POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Comme un ballet de marionnettes [Mary]

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MessageSujet: Comme un ballet de marionnettes [Mary] Lun 3 Fév - 15:59

… et il a été remplacé par Eleonore Platt. Mais – peut-être es-tu déjà au courant – certaines rumeurs affirment qu'elle-même devrait quitter le poste d'Inquisitrice sous peu, et que Bellatrix Lestrange sera nommée à sa place à la tête de Poudlard. Je ne sais pas si ces bruits sont fondés et j'ignore totalement le degré de vérité qu'ils possèdent. Après tout, qui vivra verra, n'est-ce pas ? Enfin, tout cela pour te dire que je vais bien, que les cours m'intéressent, qu'Oliver a l'air de s'être légèrement assagi et que tout se passe normalement. Le temps est en train de se réchauffer et il est devenu beaucoup plus agréable de voler et de s'entraîner. D'ailleurs, le match de Quidditch entre Serdaigle et Poufsouffle aura bientôt lieu, je te tiendrai au courant. Embrasse bien Douglas et Leah de ma part.

Ta nièce qui t'aime,

Sam


La Gryffondor roula sa lettre sans la relire et allait ranger le parchemin dans l'un des tiroirs de sa table de chevet quand elle suspendit son geste. Elle avait terminé ses devoirs un peu plus tôt dans la journée et n'avait rien prévu pour combler la fin de son après-midi. Elle avait donc largement le temps d'aller porter son courrier à la volière. La jeune fille se leva, au grand mécontentement de sa chatte qui s'était roulée en boule sur ses genoux. Cette dernière sauta au sol dans un feulement dépité et sa propriétaire esquissa un sourire tandis qu'elle se frottait contre ses mollets en ronronnant.

« Je suis désolée, Loo'. Je vais à la volière et je reviens. Je n'en ai pas pour longtemps. »

Looka lui coula un regard interrogateur puis s'assit à quelques pas d'elle pour commencer sa toilette. Samantha haussa un sourcil.

« En d'autres termes, tu t'en fous. »

Comme l'animal ne réagissait pas, la jeune femme glissa le rouleau de parchemin dans la poche de son uniforme, tournant les talons afin de quitter le dortoir en silence. La salle commune était loin d'être déserte lorsqu'elle y pénétra, mais elle ne ralentit pas sa marche. Si elle crut apercevoir la chevelure ébouriffée de son petit frère, celle-ci disparut pratiquement aussitôt derrière un meuble et elle continua sa route sans s'arrêter, se frayant difficilement un chemin parmi la foule des Gryffondors. Ni Lizzy ni Nickie ne s'y trouvaient, la première étant en train de travailler à la bibliothèque et la seconde ayant écopé d'une retenue pour cause de bavardage durant elle ne savait plus quel cours.

Le trajet jusqu'à la volière se déroula sans heurt et, quand Samantha pénétra dans la pièce, assaillie par l'odeur des déjections et les piaillements des rapaces, elle marqua un infime temps d'hésitation. Après avoir jeté une œillade générale à l'assemblée ailée, la sixième année finit par se décider pour un hibou à l'air indolent et au plumage grisâtre. Elle était en train de finir d'accrocher sa missive à la serre de l'oiseau lorsqu'un bruit se fit entendre dans son dos, et elle se retourna. Une jeune femme – Serdaigle, d'après son uniforme – se tenait dans l'encadrement de la porte. Comme elle se tenait à contre-jour, la jeune fille mit quelques secondes à la reconnaître mais lui sourit dès qu'elle l'identifia.

« Salut, Mary. »

Sa camarade pénétra tout à fait dans la volière et Samantha se rendit alors compte qu'elle était toujours suivie de son Langue-de-Plomb – évidemment. Elle se demanda un instant si cet homme la surveillait même quand elle dormait et ce que l'on pouvait bien ressentir lorsque l'on était ainsi espionné H24. Peut-être finissait-on par s'habituer, à la longue.

« Tu viens envoyer une lettre, toi aussi ? »


Question un peu idiote, certes, mais toujours utile pour combler le silence qui les séparait de nouveau. Parler pour apprendre, parler pour enseigner, parler pour dénigrer, parler pour apprécier, parler pour ne rien dire. Parler pour ne pas se taire. Parler pour ne pas penser. Parler pour tuer le son, pour tuer le silence, parler pour oublier d'oublier. Comme un ballet de marionnettes.
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MessageSujet: Re: Comme un ballet de marionnettes [Mary] Mar 4 Fév - 14:22

Mary détestait écrire des lettres à sa famille. En réalité, elle n’aimait pas écrire. Il y avait quelque chose d’affreusement impersonnel dans une lettre. Les mots pouvaient être déformés et on perdait la chaleur qui pouvait découler d’un entretien privé.  Pourtant, quand on a sa famille qui vit à l’étranger, on est bien obligé de donner de ses nouvelles de temps à autres. Mary en donnait le moins possible. Elle n’écrivait que si elle était vraiment obligée. La dernière lettre de sa mère était explicite, elle voulait des nouvelles et elle en voulait rapidement.

La Serdaigle c’était donc assisse dans la salle commune évitant soigneusement Wayland et avait pris un parchemin et sa plume cherchant quoi dire à sa mère. Depuis l’intervention de Way en potion, elle lui battait froid même s’il ne s’en rendait probablement pas compte. Ses propos l’avaient blessée et vexée. Elle avait toujours su, qu’en toute circonstance, il prendrait le partit d’Ariana mais ici, c’était différent. Il avait fait savoir en public, que son cousin de déshonorait à cause d’elle. Outre la honte qu’elle avait ressentit de l’entendre dire ça en public, elle s’était sentie peinée de voir encore une fois leur différence de statut mise en avant. Plus que tout, elle lui en voulait parce qu’en son fort intérieur, elle savait qu’il avait raison. Elle évitait Llew pour la même raison, même si on évite beaucoup plus difficilement son petit copain qu’un ami. En sa présence, elle s’efforçait d’être souriante mais il y avait clairement quelque chose qui la dérangeait. Comme à l’accoutumée, Mary ne parlait pas de ses propres problèmes, probablement parce qu’elle essayait désespérément de se voiler la face.

Tout ça ne l’avançait pas dans l’écriture de sa lettre, elle sortit de ses pensées constatant qu’elle avait abimé son parchemin en dessinant dessus. Elle le chiffonna et en prit un nouveau entreprenant d’écrire de quoi contenter la soif de nouvelle de sa mère. Que pouvait-elle lui dire ? Salut maman, ça fais six mois qu’on ne s’est pas vue, pas même pour mon anniversaire parce que tu sais que si tu remets les pieds en Angleterre tu serrais interrogée par la commission de sang et de sécurité ?
Mauvaise idée. Pourquoi pas : Maman, est-ce qu’Eleonore est aussi heureuse que moi de ne plus être obligé de voir son reflet chaque matin ? Ca ne passerait pas non plus. Il y avait tant de chose qu’elle ne voulait pas lui dire et qu’elle ne pouvait pas lui dire. Tu sais maman, j’ai rencontré mon père, le faux Martin Reynold et le vrai, Vaas. Pourquoi tu ne nous as jamais dis que nous n’étions qu’un accident ? Elle ne pouvait pas lui dire ça, pas plus qu’elle n’avait envie de lui expliquer qu’elle sortait désormais avec Llewelyn Mulciber, héritier d’une des plus grosses fortunes d’Angleterre, alors qu’elle savait pertinent que cette relation ne lui apporterait que des ennuis. Il y avait aussi la conversation qu’elle avait eue avec sa directrice de maison. Celle où elle lui avait conseillé de fuir avec Llew, Mary ne savait toujours pas quoi en penser. Ca, comme l’existence de Vaas était des sujets bien trop dangereux pour qu’elle les couche sur papier. Elle ne voulait en parler à personne, pas à sa mère, pas à son grand-père, ni à Way et encore moins à Llew.

Au moins le temps d'une journée, elle aurait voulu pouvoir oublier et vivre la vie d'une adolescente de son âge. Douce Utopie qui ne risquait pas de se réaliser. Ca ne servait à rien de rêver de ce qu'on ne peut pas avoir. C'est du temps perdu, pensait-elle avec un certain pragmatisme. Alors elle avait écrit sa lettre, s'attardant sur l'état de santé de son grand-père qui se détériorait de jour en jour. Expliquant qu'elle était parfaitement heureuse à Poudlard et s'accommodait parfaitement au régime mit en place. Elle demanda aussi des nouvelles de son beau-père par curiosité, de son frère par intérêt et de sa sœur par politesse. En écrivant, elle se rendait compte à quel point quelques mois avait suffit à les éloigner irrémédiablement. Ce n'était pas qu'elle ne les aimait pas, c'était qu'elle n'avait pas besoin d'eux. Sa vie semblait tellement compliquée à gérer pour une adolescente de son âge qu'elle oubliait parfois leur existence.

Une fois sa lettre finie, elle se décida à aller la poster. La volière n'était pas loin de la tour des Serdaigles, aussi y fut-elle rapidement, sa langue de plomb préférée toujours sur ses talents telle une ombre invisible. Elle n'était pas la seule à aller poster une lettre. Comme beaucoup d'élève Mary n'avait pas de hibou personnel. Elle n'avait aucune affection particulière pour les animaux et n'aimait pas s'en occuper. Elle préférait emprunter les hiboux de l'école quand le besoin s'en faisait sentir. Elle n'était pas la seule à utiliser les hiboux de l'école aussi ne fut-elle pas étonnée d'y trouver Samantha, une de ses camarades de Gryffondor.

Elle ne connaissait pas bien Sam. Elle savait juste que c'est une amie de Tally. En réalité, elle connaissait peu de monde dans Poudlard intimement et ne fréquentait pas vraiment les Gryffondor. Elle savait juste que c'était une fille sympathique, sous la protection de H, depuis qu'elle faisait partie de l'équipe de Quidditch. Elle l'avait vue jouer lors du Match qui avait opposé Serpentard et Gryffondor et l'avait trouvé plutôt bonne joueuse.

"Salut Samantha"

Elles n'étaient pas assez intimes pour qu'elle se permette d'utiliser son surnom. Avec les gens qu'elles connaissaient moins, Mary redevenait une jeune fille soucieuse des conventions et d'apparence un peu froide. Dernièrement, cette impression était augmentée à cause des rumeurs qui circulaient sur elle. Mauvaise puriste, surveillée par une langue de plomb, fricotant avec des sangs-purs : on ne savait que penser d'elle. On ne l'appelait plus "la française" comme en début d'année, désormais, c'était Kane, comme si l'appeler par son nom de famille plutôt que son prénom avait quelque chose d'insultant. Attachant la lettre à la pâte d'un des volatiles, elle lui répondit un sèchement sans le vouloir :

"Non je venais admirer la vue."

Elle se reprit instantanément. Si elle était énervée, ce n'était certainement pas la faute de sa camarade et elle n'avait pas à passer ses nerfs sur elle. Ca ne lui ressemblait pas. Elle s'excusa directement :

"Désolé, ce n'est pas contre toi, je suis un peu sur les nerfs, c'est tout je pense."

Elle lui offrit un sourire contrit et proposa :

"Si on sortait d'ici ?"


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MessageSujet: Re: Comme un ballet de marionnettes [Mary] Dim 9 Fév - 8:31

La phrase sèche qui échappa à Mary surprit Samantha et elle jeta à celle-ci un regard intrigué, mais la Serdaigle s'excusa aussitôt. Qui n'était pas sur les nerfs, ces temps-ci ? Cependant, la jeune fille avouait que certains avaient de meilleures raisons d'être irrités que d'autres. Or, comme certainement tous les élèves de Poudlard, elle n'ignorait rien des histoires de cœur de sa camarade – histoires de cœur malheureusement additionnées à la haine publique que lui vouait Ariana depuis sa mésaventure avec Witcher. Si la jeune femme n'avait en rien modifié son comportement avec la sixième année – qui, de toute manière, consistait uniquement à la saluer dans les couloirs et à lui sourire de temps à autres lorsqu'elle croisait son regard en cours – il était loin d'en aller de même pour les autres étudiants. Alors que Mary était en début d'année « la Française », une fille un peu étrange mais néanmoins sympathique, elle était à présent fichée, dénigrée, isolée. Certes, elle avait Mulciber. Mais cela demeurait tout de même une bien maigre compagnie en comparaison des centaines de sorciers scolarisés à Poudlard.

« Pas de problème, répondit-elle à son excuse sincère, essayant d'adopter un ton désinvolte. Je comprends. »

Sa compagne lui offrit ensuite un léger sourire et lui proposa de sortir de la volière. Samantha, enthousiaste à la perspective de quitter la pièce jonchée de plumes et de guano, hocha la tête tout en terminant de fixer sa lettre à la patte du hibou qu'elle avait choisi.

« Bonne idée. Je te suis. »

Après avoir indiqué l'adresse de sa tante au rapace indolent qui prit lourdement son envol, elle se tourna vers Mary qui l'attendait devant la porte, lui emboîtant le pas pour sortir de la salle sous les hululements d'une petite chouette chevêche. La Gryffondor retrouva avec plaisir le calme et la fraîcheur du couloir et marcha quelques instants en silence aux côtés de sa camarade, un peu gênée par la présence à la fois discrète et oppressante de la Langue-de-Plomb qui se déplaçait légèrement en retrait des deux jeunes femmes, à la manière d'un chien de berger. Elle savait pertinemment qu'elle-même aurait été parfaitement incapable de supporter cette garde constante avec autant de sérénité et ne put s'empêcher d'éprouver un bref éclat d'admiration pour envers la Serdaigle. D'un autre côté, être détesté par la quasi-totalité de l'école devait aider à relativiser certaines choses. Lorsque l'on était obligé de s'efforcer d'ignorer toute la journée les regards hostiles, voire haineux, et les remarques moqueuses ou méprisantes qui jalonnaient son chemin, être affublé d'un animal de compagnie muet et inodore devait apparaître comme un problème beaucoup plus secondaire. Même elle, qui était loin d'avoir bonne réputation au sein de l'école, n'avait jamais eu à affronter une telle animosité. Pourtant, le silence finissait par devenir un peu pesant, et Samantha estima que c'était à elle de le rompre puisqu'elle avait abordé Mary la première. Tant pis pour la Langue-de-Plomb.

« Tu vas bien depuis la soirée du duel ? »

Soirée qui commençait à dater, d'ailleurs. Mais il s'agissait sans doute de l'unique moment où les deux jeunes filles avaient échangé ce qui pouvait s'apparenter le plus à une conversation. Lors du duel, Mary n'était pas encore avec Mulciber – même si la Gryffondor se souvenait de l'étonnement qu'elle avait éprouvé en les voyant côte à côte, en train de discuter tranquillement tout en grignotant du pop-corn, alors qu'ils étaient censés se détester cordialement. Lors du duel, Mary était encore Mary, et pas Kane. Et, si Ariana avait déjà déclaré les hostilités, elles n'avaient pas eu le temps de s'envenimer à ce point.

Aller bien... Ce ne fut qu'après-coup que Samantha se rendit compte de l'absurdité de sa question. Comment pouvait-on aller bien quand on avait tout Poudlard à dos ? Comment pouvait-on aller bien quand l'une de ses plus dangereuses élèves avait juré sa perte ? Évidemment, la Serdaigle était à présent en couple avec Mulciber ce qui, en un sens, devait pouvoir représenter une certaine amélioration – même si elle savait, même si tous savaient, qu'elle allait devoir un jour en payer le prix. Mulciber. La Gryffondor ne savait pas quoi en penser. Par une sorte de tradition un peu dépassée, de volonté tacite, elle détestait par nature tous les Serpentards. Sans exception. La haine entre les deux maisons n'était plus qu'un souvenir, au même titre que l'attachement irrationnel ou la fidélité sans faille au groupe auquel les étudiants appartenaient. À présent, les distinctions ne se faisaient plus au niveau de la couleur des uniformes mais à celui de la pureté du sang. À présent, Poudlard n'était plus une gigantesque famille mais un lieu austère, un endroit uniquement consacré à l'étude et au travail. Pourtant, Samantha n'avait jamais aimé les Serpentards, et Mulciber n'avait pas fait jusqu'à présent exception à la règle. D'ailleurs, il ne le faisait toujours pas. Simplement, il était... différent. Elle l'avait longtemps considéré comme un Puriste – un de ces Puristes vrais et violents, un de ces Puristes intimement convaincus de l'importance du sang et emplis de la profonde certitude de leur propre supériorité. Il fallait croire qu'elle s'était trompée. Car il y avait eu Mary. De nombreuses opinions divergeaient là-dessus. Certains voyaient en la jeune femme une sale Sang-Mêlée profiteuse et manipulatrice, d'autres apparentaient ses actions à autant de défis et de provocations à l'encontre de Bedan et le reste de sa clique, quelques uns mettaient en avant sa sottise et son inconscience. Mais Mulciber, lui, demeurait le même dans tous les discours : un traître à son sang. Indigne, stupide, abject, méprisable. Un sorcier qui, oublieux de son rang et des valeurs qu'il était censé prôner et représenter, se traînait dans la boue par caprice, pour le simple désir d'une Sang-Mêlée ridiculement insignifiante. Samantha, elle, se gardait bien de porter un jugement de valeur sur leur vie sentimentale. Elle ignorait comment tous deux en étaient venus à s'apprécier, si leur histoire durerait et comment tout cela finirait. La seule chose dont elle était sûre était que Mulciber ne devait pas être totalement antipathique s'il était capable de sacrifier sa réputation en s'attirant le courroux de la majorité du château pour le simple amour d'une fille. Peut-être que tout le monde pouvait changer, en fin de compte.

« Excuse-moi, se reprit-elle avant que la Serdaigle n'ait eu le temps de lui répondre, ma formulation était un peu...  maladroite. Je veux dire, tellement de choses se sont passées depuis le duel entre Mercurius et Alexander... »

Puis, comprenant que sa dernière phrase pouvait être mal interprétée – car, par ces mots, elle ne voulait pas seulement parler des déboires amoureux de sa camarade –, elle précisa vivement :

« Le départ d'Eris Valverde, l'arrivée d'Eleonore Platt, la nomination de tous ces nouveaux professeurs... Tu en penses quoi, toi ? »

Elle-même était partagée à ce niveau. La Gryffondor n'avait jamais aimé Valverde, et sa convocation dans son bureau suite à son erreur – inconsciente ou téméraire, stupide dans les deux cas – lors de son inscription au cours de Politique Internationale n'avait rien fait pour arranger les choses. Elle savait que, tout comme elle, Mary avait passé une semaine dans les cachots. Si le carré Kane-Bedan-Witcher-Mulciber n'avait pas été déjà connu grâce au zèle d'Ariana, les ecchymoses et les cicatrices qui marbraient sa peau à son retour parmi les élèves auraient suffi à en constituer la preuve. Samantha aussi avait été torturée et, si elle n'en avait que davantage haï le régime en place et détesté le Mangemort désigné à la tête de Poudlard, cet homme si orgueilleusement froid, si calmement cruel, elle avait décidé que, à partir de ce jour, elle redoublerait de prudence. Même si elle n'appréciait guère la dissimulation, elle avait résolu de faire profil bas à compter de ce moment et d'essayer de terminer sa scolarité dans le meilleur état possible. Ensuite, elle pourrait faire de son existence la vie dont elle aurait envie – se battre pour ce qui lui semblait bon et juste.

Ainsi, elle n'était pas mécontente qu'Eris Valverde ait quitté Poudlard. Seulement, l'Inquisitrice qui lui avait succédé était loin de posséder le même poids sur les étudiants. Et, si cela avait de bons côtés – comme, notamment, une plus grande illusion de liberté –, cet état des choses n'était pas que bénéfique. Car l’Élite, qui avait longtemps été tenue en respect par Valverde, avait à présent les rênes libres. Or, qui disait Élite disait Ariana Bedan. Ce qui concernait directement Mary. Et puis, il y avait Mercurius. La jeune fille était loin de prétendre tout savoir de lui, ou même le connaître passablement. Mais, depuis qu'elle avait été acceptée dans l'équipe, elle avait pu apprendre certaines choses sur lui. Parmi ces choses-là était l'attachement qu'il portait à ses joueurs. Et parmi ses joueurs se trouvait Sara Engels – également Poursuiveuse, relativement sympathique d'après la jeune femme. Sara Engels qui, jusqu'à récemment, était la copine de Mulciber. Certes, selon les rumeurs, c'était elle qui avait mis fin à leur relation, mais elle n'avait apparemment pas encore digéré le fait que son ex-petit ami se soit si vite consolé – et qui plus est avec une sorcière de sang impur. Or, Mercurius était lui-aussi membre de l’Élite. En un sens, cela avait du bon – il protégeait par exemple ses joueurs, un avantage non négligeable dont Samantha avait plusieurs fois bénéficié, même si elle n'appréciait pas beaucoup l'idée d'être dépendante de quelqu'un. Mais, à présent qu'elle faisait partie de l'équipe, elle avait pu se rendre compte que les autres élèves paraissaient mieux disposés à son égard ou, en tout cas, ne clamaient pas leur animosité tout haut et se contentaient de l'éviter sans déclencher les hostilités. Personne ne souhaitait se mettre le H à dos. Malheureusement pour Mary, c'était exactement ce qu'avait fait la Serdaigle en s'attirant les foudres de Sara. Et Mercurius pouvait se montrer pratiquement aussi dangereux que Bedan lorsqu'il s'y mettait – son face-à-face avec Alexander l'avait montré.

« Au fait, ajouta-t-elle après avoir lancé un bref coup d'œil par-dessus son épaule en direction de la Langue-de-Plomb, certains disent que Bellatrix Lestrange devrait remplacer notre nouvelle Inquisitrice d'ici peu... Tu crois que ces rumeurs sont vraies ? »

Elle ne pouvait qu'espérer le contraire.
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MessageSujet: Re: Comme un ballet de marionnettes [Mary] Mar 18 Fév - 1:00

Je comprends. Petite phrase anodine que l’on prononçait souvent dans une conversation à défaut de savoir quoi dire. Mary s’était souvent demandé si les gens réfléchissaient vraiment avant de parler. Elle en avait souvent déduis que non. Comment peut-on prétendre comprendre autrui. Elle avait toujours trouvé le concept présomptueux tout en sachant pertinemment, que la personne qui prononçait la phrase ne le pensait pas vraiment. Pourquoi dire ce qu’on ne pense pas ? Question stupide ma chère. En société, on dit plus souvent ce qu’on ne pense pas que ce qu’on pense. Cette règle, elle la connaissait depuis son enfance. Ce n’est pas poli de dire ce qu’on pense. Surtout si ce qu’on pense consiste à dénigrer la personne d’en face. Bien entendu, Mary ne pensait pas mal de Samantha. La Serdaigle était quelqu’un de très amical quand on faisait fit de sa timidité. Néanmoins, elle ne pouvait pas s’empêcher d’analyser ce que les gens disaient. Elle se rendait compte qu’ils n’avaient pas la même façon d’aborder le langage et à leur contact, elle finissait par faire de même. Il semblait que pour qu’elle soit plus spontanée et corresponde à ce qu’on attendait d’une adolescente de son âge. Elle savait donc que sa camarade de Gryffondor n’avait pas pensé mal en lui disant qu’elle comprenait.

C’était difficile parfois de parler aux autres. Elle n’était pas sûre d’avoir su un jour comment faire. Pourtant, elle se rappelait d’un temps ou elle avait eu des amies à Beauxbâton. Elles s’étaient connues jeunes, presque enfant et elles avaient eu le temps de voir Mary évoluer tout en s’habituant au fait qu’elle n’était pas toujours douée pour les relations sociales. Ici, c’était différent, on ne s’attendait pas à ce qu’une adolescente de son âge soit incapable de tenir une conversation banale. Pourtant c’était vrai. Mary pouvait parler de sujets sérieux sans se sentir mal à l’aise mais était tout bonnement incapable de s’en tenir au lieu commun. Or Sam et elle ne se connaissaient pas. Tout ce qu’elle savait de la jeune fille en face d’elle, c’est que comme Mary, elle était soupçonnée d’être mauvaise puriste et qu’elle avait également passé une semaine dans les cachots. Ca aurait pu être un sujet de discussion, quelque chose qui aurait rapproché les deux jeunes filles mais elle ne désirait pas en parler. Elle n’était pas sûre d’être capable de le faire d’ailleurs. Premièrement parce que la langue de plomb était toujours là, fidèlement collée à ses basques. Ensuite parce que la douleur, c’est quelque chose de personnel. Elle n’était pas sûre qu’elle aurait pu en parler à qui que ce soit, pas même à Llew s’il lui avait demandé. Et après tout, pour dire quoi ? « Tiens ils ont essayés ce sort là sur toi ? Parce que franchement ça faisait vraiment mal ! ». Quel était l’intérêt à compatir et comparer la douleur avec autrui. On ne peut comprendre que ce qu’on à déjà vécu. C’était le même principe que pour les potions. Celui qui ne connait pas l’amour ne pourra pas faire un bon philtre, etc. Les exemples étaient multiples et ce principe s’appliquait également dans la vie de tous les jours.

Donc non, leur séjour respectif au château n’allait pas être un sujet de conversation. Pendant qu’elle regardait sa camarade attaché sa lettre au hibou tout en lui donnant l’adresse, elle se demanda pourquoi elle lui avait proposé de sortir pour bavarder avec elle. Elle aurait tout simplement pu la saluer et puis partir. Inconsciemment, il était possible qu’elle ait envie de contact humain sans vouloir l’admettre. Elle battait désormais froid à Wayland depuis le cours de potion et son ami n’avait pas cherché à venir lui parler depuis qu’il savait qu’elle sortait avec son cousin. Elle voyait rarement Jellyka en dehors des cours et voir Llewelyn n’était pas toujours facile. Son univers à Poudlard était étroit. Trop parfois, comme tous les adolescents, elle cherchait à élargir ses horizons. Sans le vouloir, l’envie inavouée de parler avec la Gryffondor venait probablement de là. Ca n’empêchait pas qu’elle ne savait tout de même pas de quoi parler. Elle fut reconnaissante à Sam de briser la glace à sa place. Un sourire surprit se fit sur le visage de Mary en l’entendant évoquer le duel. Ca semblait tellement loin quand elle y pensait mais elle se souvenait qu’elle y avait croisé Sam alors qu’elle parlait avec Llew. C’était une drôle de soirée quand elle y pensait.  Mary n’y avait pas vraiment prêté attention sur le moment mais il y avait quelque chose d’incongrus dans la façon qu’ils avaient eu de regarder le duel en mangeant du pop-corn. Il avait vraiment fallu que tous les regards soient tournés vers Alex, H et Tally pour que personne n’en note l’étrangeté. On partage rarement de la nourriture tout en discutant avec une personne qu’on à cogner quelques semaines plus tôt. On disait souvent Llewelyn Mulciber instable, il fallait croire que Mary Kane ne valait pas nécessairement mieux. Et quand on savait que son père était un criminel de guerre très recherché, l’idée ne semblait plus si incongrue que ça. Quoiqu’il en soit, repenser au duel et à la soirée la fit rire et rougir à la fois. Beaucoup de chose avait changé en peu de temps.

« Je vais très bien. »

La réponse fut spontanée et avec étonnement, elle se rendit compte que c’était vrai. Elle se sentait étrangement épanouie pour quelqu’un que la majorité de l’école ignore. S’il n’y avait eu la menace constante d’Ariana qui pesait sur sa tête, elle se serrait estimé heureuse. Il ne lui en fallait pas beaucoup pour être heureuse dans le fond. Elle devait être une des rares personnes à considérer Llew comme « gentil » et il était probablement une des rares à l’être avec elle. Elle écouta Samantha s’emmêler les pinceaux avec amusement, ce n’était pas méchant de la part de Mary mais il y avait quelque chose de réconfortant dans l’idée qu’elle n’était pas la seule à avoir du mal avec les autres.

« Pose ta question. »

Le sourire de Mary se fit un brin moqueur, il fallait croire qu’elle prenait l’habitude de taquiner Llewelyn pour le faire avec quelqu’un d’autre que lui.

« Je veux dire, ce n’est plus un secret pour personne après tout. Tout le monde en parle dans notre dos. »


Ils étaient rentrés ensemble de Pré au Lard après la journée qu’ils avaient passés à l’hôtel, le sourire aux lèvres quoique probablement angoissé à l’idée de ce qui allait suivre. Ca ne servait plus à rien de prétendre, la rumeur avait déjà commencé à se propager dans l’après-midi et il ne faudrait que quelques heures à Poudlard. Ils avaient pénétrés dans la Grande Salle pour le repas du soir, son bras en dessous du sien. Le silence c’était fait en les voyants entrer, il l’avait accompagné jusqu’ la table des Serdaigle, puis s’était assis à la sienne et les bavardages avaient recommencés. Le diner avait été long et Mary avait mangé du bout des lèvres mais le plus dur était passé ou du moins, c’est ce qu’elle avait pensé un peu naïvement.
Probablement un peu gênée de s’être avancée sur un terrain aussi glissant, sa camarade recentra la discussion sur un sujet plus banal mais bien plus dangereux. En particulier quand on avait une langue de plomb qui analysait et écoutait tout ce que l’on disait. Elle reprit son air sérieux et répondit en se concentrant sur la question :

« Je ne connais pas bien l’Inquisitrice Platt, je sais simplement que c’est la grand-mère de Wayland et une femme très respectée. Si le Seigneur des Ténèbres l’à jugé digne d’être chargée de notre éducation, c’est qu’elle l’est. On ne remet sa volonté en question. »

Discours formaté et qu’elle pensait néanmoins. Mary, malgré les soupçons qui pouvaient se porter sur elle restait une Puriste. Elle n’approuvait pas l’excès de violence dont faisait preuve le régime et ne vouait pas un culte de la personne à celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, mais elle restait convaincue de la justesse du régime qui était le leur. Elle croyait en l’inégalité des classes plus précisément. Pour elle, un sang-mêlé resterait toujours inférieur à un sang-pur, un né-moldu à un sang-mêlé. Quant aux moldus, ce n’était même pas la peine de songé à les comparer aux sorciers. Ca faisait d’elle une adolescente perdue entre ses croyances puristes et leur application dans la vie courante qui lui semblait bien injuste par rapport à la théorie. Contrairement à ce que le reste de l’école pouvait bien penser, elle savait où était sa place. Elle ne s’était pas monté la tête en fréquentant des sangs-purs et en sortant avec un des leurs. Mary ne se croyait pas leur égale. Elle n’aurait d’ailleurs pas pu, surtout quand Platt allait laisser sa place à Bellatrix Lestrange, la célèbre mangemorte. Qui parmi eux ne connaissait pas son nom.

« Ce sont plus que des rumeurs. », S’entendit-elle répondre à la rouge et or. « Un décret à été publié annonçant qu’elle devrait prendre fonction d’ici le mois d’avril. C’est un honneur pour l’école. »

Sur ce point là au moins, Mary mentait. Son expérience avec les mangemorts n’avaient pas été concluantes jusqu’ici. Mike Witcher lui avait glacé le sang et Eris Valverde l’avait faite torturée. On ne pouvait pas dire qu’elle désirait de nouveau en approcher un de près. Quant à Lestrange, sa réputation n’était plus à faire. Elle espérait qu’elle ne se trouverait pas dans sa ligne de mire et pourtant, elle en doutait. Depuis qu’elle était ici, elle n’avait réussi qu’à s’attirer des ennuis et ce n’était pas sortir avec un Mulciber qui allait arranger les choses.

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MessageSujet: Re: Comme un ballet de marionnettes [Mary] Dim 9 Mar - 9:14

Discours formaté ou paroles sincères ? Samantha n'aurait su le dire. Peut-être  un peu des deux, sans doute. Si Mary était souvent soupçonnée de posséder des affinités avec la pensée bourbiste – après tout, elle venait de France, était de sang impur, avait eu des soucis avec Valverde et était sur la liste noire de l’Élite – la Gryffondor pouvait se rendre compte que la jeune fille n'en restait pas moins une Puriste. À vrai dire, la sixième année s'attendait plus ou moins à cette réponse, ne serait-ce qu'en raison de la présence invisible et oppressante de la Langue-de-Plomb à leur côté. Elle se sentit simplement un peu déçue en entendant toute la conviction que sa camarade mettait dans ses mots.

Il y eut ensuite un léger flottement, au terme duquel Mary répondit à sa seconde interrogation. Plus que des rumeurs. Samantha mit quelques secondes à comprendre ce que cela signifiait. Il fallait croire que la Serdaigle était davantage renseignée qu'elle sur ce qui se déroulait à l'extérieur ou à l'intérieur de Poudlard. Ce qui, il fallait bien l'avouer, n'était guère compliqué puisque la jeune femme n'y portait qu'un intérêt modéré. Les seuls ragots croustillants qui lui parvenaient provenaient de Nickie, et cette dernière s'occupait plus des déboires amoureux des différents élèves que des Intendants qui se succédaient à la tête de l'école. La dernière phrase de sa compagne lui arracha une grimace, aussitôt réprimée cependant. Tout au plus un léger tressaillement des paupières et une infime crispation de la mâchoire auraient pu trahir son trouble et son mécontentement.

« Je...  je suppose, oui,
acquiesça-t-elle finalement alors que le silence s'épaississait. Mal à l'aise, elle ajouta : Il est après tout légitime que Bellatrix Lestrange succède à Eris Valverde, lui aussi Mangemort. L'Inquisitrice Platt n'aura donc été qu'une sorte...  d'intermède. »

Samantha ignorait si celle-ci serait démise de ses fonctions en raison d'une faute qu'elle aurait pu commettre ou si ce départ était prévu de longue date. Dans tous les cas, la jeune fille supputait que le Lord désirait un responsable plus ferme, mieux à même de contrôler les étudiants qui résidaient à Poudlard. Or, Lestrange, auréolée de sa réputation de sociopathe folle et dangereuse, semblait toute indiquée pour ce rôle. Un instant, la voix de son frère résonna dans sa tête, claire, gaie, dans laquelle rebondissait une série de rires tour à tour grelots ou clochettes. « Bella ! Bella ! » Venait alors la sienne, chargée de menace, dure, sèche, presque coupante. « Tais-toi, Frank. Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça. » Et les échos de rires qui continuaient, jusqu'à envahir tout son esprit. « Bella, Bella, Bella, Bella... » La jeune femme secoua la tête, s'efforçant de chasser les souvenirs qui l'obsédaient. Changer de sujet. La taquinerie que Mary lui avait faite un peu plus tôt lui revint alors en mémoire et elle esquissa un sourire.

« Ma question ? »

Si elle sautait un peu du coq à l'âne, la Serdaigle ne parut pas déstabilisée outre mesure, et la Gryffondor put reprendre la parole sans se sentir obligée de lui décrire les méandres de sa pensée :

« En fait, je n'ai pas vraiment de question... Ou, plutôt, ce n'en est pas véritablement une.
Elle s'interrompit avant de continuer, un vague sourire aux lèvres : Disons que ta relation avec Llewelyn n'est à présent plus un secret pour personne. Même moi, qui suis pourtant généralement toujours la dernière à être informée de ce qui se passe au château, suis au courant. C'est dire. »

Elle lui sourit, franchement, cette fois-ci. Je vais très bien. C'était ce que Mary lui avait répondu un peu plus tôt. Étonnant de la part de quelqu'un qui s'était mis la majorité de Poudlard à dos, mais elle lui avait paru spontanée. Trop, en tout cas, pour constituer un mensonge. Peut-être était-elle le genre de personnes qui ne se souciaient que peu de ce pensaient les autres et se contentaient de ce qu'une relation, simple et privilégiée avec quelqu'un, pouvait leur offrir. Et il était vrai que la Serdaigle n'avait pas l'air malheureuse – au contraire, elle semblait même étrangement épanouie.

« D'ailleurs, je ne crois pas avoir besoin d'en connaître davantage... Je veux dire, savoir où vous vous êtes rencontrés pour la première fois, comment vous en êtes venus à vous apprécier et même à vous aimer ou pourquoi vos sentiments l'un envers l'autre ont si radicalement évolué ne me concerne pas, n'est-ce pas ? »

Samantha lui jeta un bref coup d'œil avant de reporter son regard sur le couloir qu'elles empruntaient. Non, en dépit de sa curiosité, tout cela ne la concernait pas et ne concernait personne – hormis eux. Tout au plus ne pouvait-elle s'empêcher de ressentir un mélange d'admiration et de pitié à leur égard. Le sang et l'amour étaient-ils toujours incompatibles ?
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MessageSujet: Re: Comme un ballet de marionnettes [Mary] Jeu 13 Mar - 17:15

C'était agréable de discuter avec quelqu'un qui ne semblait pas éprouver de préjugé à son égard. Elle n'arrivait pas à se souvenir de la dernière fois que ça lui était arrivé. Il semblait que tout le château, avant même de la connaître ou de la rencontrer se soit fat une opinion à son égard. Et après tout, qui pouvait prétendre la connaître ? Pas grand monde, elle s'ouvrait à peu de gens et peu d'entre eux, essayaient de voir au delà de la réputation qu'elle trainait derrière elle. Même Llew ne la connaissait pas si bien que ça mais elle pouvait dire de même le concernant. Il faut du temps pour connaître quelqu'un et ils avaient eu une certaine tendance à sauter les étapes dans ce qu'ils appelaient leur relation. Seule Jellyka avait semblé sans a priori à son égard, ne se souciant pas de ce que l'on disait derrière son dos et ne changeant pas son attitude, même quand Ariana l'avait déclaré persona non grata. Tally, son ancienne amie avait paru déconcerté par le changement qui c'était fait en elle. Même Wayland n'avait pu s'empêcher de la juger à la grande déception de Mary qui était très sensible aux défections de ses amis. Parler avec Samantha semblait donc être un vent d'air frais. Etais-ce parce qu'elles étaient toute deux sang-mêlé que sa compagne semblait encline à ne pas la juger sur ce que l'on disait d'elle ? Peut-être était-elle hypocrite et ne voulait-elle pas se mettre à mal la copine de Mulciber, un ami de H son capitaine. Ca semblait peu probable à la Serdaigle, elle était en général un bon juge de caractère et à première vue, ça ne semblait pas être le genre de sa camarade. Elle songea avec un sourire qu'elle avait parfois tendance à tomber dans les travers de ses amis, se faire une opinion sans connaître. C'était tellement facile au final de se baser sur une simple impression. Plus simple que de prendre la peine de réellement essayer de connaître quelqu'un. Au final, les relations humaines étaient compliquées. Elles demandaient un certain effort et investissement que tous n'étaient pas disposés à donner. Ce n'était pas tant que Mary ne voulait pas faire l'effort mais elle n'était simplement pas douée pour ça. Elle se sociabilisait au contact de Wayland et Llewelyn qui était beaucoup plus franc et décomplexer qu'elle - et Salazar savait que ce n'était pas difficile - mais il lui restait tout de même des progrès à faire. Elle n'était pas douée pour ça et n'y pouvait rien.

Une des règles de base pour entretenir une conversation semblait être "s'intéresser aux autres ou aux sujets qui les intéressaient". Il avait toujours semblé à la jeune fille que s'intéressé aux autres de trop près lors d'une première rencontre était grossier. Poser des questions trop personnelle qui pouvaient parfois être importune lui semblait déplacé. La solution la plus simple était donc de s'intéresser aux sujets qui semblaient les intéresser. Ca ne devait pas être compliqué avec Samantha, les deux jeunes filles avaient le Quidditch en commun. Bien qu'elle soit une joueuse moyenne, Mary appréciait le sport et ses joueurs. Il y avait également la politique. Il lui semblait qu'on ne pouvait pas vivre en Angleterre sans s'y intéresser, et Sam comme elle semblait se préoccuper de celle qui viendrait prendre la relève après Platt. Si la Gryffondor avait été déçue par sa réponse très formatée compte tenu de la présence du Langue de Plomb mais aussi de la prudence la plus élémentaire dont il fallait faire preuve à Poudlard, elle le montra avec discrétion. Les gens s'attendaient toujours à entendre d'elle des propos bourbistes compte tenu de la réputation qu'elle avait et de sa désignation comme mauvaise puriste. Pourtant, même si elle n'était fondamentalement pas toujours en accord avec le régime, elle restait puriste. Une puriste bien plus modérée que les autres qui croyaient à la domination sorcière sur les moldus et les nés-moldus. La violence entre ces êtres inférieurs lui semblait nécessaire parce que c'était dans cette optique là qu'on l'avait élevée mais le régime de la terreur lui déplaisait. On ne ralliait pas l'opinion en faisant peur à toute une population, or c'était ce qui se passait à Poudlard. De peur d'être considéré comme suspect envers le régime, d'être pointer du doigt comme traite à son sang, les élèves vivaient dans une certaine peur. Les propos n’étaient plus libres mais contraint. Un mal nécessaire disait les autorités. Ca ne servait qu'à remettre la sorcellerie sur de bonne base après la purge mais étais-ce vraiment nécessaire ? N'y avait-il pas d'autre moyen ? Les silences ne gênaient jamais Mary, il lui laissait le temps de réfléchir et de peser ce qu'elle disait. Il n'en était pas de même pour la Gryffondor et elle ne s'en aperçut que trop tard. Elle répondit sans attendre soucieuse de ne pas lui donner l'impression qu'elle était ennuyée par sa présence.

"D'après le peu que j'en sais, je crois que le but de l'Intendant et du Seigneur des Ténèbres est de créer un gouvernement dirigé par une élite sociale : Les mangemorts. Si on compare les nominations qui ont eu lieu ces derniers mois et le gouvernement précédent, je crois qu'on peut constater que le pouvoir a été transféré aux mangemorts. Rare sont les simples civils qui ont encore la direction d'un département. Je crois qu'on ne peut compter que Paravell, De SaintClair et l'Inquisitrice Platt pour Poudlard. C'est tout. Les mangemorts sont principalement vu comme une caste de soldat depuis quelques années mais je me demande si avec la fin de la guerre en Irlande, ils ne vont pas se transformer en politicien. Ca ne serrait pas étonnant je crois, la majorité d'entre eux viennent de plusieurs grandes familles de sang-pur qui ont souvent eux un certain poids politique même à l'époque du merlinisme en Angleterre."

Elle s'interrompit en rougissant se rendant compte qu'elle s'était lancée dans un monologue passionné sur la nouvelle politique menée par l'Intendance et se tourna vers Sam pour s'excuser :

"Pardon, je m'emballe n'est-ce pas ? Tu me diras que la politique ce n'est pas très intéressant...."

Pour une raison qui lui échappait, la plupart de ses condisciples trouvaient la politique nationale et internationale d'un ennui incroyable. Elle en avait vu plus d'un bailler de désespoir en Politique Internationale alors que le professeur Saint John essayait de rendre son cours le plus vivant et le plus intéressant possible. Mary quant à elle s'y intéressait de près, d'un côté pour rattraper son retard n'ayant pas suivit ce qu'il se passait en Angleterre ces dernières années, et d'un autre pour son intérêt personnel.

En parlant des grandes familles sang-pur dans lesquelles on était habitué à faire une carrière politique, elle avait automatiquement pensé à Llew et Way. Ils étaient probablement tout les deux destinés à une grande carrière au ministère et plus tard à l'Intendance. Prendraient-ils la marque comme beaucoup de gens l'avaient fais avant eux dans leur famille ? C'était un sujet qu'elle n'avait jamais abordé avec Llew tout simplement parce que c'était très personnel. Ca revenait à se projeter dans le futur et à mettre sur le tapis des sujets qu'aucun d'eux n'avaient réellement envie d'aborder. N'était-il pas plus simple de se mettre des œillères de temps à autre et d'essayer de vivre sans se soucier du futur ?
D'ailleurs la discussion dérivait de nouveau sur lui, ou plutôt sur eux et pris un tour plus léger. Un sourire plein d'ironie se fit sur les lèvres de la Serdaigle tandis qu'elle commentait ce que disait Sam en levant les yeux au ciel :

"Oh tu peux le dire clairement tu sais. Tabasser son cousin en plein Pré au Lard n'était pas le moyen le plus subtil au monde de faire comprendre aux gens qu'on sortait ensemble. On ne peut pas dire que subtilité soit le point fort de Llew remarque .... Je pense que l'école entière à du le savoir en quelques heures ..."

Mary avait été furieuse. Elle qui détestait attirer l'attention sur elle par dessus tout mais elle lui avait pardonné, ça ne servait à rien de rester fâchée contre lui. Malgré tout, elle avait beau en rire un peu, la situation la mettait hautement mal à l'aise. Les regards qu'on leur jetait quand ils étaient ensemble, les commentaires qui fusaient derrière son dos. Tout ça avait le don d'augmenter son angoisse malgré les propos rassurant du Serpentard à ce sujet. Ariana les attendait au tournant et elle ne serrait plus longue à se manifester. Ariana n'était définitivement pas un sujet auquel elle avait envie de penser aussi se concentra-t-elle plutôt sur sa compagne, appréciant le tact et la discrétion qu'elle mettait dans ses propos. Elle lui sourit amicalement et répondit avec précaution :

"Je crois en effet que sur le fond, ce ne sont les affaires de personne. Je suis plutôt comme toi, la dernière au courant en ce qui concerne les ragots, je n'aime pas être indiscrète. C'est plus dur quand on est le sujet principal des ragots en question depuis quelques mois. Je crois que je peux juste te dire que la première fois qu'on s'est parlé, ça a fini en dispute." 

Et quelque part, le souvenir la fit sourire parce qu'il était tellement improbable qu'après leur altercation dans le parc ils en soient arrivés là où ils en étaient à présent. 

"Au final, c'est quelqu'un de gentil quand on arrive à percer sa carapace. Il n'a pas un mauvais fond contrairement à ce qu'il voudrait bien laisser penser ou alors je m'illusionne totalement."

Elle se sentait mal à l'aise parce qu'elle sentait le poid du regard du langue de plomb qui la suivait derrière elle. Elle n'aimait pas ça et elle craignait que la conversation lui fasse dire des choses qu'elle n'aurait pas du dire. Samantha avait beau être sympathique, elle n'était pas bien vue par l'administration de l'école non plus et être vue trop longtemps avec elle ne pourrait que lui attirer des ennuis.

"Je vais te laisser. Il faut que j'y aille, on palera une autre fois si tu veux."

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