POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Puisque tu sais chanter, ami, tu sais pleurer | PV T. Jugson

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Eris L. Valverde


MessageSujet: Puisque tu sais chanter, ami, tu sais pleurer | PV T. Jugson Sam 12 Avr - 17:18

Puisque tu sais chanter, ami, tu sais pleurer
Eris Valverde & Tom Jugson



Spoiler:
 

Le communiqué tournait dans la tête de Valverde. Démission, démission. Toujours démission. Un mot qui ne partirait pas. Simple mot. Inscrit sur une feuille de parchemin et qui venait de mettre fin à toutes les considérations qu'on pouvait avoir envers celui qui la veille était encore Intendant du Royaume-Uni. Un simple mot, et une multitude d'institutions sur le souffle, dans l'attente d'un nouveau gouvernement. Une série de fonctionnaires attachés au cabinet qui attendent le moment fatidique. Celui de savoir s'ils seraient reconduits, s'ils suivraient le vieil homme ou si on allait simplement les remercier.
Et puis il y avait cette désormais certitude. Jugson emprisonné. Réussite d'un Mangemort, non d'une Intendance. Deux nouvelles. Deux fins. Deux recommencement. Mais l'un des deux allait mourir ce soir, et ce ne serait pas Valverde. La fin de l'Intendant et la fin du résistant. Les deux grands piliers d'une guerre civile qui tombent soudainement, sans que cela n'émeuvent personne. Normalité? Pas de réponse. Mais le monde était en ébulition, et la moitié des ruines n'étaient pas encore connues. On savait juste que Valverde était parti, non avec discrétion, et que l'Intendance se reconstruisait. Mais tout le monde ignorait tout bonnement que Tom Jugson était fini, que la résistance venait de perdre son chantre le plus puissant et le plus redoutable en l'espace d'une soirée. Double coup. La joie qui précède la tristesse. Des rires aux larmes. Retour au bercail pour l'ancien Ministre de la Magie, retour futur aux origines pour celui qu'on appellerait dès le lendemain "Monsieur le Directeur du Département des Lois". Lequel avait gagné sa part la plus grande dans cette histoire? Il n'hésiterait pas à se faire passer pour un martyre de la résistance, l'immense guerrier tombé pour les siens. Vulgaire. Chute impressionnante d'un homme qui pourtant, tout prédestiné à réussir. Une Intendance digne de ce nom, le plus grand politicien de sa génération, un immense palais et quatre territoires. Mais il avait fallu la couardise des Mulciber, Witcher et Eccleston pour faire tomber Valverde. Du moins en apparence. Car il n'était pas terminé. Non, il avait conscience, Jugson, que c'était le début de quelque chose. Quelque chose de grandiose, duquel il devait déjà intérieurement se vanter d'avoir contribué voire crée.

« nous les peu
nous les rien
nous les chiens
nous les maigres
nous les Nègres

Nous à qui n’appartient
guère plus même
cette odeur blême
des tristes jours anciens

Nous les gueux
nous les peu
nous les riens
nous les chiens
nous les maigres
nous les Nègres

Qu’attendons-nous
les gueux
les peu
les rien
les chiens
les maigres
les nègres
pour jouer aux fous
pisser un coup
tout à l’envi
contre la vie
stupide et bête
qui nous est faite
à nous les gueux
à nous les peu
à nous les rien
à nous les chiens
à nous les maigres
à nous les nègres »


Il envoyait les derniers courriers de son manoir de Gaydon. Deux jours qu'il n'était pas sorti. Ce procès avait été un beau premier coup envoyé aux familles Puristes. Même si libre, Bedan avait été condamnée et Yaxley particulièrement humilié. Et la démission du Mangemort Politicien, que tout le monde savait déjà présent dans le prochain gouvernement, un autre coup de plus. Une façon de leur montrer leur débilité, et de leur signifier que Voldemort allait y mettre quelqu'un de plus autonome encore que Valverde, une personne qui allait les faire filer droit tous, qui leur mettrait un beau bras d'honneur au moindre coup de travers. Le vieil homme avait eu trop de scrupules à ne pas les détruire, celui qui lui succéderait n'en n'aurait pas autant que lui. Et Voldemort, bien que particulièrement fâché de voir Valverde mis à bas comme ça, ne laisserait pas les choses se faire. Il n'était ni Brom, ni Mulciber. Il frappait dès le début. Le lendemain matin, un nouvel Intendant serait nommé. Et cela, Valverde en était certain, en surprendrait plus d'un. Les noms circulaient déjà, mais Valverde était quasi certain que le Ministre ne deviendrait pas Intendant. Pas après ce qui venait de se passer. Eccleston, Witcher et Mulciber seraient mis à des postes casse-gueule, de manière à ce qu'on les punisse de ce qu'ils avaient faits sans que cela ne changeât rien à l'image d'union de l'Intendance. Ce qu'ils avaient gagné en autonomie, ils l'avaient perdu en faisant tomber Valverde.
Et lui? Lui, il était toujours là. La froideur, le calme, la détermination. On pouvait abattre l'Intendant, on ne détruisait pas Valverde. On pouvait supprimer le pouvoir, on ne supprimerait jamais la politique. Eternel recommencement. Comment mettre à bas cinquante années de vie consciente modelée par la haine et la politique? En le tuant. En égorgeant son cou de vieillard où son souffle froid allait et venait chaque jour pour qu'il puisse massacrer de plus en plus de Nés-moldus. Tant que vivrait Eris Valverde, l'abattre reviendrait à ne lui redonner que plus de force.

Quand les multiples zones de protection furent traversées, quand quatre mangemorts ouvrirent les portes des cachots de Little Hangleton, un silence de mort occupait les sous-sols de la demeure de Voldemort. Et ce ne fut pas l'arrivée du vieux Mangemort qui arrangea les choses. Si la macabre ambiance des lieux ne se suffisait pas à elle-même, il venait, lui, d'y rajouter une aura de froideur que les gens commençaient désormais à reconnaître. Là-bas, dans la cellule la plus entourée de maléfices, Thomas Jugson devait déjà avoir senti l'arrivée de celui qui avait été un temps son Conseiller du Ministre tant l'endroit était devenu soudainement silencieux et froid. Plus d'insultes, plus de ricaneries, plus de déshonneur. Jugson venait, avec l'arrivée d'Eris, de goûter à quelques minutes de calme. Ironie du sort. Et pourtant, le vieux politicien n'était pas encore arrivé face à l'ancien Ministre. Pis encore, rien ne pouvait laisser penser Jugson qu'il s'agissait ici de l'ancien Directeur de l'Ordre Nouveau. Mais il est des pas que l'on reconnait, des souffles que l'on entend et qui nous évoquent toujours quelque chose. Valverde avait été si proche de Jugson, ils avaient passé tant de temps ensemble, ils avaient tellement travaillé l'un à côté de l'autre. La froideur de Valverde, si elle pouvait parfois ne pas se sentir, ne pouvait échapper à celui qui l'avait tant côtoyé et apprécié en un temps.
Les choses s'échangeaient donc. Jugson était descendu plus bas que terre pour venir rencontrer Valverde enfermé dans son bureau. Désormais, c'était le vieil homme qui descendait pour venir voir Jugson.
Quand allaient-ils arrêter de descendre?
Lorsqu'il arriva devant la cellule, seules quelques torches tenues par les autres Mangemorts éclairaient le visage de celui qui la veille était Intendant et qui, le lendemain, dirigerait la Justice de l'Intendance. La veille, lui, il était encore le plus grand chef Hors-la-loi. Que serait-il demain? Un cadavre. Pire encore. Un inferi au service du grand Lord Voldemort. Triste destin pour une créature humaine si intelligente.
Ils ouvrirent la cellule. Protections magiques au maximum, sans parler des runes qui entouraient et surveillaient de près n'importe quelle menace, elle enfermait en son sein sale et humide celui qui avait donné tant de faux espoirs à des êtres perdus d'avance.
Le vieil homme entra. Sa robe rouge-sang balaya un sol trempé d'eau et sûrement d'autres détritus dont il fallait ignorer la composition. Les quatre autres placèrent deux torches à deux endroits différents de la cellule. Et Valverde le vit.
Il regarda avec froideur celui qui hier encore les dirigeait tous, bourbistes, irlandais, terroristes et qui se trouvait maintenant dans un piteux état. Ses longues jambes fines et tortueuses. Sa barbe de quelques jours. Il avait encore le visage frais. Seulement une heure qu'il était ici. Et Valverde observait. Son masque de calme ne se fiscura pas devant ce spectacle de honte, de pitié et de fin. Deux années de guerre qui se terminaient ici. Là, dans cette cellule. Une autre commencerait. Peut-être plus violente, peut-être plus forte. D'une certaine manière, après nombre d'hasards, de victoires et de défaites, de sang et de tripes, c'était lui, le Mangemort Politicien, qui venait de gagner. Cette partie là. Et Jugson avait perdu. Entre eux deux, du moins. Lui il mourrait, l'autre continuerait à vivre. Mais leur histoire, à eux, faisait désormais partie d'un passé révolu. Demain serait un autre jour. Jugson ne serait plus là.

« Bonsoir Tom. La voix froide de Valverde confirma la silhouette du politicien. Si Jugson en doutait, il se trouvait devant celui qui l'avait autrefois tant soutenu. L'homme était attaché par les fers et les maléfices, tandis que le plus vieux des deux s'était installé sur une chaise de bois. Amenez-lui une chaise, et de l'eau. Les quatre se regardèrent, puis s’exécutèrent. L’humiliation n'était pas pour maintenant, et Valverde n'avait aucune envie d'humilier un homme qui vivait les dernières minutes de sa vie. Il n'avait aucune pitié, n'avait aucunement un sentiment d'amitié. Jugson avait été Jugson. Perdu dans le bourbisme, mais il y avait eu avant un homme autre. Un grand homme, qui allait faire de grandes choses avant que la vie ne s'abatte sur lui et qu'il ne prenne le mauvais chemin. Bois. »

Qu'il boive, oui. Qu'il sente la vie arriver, qu'il sente la vie s'agiter en lui, accueillir de l'eau dont il devait avoir envie depuis pas mal de temps.
Comment devait-il se sentir? Avait-il le sentiment d'être libéré d'une lourde tâche? Ressentait-il, alors, cette sensation de liberté après laquelle il courrait depuis tellement de temps? Valverde se le demandait. Mais il ne parlait pas. Son visage froid n'avait pas changé. Ses yeux de glace n'exprimaient que la pierre, l'impossibilité de voir autre chose que cette froideur qui le caractérisait que trop bien. Il se retrouvait là comme dans un a-temps, un in-espace, coupé du monde et de ses réalités. Il le voyait encore, Président du Magenmagot, venir lui demander son soutien. Il était le premier à avoir accordé du crédit au Directeur du Département de l'Ordre Nouveau. Le premier qui l'avait regardé tel qu'il était, juste après Voldemort. Ce premier rendez-vous, dans ce bureau circulaire du niveau dix, aux couleurs calmes et à la cheminée chaleureuse et confortable. Revoyait-il cette scène? Valverde, lui, s'en souvenait encore. Il n'était pas nostalgique, mais il se souvenait de tout. Du visage de Gilberte ce jour là, de la position de ses dossiers sur son bureau, de la position des livres dans les bibliothèques, de l'agitation silencieuse derrière lui, dans l'Atrium du Ministère. Il se souvenait de tous ces projets qui n'étaient qu'embryon et qui faisaient désormais son plus grand succès. Il se rappelait de l'ambiance de ce Ministère déserté par son Ministre et terrorisé par un Menroth de plus en plus puissant. Il se souvenait des regards qu'on avait dirigé vers lui, et ceux qui avaient fusé vers Jugson. Le savaient-ils, eux? Non. Leonheart, Kreuk, Crow, Eccleston, Mulciber, Weasley, McGonagall... Voldemort. Eux, ils n'avaient pas vu. Ceci n'avait eu lieu qu'entre eux deux. Le Président du Magenmagot et le Directeur du Département de l'Ordre Nouveau.
Le Mort et le Directeur du Département des Lois.

Savait-il ce qu'il lui arriverait cette nuit? Se disait-il que voir Eris, une heure avant, était un répis accordé. Quelques minutes de calme, quelques minutes d'honnêteté, quelques minutes d'échange. Puis il deviendrait l'objet de Voldemort. La chose. Il serait déshumanisé, dépouillé de toute dignité. La fureur du Seigneur des Ténèbres lui tomberait dessus comme la mort tombe sur les enfants, il serait à sa merci et ni le calme de Valverde, ni la sagesse de McGonagall ne viendraient le sauver de là. Il se disait, à l'heure actuelle, qu'il y arriverait. Sûrement. C'était sûrement ce qu'il disait. Qu'il avait déjà souffert. Qu'un avenir meilleur s'ouvrait avec sa mort, que la lumière viendrait enfin. Mais elle était déjà là. Et lui, il mourrait. Et quand la raison céderait, quand les promesses qu'il se jurait à ce moment précis tomberaient, alors il regretterait ne pas avoir paru faible devant Valverde. Il regretterait de pas avoir eu peur, de ne pas avoir été humain quelques secondes. Car devant Voldemort, il ne pourrait plus l'être. Sa dignité serait étouffée par le sang, son honneur par la souffrance. Il ne resterait plus rien du Thomas Jugson qui avait fait à la fois la grandeur du Purisme et celle du bourbisme. Il ne serait plus qu'une masse de sang dégoulinante, une bouillie de chair à qui personne ne prêterait attention. Là, il était assis. Dans toute la beauté de sa personne, dans toute la vie qu'il pouvait encore respirer. Il pouvait encore sentir la froideur du Mangemort Politicien, l'humidité du sol, la haine des quatre Mangemorts gardiens, la force des sortilèges et des runes de protection. Après, il ne sentirait plus rien.

Tout n'appartiendrait qu'au passé révolu du moment où deux hommes se retrouvèrent avant la fin d'un temps.
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MessageSujet: Re: Puisque tu sais chanter, ami, tu sais pleurer | PV T. Jugson Dim 13 Avr - 16:45

Tu savais ce qui allait arriver, non ? Du moins tu pensais le savoir. Tu avais tout prévu et calculé. C'est ce que tu t'étais dit et rien ne pouvait venir te perturber. Le plan était parfait, évidemment. Tu ne pouvais pas en douter et tu n'en doutais d'ailleurs pas. C'est une sale manie que tu n'as jamais réussi à corriger. Quelque part tu es toujours le même jeune homme brillant qui pensait avoir toujours avoir raison. Un sang pur se pensant supérieur aux autres. Tu as beaucoup lu : enfin, tu as lu les bons livres. Assez pour le savoir et te prendre, souvent avec raison pour un intellectuel. Cela a fait de toi un humaniste, ça ne fait pas de toi un type bien. Tu le sais, quelque part. Quand tu deviens odieux de manière volontaire, et que tu parles de la fatalité du destin. Tu es un salaud. Tu es une énigme et tu le restera sûrement jusqu'à ta mort. Qui risque fort de ne pas se produire au fond d'un lit, dans une affreuse et paisible petite maison de retraite. Non, ta mort sera ici, à Little Hangleton. Tu ne peux pas être ailleurs. Toi l'odieux personnage, c'est ta mort qui s'annonce. Mais tu reste une énigme. C'est ta fierté. Bien trop mystérieux pour qu'on te connaisse vraiment. Bien trop odieux pour qu'on t'apprécie réellement. Bien trop intelligent pour qu'on te haïsse entièrement. Bien trop courageux pour qu'on ne t'admire pas secrètement. Ca te ferait presque rire. Ca ne change rien, franchement, tu vas mourir. Qu'importe. Tu n'existeras plus.

Tu vas mourir. Normalement, c'est la fin que tu as choisi. Tu t'en doutes, mais tu doutes qu'elle se réalise. Tu n'es pas là depuis longtemps, mais il te semble que ça fait une éternité. Le choc a été rude avec Lincoln, mais devant lui, en le combattant lui, il t'était facile de croire que tu maitrisais tout et que tout allait bien se passer. Mais maintenant...Et s'ils savaient ? Si déjà, ils avaient prévu la riposte ? Tout échouerait et ton sacrifice ne servirait à rien. Tu aurais échoué. Tu refuses, pas encore une fois, ce n'est pas possible, il faut que ça marche, vraiment, oui. Tu as peur, pourtant. C'est lui qui fait ça. Tu sens sa simple présence, là, quelque part, on ne sait où, mais tu sais qu'il est là et qu'il attend avec satisfaction. Qu'il prépare ta mort. Et ce n’est que le début, les prémices d’un jeu qui ne connaît qu’une issue. Un jeu dont il a truqué les règles, où la proie, toi en l'occurrence, n’a aucune chance. Il t'enlèvera tout ce que tu aqq. Absolument tout. Te mettra à nu, l’écorchera vif. Jusqu’à ce qu’il ne reste que ton essence. Puis jusqu’à ce qu’il n’en reste rien. Plus de dignité, de souvenirs, d’espoir, ni même de personnalité. Plus rien. Plus un homme ni un être humain. Même plus un être vivant. Souffrance. Tu vas comprendre ce que ça veut dire. La souffrance pure. Cristalline, comme tes yeux. Sans artifice ni remède. Sans issue. Et surtout, sans fin. Tu te crois fort, tu pense que rien ne peut te résister ou te freiner.Tu te crois invincible. Il l'est. Pas toi. Installé sur ton piédestal, tu imagines pouvoir régenter le monde, pouvoir le recréer. La chute sera brutale lorsque tu tomberas à ses pieds. Tu commandes, il t'apprendra l'obéissance. Tu méprises, il t'apprendra le respect. Tu braves, il t'apprendra la peur. Tu juge : la vérité, c'est que tu es déjà condamné.

Ces questions te donnent mal au crâne ; tu rêves de vérité comme on rêve de silence au milieu du vacarme. Le silence est bien là, pourtant. Ils t'ont attaché. Ils te surveillent. Comme si tu allais essayer de fuir. Tu souris vaguement, même si tu n'as pas vraiment conscience de ce que tu fais. Tu ne te rappelle plus bien. Mais si, voilà. Tu es ici de ton plein gré : tu as choisi de te laisser capturer. Tu ne vas donc pas t'enfuir. Tu songes à informer tes gardiens de ce fait important et notable, il faut bien l'avouer, mais non. Ca ruinerait tout. Même si tu ne réussis pas, il faut que tu essayes. La peur est là, gluante et noire. Mais le plan tient la route, il peut marcher. Ne désespère pas. Penses à autre chose.

Lyna. Mauvaise idée. Tu es sur le point de perdre connaissance tellement ça fait mal. Ne plus la voir sourire, jamais. Ne plus entendre sa voix, ou son rire. Jamais. Ne plus plonger tes yeux dans les siens. Ne plus sentir sa peau sous tes doigts ou sur tes lèvres. Ton corps contre le sien. Plus jamais. La douleur absolue. Tu en pleurerais.

Allez reprends toi, tu vas tenir. C'est pour ça que tu as choisi d'être ici. Il faut que tu réussisse, pour obliger qu'un jour tu as échoué. Tu es là. Et ils ne peuvent pas t'atteindre, ce ne sont que des fantomes, et ils ne pigent rien.
Porte qui s'ouvre. Des pas. Eris. Des mots, on te détache, tu t'assois. Tu ne dis rien. On t'apporte un verre d'eau. Puis pour la première fois depuis un bout de temps tu prononces quelque chose :

« Non. »

Tu t'en fous. Tu ne veux pas boire, tu ne veux pas vivre, tu t'en cognes. Tu n'as pas de curiosité particulière envers Eris Valverde.

« Alors, toi aussi tu es venu voir ma déchéance ? Beau spectacle, oui, ce sera encore plus beau tout à l'heure. Tu es content, Eris ? J'espère bien que tu es content. Ca te fait plaisir de me voir là ? Je suis sur que ça te fait bander, hm, même si tu n'es plus qu'un pauvre vieillard, de croire que tu domines tous les gens que tu croise. Ca te rassure, de voir que la froideur et que ta vision du purisme l'emportent toujours sur le reste du monde ? Et encore, finalement, j'en suis pas très sur. Tu as l'air totalement vide. A quoi tu penses, mis à part à détester le monde et à avoir toujours raison ? A rien. T'es pas capable de penser à autre chose. Tu as quelque chose à dire pour ta défense ? Parles, vas-y. Arrête de me faire pitié, dis quelque chose. Je te jure, tu fais vraiment plus pitoyable que moi. Et pourtant je vais mourir... »

Il pouvait se réveler aussi odieux, voire pire, que Benjamin. Il souriait presque, maintenant. Il pouvait encore se permettre d'avoir du panache, mais ça ne durerait peut-être pas.

So I'll hold hold hold hold it close to my heart
Beating with every step
Hold hold hold it close

He sleeps alone
He needs no army where he's headed
'cause he knows that they're just ghosts
And they can't hurt him
If he can't see them

And I don't know
If in the morning I will be here
And if so let it be known that
I was worthy, I was worthy, I was worthy
I was ...
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Puisque tu sais chanter, ami, tu sais pleurer | PV T. Jugson

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