POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Des artistes il est permis de tout entendre Pv Eris[Terminé]

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Tryan De SaintClair


MessageSujet: Re: Des artistes il est permis de tout entendre Pv Eris[Terminé] Mer 12 Mar - 23:08

Ne jamais oublier, ne jamais pardonner, voilà ce que signifiait entrer dans la vie politique. Ces deux choses, Tryan les avait toujours en tête, on lui avait suffisamment reproché sa méfiance et son comportement froid, mais c'était principalement grâce à ce dernier qu'il était encore en vie. Le sentimentalisme était un bagage inutile, il fallait rapidement s'en débarrasser pour réussir correctement, et il avait su le mettre de coté quand cela était nécessaire. Si en politique le français n'avait en apparence aucune faiblesse, c'était loin d'être le cas, certaines choses l'avaient particulièrement touché et il n'avait pas d'autre choix que de plier le genou et de faire face, dévoilant à la face du monde une partie de ce qui le faisait plier.
Tôt ou tard on oublie, ou on finit par être oublié. On avait beau le savoir, ça faisait toujours chier, y'avait pas moyen de passer au travers. On avait beau s'y préparer, ça ne changeait rien une fois devant le fait accompli. Ça changeait quoi un nom sur une tombe ? Tryan se l'était souvent demandé, sans rien trouver d'autre qu'un souvenir. Voilà ce qui restait, un souvenir, mais c'était vraiment comparé à ce que la vie nous avait pris, c'était aussi juste que le premier déterminisme, celui de la naissance, du sang.
Longtemps il avait pensé que venir sur une tombe était un devoir, de mémoire dans un premier temps, se recueillir, repenser à la personne qu'on avait vu, mais rapidement il s'était aperçu qu'il ne restait pas grand chose d'autre qu'un souvenir. Frustrant tant cela relevait plus du besoin que de la vraie intention. Alors à quoi bon s'entêter ? C'était con. Oui parfaitement, mais l'homme était con dans sa nature la plus profonde, et parfois la connerie faisait du bien. Ce n'était qu'une petite pensée égoïste, elle valait ce qu'elle valait, mais qui savait, peut être que la personne pouvait les entendre … peut être pas, mais dans le doute, ça valait quand même le coup.

Il n'y avait pas de Abel sans Caïn, pas de vie sans mort, c'était la loi de l'équilibre, loi que l'on essayait tant bien que mal de déplacer sans ne faire qu'accélérer les choses. Au bout du chemin, il n'y avait pas le bonheur, il y avait la tristesse, les larmes ou simplement un grand vide, un froid certain qui offensait les mémoires ou qui au contraire témoignait d'un hommage fier. Vrai, qui oserait exiger des pleurs ? Risible et pathétique pensée que celle là.
Et toi Tryan, qu'est ce que tu voulais pour ton enterrement ? La réponse était simple, qu'il n'arrive jamais. Il avait peur de la mort, c'était en partie pour ça qu'il souhaitait la dompter, la contrôler. Sans vie il n'y a pas de mort, et réciproquement. Le début de l'un correspondait à la fin de l'autre, contrôler un élément, c'était contrôler les deux, faire pencher la balance, et pouvoir enfin ôter ce premier déterminisme qui faisait de l'homme l'être craintif qu'il était. Passer cette étape c'était devenir autre chose, accéder à la liberté, la vraie.

Au delà de ce simple clivage, il y avait le sang. Le sang, c'était devenu en quelques années le principal critère de classification des sorciers. Tryan avait brièvement connu l'avant purisme, principalement à l'école où on lui avait tapé sur les doigts pour son comportement décalé envers certains nés-moldus. Olympe Maxime avait principalement tenu à tenir les élèves sur un pied d'égalité, mais lui n'avait jamais écouté ces consignes et avait subi de nombreuses injustices alors qu'il ne faisait qu'exprimer sa pensée.
Très peu de professeurs l'avaient jugé pour le sorcier qu'il était. Seymour Woods, Jackson Gilbert, ils n'étaient plus là, mais ces professeurs avaient su voir en lui autre chose que l'élève prétentieux, provocateur et diablement doué dans tout ce qu'il faisait. En réalité, il regrettait un peu de ne pas avoir pu mieux les connaître, encore la vie les avait pris bien trop tôt. Maintenant, l'un croupissait dans une cellule, sans âme, alors que l'autre reposait au cimetière d'Azkaban. Triste fin pour ces deux êtres pourtant si passionné.
Et dire qu'Eris avait involontairement tué ces deux êtres …

Il était étrange de constater à quel point tout ne tenait qu'à un fil, que toutes les personnes étaient liées, de près comme de loin. Seymour avait souhaité rester libre, quant à Jacky, on ne lui avait pas laissé le choix. C'était curieux de voir que l'un comme l'autre avait souffert du même maux. Pourquoi Jacky avait il été se planquer à Poudlard ? Il n'avait pas besoin de ça, il n'avait pas besoin de tout risquer … et il l'avait fait. Lorsqu'il en avait parlé avec son ancien élève, le français avait noté une pointe de nostalgie, cette même nostalgie qui l'avait poignardé en plein cœur en le privant de son âme. Quant à Seymour Woods, on avait jamais vraiment su comment il avait fait, mais il s'était donné la mort dans la prison des sorciers. Il était inutile de se demander pourquoi, mais tous les deux étaient morts à cause d'une seule chose … d'une seule école : Poudlard. Désormais, le français avait encore plus de raisons de haïr cet endroit … mais la haine faisait faire des choses ridicules et dangereuses, il fallait la canaliser, la contenir. Pour l'instant il y arrivait, mais peut être n'en serait il pas toujours ainsi. Qui savait, le monde était plein de surprises, bonnes comme mauvaises.

« Je n'ai confiance ni en Mulciber, ni en Witcher, ni en Crow ni en quiconque d'autre qui se trouve actuellement à une fonction politique. Encore moins en ceux qui visent ces dites fonctions. Je pense qu'il est bon de garder un regard sur ce qu'il se passe autour de nous, pour ne jamais sombrer dans l'obscurantisme politique interne qui s'est observé avec Menroth et Mulciber. Toujours prendre de la distance, relativiser et agir en circonstance. »

Eris était un des rares hommes à pouvoir le dire avec autant de facilité. Il avait appris à ne pas s'attacher, à choisir avec discernement à qui déléguer sans pour autant faire confiance, chose difficile lorsqu'on est encore novice en politique. Tryan avait pris énormément de recul par rapport à la vie politique, principalement parce qu'il s'en était coupé pour un long moment, à son plus grand plaisir. Maintenant, il ne concevait plus que soutenir quelqu'un était nécessaire, il portait plus facilement les idées qu'un être, les idées ne trahissaient pas elles. Même si Mulciber semblait être un bon puriste, mieux valait se méfier de cet individu, pas parce qu'il était déviant ou autre chose, non, simplement parce qu'il restait quelqu'un qui pouvait merder, il était humain et on ne cernait pas bien ses capacités. Les seules capacités que l'on connaît, se sont les nôtres, il n'y avait qu'en elles que l'on pouvait avoir confiance.
Toutefois, le directeur du département des mystères ne pouvait avancer seul et à l'aveuglette, il fallait créer un lien entre lui et les autres organes, un réseau, sans pour autant dépendre d'eux. Se rendre indispensable et être suivi.

Cette réponse avait d'avantage l'air d'une mise en garde plutôt que d'une réelle réponse. Ne pas faire confiance, rien de plus facile. Chacun à sa place, c'était l'idée maîtresse de Tryan à ce moment là. Il resterait aux mystères pour faire le travail qu'on lui demanderait, il n'irait pas à la justice, il ne se mêlerait des affaires moldues que si Mulciber l'exigerait, auquel cas, il ferait ce qu'on attendait de lui. Les recherches allaient reprendre, il allait falloir épurer les lieux, virer les incompétents et garder ce qui devait l'être, virer la mauvaise graine, et rien d'autres. On attendait de lui des résultats, des résultats il y aurait, tout simplement et peu importe les sacrifices en terme de personnel. En tout cas, les oubliators allaient avoir du boulot.

« Se douter des êtres est une règle en politique. Ne jamais rien miser sur eux. A une certaine mesure, de toute évidence. Il faut savoir mesurer en toute circonstance. Je suis sûr que tu comprends ce que je dis là. »

C'était évident. Le français hocha tranquillement la tête. Ne pas s'attacher, à qui que ce soit, pas même à lui. C'était peut être le message que l'intendant essayait de lui faire passer, mais le jeune homme ne souhaitait pas y penser, pas le prendre ainsi. Ne jamais miser sur un autre cheval que le sien, ne jamais faire confiance à qui n'avait pas un serment inviolable sur la gueule. Quelle chance, les mystères étaient remplies de personnes sous serments et prêtes à servir. Mais à servir qui ?
Là était la question. Tryan ne se faisait pas d'illusions, Rookwood ne le servirait pas, ce gars était un fidèle de Voldemort et préférait suivre ce malotru plutôt qu'un être intelligent ; de même que les langues-de-plomb juraient fidélité au directeur des mystères et non à Voldemort, on savait bien que ce que cela signifiait, mais il y avait servir et servir. Là encore, Tryan allait devoir s'imposer comme le seul maître à bord.

« Alors nous sommes plus seuls que jamais ...»

Esquissant un sourire en coin, détournant le regard pour fixer une photo d'Emily, il ajouta alors d'un ton relativement sarcastique :

« Pour changer ...»

C'était dit avec beaucoup d’auto-dérision, ils avaient toujours évolué seuls dans le monde politique, comme deux ovnis un peu. Pas d'alliances, pas de serments inviolables, pas de léchage de bottes … ou d'autres choses.
La venue d'une nouvelle ère redistribuait les cartes, les acquis n'étaient plus les mêmes, les dettes avaient presque été balayées, entre ceux qui ne les payaient pas, ceux qui les refusaient, le monde changeait. La puissance politique ne suffisait plus, il fallait montrer que l'on pouvait aller au delà de la simple puissance relationnelle, qu'on avait les moyens d'effrayer par un autre moyen. C'était là tout l'enjeu de Tryan à ce nouveau poste. Si en apparence il semblait accepter les directives de Mulciber, ce n'était que pour mieux accéder à une puissance qui le protégerait lui et ses proches, une puissance au service du purisme et non d'un homme ou d'un désir, il avait appris petit à petit à y résister. Mais il avait toujours un point sensible, il aurait alors tout le temps d'y remédier une fois installé.
Il y aurait ensuite un autre problème, celui des moldus.

La question était légitime et nécessaire. Si on avait décidé de garder les sangs-mêlés, c'était pour mieux les utiliser, mais qu'en serait il des moldus ? Les exterminer revenait à détruire une grosse partie de la planète, les garder serait un risque encouru pour la sorcellerie. Faire le tri prendrait du temps, temps que Mulciber décidait de prendre par une commission de tri des moldus. Est ce que cela serait utile ? Cela restait à voir.

« De toute évidence, la confiance ne sera d'aucune utilité face à l'idiotie ou l'empressement, voir l'erreur. La question moldue fera débat … elle divisera même je pense … qui rassemblera la sorcellerie pour unir ?»

Le français soupira.

« Witcher, Mulciber, Crow … ils ne sont pas faits pour cela, moi non plus d'ailleurs. Mais nous aurons besoin d'une unité, car les moldus ne nous suivront pas aveuglément. Il faudra s'attendre à une résistance, nous devrons y faire face. C'est pourquoi je m'attaquerai au plus vite à la compréhension de leurs défenses. Après, pour ce qui sera des mesures prises, c'est une toute autre histoire ...»

Et ça, il n'en était pas responsable. Qui ferait l'éducation des moldus sachant qu'Eris n'était plus à l'Ordre Nouveau ? Qui les ferait suivre le pas ? Qui prendrait les mesures nécessaires ? Dans cette redistribution des cartes, Tryan était un peu perdu. Il pensait qu'Eris avait tous les pouvoirs, mais le vieil homme ne pouvait être sur tous les fronts. Il aurait beau déléguer, on ne ferait jamais aussi bien que lui. On ignorait de quoi sera fait demain. Les alliances se font et se défont, les gens vivent ou meurent, ceux qui restent tentent de survivre égoïstement. C'était ça la règle première. La garder à l'esprit c'était se donner les moyens d'aller un peu plus loin, mais pour combien de temps ...

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MessageSujet: Re: Des artistes il est permis de tout entendre Pv Eris[Terminé] Mar 1 Avr - 9:40

Tryan avait raison de se poser cette question. Qui unirait les Moldus afin qu'ils soient les mieux manipulés pour l'objectif de Voldemort? En somme, ceux qui avaient actuellement à leur charge la question moldue, autrement dit Mulciber, Paravell, Alexieva et désormais De Saint-Clair, se trouvaient les Menroth, Jugson et Valverde de début 2003. Là où il avait fallu trouver une bonne personne pour faire des discours qui rassembleraient les Sorciers autour d'une cause, il faudrait désormais en trouver un pour faire de même.
L'Intendant avait une vision des choses très pragmatiques. Il savait que pour une politique fiable, productrice et intéressante autour de la question moldue, une politique qui aiderait à mener la guerre contre les Impurs et la croisade pour la Sorcellerie, il faudrait que les bases Sorcières soient plus que solides. Autrement dit, il fallait mener un double combat. S'assurer la continuité de la solidité Sorcière et travailler pour construire la Moldue. Aussi faudrait-il plusieurs catégories de dirigeants. Ceux qui continueraient à mener les Sorciers de manière à ce que d'autres puissent contrôler les Moldus. Il ne fallait, de toute évidence, pas compter sur une double main, un double poste, un double pouvoir. Cela n'était réservé qu'à Voldemort, qui contrôlait les deux races. Si quiconque songeait à avoir une main de fer sur les Sorciers tout en gérant les moldus, alors aucun des deux dossiers ne serait bien géré. A trop en vouloir, on finit par ne rien faire. Il était mieux de se concentrer sur une partie du travail mondial, prendre quatre ou cinq dossiers et durant deux ans travailler dessus avec acharnement. Valverde l'avait fait avec la Commission du Sang, la Commission de Sécurité, l'Information et l'Education du Peuple lorsqu'il était à l'Ordre Nouveau. Quatre dossiers, quatre travaux à mener durant deux années sans que rien d'autre n'entre en compte. C'était cela qui avait valu sa réussite. Il avait laissé d'autres choses à d'autres personnes tâchant de bien travailler ses propres dossiers. Peu de dossiers face à l'immensité de l'administration publique que représentaient l'Intendance et le Ministère Anglais, mais finement travaillés en profondeur de manière à ce qu'ils soient les dossiers les mieux réussis.

Valverde était un politicien. Comme il y en avait tant d'autres, comme il y en avait eu tant d'autres et en aurait sûrement en plein. En cela, il montrait manier les règles de la politique avec brio, cherchant toujours le moyen de contrôler ce qu'il avait envie de contrôler. Il n'était plus fort qu'un autre seulement en ses capacités de gestion qu'il avait. Car en plus d'être un politicien, le Mangemort Politicien était également un Juriste, formé en Droit et en Administration, qui avait une connaissance rigide et rigoureuse de la meilleure manière de faire fonctionner les dossiers. Il ne se contentait pas de faire de la communication de facade, comme beaucoup d'autre politiciens. Il travaillait derrière. Et contrairement à d'autres bureaucrates, il ne faisait pas que s'enfermer dans un bureau pendant que d'autres s'attiraient les mérites de son travail. Pour exister, Eris avait besoin de ces deux formes de travailleurs dans le monde du domaine public. Et il était une hybridation, divisible seulement si on lui en demandait trop.
Mais il avait, dans sa vie, travaillé ces parts de lui-même régulièrement mais pas en même temps. Ses études, sa jeunesse, ses premiers pas au Magenmagot avaient été réservés à l'apprentissage de l'administration et des dossiers. Puis, il avait appris à gérer son image politique. Il s'était fait des alliances, s'était souvenu des préceptes qu'enfant il entendait tous les soirs dans les salons de Gaydon, et en avait fait une carrure solide que celle de politicien. De cette manière, ceux qui s'attaquaient au politicien se retrouveraient confrontés au bureaucrate sans savoir quoi dire, à l'image des Mulciber, Avery et Eccleston. Et ceux qui choisissaient de s'attaquer au bureaucrate, prétendant avoir un rat de bureau comme l'avaient fait Menroth, Scofield et LeeRoy, Valverde se montrait soudain très dangereux et capable d'aider à leur destruction sans que personne ne le remarque. Personne ne s'était attaqué au politique-bureaucrate, ce qui n'aurait pas été bête. Valverde avait soit convaincu avec son travail à l'Ordre Nouveau et à Poudlard, soit détruit avec ses qualités de politique.

Le vieil homme se souvenait de la chute de Menroth. Tout comme celle de LeeRoy. Etrangement, il avait toujours été lié à ces chutes. Comme s'il était le véritable marionnettiste derrière toutes ces dégringolades des échelles Puristes. Car au final, à qui avait profité la fin des Menroth et LeeRoy? Oh, il était certain qu'il n'était pas le principal instigateur. Il état bien trop "pur" en ce sens qu'il ne préparait la chute de personne. Il laissait faire, donnant un petit coup de pouce, savonnant les escaliers pendant que d'autres plus "courageux" emmenaient les futurs sacrifiés devant les marches. En cela, il ne se mouillait guère tout en assurant une protection suffisamment grande à ceux qui se mouillaient plus que lui. Valverde, à la différence de De Saint-Clair ou Crow, n'était pas n'importe qui dans la hiérarchie Puriste et vis-à-vis du peuple. Eux, ils n'étaient encore que des inconnus de cet immense monde public qu'était la politique. Valverde avait une image, qu'il chute pour trahison serait quelque chose de troublant, destructeur et choquant vis à vis des autres Mangemorts et du peuple. Il fallait donc faire en sorte que d'autres, qui risquaient au final moins que lui, s'en chargent avec brio.
De Saint-Clair s'était étrangement mouillé pour ce régime. Menroth, Brom, Mulciber, il avait été lié à ces hommes, servant les Mangemorts bien plus qu'il ne le voulait. C'était peut-être cela qui lui avait valu cette place qu'il avait eu pendant des mois avant de tomber subitement. La chute faisait parti des réalités politiques. Valverde n'avait pas eu d'autres choix que de partir de l'Ordre Nouveau, en Mai 2005. Il le savait, personne ne lui avait clairement dit. Mais ses soutiens à l'époque, au Ministère, étaient trop fébriles. Exit De Saint-Clair et Menroth, Mulciber avait isolé Valverde dans son niveau dix. Le vieil homme avait compris à l'époque qu'il devait physiquement partir, non par peur mais pour empêcher Mulciber d'affaiblir son pouvoir et de ternir son image. Il avait alors accepté Poudlard, prouvant être capable d'autre chose que de remplir des dossiers de Commission du Sang.

« Ils se font tous bien silencieux. Ils attendent. Ils attendent que l'un tombe, puis l'autre, de manière à s'auto-proclamer les meilleurs capables de le faire. Ils font prendre des risques aux autres tandis qu'ils gardent ce qu'ils font le temps qu'il faudra. En cela, ils sont très intelligents d'apparence. Mais celui qui piège finit toujours par être piégé. »

Valverde ne piégeait jamais. Il attendait qu'on le piège, pour mieux réagir. Il n'avait pas piégé Mulciber, il avait attendu que celui-ci soit contraint de le faire. Puis, il avait quitté le Ministère avec puissance pour se retrouver à Poudlard en relevant une situation pourtant désespérée. Parti encore, on avait cherché à le destabiliser. Alors il avait mis en place une politique de la Jeunesse digne de ce nom, de manière à ce qu'on voit qu'il était encore un homme politique capable de l'être. Le vieil homme attendait donc qu'ils agissent, ou soient contraints à agir. De cette manière, il préparait déjà de nombreux plans de secours. La démission de son poste d'Intendant en faisait parti. Il ne s'avouerait pas vaincu pour autant. La démission, lorsqu'on a du pouvoir, n'est rien d'autre qu'un coup de théâtre de pouvoir qui n'en donne que toujours plus. En démissionnant, Valverde serait déjà fidèle à lui-même. Une hiérarchie respectée et qui suis ou rien. Voldemort le savait, le vieil homme lui avait dit. Et Voldemort savait également que tuer Valverde le soulagerait peut-être, mais ne ferait ni peur à Valverde, et n'apporterait rien de positif. Car la faute, si Valverde démissionnait, ne viendrait pas de lui. Le vieil homme avait prévenu qu'il n'y aurait aucune tolérance vis-à-vis de ceux qui suivaient ou non. Si l'un faisait route différente, il le renverrait. Si tous le faisaient, il se renverrait lui-même. Il refusait tout simplement de conduire le gouvernement de Voldemort avec faiblesse, faisant honte au Seigneur des Ténèbres et du Purisme. Il préférait mettre ceux qui avaient fauté devant leur bêtise. Il était prêt à en assumer celle d'un ou deux, mais celle de tout un gouvernement, sûrement pas. Il y avait un marché de passé. Si non respecté, Valverde partirait. Il aurait essayé d'unir, la désunion et la quête du pouvoir l'aurait emporté, il laissait cela à d'autre. C'était l'optique de Valverde. Il n'entendait pas faire les choses tout seul. Il fallait que tous acceptent d'avoir un peu moins de pouvoir que d'autres, de manière à ce que tout fonctionne à merveille.

Fallait-il être en bon terme avec Voldemort pour avoir du pouvoir? De Saint-Clair devait être le seul à pouvoir répondre, dans l'état actuel des choses. Il était le seul aux responsabilités, et non-Mangemort, avec Paravell. Les deux personnes aux Services Secrets. La recherche secrète d'une part, la protection de l'autre. Les deux hommes étaient les deux seuls à ne pouvoir s'appuyer sur la vision qu'avait d'eux le Seigneur des Ténèbres.
Pour Valverde, le premier des deux cherchait à se démarquer de l'action des Mangemorts tout en étant un Puriste. Le second était plutôt à la quête de la protection des Mangemorts sans pour autant en porter la marque et la servitude. Deux positons contestables pour certains, admirable pour d'autres. Eris, lui, attendait de voir les résultats de ces choix. Il était certain que le Purisme survivrait à Voldemort, mais savait aussi qu'en l'état actuel des choses il ne pouvait exister qu'avec le pouvoir et le courage du Seigneur des Ténèbres. C'était pour cette raison que le vieil homme était Mangemort et soutenait le Mage Noir. Tuer Voldemort, c'était tuer le Purisme. Qu'est-ce que tuer De Saint-Clair ou Paravell changerait? Rien. Et ils le savaient tous les deux. Tuer des Mangemorts serait plus grave, mais ne le serait pas plus que la mort des deux Puristes "blancs". Mais ils savaient qu'ils étaient sur un siège éjectable et que rien ne justifiait leur présence si ce n'était la bonne volonté des deux Mangemorts qui avaient bien voulu d'eux. Mulciber pour de Saint-Clair, Valverde pour Paravell.

« Seul, il est certain que tu le seras jusqu'à la fin de tes jours si tu les dédies à l'exercice du pouvoir. Tu auras ceux qui t'obéiront si bien qu'il sera impossible pour eux de te voir autrement que comme une grande figure d'autorité. Il y aura ceux qui chercheront à te détruire, qu'ils soient dans ton camp et dans celui des ennemis. Et il y aura ceux que tu gouverneras. Le peuple. Les moldus, les Sorciers. En somme, autant de choses qui feront qu'il n'y aura que toi face à toi-même. »

La politique, et par dessus tout le pouvoir, était un monde de la solitude. Solitude dans le bureau, solitude dans les discours, solitude dans les choix et leurs conséquences. Solitude face au succès ou à l'échec. Solitude face à l'adversité ou le danger. Valverde avait été plus seul que jamais, mais cette solitude cruelle était la recette de son succès.
C'était à croire qu'il fallait souffrir pour avoir du succès. Valverde observa Tryan. Le regard froid du vieil homme n'avait pas changé en trois ans. Les yeux avaient toujours cette même flamme glaciale de détermination. Seul le visage avait vieilli, depuis 2003. Depuis que les deux s'étaient revus sans se connaître véritablement. Intendant et Directeur du Département des Mystères, à l'époque Directeur du Département de l'Ordre Nouveau et Directeur de la Commission du Sang. Bien des évolutions. Qu'est-ce qui les attendait d'autre que la mort, désormais?
Sûrement bien des choses.

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MessageSujet: Re: Des artistes il est permis de tout entendre Pv Eris[Terminé] Jeu 10 Avr - 18:34

Si les mystères n'avaient pas vocation à être politisés, Tryan savait qu'il pouvait rapidement avoir un certain poids dans la sphère politique du ministère. Actuellement, il était le second homme à avoir le plus d'influence au ministère et ce même malgré le fait qu'il n'était pas encore suivi par son département. Le directeur de la justice magique n'était qu'un fantôme inutile, il n'y avait pour l'instant que Mulciber au dessus de lui, un Mulciber bien trop occupé pour surveiller ses arrières. On savait le français très bon meneur d'hommes, on l'avait parfaitement vu dans ce rôle à de multiples reprises, guerre en Irlande, direction de départements ou de simples organes, stratège en mission, ses compétences pouvaient effrayer comme rassurer, le tout était de savoir où allait son allégeance et son soutien. S'il appréciait relativement Mulciber, il n'en était pas autant du reste du ministère qu'il savait trop mou ou inutile pour qu'il y porte pleinement son soutien. Non, s'il revenait c'était pour lui et pour servir sa vision du purisme, pas celle d'un autre.
Par chance, il se trouvait que cela allait principalement dans le sens du ministre, il pouvait ne pas en être autant si la tête changeait.
C'était le principal soucis avec De SaintClair, son honnêteté qui lui valait d'avoir sauté une fois, entraînant avec lui un département pourtant en bonne voie. Pouvait on à nouveau prendre le risque de faire sauter les mystères ? Le faire sortir était facile, mais cela handicaperait fortement un ministère déjà branlant et affaibli par les sorties d'un certain nombre de ses membres. L'intendance avait drainé jusqu'à la moindre petite partie de compétence disponible en ce temps là, laissant à Mulciber un cadavre de structure qui n'avait plus rien d'intéressant. Mais Tryan avait des airs d'homme de situations désespérées … sortir d'un ministère ennemi, repousser une meute de loup-garou, conquérir un bout de pays avec une armée de bric et broc, maintenir une commission du sang constante, remonter un département mort et inutile … tout ça il l'avait fait seul. Il connaissait le pouvoir, l'adversité et le combat que cela impliquait de mener, il avait sacrifié bien des choses pour en arriver là. S'il restait le même leader charismatique, certaines choses avaient changé.

Actuellement, il menait une bataille interne qui durerait jusqu'à la purge nécessaire pour un nouveau départ. Fini les lécheurs de pompes, fini les incompétents, il avait besoin d'esprits fins et de bons analystes, de bonnes baguettes et de vrais techniciens, rien de plus, rien de moins. Accessoirement, il lui fallait aussi une bonne secrétaire mais il y avait déjà un nom au dessus de la pile de CV qui s'entasserait devant son bureau. La recherche magique dépendait de lui, ainsi que l'avenir de la lutte contre les moldus qui résisteraient. Il fallait les connaître, les comprendre, en ça il était difficile pour lui de juger du quoi ou du qu'est ce, il était libre sans vraiment l'être. Il pouvait se permettre des choses, mais on lui en voudrait d'intervenir sans autorisation … sauf si cela sauvait des têtes, et encore, on était bien foutu de l'emmerder juste parce qu'il rendait service.
Pas Mulciber qui était un homme suffisamment intelligent pour savoir ce qui devait être fait ou non, mais les autres mangemorts n'avaient pas tous cette clairvoyance. Oh les têtes de con ne manquaient pas en Angleterre, ça non ; et pour l'instant, aucune ne semblait se décider à se mouiller.

« Ils se font tous bien silencieux. Ils attendent. Ils attendent que l'un tombe, puis l'autre, de manière à s'auto-proclamer les meilleurs capables de le faire. Ils font prendre des risques aux autres tandis qu'ils gardent ce qu'ils font le temps qu'il faudra. En cela, ils sont très intelligents d'apparence. Mais celui qui piège finit toujours par être piégé. »

C'était bien ça le problème, l'inactivité latente de certains. Comment avancer ainsi ? C'était impossible, croyant que de ne rien changer allait les maintenir à leur place, ils emmerdaient toute la mécanique puriste derrière. Il fallait que les choses bougent, mais cela ne semblait pas les inquiéter. De toute manière, qu'est ce qui pouvait bien inquiéter un branleur ? Pas grand chose si ce n'était qu'on le force à travailler.
À vouloir rester oisif, ils allaient se perdre. On ne savait pas ce qu'ils faisaient, on ne voyait pas le bout de leur nez, ou alors que lors de quelques rares apparitions publiques pour dire à tout le monde : 'regardez comme je suis beau, regardez comme ma place est belle'. Autant dire que Tryan n'en avait rien à foutre de ces belles paroles inutiles, il fallait du concret rapidement, autrement le jeu des chaises musicales reprendrait de plus belle.

« Seul, il est certain que tu le seras jusqu'à la fin de tes jours si tu les dédies à l'exercice du pouvoir. Tu auras ceux qui t'obéiront si bien qu'il sera impossible pour eux de te voir autrement que comme une grande figure d'autorité. Il y aura ceux qui chercheront à te détruire, qu'ils soient dans ton camp et dans celui des ennemis. Et il y aura ceux que tu gouverneras. Le peuple. Les moldus, les Sorciers. En somme, autant de choses qui feront qu'il n'y aura que toi face à toi-même. »

Il le comprenait, il n'avait pas le choix. Très tôt, on lui avait dit que le pouvoir rendait seul, il n'avait pas voulu y croire et s'était retrouvé bien isolé finalement. Tout au plus, on peut avoir un soutien, mais rien de vraiment concret, on ne partage pas un trône, qu'on se le dise.
Menroth avait réussi à avoir l'allégeance de tout un département, Tryan aussi au RCCM, mais il grimpait d'un échelon et il allait devoir gagner le soutien du peuple conquis, chose difficile tant ses valeurs étaient on ne peut plus éloignées de celles de l'ancien directeur.
Les adversaires, les larbins, les moutons et le soutien. Voilà comment on pouvait résumer sa future vie politique, et si pour l'instant le cadre était encore relativement flou, un coup de baguette allait rapidement démêler cela.
Le directeur des mystères se faisait discret parce qu'il n'était pas utile qu'il se montre, tout simplement. La médiatisation de sa personne ou de son travail n'était pas nécessaire, il faisait son job dans l'ombre, n'attendant aucun compliment, aucune remarque, en ça il pouvait être dangereux, mais les ombres avaient d'utiles qu'ils permettaient de surprendre ; et bien souvent la surprise jouait.
Il comptait peut être là dessus …

« Et que diront ils lorsqu'on leur demandera de rendre des comptes … l'inaction parasite le système tout entier. Je vois cela comme quelque chose de nuisible. L'unité ne viendra pas d'une idée ou d'un soutien, elle doit venir d'un homme, un homme capable de rassembler le monde politique actuel ...»

Cette mentalité était typiquement française. L'homme providentiel, c'était quelque chose d'ancré dans les esprits et dans la façon de penser, Tryan n'échappait guère à cette pensée nationale. Pour lui, Eris était cet homme capable d'unir la sorcellerie, il l'avait prouvé et avait oeuvré en ce sens à de multiples reprises, son poste d'intendant lui permettait de finaliser cette fresque pour sublimer encore plus le purisme. Actuellement, Tryan ne voyait pas d'autre sorcier capable de susciter un tel engouement, et la nomination d'Eris à la tête de la machine était on ne peut plus intelligente.
Mais qu'adviendrait il si la chose devait changer ? Qui pouvait faire aussi bien que le vieil homme ? Ou qui pouvait au moins prétendre à en faire autant ? Personne. Personne parce qu'Eris était un monstre sacré de la politique, médiatisé au possible, il manipulait la politique et les mots comme le dragon crachait son feu, il était le sublime aboutissement d'une idée en sa forme la plus complexe. Il était cet homme providentiel que la sorcellerie appelait depuis déjà trop longtemps.
D'une main politique, il gouvernerait chaque organe aussi facilement que le cœur distribue le sang, sans lui, il n'y aurait plus d'intendance digne de ce nom, il n'y aurait plus de vraie politique.
Tryan ne pouvait pas concevoir la politique autrement que dirigée par son mentor, cela lui semblait tout bonnement impensable, à tord peut être …

« C'est une chance que nous t'ayons pour nous aiguiller.»

Eris avait un tel poids qu'il devait être l'homme le plus seul de tout le système. Il avait beau avoir des soutiens indéfectibles, ils restaient limités. Voldemort l'abandonnerait s'il perdait son utilité, et qui le suivrait à l'Intendance ? Personne, car ils étaient tous assez lâches pour ne penser qu'à leur gueule. Tryan lui le suivrait, il soutiendrait jusqu'à son dernier souffle ce génie qui lui avait tant donné … inconcevable qu'il n'en fasse pas autant sinon plus pour son mentor. Cela devait durer, s'inscrire dans une continuité logique, jusqu'à ce qu'on arrive à un état d'équilibre ou le vieil homme se retirerait d'une sublime révérence pour confier les rennes à individu sûrement moins capable. Seulement il fallait l'atteindre cet équilibre, et aux vues du paysage politique actuel, il y avait encore un énorme travail à fournir. Mais la conviction était là, Eris était l'homme qu'il fallait.
Si la solitude les attendait très certainement, le soutien, le vrai, ne mourrait pas.

Hrp:
 
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MessageSujet: Re: Des artistes il est permis de tout entendre Pv Eris[Terminé] Mar 15 Avr - 17:25

La relation entre Tryan De Saint-Clair n'était pas celle de deux cousins. Ils n'étaient pas liés par le Sang, par une famille aux sources communes qui venaient toutes deux de France. Non, ils étaient liés par quelque chose de plus fort, de plus vrai, de plus intime. Tryan et Eris étaient arrivés en même temps. Ils étaient arrivés à l'Ordre Nouveau tous deux. Et le vieil homme s'était entouré de ce jeune français dès son arrivée au pouvoir, de manière à avoir autour de lui un cercle sûr qui assurait une protection à l'Ordre Nouveau. C'était dans la construction de ce cercle qu'ils s'étaient liés. Dans une confiance mutuelle, surtout lorsque Valverde avait du laisser ses fonctions le temps d'une convalescence que beaucoup avaient oublié mais qui avait formé le jeune français à l'exercice de la direction d'un Département. C'était la relation la plus fidèle en soi. Le vieil homme ne pensait pas que De Saint-Clair ne le trahirait jamais. On n'avait jamais su tenir les aléas de la politique. Mais il savait qu'actuellement Tryan faisait parti de ses plus fidèles soutiens. Et un soutien au Ministère, ce n'était pas rien en un temps où ses soutiens se faisaient de moins en moins présents. Du temps où il pouvait compter sur Menroth et Jugson et sur l'immobilisme d'Eccleston, les choses se faisaient plus simples et moins dangereuses. Mais désormais, Valverde devait surtout ne compter que sur lui-même. Une chose non inhabituelle pour un homme qui avait toujours su compter sur son seul soutien, un unique choix qui l'avait toujours mené là où il était actuellement. Car ni Menroth, ni Jugson ni quiconque ne l'avait mené à l'Ordre Nouveau, ou à Poudlard, ou à l'Intendance. Il s'était construit seul, avec les sacrifices qu'il avait du accepter. Ceci n'était que son oeuvre. Il était le seul à même de recevoir les félicitations ou les blâmes. Personne d'autre. De fait, que Tryan le comprenne était déjà quelque chose d'important pour sa relation avec le vieil homme. Valverde ne comptait jamais composer avec ceux qui ne comprenaient rien à rien, et qui se méprenaient sans cesse sur les intentions des personnes. Car jamais il n'avait été flou. La politique, pour certains, se construisaient sur l'hypocrisie et le mensonge. Conception qui n'était pas la sienne, puisqu'il avait toujours été honnête. Il avait juste su se jouer des rapports de force, imposer sa personne dans différentes institutions sans jamais mentir. Un jeu sur les subtilités, une confiance donnée à personne, l'assurance de toujours tout contrôler. A chacun ses méthodes, celles-ci avaient été la réussite du vieil homme.

Valverde était intelligent. Il avait bien des défauts, mais son intelligence n'était plus à démontrer. Mulciber était excellent combattant, Valverde était intelligent. Cette intelligence faisait qu'il importait dans le concert Mangemort. On avait besoin de sa voix et de son expérience, non qu'elle fût la seule parmi tous les composants des serviteurs du Purisme, mais bien parce qu'elle était l'une des plus importante. Il n'y avait pas rien en politique et en connaissance des peuples derrière Valverde. En matière de stratégie militaire, il n'y avait rien. Il n'y connaissait que peu de choses, et n'avait jamais prétendu une seule seconde le contraire.
Ne pas se servir de cette intelligence tenait de l'incompréhension. Voldemort s'était-il privé des qualités de Brom ou de Crow? Non. Alors pourquoi se priver de celles de tout le monde? Non pas ici que le Seigneur des Ténèbres ait mis de côté l'intelligence de l'Intendant. Non, mais certains de ses Mangemorts fuyaient Valverde comme ils fuyaient la peste, comme s'ils risquaient plus que l'apprentissage de certaines expériences du vieil homme. Eris avait connu deux grandes guerres, la prison, la clandestinité, l'espionnage, la politique Puriste lorsqu'une politique bourbiste était au pouvoir, et ce passé n'était pas rien. Certains, autour de lui, n'avaient connu que l'avènement de Voldemort. Le pouvoir Puriste en place, le luxe des manoirs et des Départements, la grandeur des Mangemorts. Jamais ils n'avaient connu les mornes et humides cellules de prison, les incertitudes des lendemains, l'impossibilité de changer directement une société et la voir tomber peu à peu sans pouvoir agir une seule fois.

« Personne n'est irremplaçable. La politique a même tendance à remplacer des personnes bien plus vite qu'eux-même ne le pensaient à l'origine. »

Car bien qu'intelligent, Valverde ne se pensait pas plus utile qu'un autre. La preuve, l'Ordre Nouveau avait un nouveau Directeur depuis un an, Poudlard une nouvelle Inquisitrice et bientôt aurait-il un nouvel Intendant. Quelle leçon en tirer? La première, sans-doutes, était la volonté de Valverde de ne jamais s'encroûter dans une fonction. L'Ordre Nouveau avait demandé du temps, de la patience, de la persévérence. Deux années de travail nécessaires. Mais dès qu'il avait senti que quelque chose de nouveau se passait, qu'on avait besoin de lui à un autre endroit, il n'avait pas attendu d'être invité à partir et prendre sa retraite dans l'oubli total et l'indifférence parfaite. Valverde surprenait toujours. Avec ses coups d'éclat, il s'assurait de cette façon à montrer qu'il ne changeait pas. Et il prouvait par là même que ses intentions n'étaient pas de garder le pouvoir entre ses mains. Il le passait à qui le voulait bien au moment que lui choisissait. Une façon de contrôler son existence et sa participation à la révolution Puriste.
Est-ce que l'Histoire retiendrait son nom? Peut-être pas, mais elle retiendrait l'Ordre Nouveau. Au-delà du Département de l'Intendance, l'Ordre Nouveau était un pas de l'Histoire qui avait réduit à néant le bourbisme dans le Royaume-Uni. Cela, on s'en rappellerait. Et Valverde le savait. Il savait qu'on se souviendrait de l'action du Seigneur des Ténèbres. Car lui, individu, ne voulait pas qu'on se souvienne de son nom. Il ne voulait pas être reconnu pour cela. Il voulait être reconnu pour ce qu'il avait fait, pour ce que son action avait été pour le Purisme. Et il voulait que cela dérive. Que son nom laisse place à celui du Purisme. Que parler de Valverde revienne à parler de Purisme et qu'au final, ce nom ne soit pas celui d'une personne mais d'une idée. Il voulait être la personne qui devient l'idée.

Le vieil homme se leva.
Son froid regard s'attarda sur ces murs du bureau de Tryan. Des murs qui avaient entouré Menroth pendant tellement de temps. Le sacré même de l'empire familial. Le sacré de ce qu'avait été tout un pan de la politique de l'Angleterre pendant des années. Jugson, Menroth, Valverde, Avery rien dans ce Ministère semblait se rappeler d'eux. Les postes avaient changé, les bureaux avait été redécorés, les gens étaient partis. Le Ministère était cette sorte d'injustice brutale de la politique, cette certitude que rien ne dure véritablement dans les sphères du pouvoir. Du jour au lendemain les plus connus disparaissent. On change les papiers peints et les meubles et plus rien. Et pourtant, Valverde se souvenait de l'ambiance de ce bureau sous Menroth. Il s'en souviendrait toujours. C'était peut-être cela qui avait le plus de poids dans ce Ministère. L'ère Menroth. Il était certain que Tryan s'imposerait à sa façon et de manière intelligente. Mais une certitude restait. On n'oubliait pas Menroth. L'Ordre Nouveau avait déménagé, Mulciber était resté tellement plus de temps que Jugson que les deux hommes, le Ministre et son Conseiller, avaient vite laissé placé à la suite. L'un était devenu un chef résistant, l'autre était l'actuel Intendant, sinon le Mangemort Politicien. Mais Menroth était mort. Sans devenir autre chose que ce célèbre Directeur du Département des Mystères. Que serait-il devenu, s'il était resté en vie? Serait-il à la place de Paravell? Serait-il devenu Ministre ou même Intendant? Personne ne le savait, pas plus que ce bureau qui avait du en voir tous les jours, des pans des secrets de Menroth. Sa mort avait sonné la fin d'une ère. Mais son fantôme restait encore présent, comme si Voldemort avait mis fin à des projets non terminés de son Mangemort à la Cape. Comme si un sentiment d'inachevé traînait dans ses couloirs inconnus des Mystères.
Puis son regard alla vers Tryan. Le visage calme de Valverde contrastait avec la jeunesse du Directeur des Mystères. Il y avait en ce jeune homme beaucoup plus de fougue et de colère que chez Valverde. Une colère qui était visible chez le politicien lors de ses années de jeunesse, avant la prison. Depuis, il était plus sage, plus calme, plus austère.
Humain?

« Du travail n'en finit plus d'arriver sur mon bureau. Tu dois avoir une immense pile de choses à faire ici. Je te souhaite du courage. Et de la réussite. »

Il fit un signe de tête et quitta la pièce.
Tryan était habitué des manières d'Eris. Pas de contentement, pas de sentimentalisme, juste des mots clairs et précis. Il avait face à lui un vieil homme qui ne ressentait plus que de la Haine, de la vengeance et l'envie de voir le Purisme retrouver la gloire perdue de la Sorcellerie. Rien d'autre. Le percer revenait à détruire un mur de glace érigé depuis des siècles. Un mur qui ne fondrait jamais.
Il se fit raccompagner. Un des rares Département qu'il ne connaissait pas et qui pouvait tout le temps changer. Lorsqu'il fut dans l'ascenseur, bien surveillé par les deux Exécuteurs de Nuisibles qui l'accompagnaient désormais partout, il regarda le sombre couloir qui se proposait devant lui. Quitter un endroit du Ministère n'avait plus la même symbolique pour lui. Il parcourait trois à quatre fois par jours les Départements du temps où il y travaillait. Désormais, il y venait une à deux fois par mois seulement une heure. A peine deux.
La cabine dorée d'arrêta au niveau deux. Département de la Justice Magique. Département que le vieil homme connaissait désormais à la perfection pour y avoir travaillé de nombreuses années avant et après la guerre. Jusqu'en 2001, pour être précis.
Il traversa les nombreux couloirs officiels, d'autres un peu moins, fut reconnu et salué de nombreuses fois. Puis il arriva à l'endroit qu'il cherchait et qu'il avait tant connu. Les deux portes qui menaient à la grande salle d'audience du Magenmagot s'ouvrirent. Il y pénétra, le regard glacé par la détermination qui était la sienne. Totalement vide, le tribunal qui avait tant connu était étrangement silencieux. Les bancs étaient déserts, tout respirait le calme et la pesanteur d'une Justice passée. Il servirait désormais à traiter les problèmes judiciaires quotidien et de trouble de l'ordre public. Mais il avait autrefois était le siège de tant de choses. Le vieil homme y revit Jugson, là-haut, dans son costume de Président-Sorcier. Il revoyait le public, il revoyait l'importance et la symbolique des procès qui s'étaient joués ici.
Descendant les marches des différents gradins, sa longue robe donna la sensation qu'il flottait au-dessus de ses planches de bois usées par les pas et le passé. Il ne semblait pas chercher quelque chose en particulier, comme si soudainement tout l'attirail judiciaire de 2001 allait débarquer, se préparant à délibérer pour un nouveau procès. Il se déplaçait avec aisance. Au plus proche du siège du Président, il contourna quelques gradins, grimpa d'un pas mesuré et calme. Puis il se retourna vers la salle vide et s'installa dans un fauteuil.

Sur ce dernier, on pouvait encore lire d'anciennes inscriptions passées et frottées. Oubliées, pour la plupart. On y lisait "Juge chargé des Affaires Puristes" et une fois que ces mots se reflétaient à notre esprit comme une évidence, on regardait les yeux froids de ce vieil homme. Rien n'avait changé, après tant d'années.
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MessageSujet: Re: Des artistes il est permis de tout entendre Pv Eris[Terminé] Sam 19 Avr - 23:02

Ne rien devoir à personne, c'était le meilleur moyen d'être sûr de partir du bon pied en politique. À contracter des dettes, on devenait un pion aisément manipulable, Tryan le savait et essayait plutôt d'être du bon coté de la créance morale. Ainsi, plusieurs sorciers prétendument supérieurs lui étaient redevables, mais combien payait leur dette ? Aucun. Aucun parce qu'ils savaient que cela les affaiblirait, le français avait été assez clair là dessus, il n'irait pas dans le sens des mangemorts, il irait dans le sens du purisme et si possible de ses intérêts, rien de plus, rien de moins. Aussi, il n'était surprenant de savoir qu'il avait épargné Jugson et Sweet, deux puristes résistants, en prétendant sauver le ministre de l'époque. À quoi bon tuer ceux qui ont des idées ? Elles n'étaient pas mauvaises les idées de Jugson, il était juste trop pressé de régler ses comptes … à moins que tout cela ne dépendait pas de lui, qu'on ne lui ait guère laissé le choix. À vrai dire, Tryan s'en foutait de cela, la Vague ne le dérangeait pas le moins du monde, moins que l'Ordre du Phénix qui était un nid à bourbistes et moins que ces sangs impurs qui prétendaient être des sorciers.
Les mangemorts l'agaçaient au plus haut point, surtout en ce moment que les remaniements étaient de rigueur. Le ministère avait de la chance que le français s'entendait plutôt bien avec Mulciber, ce gars était un des rares mangemorts que le français ne méprisaient pas ouvertement ou alors très peu.
Mulciber était un homme d'action, avec un charisme, une répartie, il était tout simplement un personnage, il valait mieux que les larbins classiques bons pour les basses besognes.
C'était peut être une des raisons pour lesquelles on n'entendait peu parler des mystères. Ça et surtout le fait que le français préférait rester dans l'ombre tout en faisant son boulot.

Actuellement, qui sinon Eris pouvait lui demander un service sans être inquiété ? Personne de la sphère puriste. Crow avait beau avoir servi avec lui, il restait un ennemi potentiel, Witcher était une grande gueule qui ne savait pas se tenir à sa place, Eccleston était le brave larbin des autres, Brom avait déjà une dette, Mulciber n'était pas du genre à venir quémander de l'aide et surtout pas à un type qui l'avait sauvé par deux fois. Restait les petits inconnus de la politique, mais comme le terme petit l'expliquait facilement, ça n'intéressait pas grand monde que d'aider l'insignifiance, sauf si potentiel il y avait.
Tryan fonctionnait à l'intérêt, dans les deux sens du terme. Si la chose était intéressante, il s'impliquait, s'il le gain était supérieur à la perte, il s'impliquait, le reste n'était que fioriture. Vrai, il avait toujours eu le nez pour ce genre de chose. Qui avait vu un potentiel en l'agent Matthews ? Lui et seulement lui. Il l'avait formé, il l'avait façonné, il lui avait donné un style, elle avait ensuite eu les ressources pour devenir une vraie sorcière. Assez fièrement, il se félicitait de savoir que la jeune femme avait su résister à Brom lors d'un duel, ce qui n'était pas chose aisée quand on connaissait le combattant que le magistère était. Actuellement, Tryan n'avait plus de petit protégé en politique ou dans son travail, peut être parce qu'il n'avait encore aucune attache dans son propre département.
Chaque chose en son temps se disait il, espérant que cela lui donnerait raison. Visiblement Eris pensait la même chose, ce qui était assez réconfortant.

Pourtant le discours de l'Intendant ne fut pas aussi rassurant que cela, et sa phrase suivante, bien que très réaliste, laissait planer comme l'ombre d'un doute qu'on ne lui connaissait pas. C'était à la fois logique mais étonnant de lucidité, un peu trop peut être.

«Personne n'est irremplaçable. La politique a même tendance à remplacer des personnes bien plus vite qu'eux-même ne le pensaient à l'origine. »

Beaucoup avaient chuté sans le voir venir, c'était d'ailleurs une des meilleures façons de se défaire d'une personne encombrante. La cible ne se défend pas si elle ne voit pas l'attaque arrivée. C'était lâche mais efficace, il fallait au moins reconnaître cela. Et puis concrètement, le monde politique ne comportait pas la notion d'honneur, ou alors simplement en façade pour faire genre que l'on était quelqu'un de presque bien. Tout demeurait dans le presque que certains avaient rapidement tendance à oublier … comme par magie dirait on.
Mais comment se dire qu'un jour tout pouvait se terminer ? Il avait beau avoir connu cette situation, la prévoir et anticiper une porte de sortie n'était pas un solution, il fallait aller de l'avant.

Haussant un sourcil, le français ne put qu'être d'accord, qu'ajouter de plus si ce n'était une énième évidence peu constructive ? Il n'était pas homme à s'embarrasser d'un cérémonial particulier, pas avec Eris, ils se connaissaient suffisamment bien pour aller directement à l'essentiel, c'était là un gain de temps et d'énergie, les deux étant particulièrement occupés ces derniers temps.
L'intendant se leva spontanément, indiquant alors que la discussion était presque terminée. Il détailla l'endroit durant quelques secondes avant de fixer son ancien poulain, ajoutant alors :

«Du travail n'en finit plus d'arriver sur mon bureau. Tu dois avoir une immense pile de choses à faire ici. Je te souhaite du courage. Et de la réussite. »

Le français salua son mentor avant de lui répondre simplement.

« Et on a pas fini d'en avoir arriver … bon courage à toi aussi Eris.»

Le vieil homme s'éloigna ainsi du bureau du directeur des mystères, le laissant seul dans cet endroit qu'il avait encore du mal à voir comme sien. Il lui restait tant à faire, comment être réellement confiant ? La visite de son mentor lui avait fait un bien fou mais cela le rendait également plus susceptible à se poser des questions, certaines n'ayant peut être pas lieu d'être.
Qu'importe, il était vraiment trop occupé pour se remettre pleinement en question, il avait tellement de choses à s'occuper que le temps lui échappait petit à petit. Plus le travail avançait, plus il se disait que cela le coupait du monde réel, il échappait à la réalité mais cette dernière revenait toujours avec une force indéniable.
Les mystères, peut être que la vie en était un … peut être pas. Tryan avait accès des connaissances importantes, qu'il ne pouvait pas avoir ailleurs, il comptait bien en profiter et essayer d'avancer, vers ses buts personnels, vers la domination totale du purisme.

Alors que le bureau demeurait vide de toute autre présence, il retourna à son dossier. Il y avait du travail pour succéder à Menroth, pour le remplacer, pour qu'on l'oublie.
Mais Tryan comptait bien l'effacer des esprits, faire en sorte qu'on n'entende plus jamais parler de ce vieux rustre inutile, qu'on ne retienne que lui. Et encore, il n'était pas question d'orgueil, c'était pour la recherche magique qu'il le faisait.

Car l'avenir appartenait aux vivants ...
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MessageSujet: Re: Des artistes il est permis de tout entendre Pv Eris[Terminé]

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Des artistes il est permis de tout entendre Pv Eris[Terminé]

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