POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Mercy is for freaks || Llew-Jill-Isaac [Fini]

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Mary Kane


MessageSujet: Mercy is for freaks || Llew-Jill-Isaac [Fini] Jeu 30 Jan - 1:13

"Llew..."

La voix de Mary était tendue et inquiète. Elle savait qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Le visage de Llew passait par différentes expressions que Mary avait peur de trop bien reconnaître. Elle s’attendait à ce qu’il soit fâché. Vu son tempérament, c’était plus que probable mais Mary avait simplement sous estimé à quel point il le serrait et surtout contre qui. La dernière fois qu’elle l’avait vu comme ça, elle lui avait servit de victime. Wayland avait su le calmer, elle n’était pas certaine de pouvoir le faire. Elle prit sa main, regardant autour d’elle, s’assurant que personne ne les voyait – les deux langues de plomb n’étaient pas là – et tenta de le calmer.

« Vraiment Llew, ce n’est pas la peine de t’énerver pour ça. C’est stupide… Il doit m’en vouloir en plus, je crois que j’ai exagéré. J’étais furieuse et je l’ai frappé, un peu trop fort je crois… »

Peine perdue, il semblait à peine l’écouter. Elle avait l’impression de parler dans le vide. Néanmoins elle persévéra. Mary était quelqu’un de patient. Très, patient. C’était une qualité dont elle faisait usage quand elle se trouvait en présence de Llewelyn Mulciber. Ce n’était pas conscient, elle était naturellement patiente mais à sa place, d’autres se serraient énervés, ce qui aurait eu pour effet d’énerver encore plus le jeune homme passablement instable. Sans lui demander son avis, il se leva, grommelant quelque chose qui devait ressembler à un : « Je vais le buter »

Simple, efficace, inconscient, stupide, typiquement Llew. Elle resta un moment sur place abasourdie. Comment la conversation avait-elle pu prendre une tournure pareille. Pour peu, elle aurait utilisé l’expression préférée de sa sœur que celle-ci employait quand leur mère se mettait en colère : « That escalade quickly. ». Ca s’appliquait à Llew. Elle ne comprenait pas qu’il se mette dans une rage pareille pour une si petite chose. Bien entendu, c’était embarrassant et elle aurait préféré que ça n’ait pas eu lieu mais c’était du passé désormais. L’évènement datait de quelques jours, elle avait eu le temps de s’en remettre et de relativiser. Ce n’était pas si grave que ça. Mary après tout, était encline à pardonner les erreurs des autres. Qui ne faisait pas d’erreur ? Certainement pas elle. Ca ne semblait pas être le cas de Llew. Il allait encore s’attirer des ennuis, voir leur attirer des ennuis. Elle s’en rendit compte et ça la fit sortir de sa torpeur. Il fallait qu’elle essaye de l’arrêter avant qu’il ne fasse une bêtise. Ils avaient eu bien assez d’ennuis comme ça tout les deux. Elle se leva donc et se précipita à sa suite en jurant :

« Merde, merde, merde ! Fais chier. »

Personne, pas même sa sœur, n’avait entendu Mary jurer. La jeune fille jurait très peu, elle trouvait ça grossier. Elle était d’un naturel calme et il en fallait beaucoup pour l’énerver ou la brusquer. C’était quelqu’un de sage et digne pour qui la bienséance en société, les traditions et les règles ; avaient une importance particulière. Depuis qu’elle était à Poudlard, Mary avait brisé bons nombres de règle – très peu par rapport au reste de ses camarades mais passons – et fait plusieurs choses qui sortait de l’ordinaire pour elle. Jurer par exemple, frapper Isaac Bedan ou encore coucher avec un garçon ; un sang pur par-dessus le marché. C’était à croire que Poudlard l’empêchait d’être la Mary qu’elle connaissait. Ces derniers temps, quand elle se regardait dans la glace, elle n’était plus sûre d’être la même personne. Il lui semblait que quelque chose avait changé dans son visage et son expression. Elle n’aurait pas su dire quoi. Elle grandissait bien entendu. L’enfant avait fait place à l’adolescente et l’adolescente s’épanouissait de jour en jour malgré l’ambiance tendue qu’il régnait au château. Pourtant, ce n’était pas le moment de penser au changement qu’elle vivait. Il fallait qu’elle rattrape l’impulsif garçon qui lui servait de copain avant qu’il ne trouve Isaac. Le terme la faisait toujours tiquer. Les rares fois où elle pensait à lui en ces termes, elle sentait un peu gênée, comme ce qu’elle faisait été terriblement mal. C’était comme ça qu’on l’avait éduquée. On lui avait appris dés son plus jeune âge qu’elle lui était inférieur. Peu importe à quel point elle pouvait être intelligente, elle ne serrait quand même jamais son égale. Parce qu’elle avait été élevée dans cette optique là, elle sentait parfois poindre la culpabilité en pensant à lui. Un peu comme si elle le dévalorisait en étant en sa présence. Mary se culpabilisait souvent elle-même. Elle s’en voulait même à propos d’Isaac. Elle était celle qui était offensée mais elle se demandait si elle n’y avait pas été trop fort en le frappant. La jeune fille se demandait si ce n’était pas de sa faute également. Après tout, peut être avait-elle eu des paroles déplacées. Il se pouvait qu’elle lui ait donné l’impression qu’elle désirait faire autre chose avec lui que parler. Elle avait eu peur que ça soit ce que Llew pense tandis qu’elle lui expliquait ce qui c’était passé. Pourtant, si on était honnête, tout le monde savait qu’il n’y avait aucune chance que ça soit Mary qui aguiche un garçon. Elle était déjà bien assez timide avec son propre copain, sans essayer d’en attirer un autre.

En chemin, elle croisa Jill, la sœur de Wayland à qui elle fit un petit signe discret de la tête pour la saluer. Les deux jeunes femmes ne se connaissaient pas vraiment. Elles avaient cours ensemble, s’étaient déjà parler pour se demander des choses aussi passionnante que : « Tu n’aurais pas encore un peu d’acromentule ? » mais rien de plus. Mais c’était la sœur de Way et par politesse, elle prenait toujours le temps de la saluer quand elle la croisait.

Elle se demandait comment sa journée avait pu dégénérer en si peu de temps. La semaine avait bien commencé pourtant. Les cours s’étaient bien passés, et on leur avait annoncé une sortie de prévu à Pré-au-Lard prévue pour le week-end. De quoi ravir les élèves, ravis de sortir un peu de l’ambiance pesante du château. Elle avait donc envoyé un hibou non signé au Serpentard en lui demandant s’il comptait s’y rendre et ils avaient convenus de s’y retrouver dans un endroit discret. Tout c’était très bien passé jusqu’à ce qu’elle se sente obligé de lui expliquer ce qui c’était passé sur le terrain de Quidditch.

Elle n’avait pas su comment aborder le sujet, aussi c’était elle jeté à l’eau sans prendre de pincette :

« J’ai quelque chose à te dire. »

Le ton de sa voix était un peu inquiet, elle avait eu peur qu’il le prenne mal et pense que c’était de sa faute.

« L’autre jour, j’avais du mal à dormir, du coup, je suis allée lire sur le terrain de Quidditch et j’ai croisé Isaac qui est venu me parler. Pas l’idiot de Poufsouffle qui est incapable d’aligner trois mots, celui de Serpentard, le cousin d’Ariana. Quoiqu’il en soit, on parlait quand il s’est mis en tête de posé sa main sur ma cuisse et de la caresser. Je ne sais pas trop ce qui lui a pris… J’ai enlevé sa main et je pensais qu’il avait compris, jusqu’à ce qu’il recommence en me plotant les fesses. »

Son visage était rouge de honte et elle n’osait pas vraiment le regarder dans les yeux : « Je préférais te le dire moi … »

Mary n’était pas spécialement honnête. Ca n’entrait pas dans ses qualités, elle était juste pragmatique. Isaac avait fait ça dans un lieu public, il y avait des gens qui les avaient probablement vus et elle préférait qu’il entende sa version que celle des autres. Après tout, elle lui avait demandé d’être honnête avec elle. Il lui semblait normal qu’elle lui rende la pareille. Elle se serrait peut-être tue si elle avait pu prévoir sa réaction.


Dernière édition par Mary Kane le Dim 9 Fév - 19:41, édité 2 fois
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Llewelyn Mulciber


MessageSujet: Re: Mercy is for freaks || Llew-Jill-Isaac [Fini] Jeu 30 Jan - 14:09


Llewelyn Mulciber était quelqu'un de difficile. Caractériel, cynique, amer. Sans une pensée pour personne, en général, et même pas pour lui même et sa souffrance – il ne savait même pas qu'il souffrait, et se contentait en général de l'exprimer avec une violence sans retenue. Il connaissait l’envie du meurtre. Elle est brûlante, trop, pour être gardée à l’intérieur ; elle monte à la tête et elle dévaste là où elle passe, desséchant la gorge, de sorte que le souffle devient saccadé et sort avec un bruit sourd. Un tremblement vous saisit, vos yeux se voilent, non de larmes, mais d’un brouillard qui intercepte votre vue et, dans les ténèbres, le désir vous tourmente de saisir la chair entre vos doigts, de la déchirer jusqu’à ce que le sang jaillisse, ou de prendre un couteau et de l’enfoncer jusqu’à ce que la pointe s’émousse, ou de vous emparer d’une arme et de frapper jusqu’à en être épuisé, de broyer, de poignarder, d’étrangler, d’écraser, de tuer, de tuer, de tuer. Parfois il se faisait peur tout seul. La plupart du temps cependant, il jugeait sa violence justifiée, car le monde était composé d'imbéciles haineux qui ne méritaient rien d'autre vu que leur objectif principal était de lui faire du mal. Cela dit il n'était pas tout à fait responsable. Ma pensée s'éloigne avec un sourire meurtrier et laisse la discordante anxiété rugir dans mon âme... La peur et la souffrance prenaient souvent le dessus chez Llewelyn pour lui donner une colère sauvage et presque joyeuse, qui permettait de catalyser la souffrance et de l'en libérer. Il le savait et il trouvait ça minable. Mais Llewelyn était résigné. Je suis mauvais, je suis abîmé, et personne ne peut me sauver.

Il aurait été bien plus simple de raisonner comme ça mais à la vérité il n'y croyait pas vraiment. Parce qu'il est dans la nature même de l'amour de désirer un avenir. Voilà qu'il se remettait à parler d'amour. C'était idiot, il n'y croyait pas vraiment non plus normalement, mais il avait beau le tourner dans tous les sens, il fallait qu'il se rende à l'évidence. Les autres se foutaient de lui. Ils m'aimeront pour ce qui me détruit, le glaive dans mes rêves, la poussière de mes pensées, la maladie qui se propage dans les plis de mon esprit. Peu à peu, Llewelyn avait l'impression sinistre qu'il était malade. Il s'en rendait compte et avait l'impression qu'il pouvait presque sentir son esprit partir en fumée vers quelque chose de terrible, une folie immonde et meurtrière que tout le monde encourageait pour qu'il devienne un grand soldat du purisme.  Vous savez, j'ai vraiment le sentiment d'être manipulée. Il ne le dirait jamais, mais c'était vrai. Il commençait à voir ce que faisait le régime, diffusément, sans pouvoir lui donner un nom. Il était seul.  Personne ne me touche, personne ne s'approche de moi. Vous savez pourquoi ? J'ai tellement bien retenu la leçon qu'ils commencent à avoir peur. Tout ça à cause de Ben. Pour être à sa hauteur ou pour valoir mieux que lui. Va te faire foutre puisque tu me rejettes en n'étant jamais là, va te faire foutre puisque tu me donnes l'impression d'être de la merde, va te faire foutre puisque tu me saignes à blanc de l'amour  et de la vie, que mon père aille se faire foutre puisqu'il a foutu ma vie en l'air pour de bon et que ma mère aille se faire foutre puisqu'elle me hait. En vérité il était incapable de renoncer à son frère. Comme il était incapable de ne pas se mettre à parler d'amour, sentiment qui pourtant ne devait pas avoir sa place dans ce monde, ni entre Mary et lui. Graviora manent, disaient-ils. Le pire est à venir.
Il ne le savait pas, mais c'était vrai.

Relation compliquée à gérer, il fallait bien l'avouer. Ca agaçait profondément Llewelyn d'être surveillé par des langues de plombs en permanence – même si l'avait cherché, mais ça jamais il ne le reconnaîtrait, il ne fallait pas déconner. Presque autant que se cacher, de ne pas pouvoir voir la Serdaigle comme il voulait. Obligé de se planquer alors que les seuls moments un peu agréables étaient ceux qu'il passait avec elle. Oui, en réalité, rester avec Mary le rendait heureux, parce qu'il avait pour une fois l'impression réelle de faire quelque chose de bien. Ce n'était pas seulement qu'ils étaient seuls tous les deux et qu'ensemble ils avaient l'impression de souffrir un peu moins, mais aussi qu'il lui semblait qu'il pouvait être un peu heureux avec elle, qu'il était plus en paix – et ça se voyait aussi, parce qu'il arrivait tout de même à être un peu plus calme, alors que tout le monde s'attendait à ce qu'il pique sa crise maintenant que Sara venait de le plaquer. Mais même pas. Il restait stoique, voire même plus calme et plus souriant. Puis même. Elle était meilleure que lui, et il ne voulait pas la laisser toute seule. Ca le désolait de ne pas la voir plus, et les échanges de hiboux non signés, ça allait bien cinq minutes. Aussi avait-il accepté volontiers lorsqu'elle avait proposé de se retrouver à Pré-au-lard. Sortir ne pouvait que leur faire du bien, et puis là bas il n'y avait pas de langue-de-plomb pour les emmerder. Et puis il avait tout de même une surprise pour Mary. Après leur première fois – enfin surtout sa première fois à elle -  elle lui avait laissé un livre, excellent prétexte pour se reparler, livre qui contenait une carte d'anniversaire. Llew avait rendu l'ouvrage à la Serdaigle faisant mine de ne pas l'avoir vu, mais ce n'était pas vrai. Lorsqu'il le voulait il pouvait être assez subtil. Ainsi, en parlant il avait fini par apprendre qu'elle faisait de la photo, et il s'était arrangé pour lui dénicher un nouvel appareil, ce qui se faisait de mieux. Il projetait d'aller boire un verre dans un bar pas trop fréquenté et de lui donner, ça ferait une après midi superbe, et puis voilà. Sauf qu'évidemment, ça ne se passa pas comme ça. Ca, c'est ce qu'il projetait de faire, vraiment. Mais non. Il fumait paisiblement une cigarette – il fumait moins d'ailleurs, bizarrement – lorsqu'elle lui annonça qu'elle avait quelque chose à lui dire. Il se tourna vers sa copine – terme qu'il détestait, ça faisait gamin, mais conjointe ça faisait vieux schnock – avec un peu d'inquiétude :

« Quoi donc ? »


La révélation le laissa songeur. Inutile de dire qu'il prit mal. Savoir qu'un autre mec drague votre copine n'est jamais plaisant, même si vous ne sortez pas officiellement avec et que normalement vous n'êtes personne pour dire quelque chose. Mais Llewelyn était d'un naturel jaloux, qu'il le veuille ou non. Et puis il commençait à comprendre comment Mary fonctionnait. Foncièrement gentille donc encline à se croire coupable de tout alors que ce n'était absolument pas sa faute si elle était tombée sur un mec lourd. Mec lourd qui allait se prendre la raclée de sa vie. Il ne fallait pas chercher Llewelyn Mulciber, tout le monde le savait, ou commençait à le savoir. Cela dit, Isaac Bedan ne pouvait pas savoir qu'il allait s'attirer les foudres de Llew. Et normalement, s'il ne voulait pas avoir d'autres emmerdes, il n'aurait rien fait. Mais bon, son cerveau s'était mis en veille. Petit con, tu vas connaître ta douleur. Parce que crois moi, personne ne la touchera.

« Vais le buter. »

L'idée lui parut des plus excellentes. Il se leva, fumant toujours sa cigarette, et partit à grands pas vers le centre du village. Il avait sa tête des mauvais jours. Celle que personne ne voulait voir. Isaac Bedan. Il ne le connaissait pas bien, juste de vue, fréquentant un peu plus son frère Haytham qui était dans la même année que lui. Cela dit, de base Llewelyn n'avait rien contre Isaac non plus, c'était un cousin et un sang pur, normalement c'était un type respectable. Mais là, le sixième année l'emmerdait et tout ce qu'il voulait c'était lui foutre une trempe. Méritée, qui plus est. Non, là Isaac n'avait aucune chance. Sur le chemin, il croisa d'ailleurs son frère :

« Haytham, l'est où ton frangin ? Faudrait qu'on cause, lui et moi. »

L'autre lui indiqua une direction sans penser un instant à mal. Llew lui adressa à peine un signe de tête et partit en direction du point indiqué, et finalement, trouva Isaac Bedan sortant d'une boutique quelconque avec deux trois potes à lui. On le laissa approcher : après tout, il n'était pas n'importe qui, et encore moins un inconnu. A vrai dire, personne n'avait du prévoir ce qu'il fit, c'est à dire, sans même prendre le temps de héler Isaac, de lui coller son poing dans la figure. Sans difficulté, le coup cogna le nez, sans le casser cependant – du moins Llewelyn en doutait. L'autre tomba à terre. Ses potes murmurèrent des choses auxquelles Llew n'accorda aucune attention au sang qui coulait et aux gens qui parlaient. Il saisit le col du sixième année et releva Isaac de force pour le remettre debout devant lui, puis il proféra durement :

« Tu vas bien retenir ce que je vais te dire, connard. Quand une fille te dit non, elle veut dire non, c'est pas peut-être, c'est pas oui je veux bien qu'elle sous-entend. De deux, tu t'approches plus jamais de Mary Kane, ou je te jure que je t'explose, cousin d'Ariana ou pas. Je suis clair ? Hm ? J'entends rien. Je suis clair ou pas ? T'as pas compris la leçon ? Faut que je termine de te faire sauter le nez pour que tu dises oui ? »

Et il était bien parti pour, cela dit.
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Isaac Bedan


MessageSujet: Re: Mercy is for freaks || Llew-Jill-Isaac [Fini] Ven 31 Jan - 17:27

-Eh bien, Jon, tu fais quoi ? Faut te grouiller, mon vieux !

Jonathan accorda un regard morne à Isaac qui le pressait, et s'étira. Il était le seul encore couché dans le dortoir des sixième année et semblait vaguement agacé par ses camarades qui s'habillaient en chahutant bruyamment. Enfin, après qu'Isaac lui eut lancé une paire de chaussettes – propres – au visage, il daigna s'expliquer :

-Non mais je viens pas, en fait.

Tous les autres garçons se turent immédiatement et se tournèrent vers lui. Jonathan devait être malade pour dire ça. Il leur avait promis que cette sortie à Pré-au-Lard resterait dans les annales, car il comptait ajouter Selena Smith, une pure bombasse de septième année, à son carnet de chasse. Les choses étaient plutôt bien engagées entre eux deux, et ils n'attendaient qu'un peu de calme pour concrétiser.

-Tu viens pas ? répéta le jeune Bedan en s'asseyant sur le lit de son ami. Et Smith, alors ?
-Je me suis pris une retenue pile aujourd'hui,
expliqua Jon à mi-voix. Hier soir. On était dans un couloir désert avec Selena, on commençait à arriver aux choses sérieuses – il eut un geste éloquent pour évoquer une poitrine – et puis y a un salaud de prof qui est arrivé. Interdiction de traîner dans les couloirs, qu'il a dit. Du coup, je suis collé.
-Avec Smith ?
-Non, je l'ai poussée et elle a juste eu le temps de se planquer. Tu comprends, ça fait valeureux chevalier de se sacrifier. Elle pourra rien me refuser après ça
– il sortit sa langue de sa bouche et la tourna autour de quelque chose d'imaginaire. T'en fais pas pour moi, je suis tout près de lui attraper le Vif d'Or !

Il se laissa retomber dans son lit avec un grand éclat de rire, et lança, bien fort pour faire marrer tout le dortoir :

-T'inquiète donc pas pour ma vie sexuelle, Bedan, et essaie plutôt de penser à la tienne ! T'en es où, toi ? Toujours en train de traverser le désert ?

Isaac répondit en jetant une de ses baskets sur Jon. Il était super, c'était un ami précieux mais son indiscutable supériorité sur le terrain de la gaudriole le rendait parfois insupportable. L'autre dut sentir qu'il était allé trop loin, car il n'ajouta rien et se mit plutôt à faire une liste de ce qu'il lui fallait à Pré-au-Lard.

Le jeune Bedan avait souvent été raillé par son ami à ce sujet, mais cette fois-ci, il était réellement vexé. Pas plus tard que la semaine précédente, il s'était pris un râteau accompagné d'une gifle par une fille qu'il avait approchée d'un peu trop près. Une sang-mêlé, une obscure, une qui aurait dû se sentir flattée qu'un Sang-Pur ait envie de se livrer à des échanges de fluides avec elle. Mais non, Mademoiselle Kane devait se prendre pour quelque princesse, et elle s'était avisée de coller une gifle magistrale (et très sonore) au jeune homme qui lui faisait l'honneur de s'intéresser à elle. Salope, va. Depuis lors, il s'était arrangé pour ne plus lui adresser la parole, et pour la toiser avec mépris à chaque fois qu'il l'avait croisée. Elle n'était rien, après tout, rien d'autre qu'une petite sang-mêlé hypocrite et arrogante. De toute façon, tout ce qui n'était pas sang-pur, tout ce qui n'était pas puriste n'était bon qu'à être massacré et, si c'était de sexe féminin, à être violé d'abord par les vainqueurs. C'était Hugo Bedan qui l'avait dit un jour qu'il recevait d'autres militaires puristes, en croyant que ses fils n'entendaient pas ces douces paroles. Les autres avaient approuvé bruyamment, et Isaac avait alors eu la certitude que le viol faisait partie de leur quotidien. Il n'en avait été aucunement affecté, ni peiné ni choqué. C'était normal. Il y avait ceux qui avaient la puissance pour satisfaire chacun de leurs désirs, y compris les plus violents, et ceux qui n'avaient d'autre choix que de subir. Les femmes se trouvaient majoritairement dans la seconde catégorie, y compris Kane, quoi qu'elle semble en penser.

Le souvenir de la Serdaigle avait assombri l'humeur du cadet Bedan. Il ne parla quasiment pas de tout le petit déjeuner et ne commença à se dérider qu'une fois sur la route de Pré-au-Lard, avec sa petite bande de copains. Jon leur avait confié toute une liste de trucs et de machins à lui ramener, ainsi qu'une bourse d'or ; avant de s'en occuper, cependant, ils firent leur traditionnelle halte aux Trois Balais pour une ou deux Bièraubeurres. Ils n'eurent aucun mal à y trouver des places assises ; plusieurs d'entre eux, dont Isaac lui-même, étaient connus pour jouer facilement des poings, et personne ne songeait à les contrarier. La conversation avec ses amis chassa totalement Kane de l'esprit du jeune Bedan, si bien qu'il se sentait parfaitement détendu lorsqu'ils quittèrent le bar. Ils se dirigèrent vers la boutique de Derviche et Bang pour y faire quelques emplettes pour Jon ; ceci fait, ils s'arrêtèrent un instant devant la boutique pour discuter de la suite du programme, et c'est à ce moment que Llewellyn Mulciber arriva à toute allure. Aucun d'entre eux n'avait de raison de se méfier de lui, ils pensèrent simplement qu'il était pressé, ou contrarié, vu ses mâchoires crispées, ou malade, ou...

Un voile rouge passa devant les yeux d'Isaac qui s'effondra, sonné. Il n'avait rien vu venir mais connaissait trop bien cette sensation pour s'y tromper : il venait de se faire casser la gueule. D'ailleurs, il pissait le sang, il sentait le liquide chaud s'écouler de son nez et maculer le bas de son visage. Avant qu'il ait rien pu faire ou dire, Mulciber le chopa par le colback pour le relever et lui aboyer dessus. C't'à quel sujet ? Ah, Mary Kane. Ce débile prenait la défense de Kane, un peu à retardement, et interdisait à Isaac de la retoucher. Comme s'il en avait eu envie. Il demanda à Bedan s'il avait compris la leçon ou s'il voulait une autre mandale pour bien fixer tout ça, et l'autre, étrangement, ricana. Eh, mec, c'est à Isaac Bedan que tu parles... un gars presque aussi bourrin que toi, tu situes ? Une torgnole dans la gueule ne lui a jamais rien fait comprendre jusqu'à aujourd'hui. Il cessa cependant de se marrer lorsque Mulciber le secoua de plus belle comme un prunier, et se remit à taper comme un sourd. C'est qu'il savait cogner efficacement, ce connard. D'ordinaire, Isaac était plutôt bon à ce petit jeu-là, mais il avait été pris par surprise et avait, de ce fait, une longueur de retard. Il parvint cependant à rendre quelques coups à son adversaire puis – ultime argument en cas de baston désespérée – à serrer ses dents sur sa chair... quelle partie du corps, il l'ignorait, vu que Mulciber était quasiment couché sur lui pour mieux le praliner. Il mordit de toutes ses forces, jusqu'à faire gueuler l'autre – mais en provoquant, par réaction à la douleur, une nouvelle grêle de coups.
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Jill Witcher


MessageSujet: Re: Mercy is for freaks || Llew-Jill-Isaac [Fini] Ven 31 Jan - 19:00

Les mecs et Jill Witcher. Une grande histoire d'amour. Enfin plutot, une grande histoire de coucherie et d'absence de sentiment. Elle jouait son rôle de pétasse, et pour tout dire, ça l'amusait presque qu'ils tombent à ses pieds comme des mouches. Ils adoraient la verte et argent, allez savoir pourquoi. Sans doute parce qu'elle était jolie et qu'elle riait à leurs blagues, alors que pourtant, la plupart du temps elle les trouvait particulièrement stupides et fades et sans aucun intérêt. Jill méprisait tous les gens qui s'arrêtaient à son apparence et se foutaient de savoir ce qu'il y avait derrière. Elle méprisait encore plus les rares personnes qui savaient qui elle était vraiment et qui ne le comprenaient pas, qui jugeaient cela débile. Pourquoi écrire de la poésie ? Pourquoi vivre ? Pour elle, les deux questions se valaient et n'avaient aucun intérêt. Ainsi les garçons qu'elle aimait réellement étaient ceux qui l'avaient vu telle qu'elle était réellement. Jill n'était pas aussi forte qu'elle voulait le faire croire, simplement elle s'arrangeait pour être seule lorsqu'elle flanchait. Enfin, vraiment seule. Car elle s'estimait seule aussi lorsqu'elle était entourée de ses amies et amants, qu'elle collectionnait. Mais seule à avoir un cerveau, alors cela ne comptait pas tout à fait pour la même chose. En réalité, elle était attachée à bien peu de gens. Ses frères et sa sœur, pour tout dire. Elle méprisait pas mal les hommes si on y regardait bien, parce qu'ils étaient complètement bouchés, et peu subtils. Au moins, Wayland, Junior et Garry pouvaient prétendre à avoir autant de cerveau que de couilles, ce qui était un progrès certes mineur mais qui changeait de ceux qui n'avaient pas de cerveau et juste une verge.

De fait, de copain, de mec qu'elle avait aimé, il n'y en avait eu véritablement que peu. Llewelyn Mulciber en était un, c'était le seul à l'avoir vu pleurer, d'ailleurs. Le seul qu'elle avait regretté, même si elle s'en était très bien remise. Jill n'était pas une passéiste. Elle savait être mélancolique, mais la poésie, c'était autre chose que la vie de couple. Ainsi avec Llew, ils avaient simplement conclu que leur caractère étaient trop différents et ils en étaient restés là, fin de l'histoire. C'était tout. Elle savait qu'elle pouvait lui faire confiance sur la poésie, il ne parlerait pas. Llewelyn était un type bizarre, mais elle le voyait comme un type bien. Seulement le jour où en colère, il avait essayé de la gifler, elle était partie. Il était venu s'excuser, elle avait pardonné, mais voilà. Ils ne pouvaient plus rester ensemble. Elle l'aimait bien, elle avait un peu pitié de lui aussi, ça restait un ami, mais elle le savait difficilement supportable car il était profondément instable. On aurait pu la dire instable aussi, mais Jill ne l'était pas réellement. Elle était juste paumée entre ce qu'elle voulait être, ce qu'elle était véritablement, et ce qu'elle laissait penser qu'elle était.

Personne ne voyait ça. Sa famille l'avait vu et essayait de le corriger, elle ne voulait pas le corriger, bref, ça donnait une situation impossible où elle était très malheureuse, mais elle n'en disait rien et gardait la tête haute. J'affronte le malheur avec le sourire / Et je renie et je suis était sans doute ce qu'elle avait écrit qui était le plus proche de sa situation actuelle,  à elle. P ourtant Jill ne parlait que très rarement de sa propre personne dans ce qu'elle écrivait. Elle s'aimait bien mais ne croyait pas réellement en elle et se jugeait, telle qu'elle paraissait être, d'une superficialité à tomber par terre ne méritant même pas qu'on lui consacre deux mots. Pourtant en surface elle paraissait tout ce qu'il y avait de plus sure d'elle. Contraste étrange ? Non, mode de survie. Il fallait qu'elle paraisse être ce qu'on voulait d'elle, c'était la seule façon qu'elle avait de continuer à exister.

Autant dire qu'une ambiance lourde ne l'aidait pas. L'Inquisition Valverde n'était pas propre à la créativité et Jill avait détesté cette période, où en plus de ne jamais être satisfaite de son travail, elle ne pouvait même plus se pavaner dans les couloirs et retrouver les garçons pour qu'ils la sautent, véritable plaisir en plus de correspondre parfaitement à son rôle de pétasse, deux activité principales de la digne salope- reine de Poudlard (concurrencée par Ariana sur le plan de l'influence réelle elle n'en restait pas moins une référence)- fille que tout le monde veut- bonne puriste qu'elle devait être. Elle en aurait fait des crises de rages. Mais elle ne pouvait rien dire, elle restait pieds et poings liés, aussi se contentait-elle de faire ce qu'on lui demandait et s'arrangeait-elle autrement. Du moins pour se faire sauter, pour écrire, ça restait compliqué. Mais Eris Valverde dirigeait à présent l'Intendance. Bien ou Mal ? Elle le pensait trop vieux et trop rigide pour faire évoluer le régime dans une période de nouveauté comme celle ci. Mais Jill savait aussi que les femmes n'étaient pas sensées avoir d'opinion politique. Elle méprisait le machisme, mais en silence. Bonne puriste, bonne fille à marier. Personne ne pouvait en douter. Elle n'aimerait pas son mari, mais elle serait digne. En attendant, à propos de famille, c'était sa grand-mère qui remplaçait le vieux Valverde. Une bonne chose selon Jill, on retrouvait peu à peu une atmosphère normale. Ainsi on pouvait sortir à Pré-au-lard en toute quiétude. Elle ne remercierait jamais assez sa grand-mère, et priait pour qu'elle reste aussi longtemps que possible. La jeune fille se méfiait de Bellatrix Lestrange, aussi fine qu'une femelle magyar à pointe défendant ses œufs. Elle ne la voyait que peu, quand cette dernière apparaissait aux fêtes, et ça lui allait très bien. Jill n'était pas une partisane de la violence. Même si elle paraissait dure, la Serpentard était bien plus sensible qu'elle ne voulait l'admettre.

C'était aussi pour cela qu'elle ne supportait pas les mecs, qui semblaient affectionner la méthode je règle mes soucis avec mes poings plutot qu'avec mon cerveau. Bon certes il fallait admettre qu'au départ les hommes avaient un cerveau et vu les congénères de ses frères, Jill en doutait fortement mais tout de même.  Cela aussi l'excédait. Surtout quand après ils venaient pleurnicher dans ses bras. Elle détestait les pleurnichards. Est-ce qu'elle pleurait, elle ? Non, alors qu'elle aurait pu. Mais jamais elle ne s'autorisait à craquer, sauf quand elle était seule, comme déjà dit. Là, si elle ne pleurait pas, Jill cessait au moins d'être souriante. Elle laissait tomber le masque.

Elle était seule lorsqu'elle croisa Mary Kane à Pré-au-lard. Elle la salua vaguement, n'ayant pas retenu que c'était la fille qui était sensé avoir essayer de piquer Way à Ariana, selon ladite Ariana, foncièrement peu objective, mais Jill ne s'attendait pas à grand chose d'autre de la part de la chef de l'Elite. Cela lui avait fait une bonne occasion de se moquer de Wayland, lui balançant avec un sourire malicieux : « mais combien tu as de copines au juste ? » et elle en était resté là. Elle ne croyait pas que son frère irait se compromettre avec une sang mêlée. Ce n'était en revanche pas le cas de tout le monde. Elle avait croisé Llewelyn juste avant et il ne l'avait même pas salué. Elle ne l'avait pas pris mal, enfin si, un peu, quand même, elle était inoubliable et méritait d'être saluée, connaissant Llew. Non, le plus curieux c'est que Mary semblait suivre Llew.

Jill était foncièrement curieuse. Tout ragot, couple étrange, baston, l'intéressait et servait à alimenter sa réputation de commère acerbe et fourbe. Intriguée, elle se décida donc à suivre la Serdaigle et son ex en se demandant sur quoi elle allait tomber. Elle ne s'attendait pas à ce qu'elle vit. A peine avait-elle eu le temps de rejoindre Mary dans la rue principale que déjà Llewelyn était parti à s'énerver sur...Isaac Bedan ? La première réflexion que se fit Jill fut que ça devait être un des seuls sang pur avec qui elle n'avait pas couché, sans doute parce qu'il avait un an de moins qu'elle, malgré le fait qu'il soit pas mal. Cela dit jamais elle n'avait entendu dire qu'il avait une copine, celui là...bref, à voir. La deuxième fut qu'en revanche, elle connaissait assez intimement son frère, Haytham, pas mal foutu aussi. La troisième, ce fut sur le sujet de discussion. Mary Kane ? Pourquoi il lui reprochait d'avoir fait quoi que ce soit à cette fille ? Elle regarda cette dernière, se souvenant d'un coup de qui elle était, et dans un élan d'instinct féminin, alors que la bagarre commençait, elle remarqua :

« Si tu veux éviter que ton copain se fasse lyncher, faudrait faire quelque chose. »

Ce qu'elle fit elle. Assez bizarrement, la bagarre arrivait à son terme, mais il lui fallut tout de même élever la voix pour se faire entendre :

« Mon Dieu, mais vous êtes...mais vous allez arrêter, oui ! »
Elle attrapa son sac à main et l'asséna de toutes ses forces sur la tête de Llewelyn, plus facilement accessible. Légèrement sonné, il la regarda comme si elle était folle. Mais la voix de Jill était sans appel : « Tu disparais. De suite.  Et toi, Mary, essaye de le calmer, l'Inquisitrice va mal le prendre si ça continue. »

Sans plus se préoccuper d'eux, elle se pencha sur Isaac. Avec pitié, elle constata qu'il avait salement morflé. Ses potes semblaient ne pas savoir quoi faire. Elle les dégagea avec un signe agacé de la main :

« Mais allez vous en aussi, vous êtes totalement inutiles ! »


Elle reporta son attention sur Isaac et l'aida à s'asseoir :

« Doucement, doucement...tiens, attends. » Elle sortit son propre mouchoir et épongea le sang qui coulait de son nez. Le reste, c'était surtout des bleus, il faudrait de la glace. « Je pense pas que ton nez soit cassé, mais ce serait mieux si tu mettais de la glace. Aux Trois Balais ils en auront surement, puis un remontant te fera pas de mal. T'es pas trop sonné pour marcher ? »

Elle était directive, oui, mais là, il fallait que quelqu'un prenne les choses en main. Mais elle était loin d'être méchante ou mal intentionnée, après tout, tandis qu'elle continuait à essuyer le sang avec douceur et sans aucune gêne.
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MessageSujet: Re: Mercy is for freaks || Llew-Jill-Isaac [Fini] Sam 1 Fév - 0:15

Elle n’avait pas mis longtemps à rattraper Llew. Non loin de chez Derviche et Bang, il s’était arrêté faisant face à Isaac Bedan et sans qu’elle puisse faire un geste pour l’arrêter, il avait envoyé son poing dans la figure d’Isaac. Mary s’était rapprochée, sans que les amis d’Isaac sans aperçoivent sans quoi, ils lui auraient probablement demandé de foutre le camp. Ce ne fut que lorsque son prénom fut prononcé qu’on se rendit compte de sa présence et tout les regards se tournèrent vers elle. Elle était abasourdie, c’était le moins qu’on puisse dire. En un sens, la démarche lui faisait plaisir. Elle se sentait flattée de le savoir jaloux. Après tout, c’était ce que c’était de la jalousie. Tout comme elle se sentait affreusement gênée de savoir qu’il étalait désormais leur relation au grand jour, probablement sans même en avoir conscience d’ailleurs. Autour d’elle, il n’y avait que des Serpentards, des garçons de surcroit. Aucuns d’eux ne faisaient partie de ce qu’on aurait appelé la fine fleur de la subtilité et de l’intelligence mais le message de Llew était relativement clair et même le plus idiot d’entre eux comprenaient ce que ça signifiait. Elle se pinça l’arrête du nez affligée. Elle pouvait concevoir la jalousie, voir même la colère, après tout, elle l’avait été au point de frapper Isaac mais tout de même, ce donner en public de la sorte en plein Pré-au-Lard… Ca restait inconcevable pour Mary.

« Sérieusement … »

Impossible de les arrêter même si elle l’avait voulu et elle n’était pas sûre de vouloir s’en mêler. Elle se sentait fâchée sur celui qui était désormais officiellement son petit-ami. Pas parce qu’il se battait. Dans le fond, la violence ne la choquait pas réellement et elle ne se sentait pas désolée pour Isaac sachant que ce n’était pas elle qui donnait les coups. Non, simplement parce qu’ils avaient tout les deux décidés d’un commun accord que leur relation resterait secrète. Les raisons étaient multiples et se justifiaient toutes. Dans leur cas, pour vivre tranquille, vivons caché. Apparemment, Llew et elle n’avait pas la même définition du mot « secret » et ils allaient tout de même falloir qu’elle en parle sérieusement avec lui. En attendant, la bagarre empirait. Isaac ayant reprit ses esprits avaient lui aussi commencé à donner des coups et mordre Llew pour essayer de lui faire mal. Ca en devenait tout simplement ridicule. Il fallait qu’elle intervienne, n’étais-ce que parce que si ça venait aux oreilles de l’Inquisitrice, ils auraient tous des problèmes. Ce fut Jill qui la devança. Elle n’avait même pas remarqué que celle-ci était arrivée sur le terrain où se déroulait le combat de coq. Elle se tourna vers elle surprise, comme prévu, tout le monde avait désormais compris la nature de leur relation. Elle leva les yeux au ciel en marmonnant quelque chose qui ressemblait à un :

« Je ne sais pas, quelques coups supplémentaires pourraient peut-être lui remettre les idées en place… »

Elle ne le pensait pas vraiment mais pour le moment elle était partagée entre diverses émotions conflictuelles. Le plaisir de se voir défendue, la honte de l’être justement, l’énervement, et le reste. Ce ne fut donc pas elle qui arrêta la bagarre mais Jill qui dans un élan de grâce balança son sac violement sur Llew. C’était décalé et un peu caricatural et ça fit rire Mary malgré la gravité de la situation. Elle essaye de masquer son rire et de le faire passer pour une petite toux et reprit un air sérieux. Elle se tourna vers Jill pour la remercier :

« Ne t’inquiète pas, je vais le calmer, merci, je te revaudrais ça. »

Elle n’était pas sûre d’en avoir l’occasion, pas plus qu’elle n’était sûre de pouvoir calmer Llew mais il fallait essayer. Elle lui prit le bras se plaçant devant lui pour l’empêcher de se précipiter de nouveau sur Isaac. Elle était certaine qu’il le ferrait si on lui en laissait l’occasion. Mary était rarement en colère et encore moins souvent autoritaire, ce n’était pas dans sa nature mais exceptionnellement ce jour là, elle le fut.

« Arrête, ça n’en vaut pas la peine. Constatant que ça n'avait pas d'effet elle ajouta:»  «Quoi, tu ne vas pas me frapper quand même ? »

Elle avait reprit les paroles que Way avait prononcé quand il l’avait arrêté alors qu’il voulait la frapper une deuxième fois espérant que ça fonctionnerait. Elle ne se faisait pas d’illusion, avec ses vingt centimètre de plus qu’elle et sa force naturelle, il était tout à fait capable de se dégager de son étreinte pour continuer de « discuter » avec son cousin. Elle lui jeta un œil noir, et sortit de sa poche un mouchoir en tissus qu’elle lui tandis les lèvres pincées avec pour seul commentaire :

« Dis le moi tout de suite si je dois en prévoir plus qu’un par jour. Si ca doit devenir une habitude, il faut que je fasse mes stocks. »

Voyants qu’il ne lui répondait pas tout de suite, elle le prit par la main pour l’attirer dans un endroit plus désert et de préférence moins public. Ce n’était plus la peine de prétendre qu’ils n’étaient pas ensemble. D’ici la fin de la journée la moitié de Poudlard serrait au courant. Une fois à l’écart, elle prit le mouchoir qu’elle lui avait tendu un peu plus tôt et essuya le sang qui coulait. La scène était familière et ça la fit rire. Elle ne pouvait pas rester fâchée contre lui très longtemps. C’était une perte de temps.Elle l'aimait pour ce qu'il était dans le fond, elle ne le changerait pas et ne comptait pas essayer de le faire. On prennait les gens avec leur caractère ou on passait son chemin.Selon elle, ça ne servait à rien d'essayer de moduler quelqu'un à sa convenance. Elle essaya bien de masquer son sourire un peu moqueur mais ne put pas s’empêcher de rire quand même.

« Ne te fâche pas, je ne sais pas pourquoi ça me fait rire, la tension surement. »

Il avait une trace de morsure dans le cou, taquine, elle passa un doigt dessus en se moquant : « C’est marrant, je pensais qu’il n’y avait que moi qui pouvait. »

Elle savait qu’il était prompt à se vexer dans ce genre de situation mais d’un côté c’était de sa faute aussi. Quand avait-elle été lui demander d’aller se battre avec Isaac ? Elle n’était pas certaine que le message était mieux rentré à l’aide des coups, et surtout, quand Ariana l’apprendrait – et elle finirait par l’apprendre – ça serrait encore de sa faute, elle le savait. Elle ne jugea pas utile d’en faire la remarque à Llewelyn. Comme dit plus haut, elle ne savait pas vraiment rester fâchée contre lui, heureusement pour lui d’ailleurs. Elle l’embrassa, actant qu’il était plus ou moins pardonné et déclara avec un certain fatalisme dans la voix :

« Bon eh bien, je suppose qu’on a pas la même définition du mot « secret » »

Même si la vague colère qu’elle avait ressentit était passée, il allait tout de même devoir s’expliquer. Depuis quand est-ce qu’on plante sa copine dans un café peu fréquenter, lui laissant le soin de régler la note – ce qui ne la dérangeait pas vraiment mais c’était pour le principe – pour finir en sang, à rouer son cousin de coup comme un vulgaire né-moldu tout en annonçant au monde la chose qu’ils avaient décidés de garder secret ? Ca faisait beaucoup pour une seule après-midi quand même.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Mercy is for freaks || Llew-Jill-Isaac [Fini] Sam 1 Fév - 20:03

Ici, rien n'était une question d'instabilité ou de caractère. Non. Là il n'y avait que la réaction d'un copain jaloux et qui ne supportait pas qu'on s'en prenne à Mary. Est-ce qu'il devait être possessif alors qu'au fond il ne fréquentait pas la Serdaigle depuis si longtemps que ça ? Llewelyn n'aurait su dire, il n'en avait finalement aucune idée. A vrai dire, il ne réfléchissait pas aussi loin que ça, on pouvait même s'accorder sur le fait qu'il ne réfléchissait pas du tout et qu'il était parti au quart de tour, sans plus se préoccuper de rien. En fait globalement il restait un adolescent de dix-sept d'une jalousie assez maladive. Il avait tendance à être possessif, même si Llew l'aurait farouchement nié , car il était très peu objectif sur lui même. Mais il ne laisserait personne lui prendre les rares personnes qu'il aimait, et même s'il ne savait pas s'il pouvait parler d'amour avec Mary, même s'il n'en avait finalement fichtrement aucune idée, que c'était trop tôt, elle avait une place à part dans son esprit, comme Sara avait eu une place à part et comme Jill avant elle. Une place à part, voilà. C'est tellement con d'avoir oublié à ce point toute émotion et ne plus pouvoir parler que de haine et de colère. Il ne savait même pas parler de tristesse, il n'avait pas conscience d'avoir mal. Personne n'avait appris à Llewelyn qu'il pouvait être triste. Ce genre de sentiments n'avait pas sa place au sein de la famille Mulciber. Ils vivaient en négatif, cela Llew le comprenait avec une lucidité étonnante, et le régime agissait et promouvait exactement la même chose. Jamais ils ne font appel à rien d'autre que la haine et la guerre. Tous, même Valverde, il suffisait de lire correctement ses discours.

Pour en revenir au Serpentard, il était incapable d'avouer qu'il avait mal, d'une parce qu'il ne savait pas comment faire, de deux parce qu'il pensait que tout le monde s'en foutait, de trois parce que si les gens ne s'en foutaient pas, Llewelyn ne voulait qu'on aie pitié de lui (cela aussi il avait du mal à imaginer que ça puisse être un sentiment positif, pour lui c'était une tare, une preuve de faiblesse) et de quatre parce qu'il avait peur d'être ridicule. Tout cela faisait qu'il n'avait par exemple, jamais avoué à Sara qu'il allait mal, et qu'elle l'avait compris toute seule. La seule personne à qui il aurait pu en parler, c'était Mary. Sans doute parce qu'elle aussi souffrait, pas de la même chose, mais qu'elle souffrait quand même. Et qu'ensemble, ils souffraient un peu moins. Voilà aussi pourquoi il ne voulait pas qu'on la touche.

Voilà pourquoi Isaac Bedan – en plus d'être lourd et pas super malin – méritait très largement la rouée de coup qu'il était largement en train de prendre. Llewelyn ne le regrettait absolument pas. C'était juste, c'était mérité, il se foutait des conséquences, mieux, il ne réalisait même pas qu'il y aurait des conséquences. Sur le moment, c'était juste jouissif, en fait. Comme le sexe en plus sanglant, finalement. Il oubliait le reste, et il y avait juste la faute et l'idée que cet petite merde allait largement payer. Le pire, c'est que Llewelyn ne comptait pas réellement continuer à le cogner, c'était plus pour l'honneur qu'autre chose, mais voilà, il y eut ce truc qu'il ne supporta pas. L'autre se contenta de lui rire au nez. Très mauvais choix. Tu te fous de ma gueule ? T'as vu la tienne ? T'as une gueule de patate écrasée et sanglante, alors tu la fermes, t'es qu'un minable, un tocard, vu comment t'aborde les filles tu peux qu'être un puceau, alors te fous pas de moi, ferme là, c'est tout ce que tu mérites ! Et pour chaque insulte qu'il pensait il balançait un coup, si bien qu'il conserva un moment l'avantage jusqu'à ce que Isaac parvienne à répliquer et à lui remettre des coups. Mais comme ce n'était pas suffisant, l'autre se décida à le mordre. Magnifique idée que dans un combat réglementaire personne n'aurait toléré, mais là rien n'était réglementaire, c'était juste du grand n'importe quoi, où il s'agissait juste de cogner. Il aurait mieux valu qu'il ne se batte pas, même sans langue-de-plomb pour le surveiller à Pré-au-lard, mais Llewelyn avait largement oublié cette idée là, et il aurait volontiers continué à l'oublier s'il ne s'était pas pris un grand coup sur le crane. Ca ne venait pas de Bedan, ça, mais d'ailleurs. Si cela devait faire cesser la bagarre, cela eu exactement l'effet escompté car il finit par relever la tête pour voir Jill Witcher, son ex et la sœur de Wayland. Décidément c'est une manie dans cette fratrie...Il n'avait pas entendu son discours, mais elle paraissait remonté, et il avait senti passer le coup de sac. Il se redressa pour voir Mary qui avait l'air aussi atterrée que Jill. Il restait dans un état d'énervement plus que passable et aurait volontiers continué à cogner Isaac Bedan. Regardez le, il a pas eu sa dose, il ressemble encore à quelque chose ! Llew restait foncièrement remonter et concrètement, ex ou pas, il se foutait éperdument de ce que pensait Jill Witcher.

En revanche, ce que pensait Mary comptait plus pour lui, et vu la tête qu'elle tirait, il fallait en conclure que quelque chose n'allait pas. Mais il était encore trop tot pour dire quoi que ce soit, pour répliquer. Non, là, je vais juste finir de te refaire le portrait, sale petit...

Est-ce qu'il comptait frapper Mary ? Non. Certainement pas. La colère ne retomba pas alors qu'elle l'avait déjà pris par le bras. Cependant, elle reflua de manière sensible et le cerveau se remit peu à peu en marche. Déjà parce qu'elle paraissait en colère, et c'était rare de voir Mary en colère. Il se laissa entrainer à sa suite en repensant à ce qui venait de se passer, de l'annonce faite par sa copine au moment où il avait cogné Isaac en passant par le moment où Jill l'avait frappé avec son sac à main. Une minute. De quoi elle se mêle, elle, ex ou pas ? Mary l'entrainait déjà à sa suite, mais il réussit à placer un explicite :

« Jill, connasse, plus jamais tu refais ça ! »


Sinon quoi tu la cogne elle aussi ? Le pire c'est qu'il avait déjà essayé, c'est pour ça, finalement, qu'elle était partie. Il n'avait pas osé, finalement, et s'était arrêté à temps, mais voilà. Il n'en était pas fier, pas plus qu'il n'était fier d'avoir frappé Mary un jour. Ce qu'il y a de pire chez nous n'a aucune raison d'être glorifié. Finalement ils s'arrêterent dans une rue adjacente et peu fréquentée. Il avait eu le temps de commencer à réfléchir et pour le coup il se sentait vaguement honteux. Mais il était persuadé d'avoir bien fait, c'est ce que Isaac méritait – puis s'il n'avait pas essayé de se foutre de lui aussi, tout était de sa faute, voilà. Pas de la mienne. Je cogne personne moi, si on me fait rien, ce sont les gens qui me cherchent...sauf que Mary était encore une fois un exemple de sa mauvaise foi. Il s'en voulait d'un autre coté, pas d'avoir cogné Isaac Bedan, mais bien d'avoir fait en sorte que tout sache qu'il sortait avec Mary, alors qu'ils avaient décidé que ça ne se dirait pas. Tu es idiot ou juste con ? Aussi était-il partagé entre l'idée qu'il avait parfaitement raison et l'idée qu'il avait parfaitement tort. Et s'excuser allait une fois de plus se révéler compliquer...Du sang coulait de son nez – au moins ça faisait un point d'égalité avec Bedan – et il laissa Mary l'essuyer. Il la fusilla un bref instant du regard, puis se contenta d'une moue boudeuse, détournant les yeux, parce qu'il savait parfaitement qu'il était en tort, en grande, très grande partie et il râla :

« C'est pas drôle, franchement... »

N'empêche, mine de rien, ça faisait mal, cette morsure au cou. L'a de bonnes dents, le Bedan, à défaut d'autre chose. Tiens, Ariana allait lui en vouloir à mort...il pensait à ça comme ça, sans plus. Ariana, lui, il pourrait gérer. Pour Mary, ce serait plus compliqué que ça ne l'était déjà alors qu'elle ne le méritait pas et que tout était de sa faute à lui. Llewelyn s'en voulait terriblement, mais l'exprimer était une autre histoire. Il sourit légèrement, se détendant juste un peu, lorsqu'elle posa une main dans son cou.

« Au choix, je préfère que ce soit toi, c'est plus agréable. »

Bon, on n'allait pas faire des tonnes de blagues tendancieuses non plus, mais ça aidait à sourire et celui de Mary était communicatif. Il répondit à son baiser et l'attira à coté de lui :

« Ecoute...je te demande pardon. J'ai été idiot, comme d'habitude, mais l'idée que ce crétin t'aie touché. En plus ce qui est dégueulasse c'est qu'il arrive à faire en sorte que toi tu t'en veuilles alors que tout est de sa faute... 
» Il posa une main sur le genou de Mary : « Je sais ce qu'on avait dit, qu'on gardait ça secret et tout, mais j'ai juste... » Il ne savait pas très bien quoi ajouter, alors il se contenta de dire en baissant la tête : « J'ai l'impression que c'est tellement minable ce que je fais. On dirait que je passe ma vie à te pourrir l'existence, alors que c'est absolument pas ce que je voudrais. Alors t'aurais raison de m'en vouloir, je pense... »

Il pensa soudainement à un détail trivial :

« Pour le café, je te repayerais un tout à l'heure. Ca se fait pas de laisser en plan une demoiselle, il paraît. »

Comme elle ne paraissait pas trop en colère, il ponctua cela d'un baiser. Puis il se dit que tant qu'à faire, puisqu'il n'aurait pas forcément l'occasion après, mieux valait qu'il lui donne maintenant son cadeau. Llewelyn estimait qu'il n'y aurait plus d'occasion vraiment excellentes pour lui remettre, aussi, se contenta-il de ressortir le paquet de son sac – heureusement, il s'était essuyé les mains avant, le papier cadeau plein de sang ce n'était pas forcément très romantique.

« J'ai pas eu le temps de te donner ça. L'autre jour j'ai trouvé une carte dans le livre que je t'ai rendu...alors j'ai décidé de te faire la surprise. J'aurais aimé que ce soit un peu mieux dit, un peu mieux fait, mais t'as du voir que j'avais aucun talent pour l'événementiel tout à l'heure, alors juste...joyeux anniversaire, Mary. »

Il l'embrassa encore une fois et posa la tête sur son épaule pour l'observer déballer le paquet, avant de demander :

« Ca te plait ? J'étais pas sur du modèle, j'y connais rien là dedans... »
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MessageSujet: Re: Mercy is for freaks || Llew-Jill-Isaac [Fini] Dim 2 Fév - 19:52

Ca fait quoi d’être heureuse ? En dépit de la situation, Mary l’était. Ca ne l’empêchait pas d’être un peu fâchée contre Llew pour autant mais ne changeait rien au fait qu’elle l’était. C’était un sentiment très neuf pour elle. Ca ne voulait pas dire qu’elle n’avait jamais été heureuse. Elle l’avait été dans ses jeunes années, à Beauxbâton mais jamais avec intensité. La vie de Mary n’avait jamais été intense à vrai dire. Elle s’était toujours passée avec calme, dignité et un certain ennui quand elle y pensait. Les jours se ressemblaient et rien ne sortait du commun. C’était un calme qu’elle avait toujours cru apprécier et qu’elle pensait encore regretté d’une certaine manière. A Poudlard, la réalité de ce qu’était devenu l’Angleterre et de ce que deviendrait le reste du monde l’avait frappée de plein fouet. Elle n’était personne, simplement une sang-mêlé, fille d’un né-moldu et d’une autre sang-mêlé, le bas de l’échelle alimentaire. Personne ne se soucierait d’elle parce qu’elle n’avait pas d’importance. Elle avait eu du mal à s’y faire. Il avait fallu qu’elle craque un peu sa carapace, égratigne ces principes et sa bonne éducation. On la forçait à sortir de son cocon. Le processus était douloureux, ardus et pas toujours clair ; mais elle commençait à s’y faire.

Plus la situation devenait compliquée, plus elle semblait s’en accommoder. Alors que Poudlard semblait bien décidé à lui pourrir la vie, elle arrivait tout de même à sourire et à rire. Dans le fond, ça ne faisait que démontrer une certaine force de caractère qu’elle n’aurait pas penser avoir. Elle apprenait à plier – et pour le moment- ne cassait pas. Elle encaissait les coups et se relevait essayant d’aller de l’avant. C’était plus facile lorsqu’on avait des gens autour de soit bien entendu. Elle avait au moins Way et Jellyka avec qui elles pouvaient se détendre, bien qu’elle ne le fasse pas de manière trop ostentatoire, et maintenant Llew. Sans le vouloir, elle s’était rapprochée de gens qui eux-mêmes était proche de sa Némésis.  Ca finirait par caller, elle commençait à s’en rendre compte. A trop être proche des sangs-purs et de leur famille, on finissait par se brûler les doigts. L’annonce faite par Llew n’était pas faite pour arranger les choses. Elle allait se retrouver dans les emmerdes jusqu’au cou. Elle le savait mais malgré tout, elle était heureuse. C’était pour une bouffée d’air frais pour la jeune fille de pouvoir se lever le matin sans avoir des pieds de plomb. Ca faisait longtemps qu’elle n’avait pas attendu une journée avec impatience, un peu comme aujourd’hui. Et même si au final, rien ne s’était passé comme prévu, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle était heureuse. Ca ne voulait pas dire qu’elle pouvait l’excuser, ni même le laisser faire le con.

C’était pour ça qu’elle avait fini par essayer de le calmer. Parce qu’elle ne voulait pas plus d’ennuis qu’elle n’en avait déjà. Malgré sa violence à l’égard des autres, elle était persuadée – peut-être à tord – qu’il ne lèverait pas de nouveau la main sur elle. Elle fut contente de voir qu’elle avait raison. Tandis qu’il se laissait entrainer sans émettre de vraie résistance, elle l’entendit insulter Jill. Elle s’était contentée de lever les yeux au ciel sans commenter. Ce n’était pas le moment, il ne semblait pas réellement entendre ce qu’elle lui disait. Quand il fut calmé, tout ce qu’il put faire fut la fusiller du regard tandis qu’elle se moquait de lui. Ca la fit rire un peu plus, il avait l’air fin à bouder comme un gamin.

« Honnêtement si quand même un peu … parce que franchement, t’es pas glorieux là. »

Elle continua à essuyer le sang avec une familiarité dont elle n’aurait jamais osé faire preuve quelques semaines plutôt, et ce sans même rougir une seule fois. Llew ne s’en rendait probablement pas compte mais elle était plus à l’aise en sa présence qu’elle ne l’avait jamais été avec personne. Sa seule gêne venait du fait qu’ils se montraient désormais en public. Elle d’avance anxieuse de ce que serrait le regard des autres et les commentaires qui suivraient inévitablement. Jill n’avait pas eu l’air de trop mal le prendre mais ce n’était qu’une personne sur toutes celles qui peuplaient Poudlard. A ne pas en douter, tout le monde ne serait pas aussi favorable. Mary se demandait d’ailleurs pourquoi est-ce qu’elle s’en était mêlée. La raison importait peu, elle était reconnaissante de l’intervention de la Serpentard. Mary n’aurait probablement pas su les arrêter elle-même.

« Tu sais, tu n’aurais pas du être grossier avec Jill tout à l’heure. Je n’aurais pas su t’arrêter et si tu avais continué tu aurais été dans des emmerdes pas possibles. Je ne suis pas sûre que tu n’en ais pas prochainement d’ailleurs, Bedan doit être plutôt rancunier. »


Et si ce n’était pas lui, ça serrait Ariana. Mary n’avait pas précisé que pour sa part, les ennuis allaient pleuvoir sous peu. Elle était réaliste dans le fond, quoiqu’il arrive, ce serrait de sa faute. Si Isaac avait su garder ses mains là où il fallait, rien de tout ça ne serrait arrivé. Pourtant, elle était certaine que personne ne verrait les choses de cette manière, on se concentrerait plutôt sur le fait qu’à cause d’elle Llewelyn Mulciber avait compromis sa réputation, frapper son cousin ; pour défendre une imbécile de sang-mêlé. Elle savait tout ça mais elle n’en dit pas un mot. Mary n’était pas une martyre, la douleur lui faisait peur, Ariana aussi mais elle affrontait ses problèmes seules. Elle l’avait toujours fais. Qu’est-ce que ça changerait d’en parler à quelqu’un fusse-t-il Llew ? Rien. Il ne pourrait rien faire pour elle à part s’attirer d’autres ennuis. Elle savait qu’il y aurait des représailles, elle ne savait juste pas quand, ni comment et ça l’angoissait.

Le commentaire graveleux de Llew eut pour mérite de la détournée de ses pensées inquiétantes. Elle rougit tout en riant et en repensant avec un certain embarras à sa première fois. Plus elle y pensait, plus elle se demandait ce qui lui avait pris, sans pour autant le regretter un seul instant. Qu’aurait pensé sa grand-mère si elle avait vu sa petite fille se dévergonder ainsi ? Elle aurait probablement été choquée mais sa grand-mère n’était plus là pour lui en faire la remarque et son grand-père, qui avait été transféré à Sainte-Mangouste le mois passé n’était probablement plus là pour longtemps. Alors d’un côté qu’importait les conventions si personne n’étaient plus là pour lui dire de s’y tenir. L’important, c’était que pour une fois, elle se sentait détendue, ça arrivait trop peu souvent pour qu’elle n’en profite pas.

« Ca m’aurait ennuyé que tu préfères les garçons tu sais. »

Pique pour pique, elle disait juste ça pour l’ennuyer. Elle le laissa attirée à ses côtés sans un mot écoutant ses excuses avec un certain étonnement. C’était la première fois depuis qu’elle le connaissait qu’il s’excusait véritablement pour quelque chose. Il fallait admettre qu’ils ne se connaissaient réellement que depuis quelques semaines mais elle avait tout de suite su qu’il n’était pas le type de personne à s’excuser. Qu’il le fasse, ça avait de la valeur aux yeux de la Serdaigle. Elle n’avait pas eu besoin de ça pour lui pardonner mais ça aidait considérablement.
 
« Ce n’est pas grave … enfin. » Elle poussa un soupir songeur et chercha ses mots. « Je ne t’en veux pas d’avoir été violent. Honnêtement, ça m’indiffère en quelque sorte. Le problème, c’est que tu n’as pas réfléchis avant de le frapper. Isaac m’indiffère encore plus que le reste, sincèrement. Je te l’ai simplement dis parce que je ne voulais pas que tu penses que ça venait de moi. Je sais pour que les sangs-purs dans le fond, on est juste celle sur qui vous vous faites la main. Il n’a pas du voir plus loin quand il a essayé de me toucher. » Il avait l’air vraiment désolé et elle s’en voulu un peu. Elle était vraiment trop gentille par moment. « Je t'ai dis que je ne t'en voulais pas, ne fait pas cette tête là. Au final, je suis plutôt heureuse depuis que je suis avec toi, même si ça, ce n’était pas prévu. Par contre, tu sais qu’Ariana va être furieuse. » Elle le regarda sérieusement, son sourire se fit absent tandis qu’elle ajoutait d’une voix hésitante, « Tu vas avoir ton lot d’ennuis aussi désormais, tu es sur que ça en vaut la peine pour toi ? »

Après tout, surtout avec une sang-mêlé, c’est sympa tant que ça ne vous rapporte pas d’ennuis. Maintenant que le grabuge allait arriver, et il était naïf s’ils pensaient qu’ils s’en sortiraient tout les deux sans conséquences de cette histoire. Est-ce que ça en vaudrait toujours le coup.

La suite de la conversation fut moins tendue. Avec une certaine surprise, elle le vit sortir un paquet emballé de son sac. Qu’importait qu’il ne soit pas doué pour la mise en scène, que ça n’ait rien de romantique ou que ça ne soit pas fait dans les formes. La surprise la fit sourire de plaisir, et elle déchira le papier cadeau curieuse de voir ce qu’il avait bien pu lui prendre. Elle découvrit un appareil photo, un des derniers modèles d’excellente qualité, bien supérieur à celui qu’elle possédait pour le moment. Pendant un moment, elle ne sut pas quoi dire. Elle ne s’attendait vraiment pas à ça. Elle l’embrassa pour le remercier et quant elle eut retrouvé la parole examina l’appareil en déclarant :

« C’est parfait. Tu es complètement fou, il a du te coûter une fortune, il est superbe. »

Une partie d’elle se sentait atrocement gênée qu’il ait dépensé autant d’argent pour elle. Elle se rendait bien compte que pour lui, l’argent n’avait pas la même valeur que pour elle. Elle venait d’une famille aisée, n’avait jamais manqué de rien et avait toujours pu faire les excès qu’elle désirait. Llewelyn venait d’une des familles les plus riches d’Angleterre, ce qui semblait fou pour elle ne devait être que sa vision de la normalité. Elle prit une photo à son insu et prit un air innocent quand il la fusilla du regard.

« Il faut bien que je teste s’il marche correctement. », se justifia-t-elle. « Je suis étonnée n’empêche, ça t’arrive d’être subtil. C’est étonnant que tu ais réussi à déchiffrer l’écriture de James. Il est vraiment très mauvais en anglais. » Devant son air étonné, elle précisa : « James c’est mon frère, enfin mon demi-frère je suppose. Et toi, ton anniversaire, c’est quand ? »

Ils avaient rarement, voir jamais, parlé de leurs familles respectives. C’était un peu un tabou. S’ils n’en parlaient pas, ils n’étaient pas obligés de mettre en avant leur différence de sang. Au final, tout ce qu’elle savait sur la famille de Llew, elle le savait au travers des différents journaux. C’est quand même un peu délicat de demander à votre copain : « Ca fais quoi d’avoir un frère hors la loi ? ». Non, la famille était un sujet qu’ils évitaient pour le moment.

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MessageSujet: Re: Mercy is for freaks || Llew-Jill-Isaac [Fini] Mar 4 Fév - 17:53


Dans ce monde ci, on condamnait ce que Llewelyn aurait bien aimé faire. Il n'avait jamais été très heureux seul : c'est aussi pour cela qu'il recherchait des gens qui se sentaient moins torturés que lui, plus simples. Il pouvait dire que Mary réfléchissait trop, mais la vérité, c'est qu'il réfléchissait au moins autant qu'elle, mais pas de la même manière. Ce qu'il ne savait pas il le gardait pour lui et le doute le dévorait. Il se sentait le premier venu d'avoir mal, et pour lui ça n'intéressait personne, en plus de susciter au mieux de la pitié. Je ne veux pas de ça, je ne veux pas d'un sentiment en négatif, je veux quelque chose de mieux. La haine et la colère. Il se demandait comment il pouvait en être à ce point rempli. Mais Llew ne possédait pas de réponses. Alors il avait cherché. Il lui avait semblé, assez étrangement, que s'il fréquentait des gens heureux, meilleurs que lui, qui n'avaient pas à se poser de questions, qui allaient bien en somme, alors lui même serait un peu plus heureux. Il avait sincèrement cru en cela. Il pensait la vie inutile, il se pensait inutile, vu qu'il était banal comme tout le monde, le premier venu, avec ses maux et ses peines, et la violence en lui comme seul moyen de réussir à les exprimer. L'un des aspects les plus étranges de la vie est qu'elle continue à tracer sa route, sans se soucier de ce qui peut vous arriver, sans se soucier que votre monde à vous – votre petite sphère taillée dans la grande – subisse des transformations, des déformations, voire qu'il soit en train d'exploser. Et malgré tout, le soleil continue à se lever, les nuages à s'amonceler et à passer dans le ciel, les gens à faire leurs courses, les chasses d'eau à se vider et se remplir, et les stores à monter et descendre. Ainsi, vous comprenez, que pour l'essentiel, la vie, la mécanique implacable de l'existence, ne vous concerne pas. Elle ne vous concerne pas une seule seconde. Elle poursuivra sur sa lancée, bien après que vous aurez sauté dans le vide. Bien après que vous soyez mort. Un jour ou l'autre, s'était-il dit, il ferait le grand saut, il oublierait ce passé, et on l'oublierait aussi, mais il serait en paix, car indubitablement, les morts étaient en paix. Jamais Llewelyn n'avait parlé à quiconque de ces idées là. Il n'en avait pas envie. A vrai dire il avait un peu honte. D'une part parce qu'il savait que c'était fuir, et lâche, et que rien n'en valait la peine. De deux parce que ça ne regardait personne. Et puis...il n'avait pas réussi. C'était tout de même stupide. Trop courageux pour partir et trop lâche pour rester.

C'était d'un minable...comme le reste. Comme ce qu'il était. Sa raison d'être était la peur : la peur de la douleur, de la souffrance, la peur, la peur, la peur ... qui lui faisait mener une existence de bête aveuglée, se heurtant aux parois de couloirs sinueux et toujours plus étroits, une existence terrifiée, maussade, imbécile et violente.  Tout ça à cause du passé. Il le poursuivait irrémidiablement et il n'arrivait pas à s'en défaire. Alors il restait, loque humaine tenant à peine debout. C'est mieux que Sara soit partie. On n'a pas le droit de rendre les gens malheureux comme ça, ce n'est pas juste. Mais s'il y regardait bien, il se détachait peut-être un peu du passé. Pour la première fois, il n'avait pas peur. Pas trop. Si, il y avait bien l’appréhension de l'inconnu mais sinon ça allait. Il avait le sentiment étrange que Mary lui apportait quelque chose et que c'était réciproque. Parfois j'ai l'impression qu'en se contentant de regarder les choses, en s'asseyant et en laissant le monde exister sous ses yeux... parfois, oui, je le jure, j'ai l'impression que le temps se fige et que le monde suspend sa course. Rien qu'une seconde. Et que si on réussissait à se saisir de cette seconde là, alors on vivrait éternellement. Il n'y arrivait pas, mais cette relation était un début. Peut-être qu'il pouvait, peu à peu oublier le passé, et faire la paix avec lui même. Il ne savait pas parlé de futur, et il ne rêvait pas du passé, juste du présent, car il ne savait pas ce qui arriverait.

Ou plutot si, un peu trop bien. Il ne regrettait pas ce qu'il venait de faire à Isaac, car dans le fond c'était purement mérité. C'est un connard et ça lui fera les pieds, au moins il ne recommencera pas. Ce qu'il regrettait, et c'était ce que Mary lui reprochait, c'est de ne pas avoir réfléchi. Il y avait d'autres moyens, sans doute. Lequel ? Celui de se planquer et disparaître ? Il savait que c'était plus raisonnable, même lui ne pouvait le nier. Mais le truc, c'est que son esprit entier avait du mal à s'accommoder de cela. On m'a elevé dans une sorte d'honnêteté pénible ou je suis sensé tout avouer.
Paradoxe étrange, cela lui venait donc des Mulciber. Puis il n'avait pas envie de masquer qu'il était heureux. Voilà en bon inconscient ce qui avait pris le dessus chez lui, sans doute, pour qu'il n'aie pas réfléchi à ce point. S'il avait convenu de ne rien dire, au départ, c'était sans doute un peu parce qu'il ne savait pas où il allait. Une partie de son cerveau s'était révolté contre ce qu'il faisait, le traitant de mauvais puriste. Mais cette partie là, il l'avait finalement violemment raisonné. Tu seras un mauvais puriste quoique tu fasses, alors fais avec. S'il s'était tu, c'était uniquement pour Mary, et c'est uniquement pour cela qu'il s'en voulait également. Pour le reste, ce n'était pas très important. Enfin pour Jill, ce n'était pas important, même s'il fallait – enfin ça restait à voir, le coup de sac il ne digérait pas – qu'il la remercie. Pour Bedan...

« Oh, Jill s'en remettra, si tu savais le nombre d'insultes que je me suis pris de sa part... »

Ce qui ne les empêchaient pas de rester bons amis, malgré le fait qu'elle l'aie copieusement engueuler lorsqu'elle l'avait plaqué. C'est vraiment chelou, c'est toujours moi qui me retrouve dans cette situation là. Cette fois là, ça n'arriverait peut-être pas...il voulait que ça dure. Les autres fois aussi, mais ce n'était pas la même chose. Jamais il n'était sorti du cadre. Vis puriste, mange puriste, maries toi puriste, meurs puriste. Quand est-ce que je dis je ? Voilà. Il avait dit je.  Et il ne reviendrait pas en arrière, il n'en était plus capable de toute façon. Bien sur que ce serait dur, mais il ne pouvait pas partir. Il lui sourit et prit sa main :

« Arrête de croire que tu vas causer ma perte, Mary Je ne sais pas pourquoi ça arrive comme ça, mais t'es sans doute la meilleure chose qui me soit arrivée. Alors oui, ça en vaut la peine, et non je ne te laisserais pas. Quant aux ennuis...ça va être rude, je sais. Mais les supporter à deux, c'est plus facile que seul dans son coin. »

Est-ce qu'il pouvait savoir qu'il ne pouvait pas les arrêter ? Non. Llewelyn n'avait jamais envisagé qu'il puisse perdre contre qui que ce soit. Puis il ne voulait pas y penser. Non, là, il avait deux ou trois idées pour la suite de l'après midi. Mais il était content d'être avec elle, et content que son cadeau lui plaise. Ca faisait très longtemps qu'il ne fêtait plus son propre anniversaire, ni celui de Hugh. Ses propres parents n'étaient pas doués pour ça. Puis sa mère était dingue, elle était à peine capable de s'occuper d'elle même, alors...Il sourit, amusé :

« T'occupes, ça fait une éternité que j'ai pas offert de cadeau à quelqu'un, je peux faire une exception. »

Il la fusilla du regard alors qu'elle prenait la photo ; le cliché ne serait pas forcément bon, mais tant pis. Il n'aimait pas trop la photo, lui. Mais si ça faisait plaisir à Mary....il s'amusa un peu et demanda :

« C'est que tes parents sont divorcés ? »

Cas rare chez les sang purs. John et Mike Witcher faisaient exception dans ce terrain là.

« Le 29 Novembre. Enfin quand je le fête. Mon père est pas de ce genre là et ma mère se souvient à peine de qui je suis. Elle me prend pour mon Benji...enfin pour Limonkov, du temps où il était mangemort. L'est un peu bizarre, ma mère, faut avouer... »

Ca lui faisait mal de parler de ça. Et il n'avait pas envie de parler de ça maintenant. Il sourit à nouveau et l'embrassa avant de dire :

« Enfin, c'est ton anniversaire et pas le mien. Je dois pouvoir te payer mieux qu'un café...tu viens ? On va fêter ça un peu mieux. »

Au bout de la rue, il y avait un hotel qui faisait aussi restaurant et salon de thé. C'est là qu'ils se dirigèrent. Il laissa Mary s'installer et commanda au barman une bouteille de champagne avant de s'installer à coté d'elle. On leur amena les verres et la bouteille. Il sourit :

« C'est un peu plus dans les formes, au moins. »
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MessageSujet: Re: Mercy is for freaks || Llew-Jill-Isaac [Fini] Mer 5 Fév - 1:31

Quand on a seize ans, on prend tout de manière dramatique. Un simple échec en Botanique peut devenir une affaire d’état. La fin d’une relation amoureuse semble marquer la fin de votre vie. Les amitiés semblent éternelles et les offenses perpétuelles. A cet âge, tout est sérieux. On vit avec intensité parce que tout est neuf, tout nous émerveille. Avec le temps, les sentiments s’usent, les émotions aussi. On devient plus blasé. La plupart des adolescents, se lassent vite. Dans une certaine frénésie, ils cherchent à découvrir le maximum de sensations et d’émotions possibles. Tout doit toujours allé plus vite et plus fort. On cherche à s’enivrer sans prendre le temps de profiter des plaisirs qui s’offrent à nous parce qu’on a peur qu’ils disparaissent. Si bien qu’au bout d’un moment, après avoir tout testé, tout semble fade et plus rien n’a d’intérêt. Mary n’était pas une adolescente comme les autres. Elle ne faisait pas d’excès. Elle ne se rappelait pas en avoir déjà fais d’ailleurs. Si elle n’avait pas été une sang-mêlé, elle aurait probablement été l’enfant parfaite que tous parents rêvaient d’avoir. Elle était calme, distinguée, curieuse, avait un esprit aiguisé malgré sa timidité. Elle n’avait jamais bu au point d’être bourrée, n’était jamais sortie à outrance, n’avait jamais découché et, jusqu’à il y a peu, ne s’était jamais retrouvée impliquée au sein d’une bagarre.

Pour la jeune fille, ce genre d’évènement n’avait pas encore perdu de sa saveur. C’était la première fois qu’elle vivait ce genre d’altercation. Elle ne l’aurait pas avoué mais se savoir au centre de l’histoire provoquait une certaine montée d’excitation et d’adrénaline. Elle se sentait pleine d’énergie, peut-être même d’audace pour une fois. Il lui fallait un certain courage pour admettre qu’ils pouvaient désormais se montrer au grand jour. Lui, ça n’avait pas l’air de le perturber. D’une certaine manière, il était plus confiant qu’elle en l’avenir, plus utopique dans sa manière de voir les choses. Causer sa perte ? Elle n’y avait même pas songé. Ce n’était pas ce qu’elle voulait et elle ne s’en pensait pas capable. Elle estimait que chacun, lui comme elle, était responsable de ses propres actes. Non, elle ne pouvait pas causer sa perte, il la causerait probablement lui-même à travers elle. D’une manière extrêmement lucide, c’était ce qui l’inquiétait. Mais il ne semblait pas avoir compris ce qu’elle voulait dire et elle n’était pas d’humeur à revenir là-dessus. Pas quand ils avaient l’occasion de passer du temps ensemble et qu’il semblait de si bonne humeur. Son air boudeur avait définitivement disparus, à croire qu’il suffisait qu’elle s’inquiète pour qu’il pense à autre chose. Merlin savait qu’elle était quelqu’un de souvent inquiet, ne pensant que trop aux conséquences. Conséquences qu’il semblait croire pouvoir affronter sans trop de problème. Son optimisme était contagieux en quelque sorte. L’ironie dans tout ça, c’est qu’il ne se rendait probablement pas compte qu’il l’était plus qu’elle en ce moment. Elle n’y croyait pas réellement mais elle voulait essayer de le faire, sa main dans la sienne, elle lui sourit en retour, acquiesçant à ses propos :

« Tu as raison je suppose. Je devrais arrêter de m’inquiéter autant pour des choses sur lesquelles je n’ai pas de prise. »

La discussion s’arrêta là. Il y avait d’autres sujets, bien plus intéressant, comme son cadeau d’anniversaire. Un vrai petit bijou de technologie qu’elle n’aurait jamais rêvé posséder. Ce n’était pas une question d’argent, son grand-père lui avait souvent passé les rares caprices qu’elle avait fais. C’était simplement qu’elle n’aurait pas songé racheté un nouveau tant que l’ancien fonctionnait. Elle était le genre de personne qui se contentait très bien de ce qu’ils avaient sans chercher plus loin. L’appareil lui faisait donc d’autant plus plaisir. Outre le fait qu’il correspondait parfaitement à ses goûts, il était une réellement surprise, et d’après la photo qu’elle venait de prendre de Llew, de très bonne qualité.

« Je n’ai pas l’intention de la mettre dans un cadre sur ma table de nuit et de me pâmer chaque soir devant ta moue boudeuse si ca peut te rassurer. »

C’était sa première relation. Elle ne savait pas exactement comment ca marchait, ne connaissait pas les codes ; mais elle savait au moins une chose : elle refusait de tomber dans le romantisme dégoulinant et horripilant dont faisaient preuve certaines de ses camarades de chambrée. Il y avait quelques choses d’indécents et de franchement dérangeant pour ceux qui devaient subir le récit de ses relations pleine de guimauves. Ca ne serrait pas son cas. Hors de question de commencer à prendre des photos à deux dans des poses ridicules ou encore de passer son temps coller l’un sur l’autre à s’embrasser en public. Heureusement, ils n’en auraient pas l’opportunité, même s’il l’avait voulu. Poudlard allait être tellement choqué par la nouvelle - ils allaient probablement avoir leur place dans le top dix des ragots les plus croustillants de Poudlard – qu’il allait tout de même falloir calmer le jeu pour ne pas provoquer les plus sensibles. Enfin, ça, c’était son avis. Elle ne savait pas si Llew serrait du même, il avait tendance à être imprévisible. Ce qui c’était passé aujourd’hui en était la preuve vivante.

La conversation dériva sur la famille. Elle tiqua un peu sur sa question. Elle n’aimait pas parler de sa famille mais d’un côté, elle en savait beaucoup sur la sienne et il ne savait rien d’elle. Elle détourna le regard, examinant distraitement les passants devant elle avant de répondre :

« Pas divorcer, non. Ma mère n’était pas mariée quand elle nous a eu Eleonore et moi, on est jumelle. » Expliqua-t-elle. Peu de gens savaient ou se rappelaient que Mary avait une sœur. « La première fois que j’ai vu mon géniteur, c’était il y a quelques mois en compagnie du directeur de l’Ordre Nouveau pour ma commission de sécurité. » Elle hésita un moment, poussa un long soupir et retira sa main avant de prononcé à voix basse la phrase qu’elle aurait voulu le moins dire. Il finirait bien par le savoir, tout finissait par se savoir ici. «C’est un sang de bourbe. C’est pour ça que j’ai droit à un animal de compagnie moi aussi, par mesure de prévention. Il ne devait rester qu’un mois sur mes talons mais depuis qu’on s’est engueulé, comme toi j’y ai droit jusqu’à la fin de l’année. Quoiqu’il en soit, elle a fini par se marier en France à un sang-mêlé et j’ai un petit frère.»

A chacun ces problèmes de famille, ceux de Llew n’étaient pas mieux que les siens. Pourtant du point de vue de Mary, mieux valait avoir un frère traite qu’un père né-moldu, la honte était moindre. Dans ce genre de cas pourtant, on ne peut pas comparer pour elle. Parler de sa famille était aussi difficile pour lui que ça l’était pour elle. En ça, ils se rejoignaient, tout les deux auraient probablement voulu oublier le poids familial un moment. Pour ça, Mary avait choisit l’exil mais on ne peut pas échapper à sa famille, elle vous rattrape toujours. Parler des anniversaires était un sujet nettement moins sensible, elle pouvait embrayer dessus en étant presque sûre de ne pas dire quelque chose qu’il ne fallait pas. Elle commenta en se laissant entrainer vers l’hôtel :

« Tu n’es pas réellement plus âgé que moi en fait, on m’aurait donc trompé sur la marchandise, je suis déçue. Ce n’est pas tant pour ton pelage que j’ai choisis de rester avec toi mais pour ton âge aussi. On dit souvent en France que plus le vin est vieux meilleur il est. »

Bien entendu on aurait pu argumenter sur le fait que Mary, dans cette histoire, n’avait pas choisit grand-chose. Si Llew n’avait pas été aussi entreprenant, il ne serrait probablement rien arrivé mais ce n’était pas nécessaire de le rappeler, surtout quand elle le taquinait.

« On pourra peut-être le fêter ensemble, je tâcherais de penser à quelque chose si tu ne t’es pas lassé de moi d’ici là. »

Elle disait ça sans le penser. Pour des adolescents comme eux, ça faisait presque un an et un an est une longue période. Entre temps, ils avaient la possibilité de rompre un nombre incalculable de fois. Sans compte que l’an prochain, il ne serrait plus à Poudlard mais dans la vie active. Quant à elle, sa mère insistait pour qu’elle retourne en France, de ça, elle ne lui en avait pas parlé. Une partie d’elle ne voyait pas cette relation survivre à son départ de Poudlard. Une fois dans la vie active, on lui demanderait d’arrêter ses bêtises et de devenir un bon puriste en fréquentant des gens de sa classe sociale. L’autre partie d’elle, trouvait ridicule de penser au futur dans le cadre d’une relation qui venait de débuter. Il valait mieux se concentrer et profiter du présent plutôt que de penser au futur inaccessible, c’était ridicule.

Au final, l’hôtel était peu fréquenter par les élèves. Ce n’était pas leur genre. La plupart se retrouvait au Trois Balais ou chez Pieddodu, tandis que les autres faisaient leurs courses dans les différents magasins de la ville. Une fois le champagne arrivé, elle trinqua avec lui sans pouvoir s’empêcher de commenter :

« J’aurais plutôt dis dans la démesure mais je ne vais pas me plaindre et je vais donc honteusement en profiter. »

Ils commencèrent donc à boire en discutant de tout et rien, évitant les sujets sensibles. Elle aimait bien se moquer de lui, et de manière surprenante, ça le faisait rire. Ca ne l’empêchait pas de bouder pour la forme mais c’était une bonne excuse pour l’embrasser pour se faire pardonner. Deux adolescents se tournant autour profitant d’un moment d’intimité qu’ils ne possédaient pas souvent. L’alcool aidant, elle sortait doucement de sa réserve, oubliant sa timidité coutumière. Elle ne buvait pas souvent, sa tolérance à l’alcool était donc limitée. Elle n’était pas ivre, simplement joyeuse, ce qui chez elle, se manifestait par l’apparition d’un comportement qu’on aurait appelé « normal » chez n’importe quel adolescente. Alors qu’ils s’embrassaient, elle se faisait plus entreprenante et une pensée lui traversa l’esprit qu’elle énonçât tout haut, sans s’en rendre compte.

« C’est quand même bien dommage que le dortoir des Serpentards soit si loin. »

Et le pire dans tout ça, c’est qu’elle n’avait même pas rougis en y pensant.


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Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 10PV
Llewelyn Mulciber


MessageSujet: Re: Mercy is for freaks || Llew-Jill-Isaac [Fini] Jeu 6 Fév - 15:50

Longtemps, Llewelyn Mulciber avait pensé que le courage consistait à mettre son poing dans la gueule de ceux qui lui faisaient du mal, blessaient ses proches, terrorisaient ses amis, ses voisins, sa famille. Il n’existait pas meilleure preuve de bravoure, d’honnêteté ; il méprisait les hommes placides, les adolescents tranquilles et les mères résignées. Leur lâcheté le dégoûtait. Sa logique lui venait de sa famille et il n'en dérogeait pas. La violence était son moyen d'expression, le seul qu'on lui avait appris à maitriser. Combattre. Il fallait qu'il survive. Jeté dans une arène et une vie d'une extrème violence où les sentiments n'avaient pas leur place, Llewelyn Mulciber avait vite compris que la seule manière de résister était de se fondre dans la masse et d'exister ainsi. Il n'aimait pas ça, il aurait voulu être autre chose et il restait persuadé que c'était possible. Mais non. Et ça restait encore plus violent, car comme il ne pouvait pas s'échapper, il devenait encore pire. Il criait contre tout et n’importe quoi, attrapait les objets autour de lui pour les jeter contre les murs. La colère était une arme qui faisait peur. Parce qu'il avait peur lui même il faisait peur à d'autres gens. Lorsqu'il n'était pas en colère, cela devenait pire. Il faisait preuve d'une lucidité étonnante sur le reste du monde et sur ceux qu'il fréquentait. Rationnalisé, dématérialisé, logique. Soyez logiques, ne pensez à rien, surtout pas à vous, faites ce que vous devez faire. On avait appris à Llewelyn que le purisme était la résultante du combat de sa famille et que parce qu'il était un Mulciber il était au dessus des lois, mais dans le même temps on lui interdisait tout ce qu'on pouvait. Rien n'est logique dans ce qu'ils demandent pourtant il faut l'être. Connaitre, apprendre, comprendre, plier, obéir. Maintenant, je comprends, songea-t-il. Ma vie durant, je me suis accroché à l’idéal de la connaissance mais je me trompais. Nous nous trompions nous. Ce n’est pas de connaissance que nous avons besoin, pas du tout. Les individus n'ont besoin d’apprendre, les sang mêlés n'ont pas besoin de savoir où est leur place, ni nous la notre. On a besoin d’autre chose, de la vibration de la lumière sur la mer, de l’instinct qui pousse à nous nicher les uns contre les autres, pour nous tenir au chaud. Nous avons besoin d’empathie, nous avons besoin d’yeux qui sachent pleurer. Passé un certain point, la connaissance ne sert à rien, songea-t-il. Pourtant ils continuent à la glorifier. Ceux qui aiment se planquent. Il avait du chagrin, mais pas de ces chagrins minéral, égal, compact, gris, immuable, le chagrin que devait décrire l'Intendant lorsqu'il faisait ses discours et qu'il parlait de la peine qu'il éprouvait face aux gens tués par la Vague.

Ce chagrin là était celui de commencer à voir que le monde qu'il défendait était passéiste et fermé. Il commençait à voir qu'il était dans l'erreur, et pourtant il luttait pour croire le contraire. Llewelyn n'arriverait sans doute jamais plus à voir tout cela d'un autre œil que celui du scepticisme. Le pire c'est que c'était lui qui passait pour le traitre, alors qu'il était sans doute le moins aveugle, le premier à avoir vu. Tant de gâchis. Car comment nommer sa vie autrement que du gâchis ? Lutte contre un frère qui servait un régime tout en voulant lui ressembler, puis haine du même frère qui avait changé de camps et qui finalement se révelait avoir raison...futilité. Et pendant ce temps là il devait répondre à des tas de conventions et de code. De plus en plus, il réalisait qu'il n'avait plus envie d'y répondre, que la plupart étaient idiots. Le purisme est logique et simple, c'est ce qu'on nous a vendu, c'est simple. Mais il n'est pas naturel d'être haineux et en colère, de détester tout le monde. Bien sur c'était le cas, sans raison autre que son malheur. Mais aussi parce qu'il commençait à voir que les gens qui rentraient dans ce cycle n'en ressortaient pas. Peut-être était-ce uniquement une stupidité, peut-être qu'il était seulement un adolescent rebelle, mais Llewelyn ne croyait pas à ça, d'ailleurs ça ne lui serait jamais venu à l'idée. Il savait que tout le monde sombrait dans la folie, qu'il ne pouvait pas l'empêcher, qu'il était trop tard, que le seul moyen de lutter était de partir, de trahir. Car c'est de ça dont il est question, de trahison. Mot qui sonnait désagréablement à ses oreilles. Une part de lui, formatée, savait bien que c'en était, mais la majeure partie de sa propre conscience arguait qu'il s'agissait plutôt d'une manière d'améliorer les choses. Il faut qu'on bouge, on ne peut pas rester comme ça à vie.

Il était parfois névrosé apeuré et faible, une créature sans défense en proie à de fulgurantes crises d'angoisse. Autrement dit : peur de mourir, ce qui, au bout du compte, n'est probablement pas autre chose que la peur de vivre. Il n'avait jamais réussi à affronter cela : trop de problèmes se cumulaient sans qu'il aie de solution. Personne n'en a. Je suis perdu, fini, voilà tout, n'essayez pas de m'aider, c'est inutile. Sans doute était-ce pour cela qu'il n'en avait pas parlé à Sara. Elle ne pouvait pas l'aider, c'était impossible : Mary non plus, cela dit, mais elle comprenait mieux. Il n'est pas si facile de parler de problème qui sont hors système à quelqu'un qui est en plein dedans. Même s'il s'en voulait pour Sara, car finalement, il n'avait pas eu une attitude très correcte, parce qu'elle ne lui avait rien fait, et qu'elle avait tenté de l'aider, il était de toute façon trop tard. Lâcher prise. Il y a des choses que tu ne peux pas contrôler.

Il ne parlait pas au passé, ni au futur, car dans les deux cas il ne possédait aucune visibilité. Il parlait juste au présent, pour le moment qu'il vivait, parce que malgré ce qu'il s'était passé c'était un bel après-midi et qu'il était content d'être là. Il n'avait pas envie de penser, juste de continuer ainsi. Il n'avait pas voulu gêner Mary en parlant de sa famille : de manière assez étrange, il pensait que quand on était sang mêlé on devait avoir une vie plus simple que la sienne, qu'il résumait comme compliquée. Mais là Llewelyn tombait un peu de haut. Il passa ses bras autour de ses épaules pour la rassurer un peu :

« Allez, va. C'est ton père, pas toi. »


Chose qu'il était incapable de se dire avec son frère, mais il l'aurait nié si quiconque avait fait la remarque. Dans le fond pourtant, c'était vrai. Même si un type comme Witcher n'avait pas l'air de le penser. Mais Mike Witcher était un type étrange, après tout...Il n'aimait pas voir Mary comme ça. A la limite, Llewelyn préférait même qu'elle se moque de lui comme elle le faisait d'habitude. Mais la conversation reprenait déjà un tour plus normal. D'habitude, il détestait qu'on se moque de lui, mais il lui passait pas mal de choses : oh bien sur, le serpentard ne pouvait s'empêcher de faire un peu la gueule, question d'orgueil oblige, mais dans le fond il tolérait. C'était dit avec tant de naturel qu'il ne pouvait pas en vouloir à la Serdaigle. Il sourit, franchement amusé de ce qu'elle disait et alluma une autre cigarette :

« Tu aurais préféré un vieillard dans le genre de Gamp, alors ? »

Bon ce n'était pas gentil pour le prof de métamorphose, qui devait avoir cinquante ans grand maximum, mais il faisait tout de même vieux par rapport à lui. Il ne jugea pas utile de répondre autrement que par un hochement de tête à la proposition de Mary pour son anniversaire. Comme déjà dit, Llewelyn se méfiait de l'avenir.

Il fallait bien l'avouer, le bar de l'hôtel n'était pas le plus fréquenté par les élèves de Poudlard, mais au moins cela leur permettait d'être tranquilles. Cela faisait du bien de ne pas penser, tout simplement, de ne pas se cacher, il détestait ça. Puis là, pas de bruits, de ragots, de commentaires, car nul doute que tous les élèves de Pré-au-lard étaient déjà au courant qu'il avait tabassé Isaac Bedan, qui bien sur devait s'être donné le plus beau rôle, celui de la victime victimisée, si tant est qu'il soit à l'heure actuelle en l'état de parler.

Quant à Llewelyn, personne n'aurait pu croire qu'il allait mal à ce moment là. Il tenait, lui, plutot bien l'alcool, et il en fallait beaucoup pour que le champagne fasse de l'effet sur lui. L'alcool ne le rendait pas plus violent, plus agressif, ou joyeux, mais réellement triste – une loque qui ne servait à rien, si bien que lui ne poussait pas trop, riant et plaisantant plus qu'il ne buvait réellement. Dire qu'il avait dans l'idée de saouler Mary pour aller plus loin aurait été inexact. Ce n'était pas le genre du Serpentard. Il avait l'idée en tête, avec ou sans champagne. Mais il n'aurait pas cru que ça aurait cet effet là sur la Serdaigle et il sourit, franchement amusé cette fois :

« Tu n'es pas sensée être timide, toi ? » Il l'embrassa de nouveau : «  Je vais arranger ça, je reviens. »

Il s'éloigna voir le réceptionniste un instant. Après quelques tractations, Llewelyn finit par obtenir ce qu'il voulait : la clé d'une chambre. Force de persuasion, bonjour, même utilisé à des fins « douteuses », le nom de Mulciber servait bien. Il revint vers Mary toujours souriant, et lui donna les clés :

« Arrangé, comme je disais. »

Il l'entraina vers ladite chambre d'hotel. Il n'arrivait pas à déterminer si ce genre de chose était romantique ou pas. Il se contenta de fermer la porte, et après d'oublier, car en la déshabillant et en la prenant, tout ce qui comptait, c'est que l'envie était là.
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Mercy is for freaks || Llew-Jill-Isaac [Fini]

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