POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Une rose aux épines de fer || Hildegarde [Fini]

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Mary Kane


MessageSujet: Une rose aux épines de fer || Hildegarde [Fini] Dim 26 Jan - 23:20

Ca faisait maintenant une semaine qu’elle avait croisé Llew dans le couloir des sous-sols. Depuis, elle vivait dans un espèce d’état second. Elle se sentait un peu euphorique sans vraiment savoir pourquoi. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois qu’elle s’était sentie aussi heureuse. Parce qu’après tout, elle l’était. Mary était une fille simple, elle ne cherchait pas grand-chose dans la vie et les bonheurs simples lui suffisaient. Ils avaient décidés d’un commun accord de continuer à ce voir. Décision stupide par excellence mais qui lui procurait une certaine satisfaction. Ce n’était pas grand-chose et n’importe qui à sa place aurait été frustré. Ils n’avaient pas réellement l’occasion de se parler où d’avoir de l’intimité. Au mieux, c’était quelques paroles anodines échangées lors d’un cours. Un sourire discret en sortant de la grande salle.  Un message envoyé par hibou avec une remarque idiote non signée. Rien de plus. Néanmoins, c’était des petits détails qui permettaient de rendre ses journées dans l’enfer de Poudlard un peu plus supportable. Ca et les discussions tard le soir en compagnie de Wayland quand personne ne pouvait les voir. Il était étonnant qu’une jeune fille aussi droite qu’elle, soit passée maître dans l’art de la dissimulation. Poudlard avait une influence néfaste sur elle. Au final, il fallait cacher tout ce qu’elle faisait. Elle n’était pas adepte du mensonge et des cachoteries mais la fin justifiait les moyens. C’était désormais sa devise à Poudlard. Il faut pouvoir s’adapter dans le monde dans lequel on vit. Elle avait mis plusieurs mois à accepter ce concept. Si elle voulait survivre ici, elle devait changer et s’adapter. C’était la loi de l’évolution. Au fur et à mesure du temps, et ce avant même que l’homme ne devienne l’homme, les espèces qui n’avaient pas su s’adapter avaient disparus de la surface de la terre. Mary entendait bien ne pas disparaître. Pour se faire, elle devait évoluer et s’adapter à son environnement, ce qu’elle faisait désormais avec plus ou moins de réussite.  

Il n’y avait pas que sa façon d’appréhender Poudlard qui changeait, elle aussi. C’était lent et progressif mais les cinq mois qu’elle venait de passer à Poudlard avait été en quelque sorte bénéfique pour elle. En partie au moins. Personne n’avait pris de pincette avec elle. Elle avait été obligée de sortir de sa coquille et de s’adapter au monde en face d’elle. L’enfant en elle était définitivement partie, laissant place à l’adolescente qu’elle était et l’adulte qu’elle serrait un jour. Elle-même ne s’en rendait pas encore compte mais Poudlard l’avait endurcie. Elle avait appris à plier et mainte fois refuser de craquer.

Heureusement pour elle, ces derniers temps, avec les changements mis en place par le régime, elle n’était plus le centre d’attention de toutes les conversations. Bien entendu, on continuait à la mépriser, voir l’insulter ou simplement l’ignorer mais les adolescents se lassent vite. A défaut d’une nouveauté dans l’histoire Ariana/ Mary, les insultes se faisaient moins nombreuses et moins convaincues. On avait d’autres chats à fouetter pour le moment. La perte de l’anonymat des sorciers vis-à-vis des moldus étaient désormais au centre de toutes les conversations. Le changement d’Inquisiteur aussi. Eris Valverde était partis, au grand soulagement de Mary pour laisser place à Eléonore Platt, la grand-mère de Wayland. L’arrivée de l’Inquisitrice Platt avait donné un vent d’air frais à Poudlard avec un nouveau corps professoral. Il avait désormais un nouveau professeur de potions et de métamorphose. Les anciens étant partis pour une raison inconnue.

Ce fut d’ailleurs de son professeur de potion dont elle reçu une note dans le cours de la journée. Ce fut une de ses camarades qui lui tendit le parchemin quand elle revient dans la salle commune des Serdaigles après le déjeuné.

« Tiens, c’est arrivé pour toi pendant que tu étais dans la grande salle. »

Mary remercia sa camarade et s’installa dans un fauteuil prêt de l’âtre. Elle fit sauter le saut qui maintenait le parchemin celez et lu son contenu. Le professeur Madne, la nouvelle directrice des Serdaigles la convoquait dans son bureau après les cours. C’était court, bref, concis et n’en disait pas plus. La jeune fille soupira en refermant le parchemin. Elle était convoquée par les autorités bien plus souvent qu’elle ne le désirait ces derniers mois. Autant dire que même H l’avait été moins qu’elle. Cette constatation avait quelque chose d’effrayant. Elle prit un livre essayant de se distraire mais rien n’y faisait. Que pouvait bien lui vouloir le nouveau professeur de Potion. Qu’avait-elle bien pu faire cette fois-ci ? Probablement rien, mais ça ne voulait rien dire pour autant. A Poudlard, on pouvait désormais vous reprocher tout et n’importe quoi, principalement ce que vous n’aviez pas fais.

Elle se dirigea un peu avant l’heure dit vers le bureau de sa nouvelle directrice de maison. Son bureau se trouvait dans les sous-sols non loin de la salle de classe où ils avaient cours, aussi trouva-t-elle facilement le chemin. La porte du bureau était fermée. Elle hésita un instant, du couloir, elle entendait de la musique. Du classique à en juger par ce qu’elle entendait. Elle toqua timidement à la porte, attendant qu’on lui dise d’entrer. Dix minutes plus tard, elle était toujours devant la porte et la musique n’avait pas diminué en intensité. Regardant sa montre, elle constata qu’elle allait bientôt être en retard. Elle toqua donc de nouveau contre la porte de bois, plus fort et plus fermement cette fois. Il ne restait plus qu’à espéré qu’on l’entende.

Spoiler:
 


Dernière édition par Mary Kane le Lun 10 Fév - 18:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une rose aux épines de fer || Hildegarde [Fini] Mer 29 Jan - 17:18

Spoiler:
 

L'opéra. Quoi de plus beau que l'opéra? Ces voix qui se touchent, se font face. Ces limites qui se dépassent et qui cherchent toujours à toucher une partie de nous. Une partie enfouie, si profondément qu'on en oublie parfois qu'elle existe. La voix traverse le corps, l'âme et elle semble caresser le point central de notre Être. C'était un viol, un viol si bon qu'on en redemandait toujours. Un rituel sensuel où le corps se libère de toutes les mauvaises ondes et se purge des nombreuses saletés entrées dans celui-ci. C'était quelques fois douloureux, à d'autres moments sujet d'une telle jouissance qu'il était difficile d'en donner un nom clair et une définition.
C'était sans doute là la fonction cathartique de la musique. Purger les mauvaises et vaines passions. Les voix et les douceurs des instruments arrivaient à toucher une part de l'âme qui avait besoin de s'exprimer. Une partie de soi touchée par une création de l'être. Et il n'y avait sûrement rien de plus magnifique chez l'être Humain que sa capacité à créer quelque chose. Regarder la fleur, la prendre et en faire quelque chose. Faire de ses deux mains un monde à soi, modeler les choses en fonction de soi. Devenir actif, et ne pas être passif face à l'existence qui se construit malgré soi. Avoir quelque chose entre les mains et construire. Tel était le message de l'opéra. Toucher, émouvoir, faire que quelqu'un, là quelque part, se trouve soudainement conscient d'avoir quelque chose en lui en capacité d'être en proie aux émotions. Toutes les personnes incapables de ressentir cela, en écoutant de la musique digne de ce nom, c'est-à-dire créée non pas à but commercial mais dans une optique de création véritable et cohérentes, étaient des personnes fermées leur propre identité. On s'en contre-fichait, au final, que cela soit de l'opéra, du classique, du jazz, du rock, du métal ou toute sorte d'autre musique. Ce qui comptait, c'était qu'elle réveille en nous une partie capable d'être émue, à un moment donné. Une création qui crée quelque chose de véritable et qui rend compte chez l'Autre de sa capacité, lui aussi, à créer.

Hildegarde était assise sur un immense canapé au tissu beige et au bois d'un marron presque noir. Cigarette au doigts, elle contemplait un tableau qu'elle venait d'acquérir, il y a peu. Une première contribution de son nouveau salaire, qui n'était pas des moins élevé. Elle observait, fière et curieuse de comprendre un tel chef d'oeuvre. Louis Vanthestuyse, un peintre autrichien que peu connaissaient. Il avait pour habitude de traiter des différentes formes de la vie via des objets tout à fait insolites du quotidien. Des choses que l'on croisait tous les jours, faisant parti de notre existence. Le véritable succès d'une telle peinture restait cette façon qu'il avait de lier un objet à une âme sans qu'on ne sût pourquoi. Hildegarde s'identifier dans ce magique vase. Porteur de la beauté, non identifiée par la plupart des personnes qui se trouvaient devant lui. Elle avait tant eu cette sensation qui la rendait invisible au commun des mortels. Et au lieu d'être une invisibilité qui pouvait être mise en valeur, elle cherchait le moyen de se dévaloriser. Être un quiconque du monde immense, ne ressentant rien d'autre qu'une volonté amorphe et effacée dans un rassemblant d'individus et de singularités.
Les gens ne voyaient que les fleurs, elle, souvent, regardait le vase. Mais elle aimait les fleur, oh ça oui, elle les aimait. Mais le vase comptait tout autant. Il devait exprimer quelque chose. Sans lui, les fleurs mourraient et il ne resterait rien du projet de la pauvre Hildegarde. Non, non, non et non. Les vases, c'était la vie. Rien d'autre. Ils portaient l'eau, il l'apportaient. Ils portaient ainsi la vie et leur fragilité était à surveiller au plus proche des considérations émotionnelles. Ce vase, quelle beauté ce vase, et quelle magnifique symbiose que l'alliance poétique d'une musique si belle et d'un vase si fragile. Ô décadente vie chétive, n'apportant rien d'autre que des moments de grâce et de sublime.

L'immense bureau d'Hildegarde avait été changé depuis la première soirée où elle avait reçu. Le meurtre des autres idiots avait rendu la pauvre femme d'une colère telle qu'elle avait tout brisé. Son être, son existence, son essence même dans ce lieu qu'elle avait rendu coquet et confortable étaient complètement mis de côté. Il avait ainsi fallu qu'elle change, qu'elle retravaille l'espace. Aussi, désormais, c'était un long rectangle que cette pièce par laquelle on pénétrait avec une porte inscrite dans le centre d'un premier mur. Les trois autres murs étaient tous composés de deux immenses fenêtres voilées par d'imposants et léger rideaux de soie blancs. Deux sur le mur de gauche, deux sur le mur d'en face séparées par une imposante cheminée de marbre blanc et deux autres sur le mur de droite. Les murs entiers n'étaient faits que de blanc, et de nombreuses moulures composaient le haut de ceux-ci et le plafond. Au centre, un lustre de cristal pouvait éclairer l'entière pièce par la seule force du feu des bougies. Le sol était un plancher blanc, travaillé avec détail et beauté. Au centre de la pièce, au niveau de l'entrée, sur un tapis blanc qui ne se salissait jamais, un canapé faisait face à la cheminée qui se trouvait séparée de celle-ci par une table basse. A gauche et à droite de celui-ci, deux guéridons où quelques livres et des chandeliers étaient installés. Les meubles qui servaient d'assise étaient tous d'un tissu blanc cassé et d'un bois presque, se moulant parfaitement à l'univers du lieu. A la droite de l'entrée, le bureau d'Hildegarde tournait le dos à deux grandes fenêtres. A gauche, un magnifique piano était installé devant une multitude de tableaux en tout genre. Enfin, une table ronde et quelques chaises permettaient à quiconque désirant venir de partager un repas avec la Maîtresse des Potions. Au fond de la pièce, une porte noir menait directement aux appartements plus privés de cette dernière.
Le tout était donc d'un immaculé presque saint et calme. Tout ce blanc apaisait et rendait silencieux. Mais il semblait que tant de pureté cachait quelque chose. Du sang, tapissé sur les murs, que la peinture avait réussi à effacer. Un être second, des murs et leurs histoires. Car il ne fallait pas oublier que le bureau se trouvait dans les cachots et que ce n'était qu'avec une immense série de sortilèges qu'Hildegarde avait réussi à retirer toute humidité possible et à faire des fenêtres une éléments magiques donnant la sensation de se trouver à quelques étages dans l'immense Poudlard.

On toqua. Une première fois qu'Hildegarde n'entendit pas. La musique fit un silence, une deuxième fois on tapa à la porte. Elle entendit cette fois-ci le coup, regardant la petite pendule mise sur un des deux guéridons qui lui indiquait qu'effectivement, quelqu'un l'attendait. En espérant, de toute évidence, que cela ne fût pas trop long. Elle fit un sortilège en direction du gramophone posé sur une des petites tables du bureau. La musique se fit moins forte, laissant cependant une atmosphère de calme et de sérénité au lieu.
Elle se leva du canapé. Une fois de plus, sa tenue était quelque peu étrange. Une sorte d'immense blouse bleue aux motifs de fleurs impressionnistes. Le tour, attaché par quelques boutons d'argents et une broche représentant un petit insecte magnifié par quelques diamants bleus et un argent brillant.
Elle se tourna des talons et ouvrit la porte. Sa tête dût donc apparaître dans l’embrasure de porte. Une tête calme et douce tout en ayant un petit brin d'excentricité dans le regard.

« Oh! C'est vous. Entrez, Mary. »

Elle ouvrait la porte tandis que l'élève entrait. Le décor était apaisant tout comme il pouvait surprendre. Tant de charisme avec seulement du blanc et quelques meubles. Grande, Hildegarde l'était. Elle traversa son bureau tandis que l'élève entrait. Sur la table était posé un petit plat de soufflets à l'amande et au chocolat. Elle en goba un, préservant cet unique moment gastronomique avec un souffle de plaisir qu'elle exprima à l'oral. « Ces petites douceurs sont d'une affreuse... douceur! » Elle apporta le plateau avec elle, repassant devant l'élève encore postée à l'entrée du bureau et se dirigeant vers sa table de travail. Elle se rendit soudainement compte de la présence constante de cet être entré dans son antre. Elle se stoppa, se retourna et revient vers l'entrée. « Eh bien, qu'attendez-vous? Venez, mon enfant. » Et elle était repartie vers son bureau, plateau en main, pour passer un moment qu'elle n'était pas vraiment la plus adepte et dont elle n'appréciait pas véritablement les tenants et aboutissants.
Elle contourna le meuble, s'installant derrière avec délicatesse et prestance. Hildegarde avait cette élégance naturelle, due sans doutes à une excentricité et à une intelligence qu'elle n'assumait qu'à moitié, ne laissant apparaître que l'un à défaut de l'autre. Et il était bien facile de deviner laquelle des deux parties était la plus visible des deux. Mais ce qu'elle ignorait sûrement, c'était que la plupart des gens voyaient en elle cette intelligence qu'elle ignorait posséder. Une ignorance qui, jours après jours, commençait à lui coûter cher.

« Vous voulez un soufflet? Elle posa le plateau devant elle. Sauf si vous êtes allergique au chocolat ou au lactose. Je crois savoir qu'il est possible de le faire savoir aux cuisines. Vous me direz, c'est bien singulier que d'être allergique à de tels gâteaux, fruits d'une création bien plus renversante que la Création du Monde par cet individu placé là-haut et qui nous surveille tous! Elle venait de parler avec une presque vitesse et avec une douceur importante. Elle eut un petit rire, laissant voir alors un visage plus que confiant et calme. Bien, bien, bien, Mary Kane, le petit oiseau qui a fait plus de bêtise qu'elle ne le devrait. Tu as... vous me permettez que je vous tutoie? Tu as accompli tellement de choses dans les murs de ce château et tu gâches ce talent en allant côtoyer le lit de quelques beaux garçons Serpentards en pensant que personne ne le saura. Alors... c'est cela, l'amour? Le grand amour, le bel amour, le puissant amour? Mais ma chérie, l'amour, tu le sais, ce n'est pas au détriment du reste. L'amour, il est plus beau quand il se fait dans la plus belle des jouissances et des sécurités. Que vais-je te dire, moi, Hildegarde Madne, Directrice de la Maison Serdaigle? Dois-je punir l'amour ou dois-je lui laisser ses magnifiques ailes afin que la petite larve devienne papillon? Qu'en penses-tu? Pourquoi as-tu fait cela, après que tant de regards furent tournés vers toi? Dis-moi. »

Elle la regardait. Les coudes posés sur le bureau et les mains jointes, la tête légèrement penchée. Hildegarde n'était pas idiote, elle était idéaliste et honnête. Un brin folle, mais ça, cela ne comptait pas encore totalement. Elle était dans une sorte de chemin oublié, elle avait sa propre logique qui n'était pas totalement dépourvue de sens et qui n'était donc pas à rejeter.
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MessageSujet: Re: Une rose aux épines de fer || Hildegarde [Fini] Ven 31 Jan - 22:31

Le second coup donné sur la porte fut le bon. La tête de sa nouvelle directrice de maison apparut dans l'embrassure de la porte, la scrutant d'un regard amical où brillait l'intelligence mais aussi un brin d'excentricité. Son professeur la fit entrer tout en l'appelant par son prénom. Ca intrigua la jeune fille, rare était les professeurs qui se permettaient ce genre de familiarité envers leurs élèves, et envers elle en particulier. On l'appelait "Kane" d'habitude, "Mademoiselle Kane" au mieux, mais rarement Mary.

La première chose qui la frappa, ce fut le bureau. Elle se souvenait y être pénétrée lors de sa première année à Poudlard. Il était sombre, humide, froid ; tout ce que l'on pouvait attendre d'un bureau situé dans les sous-sols. Ici, il y avait désormais de grandes fenêtres qui laissaient passer une lumière qui était artificielle. Le bureau entier était blanc. Il respirait l'élégance, le calme et la simplicité. Mary resta un moment dans l'entrée, regardant autour d'elle sans se rendre compte que son professeur avait bougé dans la pièce, dégustant ses friandises avec une délectation proche de l'orgasme. Ce ne fut que quand le professeur Madne lui demanda ce qu'elle attendait qu'elle eut la présence d'esprit de la suivre. La directrice, dont les habits très colorés dénotaient dans la pièce d'une blancheur immaculée s'assit derrière son bureau tandis que Mary prennait place dans une chaise en face.

On lui proposa un soufflet et elle regarda sa directrice de maison avec étonnement. Une claque ? Pourquoi en aurait-elle voulu une ? Elle se rendit compte qu'on lui proposait simplement de prendre une friandise qui portait le nom de soufflet. Elle n'avait pas spécialement envie d'un bonbon mais il semblait grossier de refuser, aussi en prit-elle un, qu'elle mangea lentement tout en répondant à sa question.

« Non je ne suis pas allergique au lactose, ni au chocolat. J’en prendrais un volontiers merci. »

Elle avait un peu de mal à suivre son discours. Elle semblait lui parler, tout en dialoguant avec elle-même et c'était un peu perturbant pour la jeune fille. Elle mordit dans le soufflet, appréciant le goût subtil du chocolat. Malgré son air un peu étrange, Madne ne semblait pas être quelqu’un de désagréable ; Mary commit donc l’erreur de se sentir en confiance. La femme était nouvelle à Poudlard après tout, peut-être voulait-elle simplement faire connaissance avec certains de ses élèves. Elle se prit à espérer qu’on ne l’avait finalement convoqué que pour des broutilles. Elle fut vite déçue. Alors qu’elle avalait le dernier morceau de son soufflet, sa directrice évoqua ce qui c’était passé la semaine passée entre elle et Llew dans le dortoir des Serpentards. Mary manqua de s’étrangler et déglutit pour avaler du mieux qu’elle pouvait la friandise dont le goût lui semblait désormais très amer.

« Oh Seigneur. »

Fut sa seule remarque. Regardant son professeur d’un air incrédule, le rouge lui monta aux joues instantanément tandis qu’elle réfléchissait à toute vitesse. Comment pouvait-elle être au courant. La salle commune était vide. Il n’y avait personne dans les couloirs, pas même les langues de plomb. Et à sa connaissance, Llew n’en avait parlé à personne. Ils avaient tout les deux décidés que c’était bien mieux si leur relation restait un secret. Ca lui éviterait les remarques déplacés, et quant à elle, elle avait bien assez d’ennuis comme ça sans que le reste de l’école sans mêle. La boule familière de peur se forma dans son ventre. La peur était devenue une vieille compagne, un peu comme la gêne. Elle était presque toujours à ses côtés, la quittait rarement. On finissait par s’y habitué mais jamais totalement. Elle essaya de rassembler ses idées tandis qu’on lui parlait. Distraitement, elle répondit :

« Oui, vous pouvez me tutoyez Professeur. »

La question était rhétorique, tout comme la réponse de Mary. Madne l’avait tutoyé dés qu’elle l’avait vue, sans lui demander son avis. Mary ne cherchait qu’à gagner du temps en essayant de remettre de l’ordre dans ses pensées. Elle leva les yeux vers la directrice des Serdaigles. Son visage n’était pas fermé, ni même méchant, elle semblait simplement curieuse. Pourtant, elle parlait de punition et ce fut ce qui parut injuste à Mary. Pourquoi l’aurait-on punie ? Quelles lois, à Poudlard, interdisaient aux Sangs-purs et aux sangs-mêlés de se fréquenter ? C’était jouer avec les mots, elle le savait. C’était devenu un des tabous de leur société. Ca ne se faisait pas. C’était déshonorant, une honte pour le sang-pur qui salissait ce qu’il y avait de plus précieux chez lui mais également pour la sang-mêlé qui pervertissait un membre bien plus honorable qu’elle. Mary avait un esprit pratique, elle savait que cette relation, si jamais elle en venait à durer, ne survivrait probablement pas au départ de Llew de Poudlard. Elle préférait ne pas se projeter aussi loin. Une amourette d’étudiant, ça passait mais une fois dans la vie active, on lui demanderait de trouver une sang-pur avec laquelle il pourrait procréer pour préserver la pureté de son sang. Elle n’en était même pas triste, ainsi allait leur vie et leur monde. Elle ne pouvait pas imaginer qu’il existe d’autre façon de faire. C’était probablement pour à qu’elle ne comprenait pas qu’on en face toute une histoire. Llew comme elle savait qu’ils avaient une durée de vie limitée.

Il fallait répondre désormais, on ne l’avait pas faite venir ici pour qu’elle regarde son professeur dans les yeux, un air bovin sur le visage. Elle avait envisagé de mentir pendant un moment mais pour quoi faire. Madne semblait très bien savoir de quoi il en retournait. Elle commença par le premier point le plus facile d’entre tous.

« Je ne veux pas vous contredire Professeur mais je n’ai rien accomplis depuis que je suis ici. Rien de notable en tout cas. »

C’était vrai, son seul accomplissement – et elle n’en était pas fière – c’était d’avoir été convoqué chez ses professeurs et la direction plus que H depuis le début de l’année. Ca situait le niveau… Elle avait été au cœur d’un conflit qui lui avait valu les cachots, pointée du doigt comme mauvaise puriste, on lui avait fait comprendre en Politique Internationale que ses remarques étaient déplacées… Réellement, en étant honnête, on ne pouvait pas dire qu’elle ait accomplit quoique ce soit. Elle faisait simplement de son mieux, essayant de tirer son épingle du jeu de s’en sortir. C’était un combat constant que d’essayer de garder la tête hors de l’eau dans un milieu aussi hostile où la majorité des gens ne rêvaient que de la couler.
Le reste de la question était plus épineux. Aimait-elle Llew ? Elle n’aurait pas su répondre. De prime abord, elle aurait dis « non ». L’amour était sensé être un sentiment puissant que l’on ne devait pas confondre avec l’attraction physique. On pouvait éprouver le second sans avoir besoin du premier. Elle appréciait Llewelyn, ressentait de l’affection pour lui mais parler d’amour après une semaine, c’était tout de même aller un peu vite en besogne. Malgré tout, elle ne pouvait pas répondre ça à sa directrice. Il y avait des limites à l’insolence qu’un professeur pouvait tolérer de la part de ses élèves. Il fallait donc être honnête, en essayant de ne pas être grossière. Après tout, elle ne pouvait pas lui dire platement : « Je ne comprends pas en quoi ça vous regarde. ». Si ?

« Je ne suis pas sûre de vous comprendre Madame. Je ne fais pas passer, l’amour comme vous dites, au détriment du reste. Je ne saurais pas, je n’en ai ni le temps, ni l’envie. Je l’ai fais sans réfléchir, parce que pour une fois, ça faisait du bien de ne pas réfléchir. Je n’ai trompé personne, ce n’est pas comme si j’avais utilisé de l’Armortencia sur Llewelyn. En toute logique Professeur, je ne pense pas devoir être punie parce que j’entretiens une relation qui n’aura pas de conséquence sur mes études ou sur mon comportement dans la vie de tous les jours. »

Quant aux regards, ils étaient toujours tournés sur elle, attendant un faux pas de sa part mais ça, elle ne pouvait pas le dire à Madne, c’était quand même un peu insolent tout de même. Elle ne savait pas quoi ajouter de plus, elle était affreusement mal à l’aise. Mary avait déjà du mal à discuter de ses sentiments avec l’intéressé, elle était d’autant plus gênée de devoir aborder la question avec sa directrice de maison.

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MessageSujet: Re: Une rose aux épines de fer || Hildegarde [Fini] Dim 2 Fév - 20:12

Hildegarde avait toujours eu un lien avec ses étudiants à Genève et les quelques élèves qu'elle avait eues quand elle avait du faire des remplacements. Elle n'aimait pas la distance du vouvoiement, avec eux. C'était comme si elle était éloigné, qu'elle ne pouvait toucher à leur intelligence présente et leur envie de créer quelque chose. Elle voulait les sentir vivre, les sentir s'exprimer. Elle voulait qu'ils soient là, incarnés, bel et bien présents.
Elle était extrême dans ses relations. Elle voulait tout ou rien. Tout contrôler, tout voir et tout savoir ou ne rien voir du tout. Cela ne la rendait pas, cependant, excessive avec les autres. Elle restait tout à fait calme et douce. S'ils ne voulaient rien dire, alors c'était tant pis. Elle voulait les accompagner, leur montrer un chemin, sûrement parce que personne ne lui en avait montré. C'était là sa conception du rôle de professeur, d'autant plus dans une Ecole de Sorcellerie où il fallait acquérir encore plus de compétences que celles demandées à des moldus lambda. Elle avait ainsi fait le choix d'être accessible, d'être prête à tout pour écouter et entendre ses élèves.
Elle n'était pas gênée de dire que Slughorn lui avait tout appris, mais elle admettait cependant qu'il avait été manipulé et que resté à Poudlard, il aurait pu faire encore de grandes choses. Mais c'était elle, désormais, qui occupait le poste de Maîtresse des Potions dans la plus grande Ecole de Sorcellerie au Monde. Qui l'eût cru? D'autant plus dirigée par sa pire ennemie, la grande et belle Eleonore Platt.
Son excentricité rassurait. Car elle n'était pas bête. Un peu plus de légèreté dans ce monde ne faisait de mal à personne, et se confier à Madne revenait souvent à avoir un appui certain. Elle était honnête et sincère.

Hildegarde avait suivi de peu l'arrivée de la nouvelle Inquisitrice. Celle-ci avait allégé la façon de diriger. Valverde avait tenu Poudlard durant la révolte interne. Celle-ci terminée, il était aussi temps de prendre un rythme normal. Mais Merlin savait qu'il n'y aurait peut-être pas d'autre politicien pour revenir tenir les choses.
Platt n'était pas bête et elle avait besoin des autres. Bien plus qu'elle ne voulait l'admettre, Hildegarde lui était utile au même titre que nombre de personnes présentes à Poudlard. De fait, quand la nouvelle professeur de Potions était arrivée, on lui avait confié quelques cas à gérer. Notamment le cas Mary Kane, qu'elle ne connaissait que trop peu. Elle avait lu le dossier, l'avait relu et encore relu. Elle avait voulu sentir, à travers ces lignes froides et noires, la personnalité de Kane. Elle cherchait à sentir qui elle était, quelle était cette ombre dans un couloir dont tout le monde connaissait le nom après une absence de long terme. Hildegarde s'était aussi absentée de ce pays-ci. De longues années passées dans les montagnes Suisses, coupée du monde et de ses réalités. Elle était entrée dans une spirale de recherche folle. Poudlard en était l'aboutissement. Mais peut-être était-elle aussi une rejetée de ce monde. Du monde d'Eleonore Platt et de tous ces brillants esprits. Peut-être était-elle aussi une Mary Kane d'une autre génération, d'un autre temps, d'un autre moment.
Elle l'observa se débattre avec ses arguments qui n'en étaient pas. Elle lui fit un grand sourire, pensant alors lui assurer une échappée rapide avec son amoureux et une fuite loin de ce cruel monde. Qu'ils disparaissent, au plus vite, et qu'ils sauvent leur amour. Mais qui avait le droit de le faire? Qui pouvait leur obliger à cela?

« Mais, ma chère, tu as fait du règlement une broutille qu'on ne prend pas en considération. Tu n'avais pas le droit d'entrer chez les Serpentards, encore moins dans un dortoir pour les individus de sexe... masculin. Les règles sont les règles. Qu'aurait pu faire Yves Saint-Laurent sans les règles? Elle l'observa. Longuement, et elle eut un grand sourire. Elle se souvint des modèles de robe d'Yves Saint-Laurent. Ces magnificences de la nature, ces beautés de la création humaine. Elle jubilait intérieurement. Tout, il aurait pu tout faire. Les règles de notre monde l'ont détruit. Rien, néant. Dois-je vous détruire? »

Elle ne pouvait détruire l'amour. L'aimait-elle? Dieux que cela était difficile, que de se retrouver devant la jeunesse aimante. Mais n'était-ce alors qu'une question de corps et d'attirance. Un moment où tout se relâche et où la sensualité parle avant les sentiments. Peut-être que ce Mulciber n'entendait qu'avoir une aventure d'un soir.
Elle avait aimé, elle aussi. Terriblement, follement, éperdument aimé. Au détriment de sa vie. Il l'avait laissé tomber. Alors elle s'était retrouvée avec cet abrutis comme mari, dont même la plus blanche des colombes aurait été contrainte de le tuer. Et puisqu'elle n'était pas la plus blanche des colombes, elle n'avait eu aucun scrupule à le détruire de l'intérieur. Revoir ses yeux sortir de leur orbites, et ce regard soudainement compréhensif de sa propre vie misérable. Elle l'avait vu, dans sa détresse détestable, prendre peur et voir que sa vie n'avait été qu'un éternel gâchis. Et comme elle avait pleuré. Pleuré de ne pas avoir agis plutôt, pleuré de voir tant de pans de sa vie détruits par ce mari incapable qu'elle avait été presque obligée de prendre pour avoir son poste à l'Université. Et au moment où les dernières convulsions de cette exécrable déchet avaient lieu, elle se souvenait son amour éternel pour Lui. Pour celui qui lui avait fait découvrir l'Amour, la poésie, la beauté, le Sublime de ce bas monde qui l'avait toujours rejeté. Et elle avait pleuré encore plus, d'autant qu'elle pensait avoir découvert certaines propriétés du poison qu'elle avait administré à son abruti de mari et que les symptômes prouvaient très clairement qu'elle s'était trompée. Double désolation, triple tristesse. La fin d'un temps. La fin d'un moment.
Elle soupira, observant avec un calme doux cet être qui risquait de connaître la même chose. Séparation identitaire, elle était divisée en deux entités. Que c'était terrible à vivre.

« Nous entrons alors dans la partie délicate de l'existence. N'est-ce pas Mary? Que se passe-t-il? Qu'est-ce ce monde peut nous offrir de beau et de romantique? Aucune foutue idée. Terrible constat, j'en conviens. Mais si je ne dis rien, Mary, si je ne dis rien et si je laisse la chose passer alors il en est terminé. Je terminerai là où vous n'avez pu finir, vous deux. Je finirai telle une coquille vidée de son âme pendant que deux êtres batifoleront et vivront leur amour. Courage ou lâcheté, la question s'établit. Dieux du ciel, venez-nous en aide! »

Elle se leva de son bureau, le contourna et alla jusqu'à l'un des guéridons installé près du canapé pour prendre une cigarette et l'allumer. Elle s'avança jusqu'à la cheminée, l'observa avec intensité et regarda tout autour d'elle. C'était comme la sensation de se retrouver dans un monde inconnu, un lieu inconnu. Ses appartements, son bureau de Professeur de Potions au coeur du grand château de Poudlard. C'était là son lieu de vie. La course s'arrêtait-elle donc pour l'amour de ces deux êtres? Devait-elle ne rien dire?
Les choses prenaient une proportion immense. Peut-être n'avait-elle rien à dire. Mais on l'avait averti du cas. Alors elle devait sévir. C'était son rôle. Si elle ne le faisait pas, Platt l'aurait à l'oeil. Et Hildegarde avait bien des choses à faire à Poudlard pour tout arrêter maintenant. Son quotidien prenait enfin une nouvelle tournure, plus sportive et énergique. Elle en avait marre de préparer ces choses pour le régime. Elle voulait le faire pour elle, et pour la science magnifique des potions. Elle voulait créer quelque chose de nouveau, de grand. L'oeuvre de sa vie.
Elle ria. Seule, près de sa cheminée. Puis elle vint non pas s'installer derrière son bureau mais sur le fauteuil à côté de Kane.

« Vois-tu le bouquet de fleurs là-bas, près du piano? Il y avait bel et bien un immense bouquet, installé dans un coin de la pièce juste à côté de l'imposant piano. Elle le regarda aussi, et retourna à Mary en lui souriant. Si tu te penches trop fort, tu respires ce que j'aime appeler "l'ombre de rêve mortelle". Tu l'ingères par tes narines. Et j'évite toujours de le renifler trop fort, sauf si je cherche à délirer. On raconte que si l'on respire plus de quinze fois de suite ce bouquet, on en oublie une bonne partie de sa mémoire. Ragots, science? Je n'avais pas encore trouvé le moyen de le savoir. »

Hildegarde parlait lentement, calmement, accentuant sur certaines parties de certains mots. Elle parlait silencieusement, parfois vite puis soudainement, elle s'arrêtait sur un mot, mettant en avant toutes les syllabes de ce dernier.
Elle se leva, allongeant sa longue silhouette et regardant un peu autour d'elle. Elle n'arrivait jamais à rester en place lentement, mais ses gestes étaient toujours doux et presque lents. Elle se déplaça jusqu'au dit bouquet. La musique classique se faisait toujours entendre. Elle l'atteignit enfin, le soulevant de sa table et le plaçant sur le piano. Elle l'observait d'un oeil à la fois curieux et passionné. Tant de magie dans ce monde que beaucoup ignoraient. Le temps semblait se fendre, comme si quelque chose était en cours mais que personne n'arrivait à identifier. Ce genre de longs moments de silence qui sont toutefois nécessaires dans une conversation.
Elle observait toujours. Cigarette en main, le temps était suspendu à son regard. Le bouquet l'aspirait, loin, toujours plus loin.

« Je crois, elle se détourna et se rapprocha de Kane, je crois que tu dois fuir cet endroit. Ta vie semble courir un grave danger dans ces lieux. Ils ne sont pas faits pour toi. A peine t'es tu sortie de quelque chose que tu arrives à être rattrapée par ton nom. Ils te trancheront la gorge puis dormiront comme des bébés. Je les comprends. La profondeur de leur cynisme. Partez, toi et Llewelyn. Fuyez, et recommencez une nouvelle vie. Oh, tu te dis que tu es dévouée pour notre cause. Moi aussi, et j'ai manqué d'être tuée par deux ignobles créatures pour elle. Car s'ils ne te tuent pas, Eleonore Platt le fera. »

Elle était derrière elle, les larmes aux yeux. Ce que ça la torturait de dire cela. Elle allait faire en sorte que le Langue-de-plomb qui l'avait prévenue oublie ce qu'il avait vu. Il en irait donc tout naturellement pour cette fois. Ils ne seraient que trois à le savoir. Lui, elle et Hildegarde.
Mais elle ne pourrait pas les sauver à tout jamais.
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MessageSujet: Re: Une rose aux épines de fer || Hildegarde [Fini] Ven 7 Fév - 15:23

Entre la raison et l'intuition, qui écouter ? On parle toujours de dilemme entre raison et passion. On oublie toujours qu'il n'existe pas que ces deux modes de pensées. Mary n'était pas le genre d'adolescente à être gouvernée par ses passions. Ou très rarement. Elle était gouvernée par sa curiosité et son sens pratique. Elle essayait toujours de se poser ou de réfléchir avant de prendre une décision. C'était parfois difficile. Certaines situations exigent une absence de réflexion tout comme d'autres ne vous permettent pas d'en avoir. Il fallait parfois faire des choix sans pouvoir penser aux conséquences. Dans le cas présent, ce n'était certainement pas la raison qui avait guidé son choix. La raison lui avait dit de partir quand il lui avait proposé de le suivre dans la salle commune des Serpentards. On ne pénétrait pas dans la salle commune d'une autre maison. C'était un des tabous de Poudlard. Un peu comme on ne couchait pas avec un sang-pur quand on était sang-mêlé. Ce qu'elle pensait en cet instant faisait douloureusement échos à ce que sa directrice de maison lui disait.

Elle avait oublié les règles. Constatation d'une simplicité enfantine qui raisonnait dans son esprit comme une phrase maudite. Elle, Mary Kane, avait oublié que les règles existaient. Les règles sont faites pour être suivies. C'était un principe avec lequel elle avait toujours été d'accord et qu'elle avait toujours suivis à la lettre. Un monde sans règle est voué à l'anarchie. Il peut tenter de s'autoréguler mais au final l'homéostasie ne se fait plus et le système se dérègle. C'était pour ça que les règles existaient et qu'elle les avait toujours appliqués. A Poudlard, comme partout en Angleterre, ces règles s'appliquaient à elle. Il n'y avait que les sangs-purs pour pouvoir passer outre les consignes. Ce monde était à eux. Ils le dirigeaient, le façonnaient à leur convenance parce qu'ils étaient supérieurs. C'était la loi de la nature. Les gros poissons mangent les petits. C'était pour ça que ce n'était pas Llew qui était convoqué dans le bureau de son directeur de maison mais bien Mary. Pour lui, les règles n'étaient pas les mêmes, les sanctions non plus.

Elle ne savait pas qui était Yves Saint-Laurent, elle ne se souvenait pas avoir entendu parler de lui mais ce que Madne disait à son propos résonna dans son esprit. Les règles du monde l'avaient détruit. Ça pouvait être pareil pour elle. A force de ne plus fréquenter des gens de sa classe, elle en oubliait que les règles s’appliquaient à elle aussi.  Elle en venait à oublier qu’ils n’étaient pas pareils. Inconsciemment, elle s’illusionnait, pensant qu’elle pouvait elle aussi vivre sans se soucier des conséquences. C’était dangereux, surtout ici. Poudlard était un échiquier géant, elle n’était qu’un pion qui d’un moment à l’autre pouvait se faire décapiter par la reine au moindre faux pas. Ariana voulait sa perte, elle n’était pas la seule. Est-ce que Madne causerait la sienne ? Avec horreur, Mary se rendait compte qu’elle pouvait la mettre dans une situation extrêmement embarrassante. Devait-elle les détruire ? Non, bien entendu, c’était la seule réponse que Mary voulait donner. Elle pouvait l’écraser d’un revers de main facilement. Elle aurait plus de mal pour Llew. Le premier réflexe de Mary fut de répondre. Non, non bien sûr que non. Mais la question n’était que rhétorique. Madne semblait lui parler sans réellement s’adresser à elle, perdue dans ses propres réflexions. C’était déconcertant. Elle ne savait pas quoi lui répondre, pas plus qu’elle ne savait si elle était autorisée à le faire. Que dire à son professeur quand on est pris sur le fait ? Elle avait fauté. En toute logique, il aurait fallu qu’elle en assume les conséquences. Or, Madne n’avait l’air sûr de la marche à suivre. Elle semblait réfléchir tout en parlant. Mary avait peur que le moindre mot mal placé ne joue en sa défaveur.

Assise sur son siège, le cœur battant, les mains moites, elle attendait que la sanction tombe. Poudlard l’avait rendue pessimiste. Il lui semblait que cette conversation allait mal se terminer pour elle. On ne lui faisait pas de faveur. Les gens n’étaient pas là pour ça, elle y était habituée. A présent, il restait à savoir quelle serrait la sanction et sous quelle forme elle tomberait. Mais elle ne tombait pas. Et le professeur Madne continuait de parler. Torturant la jeune fille sans le vouloir. Elle était comme un condamné à mort, qui attendait que le couperet tombe. Le bourreau prenait son temps et elle l’écoutait. Elle qui d’habitude était si perceptive sur les autres, ne s’apercevait pas qu’Hildegarde Madne ne semblait pas lui vouloir du mal. Elle était hors norme, et Mary était dans un état de panique. Elle puisait dans toutes ses ressources pour rester calme et ne pas laisser paraître son inquiétude. Ca l’empêchait de voir clair dans le dilemme de son professeur.

Est-ce qu’elle entrait dans une partie délicate de son existence ? Elle n’en était pas sûre. Son existence venait à peine de commencer et elle lui semblait déjà délicate. Fille mal aimée d’un né-moldu qui devait croupir en prison, elle était déjà fichée à l’âge de seize ans auprès de l’Ordre Nouveau. Elle n’y entrait donc pas, elle y était déjà. Et jusqu’à présent, on ne pouvait pas dire qu’elle ait vu grand-chose de beau et de romantique justement. Sa relation avec Llew l’était-elle ? Elle n’en avait aucune idée. Elle ne savait pas ce qu’était aimé. Elle connaissait la définition mais pas son application. La Serdaigle ne pouvait pas savoir, trop jeune, trop inexpérimentée. Elle n’avait pas encore connu les tourments propres à une personne amoureuse, déchiré entre ce qu’il doit faire et voudrait faire.

Elle la quitta un instant, faisait le tour de la pièce pour aller allumer une cigarette. L’odeur de fumée un peu âcre se mêla à celle de l’immense bouquet posé non loin du piano. Bouquet qu’on lui pointait du doigt justement. Elle se tourna donc vers le piano pour admirer l’œuvre florale. Elle suivit son professeur tandis qu’elle déplaçait le bouquet sur le piano pour l’observer de plus près. Elle n’osait pas respirer ses effluves. Comme toujours, elle était curieuse, elle aurait voulu savoir quelle sensation le bouquet pouvait lui procurer tout en sachant que c’était mauvais pour elle. Intelligence et sagesse sont deux choses biens différentes. On peut naître avec la première mais il faut acquérir la deuxième. Force était de constater que Mary était encore bien loin d’être sage, sans quoi elle n’aurait pas été dans une situation pareille.

« Il suffirait de cobaye… », Murmura-t-elle en regardant le bouquet. Llelwelyn était momentanément oublié, toute sa curiosité étant concentré sur les fleurs. Pas pour longtemps, Hildegarde se détourna de sa composition florale pour revenir vers et la ramener brutalement dans à la réalité.
Son mode de pensée était étrange aux yeux de Mary mais elle avait le mérite de dire les choses platement sans prendre des gants. Qu’on lui confirme tout haut ce qu’elle commençait à penser tout bas fut un choc. Madne était derrière elle et la jeune fille n’osait pas se retourner pour la regarder de peur de ce qu’elle pouvait lire dans son regard.

« Je ne peux pas partir. Pas avant la fin de l’année en tout cas. On ne sort pas de Poudlard. »

C’était une évidence. On ne pouvait pas partir, pas sans autorisation. Et puis pour aller où ? Chez elle ? On la retrouverait vite. Elle était seule, elle ne connaissait personne et elle doutait réellement que Llew parte avec elle. Elle n’avait qu’une seule solution. Retourner en France. Demander un transfert. Elle ne voulait pas, c’était admettre son échec. Revenir en arrière. C’était quelque chose que Mary refusait. L’idée d’être tuée lui semblait improbable. Personne ne veut admettre la mort. Non, on imagine toujours qu’on va s’en sortir. Pour Mary, si Ariana était dangereuse, il ne lui semblait pas qu’elle avait le pouvoir de la tuer pour autant. Tout comme dans sa tête, Llewelyn ne risquait rien, pas tant que personne ne savait. Lui avait toujours la possibilité de revenir en arrière. C’était un sang-pur, ils n’appartenaient pas au même monde.

« L’inquisitrice … Elle ne doit même pas savoir que j’existe… »

Et au moment même où elle le disait, elle se rendait compte que c’était faux. Pourquoi est-ce que Madne t’aurait appellé dans son bureau sinon ? Tu sais beaucoup de chose petite Mary mais tu réfléchis trop lentement ce soir. V_Beaucoup trop lentement. Le temps t’es compté pourtant, tu ne le vois pas ?

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MessageSujet: Re: Une rose aux épines de fer || Hildegarde [Fini] Sam 8 Fév - 17:00

Les professeurs Hildegarde Madne et Eleonore Platt avaient une histoire liée et presque commune. Charismatiques, brillantes, elles étaient toutes deux des femmes de "charme" en leur temps, tant elles arrivaient à manipuler les autres par la finesse de leurs esprits. Mais elles se haïssaient, tout bonnement. Certains auraient pu dire que l'actuelle Inquisitrice n'avait pas à embaucher une personne qu'elle détestait. Mais c'était là tout le sens de leur haine. Elles ne pouvaient pas se voir en peinture, mais ne pouvaient presque pas se passer l'une de l'autre. La jalousie d'Hildegarde renforçait l'orgueil d'Eleonore tandis que sa dureté faisait contraste à la douceur de la Maîtresse des Potions. Certains préféraient l'une à l'autre. La rigueur de Platt face à l'excentricité de Madne. La modestie et la légereté d'Hildegarde en comparaison à l'égocentrisme et la pâleur de sa rivale. Elles étaient les deux pôles opposés. Ainsi, ensembles, elles formaient une harmonie, un équilibre qui semblait nécessaire à leur survie commune. Toujours avait-elle trouvé le moyen de se retrouver, de se rencontrer. Puis elles s'échappaient, disparaissaient, s'oubliaient. Et un beau jour, elles étaient les deux réunies. Toujours avec autant de haine dans le regard, de sourires hypocrites, de critiques acerbes dans le dos de l'autre. Elles n'étaient pas ridicules. Car si l'une eût pu tuer l'autre, elle l'aurait sans scrupules faits. Elles n'étaient pas deux vieilles ménagères à se crêper le chignon car l'une avait laisser son chien déféquer dans le jardin de l'autre. Elles se haïssaient tout bonnement. Elles avaient construit leurs carrières sur le dos de l'autre, sur la moquerie de la plus faible. Laquelle des deux était la meilleure? Aucune, sûrement. Elles étaient brillantes dans leur domaine, dépassant de plusieurs têtes d'excellentes personnes. Mais elles étaient extrêmes dans leur façon de se voir. L'une n'avait aucune modestie, l'autre en avait trop. L'une s'écoutait trop, l'une pas assez. En soi, elles étaient deux êtres avec autant de qualités que de défauts. A chacun le choix de se tourner vers l'une ou l'autre.

Hildegarde connaissait l'Inquisitrice. Elle la connaissait que trop bien pour ne pas se douter que du haut de sa tour, elle savait et voyait tout. Elle avait une intuition de louve qui protège sa portée. Or, ses petits louveteaux, c'était elle-même. Elle n'en avait sûrement que faire des élèves de ce château. Elle voulait prouver à tous les Mangemorts, à l'Intendant, à Voldemort qu'elle était capable de diriger Poudlard. Trois mois courts mais durant lesquels elle jouait tout. Hildegarde regardait le tout avec autant d'inquiétude que d'amusement. Elle la savait capable du pire comme du meilleur. Elle se savait aussi en sécurité. Platt n'oserait rien lui faire. Hildegarde disparue, ce serait une partie d'elle-même en moi. Elle s'en rongerait les os, regrettant de ne plus avoir de bouc à sacrifier à chaque moment négatif de sa journée. Elle ferait tout en sorte pour la faire revenir, la faire réapparaître. Aussi, la Maîtresse des Potions ne s'inquiétait pas pour sa propre vie. Non, elle avait plutôt une inquiétude quant à tous ces jeunes Sorciers qui arpentaient quotidiennement Poudlard. Sûrement se pensaient-ils moins en danger depuis que l'ancien Inquisiteur était parti. Mais le danger de Platt était plus à découvert qu'on ne le pensait. Elle agissait peu. Ou plutôt ne faisait-elle rien dans le long terme. Elle laissait couler et soudainement, sans un excès d'intelligence, d'esprit et de colère, elle sévissait. Et personne, sauf sûrement la cruelle Mangemort qui allait la remplacer en Avril, n'était capable de ce que faisait Platt aux êtres. Elle détruisait tout sur son passage. Le sang coulait, giclait, éclaboussant autour de lui toutes les personnes s'y trouvant.
Hildegarde ria à quasi gorge déployée quand Kane pensa que l'Inquisitrice Platt ne s'occuperait pas d'elle. C'était comique, à l'évidence. Dans un coin de son esprit, elle savait sûrement qu'elle avait tort en disant cela. Elle devait s'en rendre obligatoirement compte. Mais pas assez. Il fallait avoir passé quarante ans de son existence à observer cette femme pour comprendre ces agissements, sinon les prévenir.

« Oh, chérie. Ne sois pas sotte, je te prie. A l'heure où nous parlons, elle est déjà sûrement en train d'aiguiser la lame qu'elle te plantera elle-même dans la gorge. A toi, ou un autre. Ce n'est pas la question. Les Mangemorts sont partis. Ils ont laissé l'Ecole à d'autres qu'eux. Ils ont autre chose à faire. Ce qui les a remplacé, jeune amoureuse, c'est un hydre à plusieurs têtes. Tu en coupes une et op! Quatre repoussent! Toujours plus intelligentes, toujours plus cruelles. »

La voix de la chanteuse d'opéra qui s'échappait toujours du gramophone monta en puissance, perçant le léger silence que la phrase prononcée d'Hildegarde venait de créer.
Retour aux réalités. Toujours ce grand bureau blanc et silencieux, dans les profondeurs de Poudlard. Elle secoua sa tête, comme pour remettre ses idées en place. Ses cheveux firent un aller retour remarquable, comme de coutume. Elle venait de quitter Kane, la laissant sur son fauteuil méditant les mots qu'elle venait de prononcer. Elle ruminait sa phrase. "Je ne peux pas partir." "Je ne peux pas partir." "Je ne peux pas partir". Mais bien-sûr que tu peux, idiote! Amoureuse! Qu'avait-elle fait, elle, plongée dans l'alcoolisme et la dépendance à l'héroïne de ses parents? Qu'avait-elle fait lorsque mère, cette idiote dégénérée, avait tenté de tuer la pauvre Mellin? A peine le cul posé sur Terre qu'il était marqué au fer rouge pour le reste de son existence. Qu'elle devienne débile ou folle n'aurait rien d'étonnant.
Rien, elle n'avait rien fait. Se répétant sans cesse un "Je ne peux pas partir" alors qu'elle le pouvait tout bonnement. Elle avait stoppé son existence, s'était enfermée. Pour le bien de qui? Pas de celui de ses parents, pas pour celui de ses frères et soeurs. Et surtout, encore moins pour le sien. Ses parents étaient restés tout aussi misérable. Elle, elle avait sombré dans une lente mélancolie qui s'était transformée en une folie qu'elle ne maîtrisait pas. Qui maîtrise la folie, en vérité? Elle avait refusé de partir, refusé de laisser derrière elle toute une vie. Quitter sa maison, aussi insalubre et misérable fût elle avait été un déchirement. Puis elle avait oublié, à Genève. L'Université, les études, la science, les expériences, la réussite, le meurtre, l'enseignement. Tout était allé à une vitesse folle, comme si jamais elle n'avait pu vivre son enfance entièrement. Comme si chaque moment devait être au plus vite oublié et que cette nécessité avait été réussie. Elle avait oublié. Oublié de vivre. Elle avait oublié d'être courageuse. Elle avait refusé de partir.

Alors qu'elle partait vers le cheminée, elle fit marche arrière. Ses deux yeux gris fixèrent Kane, de dos, toujours assise devant le bureau. Elle attendait. Qu'attendait-elle? On n'attend que trop, dans la vie misérable qui est la nôtre.
Elle avança à une vitesse de vipère, fronçant des sourcils. Hildegarde Madne entrait dans une colère. Elle était blessée dans son orgueil. Le terrible orgueil d'une femme malheureuse qui n'avait jamais réussie à être autre chose que cela. Kane n'eut pas le temps de réagir, car ni une ni deux la Professeur de Poudlard la prenait par le col, la soulevant du fauteuil et lui administra une claque assez légère contenu de sa force qui n'était pas celle des brigadiers postés devant les salles de classe de Poudlard. Mary n'avait pas véritablement eu le temps de réagir, sûrement. Hildegarde était imprévisible dans sa folie, forte d'une conscience des choses que peu possédaient. Parfois, c'était à leur avantage. D'autres fois, non.
C'était à Kane d'en juger à ce moment précis.

« Comment oses-tu manquer autant de romantisme? Et être aussi égoïste? De chers élèves sont sûrement en train de mourir pour en protéger bien d'autres de cette Ecole pendant que tu as l'audace d'ignorer mes avertissements et mon soutien. Elle pleurait presque, la regardant droit dans les yeux. Cette jeunesse inconsciente des vrais dangers et des vrais soutiens de ce monde. Elle se détourna, reprenant son souffle tout en recommençant à parler. Maintenant... Il y avait moins de douceur dans ses mots. Non pas qu'elle fût dangereuse. Elle était déterminée. Déterminée à ne pas être une statue de plus dans cet immense château. Tu vas aller chercher Mulciber et préparer tes bagages. Si tu ne le fais pas... Elle était partie en direction de la porte de son bureau et s'arrêta, tournant la tête vers Kane toujours debout, ... j'espère que tu auras le courage d'en payer le prix. Et ton amoureux aussi. »

Elle ouvrit la porte, sortit dans le couloir beaucoup plus humide et froid des cachots de Poudlard. Sombre abyme qui séparait le bureau de Madne et cet endroit du château. Elle sembla chercher dans le noir. Elle voulait repérer les deux yeux du Langues-de-plomb de Kane. Celui qui avait repéré ce qu'il s'était passé dans la chambre Commune. Celui qui, en plus de Mulciber, de la Serdaigle et de Madne, savait tout de l'histoire. Du moins, pour l'instant.
L'espion vit qu'elle le cherchait. C'était naturel, c'était lui qui l'avait avertie. Il sortit d'une ombre qu'Hildegarde n'aurait jamais pensé à identifier avant qu'elle ne le voit. Une preuve de leur expertise dans ce domaine. Mais les choses les plus grossières sont parfois aussi celles les moins visibles et les plus dangereuses.

Elle s'approcha de lui, restant toujours en dehors de son bureau. « Je crois avoir trouvé quelque chose, là, dans mon bouquet. Venez voir. » Il entra, suspicieux, ne faisant qu'à peine attention à Kane. Et pourtant, il savait qu'elle était là et devait surveiller le moindre de ses faits et gestes. Agent secret, il n'en était pas moins lui aussi chargé de la Sécurité du Château. « Nous n'allons pas réveiller tout le château pour une menace qui n'en serait peut-être pas une. » Elle parlait doucement, tout en le menant droit vers le merveilleux bouquet d'Atropa Belladonna posé sur le piano. Il la suivait. Ses pas étaient silencieux, laissant encore percevoir de l'oreille la mélodie classique lancée par le gramophone. Elle s'approcha, jeta un coup d'oeil au fond du vase. « Là, juste ici. Regardez. Penchez-vous bien, mon cher. C'est à peine perceptible. Quelle honte. » Il exécuta, se penchant au dessus du bouquet. Une. Deux. « Là, juste ici, cette chose noire. Voyez. » Trois, quatre, cinq. Elle fit mine de se pencher avec lui et respira. Une. Se releva, cligna des yeux. Six. Sept. Huit. « Faites attention à vous, c'est peut-être dangereux. » Potentiel danger, respiration qui s'accélère. Neuf, dix, onze, douze. Elle lui prit la tête, l'enfonça avec force dans le bouquet de fleur. Treize. Encore plus fort. Il commençait à s'affaiblir. Quatorze. Encore un peu. Quinze. Fin.
Il s'écroula dans le vase tandis qu'elle tentait de le soutenir. Le récipient se renversa sur le côté et étala toute l'eau sur le piano. Sa tête s'entrechoqua avec le bois de l'instrument. Hildegarde n'eut guère assez de force pour plus le soutenir. Elle le lâcha, le laissant s'étaler au sol comme un serpent dont on vient de couper la tête. Du sang coula de son nez sur le plancher de bois blanc. Elle pesta. « Quel imbécile. »

Elle s'avança jusqu'à la cheminée en souriant de manière sereine et calme et appuya sur une dorure du chandelier posé sur le rebord de marbre blanc. Derrière son bureau, entre les deux fenêtres, les pierres laissèrent place à une grande bibliothèque remplie de différents bocaux ou fioles. Elle alla y prendre l'un d'entre-eux, passa devant la cheminée, referma par le même moyen l'étagère secrète et se dirigea jusqu'au Langue-de-plomb toujours innanimé au sol. Se mettant à genoux devant lui, elle sortit du bocal de la poudre grise qu'elle appliqua dans les narines de ce dernier. Deux secondes et il ouvrait les yeux. Elle le regarda avec un sourire calme et doux. « Eh bien, mon cher, quelle chute! Vous avez perdu connaissance. Tout va bien pour vous? » Il se demandait pour quelle raison il se trouvait dans ce bureau qu'il pensait découvrir pour la première fois. Il balbutia quelques petites choses, incompréhensibles. Elle le regardait, semblant inquiète de comprendre ce qu'il pouvait bien vouloir lui dire. Enfin il lui demanda ce qu'il faisait là, ce à quoi elle répondit qu'il était venu vérifier quelque chose et qu'arrivé devant le piano il était tombé dessus. Il se releva, s'excusa pour les fleurs et le vase et regarda Kane. Pour quelle raison était-elle là, c'était sûrement le plus grand mystère de son existence, actuellement. « Vous devriez passer à l’infirmerie! » Il ne sembla pas l'avoir entendu, regarda d'un oeil suspicieux Kane et sortit du bureau. Il avait tout de même prit le soin de fermer la porte.

De sa robe elle sortit sa baguette magique. Un coup, le vase était reconstitué. Un autre, l'eau et les fleurs y retrouvaient leur place initiale. Deux autres et le sang et l'eau disparaissaient des différentes surfaces qu'ils avaient salis.
Elle alla récupérer sa cigarette laissée sur l'un des guéridons installé près du canapé. Debout près du guéridon, de dos donc à la porte d'entrée, elle observait la cheminée. Elle tira plusieurs bouffées, laissant s'échapper la fumée dans le bureau. Enfin, elle laissa entendre un « Je te souhaite une belle soirée, Mary. » tout en s'asseyant dans le canapé avec douceur.

Quelle belle soirée. A l'aventure, compagnons!
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Une rose aux épines de fer || Hildegarde [Fini]

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