POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Clutching at straws || Ruth

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Benjamin Mulciber


MessageSujet: Clutching at straws || Ruth Jeu 10 Avr - 8:54

« Elle m'a dit qu'ils avaient des espions, Benjamin. Félicitations à ta charmante copine. »

C'était les derniers mots qu'il entendrait de la bouche de Tom Jugson. Ben avait failli lui coller son poing dans la figure. Depuis, ils ne s'étaient plus reparlés. Il ne pouvait pas savoir que Thomas comptait tout précipiter. Pour Limonkov, l'idée d'un contre-gouvernement avait amplement le temps de se mettre en place, de se préparer. L'idée que Jugson pouvait le mettre au pied du mur ne lui vint même pas. Pour le moment, ça ne l'intéressait guère. Il aurait volontiers massacré Jugson pour avoir dit ça, et pour avoir oser attaquer Ruth. Il était clean. Il ne la voyait pas pour vendre des informations sur la Vague. C'eut été une méthode pour racheter son salut, Ben le savait bien, mais cette possibilité le faisait plus que sourire. D'une part, il ne voyait pas Ruth pour ça. D'autre part, il n'y a pas de retour possible : ceux qui croient ça se plantent. Trahir, c'est pour la vie. Il  l'acceptait. Même si ça faisait mal – ceux qui disaient le contraire mentaient, ne pouvaient que mentir. Il n'était pas facile d'abandonner ses amis, sa famille, tout l'univers qu'on avait connu : le passé ne s'effaçait pas. Il se figeait, immobile, dans un coin de la mémoire. Ben avait choisi de l'assumer et de vivre avec, car il n'était pas spécialement du genre à se morfondre en permanence.

Fruit de son éducation Mulciber, paradoxalement, on lui avait enseigné que les erreurs n'étaient pas faites pour bloquer les gens, mais pour qu'ils apprennent d'elles et qu'ils avancent. Ce qu'il estimait faire. Dans sa famille, bien plus que la violence, bien plus que la haine, c'était la volonté qui sauvait tout, qui permettait de continuer. Le triomphe de la volonté sur le reste du monde. Parce que tu es Benjamin William Edward Mulciber. Quand bien même mon nom est Limonkov. Cela était même devenu pire. La philosophie de Benjamin pouvait se résumer à : si le monde te contrarie, arrête le. Ça marchait ou ça ne marchait pas, qu'importait, il fallait essayer. Mais ça, c'était la surface. C'était ce qui faisait qu'il pouvait s'entendre avec des types comme Vaas ou avec des types comme Sheldon Ferguson. Le moldu était un joyeux connard, mais Benjamin l'aimait bien. Ce type lui semblait une sorte d'anachronisme bizarre. Un genre d'assistant social croisé avec le Parrain. Évidemment, quand il avait dit ça dans la Vague, cela n'avait fait rire que Sheldon lui même : et pour cause, mis à part Benjamin, forcé par Natasha et Miroslav Radeskine de s'intéresser à la culture moldue, il ne devait y avoir que Ferguson pour savoir ce qu'était un film, et donc moins de gens à savoir à savoir ce qu'était le Parrain.  

Mais tout ça n'était pas entièrement vrai, il fallait bien l'avouer. Ou plutôt, comme il se refusait à l'avouer, c'était une surface. Ça faisait mal de le dire. Et ça aurait plus pratique de s'en foutre. Mais il ne pouvait pas le faire. Les types comme Vaas, comme Sheldon, se cognaient réellement de savoir s'ils tuaient, violaient, faisaient tuer ou violer, du moment que cela servait leur intérêt, quel qu'il soit. Thomas, lui ne s'en foutait pas, c'est ce qui le rendait clean et qui pouvait l'autoriser à être si sévère. Ben le savait, mais ça l'agaçait profondément. Ça lui rappelait que lui aussi ne s'en foutait pas, alors qu'il prétendait le contraire. Concrètement, c'est plus facile de fermer les yeux, et de faire soit même. Vrai, quoi ! On ne peut pas gagner sans mettre les mains dans le sang, on ne gagne pas une bataille sans y participer. Le fait que des fleurs et des mots puissent gagner face à la destruction était pour Benjamin une idée stupide qui ne pouvait pas fonctionner parce qu'elle tenait de l'angélisme et de la naïveté la plus stupide qui soit.  Mais ce n'était pas pour ça que ça lui plaisait. Il aurait bien aimé laisser filer, ne plus rien dire, tuer, et que ça ne lui fasse rien. Mais il en était foutrement incapable. Y a rien à faire. Je m'habitue, ça oui. Je fais avec. Mais j'arrive pas à m'en foutre, j'y arriverais jamais. Quelque part, il savait que ce qu'il faisait était mal. C'était pour nécessaire pour empêcher quelque chose de pire d'arriver. S'il parvenait à faire avec pour certains cas, c'était pour des types comme le Connard – curieusement, il avait chopé le surnom qu'avait donné Tom à Mike. Mais il n'arrivait pas à se foutre du fait qu'il s'en foutait.

Sentimental ? Je vous emmerde. Je fais ce que je veux. Ainsi, il n'avait dit à personne qu'il comptait aller voir Ruth, mais il ne pouvait pas ne pas le faire. Il fallait juste qu'il s'organise. Il avait demandé à Eagle la liste des emplois du temps des guérisseurs, sans lui préciser pourquoi. Avoir un type qui bossait à Sainte-Mangouste dans la Vague était un plus que Ben appréciait aujourd'hui. En attendant, il s'occupait comme il pouvait en regardant la télévision – Ferguson avait insisté pour qu'ils l'installent, et Ben s'essayait à comprendre les réglages de cette dernière. N'ayant toujours pas exactement compris comment fonctionnait la télécommande, il était bloqué sur la même chaine depuis des heures, ce qui lui donna l'occasion de voir l'interview de Ruth en rediffusion. Il était certain que Tom l'avait vu, aussi ne commenta-t-il pas ce qui se passait. Il se contenta d'observer, d'essayer d'écouter et de comprendre. Ce qui n'était pas forcément facile quand son cerveau avait tendance à se fixer sur Ruth et pas sur autre chose.

« Ben, tu m'écoutes ? »

Et du coup, il n'avait même pas entendu Eagle lui parler. Avec un semblant de sourire, il leva les yeux vers lui.

« Alors ?
-Alors voilà ce que j'ai trouvé. T'as tout là dessus. Et quoique tu fasses, ne tues personnes, pitié, ça fait vraiment tâche de buter des guérisseurs...
-Ouais, ouais, si tu veux... »

Benjamin n'était pas quelqu'un de contrariant, surtout lorsqu'il était préoccupé. Inspectant rapidement la liste, il vit qu'un guérisseur du nom de Lewis Mitchell effectuait le suivi de la patiente Ruth Alexieva pour sa résidence personnelle – ben voyons, pourquoi rester à Sainte-Mangouste alors qu'elle n'allait pas forcément bien ? C'est tout elle, ça. Vu comment il la connaissait, Ben aurait presque pu mentionner le fait que Ruth n'allait pas rester à l’hôpital sans même avoir la liste des emplois du temps des guérisseurs. L'inactivité, ce n'était pas son truc. Il observa la photo de Lewis Mitchell et commença à imaginer le déguisement qu'il pourrait avoir pour lui ressembler. Benjamin et la métamorphose, Benjamin et l'art de se changer en quelqu'un d'autre, un talent plus qu'appréciable dans ce genre de moment.  Bon, dans l'immédiat, il fallait qu'il attende, il irait tout à l'heure, quand l'autre sortirait de Sainte-Mangouste. En attendant, que faire ? La télévision l'ennuyait et un numero de Sorcière Hebdo trainait sur la table. Les tabloids n'étaient pas le genre de magazine que lisait Ben. Ce qui le décida à s'emparer vu l'image de couverture, puis l'article. Ruth et Mike s'embrassant. Il faillit s'étrangler de rage, et le sentiment perdura alors qu'il parcourait les lignes – pourtant hautement improbables à ce moment là – concernant le possible mariage du directeur de l'Ordre Nouveau avec Ruth. Il n'avait pas le droit. Il ne pouvait pas lui faire ça. Et elle non plus. Ben n'était pas quelqu'un d'excessivement jaloux. Mais ça, c'était plus qu'il ne pouvait supporter. Personne ne digère que la fille qu'il aime sorte avec son meilleur ami – surtout lorsque celui se révèle devenir un de vos pires adversaires. La rage ne retombait pas. Il fallait qu'il parle à Ruth. Atteint par une profonde colère, il siffla :

« Ah, vous voulez vous la jouer comme ça, les enfants ? D'accord, je vois, faisons comme ça... »


Il prit du temps pour élaborer son déguisement, mais lorsqu'il eut fini, il ne se ressemblait plus du tout. Il paraissait un peu plus vieux, était blond, avec une moustache et une barbiche tout aussi blonde, et aurait pu passer le plus facilement du monde pour Lewis Mitchell. N'eut été les yeux, bleus, brillant d'un éclat bien plus sombre que celui qu'avait ce guérisseur là. Autant dire qu'il n'eut aucun problème pour transplaner près de la sortie de la Sainte-Mangouste et de faire disparaître provisoirement le guérisseur. S'emparant de ses effets personnels – badge, mallette de médicomage, certificat du sang (mêlé) – Ben pouvait alors tout à fait prétendre qu'il était Lewis Mitchell, guérisseur, tant qu'on n'y regardait pas de trop prêt.

Et apparemment, l'elfe de maison de Ruth n'y regardait pas de trop prêt, heureusement. Il se présenta à la porte du manoir – chose qu'il n'avait pas fait depuis bien longtemps. Quelqu'un aurait pu le reconnaître. Aurait du le faire. Mais non, même pas. Il put pénétrer dans ce manoir si familier comme une lettre passerait à la poste et l'elfe de maison le guida d'un petit pas empressé vers la chambre de sa maitresse. Benjamin eut un pincement au cœur en entrant dans la chambre. Il savait que ce n'était pas le cas, mais Ruth lui semblait particulièrement fragile à ce moment précis, sans doute parce qu'il savait à peu près ce que Tom lui avait fait. Et il avait du mal à lui en vouloir à cause de Mike. Réellement.

Il ne savait quoi faire, ni quoi dire. Il n'aurait pas du venir. Il avait beau avoir l'air d'un guérisseur, il n'en avait pas franchement l'attitude, planté là, immobile, sur le pas de la porte. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne découvre qu'il était en réalité – et là, il y avait des chances qu'elle lui en veuille vraiment...
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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: Clutching at straws || Ruth Jeu 10 Avr - 9:32

« Mama, Mama, regarde.
Je ne suis pas ta mère Yuliya, ca va faire de la peine à maman si tu dis ça devant elle quand elle rentrera. »

Impossible de lui faire entendre raison. Les enfants en bas âge étaient d’une intelligence et d’une perception rare. C’était aussi un âge ou les barrières sociales établies ne les touchaient pas, ils ne les percevaient pas comme les adultes le faisaient. Hannah Alexïeva étant absente, probablement à cause du traumatisme qu’elle venait de subir et de la ressemblance qu’il existait entre la mère et la fille, Yuliya s’était mise à l’appeler Mama. Pas maman, ce qui indiquait tout de même qu’elle faisait la différence entre les deux mais un transfert se faisait pour l’enfant. Ca brisait le cœur de Ruth de l’entendre l’appeler comme ça. Sans compter que ce n’était pas sain, sauf erreur de sa part, sa mère revenait dans un mois. Elle reprendrait sa place au manoir, et Ruth repartirait dans son appartement Londonien, coupée de sa fille. C’était mieux pour tout le monde, c’était ce qu’ils avaient décidés de faire cinq ans plus tôt et elle continuait à s’y tenir même si ce n’était pas tout les jours faciles.

Elle était dans sa chambre à Caernarfon, elle n’avait pas changé depuis son adolescence. Il y avait de vieille photo, celle qui datait de Dumstrang, d’autre de Poudlard avec James et quelques amis de l’époque. D’autres étaient des photos de famille, certaines la montrait avec Ben, Mike et Tom et il devait y en avoir une qui datait du jour de leur fiançailles. Elle n’avait jamais eu le courage de les enlever. Pourquoi faire, elle ne vivait plus ici. Cette chambre, c’était un peu le souvenir d’un passé révolu, celui où elle était une autre personne. Insouciante, populaire, joyeuse, sans autre soucis que de choisir la tenue qu’elle mettrait pour sortir le soir. Maintenant qu’elle était destinée à passer une semaine dans son ancienne chambre, elle songeait à les faire enlever. C’était dur de se voir sourire et encore plus dur de contempler la tête de Thomas à ses côtés sur certains clichés.

Elle avait réussi à faire entendre raison à Nathaniel et avait obtenu l’autorisation de se faire soigner à domicile. Elle avait fais une grimace éloquente en entendant le mot « autorisation » sortir de la bouche du fils de John. La douleur faisait ressortir ce qu’il y avait de pire dans le caractère de la jeune femme. Son impatience devenait maladive et son caractère de difficile passait à exécrable. Elle avait jeté un regard noir à son cousin qui montrait bien tout ce qu’elle pensait de son « autorisation ». Avec ou sans, elle serrait tout de même sortie, Ruth ne relevait pas de son autorité et il le savait. Les deux cousins s’étaient fort bien compris en échangeant un seul regard. De prime abord elle n’avait rien contre Nathaniel mais il était mou et effacé. Ruth ne pouvait que mépriser ce genre de trait de caractère surtout dans le monde qu’ils construisaient. Son mépris à l’égard de James était également un des points d’accroche entre eux deux. Il était dans son bon droit, par la naissance et par son sang, il était socialement supérieur à James mais pour le reste, lui-même devait bien se rendre compte qu’il valait bien peu de chose à côté du Haut-Juge.  Ruth aimait et détestait avec passion, elle faisait rarement les choses à moitié. Logan avait souvent eu tendance à dire qu’elle se laissait trop emportée par ses sentiment et elle savait qu’il n’avait pas tord. La jeune mangemorte avait calmé ce trait de caractère au mieux pour être plus efficace dans son travail et sur le terrain mais elle détestait qu’on méprise ceux qu’elle aimait. Autant dire que si elle avait du un jour choisir entre James et Nathaniel, la question ne se serait pas posée.

Ce fut Yuliya qui se glissait sous les couvertures pour coller ses pieds froids contre ses jambes qui la fit sortir de sa torpeur. Ruth grimaça en sentant la douleur se réveiller parce que l’enfant avant touché ses brûlures sans le vouloir mais la laissa faire. Qu’importait qu’elle ait mal si la petite était saine et sauve. Elle n’aurait probablement jamais pu se le pardonner si Thomas avait réussi à la blesser. La gamine vient s’assoir à ses côtés à commença à jouer avec les cheveux raccourcit de sa mère.

« J’aime pas, pourquoi tu les as plus long comme moi ? »

Ruth trop fatiguée pour corrigé le langage de sa fille se contenta de répondre.

« C’est pour le travail Yaya, c’est mieux comme ça. »

Sombre imbécile de Jugson, enfoiré, connard, fils de pute, les qualificatifs manquaient à Ruth pourtant éloquente quand on en venait aux insultes pour qualifier son ancien ami. En plus de la brûler, il avait réussi à brûler ses cheveux. Elle avait du les couper assez court et elle détestait ça. On pouvait juger que c’était une préoccupation futile, surtout pour quelqu’un qui faisait partie du gouvernement. Ruth n’en disconvenait pas, elle avait toujours eu un côté superficiel qu’elle assumait pleinement. De toute façon, ça servait encore une fois leur cause, les cheveux courts lui donnaient un air fatigué et plus fragile. Le changement serrait bénéfique pour les médias. Après tout, il fallait tout penser en termes de propagande désormais. C’était son rôle principal, le département des affaires moldues n’était jamais qu’une couverture pour faire passer le tout en finesse.

On toqua à la porte et ce fut son elfe qui entra en annonçant le guérisseur. Lewis Mitchell, médicomage compétent et pas désagréable mais elle n’était pas d’humeur à parler aussi ne prit-elle pas la peine de tourner la tête pour le saluer. Elle était fatiguée des soins et ne voulait qu’une chose, sortir de son lit pour se remettre au travail. Au moins, là dedans, elle aurait pu trouver un exutoire à la rage qu’elle éprouvait contre le chef de la Vague. Non ici, assise dans son lit dans sa chemise de nuit, elle ne pouvait que ressasser ses sombres pensées et ses idées de vengeance. Néanmoins, il y avait quelque chose d’étrange, il ne l’avait pas salué, pas un mot depuis qu’il était entré dans la pièce. Un doute pris Ruth et d’un geste vif malgré ses blessures, elle informula un sort qui fut bloqué par son adversaire.
Ce ne fut qu’en se retournant qu’elle reconnu Ben. Elle porta une main à sa bouche surprise et essaya de se lever pour aller le trouver. Faux mouvement, elle poussa un cri de douleur et sentit les larmes monter sans qu’elle puisse quelque chose pour les arrêter.

« Oh merde, merde, je ne voulais pas, tu n’as rien…. »

Les larmes coulaient sans qu’elle sache vraiment pourquoi et elle n’arrivait pas à se calmer. Elle sentit quelque chose bouger sous la couverture et vit Yuliya sortir des couvertures inquiètes par les pleurs qu’elle entendait.

« Mama, qu’est-ce qui va pas ? Pourquoi tu pleures ? »

Les sanglots se faisaient de plus en plus fort tandis qu’elle regardait père et fille réunis pour la première fois dans la même pièce depuis sa naissance.

« Salazar, tu es cinglé, pourquoi … »

Et pour une fois, les mots lui manquaient.


____________________________________


“How do you move on? You move on when you finally understands that there is no turning back.”


Dernière édition par Ruth U. Alexïeva le Jeu 10 Avr - 10:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Clutching at straws || Ruth Jeu 10 Avr - 9:32

Le membre 'Ruth U. Alexïeva' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Sorcier Adulte' :

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MessageSujet: Re: Clutching at straws || Ruth Jeu 10 Avr - 16:10

Il avait toujours été brillant. C'était l'avis de la famille, de l'ensemble des Mulciber. Dans un sens, oui, il était doué. Mais un type comme Ben ne pouvait pas rivaliser avec un Jugson ou même un John Mulciber. Il était, il le savait, celui que John voyait comme son héritier, pourtant. Un héritage qu'il n'appréciait que très moyennement et que finalement, il n'avait pas relevé. Ce père qui n'en porte pas le nom. Il avait grandi avec le cousin John, celui qu'il appelait oncle, celui dont on disait parfois «Il » dans la famille avec plus de terreur qu'on disait « Il » pour le Seigneur des Ténèbres. Non pas que John eut été plus puissant ou plus dangereux. Il était simplement plus proche. Le Héros. Ils l'appelaient le Héros et dans ces veines de bonnes humeurs, le patriarche de la famille disait que le surnom irait aussi bien à Ben. On lui avait collé cette étiquette. Puis celle de Martyr, parce qu'il était mort. Et puis finalement, il était vivant. Ni héros, ni modèle, pourtant, Benjamin était assez heureux. Il était dans son élement, bizarrement. Si ce n'était pas le cas, il avait fini par y croire, cependant. Il était peut-être le dernier à qui John avait enseigné les mots travail, et loyauté, honnêteté et droiture. Sans en avoir aucune idée, c'est son apprentissage qui avait configuré Benjamin Mulciber dans un premier temps. Par réaction à ce qu'était John peut-être, il s'était révélé sérieux, humaniste et austère. Rien de ce qu'était le mangemort. C'est cela qui causait l'empathie, l'amour – toutes ces conneries qui faisaient qu'il souffrait parce qu'il voyait la destruction que sa famille causait. Il avait fait mentir son nom, c'était sa fierté. Il n'était pas comme eux : en voilà une autre.

Mais dans le fond, il s'appelait toujours Mulciber. Il ne pouvait renier sa famille. Il avait passé plus de la moitié de sa vie avec eux. Il les aimait, dans le fond, malgré la colère et la peine qu'il avait contre eux. Il était solitaire : sans doute par réaction à ce qu'était sa famille. Etouffante et dure, puriste, l'érigeant comme modèle. Il redoutait cependant que le modèle se fissure. Parce que lui savait bien qu'il n'était pas parfait, et qu'il n'avait pas tant d'avenir que ça. Il n'était pas parfait, ni le meilleur, ni même l'avenir des Mulciber. Je ne suis pas eux. C'est mon nom, c'est vrai. Et encore, pas vraiment. Limonkov, voilà ce qu'il était, ni plus ni moins. Il avait perdu le droit de s'appeler Mulciber en trahissant, mais finalement, il ne s'en plaignait pas. Il s'était réinventé une famille. Et c'est ce nouvel héritage qu'il apporterait au monde s'il le pouvait. Ils dégagent cette sort. de calme des hommes qui se savent à leur place, que le travail en plein air fatigue sans corrompre.Le soir,ils s'écroulent,le sommeil les protègent jusqu'au matin. Leur partie animale ne les ronge pas, elle s'exprime chaque jour dans les tâches lourdes ,qui demandent force et concentration. Ces hommes là, il les aimait et les respectait. Les héros, c'étaient eux.

Pourtant, sa vraie famille, il ne pouvait pas la renier. Quelque part, alors qu'il traversait les couloirs du manoir, il reconnaît tout. Benjamin n'oubliait pas ce qu'il avait été. Il ne pouvait pas. J'étais là, c'était presque chez moi. Il se souvenait des soirées l'été, quand la lumière était douce et qu'il restait  parler avec Ruth très tard. Il avait le souvenir de jours meilleurs. Ce temps là était fini, pourtant, bien fini. Il ne comprenait plus, d'un coup, ce qu'il foutait là. Le manoir lui sembla d'un coup profondément hostile et il s'aperçut qu'il aurait du rebrousser chemin depuis longtemps. Il n'y parvint pas, malgré la sensation hostile et persistante qu'il n'était pas du tout à sa place ici. Ce qui était le cas, bien sur. Un hors la loi comme lui n'avait rien à faire dans une maison de sang purs. Tu n'es pas le bienvenu. Le grand portrait de Denis de Mull Cair Bren, le fondateur de la famille, le regarda d'un air froid. Il semblait lui aussi désapprouver sa venue. Benjamin l'ignora royalement et continua son chemin. J'ai le bonheur de la révolte, l'euphorie qui en découle, l'état de grâce dans le quel on flotte quand on décide de ne plus se taire, de lever le poing, de relever la tête, et ce bonheur-là n'a pas de prix, il vaut tous les autres, il est celui qui donne la dignité. Voilà ce que lui pouvait dire, et c'est cette force là qui lui donnait le droit de se tenir la tête haute, imperturbable, digne.

Mais là, sur la porte de la chambre, il ne pouvait rien dire et il ne parvenait pas à oublier. La tristesse l'envahit une fois encore, et il ne pouvait rien faire, juste regarder. Les cheveux plus courts de Ruth, sans doute ce qui resterait de l'attaque, lui donnèrent une nouvelle fois l'envie de casser la figure à Thomas. Il aurait voulu faire quelque chose, mais quoi ? Il n'était personne, juste ce type insignifiant, le guérisseur. Une attitude qu'il ne put conserver longtemps, réellement : au moins on ne pouvait pas enlever à Ruth d'avoir de bons réflexes, même s'il s'en sortait plutot bien lui aussi. Il parvint in extremis à bloquer le sort. Puis tout s'enchaina très rapidement. Il traversa la pièce pour prendre la jeune femme dans ses bras. Il la serra contre lui avec douceur :

« C'est rien, ça va. Tout va bien, du calme. » Il la sentait trembler contre son épaule, et la garda contre lui un moment. La mention du fait qu'il était dingue le fit sourire : « Je sais, je suis désolé. Je pensais juste passer voir comment tu allais en espérant que tu ne sois pas réveillée. Tu veux que je m'en aille ? »

Il regarda autour de lui, et se décida à se débarasser de tout cet attirail de déguisement. Ses yeux tombèrent sur la gamine qui le lorgnait comme s'il était un extraterrestre. Sa fille. Elle ressemblait vraiment à sa mère. Bien plus qu'à lui, il fallait vraiment l'avouer. Elle ne saurait jamais qu'il était, qu'il était vraiment. Par contre le reste...Je vois grandir l'ombre du jour maudit où tu comprendras que je suis un résistant, un traitre, que j'ai fais du mal à ta mère, et, pire que tout, que je suis ton père. Ton père, ce héros déchu. Qu'il va te falloir aimer quand même. S'il te plaît. C'était une prière muette et sans but, car jamais elle ne saurait. Il lui fit signe discrètement de se tenir tranquille, avec un sourire. La petite le lui rendit en retour. Les enfants étaient réellement plus sympathiques que les adultes. Il reprit la parole pour demander à Ruth :

« Tu veux qu'on sorte prendre un peu le soleil ? Ca te fera du bien, je crois...vous avez toujours vos vieilles chaises longues ? »

Bon pas sur que paresser dans une chaise longue avec une couverture sur les genoux plaise à Ruth ni même qu'elle puisse le faire, mais Ben trouvait l'idée plutot bonne. Et dans tout ça, il oubliait encore ce qu'il avait prévu de dire, de demander, de faire.
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MessageSujet: Re: Clutching at straws || Ruth Ven 11 Avr - 11:51

Le monde de Yuliya Mulciber était un monde étrange. Elle avait cinq ans et il lui semblait comprendre tout ce que voulait dire le mot. Elle avait une grande famille, ça elle le savait. Des oncles, des tantes, des cousins et des cousines à ne plus en finir. Parfois elles les confondaient tellement il y en avait. Ils étaient de tout âge, certains avaient le sien, d'autres étaient beaucoup plus âgés. Parfois elle se sentait perdue dans cet amas de gens si différent mais au moins, elle n'était jamais seule. Elle détestait être seule. Elle avait des frères et sœurs. Elena qui n'était plus là, elle ne savait pas vraiment pourquoi. D'habitude, elle la voyait pour les vacances de Noël mais cette année à Noël, Elena n'était pas revenue. Arthur, son frère, lui avait dis que ce n'était pas grave, qu'elle reviendrait bientôt. Yuliya savait qu'elle ressemblait à Ruth et Arthur mais pas du tout à Elena. Pourtant, si elles étaient sœurs, elles auraient du se ressembler toute les trois non ? A ce genre de question, l'enfant n'avait pas réponse mais comme tout les enfants, ce ne l'inquiétait pas. Elle était curieuse de tout si bien que son attention ne se fixait pas sur quelque chose en particulier mais vagabondait d'objets en objets, de questions en questions et quand il y avait quelque chose qu'elle ne comprenait pas, elle passait à autre chose.
 
Depuis un moment, deux semaines en réalité mais l'enfant n'avait pas encore une bonne notion du temps, il n'y avait plus que Ruth et elle. C'était étrange mais pas désagréable. Elle ne voyait pas souvent Ruth mais elle l'aimait comme elle aimait Arthur mais elle aimait Ruth un peu plus, elle ne savait pourquoi. Ca n'avait pas d'importance, tout ce qu'elle savait c'est que pour le moment, elle l'avait pour elle et pour elle seule. Yuliya était possessive, elle n'aimait pas qu'on touche à ses affaires. Dans la maison, Son vrai ami c'était Ida son dragon. Une peluche rouge magiquement enchantée pour la suivre partout, c'était son plus fidèle compagnon, celui avec qui elle vivait toutes ses aventures. Il avait juré de la protéger. Contre quoi, elle n'était pas trop sure. Elle entendait toujours les adultes dirent qu'ils y avaient des gens dangereux et méchant à l'extérieur et sa mère s'inquiétait quand Ruth combattait. Alors Ida avait dit qu'il la protégerait. Depuis, ils étaient fâchés, il n'avait pas tenu sa promesse.
 
Il y a quelques jours, elle jouait dans le jardin avec Ruth et Ida. Sa sœur ne jouait pas souvent avec elle, elle n'avait jamais le temps mais ce jour là, elle avait promis de s'occuper d'elle. Ruth l'avait même laissé faire des tresses dans ses cheveux et ajouter des fleurs. Puis un homme était arrivé, grand avec une brûlure sur le visage, il n'avait pas paru content de les voir, il n'avait pas souris. La dernière chose dont elle se rappelait c'était sa sœur entourée de flamme qui lui disait de rester tranquille puis Pixie l'elfe était venue l'emmener à l'intérieur. Elle avait crié, pleurer mais Ida n'avait rien fais. Alors depuis elle lui en voulait. Elle préférait oncle Mike, lui il était venu et il avait ramené sa sœur. Elle avait les cheveux courts maintenant et elle restait au lit souvent au lit mais au moins elle était là.
 
Alors quand elle l'entendit pleurer, elle sortit vite des couvertures où elle s'était cachée pour voir ce qui n'allait pas.
 
"Mama, pourquoi tu pleures, tu as mal ?"
 
Elle ne savait pas bien pourquoi est-ce qu'elle l'appelait Mama, c'était instinctif. Elle savait que ce n'était pas sa maman mais sa maman n'était pas là. Elle était partie et Ruth lui ressemblait, elle s'occupait d'elle comme sa maman l'aurait fait, alors elle était devenue Mama. Il y avait un homme dans la pièce, il ressemblait au guérisseur mais ce n'était pas le même. Il avait de beaux yeux constata l'enfant et un joli sourire, il n'avait pas l'air méchant, pas comme l'autre. Comme sa sœur n'arrêtait pas de pleurer, l'homme la prit dans ses bras et elle se laissa faire. C'était la première fois que Yuliya voyait ça mais c'était aussi la première fois qu'elle voyait sa sœur pleurer. Jalouse de ne pas être le centre de l'attention elle vient se mettre entre les deux en clamant qu'elle aussi voulait un câlin puis se tourna vers l'inconnu et demanda avec sérieux :
 
"Tu viens pas pour faire du mal à Mama toi aussi ? L'autre jour, elle a dit que c'était un ami mais il était méchant, il a fait apparaitre du feu, plein de feu partout."
 
Ses souvenirs étaient un peu confus et elle n'aimait pas y penser.
 
"Si tu viens pour être méchant, tu peux partir, je veux jouer aujourd'hui." Déclara-t-elle avec autorité tout en souriant. Il y avait définitivement quelque chose de sa mère dans l'enfant.
 
Pour Ruth, c'était un peu un rêve et un cauchemar à la fois. Elle pleurait de rage et de peur en même temps et probablement aussi à cause de l'émotion. Le fait que Benjamin soit devant sa fille, probablement la seule occasion de sa vie où il la verrait, donnait un caractère bien plus réel à sa paternité. Si l'enfant lui ressemblait physiquement, on ne pouvait pas nier qu'elle tenait d'eux deux. Il fallu un moment pour qu'elle se calme et il fallait qu'elle se calme parce que elle seule semblait se rendre compte de la gravité de la situation. Il était fou, tout simplement fou. Elle se leva tant bien que mal sans répondre à sa question et pris sa baguette. Sa première action fut de verrouiller la porte puis d'insonoriser la pièce. Ensuite elle tira les rideaux plongeant la pièce momentanément dans le noir jusqu'à ce qu'elle allume la lumière. Elle ne pouvait pas bloquer son réseaux de cheminette mais heureusement personne ne pouvait savoir qui passait ou non par cheminette. Elle se tourna vers son ancien fiancé en constatant qu'il ne semblait absolument pas paniqué contrairement à elle. Il s'était débarrassé de son déguisement lui offrant un sourire et lui proposant d'aller s'allonger à l'extérieur sur les chaises longues. Elle sourire un bref instant avant de reprendre un air plus sérieux. Elle lui prit le bras et le força à s'assoir sur le lit avant de se tourner vers lui l'air grave.
 
"Ben qu'est-ce que tu fais ? Tu veux mourir où c'est un plan de Tom pour me faire tomber. Est-ce que tu sais ce qui m'arriverait si on te trouvait ici, si quelqu’un s'aperçoit que je n'ai pas donné l'alerte. Est-ce que tu veux savoir ce que John lui ferrait à elle ?"
 
Elle savait que John l'aimait mais si il avait cru un seul instant qu'elle était prête de trahir, il n'aurait pas hésité à la tuer. Ruth le savait et le comprenait. Elle n'avait pas l'intention de trahir et Ben la mettait dans une position délicate.
 
"Tu peux pas être ici. Tu nous mets tous en danger de mort. Quand à sortir, ca ne va pas ? Personne ne peut te voir sans déguisement, imagine seulement si mon elfe te reconnait. Sans compter que Tom a eu la gentillesse de me brûler au second degré me mettre au soleil est contre indiqué. Qu'est-ce qui t'a pris de lui dire Ben ? Si tu veux me voir morte, fais le toi même, n'envoie pas quelqu'un d'autre faire le sale boulot."
 
Elle soupira, elle n’était pas fâchée, elle était bien au delà de la colère. Elle avait peur, hors Ruth avait rarement peur et ca la terrifiait. Elle ne savait pas quoi faire.
 
"Si on vivait dans un autre monde Ben, si on avait choisi le même camps. Tu serais tout les jours à mes côtés mais le seul endroit où on se retrouvera, ça sera dans l'au delà alors qu'est-ce qui a bien pu te pousser à venir jusqu'ici? "
 

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MessageSujet: Re: Clutching at straws || Ruth Mer 16 Avr - 17:21

Elle était étrange cette gamine, même si cette première, et probablement seule occasion qu'ils avaient de se voir, Benjamin et elle, se passait plutôt bien, finalement. Elle semblait ne pas comprendre qu'il était. Mais les enfants n'ont pas de notion de bien et du mal, Benjamin le savait bien. Personne ne lui expliquerait jamais qu'il était. L'homme sans nom. A la limite un géniteur, mais même cela, personne le dirait à la gamine. Il n'en voulait pas à Ruth pour ça, il ne pouvait d'ailleurs pas en vouloir à quiconque. D'une part, il venait de découvrir l'existence de cette petite fille, contrairement à tous les gens qui l'avaient élevé, d'autre part elle allait bien, elle était heureuse, il n'allait pas critiquer. Elle est heureuse mais on lui raconte n'importe quoi. Elle est heureuse mais elle deviendra une ennemie. Elle est heureuse mais un jour peut-être qu'elle me tuera. Benjamin ne croyait pas qu'il survivrait assez longtemps pour la voir devenir adulte, mais si ça arrivait, sans doute cette situation se produirait-elle. Pouvait-il renoncer à ses idéaux pour sa fille ? Il n'arriverait sans doute pas à se défendre si cela arrivait : comme s'il affrontait Ruth, d'ailleurs, il serait incapable de se défendre. Ben était un type têtu, profondément convaincu de la justesse de ce qu'il faisait.  Mais il n'en restait pas moins humains, et nier l'amour qu'il avait pour les gens, fussent-ils dans l'autre camp, lui semblait une mission totalement impossible.

N'empêche que ça ne changeait rien. Sa gamine, sa propre fille, serait puriste, embrigadée. Où ça commence, la maltraitance à enfant ? Il ne croyait pas, n'avait jamais cru, que ça consistait uniquement à cogner. Ca aussi, c'en était. Les puristes élevaient leurs enfants dans la haine et les préjugés. Ils en faisaient, tot ou tard, des machines de guerres solitaires, quel que soit leur caractère, des gens impropres à la vie en société, qui vivaient reclus dans leurs somptueux manoirs en méprisant le monde, et déplorant intérieurement leur triste solitude. On avait formé Benjamin à ça aussi, après tout, il avait été lui aussi l'apprenti de John. Il regardait sa fille et se disait qu'elle avait de la chance. Tu ne sais pas encore ce que je sais par cœur, moi, petite. La peur, les larmes. Le goût amer du sang qui coulait dans la bouche. La solution idéale serait de ne pas souffrir, de n'avoir aucune attache. Mais Benjamin, comme les autres, comme tout le monde, ne savait pas faire. Et ça faisait affreusement mal. Savoir qu'il ne pouvait pas les sauver – ni Yuliya ni Ruth d'ailleurs – était encore pire. Il aurait fallu qu'ils gagnent pour qu'ils puissent être ensemble. Limonkov croyait fermement en la victoire : à quoi bon lutter sinon ? Mais cette victoire voulait dire procès, voulait dire qu'elle serait inévitablement suivi par des procès. S'ils capturaient Ruth, il la perdrait. Ca faisait mal rien que d'y penser, et il ne voulait pas le faire, il préférait de loin laisser tomber cette idée, au moins pour garantir la paix de son cerveau de manière provisoire. La gamine semblait loin des préoccupations de son père. Elle faisait preuve d'une autorité naturelle incroyable pour son âge. Il l'assit sur ses genoux et déclara d'un ton amusé :

« Dis donc, pour une petite fille, tu es bien autoritaire, toi. Je jouerais avec toi si Ruth m'autorise, d'accord ? D'ici là tu restes sage. »

Il ne s'en sortait pas trop mal, mais paraissait manquer un peu d'autorité, peut-être, il n'en savait trop rien. C'était Llewelyn qui était doué avec les gamins, pas lui. En même temps, il avait peu l'occasion d'en fréquenter, il fallait bien l'avouer, et estimait donc avec satisfaction qu'il n'était pas totalement ridicule.

Du coté de Ruth, cela semblait être la panique. D'un coté, Ben aurait largement préféré ne pas être découvert, qu'on lui fiche la paix. Juste voir si elle allait bien lui aurait suffi. Mais cette histoire, avec Mike...il ne pouvait pas laisser faire, il ne pouvait pas ne rien dire, c'était suffisamment dur à supporter comme ça. Il n'avait aucun droit sur Ruth, normalement, strictement aucun, puisqu'ils n'étaient officiellement plus ensembles, mais il l'aimait. Et il ne voulait pas la laisser au Connard, c'était hors de question. Quiconque connaissait un minimum les penchants de Michael Witcher, même puriste et bien intégré dans le régime, aurait été d'accord avec Benjamin : il était dingue et ce n'était pas sain de laisser une femme avec lui. Encore moins dans le cas de Limonkov, car il fallait bien l'avouer, pour le coup, il était profondément jaloux, et passablement en colère.

Cela dit, pour l'instant, la crise de terreur concernait autre chose :

« En fait je pense que t'énerver de cette manière est la meilleure manière de faire pour qu'on me repère, même avec le silencio...sans vouloir te contrarier. Et je viens de te proposer de partir. Rouvre cette porte et je m'en vais, si tu ne veux pas me voir, si je vous mets en danger toutes les deux. »

Il ne devait pas être dans la bonne veine pour se prendre des reproches plein la figure. Le ton était à la limite de devenir glacial. Pour un Mulciber, Benjamin avait toujours très bien su se controler. Il faisait partie des membres de la famille qui se retrouvaient du coté du cynisme et de la froideur plutot que de l'emportement volcanique.

Un instant, il compatit et eut de nouveau envie de casser la gueule à Tom : mais évidemment, Jugson ne s'était pas vanté d'avoir essayé de transformer Ruth en grillade. Sauf que bien sur, il y avait tout ce qu'il y avait autour. Vraiment, les accusations passaient mal.

« Evidemment que je lui aie dis. Tu voulais que je dise quoi quand il lisait les articles que tu fais rédiger en mentant effrontément ? Merci de me faire passer pour un taré, Ruth, vraiment. Ce n'est pas comme si moi je m'abstenais contre vent et marées de parler de toi à chaque fois que je parle à la radio ou dans la presse. Tu vois, j'aurais apprécié un peu de réciprocité. Pas que tu te dénonces, ça, non, parce qu'encore une fois non, je ne veux pas que tu meures, parce que oui, quoiqu'il se passe, je t'aime, mais juste que tu t'abstiennes de me dénoncer comme un psychopathe sanguinaire. »


Non, vraiment, il n'était pas spécialement aimable, mais il repensa à ça, puis à ce qu'il s'était passé avec Mike, et l'histoire de Sorcière Hebdo...Il sortit d'ailleurs le magazine et le posa sur le lit.

« Je suis venu pour ça. Me dis pas que c'est des conneries, s'il te plait. Tu as vraiment couché avec Mike ? »

Le ton était accusateur, mais également blessé, à part égale. Il secoua la tête :

« Tu avais raison, c'était stupide de venir ici, vraiment... »
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MessageSujet: Re: Clutching at straws || Ruth Ven 18 Avr - 17:13

« Je ne suis pas petite, j’ai cinq ans. », Dit l’enfant en montrant une main complète.

Cinq pauvres années pour les adultes qu’ils étaient, une vie complète pour elle. Ruth enviait l’innocence de sa fille. Sa naïveté qui l’empêchait de se rendre compte du drame qui se déroulait sous ses yeux. Elle ne comprenait pas que pour la première fois de sa vie, elle voyait son père. Yuliya n’avait pas conscience de l’importance de cet instant ni de la nécessité d’en profiter tant qu’il durait. Comment aurait-elle pu ? Elle vivait avec ses croyances, son monde, celui que Ruth avait construit autour d’elle pour assurer sa sécurité. Elle se demandait parfois si elle était une mauvaise mère à cause de ça. Elle ne le pensait pas. Malgré le danger que ça représentait, elle avait choisis de laisser son enfant vivre et malgré tout ce qu’impliquait son choix, elle ne le regrettait pas. Une autre aurait peut-être choisi l’avortement, pour plus de tranquillité et de facilité. Qu’aurait fais Ben à sa place ?

« Mama dit toujours oui. »

Avec un sourire éclatant, elle se tourna vers Benjamin qui la posait sur ses genoux en essayant d’avoir un peu d’autorité. Arthur avait essayé sans jamais y arriver, Yuliya les menait tous par le bout du nez, Benjamin ne serait pas différent des autres.

« Je suis toujours sage. »

Ce n’était pas faux. Quoiqu’espiègle, parfois autoritaire et curieuse, l’enfant avait un bon fond. Bien plus que Ruth à son âge. Elle était foncièrement gentille et encore bien loin des préoccupations des adultes. Elle se retourna et se mit à jouer avec la barbe de son père en s’exclamant que ça piquait tandis que Ruth ne lui prêtait qu’à moitié attention prise de panique. Elle aurait simplement voulu pouvoir en profiter. Oublier qui ils étaient et se poser l’espace d’un moment pour prendre le temps de réaliser que pour la première fois depuis cinq ans ils étaient une famille. Dans ce très bref instant de répit que le conflit leur laissait, il n’y aurait du y avoir qu’eux. Elle aurait voulu pouvoir être capable de prendre son appareil posé sur sa vieille commode et prendre une photo pour immortalisé l’instant. La jeune femme ne pouvait pas. Une photo était preuve, une preuve contre elle. Encore une fois, il était avec elle et encore une fois elle n’avait pas donné l’alerte. Elle comprenait pas qu’il ne saisisse pas dans quelle pétrin il la mettait.

Ce fut d’ailleurs son ton qui la fit sortir de son état de panique. Elle s’arrêta brusquement en plein milieu de la pièce, sa baguette en main et se retourna lentement pour regarder Benjamin qui était assis sur son lit, sa fille toujours dans ses bras. Les yeux de Ruth lançaient des éclairs et elle vint lentement se placer en face de lui pour le dévisager durement. Il faisait de même et son ton froid annonçait une dispute. Benjamin, contrairement à elle, n’était pas connu pour ses colères mais ça ne les avaient jamais empêché de se disputer. Ca avait beau faire cinq ans, elle savait toujours quand un orage arrivait et celui-ci promettait d’être gros.

« Je n’ai jamais voulu que tu partes. »

Elle faisait référence à son départ, cinq ans plus tôt en Russie. Néanmoins, elle n’avait pas ouvert la porte pour autant. Evidemment qu’elle ne voulait pas le voir partir, pas maintenant qu’il était là. C’était une des choses qu’elle ne pouvait pas dire tout haut. Non, il ne partirait pas. Pas tout de suite du moins, pas avant qu’elle ne sache pourquoi il était venu jusqu’ici. Sans compter que c’était à son tour d’être agressif et Ruth n’était pas du genre à laisser passer ça. Oh non vraiment, si elle avait mal choisi son moment, lui aussi choisissait mal son jour. Il y avait rarement pire que Ruth quand elle allait mal et autant dire que pour le moment, elle n’allait pas très bien. Comment vous vivez le fait d’être attaqué par votre ancien ami ? Quand bien même celui-ci est passé depuis un moment de l’autre côté de la barrière ? Mal. Sans aucun doute. Il y a des situations qu’on voudrait ne jamais vouloir affronter. Ceux qui disent le contraire, c’est ceux pour qui ça ne compte pas. Ruth malgré tout ses défauts aimaient et détestaient avec une certaine passion. Elle faisait rarement les choses à moitié aussi la défection d’un ami la touchait particulièrement et son attaque encore plus. Ca avait été un coup. Tant qu’elle ne l’avait pas eu en face d’elle, Thomas Jugson, le chef de la Vague avait toujours eu le visage d’un inconnu. Elle avait pu ignorer qu’il était l’homme qu’elle avait connu autrefois, à présent ce n’était plus possible.

Tout comme Benjamin ne pourrait plus ignorer bien longtemps qu’elle était désormais son ennemie. Directrice du département des affaires moldues en charge de leur éducation, donc de la propagande. Elle ne le pensait pas naïf mais comme elle, il voulait ignorer la réalité et simplement ce concentrer sur le peu qu’il leur restait. Qu’est-ce qu’il leur restait outre des illusions ?

« Benjamin, tu penses que ça me fais plaisir de taper sur toi plus que sur Jugson ? Ce n’est pas ma faute si tu te mets autant en avant. C’est mon boulot. Tu pensais que je faisais partie des mangemorts et de l’Intendance pour faire joli ? Je sais que tu t’abstiens de taper sur moi, j’ai remarqué, mais je ne suis pas la seule à l’avoir fais figure toi. Ma situation n’est pas la même que la tienne. Réfléchis un peu et dis-moi ce que tu penses que John ferait s’il pensait que j’ai encore la moindre once d’affection pour toi. Alors oui je tape sur toi, plus fort que sur les autres parce que je dois être au dessus de tout soupçon. Si pas pour moi, pour elle. », Fit-elle en désignant leur fille qui jouait toujours tranquillement avec son dragon sur les genoux de son père sans se rendre compte de la dispute qui avait lieu.

La voix de Ruth était basse et sifflante, terriblement cassante ce qui ne laissait présager rien de bon pour la suite de la discussion. Elle était lasse. Est-ce que toutes leurs discussions devaient finir en dispute ? Surement oui. Ils n’étaient pas fais pour être heureux mais elle avait l’impression d’être la seule des deux à s’en rendre compte.

« Tu trouves que j’ai la mauvaise méthode ? Je t’en prie Benjamin, prends-là avec toi, c’est ta fille aussi après tout. Tu as les mêmes droits que moi sur elle. Par contre, est-ce que tu la veux ? Est-ce que tu peux me garantir que tu pourras lui apporter la sécurité que je lui apporte ? Que Thomas ou n’importe qui d’autre n’essayera pas de la blesser ? J’ai choisi de l’avoir, je l’assume mais dis toi bien que ce n’est pas toi qui devras lui effacer la mémoire quand tu seras parti d’ici. Et ça, savoir que je vais devoir ôter à ma fille les seuls souvenirs qu'elle aura jamais de ses parents ensemble, ça ne me fait pas plaisir. Tu serais capable de le faire toi ? Je t'en prie, montre moi. »

Reproche pour reproche. Ils ne pouvaient faire que ça. Blessé de part et d’autre, ils se faisaient des reproches et s’accusaient mutuellement quand ça ne menait à rien. Ce ne fut que quand il sortit le magazine qu’elle se tût. Elle sentit son cœur s’arrêter de battre brièvement tandis qu’elle ressentait une douleur dans la poitrine. Ruth eut du mal à reprendre sa respiration et se laissa tomber sur le lit. Evidemment qu’il l’avait vu ce foutu article. Tout le monde l’avait vu et lu. Si elle n’avait pas été aussi désemparée, elle aurait tué Skeeter et sa foutue plume à papotte.

« Je n’avais pas l’intention de nier Ben. J’ai couché avec lui après l’enterrement. »

Elle ne cherchait pas à se justifier. Elle aurait pu dire que ca avait été la seule fois et qu’elle n’avait pas l’intention de recommencer. Qu’elle était désespérée pour un peu d’affection, le besoin de chaleur, de ne pas être seule mais à quoi bon. Ca ne changerait rien.

« Ne me regarde pas comme ça Ben. Ose me dire que pendant les cinq années qui viennent de passer tu as fais abstinence. Tu crois que ça ne me tue pas de savoir qu'il y en a eu d'autre que moi ? Qu'il y en aura d'autre après. Viendra un moment où tu te lasseras de cette relation qu'on a si tu ne l'as pas déjà fais. Je n’ai jamais demandé et je ne veux pas savoir mais toi, tu savais que j’étais vivante pendant ses cinq années. Tu crois que ça fais moins mal ? »

Elle en aurait presque pleuré mais ce n’était pas son genre. D’un ton las, elle lui demanda :

« Tu me détestes ? Je sais. Ca devait arriver de toute façon. »

Il n’y avait plus aucune agressivité dans sa voix. Juste une infinie tristesse parce que à quoi bon de toute façon.

« Le reste de l’article, ce ne sont que des conneries inventées par Skeeter. Quoiqu’il en soit, c'est possible que John soit derrière tout ça. Ca lui ressemblerait. Je suppose qu’il cherche à me marier pour être sûr que tu es bien en dehors de mon esprit. Viendra un moment où je serais probablement obligée de le faire alors Mike ou un autre ...»


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MessageSujet: Re: Clutching at straws || Ruth Sam 19 Avr - 15:30

Ce n'était pas facile de voir cette gamine. D'un coté, Benjamin en était heureux. Pas cette gamine, à la réflexion, il ne pouvait pas dire ça, et il n'y croyait pas non plus. Sa gamine, et ça faisait toute la différence. Il aurait besoin de temps, parce qu'il avait beaucoup de choses à dire. Je voudrais t'expliquer, te donner, te faire gagner du temps. Te raconter comment longtemps, si longtemps, j'ai cherché, je me suis cherché, en partant, en revenant. Il aurait voulu pouvoir expliquer, pouvoir se justifier, et que quelqu'un comprenne. Parmi tous les gens qui avaient été ses amis et qui désormais étaient ses ennemis, Benjamin aurait voulu qu'au moins elle ne le soit pas.  Il ne pouvait pas se justifier, remarque, cela ne servait à rien : elle ne comprendrait pas. Sa fille était sans doute trop jeune pour ça. Et adulte, elle serait trop puriste. Mais il aurait voulu tenter, expliquer, oui. Il ne pouvait pas le faire avec Ruth, il aurait bien aimé le faire au moins avec sa fille...lui expliquer tout ça. Comment on peut se sentir loin, si loin de soi, en perdition même parfois, et que ça ne dure pas. Comment les chagrins fortifient, mais qu'il faut s'en méfier terriblement parce qu'à force, ils durcissent et isolent. La seule solution qu'il avait pu trouver, qu'il trouvait encore, c'était dans la lutte, et il irait jusqu'au bout. Ce n'était pas un choix. C'était son éducation qui faisait ça. L'un des surnoms du chef de famille était Honnête John.

Il aurait pu être le sien. La vérité, voilà ce qui comptait. C'était tellement plus facile de vivre dans des illusions. Tellement plus facile de chercher à les retrouver. La plupart des hommes se contentent d’un boulot, d’un toit, de quelques heures de repos le dimanche et ils s’estiment heureux comme ça ; heureux d’être tranquilles, pas d’être en vie ! Que leurs voisins souffrent, tant que la peine ne pénètre pas chez eux, ils préfèrent ne rien voir ; faire comme si les mauvaises choses n’existaient pas. Ce n’est pas toujours de la lâcheté. Pour certains, vivre demande déjà beaucoup de courage. Benjamin en était pleinement conscient. S'il s'écoutait, il cherchait aussi à rentrer dans le rang, il cherchait aussi à retrouver des illusions. Illusion qu'il pouvait gagner. Illusion qu'il pouvait être heureux, qu'il pouvait vaincre. Il était tellement plus facile d'oublier la vérité. Sans doute qu'il aurait pu, aurait du, revenir, et reprendre le combat du bon coté...mais il connaissait la vérité, et la mort le poursuivait. Il n'était pas lâche. Simplement vivre demandait du courage, mais Ben Mulciber se serait senti infiniment coupable de ne pas regarder en face ce qui était vrai. On lui avait appris à le faire. Les Mulciber étaient responsables de la trahison de Benjamin. Il en va ainsi de la vérité : depuis toujours elle est connue de tous et de tous elle est sans cesse oubliée. C'est pourquoi elle demande perpétuellement à être redécouverte. Et elle ne peut l'être qu'à titre personnel puisque la révélation qui la concerne ne prend jamais d'autre forme que celle d'une expérience. C'est-à-dire : d'une épreuve.

La vérité pouvait être démente. Réellement. Comment accepter ça ?  Lui ne savait pas faire. Se révolter face à l'horreur n'était pas un choix. Il avait vu et ne pouvait pas ignorer ce qu'il avait vu. La population acclamait le Lord, il fallait sonner le tocsin, réveiller les gens de cette peur si dangereuse, celle qui gagnait les foules et les conduisait à baisser les bras, à accepter n'importe quoi ; à se taire avec pour seule excuse la lâcheté que le voisin fait de même et que si le voisin fait de même, c'est donc ainsi qu'il faut faire. Benjamin voyait ça. Il affrontait. Bien sur que c'était dangereux. Mais c'était vrai, qu'importait l'idéologie. Ce n'était pas la question. C'était la mort, l'illusion, la dictature. Mauvaise quelque soit le motif. Il mourrait peut-être, et peut-être qu'il se trompait, il s'en fichait. Si nous mourons tous, il faudra que quelqu'un sache un jour ce que nous avons fait. J'accepte qu'on me tue, mais pas qu'on me fasse disparaître. Alors oui, Benjamin Mulciber était prêt à aller jusqu'au bout.


Il ne savait pas si le bout dont il parlait existait réellement, ou si la guerre se finirait. Il avait peur, bien sur. En me levant le matin, j'ai peur ; tout au long de la journée, quand j'arpente les rues pour glaner des informations ou filer un ennemi, j'ai peur ; à chaque carrefour, j'ai peur qu'on me suive, peur qu'on me tire dessus, peur qu'on m'arrête, peur qu'il arrive quelque chose à vous tous qui êtes ma famille. J'ai tout le temps peur, même en dormant. Mais pas plus qu'hier ou avant-hier, pas plus que depuis le premier jour où j'ai rejoint la résistance, pas plus que depuis ce jour où l'on nous a ôté le droit d'être libres. C'était la guerre et Benjamin comprenait ce qu'elle impliquait. Il acceptait les sacrifices. Il le fallait. Pour résister. C'était sa seule option de toute façon. J’aime bien ce verbe « résister ». Résister, à ce qui nous emprisonne, aux préjugés, aux jugements hâtifs, à l’envie de juger, à tout ce qui est mauvais en nous et ne demande qu’à s’exprimer, à l’envie d’abandonner, au besoin de se faire plaindre, au besoin de parler de soi au détriment de l’autre, aux modes, aux ambitions malsaines, au désarroi ambiant.

Mais ce n'était pas pour ça que renoncer ne lui faisait pas mal. Il le sentait, il le savait. Il voulait faire quelque chose pour offrir à sa fille un dernier sourire, un geste de tendresse qui lui dirait combien il l'aimait ; un regard, le temps d'une fraction de seconde, mais assez pour qu'elle sache que ni la guerre, ni la folie des hommes ne la déposséderaient de l'amour de son père. Il ne pouvait pas, alors il se contentait de jouer avec elle. Serait-elle plus heureuse dans le mensonge ? Oui, il le savait, et ça le tuait, réellement. Ma dernière enfant, mon bébé de toujours, mon adolescente de maintenant et ma fière femme de demain, je t'aime tant. Tu as déjà tous les talents et toutes les possibilités. Chance. Moi j'espère juste avoir celle de ne jamais avoir à t'affronter. Il aurait pu être un bon père au même titre qu'il était un type bien.

Il n'était jamais seul. Il offrait ce qu'il avait, un lit, de l'argent, un accompagnement à tous ceux qui le demandaient. Fidèle à ses amis, à ses convictions, il s'était cependant acharné à s'affranchir de toute dépendance. Il n'y arrivait pas. Il ne pouvait pas entièrement rejeter sa famille, ce qu'il avait été. Il ne pouvait pas oublier la culpabilité - On a tué. J'ai mis des années à le dire, on n'oublie jamais le visage de quelqu'un sur qui on va tirer. Mais nous n'avons jamais abattu un innocent, pas même un imbécile. Je le sais, mes enfants le sauront aussi, c'est ça qui compte – ni les questions qui l'assaillaient de toutes parts. Il ne pouvait pas oublier sa famille. Je veux voir mon frère, le serrer dans mes bras, lui dire que tout n'était qu'un absurde cauchemar ; qu'au réveil j'ai retrouvé nos vies, comme ça, par hasard, dans le coffre où maman rangeait mes affaires.  

Il ne voulait pas encore parler de la trahison. Il n'était pas venu pour lutter...quoique. Il aurait pu éviter de remettre le sujet Mike sur la table. Il aurait pu se taire sur tout ça.

« Oh, pitié ne la mêle pas à ça, c'est facile de se défausser sur une gosse ! Bien sur que c'est plus dangereux avec moi, bien sur que c'est plus dur, mais c'est la vie, la vie est comme ça. Combien de temps elle vivra dans cette illusion, hein ? Tôt ou tard, ce sera la guerre, que je sois mort ou non, ou je ne sais quoi, parce qu'elle continuera jusqu'à ce qu'un camp tombe véritablement. Je le ferais moi même s'il le faut, mais ça ne changera rien. Vous reculez pour mieux sauter. C'est facile de mentir, hein ? Tellement, tellement simple. Tellement que c'est le fondement de tout dans votre putain de régime. »


Il se détestait lui même de penser ça, il ne savait pas pourquoi il continuait, pourquoi il s'acharnait désespérement sur elle alors que ça ne menait à rien, que ce n'était pas ce qu'il voulait dire. Il aurait voulu arrêter, mais il ne pouvait pas, pas lancés comme ils étaient tous les deux.

« Et ça va être de ma faute, en plus ? Mais c'est tellement génial, ça. Bravo, Ruth. On ne parle pas de moi, là, on parle de toi et du Connard, avec qui tu as couché alors que tu savais parfaitement que j'étais vivant et qu'en plus tu m'avais vu. Alors c'est quoi le plan ? Tu m'aimes, tu veux rompre, t'en as rien à foutre ? J'aimerais bien savoir. »

Cela dit, il ne répondait pas non plus, mais il ne voulait pas parler de Natasha. Vraiment pas. Il aurait voulu s'excuser, dire quelque chose, il n'y arrivait pas.  C'est ton rire qui me renverse, qui me fait lâcher prise. Ce n'est pas un rire, c'est un éclat, un bijou, une chance, une vrille, un crescendo, une grâce.Ton humour me fait pleurer, tout pardonner. Ton esprit fuse, ta verve ensorcelle, tes digressions captivent, ta fantaisie crépite. Ton intransigeance, ton charisme, ton énergie rayonnent. Autour de toi, tous s'agglutinent. Tu attires, tu aimantes, tu irradies. Tu possèdes cette beauté-là.  Le sais-tu ? J'aimerais faire quelque chose, je n'y arrive pas. Parce qu'il savait que ce qu'il voyait, les autres le voyaient, et Mike aussi.

« Au choix, je préfererais un autre. Mike est vraiment trop con... »


Il aurait voulu dire quelque chose, vraiment. Presque timidement, il posa une main sur son épaule :

« Non, je ne déteste pas. Si c'était le cas, je m'en foutrais. Mais j'arrive pas à m'en foutre. »

La gamine le regardait sans bien comprendre, privilège des enfants. Il sourit :

« Tu veux bien dire à Ruth que je ne suis qu'un pauvre idiot et que je m'excuse, dis ? Elle m'en veut, je crois... »
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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: Clutching at straws || Ruth Mar 22 Avr - 19:39

Qu'est-ce qui faisait qu'elle laissait Benjamin Mulciber en vie ? Le fait qu'elle ne pouvait pas le tuer ou qu'elle ne voulait pas ? La seconde option était certaine. Elle n'avait jamais voulu le voir mort et ne souhaitait pas le faire mourir de sa main. Le problème étant qu'un jour, il risquait d'être capturer par un des leurs et la mort qui l'attendait ne serait rien à côté du supplice que celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom allait lui faire subir. N’étais-ce que pour ça, elle préférait qu'il meure de sa main plutôt que celle d'un autre. Elle serait punie bien entendu mais il était presque certain qu'elle en réchappe tout dépendait de comment était présenté la chose. Restait à savoir si elle était capable de le tuer. Elle avait déjà tué, plus d'une fois. C'était une chose que mangemort comme résistant ne comptait plus. Ces morts ne la hantaient pas, elle avait oublié leur visage, leur nom, leur histoire. Les morts restent où ils sont tandis que les vivants avance. Dans le cas de Benjamin pourrait-elle trouver le courage de lever la baguette contre lui. Tuer le père de sa fille ? Saurait-elle vivre avec ce crime ? Elle était sûre que si elle le faisait, ça la hanterait probablement aussi longtemps qu'elle vivrait.

Et si c'est eux qui gagnent ? Impossible. Ils ne peuvent pas gagner, ils n'en ont pas les moyens. Regarde l'Irlande, regarde Azkaban. Ils n'ont rien pu faire. Viendra un temps où ils y arriveront peut-être. Elle refusait d'y croire. Elle avait beau ne pas dénoncer Benjamin, elle croyait en la justesse de sa cause. Ruth restait persuadée d'être dans le bon camp. Quand bien-même elle n'y aurait pas été, la jeune femme était assez lucide pour savoir qu'aucun retour en arrière n'était possible. Est-ce qu'il lui était arrivé de douter ? Parfois oui, elle y avait réfléchis après le retour de Benjamin sur le devant la scène. Lui puriste si convaincu quand il était partis en Russie que s'était-il passé pour que son opinion change ? Si lui avait changé d'avis, se pouvait-il qu'elle change aussi ? Non. John avait raison, réfléchir, remettre en doute, c'était mauvais. Elle était engagée dans sa cause, elle était un soldat, un des dirigeants du monde sorcier. Un soldat se doit de croire en son armée pour la faire gagner. C'est cette croyance qui peut parfois mener à la victoire. Il en allait de même pour ses généraux et les gens qui les dirigeaient. Si les têtes pensantes de l'Etat remettait son système en cause et ses valeurs, c'était laisser une porte ouverte pour que le peuple puisse en faire autant. Non, elle était trop engagée sur un chemin qu’elle avait choisis en connaissance de cause.

Aucun retour en arrière pour elle n’était possible. Si la résistance gagnait, Ruth perdait tout. Son statut, sa fille, sa famille, sa richesse mais aussi probablement la vie. Elle serrait jugée pour ce qu’ils estimeraient être des crimes de guerre. Au moins, elle serrait emprisonnée au pire tuée. Et Benjamin, quoiqu’il dise, quoiqu’il veuille, il ne pourrait pas la sauver. Elle n’était pas sûre de le vouloir. Pourrait-elle vivre dans un monde où il fallait admettre qu’elle avait eu tord ? Elle ne pensait pas en être capable, pas plus qu’elle ne se voyait fréquenter des gens de basse extraction qui se déclareraient supérieure à elle. Thomas avait peut-être pu malgré son ego, Benjamin le faisait mais elle, jamais.

« Je me défausse sur notre fille ? Moi ! »

Sa voix se faisait de plus en plus dure et c’était uniquement parce qu’elle ne pouvait pas crier et s’énerver que cette discussion ne partait pas en une engueulade monstrueuse dont Ruth avait le secret.

« Ne viens pas me parler de mensonge et d’illusion Benjamin Mulciber. Toi, ici, dans cette pièce, c’est un mensonge. Tu refuses de voir la vérité en face. Tu recules pour mieux sauter. Je suis ton ennemie, tu es le mien et c’est quelque chose qui ne changera jamais. On n’a plus d’avenir, pas de présent, juste un passé. Un jour, toi et moi, on se retrouvera face à face sur un champ de bataille une baguette en main et qu’est-ce que tu crois qu’il se passera ce jour là ? Ce jour là Ben, la chute sera rude pour toi, comme pour moi. Alors ne viens pas me parler de faux semblant quand tu n’es pas capable d’admettre que ce qu’on fait ici c’est du suicide. »

En attendant, aucun camp n’était encore tombé et Ben ne répondait pas à sa question. Evidemment qu’il ne prendrait pas leur fille avec lui. Il ne lui enlèverait pas et elle n’était pas sûre qu’il soit apte ou ait envie d’éduquer une enfant. Par contre, sans le dire franchement, il lui reprochait l’éducation qu’elle lui donnait ou plutôt que ses grands-parents lui donnaient. A quoi s’attendait-il ? A ce que sa fille ne soit pas puriste mais bourbiste comme son père ? Elle avait parfois l’impression qu’en ce qui la concernait, son ancien fiancé vivait dans un monde à part où le Seigneur des Ténèbres, la guerre et le purisme n’existaient. Elle se demandait parfois s’il se rendait compte des propos qu’il tenait ou si c’était simplement elle qui n’avait pas le même sens des réalités que lui.
A quoi est-ce que ça servait de s’énerver ? A rien, pour une fois, Ruth décida d’être raisonnable et ce fut elle qui baissa la voix en premier.

« Je suis peut-être idéaliste mais j’espère que dans quelques années, elle n’aura pas besoin de se tracasser pour ça. »

Mais il ne l’écoutait pas. Ben était rarement en colère, pas comme ça. C’était elle qui explosait d’habitude, il était plus calme qu’elle, il l’avait toujours été. Sauf aujourd’hui. Aujourd’hui le flot de reproche ne semblait pas vouloir s’arrêter et c’était principalement de sa faute. Elle avait couché avec Mike. Elle pouvait dire ce qu’elle voulait, elle savait que ça lui faisait mal. C’était en partie pour ça qu’elle l’avait fais aussi quand bien-même elle refuserait de l’avouer tout haut. Une vengeance mesquine parce qu’il était dans l’autre camp et qu’elle le détestait pour ça.

« Je n’ai pas dis que c’était de ta faute. Je dis simplement que tu n’es pas tout blanc non plus Ben. Tu esquives le sujet, je le sais et tu le sais. Je n’ai pas de plan, aucun. »

Elle prit sa tête entre ses mains dans un soupir et cessa de le regarder. C’était trop dur pour elle de voir son air blessé, la façon dont il la regardait la mettait mal à l’aise. Elle avait pourtant l’habitude de blesser des gens. C’était quelque chose qu’elle faisait souvent, comme beaucoup d’entre eux et ça la laissait indifférente. Lui, elle n’avait jamais supporté de lui faire du mal. Elle admettait rarement ses tords à haute voix mais avait toujours su se faire pardonner parce qu’elle n’avait jamais supporté l’idée qu’il soit malheureux à cause d’elle. Pourtant, c’était ce qu’elle faisait désormais, et ce qu’elle continuerait de faire.

Pourquoi est-ce qu’elle l’aimait ? Elle n’avait jamais su l’expliquer. Elle se souvenait de ses amies qui lui avaient demandé ce qu’elle pouvait bien trouver à ce cousin plus âgé qu’elle. A dix-huit ans, sortir avec quelqu’un de vingt-trois semble énorme. Il y avait plus beau à ne pas en douter et plus prestigieux. Elle avait haussé les épaules, indifférentes aux critiques des autres. Elles ne savaient pas de quoi elles parlaient après tout, elles venaient de famille sang-pur mineure et ne comprenaient pas l’importance des alliances. Plus que ça, elle était amoureuse et entendait bien ne pas se faire critiquer pour ses choix. Benjamin n’était pas beau, pas plus beau qu’un autre en tout cas mais il était charismatique, attirant, drôle, gentil. Benjamin Mulciber avait toujours été brillant et plein de qualité. Il attirait les gens autours de lui et Ruth n’avait pas été la première ni même la dernière à être séduite par lui. On ne peut pas expliquer pourquoi on aime quelqu’un. On le fait et c’est tout. Il n’y a pas toujours de raison rationnelle, c’est juste un sentiment et Ruth n’était pas du genre à chercher plus loin. Ils avaient été parfais ensemble et c’était tout ce qui comptait.

« Pour rompre, il faudrait déjà qu’on soit ensemble mais tu vas dire que je joue sur les mots, je sais ce que tu veux dire. Je ne veux pas me marier. Je n’ai jamais voulu me marier après ta mort pas plus que maintenant mais tu sais que je n’aurais pas réellement mon mot à dire la dedans. »

Elle ne le regardait toujours pas, elle n’arrivait pas à soutenir son regard et sa colère à son égard.  

« Mike … Ca serait logique de la part de John. Si le contrat de mariage est fait proprement, il y aura des parts qui me reviendront dans les sociétés Witcher et on rassemblera nos parts dans celle des Mulciber. Economiquement parlant ça se tient. »

Elle eut un moment d’hésitation puis ajouta un peu plus bas.

« Et puis, si ce que tu as dis sur Crow est vrai. Mike voudra un autre héritier je suppose. Ne serais-ce que pour être sûr. J’espère juste que cet article n’est qu’une vaste blague de mauvais goût. »

La jeune femme parlait un peu pour elle-même et elle sursauta quand elle sentit une main sur son épaule. Elle releva les yeux pour le regarder, il semblait plus calme moins en colère. Elle prit sa main et la porta à ses lèvres dans un geste d’excuse. A quoi bon s’excuser, ça ne changerait rien. Elle esquissât un sourire en le voyant prendre sa fille comme intermédiaire. L’enfant se tourna vers sa mère commentant :

« Le monsieur à dit… »

Elle l’interrompit d’un sourire et l’embrassa sur le front en caressant ses cheveux.

« Je sais ce qu’il a dit ma chérie, je ne suis pas fâchée ne t’inquiète pas. »

Elle se tourna vers son amant dont elle n’avait pas lâché la main et dit :

« Ca arrivera. Peut-être pas tout de suite mais un jour ça arrivera. Je ne supporte pas l’idée de te perdre. Pas encore une fois mais je crois que je m’illusionne aussi. Dans le fond, ce n’est pas comme si on avait le choix. »


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MessageSujet: Re: Clutching at straws || Ruth Mar 13 Mai - 13:38

Benjamin était habitué à supporter la colère. Les siennes étaient froides et dures, il haussait rarement le ton, mais autour de lui, il fallait bien l'avouer, sa famille n'avait pas réellement suivi ce modèle. Chaque fois qu'une dispute éclatait au sein des Mulciber – toujours aux repas, sans doute parce qu'ils étaient tous là – on aurait cru qu'on venait de déclarer la troisième guerre mondiale. Autant dire qu'il avait un sacré entraînement pour supporter le comportement de Ruth, même si tout ça tendait à lui porter sur les nerfs, parce qu'après tout, c'était bien lui qui était lésé dans toute cette histoire, non ? C'est bien moi, le mec trompé qui se fait engueuler, je rêve pas ? Non, il ne rêvait pas. Il aurait du se barrer, mais il savait que l'orage allait passer : des années d’entraînement lui avaient prouvé qu'en général, lorsque Ruth était en tort, il y avait peu de chance pour qu'elle s'excuse, beaucoup qu'elle vous accuse à sa place, et qu'ensuite elle se fasse pardonner.

Alors, il restait. La question n'était pas de savoir pourquoi il le faisait, il l'aimait, point, mais justement pourquoi il l'aimait. Dans le fond, s'ils avaient formé un couple parfait, à l'origine les commentaires n'avaient pas manqué pour faire remarqué qu'ils formaient aussi une drôle d'association. Ils n'y comprenaient rien. Des vieux machins qui ne savaient rien et qui donnaient leur avis sur tout...c'était bon d'en rire, dans le fond, je m'en souviens. Il aimait Ruth parce qu'elle était ce qu'il n'était pas, à savoir bien plus lumineuse que lui et surtout, finalement, beaucoup moins austère. Il l'était, mais il avait besoin de rire, et Ruth l'avait aidé à ça.

Il eut un sourire crispé : bien sur qu'il était tout autant coupable. D'une certaine manière, il ne pouvait pas le nier, c'était vrai. Il avait aimé Natasha parce que Ruth n'était pas là, c'était la triste vérité. Qu'est-ce qu'elle avait de plus ? Qu'est-ce qui a fait que son ancienne fiancée avait été insuffisante ? Benjamin avait bien une réponse à ça, mais elle était définitivement cruelle, et imméritée, tout en étant profondément vraie. Mais il aurait été incapable d'en prononcer le commencement, ces mots si durs qui la constituaient, sans détourner les yeux. Il ne pourrait pas affronter le regard de Ruth s'il parlait. Qu'est-ce qu'elle avait de plus que toi ? Elle m'a sauvé, et toi non. Ca aurait été d'une violence inouïe, totale, gratuite. D'une certaine manière il se demandait si cette simple phrase n'aurait pas pu la détruire. Ça t'est arrivé d'être plus violent que ça, plus méchant, plus dur. Pourquoi tu bloques ? C'est une ennemie. Oui, mais...qu'il aurait été simple que le monde soit noir et blanc, simplifié au possible, divisé entre gens biens et terroristes, mais les cartes se brouillaient, si bien qu'on ne parvenait pas à les lire. C'était ça, la vérité, ni de noir ni de blanc, juste le fait qu'on pouvait, comme disait Thomas, faire de bonnes choses pour de mauvaises raisons et faire de mauvaises choses pour de bonnes raisons. Il l'aimait profondément, dans le fond, malgré leurs disputes, malgré le fait qu'ils soient ennemis. Dans le fond, ça ne changeait pas grand chose pour lui. Presque rien. Il l'aimait toujours.

Monsieur...il sourit un peu tristement à sa fille. Il l'aurait volontiers corrigé, qu'au moins elle sache son prénom, mais pour le temps qu'il restait à passer ensemble, avant que Ruth ne lui efface la mémoire, cela n'avait pas d'importance. Pour le temps qu'il reste, oui, je vais être un étranger dans ce qui aurait pu être, un moment, ma maison...Il laissa donc tomber, et revint à Ruth.

« Evidemment, que c'est vrai, j'ai pas foncièrement que ça à faire d'inventer que Lincoln Crow est un sang mê...Non, attends, pourquoi est-ce qu'il voudrait un autre héritier, d'abord ? S'il y en a un qui est du genre à ne pas me croire, c'est bien lui, d'abord. Et puis...oh, et puis non, c'est juste pas possible, je... »

Il était sérieusement effondré. Tête baissée, il ne savait plus quoi dire. Enfin si, la phrase en entier aurait été « je ne veux pas », mais il avait passé l'âge de faire des caprices, quels qu'ils soient. Il releva la tête et l'enlaça de son bras libre, avant de poser la tête sur son épaule :

« Ecoute, c'est vrai qu'on ne peut pas rester ensemble, que personne ne le tolérera. Je sais ça, tu vois, mais...c'est tout aussi vrai, le fait que je t'aime. Aussi vrai que le jour où on devra s'affronter, ce sera toi qui me tuera, parce que moi, je ne serais pas capable de te tuer. » Encore que vu ce que la Vague s'apprêtait à faire, ce n'était pas forcément dit qu'elle aie l'occasion de le tuer, ou même de le combattre, il y avait fort à parier qu'il allait se retrouver avec des adversaires comme Crow, ou John. Mais peu importait pour l'instant. Il continua : « Mais pas aujourd'hui. Ni demain. »

Fataliste, mais pas résigné. Benjamin n'était pas un type contradictoire à la Mike Witcher. C'est parce qu'il connaissait les possibilités terribles qui accompagnaient son destin, qu'il les acceptait, qu'il jouait aussi gros. Tout à gagner, et rien à perdre puisque échouer est déjà compris dans le plan. Il sourit et lança en sortant un papier de sa poche, notant une adresse – le 11 Park Lane, Londres - dessus :

« Tiens. Si un jour tu as besoin de moi, tu n'auras qu'à déposer une lettre là – ou faire envoyer par la poste moldue, ce sera plus sur. C'est une boite postale. Elle est au nom de Denis Morley – inutile de le chercher, il n'existe pas, mais ça permet d'avoir quelqu'un à qui écrire. »

Il lui sourit une dernière fois avant de l'embrasser :

« Maintenant, tu ne m'en veux pas, j'ai un certain Lewis Mitchell que je dois libérer et à qui je dois effacer la mémoire. Et puis tu as besoin de te reposer aussi, toi. » Il caressa du bout des doigts la peau pâle de la jeune femme : « J'ai pas le courage de te dire adieu et tu vas me tuer si j'ose dire à bientôt. Alors je vais me contenter d'un au revoir tout ce qu'il y a de plus digne et neutre avant de me mettre à pleurer comme un gosse, d'accord ? Je t'aime. Toi aussi petite. »

Avant de s’éclipser. Définitivement, il n'avait pas sa place ici. Mais parfois il se demandait simplement s'il en avait une quelque part.

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Avant de s’éclipser. Définitivement, il n'avait pas sa place ici. Mais parfois il se demandait simplement s'il en avait une quelque part.
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MessageSujet: Re: Clutching at straws || Ruth

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Clutching at straws || Ruth

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