POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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L'obscénité de la mauvaise foi || James [Fini]

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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: L'obscénité de la mauvaise foi || James [Fini] Lun 23 Juin - 23:35

James appréciait aussi peu les tableaux qui abritaient son salon qu'elle. Foutu cadre, peinture acariâtre datant de l'époque de Jugson, fidèle à leur ancien maître. Il lui rappelait une époque révolue depuis bien longtemps. Une époque où la piscine n'existait pas, une époque où James n'était pas Ministre et certainement pas propriétaire de cette maison. À bientôt trente ans, elle revoyait cette maison une dizaine d'années plus tôt, quand le fils de Tom était encore vivant ... Tant de choses avaient changé et souvent, y repenser lui donnait un pincement au cœur. Elle détestait les tableaux autant pour leurs commentaires idiots que pour tout ce qu'ils lui rappelaient. Elle aurait aimé qu'ils s'éteignent avec leur ancien maître. Et tandis qu'ils déblatéraient sur leur compte, se croyant immortel dans leur toile, elle avait envie de leur hurler que Jugson était mort. Maître légitime ou non, ça ne l'avait pas empêché de crever de la manière la plus pathétique et douloureuse qu'il soit, dans les mains de son ancien maître. Père, amant, ami, ennemi, ministre, mangemort, puriste puis bourbiste, il avait été tout ça et plus encore, mais de quoi se souviendrait l'histoire ? De rien si ce n'était le nom d'une XIème famille sang-pur déchue par le bourbisme.

Son cousin, encore plus exaspérer qu'elle par les tableaux leur intima l'ordre de se taire, arguant qu'il avait déjà bien assez à faire avec elle dans les parages. Il n'aimait pas les disputes. Ruth connaissait peu de personnes qui aimaient ça. Elle-même n'en était pas une fervente admiratrice, mais elle avait toujours eu un avantage indéniable par rapport aux autres. Contrairement aux hommes qui détestaient les longues discussions, elle pouvait argumenter pendant des heures et au pire, si elle se lassait, elle pouvait gagner en faisant montre de violence. Bien entendu, c'était plus compliqué avec James. Elle aimait et respectait sincèrement son cousin, comme se respectent deux amis ayant évolué ensemble. Dans une certaine mesure, c'était ce qui l'empêchait de lui taper franchement dessus malgré sa colère. Il était encore abîmé de l'Irlande et elle n'avait pas envie d'en remettre une couche si ce n'était pas nécessaire. Néanmoins, les tirs de sommation commençaient à devenir ridicules, et à ce rythme-là, il n'y aurait plus de salon sur lesquels se défouler. Il allait falloir que ça cesse, seul problème, aucun des deux ne voudraient céder en premier et dans l'état où ils étaient, un cessé le feu n'était pas au programme. Au menu, on en était plutôt aux piques en tout genre et aux mesquineries de bas étage.

« Ne t'inquiète pas pour les éclaboussures que je reçois ou non James. Garde la bouche pleine, ça te va mieux quand tu ne parles pas. »

En plus simple, soit beau et tais-toi, c'était la version chaste. La version non censurée était bien moins gracieuse et James avait sans nul doute compris ce qu'elle voulait dire. Elle ne désirait pas lancer le sujet plus loin. Elle regrettait déjà de lui avoir dit pour Paravell. Elle avait toujours eu pour mot d'ordre de ne pas coucher avec des collègues de travail et l'expérience ne se reproduirait pas quoiqu'il arrive. Aussi imaginatif soit Paravell, elle préférait ne pas faire rentrer ses collègues dans sa vie sexuelle. Surtout un homme aussi étrange que lui. On en savait très peu sur lui, seulement ce qu'il voulait bien vous laissez entendre. C'était logique en un sens, surtout pour quelqu'un dirigeant les Services Secrets mais ça mettait la jeune femme mal à l'aise, elle-même avait ses propres secrets et attirer l'attention d'un homme pareil n'était pas pour lui plaire. Elle préférait largement s'en tenir à une relation amicale avec l'intéressé.

Elle choisit donc de ne pas en dire plus, comptant sur le fait que James ne remarquerait pas son silence. Elle prit le parti de rire du comique de la situation, ce qui tira un sourire au Ministre, à défaut de le rendre hilare. Il fallait avouer qu'elle l'avait rarement vu rire à gorge déployée, ce n'était pas le genre de la maison. James Eccleston était un homme discret, en particulier quand il s'agissait de montrer ses émotions, tout le contraire de son impétueuse cousine. Il était dur de savoir ce qu'il pensait vraiment. Heureusement, les deux larrons se connaissaient depuis longtemps maintenant, aussi était-elle capable de dire que la hache de guerre était enterrée au moins pour le moment. Un nouveau rire accompagna l'annonce de la sortie des tableaux. Pourtant, si on était attentif, dans le rire et dans le sourire de la mangemorte, quelque chose sonnait faux. Ce n'était pas qu'elle en voulait à James, loin de là. Ruth avait beaucoup de défauts, mais elle était rarement rancunière, en particulier envers ses proches. Ses colères étaient explosives, intenses, mais duraient rarement longtemps. À ses yeux, les gens qui la côtoyaient, auraient du voir ça comme un avantage. Il n'y avait rien de plus affreux qu'une longue et froide colère, accompagnée d'un grain d'indifférence comme James savait si bien le faire. Affalée avec élégance dans un fauteuil encore intact, ses jambes passées nonchalamment par-dessus l'accoudoir, elle commenta :

« Tu devrais les brûler, au moins tu serais sûr qu'ils la fermeront définitivement, tu es trop clément. »

Remarque ô combien ironique quand on savait à quel point James pouvait manquer de clémence. Il disait qu'elle faisait une crise. Elle était presque disposée à l'admettre. Dans le fond, si elle oubliait sa mauvaise fois cinq minutes, Ruth pouvait admettre qu'elle avait exagéré. Pourquoi avoir voulu envoyer James à un rendez-vous arrangé ? La première raison restait valable réellement. Elle savait qu'on posait des questions sur le ministre et tôt ou tard, qu'il le veuille ou non, certaines choses seraient exposées au grand jour et elle entendait bien rester en dehors de ça. Dans un soupir, sans vraiment regarder James, elle répondit d'un ton où pointaient de l'amertume et encore une certaine colère :

« Les certitudes n'existent pas James. Benjamin n'aurait pas dû trahir, Jugson n'aurait jamais du pouvoir trouver une faille de sécurité dans les sorts qui entouraient Caernarfon... »

Elle s'arrêta de peur d'en dire trop. Elle n'évoquait jamais Benjamin. Jamais en public, pas depuis « sa mort », presque six ans plus tôt. Le nom avait du mal à sortir et ça restait une blessure ouverte. Tout était de sa faute, ou presque. Dans sa colère, elle perdait toute objectivité et elle lui en voulait pour tout. Sa fille qu'elle avait dû cacher, ses fiançailles avec un imbécile qu'il avait du tué, ses fiançailles avec Mike, les blessures que Tom lui avaient infligé, la peur qu'il avait fait à leur fille. La liste des griefs qu'elle lui portait n'avait pas de limite et elle aurait pu continuer des heures durant sans s'arrêter. Elle ne dit rien de plus. Bien que très expansive, il y avait des sujets dont Ruth ne parlait presque jamais. Benjamin Mulciber faisait partie de ceux-là. Il était rare de la voir pleurer, rare de la voir triste. Même devant ses proches, elle avait toujours gardé un sourire éclaté et ris comme au premier jour. En privé, elle se laissait aller, mais une fois sûre que personne ne serrait là pour la voir. James la connaissait bien, il avait été là quand ça n'allait pas, mais rare était les fois où il l'avait vue pleurer. Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas parler, c'était simplement qu'elle était incapable de le faire. Les mots restaient bloqués au fond de sa gorge. Elle était une femme forte, une mangemorte. Ruth avait toujours estimé que pour porter la marque, on devait accepter de perdre une partie de soit. Ceux qui prenaient la marque sans comprendre que l'honneur n'allait pas sans sacrifice, déchantaient vite. Ils n'abandonnaient pas tous la même chose. C'était parfois très subtil, mais Ruth, elle, avait toujours su ce qu'elle abandonnait. Une chance de bonheur. Les mangemorts n'avaient pas le temps d'essayer d'être heureux. Le purisme passait avant tout. Le purisme, et pour les gens comme elle, les obligations familiales. C'était un choix. Tous les sangs-purs n'avaient pas le même attachement à leur famille qu'elle. Pourtant, ces derniers temps, elle sentait sa vie lui échapper. Elle appréciait Mike, vraiment, c'était un ami cher, et elle était heureuse de pouvoir compter sur lui, mais il n'y avait jamais eu besoin d'un mariage pour ça. Peut-être que naïvement, elle avait toujours espéré ne jamais devoir se marier, à défaut d'avoir ce qu'elle voulait vraiment. Oublier qu'il était vivant, elle aurait tout donné pour pouvoir le faire, et elle restait persuadée que John l'avait poussé à se marier autant pour des raisons financières que pour s'assurer qu'aucun lien ne la rattachait plus à Benjamin, mais même Mike ne pouvait pas réaliser cette prouesse. Pourtant, dans le fond, elle espérait qu'il puisse le faire, n'étais-ce que pour être tranquille. Pauvre John, s'il avait su. Alors oui, peut-être qu'indirectement, elle avait passé ses nerfs sur James. Elle voulait bien l'admettre, il subissait sa colère pour quelque chose qu'il n'avait pas mérité.
L'elfe fit son entrée dans la pièce, le nécessaire à vin sur un plateau, comme s'il ne venait pas de se faire congédier la façon la plus cavalière qui soit quelques instants plus tôt. Il la servit, avant de servir James. Toujours sans vraiment le regarder, elle ajouta du bout des lèvres :

« Nous ne sommes pas d'accord, mais n'en parlons plus. Désolé, je n'aurais pas du. »

Ruth s'excusait rarement, et encore moins sincèrement. Elle estimait avoir raison, mais elle s'excusait parce qu'elle n'aurait pas dû passer ses nerfs sur James. Un autre aurait pris ça pour de la jalousie. Ils étaient tous les deux au dessus de ça et savaient que ce n'était pas le problème. De là à ce que la jeune femme explique réellement ce qui n'allait pas, il y avait un monde. Elle se contenta donc de reprendre son sourire habituel teinté d'arrogance et suffisance, tout en riant aux paroles de James, comme à son habitude. N'importe qui l'ayant vue en cet instant, n'aurait pas pu se douter qu'elle était triste sans pouvoir l'avouer.

« À Mike, probablement l'homme le plus chanceux au monde puisqu'il peut désormais jouer à Pile ou Face comme il lui chante. »

Quant à la position du strangulot farceur, elle refusait littéralement d'en savoir plus. Le nom évoquait des images qui la laissaient perplexe et elle n'était pas certaine de vouloir en savoir plus.

« Je vais probablement t'étonner, mais je n'ai testé l'animal que l'espace d'une soirée, je n'ai pas eu le temps de le voir pour autre chose dernièrement. Ne t'inquiète pas, comme lui, j'ai de quoi me distraire sur le côté. »

Elle haussa les épaules démontrant par là à quel point ça avait peu d'importance. Le plus étonnant dans toute cette histoire restait que malgré sa possessivité, Mike n'ait pas encore piqué de crise parce qu'elle continuait d'aller voir ailleurs. Contre toute attente, de ce point de vue-là au moins, leur alliance semblait fonctionner correctement. Elle n'y avait pas cru au début.

L'intéressé arriva d'ailleurs sur ses entre faits, l'air relativement étonné. Elle ne savait pas si c'était l'état de la pièce ou le fait de la trouver sur place qui provoquait cette réaction. Il parut hésité un moment, avant de s'asseoir. Mettant sa contrariété de côté, Ruth se mit à rire en regardant James. Elle saisit son verre de vin auquel elle n'avait pas encore touché et en but une gorgée.

« On refait la décoration d'intérieur, on trouvait que les tableaux de Jugson étaient d'un mauvais goût affligeant et qu'il était temps de changer tout ça. Ça a bien avancé, pas vrai Jimmy ? »

Nul besoin d'expliquer qu'ils avaient voulu se battre et qu'ils avaient lamentablement échoué ... Ce n'était vraiment pas indispensable, et elle ne doutait pas que James pense comme elle.

« Un plan à trois ? Tu te surestimes, il faudrait déjà que tu dises bonjour pour ça. Je ne sais pas si tiendrais la cadence mon pauvre... À ton âge ... »

Elle articula la fin de la phrase avec un sourire grivois. Ils se voyaient rarement, mais correspondaient souvent. En bons amis qu'ils étaient, ils n'avaient jamais hésité à se provoquer.

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James Eccleston


MessageSujet: Re: L'obscénité de la mauvaise foi || James [Fini] Dim 20 Juil - 20:23

Il avait visé juste. L'allusion à Paravell avait froissé la susceptibilité de sa cousine, qui venait de répliquer sur un ton aigre. Garde la bouche pleine ? James était partagé entre rire et la bouderie. La riposte n'était pas mal trouvée, il fallait l'avouer, mais il n'était jamais agréable de s'entendre rappeler certaines pratiques. C'était assez curieux, d'ailleurs ; il avait bien souvent usé de ses talents de bouche en présence de Ruth, parfois même en avait fait concours avec elle, et rien, lorsqu'ils étaient lancés, ne les effrayait dans les plaisirs de la chair ; Ruth avait vu le désormais Ministre de la Magie dans les positions les plus compromettantes, l'avait entendu pousser les cris les plus équivoques ; l'inverse était vrai, James pouvait dire avoir été témoin des pires dépravations de la part de sa cousine. Ils avaient souvent couché dans la même pièce, chacun s'occupant de son propre amant mais assez près pour ne rien ignorer de ce qui se passait à côté ; cela ne les gênait pas, la pudeur semblait être une notion inconnue de ces deux-là. Mais s'entendre rappeler, hors contexte d'orgie, ses exploits les moins reluisants, cela les vexait au dernier degré. James pouvait être fier de ses qualités d'amant, mais il n'aimait guère qu'on le traite, comme Ruth venait de le faire à demi-mots, de bouche à pipes. C'était vraiment l'hôpital qui se foutait de la charité, en plus... Le Ministre rétorqua, mi-amusé, mi-froissé :

-Haha... ça te va bien de parler de ça... C'est pas toi qui as gagné le dernier concours de durée qu'on a fait ? On a même cru que t'avais une ventouse à la place de la bouche, cette fois-là...

Car oui, en plus, elle avait gagné, la salope. Cela remontait à quelque temps déjà ; avec leurs responsabilités, ils s'étaient assagis et ne s'étaient plus livrés à ce genre de concours. Il faudrait songer à renouveler, d'ailleurs. Leurs amants ne s'étaient jamais formalisés de les voir en compétition pour savoir qui était le meilleur coup et rivaliser d'adresse et d'attentions... Le Ministre nota dans un coin de sa tête de proposer une petite soirée concours, comme au bon vieux temps, à sa cousine, et sirota une gorgée de vin en regardant son elfe décrocher les tableaux en leur arrachant des cris de protestation. Ruth suggéra de les brûler, ce à quoi James répondit négligemment :

-Oh, ce serait vraiment excessif, non ? Je m'en voudrais de détruire des œuvres d'art sorcier, même chiantes et moches. J'en ferai don à un musée, je pense.

Il ne releva pas, en revanche, les allusions à Benjamin Mulciber et Jugson. Évidemment, on n'était jamais sûr de rien. Mais tout de même, Mike et lui étaient bien assez prudents pour ne pas craindre de fuites quant à leur liaison. Même chose avec Olivier Niesen, le guérisseur engagé par Ruth elle-même pour veiller sur la convalescence de son cousin et devenu une relation régulière. Personne n'avait jamais vu le Ministre de la Magie en compagnie d'un homme – d'ailleurs, on le voyait assez peu en ville. Il ne fréquentait guère les soirées mondaines et les réceptions ; trop de travail, pas le temps pour ces futilités. Il réservait sa présence à quelques demeures amies, mais s'y montrait toujours seul. Il n'avait rien à craindre de John Mulciber, par exemple, qui était parfaitement au clair sur ses préférences, mais estimait qu'il ne devait pas, par respect pour son hôte, s'afficher avec un autre homme.

Ruth murmura ce qui, pour elle, ressemblait le plus à des excuses, et ils classèrent ainsi l'affaire qui venait de les opposer. Elle devait avoir compris que lui fixer des rendez-vous à son insu n'était pas la meilleure manière de soigner son image. Par principe, il n'accepterait jamais de s'y rendre, tant il avait mauvaise tête. Bien sûr, la conversation avec Ruth lui donnait à réfléchir ; il ne s'était jamais posé de question sur son mode de vie et sur son célibat, mais il faudrait le faire. Il devrait peut-être accepter de se marier, comme un bon puriste ; on lui trouverait une héritière de sang-mêlé, comme lui, ou une fille d'une famille pure déclassée qui ne rougirait pas de s'allier à un sang-mêlé en vue... Peut-être même devrait-il surmonter sa répulsion et essayer de lui faire un enfant... D'autres avaient dû le faire, des hommes aux préférences aussi nettement marquées que lui, mais que le devoir obligeait à se sacrifier. James avait toujours espéré échapper à cette pénible nécessité, mais Ruth avait raison : il était arrivé trop haut dans l'échelle sociale pour pouvoir longtemps s'y soustraire. Il n'était plus un petit juge sans envergure, il était le Ministre de la Magie, Mangemort, l'un des personnages les plus en vue du moment. Une moue boudeuse sur le visage, il sécha son verre de vin, et se redressa pour se resservir. D'un regard, il vérifia que Ruth avait encore à boire ; elle n'avait pas touché à son verre, nota-t-il avec étonnement tandis que lui attaquait son deuxième. Une fois servi, il s'affala à nouveau sur le canapé, contemplant le désastre ambiant. Le duel avait été court, mais les dégâts étaient importants. Le Ministre soupira, déjà agacé de devoir réparer tout ça, et s'apprêta à lancer une réflexion à Ruth qui venait d'avouer n'avoir passé qu'une nuit avec son fiancé... Mais l'entrée dudit fiancé l'arrêta net. Il avait fini par oublier que Mike devait passer, avec toute cette agitation. Mike Witcher était le dernier élément incongru dans ce décor. Le salon en ruines, le trou béant dans le mur, deux Mangemorts encore armés de leurs baguettes, et maintenant leur amant commun, futur époux de Ruth. Sa présence donnait la mesure de l'étrangeté de cette situation. James eut un petit rire en voyant l'air désemparé de Witcher, et, soudain pleinement réconcilié avec Ruth – rien ne valait une tierce personne à taquiner – approuva les propos de sa cousine :

-On s'ennuyait, on avait de l'énergie à revendre, on a pensé que ce serait drôle de faire des trous dans les murs... C'était ça ou coucher ensemble, mais on aurait tous les deux eu l'impression de t'être infidèles. Epsilon ! Un verre de plus !

L'elfe arriva presque aussitôt et, dans une révérence, déposa un verre devant Mike. James se leva pour le servir, en ricanant :

-Un plan à trois... Je ne serais pas contre, mais uniquement si Ruth ici présente est aussi bien équipée que toi, ce qui n'était pas le cas la dernière fois que je l'ai vue en petite tenue. Sinon, quel intérêt ? Je ne suis pas partageur, tu sais. Et ta future femme me semble bien peu respectueuse de son seigneur et maître en dénigrant ses performances, il faudra lui apprendre à se comporter comme une dévouée épouse puriste, mon cher.

Il s'effondra à nouveau sur le canapé, sourire aux lèvres, observant alternativement les deux autres Mangemorts. Plan à trois ? Mauvaise idée, mais soirée concours... Un message à Olivier suffisait, après tout...
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Mike F. Witcher


MessageSujet: Re: L'obscénité de la mauvaise foi || James [Fini] Sam 9 Aoû - 22:46

Mike Witcher, un personnage ? A sa manière, oui. Il y avait de nombreux personnages, dans les livres et les romans et même dans la vie réelle qu'on pouvait qualifier d'escrocs. Lui n'en était pas un : il n'essayait pas d'arnaquer les gens. Il était une escroquerie, nuance : cela faisait bien de lui un personnage. Il ne cachait pas son but, jamais, c'est à dire défendre le purisme. Si on lui disait qu'il défendait sa famille, ou ses intérêts propres, il le prenait pour une insulte envers ce qu'il était, c'est à dire un puriste convaincu. Il utilisait sa famille. Il utilisait son nom et son statut de chef de famille. Ses intérêts propres ? Riche, connu, que pouvait-il désirer ? Rien. Il n'avouait rien : parfois il était plus utile de passer pour quelque chose d'autre que lui. Parfois il était utile qu'on ne connaisse pas ses vraies intentions. Encore qu'il ne les cachait jamais. Les gens ne comprenaient pas. Witcher ne se considérait pas comme un intellectuel, mais en fait, il méprisait le commun des mortels. Parce qu'il fallait bien le dire, le commun des mortels c'était une bande d'idiots avec qui on ne pouvait rien faire, rien dire : personne ne parlait, ne parlait réellement, en fait. Personne ne savait, ne se donnait le moyen de voir au-dela des apparences...ou même simplement de poser les questions. Les gens ne pensaient pas. Ils se limitaient eux même. Mike Witcher ne refusait jamais de répondre à une question, mais encore eut-il fallu qu'on lui en pose, et ça...eh bien c'était en fait fort rare. Les gens s'auto-limitaient : tant qu'on qu'on ne lui demandait rien, il était tranquille. Et il continuait d'oeuvrer pour le purisme, à sa manière.

Que demander de plus ? De l'amusement sur le coté, il en avait. S'il était assez mal vu d'être homosexuel au sein du régime, et Mike jugeait que bi ne serait pas exactement mieux vu, le mangemort doutait réellement qu'on vienne un jour l'ennuyer avec ça. Nancy, bien sur, pouvait représenter un danger, mais Nancy Nott était complètement ravagée et personne ne la croirait. Restait alors en gros Ruth et James, mais James n'avait guère intérêt à parler, ni sans doute l'envie, car s'il s'avisait de le faire il se mettrait en danger aussi...puis, pourquoi gâcher ce genre de relation où on pouvait prendre son pied mais jamais en ayant besoin de justifier la nature de leurs sentiments ? Si sentiments il y avait, mais ça, ce n'était pas le problème : des deux cotés, on pouvait interpréter la relation comme purement physique si on écartait l'amitié pure et une loyauté certaine.

Quant à Ruth...la situation pouvait se réveler plus compliquée pour Mike, et Witcher le savait. Avouer que ce n'était pas seulement un mariage de raison conclu pour des raisons pratiques ? Jamais le mangemort n'y aurait songé, et quand bien même il l'aurait fait, il avait trop de fierté pour le dire. Ce n'était pas prévu. En réalité, il avait songé à la faire tomber amoureuse de lui : persuadé qu'il était qu'aucune femme ne pouvait lui résister (correction : que personne ne pouvait lui résister) Michael Witcher était persuadé qu'elle finirait par s'attacher à lui. Paumé par les déclarations qui auraient pu être symptomatiques d'une jalousie pure que Ruth était capable de lui faire, il ne savait plus quoi penser de toute cette situation.

Autant dire que cette réunion impromptue avec James et Ruth tournait à la confusion la plus totale, d'autant que l'Irlande n'était pas pour lui un endroit de tout repos. Il aurait pu rire, rire franchement, mais il se contenta d'un sourire aux dires de Ruth, interrompu par une voix qu'il connaissait bien, une voix d'outre-tombe, même, qu'il ne pensait plus jamais entendre :

« Je réprouve catégoriquement le fait d'être de mauvais goût, mademoiselle ma petite nièce ! Tenez le vous pour dit ! »


Le regard de Mike se porta sur le tableau que portait l'elfe de maison pour tomber sur le portrait d'un homme aux cheveux roux, mêlés de gris. Il reconnut la silhouette et arrêta l'elfe.

« Mais c'est un tableau de mon père ça...je me demande où Jugson a pu avoir ça. Alors, père, contrarié par tout ça ?

-Vous êtes tous des dégénérés, des dépravés, des asociaux ! Débiles légers ! Pédérastes ! Sodomites ! FILS INDIGNE !
-Il y avait longtemps. » Murmura Mike. Le ton qu'il avait pouvait être celui de la tristesse ou de la haine. Les yeux dorés se portèrent sur l'elfe : « File. Mets moi ça hors de vue. Tiens, non, brule le. Ca ne mérite pas mieux, si tu es d'accord, James. »

Il ne dit rien un léger moment, écoutant les deux autres se moquer de lui presque avec amusement.

« Tss. Entre faire des trous et boucher des trous, le choix était vite fait, vous auriez eu ma bénédiction pour la deuxième option James...tout ça sous les yeux choqués des ancêtres de ce vieux Thomas, parole, ça ne manquait pas d'intérêt. »
Il tourna la tête vers Ruth, de plus en plus amusé, car même à deux contre un il pouvait encore avoir de la répartie : « Tu ne dis pas bonjour non plus, je te signale. Quant à être vieux, soit, trouves toi un amant plus jeune...moi ça m'ennuierait d'être une couguar à vingt-neuf ans alors que je pourrais avoir des hommes plus expérimentés. Mais ce n'est pas moi qui décide. » L'espace d'un instant, aux dires de James, le sourire et le ton se firent froid. « Quant à toi, mon vieux, si tu as vraiment vu ma future femme en petite tenue, je dirais qu'il faut que je te casse la gueule. » Il laissa un instant le silence, un peu pesant, s'installer avant de boire une gorgée de vin et de se fendre d'un sourire plus qu'amusé, carrément franc : « Je plaisante, James. Je m'essaye à vous apprendre à tous deux ce que sont des amants puristes et dévoués...»
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MessageSujet: Re: L'obscénité de la mauvaise foi || James [Fini] Mer 20 Aoû - 20:58

James et Ruth étaient deux gosses. À vingt-neuf, les deux cousins ressemblaient à de grands enfants terribles. Que nenni, ils n'avaient pas passé l'âge des idioties. Loin de là. Tels, deux enfants turbulents, ils trouvaient toujours une quelconque idiotie à faire. Dans ces cas-là, l'inspiration n'était jamais bien loin. Les idées leur venaient aussi naturellement que des enfants de cinq ans décidant de peindre sur les murs. Aucune mesure, aucune limite, rien ne les arrêtaient si ce n'était la conscience qu'ils avaient de leur image publique. La masse de travail que chacun avait à faire les empêchait de se voir aussi souvent qu'ils le faisaient par le passé. C'était peut-être pour ça que quand ils se voyaient, les choses avaient tendance à être explosives comme aujourd'hui. Quelle importance avait la greluche que Ruth voulait lui présenter aujourd'hui ? Aucune, qu'elle soit vexée ou non, la mangemorte n'en avait cure. Qu'elle le soit, ça lui ferait les pieds d'être aussi idiote. Si on ne voyait pas James avec des hommes, on ne le voyait pas avec des femmes non plus, et un jour où l'autre la remarque. Elle avait dit ce qu'elle avait à dire et ne reviendrait plus dessus. Pas avant un moment en tout cas. Elle pouvait se permettra financièrement de foutre en l'air un salon par semaine si ça lui chantait et de le repayer à James, mais elle n'en voyait pas l'intérêt. Ils avaient passé leurs nerfs tous les deux et c'était très bien comme ça.

La hache de guerre n'était d'ailleurs pas tout à fait enterrée et s'il n'y avait pas eu l'arrivée de Mike pour les réunir, leur petit concours de lancé de pic aurait pu durer encore un moment. Ironique de savoir qu'ils avaient fait les pires choses ensemble et que pourtant, ils n'aimaient pas qu'on leur rappelle. Ruth avait une confiance totale en James, et de sa vie, il savait tout ou presque. Comme tout le monde, elle avait des secrets et si ceux-ci n'avaient pas été de nature à mettre en danger James lui-même, elle lui aurait probablement confié. Pourtant, certains secrets doivent rester ce qu'ils sont vraiment, c'est-à-dire secret. Est-ce que ça voulait dire que James ne la connaissait pas pour autant ? Non, il la connaissait bien. Il était très certainement de dire quand elle allait mal tout comme elle pouvait le faire à son égard. Pudiquement, sans vraiment savoir pourquoi, ils n'abordaient jamais ce genre de sujet. Elle ne pouvait pas se souvenir d'une seule conversation tournant autour de leurs sentiments et de leur ressentit. Relation probablement étrange, mais c'était la leur. Ils riaient, blaguaient, allaient toujours plus loin dans la dépravation, mais jamais ils ne demandaient : "tu vas bien ?". Quel besoin de le demander quand on connaissait déjà la réponse ?

Sur ses entre faits, les tableaux étant lentement, mais surement enlevés par le zélé petit Epsilon, Mike était arrivé, réunissant les deux enfants terribles. Quoi de mieux pour faire disparaître les dernières traces d'une dispute que de se liguer contre une tierce personne. C'était quelque chose que le Ministre, comme la Directrice des affaires moldues faisaient très bien. Avec l'ombre d'un sourire, ils s'étaient regardés et avaient attaqué d'un commun accord, se moquant tour à tour de leur amant commun.

Bien entendu, l'étonnement était de mise quand on voyait l'état dans lequel ils avaient mis la pièce. À ça, ils avaient eu une réponse toute faite et celle de James la fit éclater de rire. Avant d'être coupée dans son rire par un tableau qu'elle n'avait pas vu auparavant. Elle sursauta en entendant la voix de son grand-oncle et se retourna vers la source du bruit pour toiser le portrait d'une façon peu amène. Se levant, elle le regarda avec dégoût tandis qu'il insulta à la fois son cousin et son fiancé :

« Future belle-fille, Anthony. »

Elle se tourna vers James, furieuse d'entre autant d'insultes sortir de la bouche d'un foutu tableau.

« Je ne tolérais pas de me faire insulter de la sorte, fusse par un tableau. James brûle le, ou par Salazar, je le ferais moi-même. »

Ce n'était pas qu'elle voulait donner des ordres à James, mais Ruth, de nature, était quelqu'un de très susceptible. Elle détestait se faire insulter, mais elle détestait encore plus qu'on insulte ses proches devant elle. James brûle le, ou par Salazar, je le ferais moi-même. Mike semblait penser la même chose puisque qu'il fit la même requête qu'elle. Elle n'aurait pas su dire s'il était triste ou en colère, mais nul doute qu'entendre des propos pareils de la part de son propre père l'aurait mise dans une rage folle. Se rasseyant, elle prit de nouveau son verre et le porta à sa bouche, sa colère redescendant lentement tandis qu'elle avalait le liquide alcoolisé.

L'incident fut vite oublié au profit de la moquerie. Elle les écouta tous les deux sans rien dire, un sourire aux lèvres, et levant les yeux au ciel quand elle entendait des bêtises plus grosses qu'eux trois réunis.

« Avoir l'impression de le tromper ? Allons bon James, tu sais bien qu'il y en a un autre que nous deux, sans quoi, on le verrait plus souvent toi et moi. »

C'était presque qu'autant une affirmation qu'une question. Leur relation se basait sur un principe très simple, chacun fait ce qu'il veut dans la mesure du raisonnable temps qu'il n'y a pas de scandale. Mike fréquentait probablement d'autre personne qu'elle et James, et si son ego en prenait tout naturellement un coup, elle l'acceptait sans états d'âme puisque c'était ce qui lui permettait de faire de même. Néanmoins, elle était tout de même curieuse de savoir qui il fréquentait en dehors d'eux deux. Se tournant vers James, d'un air faussement caustique, elle commenta :

« Tu as entendu, mon seigneur et maître nous donne l'autorisation de nous emboiter, comme c'est généreux. Nul doute qu'on l'aurait déjà fait depuis le temps si on en avait vu l'intérêt. »

Abandonnant son ton faussement corrosif, elle se leva pour l'embrasser, sa main s'aventurant sans la moindre gêne là où elle n'aurait pas du, devant James, provoquant une réaction chez son fiancé, s'écartant un sourire provocateur sur le visage, elle échangea un regard avec le Ministre qui en avait vu d'autres en sa compagne.

« À ton tour James, pas de jaloux. »

Mike voulait jouer, ils joueraient. Elle haussa un sourcil interrogateur quand elle entendit le ton froid sur lequel Mike menaçait de casser la gueule à James. Ses jambes de nouveau passé par-dessus l'accoudoir du canapé, son verre à la main, elle dit distraitement :

« Tu as du travail si tu dois casser la figure de tous ceux qui m'ont vu en petite tenue. Tu veux une liste ? Tu penseras à me fournir la même pour tes amants et amantes divers. »

Le rôle du mari dominateur puriste l'avait toujours un peu lassée. Étant elle-même une femme libre, elle ne comprenait pas qu'on s'enferme dans ce genre de relation. Heureusement, Mike ne faisait que blaguer, prétendant simplement leur apprendre comment être de parfait amant. Avec un rire, elle répliqua :

« Si tu veux nous apprendre, parles moins, et montres-nous à quoi ça ressemble. »

Quoique le salon, vu l'état dans lequel il était n'était peut-être pas le lieu approprié pour ce genre d'exercice. Ils y avaient été forts, et c'était Ruth qui avait commencé, soupirant, elle demanda à James :

« Tu m'enverras la facture pour le salon, je paierais les réparations. C'est ma faute cette fois-ci. »

Ça ne serait pas la première fois, ni la dernière qu'ils détruiraient une pièce ensemble.

« À moins que mon Seigneur et Maître, dans son envie de séduire sa douce, ne veuille payer à ma place. »

Décidément, ce surnom n'était pas près de le lâcher.

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MessageSujet: Re: L'obscénité de la mauvaise foi || James [Fini] Sam 6 Sep - 19:03

La soirée prenait un tour inattendu, et plutôt drôle, finalement. Mike Witcher pris entre deux feux, son amant régulier et sa fiancée ligués contre lui puisqu'il avait la mauvaise idée d'être le dernier arrivé. James Eccleston et Ruth Alexïeva étaient des gens sérieux et rigoureux dans leur travail, mais en privé, lorsqu'ils commençaient à faire les enfants terribles, il n'y avait rien à tirer d'eux. Besoin de se détendre, sans doute, d'oublier leurs responsabilités... Encore que même à dix-sept ans, alors qu'ils n'occupaient pas le moins du monde des postes importants, leur comportement était déjà le même. Incapables de rester sérieux lorsqu'ils se trouvaient ensemble, pour la bonne raison qu'ils se voyaient essentiellement pour prendre du bon temps. Ils étaient compagnons de débauche depuis qu'ils se connaissaient, et c'était même cela qui les avait rapprochés, lors de l'année que Ruth avait passée à Poudlard. La jeune femme était à dix-sept ans absolument libérée en matière de mœurs, à la différence d'un Eccleston encore assez mal à l'aise avec son homosexualité. Poudlard n'était pas le meilleur endroit pour forger son identité, lorsqu'on aimait les garçons. James avait passé quelques années assez difficiles à essayer de ne pas se trahir, jusqu'à la septième année et l'arrivée de Ruth. Naturellement, les deux cousins s'étaient un peu parlé, et elle avait dû flairer quelque chose puisqu'elle s'était empressée de lui présenter un élève de Durmstrang, un beau gosse charpenté qui ne crachait pas sur les petits Anglais. Vladimir, c'était le nom du camarade de Ruth, était, comme elle, un brin déluré, et ils auraient pu faire leur le slogan « jouir sans entraves ». Il avait été l'amant de James durant toute l'année ; au contact des « invités » de Poudlard, le jeune Anglais s'était doucement défait de ses appréhensions et de ses tabous. Le soir du bal de Noël, une partie fine s'était organisée dans la Salle sur Demande ; Ruth et son compagnon du moment, James et Vladimir, tous les quatre avaient passé une nuit mémorable. Dumbledore aurait été fier de leur ardeur à « rapprocher la jeunesse de pays différents », puisque tel était l'objectif du Tournoi des trois sorciers. Après cela, James n'avait plus été le même. Il avait cessé de vouloir cacher son goût pour les hommes, et ne s'était plus gêné pour multiplier les aventures. Ruth n'était pas peu fière de son rôle dans cette métamorphose de son cousin éloigné. Elle répétait qu'il avait pour la débauche un talent inné qui ne demandait qu'à éclore, ce en quoi elle n'avait probablement pas tout à fait tort.

Les années avaient passé, mais ce soir-là, dans le salon du Ministre, on aurait pu se croire revenu à Poudlard. Les piques fusaient, dans une ambiance potache que même les insultes d'un crétin de tableau ne parvenaient pas à rompre. Un rouquin qui traitait tout le monde de dégénérés, sodomites et autres noms d'oiseaux. À demi-ivre, James releva d'une voix pâteuse les propos de Mike :

-C'est ton père ce machin-là ? Eh ben, enchanté. Vraiment sympa comme gars. Epsilon, tu me crameras ça.

L'elfe s'inclina et continua de sortir les tableaux de la pièce, tandis que le Ministre ricanait :

-Tu m'avait pas dit qu'il y avait du rouquin dans ta famille, Mike... c'est pour ça que c'est toi qui as hérité de cette merde d'Irlande...

Witcher ne semblait pas décidé à relever le sarcasme, et il préféra reprocher à James et Ruth de ne pas avoir couché ensemble. Puis, sans transition, il menaça James de lui casser la gueule pour le punir d'avoir vu sa fiancée en petite tenue.

-Faudrait savoir, mon grand, répondit Eccleston, pas impressionné le moins du monde par des menaces qu'il savait être une plaisanterie. Tu dis qu'on aurait dû baiser, et après tu râles que je l'aie vue à poil... T'es pas cohérent, tu sais. Et si tu veux vraiment me casser quelque chose, je te suggère autre chose que la gueule.

Classe, poétique, direct. On n'était pas là pour se réciter des poèmes, après tout. Ruth l'entendait bien de cette oreille puisqu'elle aussi commentait grassement les paroles de son fiancé. Il était bien tombé avec ces deux-là. Les yeux au plafond, James lança :

-Tu veux nous apprendre à être des amants dévoués ? Mais nous sommes tout dévoués à ton plaisir, tu le sais bien... ça ne te suffit pas ?

Tandis qu'il parlait, Ruth, provocante, s'était levée pour embrasser son futur époux, tout en laissant sa main s'égarer vers son entrejambe. Elle invita son cousin à en faire autant, ce qu'il fit sans se prier. Se levant à son tour, il posa un baiser profond sur les lèvres de son amant, en le caressant à travers son pantalon.

-Eh bien, voilà un bien meilleur argument, commenta-t-il avec un regard vers la bosse qui se dessinait désormais sous les vêtements de Mike.

Restait un problème : Ruth. Il n'allait tout de même pas la mettre dehors pour se taper son fiancé, on pouvait être un gros obsédé et avoir un minimum de bonnes manières. Le Ministre s'adressa à la jeune femme comme si Witcher n'avait été qu'une plante verte :

-Tu crois qu'il ne pourrait pas suivre avec deux partenaires, alors ? Bon, je ne veux pas le tuer avant vos noces, ce serait dommage... Je te propose qu'on le tire à pile ou face, ça te va ?

Ruth approuva, et James, prenant une pièce dans la poche, procéda au tirage :

-Face c'est pour toi, pile pour moi. Attention... et la morale est sauve, puisque c'est la future épouse légitime qui aura le privilège de décapsuler la Bièraubeurre ce soir. Pas d'bol pour moi, ça a l'air de valoir le détour...

Il bâilla largement avant de reprendre :


-Vous pouvez rester, si vous voulez. Les chambres du deuxième sont libres, confortables et insonorisées. Et puis y a la piscine. Pour ma part, je vais envoyer un petit message à un ami. Je crois qu'Olivier est de repos ce soir, précisa-t-il avec un clin d'oeil à Ruth. Faites comme chez vous, on verra une autre fois pour les dégâts. Là, j'ai autre chose en tête.
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MessageSujet: Re: L'obscénité de la mauvaise foi || James [Fini] Lun 22 Sep - 11:31

Mike n'avait jamais aimé qu'on l'ignore ou qu'on se moque de lui, et cette conversation prenait de plus en plus un tour étrange qui portait de plus en plus à l'exclure de cette boucle : il pouvait à peu près lutter à armes égales contre Ruth ou James, contre les deux, impossible. Ce n'était clairement pas la même relation qu'il avait avec chacun des deux, et s'il connaissait bien James et Ruth, il ne pouvait prétendre rivaliser, au niveau de... de quoi d'ailleurs ? D'une certaine obscénité et d'une insolence plus proche de son état d'esprit lorsqu'il était plus jeune. Avant Jeremy, avant l'Afrique du Sud. Cela ne voulait pas dire qu'ils ne se connaissaient pas : pas en ayant fréquenté Ruth depuis un bail et pas avec la relation qu'il avait avec James. Juste qu'ils avaient leur propre délire, et là, franchement, il ne pouvait pas lutter, il l'avouait. Même si sur le plan de l'obsénité, Mike n'avait rien à envier à personne, là, c'était juste que la situation se révélait un peu surréaliste...et qu'il en était, il fallait bien le dire, un peu exclu.

Mal à l'aise ? Non, il ne fallait pas déconner non plus, personne n'arrivait à mettre Michael Witcher mal à l'aise, tant il avait vécu de situations bizarres et interlopes : l'essentiel, c'était de s'habituer à tout, et il y arrivait très bien. D'autant que, assez imbu de lui même, il avait au moins la qualité d'être sur de lui et de ne pas se laisser déstabiliser facilement. Adolescent, il était déjà un sale gosse provocant et provocateur, convaincu de détenir la vérité absolue parce qu'il avait, en effet, du charisme et qu'il n'était pas totalement dépourvu d'intelligence. A presque quarante ans, en réalité, il n'avait pas énormément changé, et finalement, on pouvait dire qu'il était toujours un connard arrogant : au moins n'était-il plus un gosse, mais, c'était à se demander si ce n'était pas pire. Enfant, cela pouvait être pardonnable, adulte, ça ne l'était plus que moyennement. Mais le pouvoir, Michael l'avait compris depuis assez longtemps, vous donnait à peu près tous les droits, surtout celui d'être un connard. Deuxième raison pour laquelle il ne changerait jamais, c'est qu'il ne fréquentait à peu près que des gens qui, de près ou de loin, se révélaient eux aussi être des connards.

Oui, même s'il ne ressemblait pas forcément aux gens qu'il fréquentait, tot ou tard, on retrouvait entre eux deux ou trois points communs, à commencer par celui de ne jamais se remettre en cause, et souvent, bien souvent, celui de vouloir détruire, d'agir avec ce cynisme si particulier qui n'affectait que les riches et les puissants, parce qu'ils étaient malheureux ou malades ou tristes ou en colère, ou encore que la vie refusait de leur donner ce qu'ils voulaient, ce qu'ils ne pouvaient obtenir malgré leur situation de privilégiés.

Et ils se vengeaient d'une autre manière, et la plupart du temps, entre eux...Mike s'autorisa un sourire, finalement tout aussi amusé qu'excité :

« Si vous me prenez par les sentiments, les enfants... »


Il y avait du cynisme dans ce qu'il disait, beaucoup. Mike était un cynique, qui aimait profiter de la vie, mais un cynique tout de même, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ici, il n'était pas réellement question de sentiments, la preuve c'est qu'on ne s'occupait même plus de lui pour savoir qui l'aurait dans son lit. Il n'aimait pas qu'on décide à sa place, mais bon, pour l'occasion, il voulait bien essayer, à la rigueur, d'être un peu moins strict concernant ses propres habitudes, peut-être, qui savait ? Il voulait bien essayer, même s'il maintenait qu'à trois, il aurait tenu le rythme. Mais comme apparement, personne n'était décidé à argumenter avec lui, le directeur du département de l'Ordre Nouveau se contenta simplement de finir sa bière, observant la discussion entre les deux cousins. Tirage au sort ? Dieu, ça faisait un bail qu'il n'avait pas joué à des jeux de hasard, aussi, même si avant il était doué au poker.

Et donc finalement, il restait avec Ruth. Il lui adressa un clin d'oeil, se bornant à commenter :

« Bon, eh bien je suppose que ça valait la peine qu'on me traite un peu comme un jouet à votre disposition, finalement. »

Il ne l'aurait pas avoué, n'en était même pas réellement conscient, mais il aurait facilement pensé qu'avec elle ça en valait toujours la peine...et James l'aurait tué s'il avait entendu ça.
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MessageSujet: Re: L'obscénité de la mauvaise foi || James [Fini]

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L'obscénité de la mauvaise foi || James [Fini]

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