POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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The things that drive men crazy || Ruth

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Benjamin Mulciber


MessageSujet: The things that drive men crazy || Ruth Lun 2 Déc - 10:31


Une soirée comme une autre, sauf qu'elle ne ressemblait à aucune autre. Il fallait être fou pour faire ce que Benjamin Mulciber faisait actuellement, à moins d'être suicidaire, ou totalement inconscient. Limonkov cumulait un peu de tout cela, et sans doute était-ce pour cela qu'il le faisait. Car personne ne comptait sur le fait qu'il allait le faire. Parce qu'en face, eux, manquaient cruellement d'imagination et d'audace. Eh oui, il se moquait tout seul du régime en marchant dans la rue. Le résistant sourit. Aujourd'hui, nous faisons la révolution, demain nous mourrons, et avant ça...Avant ça quoi ? Avant ça, il leur faisait encore un pied de nez, il se fichait encore d'eux, il souriait franchement, provoquant, marchant dans cette petite ville de bord de mer du Norfolk, allant à la rencontre du destin. De son destin. De sa famille. Tom avait tenté de le dissuader de faire ça, mais une fois que Benjamin avait une idée dans la tête, il n'en démordait pas, ou très rarement.

Ainsi, Ben Mulciber frappa avec un grand sourire à la porte de son cousin Daniel, qu'il n'avait pas vu depuis des années. L'autre vivait dans un petit appartement du front de mer, en rez de chaussée. Il ne tarda pas à venir ouvrir, cigarette à la bouche, et le regarda comme s'il voyait un fantôme – ce qui était à peu près le cas.

« Toi ?
-Non, le père Noël. »

Il adorait depuis toujours l'ironie, et cet humour grinçant était véritablement sa marque de fabrique. Sans même lui laisser le temps de faire un geste, Benjamin lui flanqua son poing dans la gueule. Daniel s'écroula en arrière à l'intérieur de l'entrée. L'ancien mangemort enjamba son corps et le souleva par les épaules. Il le traina à l'intérieur et referma la porte à clé derrière lui. Une étape de franchie. Ce que ça a été simple.

Daniel Mulciber, mangemort de son état, à présent général dans l'armée magique anglaise, à trente-deux ans, était autrefois un très bon ami de Benjamin. Ils se ressemblaient énormément, physiquement du moins, ce qu'il avait toujours considéré comme un avantage et qu'il comptait bien utiliser aujourd'hui. Le plan était très simple. Aller chez Daniel, lui piquer un uniforme, se faire passer pour lui à la réception de ce soir. Car on était pendant les vacances de Noël et traditionnellement, John Mulciber, le chef de famille, organisait un repas qui réunissait tout le monde, un grand raout ou tout le monde vaquait à sa guise. Il passerait totalement inaperçu.

Risqué ? Oui, ça, l'est. Mais le risque n'est rien. Après tout, c'était sa famille, qu'ils le veuillent ou non. Malgré tous les soucis qu'il causait, Benjamin tenait profondément à eux. Ses frères lui manquaient. Ses parents aussi. Quoiqu'un peu moins. Il n'en savait rien. Puis il y avait Ruth. Dieu, ça fait si longtemps, et pourtant, j'ai rien oublié. Le silence dans la salle était aussi profond que la nuit. Ben restait immobile, perdu dans ses méditations. Puis brusquement, il se sentit agité. Le cœur lui manqua et il dut s'appuyer au mur. Car dans la vive clarté d'une illumination, il eut la révélation de la lutte humaine et du courage. Du passage sans fin de l'humanité à travers le temps sans fin. Et de ceux qui travaillent et de ceux qui... en un mot ... aiment. Son âme se dilata. Mais seulement pour un instant.  Car il sentit en lui un avertissement,une flèche de terreur.Il était suspendu entre deux mondes. Il vit qu'il se regardait dans la glace placée devant lui. La sueur lui perlait aux tempes et son visage était contracté. Un œil lui semblait plus ouvert que l'autre.Celui qui, rétréci, considérait le passé, tandis que l'autre, agrandi par l'effroi, regardait un avenir de ténèbres, d'erreurs et de ruines. Et il était suspendu entre la lumière et les ténèbres. Entre l'ironie amère et la foi. Il se détourna brusquement.  Il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Et pour dix mille qui ne savent pas, il y en a un seulement qui sait. C’est le miracle de tous les temps… Pour Ben, c'était plutôt une malédiction, car de sa famille, il était le seul à comprendre que tout cela les ménerait à la ruine. Et il aurait voulu les sauver, sauf que voilà, il ne pouvait que les détruire.

L'aimait-il encore ? Ca faisait trop longtemps pour qu'il puisse juger de son amour pour Ruth, bien trop longtemps. Il y avait eu Natasha et il l'avait réellement aimée, elle aussi. Les morts nous rattrapent, les vivants aussi. Il ne savait pas s'il pourrait l'affronter. Dans le fond, il espérait ne pas avoir à le faire. Mais après tout, ce n'était pas sa faute. Pourquoi avoir pris, tous autant que vous étiez cette sordide histoire pour argent comptant, pourquoi ne pas avoir chercher à me retrouver, hein ? Il en voulait terriblement à sa famille, à ses amis, qui l'avaient laissé tomber. Ceux qui m'ont sauvé sont vos ennemis. Et vous avez tué ce qu'il y avait de meilleur chez eux. Voilà. Je me venge. C'est de votre faute. Il emprunta les papiers de Daniel, et le ligota solidement au canapé. Puis il passa l'uniforme si officiel du mangemort. Même taille, même tête, même corpulence. N'eut été les deux doigts manquant à la main droite, et l'air bien plus froid que Benjamin avait – son cousin était un rieur, pas lui – c'était la même personne. Personne ne verrait de différence.

Il transplana directement à Oxburgh Hall. Il y en avait du bruit et de l'agitation. On le laissa passer, on ne lui dit rien, et Ben ne jugea utile de rien dire. Il se faisait discret. Il regarda, à la fois fasciné, heureux de retrouver cette famille et dégouté de son absence de sens des réalités. Les gens qui mangeaient. Les bouches grandes ouvertes où s’enfournaient les aliments. Qu’est-ce que c’était ? Qu’est-ce qu’il avait lu à ce sujet ? La vie n’était qu’une question d’alimentation et de reproduction. Il y avait foule. Dans le fond de la salle un orchestre jouait un air connu. A la table principal, il aperçut la figure austère du chef de famille. Alors tu as survécu à Vaas, John ? Il détourna les yeux, encore une fois, il se méfiait du ministre bien plus que des autres.  

Il attendait la colère noire, terrible, comme on attend une bête bondissant dans la nuit. Mais elle ne vint pas. Ses entrailles semblaient de plomb et il marchait lentement parmi la foule, cherchant son père du regard. Une descente dans les profondeurs jusqu'à ce qu'enfin il n'y ait plus aucun prétexte au-dessous. Il toucha le fond solide du désespoir et y prit pied. Il éprouva alors une certaine joie forte et sainte. Un chant était en lui - ce n'était pas de la musique, mais le sentiment d'un chant. Et le poids de la paix alourdissait ses jambes au point que, seul, son ferme idéal lui permettait de marcher. Pourquoi allait-il de l'avant ?  Parce que je sais. Parce que je sais et que vous ne savez pas. Il est trop tard pour vous, trop tard pour nous, tant pis pour moi.

Il finit par le trouver. Sa mère n'était pas là. Elle a du faire une autre crise, encore...La mère de Ben était une folle notoire. Llewelyn était là. Un instant, il croisa son regard, ses yeux tout aussi bleus que les siens. Tu as grandi, gamin. Et toujours cette triste figure, qui te fait me ressembler. Hugh aussi se trouvait là : il ne reconnut même pas son cadet mais supposa que c'était lui.

Si vieux. Il lui sembla qu'il voulait fuir, mais il ne pouvait pas, il voulait voir tout le monde, et tant qu'il y était, espérer trouver quelques informations sur les plans du Ministère, mais là, non, là c'était trop dur et Ben ne voulait qu'une chose, fuir. Il sortit sur la grande terrasse, qui donnait sur les douves et le jardin à la française. L'air frais lui fit du bien, mais un instant, il se demanda s'il ne faisait vraiment pas une erreur en revenant ici.


Dernière édition par Benjamin Mulciber le Lun 2 Déc - 14:09, édité 1 fois
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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: The things that drive men crazy || Ruth Lun 2 Déc - 13:55

L’hiver, le froid, la neige, Noël, les fêtes de famille, tout ça avait un goût très familier pour Ruth, une routine rassurante qui ne changeaient pas d’année en année, et ce, depuis vingt-huit. Chaque vacance, amenait le même rituel. Elle prenait une semaine de congé, le temps des fêtes et revenait l’espace d’une semaine au bercail familial, aussi étonnant que ça puisse paraître même les mangemorts bénéficient d’un peu de repos. Cette semaine là était dédier au repos, elle ne prévoyait rien de particulier outre quelques sorties avec son frère et passer du temps avec sa cadette. Néanmoins, le point culminant de la semaine était la soirée organisée par l’oncle John dans sa demeure à Oxburg Hall. Elle n’avait jamais vraiment su pourquoi est-ce qu’elle appelait John « Tonton », qui était devenu « Oncle » en grandissant. Probablement parce qu’il l’impressionnait, il lui avait toujours semblé difficile de croire que c’est homme bien plus âgé qu’elle, mangemort depuis l’âge de dix-neuf ans et aujourd’hui ministre de la magie soit son cousin. Plus jeune, elle l’avait admiré et maintenant elle respectait l’homme était l’était aussi ne l’appelait-elle jamais John.

Elle n’avait pas eu envie d’aller à la soirée cette année, elle était sortie de la douche sans enthousiasme et s’était assise, songeuse, sur son lit, tandis qu’elle séchait ses cheveux à l’aide d’un essuie. Elle avait ouvert sa garde robe et contemplé son contenu d’un air dubitatif. Rien ne lui plaisait. Ruth se sentait dans un de ces mauvais jours, un de ceux où sans réellement savoir pourquoi, elle sentait que tout allait aller de travers, qu’elle serrait, ce soir, toujours un pas en retard sur les autres. Il était rare qu’elle n’ait pas envie d’aller à une fête de famille, plus jeune elle attendait ce genre de rassemblement avec une impatience dure à contenir, elle adorait ses cousins et cousines et n’aimaient rien tant que passer une soirée en leur compagnie, son sentiment n’avait jamais changé en grandissant. Pourtant, cette année serrait différente. Cette année, Elena, sa petite sœur, ne serrait pas parmi eux. Tout comme elle n’avait pas permis que sa sœur revienne pour l’anniversaire de Yaya, elle n’avait pas permis qu’elle soit présente ici. Ce n’était pas de la méchanceté de la part de Ruth, pas réellement, elle souhaitait juste voir sa sœur guérie de toute les pensées bourbistes qui lui occupaient l’esprit. Le bourbisme après tout était une maladie. Tel un cancer, il fallait le diagnostiquer très tôt pour pouvoir le traiter efficacement. Et si par malheur, celui-ci s’était propagé trop loin, la mort était la solution la plus miséricordieuse. Elle essayait juste d’éviter de devoir tuer sa sœur, personne ne pouvait dire que ce n’était pas louable. Pourtant, elle ne craignait pas les questions indiscrètes à propos de sa sœur, non tout le monde savait ce qu’il en était et personne ne voudrait en parler. Cette année, comme depuis sept ans, la même question reviendrait invariablement : « Quand est-ce que tu te fiances Ruth ?» .Et inévitablement, elle répondrait la même chose : « Je suis bien trop vieille pour ça. ». Était-elle réellement trop vielle pour ça ? Non bien entendu, à vingt-huit seulement, elle était encore dans la fleur de l’âge. Elle avait encore devant elle une bonne quinzaine d’année pour porter les divers marmots qu’on aurait voulu qu’elle ponde.

Bien que très sérieuse dans le cadre de sa vie professionnelle, on pouvait comparer sa vie privée à un parc d’attraction. Elle changeait d’homme et se lassait d’eux aussi fréquemment qu’un enfant change d’attraction dans un parc. Elle alternait les hommes à une vitesse folle quand elle n’en avait pas plusieurs en même temps. Elle ressemblait souvent à une enfant insatisfaite qui ne cesse de se gaver de sucrerie jusqu’à en avoir mal au cœur. N’importe qui y aurait vu un mal être caché, et il aurait eu raison mais Ruth ne pouvait pas l’admettre. Elle avait été fiancé par deux fois, et par deux fois, les hommes avec qui elle aurait du se marier étaient mort avant de pouvoir atteindre l’autel. Essayer de se fiancer une troisième fois semblait une mauvaise idée mais plus que tout la jeune femme n’en avait pas envie. La vie conjugale n’avait plus l’attrait qu’elle avait eu autre fois. A vingt et un ans, l’idée d’une vie de famille ne lui déplaisait pas mais cette Ruth là était partie il y a longtemps. Aurait-elle été une autre personne si elle s’était finalement mariée ? Probablement, mais ça ne servait à rien de continuellement se retourner sur le passé, il finissait par vous rattraper bien assez tôt. A présent, elle avait une vie, une carrière à l’Intendance, un entreprise qu’elle dirigeait avec son frère et avait, depuis peu, reçu l’honneur de servir le Seigneur des Ténèbres. Ca aurait du être assez, assez pour qu’on la laisse en paix et pourtant, tout ce qui semblait intéresser ses vieilles tantes, c’était de savoir quand est-ce qu’elle se marierait, où était le purisme dans tout ça ?

Toujours aussi agacée mais bien décidé à ne pas perdre plus de temps assise sur son lit à méditer ses sombres pensées, elle finit par choisir une robe. Ce fut la première qui lui tomba sur la main, une robe bleue foncé bustier, dont la banalité aurait sans doute fait pleurer sa mère si celle-ci avait encore eu un droit de regard sur les choix vestimentaires de sa fille. Elle prit le premier collier qui lui vint à la main et eu le cœur serré en l’attachant à son autour de son cou. C’était un collier discret en or blanc orné de quelques petits saphirs. Elle l’avait reçu à l’occasion de ses premières fiançailles et l’avait rarement mis depuis, avec un soupir, elle l’attacha, se coiffa et descendit prendre une cape avant de transplaner à la demeure de son oncle.

Elle arriva dans le jardin de son oncle, elle était un peu en retard mais ne serrait surement pas la dernière à arriver. La demeure était illuminée de toute part et de dehors, on percevait le brouhaha familier que faisait toute réception de ce type en plus de la musique. Avec un soupir, elle fit les quelques pas qui la séparait de la porte d’entrée et poussa celle-ci la sachant ouverte pour l’occasion. Elle fut accueillie par un des multiples elfes de maison de son oncle, elle n’aurait su dire lequel, elle lui donna ses effets et pénétra dans la salle où se donnait la réception commençant à saluer les différentes personnes présentes. Elle passa probablement une bonne demi-heure à trouver son frère qui se trouvait non loin de leur cousine Laura. Une fois ses devoirs sociaux remplit, une bonne partie de la soirée se passa en conversations diverses avec eux, arrosée de vin, beaucoup de vin, peut-être trop. Elle avait beau faire, elle n’était pas attentive ce soir, aussi écoutait-elle plus qu’elle ne participait à la conversation. Et ce fut dans un moment d’inattention qu’elle l’aperçut. Pendant un moment, son cœur s’arrêta et elle reconnu la sensation familière qui l’avait habitée quelques années. Elle eut un sourire amer et se sermonna intérieurement, ce n’était que Daniel. Daniel qui avait toujours eu le défaut de trop ressembler à Ben. Les années avaient beau être passées, elle ne pouvait jamais voir son cousin sans se rappeler le corps défigurés qu’elle avait vu à l’enterrement et c’était des souvenirs qu’elle ne voulait pas voir refaire surface, pas ce soir. Pourtant, quelque chose la gênait, elle n’aurait su dire quoi mais elle devait en avoir le cœur net. Elle prétexta un besoin urgent de prendre l’air et laissa son frère discuter avec Laura.

Sans quitter son cousin du regard, elle le suivit sur la terrasse tout en essayant de ne pas paraître trop empressée pour ne pas susciter de questions indiscrètes. Une fois à l’extérieur, le froid mordant du mois de Décembre la prit de court, et elle sentit son cœur s’accélérer tant elle avait peur de ce qu’elle pouvait découvrir. Sa baguette dans une main, elle plaqua un sourire avenant et enjôleur sur son visage et franchit les quelques pas qui la séparait de l’homme devant elle. Ruth passa son bras par-dessous celui de son cousin, sa baguette toujours discrètement tenue par son autre main.

« Daniel, je te cherchais, j’aurais voulu te parler. »

Tout en lui parlant, elle en profita pour regarder correctement celui qui se faisait passer pour Daniel et le doute ne fut plus permis. Benjamin Mulciber n’était pas mort, il était tout ce qu’il y avait de plus vivant. La différence entre lui et Daniel était presque invisible, elle-même ne l’aurait pas reconnu si elle ne l’avait pas mis de prêt. Qu’est-ce qui l’avait mis sur la piste, elle n’aurait su le dire, une intuition peut-être. Pendant un moment, le souffle lui manqua, et pendant une fraction de seconde son sourire perdit de sa superbe sous le coup de l’émotion. En un instant, elle se sentit passer par un tourbillon d’émotions qu’elle n’aurait pu nommés. Parmi elle, la joie de le savoir vivant, le soulagement aussi, l’horreur de ce que ça pouvait impliquer, la consternation mais aussi la colère et chez Ruth, c’était toujours une émotion qui avait tendance à prendre le dessus. A partir de ce moment là, tout ce passa très vite dans la tête de Ruth. Elle ne pouvait pas le laisser partir, pas comme ça, pas plus qu’elle ne pouvait donner l’alerte. Il tenterait probablement de se défendre, et il y aurait des blessés, mais étais-ce réellement pour ça qu’elle ne voulait pas indiquer sa présence ? Elle fit la seule chose qui lui sembla sensé sur le moment, elle raffermit sa prise sur son bras et transplana sans un mot.

Ils arrivèrent dans le bureau de John, ironiquement, c’était le seul endroit auquel elle avait pu penser où ils serraient tranquille, personne ne viendrait les chercher ici, pas aujourd’hui. Son sourire avait désormais disparut, laissant place à une colère froide. Sa première action fut de le frapper au visage, aussi fort qu’elle le pouvait - et contrairement à ce que l’on pouvait penser, elle avait de la force malgré sa carrure – puis de pointer sa baguette sur lui. Elle savait que c’était stupide, voir même puéril mais ça faisait du bien, ça permettait d’enlever une partie de la frustration et de la colère qui l’habitait en cet instant.

« Toi », le ton sur lequel elle avait prononcé le mot ne laissait aucun doute quant à son état de fureur. Elle eut un sourire cruel, le genre de sourire qu’elle réservait aux gens qu’elle allait torturer et s’approcha un peu plus de celui qui avait été son fiancé. « Je pense que je mérite quelques explication mon chéri. ». Elle avait cracher le dernier mot comme une insulte, Ruth, même plus jeune n’avait jamais été porté sur les surnoms affectueux. Elle les jugeait ridicule et même lorsqu’ils étaient ensemble, elle n’avait jamais appelé Benjamin autrement que « Ben ». Il était en vie et n’avait jamais jugé utile de lui en faire part, son ego en prenait un coup. Sa vision des choses étaient mise à mal, si il était vivant, pourquoi aucun d’entre eux n’étaient-ils au courant. Mais étaient-ils tous dans le noir, où était la seule à ne pas savoir ? A ce stade ci, plus rien ne l’étonnait. Quant à Ben, il avait des explications à fournir et tout intérêt à les lui donner très vite. Parce qu’après tout, personne n’aimait la voir en colère.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: The things that drive men crazy || Ruth Mar 3 Déc - 10:32


Les ennemis ne tombent pas du ciel ; on se les créé. Dans le fond, revenir ici, à Oxburgh Hall, tenait plus d'une provocation suicidaire que d'un intérêt réellement utile à la résistance, ou même à lui même. Car en le faisant, Ben n'en doutait aucunement, mis à part risquer sa peau, il ne faisait pas grand chose. Mais ça, bien sur, comme toujours, il avait été incapable de se le dire sur le moment, lorsqu'il avait élaboré son plan qui lui semblait formidable sur le moment et qui finalement ne l'était absolument pas. Il faudrait tout de même que tu apprennes à réfléchir, mon garçon, disait John. Il grimaça en regardant le ciel si sombre de cette nuit de Décembre. Comme tu vois, j'ai jamais appris. Ca les faisait rire, à l'époque, tous les deux, lorsqu'il n'était encore que l'apprenti d'un mangemort certes connu et reconnu, mais pas encore tout puissant. La vie était plus simple en ce temps là. Quelque part, Benjamin comprenait le secret dégout de John pour ses semblables. Les hommes étaient faits d'un plus bel acier il n'y a pas si longtemps, et voilà que nous sommes perdus. Drôle de monde et d'époque, que Limonkov regardait avec un mépris rageur. Il se tourna un instant vers la fête et la lumière. La démarcation ne pouvait s'effacer. Il était là, dans le noir, affrontant avec terreur les rires et l'insouciance. L'espace d'un instant, il jugea qu'il n'avait pas besoin de ça. Vérité ou mode de défense d'un homme à qui une vie merveilleuse et prometteuse échappait ? Cela revenait finalement au même. Pouvait-il imaginer un instant seulement, quelle vie il aurait eu si rien de tout ça n'était arrivé ? L'uniforme de Daniel serait probablement le sien, car Ben avait toujours été un type brillant. Il aurait sans doute épousé Ruth. Il aurait sans doute été heureux, bien droit, bien puriste, reconnu, reconnaissant,  mangemort émérite, esclave.

S'il mettait en balance avec ce qu'il avait eu, un bonheur trop court mais bien réel avec Natasha, il jugeait que les deux se valaient et qu'il n'avait pas besoin de regretter. Au contraire. J'avais un avenir et on me l'a pris. Il ne me reste plus rien de ce que j'aurais du avoir, rien du tout. Mais au fond, lorsqu'il se retournait en lui même, invariablement, il finissait par sourire. Il était libre, pas eux. Un avenir brillant contre cet avenir de combat ? Mais qui disait qu'il aurait eu un avenir brillant, après tout ? Ils le supposaient juste, en face, pour ne pas comprendre sa trahison. Tout cela est leur faute. Ils attendent de la reconnaissance de la part de gens qu'ils abandonnent ? A quoi croient-ils ? A la fidelité absolue ? Non. Je ne vous ai pas trahi ; vous m'avez trahi. Abandonné. Et lorsque les gens se sentent abandonnés, ils cessent d'obéir. Vous m'avez fait. C'est vous qui avez créé Limonkov. Je vous ferais mordre la poussière ou vous me tuerez. Mais maintenant la guerre est ouverte, déclarée, et croyez moi, je la ménerais jusqu'au bout. Il en était là. Décidé à se battre malgré la douleur que cela lui causait. Dans cette solitude dure, car Benjamin Mulciber était depuis toujours habitué à tout gérer par lui même, dans cette austérité de ton, se dissimulait les traits d'un homme bien, et il était toujours difficile de s'attaquer à sa propre famille, surtout lorsque celle-ci, mis à part quelques éléments perturbateurs, ne cherchait pas à l'emmerder. En vérité, il était bien plus attaché au passé qu'il ne voulait l'admettre. Benjamin se souvenait de beaucoup de choses, et ça faisait mal de se rappeler, vraiment mal, de comparer ce qu'il avait été – que ce soit en Angleterre ou en Russie, qu'il ait été mangemort ou hors la loi – et ce qu'il était maintenant. Seul, finalement.

Il aurait donné n'importe quoi, à ce moment précis, pour un peu de chaleur humaine, pour ne pas avoir à se rappeler de tout, pour oublier, mais jusqu'à là, les souvenirs le poursuivaient, et il se disait qu'il ne pouvait pas franchement rester ici, il ne voulait pas le faire. Au moment précis où il songea à s'enfuir, à détourner les talons, moins par lâcheté que par douleur pure, un bras se glissa sous le sien, et avec surprise, il découvrit Ruth à ses cotés. Sans qu'il eut pu faire quoique ce soit, ils transplanèrent. Et merde. J'aurais vraiment du savoir que c'était un plan foireux, j'aurais du m'en rendre compte, dire quelque chose, fuir...mais non. Point positif, elle n'avait pas donné l'alerte, enfin, pour l'instant. Point négatif...eh bah, à peu près tout le reste, je sens que je vais payer dans moins de trois secondes.

Ce qui fut effectivement le cas. Ben n'eut même pas exactement le temps de remarquer où ils étaient que la baffe tombait déjà. Il ne chercha pas à l'éviter. Dans le fond, il comprenait Ruth, même s'il estimait ne rien avoir à se reprocher. Jetant un œil autour de lui, il reconnut le bureau de John, et son agencement très simple, très épuré. Cela lui arracha un vague, très très vague sourire, mais il ne fit aucune remarque.

« Moi, deux doigts en moins, l'idée que je suis un traitre en plus. Bonsoir, Ruth, ça faisait longtemps. »

Il n'avait rien perdu de la franchise acide qui le caractérisait, ni de son cynisme, qui existait en lui depuis toujours. On aimait ou on détestait ça chez Ben, mais au moins elle était prévenue. Elle, par contre, n'avait pas changé. Toujours aussi belle. Simplement plus cruelle. Ce qui était foncièrement normal : un mangemort bisounours, on avait jamais vu ça. Dans le fond, ça le rendait triste : quelque part, il était sans doute responsable de la destruction de cette personnalité qu'il avait aimé chez Ruth. Ce n'était pas ce qu'il avait voulu, mais Ben ne pouvait plus rien y changer.

Il ignora royalement la baguette pointée sur lui, et fit le tour du bureau histoire de simplement fermer la porte à clé. Comme s'il était chez lui – ce qui n'était pas faux d'une certaine manière - , il fit le tour du bureau et s'installa dans le fauteuil du propriétaire. Il la regarda d'un air triste et cette fois purement sincère :

« Si tu demandes ça, ça veut dire que John ne t'as pas mise au courant... »
Il secoua la tête négativement : « Valverde sait que je suis revenu. Mike aussi. Peut-être mes parents, peut-être mes frères. Je sais pas. Je pense qu'il a du restreindre le champs des gens au courant le plus possible. » Une pause, à nouveau. Cette fois, avec un peu de défi dans le ton et dans les yeux, il continua : « Alors, voilà. J'ai trahi. J'ai... quand il y a eu l'attaque, en Russie, j'ai survécu. Sauvé par des bourbistes. Que j'ai fini par rejoindre. Comme ça c'est dit. Tu peux essayer de me tuer, maintenant, mais je te préviens, je me laisserais pas faire. »

Il la regarda avec beaucoup de tristesse :

« Tu peux pas imaginer combien de fois j'ai essayé de fuir. Combien de fois je me suis dit que j'allais revenir. J'avais été blessé, et tout simplement, je n'étais pas en état d'y arriver. Et quand j'ai voulu revenir, j'ai vu l'enterrement. Alors je me suis dit que c'était fini. Et la suite, si tu as entendu parler de Limonkov, tu la connais.»

Vous m'aviez abandonné, tous, que vouliez vous que je fasse ?

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MessageSujet: Re: The things that drive men crazy || Ruth Mar 3 Déc - 15:26

Il était vivant, il était vivant, la phrase résonnait dans sa tête comme un comptine maudite. Devant elle se passait une scène dont elle était spectatrice et actrice inconsciente. Etais-ce un rêve ou un cauchemard ? Pour peu, elle aurait voulu se pincer espérant désespérement ne pas sentir la douleur, parce que après tout, si tout ceci n'était qu'un rêve, elle finirait bien par se réveiller à un moment où à un autre. Mais Ruth n'était plus une enfant, et ce depuis longtemps. Et même si il aurait été plus facile, tellement plus facile que tout ceci ne soit que le fruit de son imagination débridée, elle savait au plus profond d'elle-même que c'était la réalité. Aurait-elle voulu la fuir, oui, sans hésité, il y avait des situations qu'on souhaitait ne jamais affronté. Certes sept ans en arière, elle aurait acceuillit son retour avec soulagement, mais aujourd'hui, le savoir vivant impliquait bon nombre de chose qu'elle aurait voulu ne pas imaginer.

Elle ne pouvait s'empêcher de sourire, un sourire cruel, mais un sourire tout de même. C'était son arme, sa protection, elle ne cessait que rarement de sourire et ici la situation s'y pretait, c'était risible. Elle aurait du donner l'alerte, peu importe le nombre de personne sur place, peu importe les dégats, elle aurait mais elle ne l'avait pas fais. Son histoire avec Ben était trop personnelle pour qu'elle laisse quelqu'un d'autre qu'elle s'en charger, égoïste comme elle l'était, elle voulait être la seule à s'en occuper et que personne ne s'en mêle. Il n'avait rien perdu de son cynisme, ni de sa franchise, la constation l'amusa, certaines choses ne changeaient jamais. Elle regarda sa main et ses deux doigts manquant, seule différence  vraiment visible avec Daniel. Comment s'était-il fait ça ? Ce n'était pas le lieu pour poser la question mais ça ne serrait jamais le lieu, et elle n'aurait probablement jamais sa réponse. A quoi bon perdre son temps en conjoncture inutile. Il ignora la baguette pointé sur son torse et la contourna se mettant dans son dos pour aller fermer la porte. Elle entendit le cliquetis familier d'une clé qui tourne dans une serrure, elle ne se retourna pas et saisit le coupe papier présent sur le bureau. C'était un bel objets en argent tranchant, bien aiguisé, elle en testa la pointe sur sa peau faisait couler un peu de sang. Elle aurait pu avoir peur, en réalité elle aurait probablement du, Ben était un très bon duelliste. Il aurait très bien pu lui lancer un sort et essayer de partir. Elle ne doutait pas de sa capacité à se défendre, même contre elle. Ruth n'était pas assez naïve pour s'imaginer qu'il épprouvait encore quoique ce  soit pour elle qui l'empêcherait d'agir si le besoin s'en faisait sentir. Et de son côté, quoiqu'elle pense ou éprouve, rien ne l'empêcherait de faire ce qui devait être fait mais pour le moment, l'heure était aux explications.

"Longtemps en effet, peut-être  trop."
,
se contenta-t-elle de commenter en le regardant s'assoir dans le fauteuil de John sans la moindre gêne. Elle s'assit non loin de lui sur le bureau, jouant avec nonchalance avec le coupe papier qu'elle tenait toujours en main. Elle était d'un calme  trompeur, c'était un traitre qu'elle avait en face d'elle et elle était curieuse de savoir quelles raisons pouvaient justifier une trahison envers toutes les valeurs qui étaient les leurs. La distance entre eux était réduite et même si elle ne comptait pas utiliser la magie ici, elle restait aux aguets.

Elle écouta ses explications, sans un mot, laissant les informations lui tomber dessus et essayant de tout assimiler. Ainsi, il y avait donc des gens au courant. Valverde l'était, Mike Witcher l'était et John aussi. Ceux qui dirigeaient sa famille du côté paternel comme maternel savaient qu'il était en vie et personne n'avait jugé bon de lui dire. Personne, elle sentit la rage  affluer, elle détestait savoir qu'on l'avait prise pour une idiote. "John savait ....", la phrase se passait de commentaire, chef de famille ou non, lui et elle allaient avoir une petite conversation amicale. Elle revit le corps qu'on leur avait présenter à l'enterrement pourquoi cette mascarade, si elle avait su, elle aurait pu faire son deuil, si elle avait su, il n'y aurait pas eu besoin de pleurer. Llew, le savait-il ? Etait-elle donc la seule à ne se douter de rien ?

Il y avait du défit dans sa voix quand il expliqua avoir trahis, Limonkov, c'était donc lui, elle en avait entendu parler, comment aurait-elle pu ne pas en entendre parler ? Ca expliquait beaucoup de chose désormais, il avait eu une carière bien remplie ses dernières années, quelle ironie. Elle se rappellait de ce Ben si prometteur, si doué, de la première fois qu'elle avait vu la marque sur son bras. La fascination étrange qu'elle avait exercée sur elle, et la décision qu'elle avait prise de devenir mangemort après sa mort. Elle ne l'avait pas fais pour le venger non mais plutôt pour avoir un but et continuer ce qu'il avait entamé. Pour peu, elle en aurait ris, ce qui avait motivé sa décision était basé sur un mensonge, un très long mensonge qui avait finit par modulé sa vie.

Elle le regarda toujours souriante et secoua légérement la tête, " Te  tuer ? Non Ben, pas ce  soir, pas le soir de nos retrouvailles, ça serrait dommage.". Sentait-on l'ironie dans sa voix ? Certainement, une fois en colère, Ruth était un livre ouvert. Logan lui avait souvent dit, elle perdait sa concentration et ses moyens une fois en colère, elle devait apprendre à se maîtriser. Le coupe papier toujours en main, elle franchit la courte distance qui les séparait pour lui faire une esfilade sur la visage. Elle parla dans le creux de son oreille, "Te tuer non, pas ce soir, mais rien n'empêche de t'abîmer un peu". Elle s'écarta puis la colère explosa.


"Vraiment Ben qu'est-ce que tu croyais, que tes explications serraient suffisantes pour justifier une trahisson ? Quel beau puriste tu fais, tes idées ont bien vite changées. Tu nous as vu à l'enterrement et quoi ? Est-ce que tu as vu le visage de ton frère ce jour là? Est-ce que tu as vu le mien ? As-tu vu le corps qu'on nous a rammener ? As-tu vu son état ? Comment est-ce qu'on aurait pu douter de ta mort ? Comment est-ce que j'aurais pu croire que tu étais mort autrement qu'en héro pour notre cause ? Il aurait suffit d'un mot Ben, un seul mot pour nous dire que tu n'étais pas mort mais tu n'as rien fais. Tu as trahis parce qu'on t'a cru  mort ? En quoi est-ce que c'est une justification ,? Dis moi !"

Sa furreur n'avait plus de limite, elle aurait voulu hurler mais elle ne pouvait pas, pas sans aleter toute la maison, et ce n'était pas une porte fermée qui les empêcherait d'arriver ici. Elle faisait les cent pas en parlant, apartant le bureau sans le lacher du regard. C'était dur de le voir, dur de l'écouter parce qu'elle se rendait compte que malgré les années qui avait passer, les sentiments qu'elle avait un jour épprouvé n'avait pas disparut. Il avait trahis, et pour elle, le coup était double. Il avait trahis le régime,leurs idéaux, ce en quoi elle croyait, ce pour quoi elle était prête à mourir. Et il l'avait trahie elle, c'était comme ça qu'elle le voyait, parce qu'elle était égoiste, parce qu'elle se sentait flouée.

Elle s'arrêta et lui fit face.  " Qu'est-ce que tu pensais obtenir en venant ici Ben ? Je présume que tu n'es pas venu, juste pour boire un verre."  Un verre voilà ce qui lui aurait fallu, John était connu pour etre un alcoolique notoire, n'y avait-il pas une bouteille qui trainait dans se fichu bureau. Pourtant, ce n'était pas le moment de boire, elle leva la main une nouvelle fois pour frapper Ben.

HRP : Bon, bon dis moi si ca te va ! Mais si ca te va, je veux ma réponse ce soir :p Cela dit de mercredi à Samedi, je vais avoir peu de temps pour RP, donc si tu veux une réponse avant :p

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Dernière édition par Ruth U. Alexïeva le Mer 4 Déc - 0:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The things that drive men crazy || Ruth Mar 3 Déc - 17:46


Il n'y avait rien de commun chez Ben Mulciber. D'une certaine manière, aucun Mulciber n'était véritablement commun si on prenait la peine de s'intéresser à chacun d'entre eux. Enfin, si l'on s'intéressaient à ceux qui étaient un minimum connu. Dur, froid, solitaire, glacial, ironique. C'était aussi un type ouvert et de bon conseil. Un type qui ne croyait plus en rien mais qui aidait les autres à croire. Il n'y a plus grand chose à sauver en moi, plus grand chose à récupérer. Je suis mort, quelque part, vraiment mort. Comment voudriez vous qu'il y ait quelque chose en moi de bon ? Vous m'avez pris tout ce que j'aimais, tout ce en quoi je croyais. Tout semblait avoir été fait pour détruire le type qu'avait été Benjamin Mulciber. Oh, le militaire restait, cela c'était constant, les principaux traits de caractères aussi. Mais le coté sympathique, lui, se faisait plus flou, plus gommé, comme enfoui sous trop de haine, et en effet, il y en avait bien trop pour qu'il puisse passer à coté.

Ruth était un souvenir d'une époque où il devait être meilleur. Meilleur ou peut-être plus innocent, qui savait ? Lui était incapable de le dire, il n'en savait fichtrement rien. Le monde était beau et j'avais un avenir brillant. Au final, l'avenir s'était évanoui comme un feu de paille, mais on ne pouvait pas dire que Benjamin le regrettait. De ce qu'il voyait aujourd'hui, de ce qu'il croyait, il n'avait vu qu'un monde qui prenait les gens, les utilisait, et s'en débarassait dès qu'il le pouvait. Il avait consacré la majorité de sa vie au régime, et au final, lorsqu'il avait eu besoin de lui, la seule fois où il avait eu besoin de lui, ce dernier pointait aux abonnés absents. Qu'à cela ne tienne, Benjamin Mulciber croyait profondément au purisme et il ne voulait pas renoncer à ses convictions alors il s'était décidé à simplement se reconstruire d'une autre manière.  Oui mais voilà, à ce moment là, pas de bol, le régime s'était finalement rappeler à lui. Je me serais foutu qu'ils m'abandonnent, foutu éperdument de ça, j'avais ma vie, j'avais Natasha. Et ils l'avaient tué. C'était la seconde raison de sa trahison, tout aussi valable que la première, mais ça, curieusement, il ne voulait pas le dire devant Ruth. Pourquoi ? Aucune idée. Benjamin était infichu de dire, là, sur le moment, ce qu'il ressentait pour sa cousine. De la colère, comme envers tous les autres. Une profonde pitié car ce caractère si cruel venait de lui. Sauf qu'il y avait quelque chose...il était heureux de la voir, même dans ces conditions et ne savait pas trop pourquoi.

Il sourit d'un air froid derrière son fauteuil. Toujours les secrets, l'hypocrisie. John ne disait jamais rien qu'il ne jugeait pas utile, quitte à mépriser totalement les sentiments de tout le monde. Ben détestait cela. Longtemps John avait été son modèle, l'homme fort qu'il voulait devenir, mais il le craignait aussi énormément, et la crainte menait à la détestation. Jamais un compliment, rien. Aucune pitié pour l'échec. Aucune tolérance. Une machine drôle et rieuse dans ses bons jours, terrible le reste du temps – Ben détestait cela.

« Bien sur qu'il savait. Vous savez toujours tout, vous autre les mangemorts, à ce qu'il paraît. »

Sauf le principal, mais il n'allait pas aborder ici la philosophie, il n'en avait ni l'envie ni le temps, cela l'agaçait profondément d'ailleurs de parler de tout ça avec Ruth, et même de se justifier. Tu ne comprendras pas et je ne comprendrais pas, quel intérêt ? Il la regarda avec méfiance jouer avec le coupe-papier. S'il pouvait éviter d'avoir à tuer quelqu'un ce soir, ça l'aurait arrangé, mais s'il ne pouvait pas faire autrement, il la buterait. Voir John, et le Lord, il n'en avait pas très envie. Simplement l'estafilade qu'elle lui fit, il ne la vit pas venir. Il ne bougea pas, pourtant. Tant qu'elle n'essayait pas de le poignarder...Le sang coula et la douleur vint après, mais il resta de marbre.

« Je suis supposé avoir peur ? » L'ironie était volontaire. Froide. « Tu peux essayer, chérie. Mais j'ai survécu à Valverde et à Mike, alors sans vouloir te vexer, je crois que je vais m'en sortir avec toi aussi. Pose ça, Ruth, c'est parfaitement ridicule. »

C'était un ordre, et dans cet ordre là, cet air là, froid et glacial, il y avait du John Mulciber, cette autorité naturelle venait clairement chez Ben de l'homme qui lui avait servi de modèle. Le débat prit encore un coup dans l'aile avec de la colère, et Benjamin se contenta d'un ricanement froid :

« Oh je t'en prie, n'essaye pas de m'apitoyer avec ça. Llewelyn ? Llewelyn m'a dit avant que je partes qu'il voulait que je crève. Vous avez vu un fichu cadavre, mais avant on vous a dit que j'étais mort, bon sang. Qui parmi vous a eu l'idée de se dire que peut-être, peut-être, ils se trompaient, qui parmi vous a eu l'idée de se dire que je ne possédais pas les moyens de vous recontacter, parce que devine quoi, en Sibérie, quand vous ne pouvez pas bouger parce que vos propres soldats ont failli vous tuer, que l'intégralité de votre cage thoracique est défoncé, quand le simple fait de respirer devient un combat et une lutte permanente, ouais, c'est dur de faire signe à des gens en Angleterre. Et c'est pas faute d'avoir essayé. Mais vous, putain ? Vous, vous n'avez rien fait. Il était tellement plus simple de se dire que j'étais mort. Tellement. Vrai quoi ! Ca arrangeait bien Llewelyn, il me détestait et il pouvait prendre ma place comme héritier de papa. Ca arrangeait bien John, qui n'avait plus personne à s'occuper. Mike devait être heureux, il devenait le type le plus brillant de notre trio,  avec Tom. Même toi, je suis sur que ça t'arrangeais bien. Libre, pouvant avoir ton propre destin, devenir comme eux, devenir comme moi, comme Mike, comme tous les dingues que vous êtes et qui ne savent exprimer leur putain de souffrance qu'en essayant de détruire les gens qui sont plus heureux qu'eux ! » Il termina durement : « Ce sont les russes qui m'ont sauvé. On n'a de comptes à rendre qu'aux gens à qui on doit quelque chose. Je ne vous dois rien, à vous. Mais à eux si. »

C'était cruel. Même lui s'en rendait compte, malgré tout c'était vrai. Il ne pouvait pas le dire autrement. Il attrapa la main de Ruth au vol pour éviter la deuxième gifle. Dans la foulée, il l'attrapa par la taille et la serra contre lui. Peu importait ce qu'elle disait, ni pourquoi il le faisait, et de toute façon, il n'avait aucune idée de pourquoi ça arrivait. Cela suffisait. Dans le fond, elle avait sans doute autant souffert que lui ; le nier était inutile, et ne menait strictement à rien. Comment peut-on en arriver là, dites moi ? Je n'ai aucune idée de ce que je dois faire, aucune.

« Je te demande pardon. J'avais pas à dire ça. Je sais que c'est dur, je sais que c'est profondément décevant pour toi, que rien ne justifiait ça, que j'avais pas à faire ça, mais je devais le faire. Je dois le faire, encore aujourd'hui. C'est mon rôle. Le tien, en face, c'est de me tuer, c'est comme ça, on n'y peut rien. C'est...je sais pas. Une sorte de malédiction. C'est pour ça que je suis revenu. Parce que malgré tout vous êtes ma famille. Ca n'empêche pas qu'un jour je vous tuerais, ou que vous aurez ma peau. C'est comme ça. Nous sommes des Mulciber, tu te souviens ? C'est notre destin, de tuer et d'être tués...»

Mais ce n'était pas parce qu'on était ennemi qu'on était obligé de se détester. Et pendant ce temps là, il la tenait toujours dans ses bras.
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MessageSujet: Re: The things that drive men crazy || Ruth Mer 4 Déc - 0:35

Non, les mangemorts ne savaient pas toujours tout. Elle regarda la marque qui ornait son bras, le signe de son état, ce qui était à ses yeux une dignité. La même marque, qui devait encore trôner sur le bras de Benjamin Mulciber. Il faisait peut-être partie de la résistance, mais il avait été mangemort, il avait été un des leurs et la marque était indélébile. Elle était un rappel constant de ce qu’il avait été. On ne tourne pas si vite le dos au passé, et dans son cas le passé devait le rattraper à chaque appel de leur maître. Elle se rendait compte qu’il y avait beaucoup de chose qui lui avait échappé quand aux circonstances exactes de la «mort » de son ancien fiancé. Beaucoup de point flou, elle avait toujours fais confiance à sa famille, parce que sa famille n’était pas sensé la trahir. Elle avait toujours fais confiance à ses supérieurs parce que si elle était sûre d’elle, elle n’était pas imbue d’elle-même au point de se croire meilleure que ses aînés. Ce n’était pas de la naïveté de sa part, elle n’était pas stupide mais elle n’avait jamais cherché plus loin parce que la politique ne l’intéressait pas. Chacun ses raisons pour devenir mangemort, Ruth l’avait fait par conviction personnelle mais aussi pour avoir un but dans la vie, quand elle avait perdu le sien. Apprendre que tout aurait pu être différent, apprendre qu’on lui avait mentit était une réalité qu’elle ne pouvait supporter.

Malgré sa colère, elle savait qu’elle en voulait bien plus à John qu’elle n’en voulait à Ben. Elle comprenait le silence de son cousin même si elle refusait de l’admettre. Mais il était désormais un traître et John n’était pas disponible aussi toute sa colère retombait-elle sur lui. Mais à ne pas en douter, son oncle aurait droit à sa part. Tout le monde s’était montré ravis à l’annonce de leurs fiançailles. Ils étaient jeunes, beaux, brillants, ambitieux, ils faisaient partie de la génération de leader qui dirigerait le monde sorcier. A sa mort, tout le monde avait compatis à son malheur, John autant que les autres. Quel hypocrite quand elle y pensait.

Elle savait qu’elle n’était pas la seule à avoir souffert, elle l’entendait au son de sa voix, à la dureté de son regard. Elle se souvenait de Ben quand elle était revenue en Angleterre lors du tournoi des Trois Sorciers, c’était un type sympa, rieur, comme beaucoup de Mulciber. C’était ça qui l’avait fini par la charmer. En le regardant, elle songea qu’il ne devait pas en rester grand-chose de l’homme qu’elle avait connu. Elle reposa le coupe papier sur la table, d’un geste lent, tout en continuant de l’observer. Le ton était autoritaire mais ce n’était pas ce qui l’avait décidé. C’était juste ridicule, il avait raison, les mots faisaient bien assez mal dans la situation présente sans avoir besoin de rajouter une douleur physique. Il n’avait pas peur d’elle, tout comme elle n’avait pas peur de lui, ils étaient à égalités. Le temps avait passé, il l’avait toujours battue en duel mais elle ne savait pas ce qu’il en aurait été s’ils avaient décidés de se battre aujourd’hui.

Elle l’écouta parler sans un mot, elle aurait voulu répliquer à chaque phrase qu’il lui lançait au visage mais les mots ne venaient pas. Elle se souvenait des premiers mois après sa mort, Arthur avait essayé d’en parler avec elle mais elle avait refusé prétextant que tout allait bien et qu’elle se remettait sereinement de la mort de Ben. Après tout, elle ne l’aimait pas tant que ça avait-elle dit. Arthur l’avait regardé dubitatif mais devant son refus d’en parler mais n’avait plus abordé le sujet. Souvent la nuit, elle imaginait que tout ça était juste un malentendu, qu’il était vivant, elle avait imaginé leurs retrouvailles, rêves puérils d’une jeune fille en peine. Elle n’aurait jamais pu imaginer que celle-ci aurait lieu si longtemps après. Quand elle avait cessé d’y croire, quand elle s’était rendue compte que ses rêves d’adolescente ne se réaliseraient pas. Qui aurait cru que ça se passerait comme ça ? A se lancer à des vérités qu’aucun des deux ne voulaient entendre, à justifier leurs choix, à essayer de se faire le plus mal possible. Non ce soir, il n’y avait pas besoin de baguette, pas besoin d’armes tranchantes, les mots étaient largement suffisant.

Il ne fallut pas longtemps avant qu’elle atteigne son point de rupture. Ruth n’était pas connue pour sa patience, à dire vrai, elle n’était pas connue pour avoir un caractère facile. Il suffisait souvent d’une phrase, d’un mot, d’un regard de travers pour qu’elle entre dans des colères noires aussi brèves qu’effrayante. Alors comme ça, c’était ce qu’il pensait, même elle avait voulu sa mort. La phrase était pleine d’audace. En quoi la mort de Ben l’aidait-elle à devenir comme lui ? Elle avait voulu pouvoir avoir son propre destin ? Pour qui la prenait-elle ? Pensait-il qu’elle avait eu peur de briser les fiançailles pour avoir une carrière ? C’était cruel quand on savait qu’elle n’avait voulu devenir mangemort qu’après sa mort à lui, sans quoi, l’idée ne lui serrait probablement pas venue. Elle leva la main pour le gifler une seconde fois mais il l’attrapa au vol et la serra contre lui. Elle se raidit, surprise de ce contact inattendu, ne sachant pas réellement quoi faire. C’était une sensation familière pourtant, elle connaissait son corps, elle reconnaissait sa main et son bras qui lui enlaçait la taille. Elle n’y était plus habituée et ce fut ce contact familier qui la déstabilisa. Elle leva les yeux vers lui, toujours en colère. « Tu ne me fais pas peur Ben, probablement pas plus que je ne te fais peur mais ce n’est pas une raison pour dire des conneries. Llew était un enfant quand il t’a dis ça, un putain de gosse, comment as-tu pu croire une seule seconde qu’il savait ce qu’il disait, c’était de la jalousie. », La colère, la rendait plus grossière qu’a l’accoutumée, elle prit une respiration et son regard se fit plus dur. « Peu importe, c’est entre lui et toi, ça ne me regarde pas mais comment oses-tu un seul instant penser que j’ai été heureuse ta mort. » Elle désigna la marque sur son bras, « Cette marque n’ornerait pas mon bras comme elle le fait aujourd’hui si tu n’étais pas mort. » Ce n’était pas une accusation, loin de là. Elle ne reprochait pas à Ben son statut de mangemorte. Elle ne le regrettait pas et elle le vivait comme un honneur, mais elle savait que les choses n’auraient pas été pareilles si elle l’avait su vivant.

Avec un soupir, elle se détendit et ses muscles se relâchèrent. Elle savait qu’elle aurait du se dégager de son étreinte. Elle savait qu’elle aurait du donner l’alarme au moment où elle l’avait vu. Tout comme elle savait qu’elle aurait du le tuer tout de suite. En réalité, ce soir, il y avait beaucoup de chose qu’elle savait et bien peu qu’elle mettait en application. Elle leva les yeux vers lui, la colère était toujours présente mais plus aussi intense, elle se sentait soudainement fatiguée. Pour la première fois de la soirée, elle eut un sourire sincère. « Je ne l’ai peut-être jamais réellement dis à l’époque mais je t’aimais vraiment, si je devais être honnête, je dirais que je t’aime toujours… » Ruth avait l’art de dire la vérité sans fioriture mais aussi au moment qui s’y prêtait le moins. Pourtant, elle n’avait pas vu l’intérêt de se taire même si c’était probablement à sens unique. Ca ne la préocupait pas, elle avait eu beaucoup de regret à sa mort, le premier d’entre eux étant de ne jamais avoir pu exprimer ce qu’elle ressentait correctement. Ici, elle ne faisait que dire la vérité, et tant pis si elle faisait mal, tant pis si elle était gênante, tant pis si Ben était un traître. Elle avait su qu’elle l’aimait toujours au moment où elle l’avait reconnu. C’était dur à admettre et ne changeait rien à ce qu’elle devait faire mais ça restait la vérité. Si elle avait su qu’il était passé du côté des résistants, elle aurait pu le haïr et l’oublier sans remord. Ne sachant pas, elle l’avait simplement rangé dans un coin de sa tête en évitant d’y penser, aussi en le revoyant tout ce qu’elle avait enfuis était revenu à la surface. Elle continua à parler sans se soucier de l’effet que sa déclaration pouvait avoir. « Mais tu as raison, nous sommes de Mulciber. » Elle avait beau ne pas porter le même nom, il ne servait à rien de le nier, elle faisait partie des leurs. Elle partageait leur ambition, leurs défauts, leurs qualités, leurs réussites comme leur défaites. C’était sa famille avec tout ce que ce mot pouvait impliquer de bon comme de mauvais. «  Notre destin, c’est de tuer ou être tués. Je ne te fais peut-être pas peur, ça ne serra pas pour aujourd’hui mais je te promets, qu’un jour je te tuerais. Si tu dois mourir, ça serra de ma main. Alors reste en vie jusque là. » Bien entendu, il était tout à fait possible qu’il la tue, elle n’était pas présomptueuse au point de se croire invincible mais ça ne la dérangeait pas. Dans son esprit tordu, elle avait toujours su qu’elle mourait au cours d’un combat. Elle était trop téméraire et jouait bien trop avec sa vie sans faire attention aux risques, alors tant qu’à être tué, elle préférait que ça soit par lui que par un autre. Son regard se perdit dans le vague un instant, et enfuit sa tête dans le creux de son épaule et ajouta à voix basse. « Au moins, ce jour là, je saurais pour qui et pour quoi je pleure. »



En attendant, elle était toujours dans ses bras, elle releva la tête le fixant, détaillant son visage, comme si elle le voyait pour la première fois. Elle leva une main et la posa sur sa joue, essuyant sommairement le sang qu’elle avait fait couler sur son visage. La situation n’aurait pas pu être plus étrange, en bas, la fête battait probablement à son plein et elle se demanda un instant si quelqu’un s’apercevrait de son absence, c’était peu probable. Se collant un peu plus contre lui, elle hésita un bref instant et l’embrassa. Ce n’était pas doux, ce n’était pas romantique, et ça n’avait absolument rien à voir avec les contes de fées qu’on raconte aux petites filles. C’était juste une pulsion, une envie, qu’elle avait décidé d’assouvir sans demander l’avis de la personne en face d’elle. Tant pis si Ben était un traître, tant pis si elle n’aurait pas du le faire, ce soir, tout le monde pouvait aller ce faire voir. Ils s’étaient foutus d’elle, ils lui avaient mentis, pour ce soir, elle n’avait plus de compte à rendre à personne. Il était possible qu’il la repousse, après tout, il était fort probable qu’il n’éprouve plus rien à son sujet. Pour sa part,  elle se sentait grisée. Il y avait longtemps qu’elle n’avait plus embrassé quelqu’un pour qui elle éprouvait autre chose que de la luxure. Après le fiasco de ses secondes fiançailles, elle avait mis un point d’honneur à ne plus s’attacher à personne, à s’en tenir à des relations sexuelles et rien de plus. Une fois que son partenaire parlait de chose plus sérieuse, elle le changeait sans un mot. N’importe qui y aurait vu la peur d’être déçue, un mécanisme de protection. Ruth refusait d’en envisager la possibilité. Dans sa tête, il s’agissait juste d’éviter les complications inutiles. Ici, c’était différent, c’était un homme, un corps qu’elle connaissait et l’embrasser faisait monter d’autres envies familières qu’elle n’avait plus ressentit depuis des années.  

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: The things that drive men crazy || Ruth Mer 4 Déc - 17:40


Finalement, qu'est-ce qu'il lui restait, après toutes ces années ? Rien. L'avenir de Benjamin Mulciber n'existait plus. L'homme qu'il avait été non plus. Ah, oui, le temps où il était champion de duel était loin, et encore plus loin le temps de Poudlard, et encore plus loin, même si ça datait de la même période, le temps où il lui restait des rêves. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'il lui restait ? A vrai dire, s'il faisait le bilan, pas grand chose. La fin passée ne l'intéressait plus, elle était morte, et elle n'était de toute façon que le reflet d'un gamin naif qui croyait qu'un jour le monde lui appartiendrait. Oh, mais ça ne fonctionne pas comme ça, le monde ne vous appartient pas, vous ne faites que le crontroler, un moment, juste un moment avant qu'il ne vous broie. La chance tournait invariablement, et voilà, très simplement, elle avait abandonné Benjamin Mulciber à un moment donné. C'était tout. Il ne s'acharnait pas à récupérer sa vie d'avant. Au fond, il n'en voulait plus. Il ne comprenait pas, d'ailleurs, pourquoi certains ressassait la vie qu'ils avaient eu. Même Tom était un peu comme ça sous prétexte de mettre en garde contre le camp d'en face, en écrivant ce qu'il avait vécu. Benjamin aussi avait essayé d'écrire, mais il comprit vite que ce n'était pas pour lui. Je ne veux plus aucune trace, plus rien de tangible. Que s'efface cette mémoire d'encre. Les mots m'ont accompagné jusqu'ici, mais ils m'ont tenus surtout prisonniers. Prisonniers de leurs griffes, de mes sentiments partagés entre la joie, l'amour, mais aussi l'angoisse et la mort. Les écrire les rendaient vivants, comme un fantôme qui le poursuivait. Mais la seule personne réellement vivante dans tout cela c'était lui, Limonkov et le présent seul comptait. L'avenir mourrait vite, et il risquait bien d'être sanglant. Son passé...non, il ne pouvait pas y revenir. La seule route qui s'offrait à lui était là, maintenant. L'instant présent au gré du hasard, qui peu à peu, sans qu'il le voit, lui reconstruisait une vie. Il n'était pas malheureux. Il l'avait été. L'exil fut une torture pour Benjamin, car son monde s'écroulait. Ne pas savoir dire, ne pas être là où il devait. Et à chaque instant, avaler cette honte indigeste qui lui brûlait le ventre. Puis il y avait eu Natasha, et finalement, on lui avait prise.

Il cherchait une place quelque part en ce monde, un endroit où vieillir. Jeune, et jusqu'à la mort de celle ci, c'était ce qu'il cherchait. Un endroit qu'il pourrait appeler maison, où il vieillirait entouré des siens et où on l'aimerait. Regarder les enfants grandir et laisser la vie glisser sur moi, accueillir ses joies et ses écueils avec simplicité. Parfois, du bout d'un sourire, murmurer quelques rimes, une chanson d'enfance. Laisser à nouveau les rêves posséder mes nuits. Rire à la vue de mes mains fanées, ciselées de mémoire vive. Avoir des cheveux blancs. Ce qu'on était naif lorsqu'on était jeune. La vie n'était pas facile, elle n'était faite que de détestation. Pourquoi ? Benjamin n'en savait rien. Il ne trouvait pas de réponse et au final, il n'y en avait pas. La douleur était trop présente et elle finissait toujours par revenir. Elle donnait des coups jusqu'à ce qu'on s'avoue vaincu. J’ai compris, ça va, ça va, j’accepte maintenant que nos jours soient incertains. J’accepte aussi ce qu’ils recèlent d’inavouables et d’effrayant. Mais il y avait aussi de bonnes choses, et sans doute parfois tout était lié. Dans un silence confondant, happée par notre quotidien absurde, sordide parfois, sali souvent par nos rires forcés, par notre volonté farouche de rester dignes, de croire encore. Croire en quoi ?
Je ne le sais plus vraiment. Je sens simplement qu'aujourd'hui, il faut fermer les yeux et avancer aveuglément, désespérément. Voilà. La clé était là, Ben laissait aux autres la possibilité et l'envie de croire, il les défendait pour se venger lui même, pour son intérêt, parce que c'était la seule voie qu'il connaissait. La seule qu'on lui laissait. La seule qui était logique. Interdiction de se reconstruire, destruction de tout ce qu'il avait, ça donnait de la vengeance. Sur cette route là, il était le meilleur, car une chose n'avait jamais changé c'est qu'il ne fallait pas emmerder Ben Mulciber.

Aujourd'hui, qu'est-ce qu'il lui restait ? Le rire quand il parlait à la radio, cette provocation si évidente mais qui lui faisait tellement plaisir. Les soirées avec Tom, et les rares personnes qui parvenaient à briser sa barrière de froideur. Le billard quand il daignait sortir dans les bars louches de Glasgow, tous à la botte de la résistance. Le billard. Il fronça les sourcils. C'était avec John qu'il avait commencé à jouer dans les bars, car le Ministre adorait ça. Ben aussi. Cette ambiance, la bière et les fous qu'on trouvait là-bas, il aimait ça. Et voilà. On ne pouvait pas vaincre son amour pour sa famille. Finalement, je préfèrerais que rien ne nous attache au monde. Je veux bien y vivre le temps qu'il faudra, y mourir aussi s'il le faut, mais pas m'y attacher. Voilà. Prendre et ne plus donner, vivre très simplement. Il pensait à sa mère et à sa dureté envers ses autres fils, à cette dureté qu'il condamnait car il ne méritait pas son amour tout entier, à son père qui ne disait rien et qui lui ressemblait pourtant, à son frère qu'il aimait et qui le détestait en retour, mais dans le fond, il était tellement, tellement désolé pour Llewelyn, et pour Hugh, et pour Ruth, qu'il tenait dans ses bras, et il le savait. Cet attachement le perdrait, ce serait sa mort. Hors de question de l'avouer, bien sur. Mais il ne cesserait jamais de les aimer, il ne pouvait pas. Et il regrettait tellement cette défense qu'il adoptait,  qu'il savait fausse, de pure mauvaise foi, mais qui en même temps était si réelle, témoin de ce qu'il avait vécu et vu, compris.

Bien sur qu'il conditionnait leur vie. Sans le vouloir. Ben se détestait pour ça, parce que d'un coté, chez les Mulciber, il y en avait pas mal à éliminer, mais il ne pouvait s'empêcher de les aimer, au fond. Qu'est-ce qu'il ressentait pour Ruth ? Aucune idée. Ca faisait tellement mal d'avoir cru la perdre, que même après toutes ces années, Benjamin était heureux de la retrouver, et pourtant, il savait qu'il n'aurait pas du faire ça. Il se mettait dans une situation périlleuse et elle aussi. Le pire, c'est qu'il s'en voulait. Je me suis créée une autre ennemie, voilà...

« Ca doit s'appeler l'ironie du sort, je suppose... »

Il ne voyait pas quoi dire. Il ne pouvait rien dire d'autre. Il n'en pouvait plus des reproches, cela n'avait aucun effet sur lui, puisque de toute façon, ni Ruth ni lui ne se détourneraient de leur route, il était trop tard. Il resta sans voix, un instant, devant ce qu'elle lui disait. Non. Ce n'est pas une bonne idée. Mais de son coté, ce n'était pas forcément plus clair, voire même moins. Il ferma les yeux un instant, inspirant le parfum de celle qui avait son amante. Dans un coin de son cerveau elle avait toujours été là, et l'amour...n'existait peut-être plus, mais avait existé, il ne pouvait pas le nier, et maintenant, Benjamin Mulciber ne savait absolument plus où est-ce qu'il en était. Pas plus qu'il ne savait si, si un jour Ruth se mettait vraiment en tête de le tuer, ce qu'il ferait, si même il serait capable de se défendre, finalement. Si. Non...Peut-être, j'en sais, ne me posez pas la question, laissez moi. Il l'embrassa gentiment sur la joue, avant d'ajouter tristement :

« Ton Maitre voudra me tuer lui même. Ils ne te laisseront pas faire, Ruth... »

Et il n'irait pas voir Voldemort, ça, c'était hors de question. Que c'était idiot, toute cette situation. A pleurer. Mais ça, est-ce qu'il savait encore le faire, est-ce qu'il pouvait encore le faire dans ce monde ci ? Il la regarda droit dans les yeux, avec toute la détresse du monde dans les yeux, car il ne pouvait pas faire ça, il ne pouvait rien faire, il aurait du partir. Mais il ne voulait pas le faire, voilà. Qu'est-ce que tu veux, idiot ? Ta vie est finie, tout ce que tu vas faire, c'est lui faire du mal. Mais rien ne pouvait lutter.

Il ne la repoussa pas, il l'embrassa même en retour, fermant les yeux pour mieux oublier ce qu'il se passait, qu'ils étaient et pourquoi il ne devait pas faire ça. Oublier un instant Limonkov et la résistance, tout oublier. Juste connaître à nouveau ce corps qu'il lui appartenait. Il fallait avouer, la robe bustier l'aidait bien, dénudant déjà une partie infiniment désirable de son ancienne fiancée. Les lèvres de Ben se posèrent délicatement dans son cou, descendirent pour couvrir la peau pale des épaules de baiser, avant de s'attaquer au début de la poitrine. D'un geste, il fit place nette sur le bureau de John. Quelques livres s'écrasèrent au sol, le coupe-papier glissa par terre avec un bruit métallique, mais rien n'y personne n'y prêterait attention de toute façon. Il souleva Ruth dans ses bras, toujours en l'embrassant, et la plaqua sur le bureau, la dominant largement. Le jeu ne faisait que commencer. Il se débarassa de sa veste d'uniforme et de sa chemise, révélant les larges cicatrices dues à l'accident en Russie, et continua à la dénuder elle, faisant glisser à terre cette robe si inutile, pour pouvoir la prendre elle...

Car elle était à lui, bon sang, au moins pour ce soir...
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MessageSujet: Re: The things that drive men crazy || Ruth Jeu 5 Déc - 11:49


IL y avait du vrai dans ce que disait Ben, elle ne pouvait pas le tuer sans avoir des problèmes à son tour. Lord Voldemort exigeait d'avoir la primeur sur les traîtres et on ne désobéissait pas au maître sans en sentir les conséquences. Pouvait-elle le livrer à Voldemort ? Pouvait-elle le livrer aux autres mangemorts ? Elle savait que non, c'était une chose que de jurer qu'elle le tuerait elle-même, s'en était une autre que de le livrer aux autres. Sa promesse était faite par amour, en quelque sorte, c'était le seul amour tordu qu'elle pouvait encore montrer. Ils n'étaient plus rien et ne pouvaient plus rien être. Leur destin avait à chacun prit une tournure bien différente de ce qu'ils avaient imaginés. Leur chemin ne pouvaient plus se rejoindre désormais, Ben ne pouvait plus revenir dans son camp, pas plus qu'elle n'aurait pu aller dans le sien. Ils étaient un souvenir, un vestige du passé tout comme leur relation. Si Ben devait mourir ça serrait de sa main, sa mort serrait rapide et propre. Elle ne pouvait pas, elle ne voulait pas laisser d'autres personnes s'en mêler, pas cette fois-ci. Leurs chemins étaient-ils vraiment obligés de se séparer ? Probablement pas, mais ce qu'il y avait d'admirable chez les Mulciber et chez les sangs-purs en général, c'était leur capacité à se compliquer la vie à tout les instants. Trop rigide, trop fier, leur politique passait avant le reste et qu'importe qu'ils soient malheureux, qu'importe qu'ils soient dans le vrai ou dans le faux. Une fois lancé, ils ne s'arrêtaient plus. C'était le cas de Ruth, elle ne pouvait pas se permettre de remettre ses idéaux en question, elle était déjà allé trop loin que pour revenir sur ses pas. Persuadé d'avoir raison, elle s'en tenait à son raisonnement sans chercher à aller plus loin. Le purisme vaincrait et ils écraseraient tous ceux qu'ils devaient sur son passage pour atteindre leur but. Même Ben, surtout Ben, mais si elle pouvait lui éviter une rencontrer avec ses anciens collègues, elle le ferrait. Elle se laissa embrasser gentiment et murmura, plus pour elle-même que pour lui :

"A chacun sa mort.", parce qu'après tout, c'était tout ce qui leur restait. Une vie de gâcher, pour une mort qu'aucun d'eux ne choisiraient. Ils n'étaient que des pions manipuler de part et d'autre prétendant avoir encore un libre arbitre. Douce illusion sous la dictature qui était la leur, dictature que Ruth elle-même contribuait à maintenir au pouvoir. Pourtant cette illusion de libre arbitre était nécessaire, c'était ce qui leur permettait à tous de ne pas devenir fous.

Ils se regardèrent un moment, il y avait quelque chose dans son regard, une sorte de détresse qu'elle ressentait aussi en ce moment même qui la toucha. Il ne la repoussa pas et l'embrassa à son tour. Elle aurait du l'arrêter, elle le savait. Le simple fait de se trouver dans cette pièce avec lui était une trahison. Elle ne voulait pas y penser, juste l'espace de quelques heures, elle voulait oublier. Ce qui était juste un baisé, fini par dérivé en autre chose, avec une certaine fébrilité, les vêtements tombèrent les un après les autres. Ben fit de la place sur bureau de John et elle entendit divers objets tomber sans qu'elle s'en souciât le moins du monde. Si elle avait été en état de ressentir autre chose que l'excitation provoquée par l'anticipation de ce qui allait suivre, elle se serrait probablement tracassée de ce que John penserait de son bureau quand il le verrait le matin. Mais pour le moment, elle était incapable d'y penser et après l'avoir aider à retirer les derniers vêtements qui les séparaient, elle l'attira vers elle.

Elle n'aurait pas réellement su dire comment, ni pourquoi, ni combien de temps ça avait duré mais du bureau, ils finirent par se retrouver sur la chaise, puis de nouveau le bureau haletant, se regardant sans un mot. Ce n'était pas nécessaire, que pouvaient-ils dire qu'ils ne sachent pas déjà l'un et l'autre ?

L'embrassant une dernière fois, elle se promena  nue dans la pièce à la recherche de ses effets éparpillés dans la pièce. Elle ramassa sa baguette qu'elle avait laissée tombé à un moment où à un autre puis celle de Ben dans la foulée. Elle posa la sienne sur le bureau, signe qu'elle ne ferrait rien, même maintenant. Elle lui tendit la sienne sans un mot, regardant à la dérobée la marque qui ornait son bras. Elle était toujours là, la même qu'avant, elle s'en étonnait, on lui avait souvent dis que les résistants avaient cette odieuse manie de couper le bras au mangemort qu'ils trouvaient. Elle observa les cicatrices qui lui ornaient le torse. A présent, elle était calmée, toute la rage, la frustration, la colère étaient en majorité partie, il ne restait plus que la fatigue, et beaucoup de question.

"Qu'est-ce qu'il s'est vraiment passé en Russie ?"


Elle voulait le savoir, de sa bouche et pas de celle d'un autre. Certes, elle irait voir John, c'était suicidaire en quelque sorte, mais elle méritait des explications. Elle méritait autre chose qu'un mensonge, et si John n'était pas de son avis, tant pis. Mais on lui avait mentis une fois, elle ne doutait pas qu'on lui mentirait de nouveau. Ce n'était pourtant ni le lieu, ni le moment pour avoir ce genre de conversation. Le temps n'était pas aux explications, ils étaient restés bien trop longtemps dans le bureau, il aurait suffit qu'une seule personne monte et ils auraient été découverts. Ce n'était pas de l'inconscience, c'était du suicide. Pourtant, il n'y aurait jamais de "bon moment" pour en parler, parce qu'ils n'auraient probablement plus jamais le temps de parler. Aujourd'hui était une exception, ils avaient établis l'espace de quelques heures, une zone neutre mais ca ne pouvait pas se reproduire. Ca ne devait pas se reproduire, à aucun moment. Leur prochaine rencontre serrait fatale au moins pour l'un des deux. Elle lui tourna le dos, ne s'attendant pas à une réponse de sa part, elle n'en aurait probablement jamais, il faudrait se contenter de la version de John, ou celle de Mike, elle en ferrait parler un des deux quoiqu'il arrive et peu importe le temps que ça prendrait.

Elle remit ses sous-vêtements toujours le dos tourner et enfiler sa robe, elle remonta la fermeture éclair et mue par un réflexe d'une autre époque, elle se tourna vers Ben. " La  tirette s'il te plaît." C'était fou comme ce genre d'habitude revenait vite. C'était des souvenirs d'une autre vie, où ils étaient jeunes et cons comme on disait à présent. Elle se souvenait d'une scène similaire à Noël, il était passé la chercher chez elle avant de venir chez John, ils avaient fait l'amour et s'étaient dépêché pour se rhabiller sachant pertinemment qu'ils étaient en retard et qu'ils auraient droit à des remarques en arrivant. Cette fois-ci, les conséquences seraient bien plus graves que quelques remarques graveleuses de la part de leur famille.

Elle se tourna vers lui, l'observant gravement, "Ca ne peut pas se reproduire, tu le sais." Non, ca ne pouvait pas se reproduire. Au final, heureux les mangemorts sans sentiments, ceux dont elle faisait partie, il y avait quelques heures à peine. C'était bien plus simple, bien plus facile, la famille, les amis, les amours, tout ça n'étaient que des barrières superflues qui les empêchaient de se concentrer correctement sur leur cause. Elle comprenait un peu mieux maintenant quand on disait que ceux qui avait une famille étaient plus faibles, il valait mieux rester seul, c'était bien plus simple pour tout le monde. Au final, c'était une bénédiction qu'ils se soient trouvés dans le bureau de John. Elle ne s'en voulait pas de ce qui était arrivé mais elle se rendait compte qu'un lieu aussi peu intime les forçait à regarder la réalité en fasse. Dans une chambre, ils auraient pu s'illusionner, s'endormir après l'acte, prétendre que tout était normal, ici la réalité les rattrapait aussi durement qu'ils avaient voulu la fuir.

____________________________________


“How do you move on? You move on when you finally understands that there is no turning back.”


Dernière édition par Ruth U. Alexïeva le Lun 9 Déc - 0:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The things that drive men crazy || Ruth Jeu 5 Déc - 17:58


Tout ça était si loin, et en même temps si proche. Le temps où le jeune et brillant duelliste qu'il était, âgé d'à peine vingt-deux ans, que le département des jeux et sports magiques n'avait pas pu ne pas inviter au Tournoi des Trois sorciers malgré son nom de famille détesté par le Ministère était loin. Pourtant Benjamin se souvenait parfaitement de cette journée, lorsqu'il s'était assis dans les gradins, si impassible dans son uniforme militaire, qui avait invité une cousine un peu plus jeune que lui à boire un verre. La blondeur pâle de Ruth, et puis ce caractère si particulier qu'elle possédait l'avait charmé, et finalement n'avait pas cessé de le hanter. Un jour, il l'avait perdu et ne pensait jamais la revoir, et voilà, maintenant, à nouveau, elle était là. Pourtant, bizarrement, bien qu'il n'attachait pas une grande importance à son passé, rien ne cessait jamais de hanter Ben, comme si tout ce qu'il avait gagné et perdu se fondait en lui pour façonner cette personnalité si rude et si terrible, où rien ne filtrait. Seul parfois transpirait de lui un cynisme froid, mais rien de plus. Benjamin avait toujours été cynique et provocateur mais depuis longtemps il semblait avoir oublié ce qu'était rire et sourire, au profit d'un rictus plus froid, plus dur, malgré les qualités, qui elles n'avaient pas disparu. Benjamin Mulciber était un type bien. Il ne possédait rien de grand, pourtant. Est-ce que j'ai une gueule de héros ? Je ne sais plus me battre pour de grandes causes, moi, si je l'ai jamais su. En fait, il ne savait pas vraiment qu'il l'était. Par certains coté, il était très sale con. On ne devenait pas ami avec un Vaas Lonero sans admettre l'idée qu'on avait un sens moral au mieux élastique, au pire inexistant. Et rien ne l'intéressait à part la vengeance, celle d'une vie volée. J'avais un avenir. J'avais une vie, et vous me l'avez prise.

C'est là qu'entrait en jeu le type bien, car dans le fond, si Benjamin Mulciber était très égoïste et foncièrement tourné vers lui même, par moment, il cessait de penser à lui. Pragmatique, logique, cynique, oui, parce qu'il jugeait avec son cerveau. Sauf que voilà, comme tous les autres hommes, il  était idiot et utilisait son cœur, souvent, et il aimait, et parce qu'il aimait, souvent, il en venait à devenir meilleur, sans le savoir, sans le comprendre. De toute façon, personne ne chercherait à le comprendre, ils en étaient foutrement incapable, en face, car ils étaient pire que Limonkov. Cent fois pire. Aigris, et bien décidés à briser le destin du monde. Vous n'êtes pas différents de nous. Eros et poussière comme tout le monde, rampant dans la fange à la recherche de réponse dont on pourrait très bien se passer.  C'est John qui lui avait dit ça, un jour, ça faisait au moins un homme lucide parmi tous les ennemis de Ben.

Le problème, ce n'était pas le fait qu'ils étaient ou n'étaient pas comme lui, non. Benjamin savait très bien d'où venait le problème. C'est qu'ils se croient différents. Regardez, moi. Frères humains, laissez moi vous raconter comment ça s'est passé. On n'est pas votre frère, rétorquerez vous, et on ne veut pas le savoir. Mais si. J'avais des raisons de faire ce que j'ai fait. Bonnes ou mauvaises, je ne sais pas, mais des raisons humaines, en tout cas, venant du plus profond désespoir qui soit, comme les raisons qui vous ont poussé à devenir des bêtes. Voilà ce qui est terrible : ceux qui tuent sont des hommes, comme ceux qui sont tués. La différence, c'est que vous refusez de l'admettre, vous vous rêvez froids, de glace, éliminant tour à tour tout autour de vous ce qui pourrait vous rappeler votre statut d'homme, parfois en pleurant, parce que quoi que vous disiez, vous êtes comme les autres, vous êtes un homme comme moi. Vous ne le voulez pas ? Très bien, alors taisez vous quand je vous accuse d'être des bêtes.

Il n'aimait pas ce qu'il entendait, ce qu'elle lui disait, ni ce que ça impliquait. Benjamin perdait les pédales mais là-dedans il était sur d'une chose, et sur de comprendre ce que Ruth sous-entendait. Il posa la main sur sa joue, et l'embrassa délicatement :

« Je les laisserais pas te tuer. Oublie cette idée, Ruth. Oublie ça. »

Il se foutait de mourir, lui. Très simplement, il ne voulait pas la perdre alors qu'il venait de la retrouver, parce que...bon sang, parce que quoi ? Dis le, Mulciber, vas-y. Je sais pas. Je l'aime, je sais pas pourquoi. Comme il avait aimé Natasha, il pensait avoir oublié le reste, mais dans le fond c'était faux. Il ne voulait pas que Ruth meure, et encore  moins à cause de lui. Alors voilà, ce serait fini après ce soir. Ils ne se reverraient plus, c'était bien fini, ainsi elle n'aurait pas à le tuer, ni à mourir. Pourtant, un instant, ils purent briser ce carcan si dur qui les empêchaient de se revoir. Créer une sorte de no man's land où ni bourbisme ni purisme ne trouvaient leur place. Benjamin repassa le pantalon d'uniforme et les bottes noires, cirées et luisantes, avant de récupérer sa chemise, observant Ruth du coin de l'oeil. Toujours aussi belle, et maintenant, elle ne lui appartiendrait plus.

Il finit de remettre sa veste et récupéra sa baguette. Ce qu'il s'était passé en Russie ? L'histoire était trop longue et trop peu sujette à être bien prise par Ruth pour la raconter entièrement.

« Quand j'étais à Arkhangelsk, je dirigeais un camp de prisonniers...un jour, la fille du chef du principal mouvement bourbiste, Radeskine, le nouveau président, a été arrêtée, et transférée au camp. Sauf que son camp a décidé de la libérer. On perdait : j'ai décidé de l'évacuer vers un autre camp, on ne pouvait pas transplaner, j'ai chopé une moto. Un de mes hommes, un des derniers survivant, à du me prendre pour un bourbiste, ils nous a tiré dessus. J'étais dans un sale état, après ça, j'avais l'intégralité de la cage thoracique défoncé, et puis bon, une partie de la main droite a été emportée – le froid a pas aidé d'ailleurs... »

Il ne savait pas si elle écoutait, ni pourquoi il le racontait. C'était la vérité. Une partie de la vérité. La seule qu'elle aie besoin de connaître. Le reste est mort, de toute façon, le reste est fini, enterré. Même leur vie d'avant, qui revint le frapper d'un coup, si terriblement. Les souvenirs, il ne pouvait pas s'en débarasser. Il l'aida à remonter la fermeture éclair, sans rien dire, il songeait sombrement, à quelque chose. Il ouvrit son portefeuille, et sourit :

« Je passe pas mal de temps à essayer de me plus me rappeler qui j'étais avant, mais ça ne suffit pas à oublier que t'es plus là. J'ai gardé, tu sais, cette vieille photo, celle que t'aimais pas. » Elle était là, plié, déchirée au coin, bien protégée, à l'abri du portefeuille. C'était une des soirée comme ils en pensaient couramment avec Tom et Mike dans les bars branchés de Londres. Pour l'occasion, il y avait aussi la femme de Tom, la première et la copine de Mike. Aux dernières nouvelles, la première était morte et la seconde avait plaqué Witcher. Qu'ils paraissaient insouciants. Si jeunes. Si fragiles. Dépassés, et bien mort. Il sortit aussi une bague, un anneau, si particulier parce que tellement fort : la bague qu'il avait offert à Ruth pour leurs fiançailles. « Tu te souviens comme on s'était engueulés, parce que je disais que je l'avais perdu ? C'était pas tout à fait vrai. Je voulais la garder parce que tu allais me manquer, parce que j'avais besoin de toi. Alors voilà...je te la rends. Garde là, jette là, fais en ce que t'en veux. »

Ca ne pouvait pas se reproduire. Non. Bien sur que non. Benjamin sourit, et se pencha vers son amante, ex-fiancée, amour retrouvée, pour l'embrasser une fois encore, puis il ouvrit la porte et la tint ouverte pour elle :

«  Si tu m'aimes, c'est tout ce dont j'ai besoin. »

Il lui lâcha la main une fois dans le couloir :

« Allez, vas-y. Je pars de l'autre coté. »

Ils ne se reverraient plus.

Non.

D'où venait, alors, ce sourire si convaincu du contraire ?
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MessageSujet: Re: The things that drive men crazy || Ruth Jeu 5 Déc - 22:08

Des paroles, des paroles, c'était tout ce qui leur restaient mais qu'en serrait-il lorsqu'il faudrait en venir aux actes. Qui des deux auraient la main assez forte pour accomplir ce qui devait être fait. Lequel d'entre eux deux flancheraient en premier ? Un des deux flancherait forcément, si pas les deux. On a beau se prétendre sans cœur, on a beau se prétendre incorruptible, il y a toujours une faille. Aussi infime soit-elle, il suffit de la trouver pour briser l'équilibre. C'est pour ça  que les plus grands sociopathes, les plus grands meurtriers, les plus grands politiciens ont toujours tout sous contrôle, parce que le contrôle c'est le pouvoir mais c'est aussi la possibilité d'empêcher qui que ce soit d'atteindre la faille qui peut vous briser. Plus on se détache des gens, plus on coupe ses attaches, moins on est vulnérable, c'était une règle qu'ils apprenaient tous dans leur milieu et souvent à leur dépend. Pouvait-il l'empêcher d'être tué simplement parce qu'il le voulait ? Elle n'était plus sa petite cousine, si jeune qu'il fallait la protéger, si jolie qu'il n'avait jamais su lui dire non. Elle prenait ses propres décisions depuis bien longtemps, et ce, sans lui à ses côtés. Elle aurait voulu lui répondre qu'il ne pouvait rien y faire. Qu'il fallait bien qu'elle meure un jour et que contrairement à ce qu'ils avaient pensés, ça ne serrait pas à ses côtés. Mais elle ne dit rien de toute ça, les mots restèrent caler dans le fond de sa gorge. A quoi est-ce que ça servait d'argumenter, aucun des deux n'auraient le dernier mot, elle était têtue, même quand elle savait qu'elle avait tord, surtout quand elle avait tord. Alors, elle oublia l'idée, momentanément du moins, elle la laissa dans un coin de sa tête parce que ça ne servait à rien d'argumenter avec Ben. Pas quand elle  n'était pas sûre d'avoir le dernier mot. Et puis ils étaient occupés et pendant quelques temps au moins, elle put vraiment oublié.

Pendant qu'elle se rhabillait, elle l'écouta sans un mot parler de la Russie. Elle se souvenait encore de la scène qu'elle avait faite quand il lui avait annoncé son départ en mission. Elle avait toujours su qu'il ne serrait pas toujours présent mais elle n'avait pas pu s'empêcher de s'énerver sur lui même si ce n'était pas sa faute. Son départ inattendu postposait le mariage à dieu savait quand. C'était une bêtise, elle le savait mais ça ne l'avait pas empêché de faire une scène où elle avait été particulièrement odieuse, de guère lasse, il lui avait proposé de se marier avant, juste officiellement et de faire la cérémonie après, elle avait refusé juste pour le contrarier en arguant que c'était stupide. Elle était toujours de mauvaise fois quand elle était en colère. Ils s'étaient réconciliés peu de temps après, elle n'avait jamais su lui faire la tête très longtemps mais elle n'avait quand même pas voulu d'un mariage à la sauvette. Ils s'étaient encore disputés avant son départ, tout ça à propos de sa bague. Elle avait regretté de s'être emporté pour des bêtises, surtout à l'annonce de sa mort, elle avait été taraudé par les regrets mais elle ne pouvait rien y faire, il n'y avait pas de retour en arrière pour eux. Il ne lui disait pas tout, elle s'en doutait, mais elle se rendait compte que sa prétendue mort en Russie n'était que le fruit du hasard. Quelle connerie, elle ne trouvait pas d'autre mot, que de se faire tirer dessus quand on était un sorcier. Elle sentit la colère remonter en elle, abattu par un des leurs, pas même pas l'ennemi, si ce n'était pas ironique. C'était rageant, parce qu'elle ne pouvait rien y faire, on ne change pas le passé. C'était donc de la que venait ses blessures, les deux doigts en moins.... C'était insupportable de l'avoir cru mort alors qu'il était vivant. Ils s'étaient tout les deux crus abandonnés dans le fond. Il lui avait reproché de ne pas avoir cherché à le retrouver, et il n'avait pas tord, elle n'avait pas cherché, elle avait cru ce qu'on lui avait mis sous les yeux sans chercher plus loin, sans poser de question. Elle savait qu'il avait dis ça pour lui faire mal mais il y avait tout de même une part de vérité dans ses propos même si concrètement, qu'aurait-elle pu faire de plus que ses propres parents ?

Elle le laissa remonter sa fermeture éclair profitant du bref contact de ses mains sur sa peau comme d'un petit plaisir qu'elle savait coupable et se tourna pour lui faire fasse. Il s'était rhabillé lui aussi, sa chemise et sa veste cachant ses cicatrices. N'eut été ses deux doigts en moins et ce visage qu'elle connaissait si bien, on aurait pu croire qu'il était Daniel. Elle le regarda sortir de son portefeuille une vieille photo. Elle datait d'il y avait si longtemps mais elle s'en souvenait, elle avait détesté cette photo prise à son insu par un de leur ami du moment. Sur la photo en noir et blanc, ils bougeaient, tous souriant, jeunes, beaux, imbus d'eux-mêmes, sur de leur succès. Qu'étaient-ils devenus à présent, Mike était un homme brisé, comme beaucoup d'entre eux. Tom qu'elle n'avait pas revu depuis des années avait trahis, sa femme était morte, et la copine de Mike, elle ne savait pas où elle était maintenant. Elle caressa du bout des doigts la photo abimée par les années avec un sourire nostalgique.

"Je m'en souviens, je ne l'aimais pas parce que j'étais décoiffée dessus.", elle eut un rire indulgent pour cette ancienne version d'elle, qu'est-ce qu'elle avait pu être superficielle. C'était l'image qu'elle aimait renvoyer aux gens, ça permettait d'être sous-estimée, on ne se méfiait pas d'une jolie fille superficielle.  C'était une belle photo en réalité, ils respiraient tous le bonheur dessus et au fond, c'était l'essentiel, ils avaient été heureux au moins à un moment de leur vie, ils avaient vécus dans un bonheur presque parfait. C'était une chance que bien peu avait mais ça rendait également la chute plus difficile. Que valait la politique, les machinations, face à un peu de bonheur ?
Personne ne pouvait répondre à cette question honnêtement parce que personne ne pouvait assumer la réponse, elle pas plus qu'un autre. Elle le regarda sortir la bague, sa bague avec surprise. L'afflux de souvenir fut tel qu'elle posa une main sur le bureau comme pour se soutenir. Voilà où était passé cette foutue bague, après tant d'année, elle la voyait de nouveau devant elle. Il la lui tendit et elle la prit l'examinant sous toutes les coutures. Le bijoux était familier et allait de pair avec le collier qu'elle portait aujourd'hui. Ses parents lui avaient offert pour que les deux aillent ensemble. Une discrète bague en or blanc, surmonté d'un très discret saphir.

"Tu vois que c'est toi qui l'avait.", le ton était délibérément accusateur, parce que des années après, elle prouvait qu'elle avait raison. Ils s'étaient disputés toute une soirée à propos de cette bague et Ben lui avait avoué l'avoir perdue. Elle avait râlé sans fin persuadée qu'il lui mentait et qu'il n'oserait pas perdre un objet aussi important pour elle. Ils s'étaient beaucoup disputés cette semaine là quand elle y pensait, probablement parce qu'ils savaient que la séparation serrait longue. Ils étaient tout les deux tendus, comme si ils avaient eu le pressentiment que quelque chose de funeste allait arriver. Elle contempla la bague sa main droite dans la sienne. Pouvait-elle la jeter maintenant qu'elle l'avait récupéré ? Elle savait que non, l'objet avait bien trop d'importance pour elle, sans un mot, elle la glissa à annulaire gauche. C'était sa place après tout, au moins pour ce soir. Elle regarda sa main et se contenta de répondre avec un sourire en coin : "Je me suis toujours douté que c'était toi que tu ne l'avais pas réellement perdue."

Elle se laissa embrasser une dernière fois sans rien ajouter, profitant d'un dernier instant de tranquillité, d'un dernier moment tout simplement. Il lui tient la porte tandis qu'elle sortait sa baguette à la main. Certaines habitudes ne se perdaient pas qu'on fasse partie de la résistance ou non, la galanterie était l'une d'elle apparemment.

Benjamin Mulciber était un homme heureux, songea-t-elle si la savoir amoureuse était tout ce dont il avait besoin. Besoin pour faire quoi ? Pour continuer à se battre contre elle ? Contre sa propre famille ? C'était quelque chose qu'elle ne pouvait pas comprendre, pour elle, rien ne serrait assez, rien ne pourrait jamais compenser ses espoirs déçu, alors oui, elle détruisait la vie de gens plus heureux quelle. Après tout, qu'importait que d'autre soit heureux si elle ne l'était pas. Pour Ruth, c'était tout ou rien et même tout était rarement assez. Elle supposait que ça signifiait qu'il l'aimait encore aussi au moins un peu, sans quoi, il n'aurait jamais gardé la bague, pourtant même ça ne suffisait pas. Mais c'était peut-être un mal pour un bien, que ferrait-elle si il disait l'aimer encore ? Elle ne savait rien et peut être ne valait-il mieux ne pas le savoir. Finalement, l'ignorance n'était jamais qu'une bénédiction déguisée. Elle le regarda gravement alors qu'il lâchait sa main.

"Ce n'est passez, ça ne serra jamais assez, tu le sais."

Il eut un moment de silence et alors qu'elle s'apprêtait à lui tourner le dos pour prendre le chemin des escaliers qui la mènerait à la salle des fêtes, elle lui dit d'une voix dure,
"Ne meurs pas." C'était un ordre, autant qu'une supplique. Sans attendre une réponse, elle s'en fut, pressée de mettre une distance entre elle et lui. La bague toujours à son annulaire, elle descendit les marches pour affronter le reste de la soirée.

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