POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Except when a bear is chasing you || Ariana

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Wayland Witcher


MessageSujet: Re: Except when a bear is chasing you || Ariana Lun 23 Déc - 18:21


Vouloir finir lui-même était sans doute un pauvre sursaut d’orgueil, rien de plus. Lorsqu’ils étaient ensemble, Wayland pensait que ça resterait comme ça pour toujours. Quand Ariana l’avait quitté, il avait essayé de faire semblant. De dire que tout allait bien. De faire illusion. Il s’était dit qu’il s’en fichait, qu’il s’en sortirait, peut-être d’une manière moins heureuse, moins grandiose, mais plus sure. Mais même ça, il ne pouvait pas s’en convaincre lui-même. Il se foutait d’absolument tout, il voulait juste qu’elle revienne. Il s’en fichait si tout ce qu’il y avait de plus solide tournait à la poussière dans l'air. Il était assez difficile pour Wayland de renoncer, surtout si on ne lui laissait même pas la chance d’essayer. Ce n’était pas juste. Mais c’était ainsi. Il ne pouvait rien y faire. Elle décidait, il ne pouvait que plier, enfin, normalement, logiquement, comme il le faisait d’habitude. Par moment, Ariana avait la même force diaboliquement irrésistible que la chance – ou l’absence de chance – que Way vénérait tant et qui l’entrainait irrémédiablement vers les plus grandes joies ou les plus grandes débâcles. Parfois il détestait cela. Il détestait ce monde fixe : dès qu’il se posait quelque part, il semblait au Serdaigle qu’on voulait le chasser et le faire disparaitre. En ces instants, il ne voulait qu’une chose, s’en aller. Il n’aurait pas du revenir en Angleterre, mais Salem aussi semblait le chasser et il ne voulait pas rester aux States. Il voulait la route. Point. Les routes éventées étaient les plus belles, le soleil déclinait peu à peu, laissant place à un temps gris, un ciel de plomb fait pour la neige et la douleur s'installait, de plus belle, terrible et dure. Il ne pouvait pas lutter. C’était vrai aussi, Ariana ne lui avait pas fait de promesses. Elle n’avait sans doute pas menti : tous ceux qui promettaient l’éternité ne pouvaient réellement l’offrir. Seulement, lui, il avait voulu y croire. L’insulte qui lui adressa le fit presque sourire. Non, il n’était pas un connard, mais bien un imbécile. Celui qui croyait, celui qui n’y croyait pas ? Oui, il avait cru, et c’était fait avoir. Il repartit à grands pas sans même répondre, sans rien dire. De dos, il pouvait passer pour glacial, mais si Ariana avait vu l’air qu’il avait, elle en aurait rit, car Wayland avait à ce moment là la pire tête de chien battu qui soit au monde. Il murmura pour lui-même :

« Idiot, imbécile, crétin. Tu n’as donc toujours pas compris qu’aucune, absolument aucune femme ne peut te sauver ? »

Mais le sauver de quoi au fait ? De l’amour, auquel il ne croyait pas tant que ça et qui ne faisait que le détruire ? Il ne croyait pas dans les autres, tout simplement, mais il en avait besoin. Ce monde si lâche et si incompréhensible, il le détestait franchement. Il devait bien être le seul à réellement apprécier la vie. Les autres cherchaient absolument un but, et à être éternel. Mais tout ce qu’on connaissait du but, finalement, c’était la distance. Tout ce qu’ils savaient dans ce monde, c’est qu’ils luttaient. Il fallait se battre pour vivre oui, et ça faisait mal. Mais il n’avait pas encore tout perdu. Allons, songea-t-il, sa vie était un film. Bienvenue dans mon road-movie, ouais. C’était à pleurer. Mais classe. C'est si cool d'être si lamentable…il était bien le seul à penser ainsi. De ses buts – vivre, être puriste, servir sa famille, les voyages, - il ne connaissait finalement rien. Wayland ne savait pas s'il les atteindrait ou non. Il savait juste qu'un coup il s'éloignait, un coup il se rapprochait. Il s'en foutait. La plupart du temps. Pas ici. Ici, ça faisait juste mal. A un point inimaginable.

Le pire, c'est qu'elle devait s'en foutre. D'une certaine manière, Wayland approuvait. Lorsqu'il voyait à quel point tout ça le ravageait, toute cette colère, il en venait presque à souhaiter pouvoir être indifférent. Etre comme tout le monde. Aller vite, se foutre de tout, penser rationnellement, logiquement, cyniquement. Il n'arrivait pas à penser rationnellement : l'imagination prenait depuis longtemps le pouvoir chez Wayland Witcher, d'une manière dont il se foutait complètement parce qu'il adorait ça. Mais ça le mettait de facto en marge du monde, car les gens ne comprenaient pas ce qu'il voulait. Et lui ne comprenait pas les gens.

Il n'avait envie de rien, juste de se renfermer dans cette chambre, de dormir, peut-être, d'oublier, surtout.

« Très classe. Je t'ai jamais vu dire autant de saloperies en aussi peu de phrases – surtout envers quelqu'un que tu aimes bien. »

Il ne se retourna même pas pour répondre à sa sœur et lâcha simplement un « la ferme, Jill » des plus glacials, avant de lui claquer la porte au nez. Quelques instant plus tard, elle ouvrait grand la porte et entra dans sa chambre. Il leva les yeux vers elle d'un air excédé :

« Quoi encore ? Tu vas pas...
-Quelqu'un vient de faire sauter la grille de la porte Est. Je pense que le type qui a fait ça nous veut pas de bien. Je sais pas où est Mike. Et Ariana n'est pas sortie du domaine.  »

Wayland regarda sa sœur avec de grands yeux avant de se ressaisir. Il reprit son manteau et sortit dans le couloir, saisissant les clés de sa propre voiture, Jill sur ses talons. Ici, il n'y avait pas son père, ni Mike. Il avait vu Eagle dans l'après-midi, mais pas depuis, et il ne savait pas ce qu'il devenait. Il devenait donc l'autorité par défaut ; surtout avec Jill, qui se rangeait facilement à son avis :

« Retrouve moi Mike, explique lui ce qu'il se passe. Si tu le trouve pas, contacte le Ministère. Maman doit y être ; où sinon, Crow. Dans le pire des cas, Mulciber lui même.
-Et toi, tu vas faire quoi ? »

Il la regarda un peu tristement en ouvrant la porte de l'entrée.

« La plus grosse connerie de ma vie, pourquoi ? »

Ca, c'était sur, c'était un plan foireux. Mais Wayland ne proposait jamais que des plans foireux, alors ça ne changeait rien, ou presque. Il démarra en trombe la voiture. La neige continua à tomber dru : en désespoir de cause, il alluma les phares, assez tôt pour voir la grille, tomber à terre, un éclair dans la nuit, un homme. Il jura entre ses dents lorsque le sort atteignit Ariana. Tournant le volant à fond, il s'arrêta entre elle et l'homme, barrant le chemin au type. Il ouvrit la porte de droite – pour une fois les volants à l'anglaise servaient – du coté d'Ariana, et descendit. Il ignorait complétement l'homme, s'intéressant uniquement au sort de la Serpentard. Sans brutalité, il la releva en ordonnant :

« Monte. »

Il lui couvrit les épaules de son manteau d'un geste rapide, observa du même coup que mis à part quelques blessures superficielles elle allait bien – malgré un état de choc certain. Il continua :

« Je reviens te chercher. Reste dans la voiture. »

C'était en partie un mensonge. Il n'avait pas réfléchi jusqu'à là, maintenant, il le faisait. Ca devait être un résistant. Un sale type. Qui s'en prenait aux femmes, à des personnes aussi jeunes saufs les salauds ? Un malade. Juste avant, il n'avait pas peur. Mais maintenant oui. Mais il avait toujours eu peur quand il arrivait quelque chose de grave, car tout pouvait basculer. Il ne réussit pas à sourire. Ni même à fanfaronner. Il fit lentement le tour de la voiture pour observer l'homme. Il pouvait décider de le tuer. Oui mais voilà, il ne pouvait pas rester sans rien faire. Ni laisser Ariana se faire tuer. Il parla d'une voix blanche :

« Je crains que non. Pas après ce que vous avez fait. »

Il leva la main, et attaqua à son tour. Se souvenir des cours qu'il avait eu. Il le fallait. Le diffindo fila et traça une balafre sanglante en plein visage de l'homme. Wayland se demanda si c'était une bonne idée. Il allait être encore plus être en colère. Il  brulait d'envie de fuir. Mais par un miracle inconnu, il tenait.

Il n'avait pas le choix.
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MessageSujet: Re: Except when a bear is chasing you || Ariana Ven 3 Jan - 15:01


Tu penses que les gens en ont assez des chansons d'amour stupides. Moi je regarde le monde, et je me dis que ce n'est pas vrai. Il y a des gens qui voient le monde comme une chanson d'amour stupide, et qu'est-ce qu'il y a de mal à ça ? J'ai besoin de savoir, parce que je crois que je vais encore m'embarquer là-dedans...Le froid lui faisait dire à peu près n'importe quoi, il fallait croire. Benjamin se moquait de tout ça, de toutes les histoires d'amour, du moins le croyait-il. Comme d'habitude, il essayait de se mettre à niveau d'un monde affreux, qui essayait de le détruire, mais sans vraiment en être capable. Ce monde ci était une blague, une sinistre plaisanterie qu'il détestait, et qui supprimait toute forme de sentiments pour ne laisser que la haine, et la colère. Benjamin songeait à quelques ilots de paix qu'il avait pu conserver, garder tout au fond de lui même, et mais il n'en restait pas moins que la haine dominait tout. Nous sommes prisonniers de nos âmes. Tout le monde cherche quelqu'un à aimer, quelqu'un qu'on apaise, quelqu'un qui nous apaise, et si on trouve, on le perd, où il nous perd, et cela on ne peut le supporter, cela ne fait que donner de la colère. L'amour était quelque chose de fini, de dépassé, et lui même le savait. Il détruisait et savait qu'il devait en faire abstraction, mais l'amour se survivait à lui même et continuait à courir librement dans ce monde. Il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou non. Car d'un coté, cela lui permettait de ne pas perdre espoir, de voir que tout le monde ne finissait pas comme lui, seul, perdu, à la recherche d'une histoire impossible qui constituait un de ses seuls réconforts. Mais de l'autre, Benjamin le savait, toutes les histoires d'amour patissaient de la guerre. Il allait sans doute en briser une aujourd'hui. Ou tuer deux gosses.

Quelle blague. Lorsqu'il était jeune, pouvait-il imaginer qu'il en arriverait là ? Je rêvais de gloire et de grandeur, d'une vie intelligente et logique, pour qu'à ma mort on puisse dire « celui là aura bien vécu » et qu'on m'oublie paisiblement, une vie des plus ordinaires, des plus droites, et des plus simple. Voilà qu'aujourd'hui tous ses rêves avaient volé en éclat et Benjamin ne reconnaissait plus rien de ce qu'il avait été. Il savait qui il était auparavant, mais savait aussi qu'il avait tellement changé qu'il était quasiment impossible de dire qu'il était la même personne. Même voix, même sourire, même cynisme, mais sinon rien n'est pareil. Tout est mort et ce qui a survécu ne vaut pas la peine d'être mentionné. Parfois il se faisait honte lui même de ce qu'il devenait, mais Limonkov n'était pas un homme à regretter le passé, il ne referait pas le chemin à l'envers et s'il devait changer sa vie, il n'y ajouterait, ni modifierait, ni retirerait rien. Je suis ce que je suis, mais maintenant je sais ce que la vie contient. Crime et folie et révolte et courage. Il n'aurait vu que le crime et la folie en restant chez les mangemorts, Ben savait à présent ce qu'il y avait de réel dans la vie. Cela ne le concernait pas, cette union, ces regards solides et qui ne flanchaient pas, parce qu'il y avait une union, une union entre les hommes, mais il en était le défenseur, lui qui ne faisait que regarder. Cette pensée lui arrachait malgré lui un sourire. Ce qu'il aimait était mort, ou presque inaccessible, mais l'amour survivait chez certains autres, et c'était ces autres qu'il se devait de défendre.

Mais lorsque les autres étaient des ennemis ? Et des gamins ? Que devait-il faire ? Pour la première fois depuis longtemps, Benjamin souhaita ne jamais être venu là. Mais il était foutrement incapable de changer le destin, malgré toute la colère et la tristesse qui l'animait. Mais je n'ai pas le choix. Personne ne me laisse le choix. Il faut bien en tuer quelques uns pour en sauver des milliers. Cette pensée là ne lui faisait pas peur. Il l'assumerait. Mais c'était moche. Mourir jeune. Tant pis.

Il observa le gamin d'un air calme. Ca devait être sa copine, oui...Il était grand, ce con, aussi grand que Limonkov, et semblait bien décidé à faire face. Il ressemblait un peu à Llewelyn, qui ne devait pourtant qu'être pour lui un cousin éloigné. Il avait peur. Ca se voyait. Mais il restait là. Benjamin aurait presque souhaité qu'il fuit, mais ce ne fut pas le cas, au contraire. Il pensait avoir le dessus facilement, ce ne fut pas tout à fait le cas. Il ne para pas assez vite, et le sort du gamin eut le temps de l'atteindre, pas assez pour le faire réellement flancher ou lui faire du mal, mais assez pour tailler une jolie balafre en plein visage. Mais Benjamin gardait l'avantage, il ne fallait pas rêver. Il murmura une formule démonique – il détestait informuler – et un large arc de cercle, brillant d'une lumière grisatre et sinistre, acéré comme un cimeterre, apparut. Ses pointes s'enfoncèrent droit dans le corps du gosse, défonçant un genou et la cage thoracique. Il s'écroula à terre. Il allait sans doute mourir. Benjamin secoua la tête, désolé :

« C'est beau, le courage, mais ça ne sauve pas plus la mort que l'amour. »

Il fit le tour de la voiture. La gamine était complètement sonnée, et ce serait un jeu d'enfant de la buter...mais ce ne fut pas le cas. Il leva la tête. Du bruit. Ca venait du manoir. Ils sont plusieurs. Trop tard. C'était un mauvais plan. Il fallait fuir. Et vite. Ce qu'il fit.

Un gamin de mort. Bon dieu. Bon dieu. Il n'allait pas s'en remettre.
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MessageSujet: Re: Except when a bear is chasing you || Ariana Ven 3 Jan - 18:52

La douleur. Ce fut la seule chose qu'il sentit. Une douleur pure, explosive, qu'il ne pouvait pas controler. Wayland ne savait plus rien sinon qu'il avait mal et pendant un instant ce fut tout ce qu'il fut capable de se dire. Puis le flot de sang remonta jusqu'à sa gorge, et se déversa hors de lui. Etrangement, de manière lucide, il se vit à l'extérieur de lui même et se dit qu'il n'avait jamais eu l'air aussi ridicule. Ses jambes lui semblèrent très faibles, et de fait, elles ne le portaient plus. Il se dit qu'il serait bien plus facile de se laisser aller, et il finit par tomber. Il allait mourir. Cette pensée lui vint d'un coup, et là, il regretta pour la première fois de sa vie. Vraiment, Way n'imaginait pas mourir comme ça. Jeune, oui, sans doute, et cela ne le dérangeait même pas vraiment, mais en ayant mal de cette façon là. Une mort rapide et efficace, il aurait adoré. Mais la lente agonie, dans le froid glacial de la cote nord-est de l'Angleterre, non, cela ne lui convenait pas. Puis ce connard allait tuer Ariana aussi. Et il ne se serait même pas réconcilié avec elle. Wayland Witcher ne croyait pas foncièrement en Dieu, et encore moins au paradis. Ils ne se retrouveraient pas de l'autre coté, non, ils allaient juste mourir et ce serait la fin. Toute cette neige, en plus, qu'est-ce qu'il avait froid. Il lui semblait très lointain le temps où il causait avec Jill de son couple, très lointaine la colère contre Ariana, et Mike. Tout s'effaçait progressivement dans la mémoire de Wayland et il se sentait lâcher prise. Il ne paniquait pas mais il avait une certaine amertume. Et voilà que l'autre se moquait de lui. Il n'eut même pas la force de répliquer, à vrai dire, il n'avait plus la force de rien.

Tout cette histoire lui semblait futile. Wayland n'était pas quelqu'un porté sur le passé, bien qu'il jugea qu'il influençait perpétuellement la vie des gens, mais pour la première fois de sa vie il voulait revenir en arrière, et effacer le temps. Changer cette dispute avec Ariana, la retenir, s'excuser, n'importe quoi, mais ne pas mourir ici, et ne pas la perdre, car tout ça était illogique au possible, monstrueusement futile, contraire à toute l'imagination, et toute la raison que Way développait. Il aurait pu s'en sortir...n'avait-il pas dit à Jill de chercher Mike ? Non ? Il ne se souvenait plus. Il tenta de ramper, de faire quelque chose. La triomphe de la volonté, il y croyait, mais ici, ça ne fonctionnait pas, et bouger lui faisait mal. Il en était incapable, il était trop fatigué. Il sentit quelqu'un qui passait, et puis des cris, quelque chose. Des gens venaient, oui. Mike. Il reconnaissait cette voix. Il y a peu de temps, il l'aurait cogné, là, il était content de le voir, vraiment. Il se redressa au prix d'un effort suprême, dérapa, se raccrocha à la voiture. A ce moment là, quelqu'un l'atteignit. Mike...ou Eagle ? Non, Mike. C'était fini. Il entendit le chef de l'Ordre Nouveau parler brièvement, de ce ton si décidé qui le caractérisait :

« Eagle, emmène Wayland à la maison. Ariana, venez, vous rentrez aussi. Jill va vous accompagner. Eagle, tu vois comment tu t'organises, je pars voir s'il est toujours dans le coin. Après j'irais signaler à Crow ce qu'il s'est passé, voir Malone et puis Wiltord. Il faut qu'ils soient au courant. »

Le directeur du département de l'Ordre Nouveau se fondit dans la neige. Way ne le vit plus très distinctement rapidement. Il entendit Eagle, le demi-frère de Mike, prononcer des paroles rassurantes et le laissa le guider jusqu'au château. Il titubait, et il était incapable de comprendre quoi que ce soit. Il n'arrivait pas même à réaliser qu'il était sauvé, ça lui semblait étrange, comme si ce n'était pas à lui que ça arrivait.

Il était extrêmement faible. En revanche, il savait qu'Eagle connaissait son boulot. Victor Witcher, le bâtard, le portrait craché de Mike, restait un excellent guérisseur. Il commença par lui donner un puissant anesthésiant. Wayland continuait cependant à cracher du sang. L'autre triturait sa jambe, ses cotes, mais il ne sentait rien. Le guérisseur prononça quelques sorts, et avec une certaine curiosité, Way sentit la cote qui devait s'être enfoncée dans son poumon se remettre en place avec un mouvement spongieux. Victor l'informa ensuite que du sang s'était accumulé dans le poumon droit, qu'il avait remis en place les cotes. Il faudrait du temps avant qu'il n'aie plus mal, et il continuerait à cracher du sang. En aucun cas, il ne devait trop bouger. La plaie, elle, se refermerait normalement. Pour le genou...il faudra des béquilles, il n'allait pas repousser, donc pas de pousoss, mais bien des béquilles et une attelle. Attelle qu'il devrait garder pendant toutes les vacances, et ensuite seulement les béquilles. Magnifique. Confusément, Wayland sentit qu'il allait adorer. Immobile, limité dans ses mouvements, formidable. Il voulut parler, mais n'en avait pas la force. Il but en silence la potion pour dormir que Eagle lui donna.

Le guérisseur partit ensuite s'occuper d'Ariana. Wayland s'endormit peu à peu. Le bruit d'une porte qui s'ouvre et qui se referme ne le réveilla pas du tout. Il dormait sans se rappeler de rien. Ni de ce qu'il s'était passé, ni de pourquoi il était là. Il avait arrêté, au moins pour un temps, de cracher du sang, et il ne se sentait pas trop mal.

Lorsqu'il se réveilla, la première chose dont il prit conscience fut le plafond, blanc, puis le lit, beige. Il tourna la tête sur la gauche, vers la rangée de fenêtres qui donnaient sur la mer, puis sur la bibliothèque qui courait le long du mur. Partout où il allait, il trainait ses bouquins, romans, politiques, tous, et au fil du temps, dans toutes les demeures Witcher, la collection s'était agrandie. Finalement, son regard tomba sur Ariana. Elle avait l'air de s'être endormie en attendant qu'il se réveille. Il sourit et tendit la main pour prendre la sienne. Cela lui fit mal. Mais il n'en montra rien et se contenta de dire :

« Je me demandais si tu resterais. Est-ce que ça va, pour toi ? »


De manière étrange, son état à lui lui semblait secondaire. Curieux, ce que l'amour créait comme sentiment.

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Ariana Bedan


MessageSujet: Re: Except when a bear is chasing you || Ariana Sam 4 Jan - 20:33

Tout allait trop vite. Elle n'eut pas le temps de comprendre la situation que déjà elle se retrouvait expulsée en arrière. Elle tomba lourdement au sol, son écharpe en laine épaisse se détacha de son cou, s'étalant dans la neige. Ses cheveux, d’habitude impeccablement bien rangés et coiffés, retrouvèrent une nouvelle liberté, celle de virevolter au gré du vent. Elle ferma les yeux, semblait-il, un instant, mais tout ceci ne fut qu'éternité. Étalée dans la fraîcheur mordante de la neige, elle ne bougeait plus. Elle ne pensait même pas. Elle était incapable de tout, elle était totalement sonnée. Elle ne savait ni qui elle était, ni où elle se trouvait. Allez donc lui demander ce qu'elle foutait là, allongée sur le sol glacé. Pire, elle ne savait plus comment se relever. Du moins elle en était incapable. Peu à peu les ténèbres la prirent, elle sombra peu à peu dans un état semi-conscient dans lequel elle resta jusqu'à ce que Wayland la prenne et la place à l'avant de la voiture, côté passager. Elle ne prononça pas un mot. Sa tête se balançait de droite, à gauche, sans aucune logique, sinon celle de la gravité à laquelle elle était entièrement soumise sans force contraire. Elle lutta pour préserver un maximum de lucidité, mais le mal était trop grand. Elle sombra dans l'inconscience la plus totale. Combien de temps ? Elle aurait juré des heures, des mois, des années, des siècles.

Elle revoyait Krakendor. La grande bâtisse magnifique, belle et élégante, puissante et imposante, se dresser dans le ciel face à elle. Elle qui n'était qu'un élément du décor immense dans lequel était plongé le fief historique et familial des Bedan. Elle vouait un culte à ce lieu. Plus qu'à toute autre entité, vivante ou amorphe, du monde. Krakendor Castle était la représentation matérielle de toute sa vie, maigre et courte à vrai dire, et elle ne pouvait simplement pas s'en détacher. Oh ! Eris Valverde menait une véritable campagne contre l'amour d'Ariana envers sa famille et ce qu'elle tirait de son nom de famille, et il avait parfaitement raison d'agir ainsi. Cependant, tout aussi puissant et convainquant fut-il, jamais il ne pouvait espérer parvenir à éradiquer cette fierté d'être une Bedan chez les jeune femme. Elle en tirait une espèce d'assurance si pure et spontanée qu'elle en dépendait presque. Elle regarda derrière elle, le jardin, immense, s'étendait à ses pieds et s'enfonçait, au fond, dans une forêt artificielle reprenant le style des jardins à l'anglaise, romantique à souhait et plongé dans un bordel naturel de toute beauté. Elle n'y allait que très rarement, et pourtant, à cet instant, elle ressentait l'envie de s'y plonger. Elle était attiré par ce lieu à cet instant précis. Elle ne pouvait pas dire pourquoi en fait. Jamais elle n'avait été particulièrement intéressée par le fin fond du domaine de Krakendor. Un pas après l'autre elle s'éloigna de la bâtisse pour pénétrer dans l'arrière domaine. Elle vira, à droite, à gauche, jusqu'à se perdre. Les branches inquiétantes se dressaient au-dessus d'elle. Perdue. Elle était perdue. Perdue à Krakendor. Quelle mascarade ! Ariana souffla avant de continuer à chercher la sortie. Elle comprenait pourquoi elle n'avait jamais voulu venir ici, seule. La nature semblait se refermer sur elle, aucune sortie. La voie est close. La voie est close. Plus elle cherchait et plus cette phrase semblait résonner dans son esprit. Comme si l'on ne s'arrêtait jamais de la narrer. Encore et encore, jusqu'à ce que la mort la prenne, elle, la pauvre gamine de dix-sept ans. La panique la prit. Elle hurla, plus fort, et plus fort encore. Des larmes coulèrent, elle avait peur, affreusement peur. Elle se retourna soudainement, et l'Ombre était là. Menaçante et fière. Elle pointa son doigt allongé sur elle, sa voix virile, forte, inquiétante s'éleva dans le ciel. Ariana chuta à terre.

-Ce n'est rien de mourir.

Puis tout redevint rapide. On la prenait par les épaules, on la faisait descendre de la voiture d'un geste habile, puis on la remettait dans les bras plus doux d'une jeune femme qu'elle connaissait. Jill Witcher. Où était-elle ?

-Jill?

L'autre la caressa sur la joue avant de l'entraîner vers le manoir familial qui lui revenait de droit à elle, et à sa famille. Tout lui revint en tête. Mike, puis l'étranger, l'Ombre. Et Wayland. Wayland, merde, où était-il ? Elle se retourna vivement, analysant tous les détails. Eagle, du moins semblait-il s'appeler ainsi, était accroupi, Wayland à terre. Elle se dégagea de Jill d'un geste brusque, l'autre héla tandis qu'Ariana se ruait sur Wayland. On la retint d'un geste simple mais puissant. Un homme qu'elle ne reconnut pas.

-Lâchez moi espèce de petit imbécile ! Vous ne savez pas à qui vous coupez le passage!

L'autre ne semblait rien entendre. Il la repoussa et Jill la reprit dans ses bras tout en la tirant légèrement vers le manoir. A bout de force, Ariana perdit espoir de pouvoir se jeter sur Wayland.

-Je vais vous réduire à n... Wayland... Je...

Elle sombra de nouveau dans un état de somnolence tandis qu'on l'amenait à l'intérieur du manoir. Jill, après de nombreux efforts, s'efforça de la monter à l'étage où elle fut déposer dans un grand lit d'un confort rarement égalé après que l'on se soit occupé de la déshabiller. Le sommeil la prit tout autant que l'état de convalescence et elle ne se réveilla que plusieurs heures plus tard lorsqu'un guérisseur l’auscultait. Elle n'avait aucune force, et ne prit pas la peine de l'insulter comme elle en aurait eu envie – Ariana malade était déjà capricieuse, mais blessée, c'était une boule de haine ambulante. Elle ne tint pas longtemps éveiller, le guérisseur lui administrait un nombre incalculable de potion à ses yeux (au moins deux, au maximum cinq en vérité) et elle replongea dans un sommeil profond assez rapidement.

Le réveil fut plus agréable. Elle ouvrit les yeux lentement, croyant avoir mal à la tête alors que ce n'était qu’illusoire. Le plafond blanc éclairé par le soleil criant de l'hiver l'éblouissait, elle déporta son regard à gauche, puis à droite avant de se redresser lentement. Elle était seule, la chambre était déserte sinon une grande armoire doté d'une épaisse glace face à elle, à l'autre bout de la pièce. Elle passa sa main dans ses cheveux, et quitta le lit. Elle rejoignit la salle de bain, fit couler l'eau des robinets magiques, et s'installa confortablement au fond du bain moussant. Elle y resta une bonne demie-heure avant de se décider de sortir et de s'habiller péniblement. Elle était courbaturée des bras et les lever lui semblait être une peine immense. On pénétra dans la chambre alors qu'elle finissait d'enfiler un tee-shirt. Ses jambes étaient nues, seule sa culotte cachait son intimité. D'un regard nonchalant elle remarqua que ce n'était que Jill, et ne prit pas la peine de cacher le reste de son corps.

-Tu es réveillée!
-Oui.
-Comment tu te sens ?
-J'en sais trop rien. Bien physiquement. Mal psychologiquement je suppose.
-Normal... tu veux quelque chose à manger?
-Non, ça va aller Jill.
-Bon... très bien. Ton père est venu te voir, mais il n'a pas pu rester toute la nuit, il avait des affaires urgentes à régler aujourd'hui et du coup, il voulait avoir le temps de voir avec Mike concernant l'agression.
-D'accord.
-Si jamais il te prenait l'envie d'aller voir Wayland, il est au bout du couloir, dans sa chambre.

Elle ne répondit pas, simplement car il n'y avait rien à répondre. Avait-elle envie ? Voilà quelle était la véritable question à poser. L'envie. C'était une chose si instable chez la Serpentard qu'elle-même n'aurait su répondre justement. Un jour elle aurait dit oui, un jour, non. Aujourd'hui, elle ne savait pas. Jill quitta la pièce, la laissant seule avec sa conscience. Elle finissait de s'habiller lorsqu'elle prit son courage à deux mains et d'aller voir celui qui lui avait sauvé la vie, indiscutablement, et qu'elle avait réduit au rang de moins que rien, verbalement du moins, quelques semaines auparavant. Ça la foutait mal mine de rien. Elle avança le long du couloir, longea de près le mur. Elle était une ombre, discrète et silencieuse. Elle poussa doucement la porte pour découvrir le cousin de Mike étendu dans son lit, dans un sommeil profond. Elle s'installa dans un siège qu'elle venait de déplacer et l'observa un long moment avant de s'assoupir. Elle ne reprit conscience qu'une heure ou deux plus tard. Elle souffla, qu'est-ce que ça pouvait être barbant d'attendre péniblement que quelqu'un se réveille d'une convalescence.

Finalement, il ouvrit lentement les yeux. Elle n'émit aucun sourire, aucune satisfaction. Elle restait stoïque devant le réveil de son sauveur. Elle semblait même distante. Il semblait perdu dans la pièce jusqu'au moment où il tomba sur elle. Sa main se prit dans celle de la jeune femme et sa voix, trahissant la douleur que cela lui provoquait s'éleva. Elle ne dit rien tout d'abord. Puis, sans prévenir, sa main droite s'abattit sur la joue du garçon. Son regard était presque méchant.

-La prochaine fois, Wayland Witcher, que tu oses me sauver la vie, je te jure que je te tue, espèce de petit crétin inconscient.

On aurait pu croire à un geste ingrat, proprement irrespectueux – et venant d'elle rien n'aurait été plus normal en vérité – mais elle plongea sur lui, l'embrassant, pour le coup, passionnément.

-J'ai eu si peur, plus jamais, tu m'entends, tu ne refais ça, petit con!

Elle le serra dans ses bras en prenant soin de pas le blesser d'avantage avant de se dégager et de replacer ses cheveux. Si l'on observait attentivement, une larme avait coulé le long de sa joue droite. Elle qui avait juré ne plus jamais pleuré, le pari était raté. Tant pis, elle ne l'avouerait pas à Emma et l'honneur serait sain et sauf. Elle lui prit la main et continua de l'observer agréablement. Aucun des deux ne dit rien, yeux dans les yeux. Finalement, elle se leva, releva la couverture, et se plongea dans le lit en sa compagnie. Sa tête se posa délicatement dans le bras de Wayland, et elle resta là, yeux fermés, presque heureuse – un rien l'aurait fait râler, comme toujours. C'était déjà ça, c'était déjà « presque ».

Mais le mot à retenir aurait été « heureuse ».


Spoiler:
 

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Wayland Witcher


MessageSujet: Re: Except when a bear is chasing you || Ariana Dim 5 Jan - 15:34

[justify]La mort était terrible, disaient la plupart des gens, sans doute parce que la plupart, comme Wayland Witcher, croyaient fermement qu'il n'y avait pas de paradis. Pas de monde meilleur après la mort. Curieux mélange de rationalité, pragmatique, et cynique, et d'une imagination débordante et pleine d'espoir, Way croyait cependant très fermement que le Paradis existait bien, mais dans ce monde ci. Dans un monde parfaitement terrible, normalement, il ne fallait rien attendre de rien, de personne, ni du passé ni de l'avenir. Parfois, on ne savait pas pourquoi, il y avait des moments de grâce. Une aube claire sur la mer, la chaleur de l'été où le bleu de l'océan rivalise d'éclat avec celui du ciel – quelque chose de lointain, qui n'appartenait pas aux hommes. Les paysages qu'il croisait, la route infinie, qui vibrait au loin, en faisait partie, et peut-être cherchait-il à être toujours en partance uniquement pour trouver ces moments de grâce là. La vie était particulièrement dure, particulièrement cynique, et semblait s'acharner à lui enlever les gens qu'il aimait le plus ou à le rendre incompréhensible à leurs yeux. Ce monde cynique ignorait la grâce, la beauté, l'amour. Peut-être à contre-courant, Wayland arrivait encore à le voir, et envisageait le monde avec une certaine bonté, sans être tout à fait capable de le juger. Il avait du mépris pour ces gens qui semblaient toujours le critiquer. Ils étaient aveugles. Même brillants, même dignes d'amour ou d'admiration, ils restaient aveugles. Aussi en méprisait-il la plupart. Ici se confondait son mépris personnel pour un monde auquel il n'appartenait pas, et le mépris du à son rang, à son nom, à un statut naturel qui lui donnait le droit d'être odieux. Mais il avait aussi pitié.  Pitié de ceux qui ne possédaient pas d'imagination. Que leur monde devait être triste. Ils passaient à côté de tant de moments de bonheur pur que c’en était effrayant.

Mais ce genre de détestation du monde, de mépris, et d'une envie formidable de solitude ne durait jamais très longtemps chez Wayland. Il possédait un esprit formidablement optimiste. D'une part, il se disait que s'il pensait comme cela, il y avait forcément d'autres gens qui pensaient comme lui – que le bonheur existait, la conscience, l'amour, l'humour, la façon de regarder le temps s'écouler en silence avec un bonheur grave, de chercher toujours ce qui se trouvait au delà du prochain tournant -  et cela le rendait heureux de savoir qu'il n'était pas seul. Quand bien même il s'agissait de paumés et de junkies, il valait mieux être mal accompagné que seul. Et puis...malgré le cynisme du monde, parfois, il se laissait prendre au piège d'un certain amour. Il y avait là une route sans fin à redécouvrir, car les gens en avaient depuis longtemps perdu la clé, et Wayland se demandait s'ils croyaient encore à l'amour. Sans le savoir, certains se mettaient à aimer, un sourire, voilà tout, et la vie recommençait. Au final, il croyait aussi à son propre amour, bien sincère, cette fois. Et s'il ne trouvait pas de réponse, si on le jugeait stupide, il s'en fichait. Il n'était pas malheureux comme ça, au contraire.

Mais ça ne durait pas, souvent. Tout se brisait, où il brisait tout, par excès de confiance, d'orgueil, par inattention, par imprudence. « N'y a-t-il donc rien que tu ne saches pas faire ? » Lui avait un jour demandé quelqu'un, il ne savait plus qui. « Si. Je n'arrive pas à garder en vie ceux que j'aime. »C'était après la mort d'Anais et c'était dans une de ses crises de déprimes, très passagères, dont il arrivait à se remettre, pourtant. Mais aujourd'hui...il avait conjuré le sort. Oui. Maigre satisfaction, il fallait bien l'avouer, lorsqu'on observait l'état de Wayland, mais cela lui suffisait. Savoir Ariana en vie lui allait. Il espèrait, confusément, qu'elle viendrait le voir. La douleur était telle qu'il ne réfléchissait plus clairement, qu'il lui semblait impossible qu'elle ne le fasse pas, qu'elle ne lui pardonne pas. Dans son état normal, il en aurait très certainement douté, car il connaissait le caractère imprévisible de la jeune fille. Pas fixée sur son monde, ni sur sa manière de pensée à lui, Ariana était toute aussi dure et impitoyable que ce monde-ci. Mais comme ce même monde, il y avait avec elle des instants de grâce. Qui les avait vu, se demanda-t-il confusément, à part lui ?

La douleur devait vraiment le faire délirer. En tout cas, elle ne semblait pas vouloir disparaître. Mais cela semblait un détail mineur. Il reprenait peu à peu ses marques sur son environnement. D'ailleurs, il songea avec une lucidité étonnante qu'il faudrait voir à ranger le bureau, des détails inutiles, pourtant, alors qu'il aurait du se concentrer sur autre chose.

A voir la baffe qu'elle lui asséna, Wayland pouvait douter qu'Ariana lui eut réellement pardonné. Mais il s'en foutait. Si elle était en état de le frapper, elle allait bien, enfin à peu près. Mais finalement, elle, au moins, semblait être passée à un autre stade qu'à leur rancœur due à l'épisode Mary/Mike/vengeance/tromperie/opéra de vaudeville ou de boulevard. Way sourit, d'un sourire douloureux car tous les gestes qu'il pouvait faire lui semblaient tous autant qu'ils étaient lui faisaient mal. Qu'aurait-il pu faire d'autre ? A son avis, c'était la seule chose qu'il lui restait vraiment. Pour elle, même si c'était stupide, ridicule, romantique, mièvre, il n'y aurait rien au monde qu'il n'aurait fait. Il voulut dire quelque chose. Pour ne pas rester en reste, pour prouver qu'il était encore vivant.

« Tu as une drôle de manière de remercie... »

Mais Wayland ne put finir sa phrase. Déjà elle l'embrassait. Il en aurait pleuré, d'un bonheur très simple, presque enfantin, et il prolongea le baiser autant qu'il put, parce qu'il venait de la retrouver. Il avait mal partout, réellement, bien qu'il n'en dit rien, cela lui semblait un détail, et il la serra à son tour dans ses bras. Il enfouit son visage dans le cou de la jeune femme.

« Promis. Je suis désolé de t'avoir fait peur. C'est fini, maintenant. C'est fini. »

A quelques cotes cassées près, mais on n'allait trop rien dire. Il passa une main dans son dos, la serrant un peu plus fort.

Ariana était là, à nouveau. Oublié, donc, Mike, et Mary, et même ce type qui avait failli le tuer. Il ne dit rien. Il ne pouvait rien dire, et resta là, dévorant des yeux la verte et argent en silence. S'il vit ses larmes, il n'en dit rien. Il la laissa s'installer, se sentant las, presque aussi las que s'il n'avait pas dormi. Il la garda, nichée au creux de ses bras, immobile lui même pour ne pas avoir trop mal, ce qui était peine perdue. Il sourit cependant, parla d'une voix basse et douloureuse, un peu lente, bien qu'il ne chercha pas ses mots :

« Tout de même, tu m’ôteras pas de l'esprit que tu as un peu l'amour vache, Ariana Bedan. Parce que frapper quelqu'un dans mon état...»

Il l'embrassa sans lui laisser le temps de répondre. Garder de l'humour malgré la douleur supposait ne pas entendre quelqu'un râler derrière. Et puis ça méritait d'être dit. Il posa un doigt sur sa bouche :

« Chut. Ne dis rien. C'est comme ça que je t'aime. Tu me crois ? »

Ca aussi, ça méritait d'être dit.[justify]
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MessageSujet: Re: Except when a bear is chasing you || Ariana

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Except when a bear is chasing you || Ariana

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