POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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You see I met the devil...|| DSC

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Pr Atticus Grey


MessageSujet: You see I met the devil...|| DSC Mer 26 Mar - 17:56

Atticus Grey, ou l'homme le moins indiqué du monde pour faire des conférences devant un parterre entier de professeurs de magie noire venant à l'université de Londres, spécialement pour l'entendre, pourtant. Sans doute parce qu'il proposait une vision innovante des choses, et de sa matière, on acceptait de lui passer son caractère infernal, qui pourtant parfois jouer beaucoup contre lui. Cela était principalement du au fait que contrairement à la plupart des professeurs qu'il cotoyait, il n'était pas sang pur.  Il s'était imposé dans un monde qui ne voulait pas de lui, un monde où les exceptions, comme lui, étaient rares. Samuel Maxwell en était une, Roger Maxson, avec lequel il parlait aujourd'hui, une autre. Ils faisaient face à des intellectuels comme les Randolph Mulciber, aujourd'hui décédé, heureusement, – Atticus préférait largement son fils – comme les Menroth ou encore les Edward Sallow, actuel professeur de Magie Noire de l'Université Magique de Londres. L'immense majorité du monde intellectuel de la magie noire était composé mages noirs ou de gens qui se prenaient pour des mages noirs, qui en devenaient risibles à force de véhémence. Tous les pseudo-intellectuels tout juste bon à débattre et jamais à pratiquer. Le mépris d'Atticus Grey était réel pour ces gens là. Sans doute parce qu'il était sang mêlé et qu'il ne venait pas du même monde. Notre monde est celui qui existe dans les fissures du vôtre. Nous, on peut vous voir à travers ces fissures, mais vous, vous ne nous voyez que rarement, du coin de l'œil, fugitivement, avant qu'on disparaisse.En avançant, votre monde nous a laissés en arrière. Et vous nous avez oubliés. Mais on est toujours là. Oubliés ? Oui.Sans importance ? Non. Parce qu'on connaît la vérité sur vous. Sur ce qu'était le monde d'avant. Sur la façon dont il a changé. Sur ce qu'il est devenu. Qu'on ne s'y trompe pas : Atticus Grey était bien puriste. Ce qu'il formulait là était moins une critique aigue et volontaire d'un monde intellectuel et scientifique qui croyait que la culture le rendait supérieur et pouvait donc raconter ce qu'il voulait, se croire supérieur et se fermer au monde qu'une critique du purisme. En réalité, il croyait en la supériorité du sang, mais de manière plus générale : en gros, il lui suffisait de savoir que comme sorcier il était supérieur aux moldus. Au départ, il avait adheré à cette thèse par provocation, comme il avait commencé la magie noire parce qu'elle était interdite.

Au final, il en avait fait une lutte personnelle. Combien de fois ne me suis-je pas étonné, n'ai-je pas éprouvé un sentiment de colère ou de malaise, lorsque je constatais au cours d'un débat public qu'un expert proférait une contrevérité et que celle-ci passait comme une lettre à la poste ? Je ne parle pas ici d'une erreur mais d'un mensonge volontaire et assumé par son auteur. Dans ce cas, le spécialiste invité pour éclairer le public le trahit et ne remplit pas sa mission. Moi qui ai toujours craint de ne pas être suffisamment précis ou exact,de faire une erreur et qui suis mortifié s'il m'arrive d'en faire une, je suis estomaqué par tous ce intellectuels et experts qui n'ont pas de scrupules à employer des arguments de mauvaise foi, à énoncer des contrevérités, afin d'emporter l'adhésion. Il détestait cette petite communauté, fermée sur elle même, qui voyait moins sa matière comme une manière de briller et d'exister que comme un domaine d'etude. Il avait donc détesté, pour ainsi dire, le fait que Larsen Menroth devienne directeur du département des Mystères. Car ce type là, s'il était brillant, sans doute, quoiqu'on pouvait en douter, pensait uniquement à prouver qu'il était le plus fort. L'aura de mystère qu'il s'acharnait à répandre autour de lui – déjà, le fait que le département des mystères s'appelle comme ça révoltait Atticus Grey -  dégoutait le vieux professeur. Il était naturellement grincheux et n'aimait pas grand-monde. Mais cela ne l'empêchait pas de toujours inviter les mêmes professeurs qui le traitaient de grincheux et vieux con dans son dos, ni d'inviter encore et toujours les officiels du Ministère qui voulaient venir.

Quand bien même il s'agissait d'un français de sang-pur détestant ouvertement la magie noire et l'école où Atticus enseignait. Dans la mesure où le professeur n'avait pas non plus beaucoup d'estime pour ses élèves – il en avait assez d'avoir des débiles qui venaient frapper à ces cours de facs – ça ne lui posait pas problème. Atticus Grey était, contrairement à ses collègues, bien plus ouvert au débat que ne le voulait la tradition. Et il admettait qu'il pouvait avoir tort. A mon âge, de toute façon, ça ne change pas grand-chose. Il réitérait donc souvent ses conférences pour démocratiser la magie noire. Aujourd'hui, justement, il en avait une à Londres, devant l'intégralité des sociétaires de l'Académie de Magie Noire du Commonwealth, présidée par le même Edward Sallow déjà cité. L'amphithéatre Albert Cole était déjà plein lorsqu'il arriva. Atticus ne dépareillait pas dans cette auguste assemblée. Pour une fois, il avait renoncé à ses vêtements dépareillés et avait repris un costume sobre et classique. Il salua quelques confrères, dont Roger Maxson, avec qui il parla un moment.

« Sallow est dans le coin ?
-Il paraît qu'il doit faire un discours avant moi. Ca va se borner à une énumération de titres ronflants et à des remerciement barbants.
-Tu exagères, Grey. Aldureen te laisse organiser ta conférence. Et on ne peut pas ne pas remercier De Saint-Clair.
- Oh, je crois qu'il s'en passerait très bien. Au moins il y a un buffet, il pourra oublier nos gueules d'empeigne. Quant à Aldureen...elle est présidente de l'Université, c'est son rôle d'organiser des conférences avec des invités plus prestigieux que de vieux barbons comme Edward Sallow.
-Il est brillant, tu sais...Tu as entendu la rumeur comme quoi il a une légion d'inferi ?
-Conneries, il est même pas foutu d'en créer un seul. Ah, il commence, attendons. »

Et effectivement, le président de  l'ANMC commençait. Il remercia dans une longue litanie les organisateurs, les invités, déclara le privilège d'avoir cette conférence, proclama son intérêt scientifique pendant que Grey levait les yeux au ciel et maugréait : « ta gueule, t'y connais rien à la science », avant de terminer en appelant le docteur Atticus Grey, sociétaire de l'ANMC, professeur honoraire de magie noire de l'université magique de Fayetteville, et professeur de Magie Noire à l'école Poudlard. Il y eut des applaudissements et Grey monta au pupitre, ne serrant pas la main de Sallow. L'antipathie entre eux venait non seulement de leur divergence de vision de la magie noire, mais également d'une haine personnelle.

Grey commença donc sa conférence dans un silence tranquille :

« Lorsque j'ai réfléchi à l'intitulé de cette conférence, j'ai pensé à la démocratisation de la magie noire. On m'a reproché de manquer d'originalité depuis mon dernier livre. C'est peut-être vrai. Ou alors, c'est qu'on n'a pas assez lu mon livre et qu'il faut que je me répète, car le problème n'a pas changé.

Le problème, c'est que la Magie Noire est un art mort. Quoi ? Vous ne me croyez pas ? Regardez l'âge que j'ai. Regardez votre âge. La plupart des plus éminents mages noirs de notre temps ont plus de cinquante ans. Pourquoi ? Deux causes.

Premièrement, l'interdit intéresse toujours plus les gens que ce qui est autorisé. J'ai étudié la magie noire parce que j'étais un ado rebelle qui ne voulait pas étudier ce que ses profs lui disaient. Nous venons d'un temps où étudier notre art était un acte de révolte parce qu'il était interdit. Aujourd'hui, la magie est puissance. La magie noire est autorisée, obligatoire. C'est une bonne chose pour répondre à d'autres points que je verrais plus tard, mais elle draine en cours des tas d'élèves qui ne sont pas intéressés, voire des abrutis qui iront ensuite en fac sans avoir le niveau.

Deuxièmement, la magie noire est un art mort à cause de l'image qu'elle renvoie. Grosso modo, elle est vu comme une magie visant à faire le mal, qui s'apprend facilement et qui de plus est élitiste. Et ça, c'est lié directement à nous. Nous mettons en exergue une communauté fermée, intellectuelle, et intellectualisante, qui se revendique plus intelligente et plus douée que le reste du monde, qui débat entre elle et ne s'intéresse pas au reste du monde, qui refuse d'évoluer, qui se croit supérieure, une véritable caste, qui se revendique de réunir des mages noirs, qui se caricature elle même. En bref, mesdames et messieurs, je vous le dis, ne nous voilons pas la face. Nous sommes devenus des vieux cons ! 
J'aborde maintenant les solutions, et la réponse à ces problématiques. Qui sont liés. La baisse de niveau peut se combattre par un enseignement renforcé au secondaire, sur la base de motivation des élèves.

La seconde solution, la seule, la plus importante, c'est qu'il nous faut changer radicalement de conception en ce qui concerne la magie noire. Une magie qui serait voué à faire le mal ? Faux. La magie noire est une magie qui permet de répondre directement au plus grandes peurs et désirs de l'homme. Le contrôle de la mort, le contrôle de la vie, le contrôle de la souffrance et de la peur, le contrôle de la volonté. Controle, et non pas destruction. Controle et non pas nécessaire humiliation, tuerie, carnage. On peut faire ça avec la magie noire, comme avec la magie blanche. Controle, je le maintiens, et je le maintiendrais toujours.

Parce que la Magie Noire arrête la magie noire, c'est son rôle. Elle n'est pas un outil de destruction : ceux qui envisagent cela l'utiliseront pour leur intérêt personnel et n'en feront rien de bon. Ca existe ; ça existera encore, mais c'est déplorable. Une science, c'est la seule solution. Car en se prétendant mage noir – alors que l'on ne l'est pas et qu'on n'a pas les capacités pour l'être – en étant un imposteur, un pseudo-intellectuel enfermé sur lui même, on fait abandonner des gens qui eux, rationnellement, aurait pu défendre une vrai science, sous contrôle, prête à nous protéger des forces obscures en les maitrisant.

Merci à tous. »

Il descendit du pupitre. L'on quittait la salle et on allait vers le buffet, Atticus fit de même. Il n'avait pas envie de trop parler, mais bon il faudrait bien le faire. Tiens, le français était là. Il lui adressa un sourire

« J'aurais cru que vous partiriez, ma foi. Je ne vous ai pas trop ennuyé ? J'ai connu un Sinclair, un anglais. Il avait un point de vue intéressant sur Yggdrasil, mais impossible d'en caser une avec lui, il avait décrété que j'avais tort. Vous êtes de sa famille ? »
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Tryan De SaintClair


MessageSujet: Re: You see I met the devil...|| DSC Jeu 27 Mar - 19:13

Il y avait un silence de mort dans les couloirs du département des mystères. Un silence lourd et particulièrement pesant. La purge n'avait fait que commencer, chaque matinée, le directeur passait en revue les différents CVs et rapport de quelques langues-de-plomb. Ensuite venait l'entretien, et après ? Après, cela dépendait de ce que le directeur en avait retenu.
Tryan avait horreur des incompétents. Ce qu'il y avait de pire que de ne pas savoir, c'était de ne pas faire ou de le faire mal, en ça, il avait décrété, preuve de sa nouvelle autorité, que toute langue-de-plomb qui n'aurait pas le niveau ou ne serait pas spécialisée serait renvoyée sans autres motifs. C'était cruel mais il fallait faire avancer la magie et les incompétents n'en étaient pas capables, il fallait donc s'en débarrasser d'une manière ou d'une autre. Cela avait pour avantage de donner du travail aux oubliators et de relever le niveau neuf.
Aussi, il n'y avait que les esprits brillants et les spécialistes qui avaient leur place aux cotés de De SaintClair, qu'importe le clivage magie noire-magie blanche, il était au dessus de ça dans son rôle de directeur de la recherche magique, il avait même gardé un démonologue qui était passé en entretien la veille parce que le gars savait de quoi il parlait, il était compétent, il n'avait donc aucune raison de s'en séparer. Si on avait l'habitude de dire que De SaintClair était un type qui haïssait la magie noire, et c'était le cas, il n'en demeurait pas moins un sorcier avide de connaissances et cela passait par un progrès en matière de magie. Là dessus, il pouvait surprendre parce qu'il laissait pratiquer ce qu'il haïssait au plus profond de son être, le progrès avant tout, voilà ce qui correspondait le mieux à sa nouvelle politique.

La veille dans l'après-midi, il avait envoyé le premier rapport à Mulciber sur l'armement moldu. Si les chiffres ne paraissaient pas très clairs, c'était avant tout parce que le recensement n'avait pas été tenu correctement parmi les institutions moldues, et entre les fortes-têtes qui refusaient de 'trahir leur cause' et les incompétents, il avait fallu un temps certains pour que le français puisse constituer un dossier solide.
Son équipe avait d'ailleurs très bien bossé, il les avait félicité et ces derniers avaient eu droit à un repos bien mérité. Désormais, les sorciers étaient en mesure de comprendre et de saisir le fonctionnement des armes moldues dites 'de tir'. L'ingénierie moldue était intelligente, techniquement, ils pouvaient pallier le manque de magie par un esprit logique qui avait fait ses preuves, tant dans les balbutiements de la compréhension de ce monde comme dans leur quotidien.
Seulement la magie était venue balayée leur certitudes et la science qu'il chérissait tant devenait l'esclave du savoir magique. Le percuteur, les balles, l'explosion de la poudre pour donner une vitesse, un tube pour orienter le trait, c'était bien pensé, faible mais bien pensé.
Et puis Tryan était tombé sur une petite merveille de la technologie moldue. On appelait ça un fusil sniper … une arme qui permettait d'abattre quelqu'un à plus d'un kilomètre, chose qu'aucun sort n'était capable de faire jusque là. Alors on avait montré la bête au directeur. Afin de vérifier la véracité de la chose, il avait essayé le dispositif. Lunette de visée pour définir la cible, trépieds pour éviter de trop bouger, tout était pensé pour que le tir soit parfait, s'en était presque ahurissant quand on savait le temps qu'il fallait à un bon sorcier pour devenir tireur d'élite. Tryan était passé par là dans les brigades et il avait du énormément travailler, là, il suffisait de se poser et d'attendre avant de presser la détente. On avait beau dire que les moldus étaient des êtres inférieurs, il n'était pas à exclure qu'ils puissent se montrer dangereux, car si un protego pouvait protéger d'à peu près n'importe quelles balles, si l'un d'entre elles vient par surprise et de loin à un très grande vitesse, il était peu probable que le sorcier puisse réagir à temps. D'où la mention de prudence dans le rapport.

Alors qu'il rédigeait sa première thèse en interne sur sa vision de la magie, on toqua à la porte du français, porte qui s'ouvrit à son ordre alors que l'Ave Maria qu'il écoutait se faisait entendre dans le couloir avant de disparaître.
Dans son bureau, entra son secrétaire provisoire, un jeunot qui souhaitait faire ses armes dans l'administration. Et bien que le français ignorait totalement le nom de cet aspirant, il dépendait en partie de lui, la plupart des informations transitant par cet être qui avait intérêt de se montrer compétent, auquel cas sa tête tomberait et retour à la case départ avec un bel échec sur son CV.
Timide, il ne prit pas la parole sans que son supérieur ne lui en ait donné l'ordre, à défaut d'être intelligent il était au moins bien dressé.

« Je t'écoute.»

Trifouillant diverses feuilles, le secrétaire annonça d'une voix hésitante :

« Voici votre courrier monsieur … une invitation pour une conférence à Londres. Elle vient de l'université de ...

_ Quand ce message est il arrivé ?»

Le français l'avait coupé alors qu'il continuait de rédiger manuellement son essai, conscient qu'un regard ne ferait que stresser l'apprenti administratif.
Interrompu, le jeunot ne sut quoi répondre et bafouilla une réponse confuse.

« Et bien elle est arrivée hier ... »

La plume se stoppa, laissant le disque tourné comme seul bruit de fond à la conversation qui arrivait à un tournant intéressant. Posant délicatement la plume, le directeur des mystères releva la tête pour fixer son secrétait, ses yeux n'exprimant rien alors qu'on voyait un mur de glace au travers de ces derniers. Se posant bien au fond de son siège, croisant ses mains devant lui, il plissa les yeux et fixa l'individu quelques secondes, faisant ainsi monter la pression avant de laisser tomber le couperet.

« Et ton petit esprit génial n'a pas eu la glorieuse idée de me l'apporter plus tôt, non ?»

L'autre essaya de se défendre, c'était là sa deuxième erreur.

« Il était noté que la remise du courrier se faisait à quatorze heures alors j'ai pensé que ... »

Derrière ses mains placées devant sa bouche, le français contre-attaqua.

« Tu n'as pas pensé non … elle est quand cette conférence et sur quoi porte t'elle ?

_ Il s'agit d'aborder la démocratisation de la magie noire et elle commence dans un peu moins de deux heures, je crois ...

_ Tu crois … ça veut dire que tu n'en es même pas sûr ? … Plus un mot, on reparlera de ton cas plus tard, j'ai autre chose à faire que de m'occuper de ça maintenant. Tryan se leva et laissa en plan son essai pour sortir de son bureau en donnant un coup de baguette pour éteindre le gramophone. Il donna la suite de ses ordres sur le chemin. Puisque visiblement tu n'es pas capable de t'en tenir à un rôle de coursier, je vais devoir le faire moi même. Si tu croises Rookwood, je veux que tu lui dises que je suis à la conférence. J'attends des chefs d'équipes sept et neuf un compte-rendu de leurs activités, je ferai passé en entretien les membres d'une équipe demain matin. »

Arrivant au détour d'un couloir, il ne s'arrêta pas et enchaîna après un bref regard froid à son petit chienchien.

« Et tu peux faire tes cartons et préparer ton CV … tu ne bouges pas de ton bureau jusqu'à ce que je sois revenu … si t'es au moins capable de ne pas bouger ... »

Laissant en plan le gamin, immobile l'air benêt au milieu du couloir sombre, il partit pour régler les derniers détails avant de partir pour la conférence.


*****************************


Le français avait transplané presque incognito dans l'endroit. On se retourna pour voir la brume blanche puis on retourna à son sujet de discussion. Déjà, les universitaires entraient dans l'amphithéâtre pour prendre une place convenable, le directeur du département des mystères n'était pas en avance, c'était le moins qu'on puisse dire.
Étrangement, une grande partie des présents ne l'avait probablement pas reconnu, jeune, il n'était pas encore la référence en matière de magie, on pouvait même dire que son talent était peu connu, un atout qu'il avait gardé dans sa poche pour ne le sortir qu'en de rares situations quasi-désespérées. En effet, seuls quelques individus pouvaient se vanter de l'avoir vu à son réel niveau … Brom le connaissait pour avoir pu sonder son esprit et collaborer sur plusieurs sujets, Mulciber, qui par la force des choses avait compris que Dsc avait pu vaincre à lui seul Jugson et Sweet, chose que le ministre n'avait pas réussi à faire, et enfin Crow, seul survivant avec lui de la mission en Irlande dans laquelle Tryan avait joué un rôle particulièrement important. Mais au delà de ces simples exemples, la guerre avait fait de lui un sorcier encore plus dangereux, l'entraînement avait été quasi-quotidien ce qui avait permis au français de grimper encore un échelon et de devenir un des plus puissants sorciers en activité, du moins le pensait il.
Mais ça, qui pouvait bien le savoir ? Au fond pas grand monde.

Il entra donc parmi les derniers, contemplant un instant l'amphi. Ce lieu était rempli d'universitaires tous plus débiles les uns que les autres. Oui, s'il y avait une catégorie de scientifiques magiques qu'il détestait, c'était bien eux. Bouffis d'orgueil, ils ne se remettaient pas en question, pensant que la simple théorie pouvait suffire, crachant au visage de ceux qui n'avaient pas suivi ce cursus depuis le début. Malgré ce qu'on pouvait penser, le français n'était pas de ces théoriciens, ça non. À sa sortie de Beauxbâtons, on lui avait refusé bien des portes malgré ses excellents résultats, comprenant ainsi que l'école ne s'était pas prononcée en sa faveur et que cette bougresse d'Olympe Maxime avait enfin pu prendre un semblant de revanche. Au fond, elle lui avait peut être rendu service sans même le savoir car la meilleure école, c'était celle de la vie. Oui, Tryan n'avait pas étudié dans le supérieur, pas de doctorat en magie appliquée ou de conneries du genre, rien d'autres que des aspics et un équivalent émeus. Et voilà que maintenant, par ses propres études, par sa propre formation, il dominait tous ses abrutis qui n'avaient rien compris à la magie.
Il les détestait sans même les connaître car ils étaient formatés pour reproduire le même schéma qu'ils avaient subi, un formatage intensif qui faisait d'eux des idiots plus que des savants.

Se posant sur un siège de la dernière rangée, seul, il se souvint alors de ce qu'on lui avait rapidement dit sur le dénommé Docteur Grey qui était à l'origine de cette conférence.
Un type pas tout à fait net, il aurait trempé dans des affaires douteuses, mais qu'importait, il était là, preuve qu'il avait suffisamment habile ou chanceux pour s'en tirer, les deux étant des qualités bien utiles en magie. Démonologue, il aurait écrit plusieurs livres sur le sujet. Ainsi l'individu était un de ces pourris qui se prostituaient pour avoir un petit boost de pouvoir au prix de son âme ? C'était son choix, encore qu'il y avait une différence entre pratiquer et entrevoir simplement l'aspect théorique. L'un dans l'autre, le français trouvait l'idée particulièrement mauvaise et inintéressante bien qu'il ait une équipe qui travaillait probablement là dessus.
De toute évidence, ce gars là n'était pas une menace puisqu'il passait son temps à donner des cours à droite à gauche sans forcément servir Voldemort, ce qui n'était pas plu mal au final. Restait à voir ce qu'il avait à dire.

Vint ensuite le début de la conférence où un sinistre inconnu remercia des gens qu'il ne semblait pas connaître. Tryan eut même droit à un remerciement hypocrite alors qu'il avait simplement fait le déplacement par curiosité plus que par intérêt ou soutien, c'était dire. D'ailleurs, un bref coup d'oeil laissait indiquer qu'il était le plus jeune de l'assemblée et pourtant hiérarchiquement le plus élevé si on y réfléchissait, comme quoi la vie pouvait se révéler cruelle et cynique, lui qui n'avait pas de doctorat était probablement bien meilleur qu'eux, supérieur en tout point, sauf en connerie peut être.
Puis on appela le docteur Atticus Grey à la barre. Un vieux gars à l'air ronchon et pas forcément commode, ni sérieux, s'avança avec une désinvolture qui ne sembla pas choquer outre mesure.
Le jeune homme s'amusa de cette vision, la plupart des applaudissements étaient plus courtois que respectueux, c'était ça qui était drôle, ce gars n'avait pas l'air d'être appréciés et tous les hypocrites étaient quand même venus, quel spectacle amusant. Restait à voir ce que ce personnage aigri et bien sapé avait à dire sur le sujet, aussi Tryan se logea bien au fond de son siège, bras croisé, attendant que l'autre en vienne à son speech.

Pas de salutation, il rentra dans le vif du sujet de façon franche, chose qui avait le mérite d'être soulignée compte tenu de l'infecte hypocrisie ambiante qui empestait. Bien évidemment que la magie noire était un art mort, elle s'éteindrait avec les mangemorts, tout comme la croyance en les ténèbres disparaîtrait avec Voldemort. Et si cela n'était pas le cas, il y aurait toujours des puristes comme De SaintClair pour faire le ménage après, sa famille l'avait suffisamment prouvé par le passé … les De SaintClairs étaient de fervents croyants qui avaient eu le mérite de presque bannir la magie noire de France avec l'aide de ces braves péons de moldus. Les purges, ils n'en étaient pas les commanditaires, mais Dieu savait qu'ils y avaient participé et pas qu'un peu. Combien de mages noirs avaient ils envoyé au bûcher ? Énormément. Il n'avait pas été rare qu'un De SaintClair se fasse passer pour un chasseur de 'sorcière' moldu juste pour cramer un hérétique. Des connards de père en fils ? Oui peut être, mais la France ne s'en était que mieux portée, et de toute façon, ils l'assumaient.
L’inquisition moldue, les guerres de religion, tout ça n'avait fait que les servir, éliminer les mages noirs avait bien occupé ces sorciers, jusqu'à leur donner une réputation assez glauque en la matière. On associait les De SaintClairs à la magie blanche et on les opposait à la magie noire, c'était aussi débile que ça mais c'était une plutôt bonne approximation de la réalité finalement.
Alors il écouta le discours sans réagir, pas de rire, pas sourire en coin.

Sa vision avait le mérite de contraster avec celles des autres mages noirs. Il n'y avait qu'à regarder ce qu'il en était, cette matière était obligatoire et enseignée dans une école de magie … quel gamin pouvait bien maîtriser pleinement et sans risque ce qu'on lui apprenait ? Aucun, aucun qui ne soit capable de trouver une autre parade par lui même. La magie noire c'était la facilité, c'était l'erreur, c'était prendre le chemin le plus court pour aller dans une impasse, mais ça on ne s'en rendait compte qu'une fois de dedans … ou mort, ce qui revenait pratiquement au même.
Sa conclusion eut le mérite d'être totalement dans le contexte. Il critiquait ouvertement le système universitaire, il balançait à la face de tous les menteurs présents dans l'assemblée la vérité crue et nue, ce qui avait pour effet de les remettre à leur place. C'était dit avec justesse et véhémence, comme s'il tirait la sonnette d'alarme là où tous les autres pensaient que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais ce gars avait compromis que tout n'était qu'une question. Il leur restait quoi … cinq, six ans avant qu'on ne les bouffe et qu'on relègue la magie noire à une science oubliée, ce type était perspicace, mais dans cinq-six ans il serait mort, ou alors trop gâteux pour qu'on le croit sain d'esprit, c'était bien là tout l'art de la jeunesse.
Tryan avait encore du temps, les autres eux n'en avaient pas.

Un merci, des applaudissements et on commença de quitter les lieux. Voyant que cela bouchonnait vers les sorties, le français décida de prendre son temps, de ne pas se presser, il n'était pas spécialement attendu et avait largement de quoi profiter un petit peu. Oh il n'irait pas jusqu'à débattre avec un de ces vieux cons, mais le protocole voulait qu'on tienne la jambe à plus puissant que soi en espérant avoir droit à quelques faveurs. Dommage, ça ne marchait pas avec lui.
Voyant que cela embouteillait un peu moins, le français glissa subtilement vers la sortie avant que le maître de conférence ne lui fasse une risette et décide de venir tailler la bavette.

« J'aurais cru que vous partiriez, ma foi. »

Oh il n'aurait pas fallu de grand chose pour que le français décide de partir tout de suite. À vrai dire, c'était un pur concours de circonstance bien qu'il semblait assez honorable de le voir rester, il était toutefois relativement occupé, suffisamment pour ne pas avoir de temps à perdre en vaine parlotte.

«Je ne vous ai pas trop ennuyé ? J'ai connu un Sinclair, un anglais. Il avait un point de vue intéressant sur Yggdrasil, mais impossible d'en caser une avec lui, il avait décrété que j'avais tort. Vous êtes de sa famille ? »

Poursuivant leur chemin, le directeur des mystères répondit alors calmement et avec humour, chose dont son compère ne semblait pas dépourvu.

« J'aurais cru aussi ...»

Après un bref rire, il poursuivit calmement, de sa voix froide mais détendue.

« Les trente premières secondes pour être honnête, pour le reste, le sujet était tout à fait intéressant et votre manière de voir les choses est très réaliste et cartésienne. Ça change lorsqu'on connaît un peu les antécédents de la majorité des présents.»

Le français ne cachait nullement son mépris du monde universitaire, c'était peut être cette honnêteté qui lui valait d'être évité par la plupart d'entre eux. Ça et sa réputation de mage blanc anti-magie noire.

« Un anglais ? À moins que vous ne vous souveniez du prénom, il me sera difficile de vous éclairer … il y a pourtant très peu de Sinclair, surtout en Angleterre.»

Oui, cela ne lui disait rien du tout, peut être n'était ce qu'une tactique d'approche du maître de conférence, allez savoir, il avait l'air suffisamment filou pour employer ce genre de méthode.

« Toutefois le trait de caractère que vous semblez décrire peut correspondre avec un certain héritage familial, j'en conviens. De nos jours, il est difficile de faire entendre raison à une personne, surtout si elle s'entiche d'un vécu ou d'une expérience, trop enorgueillie d'avoir put atteindre un âge quelconque ...on laisse si peu de place au débat … on impose, on commande, c'est à croire qu'on ne réfléchit même plus.»

Il haussa les épaules d'un air relativement dépité.

« C'est malheureux, surtout dans notre milieux n'est ce pas ?»

Puis il revint à Yggdrasil.

« Pour être totalement honnête avec vous, je ne connais pas grand chose à Yggdrasil, ni à la démonologie … héritage familial je présume. Ça ne m'intéresse pas vraiment non plus, prostituer son âme pour une bouchée de pain n'est pas mon fort.»

Ah les SaintClairs et la démonologie, toute une histoire qui remontait aux premières branches, mais ça peut de monde le savait, même à l'intérieur du clan, aussi il était particulièrement étrange de voir un mage blanc aborder ce thème. L'autre devait comprendre que le français avait une vision bien à lui des choses, vision peut répandue puisqu'il devait être le seul mage blanc présent.
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Pr Atticus Grey


MessageSujet: Re: You see I met the devil...|| DSC Mer 16 Avr - 15:26

Atticus Grey savait depuis longtemps qu'on ne l'appréciait pas dans le milieu universitaire. Il le rendait bien à ses collègues. D'ailleurs il ne les voyait pas comme tels. Ils trustaient le système, s'emparaient de tous les postes, se donnaient une importance qu'ils n'avaient pas – car concrètement, malgré le fait qu'ils étaient très fiers d'enseigner et de créer le savoir, ils ne dirigeaient rien, ne controlaient rien, n'existaient pas – et bloquaient les gens qui auraient vraiment voulu travailler. Atticus jugeait que pour être un bon enseignant, il fallait ne pas vouloir enseigner. Il en était rendu là, à le faire, lui aussi, mais ce n'était pas son ambition première. La magie noire n'était même pas non plus mon ambition première, il a fallu que j'y vienne pour relever le niveau. Ou plutôt non. Il était venu à la magie noire par provocation, parce qu'elle était interdite. Il était devenu un criminel parce que c'était interdit. Mais il restait aussi un scientifique. Alors il étudiait scientifiquement l'interdit. Mais cela ne voulait pas dire qu'il ne travaillait pas. Mais il ne venait pas du bon milieu, alors on essayait de l'empêcher de parler. Par goût pour la provocation et donc parce qu'on lui avait interdit, Atticus s'était tourné vers le professorat. Ca ne m'intéressait pas, mais personne à part moi même ne me dit quoi faire. Professionnellement, il occupait la place qu'il visait lorsqu'il avait entrepris ses études de médecine. ça n'avait pas été sans mal. Lui aussi avait dû manœuvrer, intriguer, jouer parfois un rôle un peu trouble, monter des cabales. Le jeu cruel de la vie en société. L'important était de gagner.

Comme eux. Il les méprisait et sentait le mépris de l'homme avec qui il discutait pour les gens à coté d'eux. Personne n'apprécie de se faire limiter, arrêter, par des gens plus stupide que ça. Atticus estimait cohabiter en permanence avec ce genre de personne, ce qui le rendait particulièrement acariatre envers eux. Ce qui ne l'empêchait pas de s'intégrer à leur système. S'ils sont suffisamment cons pour me laisser faire...il essayait de le dynamiter de l'intérieur. On s'inclinait devant sa compétence parce que tous avaient l'habitude de faire des ronds de jambe pour obtenir de l'avancement. On le laissait donc dire ce qu'il voulait. Nier que je suis plus doué qu'eux, c'est de la folie, alors ils espèrent ramasser les miettes. Et pendant ce temps là, il essayait – réussissait ? - à faire passer sa vision de choses. Il sourit, amusé parce que lui disait De SaintClair.

« C'est typiques des professeurs, vous savez. Enseigner et répandre le savoir, ça leur monte au cigare, alors que leur notion du savoir est très relative... »


Est-ce qu'il connaissait vraiment un des types de sa famille ? Aucune idée. Atticus croisait beaucoup de gens, et il en croiserait encore beaucoup, c'était ça, d'être enseignant. Il haussa les épaules, pas très intéressé : peu lui importait, finalement.

« Oh, un anglais, un britannique, pour moi c'est la même chose. Il devait s'appeller Alan ou Andrew, je ne sais plus. Il est professeur d'étude des runes à Cambridge, ça, par contre j'en suis sur. »


Là où il ne cacha pas un léger ricanement, ce fut au notre milieu. Il n'avait pas de milieu commun avec ces gens. Peut-être que je suis comme eux, un vieux con orgueilleux, mais j'ai pas le même parcours. On ne pouvait nier qu'il était atypique – un mot plus sympathique que douteux pour caractériser l'ancien guérisseur.

« Notre milieu ? Allons. Il n'y a pas de 'nous', monsieur De SaintClair. Vous êtes un sang pur, pas moi. Je ne me prends pas pour un mage noir, eux si. Je suis médecin, pas professeur, pas à la base, tout du moins, eux sont des enseignants. Pas de dénominateurs communs. Ceux qui devraient chercher se pavanent, c'est tout, et se prétendent ce qu'ils ne sont pas. »

Aucune pitié, pour personne. Atticus Grey possédait un esprit acéré qui n'épargnait pas grand monde, pas même sa propre matière, qu'il voyait comme intéressante mais pas suprême. Ses choix étaient ses choix. Il ne les imposait pas aux autres. Le monde est assez grand pour que toutes les idées soient dans la nature, surtout lorsqu'on sait que toute thèse scientifique contient en elle même la preuve de sa réfutation. Il commenta :

« Oh, ce n'est pas propre à votre famille, rassurez vous, personne ne connait Yggdrasil, c'est chiant comme la mort Yggdrasil. Il n'y a guère que les vieux fous comme moi qui s'y intéressent. Et les professeurs d'étude des runes. En gros, selon les démonistes, c'est un panthéon démonique, une ville entouré des terres avec des piliers de panthéon, des maitres, et un seigneur suprême qui serait Odin. Du coté des professeurs d'étude des runes, Yggdrasil serait une super structure qui engloberait même l'univers de la terre, qui serait une partie de Yggdrasil, Midgard. Les démonistes ne sont pas d'accord, ils jugent que notre univers est un panthéon démonique comme un autre. Pour ma part je ne crois ni en l'une ni en l'autre de ces thèses. Nous n'avons pas encore de seigneur suprême comme les démons...quoique ma théorie vacille, désormais, depuis quelques temps... »


Etait-il réellement puriste ? Oui. Il défendait un régime qui l'autorisait, voire même l'encourageait à accomplir tout ce qu'il voulait et qui le laissait tranquille dans ses délires tordus. Cela ne voulait pas dire pour autant qu'il était pour les mangemorts, pour ces familles qui se défendaient elles mêmes et pas le peuple.

« Ah, oui, vendre son âme au diable. Je ne crois pas en Dieu, monsieur De SaintClair : la religion et le châtiment divin ne m'inquiètent pas outre mesure. Je crois que c'est le principe de tous les démonistes. Ils n'ont pas d'âmes, ou si c'est le cas, ils s'en fichent. Dans la mesure où Lucifer est un démon du panthéon de Dante – le Panthéon Biblique, ce qui prouve que la religion chrétienne se base sur le premier ouvrage de démonologie au monde – on doit pouvoir trouver son pendant du coté lumineux dans un autre panthéon démonique. Il en reste beaucoup à découvrir. Si Dieu existe, il doit être un démon comme les autres. »


Grey était en général volontairement choquant et vulgaire. Il le faisait exprès, parfois au détriment du caractère argumentatif de son discours. Mais il aimait provoquer les gens. En l'occurrence, c'était une marque d'estime : le discours de Tryan De SaintClair lui semblait moraliste et ennuyant, mais il était intelligemment défendu, ce qui le rachetait. Il termina :

« De manière moins choquante et moins volontairement provocatrice – même si le raisonnement précédent se tient, je crois – savez vous combien il y a de panthéons démoniques ? Mille quatre-vingt-six, je crois, à peu près. Mille quatre-vingt-six mondes peuplés de créatures hostiles et dangereuses. Pouvons nous les ignorer ? Vous pouvez laisser votre porte fermé, monsieur De SaintClair, si vous voulez, vous pouvez ne pas faire d'invocations démoniques. Il n'empêche, derrière votre porte, les démons existent toujours. Je préfère connaître ce qui pourrait me vouloir du mal. Ca vaut mieux pour ma tranquillité d'esprit – à défaut de ma tranquillité d'âme. »
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MessageSujet: Re: You see I met the devil...|| DSC Sam 26 Avr - 18:30

Quand on regardait Tryan De SaintClair, on avait du mal à imaginer que ce jeune blanc bec était un des acteurs majeurs de la recherche magique en cours. Lui, en bon militaire qu'il était de par sa formation, n'avait pas trainé sur les bancs de l'école, tout juste ce qu'il fallait. Pas d'universités magiques, juste une formation pour pouvoir exploiter ce potentiel brut, et le reste avait suivi. Il ne connaissait rien au monde de l'université, juste ce qu'on décidait de lui montrer et ce qu'il voulait bien voir, voilà tout.
Au regard de son CV, il n'était pas le plus qualifié ici, juste le plus puissant, pensait il. La magie noire lui échappait totalement, dans son fonctionnement comme dans ses implications dans les divers processus magiques. Cela venait probablement du fait que le terme magie noire désignait bien trop de chose pour qu'on puisse clairement définir ce qu'elle était. À tord, on considérait la nécromancie comme tel, mais cela n'avait pas grand chose à voir avec les impardonnables par exemple, ou avec la démonologie, juste l'aspect rituel et encore, on pouvait le shunter avec beaucoup d'entraînement, chose que celui que l'on surnommait DSC ne manquait pas d'essayer.
La situation était simple, le loup était dans la bergerie … mais qui était le loup ? C'était tout bonnement ça la véritable question à se poser.
Son style n'était pas lisible, il était difficile de savoir ce que ce gaillard avait dans le ventre sans avoir été à ses cotés, sans l'avoir vu se battre pour sa vie, voilà tout. Mais il ne connaissait pas la magie noire, c'était un de ses gros points faibles, il ne s'y était pas intéressé et avait décidé de la combattre plutôt que de la comprendre, il était bien plus vulnérable qu'il ne le laissait paraître face à ce style. Lui demander un sortilège de magie noire ? À part les trois impardonnables, il était incapable d'en citer un autre. Peut être un maléfice ou deux, mais rien à voir avec le sujet. Si on avait bien du mal à voir clair en lui, il avait tout autant de difficulté à cerner ce style unique.

Et lui, ce brave professeur Grey, que savait il vraiment de la magie noire ? Toujours plus que lui, ça c'était une évidence, mais pour mieux appréhender un domaine, il fallait apprendre. Pas apprendre de quelqu'un, pas apprendre en lisant un livre bêtement, il fallait comprendre, ressentir, vivre, et tout passait par l’auto-didactisme, du moins c'était la vision qu'avait le français de l'apprentissage.
Il appliquait avec succès cette méthode à Charlyse qui, non contente de s'améliorer, se forgeait par elle même un style et une personnalité unique au travers de sa magie. Tout ce que Tryan avait fait, c'était lui donner les clefs pour y parvenir, des informations, des conseils, qu'elle était libre d'écouter ou non, des méthodes, tout ça pour qu'elle puisse trier et s'approprier les choses.
C'était ce que le directeur des mystères reprochait à l'enseignement actuel, qu'on cherche à faire entrer les jeunes dans un moule et qu'on les formate pour au final leur donner un style qui ne convenait qu'à une trop mince partie d'entre eux, et encore … il l'avait vu au RCCM, ces jeunes qui se croyaient forts de connaître la magie noire, mais au fond, ils ne connaissaient rien, tout comme leurs professeurs. C'était baguette en main et face à un adversaire que l'on pouvait voir qui était fort et qui ne l'était pas, rien de plus, rien de moins.
Et ça, il allait encore le constater lorsque les mystères allaient recruter d'ici peu …

« C'est typiques des professeurs, vous savez. Enseigner et répandre le savoir, ça leur monte au cigare, alors que leur notion du savoir est très relative... »

Aussi étrange que cela pouvait paraître, ils parvenaient à s'entendre sur un sujet aussi pointilleux que celui là. À force d'avoir de l'importance, ou d'avoir l'impression d'en avoir, l'orgueil prenait le dessus sur l'intelligence, on se fermait à la critique, au débat, il n'y avait plus d'échange et plus de progression possible, c'était ce qui enfermait les universitaires dans un éternel cycle de conditionnement. Ils appliquaient bêtement ce qu'on leur avait appris sans remettre en cause le fait ou le savoir.
Ce qu'avait fait Grey quelques minutes plus tôt était une rare remise en question de ce que tous les pingouins présents chérissaient le plus au monde. Vous ne savez même pas que vous êtes des ignorants, Tryan avait vu ce message quasi-explicite dans les paroles du professeur, mais les autres, qu'en était il ? Non, ils refuseraient car bouffis d'orgueil, ils se vautreraient dans la fange de leur ego, restant aussi pitoyables qu'ils l'étaient, alors qu'à coté d'eux, les autres devenaient plus puissants, jusqu'à au final les dépasser. C'était le cas aujourd'hui, ça le serait encore demain.

« Oh, un anglais, un britannique, pour moi c'est la même chose. Il devait s'appeler Alan ou Andrew, je ne sais plus. Il est professeur d'étude des runes à Cambridge, ça, par contre j'en suis sur. »

Un professeur de runes à Cambridge ? Non, ça ne devait pas être de sa famille, on était trop fermé au partage du savoir pour que l'un des membres, même d'une branche parallèle, s'y adonne aussi facilement et publiquement. Le français précisa donc ne pas connaître cet homme, donc qu'il ne s'agissait pas d'un membre de sa famille.
Toujours était il que cela l'intriguait … un Sinclair hors alliance ? C'était probablement quelque chose de suffisamment rare, surtout en Angleterre, pour que l'on daigne s'y intéresser. Il allait y avoir quelques recherches de faites à ce sujet.

« Notre milieu ? Allons. Il n'y a pas de 'nous', monsieur De SaintClair. Vous êtes un sang pur, pas moi. Je ne me prends pas pour un mage noir, eux si. Je suis médecin, pas professeur, pas à la base, tout du moins, eux sont des enseignants. Pas de dénominateurs communs. Ceux qui devraient chercher se pavanent, c'est tout, et se prétendent ce qu'ils ne sont pas. »

C'était habile, bien tourné et très élégant. La passe d'arme verbale se révéla redoutable et terriblement efficace, si bien que le directeur des mystères ne cacha pas un sourire amusé. Il était bien rare qu'on ne prenne pas de pincettes avec lui, cela faisait du bien de voir que certaines personnes ne s'arrêtaient pas à un titre ou à quoi que ce soit pour continuer à être naturelles.
Grey était étonnamment clair sur sa condition. Il pratiquait la magie noire mais ne se disait pas mage noir, il enseignait mais ne se disait pas professeur, c'était une remise en question perpétuelle, ou alors il brisait avec une simplicité déconcertante les préjugés que le monde entier s'évertuait à perpétuer. Au fond, c'était simplement très réaliste.

La suite sur les panthéons l'intéressa bien qu'il n'adhérait pas à la chose. Leur plan, un panthéon ? C'était une des nombreuses questions que l'on se posait après avoir lu l'enfer de Dante, mais ça n'était qu'un détail et comme le disait le professeur Grey, jusqu'à preuve du contraire, il n'y avait pas de seigneur suprême sur Terre. Son allusion à Voldemort ôta un léger sourire au français qui reçut la blague avec une réceptivité plus que bien venue. Voldemort, seigneur ? C'était étrange qu'il pense ce genre de chose, surtout s'il connaissait les mystères de la magie noire. Depuis que Tryan connaissait le secret de l'immortalité du 'seigneur des ténèbres', il avait vu le mythe s'effondrer, surtout que Brom avait réussi à imiter son maître avec une justesse qui frôlait l’indécence. Non, Voldemort était un mortel, ni plus, ni moins, peut être plus doué que les autres, mais ça n'était qu'une question de temps avant qu'il ne soit surpassé ou débordé. Et qui savait, la résistance pouvait très bien le tuer, sur un malentendu ou si quelqu'un venait à les emmener directement au repère du serpent … il y aurait des morts, mais la situation pouvait se révéler très drôle.

« Ah, oui, vendre son âme au diable. Je ne crois pas en Dieu, monsieur De SaintClair : la religion et le châtiment divin ne m'inquiètent pas outre mesure. Je crois que c'est le principe de tous les démonistes. Ils n'ont pas d'âmes, ou si c'est le cas, ils s'en fichent. Dans la mesure où Lucifer est un démon du panthéon de Dante – le Panthéon Biblique, ce qui prouve que la religion chrétienne se base sur le premier ouvrage de démonologie au monde – on doit pouvoir trouver son pendant du coté lumineux dans un autre panthéon démonique. Il en reste beaucoup à découvrir. Si Dieu existe, il doit être un démon comme les autres. »

C'était provoquant, et très insultant pour le religieux. Tryan était un fervent croyait, et bien qu'il n'affichait que peu ses croyances, on les savait présentes et bien ancrées en lui. Il écouta sans ciller les propos blasphématoires de cet individu. Pas un mouvement, pas un battement de cils, il s'était figé dans une attitude froide et complètement fermée, et bien qu'on avait l'impression qu'il écoutait avec assiduité, il était totalement fermé et absolument pas réceptif à ce qui venait d'être dit.
Le jeune homme avait beau ne pas être passionné et relativement inculte en ce qui concernait la magie noire, il n'ignorait pas les théories fumeuses que l'on produisait sur sa religion. Il y avait cette vision de Dante qui, rappelons le, se voulait acteur de son propre chemin … ou presque puisqu'il était guidé en permanence. Ça, le français n'y accordait aucun crédit, comment l'autre pouvait il expliquer la présence d'humains dans ces panthéons si c'était le cas ? Tous des démonistes retenus par leur pacte ? Ça ne se tenait pas dans la mesure ou on pouvait passer d'un cercle à un autre avec le temps que cela demandait. Ça ne se tenait pas tout simplement, aussi l'enfer de Dante n'était tout au plus qu'une vision de la chose, une hérésie ou de la folie pure et simple.

Alors que le français allait lui exposer sa vision des choses, l'autre termina son discours.

« De manière moins choquante et moins volontairement provocatrice – même si le raisonnement précédent se tient, je crois – savez vous combien il y a de panthéons démoniques ? Mille quatre-vingt-six, je crois, à peu près. Mille quatre-vingt-six mondes peuplés de créatures hostiles et dangereuses. Pouvons nous les ignorer ? Vous pouvez laisser votre porte fermé, monsieur De SaintClair, si vous voulez, vous pouvez ne pas faire d'invocations démoniques. Il n'empêche, derrière votre porte, les démons existent toujours. Je préfère connaître ce qui pourrait me vouloir du mal. Ça vaut mieux pour ma tranquillité d'esprit – à défaut de ma tranquillité d'âme. »

Haussant un sourcil, Tryan se saisit d'une coupe à coté du buffet avant de répondre calmement à ce brave gaillard.

« Vous savez monsieur Grey, on m'a déjà dit que limbes de l'enfer étaient infinies ou que plus globalement il y avait six cent soixante six cercles infernaux … croyez le ou non, ça ne m'inquiète pas plus que ça.»

Il était étonnamment calme et détendu malgré les propos qu'il tenait, c'était là la preuve de son assurance, peut être relevée d'un narcissisme pas si muet que ça.

« Si on ne s'amuse pas à vouloir ouvrir n'importe quelle porte, le risque est nul, voilà pourquoi on a longtemps fait la chasse aux démonistes et démonologues monsieur Grey. Il y aura toujours un démon pour tenter un esprit faible, mais dans la mesure ou le savoir se perd ou est éradiqué, cela n'est plus si problématique que ça.»

Son discours n'était pas dénué de bon sens, mais on voyait bien là l'éducation de mage blanc qu'il avait reçu. Les membres de sa famille avaient envoyé plus d'un démoniste dans la tombe, ils avaient détruits bon nombre d'ouvrages pour éviter les erreurs d'imbéciles en tout genre. Ça n'était pas par gaieté de cœur qu'ils le faisaient, ni par envie de brûler un être humain, c'était pour le bien commun.

« C'est peut être contradictoire avec ma politique actuelle aux mystères, n'en déplaise à la recherche magique, certains savoir, si on peut les appeler ainsi, n'ont pas leur place dans les mœurs des sorciers … fussent ils tous aussi adroits que ceux qui pratiquent sans en être inquiétés.»

S'il avait annoncé ça devant tout un amphithéâtre comme celui où Grey avait fait son discours, nul doute qu'on l'aurait attaqué sans sommations. Le français détestait l'idée même de devoir se coltiner un démon en duel, il avait bien trop souvent eu droit aux récits des interventions de sa famille en France pour limiter la casse. Et bien qu'il n'ait pas encore eu droit à un affrontement en règle, il était étrange pour lui de se dire qu'on pouvait l'appeler d'urgences pour venir faire face à une œuvre démoniaque dans les rues de Londres. N'avait on pas besoin de spécialistes en magie pour ce genre de cas ? Sa vision de la chose était étriquée, il le savait, mais il la pensait justifiée et justifiable.
Et puis qu'on se le dise, il était plus simple de tuer un homme que de vaincre un démon, même si le clan SaintClair avait un héritage fort en magie blanche, lutter contre ce genre de vilenies n'était pas chose aisée.

« Peut être avez vous raison de vous prémunir contre ces créatures, mais leur étude comporte un risque. Pouvez vous dire à un élève de s'instruire sans pratiquer ? La tentation sera trop grande, la méconnaissance prendra la place du savoir pour ne laisser place qu'au triste spectacle d'un échec cuisant, et qui plus est lourd de conséquences.
Le problème n'est pas tant l'étude théorique en elle même, cela n'est qu'un plus je le conçois, mais l'humain, il est faible et cède facilement à la tentation.»


Comme toute arme pouvait se retourner contre son utilisateur, la démonologie en était le meilleur exemple.

« S'il ne s'agissait que d'une âme, le problème serait bien vite réglé, vous le savez comme moi.»

Au moins le clan SaintClair savait comment se défendre, mais les démonistes eux, savaient ils seulement comment contrer leurs invocations ? On avait bien trop souvent vu le cas où ces sorciers se faisaient dominer par leur création, et peu importe la cause de cet échec, il était là, et si le sorcier n'avait pas eu accès à ce savoir, cela ne serait jamais arrivé. C'était le macabre constat des mages blancs qui devaient réparer les erreurs des faibles et des impuissants. Pour Tryan, s'offrir au démon c'était avouer sa faiblesse, reconnaître qu'on est incapable de se débrouiller par soi même. C'était la facilité et un pouvoir vicié qui n'avait rien de bon, dans son utilisation comme dans ses conséquences. Qu'un être daigne donner son âme à n'importe qui, qu'il le fasse, cela ne l'intéressait pas, mais qu'il vienne mettre en danger un autre être, principalement un sang-pur riche d'un patrimoine magique, ça n'était tout bonnement pas tolérable.

À coté de cela, Tryan était curieux et avait toujours rêvé de voir une invocation démoniaque, le fait était que cela comportait un risque et que, par la force des choses, il y avait un vice permanent qui corrompait avant de détruire. On ne la lui faisait pas à lui, Grey était il capable de tout maîtriser dans son rituel ? Peut être, il ne s'agissait pas que de lui, mais le risque zéro n'existait pas, et le français était prêt à détruire un pan entier de la magie si cela pouvait assurer la survie du reste.
Un sacrifice pour le bien du plus grand nombre, voilà tout.
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MessageSujet: Re: You see I met the devil...|| DSC Lun 19 Mai - 14:30

Les gamins. Ils se croyaient tout permis et croyaient tout savoir, tout deviner. Pauvres ignorants, vous ne voyez qu'un monde où vous réussissez alors que ce même monde pourrait très bien décider de vous détruire. Atticus méprisait assez les sangs purs pour ça – du moins certains, qui étaient arrogants et surs d'eux sans rien d'autre à mettre en valeur que leur nom. De SaintClair ne lui semblait pas appartenir à cette catégorie qui se pensait supérieur mais qui n'existerait pas si elle n'avait eu personne à qui se comparer et pour prétendre qu'elle valait mieux que les autres. Non, lui c'est un réactionnaire. Atticus avait du mal avec ces gens, mais au moins celui là avait le mérite de savoir argumenter, ça changeait du traditionnel et complétement idiot : « c'était mieux avant ». Avant quand on mourait de la variole du dragon et de l'éclabouille ? Non merci. D'un autre coté, les mages noirs – prétendus – qui entouraient Grey n'avaient guère plus de mérite et ils étaient parfois même pires, mais qu'importait, au moins aujourd'hui, il avait un intelocuteur correct. Ou à peu près.

Il ne savait pas de quoi il parlait. C'était quelque chose que le vieux professeur s'abstenait de faire. Il n'aurait pas parlé de magie blanche, alors que concrètement ses souvenirs sur ce domaine remontaient à fort loin, c'est-à-dire à Poudlard. Ah cette manie de croire qu'on sait tout alors qu'on ne connait rien. C'était tout de même bizarre qu'à soixante-quatorze ans et en étant un spécialiste – lui disait technicien – concentré sur un seul domaine il soit plus ouvert qu'un type qui était sensé faire des recherches sur toute la magie du monde. Mais cela ne l'étonnait plus guère, rien n'était étonnant dans ce monde ci. Un monde dirigé par des mages noirs et qui laisse le contrôle des recherches sur la magie à un mage blanc, cherchez l'erreur...non, c'est l'Intendance du Royaume-Uni. Quoique connaissant un peu la personne qui l'avait nommé, Atticus se doutait que Tryan De SaintClair n'avait pas une marge de manœuvre énorme. Ce n'était pas le genre de John Mulciber. Mais néanmoins il était de bonne humeur – c'est à dire qu'il était disposé à ne pas faire un cours au directeur du département des Mystères sur les panthéons et le caractère mineur, sur l'enfer en général.

« Des conneries sur le panthéon de Dante, ça, ni plus ni moins. Le Diable vous paraitrait ultra sympathique par rapports à d'autres démons, je vous assure. »

Oh, oui. Le Diable n'était rien, pas quand on l'avait vu de près, pas quand on avait vu pire. On pouvait controler certains démons et laisser les portes fermées ? Des conneries là encore, c'était raisonner avec un seul camp et pas toutes les données.

« Que vous n'ouvriez pas une porte est une chose, monsieur De SaintClair. Qui vous garantit que de l'autre coté, ils n'essayent pas de le faire eux-même ? Croyez moi. Un démon, ça peut être aussi intelligent que vous – voire plus. La phrase la plus importante dans mon discours, c'est « la magie noire arrête la magie noire ». La démonologie, ça ne consiste pas uniquement à ouvrir des portes. Ca consiste surtout à savoir les refermer. Et si vous oubliez ce savoir là, eh bien vous vous retrouvez avec des démons qui vous envahissent sans savoir quoi faire. Vous pouvez vaincre le démon, ça oui, mais refermer la porte ? Ca, non. Ce que pas mal de mages blancs oublient, je crois. »

Il n'avait rien contre Tryan, rien contre sa vision, il parlait de ce qu'il avait fait lui, et de ce qu'avait fait John, rien de plus et rien de moins. Il continua tranquillement à parler :

« Ceux qui sont attirés par la tentation ou qui ne savent pas se contrôler non pas leur place dans mes cours. Ils peuvent passer entre les mailles du filet, mais regardons les choses en face : ils s'attaquent à trop gros, ils meurent. Ou alors ils sont possédés et ils meurent. Conclusion ? Les faibles sont hors équations ou morts. Rationnellement, restent alors les gens raisonnables qui savent utiliser le tout à des fins correctes sans prendre de risques. La preuve, c'est que je suis toujours là. »

Il sourit amicalement et termina :

« Un plaisir de discuter avec vous – même si je crois que nous ne nous convaincrons pas. Enfin, moi j'ai encore des tas de jeunes que je peux former, ça fait un avantage sur vous. Bonne journée, monsieur le directeur. »
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MessageSujet: Re: You see I met the devil...|| DSC Lun 26 Mai - 15:28

Serait il venu ici il y a deux ans ? Serait il resté discuter avec cet homme qui ne partageait que peu de choses avec lui ? Probablement pas.
Le passé, le futur, le présent, tout se mélangeait, et le mouvement qui habitait originellement le monde s'était évanoui. Le temps filait, passait, et Tryan perdait ce dernier. Pour lui, tout ne semblait être qu'une succession de fresques ternes, avec un intérêt restreint. C'était aussi pour ça qu'il avait accepté les mystères, pour retrouver le goût de la vie, y voir une curiosité, et oublier à quel point elle était fade seul.
Il savait qu'on voyait en lui une tête de con arriviste, mais ses anciennes motivations étaient bien loin de ce qu'il avait pu oser. Quelles étaient ces dernières actuellement ? Lui même ne saurait le dire précisément. Il était à la fois attiré par le miroir du Risèd et il en avait peur. Longtemps il avait songé à revoir Brom pour réutiliser le Risèd, ne serait ce qu'une seule fois, pour savoir … et il avait peur de revoir celle qui lui manquait, il avait peur de se retrouver plus faible encore.
Tout le monde autour de lui pensait qu'il perdait son temps à s'acharner à penser à elle, mais la vérité était toute autre, il ne le faisait pas exprès. Il vivait, et parfois le souvenir revenait, le forçant à fléchir, à encaisser durement la chose. Il avait été l'épaule des parents de sa belle, il avait été là pour eux, mais jamais il n'avait pris soin de gérer correctement son deuil, d'où le fait qu'il se retrouve ainsi.
Il y avait eu d'autres femmes … mais ça n'était pas pareil. Avec Amy c'était différent, ça n'avait rien à voir avec ce qu'il avait vécu. Comment pouvait il oublier ce lien, brisé si soudainement ? C'était impossible.

Mais ça, tout le monde s'en foutait. Tous, ne voyaient que le masque de glace et pas ce qu'il y avait derrière. Ils avaient envie de voir en lui un connard fini, un pourri qui agissait pour faire chier et pour retourner le pays, ils se fourvoyaient. Les ambitions du français étaient bien différentes de cela.
Cela se voyait, sa magie avait changé, il était bien plus froid, bien plus puissant et pourtant plus faible. Son talent avait pu s'exprimer d'autres manières, mais ça ne changeait rien au fait qu'il était bien plus dépendant de ses émotions qu'avant. Il y avait maîtrise et maîtrise … maîtrise magique et maîtrise de soi. L'un avait augmenté au détriment de l'autre. Parfois il fallait accepter la faiblesse pour devenir plus fort, c'était la leçon implicite qu'il n'avait pas spécialement reçu de manière consciente.

Et le voilà là, à parler de quelque chose qu'il ne connaissait pas avec un expert. Grey, était un homme volontairement provocateur, cru, et pourtant bien plus fin qu'il n'y paraissait.
Ce gars était compétent, c'était un être bien plus intelligent que l'intégralité de ce collégial, il était apte à enseigner à Poudlard, même la magie noire, même à des élèves qui n'en avaient peut être rien à foutre. Sa pensée alla à Eileen. Elle allait peut être mieux s'en sortir que prévu …

Il avait raison, un mage blanc pouvait vaincre un démon, plus facilement qu'un mage noir, mais pour ce qui était de refermer le portail, la question ne se posait pas. On avait beau connaître des sceaux pour limiter la casse, la faille elle, demeurait bien présente. Voilà pourquoi la démonologie était complexe, trop peut être pour lui qui n'y connaissait que ce qu'on avait bien voulu lui dire.
Un démon pouvait essayer d'entrer dans le plan … peut être, mais il fallait bien que la porte s'ouvre dans les deux sens, du moins il lui semblait. Comment pourrait il le faire ? Peu importe la question, Grey marquait un point réel, mais Tryan ne pensait pas que populariser la chose était nécessaire. Il n'y avait qu'à maintenir un petit collégial de spécialistes dans un coin, une sorte de club des lépreux de la magie, sacrifiés pour le bien du plus grand nombre.
La question était de savoir quelle solution était la bonne ? Peut être n'y en avait il pas. Le démoniste avait beau mourir dans l'invocation, le démon restait là lui … pour ça que les mages noirs avaient autant besoin des mages blancs et réciproquement, pour l'équilibre, la seule vraie solution à n'importe quel problème.

Chacun avait sa vision et ne pouvait convaincre l'autre, mais la discussion se voulait intéressante.

« Un plaisir de discuter avec vous – même si je crois que nous ne nous convaincrons pas. Enfin, moi j'ai encore des tas de jeunes que je peux former, ça fait un avantage sur vous. Bonne journée, monsieur le directeur. »

Le français hocha la tête, lui répondant avec courtoisie :

« Bonne journée professeur Grey ...»

Il regarda le bonhomme s'éloigner avant de replonger dans ses pensées.
Après quelques secondes, il releva la tête pour regarder autour de lui. Tant de menaces, tant d'être corrompus … le nid de la corruption était là. Ils se complaisaient dans les méandres de la fange de leur magie, sans en voir les conséquences, sans en comprendre le réel impact. Instinctivement, le directeur se sentit quelque peu oppressé par l'odeur nauséabonde de leur magie noire.
Sans faire de vieux os, il s’éclipsa, sortant de l'endroit pour transplaner direction de l'atrium. Il remonta ensuite dans son bureau aux mystères, se posant dans son siège, silencieux.

Parfois, il fallait accepter la souillure pour pouvoir avancer pleinement et atteindre son but. L'âme peut elle survivre au corps ? Oui, mais pourquoi la séparer ? C'était autre chose que de la souiller. L'acte avait beau être contre nature, il ne semblait pas avoir lu que cela affectait la pureté de cette dernière.
Que devait il faire ? Accepter la souillure et le risque, ou ne rien faire ? Quels étaient les risques ? Il les connaissait, mais cela lui semblait peu de choses. Mutiler son être pour exister, pour vivre et survivre, et peut être revivre un jour. Il n'envisageait pas de le faire dans l'immédiat, mais à terme, cela serait la seule solution viable, il le savait et ne faisait que repousser l'échéance.

On toqua à son bureau et le stagiaire entra. Il interrogea son patron du regard, sachant ce qui devait l'attendre … la réponse cingla.

« Nous verrons demain … »

Le français se leva, sortit de son bureau, et quitta le ministère.
Qu'une porte demeure fermer n'était pas un problème, il fallait seulement comprendre pourquoi l'ouvrir … peut être avait il peur de trouver quelque chose derrière … peut être avait il peur de se souvenir.
Il verrait, pour l'heure, il avait à parler à Amy.
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You see I met the devil...|| DSC

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