purisme doit susciter l'adhésion au moins autant que la crainte, s'il veut triompher durablement. Isaac avait entendu sa défunte mère tenir ces propos, un jour où, contrairement à l'habitude, elle était l'interviewée et non l'intervieweuse. Elle avait reçu, dans le grand salon de leur manoir gallois, deux journalistes d'un magazine féminin qui consacrait une série d'articles aux « femmes engagées pour le purisme ». Et Asphodèle Platt avait été l'une des premières interrogées. Journaliste en vue, directrice d'une revue renommée (Le Mensuel de Géopolitique magique), elle pouvait tout à fait être, selon les termes des deux reporters, « un modèle pour toutes les jeunes sorcières ». Isaac avait assisté à une partie de l'interview – il avait bien fallu se plier aux règles du genre et faire une photo d'Asphodèle avec ses deux fils, pour bien montrer qu'elle était aussi et surtout une mère... Il fallait faire rêver un public féminin, et la maternité, visiblement, faisait partie du rêve. Assis dans un coin du salon en attendant le moment de la photo, Haytham et Isaac avaient écouté silencieusement leur mère répondre aux questions. Le cadet était sans doute encore un peu trop jeune pour comprendre tout ce qu'elle disait, mais il avait retenu quelques phrases qui lui revenaient à présent. Asphodèle développait une théorie osée en récusant la primauté accordée à l'aspect répressif du purisme, mais il ne s'agissait que de bon sens... Comment espérer la moindre fidélité envers un régime si on cherchait davantage à terroriser qu'à convaincre ? Les meilleurs puristes étaient les fervents, pas ceux qui tremblaient pour leur peau et adhéraient par conformisme.

Isaac reprenait à présent cette idée à son compte, tout en bavardant avec Mary Kane. La Serdaigle avait été désignée, devant toute l'école réunie, comme une mauvaise puriste, menacée d'être envoyée en camp de travail. Logiquement, tout le monde, ou presque, s'était détourné d'elle ; dans le meilleur des cas on se méfiait de la bourbiste et on l'évitait, dans le pire on l'insultait ouvertement... Et, si l'on suivait la logique jusqu'au bout, elle devrait, par réaction, devenir réellement bourbiste, même si elle n'avait jamais été attirée par cette idéologie auparavant. Ce n'était pas difficile à deviner... Mais si Kane n'était pas une bourbiste ? Si elle était simplement perdue dans un système entièrement nouveau pour elle, si elle avait seulement du mal à s'adapter ? Mieux valait essayer de l'aider, de la faire aller vers le purisme, de lui montrer que le système ne rejetait pas une personne de bonne volonté. C'est la raison pour laquelle il lui proposait de lui donner des titres de livres ; si elle lisait ce pavé sur l'histoire du purisme, c'est qu'elle était de bonne volonté – ou qu'elle s'ennuyait vraiment beaucoup. Elle sembla enthousiaste à l'idée d'obtenir de l'aide, et le Serpentard répondit avec un sourire :

-J'ai gardé tous mes cours de l'année dernière, il faudra seulement que je recopie les titres des livres, ça ne devrait pas me poser de problème. Tu les trouveras facilement à la bibliothèque, ils ont été achetés en plusieurs exemplaires chacun pour permettre aux élèves de travailler dessus. Le mieux pour toi serait de les emprunter assez vite avant que les cinquième année se mettent à réviser pour les BUSE, je pense. À partir de mars-avril, ils vont faire main basse sur les bouquins, et tu devras te contenter des exemplaires de consultation sur place.

Il ne releva pas l'allusion à la distribution de bons et de mauvais points dans la Grande Salle, au cours de laquelle la jeune fille avait connu une célébrité dont elle se serait sans doute bien passée. Ce devait être bien assez difficile d'être ainsi montrée du doigt, surtout lorsqu'on venait d'arriver dans une école, sans qu'il en rajoute... Il ne commenta pas non plus la manière dont elle lui avait frôlé les doigts, et qui semblait tout sauf innocente. Il se contenta de lui jeter un coup d’œil interrogateur, et préféra poursuivre l'air de rien :

-Si je peux te donner un conseil... la lecture des journaux pourra aussi t'aider à te mettre à jour. On reçoit les principaux journaux britanniques à Poudlard, mais il n'y a pas beaucoup d'élèves qui les lisent... C'est dommage, je trouve que c'est vraiment utile pour suivre les cours de politique internationale. Enfin, je ne suis pas très objectif, ma mère était journaliste, j'ai appris à lire dans les journaux, alors évidemment, ça m'intéresse beaucoup, ajouta-t-il avec un sourire d'excuse.

Il ne parlait quasiment jamais de sa mère, hormis lorsqu'il la mentionnait rapidement comme il venait de le faire, mais, à chaque fois, il se sentait un peu gêné, comme s'il venait de faire une confidence intime. Il ne voulait pas sembler faible ou pleurnichard, aussi préférait-il cacher sa sensibilité sur ce point. Il n'y avait qu'avec Haytham qu'il pouvait parler librement de ses parents, parce qu'il savait que son frère éprouvait exactement la même chose que lui et ne le jugerait pas négativement. Pour les autres, il préférait passer pour un garçon insensible, froid : cela ne les regardait pas.

Quelqu'un bougea non loin d'eux et le Serpentard, en se retournant, se rendit compte de la présence d'un homme assis dans l'ombre d'une des hautes tribunes. Sans doute un Langue de Plomb, on finissait par les repérer, à force... et puis, pour être aussi discret, il devait appartenir à un corps d'élite. Que fichait-il là, celui-là ? Il écoutait la conversation des deux adolescents, sans même faire semblant de ne pas entendre... Maintenant qu'il y pensait, Isaac se rappelait que Mary Kane était souvent suivie par ce type. Peut-être même toujours. Elle devait être sous surveillance, sur ordre de l'Inquisiteur. Le jeune Bedan devenait observateur, depuis que lui-même avait été promu au rang d'espion personnel d'Eris Valverde. Il détourna promptement les yeux pour ne pas sembler provoquer l'homme, et les fixa plutôt sur un petit groupe d'élèves qui venait d'entrer sur le stade de Quidditch. Justement, Mary lui demandait s'il faisait partie de l'équipe de Serpentard. Il eut un petit rire :

-De l'équipe ? Oh, non... je n'ai pas vraiment l'esprit d'équipe, à ce qu'il paraît.

Il y avait eu quelques bastons, et il n'avait pas été le dernier à distribuer les coups, y compris à ses coéquipiers... Las de son inconduite, son père avait fini par lui interdire de jouer sous les couleurs de sa maison, et il se conformait encore à ces instructions. Il passa ces détails sous silence et fit :

-Je préfère voler seul, m'entraîner à faire des figures, c'est moins contraignant que d'appartenir à une équipe... Et toi, tu joues au Quidditch ? Tu as un balai ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 30/08/1989
Âge du joueur : 28
Arrivé sur Poudnoir : 15/08/2013
Parchemins postés : 1668



Pensine
Mon casier judiciaire est: peu rempli
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Mary Kane


MessageSujet: Re: Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé] Ven 13 Déc - 1:50

Qu’est-ce que la solitude dans le fond ? C’est un état momentané ou durable, d’un individu seul qui n’est engagé dans aucun rapport avec autrui. Bien entendu, la solitude peut être choisie mais elle est le plus souvent subie. Un sorcier américain connu avait développé une théorie sur le sujet, que Mary avait lu, à l’hôpital, un jour où elle attendait que sa mère finisse son travail. L’article expliquait que la solitude était choisie ou subie. Dans le cas où elle était choisie, elle pouvait avoir des effets bénéfiques comme néfastes. La suite de l’article expliquait que souvent, la solitude était vécue comme une souffrance sociale parce que l’individu était victime d’un isolement non-désiré. Mary n’était pas une personne asociale, elle était timide, assurément mais ça ne l’empêchait pas d’avoir des amis ou de s’amuser avec eux pour autant. Depuis son retour à Poudlard, elle se sentait isolée, et s’était autant de sa faute que celle des autres. Elle avait du mal à s’intégrer dans des groupes d’amis déjà formé depuis leur première année à Poudlard, et les gens l’évitaient pour éviter d’avoir des problèmes. Sachant très bien pourquoi on l’évitait, Mary n’en était que plus gênée et finissait elle-même par éviter les autres. Un cercle vicieux s’était donc instauré et semblait sans fin. Bien entendu, tout ça, Mary n’en avait pas conscience, c’était des mécanismes de défense innés qu’elle mettait en action sans le savoir. Un système de défense qu’elle créait pour essayer de limiter les ennuis et la casse. Jusqu’à maintenant, on ne pouvait pas dire que ça soit efficace. Sans être encore arrivé à la limite du dramatique, les ennuis s’enchainaient à une vitesse soutenue sans lui laisser réellement le temps de souffler. C’était probablement pour ça qu’elle appréciait autant les matins calmes, comme aujourd’hui, où elle avait le loisir de passer une partie de sa journée au moins, loin des ennuis. Seule, elle ne risquait rien, pourtant, elle avait envie de compagnie humaine, simplement quelqu’un avec qui discuter. Aussi Isaac Bedan fut-il une bonne surprise, sympathique de prime abord, il lui permettait l’espace d’un moment d’oublier que tout le monde l’évitait et inversement et d’avoir une conversation un peu plus poussée que : « Tu as fais le TP en Magie Noire ? » ou « Tu n’aurais pas les dernières notes de cours de Potions ? ». Dans l’état actuel des choses, Mary était reconnaissante à qui pouvait lui faire oublier un moment que Poudlard était une prison aux barreaux dorés dont la couleur commençait doucement à s’écailler.

Parler des cours n’était pas son sujet de conversation de prédilection. Elle savait qu’on associait généralement les Serdaigles aux gens aimant travailler et étudier mais ca restait un simple cliché. Les Serdaigles aimaient la connaissance en tant que tel, ils n’aimaient pas nécessairement plus qu’un autre élève passer des heures à bûcher, assis derrière son bureau, des matières aussi passionnantes que l’Astronomie. Soyons honnête, qui aime l’Astronomie ? Certainement pas Mary ! Et pourtant, ici, le sujet lui semblait aussi passionnant qu’un autre, peu importe de quoi ils parlaient après tout, tant qu’ils parlaient. Cependant, ca restait un sujet à l’intérêt assez limité, autant pour son interlocuteur que pour elle et ils en auraient tout deux bientôt fait le tour. Ce qu’il lui disait sur les journaux était bien plus intéressant aussi renchérit-elle la dessus.

« Je pense que j’irais louer les livres dés que tu m’auras transmis les titres mais prend ton temps, on est qu’en Novembre après tout. Je suis d’accord avec toi pour les journaux. Grand-père est un grand lecteur de « Victoire du Sang » et de la « Gazette du Sorcier ». J’avais tendance à les lire avec lui mais j’ai perdu l’habitude une fois ici. », elle fit une brève pause, prenant le temps de resserrer sa cape en fourrure autour d’elle et continua, « Ta mère est journaliste ? Pour quel journal ? ». Ne pas avoir vécu en Angleterre comportait nombre de désavantage, le premier étant qu’elle n’était pas du tout au courant de ce qui s’était passé en son absence. Si elle était restée, elle aurait su que les deux parents d’Isaac étaient morts et qu’il vivait désormais chez son oncle. L’attentat visant le journal où travaillait Asphodèle Platt avait fait la une plusieurs jours, sa mort également mais Mary n’en avait pas entendu parler. En France, les préoccupations des journaux étaient tout autres. Pouvait-on en vouloir à la jeune fille de mettre les pieds dans le plat ? Pas réellement, ce n’était pas sa faute si elle manquait de délicatesse. Si elle l’avait su, elle n’aurait probablement jamais abordé le sujet. Elle savait à quel point il était douloureux d’avoir des parents dont on ne veut pas parler. Dans son cas, ce n’était pas parce que c’était douloureux, quoiqu’en un sens, ça l’était, mais simplement parce que c’était son secret honteux. Elle avait au fur et à mesure des années, développé plusieurs techniques pour éviter de répondre à l’embarrassante question : « Et ton père, il fait quoi ? »

Elle s’interrompit lorsqu’elle le vit se retourner et machinalement, elle fit de même. Ce n’était que Stuart. Elle avait prit l’habitude de l’avoir avec elle à presque chaque instant de la journée. Il était comme une deuxième ombre en réalité, si bien qu’elle en venait parfois à presque oublier sa présence. Pourtant, il était toujours là, et c’est quand elle pensait l’avoir oublié, comme maintenant, qu’elle se rappelait de son existence. Elle détourna rapidement le regard, elle n’avait jamais aimé fixer les gens, et lui encore moins qu’un autre, elle passait tellement de temps à éviter son regard qu’elle n’aurait pas vraiment su dire à quoi il ressemblait. Elle tritura sa baguette, plus par habitude que par besoin et commenta à voix basse : « Je suis sous surveillance depuis un mois. ». Il n’y avait pas de trace de ressentiment dans sa voix, seulement la lassitude de quelqu’un qui n’en peut plus de se sentir observée à tous les instants. Elle se savait sur une corde raide, le tout était de savoir si elle avait des talents d’équilibriste caché. Elle n’ajouta rien d’autre, ce n’était pas qu’elle ne voulait pas expliquer pourquoi elle était sous surveillance, parce que bien entendu ça aurait aiguisé la curiosité de n’importe qui, mais plutôt qu’elle ne jugeait pas utile de le faire si on ne lui posait pas la question. Qui avait-il à dire après tout ? Elle avait passé une commission de sécurité et on l’avait décrété sous surveillance, par sécurité, pendant un mois. Ni plus, ni moins. Ca semblait si simple dit comme ça … dans les faits, même si elle évitait de le montrer, elle attendait avec impatience le moment où elle retrouverait un semblant de solitude.

La conversation dériva sur le Quidditch, après tout c’était elle qui avait posé la question. « J’ai un balai, un Nimbus 2003, on me l’a offert pour mon anniversaire il y a deux ans. Je ne joue pas au Quidditch, je suis une voleuse assez médiocre, je n’ai pas eu beaucoup d’entrainement. » Elle contempla un moment le stade en silence et reprit avec une certaine nostalgie dans la voix. « Mais j’aime bien voler de temps en temps, j’adore être dans les hauteurs et sentir le vent qui gifle le visage quand on vole. C’est pour ça que je viens ici, à défaut de voler, j’ai la vue. » C’était bête en quelque sorte, personne ne lui interdisait de voler après tout mais elle n’était pas d’humeur. Elle volait rarement mais quand elle le faisait, elle y prenait plaisir. Elle avait pensé venir se détendre avec son balai plusieurs fois mais l’idée de rencontrer des gens hostiles l’avait à chaque fois découragée. Au moins dans les gradins, elle avait la paix ou presque, son balai restait donc dans sa chambre à prendre la poussière sans qu’elle l’ait utilisé une seule fois depuis le début d’année.

Dans le stade, un petit groupe d’élève, probablement de troisième année à en juger par leur tête, venait de pénétrer sur le terrain. Elle eut un mouvement de recul instantané, conditionné par maintenant plusieurs mois d’entrainement, et se décala un peu pour laisser plus d’espace entre elle et le Serpentard. Son visage perdit un peu de son sourire, elle se tourna vers Isaac, un air contrit sur le visage et dit : « Il vaut peut-être mieux pour ta tranquillité personnelle que tu ne sois pas vu en ma compagnie, les rumeurs vont vite ici. » Elle le savait mieux que personne. Il n’y avait pas pire commère qu’un élève, il n’y en avait aucun pour rattraper l’autre. Tout évènements, aussi anodin soit-il, était souvent vu, analyser, déformé, et ensuite répéter à autrui qui lui-même déformait de nouveau l’information. C’était une chaîne sans fin qui donnait souvent lieu à des quiproquos amusant. Mary avait assez de problème sur le dos sans qu’on vienne lui reproche d’avoir voulu ennuyer Isaac Bedan. Dieu seul savait ce qu’on pouvait inventer en les voyant ensemble. Bien entendu, sa remarque était un peu stupide, Isaac était un grand garçon, tout à fait capable de décider par lui-même si il voulait être vu en sa compagnie ou non. De plus, il faisait partie de l’élite, les règles qui régissaient son monde à elle, ne s’appliquait pas toujours au sien. Il faisait partie des privilégiés de ceux que les règles ne concernent pas. Mais au moins ici, quoiqu’il arrive, il ne pourrait pas lui reprocher de ne pas l’avoir prévenu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 10/03/1981
Âge du joueur : 37
Arrivé sur Poudnoir : 17/09/2013
Parchemins postés : 267



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Isaac Bedan


MessageSujet: Re: Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé] Mar 21 Jan - 23:07

C'était tout de même amusant, le comportement des gens. Isaac se plaisait à observer ses interlocuteurs, et il avait remarqué une petite mécanique qui fonctionnait presque à chaque fois lorsqu'il faisait la connaissance de quelqu'un. Il y avait d'abord de la froideur, presque de la méfiance, comme si le simple fait de porter le nom de Bedan suffisait à faire du gamin un redoutable croque-mitaine. Pourtant, tu n'es pas un croque-mitaine, hein Isaac ? Tu es la gentillesse personnifiée, enfin presque. Très approximativement, même. Non, en vrai, tu es tout de même un sale gosse pénible et parfois violent, il faut l'avouer. Mais rien à voir avec les plus brillants spécimens de la famille, comme cette chère Ariana qui pétait tous les scores en  matière de pouvoir de nuisance. C'était d'ailleurs sans doute elle qui était responsable de ce comportement récurrent face aux autres Bedan, à Poudlard. D'abord, ce rejet instinctif comme face à un serpent, comme lorsqu'on retire précipitamment sa main avant de toucher une surface brûlante. Et puis, à la réflexion, les plus téméraires tentaient une approche, et c'était l'instant de la Grande Révélation : non, Isaac Bedan ne mordait pas, Isaac Bedan n'était pas pourvu de crochets venimeux, pas plus que le restant de la famille d'ailleurs. Ils se traînaient une réputation épouvantable, et pas totalement méritée. Certains étaient sincèrement surpris de constater qu'on pouvait avoir une conversation tout à fait normale avec Isaac – qui avait, il est vrai, ajouté à la renommée familiale sa propre réputation de bagarreur. Mary Kane ne semblait pas faire exception ; le début de leur discussion avait été prudent, elle tâtait le terrain pour voir si aller plus loin était raisonnable. À présent, elle semblait rassurée, le ton se faisait moins formel, plus naturel, ainsi qu'il convient entre adolescents.

La jeune fille ne semblait pas tenir plus que cela à parler des cours, ce dont Isaac lui fut reconnaissant. C'était un peu déprimant, à force ; on n'entendait parler que de cela, surtout depuis que Valverde avait fait son discours sur le mérite. Sans être une feignasse, le jeune Bedan n'était pas vraiment studieux – sauf dans les disciplines qu'il affectionnait. Et parler des cours n'était vraiment pas sa tasse de thé. Bon, lorsqu'elle posa sa question au sujet de la mère du gamin, il regretta d'avoir abandonné ce si commode sujet, mais il répondit tout de même :

-Ma mère était journaliste, oui. Elle dirigeait le Mensuel de Géopolitique magique, une revue sur les relations internationales. Elle a été tuée il y a quelques années dans un attentat au siège du journal.

D'un regard, il pria la jeune fille de ne pas revenir sur la question, et elle saisit parfaitement le message. Il lui était douloureux de parler de sa mère, et lorsqu'il le faisait, c'était d'une voix étrangement lointaine qui ne parvenait pas à cacher sa peine. En général, il préférait éviter d'en parler ; c'était une sorte de convention tacite avec son frère, on ne parlait pas des parents, sauf impérieuse nécessité. Haytham avait moins de difficultés, mais il respectait le fait que son cadet soit encore trop bouleversé pour évoquer leurs parents. Mary Kane ne s'excusa pas – elle n'avait pas à le faire, du reste - , ne présenta pas de condoléances – parfait, cela sonnait toujours tellement faux  - mais laissa passer un petit instant de silence qui permit au jeune Bedan de retrouver sa sérénité. Enfin une personne avec un peu de tact, c'était bien appréciable. À son tour, elle fut embarrassée lorsqu'Isaac lui demanda qui était l'homme assis qui les regardait fixement, mais elle répondit sans détours. Elle était sous surveillance... Le gamin ignorait cela. Il lança un regard en biais à l'homme, songeant que ce devait être terriblement désagréable d'être suivi en permanence. Lui, si on lui collait un agent de surveillance dans les pattes, il ne tiendrait pas deux jours avant de lui refaire le portrait... Cette pensée le fit sourire, et tous deux abordèrent un sujet moins douloureux pour tout le monde : le Quidditch. Après tout, ils étaient au stade, autant en profiter...

-C'est dommage que tu ne voles pas souvent, remarqua le Serpentard en observant distraitement les élèves qui prenaient leur envol. Tu as un bon balai, tu pourrais progresser vite si...

Il n'acheva pas. La vue de l'équipe à l'entraînement avait rendu Mary très nerveuse, et elle venait de faire un véritable bond sur son banc pour s'éloigner du garçon. Mieux valait, disait-elle, ne pas être vu en sa compagnie. Isaac ne s'était jamais soucié de l'opinion des autres, il n'allait certainement pas commencer ce jour-là. Doucement, il se rapprocha de la Serdaigle, murmurant :

-Tu sais, les rumeurs, je m'en balance. Je suis assez grand pour savoir avec qui j'ai envie d'être vu ou pas.

Une idée curieuse germait depuis un moment dans son esprit, et il estima qu'il était temps de la mettre en pratique... Idée vraiment étrange, iconoclaste pour un jeune puriste, pour un membre de la famille Bedan, mais l'adolescence est l'âge de tous les tourments... Depuis un moment,  il régnait une drôle d'ambiance dans le dortoir des sixième année de Serpentard, une ambiance tout entière portée vers le sexe opposé. Chacun s'efforçait de se faire sa place au soleil sur le marché des célibataires de Poudlard et de séduire les demoiselles. Isaac s'était attiré quelques sourires entendus, mais il n'avait encore rien concrétisé... Ils étaient encore trois, sur un dortoir de six, dans ce cas. Le dernier serait la cible des moqueries des autres, mieux valait ne pas tarder. Jonathan, le séducteur du groupe, dont le tableau de chasse allait bientôt comprendre l'ensemble de la population féminine et non encore décrépite de ce château, les abreuvait de conseils apparemment basiques, mais qui les laissaient désemparés.  Fais ci, dis ça... pour l'heure, tous ces conseils avaient déserté l'esprit d'Isaac. Il n'y avait plus rien, que lui, Mary, et sa soudaine inspiration. Il posa une main sur la cuisse de sa voisine, avec la certitude qu'il faisait une énorme sottise – si Haytham ou Ariana le voyaient essayer de séduire une sang-mêlé, il allait se faire incendier.  Mais ils étaient marrants, eux... toutes les sang-pur non hideuses étaient prises, à moins d'aller taper dans les naines de onze ans. Autant choisir une sang-mêlé pas trop dégueu pour se faire la main, non ? Car il n'était question que de cela. Pas d'amour, pas même de tendresse, juste une attirance physique – et encore, elle aurait pu se laisser pousser un peu les seins, mais on ne peut pas tout avoir. Déjà, elle savait tenir une conversation, ce qui constituait un atout non négligeable... Comme elle n'avait pas bougé, Isaac monta lentement sa main le long de sa cuisse, en assurant d'une voix chaude, veloutée :


-Et je peux te garantir que ça ne me gêne absolument pas qu'on me voie avec toi...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 30/08/1989
Âge du joueur : 28
Arrivé sur Poudnoir : 15/08/2013
Parchemins postés : 1668



Pensine
Mon casier judiciaire est: peu rempli
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Mary Kane


MessageSujet: Re: Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé] Ven 24 Jan - 21:43

Elle avait bien vu que parler de sa mère n’était pas le sujet de prédilection d’Isaac. Il ne l’avait pas dis à haute voix et lui avait répondu très courtoisement, mais il y avait dans son regarde la prière de quelqu’un qui désire que l’on changer de sujet. Elle se sentit d’ailleurs gênée d’avoir orienté la discussion dans cette direction. Pourtant, ce n’était pas sa faute. Elle n’était pas en Angleterre au moment des faits et n’aurait pas pu le savoir. Néanmoins, elle détestait les personnes sans tact et délicatesse et ne voulait pas passer pour l’une d’elle. Elle laissa le silence flotter un moment et ne reviens pas sur le sujet. Elle n’avait pas voulu donner ses condoléances. Certes, c’était triste pour lui mais elle n’avait pas à le prendre en pitié pour autant. Ils n’étaient pas proches et lui dire qu’elle était désolée pour un évènement qui n’avait rien à voir avec elle aurait été hypocrite. Ce n’était jamais que des mots creux destinés à remplir une conversation encore plus creuse. Elle ne pouvait pas compatir, simplement parce qu’elle n’avait jamais vécu la mort de quelqu’un d’aussi proche. Elle laissa donc tomber le sujet sans remord et la conversation s’orienta vers le sujet favoris d’une majorité des élèves de Poudlard : Le Quidditch. Il avait réussi à la mettre à l’aise pendant un moment. Certainement pas autant qu’avec Wayland et Llewelyn mais déjà plus qu’avec quatre-vingt pour cent de la population masculine de Poudlard. Ce n’était pas un mince exploit surtout quand on savait à qui l’on avait affaire. Elle aimait beaucoup parlé Quidditch et avait peu de personne avec qui le faire. Llelwelyn comme Jellyka souffrait du vertige et le sujet n’était donc pas leur préféré quant à Wayland … Eh bien il fallait encore arriver à lui parler ces derniers temps. La conversation aurait donc pu être plus qu’agréable si un groupe d’étudiant n’était pas venu s’entrainer.

Son attitude pouvait sembler étrange, elle en était consciente. C’était ridicule d’avoir aussi peur de ce que pensaient les autres mais Isaac ne pouvait probablement pas comprendre son point de vue. Ce n’était pas lui qui avait Ariana Bedan à dos après tout. Elle pouvait difficilement lui expliquer, s’il n’était pas déjà au courant, qu’elle la soupçonnait d’avoir voulu lui piquer son petit copain. Ce n’était pas quelque chose dont on se vantait mais elle était tout de même étonnée qu’Isaac ne lui ait pas fait de remarque à ce sujet. C’était sa cousine après tout. Comme tout les sangs-purs, ils étaient apparentés à la moitié de ceux de l’école. A bien y penser Llew et lui devaient être cousin également. Ca devait être étrange d’avoir des familles aussi élargie. Mais peut-être n’était-il pas au courant après tout. Et s’il l’était, elle lui était reconnaissante de ne pas l’avoir mentionné. Elle appréciait pourvoir entretenir, pour une fois, une conversation avec quelqu’un qui avait un minimum d’éducation.

Ce fut au moment où elle songeait qu’il en avait qu’il se rapprocha d’elle, murmurant, qu’il se fichait des rumeurs et avec qui il pouvait être vu. C’était bien un privilège des sangs-purs de ne pas se soucier avec qui on était vu, elle n’avait pas se luxe. Sans quoi, elle n’aurait pas eu autant de mal pour avoir une simple conversation avec Llew sans éveiller les soupçons. Le ton d’Isaac avait changé. De familière, il lui parlait maintenant d’une voix douce et enjôleuse puis sa main se posa sur sa cuisse. Il y avait donc définitivement quelque chose de pas net dans la famille Bedan. Entre Ariana, assoiffée de pouvoir et reconnaissance, qui semblait vouloir détruire le bonheur des autres, et ensuite Isaac, qui pour une raison qu’elle ne comprenait pas avait décidé de lui caresser la cuisse.

La Serdaigle n’était pas habituée au contact physique. Elle en avait très peu avec ses proches et encore moins avec les garçons. On ne lui avait pas appris à être proche des gens et lorsque qu’on avait voulu lui apprendre, il était trop tard. La France avait été une horreur à ce niveau là pour la jeune fille. A ses yeux, les gens n’avaient aucune retenue et passaient leur temps à s’embrasser pour se dire bonjour. Ici, en Angleterre, ils avaient un minimum de retenue. Llew constituait donc une exception mais c’était logique compte tenu du fait que c’était son petit copain, si l’on pouvait l’appeler ainsi. Il semblait qu’en Angleterre, comme ailleurs, un adolescent reste un adolescent. C'est-à-dire un être gouverné par ses hormones et par l’envie de découvrir le sexe opposé. Mary n’y échappait pas mais avoir une seule personne lui suffisait amplement, fusse en cachette.

C’était d’ailleurs parce que sa relation n’était pas publique qu’elle pouvait difficilement crier au scandale. Outre le fait que le geste ne soit pas le plus subtil au monde. Il n’y avait rien de réellement déplacé. Elle était officiellement célibataire, voir même frigide d’après certaines mauvaises langues. Ici, le geste d’Isaac l’avait tétanisée. C’était un de ses plus grands défauts. La surprise et la peur retardait parfois ses réactions. Elle réfléchissait presque toujours avant d’agir et ne faisait pas grand-chose par instinct. C’était parfois un désavantage. Llew avait raison : Elle réfléchissait trop. Le rouge lui monta aux joues et malgré le froid, elle se sentit avoir trop chaud. Le contact la gênait au plus haut point, ce n’était pas du tout la même sensation que quand Llewelyn la touchait. Sa main en semblait pas vouloir s’arrêter montant toujours plus haut. La panique la gagna et elle prit sa main et avec beaucoup de sang-froid, la retira sans méchanceté. Etais-ce de sa faute ? Lui avait-elle donné des signaux contradictoires ? Peut-être que sans le vouloir, elle faisait la gourgandine. Elle décida, malgré sa gêne, de rester et de lui donner une autre chance de continuer à avoir une conversation normale. N’importe qui lui aurait dis que c’était une mauvaise idée. Elle ne l’avait pas verbalement repoussé mais pour elle la situation semblait plutôt claire. Il ne lui vint pas à l’esprit qu’il ne pensait peut-être pas de même.

« C’est gentil de dire que ça ne te dérange pas… Ce n’est pas le cas de tout le monde. » Elle essayait de réorienter la conversation sur autre chose mais la sensation de sa main sur sa cuisse ne semblait pas vouloir disparaître. Elle fit néanmoins un effort pour sourire d’une manière engageante : « J’ai été distraite par l’arrivée de l’équipe qu’est-ce que tu disais sur le Quidditch ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 10/03/1981
Âge du joueur : 37
Arrivé sur Poudnoir : 17/09/2013
Parchemins postés : 267



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Isaac Bedan


MessageSujet: Re: Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé] Mar 28 Jan - 18:25

Nous vous informons que votre message a bien été reçu par son destinataire, merci et à bientôt. Mary n'avait pas eu l'air de comprendre immédiatement ce qu'Isaac lui voulait, mais en insistant un peu, les intentions du Serpentard étaient devenues parfaitement claires. Bien sûr, elle avait eu un mouvement de recul, son corps s'était crispé et elle avait enlevé sa main, mais qui a dit que ça voulait dire quelque chose ? C'était la surprise, voilà tout. Ou peut-être l'incrédulité d'être ainsi convoitée par un jeune sang-pur, membre de l'une des familles les plus en vue du pays et, accessoirement, cousin de l'abominable femme des neiges poudlardiennes, la redoutable et redoutée Ariana Bedan. Nul n'ignorait qu'Ariana aurait été absolument ravie de pouvoir arracher délicatement chaque ongle de Mary Kane – sombre histoire de rivalité féminine, concurrence autour de Wayland Witcher, violation de propriété privée par ladite Kane. Elle avait essayé – c'était une Ariana furibarde qui l'avait expliqué à Isaac, avant les vacances de Noël – essayé d'embrasser Witcher, le prince consort comme l'appelaient les deux frères Bedan. Terrible offense à la petite copine en titre, chacun en conviendra. Les vacances à Krakendor avaient été apocalyptiques. Mais c'était une affaire classée, désormais : Wayland et Ariana s'étaient réconciliés, remis en couple, il n'y avait donc plus de raison d'entretenir les vieilles rancunes. Et comment mieux enterrer la hache de guerre qu'en faisant la conquête de Mary Kane ? Par ce raisonnement, Isaac prouvait magnifiquement son ignorance du psychisme féminin pour lequel aucune affaire, si vieille soit-elle, n'est jamais classée. Mais passons.

Docilement, il reposa sa main sur sa propre cuisse, en garçon bien élevé. Il ne servait à rien d'être trop pressé ; le hibou avait été bien reçu, et la réponse était claire. Si elle n'avait pas voulu de lui, elle le lui aurait dit, voire l'aurait giflé, serait partie, enfin quelque chose dans ce goût-là. Là, elle se contentait d'ôter sa main, pour lui indiquer qu'il allait un peu trop vite en besogne. Ce n'était pas bien difficile, finalement, Jonathan avait raison : il suffisait de se jeter à l'eau. Isaac eut un petit sourire à cette pensée, et, conciliant, reprit la conversation sur le Quidditch comme semblait le souhaiter Mary :

-Oh, je disais que c'était dommage que tu ne voles pas beaucoup. Tu dis que tu ne voles pas très bien, mais avec un Nimbus 2003, tu pourrais faire de gros progrès. C'est un très bon balai, qui convient à tous les types d'utilisateurs.

Bon balai, mais pas le top. Le sien, en revanche, était une véritable petite merveille, la dernière version de l'Eclair de Feu, offerte au début de l'été par son père en récompense de ses résultats aux BUSE. Il avait remplacé un Nimbus, d'ailleurs, et la différence était sensible ; l'Eclair de Feu était conçu pour la vitesse et les acrobaties. Un instant, Isaac songea qu'il pourrait utiliser ce prétexte pour un cours particulier de vol, très particulier... mais pour l'heure, il ne proposa rien. « Veux-tu essayer mon Eclair de Feu ? » avait quelque chose qui sonnait d'une manière un peu perverse, et qui l'était réellement d'ailleurs. Sois patient, Isaac, sois patient. L'oiseau s'est posé, mais si tu es trop brusque, tu vas le faire fuir. L'adolescent glissa ses mains dans les poches de son blouson – c'est qu'il faisait frisquet, ma bonne dame. Et puis cela pourrait prouver à Mary qu'il n'était pas un sale peloteur sans scrupules. Les femmes aiment les hommes entreprenants, mais elles les veulent gentlemen. Allez donc trouver un juste milieu, dans tout ça. Le Serpentard regarda quelques instants les élèves qui volaient en groupe dans le stade, puis fit d'un ton songeur :

-Tu sais, ça fait du bien de voler. Moi, quand je suis sur mon balai, j'oublie tout le reste. C'est agréable, parfois, d'oublier certaines choses.

Il se tourna vers la jeune fille, avec un sourire triste. Elle aussi devait avoir des tas de choses à oublier – comme tout le monde, du reste, mais certains avaient davantage de mal. Isaac était de ceux-là ; il avait la sensation de se noyer dans les événements, de ne pas arriver à les accepter, il l'avait bien prouvé au moment de la mort de son père. Haytham n'avait montré aucune faiblesse, lui. Il était resté digne malgré sa peine, tandis que son cadet avait complètement craqué. Il se trouvait désemparé face aux événements douloureux, et réagissait n'importe comment. C'était humiliant, d'ailleurs, de se voir aussi incapable de gérer quoi que ce soit alors que tout le monde y parvenait. En vol, il oubliait cette colère qui palpitait en lui, ce sentiment de révolte, d'impuissance, tout ce qui le rendait instable et malheureux. C'était pour cela qu'il faisait des figures acrobatiques ; elles demandaient trop de concentration pour qu'il puisse se permettre de penser à autre chose. Son agressivité se taisait peu à peu – alors que lorsqu'il volait avec d'autres élèves, pour jouer au Quidditch notamment, elle restait bien présente et le poussait parfois à provoquer des bagarres sur le terrain. Il frissonna, probablement à cause de ces pensées moroses que du froid, et proposa :

-Ça ne t'ennuie pas qu'on fasse quelques pas ? Je commence à geler sur place, à rester sans bouger.

Elle accepta, et tous deux se levèrent. Derrière eux, le Langue-de-Plomb se leva aussi, en même temps qu'eux, comme s'il avait prévu ce qu'ils allaient faire. Je l'avais oublié, cet escogriffe... Contrarié, Isaac récupéra son balai, qu'il coinça sous son bras de manière à pouvoir garder ses mains dans ses poches. Si au moins ce type avait soudainement envie de pisser, cela leur ferait un moment de calme... Mais il s'accrochait, ne les quittait pas des yeux. Tous deux s'avancèrent dans le parc, se dirigeant sans se concerter vers la partie où le soleil brillait déjà. Ils avaient les joues rosies par le froid et, dans le cas d'Isaac, les pieds légèrement engourdis. Ils marchèrent ainsi en silence quelques instants ; le Serpentard réfléchissait, pesait le pour et le contre. Il était bien décidé à pousser son avantage – ou ce qu'il croyait être un avantage – mais la présence du Langue-de-Plomb le mettait mal à l'aise. Lui demander de s'éloigner serait la plus sûre manière d'éveiller ses soupçons. Que faire, alors ? Rompre le silence, déjà. Dire n'importe quoi.

-Tu es déjà allée jusqu'à l'autre bout du lac, tôt le matin ? demanda-t-il en montrant du doigt un point éloigné, déjà bien ensoleillé. C'est le meilleur endroit pour voir le soleil se lever. On est dans le tout premier rayon, c'est agréable. J'ai souvent du mal à dormir, alors je vais faire un tour, quand ça m'arrive, expliqua-t-il sur un ton léger.

Ils s'étaient arrêtés pour regarder l'endroit qu'il désignait, et il profita de leur proximité pour retirer de sa poche sa main réchauffée et la poser doucement sur les fesses rebondies de Mary Kane. Tant pis pour le Langue-de-Plomb, après tout.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 30/08/1989
Âge du joueur : 28
Arrivé sur Poudnoir : 15/08/2013
Parchemins postés : 1668



Pensine
Mon casier judiciaire est: peu rempli
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Mary Kane


MessageSujet: Re: Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé] Mer 29 Jan - 0:11

Ici se trouve la chaste et innocente Mary Kane. Elle n’était plus réellement chaste. Pas selon la définition que l’on trouvait au dictionnaire en tout cas, mais elle était toujours innocente. Tellement innocente, qu’elle ne pouvait pas s’imaginer qu’Isaac n’ait pas compris son message. Il avait, l’espace d’un instant, probablement un peu perdu la tête. Elle ne savait pas quelles intentions il avait eu en posant sa main sur sa cuisse – et elle ne voulait pas le savoir – mais elle était certaine que ça lui était passé. Après tout, elle avait enlevé sa main et eut assez de délicatesse pour faire comme si l’incident n’avait pas eu lieu. Pauvre naïve petite Mary. Sa sœur avait raison dans le fond. Elle était d’une intelligence rare et pourtant, elle se révélait absolument incapable de comprendre les adolescents de son âge et leur intention. Il fallait pour ça que ça soit devant ces yeux pour qu’elle le perçoive clairement, un peu comme quand Llew l’avait entrainé dans sa chambre. C’était des signes que même elle, ne pouvait pas rater. Il fallait que ça soit évident, et pour elle, ça ne l’était pas toujours. N’importe quelle adolescente de son âge, aurait compris le geste d’Isaac. Sauf elle. Elle n’y voyait aucune malice. Juste un mouvement déplacé. D’ailleurs, il semblait lui donner raison. La conversation reprit une tournure plus polie, s’orientant très naturellement sur le Quidditch. S’il avait eu autre chose en tête, n’aurait-il pas continué ses gestes déplacés après tout ? Comme nous le disions plus haut, Mary était incapable de comprendre la psychologie d’un adolescent. En particulier quand leurs hormones sont en action. L’ironie de la situation ne lui aurait pas échappé, si elle avait été en mesure de comprendre les intentions de son camarade. Après tout, elle –même vivait cette période trouble de l’adolescence qui poussait à tout expérimenter, et faire des choses qu’on ne se serrait jamais cru faire. Comme coucher avec quelqu’un qu’elle connaissait à peine si on y réfléchissait bien. Elle rougissait rien qu’en y repensant, sans regretter son acte pour autant. Dieu merci, à présent que le moment embarrassant avec Isaac était passé. Elle pouvait se permettre de se détendre de nouveau, et apprécier un tant soit peu la conversation.

On pouvait arguer que discuter des mérites d’un balai de Quidditch par rapport à un autre, n’était pas la discussion la plus passionnante que l’on pouvait avoir. Du point de vue de la jeune fille, c’était toujours mieux que de parler du cours de Politique Internationale ou des vertus des plantes qu’ils étudiaient en Botanique. Son balai était un bon engin. De bonne qualité, fiable, parfait pour les débutants aussi bien que pour les joueurs plus aguerris. En réalité, c’était une honte qu’avec un si bon balai, elle ne prenne pas la peine de voler plus souvent. Isaac semblait d’accord avec elle et lui en fit la remarque. Elle jeta un œil à son balai. C’était un tout autre modèle, bien plus cher et bien plus performant. En bon représentant de la famille Bedan, il y avait ce qu’il y avait de plus couteux et de meilleur. Elle s’était toujours demandé quelle sensation on pouvait éprouver sur un balai aussi rapide et puissant. Ca devait être grisant. Elle lui en fit la remarque :

« Ca doit être génial d’avoir un balai aussi rapide. J’aurais adoré pouvoir l’essayer. », Elle ne pouvait pas savoir, en prononçant ses paroles, qu’Isaac avait envisagé de lui proposer d’essayer son Eclair de feu dans un tout autre contexte. Après tout, ils ne parlaient pas du même balai. Elle continua sur sa lancée sans se douter un seul instant des pensées qui avait pu traverser la tête du vicieux petit Serpentard. « Je volerais bien plus souvent, mais seule, je me lasse vite. »

Force était de constaté qu’elle avait peu de connaissance à Poudlard, encore moins d’amis ; dont très peu étaient enclin à voler. Ce n’était pas un sujet qu’elle avait envie d’aborder à haute voix. Même si c’était un lieu commun pour l’ensemble de l’école, dire tout haut qu’elle comptait ses amis sur les doigts des deux mains, avait quelque chose d’embarrassant. La jeune fille fut heureuse et un peu embarrassée qu’il se confie à elle. Chacun ses propres moyens d’oublier ses peines. Après tout, c’était très probablement à ça qu’il faisait référence. Pour Mary, il n’existait pas d’oubli possible. Seulement l’acceptation pour l’humour. Le sarcasme et le cynisme était souvent, pour elle, une arme qui lui permettait de mieux supporter ces peines et ces déceptions. Elle admettait que le sexe semblait un bon remède également pour s’évader si on lui en avait parlé, mais elle n’était pas assez expérimenter dans le domaine pour y penser un seul instant. Elle ne sut donc pas réellement quoi lui répondre. Sa proposition de se lever pour marcher un peu tomba donc à pic pour la délivrée d’un silence qui aurait pu être gênant. Elle accepta avec empressement :

« Non pas du tout, allons-y, je commence à avoir froid aussi. »

Elle se leva à sa suite, et le suivit pendant qu’il descendait les gradins. La langue de plomb leur emboîta le pas. Mary était tellement habituée à l’avoir sur ses talons qu’elle ne le remarqua même pas. Il était là à tout les instants après tout, c’était comme avoir une seconde ombre. Il était tout aussi silencieux et tout aussi inutile mais particulièrement plus dangereux. Ils marchèrent à silence se dirigeant vers le lac. L’absence de bruit ne l’avait jamais dérangé, même dans une conversation. Il lui semblait que deux personnes pouvaient très bien passer un moment de parfaite compréhension sans avoir besoin d’échanger le moindre mot. C’était une vision idyllique des choses que peu partageait. Elle savait que les silences étaient socialement mal vus et considérés comme fâcheux par une majorité de la population. Isaac ne devait pas faire exception à la règle puisqu’il brise le silence en premier pour lui faire part d’un lieu commun. Elle n’avait jamais prêté attention au lac en lui-même. Pour elle, c’était simplement un endroit agréable où il faisait bon se poser en été. Néanmoins, puisqu’il lui en parlait, elle se tourna dans la direction indiquée pour observer ce qu’il lui pointait du doigt.

« Non, je ne … »

A peine eut-elle tourné la tête et amorcé un semblant de réponse qu’elle sentit une main se poser sur ses fesses. Le rouge lui monta encore une fois aux joues. Une fois était excusable, la seconde était de trop. Elle se sentait gênée, mais aussi probablement pour la première fois depuis longtemps fâchée. Mary était rarement en colère, c’était une fille d’une patience rare, mais il s’avérait que parfois, même sa patience avait des limites. C’était également quelqu’un de droit et se laisser faire dans la situation présente était inadmissible à ses yeux. Elle se retourna vivement, le fusillant du regard. Sans qu’elle sache vraiment comment – il semblait que sa main agisse sans son consentement – elle le frappa au visage le plus fort qu’elle put, tout en déclarant :

« Mais tu es complètement cinglé ma parole. », assenât-elle en détachant clairement tout les mots pour y mettre plus de force.

Une autre jeune fille aurait probablement continué à chapitrer Isaac pendant des heures mais pas Mary. Elle recula mettant une distance entre elle et lui, et porta la main à sa bouche en murmurant :

« Oh Seigneur… »

Mary n’avait jamais frappé quelqu’un. Ce n’était pas son genre, elle estimait qu’on ne réglait rien par la violence. Elle n’avait d’ailleurs jamais voulu frapper quelqu’un, elle ne savait pas ce qui lui avait pris. Effrayée par elle-même, et probablement par la réaction d’Isaac qui n’allait pas se faire attendre ; elle fit volte face et s’en fut en direction du château le plus rapidement possible, Stuart toujours sur ses talons. Il fallait qu’elle mette une distance raisonnable entre lui et elle. En passant les portes du château, elle en vint à la conclusion qu’elle n’était vraiment pas faite pour les relations humaines.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur





Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé]

Revenir en haut Aller en bas

Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? (PV Mary) [Terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POUDNOIR :: 

Détente

 :: Archives :: PN origins :: Poudlard
-