POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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The compassionate rose || Privé

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Benjamin Mulciber


MessageSujet: The compassionate rose || Privé Lun 20 Jan - 11:32

Les pas ne résonnaient que très peu dans la neige. Limonkov marchait devant, sans prendre le temps de regarder autour de lui. Il marchait simplement, sans se poser plus de questions que ça, car il savait où il allait. Son but était proche. Le froid le glaçait. Mais il s'en foutait. Cette fois le plan était bon et ne souffrait aucune contestation. Il ne pouvait que réussir. Il réussirait. Serguei éleva la voix :

« Imagine si on se foire...
- Imagine moins et marche plus. »

La réponse était impitoyable et logique. Benjamin ne voulait pas parler, juste marcher. Hurlev voulait venir, maintenant il assumait. Le russe continua néanmoins, maugréant dans sa vieille et courageuse moustache de morse :

« Je sais, mais quand même, j’en ai marre. C’est juste pour le dire. Se plaindre des fois, même sans rien pouvoir changer, ça soulage un peu !
- Tu sais, Hurlev, c'est parce que tous ceux qui pourraient changer quelque chose sont comme toi que ça ne bouge pas. Bougera pas. Trop accaparé par des montagnes de tracas personnels, ensuite, dans les brèves failles où le calme surgit, ne subsistent que les reliquats du bonheur individuel. C'est tristement humain. Alors il faut que les parias comme moi vous motivent. Ca vous change de votre politique habituelle.
- Eh ! Je ne suis pas comme eux, moi ! »

Non. Et pourtant si, d'une certaine façon. Hurlev valait mieux que la plupart des tricards qui servaient de dirigeants dans ce monde. Il valait mieux qu'un type comme Mike. Mais Benjamin désespérait toujours aussi franchement de l'humanité. Il voyait bien ses défauts. Beaucoup trop. D'une lucidité surprenante, il ramenait l'homme à ce qu'il était en premier, un animal qui cherchait à se défendre. Il n'était pas cynique. Il savait que l'homme fonctionnait à une chose, l'instinct, et qu'il ne fallait pas trop chercher à voir plus loin, parce qu'on ne découvrait qu'une pyramide d'hypocrisie, qui composait le système. Système dont il avait fait partie. Aujourd'hui ça le dégoutait. Parce qu'aujourd'hui il savait, et il méprisait l'intégralité du système, des hommes qui se paraient de grands noms et de grandes aspirations. Une chose comptait en tout premier lieu : l'instinct. C'est ça la conjuration primitive. Notre propension à être violents et à nous adapter grâce à la violence pour survivre à tout, pour nous hisser très rapidement au sommet de la chaîne alimentaire, témoigne d'une anomalie comportementale forte. D’où notre capacité innée à être violents. C'est ce qui pousse les enfants dès leur premier âge à jouer à se faire la guerre, alors qu'ils sont si petits. C'est atavique. C'est là notre moteur, notre énergie principale, qui nous a conduits à conquérir tout l'espace qui s'offrait à notre espèce et à asservir toutes les autres. Nous nous propageons sans contrôle, sans limite, au péril même de nos ressources, et s'il le faut, nous nous ferons nous-mêmes la guerre pour survivre sur le territoire le plus fertile quitte à nous massacrer par millions. Tout cela se résume à ça. Il n'y a pas de purisme. Il n'y a pas de bourbisme, ce sont des mots, du vents, simplement.

Limonkov ne croyait plus à ça. Ce qu'il avait fait et ce qu'il avait vu faire ne tenait tout simplement pas de la logique, quelle qu'elle soit, mais simplement du hasard et d'un instinct primaire qui signifiait que tout homme en face de soit était un péril qu'il fallait éliminer. Sommes-nous aveugles et hypocrites pour oublier que l'essence même de ce que nous sommes tous est bestiale ? Manger, dormir, se reproduire...et tuer pour survivre, s'il le faut. Pour protéger ses petits. L'aurait-on oublié? La société nous a appris à cacher cet aspect primaire sous des couches de vernis, mais au fond, tout au fond, nous sommes encore ces mêmes bêtes, comme toutes celles qui arpentent cette foutue planète, peut-être que ce qui nous différencie d'elles, c'est notre capacité à nous fabriquer ces vernis. Voilà. Benjamin refusait les grands discours sur la facilité bourbiste. Sur la difficulté puriste, et sur son coté idéal. Non, cela était faux pour lui.

Il n'était pas plus facile d'être ce qu'il était. Comment ça pourrait être plus facile d'être poursuivi en permanence plutot que d'avoir la meilleure position du monde ? C'est quoi sa logique à Valverde ? Ah oui. Ils croyaient qu'ils valaient mieux qu'eux. Mais c'était faux. On est frères. On se bat tous pour survivre. Vous en doutez ? Non. N'en doutez pas, vous êtes comme moi. La seule différence entre lui et un puriste ? Lui avouait qu'il se battait pour survivre. Ce n'était pas ce qu'il voulait, à l'origine. Mais ils le forçaient à ça. Violence pour violence. Des gens comme Mike, comme Valverde, comme John. De la haine gratuite. Benjamin savait pourtant qu'elle ne venait pas de nul part, mais ce n'était pas pour autant qu'elle était juste. Imaginons qu'ils étaient battu par leurs pères, violés et tout le toutim, et ensuite ? Pourquoi on leur a fait ça ? Leurs pères aussi ont été violés et battus ? Ca n'a donc jamais de fin, c'est une spirale de haine et de violence qui n'a pas de début ni d'achèvement ? La genèse de ces monstres, le tout début, il provient d'où ? Ce mal qui a un jour frappé un homme, il s'est fait comment ? On va continuer comme ça longtemps ? Non. On y mettra un terme. L'odyssée de Benjamin se finirait là. Il en mourrait peut-être. Qui savait ? Mais il finirait tout cela. Car en traversant toute cette haine, il n'avait pas vu que cela. Il naviguait sous un ciel noir, sondait des zones d'inconfort. Pour mieux comprendre. L'homme et sa civilisation. Ce qu'il y avait de pire en l'homme pour mieux aimer tout le reste. Le reste ? Il y avait toujours une guerre à mener, même en temps de paix. La guerre contre les doutes, la guerre contre l'ambition professionnelle trop accaparante, la guerre contre les blessures qui empêchent de grandir...la guerre pour l'amour, et pour la vie, pour des gens infiniment meilleurs que lui, parce que la seule grande différence entre les résistants et leurs frères contraires, c'était uniquement qu'ils savaient ce que valait la vie et qu'ils réussissaient à simplement ne pas hair.

Il avait trente-trois ans et une étrange lueur dans le regard lui en donnait beaucoup plus. Ses prunelles se fixèrent dans le miroir, réalité contre illusion réfléchissante. Ses yeux sombres semblaient deux plaies béantes couleur océan. Le regard ne tombait pas, il demeurait droit, profond, dégageant une force peu commune. Benjamin l’avait souvent remarqué, lorsqu’il insistait en appuyant sur ses mots, agrippant de ses yeux son interlocuteur, rares étaient ceux qui ne finissaient pas par capituler. Il s’était déjà interrogé sur les raisons d’un pareil magnétisme, car il n'avait rien d'un grand chef à la Tom Jugson. Juste qu'il était lui, il croyait en ce qu'il défendait. Il croyait réellement en l'amour, en des choses bonnes et réelles et droites.

Voilà. Maintenant il allait attaquer encore une fois un manoir qu'il commençait à bien connaître. Je vais avoir ta peau, Mike. Il s'acharnait sur Witcher. Parce que Witcher était accessible. Très accessible. Sinon, il y avait Ruth, mais ça...non, il ne pouvait pas. Il ne le disait pas à Tom, pas encore. Il retardait le moment. Ca ferait mal. Il éclaira la porte du manoir. Non réparée. Bien. Parfait. Mulciber murmura un sort. Quelque chose sembla s'effondrer dans l'air.

« Viens. »

Ils traversèrent le parc comme deux ombres silencieuses. Limonkov fractura une fenêtre sans trop de bruits, avantage d'une vie de clandestinité, il savait s'introduire chez les gens. Et comme il connaissait le manoir, ils passèrent directement dans le bureau de Mike. Vraiment personne. Bon, très bien. Immédiatement, ils se mirent à fouiller des documents. Ceux qui restaient sur le bureau devaient être le plus récents. Limonkov ouvrit plusieurs dossiers, puis d'un coup, poussa un sifflement aigu, mi-impressionné, mi-amusé :

« Ben mon salaud, va falloir qu'on cause. »

Hurlev le regarda d'un air supris. Benjamin rafla toute la pile de dossiers et épingla une carte sur le bureau. Tous les systèmes ont une faille, ciao Mike. Sans attendre le retour du propriétaire, ils disparurent dans la nuit, sans même passer par Glasgow. Au contraire, ils arrivèrent dans un coin perdu du quartier sorcier de Norwich. Un immense batiment gothique, peu éclairé, dominait la scène. La lueur d'une cigarette attira le regard de Ben. Non, pas d'une cigarette. Cigare.

« T'es en avance, Vaas. Ca change des gens qu'ont aucune ponctualité. »

Il faudrait qu'ils parlent...après. Le plan du soir ? Ravager le siège de la Mulciberian Chemistery. Pacte payé encore une fois par la Russie. Benjamin adorait foutre le bordel. Le plan était très simple. Il adorait bosser avec Vaas pour ça. Pas de prise de tête, on faisait tout cash, et puis voilà. Il rappela une dernière fois les règles du jeu :

« T'as carte blanche, sauf sur les gens. On est d'accord ? »

Il lui laissait tout le fric qu'ils pourraient trouver, puisqu'il n'en avait rien à foutre, comme ce qui se fabriquait ici. Benjamin se foutait de tout ça, mais pas des gens. Pas de violence. Il ne pouvait pas se permettre un deuxième écart, sinon Jugson le tuerait. Apparemment, tout le monde était partant. Limonkov laissa partir les mercenaires en avant, et suivit le mouvement, cigarette allumée à la bouche. Hurlev demanda :

« Imagine si...
- Imagine moins et marche plus. »
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MessageSujet: Re: The compassionate rose || Privé Mer 22 Jan - 2:04

Le soir tombait lentement sur l'Angleterre. Le climat était rude à vrai dire. Il faisait froid, horriblement froid en cette période de l'année à cette endroit du globe terrestre. Les averses s'enchaînaient les unes après les autres, le froid mordant glaçait les moindres lèvres pointant dehors leur bout rosé. Au fond, ce n'était pas l'absence de soleil qui agaçait le mercenaire désormais au service de l'Intendance pour un contrat des plus honteux et monstrueux que l'Humanité n'ait connu. Non, ce qui l'agaçait c'était la température. Lui qui avait grandi sur l'archipel de Rook où régnait un soleil tropical, une chaleur écrasante, une humidité ambiante presque réchauffante et étouffante... Oui, porter un manteau lui brisait le moral, car ce n'était simplement pas dans sa nature, clairement pas. Il vivait en treillis et débardeur toute l'année, qu'importe l'heure ou la météo. Cependant, ici, ce n'était clairement pas possible. Malgré toute sa volonté, Vaas était contraint de porter au minimum un pull, sinon plusieurs épaisseurs pour éviter de tomber à terre, mort de froid. Il était encore un homme soumis aux températures extérieures et aux morts bêtes et méchantes, errantes autour de lui. Aussi, il se contentait, machinalement, de ne rien dire quant au climat pourri de ce pays merdeux qu'il commençait à apprécier pour les occasions qu'il lui filait, mais qu'il haïssait pour tout le reste. Vaas était d'un impulsif assez rare. Il était ce genre de type à vous aimer le matin, à vous accoler le midi, à vous haïr au dîner, avant de vous baiser à minuit. Il n'agissait jamais avec réflexion, avec préméditation, non pas car il n'en était pas capable – quoiqu'on aurait été en droit de se poser la question – mais bien parce qu'il n'y voyait aucun intérêt. Vivre, pour lui, n'avait aucun lien avec le fait d'être un homme réfléchi, peureux, et soucieux de bien faire. Vaas n'hésitait jamais, et l'erreur ne lui faisait pas peur. L'Espagnol était si sûr de lui que même en échouant, il trouverait le moyen d'y voir une manœuvre inconsciente de sa part pour finir jeté dans un trou à ras comme Azkaban. Peut-être finirait-il comme cela après tout, qu'en savait-il ? Rien. Il risquait sa vie à chaque instant, rien que de vivre le poussait à croire qu'il allait mourir. Fouler le pied du moindre territoire cadastré était une insulte à la Grande Justice. Il était une insulte, il le savait pertinemment, il en jouait abondement. Après tout, pourquoi aurait-il dû se sentir honteux d'être si affreux ? Il avait œuvré pour être ainsi, pourtant il était né sans compassion, sans amour, il était né pour devenir inhumain, et il fallait bien insister sur le fait que les Los Magnificos, son gang d'origine, n'y étaient pas pour rien.

Adeptes de la haute criminalité, drogue, enlèvement, trafic d'armes... tout y était passé sous les yeux du gamin de l'époque. Il avait vu des femmes se faire violer comme des objets, des types se faire ouvrir le bide pour y récupérer un vulgaire sachet de cocaïne. Il avait vu passer les armes employées pour les massacres de centre-Afrique. Vaas était un type placé sous le signe astrologique fictif de la violence, aussi ne se rendait-il pas compte, tout simplement, de ce qu'il était pour les autres. Il se savait violent, il ne savait juste pas à quel point. C'était problématique dans certains cas, c'était de l'eau bénite parfois vu qu'il ne mesurait rien, il pouvait partir en plein délire sans jamais se restreindre moralement.

Vaas errait seul, pour une fois, le long d'une route sinueuse de l'Est de l'Angleterre. Il fumait son cigare et tenait dans sa main droite une bouteille de rhum déjà bien entamée. Au fond, oui, il était bourré. Complètement ivre il titubait de droite à gauche tout en riant grassement pour des détails parfois imaginaires. Il gueulait aussi, beaucoup, insultait tout et n'importe quoi, comme l'arbre croisé il y a deux cents mètres. Il gueulait, bon dieu qu'il criait. « Et nique ta mère enfoiré » qu'on entendait résonner dans les collines de l'Est de l'île. Vaas débarque lentement à Norwich, valsant lentement de droit à gauche, c'est une danse macabre et violente tant elle transpire la déchéance du personnage. Le rendez-vous fixé est non loin d'un grand bâtiment typé gothique. Vaas s'adossa contre un mur, alluma un énième cigare, et termina d'une traite sa bouteille. Il patienta là un bon moment, dans le froid mordant, mais avec un sourire amusé aux lèvres. Mains dans les poches, seul son pistolet fétiche dépasse dans son dos brillant à la lueur du lampadaire présent de l'autre côté de la rue qui ne l'éclaire qu'en petite partie. Un clair obscur des plus artistiques. Il fredonnait un air mauvais, et il scrutait le moindre détail de la rue déserte.

Soudainement, deux types arrivèrent, surgissant des ténèbres. Vaas tira largement sur son cigare, éclairant légèrement son visage d'une lueur orangée douce et chaude. Il tira ses bras comme un crucifié et fit naître un large sourire.

-Ah, Benji ! Putain que ton visage de portugais m'avait manqué. C'est qui ton pote là ?

Il lâcha la fumée, et ne laissa pas le temps aux deux autres de répondre.

-Ouais bref, j'm'en balance. Être en retard c'est pas pour moi. La dernière fois que j'ai été en retard, c'était à cause des bouchons sur la rocade de Buenos Aires, j'ai tué six personnes tellement j'en avais ras le cul. J't'explique pas la galère pour échapper à la flicaille après.

Il éclata de rire derrière son cigare explosé. Il fit un geste de la main et un « ouais ouais » quant aux indications de Limonkov et frappa dans ses mains. Les affaires commençaient donc. Ils pénétrèrent dans le siège social d'on ne savait trop quoi selon le mercenaire et rapidement tout se transforma en débacle. Il rafla dans deux sacs l'argent qui lui était destiné, et il se laissa embarquer par une petite séance de dégradation matériel. Il ne se sentait pas particulièrement puissant à cet instant là, pour la simple et bonne raison qu'il ne trouvait pas d'intérêt à faire n'importe quoi dans une zone relativement restreinte. Il ne savait pas trop pourquoi Ben lui avait dit de venir sinon pour rafler l'argent et les médicaments qu'il allait refourguer un bon prix au marché noir. Au fond, il s'en foutait un peu, clairement, de savoir pourquoi il était là. Une chose était sûre, maintenant qu'il était en contrat avec l'Intendance, Vaas avait largement moyen de rafler un maximum de blé sans trop d'efforts. Et si jamais ce putain de Paravell se mettait à faire des siennes en oubliant à qui il avait à faire, c'était toute son opération casse-bonbon qui tombait à l'eau.

Vaas monta les étages tout en chantant haut et fort des hymnes affreux, sans rimes, sans cohésion sonore, tout juste écrits. Vaas chantait affreusement mal, et cela donnait à la scène un côté absurde qui lui plaisait pas mal. Il avait le visage recouvert des éclaboussures de sang dû aux cervelles explosées au pistolet – silencieux juste avant les escaliers – foutus gardes à la con - et il continuait d'avancer tout en se dirigeant vers le sommet du siège, là où devait se trouver le pactole tant convoité, les gros biftons, la tune, le magot, bref, le pizz quoi. Il pénétra dans une énième pièce s'apparentant à un laboratoire d’expérimentations médicales magiques Il tira à bout portant sur les deux femmes et s'approcha de l'espèce de boîte où trônait, allongé, un bébé d'à peine deux ans subissant des observations poussées. Sur le côté étaient marquées « Né-moldu ». Vaas eut un sourire en coin.

-Et ouais mon pote, t'es qu'une pauvre merde.

Et il assigna un coup de cross net et précis, violent et brutal sur le front du bébé qui tomba net dans un sommeil profond et éternel vu la fragilité du crâne. Il commença à siffler une petite valse française tout en raflant quelques médicaments et de continuer la visite. Il débarqua finalement sans s'en rendre vraiment compte dans le bureau principal. Là se tenait une belle jeune femme, droite et fière, derrière elle un autre type moins amusant.

-Salut mes poulets. C'est l'affreux Jojo qu'est venu vous dire BONSOOOOOOIR

Il tira un coup, et le type s'effondra net, balle en pleine tête, entre les deux yeux. Vaas lâcha son sac plein de provisions à revendre et de gallions à encaisser, et écarta les bras.

-Bon bébé, tu vas pas faire ta chienne hum ? Prends ta baguette et vire la de là. Clair ? Tu m'entends ou quoi ? Putain de bordel de merde espèce de petite pute mal baisée, VIRE TA PUTAIN DE BAGUETTE ! MAINTENANT !

Un coup sec parti, son poing s'abattit sur le visage de Ruth qui tituba. Vaas prit la baguette de la mangemort d'un geste brusque et l'envoya valser loin derrière. Il se lécha les babines, tout en déboutonnant sa ceinture avec délectation.

-T'vas voir, on va bien s'amuser toi, moi, et l'engin qui me sert de flèche d'amour!

Tout était une question de goût et de poésie après tout.

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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: The compassionate rose || Privé Ven 24 Jan - 1:07

L’homme en face d’elle était subjugué. Elle avait été formelle quand on lui avait adressé une demande pour faire une interview. Elle acceptait volontiers, mais elle désirait que ça soit un homme qui s’en charge. On ne lui avait pas posé de question. L’arrivée du Seigneur des Ténèbres au pouvoir avait été un choc pour les moldus et le peu de magie qu’ils avaient montré les avait assez terrifiés pour qu’ils se tiennent tranquille un moment. En un sens, elle avait admiré le courage de la personne qui lui avait proposé de l’interviewer. A présent, elle et un dénommé Lawrence était assis dans son bureau et s’entretenait confortablement. Il était arrivé par l’entrée « officielle » de Buckingham Palace. Celle par où tout les moldus rentraient et devant laquelle les journalistes faisaient le pied de grue pour espérer apercevoir les sorciers qui travaillaient à l’Intendance. Les pauvres perdaient leur temps pour rien. Ce n’était pas leur faute, après tout, comment pouvaient-ils imaginer que les sorciers transplanaient directement dans le bâtiment, évitant de se mêler aux indésirables.

Elle avait demandé qu’on conduise le journaliste directement dans son bureau. Pour l’interview, elle avait prit un soin particulier de sa tenue. Elle s’était présenté dans ses autours de sorcière les plus seyants, sa baguette posée sur la petite table à ses côtés, elle avait été l’image de la femme séduisante et parfaite. Aimable, elle lui avait proposé de s’installer et avait bavardé l’espace d’un moment avec lui comme si de rien n’était, le mettant à l’aise pour l’interview. Elle était le visage de l’Intendance pour les moldus. Celle avec qui ils devaient traités, elle avait reçu pour consigne de ne pas faire usage de la magie pour se montrer convaincante, elle devait donc compter sur son charme. Dans l’ensemble, l’homme avait été charmé par son amabilité, aussi bien que par son physique et son discret décolleter. Les questions posées, concernaient bien entendu le rôle de son département et son utilité pour les gens comme lui. Elle avait prévenu au préalable qu’elle ne parlerait pas du reste parce que ce n’était pas son rôle. Soucieux de ne pas contrarier celle qui allait lui donner la première interview faite d’un sorcier, on avait accédé à toutes ses demandes sans sourciller. Ce n’était pas comme s’ils avaient eu le choix après tout.

« Et donc votre département n’a que pour seul but d’assurer la coopération entre sorcier et ce que vous appelez, les moldus. »

« Bien entendu, il ne faut pas voir le mot « moldus » comme un terme péjoratif. C’est juste une manière de faire la différence entre les personnes dotées de pouvoirs magiques et ceux qui n’en ont pas. Les deux communautés ont tout à apprendre l’une de l’autre mais pour ça, il faut qu’elles apprennent à vivre ensemble. Le but de ce département est de facilité cette cohabitation en aidant les personnes n’ayant pas de pouvoir à s’intégrer. Nous voulons fournir à tous et à toute les instruments nécessaires pour que tout se passe sans heurt. Nos façons de faire paraîtrons probablement déconcertantes à beaucoup au début mais je ne doute pas, qu’au bout du compte, nous puissions construire quelque chose ensemble. »

Elle sourit aimablement tandis que l’homme notait ce qu’elle disait. Il n’avait pas pu prendre de dictaphone avec lui. La magie présente dans l’ancien palais royal, lui avait-elle expliqué, était bien trop puissante que pour permettre aux appareils électroniques de fonctionner sans interférence. Il notait donc tout à la main, la regardant en biais tandis qu’elle buvait son thé. Voilà une heure qu’elle était avec lui et qu’elle se forçait à boire son eau chaude pour faire bonne figure. Elle ne rêvait que d’une chose c’était de le voir partir.

« Encore une dernière petite chose si vous le permettez… »

Elle reposa sa tasse sans bruit et l’interrompit : « Ce serrait avec plaisir mais j’ai un rendez-vous avec l’Intendant dans une quinzaine de minutes et je ne peux pas me permettre d’arriver en retard. Néanmoins, je reste à votre disponibilité pour toutes informations complémentaires. »

Elle était toujours aussi souriante mais son regard ne tolérait pas aucune contestation. Elle se leva avec élégance et ouvrit la porte l’invitant à sortir. Elle s’adressa au sorcier en faction qui se tenait devant la porte de son bureau.

« Veuillez le raccompagner à la sortie. »

Elle lui serra la main alors qu’il partait et ferma la porte. L’homme la dégoutait. Un moldu, dans son bureau. Il fallait se faire violence certains jours pour ne pas leur lancer un sort. Cette façon qu’ils avaient de lui parler comme si elle était leur égale. Il apprendrait bien assez tôt que même le pire des sangs-mêlés valaient mieux qu’eux. Mais chaque chose en son temps. Son travail était de les convaincre, les amadouer, leur donner les certitudes qu’ils attendaient et elle le ferrait malgré son dégoût pour eux. Elle ressembla ses affaires et sortit se dirigeant vers le centre du bâtiment pour transplaner. Elle n’avait pas rendez-vous avec l’Intendant, comme elle l’avait dit plus tôt à Lawrence, elle avait juste voulu se débarrasser de lui.

Elle arriva tôt dans la soirée au siège de la Mulciberian Chemistery. Officiellement, elle n’était pas là. C’était le week-end et comme tous les fonctionnaires, elle avait droit à ses deux jours de congés qu’elle passait officiellement en Bulgarie pour contrôler la vente d’un bien familial. Officieusement, elle travaillait sur un projet commun entre son entreprise et celle de son grand-père. Néanmoins, dans un souci de discrétion, sa présence était tenue secrète. Le projet sur lequel ils travaillaient, incluait l’utilisation de moldus et né-moldus, de quoi faire jaser si l’on venait à l’apprendre. Maintenant plus qu’avant, elle devait faire attention à l’image qu’elle renvoyait.

La soirée se passa sans encombre. Avant de partir, elle fit un détour par le bureau de son grand-père pour parler un peu quand un bruit se fit entendre. C’était comme une détonation, mais le bruit n’était pas familier et ne ressemblait pas à celui d’un sort. Elle se leva, anxieuse, se demandant ce qui pouvait bien se passer. Elle ne tarda pas à le savoir quand la porte s’ouvrit violement laissant passer à l’aspect débraillé et clairement pas net. D’un geste instinctif, elle voulu se placer devant son grand-père mais elle n’eut pas le temps. Sans prévenir, il tira avec son pistolet, logeant une balle dans la tête de Larry Mulciber, désormais ancien président de la Mulciberian Chemistery. Ruth se sentit tétanisée. Elle avait entendu parler de ses appareils moldus, des pistolets, presque aussi dévastateur que l’Avada Kedavra. Sa baguette toujours en main, elle se tourna à moitié pour contempler son grand-père affalé dans son fauteuil. Elle avait entendu dire que certaine personne pouvait en réchapper, ce ne serrait pas son cas. Ce moment de distraction lui fut fatal. Il la cogna avec une telle violence qu’elle tituba, trébucha et tomba à terre se cognant la tête contre le bureau par la même occasion tandis qu’il faisait valser sa baguette au loin.

La jeune femme sentit la panique la gagner. L’homme en face d’elle avait l’air de tout sauf sain d’esprit. Il était dangereux à ne pas en douter et elle était à sa merci. Sans sa baguette, elle ne pouvait rien faire. Sa force physique était supérieur à la sienne, la question ne se posait pas, elle ne pouvait rien contre lui de se côté-là. C’était ridicule, quelques secondes, c’était tout ce qu’il lui avait fallu pour la maitriser. Elle une mangemorte, soi- disant l’élite du monde sorcier. Elle en aurait pleuré de rage si elle n’avait tout simplement pas eu aussi peur. Ruth avait rarement peur. Ce n’était pas dans son caractère. Elle était téméraire, n’hésitait pas à aller trop loin pendant ses missions. Quand on n’a rien à perdre, on peut se permettre de mettre sa vie en jeu. Mais ici, Ruth n’arrivait pas à penser à autre chose que l’homme devant elle et son sexe qui la narguait. Il la releva brusquement tandis qu’elle se débattait pour échapper à sa poigne et lui colla une autre gifle. Il la poussa sur le bureau de son grand-père et sous les yeux du cadavre de celui-ci commença à déchirer le tissu de sa robe pour empoigner ses seins. Son autre main s’afférait entre ses cuisses essayant de les écarter au mieux pour faire son affaire.

La jeune femme se débattait du mieux qu’elle pouvait, griffant, giflant et l’insultant sans plus d’effet qu’une piqûre de moustique. La peur et l’angoisse de ce qu’il y allait arriver la rendait hystérique. Mais il était plus fort qu’elle quoiqu’il arrive, pour chaque coup donner, il lui en rendait deux. Elle n’était qu’une souris entre ses mains et lui le chat qui s’amusait avec sa nourriture avant de la manger. L’espace d’un instant, elle pensa que si ça devait arriver, il ferrait bien de la tuer juste après, sans quoi, elle passerait sa vie à le chercher pour se venger.  

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Benjamin Mulciber


MessageSujet: Re: The compassionate rose || Privé Ven 24 Jan - 12:02

Ca faisait un choc de revenir ici. Jamais il n'avait été vraiment proche de son oncle Larry, mais Benjamin passait de temps en temps au siège de la Mulciberian Chemistery pour voir Ruth. Lawrence les laissait faire de bonne grâce. Ben, en général, préférait depuis qu'il était gosse son oncle Donny – cette manie qu'ils avaient de transformer des noms anglais et presque aristocratiques en surnoms dignes de la plus basse frange de la société simplement pour faire plus populaire, une manie qui le dégoutait autant chez son père que chez ses oncles – avec qui pourtant son paternel ne s'entendait pas trop. Mais lui aimait le Quidditch et les commentaires que Donald en faisait. Mais ça ne changeait rien. Ca faisait bizarre de revenir ici. Il y gardait de vieux souvenirs enfouis, des rendez vous amoureux un peu improbable, car pour Benjamin, ces laboratoires à la chaine étaient des lieux de rendez vous improbables. Mais tout ça est fini maintenant. On tourne la page, et puis on revient, et l'on saccage...Quelque part, il cherchait autant à exorciser son passé, à le détruire et le marquer comme fini qu'à foutre le bordel au sein de sa propre famille. Benjamin ne savait exactement s'il voulait les détruire ou les sauver. Mais cela dit, il n'était pas tout à fait sur qu'il y ait quelque chose à sauver chez les Mulciber...cependant, il ne pouvait s'empêcher de douter, et d'essayer de prendre garde à ce qu'il faisait. C'est faux de dire qu'on renonce à tout. C'est fini, bien sur, on n'y croit plus, mais la difficulté reste. Le cerveau ne peut pas gagner sur le cœur. C'est impossible. C'était difficile, bien sur, et ça le mettait forcément en difficulté, mais quand bien même c'était le cas, Benjamin était assez content que ce soit le cas. L'idée que l'esprit froid et rationnel, l'esprit qui commandait le meurtre pouvait vaincre ce qu'il y avait de meilleur chez l'homme, c'était intolérable. L'idée que le monde lui ressemble, non ce n'était pas possible. Là était la victoire de Benjamin Mulciber, bien plus que dans le bourbisme, ou dans la résistance. Malgré tout ce que faisait le régime, il ne pouvait pas empêcher les gens de vivre malgré tout.

Tuer pour accuser et pour condamner ceux qui empêchaient de vivre. Tuer pour leur rappeler qu'ils n'étaient pas tout puissants. Benjamin Mulciber ne défendait pas le bourbisme, ou le purisme, il s'en foutait. L'idéologie ne vaut rien. C'est tout. L'idéologie les gens en jouent pour leur compte. Il n'allait pas citer Vaas mais en réalité le mercenaire en était le meilleur exemple. Pas d'attaches, rien, pas d'idéologie, juste le fric...est-ce que ça continuera quand j'aurais parlé ? Oui, sans aucun doute. Il ne voyait pas Vaas changer, le connaissant trop bien pour ça. Ils entrèrent dans le silence le plus complet – Ben ignorait parfois les frasques du mercenaire, l'autre savait très bien rire tout seul de ses propres conneries, se suffisant parfaitement à lui même. Hurlev finit par commenter :

« Une tête de portuguais, hein ?
- Cherche pas. S'il te connaissait mieux, il t'aurait casé qu'avec ta moustache, t'as l'air d'un morse. C'est pas tout à fait faux, tu noteras. »

Il n'aurait su dire si le fait d'amener Vaas ici était une bonne idée. Benjamin n'avait jamais eu la prétention de le controler, juste de bien s'entendre avec lui. Il fallait bien l'avouer, le sens de la morale de Benjamin était assez variable, lui même l'avouant franchement. Enfin, Limonkov, c'était sur le plan moral quelqu'un de relativement bizarre. Ainsi le fait de buter un gosse ne lui posait pas problème et il admettait volontiers que si c'était nécessaire il le ferait. Ni les viols, ni les meurtres, ne le choquaient. La fin justifiait les moyens. C'était la doctrine Mulciber, ni plus ni moins, appliquée bêtement et méchamment, sans fioritures, à sa manière. Mais la gratuité d'un acte...non, cela il désapprouvait sans réserve. Benjamin ne se voyait pas comme un héros et il n'approuvait pas ceux qui pensaient l'être. Que j'ouvre vos placards et que j'y découvre des cadavres...il y en a toujours, vous le savez, n'est-ce pas ? Il faisait ce qu'il fallait être fait et pour ça, il était prêt à tout. Y compris à s'associer avec des gens ayant une morale encore plus douteuse que la sienne. Du genre Vaas. Mais d'un coté, il ne pouvait s'empêcher, malgré tout, d'apprécier ce malade...

Les coups de feux, les premiers, le firent grimacer. Eh voilà, il a recommencé...fait chier, putain. D'n coté, Benjamin le savait, il ne pouvait réellement l'obliger à ne pas tuer des gens, Vaas était foutrement incapable d'avoir un flingue et de ne pas s'en servir, comme un gosse à qui on interdit de toucher à un gâteau et qui essaye malgré tout d'en voler une part. Benjamin leva les yeux au ciel et continua son chemin pour trouver deux agents de sécurité, morts. Il se pinca l'arrête du nez d'un air excédé.

« Il m'énerve, il m'énerve... »

Normalement, il le savait, il ne comptait pas trop sur la capacité de Vaas à l'écouter et à retenir les consignes. Juste qu'il comptait un peu sur le fait qu'au lieu de tuer tout le monde, il tuerait juste un mec, ce qui était plus facilement justifiable pour Ben lorsqu'il devrait expliquer tout ça à Tom qu'un massacre collectif parce que Vaas avait décidé de s'amuser un peu. Parce que vous comprenez, c'est tellement fun de buter des gens, bah oui, on rigole et on s'amuse. Ils continuèrent à monter en entendant à nouveau des coups de feu. Entrant dans un énième laboratoire, ils ne purent que constater les dégâts. Deux femmes mortes et un nourrisson au crane explosé. Hurlev, tout militaire et général endurci qu'il était, se détourna pour gerber. Benjamin jeta simplement un œil circulaire sur la scène avant de repartir jusqu'au bureau principal, d'où montaient à présent des cris. Qu'est-ce qu'il a encore trouvé, ce con ? Une secrétaire un peu potable ? Baguette toujours en main, il ouvrit la porte à la volée.

La scène le laissa quelque peu pantois. Larry Mulciber tronait dans son fauteuil de PDG, une étoile de sang en plein front, les yeux vides, mort. Quant à Vaas, il ne s'était pas planté, il avait bien trouvé une fille à violer. Mais pas n'importe quelle fille. Bah non, ça aurait été trop simple. Ruth...il la regarda d'un air stupéfait. Puis la voix sonna, claquant durement dans l'air :

« Vaas ! »

Perte de temps s'il en était. Il traversa la pièce à grands pas et attrapa de force le mercenaire, le tirant en arrière, se plaçant du même coup entre Ruth et lui. Le regard était dur, mais pas réellement sévère – il connaissait tellement bien cet abruti qu'il était réellement incapable de lui en vouloir, juste qu'il fallait qu'il l'arrête :

« Où est-ce que j'ai pas été clair, quelle phrase ton putain de cerveau n'a pas enregistré ? Ne touche pas aux gens, j'ai dit. Ca n'incluait donc pas de buter des pauvres inconnus, ni mon oncle, ni d'essayer de violer mon ex ! »

En fait, il n'était même pas vraiment en colère – s'il n'y avait pas eu Ruth, ça l'aurait presque amusé. Heureusement qu'il n'avait pas entendu le petite pute mal-baisée. Ca, il l'aurait pris comme une insulte personnelle. Il s'assit sur le bureau et alluma une cigarette :

« Enfin, je suppose que ça n'a aucune importance, j'ai toujours pas le pouvoir de ressusciter des morts. Je voulais te parler d'un autre truc, aussi, avant que tu partes. Elizabeth Kane, un viol en Afrique du Sud, 88, ça te dit quelque chose ? Ce serait bien que oui. En tout cas Witcher s'en souvient...Félicitations, t'as une gamine, maintenant. Enfin deux, plutot.  »

Il lui fila le dossier volé chez Mike. Le truc le plus improbable du monde. Cela dit, jamais Benjamin n'avait réellement vu quoique ce soit de normal chez le mercenaire. Ca ne pouvait que provoquer une réaction aussi improbable. Ce qui fut le cas...et puis finalement il se tira. Benjamin fit signe à Hurlev de dégager. La scène n'avait pas du duré plus de deux minutes. Il se pencha sur Ruth, qui semblait réellement en état de choc. Ses vêtements déchirés et toute la peau qu'il voyait, marquée de bleu, témoignaient de la violence de l'affrontement. Il se pencha sur elle avec inquiétude, et la prit dans ses bras, la serrant contre lui.

« Ca va aller, ça va...je suis là, c'est moi, ne panique pas, c'est juste moi, il est parti. »

Il la couvrit de son propre manteau, la serrant dans ses bras en un contact rassurant.
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MessageSujet: Re: The compassionate rose || Privé Dim 26 Jan - 2:12

Lorsque l'on a rien à perdre, plus rien n'a d'importance. Cette simple et classique phrase résumait entièrement la vie de Vaas. Le mercenaire était désintéressé de tout. En soi, il adorait l'argent, plus que tout, mais c'était une passion si forte, qu'elle s'effaçait totalement puisqu'il était prêt à mourir pour un bon gros paquet de billets. En soi, il aimait l'argent, mais il aimait surtout le dépenser. Il n'avait rien d'un type avare. Bien au contraire, il était très généreux quant aux dépenses qu'il effectuait. Ainsi l'argent était un moteur pour actionner l'engrenage à conneries, mais elle n'était, en soi, pas une nécessité absolue. Et mourir n'avait donc plus aucun impact sur le garçon, et ce, depuis bien longtemps. Il ne savait pas trop à partir de quel moment il avait arrêté de se demander si la mort était un fait terrible ou pas. Si il y avait quelque chose après. Si Dieu existait réellement. Toutes ces âneries étaient loin derrière lui, ça ne lui venait même plus en tête. Ainsi, tout acte devenait gratuit, ce qui faisait de lui un monstre. Il était monstrueux, donc il était Dieu. C'était plutôt dans ce sens là qu'il fallait comprendre le mercenaire. Il ne se prenait pas pour un être supérieur, il était simplement supérieur. Point, à la ligne. Qui l'égalait ? Personne, car personne n'était comme lui. Il ne choisissait ni d'être méchant, ni d'être gentil, il n'avait aucune affiliation, et personne ne voulait être affilié à lui. Au final, contrairement à Voldemort dont l'existence lui avait été bien peu contée avant son arrivée en Angleterre, qui était un être foncièrement mauvais, Vaas était à son opposé le plus complet, car Vaas même en étant égoïste et centré sur lui-même, n'avait aucun mal à agir par gratuité. Voldemort se terrait derrière des principes, ceux du purisme, ceux de la magie noire, ou qu'en savait-il ? Ces principes étaient des façades, et c'était ce qui rendait l'être mauvais, ou gentil, ou indifférent. Vaas évitait toute façade car il était foutrement incapable d'éprouver la moindre sympathie pour une cause quelconque. Il était, de toute façon, dénué d'empathie.

Alors quand son prénom fut prononcé par Benjamin Mulciber, son sang ne fit qu'un tour. L'autre l'attrapa par derrière, et le tira en arrière pour se placer entre les deux, le criminel et sa victime. Vaas voyait rouge. Il fulminait. Jamais, Ô grand jamais, on ne contrariait un type bipolaire de cette manière. Même quand on était apprécié de ce même taré. Vaas s'élança en avant, attrapa Benjamin et flanqua son pistolet sur sa trempe. On pouvait être un être sans peur, Vaas en était un. Mais si on était un brin humain, alors il était impossible de ne pas s'inquiéter à cet instant précis pour la simple et bonne raison que Vaas n'avait définitivement plus rien d'un être humain.

-Tu te prends pour qui connard ? T'as cru que tu allais me dominer, hein? HEIN ? T'es vraiment trop con mon gars, tu le sais ça?!

Il le relâcha en le poussant en arrière. La force physique de Vaas était impressionnante, aucune doute. Mais Benjamin n'était pas en reste non plus, aussi y avait-il moins d'impact sur lui, surtout que Vaas n'y allait pas au maximum de sa force vu la situation. Il replaça sa ceinture et son flingue sans adresser un regard à Mulciber.

-J'm'en bats les couilles de ta vie, tocard. J'fais c'que j'veux, où j'veux, quand j'veux. Si t'as pas compris, c'est la même. Donc la prochaine fois, t'inviteras ton connard de pote aristo, et tu me péteras pas ma soirée comme ça. Putain c'est dingue d'être aussi chiant quoi.

Machinalement, il alluma un cigare, et passa sa main sur sa crête pour vérifier qu'elle était toujours en place. Puis il passa à côté de Ruth qu'il frappa comme si l'autre était sa propriété sur la cuisse au passage avant de s'approcher de sa dernière victime en liste, un Mulciber également, apparemment. Sympa. Il observa le trou dans sa tête et éclata de rire tout en foutant son doigt dedans en essayant de retirer la balle. Impossible, elle était bien trop enfouie. Il fila deux petites gifles au cadavre, comme si il compatissait, et lui fit les poches. Il récupéra un peu de monnaie, un paquet de cigarette et entreprit de lui enlever ses chaussettes qui avaient beaucoup de qualité, notamment celle d'être en laine, quand Ben lui signala qu'il avait quelque chose à lui dire. Vaas leva la tête, l'air blasé, observa son ami d'un air interrogateur quoique je-m'en-foutiste sur les bords

Il tira sur con cigare, laissa s'échapper la fumée en l'orientant tout droit sur Ruth qu'il observait avec un regard à la fois pervers et absolument détraqué. Le viol de 88 ? Heu... concrètement, est-ce qu'il s'en rappelait ? Non. Pourquoi donc ? Parce qu'il devait violer des femmes environ toutes les semaines depuis ses douze ou treize ans alors forcément... quoique, ce rythme là il ne l'avait que depuis la mort de Spitz. Non, à l'époque ça devait être plus rare, mais c'était loin, et Vaas avait une très mauvaise mémoire. Il haussa les épaules.

-Heu, non j'm'en souviens pas. Elle avait quelle tronche ? Sa chatte était rasée ou pas du tout ? Donne moi des détails, j'retiens pas les choses inutiles moi !

Il commençait à jouer avec son briquet quand la nouvelle tomba. Lui ? Papa ? Père ? Géniteur ? Sans déconner ? Vaas regarda derrière, puis tourna son regard en direction de Ben. Il pointa son torse du doigt, l'air interrogateur. Il fut prit d'un fou rire si grand que son cigare en tomba à terre. C'était juste n'importe quoi, totalement invraisemblable, impossible et ridiculement incroyable. Au bout de cinq bonnes minutes de fou rire intense à en pleurer, il prit le dossier dans ses mains, alluma une cigarette du vieux Larry Mulciber qu'il alluma et commença sa lecture, toujours riant.C'était un type de toute façon très joyeux, ce Vaas. Il souriait beaucoup, il riait beaucoup. C'était simplement que son humeur changeait du jour au lendemain, et ça, il ne savait pas trop pourquoi, mais ça ne plaisait pas vraiment. Il parcourut rapidement le dossier – auquel il ne comprenait pas puisqu'il ne savait pas lire, ou très peu. Il entreprit alors une petite danse amusante et hautement ridicule qui l'amena à placer son entre-jambe devant la bouche grande ouverte du cadavre Mulciber. Le respect des morts était une notion encore plus abstraite que pour les vivants chez lui.

-J'te baise, tintintin, J'vous baise, tintintin

Et la chorégraphie continua un peu, tant est si bien qu'il se retrouva à caresser les cheveux de Benjamin avant de sortir de la pièce en continuant sa danse tout en fredonnant un air improbable. Ils le virent entrer dans le laboratoire où la scène du bébé à la cervelle explosée était exposée. Il fit un salut militaire aux cadavres en place et descendit les escaliers en gueulant haut et fort une chanson sans queue ni tête. Puis, sortant son pistolet, il tira dans toutes les vitres qui explosèrent les unes après les autres.

-WOUHOU ! Vaas est dans pièce, aha tu sais frérot ! Tu sais c'est qui ! Toute résistance est inutile ! J's'rai toujours là si tu cherches les emmerdes. C'est qui ? C'est MOUAAAAA

Il quitta la société avec un visage à la fois illuminé et complètement fou. Il s'élança dans le dédale des rues de la cité anglaise jusqu'à croiser un couple de moldus.

-Hé mes mignons ! Connaîtriez-pas un bar dans l'coin ? J'suis papa apparemment, j'ai b'soin de boire, comprenez bande de cons?

Ils indiquèrent, fébrilement, comme tétanisés, une direction. Vaas les remercia avec un grand sourire avant de coller une énorme gifle à la fille et de tirer dans le ventre de son mari, copain, compagnon. Il enchaîna en tabassant la jeune femme à coup de pied dans le ventre. Si elle attendait un enfant, c'était désormais obsolète. L'autre se vidait doucement de son sang, Vaas jeta son mégot encore allumé sur son visage avant de s'en aller. Son attitude était désormais plus calme, mais intérieurement, l'ébullition continuait. Il attrapa son portable – un espèce de frigo épais comme une vache – et appela Hoyt pour lui intimer de le rejoindre dans le fameux bar dans lequel il entrait tout juste. Il annonça la couleur au patron :

-Ce soir bonhomme, je repeints tes chiottes au vomis. Alors apporte la binouze, le rhum, les shots et la charcutaille, ce soir je bois comme un trou. Ça donnera une bonne image de moi à mes putains de gamines. Putain de bordel de cul de Dieu c'est quoi c'bordel...

Et la nuit fut longue. Très longue.

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MessageSujet: Re: The compassionate rose || Privé Dim 26 Jan - 17:27

A quoi est-ce qu’on pense quand on est sûr le point de se faire violer par un cinglé, devant le cadavre de son propre grand-père ? A rien. Elle aurait aimé dire qu’elle voyait sa vie défiler devant elle. Ses meilleurs souvenirs lui revenir. Mais non. Rien. Le néant. Les seules pensées qui l’occupaient, étaient la peur mêlé à la rage. Elle avait tué plus d’une fois, regarder des femmes se faire violer, sans jamais sourciller. La fin justifiait les moyens se disaient elle. Elle continuait de le penser mais personne être le dindon de sa propre farce. Ce genre de chose était pour les autres pas pour elle. Elle n’avait jamais envisagé que ça lui arrive et en cet instant, il lui semblait que la mort serrait presque préférable à l’humiliation d’avoir été désarmée et violée. C’était le « presque » qui changeait tout. C’était faux de dire qu’elle n’avait rien à perdre. Elle avait beau se faire froide et distante, elle avait ses propres secrets comme tout le monde. Elle voulait vivre. Cette rage de vivre avait souvent été son lemotiv même dans ses heures les plus sombres. Elle vivait pour elle, parce qu’elle était égoïste. Pour s’assurer que sa fille ne manquerait jamais de rien. Elle se contentait de veiller sur elle de loin, prétendant être sa sœur. Yuliya était son talon d’Achille, son plus grand secret. Il y avait le purisme, ce qui lui avait permis de garder la tête hors de l’eau après l’annonce de la mort de Ben. D’ailleurs désormais, il y avait Ben. Il était vivant, et elle avait juré d’être celle qui le tuerait. Elle avait l’intention de tenir sa parole. C’était des raisons étranges aux yeux des autres mais tout à fait légitime au sien.  La scène qui avait lieu la plongeait dans un état second. En un sens, elle se demandait comment il était possible que ça soit elle qui en soit l’actrice. Pourtant, elle ressentait la douleur, les coups qu’il lui portait, ceux qu’elle lui mettait mais rien ne semblait réel. Une partie de son cerveau, probablement pour mieux gérer l’horreur qu’elle vivait, lui disait que tout ceci n’était qu’un mauvais rêve. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ce fut la voix de Ben, claquant dans l’air qui la ramena progressivement à la réalité.

Son corps se raidit, ses mouvements s’arrêtèrent et ses muscles déjà tendus se durcirent. Elle le vit traverser la pièce d’un pas vif pour attraper le dénommé Vaas. Il se plaça entre lui et elle, ce qui n’eut pas l’air d’apprécier. Elle ne fit pas un geste quand il lui donna un coup sur la tempe avec son pistolet. Elle commençait tout juste à retrouver ses esprits et la scène qui se déroulait désormais sous ses yeux lui semblait tout aussi irréelle que la précédente. Elle n’avait pas compris qui il était tout de suite mais elle le remettait maintenant. Vaas, mercenaire recherché par la justice magique. Un parmi tant d’autre mais lui était une catégorie à part. Extrêmement violent, criminel de guerre et d’autres titres florissant qu’elle avait oublié. C’était à lui qu’on devait les massacres bourbiste en ex-Yougoslavie. Il travaillait pour tous les camps sans distinction pour l’origine de l’employeur. Il était décrit comme extrêmement instable. Maintenant qu’elle le voyait, elle comprenait que les descriptions étaient en dessous de la réalité. Elle ne prononça pas un seul mot tandis que Ben et Vaas parlaient, si on pouvait qualifier leur échange de discussion. Le fait que Ben soit là, dans la Mulciberian, pas plus agacé que ça par le meurtre de son oncle par un criminel international ne pouvait signifier qu’une chose. Les deux étaient de mèche. Ben connaissait le bâtiment comme sa poche. Au moins aussi bien qu’elle. Elle ne savait pas quelles intentions il avait eu en venant ici mais une chose était sûre, ce n’était pas une visite de courtoisie. Il ne fit d’ailleurs pas attention à elle dans un premier temps. Il s’assit sur le bureau à ses côtés et alluma sa cigarette sans se soucier de Vaas qui lui tapait sur la cuisse et la dévisageait avec un regard qui ne laissait aucun doute sur ses intentions envers elle. Elle le suivit du regard hypnotisée tandis qu’il faisait subir sous ses yeux les derniers outrages possibles à celui qui avait été son grand-père. La rage la gagna, lui coupant la respiration, elle serra les poings sans un mot. Elle était en position de faiblesse et le manque de réaction de Ben prouvait qu’il ne l’aiderait pas si elle tentait quelque chose. Sa baguette était à quelques mètres d’elle mais nul doute que tenter de la récupérer maintenant relevait du suicide. Et elle devait vivre. Le besoin se faisait plus impératif de minutes en minutes ainsi que la colère. La peur était toujours présente, le choc aussi mais d’autres émotions commençaient à s’y mêler. Dans sa tête, elle se répétait inlassablement : « Ne bouge pas, ne bouge pas. ». Il était impératif qu’elle reste calme et ne cède pas à la colère. Il était plus fort qu’elle, il l’avait prouvé.

L’annonce de sa paternité, faite platement par Benjamin fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. L’homme devant elle n’était pas sain d’esprit. Si à un moment où l’autre, elle avait eu un doute, celui-ci n’était plus permis. Après avoir ris, danser, et lu ce que devait contenir le dossier, il partit accompagné du bruit des coups de feux, éloge funèbre aux personnes qu’il croiserait cette nuit. Chaque coup, la fit frissonner et elle ne se rendit pas tout de suite compte que Ben était toujours là. Maintenant que Vaas était partis, il avait l’air inquiet. Il la serra dans ses bras, la rassurant comme une enfant. La respiration de Ruth s’accéléra, la tension se relâchant progressivement tandis que les larmes lui montaient aux yeux. Elle ne savait pas si c’était la tristesse, la peur d’être passée si prêt du viol qui la faisait pleurer ou l’humiliation d’être sauvée par Ben. Elle pleurait rarement et ici les larmes ne furent de courtes durées. Tout juste le temps de sortir de sa torpeur. Après le choc, l’angoisse et la peur venait la colère. Et le premier à la prendre en pleine figure serrait son ancien fiancé. Elle le repoussa avec force, se dégageant de son étreinte. Ne s’attendant probablement pas à ce qu’elle le fasse, il ne fit rien pour la retenir dans un premier temps. Elle jeta un œil à son grand-père toujours assis dans son fauteuil qu’il ne quitterait désormais plus.

Son premier réflexe fut de ramasser sa baguette. C’était toujours son premier réflexe en bonne sorcière qu’elle était. Une fois en main, elle se sentit rassurée, plus forte. Elle ne prit pas la peine de la pointer sur Ben. Il n’oserait jamais la pointer sur elle, pas maintenant elle le savait. Quand à le capturer. Elle n’avait pas la tête à ça pour le moment. La fureur qui commençait à poindre lui enlevait toutes ses capacités de réflexion. C’était pour elle un moyen d’exorciser la peur qu’elle venait d’avoir et paradoxalement de se calmer aussi. Mais plus que ça, le fait de voir Ben ici l’avait rendu furieuse. N’avaient-ils pas dit qu’ils ne se rêveraient plus ?

« Qu’est-ce que tu fais ici ? », siffla-t-elle furieuse. La colère déformait son visage le rendant dur et cruel. Elle pointa du doigt Lawrence et continua à l’invectiver « Je croyais que tu nous aimais.  On ne doit pas avoir la même définition. C’est ça pour toi ? Tu as prévu de tous nous butter ? De nous faire tomber ? Tu avais besoin d’un pauvre type comme lui pour butter grand-père ? Tu ne pouvais pas le faire toi-même. Je vais te butter et lui aussi, je n’en ai rien à foutre du temps qu’il faudra mais je te jure que je prendrais vos deux petites têtes et je les ficherais sur un pic devant chez John. »

Le son de sa voix montait dangereusement dans les aigus à chaque phrases tandis qu’elle arpentait la pièce de long en large, s’énervant de plus en plus fort chaque mots. Dans la pièce un vase explosa, ce fut ensuite le tour d’une vitre pendant qu’elle parlait. Il fallu un moment pour qu’elle se rende compte que c’était probablement de son fait. Elle s’énervait tellement, que comme un enfant, elle ne contrôlait plus sa magie. Elle s’immobilisa dans la salle, l’air hangar et continua d’une voix plus mesure ou perçait la méchanceté.

« Ta petite pute d’ex mal baisée va se barrer maintenant si tu permets. Je ne savais pas que tu étais si frustré que ça pour en balancer autant sur mon compte à tes potes. Permet moi d’ailleurs de te dire que tes fréquentations laissent à désirer et ne parle pas des miennes tu veux. A ma connaissance aucun d’eux n’a essayé de me violer et rassure toi : JE SUIS TRES BIEN BAISEE. Et pas par toi d’ailleurs»

Elle avait mal. Elle était en colère. Il lui fallait un exutoire et c’était à ça que servait Ben. Elle était probablement injuste. Au fond d’elle, elle savait qu’il n’avait probablement pas commandité le meurtre de Lawrence mais les faits étaient là, personne, pas même un sorcier ne réchappe d’une balle aussi bien placée. Du reste, il n’avait probablement pas prévu qu’elle serrait sur place. Elle le connaissait et au fond d’elle-même, elle avait l’intime conviction qu’il ne lui ferrait jamais de mal sans y être forcé. Ruth n’était pas quelqu’un de juste. C’était impossible de l’être et d’être un mangemort en même temps. Elle s’en foutait d’être injuste avec lui. Tout ce qu’elle voulait, c’était lui faire le plus mal possible. C’était de sa faute ce qu’il lui était arrivé. S’il n’était pas venu, Vaas n’aurait probablement jamais mis les pieds dans le bâtiment et rien de tout ça ne serrait arrivé. Sans compter qu’elle avait sa fierté. Qui voudrait se faire sauver comme une vulgaire demoiselle en détresse. Certainement pas elle. Elle était une femme, une femme de poigne qui plus est. Elle s’était toujours battue pour ne pas qu’on la voie comme une jeune fille vulnérable et voilà qu’en quelques instant, il l’avait vue dans la pire position de faiblesse qui soit. C’était une offense qu’elle ne pouvait pas lui pardonner. Heureusement, jamais sa fille n’en saurait rien. Entendre Ben parler de la paternité du mercenaire avait ramené ses pensées vers Yuliya. Elle ne s’inquiétait pas pour elle. Officiellement, aux yeux du monde, elle était sa sœur. Son statut la protégerait toujours, son frère et ses parents aussi. Dieu merci pour elle, elle n’apprendrait jamais que son père était un hors la loi. Dans un état second, elle laissa échapper cette réflexion :

« Heureusement pour elle, elle ne saura jamais quels ratés sont ses parents… la pauvre… », Elle se mit à rire brièvement avant de se rendre compte que sa réflexion avait été dites à haute voix. Elle blêmit un bref instant. Elle ne parlait jamais de ça tout haut. Jamais pas même à Arthur, c’était un sujet tabou qu’elle avait fait jurer de ne plus jamais évoquer. Quand elle avait appris que Ben était vivant elle avait songé lui dire qu’il avait une fille puis avait renoncé. Rien de bon ne sortirait de cette annonce. Il ne la verrait jamais après tout. Lui dire, c’était la mettre en danger. Risquer qu’il le dise, qu’il fasse quelque chose de stupide.

--------------

2001

« Urïa, ouvre la porte, je t’entends pleurer. S’il te plaît, laissez moi entrer, parle avec moi. »

Elle n’avait rien répondu et avait laissé la porte fermée. De guerre lasse, son frère avait employé la manière forte et avait demandé à un de leurs elfes de déverrouiller la porter de l’intérieur. La créature s’était excusé auprès de sa maîtresse et après que celle-ci lui ait lancé un dernier regard noir, il avait laissé entre son maître. Son frère était entré dans la pièce l’air inquiet. Il l’avait vu prostrée sur son lit, l’air défait et s’était assis à côté d’elle sans un mot. Il l’avait prise dans ses bras et avait caressé ses cheveux un moment tandis que les larmes coulaient silencieusement sur les joues de Ruth.

« Tu ne veux pas me dire ce qui ne vas pas ?  Papa et maman savent, je le sais, ils changent de sujet à chaque fois que j’entre dans la pièce. Dis moi Ruth, ce n’est pas que la mort de Ben. Tu n’as jamais pleuré, je te connais, il y autre chose. »

Elle avait enfuis sa tête dans son coup, respirant en silence l’odeur familière de ce frère dont elle était si proche. La jeune femme s’était peu à peu calmée, assez pour lui répondre à mi-voix.

« Je suis enceinte. On part pour la Bulgarie dans deux semaines. »

---------------

La mangemorte espéra très fort qu’il ne prêterait pas attention à ce qu’elle venait de dire. Après tout, elle tenait des propos décousus depuis que Vaas était sortit de la pièce. Rien que d’y penser, elle sentit la colère remonter encore une fois. Elle n’arrivait pas à se calmer. Ruth arracha la chaine qui pendant à son cou au bout duquel était enfilé sa bague de fiançailles. Elle ne l’avait pas mis à son doigt, trop dangereux, mais elle l’avait gardé autour de son cou sans vraiment savoir pourquoi, la présence de la chaîne la réconfortait. Elle la jeta à terre au pied de Ben crachant avec dédain :

« Reprend là, je ne vois pas pourquoi je la garderai maintenant. Tu es mort après tout, tu te souviens et moi avec toi. »

Elle avait besoin de lui faire mal. Autant qu’elle avait mal. Son retour la torturait et depuis Noël, il ne se passait pas un jour sans qu’elle n’y pense. Tout aurait pu être différent. Ils auraient du être côté à côté. Jamais elle n’aurait du se trouver face à lui, presque impassible, alors qu’un de ses acolytes avait faille la violer. Elle ôta la veste qu’il avait placée sur ses épaules d’un geste sec. Elle ne voulait rien qui vienne de lui. Elle frissonna dans la pièce, ses vêtements étaient en lambeaux, déchirés, laissant apparaitre les coups qu’elle venait de se prendre mais elle n’en avait cure. Elle préférait ça que d’accepter quelque chose de sa part. Elle regarda autour d’elle une dernière fois puis fit mine de partir. C’était terminé, elle n’avait plus rien à faire ici.

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MessageSujet: Re: The compassionate rose || Privé Lun 27 Jan - 15:04

Vaas était le roi des emmerdeurs briseurs de couples.  Ca, c'était dit, et sur le moment c'est tout ce que Benjamin réussit à penser une fois qu'il fut parti. Mais ce n'était pas vrai, et lui même le savait. Il y avait des concepts que certaines personnes étaient incapables de comprendre.  Le mercenaire faisait partie de ces gens là. Benjamin croyait fermement que tous les hommes se ressemblaient et qu'ils vivaient dans un pur instinct animal qui leur commandait seulement de survivre. Les idées ne servaient qu'à masquer cela. Vaas, c'était pire que ça, c'était un instinct sordide et drôle – dans son esprit – pour le meurtre joyeux – selon lui – à tout moment de la journée – bah oui, c'était tellement mieux. Benjamin détestait lorsqu'il faisait ça, mais il ne pouvait pas se permettre de s'énerver. Il faisait ce qu'il fallait, sans brutalité réelle. S'énerver avec Vaas conduisait à ce que le mercenaire se mette en colère, et Limonkov lui faisait confiance pour toujours péter une durite supérieure à son état de nerf personnel. Il ne pouvait rien dire, juste attendre que ça passe. En général, rapidement. C'était fou comme rien de tout ça ne le choquait. Enfin, ce n'était qu'en partie vrai. Il ne supportait pas qu'on touche à Ruth, mais intervenir de plus en plus ne servirait qu'à envenimer les choses. Pauvre vieux Larry. Lui, il se contentait de se faire menacer, son oncle était mort. C'était moche. Oui, réellement, c'était moche. Je peux rien y faire. Bien sur qu'il ne voulait pas ça. Mais ce que j'ai dit était vrai, j'ai pas le pouvoir de ressuciter les morts. En revanche, si Vaas avait réellement violé Ruth, et même là, il commençait à prendre mal ce qu'il se passait, il l'aurait buté, sur place, quitte – et en fait c'était très probable – à y laisser la vie.  Mais ça ne vaut pas. Elle, il ne la toucherait pas. Il fronça les sourcils, agacé :

« Première et dernière fois que tu fais ça, Vaas. N'importe qui. Mais pas elle. »


Il savait que l'autre ne l'écouterait pas. Mais le regard était tellement dur et ne tolérait tellement rien qu'il ne pouvait qu'être sérieux. La menace du flingue, ça ne marche pas sur moi, mon gars. Mais le sujet dériva vite. Vaas et deux gamines...l'ironie du sort ne pouvait que faire rire Benjamin, parce que ce type là père, c'était comme si...tiens, ça ne souffrait absolument aucune comparaison, ce qui expliquait sans doute pourquoi rien ne lui venait à l'esprit.  Il laissa faire. Là, franchement, même s'il l'aimait bien, le mercenaire l'épuisait et il ne voulait qu'une chose, qu'il se tire.

Ce ne fut pas vraiment mieux. Certes, on pouvait maintenir que les propos de Ruth étaient dépourvus de sens. Mais elle n'avait pas totalement tort. Il aurait voulu être honnête, et dire la vérité, répliquer au coup par coup.  Après tout, si ce n'est pas moi qui vous tue, c'est vous qui me tuerez. Il fallait aussi tenir compte que les Mulciber étaient ses ennemis, et qu'il ne pouvait pas faire de distinction de genre. Même Ruth l'aurait buté si elle en avait l'occasion. Il aurait pu aussi dire qu'il était désolé, que ce n'était pas ce qu'il voulait, mais qu'il ne pouvait pas les sauver. Pourtant, il le voulait.  Mais ils étaient trop embarqués dans leurs délires. Alors à défaut, il pouvait les arrêter. Il aurait voulu la gifler de le détester autant, parce qu'après tout, rien de tout ça n'était sa faute, il ne pouvait pas le prévoir, c'était juste arrivé, et puis c'était mérité, c'était juste, après tout. Tout est juste dans l'amour et dans la guerre.

Mais s'il disait ça, il était purement de mauvaise foi.

La vérité, c'est qu'il était désolé.  Il alluma un cigarette, mais il ne pouvait pas la fumer et l'éteignit aussitôt. Désolé de quoi, il ne savait pas.  Il étouffa un rire sec, triste, stupide, mécanique, et regarda par la fenêtre, puis son oncle.  Le cadavre. Après tout il avait presque quatre-vingt ans, mourir d'une balle dans la tête ou dans son lit, quelle différence ? Benjamin se surprit lui même à détester ce qu'il pensait alors qu'en même temps il trouvait ça plutot drôle. Il avait l'impression qu'il était incapable d'éprouver le moindre sentiment.  Il semblait si difficile de se rappeler de ce qu'il avait été, du couple qu'il avait formé avec Ruth. Il lui semblait totalement impossible de ne pas trouver normal le sang. Puis c'est la même chose de leur coté, non ? Ils s'en foutent, quand c'est nous.  Il vivait comme ça, sans rien dire, tellement blasé qu'il en devenait imbuvable. J’ai conclu avec une irrévocabilité pénible que le temps du tout est possible était terminé, faire ce qu’on veut quand on veut, c’était de l’histoire ancienne. Le futur n’existait plus. Tout était dans le passé et allait le rester.  Tout sa vie avait fait place à de l'amertume, et il maudissait la terre, et tout ce qu'on lui avait enseigné : les principes, les différences, les choix, la morale, le compromis, le savoir, l'unité, la prière - tout cela était erroné, tout cela était en vain. Tout cela se résumait à : adapte-toi, ou crève. Mais en réalité, il était vraiment mort. Et il détestait ça. Sans compter ce qu'elle lui disait...bien sur qu'il savait qu'elle ne l'avait pas attendu chastement – il ne l'avait pas fait non plus. Mais ça fait mal. Tout fait mal. Il ne pouvait pas y échapper. Il aurait voulu pouvoir hurler, pouvoir l'accuser elle.

Mais il laissa courir. Il savait que ce genre d'explications et de blâmes étaient trop faciles, et injustes. Pour finir, il le savait aussi, les gens choisissaient leur propre chemin. On pouvait le leur indiquer, voire les y pousser, mais en définitive le choix en restait à chaque individu. Ainsi il avait son choix et Ruth aussi. Mais c'est à désespérer de soi même.

Où donc avait-il pris la mauvaise direction ?

Comment se faisait-il qu’il soit dans l’impasse ?

A force d’envisager des hypothèses, il ne pensait plus très droit.

Jusqu'à ce qu'il comprenne qu'au moins sur un point, elle ne délirait pas.

Une fille. Une gamine. Bon Dieu. C'était la soirée de la paternité, il fallait croire. Toute sa vie durant, Ben Mulciber avait cru avoir une mission. Et pour pouvoir la mener à bien, il avait besoin que rien ne l’atteigne. Il devait se construire et construire sa vie de façon à être invulnérable, de façon que rien ni personne ne puisse l’atteindre. Mais ça ne marchait pas comme ça, ça cessa de fonctionner comme ça à la minute où il comprit ce que Ruth voulait dire. Dans l’instant, il comprit qu’il était tout à la fois sauvé et perdu. Il allait être à jamais relié au monde comme seul peut l’être un père. Mais perdu, il le serait aussi parce qu’il savait que les forces du mal qu’il affrontait finiraient par la trouver. Et peu importait qu’un océan entier les sépare. Un jour ou l’autre, on en arriverait là. Alors les forces du mal la trouveraient et se serviraient d’elle pour l’atteindre. Il n'était pas un type indiqué pour être père. Ca allait surtout pourrir la vie à cette gamine, et pas grandchose d'autre. Il ne pouvait pas en vouloir à Ruth de ne pas lui avoir dit. Cela aurait été mieux qu'il n'existe pas, qu'elle ne lui dise pas. Si tu l'aimes, ne t'approches jamais d'elle, ne cherche pas à savoir qui elle est. Il ne savait même s'il l'aimait cette gosse, ni comment elle s'appelait. Trop sous le choc pour répondre à quoi que ce soit, il laissa filer. Une gamine. Il ne savait s'il devait en rire ou en pleurer.

Il la laissa avancer, mais ne pouvait pas réellement la laisser partir. Il fallait qu'il la retienne. Déjà simplement parce qu'elle n'était pas en bon état. Bon prétexte, ça, Ben. Ouais. Très bon. Il ramassa à ses pieds la bague et la remit dans une poche de sa veste. Puis il rattrapa la mangemorte. Elle restait tout de même dans un sale état et l'empêcha de tomber, car elle chancelait.

« Tu as besoin de te reposer, pour l'instant, il faut qu'on te soigne. » Bien sur qu'elle ne voulait pas, bien sur qu'elle allait protester : « Oui, je sais, tu m'en veux, je sais que tu détestes ce que j'ai fait, mais tu me le reprocheras plus tard, quand tu seras en état.  Et si tu refuse, je t'assomme et je te fais soigner de force, je te préviens. »

Ben avait toujours été directif lorsqu'il était inquiet. Il la tenait fermement et elle ne pouvait pas réellement se débattre. Ils transplanèrent ailleurs. C'était une maison moldue paumée dans une ville du Norfolk tout aussi paumée, ou personne ne viendrait les chercher et qui lui servait de temps lorsqu'il ne pouvait revenir à Glasgow. Hurlev devait les attendre là. Benjamin le laissa sur place, alors qu'il tenait grande ouverte la porte de l'entrée. Récupérant au passage bandage et désinfectant dans la salle de bain, il l'allongea sur le lit. Lentement, avec délicatesse, il nettoya chaque plaie, avec des gestes économes et mesurés, sans rien faire d'autre ni s'y autoriser. Il termina finalement en se levant :

« J'ai pas de vêtements de femme, malheureusement. Tu prendras ce que tu veux. Je vais te chercher de la glace. Je te laisse ta baguette, mais essaye de ne pas faire de conneries, s'il te plait. »

Il passa dans la cuisine. Hurlev était là, le jaugeant d'un œil sévère. Benjamin ne jugea pas utile de lui laisser le temps de prendre la parole.

« Ca va, je sais que ce qu'on a fait était une connerie.
-C'est pas le problème. Tu aimes cette fille ?
-Oui, Serguei. Puis elle est la mère de ma fille. »

Hurlev marqua une pause :

« Tu es a désespérer du genre humain, Benjamin.
- Je sais. Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse...
- Tu te rappelles ce que tu m'as dit la première fois que Rades' m’a collé avec toi?
-… »

Ce silence éloquent marquait qu'il s'en souvenait parfaitement bien. Et le hors la loi savait aussi que depuis bien longtemps il ne pouvait plus trop se vanter d'appliquer ce principe. Hurlev termina et Benjamin regagna la chambre de Ruth. Il s'assit sur le bord du lit, sans rien dire. Pendant un temps, ils n'échangèrent pas un mot. Puis Benjamin dit :

« Elle ne sait pas que j'existe, pas vrai ? »

Les paroles d'Hurlev résonnaient dans sa tête.

« Tout le monde compte ou personne. »
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MessageSujet: Re: The compassionate rose || Privé Lun 27 Jan - 19:06

A première vue, rien n’indiquait que Benjamin Mulciber se savait père. Dans son délire, Ruth avait partagé avec lui la seule information qu’elle aurait réellement voulu lui tenir cachée. Le voulait-elle vraiment ? Le dire, même dans un accès de rage, n’était-ce pas un signe qu’elle voulait se débarrasser du fardeau qu’elle portait seule depuis cinq ans ? Ou au moins le partager avec quelqu’un. Ne plus être seule avec sa douleur. Qui, à part le père de l’enfant, pouvait comprendre sa peine. Elle était mère sans l’être. Il était père et pourtant ne le serrait jamais. Peut-être voulait-elle tout simplement lui faire mal. Elle voulait détruire les gens plus heureux qu’elle, c’était ce qu’il lui avait dit. Elle se fichait des autres. Ruth était une femme individualiste rien ne comptait outre elle et son propre monde. Elle ne pensait pas que Benjamin soit plus heureux qu’elle, non, elle voulait simplement qu’il soit aussi malheureux. Drôle de façon de voir les choses, elle en était consciente. Son amour avait quelque chose de passionnel et d’égoïste. Maintenant qu’elle le savait en vie, elle ne pouvait pas supporter de le savoir heureux sans elle. Le problème étant qu’elle savait qu’ils ne serraient plus jamais heureux ensemble. Ce constat la mettait constamment en colère sans qu’elle ne puisse rien y faire. Mais d’un côté me direz-vous, qu’est-ce qui ne mettait pas Ruth en colère. Néanmoins, pour le moment, cette discussion n’était pas à l’ordre du jour. Il ne fit aucune réflexion et Ruth s’apprêtait à partir d’un pas mal assuré.

Bien entendu, il ne la laissa pas partir. Elle n’était même pas étonnée. Au moment même où elle avait envisagé de partir, elle savait qu’il la rattraperait. Même cinq ans après, ils se connaissaient toujours sur le bout des doigts. Ben restait le même, impassible et stoïque fasse à ses colères monstrueuses. Comme beaucoup, il avait vite appris qu’elle pouvait montrer très rapidement dans les décibels. Dans ce genre de cas, il valait mieux la laisser s’énerver jusqu’à l’épuisement plutôt que de tenter de dialoguer avec elle. C’était une perte de temps inutile. Plus on s’énervait sur elle, plus on était agressif, moins elle se calmait. Une fois sa colère épuisée, elle se calmait d’un seul coup, la fatigue la gagnant et on pouvait envisager de parler avec elle, pas avant.

Il la rattrapa alors qu’elle allait tomber. Elle savait qu’il lui rendait service et que rien ne l’obligeait être gentil avec elle mais elle ne put s’empêcher de râler pour la forme. Même fatiguée, blessée et en état de choc, Ruth restait une personne d’une mauvaise fois étonnante. Une vraie tête de mule comme disait son frère.

« Je suis tout à fait capable de me débrouiller seule. »

Ce qui était parfaitement faux. Elle le savait. Ben le savait. Elle ne voulait simplement pas l’admettre. Typiquement Ruth. Elle se laissa aider sans trop protester outre pour la forme. Elle n’était pas en état de faire autre chose. Une partie de la colère était toujours là mais elle faisait place à l’amertume. Encore une fois, rien ne se passait comme elle l’avait prévu. Elle aurait du le savoir depuis le temps, rien ne se passait jamais comme elle le voulait. Les menaces de Ben la firent rire. Il avait vraiment l’air inquiet pour elle. Ruth ne le croyait pas capable de la blesser pour autant, fusse pour la soigner par la suite mais ça la fit tout de même rire. Rire était douloureux d’ailleurs, ce fut ce qui la convainquit qu’elle avait besoin d’être soignée. Avec un soupir, elle accepta son aide et il la fit transplaner sans lui demander son avis. Ca devait être une manie dans la famille de prendre des décisions sans demander l’avis des autres.

La maison n’avait rien de particulier, elle ressemblait à toutes celles qu’elle voyait autour d’elle. Elle n’eut pas le temps de voir où ils étaient précisément. Il la fit entrer dans la maison tandis qu’un homme qu’elle ne connaissait pas leur tenait la porte. Une partie d’elle-même s’inquiéta. Il ne fallait pas qu’elle soit vue en compagnie de Benjamin, encore moins par un de ses hommes. Personne ne devait savoir. Pourtant, elle n’était pas en état de s’en inquiéter. Pas tout de suite. Il l’allongea sur le lit avec précaution et l’aida à nettoyer ses plaies. Le silence se fit tandis qu’il l’aidait. Elle ne dit rien. Elle ne savait pas quoi dire. Désolé, je ne pensais pas tout ce que j’ai dis. Je ne peux pas m’empêcher de te faire mal mais c’est simplement parce que moi aussi j’ai mal. Trop de chose lui passait par la tête. Parmi elles, beaucoup qu’elle ne pouvait pas se permettre de dire même à lui. Ils avaient chacun leur chemin. Tout les deux l’assumaient, ils l’avaient fait il y avait des années de ça et n’avaient pas dévié depuis. Aurait-il pu en être autrement ? Surement, oui. Lui, la savait vivante. Que se serrait-il passé s’il lui avait fait savoir qu’il était vivant ? L’aurait-elle suivi s’il lui avait proposé de partir avec elle à l’époque ? La question ne se posait pas, il ne l’avait pas fait et à ce moment là, elle était de nouveau fiancée, essayant de rebâtir son avenir. Il se leva, lui indiquant qu’il n’avait pas de vêtement féminin et lui laissa sa baguette. Trop aimable pensât-elle, comme si elle allait lui donner de son plein gré.

« Faire des conneries, moi, jamais. » dit-elle avec ironie tandis qu’il sortait de la pièce.

Après tout, ce n’était pas comme si être ici, en sa compagnie n’était pas une belle connerie en soit. Elle se releva avec difficulté et se dirigea vers la penderie. Elle ôta ce qui restait de sa robe de sorcière et délaissa ses talons pour marcher à pied nu sur le sol de bois. Ben n’avait pas mentit, il n’y avait aucun vêtement de femme dans cette armoire. Une partie d’elle en fut heureuse. Elle avait toujours été possessive et jalouse. Quand bien même ils n’étaient plus ensemble, elle n’aurait pas apprécié voir trainer les vêtements d’une femme dans ce qui semblait être un de ses refuges. Elle prit la première chemise à sa portée et l’enfila sans faire d’histoire. Elle verrait bien pour le reste quand il faudrait partir. Ce n’était pas pour tout de suite, elle ne se sentait pas la force de transplaner, sans compter que son retour aurait amené des questions embarrassantes.

Officiellement ce soir, elle n’avait pas été à la Mulciberian. Officiellement, elle était en Bulgarie. Elle ne pouvait pas rentrer avant dimanche. Elle posa sa baguette sur la table de nuit et empila les coussins pour essayer de se faire un semblant de siège avant de s’assoir les jambes en tailleur sur le lit. Elle se sentait épuisée et triste sans pouvoir l’expliquer. Elle avait mal partout et le moindre mouvement était douloureux. Elle n’avait rien de casser, les plaies guériraient vite mais la jeune femme avait autant mal physiquement que dans son amour propre.

Il regagna la chambre peu de temps après et s’assit à ses côtés sans un moment. Il y eut un long moment où le silence régna en maître tandis qu’elle se demandait qui le briserait en premier. Ce fut lui, et elle lui en fut reconnaissante même si le sujet abordé ne lui plaisait pas. Il avait donc compris, c’était inévitable après tout. Elle détourna le visage, regardant par la fenêtre, cherchant ce qu’elle allait lui dire. Après quelques minutes qui lui semblèrent interminable, elle se tourna de nouveau vers lui, tapotant sa main avec familiarité tandis qu’un pli amer se formait sur ses lèvres.

« Ne soit pas jaloux Ben, elle ne sait pas que j’existe non plus. »

Devant son air perplexe, elle eut un nouveau soupir et déclara : « Je suppose que je peux tout aussi bien t’expliquer depuis le début. » Elle s’installa du mieux qu’elle put, grimaçant tandis qu’elle changeait de position et lui fit signe de s’installer aussi. Au diable les faux-semblants après tout.

« En novembre 2000, avant que tu ne partes pour la Russie, on avait fait une soirée d’adieu dont on est rentré plus qu’émécher.  Un de nous deux à oublier de lancer le sort contraceptif, pensant probablement que l’autre l’avait fais. Quoiqu’il en soit, deux mois plus tard, je me suis aperçue que j’étais enceinte. Je l’ai dis à mon père et ma mère et on a décidé de ne pas l’annoncer tant qu’on n’avait pas de nouvelle de toi. On n’était pas marié après tout. Quand on a appris ta mort, ma grossesse ne se voyait pas encore et on a décidé de partir en Bulgarie pendant un an. Officiellement, c’était pour gérer une de nos sociétés en difficultés financières. Une fois arrivé, ma mère a annoncé sa grossesse et jusqu’en août, je suis restée cloîtrée le temps de l’accouchement. »

Elle ne le regardait pas réellement pendant qu’elle parlait. Machinalement, elle s’était mise à caresser sa main pendant qu’elle repensait à son accouchement presque cinq ans plus tôt. Elle avait paniqué tandis que les contractions c’était faite de plus en plus rapprochée. Elle avait vingt-quatre ans et elle n’était pas prête à avoir un enfant. Elle avait paniqué tandis que son frère et son père sortait de la pièce, la laissant seule avec sa mère et la sage femme. Une vieille sorcière muette qui avait accepté de l’aider à accouché et avait promis son silence en échange d’une somme rondelette. L’accouchement avait été pénible et avait duré des heures durant. Malgré les potions, elle avait ressentit la douleur, ajouté à la terreur que l’accouchement se passe mal. Les premiers cris de l’enfant l’avaient rassuré et d’une voix anxieuse, elle avait demandé si c’était une fille ou un garçon. Une fille avait déclaré sa mère et Ruth s’était recouchée sur l’oreiller avec soulagement tandis que la sage-femme ôtait le placenta.

Elle avait vécu sa grossesse comme un fardeau et ne s’était pas rendue compte à quel point elle tenait à l’enfant jusqu’à ce qu’on lui place entre les bras. Sa plus grande crainte avait été qu’elle ressemble à Ben mais on ne peut pas dire à qui ressemblera un bébé qui avait seulement quelques heures. Elle avait regardé durement la sage-femme qui s’activait toujours dans la pièce sans ne se douter de rien et s’était adressée à sa mère en anglais. Il fallait s’en débarrasser.

« C’est une sorcière qui ne parlait pas un mot d’anglais qui m’a fait accoucher. Elle était muette, papa pensait que c’était plus sûr et on avait échangé son silence contre une grosse somme d’argent. Je n’étais pas rassuré donc j’ai insisté pour qu’on la tue.  Maman était contre, papa aussi mais je n’ai écouté personne et je l’ai tué. », Elle haussa les épaules avec désinvolture, pourtant, ça avait été son premier meurtre. Les hormones et la fatigue jouant sur ses nerfs, elle avait jugé que sa fille ne serrait en sécurité que si personne d’extérieur à son cercle familial ne le savait. La femme ne savait peut-être pas parler mais elle savait toujours écrire, c’était trop dangereux. Elle continua d’une voix qui se faisait rauque à force de parler. « La suite a été simple, on a fait enregistrer la naissance à l’hôpital. Elle est devenue la fille de Thomas Mulciber et Hannah Alexïeva. Quand on est rentré en Angleterre, on m’a trouvé un fiancé dont je me suis débarrassée aussi.  Officiellement c’est ma sœur, il n’y a que mon père, ma mère et Arthur qui le savent. Elena était trop jeune, elle ne se souvient de rien. »

Il y eu un silence et elle prit sa baguette et puisa dans ses dernières forces pour lancer un sort : « Accio »

Elle n’eut pas besoin de formuler ce qu’elle désirait, son sac vint à elle. Elle fouilla dedans lentement, cherchant quelque chose en particulier et en sortit une photo en noir et blanc qu’elle tendit à son ancien fiancé. La photo datait d’Octobre, elle avait été prise à l’occasion d’une fête de famille. Elena, déjà en camps n’y figurait pas. Il n’y avait donc que Ruth et Arthur avec sur leur genoux la petite Yuliya. Ruth et Arthur souriant tandis que la petite bougeait frénétiquement faisant des signes au photographe. La petite était le portrait craché de Ruth, elle possédait la même chevelure blonde et le même visage. Pourtant, si on regardait attentivement, on discernait aussi des traits appartenant à Benjamin. Ca n’avait choqué personne, ils faisaient partie de la même famille après tout, il n’y avait rien d’étonnant à ce qu’il y ait un air de ressemblance.

Tandis qu'il regardait la photo, elle se permit de fouiller dans ses poches à la recherche de son paquet de cigarette. Elle l'alluma et tira une bouffée, elle tendit la cigarette à Ben sans mot. Lui, comme elle, risquait d'en avoir besoin.

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MessageSujet: Re: The compassionate rose || Privé Mar 28 Jan - 8:22

Ca faisait très longtemps, si on admettait qu'un jour il s'en était soucié, que Benjamin avait renoncé à l'idée que les gens comprennent et apprécient ses choix. Depuis qu'il était jeune il existait pour lui même et par lui même. La seule chose dont il remerciait vraiment John – mis à part la démonologie, parce que tout de même, c'était bien pratique de pouvoir faire mumuse avec des démons – c'était d'avoir appris à réfléchir. Paradoxal ? Oui, ça l'était. John Mulciber ne réfléchissait pas, John Mulciber agissait. Mais le mangemort terrifiait Benjamin lorsqu'il était jeune, et il se disait obstinément, tout en suivant ses cours et en essayant de l'imiter, qu'il ne voulait pas lui ressembler. Le plus digne représentant de la famille Mulciber, voilà ce que le ministre était, ce qui était plutôt sain, ou non, selon le point de vue qu'on pouvait avoir,  vu qu'il était le chef de famille. Benjamin quant à lui possédait beaucoup de traits Mulciber : il était instinctif, cynique, fier. Mais pas colérique. Il était plutot, il fallait l'admettre dans la veine des Mulciber froids comme le père de John. Ah, l'oncle Randy...ça doit être celui là qui me manque le plus. Même si au fond, il détestait les magouilles politiques de Randolph. Non, la colère, il laissait ça à des gens comme Ruth, qui l'était naturellement. Sans doute était-ce aussi pour cela qu'il l'aimait. Il adorait la regarder en souriant, sans jamais rien dire, alors qu'elle partait en vrille toute seule. Je sais que tu détestais ça, cette manière dont je me foutais de tout. Mais j'avais raison. J'ai encore raison. La vie est une blague. Le trait de caractère principal de Benjamin Mulciber, c'est qu'il en fallait beaucoup pour l'étonner. Il trouvait le monde misérable. Plein d'abrutis qui ne passaient leur temps qu'à tout détruire. Rien de constructif. Le régime entier, par exemple, était basé sur un tas de ruine. Personne ne tolérait rien. La mort et la violence étaient devenus le lot commun de tous. Si on voulait survivre,  il fallait s'adapter. Dieu que c'était affreux. John lui avait appris à croire, à aimer, à simplement exister, mais ça ne suffisait pas. Le ministre lui même ne pouvait appliquer ses valeurs. On essaye de se justifier, on essaye d'exister, mais ça marche pas. On ne peut pas être heureux, on passe notre vie à survivre. C'est ça la vérité. Non, la croyance, la foi, l'idéologie, tout cela ne valait rien. Tout ce qui comptait, c'était adapte toi ou crève.

Qu'est-ce qu'il détestait en être parvenu à cette conclusion. Benjamin Mulciber, le type droit, était mort. En réalité, n'avait survécu que Limonkov. Encore plus blasé et cynique que le premier, le terroriste qu'il était considérait que la fin justifiait les moyens et que le viol, le meurtre, la torture, tout, était bon pour rétablir la vérité, pour la dénoncer. Et quelle était cette vérité ? Qu'en face, ils violaient, tuaient et torturaient exactement de la même manière. Benjamin, contrairement à un Tom Jugson, ne cherchait pas à renverser la tendance et à prouver que le régime était mauvais et la résistance honnête. Il cherchait à montrer que les idéologies n'étaient qu'un prétexte sordide pour masquer un besoin maladif de survivre, par peur, désespoir. L'idéologie puriste, par essence, était stupide. Il avait fini par le comprendre. Qui qu'on soit, d'où qu'on vienne, on veut survivre, c'est tout, tout le reste est un mensonge. Assumez le, que diable ! Soyez honnêtes, pour une fois. Pour ça, il était prêt à aller loin. Jusqu'à tuer, jusqu'à devenir comme eux. Boucle infernale ? Oui. C'était vrai. Pour les empêcher de tuer, il faut rentrer dans leur système.

Ce n'est pas ce qu'il imaginait être à cet âge là. Ben se souvenait de lui plus jeune. De ce à quoi il rêvait. Oh, les grandes espérances...comme tous les jeunes, il se rêvait chef de famille, doué, brillant, heureux. Il croyait qu'il reviendrait auréolé de gloire de Russie et que personne ne pourrait l'empêcher d'épouser Ruth, qu'ils seraient ensembles, voilà tout, et même John, qui parfois le jugeait trop sentimental, ne pourrait qu'avouer qu'il était le plus doué des Mulciber. Voilà ce qui aurait du se passer, ce qu'il espérait. Ca n'était bien entendu pas arrivé. Seule partie du rêve qu'il avait imaginé, avoir un enfant, et voilà que c'était la seule chose qui se produisait. Même pour lui l'ironie du sort était trop grande et il ne pouvait que détester ça. Nous étions jeunes, et un peu idiots. Nous ne devions pas être fait pour ça.

Le régime avait écrasé son rêve alors qu'il croyait en lui. Alors même qu'il lui faisait confiance. Ca n'a rien de juste, et je ne le méritais pas. Ni Ruth. Il s'en voulait profondément pour elle. Bien qu'il sut que ce n'était pas de sa faute, il ne pouvait se dire qu'il s'était créé une ennemie – alors qu'il l'aimait. Bingo, bien joué mon vieux, tu te fais un trip Roméo et Juliette ? Laisse moi te dire une chose : ça craint. Il ne pouvait que s'accorder avec lui même sur ce point là. Et ça craignait encore après. Alors qu'il pensait se reconstruire, blam, Natasha était morte. Allez tiens, ça ne suffit toi, prends toi encore un grand coup de latte dans ta gueule, parce que c'était bien connu, il devait aimer ça, souffrir.

D'un autre coté, Ben ne pouvait s'empêcher de croire au meilleur de l'homme. Il y a des tas de choses bien qui survivent ici bas. C'est aussi pour ça qu'il se battait. Il n'était pas comme eux, comme ces gens infiniment meilleurs que lui mais qui existaient tout de même. Qui luttaient avec abnégation. Pas moi ; moi c'est une vengeance personnelle parce qu'on m'a interdit d'être comme eux. Mais si par cette vengeance ils pouvaient vivre, eux, alors ça lui allait. On me refuse toujours tout. Tout est si difficile, si impossible...il aimait Ruth. Plus que tout. Il n'arrivait pas à se persuader du contraire, pas plus qu'il n'arrivait à se persuader que tout pouvait être simple. Ils ne pouvaient ni ne devaient se voir. Mais pourtant c'était le cas. Pourtant elle lui manquait. Et malgré les circonstances, il était content qu'elle soit là. Il était épuisé et tout ce qu'il aurait voulu aurait été dormir, très simplement, sans savoir pourquoi.

Mais comme rien n'est jamais simple, il fallait qu'il intégre une masse faramineuse d'information en très peu de temps. Déjà, apprendre qu'il avait une fille semblait démentiel à Ben. Mais apprendre comment elle était née...non, il était larguée. Puis la perspective de savoir que Ruth avait tué des gens ne l'enchantait guère. Même s'il le devinait. Il ne dit rien, un temps, il essayait de s'habituer à l'idée. Un long moment il observa la photographie sans rien dire. Il croyait réellement voir ses yeux à lui chez cette petite fille, d'un bleu très sombre. Mais à la différence de son père, chez qui on aurait dit deux océan sombres béant comme deux plaies, une lumière plus joyeuse, propres aux enfants, brillait dans ce regard là.

« Elle te ressemble plus qu'à moi. C'est mieux, dans un sens, c'est...moins problématique. »

Il était chamboulé. Ne savait pas quoi penser. Il aurait voulu la voir, sans savoir pourquoi, mis à part la sensation confuse que s'il mourrait, il laisserait derrière lui quelque chose. Ca devait se voir, sans doute, mais Benjamin s'en fichait. Il ne fit pas d'allusion aux meurtres dont Ruth parlait. Cela lui semblait comme indécent, déplacé, dans ce genre de moment. Il demanda finalement :

« Comment tu l'as appelée ? »

Tout de même, cela il voulait le savoir. Il ne pourrait jamais la voir, il le savait aussi, et ça le désespérait tout autant que le reste. Il rendit finalement le cliché à Ruth, toujours assise à coté de lui. Il se sentait désespérément minable. Il accepta avec gratitude la cigarette qu'elle lui tendait et l'alluma lui même. Il referma le zippo argenté avec un claquement sec.

« Me souvenais pas que tu fumais, toi. Ou c'est une manière comme une autre d'essayer de mettre ta promesse à exécution et de me tuer ? Parce que c'est pas comme ça que t'auras rapidement ma tête sur une pique.»

Il détestait parfois cette veine d'humour peu amusante qu'il avait, mais
c'était une mauvaise soirée, sans doute. D'habitude, tout glissait sur lui avec facilité. Ce soir, Benjamin avait l'impression réelle que tout ce qu'il aimait lui échappait. Il devait en aller de même pour Ruth. Il passa simplement un bras autour de ses épaules. Il avait un peu oublié la colère d'avant et se reprit finalement :

« Excuse moi. »

Il fallait dire, aussi, qu'il ne savait plus très bien quoi faire.
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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: The compassionate rose || Privé Mar 28 Jan - 11:54

 
« Les conséquences, c'est toujours pour les autres jamais pour moi », avait-elle un jour déclaré à une amie qui se fâchait devant son inconscience. C'était vrai, ou presque. Jeune, Ruth avait rarement du subir les conséquences de ses actes. Il n'y en avait pas d'ailleurs. Elle était jolie, riche, sang-pur, populaire, intelligente et faisait partie d'une prestigieuse famille. Rien de ce qu'elle faisait ne portait à conséquence, parce qu'elle était toujours assez intelligente pour les éviter. C'était d'ailleurs souvent les autres qui écopaient des peines à sa place. C'était ce qui avait le don d'exaspérer ses amis. Elle n'y pouvait rien s'ils n'avaient pas sa chance. On ne choisit pas sa naissance c'est vrai, mais on choisit de qui on s'entoure. Ruth avait les deux, la naissance et l'entourage qui allait avec. Elle faisait partie de ceux qui avaient de la chance, ceux qui ne devaient pas se soucier des conséquences. C'était un cadeau précieux de pouvoir tout se permettre sans jamais être inquiétée. Elle en avait honteusement profité jusqu'au jour où il avait fallu qu’elle assume ces actions justement. Pas que les siennes, celles de Benjamin aussi. Un oubli, un bête oubli de sort contraceptif et elle s'était retrouvée enceinte. Elle avait été la seule à en assumer les conséquences cette fois là. La naissance de sa fille, leur fille - elle avait un peu de mal avec ce concept - l'avait vouée à une vie de mensonge constant. Il semblait que ses dernières années, sa vie s'enfonçait inexorablement dans le mensonge. D'abord Yuliya qu'elle avait caché à tout le monde, surtout à John dont elle n'aurait pas su prévoir la réaction. Et maintenant il y avait Ben. C'était sa deuxième rencontre avec lui. Ils semblaient qu'ils soient destinés à se croiser dans des circonstances pour le moins particulières. La aussi, le mensonge avait sa place. Elle ne pouvait pas être vue en sa compagnie pas plus qu'il ne devait être vu en la sienne.

Ils étaient destinés à se croiser inlassablement sans jamais avoir le temps d'être ensemble. C'était risible. Ils n'étaient que deux idiots qui continuaient de s'aimer, sachant qu'un jour, ça les mènerait probablement à leur perte. C'est plus simple de détruire que de construire. Il suffit de si peu pour détruire. Construire demandait un effort constant, une volonté de fer. Que pouvaient-ils encore construire ensemble de toute manière ? Rien. Et c'était ça qui faisait mal, la mettait en colère et lui donnait envie de tout détruire. Ben avait probablement raison, elle finirait surement par détruire les gens plus heureux qu'elle, jalouse d’un bonheur qu'elle ne pourrait jamais avoir. Ils n'avaient plus qu'une seule chose en commun désormais et qui les reliaient : leur fille. Une petite fille de bientôt cinq ans qui ne se doutait pas le moins du monde de l'identité de ses parents. Pour elle, Ruth était sa sœur adorée qu'elle ne voyait pas assez souvent. Exceptionnellement, quand elle était là, Yuliya avait l'autorisation de lui coiffer les cheveux tandis qu'elle parlait avec les adultes de chose pour les grands. Elle était maladroite, tirait sur les boucles de la jeune femme mais Ruth la laissait faire sachant que c'était un des rares plaisirs innocent qu'elle pouvait avoir avec sa fille. Pour la gamine, Limonkov n'était rien sinon un nom qu'on entendait parfois dans les discussions de ses parents. Elle n'avait probablement jamais entendu le nom de Benjamin Mulciber. C'était un prénom que Ruth refusait que l'on prononce, en particulier en sa présence.

La masse d'information rendait Ben silencieux. Il était probablement sous le choc. C'était normal après tout. Elle avait eu le temps de s'habituer au fait d'être mère, ça faisait cinq ans à présent. Ben lui, apprenait l'existence d'un enfant qu'il n'avait probablement jamais voulu, ni même envisager d'avoir. Elle se demandait, qu'elle eut été sa réaction si elle avait pu lui apprendre normalement cinq ans plus tôt. Aurait-il été heureux ? Aurait-elle été contente ? Sur le moment, elle se souvenait que la seule pensée qui lui était venue à l'esprit était : « Non pas moi, ça ne se peut pas ». Il avait enfin fallu qu'elle assume ce qu’elle avait fait, et la leçon ne lui avait pas plut.

La seule remarque qu'il fit, fut sur la ressemblance entre sa fille et elle. Il était probablement trop abasourdi pour penser à autre chose. Ruth n'était pas sûre d'avoir envie de se justifier pour le meurtre de la sage femme. Elle avait fait ce qui lui semblait nécessaire sur le moment. En y pensant, il était probable que la vieille sorcière ne dise rien mais elle n'en était pas certaine, et c'était un risque qu'elle n'avait pas voulu prendre. Elle n'avait jamais eu aucun remord. Quand bien même son action était injustifiée, c'était trop tard. Elle ne pouvait pas revenir en arrière et ça ne servait à rien de s'attarder sur ce genre de détail. Ce n'était qu'un détail après tout. Elle sourit avec affection en regardant la photo, en effet, elle lui ressemblait bien plus qu'à lui.

« Elle à certains de tes traits, ils sont justes moins marqués que les miens, mais en effet, c'est plus pratique. Personne n'a jamais songé à remettre en cause la paternité de l'enfant. Tout le monde pense que c'est ma sœur, et tout le monde continuera de le penser. », Il y avait une certaine tristesse dans sa voix tandis qu'elle en parlait. Elle murmura pour elle-même, « C'est mieux comme ça après tout. »    

Elle passa un doigt songeur sur la photo, regardant l'enfant s'agiter sur ces genoux, elle continua de parler, lui donnant probablement plus d'informations qu'il ne voulait entendre ou pas assez. 

« Ironiquement, elle a prit le meilleur de nous deux je pense. Enfin, si on considère qu'il y a quelque chose de bon chez toi comme chez moi. », Elle eut un sourire railleur. Elle était de mauvaise fois mais pas assez pour ne pas savoir qu'elle n'avait rien de quelqu'un de "bon". « C'est une gamine énergique, intelligente et très douce. Je pense qu'elle n'a pas hérité de mon tempérament colérique, ce n'est pas plus mal j'imagine. »

Il y eut un nouveau silence jusqu'à ce qu'il lui demande son nom. C'était amusant parmi toutes les informations qu'elle avait songé à lui donner, elle avait oublié celle-là, la plus importante après tout.

« On a gardé la tradition familiale, un prénom pour la Bulgarie et un pour l'Angleterre, elle s'appelle Yuliya Marie Alexïeva Mulciber. C'est son nom complet, au final, elle a quand même ton nom de famille. On l'appelle rarement Yuliya quand j'y pense, c'est plutôt Yulia et Arthur à prit l'habitude de l'appeler Yaya. », Elle haussa les yeux au ciel, elle avait aarrêtéde se battre contre l'habitude de Stepan à donner des surnoms idiots à sa fille. Elle savait reconnaître une cause perdue. 
   
Il prit la cigarette qu'elle lui tendit sans pouvoir s'empêcher de faire de l'humour noir. Elle lui jeta un regard noir avant de lui prendre la cigarette et d'en tiré une bouffée puis lui rendit.

« Désolé. »

Le mot lui écorcha la gorge. Ruth détestait s'excuser. A vrai dire, elle ne s'excusait jamais. C'était quelque chose qu'elle n'avait pas besoin de faire et qu'elle n'avait jamais appris à faire. Les excuses, c'était bon pour les coupables et les autres. Elle n'était jamais coupable et elle n'était pas les autres. Même quand elle était en tord, elle le niait avec une mauvaise fois impressionnante. Elle préférait faire quelque chose pour se faire pardonner que de s'excuser mais ici, en l'occurrence, elle savait qu'elle y était allée un peu fort.

« Je fume rarement juste quand le besoin s'en fait sentir. Tu sais très bien que je ne pensais pas la moitié de ce que j’ai dis. J'aimerais bien que ta tête reste sur tes épaules si possibles. Je ne te ferrais pas de mal à moins d’y être forcée. »

Elle reprit la cigarette et tira une autre bouffée. C'était le genre de chose qu'elle ne dirait qu'une seule fois. Parce que le dire tout haut s'approchait de la trahison. Pourtant elle était bien incapable de lui faire mal, probablement autant qu'il était incapable de la toucher. Elle se laissa aller contre lui, puis se raidit. Elle se tourna vers Ben le regard dur.

« Ton homme en bas.... »

Il savait très bien ce qu'elle voulait dire. Toi je ne te toucherais pas, mais lui est-ce que je dois m'en occuper pour m'assurer de son silence ? Si c'était le cas, elle le ferrait sans le moindre remord. En attendant, elle l'embrassa jouant avec les boutons de sa chemise. Elle était fatiguée mais l'envie était quand même là.

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