POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

Partagez|

Ça fait du bien là où ça fait mal (Jill)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage



avatar
Date de naissance du joueur : 10/03/1981
Âge du joueur : 37
Arrivé sur Poudnoir : 17/09/2013
Parchemins postés : 267



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Isaac Bedan


MessageSujet: Ça fait du bien là où ça fait mal (Jill) Lun 3 Fév - 23:28

Les coups avaient cessé de pleuvoir, comme ça, aussi soudainement qu'ils avaient commencé à se déchaîner. Cela ne pouvait pas durer bien longtemps, d'ailleurs ; si Isaac, attaqué en traître, avait d'abord encaissé une belle volée de gnons, il s'était rapidement repris et avait méchamment cogné son adversaire. Tous deux, finalement, avaient reçu leur comptant de châtaignes, chacun s'appliquant à porter les coups avec précision, pour faire le plus mal possible. Ils faiblissaient un peu sur la fin de la bagarre, ce qui avait sans doute permis à une fille – Isaac, coincé à ce moment sous un Mulciber qui essayait apparemment de lui sertir le crâne dans la terre battue de la rue, n'avait pas vu qui – à une fille de s'interposer. Profitant d'un petit coup de mou des deux adversaires, elle avait sifflé la fin de la baston, et ordonné à Mulciber de décamper. Isaac, à moitié sonné, s'était contenté de rouler sur le côté en se tenant le bide, Mulciber lui ayant gentiment enfoncé son genou dans l'estomac pour le cogner plus à son aise. De l'air, putain, de l'air... il avait cru étouffer sous ce gros lard dégénéré. Il le regarda s'éloigner, Kane à ses côtés, en se promettant de tirer de cet incident une vengeance éclatante. T'es mort, Mulciber. Et si c'est pas moi qui te crève, ce sera Haytham, ou Ariana, ou Emma, ou n'importe qui d'autre. Parce qu'en m'attaquant, tu as attaqué la famille – et chez Bedan, on savait être pire que dans la mafia, question famille.

La jeune fille qui avait stoppé la bagarre se penchait à présent sur lui, et il reconnut avec étonnement Jill Witcher. Curieux qu'elle s'inquiète pour lui, alors qu'elle connaissait bien mieux Llewelyn avec qui elle était sortie, fut un temps. Jill était sortie avec pas mal de garçons de Poudlard, y compris le propre frère d'Isaac qui ignorait ce détail... mais avec Mulciber, cela avait duré quelque temps. Assez pour que le gamin s'en souvienne, du moins. Elle s'accroupit près de lui, en lui parlant gentiment, après avoir viré ses copains qui restaient là, plantés comme des navets au milieu d'un champ. Le regard noir de la demoiselle suffit à dissuader les derniers curieux de s'attarder davantage, et même l'employé de chez Derviche et Bang préféra regagner sa caisse que continuer de surveiller le pas de la porte.

Mais pourquoi tu es là, avec moi, Jill ? Pourquoi c'est mon nez que tu tamponnes de ton mouchoir et pas celui de l'aut'con ? Ce n'est pas logique, tout ça. Vous vous entendez assez bien pour que tu t'inquiètes de lui, et pas d'un quasi-inconnu comme moi... Remarque, il a Kane pour s'occuper de lui, la sang-mêlé qu'il vient d'avouer fréquenter, devant tout le monde. Sacrée nouvelle – et pour une puriste, ce doit être écœurant d'apprendre que son ex est désormais en couple avec une sang-mêlé. C'est pour ça que tu te soucies de moi plutôt que de lui ? Parce que finalement, dans tout ça, j'ai le rôle du gentil petit puriste agressé par un traître à son sang. Le gamin essaya de sourire à la demoiselle qui continuait d'essuyer le sang sur son visage, mais il ne parvint qu'à lui adresser une grimace de douleur. Mulciber lui avait fendu la lèvre. Il avait hâte de se voir dans un miroir : comme ça, au jugé, il avait l'impression d'être défiguré. Il répondit pourtant à Jill qui s'enquérait de son état, d'une voix pâteuse :

-Oui, ça va aller, pas de souci...

Elle l'aida à se relever, et il dut s'accrocher à elle un instant en retrouvant la station verticale. Ça tournait. Il lui fallut quelques secondes pour faire le point, puis il sentit qu'il allait mieux. Il pourrait même marcher sans aide. Ce n'était pas la première fois qu'il se battait, il commençait à connaître... En garçon attentionné, il ne refusa pas, cependant, le bras secourable que Jill lui offrait, et ils se mirent en route vers les Trois Balais, suivis du regard par les curieux.

Ils trouvèrent très facilement une table dans le pub bondé – sans doute un effet du regard implacable de Jill – et Isaac s'installa dos à la salle. Son entrée avait fait forte impression, et Madame Rosmerta vint personnellement voir s'il avait besoin d'aide. Il demanda un thé d'un ton morne, laissant à son infirmière le soin de commander des glaçons – ça ne lui disait rien de se mettre de la glace sur le museau. À peine la tenancière du bar repartie vers son comptoir, Haytham fit irruption, essoufflé, visiblement inquiet.

-Isaac, ça va ? On vient juste de me raconter... ça va, tu te sens bien ? Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?
-Ça va, Hay, ça va, t'affole pas... C'est rien de grave. J'te raconterai ça ce soir, OK ?

Isaac lança à son aîné un regard éloquent, et le grand comprit qu'il valait mieux qu'il parte pour le laisser avec Jill. Il indiqua à son cadet qu'il l'attendrait dans la salle commune de Serpentard, s'excusa et partit. À nouveau, le gamin essaya de sourire – en s'arrangeant pour se faire moins mal que la fois précédente – en disant à Jill sur un ton d'excuse :

-Mon frère est un peu mère poule sur les bords...

Son sourire s'estompa lorsqu'il poursuivit :

-Par contre, quand il saura ce qui s'est passé... quand il saura vraiment, je veux dire, parce qu'on a dû lui raconter n'importe quoi... quand il saura, ça risque de saigner. Et quand Ariana saura aussi. Ils vont être furieux contre Mulciber.

Il ne pouvait pas leur donner tort, mais cela l'ennuyait de savoir qu'un conseil de guerre allait se tenir pour organiser les représailles contre son agresseur. Il aurait voulu prendre sa revanche seul, mûrir sa vengeance et l'exécuter selon sa propre idée. Il eut assez de jugeote pour ne pas le dire devant Jill qui semblait désapprouver la bagarre, et murmura plutôt, avec ce demi-sourire que sa lèvre fendue lui autorisait :

-En tout cas, Jill, c'est... C'est vraiment gentil à toi de m'aider comme ça, j'sais pas comment te remercier.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 12/01/2014
Parchemins postés : 103



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Jill Witcher


MessageSujet: Re: Ça fait du bien là où ça fait mal (Jill) Dim 16 Fév - 17:49

Le fait de se faire traiter de connasse affectait-il réellement Jill Witcher ? Avec honnêteté, elle aurait répondu non. Elle ne trichait pas avec elle même et s'était collé toute seule, par sa seule et unique volonté, une étiquette de pétasse, connasse, salope, sale pute et autres insultes que tous les mecs qu'elle plaquait finissaient invariablement par lui ressortir, manque d'originalité oblige. Elle ne le niait pas, dans le fond, elle s'en fichait même un peu. Avec Llewelyn, elle était même habituée, puisqu'au final, elle l'insultait autant qu'il le faisait. Elle ne lui en tiendrait pas rigueur. C'était leur mode de communication normal. Puis Jill Witcher, assez sure d'elle même pour penser cela, jugeait qu'elle valait bien mieux que cela. Oui, elle leur était supérieure à tous. La beauté ? Oui, elle était jolie, sans doute. Pas réellement belle, mais elle était jolie et savait se mettre en valeur, ce qui était plus intelligent et ce qui marchait souvent mieux qu'être un véritable canon. Elle en connaissait, des filles plus jolies qu'elle, mais la beauté ne faisait pas tout. C'était Jill la reine dans ce domaine, elle qu'on disait être parfaite. La reine parce qu'elle savait manipuler les gens, la reine parce qu'elle était suffisamment intelligente pour être convaincante lorsqu'elle était superficielle. Pour ne jamais montrer qui elle était vraiment, ou du moins rarement. Jill Witcher était quelqu'un de dur, résistante aux évenements et au passé, résistante à la vie.

Elle ne paraissait pas gentille, et en réalité elle ne l'était pas non plus. Elle paraissait être une langue-de-vipère, ce qui allait bien à son statut de Serpentard, et était, en privé, pour elle même, très méprisante et critique envers tout le monde. Il n'était pas dans sa nature d'arrêter des bagarres ou de soigner quiconque. Elle méprisait globalement la violence, comme elle méprisait les hommes qui se laissaient guider simplement par leur instinct. Jill restait critique sur l'utilité de se battre avec quiconque, d'une parce que ça pouvait attirer des ennuis – et elle ne voulait pas d'ennuis, non, elle se devait d'être la parfaite petite héritière de sa famille - de deux parce que franchement, se battre pour une fille était ridicule. Il fallait dépasser cette conception un peu moyen-âgeuse des chevaliers...même si la société puriste entière était comme ça, Jill était forcée de l'admettre. Et le pire, c'est qu'elle allait tot ou tard, et plutot rapidement, rentrer dans le moule de cette société. Elle était écartelée, pauvre fille, entre l'idée d'être libre et d'envoyer valser ce système méprisable, et celle de prouver qu'elle valait quelque chose, et donc de rentrer dans le cercle.

Pour en revenir à cette bagarre, puisqu'elle méprisait ce genre de choses, pourquoi s'en tenir à soigner Isaac ? Elle n'en savait trop rien. Juste que c'était un peu injuste...non ? Il n'avait pas eu l'occasion de se défendre, ni rien. Malgré toute la carapace qu'elle s'était construite, Jill Witcher restait moins méchante qu'elle ne le paraissait. Naturellement, elle aurait plutot eu tendance à être simplement une fille sensible et plutot gentille. Ceux qui avaient vu ça chez elle étaient rares. Ca se limitait à sa famille et aux mecs dont elle avait vraiment été amoureuse. Dernier en date, Llewelyn Mulciber. Et maintenant Isaac Bedan. Enfin, elle n'en était pas amoureuse, mais elle avait pitié, et assez envie de l'aider.

Tout ça pour une sang mêlée. Dans le fond elle n'avait rien contre Mary Kane, elle s'en fichait même éperdument. Voilà. Les sang mêlés auraient mieux fait de rester à leur place, mais maintenant que c'était fait...elle ne portait strictement aucun jugement sur le couple de Llewelyn – contrairement à beaucoup, Jill croyait assez en l'amour, ou aux sentiments, pour savoir que la barrière du sang, que pourtant elle connaissait et respectait, pour savoir qu'il y avait des gens capables de passer outre.

Elle ne passerait jamais outre, elle. Elle serait une bonne fille de bonne famille et ferait plaisir à ses parents. En attendant, rien ne l'empêchait de s'amuser un peu avec ce Isaac Bedan là. On aurait pu s'offusquer du fait qu'elle ne le connaissait qu'à peine, que ce n'était pas le bon moment, et qu'elle était une garce qui ne pensait qu'à coucher, c'était vrai. Mais elle s'en foutait. Elle avait toujours su ce qu'elle voulait : se taper tous les mecs de sang pur en espérant trouver le bon, l'épouser, faire plaisir à ses parents et se faire plaisir à elle. Elle faisait tout dans cette logique là. Même si pour l'instant, elle filait juste un coup de main à Isaac.

Le pub était bondé, mais elle s'arrangea pour trouver de la place et des glaçons. Comme toujours, il était rare que Jill Witcher n'obtienne pas ce qu'elle voulait. Elle sourit, amusée devant la conversation entre Isaac et son frère. Oui, c'est vrai qu'il était un peu mère poule, Haytham Bedan. Elle se retint de dire « je sais ». Elle était loin d'être sure que Isaac savait qu'elle était sortie avec son ainé, et bizarrement, n'avait pas envie de lui dire. Elle sourit :

« C'est le propre des grands frères, on dirait... »

Wayland était comme ça aussi, même s'il n'était le grand frère que de deux ou trois minutes. Jill ne lui en voulait pas, c'était son caractère, c'était lui le type gentil de la fratrie. Elle laissa Isaac évoquer les suites de la bagarre sans rien dire et se contenta de commenter :

« Je pense que pour l'instant tu devrais t'occuper un peu de toi et laisser Llewelyn là où il est. Tu saignes encore un peu, là, bouge pas. »
Elle essuya délicatement le sang et grimaça ; ça devait être réellement douleureux : « Désolée. Dis moi si je te fais mal, sinon je ne peux rien faire. »

Elle se renfonça dans son siège et regarda d'un air amusé le thé d'Isaac :

« Ce n'est pas exactement ce que j'entendais par un remontant...si tu m'otes même le plaisir d'essayer de te faire boire, ça ne va pas être drole. »

Elle se fichait gentiment de lui, mais pour le coup, n'était vraiment pas méchante, cela lui arrivait parfois. Seulement parfois. Elle sourit à nouveau devant la gêne d'Isaac :

« Je fais pas ça pour que tu me remercies, tu sais... » Enfin pas ce genre de remerciements là, s'il tenait absolument à le faire. En fait, elle ne savait pas trop pourquoi elle l'avait aidé, car ça ne lui ressemblait pas de faire des choses gratuitement. « En fait, je ne sais pas trop pourquoi je fais ça... »

Elle détourna les yeux, gênée à son tour, sans savoir non plus pourquoi elle trouvait ça dérangeant d'avouer cela. Elle leva à nouveau les yeux vers Isaac, cessant de jouer avec la cuiller de son café.

« Tu es sur que tu ne veux pas de cette glace ? Tu vas avoir encore plus mal après. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 10/03/1981
Âge du joueur : 37
Arrivé sur Poudnoir : 17/09/2013
Parchemins postés : 267



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Isaac Bedan


MessageSujet: Re: Ça fait du bien là où ça fait mal (Jill) Jeu 6 Mar - 22:46

Bordel de vache, ce que ça pouvait faire mal d'un coup... Sur le moment, ce n'était pas ce qu'on faisait de plus agréable, mais ça allait encore ; un coup chassait l'autre, on n'avait pas vraiment le temps de comprendre ce qui se passait. Mais après, à froid... ça devenait franchement dégueulasse. Ça tirait de partout, et puis ça cognait encore dans le crâne, et puis la tête lourde, le moindre mouvement douloureux... Tout se concentrait sur la partie gauche de la tête d'Isaac, là où il avait encaissé le plus de châtaignes. Il n'avait pas osé se regarder dans les vitrines des boutiques en passant, mais il avait l'impression que son crâne était déformé. Des boules avaient dû pousser çà et là, des excroissances, et à d'autres endroits, les os avaient dû s'enfoncer. Ce n'était pas possible autrement. Il s'était déjà battu, mais cette fois-ci, ça dépassait tout ce qu'il avait connu. Sans doute parce que cette petite ordure de Mulciber l'avait pris en traître et avait donc eu l'avantage. Quelques instants durant, il avait pu cogner sans que son adversaire, surpris, ait la possibilité de riposter. Le contact avec le sol avait été particulièrement rugueux, et l'autre enflure avait visiblement trouvé amusant de faire rebondir sa tête contre le pavé. Il ne perdait rien pour attendre, ce minable. En silence, Isaac ruminait les événements. Il se vengerait s'il en avait l'occasion, c'était bien le minimum syndical. Mais il n'était pas seul en cause, et il ne fallait pas être voyant pour deviner qu'Ariana allait voir rouge. D'ailleurs, Ariana voyait toujours rouge... mais attaquer son cousin, c'était carrément une déclaration de guerre. Beaucoup d'élèves prendraient le parti de Bedan, agressé par quelqu'un qui s'affichait désormais avec une sang-mêlé. Ça allait faire un drôle de foin, tout ça. Haytham devait être en train de mener son enquête sur les tenants et aboutissants de l'affaire. Lui non plus n'allait pas aimer que Mulciber s'en soit pris à son petit frère.

Les consommations arrivèrent, et Jill se moqua gentiment de lui. Il n'en prit pas ombrage ; il est vrai qu'après une telle volée, on aurait pu s'attendre à ce qu'il boive quelque chose de fort, mais il n'avait pas vraiment réfléchi avant de commander. De toute façon, elle ne pouvait pas se moquer réellement ; son geste pour essuyer le sang restant sur son visage était bien trop doux pour qu'elle ait de mauvaises intentions. Le gamin trouvait d'ailleurs ce geste trop tendre pour être parfaitement innocent, mais il préféra ne pas y penser. Il devait avoir une tête monstrueuse, rien de bien attirant... Et pourtant. Jill, sur le ton de la plaisanterie, lui reprochait de ne pas la laisser tenter de le faire boire. Pris au dépourvu, il prit quelques secondes pour répondre en s'efforçant d'avoir l'air détaché :

-Me faire boire ? Mais je ne suis pas ce genre de garçon, mademoiselle.

Il se sentit rougir sous ses contusions, et s'empressa d'appliquer sur son visage la glace enveloppée dans un torchon.

-Tu as raison, marmonna-t-il avant d'ajouter sombrement : Je me demande ce que ça va donner à Poudlard, quand Platt va me voir revenir dans cet état. Madame Platt, pardon.

L'Inquisitrice était la grand-mère de Jill, autant montrer un minimum de respect – sans compter que les murs avaient des oreilles, à Pré-au-Lard comme ailleurs. Le Serpentard n'avait d'ailleurs aucune raison de manquer de respect à Eleonore Platt ; elle lui était à peu près indifférente, en poste depuis trop peu de temps pour qu'il ait pu se faire une opinion. Il allait certainement la rencontrer bientôt, du reste ; aucun directeur d'école ne pouvait récupérer un élève salement amoché sans prendre la peine de le convoquer pour comprendre ce qui s'était passé. Mulciber avait lancé une énorme machine qui pourrait bien le broyer, et il ne s'en était peut-être même pas rendu compte. Isaac lança un regard furtif en direction de Jill. Elle était sortie avec Llewelyn pendant un bon moment, et ils étaient restés en bons termes. Quels étaient ses sentiments pour lui, à présent ? Agacement, appréhension, inquiétude ? Le gamin ne le lui demanderait pas. Si elle voulait en parler, elle aborderait le sujet, mais cela ne le regardait pas. Ils n'étaient pas intimes tous les deux, même pas amis ; à vrai dire, ils se connaissaient à peine, et il était le premier surpris de la prévenance de la jeune femme. Elle non plus, du reste, ne semblait pas comprendre vraiment ce qui la poussait à prendre soin du cadet Bedan. Elle venait d'en faire l'aveu, non sans quelque embarras, et un silence avait suivi cette étrange déclaration. Isaac non plus ne savait pas trop pourquoi il restait là, en compagnie d'une quasi-inconnue, à parler ainsi sans détour. Il s'entendit proposer dans un murmure :

-Tu sais, t'es pas obligée de rester... C'est super gentil de m'avoir aidé mais si tu préfères partir, je comprendrai tout à fait, je veux pas te retenir si tu as mieux à faire...

Tu peux partir, mais je préférerais tellement que tu restes. Le ton de sa voix contredisait totalement les paroles qu'il prononçait. Bien sûr, il ne voulait l'obliger à rien – comme si c'était possible, d'ailleurs – mais il ne se sentait pas de rester seul. Il était content d'avoir quelqu'un pour se soucier de lui, quelqu'un qui ne poserait pas de questions, quelqu'un qui ne porterait aucun jugement et ne prononcerait aucune condamnation, simplement quelqu'un qui voudrait s'assurer que tout allait bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 12/01/2014
Parchemins postés : 103



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Jill Witcher


MessageSujet: Re: Ça fait du bien là où ça fait mal (Jill) Jeu 20 Mar - 8:34

Elle n'était pas bagarreuse : cela n'avait jamais été le style de Jill Witcher, pourtant élevée dans une famille dominée par les hommes, ce qui aurait pu la conduire à devenir elle même un peu garçon manqué. Mais finalement, cela n'avait pas été le cas : d'une parce que deux de ses frères n'étaient pas si bagarreurs que ça – de mémoire de fratrie, jamais elle n'avait vu Wayland frapper quiconque, et Junior, de constitution faible, n'en était clairement pas capable, préférant les coups tordus. De deux parce que le seul qui était vraiment bagarreur, à savoir Garrison – Garry – était assez facilement manipulable. Enfin, manipulable selon Jill. Ce qu'elle traitait avec mépris, ce qu'elle appelait naïveté, c'était tout simplement de la gentillesse. Mais pour elle, ce n'était pas une qualité. Chez un homme, c'était un manque de caractère, chez une fille, c'était au mieux de la mièvrerie, ce qui donnait à Jill l'envie de baffer la plupart des filles qu'elle fréquentait, au pire de l'idiotie. Elle se disait que les femmes étaient plus intelligentes que les hommes, et plus courageuses, ce qui expliquait aussi pourquoi elle pouvait se révéler être particulièrement sévère et méprisante, en plus de son statut de sang pur. Mais d'un autre coté, elle qui détestait le système puriste qui considérait que les femmes étaient juste bonnes à marier, système qui se perpétuait et qui pouvait à tout moment l'emprisonner en la liant à un homme qu'elle n'aimerait pas, jugeait que les hommes avaient plus de caractère. Et telle était la grande contradiction de Jill Witcher. Voulant sortir du système mais résolument ancrée dedans, elle se perdait en contradictions toutes plus contradictoires les unes que les autres sans jamais trouver de solutions réelles. Si bien par exemple qu'elle ne savait toujours pas ce qu'elle allait faire l'année prochaine. La Jill Witcher romantique, plus libre et plus sensible que le masque qu'elle s'était créée, rêvait d'écrire, d'une grande maison en bord de mer et d'épouser celui qu'elle voudrait. La Jill Witcher du masque, elle, savait très bien qu'elle n'arriverait pas à cela et s'était plus ou moins résignée à épouser un vieux croulant, mais riche et au sang pur, pour son argent et pour son nom, à être une femme soumise. Et à continuer à ne pas moins en penser, et rester cynique et dure. Résignée, plus ou moins, car l'idée de devoir faire l'amour avec un vieux à l’œil cochon et pervers pour porter ses mouflets ensuite, cela ne lui plaisait que très peu.

Le problème, c'est que chez les garçons de son âge, il n'y avait pas de volonté d'engagement. Ça ne posait pas problème à Jill de s'engager : finalement, épouser un type qu'elle aurait aimé, c'était le rêve de toutes les gamines qui se prennent pour des princesses, et lorsqu'on était, comme elle, sang pur, et bien née, on pouvait se dire plus facilement, même presque arrivée à l'âge adulte, qu'on était une princesse et on pouvait même plus facilement s'en convaincre. Mais les hommes, eux...enfin, les gamins, car elle ne voyait pas d'autres mots, avec qui elle sortait, eux, ça ne leur venait pas à l'esprit. Du cul, du cul, du cul, voilà tout ce qui semblait les intéresser. Et trouver quelqu'un dont on a besoin, trouver quelqu'un avec qui on pourrait vivre, sans savoir pourquoi, passer des heures avec sans s'en rendre compte, ça évidemment, ça ne courrait pas les rues...les rares mecs dans ce cas là, ils étaient tous pris. Ou alors elle était déjà sortie avec – de manière sérieuse, cette fois ci. Elle n'en voulait pas aux autres. Ils lui permettaient de s'amuser, puisque après tout, il fallait bien être deux pour créer du plaisir, même si certains étaient tellement obsédés qu'ils se démerdaient très bien tout seuls. Ils ne donnaient pas envie d'être gentille avec eux, si bien qu'elle perdait l'habitude de l'être : pourquoi s'occuper de gens qu'on fréquente uniquement pour le sexe ? Jill était une fille pragmatique, et ce qu'elle avait de fantasque était réservé à ce qu'elle écrivait. Autrement dit, ce genre de mecs, elle s'en foutait.

Elevée par des intellectuels tout en étant fermement convaincue d'en être une aussi, elle jugeait donc qu'elle n'était pas bagarreuse et qu'elle n'avait pas besoin de cela pour régler les conflits. La preuve, elle s'en sortait très bien sans frapper personne – et comme Llewelyn avait l'air de s'être très bien remis du coup de sac qu'il avait pris dans la figure, cet exemple là ne pouvait pas compter. Elle méprisait les gens qui se servaient de leurs poings parce qu'ils n'avaient pas de répondant : sans doute était-ce pour cela qu'elle avait plaqué Llew, même si elle l'aimait bien, en plus d'être fière et d'avoir dit stop dès qu'il avait essayé de lever la main sur elle. Cela devait être la raison d'origine du fait qu'elle aie aidé Isaac. Pourquoi restait-elle, cela, c'était une autre affaire. Certes, elle avait deux ou trois idées sur la question, mais pas véritablement de réponse non plus, et n'aurait pas vraiment su quoi dire.

D'un coté, cela l'amusait de jouer à l'infirmière, de voir que quand même, en l'occurrence, il avait besoin d'elle – et pourtant, il était grand, et fort, et tout ça, toutes les salades qu'on servait habituellement à propos des hommes lorsqu'on en parlait. D'un autre coté, il y avait cette volonté réelle de s'amuser, de jouer avec lui, parce qu'elle pouvait le faire, qu'elle savait le faire, et que bon, lui, il était sang pur, et que ça devait être l'un des seuls sangs purs de Poudlard qu'elle ne s'était pas fait, et ça comptait. Parce qu'à défaut de trouver quelqu'un de bien, au moins, elle aurait joui de toutes les manières possibles et imaginables. Mais d'un autre coté, elle ne voulait pas passer pour ce genre de fille, pas avec lui. Sans savoir réellement pourquoi, car Isaac Bedan, à moins d'être sourd et aveugle, devait bien avoir connaissance de la réputation que Jill se trainait. Sans honte aucune, d'habitude, oui mais voilà, là, ça ne passait pas, sans savoir pourquoi. Sans doute, justement, parce qu'il avait besoin d'elle, et que c'était nouveau, différent, touchant ? Personne n'avait besoin d'elle, dans le fond. Elle était un second couteau pour ses parents, la sœur parmi les frères, on lui ferait perdre son nom, tout ça. Trouver quelqu'un pour qui elle compterait, même si ce n'était qu'une minute, une heure, était devenu l'une des obsessions de Jill.

C'est qu'il ne se laissait pas tant faire que ça, en plus, le Isaac Bedan. Pas bagarreuse, oui, mais Jill remplaçait cela par de la répartie : d'abord pour avoir le dessus sur ses frères, puis pour prouver qu'elle était plus intelligente que les filles qu'elle fréquentait, ce qui n'était pas forcément vrai, mais elle en était intiment convaincue, et l'assurance donnait du poids à ses mots. La répartie, ce n'était pas quelque chose de répandu, et elle l'admirait, parce que ça pouvait aussi servir de pirouette, chez les autres : et dans ce cas précis, il lui sembla qu'Isaac l'utilisait ainsi. Elle s'amusa donc un peu plus :

« C'est une sage résolution, vous êtes moins bons au lit quand vous êtes déchirés, remarque... »

Elle le laissa un instant se demander si elle s'engageait sur ce terrain de sous-entendus graveleux, puis elle sourit, définitivement amusée. Il était tellement facile de faire douter les hommes, et pour finir, ils étaient toujours à ses pieds...

« Pardon. Je fais des bons mots, et après ça porte à confusion. »

Ce qui d'habitude ne la gênait pas. Pas vraiment. Là, elle avançait et reculait, sans savoir réellement quoi faire, car manipuler Isaac ne l'intéressait finalement que moyennement. Pour une fois, elle n'avait pas simplement envie d'un amant, curieusement, mais ça, pour le lui faire admettre, il aurait déjà fallu qu'elle s'en rende compte. Ce qui expliquait sans doute pourquoi ils étaient tous les deux aussi mal à l'aise l'un que l'autre finalement. Jill préfera laisser le sujet dériver : sa grand-mère était un sujet moins dangereux.

Enfin, pour elle, parce que pour les autres. Même si on ne pouvait pas dire que Eléonore Platt avait beaucoup d'influence en temps qu'Inquisitrice, on pouvait même parler de non influence tellement tout le monde semblait à nouveau essayer, et parfois réussir, de faire ce qui lui plaisait, en ayant totalement abandonné les notions inculquées par Valverde, qui, s'il était sévère, parfois trop, avait au moins le mérite de maintenir l'ordre. Enfin, pour en revenir à sa grand-mère, elle n'en faisait pas trop de cas elle, persuadée qu'elle ne lui ferait rien, mais ce n'était pas le cas de tout le monde. Ce qui expliquait sans doute pourquoi tout le monde se comportait avec elle comme si elle était devenu l'oeil de Moscou, alors que Jill n'était pas plus que ça portée sur le règlement :

« Tu n'es pas obligée de l'appeler madame devant moi, tu sais. Ce n'est pas comme si j'espionnais pour elle. Surtout qu'entre nous, on l'appelle plutôt mamie, ça tue un peu le mythe de l'autorité. »


Que faire, cependant, dans ce bar ? Ils n'allaient pas rester là toute la journée. Cependant, Jill n'avait pas non plus envie de planter là Isaac : d'une, ça ne se faisait pas, de deux, elle n'en avait pas envie, motif supérieur et suffisant à ce qu'elle reste, de trois...c'était si gentiment demandé, enfin, sous-entendu, mais c'était la même chose.

« Sans vouloir te vexer, je suis pas sure que tu sois en état de rentrer tout seul. »
Prétexte, c'était faux. Ils le savaient tous les deux. « Puis il va bien falloir que quelqu'un s'occupe de toi quand tu seras rentré. Alors je reviendrais te voir, si ça te dérange pas. »

Elle sourit. Dans quoi elle s'embarquait, elle ne savait pas. Mais ça allait continuer, de ça, elle en était sure.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur





Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Ça fait du bien là où ça fait mal (Jill)

Revenir en haut Aller en bas

Ça fait du bien là où ça fait mal (Jill)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POUDNOIR :: 

Détente

 :: Archives :: PN origins :: Poudlard
-