POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Broken Link || Llew [Fini]

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MessageSujet: Broken Link || Llew [Fini] Mer 9 Avr - 0:27

Pré au Lard, voilà des années qu’elle n’y avait pas mis les pieds. Pas depuis que Benjamin était mort. Elle n’aimait pas beaucoup cette ville pourtant tellement prisée des touristes et de sorcier en général. C’était une des rares villes à n’être que sorcière. Les quartiers sorciers étaient, par tradition, toujours cachés, dans les villes moldues. Elle avait découvert Pré au Lard pour la première fois quand elle était arrivée à Poudlard. Elle y avait retrouvé son cousin James et c’est à ses côtés qu’elle avait découvert le village, ses boutiques, la cabane hurlante et les garçons. Plus tard dans l’année, c’est au côté de Benjamin qu’elle était revenue. C’était la première fois qu’elle l’avait vraiment remarqué. Ils se connaissaient bien entendu. Ils étaient cousins et même si Ruth vivait en Bulgarie, elle revenait de temps à autre pour les fêtes de famille. Mais ce ne fut qu’aux tournois qu’elle le remarqua réellement. Champion de duel que le ministère n’avait pas pu ne pas inviter. Leur nom de famille, à l’époque, n’était pourtant pas en ode de sainteté auprès des merlinistes. Ironique quand on savait qu’elle dirigeait désormais un département et que John était Ministre de la Magie. Ce fut ce jour là, alors qu’ils n’avaient jamais du avoir une vraie conversation ensemble qu’il l’avait invité à prendre un verre après la première tâche.

En Angleterre, à l’époque, il y a avait plus de dix ans de ça, les Mulciber n’étaient personne. Quand bien même elle n’en portait pas le nom, Ruth c’était toujours considéré comme l’une d’entre eux. Elle était Mulciber, Witcher et Bedan tout en étant indépendante des trois familles dans une certaine mesure. En Bulgarie et à Dumstrang, son statut était tout autre. On respectait les sangs-purs, encore plus ceux qui, comme elle, venait de famille aussi ancienne et dont plusieurs parents avaient fais partie des proches du Seigneur des Ténèbres. Karkaroff ne voulait pas se mettre ses anciens collègues à dos. Elle n’avait eu aucun mal à obtenir l’autorisation de rejoindre son cousin un soir à Pré au Lard pour aller boire un verre.

C’était le 24 Novembre, elle se souvenait même de la date. Il était venu la chercher près du lac où se trouvait le sous marin de Dumstrang. Elle était sortie avec une robe de sorcière légère comme elle en aurait porté au printemps et sans cape. Les hivers à Dumstrang était rude, le temps en Angleterre lui semblait particulièrement doux. Il lui avait proposé sa cape, elle avait refusé et ils avaient marché jusqu’à Pré au Lard en discutant. Elle n’avait jamais vraiment su pourquoi est-ce qu’il lui avait proposé de venir boire un verre. Etais-ce par courtoisie parce qu’il ne l’avait pas vue depuis longtemps et qu’elle était tout de même sa cousine ? Etais-ce un ordre de John ? Ou avait-il simplement voulu occupé sa soirée parce qu’il passait la nuit à Pré au Lard ? Elle ne lui avait jamais demandé et n’en aurait jamais l’occasion. Ruth gardait juste le souvenir d’une bonne soirée où elle s’était aperçue que sous ses airs stricts et son uniforme militaire, Benjamin Mulciber avait beaucoup d’humour. Il l’avait fais rire et c’était probablement ce qui l’avait séduite de prime abord. Il l’avait raccompagné à Poudlard sans rien tenter. Ils avaient correspondus, c’était revu pour la seconde tâche mais ce ne fut qu’après la troisième qu’ils décidèrent de sortir ensemble au grand désespoir de James qui voyait se compagne de débauche se ranger dans le droit chemin.

Plus tard, ils y étaient retournés pour sortir entre amis avec Mike, Tom et leurs femmes de l’époque. Tout ça semblait bien vieux à la mangemorte et c’est avec regret qu’elle regardait le village qui semblait ne pas avoir changé. Le temps n’avait pas de prise sur Pré au Lard mais ca ne l’empêchait pas de passer pour autant. Depuis, Tom avait trahis, Ben était mort puis revenu sous un autre nom, Mike l’avait demandé en mariage et Thomas l’avait attaquée sous les yeux sa fille. Il était loin le temps où ils se retrouvaient au Trois Balais pour boire une bière au beurre et discuter de ce qu’apporterait le régime de celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.

« Ruth, on va chez Honeyduck ?
Dés que Llewelyn sera arrivé Nanou t’y emmènera d’accord ?
Et toi ?
Je te rejoindrais après.
Comme la dernière fois ? »

Les larmes et la peur semblaient danser dans les yeux de l’enfant traumatisé par le souvenir de Jugson l’attaquant sous ses yeux.

« Non, pas comme la dernière fois. »

L’avantage d’être qui elle était ? Les privilèges. Quand elle demandait à ce que son cousin soit autorisé à venir la voir à Pré au Lard parce qu’elle devait lui parler, on ne posait pas de question. On acceptait. Quelques semaines auparavant, John lui avait envoyé un courrier lui indiquant que la mère de Llew allait être placée tandis que Llewelyn risquait fortement d’être déshérité si il continuait dans la voie qu’il semblait avoir choisis. Sa tâche était donc de mettre du plomb dans la tête de son cousin, en usant de ses charmes si nécessaire. Autant dire que l’idée lui déplaisait au plus haut point et qu’elle comptait bien ne pas mettre cette partie du plan de John à exécution.

Leur relation était compliquée. Elle aurait du être sa belle-sœur, sans le savoir, il était l’oncle de sa fille. Ils étaient liés, qu’ils le veuillent ou non. Elle savait qu’il avait détesté Ben mais au fond d’elle-même, elle était persuadée que sa mort l’avait torturé autant qu’elle et que quelque part, il était soulagé de le savoir vivant. C’était le nom dit de la famille Mulciber, ce qu’elle pensait mais ne pourrait jamais avouer. Parce que Ben vivant était une insulte au purisme et à leur famille.

Arrivée au Trois Balais, elle se fit conduire dans une salle privée avant de prévenir sa propriétaire :

« Mon cousin ne devrait pas tarder à arriver, conduisez le ici. »

Pendant ce temps, elle se contenta de regarder sa fille jouer. Elle l’avait à charge pour le mois et depuis l’attaque de Tom, l’enfant se montrait particulièrement inquiète et difficile si elle n’avait pas sa sœur sous les yeux. Ruth la prenait donc partout avec elle quand elle le pouvait. La mangemorte n’eut pas besoin d’attendre longtemps, Llew ne tarda pas à arriver. Ils ne s’étaient plus vus seul à seul depuis des années. Bien entendu, comme tout le monde, ils se croisaient aux fêtes de famille mais elle avait toujours eu l’impression de le mettre mal à l’aise. Probablement parce qu’elle avait été la fiancée de son frère.

« Tu dis bonjour Yuliya ? »

Elle se tourna vers la nourrice qui s’était retirée dans un coin de la pièce.

« Emmenez là où elle désire mais je ne veux pas la retrouver gavée de bonbon, c’est compris ? »

Une fois les salutations faites, l’enfant et la nourrice partie, elle s’installa dans un fauteuil et invita Llew à faire de même.

« Assieds-toi, tu veux quelque chose à boire ? Est-ce que tu sais pourquoi j’ai demandé à te voir aujourd’hui ? »

Le ton de Ruth n’avait rien de rude, pas plus que son regard. Parce que Llewelyn faisait partie de sa famille, parce qu’il était le frère de Ben, elle souhaitait sincèrement l’aider. Elle savait qu’il n’avait pas eu de chance avec la mère qu’il avait eue et elle savait parfaitement ce que John pouvait faire s’il jugeait que son cousin allait trop loin. Llew ne le verrait peut-être pas comme ça mais pour une fois, elle était réellement là pour aider.

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MessageSujet: Re: Broken Link || Llew [Fini] Mer 16 Avr - 14:23

Il n'avait pas plus envie que ça de voir qui que ce soit. Pas envie de discuter de ce qu'il faisait, disait, vivait, avec qui que ce soit, non plus. Peu de gens à Poudlard daignaient parler à Llewelyn et en retour, il devenait assez aigri et fermé. Pas avec tout le monde, de rares exceptions survivaient dans son environnement (concrètement, Mary, Wayland, Jill, essentiellement) mais il était un peu coupé du monde. Comment rendre les gens agressifs ? Soyez agressifs avec eux. Il ne comprenait pas bien comment on pouvait déployer autant de haine envers des gens, que concrètement, on ne connaissait pas. Parce qu'il fallait bien l'avouer, la plupart des gens qu'il croisait ici à Poudlard, la majorité de ceux qui l'insultaient dans son dos, lui ne les connaissait ni d'Eve ni d'Adam. Il ne leur avait jamais rien fait, ne les connaissait pas, ne leur avait jamais rien demandé ni emmerdé aucun d'entre eux. Sauf peut-être certains sang mêlés. Les voilà bien vengés. Eux, oui, Llewelyn pouvait à la rigueur comprendre. Un type qui s'était pris une mandale de sa part parce qu'il était soi disant un mauvais puriste ne pouvait que se réjouir et ricaner doucement de sa déchéance. Déchéance. Le mot sonnait durement à ses oreilles, comme le jugement qu'ils ne pouvaient pas manquer de porter sur lui. Les autres aussi, l'immense majorité, ceux qui suivaient le mouvement initié par Ariana, portaient ce jugement sur lui. Il ne comprenait vraiment pas. Qu'est-ce qu'il leur avait fait, lui ? Rien. Il les aurait cogné, fracassés contre les murs, s'il avait pu, mais la nouvelle inquisitrice ne semblait pas du style sympathique, et il valait mieux ne même pas essayer de la contredire. Bellatrix Lestrange ne semblait faite que pour punir. Llewelyn s'était dit qu'il valait mieux se faire oublier quelque temps. Et lorsqu'il oubliait de se faire oublier, Mary était là pour essayer – souvent réussir, d'ailleurs – de l'empêcher de faire n'importe quoi.

Il fallait bien l'avouer, elle était bien plus raisonnable que lui. Encore que, lorsqu'il disait cela, Llewelyn n'était pas loin de penser plus intelligente. Ce n'était pas un manque d'ego, juste un constat. Chaque personne a ses qualités et ses défauts, ses travers qu'elle essaye de corriger. Ainsi, Mary était certainement plus raisonnable que lui, mais lui peut-être un peu moins dans les convenances – encore que ça aussi changeait. Mais quelque part, il prenait tout ce qui venait, sans se plaindre, et rechigner. Lorsqu'on apprécie quelqu'un, on n'essaye pas de le changer. Il en voulait aussi pour ça à Ariana : quelque part, en essayant de le redresser, de le faire changer, elle l'avait trahi. C'était quelque chose de mineur, car elle devait bien se ficher de savoir ou non qu'il considérait qu'elle l'avait trahi, mais ça comptait finalement pour Llewelyn. Quand on aime les gens, on accepte leurs défauts. Il savait qu'il exaspérait Wayland, par exemple, à cogner avant de réfléchir, mais au moins son demi-frère lui foutait la paix avec ça. De manière égale il avait renoncé à dire quoi que ce soit sur sa relation avec Ariana, qui lui semblait un pur gâchis, pourtant.

C'est entre autre pour ça, qu'il ne se plaignait pas trop malgré les insultes derrières son dos. On savait tout de même qu'il était revenu, Mary aussi, mais pas Ariana ni H. Ce qui incluait tout de même que la loi avait décidé de punir ces deux là. De même l'Inquisitrice Platt avait été remplacé. Sa grand-mère. Llewelyn ne parvenait pas vraiment à la voir comme telle. Il ne parvenait pas à voir les Witcher comme sa famille. Son géniteur, il ne se souvenait qu'à peine de la gueule qu'il avait. Des lunettes. Il se souvenait des lunettes lourdes et marquées de ce dernier, rien de plus.

Le truc, c'est qu'il ne voyait plus vraiment la famille Mulciber comme sa famille non plus. En fait, il était surtout paumé, ne savait pas trop quoi dire ni quoi faire. Le seul à s'appeler Mulciber avec qui il avait un lien direct, c'était Benjamin. Les autres n'étaient donc que des cousins à qu'il ne devait aucune obéissance, ce qui expliquait sans doute pourquoi il n'accordait plus qu'un coup d'oeil désolé aux lettres d'Edward avant de les jeter à la poubelle. Quant à celle de sa mère, il ne les ouvrait même plus. Trop de gâchis en ce monde. Il aurait fallu qu'il réfléchisse à ce qu'il allait faire. Il n'était plus obligé d'obéir à l'autorité de John, mais celle de Mike Witcher lui tomberait dessus s'il se revendiquait comme appartenant à cette famille. C'était tombé de Charybde en Scylla. Pas de choix possible. Rien que le vide, le vide, et encore le vide, et la peur d'être puni. Encore que pour l'instant John lui fichait relativement la paix. Il faudrait compter sur le chef de la famille Mulciber si on en venait à ce qu'il refuse tout autre solution. Llewelyn ne savait pas quoi faire : il ne voulait pas abandonner Mary ni se retrouver à se justifier devant John ou Mike. C'est entre autre pour cela, un peu égoistement, qu'il aurait voulu partir avec elle. Il était terrifié à l'idée de rencontrer l'un ou l'autre de ces deux mangemorts. En plus du fait qu'il ne voulait pas laisser Mary. Il ne savait pas quoi faire sans elle.

Mais pourtant, pour l'instant, on semblait l'ignorer. Enfin, plutôt l'enjoindre à être raisonnable, à se calmer, revenir dans le droit chemin. Sans doute était-ce pour ça que Ruth lui avait écrit. Ils se parlaient rarement. Poliment, toujours, mais il avait du mal à rester avec elle sans avoir envie de s'excuser d'avoir dit des choses immondes à Benjamin. Il s'en voulait toujours autant. Je pensais l'avoir tué. Mais peut-être que j'en ai fait un résistant. Cela était se prêter un peu trop de pouvoir, mais Llewelyn s'en voulait tout de même. Il adorait son frère autant que quand il était gosse. Vraiment. Mais à part égale avec la haine qu'il éprouvait pour lui. L'impression que toute sa vie était dictée par la trahison de Benjamin le tenaillait.

Il faillit foutre la lettre annonçant la venue de Ruth au feu, comme d'habitude. Comme toutes les autres. Il hésita, sans savoir pourquoi. La nouveauté des arguments, peut-être ? Il n'avait pas encore eu ce point de vue là...Il hésita tant et si bien qu'il finit par se retrouver à venir à Pré-au-lard pour la voir. Une petite tornade blonde se jeta dans ses bras. Autant il voyait peu Ruth, autant il s'entendait bien avec sa sœur, la petite Yuliya. Sans doute parce qu'il était patient – c'était l'une des seules – avec elle : étonnamment, il pouvait l'être avec les gosses.

« Oh, mais tu as encore grandi toi, ce n'est pas possible ! Tu es sage, maintenant ? Plus de bêtise pour embêter ta sœur ? Non ? Bon, alors tu as mérité d'aller à Honeydukes, file. »

Curieusement, ce serait sans doute la partie la plus sympathique de la conversation. Il s'assit en face de Ruth. Oui, tout de suite, c'était moins agréable. Il prit une biéraubeurre et maugréa d'un ton las :

« Comme Edward et Susan, je suppose...si tu comptes m'insulter comme elle, je m'en vais, je te préviens. »

Il n'appréciait pas ses parents, n'en faisait un mystère pour personne, il n'était donc pas étonnant qu'il les appelle par leurs prénoms. Il demanda, pourtant, sincèrement inquiet malgré sa lassitude :

« J'ai lu que Jugson t'avait attaquée. Tu vas bien, toi ? »
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MessageSujet: Re: Broken Link || Llew [Fini] Jeu 17 Avr - 12:23

Ruth ne ressentait pas souvent de pitié pour les autres. En règle générale, la seule personne qu’elle daignait plaindre, c’était elle-même et encore. Elle estimait qu’à partir d’un certain âge, on n’avait plus à le faire. Ca n’apportait rien, n’avançait les gens à rien. Malgré tout, Llewelyn faisait partie des rares pour qui elle en éprouvait. Il n’avait pas eu de chance. Dans l’ombre d’un frère plus brillant que lui à cause de la différence d’âge, il avait toujours été relégué au second plan. Susan n’avait jamais été fort subtile et n’avait jamais caché que son aîné restait son seul et véritable amour. Puis Benjamin était passé pour mort et elle avait définitivement sombré. C’était une femme difficile qui aurait du être internée depuis bien longtemps. Pour la dignité de la famille, le bien de ses proches et son propre bien. C’était le point sur lequel elle et John était entièrement d’accord.

Elle le regarda arrivé dans la pièce l’air las. Elle se doutait qu’il n’était pas la de gaîté de cœur. Il n’avait pas eu le choix. On avait rarement le choix dans son cas de figure. L’enfant avait grandis, ça l’étonnait à chaque fois. Elle se souvenait de lui alors qu’il n’avait pas encore dix ans. C’était un adolescent maintenant, presque un homme si ce n’était pas déjà le cas. Le temps avait continué sa course inexorable et ni lui, ni elle, n’avaient pu l’arrêter ou modifier le cours des choses. Personne ne pouvait le faire.

Elle sourit en le voyant avec sa nièce. Yuliya aimait son oncle et Llewelyn semblait aimer l’enfant. A vrai dire, il était plus à l’aise en la présence de la gamine qu’en celle de Ruth. Elle ne lui en voulait pas, elle comprenait. Il y avait souvent une certaine tristesse mêlé à la tension lorsqu’ils se voyaient. En un sens, elle s’en voulait. Elle aurait pu l’aider à la mort de Ben, elle aurait du. A leur manière, ils l’avaient tout les deux mal vécus et à cette époque là, avec sa grossesse Ruth n’avait pensé qu’à elle. C’était elle l’adulte pourtant. Susan et Edward étaient loin d’être des parents exemplaires et parce qu’ils faisaient partie de la même famille, elle aurait du le prendre sous son aile. C’était comme ça qu’elle le voyait. Pouvait-on en vouloir à Llewelyn si il était amer, perdu ? Elle pensait que non, personne ne s’était occupé de lui comme il le fallait. Ils étaient une grande famille, solidaire, en général en tout cas. Hors là, tout le monde avait laissé la situation se dégrader jusqu’au point de non retour. Elle espérait qu’ils n’en étaient pas arrivés à ce point là. C’était pour ça qu’elle était là aujourd’hui. Non pas pour faire la leçon à Llewelyn. Pas pour lui montrer, la différence entre une femme sang-pur et sang-mêlé comme l’avait fort peu subtilement demandé John, mais pour voir comment il allait et à quel point il était proche de faire une bêtise.

Une fois le babillage de l’enfant fini, ils se retrouvèrent seuls, les rafraichissements furent apportés et les hostilités commencèrent. Ce n’était pas vraiment comme ça qu’elle voulait commencer la discussion. Aussi choisit-elle de se concentrer sur Jugson pour commencer.

« Je vais mieux que ce que les journaux veulent bien laisser entendre. Tom à quand même réussi à faire quelques dégâts et si Mike n’était pas arrivé pour m’administrer les premiers soins aussi vite, je n’aurais peut-être pas été aussi bien. »


Elle haussa les épaules pour montrer le peu d’importance qu’elle accordait désormais à l’évènement. Thomas Jugson était mort désormais. La page était tournée, l’honneur lavé.

« Yuliya va bien et n’a rien eu, c’est le plus important. Elle est encore un peu sous le choc mais ça s’atténuera avec le temps. »

Il y eut un moment de silence durant lequel ils se regardèrent sans rien dire. Ruth n’était pas toujours douée pour parler avec tact et subtilité. Elle savait le faire dans le cadre de son travail mais rarement dans sa vie privée. Elle se décida enfin, tant pis pour la subtilité. Llew était comme elle, un peu brute de décoffrage quand il s’agissait de dire les choses sans détour. Il comprendrait, du moins elle l’espérait.

« Je ne suis pas là pour t’insulter Llew. J’espère que tu me connais un peu mieux que ça. Je sais qu’on n’a pas toujours eu des relations faciles, surtout depuis la mort de Ben… »

La mort de Ben. Etais-ce une bonne façon de dire les choses alors qu’il était vivant et qu’ils le savaient tout les deux ? Mais en un sens Benjamin Mulciber, le puriste, son fiancé, le frère de Llew était mort. Il restait Limonkov et jusqu’à preuve du contraire, il ne pouvait plus remplir les rôles qui étaient les siens auparavant.

« … mais ça n'empêche pas que je t'aime et que as toujours fais office de petit frère. Je sais, tu t'en serais passé mais réellement, tout ce que je veux c'est essayé de t'aider si je peux.  A l’origine, c’est John qui m’a demandé de venir te parler. Quoique parler ne soit pas le terme employé. J’étais chargée de te faire comprendre la différence entre une femme sang-pur et une sang-mêlé en usant de mes atouts si nécessaire. »

Elle se permit un rire.

« Je n’ai absolument pas l’intention de le faire. Ca serrait embarrassant pour toi comme pour moi je pense. Par contre, la demande de John me permettait de venir te parler. Tu ne le sais peut-être pas mais Susan va être placée. C’est pour bientôt, c’est une décision qui aurait du être prise depuis longtemps pour son bien comme ceux de ses proches et je m’étonne qu’Edward ne l’ait jamais prise lui-même. »

Elle avait du mal. Elle n’était pas faite pour ça. Ce rôle ne lui allait pas. Lui et elle étaient plus que simple cousin. Elle n’était pas simplement cette jeune femme éloignée qui venait lui faire la leçon parce qu’on lui avait demandé de venir le faire. Mais comment lui expliquer. S’en rendait-il seulement compte ou l’écoutait-il contraint et forcé parce qu’il n’avait pas le choix.

« Je ne suis pas douée pour ça pas vrai ? »

Elle lui adressa un sourire désolé et passa une main un peu nerveuse dans ses cheveux. Etrange comme on pouvait être à l’aise en face d’homme d’affaire et absolument perdue quand il s’agissait de parler à un cousin de douze ans de moins qu’elle.

« Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Le problème, ce n’est pas que tu sortes avec une sang-mêlée Llew, c’est la façon dont tu le fais. Tu crois que moi ou ton frère on ne l’a jamais fais ? Je ne suis pas aussi étroite d’esprit que tu voudrais bien le penser. Fais le mais fais le discrètement. Casser la figure à Isaac à cause de ça, ce n’était vraiment pas l’idée du siècle. »

Et elle ne put s’empêcher d’en rire un peu. Sur le fond, elle trouvait ça risible. C’était une réaction qu’elle aurait pu avoir à l’époque où elle était elle-même encore à l’école. Les temps avaient changés depuis et Llew pour sa part, enchainait les faits d’armes pour se faire remarquer quand il aurait fallu qu’on l’oublie.

« John n’est pas content tu t’en doutes. Il envisage, si tu ne te calmes pas, de te déshériter. Avant de me sauter à la figure et de me dire que ça ne t’intéresse pas, réfléchis bien. J’espère que je me trompe Llew, mais j’ai l’impression que tu vas faire une bêtise et j’aimerais t’en empêcher. »


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MessageSujet: Re: Broken Link || Llew [Fini] Lun 21 Avr - 18:35

Est-ce que Llewelyn détestait sa famille ? C'était une question à laquelle il ne pouvait pas réellement répondre. Il ne les haissait pas...non, ok, là il mentait. Pas tous ? Oui, là c'était déjà nettement plus réaliste. Concrètement, les Mulciber étaient très nombreux, et la plupart ne lui avaient rien fait. Et puis tout simplement, ils étaient trop nombreux pour que Llewelyn s'attarde à tous les détester personnellement. Non, franchement, il haissait son frère, Benjamin, mais honnêtement, il savait qu'il l'aimait quelque part, autant qu'avant. Voire peut-être plus. Au moins, il n'était pas hypocrite comme les autres. Il avait le courage de ses convictions. Il s'asséna une gifle mentale de penser ça. Il ne fallait pas qu'il le fasse. La trahison, penses à la trahison. Il a trahi. La vérité c'est que Llewelyn restait tout de même largement paumé. Tout ce qui se passait lui donnait pourtant mal à la tête, mais à un point même pas imaginable. Ca pourrait être simple. Ca devrait l'être, s'ils se décidaient à me foutre la paix...mais ça, ça n'était pas près d'arriver. Susan allait rester tout aussi folle et Edward serait toujours aussi proche de son fric.

Est-ce qu'il faisait une connerie, cependant ? J'en sais rien, oui, peut-être, sans doute. Pourquoi tout ce qui me rend heureux est forcément mauvais ou infaisable pour cause d'honneur, hein ? C'est ce qui devait le plus l'énerver. Quoiqu'il fasse, ce n'était jamais assez bien, ça ne valait jamais Benjamin, alors que lui avait trahi, et pourtant, il devait s'occuper de l'honneur et de la morale. C'était sans doute ce qui mettait Llewelyn le plus en rogne, ce qui le rendait le plus triste, sans compter que les types comme John ne se souvenaient de lui que pour ça. Jamais je n'ai eu droit à quoi que ce soit. Il détestait ce principe. Ne pas intervenir tant que tout va bien. Mais justement, non ! Rien n'allait bien pour lui. Et personne ne s'en était jamais préoccupé, il fallait juste qu'il tente de répondre à un idéal impossible à atteindre. Ce n'est pas possible, et en plus c'est injuste. Il ne pouvait pas les rendre fiers, alors il allait au moins vivre pour lui même.

Personne dans la famille Mulciber n'avait de toute façon le droit de lui faire une quelconque remontrance. C'était les Rowle, à la limite, qui pouvait le faire, et les Witcher. Quoique lorsqu'il voyait Ruth, Llewelyn pensait préférer que ce soit elle et pas l'oncle Mantus ou Michael Witcher. Deux portraits types de gens qu'il ne voulait pas voir. Mais ça ne change rien au fait qu'ils n'ont rien à me dire. Ils sont doués, pour ça, pour reprocher, toujours, rien n'est assez bien, rien de rien, jamais. Il était profondément amer, mais se sentait profondément en dehors de toutes les préoccupations de ces gens. Mulciber. J'en porte le nom, mais ce n'est pas moi, ça ne me concerne pas. Il n'était personne, ou alors un bâtard. Personne ne s'occupait des bâtards, une situation qu'il aurait adoré. Llewelyn ne rêvait que d'une chose : pas de trahir ou de détruire les idéaux puristes, non, tout cela était trop compliqué et peu intéressant. Il n'était pas cruel et ne voulait pas renverser le régime, lui, non, il voulait simplement qu'on le laisse vivre sa vie comme il l'entendait. Les complots et les machinations, il n'en voulait pas. J'ai une gueule de terroriste, moi ? Cela dit, il fallait bien l'avouer, tout le monde, ou personne, ça dépendait du point de vue, n'avait une gueule de terroriste. Il le savait. Mais il ne voulait pas la ruine de sa famille...enfin ce n'était pas sa famille, enfin il ne savait pas, il était paumé, un peu. Est-ce que je peux leur gueuler d'aller se faire foutre ? Il n'en savait rien, franchement. Il aurait bien aimé le dire, mais il n'avait pas envie d'affronter les Witcher.

Il pouvait le dire à Ruth, mais comment le prendrait-elle ? Ce n'était pas de sa faute, mais tout de même...quelque part, elle restait liée à Benjamin. Elle pouvait plus ou moins se revendiquer d'être vraiment sa famille. Et même si on faisait abstraction de ce lien avec Ben – Llewelyn, lui, ne croyait pas en être capable – elle allait épouser Mike Witcher. Autant dire qu'il ne savait pas quoi faire. Est-ce qu'elle ne trahissait pas un peu Ben ? Llewelyn était conscient qu'il n'aurait pas du penser comme ça. Après tout, ni sa vie, ni celle de Ruth n'avaient à dépendre de Benjamin. Mais lui, en tout cas, n'y pouvait rien : sa vie semblait s'être arrêtée à la mort de son frère.

Il sourit cependant, amusé. Gagner du temps sur la discussion sérieuse, voilà ce qu'il pouvait faire. Même si Llewelyn n'était pas un maitre de l'humour, il commenta tout de même :

« C'est pour ça que tu as décidé de l'épouser ? Le genre preux chevalier, ça te plait ? » Il n'était pas méchant, sur ce coup là. S'il avait voulu l'être, il aurait continué en disant ' remarque, Ben était un peu comme ça aussi.' Il ne le fit pas et préféra en venir à l'auto-dérision : « Désolé, je commence à me prendre pour une commère, c'est de la faute de Jill, ça. »

Mais la discussion s'orientait déjà vers le sujet qu'il aurait voulu ne pas aborder. Franchement, à quoi est-ce que ça servait ? Ils savaient bien qu'ils ne le convaincraient pas...Ou alors ils me prennent vraiment pour un ado malléable. Il ne savait pas trop. Llew estimait d'ailleurs préférable de rester ignorant là dessus. Enfin, la conversation prit quand même un tour assez surprenant lorsqu'elle commença à lui parler de ce que John lui avait demandé. Manquant de s'étouffer avec sa biéraubeurre, il la regarda d'un air estomaqué :

« Non, il t'a vraiment demandé...ça ? Il a perdu la tête ou quoi ? »

Il n'en revenait vraiment pas. L'idée de coucher avec Ruth paraissait à Llew proprement démente...il hésitait même, maintenant, à rapporter la conversation à Mary à cause de ça, alors qu'il lui avait dit qu'il lui raconterait. Une idée de barge, oui, en tout cas bien plus que celle de placer sa mère. Susan était folle, et l'enfermer semblait à Llewelyn une idée très intelligente. Il commenta sombrement :

« Il serait peut-être temps de se rendre compte qu'elle est tarée...si j'ai pu y contribuer, tant mieux. Quant à Edward...il l'aime. Tu ferais placer quelqu'un que tu aimes, toi ? Non, je crois qu'il a toujours cru qu'il pourrait y arriver tout seul. Force est de constater que non. »

Il haussa les épaules, dans le fond, il s'en fichait. La lassitude envers sa famille prenait vraiment le dessus sur tout le reste. Susan lui avait fait du mal mais elle ne l'impressionnait plus. C'est fini, ce temps là. Il aurait voulu partir, vraiment, si tout le reste était comme ça...Mais non, on retombait dans l'hypocrisie pure et dure. Fais le mais planque toi. Donc je vais passer ma vie à me cacher ? Eh bien non, je refuse, je ne le ferais pas. Il se serait tu, s'il n'y avait pas eu la mention d'Isaac. Ca, c'était trop.

« Non mais...attends, il fallait que je le laisse faire ? Tu aurais réagi comment, toi, si tu avais vu une fille embrasser Ben sous ton nez, quand tu sortais avec ? »

Niveau jalousie, vu comment il connaissait Ruth, ça aurait fini de manière violente. Non, sur ce plan là, elle n'avait rien à dire, et le ton dur qu'il employait, sa colère, l'empêchait de se rendre compte qu'il devenait presque méchant. Mais il devait être trop tard, car il continua :

« Oh, il va me déshériter ? Me déshériter de quoi, d'abord, normalement, je n'ai droit à rien, non ? Puisqu'il semble que ma chère mère aie décidé de me trouver un autre géniteur que son mari, je suis un bâtard...même pas un Mulciber. Donc je n'hérite de rien, d'une, alors ses menaces, John se les gardent. De deux, ce qui va suivre, vu que je suis un bâtard, c'est que j'ai le mal en moi, ou une connerie du genre, donc je ne fais pas de bêtise. De trois, vu qu'on va se désinteresser du cas du bâtard que je suis, on va me laisser tranquille, maintenant, j'espère bien. »

Il était monté en volume rapidement, s'énervant au fur et à mesure. Maintenant qu'il avait dit ça, il ne savait plus quoi ajouter. Tu ne réfléchis pas assez. Pourquoi tu ne te la fermes pas, crétin ? Il ne savait pas, mais il le regrettait, parce que maintenant, il était sur de salement le payer. Il espérait juste ne pas devoir parler de Malone, et encore moins du fait qu'il était sorti avec Jill, ça allait vraiment devenir tendu sinon.
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MessageSujet: Re: Broken Link || Llew [Fini] Ven 2 Mai - 1:40

A quoi s’était-elle attendue quand John lui avait ordonné d’aller voir Llewelyn ? De la colère, des cris, de l’agressivité ? Oui très certainement. Llewelyn et elle, dans le fond, ils se ressemblaient. Probablement plus qu’avec Benjamin si on devait comparer son caractère à celui de son ancien fiancer.  Ils étaient tout les deux colériques, prompt à la violence, avaient tendance à frapper avant de réfléchir. Ruth s’était calmée avec le temps mais elle avait été une adolescente insupportable. Sûre d’elle, arrogante, égoïste, égocentrique, le monde avait eu tendance à tourner autour d’elle. Les années passant, elle était devenue plus modeste, moins prompte à déclencher une bagarre mais Ruth restait Ruth quoiqu’il arrive.

Alors d’où venait cette affection quel avait pour cet adolescent en passe de devenir un homme ? Est-ce qu’elle l’aimait parce qu’il était le frère de Benjamin ? Parce qu’elle trouvait qu’ils se ressemblaient ? Parce qu’il était l’oncle de sa fille, son cousin ? Elle ne savait pas vraiment. Elle se sentait une obligation envers lui. Leur relation n’avait jamais été facile, il y avait onze ans d’écart entre eux après tout. Il avait le même âge qu’Elena et dans son souvenir, les deux enfants avaient eu l’habitude de jouer ensemble tandis que leurs deux aînés batifolaient ailleurs. Même si on ne pouvait pas réellement parler de jouer, elle se souvenait plutôt de sa sœur poursuivie par un petit garçon turbulent quand elle ne voulait pas jouer avec lui. Ca la fit sourire parce qu’il avait bien grandis et d’un autre côté, c’était triste parce qu’il avait quitté l’âge où l’on peut être insouciant et ou les actes que l’on pose n’ont pas de conséquences.

Ces dernières années, elle ne l’avait pas beaucoup vu, elle avait simplement eu des nouvelles par John. Leur relation était empreinte de gêne depuis la mort de Ben. Parce que Llew avait détesté son frère à la fin de sa vie et par extension elle aussi. Ruth ne lui en avait jamais tenu rigueur, ce n’était qu’un enfant et elle était persuadée que dans le fond, sa relation avec celui qui se faisait désormais appeler Limonkov était aussi compliquée que la sienne. Tu l’aimes mais tu ne peux pas le dire alors tu le hais. C’est plus simple, moins douloureux, la douleur fait place à la colère et la colère te fait oublier la douleur. C’était un marché comme un autre. En tout cas, elle le voyait comme ça.

S’était-elle attendue à devoir parler de son mariage avec son cousin ? Pas vraiment. En bon garçon qu’il était, elle avait espéré qu’il avait eu le bon goût de se tenir à l’écart des journaux people et que l’annonce de ses fiançailles avaient été noyée sous l’annonce de la nouvelle Intendance.  Evidemment, c’était sans compter l’immense fratrie Witcher, Mulciber et Bedan qui était à Poudlard. Entre les trois familles, les nouvelles circulaient très vite. Tout se savait, elle ne doutait pas que les enfants Witcher avaient su très vite que leur chef de famille allait prendre une nouvelle compagne. En particulier les enfants de Malone, elle savait que lui et Hyeronimus avaient du lui céder des parts dans les diverses sociétés Witcher et elle n’était pas certaines qu’il l’ait fais avec la meilleure grâce possible. La suite lui prouva qu’elle avait raison puisque c’était la petite Jill Witcher qui avait du vendre la mèche. Maudite soit Rita Skeeter. Ruth ne savait pas comment mais un jour, elle l’aurait à son propre jeu.

En attendant, la jeune femme était gênée d’en parler avec Llewelyn. Pourquoi ? Elle ne savait pas réellement. Parler de ce mariage l’agaçait, elle avait passé l’âge de s’enthousiasmer pour ce genre de chose. Déjà fiancée deux fois, elle était blasée avant l’âge et son enthousiasme se trouvait donc très réduit, voir nul. Heureusement Mike était aussi peu romantique qu’elle ne l’était, il n’y avait donc pas de problème avec lui. Le problème c’était les autres. Il fallait sourire, en parlant, se montrer ravie et amoureuse et déjà cette comédie commençait à lui monter au nez. Heureusement l’intérêt des gens allaient et venaient et bientôt ils auraient trouvé un autre sujet sur lequel se concentrer. Mais sa gêne avec Llewelyn n’était pas la même. N’était-elle pas en train de trahir Benjamin d’une certaine façon. Ruth estimait que oui et elle ne pensait pas qu’il lui pardonnerait un jour. Il s’était étranglé de rage en voyant l’article de Skeeter qui n’était alors qu’une rumeur, elle ne doutait pas que la confirmation ne lui ferrait pas moins plaisir. Une partie d’elle-même s’en voulait de tomber dans la facilité, tandis que l’autre, plus rationnelle, savait que de toute façon, sa relation avec Ben était une jolie utopie. Alors pourquoi se sentir gênée vis-à-vis de son petit frère ? C’était ridicule. Elle lui répondit sans vraiment le regarder du bout des lèvres :

« Je n’ai jamais voulu épouser personne d’autre que ton frère. », Il eut un silence sachant combien l’aveu lui coutait. Toujours sans vraiment le regarder elle continua. « Même moi, je n’ai pas toujours le choix Llew mais ce n’est pas grave, disons que c’est un moindre mal. »

Elle n’en dit pas plus sur le sujet. Llew s’étouffant avec sa bière au beurre tandis que Ruth lui expliquait ce que John avait à l’origine prévu lui redonna son sourire. Elle répondit sur le ton de l’humour :

« Qui parmi les Mulciber est vraiment sain d’esprit ? Disons que tu connais oncle John, aux grands maux les grands moyens comme on dit. »

La discussion s’orienta sur les parents de Llewelyn et l’incapacité d’Edward à mettre sa femme à l’hôpital. Ruth savait que Llew avait toujours eu une relation conflictuelle avec sa mère. Comment lui en vouloir de la haine que le garçon éprouvait envers sa génitrice ? Elle n’avait pas rendu la vie de l’adolescent facile, tout le contraire et Edward en homme soumis, amoureux, ou simplement aveugle avait laissé faire. Elle ne pouvait pas lui en vouloir pas plus qu’elle ne pouvait cautionner ses dires. Elle choisit donc soigneusement de se taire pour ne pas tomber dans un débat épineux. La raison pour laquelle elle venait le voir en premier lieu était déjà assez délicate sans y rajouter des histoires de famille. Le problème chez eux, c’était qu’on en revenait toujours à la famille. Isaac par exemple que Llew avait frappé. En un sens, elle comprenait son raisonnement et il le savait, il lui fit la remarque de manière détournée. Elle tenta tant bien que mal de cacher son sourire et répondit :

« Avec beaucoup de calme et discrétion Llewelyn. Maintenant, il est éventuellement possible que la dite demoiselle n’ait plus été en mesure d’embrasser qui que ce soit par la suite, après, ça n’aurait pas été ma faute. Pas officiellement en tout cas. »

On pouvait reprocher beaucoup de chose à Ruth, elle n’avait pas un caractère facile et elle le savait. Par contre, contrairement à Llew, elle pouvait faire preuve de subtilité. Une chose pour laquelle son cousin ne semblait pas avoir d’affinité particulière. Il y eut un bref moment de connivence entre eux parce qu’elle savait que sur ce point là au moins, la jalousie, ils se comprenaient. Llew était aussi possessif qu’elle. Mais ça ne dura guère, pour le reste, il n’était pas d’accord avec elle et quand bien-même elle lui avait demandé d’attendre avant de lui sauter à la gorge, ce fut sans surprise qu’il se mit dans tous ses états en disant probablement bien plus qu’il n’avait prévu de la faire à l’origine. Ruth resta un moment sans voix. Llewelyn, un bâtard … Voilà qui changeait tout.

Pour une raison qui lui échappait, elle s’était retrouvée « préposée aux adolescents ». Elle avait introduit Isaac auprès de Paravell, même si le terme « introduire » avait tendance à la gêner quand on associait son petit cousin au Directeur des Services Secrets.  Elle avait la garde sa fille pour le mois, suivait Ariana de près et maintenant il y avait Llewelyn. Que devait-elle faire ? Il venait de lui donner une information qu’elle n’aurait pas du avoir. Dangereuse pour lui-même, elle remettait en question son statut au sein de la famille Mulciber, pire, elle donnait une arme supplémentaire à John contre lui. Elle devait en parler à John, elle n’avait pas le choix, elle ne savait pas si Llew se rendait compte de l’erreur qu’il venait de faire. De même, il aurait fallu qu’elle lui dise que John avait l’intention de tuer la branche défectueuse de leur famille s’il le fallait. Elle ne pouvait rien dire, en parler ouvertement c’était tué la confiance que John avait mis en elle. Ne rien dire, c’était trahir Llewelyn, c’était trahir Benjamin mais que doit-on à un homme qui a trahis son pays, sa famille et son idéologie ? Rien. Sauf que dans la vie rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc et le gris domine souvent. Il y a quelques minutes, elle aurait encore pu envisager de le sauver, le faire rentrer dans les rangs. Mais même si elle ne disait rien, John finirait par savoir, et elle ne pourrait rien faire pour lui.

Elle se leva de son siège et vient s’agenouiller à ses côtés, elle posa une main sur la sienne et le regarda dans les yeux en lui disant d’une voix blanche :

« Tu n’aurais rien du dire Llew. Je ne peux pas faire comme si je n’avais pas entendu. Tu te rends compte à quel point c’est grave ? Qui est-ce ? Ton père, je veux dire, si ce n’est pas Edward. Tu en as trop dis de toute façon Llew. »

Elle se releva faisant les cent pas sa baguette en main tandis qu’elle réfléchissait.

« Qui le sait Llew ? Et arrête de crier, ce n’est pas la peine. Je peux crier plus fort que toi ou simplement te mettre sous Silencio. »

Ruth ne faisait de menace en l’air. Elle n’était pas connue pour sa patience, or ici, elle essayait de l’être. Que Llew la croie ou non, elle n’était pas là pour l’enfoncer sauf qu’à force de s’enfoncer lui-même, elle n’était pas certaine de pouvoir le sauver. Elle arrêta de marcher de long en large dans la pièce et fit face à l’adolescent :

« Le plan Llewelyn, mon plan, c’était de convaincre John que tu faisais ta crise d’adolescence. On envisageait de te fiancer pour te remettre dans le droit chemin.
Eventuellement à Elena… » Elle leva une main, anticipant ses protestations. « Tais-toi, laisse-moi finir, tu parleras après. Tu risques bien plus qu’une simple répudiation parce que ta mère n’a pas su se retenir d’aller coucher ailleurs. Tu penses que ça pourrait être la fin du monde parce que tu ne peux pas rester avec ta copine sang-mêlé ? Crois moi Llew, comme on dit : Better a broken hear than a broken neck. C’est ce qui t’attends si tu t’obstines, tu connais John. On ne blague pas avec ses choses là. Et tu mets cette pauvre fille en danger, comme si elle ne s’était pas déjà assez faite remarquer. Si tu l’aimes vraiment, rend lui service, arrête de l’exposer aux ennuis parce que crois-moi, tu vas lui en attirer. »

Après tout, elle savait ce que c’était d’aimer la mauvaise personne. La différence c’était que Benjamin à l’origine était parfait, tout ce qu’on attendait de puriste comme eux. Llew avait choisis de s’associer à quelqu’un de socialement incompatible avec lui. Du reste, elle espérait que son argument ferrait mouche. Qu’on découvre ou non qu’il était un enfant illégitime, il devait bien se rendre compte qu’elle avait raison. Son obstination à rester avec cette fille insignifiante attirait l’attention sur la gamine. A son contact, sans le vouloir, elle était en train de se créer un panel d’ennemis puissant, beaucoup trop puissant pour elle.

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MessageSujet: Re: Broken Link || Llew [Fini] Mer 21 Mai - 15:23

Il n'aurait pas du venir, mais Llewelyn se doutait qu'il n'avait pas vraiment le choix. C'était un peu comme s'il ignorait John en ignorant Ruth et le chef de famille détestait qu'on lui fasse ça. Il a fait payer des gens pour moins que ça. Llew craignait le mangemort. Il faut être cinglé pour ne pas craindre ce type là surtout quand il a potentiellement tout pouvoir sur vous. Mais ça ne voulait pas dire qu'écouter les délires de ce dernier l'intéressait réellement. Ils veulent que je marche droit. Mais je ne peux pas, j'en suis incapable. Il n'était pas brisé, brisé c'était une fêlure, non, il était fracassé, irréparable. Vous ne pourrez pas me remettre d'équerre, vous savez, c'est une cause perdue. Il s'en irait. C'était la seule solution envisageable. Il ne voulait pas plaire, il voulait être heureux. Il avait essayé de plaire, mais ça n'allait jamais, alors il renonçait. C'était triste, mais qui pouvait-il lui ? On ne choisit pas sa famille, si tant est que j'en ai une, mais on choisit avec qui on vit, et surtout comment on vit. J'ai choisi.

Il n'avait pas envie de parler de Benjamin dans le fond, même s'il n'avait pas vraiment le choix. Il n'était pas maitre de la conversation et encore moins des évenements autour d'eux, et c'était ça qui provoquait une grande partie de sa rage. L'autre partie était encore moins avouable et Llewelyn n'allait pas la dire devant Ruth.

« Un moindre mal ? Des conneries, ça, Ruth. Mort ou vivant, on ne peut pas ignorer Ben. Dans ce camp ci ou dans l'autre, on existe toujours par rapport à lui et pas par rapport à nous même. Contre lui ou avec lui ? C'est toujours la même question. Depuis que je suis gosse. »

Et dans le fond, il répondait « avec ». Mais il ne pouvait pas lui dire. Il ne savait pas quel choix avait fait Ruth ni même si elle en avait fait un. Il ne pouvait pas deviner, et il ne voulait pas s'aventurer sur ce terrain là, dangereux et glissant. Mais si elle était un peu honnête, elle conviendrait qu'on ne pouvait que se poser la question. Et ça lui faisait mal de répondre avec, et il ne voulait même pas l'avouer. Llewelyn détestait qu'on le compare à son frère. Il ne voulait pas de ça. Il voulait exister par lui même sans l'ombre de ce type brillant qu'il n'arriverait jamais à rattraper et à qu'il ne pourrait jamais réellement aimer. Ou dire qu'il l'aimait. Ca aurait été trahir. Mais c'est ce que tu envisages de faire, non ? Alors ça ira mieux. Il n'en savait rien, dans le fond. Il l'avait perdu. Pourrait-il le retrouver ? Question muette. Il ne pouvait pas la poser. Ruth non plus. Mais ils se le demandaient tout les deux. Ils le savaient. Peut-être par solidarité. Peut-être parce que la douleur qu'ils remplaçaient par la colère se ressemblait beaucoup. Peut-être parce qu'ils se ressemblaient.

La preuve en était de la réponse qu'elle lui donnait. Llewelyn se demanda comment ils pouvaient avoir autant de points communs alors qu'au final, ils n'étaient pas réellement de la même famille. Ca doit être l'éducation. On négligeait trop souvent cela, mais c'était bien l'éducation qui faisait le caractère, du moins en partie, car il n'avait pas vraiment de points communs avec les Witcher non plus dans le caractère. Il sourit :

« Ca a toujours été plus facile pour vous. Tu sais mentir Ruth. Moi non. C'est comme John. Il ne sait pas. Ca ne l'a pas empêché de s'en sortir dans la vie. Je peux reprocher beaucoup de choses à cette famille, mais pas ça. Pas de ne pas savoir mentir. »

Mais j'apprends. Il y avait de la férocité dans cette pensée là. Il savait que c'était la clé pour survivre, pour continuer, jusqu'à ce qu'il n'aie plus besoin de le faire. Il allait se tirer. D'une certaine manière, même si ça signifiait atteindre un point de non retour, Llewelyn était quasiment sur que sa vie serait plus simple. Plus de débats à l'infini et plus de questions à résoudre. Mais il aurait du apprendre à mentir plus vite. Il aurait du.

Parler comme ça était une erreur. Avouer qu'il n'était pas le fils d'Edward ne pouvait que conduire à une catastrophe, même s'il ne savait pas laquelle, pas encore. Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire maintenant ? Llewelyn n'en avait aucune idée, franchement. Il pouvait nier. Dire qu'il n'en savait rien résoudrait le problème, sans doute. Il n'était pas obliger de répondre et il ne comptait pas le faire.

« J'en sais rien, Ruth. Elle ne m'a pas dit. 
» Est-ce qu'il était crédible ? Non, pas vraiment. Il le savait et Ruth aussi. Mais est-ce qu'il pouvait tenir face à elle ? Si je parle, c'est fini. Il fallait qu'il se la ferme, mais Llewelyn savait qu'il n'en serait pas capable, et assez piteusement, il finit par dire : « Malone. C'est Malone Witcher. »

De toute façon vu la ressemblance qu'il avait avec Wayland, ce n'était pas bien compliqué à deviner. Maintenant, qu'allait-elle faire, c'était ça la question. Et qu'est-ce qu'il allait faire lui ? Plaquer Mary ? Elle n'était pas sérieuse, là. Non, il refusait. Il avait refusé quand l'intéressée lui avait dit de le faire, il refusait si c'était quelqu'un d'autre qui lui disait. Llewelyn avait une tendance à culpabiliser oui, mais c'était quelqu'un d'orgueilleux, d'aussi fier que Ruth elle même. Elle est qui pour me dire ça, d'abord ? La colère pointait son nez et il aurait réellement voulu se remettre à crier, mais il se méfiait de sa baguette. Même en colère, il avait appris à avoir un minimum d'instinct de survie même si celui ci était tout de même limité. Il se contenta d'un ricanement sardonique :

« Oh, je suis sur qu'Ariana est tout à fait d'accord avec toi. Qu'elle a eu spécialement besoin que je m'en mêle pour faire du mal à Mary, tout ça parce que soit disant elle draguait Way. Bon Dieu, il est fou d'elle, ça ne se voit pas assez, peut-être ? Oui ? Non ? Toute façon on s'en fout, tout ce délire n'a rien à voir avec moi, c'est juste que mademoiselle Bedan se tape sa crise de jalousie, point. » Il ne criait pas, il était juste ironique et blasé, désespéré parce ce qu'il se passait. Il n'aurait vraiment pas du venir. Il continua : « Et pourquoi tu me dis ce que je dois faire, de toute façon ? Tu en serais capable, à ma place ? Tu le ferais, Ruth ? »

Il savait ce que ça risquait de lui couter s'il ne rentrait pas dans le rang. Mais il pouvait espérer tenir le choc et pouvoir se barrer avant que la sentence ne tombe.
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MessageSujet: Re: Broken Link || Llew [Fini] Jeu 22 Mai - 11:46

Mort ou vivant tu ne peux pas ignorer Ben. Oh voilà pourquoi elle détestait parler de Benjamin. Il fallait se remettre en question. Or s’il y avait bien un sujet auquel elle n’aimait pas penser, c’était celui-là. C’est plus facile. Plus facile d’oublier son existence. Bien entendu, ce n’était qu’une utopie. Une de plus. Elle savait qu’elle ne pouvait pas se voiler la face. Pas longtemps en tout cas. Avec ou contre lui ? Je n’ai pas envie de choisir mais pourtant le choix était fais depuis longtemps. C’est parce qu’elle avait choisis que c’était dur. L’indécision le plus beau cadeau des dieux mais contrairement à beaucoup de gens dans sa famille, Ruth ne croyait pas à la religion. Leur seul dieu était le Seigneur des Ténèbres et il n’était pas du genre à partager le devant de la scène.

Donc avec ou contre ? Contre. Pas contre toi avait-elle envie de lui dire. Juste contre ce que tu représentes. Contre la cause et le mouvement dont tu es maintenant le chef. Position encore plus dangereuse que la précédente. Elle aurait voulu lui dire de ne pas se mettre sous le feu des projecteurs, de se faire oublier discrètement, de juste vivre sa vie tranquillement. C’était peine perdue. Elle le savait, on parlait de Benjamin Mulciber. Se terrer jusqu’à la fin des temps pour vivre tranquillement n’était pas son genre. Alors dans le fond, qu’elle soit contre sa cause plutôt que contre lui ne changeait rien. Dans la pratique, elle était contre lui tout court.

Qu’en était-il de Llew ? Elle n’était pas certaine de vouloir connaitre la réponse. Vu comment l’entretien se passait, alors que Ruth faisait montre d’une patience rare pour elle, il valait mieux qu’elle ne sache pas. Moins elle en savait, moins elle en dirait à John.

« Il n’y a pas de pour ou contre Llew. Il y a seulement contre pour nous. Tu le sais. Ce n’est plus Ben, c’est Limonkov. Ben n’aurait pas tenté de tuer Ariana et … » Elle mit un moment à se souvenir du prénom du fils de Malone. « … Wayland. »

Est-ce qu’elle croyait seulement ce qu’elle disait ? Non pas tout à fait. Benjamin avait changé mais pas tant que ça. Il était resté lui-même, il n’y avait que son camp et ses convictions qui avaient changé. Quand elle le voyait, elle n’avait pas l’impression de rencontrer un inconnu. Elle retrouvait l’homme qu’il avait été.  Encore une fois, impossible de l’avouer à Llew. Le dire, c’était admettre qu’elle l’avait vu et plus d’une fois. Le dire, c’était donné un aperçut de ce qu’elle ressentait et la rendre vulnérable. Ruth avait appris au fil des années qu’il y avait des choses qu’il valait mieux taire. Chose que Llewelyn n’avait de toute évidence pas compris. Pour peu, elle aurait soupiré d’exaspération. Ne lui avait-on donc rien appris ? Ce n’était pas le moment de critiquer l’éducation qu’il avait eu mais plutôt de se pencher sur le problème qu’il venait de lui mettre sous les yeux.

Sa mère ne lui avait pas dis qui était son véritable père ? Tsss, des Berties Crochues tout ça. Elle n’y croyait pas une seule seconde et son cousin le savait. Il y eut un moment de silence où ils se regardèrent sans rien dire avant que Llew ne lâche le morceau. Ruth qui était toujours accroupie à ses côtés se releva en murmurant un :

« Ce fils de Sombral, incapable de garder ses mains la où il devrait. Ses gosses n’étaient pas suffisant pour lui … »

Elle aurait pu continuer longtemps comme ça mais ça ne servait à rien. Les bâtards n’étaient pas une chose inhabituelle dans des familles comme les leurs mais on essayait de les éviter. La ressemblance entre Llewelyn et Wayland prenaient d’ailleurs tout son sens.  Ca n’avait pas d’importance, pas tout de suite en tout cas. Qu’est-ce que John ferrait de cette information ? Elle était presque certaine que ça ferrait pencher la balance en faveur d’une extermination d’une branche qu’il commençait à trouver gênante et défectueuse.

Ruth se rassit dans son fauteuil fatiguée par cette discussion qu’elle trouvait éprouvante. La patience n’était pas son point fort et elle faisait un effort pour rester diplomate. En particulier quand son cousin s’emballait comme l’adolescent qu’il était dés qu’on parlait de ses histoires de cœur. La baguette toujours en mains, elle le fixa d’un air dur pendant qu’il lui faisait son petit laïus. Elle attendit qu’il ait fini avant de parler de dire :

« C’est bon tu as fini ? Au cas où ça t’aurait échappé, je ne suis pas une des préposées au courrier du cœur Llew. Je me fous de savoir qu’Ariana a cru que ta copine draguait son copain et ait voulu la tabasser. Vraiment, réfléchis cinq minutes et arrête de te concentrer sur des détails. Regardes la vue d’ensemble. »

Oui c’était dur. Non, elle n’était pas gentille mais on ne pouvait pas dire que la gentillesse – au même titre que la patience – soit la principale qualité de Ruth. Elle était sincèrement exaspérée. Pourquoi est-ce que Llew n’arrivait pas à comprendre qu’il risquait bien plus grave qu’une séance de torture dans les locaux de l’élite. Pourquoi est-ce qu’il ne voyait pas que si on l’avait envoyé en ambassadrice c’était que quelque chose de grave se tramait pour lui. Elle savait que ce n’était qu’un adolescent mais il aurait du être capable de voir au-delà de ses histoires de cœur. Peut-être se trompait-elle. Peut-être le voyait-il mais avait juste décidé de faire comme s’il s’en foutait devant elle. Elle espérait sincèrement que c’était le cas.  Elle répondit à sa question d’un ton un peu acerbe, blessée qu’il ne reconnaisse pas les efforts qu’elle tentait de faire pour le sortir de son mauvais pas.

« Je te dis ce que tu dois faire pour essayer de te sortir d’une situation qui pourrait t’attirer de grave ennuis Llew. Et la seule raison pour laquelle je le fais c’est parce que je tiens à toi. Si tu n’es pas capable de reconnaître ça … »

Elle s’arrêta un instant essayant de se reprendre parce qu’elle savait qu’elle commençait à se mettre en colère, d’une voix froide, elle ajouta :

« Tu n’as aucune idée des sacrifices que j’ai déjà du faire Llew. Si je n’en étais pas capable tu crois que je me tiendrais ici avec toi ? Non, j’aurais déserté et je serais avec lui mais dans la vie il faut choisir. »

Aveux explicite de l’amour qu’elle lui portait encore. Sauf que dans la vie, dans leur vie, aimer ne suffisait jamais. Elle sortit un morceau de papier de son sac et pris une plume qui trainait dans la pièce qu’elle trempa dans son encrier. Elle y écrivit une adresse qu’elle montra à Llewelyn.

« Mémorise ça. Non ne dis rien. Tu vas avoir des ennuis Llewelyn. Crois-moi, ils ne vont pas tarder et ils seront plus graves que tu ne l’imagines. Je ne peux pas ne rien dire à John mais j’ai une responsabilité vis-à-vis … » Elle se tut, ne voulant pas prononcer son nom et continua. « … soit. Si tu as besoin d’aide. Ecris à cette adresse. Fais le Llew. Je ne pense pas qu’il y ait d’autre échappatoire pour toi et moi, je ne peux pas aller plus loin dans l’aide que je t’apporte. »

Après s’être assurée qu’il avait bien mémorisé la dite adresse, elle brûla le papier s’assurant qu’il était détruit et fit de même avec la plume au cas où une mémoire était intégrée dedans. Elle se rassit et regarda Llew. Dans un soupir elle lui donna son congé.

« Tu peux y aller Llewelyn, je ne te retiendrais pas plus longtemps. »

Elle avait la douloureuse impression que c’était la dernière fois qu’elle le voyait et elle n’avait probablement pas tord. S’en rendait-il compte ?

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