POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

Partagez|

Talking to me as if you knew me || Ariana

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage



avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 21/09/2013
Parchemins postés : 154



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 11PV
Wayland Witcher


MessageSujet: Talking to me as if you knew me || Ariana Mer 16 Avr - 18:55

Les derniers jours avant les vacances avaient été une torture. Wayland ne comptait en aucun cas rester à Poudlard. Il s'y sentait réellement enfermé, et il avait désespérement besoin d'air, de voir autre chose que les murs de l'école. Même le parc et Pré-au-lard, ça ne lui suffisait plus. Pourtant il avait l'occasion de s'y promener plus souvent qu'à son tour, mais vraiment, il n'en pouvait plus. En plus, il ne lui restait que la compagnie de Garry et Junior – bon il y avait Meg aussi, mais à treize ans, il fallait admettre qu'elle se fichait un peu de son frère ainé et qu'elle avait ses propres soucis – ce qui intellectuellement parlant ne le menait pas loin. Junior était intelligent et les conversations qu'il pouvait tenir avec lui étaient correctes : mais son coté sentencieux, Wayland ne pouvait pas le supporter. Dans les garçons de la fratrie, il était celui qui avait le plus de personnalité. Même s'il partageait une capacité à discourir avec Malone, ce dernier était réellement ennuyant. C'était Way le personnage haut en couleur. Celui qui avait compris qu'il savait parler et qui s'en servait pour faire passer son point de vue, toujours. On pouvait le dire rebelle : c'était vrai. Il avait ses propres idées, ce propre refus de la violence qui lui semblait toujours être le déclin de quelque chose – pour lui cette intendance qui se militariserait ne serait pas une bonne chose. S'il fallait convaincre les gens par la violence, on avait échoué à les convaincre par les mots, pourtant l'outil le plus puissant qui soit. C'était une déchéance, pour lui. Il suivrait parce qu'il croyait au purisme. Mais il refusait de devenir soldat. Imposer ses idées, Wayland ne pouvait pas renoncer à le faire. Il croyait fermement qu'il savait beaucoup de choses, qu'il en avait vu beaucoup, qu'il pouvait apporter une vision. Malgré son âge, il semblait convaincu de sa propre importance. Ce qui était assez logique. Il connaissait un peu la politique, il était sang pur, il était riche, il avait assez d'intelligence pour participer un peu à la gestion de l'entreprise de son père. Il comprenait ce qu'il se passait. Le pouvoir appartenait rarement aux gouvernants. L'argent. Voilà quel était le nerf de la guerre, les Witcher le comprenaient bien : leur façon de faire changeait avec le temps, mais leur devise restait la même. Can do. On peut le faire. Evidemment. On pouvait tout faire avec de l'argent.

Mais qui le comprenait dans sa famille ? Personne. Sauf lui, et peut-être Jill, mais Jill s'en fichait. L'intelligence de Garry se limitait à compter l'argent, pas à l'utiliser. Wayland était critique, mais pas vraiment enclin à changer ça, ni à détester quiconque pour ça, pour ne pas voir. Le pouvoir était un jeu. Un sale jeu, qui était gouverné par le hasard, où tout le monde pouvait tomber. Ariana se plantait là dessus. La question n'était pas d'essayer de ne pas tomber, mais de limiter les dégâts lors de la chute. Il acceptait le hasard. Il acceptait les coups, et le fait d'avoir mal. L'intelligence n'était pas de savoir éviter : tot ou tard on morflait, mais de savoir recevoir les coups intelligement.

Pour en revenir à son ennui à Poudlard, il pouvait en effet sortir, aller à Pré-au-lard, mais ça devenait limité. Il n'avait pas spécialement envie de tenir la chandelle à Isaac (ce dernier se débrouillait apparement très bien tout seul, un peu aidé par la jeune fille, il est vrai ) et Jill, pas plus qu'à Llew et Mary. L'ambiance lui pesait. Les rumeurs sur la nouvelle inquisitrice courraient, lui s'en fichait. Honnêtement, sa scolarité, il s'en cognait éperdument. Il voulait partir. Sans Ariana, il se retrouvait de plus en plus seul : dans les premiers temps, l'absence de nouvelles le rongeait peu à peu et il se demandait vraiment ce qu'il allait faire. Il ne savait même pas ce que sa copine était devenue, si elle était morte ou en vie, ou à Azkaban, ou quoi que ce soit. Pour lui, c'était une vraie torture. Tout lui rappelait les moments qu'ils avaient passé ensemble ici, et il n'en pouvait plus. Cet endroit était une prison, sans compter qu'à chaque fois qu'il voyait Emma, il se disait qu'il allait se mettre à pleurer.

Et puis il y avait eu les lettres. Il ne l'aurait pas cru, mais se faire presque insulter – car Ariana n'était pas exactement douce, enfin pas ce genre de douceur là – lui passait complétement à coté : il s'en foutait parce qu'elle était vivante, et qu'elle voulait encore de lui, qu'il allait la revoir. Bien sur, la situation n'était forcément la meilleure qui soit. Renvoyée de Poudlard, Ariana paraissait profondément affectée par ce qu'il s'était passé : c'est du moins ce qu'il sentait dans ses lettres. Même s'il ne comprenait pas bien de quoi elle parlait, Wayland se doutait qu'il s'était passé quelque chose de grave. Il était sincère lorsqu'il disait qu'elle pouvait compter sur lui. Il était à deux doigts d'envoyer tout valser et de se tirer de Poudlard sans rien finir. Il réussit à attendre la fin des cours et les vacances de Pâques. Il aurait du rester pour réviser, cela lui parut un détail franchement mineur : il se fichait éperdument de ses ASPICs. Dès la fin des cours, il reprit le Poudlard Express pour Londres. Normalement, il aurait du rentrer à Imbrasing House, mais l'idée de voir ses parents ne le tentait absolument pas. Il aurait fallu qu'il parle avec son père : ils avaient beaucoup de choses à se dire. Mais l'envie n'y était pas. Le cas Llewelyn méritait d'être abordé, mais Wayland préféra y renoncer. D'une part, cela sentait une discussion longue et plus que fastidieuse, d'autre part il n'était pas sur que Llew lui même veuille aborder le problème, aussi évitait-il de se substituer à lui. Il s'arrangea donc au préalable avec Watson, son cousin, qui possédait un appartement sur Londres et qui était en voyage pour un de ses reportages. Il gara la voiture devant la maison : il fallait encore qu'il attende jusqu'à demain.

Le lendemain, il faisait assez beau. Au moins avec les vacances, il pouvait se permettre de se lever tard. Un peu trop tard, même, il était presque midi lorsqu'il se leva. Maugréant, il se lava, se coupa en se rasant, et s'habilla en quatrième vitesse pour être à l'heure au rendez-vous, avant de garer la voiture devant Hyde Park. La radio crachait un air quelconque...

« Maybe someday,
You'll be somewhere
Talking to me
As if you knew me,
Saying, I'll be home for next year, darling.
I'll be home for next year... »


Il tâcha de repérer la jeune fille. Il espérait être à la bonne entrée, mais pensait bien que ce serait le cas. Pendant les vacances de Noël, après son affrontement avec Benjamin Mulciber, il devait souvent aller à Sainte-Mangouste à Londres. Ariana l'avait accompagné une ou deux fois et ils étaient venus dans ce coin là de Hyde Park. Il ne s'était pas trompé, car il vit sa copine arriver dans le rétroviseur et sortit de la voiture pour aller à sa rencontre.

Elle avait l'air plus dure qu'avant, si c'était possible, et devait être un peu plus maigre, ça sentait le passage à Azkaban. Il ne sut pas quoi dire, face à elle, pendant une minute. Ca faisait tellement longtemps, pour le coup, qu'il crut vraiment qu'il allait chialer, ou quelque chose comme ça, et l'effort qu'il fit pour rester digne lui couta vraiment. Il la serra dans ses bras, et ça aussi, ça faisait longtemps, et cela lui fit du bien.

« Tu m'as manqué, bordel, je...oh, merde, je sais pas quoi dire, Ariana. »

Il se trouvait lui même idiot, mais il s'en foutait, il était heureux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 07/10/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 12/01/2013
Parchemins postés : 1656



Pensine
Mon casier judiciaire est: peu rempli
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 10PV
Ariana Bedan


MessageSujet: Re: Talking to me as if you knew me || Ariana Jeu 17 Avr - 14:08

Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle se retrouvait dans ce lit ce matin là. Elle n'était pas chez elle, et elle ne savait pas vraiment pourquoi elle était venue sonner ici. Au fond, il y a quelques temps, cela n'aurait rien eu de choquant. Mais à l'heure d'aujourd'hui, après tout ce qu'elle avait traversé, il semblait étrange qu'elle demande de l'aide à quelqu'un de sa famille. Elle ne les reniait pas réellement, elle ne sentait plus proche d'eux comme ce fut le cas auparavant. Peut-être ce membre-ci était différent ? Peut-être était-ce simplement qu'Ariana ne pouvait pas crécher autre part que dans un endroit familier. Elle était éduquée d'une certaine manière, et le luxe était sa routine. Passer du tout au rien lui semblait impossible, et à raison, elle en serait morte à tous les coups. Elle tourna sa tête de chaque côté du lit. Personne, on l'avait laissée dormir ce matin. Elle se leva lentement, enfila ce qu'elle pouvait pour dissimuler son intimité et ébouriffa ses cheveux légèrement afin de les remettre en place. Elle erra un temps dans l'appartement avant de se décider à aller manger un bout. Ici, pas d'elfe de maison, ni d'aide à la cuisine, ni de majordome. Elle devait tout faire toute seule, autant dire qu'elle passait un cap en terme de confort de vie. La gamine devenue désormais une sorcière à part entière, indépendante de l'école, entama quelques bouchées tout en analysant d'un regard tristement sombre le reste de la pièce. Tout semblait être à sa place, bien en ordre. Diable que son hôte semblait avoir une vie bien rangée. On aurait presque dit qu'Ariana jugeait. Non pas qu'elle ne le fasse jamais, mais elle le faisait rarement lorsqu'il s'agissait d'une personne aussi proche d'elle. Le temps passa lentement, elle parti se changer, prendre une douche et termina sur le balcon à observer la capitale anglaise depuis le trentième ou trente-et-unième étage – le nombre lui échappait un peu.

L'immeuble était totalement sorcier. Toutes les familles, personnes, créatures, vivantes ici étaient liées à la magie. Les premiers appartements étaient chers, mais les prix montaient à des sommes astronomiques que seules les très riches familles étaient capables de s'offrir sans sourcilier. C'était le cas des Bedan. La pulsion lui vint de nul part, elle attrapa un paquet de cigarette passant par là et en alluma une. Drôle d'impression pour elle qui n'avait jamais fumé. Elle sentait sa gorge se contracter, irritée par le tabac. Elle toussa un peu. Non, elle n'aimait vraiment pas ça. Elle jeta le tout légèrement entamé par dessus bord et il alla s'écraser bien des mètres plus bas. La porte de l'appartement s'ouvrit alors, laissant débarquer une jeune femme aux cheveux blond, le regard profond et la démarche élégante. Elle était, pour ainsi dire, magnifique. Plus qu'Ariana ne le serait jamais. L'autre déposa son sac dans l'entrée et s'avança pour saluer sa cousine avec un sourire radieux. L'ancienne Serpentard, au contraire, ne démontra que peu d'enthousiasme.

-Tu m'as l'air contrariée?
-Moi ? Si peu.

Ariana passa à côté d'elle et alla chercher sa baguette. Les deux cousines avaient été proches. Comme des sœurs. Emma manquait affreusement à sa jumelle. Mais Laura avait été comme embarquée dans un sac par Ariana qui y avait placé tout le reste de sa famille, ceux qui l'avait laissée tomber. Au fond, seule Emma restait solidaire à sa sœur – comment ne pouvait-elle pas l'être ? Isaac, Laura, Jeff, tous, avaient suivi un espèce de silence horrible qui avait plongé Ariana dans un profond désarroi. Elle aurait tout fait, fut un temps, pour eux. Et ils l'avaient lâchée comme on abandonne une paire de chaussures usagers. Dire qu'elle leur en voulait était un euphémisme.

-Je comprends pas, tu es venue de toi-même sonner ici pour que je t'héberge et tu m'ignores royalement depuis hier. Explique toi.
-Je t'ignore moi ? Moi ? Je t'ignore ? Fais gaffe à ce que tu dis Laura, tu pourrais le regretter.
-Ah oui ? Je vais regretter de dire que tu fais la gueule pour rien ?!
-Pour rien ? Mais ferme là, ma pauvre cousine, t'es aussi barrée que tout le reste.
-C'est Ariana Bedan, la renvoyée de Poudlard, qui me dit ça?

La baffe partit sans prévenir. Ariana ne mesurait pas bien ses gestes parfois, et aujourd'hui ne faisait pas exception. Elle venait de frapper sa cousine qu'elle avait toujours vu comme une deuxième sœur jumelle. Laura resta sans voix tandis que l'ex-serpentard repartit dans sa chambre, prenant ses affaires, les fourrant dans son sac et sortait de l'appartement en claquant la porte.

Se retrouvant une nouvelle fois à la rue, elle marchant un long, très long moment dans la capitale. Elle passa devant des boutiques de luxe, s'y sentant irrémédiablement attirée et rejetée en même temps. Elle continua son chemin tout en se rendant compte que de toute façon, quoiqu'elle fasse, elle haïrait toujours ce foutu monde de salauds. Elle voulait un ordre puriste, elle ne le trouverait jamais. Les gens n'étaient pas puristes, ils craignaient l'extrême. L’extrême faisait peur, à juste titre. Elle était plus puriste que n'importe qui, simplement car elle voyait plus grand. Elle voyait un monde pur et non pas souillé comme Valverde ou les autres. La nouvelle Intendance la faisait rire. On plaçait un inconnu médiatique à la barre en espérant éviter les scandales, redresser le bateau et empêcher les débordements des familles soi-disant puristes. Crow semblait être un type compétant, mais clairement pas destiné à être Intendant. Elle n'avait pas assisté à la cérémonie d'investiture, évidemment, et elle ne l'avait pas non plus lu les journaux pour en saisir les tenants. La politique de la nouvelle Intendance serait difficile et militaire selon les dires. Elle n'y croyait pas. Sa seule satisfaction était d'être passée entre les mains d'Eccleston en haut-juge et non de son ancien mentor qui l'avait allègrement trahi.

Elle gagna Hyde Park en début d'après-midi. Elle y était venue plusieurs fois avec Wayland après leur altercation avec Benjamin Mulciber. Elle avait cru mourir ce soir là, et son petit ami l'avait sauvée. Au fond, ça n'avait jamais été son père, sa cousine, sa famille. Ça avait toujours été Wayland ou Emma. Plus les jours passaient et plus elle comprenait qu'elle avait vu trop grand, qu'elle avait été trop généreuse avec le monde, qu'elle avait fait preuve de pitié. Elle était bien plus dure qu'auparavant oui, car elle avait connu la chute aux enfers et elle en était ressortie vivante. Pour une jeune fille refusant de retourner chez elle et créchant à droite et à gauche, elle se portait bien physiquement. Elle était plus maigre certes, mais son visage était toujours aussi radieux et fin, son regard perçant, ses formes étaient dessinées et elle savait se mettre en valeur. Sa démarche trahissait son élégance et son raffinement.

Elle longea le parc depuis l'extérieur jusqu'à ce qu'un garçon sorte d'une voiture juste devant elle. Wayland. Elle se stoppa net et l'observa. Il s'avança, puis ils se plantèrent l'un en face de l'autre pendant un temps. Il la prit dans ses bras, elle l'enlaça à son tour, souriant légèrement.

-Espèce d'idiot...

Il avait toujours été un peu con avec elle. Ariana avait toujours placé ça sur le côté amusant du personnage de Wayland. Elle ne doutait pas de son intelligence, bien au contraire.

-Tu m'as manqué aussi.

Elle indiqua un café un peu plus loin d'un signe de tête. Ils avaient besoin de discuter, et pas forcément de jouer les tourtereaux tout de suite. Ils auraient du temps pour cela. Elle lui prit la main et avança jusqu'à l'enseigne. Ils pénétrèrent et prirent une table excentrée du reste des clients. Elle prit un café.

-Désolé pour ma lettre si elle s'est faite attendre. Je ne pouvais pas écrire à... enfin là où j'étais.

Dire qu'elle avait été à Azkaban la rendait mal à l'aise. Elle qui avait été si proche du pouvoir, qui avait cru tenir l'avenir entre ses mains. Bien bernée qu'elle était désormais, subtile serait sa vengeance.

____________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 21/09/2013
Parchemins postés : 154



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 11PV
Wayland Witcher


MessageSujet: Re: Talking to me as if you knew me || Ariana Jeu 17 Avr - 18:50

C'était presque l'été et il faisait une chaleur plus ou moins acceptable pour Londres ce jour là. Personne n'aurait cru qu'une dictature se mettait doucement en place. Tout le monde savait ce qu'il s'était passé, tout le monde avait vu, lu, entendu, la cérémonie d'investiture de Lincoln Crow. Wayland avait une certaine admiration pour le nouvelle intendant, il ne pouvait pas le nier. Leur ancien professeur d'entrainement militaire était un type intelligent. Intellectuellement parlant, pour diriger et dominer, pour instaurer l'ordre, il comprenait la démarche. On ne pouvait pas dire qu'il était entièrement convaincu parce qu'il entendait et comprenait de cette nouvelle intendance. Il n'avait pas tendance à voir le purisme comme quelque chose de rigide et glacé, lui, il en était même foutrement incapable. Bien sur le purisme faisait partie de la vie de Wayland Witcher. Ca ne faisait partie d'un système qu'il avait besoin d'analyser, de comprendre, c'était en lui. Jusqu'à présent, il avait cru qu'il y avait deux modes de fidelité au purisme. Le premier, c'était la croyance, le deuxième l'analyse. On nait puriste ou on devient puriste, en somme, selon ses origines, sang pur pour le premier cas, un purisme familial et patriarcal, ou sang mêlé – éventuellement sang pur modéré ou sans opinion – pour un purisme idéologique, indépendant de toute notion de racine. Et puis il y avait la méthode Crow : crois ou ne crois pas, je m'en fous, ferme ta gueule et obéis, point. La cérémonie de l'investiture du nouvel intendant n'avait qu'un seul but. Démontrer où était le pouvoir. Ou du moins l'apparence du pouvoir. Cela dépassait un peu Wayland, réellement. Il n'était pas vraiment quelqu'un de violent, il était plutôt pacifique, même. La violence, selon lui, n'était pas le principal moyen d'arriver à ses fins, mais celui des désespoir de cause. La fin de l'Intendance de transition ? Non, Way n'y croyait pas. Il n'appréciait pas spécialement Eris Valverde mais pour l'instant n'avait pas grand chose contre lui. La politique servait à gouverner, pas l'armée. Normalement. Peut-être que la politique avait échoué. Peut-être qu'il fallait faire quelque chose. Il ne voulait pas s'occuper de ça, pas aujourd'hui.

Il gardait une certaine rancoeur envers l'ancien gouvernement – ou le même, il n'y avait que les postes qui changeaient. Wayland n'approuvait pas l'action d'Ariana, il n'approuvait pas la violence et trouvait le geste déplacé, oui, mais la réaction l'était tout autant...il aurait sans doute été d'accord avec la plaidoirie de Yaxley. Au risque de trahir un peu Mary...mais il était un peu coincé, cela dit. Il ne pouvait pas approuver la violence, mais n'arrivait pas désapprouver totalement Ariana. C'était une peu une trahison envers une amie, malgré tout ce qu'il pouvait dire et prétendre, mais il n'arrivait pas à faire autrement. D'une part, il était réellement amoureux et donc pas vraiment réellement objectif. D'un autre coté, ses préjugés puristes avaient la vie dure, réellement. Il ne pouvait pas totalement se dire que c'était mal de cogner une sang mêlée, ou anormal. Même si jamais il ne l'aurait dit devant Mary. Il prétendait toujours le contraire, et il culpabilisait, d'une certaine manière de penser ça. Il se rendait compte, comme tout le monde, qu'il y avait une grosse dichotomie entre ce qu'il prêchait comme idéologie, ce qu'il connaissait depuis qu'il était gosse, et ce qu'il vivait. Mais c'était toute son éducation, et celle de sa famille sur mille ans avant lui, qu'il fallait remettre en cause, pour parvenir à vraiment condamner Ariana Bedan. Un type comme Eris Valverde avait pu le faire, pas lui. Dans le fond, il le savait, et Wayland jugeait que Mary le savait aussi, du coup. Ou du moins le soupçonnait, ça aurait été nier son intelligence de ne pas le faire.

Il en voulait aussi à Ariana, remarquez. Comprendre ce qu'elle avait voulu faire ne l'empêchait pas de désapprouver une partie, pas pour les bonnes raisons, sans doute. C'était dangereux. Pour Mary, certes, mais aussi et surtout pour Ariana. Au risque de passer pour un monstre, elle comptait plus pour lui que Mary Kane. Faire ce qu'elle avait fait, c'était dangereux pour elle. Il ne comprenait pas la position d'Eris Valverde mais savait qu'il l'avait, et savait que l'intendant de l'époque s'impliquerait si quelqu'un faisait ce genre de choses. Sa grand-mère n'avait pas beaucoup – aucune – autorité. Voilà. Il aurait arrêté Ariana, parce qu'elle se mettait en danger. Du moins aurait-il essayé. Si ça avait pu sauver Mary, tant mieux mais dans le fond, c'était un dommage collatéral. Il le pensait dans le fond mais se sentait un peu coupable.

Mais il n'en restait pas moins que sans savoir vraiment ce qu'il s'était passé, il en voulait au gouvernement. Il n'avait rien eu le droit de savoir. Rien, aucune information, et pas moyen d'en savoir plus avec Mike ou même son père. Il aurait vraiment aimé savoir. L'ignorance était pire que tout, ça l'avait ravagé. Il voulait savoir. Non seulement parce qu'il était inquiet, mais parce qu'il avait réellement besoin d'elle. Way ne pouvait pas l'exprimer rationnellement. Personne n'aime réellement se faire insulter ou quoique ce soit, mais il connaissait bien le personnage, et sous la dureté affichée, il connaissait une certaine, non pas fragilité, mais une humanité que peu soupçonnaient. L'humanité n'était pas un défaut pour lui, pour Ariana, comme pour la plupart des gens qui réussissaient dans ce monde, si. Parce qu'il fallait écraser le monde : curieusement, il avait réussi à faire en sorte de faire partie des gens qu'elle ne voulait – pouvait ? - pas écraser.

Ca lui convenait. Il l'aimait, point, sans rien dire ni demander de plus, même si c'était difficile. Wayland Witcher n'était pas quelqu'un de lâche, il était pacifique, c'était deux choses différentes. L'intelligence et la faculté de surmonter des situations difficiles, de serrer les dents et d'affronter, il l'avait en lui. C'était cette attitude sombre, très witcher, qui ressurgissait parfois. Pas là. Ca, lui faisait juste un choc de la voir, mais en même temps, il était tout simplement heureux.

Mais une fois installé dans le café, un expresso fumant posé devant lui, il fallut très vite qu'il reprenne son sérieux. Il ne commenta pas le fait qu'elle n'avait pas écrit. Il se doutait du coup, qu'il s'agissait d'Azkaban.

« Ce n'est pas vraiment ta faute, tu me diras...ils t'ont jugée au moins ? Ils t'ont pas fait un truc arbitraire ? »

Il ne savait pas bien quoi dire. Qu'est-ce qu'on disait à quelqu'un qui sortait de prison ? Il but une gorgée de café : il était proprement immonde. Les bars moldus ne valaient rien.

« Tu vas faire quoi, maintenant ? J'ai dit que je t'aiderais si je pouvais, mais je t'avoue, là, je vois pas bien comment. »

Traduction : on fait quoi ? Il ne comptait pas ne pas rentrer dans l'équation.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 07/10/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 12/01/2013
Parchemins postés : 1656



Pensine
Mon casier judiciaire est: peu rempli
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 10PV
Ariana Bedan


MessageSujet: Re: Talking to me as if you knew me || Ariana Dim 27 Avr - 15:47

Ariana et Wayland, c'était une drôle d'histoire. On pouvait dire, en étant à peu près objectif, que c'était du masochisme déguisé. Vrai qu'Ariana était difficile à vivre. Elle n'avait rien de la copine parfaite, elle n'était pas spécialement attentionnée, elle ne démontrait pas grand chose vis à vis de ses sentiments, elle n'était même pas sûre d'être capable de s'attacher à quelqu'un. De l'autre côté, Wayland était probablement bien trop pacifiste, bien trop bienveillant pour rester avec une fille comme elle. La gamine avait probablement plus besoin d'un type violent, la secouant un peu, que le contraire. Ainsi, les deux protagonistes de cette histoire d'amour moderne étaient opposés sur bien des principes, sur bien des facettes. Ils restaient ensemble. C'était probablement pour cela que la verte et argent ne se plaignait pas, ni même n'essayait de refaire les choses. Elle se sentait bien avec lui, malgré tout ce qui pouvait, en apparence, ne pas fonctionner. Au fond, leur relation était saine, ils savaient ce que l'autre pensait, ce que l'autre n'aimait pas. Ils continuaient, néanmoins, à vivre et à agir de la même façon, et ils s'acceptaient ainsi. C'était probablement loin d'être parfait, mais c'était ce qu'ils avaient de mieux. Pourquoi le gâcher ?

Autour de ce café pour le moins serré et dégueulasse, le couple s'analysait. Ils se regardaient silencieusement, ne lâchant que ponctuellement quelques phases courtes. Les retrouvailles étaient étranges, comme le reste de leur relation. Continueraient-ils ? Elle n'avait ni envie de se poser la question, ni même envie de dire « non ». A cet instant précis, elle avait bien d'autres problèmes en tête, notamment celui de survivre en milieu hostile. Le monde des adultes n'était pas Poudlard, et en un sens, plus sécurisé, mais il restait ouvert, grand, ténébreux et démoniaque. Elle n'en avait pas peur, bien au contraire, elle s'était largement armée contre lui et l'affrontait désormais avec une volonté de fer. Elle voulait se venger. Elle voulait aussi leur faire comprendre leur stupidité ambiante. Ils avaient voulu jeter une si bonne puriste ? Une fille aussi dévouée et aveuglée ? Qu'il en soit ainsi. Elle savait ce qu'elle devait faire. Mais y arriverait-elle ? Voilà une question bien plus intéressante. Elle n'en était pas certaine. Mais elle préférait mourir en essayant que de passer à côté d'une occasion.

En attendant, restait le problème majeur : par où commencer ? Elle n'avait ni lieu de vie, ni salaire, ni envie de retourner à Krakendor, bien que la porte lui soit grande ouverte, elle en était consciente. Wiltord l'avait giflée, et ça l'avait révoltée. Mais jamais le patriarche de la famille Bedan ne laisserait son héritière principale en cavale. Il la laissait vivre, elle faisait ce qu'elle désirait, mais Wiltord ne pouvait catégoriquement pas la laisser seule. Aussi, elle était sûre et certaine qu'elle portait encore le nom Bedan et qu'elle pouvait revenir quand elle voulait au centre des attentions familiales. Mais ça aurait été trop facile. Tout ceci ne voulait en aucun cas dire qu'elle ne profiterait pas de sa situation. Elle se servirait du coffre familial, elle se servirait des autres, elle s'en sortirait, comme toujours, en manipulant. Mais plus jamais elle ne tomberait dans le panneau du purisme national. Elle avait trop longtemps été utilisée pour au final ne rien obtenir de plus qu'une cellule à Azkaban et une trahison.

-Jugée … oui. De façon puriste, non.

Plus rien n'avait de sens puriste à ses yeux à part elle-même. Le régime n'était plus rien, tout était basé sur du faux, du vent, de la fumée. Elle voyait désormais l'envers du décor, ce que le peuple ne voyait pas, ce qu'elle n'avait jamais soupçonné. On mentait non seulement sur les moyens, mais on mentait sur le fondement même, également.

-Mais, pour le moment, je suis libre, alors essayons d'avancer, d'accord?

Elle n'avait pas réellement envie de s'attarder sur cette période là de son existence. Encore moins sur Azkaban. Tout était trop douloureux, de toute façon. Il ne manquait plus grand chose pour qu'elle soit considérée comme une criminelle en puissance. Dire qu'on l'avait perçue comme une hors-la-loi ne serait-ce que l'espace d'un mois entier. C'était incroyable. Elle qui avait tant donné à un régime hypocrite et faux... elle s'en mordait les ongles de rage.

-J'en sais rien.

Elle but son café d'une traite, parce qu'il était infâme.

-En fait, si, je sais. Je vais me trouver un toit déjà. Et je vais essayer de trouver un travail. Je dois bien avoir quelques contacts qui ne m'ont pas renié.

Elle regarda aux alentours. L'Intendance était cachée partout, surtout avec un homme comme Paravell aux Services Secrets. Elle n'avait pas eu confiance en ce type, pas plus qu'elle n'en avait désormais en Valverde ou même Crow, le nouvel Intendant du Royaume-Uni. Intendance Militaire, c'était ingénieux et intéressant, elle y aurait presque cru si on ne lui avait pas violemment et injustement craché à la figure comme à une pute qu'on ne veut plus sauter. Elle les détestait tous, désormais, plus aucun ne méritait son respect. Et elle peinait à garder ce sentiment pour elle. Emma le saurait bien assez tôt, dès que les sœurs auraient l'occasion de se voir. Hors de question d'écrire cela par écrit. Trop risqué, trop stupide. Emma savait déjà qu'Ariana était en vie et lâchée dans la nature, elle n'avait pas attendu plus d'une heure après son procès pour lui envoyer une missive des plus brève et claire.

Au fond, elle voulait tenir Wayland au courant, au moins de cela. Elle savait qu'il comprendrait car il n'était pas comme les autres abrutis de suiveurs. Il réfléchissait et elle savait qu'il avait toujours eu quelques raisons de ne pas croire l'Intendance. Il restait puriste, elle en était convaincue. Mais il ne suivait pas bêtement. Voilà tout. Elle avait suivie en pensant être récompensée, elle avait été trompée. Elle tentait maintenant de se relever après une chute monumentale et fulgurante. Sans soutien ? Loin de là. Elle les avait, les soutiens, mais elle n'en voulait pas. Ou plus. Fut un temps où elle aurait adoré les avoir tous à côté d'elle. Désormais, elle préférait marcher seule.

-Il y a... des... des choses que j'ai comprises là-bas. Des choses que je peux pas crier sur tous les toits.

Elle fixait sa tasse de café d'un œil nostalgique, triste et blessé. C'était ce qu'elle était, blessée.

-J'ai été trop stupide, Way. Oh, non, elle ne voulait pas pleurer, elle en avait marre de pleurer, c'était faible et peu glofiriant, mais retenir la larme lui semblait plus difficile que d'abattre Voldemort en personne. Alors elle la laissa dégouliner le long de sa joue. Ils ont voulu me tuer. Tous. Et ils se prétendent puristes ?

Elle eut un rire nerveux, très bref, démontrant tout son mépris pour eux. Elle en avait plus après eux, qu'après sa prétendue ennemie numéro une, Mary Kane. Eux c'était le gouvernement.

-Ils ont voulu m'abattre Way, mais ils m'ont simplement permis de me rendre compte de la réalité. J'ai été trop stupide et enfantine pour ne pas le voir plus tôt. Désormais, c'est à eux de payer le prix de sept années de mensonges et de manipulation.

Il fallait entendre par-là qu'elle voulait leur peau, qu'elle voulait les anéantir un à un. Elle n'était pas résistante, elle était puriste, c'était foncièrement différent.

____________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 21/09/2013
Parchemins postés : 154



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 11PV
Wayland Witcher


MessageSujet: Re: Talking to me as if you knew me || Ariana Jeu 8 Mai - 17:45

Drôles de retrouvailles, il fallait l'avouer. Mais Wayland admettait aussi que le fait de se faire virer de Poudlard parce qu'on avait ordonné la séance de torture de quelqu'un, c'était bizarre aussi. Il ne savait pas vraiment quoi dire, ni quoi faire. Dans le fond, il était juste heureux de la revoir, mais il savait parfaitement que ce n'était pas exactement le principal – enfin pour lui si, mais il n'avait guère le temps de s'attarder là-dessus. Se débrouiller tout seul, il avait relativement l'habitude : ce n'était pas comme si ses parents étaient toujours sur son dos, ni comme s'il n'avait pas vécu six mois totalement en roue libre – c'était le cas de le dire – dans un road trip un peu foireux avec une toxico de première. Le fait d'être indépendant et de ne dépendre de personne convenait bien à Wayland, et très vite il avait développé cette idée fixe : l'être réellement. Aussi avait-il appris vite : comment trouver des moyens de déplacement, du boulot, se loger, il savait faire. Parce qu'il l'avait vécu. Pas Ariana. Le choc devait être rude. Passer d'une vie de gamine puriste riche et pourrie gâtée au monde des adultes, ça devait vraiment changer.

Il la savait déçue par tout et tout le monde. Peut-être un peu perdue, mais ça, jamais elle ne l'admettrait, préférant dire qu'elle avait tout compris et que les autres étaient des crétins. Ils s'étaient bien trouvé, là dessus, franchement. Encore que Way admettait sans doute plus facilement qu'il pouvait être buté, sans changer d'avis pour autant. Obstiné il l'était : cela ne voulait pas dire qu'il n'était pas ouvert d'esprit, qu'on ne pouvait pas discuter avec lui, mais simplement qu'il était dur de faire changer ses raisonnements, qui ne se dessinaient en général qu'après avoir tout vu et tout entendu.

Ici, il ne savait pas trop quoi penser. D'après ce qu'il avait compris, l'histoire de la démission de Valverde n'était qu'un faux grossier : en réalité il était bien parti à cause de la pression des soutiens d'Ariana. D'une certaine manière elle était déjà vengée. Elle continuait à exister, les frondeurs n'avaient pas eu de remontrance publique, et Valverde n'était plus intendant. Ca ne changeait pas le fait qu'il aurait bien voulu que quelqu'un lui explique ce qui s'était passé et qu'il en voulait à Mike de ne rien lui avoir dit, mais au moins il avait la satisfaction de savoir que son cousin n'avait pas essayé d'enfoncer Ariana.

Alors avancer, oui, mais où ? On n'allait nul part en détestant les gens, sinon tôt ou tard à Azkaban. Même s'il pouvait comprendre ce qu'elle avait fait, Wayland restait tout de même sceptique quant à l'utilité de la torture de Mary Kane : mis à part entrainer une nouvelle dose de haine, ça avait fait quoi ? Rien. Il haussa les épaules :

« Au pire, tu pourras toujours faire du chantage à Mike pour qu'il te trouve un boulot. Révéler qu'il a couché avec une fille de dix-sept ans alors qu'il va se marier pourrait le faire réfléchir... Je plaisante, hein. Ne me jette pas ton café à la figure. Plus sérieusement...tu veux venir passer quelque jours avec moi ? Je suis sur Londres jusqu'à mardi. »

Wayland n'était pas un type odieux, il était rarement méchant. Cependant, il fallait reconnaître que même s'il avait plus ou moins pardonné Ariana de manière tacite, il n'avait pas exactement bien pris le fait de se faire tromper, surtout pour une connerie. Il n'était pas non plus exactement idiot : il aimait Ariana et dans le fond, en général, elle finissait par l'emporter sur lui. La preuve, c'est que même là, il n'était pas aussi acerbe qu'il l'aurait voulu. Il ne pouvait pas réellement gagner à ce petit jeu là. Juste rappeler qu'il n'était pas toujours dupe et qu'il se laissait moins faire qu'il ne le laissait paraître.

Il savait la jeune fille blessée et plus fragile qu'elle n'en avait l'air. Et donc justement plus prompte à s'emporter, mais d'un autre coté, il pouvait comprendre. N'importe qui aurait été affecté, et le mot était faible, par ce qu'elle avait vécu. Wayland ne prétendait même pas comprendre, il aurait simplement voulu l'aider, mais il ne savait pas réellement s'il pourrait le faire. Il pouvait essayer : c'était déjà beaucoup. Il prit doucement la main de la jeune fille et la serra gentiment :

« Si tu pleures, je te jure, on va avoir des problèmes, surtout moi, je vais passer pour le salaud qui fait pleurer les filles. C'est fini, maintenant, d'accord ? »

Le rire était le meilleur remède aux larmes, il l'avait compris rapidement. Ca avait marché sur lui, Wayland supposait donc que ça marcherait sur le reste du monde, y compris Ariana Bedan. Bien sur, personne ne voulait ou n'imaginait même rire lorsqu'il se produisait quelque chose de grave. Cela semblait toujours hors de propos, mais c'était la réaction la plus naturelle qui soit. Il n'y avait pas à se sentir coupable de quoi que ce soit. La vie continuait, tout simplement, et c'en était la preuve.

La vie continuait, mais la vengeance aussi. En aurait-il voulu à tout le monde s'il avait été dans le cas d'Ariana ? Wayland ne le savait pas réellement, mais il lui semblait qu'elle faisait un amalgame assez dangereux entre tous les protagonistes de cette histoire. Amalgame logique ? Il n'en savait trop rien. N'était pas réellement sur de où elle voulait en venir, mais pensait le deviner et ne pouvait que le voir d'un mauvais œil, non seulement parce que ça tendait vers le n'importe quoi mais également parce que finalement, ça risquait une fois de plus de la mettre en danger. Oh, il était sur qu'elle ne l'écouterait pas s'il le disait, mais puisqu'on lui demandait son avis...et en fait, même si on ne lui demandait pas, il allait le donner. Wayland savait réfléchir : une qualité qui lui était peut-être un peu montée au cerveau puisqu'en général, il décidait par avance que son point de vue était le bon et que les autres ne pouvaient qu'avoir tort. Y compris lorsqu'ils se nommaient Ariana Bedan – pourquoi faire une exception ? Si elle avait daigné lui demander son avis, tout ce cirque n'aurait peut-être pas eu lieu. Mais il était tellement plus intéressant d'aller à Azkaban, après tout. Il avait moins été en colère que terrifié par la possibilité qu'elle meure ou qu'il lui arrive des choses affreuses, en réalité, et ce ressentiment ne traduisait qu'une profonde inquiétude pour sa petite amie.

« Donc, si je comprends bien, tu es en train de me dire que tous autant qu'ils sont ils voulaient te tuer parce qu'ils jugeaient que toi tu n'étais pas puriste, et que donc le gouvernement est un résidu de menteurs ? Et que tu vas tous les anéantir et réveler leur mensonge au grand jour ? »
Il se pinça l'arrête du nez d'un air fatigué. « Enfin, tu devais bien te douter...tout le monde sait que Valverde n'est pas un adepte du purisme familial et qu'il veut que ce soit l'Etat qui fasse régner l'ordre. C'est logique qu'il aie fait ça. Moi j'aurais pu te le dire, sauf que tu ne m'as pas demandé mon avis. Quant aux autres...non, ça j'y crois pas. Mulciber ne ferait pas ça, il est trop honnête pour ça. Et même si Mike créverait plutot que de l'avouer, il n'aime pas trop qu'on touche à sa famille. »

Il fit une légère pause : dans le fond, il savait que même si il avait raison, il ne la convaincrait pas. Mais il fallait tout de même essayer. Qui savait, peut-être qu'au fond de son abominable fierté, elle se dirait « oui, il a raison, faisons ça » et que quand il dirait « mais c'est moi qui aie suggéré ça... » elle répliquerait « qu'est-ce que tu racontes, je voulais faire ça depuis le début, voyons »...même s'il n'y croyait guère. Il eut un sourire fatigué :

« Je sais que tu m'écouteras pas, alors évidemment, comme tu as déjà décidé de ce que tu allais faire, j'essaierais simplement de t'aider, mais bon...cogne sur les mauvaises personnes et tout ça recommencera. Je t'assure. »


Peut-être qu'il était un peu égoiste, mais il s'en foutait. Il repoussa son café au milieu de la table, décidé à ne pas le finir, vu qu'il était sincèrement immonde. Il haussa les épaules :

« Mais bon, après tout mon avis ne compte pas, je suis juste le mec qui passe sa vie à s’inquiéter pour toi...parce que non, c'est pas suffisant que l'autre abruti incapable d'utiliser son fichu cerveau soit mon demi-frère, il faut que je serve de conscience et de garde fou à tout le monde. Parce que oui, Llewelyn est mon frère, parce que mon père a jugé super cool de coucher avec la femme d'Edward Mulciber, et je ne sais pas quoi  faire, et je vais faire un burn out, ça va être super. »

Non parce que vraiment, il avait trop de choses à dire pour les garder pour lui, c'était trop grave. Ca ne lui plairait peut-être pas, mais au moins il aurait été franc. Puis ça faisait du bien de parler, un peu, d'extérioriser.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 07/10/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 12/01/2013
Parchemins postés : 1656



Pensine
Mon casier judiciaire est: peu rempli
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 10PV
Ariana Bedan


MessageSujet: Re: Talking to me as if you knew me || Ariana Lun 12 Mai - 19:56

Est-ce qu'Ariana était foncièrement méchante ? Oh que oui. Il n'y avait aucun doute possible et même Wayland serait forcé de reconnaître qu'elle était loin d'être une gentille fille, douce et agréable, niaise et docile, à l'image d'une Mary Kane en puissance. Non. Ariana était brutale, distante, méprisante, hautaine, violente, agressive, et à la limite d'être asociale. Alors, dans le fond, ce qu'on était capable de penser d'elle, elle s'en fichait un petit peu. Elle était donc méchante. Elle le savait. Attention, Ariana était tout sauf une jeune femme désabusée. Elle pensait le monde d'une telle façon qu'il lui aurait été impossible, ne serait-ce qu'un instant, de se croire gentille avec le reste de la populace. Elle méprisait tout, pour tout et pour rien. Son avis en devenait parfois légèrement inutile, parfois totalement prévisible : l'avis qu'elle se faisait des autres était ce qu'il y avait de plus constant chez la gamine. Cet avis ne changeait qu'à de très rares exceptions, lorsqu'il s'agissait de gens remarquables. Non pas par leurs faits mais simplement par leur présence. Certains émanaient quelque chose. Emma, ou Laura étaient de ceux-là depuis toujours, Wayland depuis seulement quelques mois. Elle restait une jeune fille de tout juste dix-huit ans qui ne pouvait pas s'empêcher, inconsciemment, de répondre à des codes simples de l'adolescence. Tomber amoureuse en faisait partie, même si, effectivement, elle se refusait cette hypothèse. Amoureuse, mais pas docile, elle restait un fort caractère que l'on ne domptait pas. Aussi, à la remarque de Wayland, elle leva les yeux au ciel, d'un air d'agacement. Oui, elle avait couché avec l'actuel Directeur du Département de l'Ordre Nouveau, et à vrai, elle n'en était pas peu fière. Et quand bien même Wayland le lui reprochait, elle continuait d'être convaincue qu'elle avait de bonnes raisons.

-Si tu étais resté avec ceux qui méritent ta présence, ce ne serait pas arrivé.

Elle touilla lentement son café qui était définitivement abject et qu'elle ne terminerait pas à coup sûr.

-Mais ça, on s'en fout hein, mon copain fréquente une sang-mêlé, mais on rabâche encore que j'ai couché avec un autre. Bah oui, oublions que tu l'as embrassée l'autre salope, et puis qu'elle t'a jamais dragué aussi. Accident ou pas, tu l'as fait, fallait pas t'attendre à ce que je sois compréhensive.

Elle leva ses yeux sur Wayland, l'air foncièrement agressif. Il y avait bien quelque chose qui lui tournait derrière la tête, qui attirait sa curiosité. L'ancienne Verte et Argent ne faisait jamais rien sans envie. Elle était très opportuniste et n'agissait jamais sans arrière pensée.

-Tu la vois encore, hein ?

Elle n'attendit pas la réponse, elle la connaissait déjà. Pourquoi fallait-il qu'elle sorte avec le seule puriste laxiste qu'elle connaisse ? Llewelyn n'était déjà plus compté comme un puriste évidement. Dans l'entourage d'Ariana, aucun sang-pur n'aimait être avec un sang-mêlé, ne serait-ce que pour l'image mais aussi pour l'impact que cela pouvait avoir sur sa propre personne. Un sang-mêlé, si il n'était esclave, devenait un parasite, ça entraînait vers le fond. L'exemple de Mulciber était parfait pour illustrer les propos de la Verte et Argent. Elle remerciait encore Kane d'avoir jeté Isaac qui avait failli tomber dans le piège. Heureusement qu'il avait réagi au dernier moment, sinon la honte n'aurait pas été plongé sur les Mulciber, mais bien sur les Bedan, et ça, quoique pensait Ariana depuis son arrestation, elle ne pouvait pas le laisser faire. Elle ne regrettait pas ses actions car elle les savait justifiée. Elle ne s'inquiétait pas de ce que l'on pensait d'elle, car elle n'en avait rien à foutre.

Elle se contenta de souffler d'exaspération. Qui pouvait-elle ? Wayland ne comprenait pas, de toute façon. Ce qu'Ariana faisait passer pour de la rage puriste, relevait parfois plus du sentimental qu'autre chose. Kane devait garder ses distances car Ariana avait d'ores et déjà déposé ses griffes sur Wayland et elle ne le lâcherait pas aussi facilement. Évidement, cela, Witcher ne pigeait pas. Comme d'habitude lorsqu'on parlait de garçon, de toute façon.

-C'est fini...

Elle eut un gloussement sarcastique. On n'en finissait jamais avec Azkaban. John Mulciber le confirmerait à Ariana quelques semaines plus tard en lui avouant qu'il avait encore la frousse de la prison d'état des sorciers. C'était évident qu'elle pourchassait ses anciens hôtes, elle traumatisait plus qu'elle ne détenait. Encore une fois, mais ce n'était pas de la faute du personnage, Wayland ne comprenait pas. Seuls ceux y étant allés étaient en mesure de ressentir l'état nerveux de l'héritière des Bedan.

La vengeance d'Ariana serait fourbe. Elle les assassinerait tous, dans leurs dos, lâchement, mais promptement. Elle était patiente, si cela devait prendre des années, cela prendrait des années. Si Valverde devait crever de vieillesse avant, elle ne ferait que s'en réjouir. Elle irait le voir, lors de son enterrement, pour lui cracher au visage, souriante et radieuse, car elle, elle n'était pas abattue. Il avait voulu la plomber, il avait échoué. Tout avait échoué pour lui, il avait perdu un soutien sans faille. On aurait pu hurler de rire à cette pensée : qu'est-ce que Valverde en avait à foutre d'une pareille gamine ? Le fait était que Valverde, tout froid qu'il était, n'avait pas été insensible à Bedan. Il avait vu quelque chose en elle, peut-être du potentiel, peut-être plus. Et à terme, ça le rongeait de devoir renier pareille génie. Elle se riait bien de ses idéaux faux et mensongers, elle savait désormais ce qui différenciait le puriste du bourbiste : la rage de vaincre, par tous les moyens. Elle ne croyait plus en ces conneries de théories : « purisme familial », « purisme individuel »... que du vent, elle savait parfaitement ce que le mot « purisme » signifiait : réussite. Qu'il faille se lier avec sa famille ou la renier, renouer les liens ou les détruire, elle était prête à tout pour réussir dans son entreprise. Ce que Valverde n'était pas capable de faire. Ainsi, Valverde était bourbiste, ou tout du moins, il était faible. Lui était la tête de la cible, mais elle aurait les membres avant.

-Révéler leur mensonge ? Mais qu'est-ce que tu crois ? Que j'en ai quelque chose à foutre qu'ils mentent ? Ils m'ont menti à moi et pour ça, ils paieront.

Croire que Ariana avait une once de pitié pour ce pauvre peuple opprimé était bien mal la connaître. Elle faisait tout cela tout à fait égoïstement, car ça lui plaisait. Ni plus, ni moins. C'était, pour ainsi dire, parfaitement logique avec le style de vie de la nouvelle sorcière de l'Intendance.

-Purisme familial... Ahaha ! Parce que toi, le grand, indépendant et visionnaire Witcher, tu crois encore à ces conneries ? Elle était où la famille pendant 2 mois ? Les Mike, les John, les Wiltord, où est-ce qu'ils dormaient quand une des leurs pourrissaient comme une merde au fond d'une cellule moisie ? Me sors pas tes excuses à la con, je m'en fous de ce qu'ils ont pensé sur le moment, de ce qu'ils penseront plus tard, ils ont fait l'erreur que je n'aurai jamais commisse. Kane a insulté les trois grandes familles puristes de ce pays, et je me suis sacrifiée pour la punir. La seule qui ait une once d'esprit familial c'est moi et personne d'autre. Quant à Valverde et à mes agissements, tu te trompes encore. Je ne crois plus au purisme familial depuis très longtemps, et il le sait très bien. Il savait aussi que personne ne bougerait son cul pour me sortir de prison rapidement. Parce que c'est un homme intelligent, imprévisible parce qu'il s'est affranchi de son nom. Lui, comme les familles, tout le monde m'a jugé sans savoir. Grand bien leur fasse, je sais qui je suis et je sais pourquoi je le fais. Ne leur donne pas une pseudo-excuse quand on constate qu'ils ne sont que des pourris.

Elle haussa les épaules.

-Si ça doit recommencer, ça recommencera.

Elle n'avait pas peur de chuter de nouveau car elle ne pouvait pas être aussi bas. Au fond, Azkaban faisait peur mais la situation dans laquelle elle était actuellement, non. C'était juste dégradant et humiliant, voilà tout. Elle s'en accommoderait tant qu'elle pouvait encore affronter ses cibles. Si elle était dans l'incapacité notoire de le faire, elle se suiciderait proprement. Elle refusait de vivre dans un monde où le purisme n'était pas le centre des attentions.

-Hé ben allez, c'est festival aujourd'hui. Le traître est ton demi-frère, tout va bien ! Tout ceci me donne envie de vomir. Je crois que j'ai fait une connerie en te faisant venir.

Elle se leva, ne jeta pas un regard à son petit-ami, si tant est qu'il l'était encore, et commença à enfiler son manteau pour se préparer à sortir et à aller crécher on ne sait où. Elle errait plus qu'elle ne survivait ou même ne vivait. C'était une situation étrange mais au final, elle apprenait énormément. Sur elle, sur les autres. Rien n'était plus plaisant de s'en rendre compte de sa supériorité naturelle.

____________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 21/09/2013
Parchemins postés : 154



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 11PV
Wayland Witcher


MessageSujet: Re: Talking to me as if you knew me || Ariana Jeu 15 Mai - 16:20

Il n'avait pas envie de parler de Mary Kane. Concrètement, il s'en foutait, de cette fille. Il l'appréciait, oui, il n'allait pas mentir, et jugeait qu'il n'avait pas à se justifier, mais il aurait bien aimé qu'on cesse d'en parler, elle n'avait pas une importance capitale. Il n'avait pas envie d'en reparler, non plus, alors qu'il faisait juste de l'humour, certes douteux, et qu'il ne lui en voulait pas. Mais Wayland savait que ça ne servait à rien d'argumenter avec Ariana. Ce n'était pas sa faute, il l'aimait elle, pas Mary, et il n'avait jamais voulu ça. D'autant que toute cette scène de la part d'une fille qui ne lui avait même jamais dit je t'aime tendait véritablement à l’excéder.

« Pour quelqu'un qui n'est pas amoureuse, t'es quand même vachement jalouse. On se demande de quoi d'ailleurs. Au cas où tu l'aurais oublié c'est pour toi que j'ai failli me faire buter, pas pour Mary Kane. Mais c'est facile de parler quand on ne voit que ce qui nous arrange. »

Ce n'était même pas agressif. C'était juste froid. Il se foutait de la réponse. Elle ne l'intéressait pas plus que la question précédemment posée. Il avait toujours été libre, ne rendait de compte à personne. Ça avait toujours été comme ça. S'il commençait à changer cette règle, il se perdait lui même. Il était indépendant : c'était son principal trait de caractère, et parfois ce dernier confinait presque à de solitude. Dans le fond, oui, à force de faire ce qu'il voulait, Wayland Wicher était devenu solitaire, mais c'était son choix, il pouvait l'admettre, et ne pouvait s'en prendre à personne d'autre. Au moins il savait qui était responsable de sa vie, à savoir lui.

Il connaissait le sens du mot déchéance. Dire qu'il ne l'avait pas vécu ne rimait à rien. Tout ce à quoi il n'avait pas eu droit, c'était Azkaban. Il ne l'avouerait pas à Ariana. A personne, ici, en Angleterre. Par fierté mais également parce que c'était fini. Et puis elle dirait que c'était dans une moindre mesure, avant de le plaquer. Dans une moindre mesure ?  Wayland en aurait ri, réellement. Bien sur, il avait juste été accusé d'avoir tué la fille du vice-président sorcier des États-Unis. Rien du tout. La vérité, personne ne voulait la connaître, mais elle faisait mal. La course, et la voiture qui roulait à fond, il s'en souvenait par cœur, comme le fait que les flics roulaient derrière lui. Il entendait les sirènes. Et Anaïs ne tiltait. Évidemment qu'elle ne tiltait pas : elle alternait entre la colère et l'apathie tout ça parce qu'elle n'avait pas sa came. Alors il en avait eu assez de la colère et lui avait ordonné de la fermer. Elle avait pété un plomb et lui avait perdre le contrôle du volant. Ils s'étaient écrasés contre un arbre. Elle était morte. On l'avait accusé. Wayland avait tout pris avec beaucoup de calme. Tout. Le procès, les interrogatoires, tout. On ne l'avait pas cru, on l'avait condamné, mais on l'avait laissé partir. Il savait qu'il était innocent, mais qui le croirait ? Personne. Alors il s'était tu et avait tourné la page.

Est-ce qu'il n'y comprenait rien ? Si, il comprenait. Peut-être mieux qu'elle, parce qu'il savait depuis longtemps ce qu'elle venait de découvrir. Mais elle ne l'écoutait pas. Évidemment, Ariana Bedan savait tout mieux que tout le monde, vous ne saviez pas ? Il en aurait presque levé les yeux au ciel tellement il était atterré par ce comportement. C'était tellement habituel et tellement prévisible, qu'en fait, cela ne le surprenait même pas :

« Et donc tu pars. Comme c'est original, et surprenant, c'est pas comme si en plus, tu m'avais déjà fait le coup.  Vas-y, pars. Je te mets au défi de trouver quelqu'un qui pourra te supporter. Tiens, tu sais quoi ? Si tu as trouvé personne à quarante ans, je t'épouse. »

A sa connaissance, il n'avait absolument pas prévu de faire quoi que ce soit s'approchant d'une demande en mariage, de près ou de loin d'ailleurs, en commençant cette phrase. D'ailleurs, Way jugeait que c'était la demande en mariage la moins sérieuse et la plus bizarre dont il aie jamais eu vent. Surtout de la part d'un  type qui n'envisageait absolument pas de se marier. Cela dit, au moins, elle n'était pas partie. Il avait la possibilité de parler. Au moins un peu :

« Tu veux bien te rasseoir et m'écouter un peu ? Je vais commencer par Llewelyn, qu'on mette cette histoire au clair une bonne fois. Ça m'emmerde qu'il soit mon frère. Tu comprends, ça ? Enfin, merde, quoi ! Il a couché avec Jill ! Tu crois que ça me plaît, que je suis heureux ? J'avais rien demandé à personne, c'est pas de ma faute. Celle de mon père, oui, sans doute. Moi j'ai rien à voir là dedans, et j'approuve pas ce qu'il se passe. »


Évidemment qu'il n'approuvait pas, comme est-ce qu'il aurait pu ? Certes, Way appréciait Llewelyn, mais il n'avait pas besoin de ça du tout, sa vie était suffisant compliquée comme ça sans qu'en plus on l'implique un peu plus dans cette histoire de tarés. D'un autre coté, s'il n'avait pas été honnête avec Ariana si elle l'avait découvert plus tard, qu'aurait-elle dit et pensé ? Non, mieux valait crever les abcès le plus tôt possible, ça empêchait qu'ils s'infectent. Alors il continua :

« Maintenant, je vais t'expliquer quelque chose. Je crois pas au purisme familial. John Mulciber ne croit pas au purisme familial. Mike Witcher non plus. Ils s'en foutent. Ils ne sont pas plus dépendants de leurs noms et de leur famille qu'Eris Valverde. Valverde utilise l’État, des sorciers sans histoire, pour parvenir à purifier la société. Eux, ils utilisent des gens accros à la richesse et au pouvoir mais qui ont une puissance. Ils leur filent du fric, ils leur filent de la puissance et en échange on leur donne de la fidélité, des compétences et de la loyauté. Rien de plus, rien de moins.  Les membres de leurs familles sont des pions. Ça ne veut pas dire qu'ils ne l'aiment pas ni qu'ils n'en ont pas besoin. Ça veut juste dire que des pions sont sacrifiables. Tu veux te venger d'eux ? Très bien. La seule façon, c'est d'entrer dans leur jeu, d'en accepter les règles et d'accepter que le jeu te forme à son image. Si tu sais ça, si t'as compris ça, rationnellement, que t'es capable de m'expliquer concrètement comment tu vas te venger, alors je n'ai rien à dire. Mais n'y va pas comme ça. »


Il détourna les yeux. C'était dur d'avouer ce qu'il allait dire. Mais il le fallait. Ses yeux se relevèrent pour regarder d'un air déterminé, qui ne changerait pas, Ariana Bedan :

« Je refuse que tu meures, ou qu'il t'arrive quoi que ce soit de mal. Mais je sais que tu iras quand même. Alors je serais là, que tu le veuilles, ou pas. »

Après tout, il avait dit qu'il ne la lâcherait jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 07/10/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 12/01/2013
Parchemins postés : 1656



Pensine
Mon casier judiciaire est: peu rempli
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 10PV
Ariana Bedan


MessageSujet: Re: Talking to me as if you knew me || Ariana Jeu 15 Mai - 18:30

Est-ce qu'Ariana était amoureuse ? A vrai dire, elle n'en savait trop rien. Comment aurait-elle pu savoir ? Elle couchait, elle aimait ça, ça s'arrêtait là. Du moins, d'habitude. Wayland c'était autre chose, Wayland tenait. Comment ? Pourquoi ? Ce n'était pas à Ariana de répondre. Elle était là, elle contemplait, très simplement, chaque scène se déroulant sous ses yeux. Elle n'agissait presque plus, à vrai dire elle se sentait différente en sa présence. Comme si un fait non établi la rendait “meilleure” ? Ce terme existait-il, au final, pour une personne comme elle ? Elle était tout ce qu'il y avait de pire au monde, non ? Exécrable, méchante, violente, extrémiste... rien n'allait avec elle, tout était banal et sans intérêt, elle était hautaine à n'en plus pouvoir et elle dénigrait même ses semblables, sa famille. La véritable question n'était pas de savoir si elle était amoureuse, elle n'avait pas de réponse à donner. Mais bien de savoir pourquoi Wayland l'aimait-il ? Il y avait fort à parier qu'il ne savait pas non plus. Tant mieux diraient certains, au moins il n'aurait pas à regretter un jour de l'avoir su. Elle se demandait souvent qu'est-ce qu'il fascinait chez elle à part l'argent ? Elle avait été une reine, celle qu'on ne touche pas. On l'avait crainte et adulée. Elle avait eu du pouvoir grâce à cela, quoiqu'en dise les grands pions. Ariana n'était pas sans passif politique. Elle avait régi Poudlard comme jamais personne ne l'avait fait. Ni Eris Valverde, ni Eleonore Platt, ni Frédérique Leeroy. Même Bellatrix Lestrange dite la sang-folle, n'arriverait pas au stade de Bedan, pour la simple et bonne raison que les élèves avaient suivi Ariana. Par intérêt, par envie, par crainte, par obligation, mais ils l'avaient suivie. Quand elle avait dit “Kane est à abattre”, ils l'avaient tous dénigrée. Quand elle avait dit “Suivez Valverde”, ils l'avaient suivi. Chose que l'ancien Intendant avait du mal à se rappeler : elle l'avait sauvé.

Mais on n'oubliait bien vite ce genre de choses. C'était plus facile de mettre les dettes de côté que les intérêts. Tant pis, elle avait appris nombre de choses depuis quelques mois, elle se relevait lentement mais sûrement. Valverde paierait en temps voulu, pour le moment, que pouvait-elle faire ?

Elle pouvait partir. Comme disait Wayland, ce n'était pas bien original, mais en quoi en avait-elle quelque chose à foutre ? Elle ne vivait pas pour être originale, elle l'était déjà. Elle n'était comme personne, sinon elle n'aurait pas été propulsée si haut, puis si bas. On ne s'intéressait qu'aux personnes exceptionnelles, jamais aux gens banals. D'où la conclusion que Kane n'était pas banal. Elle était stupide, niaise, abrutie, et entre autres sang-mêlé, mais elle n'était pas banale. Penser cela de la Serdaigle aurait été la sous-estimer et Ariana en avait fini de sous-estimer les autres. Ça lui avait trop coûté. Désormais elle dénigrait tout et tout le monde mais elle voyait les gens à leur juste valeur. Ils étaient dangereux, elle l'était aussi, la vie restait un combat à armes égales. Elle se laissa retenir par Wayland. Elle ne le regarda cependant pas.

-Et si j'ai pas envie qu'on me supporte putain ? Si t'es pas heureux et que t'en as marre, casse-toi.

Elle agita son bras pour qu'il la lâche. Et finalement se retourna vers lui, sans s'asseoir. Elle resta là, à le regarder, sans avis. Elle lâcha d'un air désintéressé, dénué d'envie.

-Et qui t'a dit que j'étais pas amoureuse?

Lorsqu'il lui demanda de s'asseoir, elle le fit, sans broncher. Pas par docilité, simplement car elle en avait marre de ces conneries. Il ne comprenait pas et s'obstinait à croire qu'il le pouvait. Il avait vécu ses délires, sa vie, elle avait eu la sienne. Wayland et Ariana étaient foncièrement différents, d'où leur relation incroyablement intense et étrange à la fois. Elle n'avait pas vécu de manière indépendante une seule fois dans sa vie, et on l'avait trahie pour des raisons obscures. Qu'il vienne essayer de comprendre son sentiment maintenant, elle n'était même plus capable de croire qu'il existait une seule personne fiable sur Terre.

Le problème Llewelyn était un cas à part. Outre le fait qu'il s'agissait d'un traître, d'une petite sous-merde insignifiante que d'autres écraseraient bien moins gentiment qu'Ariana, c'était surtout un type imprévisible. Il vrillait sévèrement vers là où personne ne pourrait aller le pécher. Il sombrait par amour, ou par stupidité, mais il y allait tête baissée. Elle avait voulu le faire réagir une fois, elle l'avait violenté une seconde fois pour le remettre en selle, désormais, elle était passée à autre chose. Tant pis pour lui, il se trompait de camp tout simplement, mais le « welcome back » ne serait pas de mise. Elle acquiesça. Effectivement, sous le coup de l'énervement, elle s'était emportée stupidement. Ce n'était aucunement la faute de Wayland. Ni même de son père. C'était de la faute de personne, c'était ainsi, on faisait avec. Elle ne le regardait même plus. Avait-elle honte ? Gênée ? Ceci aurait été mal connaître la jeune Bedan. Elle ne comprenait simplement pas bien ce qu'elle faisait là, quel jeu elle jouait. Devait-elle continuer cette relation , y mettre une terme définitif ? Devait-elle laisser ses questions de côté, ou les exposer à cœur ouvert ?

La suite sur le purisme familial, elle ne l'écouta pas. Non pas qu'elle s'en fichait, loin de là, en vérité. En situation normale, elle aurait été foutrement intéressée par ce que disait Wayland, car il avait une vision particulière et souvent assez tranchante de la politique actuelle, et c'était toujours bon à prendre. Mais cette fois-ci, elle n'écoutait pas. Inconsciemment elle repensait à cette idée folle et incroyable qu'elle finisse seule à quarante ans. Que deviendrait-elle, en fait ? Vivrait-elle encore ? Avec qui ? Pour qui ? Elle voulait questionner l'avenir car elle ne voulait mourir seule. Malgré toute la solitude qui l'habitait, elle restait suffisamment humaine pour croire en une espèce d'utopie amoureuse : comme quoi on ne trouverait l'amour qu'une seule fois dans sa vie. L'avait-elle trouvé ? Wayland était-il le bon ? Elle n'en revenait pas elle-même de se poser question si stupide, si... banale ? Elle avait toujours cru qu'elle valait mieux que tout le monde, au final, elle se posait les mêmes questions, niaises et sans fondement, surgissant de nul part. Elle n'avait aucune légitimité à dénigrer les autres, finalement. Drôle de sentiment que de se voir rabaisser au même rang que toute la population mondiale si longtemps vue comme un étage inaccessible depuis le haut du building.

Elle revint vers lui, du moins, à la situation, lorsqu'il lui annonça qu'il ne voulait pas la perdre. Elle le regardait d'un air triste, mais reconnaissant. Il était là, personne d'autre ne l'était. Quelle ingrate. Pour la première fois de sa vie elle prenait conscience des autres, c'était difficile, douloureux même, mais elle s'exécutait. Elle appréciait qu'il soit là.. non, elle adorait ça. Elle voulait figer l'instant, juste parce qu'elle ne se sentait pas seule pour une fois dans sa vie. Parce que même si il ne comprenait pas parfaitement, il s'efforçait de le faire et que, quoiqu'elle décide, il serait derrière, quitte à y laisser la vie. Enfin, elle s'imaginait qu'il le ferait.

Elle sourit. D'un ton amusé, calme, et diablement sentimental, elle lâcha, avec ce regard non dénué de charme et de passion :

-Idiot, si tu pars, je te castre de toute façon.

Qu'attendait-il pour l'embrasser maintenant ? Elle le fixait de cet air merveilleux, celui de la jeune femme amoureuse. Ariana Bedan, ça en foutait en coup de se l'avouer, mais c'était ce qu'il y avait de plus vrai au monde. Elle pensait aussi bien qu'elle l'aimait. Elle s'approcha de lui, prenant son visage dans ses mains.

-Je t'aime.

____________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 13/09/1995
Âge du joueur : 22
Arrivé sur Poudnoir : 21/09/2013
Parchemins postés : 154



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 11PV
Wayland Witcher


MessageSujet: Re: Talking to me as if you knew me || Ariana Ven 23 Mai - 15:46

Pourquoi est-ce qu'il restait ? Vaste question. Personne n'avait réellement de réponse à cette interrogation. Lui si, mais pour le reste du monde, il fallait bien avouer que Wayland Witcher passait pour au mieux un cinglé, et au pire un maso de premier ordre. Lui en souriait. Il connaissait la réputation qu'on lui faisait. Il savait aussi ce que ses parents pensaient de lui. Après une folle, une camée, voilà qu'il sortait avec une repris de justice ? Malone et Madison se lamentaient sur le sort de leur fils, qui avait pourtant du caractère, comme sa mère et qui était raisonnable et intelligent, comme son père. Qu'est-ce qui lui arrivait avec les femmes, franchement ? Way écoutait les rumeurs sans trop y penser, car il pouvait se ficher des gens en retour. Il pouvait faire preuve d'un sens critique assez aiguisé lorsqu'il le voulait. Même envers ses parents. Quelle leçon son père avait à lui donner alors qu'il s'était quand même tapé – et qu'il avait eu un gamin – la folle la plus folle qui soit, en la présence de Susan Rowle, épouse Mulciber, qui de l'avis général de tous les sangs purs qui la connaissaient, était quand même gravement cinglée. Quant à sa mère...il n'allait pas critiquer Madison. Wayland était un bon fils. Mais ça ne pouvait que le faire rire. Sa mère, si caractérielle, hein, et son père, si raisonnable, ouais. En attendant, ils s'étaient tout de même mariés selon la volonté de leurs parents, sans rien choisir, et avaient eu tout de même cinq gosses comme une bonne famille bourgeoise catholique, certes sang pure, mais du siècle dernier. Niveau modernité, celle que revendiquait Mike Witcher, lui en était plus proche. Pas sur que le divorce, ou le mariage d'amour, soit venu à l'idée de ces gens là.

Remarque, à bien y penser, le mariage n'était pas exactement quelque chose qui lui serait venu à l'idée, à lui, en temps normal. Qu'est-ce qui avait bien lui passer par la tête ? Même lui ne comprenait pas comment il avait proposé ça, et pour une fois il était content qu'Ariana ne relève pas. Parfois il avait la large impression qu'elle ne l'écoutait pas – et souvent il avait raison. Et quand ce n'était pas ça, c'est qu'elle ne lui demandait carrément pas son avis. Mais là, ça l'arrangeait franchement, il l'avouait sans ambages. Il n'était pas du tout près à faire une vraie demande en mariage. Wayland avait un minimum d'orgueil : si un jour il en faisait une, ce serait mieux que ça, et au moins avec une bague, sinon avec le faste qui convenait à leur statut. Et encore, ce n'était même pas sur qu'Ariana accepte.

Il se mit à rire, un rire et pas foncièrement agréable, ni même joyeux.

« Non, je crois que tu piges pas, Ariana. Pourquoi je reste ici ? Dis moi, que je me marre : où est-ce que je pourrais aller ? Où est-ce que tu veux que j'aille ? Tu es le seul amour que j'ai jamais connu. Ne t'en déplaise. Alors tu pars si tu veux, moi je ne suis pas capable. »

Si juste une fois, elle avait pu essayer de réfléchir aux sentiments qu'il avait pour elle. Juste une fois essayer de ne pas être si méchante et si dure. De répéter après lui R-O-M-A-N-C-E. Mais d'un certain coté, il n'aurait pas aimé plus que ça : ça ressemblait si peu à Ariana qu'il se demandait si ça n'aurait pas été pire que tout, d'autant qu'il savait bien qu'il lui arrivait, même à elle, de cesser de jouer sur ce coté dur qu'elle avait. Il mentait un peu lorsqu'il disait qu'elle était le seul véritable amour qu'il avait connu, mais pas beaucoup. C'était un pieu mensonge, et Wayland estimait qu'il valait sans doute mieux que la vérité. Il n'avait pas de scrupules là-dessus. Il était après tout le dépositaire d'une histoire inachevée, celle d'Anais, mais aussi l'exécuteur de ses dernières volontés, et dans celles ci, il y avait cet ordre, celui que lui, il vive. Et il avait décidé de l'appliquer.

Ca ne voulait pas dire qu'il était idiot, ou sentimental. Way était un type assez lucide sur les autres – moins que sur lui même, il fallait l'avouer, mais en bon égoiste un peu prétentieux et sur de lui, il fallait bien reconnaître qu'il ne s'était jamais posé la question. Là, en fait, il était même un peu agacé, et il aurait pu continuer sur la même veine dure et presque insultante lorsqu'elle lui demanda qui lui avait dit qu'elle n'était pas amoureuse. Une bonne douzaine de vacheries lui vinrent à l'esprit instantanément. En premier lieu, « toi tu n'as pas beaucoup dit le contraire. » ce qui était largement mérité, selon lui, mais quelque chose l'en empêcha. Le ton de la voix d'Ariana, ou son attitude ? Non, en fait, c'était sans doute par lassitude et qu'il en avait marre du petit jeu « je me casse, tu te casses, on se retrouve ». Il voulait juste pouvoir discuter un peu, raisonnablement. Il aurait pu partir, lui aussi : mais à quoi ça servait ?

Alors pourquoi rester, oui ? Il en souriait, même si la question possédait un vrai intérêt. Il était lucide. Parfois, il détestait Ariana, toutes les conneries qu'elle pouvait raconter – notamment à propos de lui et de Mary, et du fait qu'il fallait punir les gens. Parfois elle se comportait comme une sale gamine gâtée, et elle aurait mérité de se manger une ou deux baffes. Mais il n'y avait personne comme elle, et Wayland savait que sa vie craindrait sans elle. L'argent ? Non, il se foutait éperdument du fric, il en avait. Non, il l'aimait sans doute un peu par fierté personnelle, parce qu'elle était inaccessible, soit disant, et qu'il aimait ce défi d'essayer de l'atteindre un peu, et sans doute à part égale parce qu'elle était elle. Totalement différente de lui mais aussi caractérielle que Way. Au final, ce n'était pas la différence de caractère qui attirait ou rebutait Wayland Witcher, mais bien sa simple existence. Et c'est pour ça qu'il tenait le choc.

Finalement, il se serait presque pris à sourire :

« T'as vraiment de drôles de manières d'être affectueuse, je te jure. »

Quoique, parfois, elle savait être plus claire – et plus surprenante aussi. Même si ça, Wayland ne l'aurait jamais avoué. Il sourit, et prit les mains de la jeune fille entre les siennes :

« Je sais. » Mensonge éhonté et affirmation typique d'un mec qui pouvait parfois être odieux tellement il était sur de lui. Il l'attira contre lui avant de l'embrasser : « Je t'aime aussi. »

Cependant, il fallait qu'ils parlent de sujets plus sérieux à commencer par...tiens, oui, Jill et Isaac, même si le terme sérieux ne s'imposait pas exactement à Way quand il évoquait le couple de sa sœur.

« Rends moi service, par contre, ne parle de cette histoire avec Llew à Isaac. Pas encore, du moins. J'en ai pas parlé à mon père, et je voudrais le faire avant de dire ça à tout le monde. Et puis je crois qu'en fait Jill me buterait si Isaac l'apprenait. Oui, parce qu'elle sort avec lui, les couples Witcher-Bedan, ça devient une mode, en fait... »

Ca, à défaut, ça la ferait rire, Ariana était bien du genre à dire « toujours imitée, jamais égalée », surtout à propos de ça. Mais il fallait toujours qu'il continue dans les sujets sérieux, et le prochain concernait leur avenir.

« Sinon. L'année prochaine, je pense pas rester à Imbrasing, j'en ai largement ma claque de mes parents. Je pensais prendre un appartement dans les colonies, ou sur Londres. Sauf si tu trouves ton appartement et que tu veux bien de moi. Je paierais la moitié. »

Marché simple. Oui, non. Pas d'autre réponse possible. Mais parfois, Way se demandait si Ariana n'était pas capable d'en inventer d'autres tout de même. Rien que pour l'ennuyer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur





Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Talking to me as if you knew me || Ariana

Revenir en haut Aller en bas

Talking to me as if you knew me || Ariana

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POUDNOIR :: 

Détente

 :: Archives :: PN origins :: Monde adulte
-