POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

Partagez|

Turning all nights into dawn || Ben

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage



avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 15/05/2011
Parchemins postés : 2381



Pensine
Mon casier judiciaire est: sur le bureau de Crow
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 14PV
Tom Jugson


MessageSujet: Turning all nights into dawn || Ben Dim 23 Fév - 18:33

Le monde ne tournait pas rond et Jugson le savait. Parfois il n'aurait souhaité qu'une chose, le voir et s'en foutre, penser à lui et simplement à lui. A cette famille qu'il essayait de construire, et qui lui semblait parfois totalement déplacée dans ce monde en guerre. Il n'en disait presque rien. Les promesses qu'il faisait avaient souvent valeur de silence. Lorsqu'il allait en Amérique du Sud et qu'il allait voir Lyna, il n'en disait rien. Même si ses gosses avaient moins d'un an, il ne voulait pas qu'ils entendent parler de ça. Le Pérou était un havre de paix qu'il laissait là où il était. Il n'y apportait pas la guerre. Ce n'était pas son but, ni son devoir. A vrai dire, l'endroit n'avait rien d'une place guerrière, mais il était loin. A l'abri de tout et surtout de la guerre qui faisait rage de l'autre coté de l'Atlantique. Ici les bourbistes étaient bien installés et personne ne semblait pouvoir déranger la démocratie. C'était un pays calme et pour élever des enfants, le paradis. Même si avec une certaine inquiétude, Lyna pensait qu'elle ne reverrait jamais l'Angleterre. Tom quant à lui, avec un brin de cynisme, se disait que c'était un miracle qu'elle le revoit à peu près toutes les semaines.  Mais cela il ne le faisait pas remarquer. La plupart des nouvelles arrivaient ici normalement, mais il minimisait la gravité de ce qu'il vivait lui, personnellement. Il ne voulait pas qu'il s'inquiète pour lui. A vrai dire, Tom ne s’inquiétait déjà pas lui même pour sa propre personne.  Il était très lucide sur le fait que ce qu'il faisait était dangereux. Mais ça en valait la peine.

Il avait passé une grande partie de sa vie à exécuter des gens. Désormais, il risquait la sienne pour en sauver. La rédemption lui resterait peut-être inaccessible, qui savait. C'était dur de l'imaginer. Les crimes restaient. Qu'il le veuille ou non. Tom ne cherchait pas à les fuir. Il savait qu'ils seraient toujours dans un coin de son esprit, même si tout ça se finirait un jour. On oublierait probablement de le juger. Les héros n'allaient pas au tribunal. Lui si, il irait. On refuserait. Mais il irait, s'il n'était pas mort d'ici là. Sale temps pour les braves, observa-t-il en revenant à Glasgow. Quelle phrase bizarre. Comme si la pluie épargnait les lâches. Elle était là, simplement, et n'épargnait personne.  Il existait, lui et elle, ils cohabitaient. Comme il cohabitait avec le crime. Avec le fait qu'il ne pouvait plus agir en toute impunité. Cela ne dérangeait pas vraiment Thomas Jugson. Tout se payait dans la vie, il avait fini par le comprendre, et faire avec.  Avant, il se disait que se foutre de tuer était la plus grande voie possible, que tuer était le seul moyen d'affirmer ses idées et que c'était juste si on le faisait pour une cause. C'est avec cette idée qu'il avait créé la Vague. Au fil du temps qui passait, il réalisait qu'il croyait de moins en moins à ça. Au début, il avait eu peur. Peur de devenir faible. Mais finalement, il aimait ce qu'il était en train de devenir. Car en vérité, jamais il ne s'était senti aussi fort qu'aujourd'hui.

En face, ils ne lui avaient laissé aucune chance,  mais il existait encore.  Ca leur ferait trop plaisir qu'il cesse le combat, et il ne leur ferait pas cette joie. Il se battrait, et il tuerait. Sans aucun plaisir. Il tuerait ceux qu'il fallait tuer, sans jamais y prendre plaisir. En face, cela les amusait. C'était un jeu. Mais c'est cela que Tom combattait. La haine. La colère, le fait d'être insensible, la victoire de l'instinct sur la raison. Il n'était pas innocent, c'est d'ailleurs pour cela qu'il était là. Jamais il ne serait en paix, mais vivre ce qu'il avait fait vivre à d'autres gens restait sa punition. Il payait. Pour ceux qui n'avaient plus rien. Pour ceux à qui il avait ôté la vie. Ou l'envie de vivre. Et il construisait, inlassablement, pour ceux qui s'en sortiraient et qui vivraient. Les bonnes actions n'effaçaient pas les mauvaises. Mais le contraire était vrai aussi.  Alors il était là et il luttait. Qu'importait ce que donnerait le lendemain. Il n'y avait pas grand monde au qg lorsqu'il revint, et pour cause, le matin venait de se lever. Le feu mourrait lentement dans la salle principale. Il s'assit sur un fauteuil et contempla les flammes. Une étincelle jaillit en l'air, tel un ange rappelé au paradis. C'était étrange cette solitude. Il y avait pourtant comme comme une fraternité dans la terreur, ici. Mais il était là, seul. Parce qu'il était le chef, celui sur qui tout le monde comptait. Il ne craignait pas la mort. Cela c'était fini. Tom Jugson avait eu plus que sa part d'infortune, et, tandis que les autres priaient pour rester en vie, son propre souhait était bien plus radical - être délivré de tout ceci.  

Il était le chef, celui qui ne flanchait pas. On le disait visionnaire et doué politiquement, et de fait il l'était, car il avait forcé le régime à dialoguer avec lui. Malgré tous les meurtres et toute la haine qu'ils vivaient, le régime était forcé de leur parler : la preuve en était qu'Eris Valverde, et Witcher avant lui, répondaient à ses communiqués. C'était une victoire en soi même. Tom en était fier, et il ne lâchait rien. Il était là, silencieux. Il vieillissait. Vite. En deux ans, il lui semblait en avoir pris dix. Mais il était là. Responsable de tout le monde et de la victoire qui allait venir. Le poids était énorme dans le sens où il devait être intègre. Tout le monde devait l'être finalement, pour pouvoir répondre au régime qui les qualifiait de terroristes. Le minimum de morts, le maximum d'impact. Quelle crédibilité pouvaient-ils avoir s'ils se comportaient réellement comme des terroristes ? La plupart des gens étaient pacifistes et suivaient Tom sur cette idée.

C'est comme ça qu'il était parvenu à l'idée d'une démocratie. Il fallait établir un régime de paix pour montrer que ça pouvait marcher et c'est ce à quoi il travaillait en ce moment. Il retourna à son bureau pour continuer à travailler. Des opérations en cours, il en avait pas mal, mais celle ci était la plus importante. Elle sollicitait la Vague, mais également des moldus et de nombreuses personnes partout dans le monde. Il continua à écrire une bonne partie du matin, jusqu'à ce que Francesco entre et lui donne la Gazette :

« On a un souci. »

Tom fronça les sourcils et s'empara du journal, le lisant avec stupeur. Bien sur, c'était un communiqué de presse, dirigé par le régime, mais on ne pouvait pas inventer des faits.  Voilà, il fallait bien le dire, Limonkov avait encore frappé. Il était habitué à Ben, à sa façon de faire, mais cela il ne l'appréciait pas. Se forçant à rester calme, il demanda :

« Quelqu'un était au courant de ça, ici ? Quelqu'un l'a autorisé à agir ?
- Pas que je sache. Tu connais Benjamin, il fait ce qu'il veut...
- Bon. Trouve le moi. Non, pas de discussion, s'il n'est pas là dans dix minutes, je le trouve moi même et je le tue. »

L'italien prit la sage décision de filer. Tom était à présent d'humeur particulièrement sombre. Il s'acharnait à être honnête et cet abruti flanquait tout par terre. Il maugréa dans sa barbe, au comble du desespoir, et proprement excédé :

« Maudits soient les Mulciber...Oui, entrez ! »

Benjamin apparut dans l'encadrure de la porte. Jugson leva les yeux vers lui et lui donna séchement le journal. Il était dans la colère la plus noire qui soit :

« Tu m'expliques pourquoi tu as encore décidé de mettre à exécution une idée dont tu savais pertinement qu'elle était foireuse et qui ne pouvait que finir rapportée comme ça dans les journaux ? C'est quoi ton plan ? Nous faire passer pour de vrais terroristes ? Félicitations, très réussi. Comment on est sensé promouvoir la paix avec ça ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 24/08/1994
Âge du joueur : 23
Arrivé sur Poudnoir : 05/08/2013
Parchemins postés : 202



Pensine
Mon casier judiciaire est: sur le bureau de Crow
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 12PV
Benjamin Mulciber


MessageSujet: Re: Turning all nights into dawn || Ben Lun 24 Fév - 17:02

Comment tu travailles ? En quoi tu crois ?

Il avait du trainer un peu trop avec Vaas. Ou alors il était encore trop Mulciber. Benjamin n'en savait rien, il existait comme il était et ne cherchait pas de réponse précise à la façon dont il agissait. Ce qu'il avait vécu l'avait rendu comme ça. Le nom qu'il portait l'avait rendu comme ça. Indifférent à tout. Prêt à tout. Marchant sur des routes qu'il ne maitrisait pas, Benjamin Mulciber ne croyait pas en la plupart des choses que défendait la résistance. Qui peut dire : ceci est arrivé, parce que les événements l'ont permis ? Ceci s'est passé parce que, à un certain moment, les faits sont devenus trompeurs et, par leur agencement étrange, ont autorisé la vérité à s'emparer d'eux ? Moi je peux, et je le fais. Vous savez pourquoi ? Parce que c'est vrai. Vous voulez la vérité ? Mon monde s'est écroulé. Deux fois. La première fois lorsqu'il avait failli mourir lui. La seconde lorsque Natasha était morte. Il avait fallu du temps à Benjamin Mulciber pour l'admettre. Mais c'était vrai. La vie était une blague. La plupart des gens ne le savaient pas, et ne voulaient pas l'admettre. Il y avait ceux qui le savaient et qui n'avaient pas le courage d'en rire, comme John. Il y avait ensuite ceux qui comme lui savaient que la vie était une blague et qui maintenant faisaient avec et en riaient. Et puis il y avait une nouvelle catégorie. Celle que Ben n'avait pas vu venir. Celle de Tom Jugson. Rendre sérieuse cette vie qui ne tenait que d'une sinistre plaisanterie. Personne ne pouvait croire en ça. Sauf lui, bien sur, lui, il y croyait fermement et assurément. Il n'arriverait à rien. Que les idéalistes aillent se faire foutre. Ma vie est foutue. Je suis mort. Pourtant il était le même que les années précédentes. Celui qu'il avait été toute sa vie durant. Il n'avait aucune idée de ce que sera son existence. En aurai-je même une, d'ailleurs ?

Il rêvait. La nuit il ne dormait pas beaucoup, normalement. Les cauchemars ne le hantaient pas, d'habitude. Jamais. Sauf le matin. Le matin c'était toujours le réveil qui le faisait fuir. Il ne voulait pas replonger dans cette vie chronique. La vie qu'il voyait partout, des murs de la chambre à son propre lit, à tout, tout ce qu'il voyait, qu'il comprenait et qu'il connaissait. Il se révoltait farouchement contre tout ceci : arbres, fleurs, chiens, oiseaux et plus encore contre les choses, ces murs, ces meubles, ces bibelots, ces vêtements bien rangés dans l'armoire et qui continueraient d'être. C'est la revanche des objets, pas de vie propre mais la vie dure. Alors que lui, en vie aussi, avait tout perdu. Mais là il rêvait. Tes yeux fixés bien droit sur moi, ou sur le vide, je ne sais pas, je ne sais plus. Enfin si, je sais, tu me regardais moi, bien en face, comme on regarde la mort. Je n'ai pas eu le temps de voir si tu souriais. Et puis les derniers mots, les dernières paroles : Si je me tue, tu m’en voudras toute ta vie ?

Il ouvrit les yeux. Natasha. La journée commençait, il ne voyait s'inscrire aucune trajectoire heureuse sur son chemin. Il vivait à vide. Il ne pouvait rien y faire. Sinon se souvenir. Ton dernier regard. Il émergeait d'un autre monde qu'il voulait fuir et s'agrippait au mien. Ma trahison commença alors réellement par ces mots : « Tout va bien. » C'était un mensonge. Le seul. Le premier et l'unique.

Et maintenant ? Maintenant à quoi tu penses, mon vieux ? A mentir, toujours, il y était obligé, plus ou moins, pour survivre. Enfin non, lui se foutait de survivre, il n'était plus à ça près, il était mort, vraiment mort. Il détenait juste une part de la vérité. Une part cruelle et dure, mais qui existait cependant. Oui, vous allez mourir, et tout va être dur. La paix n'existe pas, ou si elle existe, elle sera dure à atteindre. Vous me trouvez détestable ? Le monde l'est. C'est lui qui m'a rendu comme ça. Ca ne lui faisait pas plaisir, il n'aimait pas particulièrement devoir expliquer cela à quiconque. Je suis contraint à une responsabilité qui m’excède. Je n'avais pas envie d'être un prophète. La vérité lui faisait mal comme à n'importe qui d'autre. Mais elle existait. Vous ne voulez pas la voir ? Très bien, je vous la monterais. La haine des sang purs et leur capacité à annihiler tout ce qui est beau. Il évitait le sujet avec Ruth. Là, pour le coup, il ne savait pas quoi faire. Il aurait mieux valu qu'il ne la voit pas, il aurait mieux valu qu'il se taise, qu'il en finisse, tout simplement. Mais il savait que tot ou tard il chercherait à nouveau à la revoir. Ce n'est pas comme si je pouvais renoncer. Mais il ne pouvait pas la garder non plus. Il ne pouvait rien faire. Sinon mentir. Pour elle. Ca ne lui posait pas problème. Peut-être qu'un jour, s'il trouvait le courage de parler, il pourrait la sauver. Il essayerait de le faire, en tout cas. Car il était incapable de la détruire. Il regarda par la fenêtre. La pluie de la nuit s'était arrêtée. Temps sec aujourd'hui. Assez doux. Il ferait beau. La douceur de l'air me fait rêver, à ce qui fut et à ce qui serait si tu étais là . Je sais que cette rêverie n'est qu'une inaptitude à vivre le présent. Je me laisse entraîner par ce courant sans regarder trop loin ou trop profondément. Il savait qu'il ne pourrait rien faire. C'était impossible. Pourtant, il aurait voulu y arriver.

La vie le passionnait encore. Il ne vivait pas que pour la vérité, malgré ce qu'il disait. Mais Benjamin était incapable de créer une autre réalité. Il ne pourrait que détruire celle ci. En attendant il avait provoqué un schisme dans la Vague. On le savait ami avec Jugson, on savait aussi qu'ils ne s'entendaient pas sur tous les points de vues. Il y avait ceux qui jugeaient qu'il fallait commencer par reconstruire une base solide de paix et l'étendre progressivement, le parti de Jugson, et ceux qui croyaient que par tous les moyens il fallait détruire la haine, cette vérité odieuse et ensuite établir la démocratie partout. Quitte à être violents. C'est une guerre que nous menons. Il est trop tôt pour tenir le discours de Thomas.

Aujourd'hui, comme tous les autres jours, il ne savait pas trop ce qu'il ferait. Limonkov faisait partie de la Vague, il devait en être quelque chose comme le numéro deux eu égard à sa célébrité, mais il restait indépendant. En général il agissait de son propre chef. Parfois ça marchait, parfois on le trouvait détestable. En l'occurence, ce jour là, il semblait que Tom le trouvait détestable, car il paraissait furieux, rien qu'à voir le journal qu'il lui jeta limite au visage. Benjamin le regarda d'un air blasé – rien ne semblait jamais l'atteindre, ce qui pouvait facilement le rendre détestable :

« La paix ? Quelle paix ? Te fous pas de moi, Tom, tu sais très bien qu'on ne défend pas la paix. Que le seul truc qu'on met en valeur, c'est d'essayer de les détruire. C'est pour ça que je me bats. Pour les détruire, tous, un par un, jusqu'au dernier. Est-ce que je suis un type bien ? Je m'en fous. J'ai rien à perdre, contrairement à eux. Alors je suis peut-être un terroriste, oui. C'est possible. Mais c'est comme ça qu'on gagnera. »

Provocateur ? Oui, il l'était, mais il n'avait pas envie qu'on l'accuse. Il faisait ce qu'il pouvait, et il avait déjà du mal avec sa propre conscience. Il maugréa :

« De toute façon, elle ment, elle y était, ça fait donc un survivant, je suis pas tant un monstre que ça. »


Il regretta immédiatement ce qu'il venait de dire. C'était la seule chose qu'il ne voulait pas admettre devant Tom. Tout pouvait passer, mais pas ça. Et Ben le savait, maintenant, il allait avoir des tas de problème.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 15/05/2011
Parchemins postés : 2381



Pensine
Mon casier judiciaire est: sur le bureau de Crow
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 14PV
Tom Jugson


MessageSujet: Re: Turning all nights into dawn || Ben Mar 18 Mar - 8:58

Tom Jugson, chef d'une résistance unie. Voilà ce à quoi on aurait pu résumer l'objectif numéro un du leader de la Vague. Son objectif numero deux étant bien sur la victoire, et ces deux objectifs n'étaient que les moyens du troisième, à savoir en l’occurrence une paix instaurée autour d'un régime démocratique. Tom Jugson se foutait éperdument d'en être le chef ou non. A vrai dire, il ne comptait même pas en devenir le chef. Il avait déjà donné dans la politique, et il jugeait que c'était un nid à serpents. En fait, c'était peut-être simplement le pouvoir qui faisait cela. L'idéologie puriste, cela faisait longtemps qu'elle ne comptait plus, il s'agissait juste de tyrans qui essayaient de se maintenir au pouvoir par tous les moyens. En tuant des gens, même pas parce qu'ils avaient la nécessité de le faire, mais bien parce qu'ils pouvaient le faire, ni plus ni moins. Tom n'avait jamais aimé tuer, il détestait cela. C'était quelque chose qui lui faisait peur, car c'était symptomatique de la violence qui existait en lui. Une violence venue du fond des ages, qu'il ne parvenait pas à controler. Enfin non, pas du fond des âges, il savait qu'elle venait d'Azkaban. Il se souvenait de la peur, et curieusement l'associait au régime : cette peur contenue dans cette saloperie de prison s'était généralisée au monde. Il n'y avait plus aucun moyen de s'en sortir si on s'enfermait dans le régime, Tom Jugson ne pouvait pas l'ignorer. Et pourtant la peur dominait. Cela faisait partie de leur plan. Diviser le monde entre les bons et les méchants. Classique. Lutte entre le Mal et le Bien. Ils n'avaient pas encore compris que le monde ne pouvaient se diviser entre mangemorts et terroristes. Mais dans ce monde, il y a vaitdes choses insupportables. Pour le voir, il fallait bien regarder, chercher. La pire des attitudes était l'indifférence, dire : "Je n'y peux rien, je me débrouille". En se comportant ainsi, on perdait l'une des composantes essentielles qui fait l'humain. Une des composantes indispensables : la faculté d'indignation et l'engagement qui en est la conséquence. Jugson savait que le résultat n'était pas parfait, il savait qu'il n'arriverait pas forcément au bout de son engagement, qu'il s'y était mis tard et qu'on pourrait le juger. Mais qu'importait, il fallait bien que quelqu'un essaye.

Ca viendrait, il en était convaincu, en réveillant les foules. Pour cela il avait un plan et ne s'en cachait pas. Il croyait au peuple. Autant qu'il savait qu'en face ils s'en méfiaient. Il n'est pas de force au monde qui puisse endiguer le flot révolutionnaire quand il monte, et toutes les polices du monde, quels que soient leur machiavélisme, leurs sciences et leurs crimes, sont à peu près impuissantes. Qu'ils parviennent à retourner la situation, et c'en était fini du régime. Il le savait, et c'est ce qu'il essayait de faire. Il n'y avait qu'un moyen de s'en sortir. Si l'accusation se base sur un faux, ne pas s'en indigner : la laisser plutôt s'enferrer avant de la réduire à néant. Voilà quel était le principe que Jugson appliquait, tout en travaillant à la révolution en parallèle. Oui, la révolution.

Opération R.
Opération Reconquista.
Opération Revanche.
Opération Requiem.
Opération République.
Opération Révolution.

Personne ne pourrait les arrêter. Il avait rédigé la constitution entière. Il avait obtenu l'accord de l'Ordre du Phénix et la quasi-assurance que les indépendants viendraient avec eux. La majorité des moldus se tairait et se planquerait. Il ne leur en voulait pas, c'était normal d'avoir peur. La majorité des sorciers était pour l'intendance, ou contre la résistance – ce qui n'était déjà pas la même chose : contre eux voulait surtout dire qu'ils avaient peur. Mais évidemment, la propagande avait bien fait son œuvre.

La paix et la probité était leur seule option, finalement, la seule et unique qu'ils pouvaient prendre, et s'ils ne le faisaient pas ils mourraient. Tom le savait, ils ne pourraient pas gagner : prouver que le régime avait tort était leur seule chance de victoire. Il ne s'agit pas d'être bon ou de faire le bien, mais de mener une vie qui ait de la signification et qui porte une responsabilité, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Voilà ce qu'il disait, et le discours de Limonkov l'emmerdait et l'épuisait profondément, car si dans ses rangs on ne le suivait pas, alors il ne gagnerait pas. Personne ne gagnerait.

« Tu crois vraiment à ça ? Oui, tu y crois, bien sur. Une utopie la paix ? J'ai une constitution écrite. L'Ordre du Phénix est avec moi, pas mal de freelance aussi. Je dois rencontrer les indépendantistes écossais, des moldus, tout à l'heure. Quand nous serons unis, nous pourrons préparer l'opération R. Tu veux connaître l'objectif final, Benjamin, celui pour lequel on bosse tous ? Prendre Glasgow, les jarter de là. Et ensuite proclamer une république, un truc démocratique. Pour enfin tous les supprimer. Une utopie, la paix ? Dans le monde de Limonkov, peut-être, mais on ne doit pas vivre dans le même ! »


Mais Benjamin ne l'écoutait déjà plus. Il prononça des mots que Jugson ne comprit pas, ou qu'il comprit trop bien. Elle était là. Elle l'avait vu. Il sentit la colère monter. La vieille colère aveugle, et haineuse :

« Vivante ? Tu veux dire qu'elle était là...et que tu l'as épargné? »


Il se leva, et tirant d'un mouvement souple sa baguette, il lança un sort sur Ben. La rage l'aveuglait, il ne se maitrisait plus : le sort manqua Limonkov et heurta la vitre, qui explosa.

« Tu es devenu dingue ? Tu as une mangemorte sous la main, et tu ne la tue pas ? Oh, attends. Tu as choisi de l'épargner. Tu l'as même revue. Tu couches avec, Ben ? C'est ça ? Tu lui files des infos ? Peut-être même que tu nous espionne ? Hein ? Regarde moi. Je vais te tuer sur place, je te jure ! »


Dernière édition par Tom Jugson le Lun 31 Mar - 16:06, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE POUDNOIR

| STAFF DE POUDNOIR
avatar
Date de naissance du joueur : 22/01/1990
Âge du joueur : 28
Arrivé sur Poudnoir : 09/07/2007
Parchemins postés : 5408



Pensine
Mon casier judiciaire est: Rien à reprocher
Mon niveau magique est:
Ma résistance magique est de:
Admin


MessageSujet: Re: Turning all nights into dawn || Ben Mar 18 Mar - 8:58

Le membre 'Tom Jugson' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Sorcier Adulte' :

Résultat :

____________________________________
Administrateur.
Poudnoir 2014 Action !!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.poudnoir.com



avatar
Date de naissance du joueur : 24/08/1994
Âge du joueur : 23
Arrivé sur Poudnoir : 05/08/2013
Parchemins postés : 202



Pensine
Mon casier judiciaire est: sur le bureau de Crow
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 12PV
Benjamin Mulciber


MessageSujet: Re: Turning all nights into dawn || Ben Lun 31 Mar - 16:09

Est-ce que Ben Mulciber était un connard sans intérêt qui ne pensait qu'à sa gueule ? C'est ce qu'il aurait aimé faire croire, et c'est ce qu'il aurait aimé croire. Ca aurait été bien plus facile pour tout le monde s'il s'en était foutu. Mais la vérité, c'est qu'il ne s'en foutait pas, il n'y arrivait pas. Dieu s'en foutait. Ca, c'est bien vrai, il s'en fout, on peut crever, mais moi...moi, non, je n'arrive pas à m'en foutre, pas plus que je n'arrive à me foutre que je m'en fous, les rares fois où c'est le cas. Pourtant, il aurait adoré que ce soit le cas. Par exemple à Glasgow. Il connaissait les gens du coin et il connaissait leur misère. Il ne pouvait pas l'ignorer. Aussi longtemps qu'il y aurait de la misère, aussi longtemps qu'il n'y aurait pas d'éducation convenable, aussi longtemps qu'il n'y aurait pas de chances d'arriver où que ce soit; aussi longtemps que les gamins des environs n'auraient pas de père et seraient en quête d'un groupe auquel appartenir, il y aurait des bandes et on aurait besoin de flingues. La vie était triste, mais la vie était simple : ce n'était pas le problème de Ben, pas son combat et il aurait pu passer à coté. J'ai été à bonne école, pourtant l'école des salauds, comme les mangemorts, et puis Vaas. Peut-être qu'il ne fréquentait pas assez celui ci – Tom disait pourtant qu'il le fréquentait trop. Benjamin ne savait pas quoi penser. Limonkov ne raisonnait pas comme lui, mais d'une manière proche de la sienne, ce qui était très différent, réellement. Sa guerre, la vraie, pas la résistance, la résistance était autre chose de plus grand, avait été la même que pour les mangemorts, pourtant, il n'avait pas la même réaction qu'eux. Vous autres, les gars, vous revenez de la guerre, et parce que vous en avez réchappé, vous pensez que tout et tout le monde doit se mettre à genoux devant vous. Tout vous est dû, dans un joli paquet cadeau, avec un ruban autour, rien que pour vous. Parce que vous avez survécu, vous croyez que vous êtes immortel. Mais je vais vous dire un truc : c’est juste un répit qu’on vous a accordé. Un simple répit.

Il essayait de faire de son mieux, de son mieux, vraiment, pour s'en foutre, car ça rendait dingue, tout ça. La mort, toujours. Et puis ça aurait plus simple. Vraiment. Ruth aurait pu le plaquer, et le détester, se reconstruire en le haissant : ça faisait mal mais ça passerait. Lui aurait pu rire à nouveau et oublier Natasha. Il aurait pu lutter à armes égales contre les mangemorts. Ouais, il aurait pu. Sauf que Limonkov, toute grenade dégoupillée qu'il était, ne parvenait jamais réellement à s'en foutre. Il ne pouvait pas laisser Ruth, pas plus qu'il ne pouvait laisser tomber Tom, même si la plupart du temps il ne pigeait pas la moitié de ses idées et le considérait comme totalement déconnecté de la réalité. Jugson pouvait avoir de bonnes idées, mais l'idéalisme qu'il décriait tant chez Ronald Weasley avait fini par lui tomber dessus. En gros, il vivait dans un monde où il pourrait ramener la paix sans sacrifice. Une connerie. Pourquoi est-ce que je serais incapable de me foutre du fait qu'on tue des gens si on n'avait pas besoin de les tuer ? Oui, ils tuaient des gens, et ils en perdaient dans leur camp. Ce n'était pas de ne pas tuer qui que ce soit qui faisait l'humanité de la résistance, mais bien le fait qu'elle avait conscience de ce qu'elle faisait. Comme Ben. La fierté de Limonkov, c'était qu'il faisait partie des gens qui ne s'en foutaient pas. Contrairement au reste de sa famille.

Il ne pouvait pas les sauver, et de ça non plus, il ne s'en foutait pas. Même s'il aurait aimé essayer. Il est trop tard, beaucoup trop tard, tu peux faire ce que tu veux, tu ne reviendras pas en arrière, c'est fini, Benjamin. Il pouvait essayer, il se foirerait. Tout le monde avait ses utopies, alors qui disait que Tom Jugson ne réussirait pas ? La moindre des choses étaient de reconnaître qu'il avait travaillé à la sienne. Réaliste ? Ben n'en savait trop rien, mais tous les plans suicidaires l'intéressaient. Tous. Il tenta d'en caser une, sauf que Jugson embrayait déjà sur autre chose.

Avait-il voulu parler de Ruth ? Non. J'aurais du fermer ma grande gueule d'abruti, franchement. Car Jugson semblait bien énervé, sur le moment. Un traitre, lui ? Benjamin voulut protester, mais déjà le chef de la Vague partait en live. La verrière explosa, Ben bascula de sa chaise.

« Tom ! Ecoute moi ! »

Mais l'autre continuait à parler et à monter en puissance.

« Thomas ! BORDEL ! »

Le sort partit par réflexe, pour se défendre. Un diffindo bien exécuté, et Jugson n'eut la chance de rééchapper à une cicatrice en plein visage qu'en levant ses mains pour se protéger. Le silence revint et Limonkov put en caser une :

« On se calme, OK ? »

Il se rassit et continua :

« J'ai vu Ruth, oui. Oui, j'aurais pas du oui. Mais j'ai aucun putain de compte à te rendre, Tom Jugson, et jamais je ne lui aie parlé de nous. Jamais. Alors tu peux faire ce que tu veux, mais tu m'interdiras rien. »

Il savait que Jugson le prendrait mal, mais Ben avait l'habitude de mettre les pieds dans le plat. Il termina :

« Parle moi de ton idée, plutot. L'opération R. »


Dernière édition par Benjamin Mulciber le Lun 31 Mar - 17:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE POUDNOIR

| STAFF DE POUDNOIR
avatar
Date de naissance du joueur : 22/01/1990
Âge du joueur : 28
Arrivé sur Poudnoir : 09/07/2007
Parchemins postés : 5408



Pensine
Mon casier judiciaire est: Rien à reprocher
Mon niveau magique est:
Ma résistance magique est de:
Admin


MessageSujet: Re: Turning all nights into dawn || Ben Lun 31 Mar - 16:09

Le membre 'Benjamin Mulciber' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Sorcier Supérieur' :

Résultat :

____________________________________
Administrateur.
Poudnoir 2014 Action !!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.poudnoir.com



avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 15/05/2011
Parchemins postés : 2381



Pensine
Mon casier judiciaire est: sur le bureau de Crow
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 14PV
Tom Jugson


MessageSujet: Re: Turning all nights into dawn || Ben Jeu 3 Avr - 15:36

Il n'y avait pas plus différents que Jugson et Mulciber. Une famille d'intellectuels contre une famille de guerriers. Une famille de modérés contre une famille de traditionaliste. Le progrès contre la barbarie. La droiture contre la traitrise : tout remontait à l'affrontement initial entre Julian Outlander et Denis de Mull Cair Bren. En 980. Les sangs purs avaient la mémoire longue et la rancune tenace. Jamais ils n'avaient oublié et jusqu'aux pères de Tom et John, la haine était resté vive. Même dans l'amitié elle durait à cause des différences.  Et il était difficile d'ignorer que Tom et Ben en particulier, étaient réellement dissemblables. Nés à la même époque, l'un était un juriste, l'autre un soldat. Étaient-ils si dissemblables ? Étaient-ils si différents ? Ils avaient connu les mêmes douleurs, les mêmes doutes, les mêmes guerres, les mêmes obscurcissements. Ils connaissaient tous deux la même peine, la même colère. Ils avaient des passions variables et des attaches constantes. Ils étaient les mêmes : c'était le temps, une époque, une période, et un goût commun pour une vision plus moderne du purisme – intellectuellement modérée pour Tom, populaire donc modérée puisque intégrant le plus de sorciers possibles pour Ben – qui les avait formé. Fils du temps, donc, étaient-ils frères ? Tom ne pouvait pas le nier, pourtant, il avait toujours admiré Ben : mais il n'était pas ami avec les gens qu'il n'admirait. Qu'étaient donc les gens sinon l'espoir qu'il plaçait en eux ? Limonkov avait beau être ou paraître un salaud désabusé, il n'en était pas tout à fait un, pas vraiment. Tom n'y croyait pas. Il détestait l'attitude de poseur que pouvait avoir Benjamin quand il le voulait, ce doute constant, cette idée que rien ne pouvait marcher. Jugson avait pu avoir cette idée là, lui aussi, au départ, il ne le niait pas : qu'ils faisaient un ultime baroud d'honneur et que désormais ils allaient lutter pour lutter, qu'ils ne gagneraient peut-être pas, mais qu'ils auraient essayé. Il savait qu'il pouvait y laisser la peau : il voyait, de temps en temps, les ombres qui le guettaient, le suivaient. Il avait renoncé à les chasser, il se contentait de les semer. Même s'il n'avait pas d'espoir, même s'il devait perdre ce combat, d'autres le gagneraient. Tous les autres.

Quant à Ben, il serait de ceux là, qu'il le veuille ou non. Il comprendrait, un jour, Tom n'en désespérait pas. Il allumait les feux, il parlait de sa mort. Mais le visage de Limonkov était fait pour rire. Benjamin ne le voyait pas ; Jugson, lui, si. Lui n'était pas capable de rire. Il était une sorte d'intellectuel austère, sans doute bienveillant, mais austère, trop austère pour inspirer autre chose que le respect. Benjamin jouait aux durs : il était meilleur qu'il ne le croyait, et c'est ce qui agaçait profondément Jugson. Il aurait aimé qu'il en prenne conscience, pas qu'il...qu'il quoi, d'ailleurs ? Qu'il couche avec cette fille. Voilà d'où venait la colère qu'il éprouvait. Il ne pouvait pas la controler.  C'était étrange. Il fallait bien l'admettre. Pour un homme qui prétendait ne rien vouloir imposer et laisser les gens libres, Jugson n'appliquait pas beaucoup ce principe. Mais c'était différent, se justifiait-il, c'était forcément différent. Ce n'était pas le fit que Ben sorte avec quelqu'un qui lui posait problème, c'était la personne avec qu'il sortait. Il mettait en danger tout le monde. Qu'il parle, et c'en était fini. Ca n'engageait pas que lui : et pour sauver le mouvement, il était prêt à sacrifier une ou deux personnes. Puis il fallait bien l'avouer, la  colère, la folie, celle d'Azkaban, l'avait gravement atteint. Il ne se controlait plus, par moment, et seule la douleur pure causée par l'attaque de Ben parvint à lui faire entendre raison. Il se rassit épuisé.

C'était vrai. Il n'avait jamais eu la moindre autorité sur Ben, il le savait. Ce dernier était toujours indépendant. En revanche, il pouvait agir sur Ruth. Qui lui en voudrait, qui pourrait lui reprocher cela ? Elle était une mangemorte. C'était légitime qu'il l'attaque. Il  ne dit rien. Il saignait toujours et arrêta le saignement d'un coup de baguette magique. Limonkov embrayait déjà sur la constitution et l'opération R. Jugson saisit son manteau et se contenta d'un :

« Viens. »

Laconique. Ils sortirent du QG et transplanèrent directement. Pas question de marcher : maintenant, sauf dans les zones de non droit, comme dans les banlieues pourries, genre celle de Glasgow, où ils allaient, ils étaient recherchés partout. Ils arrivèrent dans une petite ruelle sombre.  Une bise glaciale soufflait du fleuve tout proche, faisant fuir les chats errants vers les caves chauffées. La pluie de début avril cinglait par rafales les fenêtres obscurcies par la nuit. Jugson et Ben passèrent à coté d'un homme. À genoux sur le bord de la chaussée, la respiration haletante, il crachait du sang et se demandait s’il n’avait pas une fracture du crâne. Fonçant à l’aveuglette, tête baissée, il s’était écrasé le front contre un poteau électrique. Ils passèrent sans s'arrêter, c'était la règle ici. La misère régnait ici. La pure misère, et pourtant, ils y avaient rendez-vous. Ils s'arrêterent devant l'établissement que Ferguson lui avait indiqué. La sandwicherie était minuscule, à peine plus profonde que sa devanture peu engageante, avec, accrochée dans la vitrine, une ardoise annonçant qu'on y servait du thé et des sandwiches à la mayonnaise. Des ouvriers en bleu de travail poussiéreux se pressaient devant la devanture, mais un colosse gardait l'entrée. L'atmosphère était poisseuse, pleine de fumée grasse. Un cerbère de deux mètres gardait la porte. Mais il savait qui ils étaient. Jugson n'eut pas besoin d'expliquer, on le laissa entrer. Il expliqua à voix basse à Ben :

« L'opération R est un projet commun. Je rassemble tout ce que le régime hait. J'ai déjà des moldus avec moi, des indépendantistes écossais. Là, on voit Sheldon Ferguson. C'est le type le plus influent dans la banlieue de Glasgow, il fait la loi dans les gangs. Il est fou, mais il déteste tout le monde. On peut tenter le coup. »

Au fond de la salle, un homme aux cheveux gris. Grand, glabre. Deux petits yeux perçants aux pupilles grises, des cheveux gris assez cours. Ses rides marquaient tout aussi bien son age que sa fatigue tant physique que morale, notamment une permanente et très marquée ride du front, marque d'une longue inquiétude. Dans ces yeux, il y avait l'empreinte flétrie de l'espoir défunt et il y avait une porte fermée. Celle de la bonté. Pourtant il semblait savoir rire. Les rides du lion et les pattes d'oies qu'il avait démentaient l'impression de froideur qu'il transmettait. Il leva les yeux vers eux.

« Ah, l'emmerdeur est revenu. Putain, Tom. Je voulais pas te voir. T'as quand même causé avec McLear, merde. Et en plus elle t'as dit oui.
- J'ai besoin de tout le monde, Sheldon, vous le savez bien.
-  Ouais, ouais, moi j'ai besoin d'une bière, encore. On a tous besoin de quelque chose, alors, bon...

Le bar était petit et exigu, et les dalles de caoutchouc noir du sol sentait la bière éventée, la suie mouillée et la sueur.  Les hommes qui buvaient là le faisaient depuis des décennies. Ils se muraient à l’intérieur avec leurs pressions à une livre, leurs œufs marinés et leurs attitudes figées, et faisaient comme si le monde extérieur n’avait pas changé. C’était des ouvriers du bâtiment qui travaillaient dans le même rayon de huit kilomètres depuis qu’ils avaient leur carte syndicale, c’étaient des contremaîtres des docks, de l’usine de General Electric, de Sears ans Roebuck, des chomeurs, surtout des chomeurs. Ils faisaient passer leur whisky bon marché avec de la bière excessivement froide à onze heures du matin et regardaient la cassette du match Celtic-Rangers de l'année d'avant. Ferguson promena un regard tranquille sur cette petite population et lança à Jugson un regard amusé :

« Tu détestes ça, hein ? Ca se voit. Je t'en veux pas. Je comprends un peu. Dieu sait combien j'aime cette ville ! Combien j'en suis fier !  Tu n'en vois que le climat pourri, les murs lépreux et les filles vulgaires...moi je vois l'endroit où j'ai grandi. Ma putain de vieille bonne ville. Rien que ça.
- Ce n'est pas un crime, je suppose, même si vous en avez commis quelques uns.
- Ah, oui. Je dois me repentir, putain ? Vrai, vous avez une gueule de précheur. Mais je ne me confesse pas.
- Je sais. Vous avez réfléchi, ou pas ?
-Ouais. Ouais, j'ai réfléchi. Et je vais dire non.
- Ah. Je m'en doutais un peu. Qu'est-ce qui vous a poussé à refuser ?
-Tout ce putain de pays est plein de gens méchants, malheureux, paumés, qui ont les boules, et il n’y en a pas un seul qui ait l’intelligence de prendre en main sa situation avec honnêteté. Ils parlent d’époques plus simples – avant le sida, le crack, les bandes, les communications de masse, les satellites, les avions, l’effet de serre – comme si c’était quelque chose à quoi ils auraient la possibilité de retourner. Et comme ils n’arrivent pas à comprendre pourquoi ils sont tellement à côté de la plaque, ils trouvent quelqu'un sur qui rejeter la faute. Les Nègres, les Juifs, les Blancs, les Chinetoques, les Arabes, les Russes, les proavortement, les antiavortement… et quoi d’autre encore ? Les bourbistes, les moldus, les sang-de-bourbe, Sheldon Ferguson, les indépendantistes, les petites frappes ? Ouais. Ca se peut. Avec ou sans votre putain de sorcier en chef, c'est toujours comme ça. Pas mon problème.
- Vous êtes un sacré connard, Sheldon.
- Tu peux pas dire ça, Tom, vraiment pas. J'ai quarante-huit ans, j'ai un revolver, et je vais dans des secteurs à gangs tous les soirs, je suis le chef d'un gang, mais je suis le seul à ne pas rien faire, ici. J'enfonce des portes à coups de masse dans des cités qui ont des odeurs qu'on ne peut même pas rêver d'identifier. Je passe des portes, et il y a des gens qui me tirent dessus, et des enfants qui pleurent, et des mères qui hurlent, et quelqu'un qui se fait arrêter ou quelqu'un qui se fait tuer. Et, ensuite, ensuite je rentre chez moi dans mon petit appart merdique et je mange de la bouffe au micro-ondes, et je dors jusqu'au moment où je dois me lever et recommencer.  Chacun doit régler ses problèmes. Le mien c'est Glasgow. Je suis peut-être un connard. J'ai été un mec super, autrefois. Demande à ma femme.  Avant que les factures arrivent. Avant que les boulots partent. Et que l'avenir devienne un sale mot pour rire jaune, désignant tout ce que j'aurais jamais. J'ai pas toujours été le connard. Je le suis devenu.

-...
-alors, Tom, tu vas faire quoi ? Me foutre sous impero, comme tes potes ? Vous et vos putains de baguettes, je vous jure...
- Et la votre,Sheldon ?
- Quoi, la mienne ?
- Votre baguette, elle est où ? »

Pour la première fois, il vit Sheldon sourire. Jugson continua :

« Je m'en suis un peu douté la première fois qu'on s'est vu. Tout vos petits copains avaient peur de moi. Les moldus nous craignent. Le régime leur bourre le crane avec ses idées pour nous faire passer pour dingues. Et vous, rien. Par contre, vous me parlez d'impero, et de baguette magique. Vous êtes quoi ? Né-moldu ? Cracmol ? »

Ferguson secoua la tête.

« Ecossais. Indépendantiste. Je pratique pas la magie.
- Mais vous la connaissez.
- Ouais. J'étais à Poudlard. Pis y avait Mulciber. Le Ministre. Pauvre connard. Pauvres tarés. Les types comme moi...
- Vous étiez né-moldu ? »

Sheldon lui lança un regard dur :

« Je déteste les gens comme vous. Personne n'a jamais rien fait. Même vous, les bien pensants, les Dumbledore. Ils me haissaient, et j'ai payé. Tu sais ce qu'ils ont fait à Mary McDonald, lui et Rogue, et Avery ? Non, tu sais même pas qui était Mary McDonald, évidemment. Et personne n'a rien fait. Bourbistes ? Connards. Je veux pas entendre parler de vous, votre problème est insoluble.
- Ce n'est pas vrai et vous le savez. Bientot ils arriveront, Sheldon. Ils tueront les moldus aussi bien que les sorciers : ils ont anéantis les gens comme vous, ils vous prendront ce que vous avez.
- Et vous, vous me donnerez quoi ?
- Vous le savez. La République. Glasgow, leader du monde libre, capitale d'un état indépendant. Une république. Tout ce que vous défendez.
- Sauf l'indépendance.
- Ca viendra. Si vous nous aidez. »

Sheldon soupira. Il ne dit rien, un petit moment, puis il reprit la parole pour demander :

« Il est quel heure ?
-Tard. Pourquoi ?
- Parce qu'il est l'heure de boire, j'ai besoin d'alcool. Barman !
-Ouep ?  
-Trois whiskies. Tom, je paye un verre avant la guerre. »

Jugson approuva. Il regarda Ben, qui lui sembla approuver en retour. La machine de guerre était lancée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur





Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Turning all nights into dawn || Ben

Revenir en haut Aller en bas

Turning all nights into dawn || Ben

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POUDNOIR :: 

Détente

 :: Archives :: PN origins :: Monde adulte
-