POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Passation de pouvoirs et règlement de comptes (Eris)

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James Eccleston


MessageSujet: Passation de pouvoirs et règlement de comptes (Eris) Jeu 1 Mai - 10:27

Tout semblait en ordre. Chaque étagère avait été vidée des objets personnels du précédent occupant du bureau, toute trace de son passage effacée. Le bureau était redevenu aussi impersonnel que lorsque James Eccleston en avait pris possession, quelques semaines auparavant. Ne demeuraient que les meubles, la collection de recueils de lois magiques et les dossiers, soigneusement rangés. Les affaires de Valverde pouvaient désormais être mises en place, celles d'Eccleston avaient été expédiées dans la nuit au Ministère de la Magie. Des employés s'affairaient d'ailleurs à installer au plus vite les objets dont le nouveau Directeur du Département des Lois avait exigé de pouvoir disposer dès son arrivée ; celle-ci ne tarderait pas. La rencontre entre les deux Mangemorts, celui qui partait et celui qui arrivait, débuterait d'ici une petite dizaine de minutes. Mieux valait ne pas traîner.

-C'est parfait, Abraham, fit James en se tournant vers son secrétaire qui avait supervisé le déménagement. Vous pouvez aller m'attendre au Ministère.

Le secrétaire acquiesça d'un signe de tête et, récupérant sa cape, sortit du bureau. Cadwallader suivrait son patron au Ministère, puisqu'Eccleston avait insisté pour garder à ses côtés ce second discret et efficace.

Après un dernier regard aux ouvriers qui terminaient la mise en place du bureau d'Eris Valverde, James descendit dans le vaste hall de Buckingham Palace. Il n'était pas vraiment prévu qu'il accueille Valverde en bas de l'escalier, mais rester dans son bureau en l'attendant ne lui semblait pas très respectueux.
Quelques rares journalistes (les accréditations étaient rares à Buckingham) s'étaient rassemblés dans le hall. Ils entourèrent immédiatement le haut personnage qui venait d'arriver et lui posèrent quelques questions auxquelles il répondit avec une apparente bonhomie. En réalité, tout son esprit était occupé à choisir chaque mot, pour qu'aucune de ses paroles ne soit maladroite ou sujette à caution.

-Monsieur Eccleston, vous quittez la Haute-Cour de Justice Magique après seulement quelques semaines, que pensez-vous de ce rapide changement ?
-Le nouvel Intendant a estimé qu'Eris Valverde serait plus efficace que moi à ce poste. Il est normal qu'il place les personnes de son choix aux postes où ils pourront donner le meilleur d'eux-mêmes, non ? The right man in the right place, comme on dit.
-Et votre départ pour le Ministère de la Magie, promotion ou mise au placard ?
-Ni l'un ni l'autre, si vous voulez tout savoir. Je m'en suis expliqué avec Lincoln Crow. Il sait qu'il peut compter sur mon entière loyauté, et s'il pense que je peux être utile en devenant Ministre de la Magie, je ne peux que m'employer à lui donner raison. Je n'y vois rien d'autre qu'une nouvelle mission au service du Seigneur des Ténèbres et du Purisme.
-Monsieur Eccleston, la rumeur fait état de dissensions entre monsieur Valverde et vous... Quels sont vos sentiments ce matin ?
-Si vous vous fiez à la rumeur, vous n'êtes pas très professionnel. Monsieur Valverde et moi-même servons le même maître et les mêmes idéaux, dites-moi où vous voyez un signe de dissension dans tout cela. Quant à mes sentiments, je ne crois pas qu'ils aient la moindre importance pour la marche de l'Etat, mais je pars confiant. Je ne saurais être mieux remplacé.
-Monsieur le Haut-Juge...
-Vous vous trompez de personne, corrigea James avec un sourire. Le Haut-Juge de l'Intendance s'appelle Eris Lediccus Valverde. D'ailleurs, le voici qui arrive.

Les mouches ne demandaient que cela pour changer d'âne. Les journalistes se ruèrent vers Valverde, mais en se gardant bien de l'entourer d'aussi près qu'Eccleston. On sentait bien que le vieil homme leur inspirait davantage de crainte. Ils ne purent que prendre quelques photos ; l'heure de la passation de pouvoirs était presque venue, et il était hors de question de prendre du retard. James s'était d'ailleurs avancé vers son successeur, et chacun s'écarta. Le jeune Mangemort inclina le buste devant son aîné, en disant :

-Monsieur Valverde, c'est un honneur pour moi de vous accueillir aujourd'hui.

Il ne tendit pas la main, et attendit que Valverde, le plus âgé, choisisse de le faire ou pas. Lorsque les deux hommes reprirent leur marche en direction du Département des Lois, on put remarquer qu'Eccleston se tenait légèrement en retrait, s'effaçant devant son ancien supérieur. Il savait que rien n'échappait à Valverde et tenait à lui témoigner son respect en public. Respect réel, d'ailleurs, pour un Mangemort de la première heure, pour un redoutable politicien, et pour l'homme qui lui avait sauvé la vie à Dublin. Leurs caractères ne s'accordaient pas, mais James gardait une profonde gratitude pour Valverde. Dans le fond, il était très contrarié de leur mésentente, d'autant qu'il se sentait trop souvent désavantagé face à l'esprit froid de son interlocuteur.

Les deux hommes montèrent en silence jusqu'au bureau du Directeur du Département des Lois, sur la porte duquel une nouvelle plaque venait d'être fixée. Ils entrèrent dans la pièce et la porte, magiquement insonorisée comme toutes celles de Buckingham, se referma sur eux. À présent seuls, ils allaient pouvoir se parler à cœur ouvert.
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Eris L. Valverde


MessageSujet: Re: Passation de pouvoirs et règlement de comptes (Eris) Jeu 1 Mai - 12:39

Valverde avait rencontré Crow à Gaydon. Loin de Buckingham, loin de ceux qui avaient tout fait pour qu'il tombe. Le Manoir était un bien silencieux de la famille Valverde, perdu dans une vaste nature reposante et calme. Les étendues de forêts, les quelques lacs, l'immense bâtisse, tout respirait l'esprit reposé et calme du vieil homme. Echanger des conseils, quelques dossiers, donner les quelques clés importantes et les informations capitales à savoir avait été bien plus tranquille et intéressant à Gaydon. Une manière également de montrer que le pouvoir s'exerçait par la figure même de l'Intendant, qu'importe où il se trouvait. Sans légitimité, le vieil homme n'avait pas voulu s'afficher au siège de l'Intendance. Occuper un bureau qu'il devait quitter, remercier des collaborateurs qu'il n'appréciait pas plus qu'il ne détestait. Tout s'était fait dans la discrétion. Les locaux étaient déjà vides, les meubles et dossiers rapatriés à Gaydon, Neeson remercié et Valverde reposé.
Il ne s'était guère inquiété pour son sort. Il avait des choses à faire, des personnes à rencontrer, des choses à dire. Crow n'avait d'ailleurs pas mis beaucoup de temps avant de lui expliquer en quoi Valverde pourrait être utile. Directeur du Département des Lois, il retrouvait une quasi ancienne affectation. Membre de gouvernement, dirigeant de la Justice, le Mangemort Politicien repartait dans quelque chose de nouveau. Une fois de plus, tout était allé très vite. L'appel de futurs collaborateurs, la préparation des papiers, la préparation de meubles à amener de nouveau à Buckingham. Une organisation de l'ombre, qui échappe généralement à ceux qui en sont éloignés. Mais en quelque jour, un gouvernement était nommé. Et il fallait prendre rapidement ses fonctions. Car les dossiers n'attendaient pas, pas plus que le Purisme qui se voyait déjà confié entre les mains d'un nouvel Intendant que l'ancien était curieux de voir à l'oeuvre.

Cela avait été curieux, ce retour d'un militaire au pouvoir. Contrairement à quelques analyses erronées, que le vieil homme avait lues dans quelques journaux, Brom n'était pas un politicien. En aucun cas l'ère Valverde n'avait été la même que l'ère Brom. Le seul politicien qu'il y avait eu auprès de l'actuel Magistère était Valverde, alors à l'Ordre Nouveau. Brom avait gagné l'Irlande, Brom avait tenu des Conseils de Guerre, Brom était apparu en uniforme, il avait passé en revue des armées, il avait tenu sa baguette bien en main pour aller se battre en personne. Qu'est-ce qui pouvait passer par la tête de ceux qui disaient que le Magistère et son Intendance avaient été politiciennes?
L'ère Valverde avait apporté la politique et l'administration. Des choses nécessaires, qui manquaient justement sous la précédente Intendance. Crow au pouvoir, c'était le retour de la méthode Brom avec les acquis de Valverde. C'était l'Intendance administrative militarisée. Mais Crow à ce poste n'apportait rien de "révolutionnaire". C'était plutôt un mélange des deux méthodes, un mélange des deux acquis et un perfectionnement de ce qui n'avait pas bien fonctionné. Trop de politique? Alors on avait mis à des postes des personnes trop dangereuses telles que Mulciber afin qu'elles ne soient occupées qu'à autre chose que la politique. Trop de désorganisation? Alors on avait gardé Valverde et mis Eccleston au Ministère afin que des bureaucrates continuent à apporter de leur talent à organiser les dossiers. Une fois de plus, c'était une Intendance qui promettait quelque chose de fort, mais pas quelque chose de révolutionnaire.

Deux jours de beau temps, à Gaydon, qui n'avaient en rien retirer de la froideur du lieu. Mais de toutes les demeures des Valverde, celle-ci était sans-doutes la moins froide. Et la plus imposante.
Le vieil homme avait fait le choix de prendre du temps pour lui, avant une passation de pouvoir qui rimerait avec un retour aux affaires publiques. Eloigné pendant une journée, Valverde avait trouvé un certain goût au retour de l'anonymat. Un Mangemort parmi les Mangemorts, s'affairant à remplir les demandes du Seigneur des Ténèbres pour que le Purisme soit à sa juste place. Il se trouvait qu'ici, la demande était qu'il soit du nouveau gouvernement et qu'il continue à être une figure des affaires publiques. Encore une heure, et Valverde retournait à une vie qu'il avait quitté le temps d'une nuit et d'une journée.
Il marchait d'un pas tranquille, au milieu de cet immense parc qu'il redécouvrait à chaque fois. C'était à croire que les arbres changeaient de position, de forme, de couleur, que l'herbe ne poussait pas au mêmes endroits et que de nouvelles variétés de plante voyaient le jour à chaque sortie du propriétaire des lieux. Un léger vent donnait du mouvement à sa robe, et sa canne à pommeau semblait s'imposer tel un barrage au milieu de quelques bourrasques. Quelques branches craquaient, l'herbe se couchait, l'eau ondulait mais Valverde apparaissait comme vivifié par cet air frais de matinée. Ces moments de pleine solitude le coupaient du temps et de l'espace, comme si ce domaine de Gaydon, reclus au milieu d'une forêt, se trouvait à l'écart de toute vie. Rien n'influençait les murs, pas même l'humeur du vieil homme qui ne restait que fidèle à lui-même. Toujours autant de froideur, si à défaut de n'avoir pu contrôler son Intendance, il continuait à se contrôler lui. Aucune fissure sur le masque, aucun regret, aucune honte, aucun plaisir à les voir se battre bêtement pour un morceau de viande. Lui, il ne mangeait pas de viande.
Il mangeait autre chose.

Ce furent les flashs des journalistes qui rappelèrent à Valverde dans quel monde il se trouvait. Le visage impeccablement apprêté d'Eccleston apparaissait derrière tout ceux là. Le vieil homme, lui, n'avait rien changé de ses habitudes. Si ce n'était une paire de lunettes posée sur le nez. Le reste, tout était du Valverde à l'état pur. Seul, vêtu d'une riche robe rouge-sang, profondément fermé et calme, il s'avançait en direction d'Eccleston.
Il se souvenait encore de sa passation de pouvoir avec Macnair. Piètre individu qui avait voulu un dernier coup d'éclat avant sa sortie d'un Département laissé en ruine, aux aléas de quelques égos qui n'avaient pas plus de légitimité qu'un déchet dans une poubelle. Depuis, il n'en n'avait pas fait. Du moins, que des informelles. Avec Witcher et avec Brom. Le temps d'échanger, d'avoir quelques dossiers et quelques conseils, le tout dans une discrétion totale. Seuls les employés voyaient le changement. Le peuple, lui, restait à l'écart.
Ces passations de pouvoirs, la future parade de Crow, tout respirait l'image. Crow, qu'il le veuille ou non, s'inscrivait dans une politique de l'image. Et Eccleston semblait très bien se prêter au jeu. Le jeu des impressions, le jeu des symboles. L'armée, le travail, le lien. Tout était dans l'évocation de quelque chose.

Il ne fit pas attention à ce Département qui, pour lui, appartenait encore à Eccleston. Il ne prêta aucuns regards, allant où on le menait.
Toutefois, le bureau était son premier geste personnel. Cette pièce lui appartenait désormais, avant que la Haute-Cour ne devienne officiellement le Département des Lois. Les ouvriers avaient travaillé d'arrache pieds, de manière à correspondre aux goûts de Valverde. La pièce répondait à ses désirs. Nouveaux meubles, nouvelles couleurs, pièce modifiée avec magie, tout était là pour rappeler que quelqu'un d'autre travaillait désormais.
Le vieil homme s'installa dans l'un des deux canapés blancs. Eccleston s'installa dans celui d'en face, séparé par une table basse. Quel étrange rituel que de voir un homme devenir l'invité d'un autre dans un bureau qui était le sien dix minutes avant.

Quelque chose de nouveau commençait. Une passation de pouvoir officielle, à l'image de celle faite à l'Ordre Nouveau. Un nouveau pouvoir, une nouvelle fonction. Valverde entrait dans un nouveau cycle. Un nouveau travail politique à faire. Il surprendrait. Mais il aurait à compter ses alliés, ses adversaires. Car s'il loupait le coche, on ne manquerait pas de le faire passer sous les roues, sans se priver de lui plonger le visage dans la boue suintante des pavés de la route.
Il attendait. Observant froidement Eccleston. Il attendait qu'il prenne la parole. Car finalement, Valverde n'avait rien à apprendre. Il en était à sa quatrième administration à diriger. Il avait été quinze années durant Juge au Magenmagot, c'est-à-dire, la moitié de l'âge d'Eccleston. Ce que voulait voir Eris, ici, c'était un James Eccleston autre que l'image qu'il avait toujours eu de lui. Allait-il lui dire des choses banales qui retarderaient l'arrivée des choses intéressantes? Ou la ferait-il à la Valverde en posant sur la table tout ce qu'il avait à dire?
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James Eccleston


MessageSujet: Re: Passation de pouvoirs et règlement de comptes (Eris) Dim 4 Mai - 19:35

Il n'avait guère fallu de temps aux ouvriers pour métamorphoser le bureau du Haut-Juge. Ils avaient dû mettre les bouchées doubles pour que tout soit impeccable à l'arrivée d'Eris Valverde et, de fait, James ne reconnaissait plus la pièce qu'il venait de quitter. De nouveaux meubles avaient été installés, tout avait été impeccablement rangé et réagencé, et tout, désormais, était (c'est le terme qui vint à l'esprit d'Eccleston) parfaitement valverdien. Plus rien à voir avec son propre bureau ; lorsqu'il remarqua, sur le bureau, le dossier qu'il avait lui-même préparé pour le remettre à son successeur, il eut la curieuse impression d'avoir oublié quelque chose lors d'une précédente visite. C'était pourtant bien son bureau, et, pour en témoigner, sa cape était encore accrochée au porte-manteau, dans un coin.

Le nouveau Haut-Juge prit place sur l'un des canapés, et, sur un signe de sa part, son prédécesseur s'installa face à lui. Il y eut un moment de silence, chacun attendant, manifestement, que l'autre se décide à parler. Pour James, la passation de pouvoir était une première. Que disait-on dans ces cas-là ? La présence d'Eris Valverde suffisait à le mettre mal à l'aise ; le vieil homme ne s'était jamais caché de ne pas apprécier son jeune collègue, ils avaient d'ailleurs eu plusieurs discussions houleuses, mais c'était à sa magie qu'Eccleston devait d'être encore en vie. Quels étaient, exactement, ses sentiments à l'égard de son interlocuteur ? Il ne s'était jamais posé la question jusqu'à cet instant, alors que le regard froid du Haut-Juge demeurait fixé sur lui. Enfin, après quelques instants, voyant qu'il fallait bien céder, il prit la parole le premier, d'une voix hésitante au début :

-Je... je suis honoré de vous remettre la direction de la Haute-Cour de Justice Magique, monsieur Valverde. Je pense que nous pouvons nous épargner les explications trop terre-à-terre, mon secrétaire a mis le vôtre au courant de ce qu'il y a à savoir, et j'ai déposé sur votre bureau un dossier de synthèse sur les différentes affaires en cours.

Nouvelle et brève hésitation, puis le jeune homme poursuivit :

-La formule de la « passation de pouvoir » semble indiquer que je pourrais avoir des choses à vous expliquer et même à vous apprendre avant que vous preniez vos fonctions, ce qui n'est pas le cas. En revanche, vous, monsieur, si vous le voulez, vous pouvez m'être d'un grand secours. Le voudrez-vous, c'est ce que j'ignore. Nos rapports n'ont jamais été des meilleurs, je le sais et le regrette, mais je connais votre dévouement envers le Seigneur des Ténèbres et le Purisme. Vous savez que je m'apprête à prendre la direction du Ministère de la Magie anglais, c'est un poste important et j'ai besoin, pour y mener la politique qu'attend notre Maître, du soutien d'hommes expérimentés. C'est pourquoi je vous demande aujourd'hui, en toute sincérité, le vôtre.

Le nouveau Ministre de la Magie marqua une brève pause pour laisser à son interlocuteur la possibilité de répondre puis, comme Valverde demeurait silencieux, il reprit après s'être éclairci la voix :

-Il ne s'agit pas de ma carrière, bien entendu. C'est une précision à laquelle je tiens. Je sais que vous me considérez comme un arriviste, mais soyons lucides : j'ai atteint le plus haut poste auquel je pouvais prétendre, un poste que d'ailleurs je n'aurais jamais imaginé occuper un jour. Ce n'est pas par ambition que je vous demande votre soutien. Je veux, tout comme vous, servir au mieux les intérêts de la sorcellerie et les plans de notre Maître. Si vous en êtes d'accord, j'ai d'ores et déjà un projet à vous soumettre en ce sens, mais je tiens à entendre votre opinion avant d'y venir.

Cette fois-ci, James se tut, pour de bon. Demander le soutien d'Eris Valverde n'était pas chose facile, et il avait dit ce qu'il avait à dire. Il avait reconnu son inexpérience et son peu de poids sur l'échiquier politique, un aveu qu'un homme tel que lui ne faisait pas aisément. Il ne restait plus qu'à espérer que ses arguments portent et que le vieil homme ne lui oppose pas un sec refus.


(pardon pour la piètre qualité)
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Eris L. Valverde


MessageSujet: Re: Passation de pouvoirs et règlement de comptes (Eris) Dim 11 Mai - 12:27

La politique avait ceci de dangereux qu'elle devenait impitoyable lorsqu'on arrivait aux plus hautes fonctions. On pouvait jouer avec ses pions, taillés vulgairement dans du bois trouvé au bord du chemin, les arranger, les embellir, on n'avait rien d'autre que quelques morceaux de bois remplaçables dans les main, facilement destructibles en sommes. Arrivé dans un gouvernement, dans une fonction administrative et publique hautes, les pions devenaient aussi dangereux qu'en danger. Car contrairement à des préjugés, les pions restaient en vulgaire bois. Ils étaient juste recouvert d'une couche d'or ou d'argent, histoire de faire croire à un prestige qui n'étaient que d'apparence et de peinture. On entrait dans un numéro de dupe, de manière à faire croire à des pions d'ivoire, d'argent, de diamant, alors que n'importe quel imbécile du coin aurait pu avoir un objet similaire voire de meilleure qualité en se donnant le temps de bien le tailler.
Être Ministre de la Magie ou Intendant, c'était avoir sous ses ordres d'immenses institutions publiques et politiques. C'était légiférer dans les sensibilités, diriger les hommes, avoir des résultats dans le meilleur des temps. Cela pouvait sembler facile, ou tout à fait faisable. Après tout, diriger une Intendance revenait à diriger un plus grand bureau, avec plus de monde et avec plus de responsabilités en jeu. Mais la différence s'établissait dans le respect, et dans l'éthique. Si les employés de bureau ou de Département s'acharnaient à plaire à ceux qui les dirigeaient, les membres de gouvernement s'employaient à faire de l'Intendant un magnifique charnier sur lequel chacun aurait pu s'essuyer les pieds. Alors, il y avait les malhonnêtes, qui prétendaient n'avoir rien fait alors qu'ils se complaisaient bien dans ce genre de situation, il y avait ceux qui observaient le tout avec un recul de circonstance, et il y avait ceux qui mettaient les deux mains dans le charnier pour relever l'homme abattu. Qu'on ne s'y trompe pas, Brom était également tombé. Doucement, calmement, par la voie légale qu'était Voldemort, mais il était tombé. Tout son gouvernement avait fait en sorte de se rendre indispensable en politique afin de prouver qu'une Intendance nouvelle était nécessaire et que cette dernière ne pourrait se faire sans l'ancien Inquisiteur de Poudlard. L'ère Valverde était assez proche pour que l'on se souvînt de ce qu'il se passa. Qu'en serait-il pour Crow?
Crow finirait par tomber, comme les deux premiers. Son entier numéro d'équilibriste consisterait à ce que cela n'arrive pas trop vite.

Au final, le Purisme n'échappait pas aux défauts des hommes. La politique s'orchestrait de la même façon que sous l'hégémonie du Ministère de la Magie, toujours les mêmes coups, toujours les mêmes hommes, toujours les mêmes bureaux. Une telle cause souffrait alors des hommes, comme s'il était impossible que philosophie et exercice concret du pouvoir ne s'unissent.
Dans cette optique, on pouvait agréablement comprendre l'avis de ceux qui voulaient se débarrasser des Mangemorts, comme on avait pu entendre que les Mangemorts voulussent se débarrasser des bourbistes. Ce n'était qu'une chaîne infernale, répétant sans cesse les mêmes symptômes et les mêmes solutions aux gangrènes. Supprimons l'ordre ancien, mettons-en un nouveau. Mais les hommes semblaient être destinés à cette même fatalité, cet épuisement des valeurs par trop de concret. Comme si, on au final, rien ne pouvait les écarter de ce destin qui était le leur. Ils étaient des figurants d'une tragédie, ou les quelques grands héros faisant face à ce destin ne se comptaient que sur les doigts d'une main inconnue. La bonne tenue des bureaux, des services, des administrations et des Départements surplombaient la survie de l'idéologie puriste. On traquait à la Sécurité Intérieure pour prouver qu'on était un bon traqueur sur qui il fallait compter pour qu'il y ait sécurité dans l'Intendance, on proposait des mesures à l'Ordre Nouveau pour prouver qu'il fallait bien garder le bonhomme à la tête de tout cela pour que la purge du Sang ait lieu. On avait asséché les notions par les ambitions politiques. Les Départements, les Ministères, les Ecoles n'étaient plus véritablement des lieux et des institutions qui faisaient vivre une branche de l'idéologie Puriste. Il n'en restait plus que des bureaux, attribués à un tel ou un tel, sans cesse obstiné à faire oublié l'image du prédécesseur pour mieux s'imposer.
Mais d'autres choses s'effaçaient en même temps.

Eccleston avait incarné la Justice pendant des années, alors que Valverde restait cette image d'idéologie Puriste. Les changements avaient été importants, dans cette Intendance. Le vieil homme n'avait pas comme projet de faire oublier l'ère Eccleston. Pour la simple et bonne raison que le nouveau Ministre n'avait pas fait de conneries. Certes la Justice était restée de côté, certes n'avait-on pas vu Eccleston faire des voyages, des visites, des projets de Justice, mais la Haute-Cour avait fonctionné. Les affaires internes étaient claires et lisses, rien ne dépassait des bibliothèques. Tout était bien organisé, tout était bien respecté. Alors pourquoi détruire Eccleston? Pourquoi ordonner aux employés de ce nouveau Département des Lois d'oublier leur ancien Haut-Juge, leur risquant de leur faire perdre l'envie de servir la Justice du pays. Valverde avait trop vu de nouveaux arrivants s'exclamer que cela ne serait pas comme avant, que cela changerait, que machin avait ci et que c'était tant mieux, mais que ça ne serait plus comme ça désormais. Comme si, soudainement, après des mois de soutien, tout était oublié et tout était transformé en quelque chose à changer. Si Valverde avait eu quelque chose à redire de la méthode Eccleston, il ne l'aurait pas dit une fois arrivé à sa place. Il l'aurait fait, directement, et en tête à tête avec le jeune homme. Comme il l'avait fait avec LeeRoy. Il manquait une forme d'honnêteté dans cette Intendance qui se faisait sentir dès les premiers jours de Crow. On voulait se démarquer, on détruisait ce qu'on avait approuvé et soutenu. De cette manière, on affaiblissait le passé, chose au passage totalement inutile, et on détruisait le présent. On oubliait la symbolique, pensant bêtement et pragmatiquement. Or, le Purisme s'était construit sur le pragmatisme et le symbole. L'un n'allant pas sans l'autre. Les éliminations et les guerres avaient annoncé les discours. Et ces derniers avaient justifié les premières. Ne se contenter que de pragmatisme revenait à détruire le symbole et c'était le chemin actuellement pris.

Le Directeur du Département des Lois écouta Eccleston parler. Le jeune-homme avait cette manière de s'exprimer qu'on aurait pu le mettre dans un cabinet Ministériel sans hésiter. A le voir, à l'écouter, on aurait pu croire qu'il n'était que l'éternel second d'un autre homme. Mulciber, Crow? Les deux se battaient le commandement, mais le vrai capitaine du navire ici était Eccleston. Fin, rigoureux, discret, il était parti de Juge à Ministre de la même façon que Valverde était passé de Juge à Intendant. Trois années seulement. Pouvait-on le blâmer? Car au final, comme le Mangemort Politicien, il ne semblait qu'avoir rempli des fonctions que d'autres lui avait donné. Il n'était coupable de rien d'autre que de s’asseoir sur le siège qu'on lui avait dit de prendre.  
Non, Eccleston était bien malin en ce qu'il s'agissait de rester assis sur son siège et de le déplacer dans différents bureaux. Il y avait ceux qui pensaient le contrôler, d'une part le mentor, d'autre part le bon compagnon qui tient la barre du bateau. Mais les deux semblaient ne pas avoir perçu le garçon. Une raison, sûrement, pour laquelle le vieil homme avait toujours eu de la méfiance pour Eccleston. Bien plus que pour Witcher ou Mulciber, qui ne surprenaient guère dans leurs coups bas et ne méritaient pas plus d'applaudissements les uns des autres dans leurs hauts faits. Eccleston, lui, était surprenant. Valverde ne l'appréciait guère plus que cela, mais c'était indéniable qu'il savait que le gamin était sûrement l'un des plus politiciens de ce vaste gouvernement qui s’effritait de jours en jours.

« Ce jour est à marquer d'une croix, Eccleston. Pour la première fois, vous semblez prendre une décision qui ne met en lumière que votre propre caractère. Valverde parlait calmement. On sentait dans ses mots une forme de fatigue, sans ne rien enlever de l'austérité du Mangemort. Tant d'années à regarder les autres faire et vous faites mieux qu'eux. »

Et il s'arrêta là.
Opportuniste? Valverde l'avait été. Ambitieux? Egalement. En blâmer Eccleston? Il l'avait déjà assez fait pour le moment. Alors, il attendait de voir. Le vieil homme avait reçu un coup, du haut de son trône d'Intendant. Non pas le coup de la chute de son poste, non pas la fin d'un pouvoir, mais bien la souffrance endurée par le Purisme avec ce qu'il s'était passé. Bedan le haïssait désormais, n'ayant ni compris ce qu'elle avait fait, ni compris ce que Valverde avait. Mais il s'en contre-fichait. L'action des familles Puristes, le soutien revendiqué des Witcher et Mulciber prouvait quelque chose que Valverde n'arrivait pas à accepter. Les intérêts individuels, financiers, politiques et familiaux importaient bien plus que les intérêts du Régime et du Purisme. C'était ce comportement qui n'avait pas permis à Grindelwald de réussir en 1945, et c'était ce comportement qui finirait un jour par perdre les Mangemorts. Et enfin, c'était exactement ce comportement que le Purisme réprimait.
Alors, il faisait le choix de se mettre en retrait. Il ferait ce qu'il y aurait à faire, observant d'un oeil observateur et froid. Durant trois ans il avait mis corps, coeur et âme à la réussite du Régime. Il continuerait à la faire dans le Département des Lois et à l'Education du Peuple, de manière à ce que la Justice et le Peuple soient tournés vers le Purisme. Pour le reste, il refusait d'assumer pour les autres. Il attendrait de voir le régime sursauter et se reprendre, ou le regarderait s'écrouler en tâchant de toujours laisser la Justice digne et forte.

« Vous avez un Ministère apaisé mais en pleine mutation. Il n'y a que deux Directeurs de Département en poste, Mulciber a fait un lessivage des personnalités si fort que plus personne ne se trouve dans ce qui fut la grandeur première de la Sorcellerie. Qu'importe. Vous devez réformer ce Ministère autour des personnes qui le composent. Et par dessus tout, comprendre que ce que vous avez entre vos mains n'est pas un poste ou une simple administration. Vous avez une part du Purisme, une part du régime du Seigneur des Ténèbres. Si cette Intendance a vu le jour, c'est notamment parce que le Ministère et son gouvernement n'ont pas répondu aux exigences du Seigneur des Ténèbres. Ce dernier n'a pas pu légiférer sur les quatre territoires du Royaume-Uni. Il a fallu une force plus importante. Mais le Ministère a sa force, c'est à vous de la construire et de la montrer. Je vous serai le soutien que vous demandez que je sois. Mais je veux qu'à tout instant, ce que vous venez de m'assurer, la fidélité au Seigneur des Ténèbres et celle au Purisme, ne soit pas une parole éphémère et vide. Elle est votre serment, celui de ne répondre qu'à ces deux instances. Jamais je ne l'ai oublié, qu'importassent les Jugson, Crow, O'Meara, Menroth, De Saint-Clair et tous ceux qui m'ont soutenu sinon pas causé d'ennuis. Vous ne devez ce qu vous êtes qu'à votre intelligence, au Seigneur des Ténèbres et au Purisme. Ni à l'Intendant, ni à Mulciber, ni à Avery, ni à moi, ni à personne d'autre. Il n'y a que cela qui puisse vous assurer la réussite de votre mission au Ministère. Et que cela qui puisse vous assurer mes conseils, mon soutien sans failles. Qu'il soit politique, administratif, institutionnel et humain. »

Valverde fit un geste de la main.
Une cruche de vin en cristal et deux verres assortis vinrent se placer sur la table basse. Il fit servir les deux verres, tandis que le silence calme imprégnait le bureau du vieil homme.
Il est des moments importants où une multitude de chemins se propose à nous. Le mieux n'est pas de choisir le bon chemin, mais de s'assurer que son choix soit toujours respecté.
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James Eccleston


MessageSujet: Re: Passation de pouvoirs et règlement de comptes (Eris) Mer 28 Mai - 22:56

Qu'on le veuille ou non, le nom de James Eccleston resterait dans l'histoire du monde sorcier. Quoi qu'il fasse par ailleurs, il demeurerait connu comme le premier Ministre de la Magie de sang-mêlé de l'ère Voldemort. Et de lui, de son action, de son efficacité dépendrait en partie la nomination d'autres sorcier du même statut à des postes haut placés. S'il décevait, on en conclurait que les sang-mêlés ne méritaient pas qu'on leur fasse confiance, et les portes du pouvoir qui venaient de s'entrebâiller se refermeraient devant ses semblables. Et s'il donnait satisfaction... Oh, là, on oublierait son sang et on attribuerait sa réussite à sa condition de Mangemort et à ses liens étroits avec d'influents sang-purs. Tout cela était tellement prévisible...

Bien que parfaitement conscient de son rôle de pionnier, James n'entendait pas être un ambassadeur des sang-mêlés. Il n'avait jamais caché son statut du sang, mais ne l'avait jamais mis en avant non plus ; il fréquentait essentiellement des sang-purs, vivait avec eux, travaillait avec eux, au point de se croire, parfois, l'un des leurs. Que les autres sang-mêlés fassent leurs preuves comme il avait fait les siennes ; il n'y avait que cela qui comptait, finalement. La fidélité, le dévouement au Lord et au Purisme rachetaient la souillure du sang. Tout le reste n'était que balivernes.

Que resterait-il de James Eccleston à la Haute-Cour de Justice Magique ? Il avait été le premier titulaire de la charge, mais ne l'avait pas occupée bien longtemps pour imprimer sa marque. Il avait mis en route une institution qu'Eris Valverde perfectionnerait. Bientôt, on ne se souviendrait plus de lui, ou presque. La Haute-Cour, devenue Département des Lois, se confondrait avec Eris Valverde. Peu importait, du reste. Valverde lui-même n'était rien à côté de celui qui inspirait tout, qui dirigeait tout : Lord Voldemort. Un seul nom resterait, dominant tout l'édifice puriste, et ce serait le sien, ce nom que chacun connaissait sans jamais oser le prononcer, ni même, bien souvent, le penser. Être un de ses serviteurs était un honneur, mais cela impliquait aussi ce renoncement : la gloire serait celle du Maître, et uniquement la sienne. James Eccleston avait changé pour accepter cela. Naguère encore, il n'aurait pas admis d'être privé du fruit de ses efforts, de devoir se contenter d'une anonyme allégeance et de la satisfaction du travail bien fait pour seule récompense. Il aurait voulu monter, toujours plus, être comblé d'honneurs, voir son nom surclasser tous les autres. Il s'était assagi, depuis ces folles ambitions de jeunesse. Il avait accepté d'être un homme de l'ombre – que ce soit l'ombre de Crow, de Mulciber ou la gigantesque, l'effrayante ombre de Lord Voldemort. Sans doute aussi avait-il compris que la réussite avait bien d'autres visages que le clinquant d'une célébrité forcément précaire ; d'autres lui avaient permis de se rendre compte de cette réalité, des hommes qui, en lui enseignant la magie, lui avaient également appris cela. Eccleston, désormais, était capable de se faire tuer pour ces types-là. Encore un changement, et de taille, chez cet individualiste forcené.

Se ferait-il tuer pour Valverde ? Probablement, s'il le fallait. Sans doute avec moins de ferveur que pour Crow ou Mulciber, pour lesquels son dévouement se teintait volontiers d'un brin de fanatisme, mais oui. Le vieil homme, du reste, n'avait pas hésité à risquer sa propre vie pour lui, à Dublin. Il avait engagé toutes ses forces vitales dans les soins qu'il avait accordés à un compagnon d'armes blessé, jusqu'à ce que la médicomagie puisse prendre le relais. Cela seul aurait mérité une profonde reconnaissance, mais il n'y avait pas que cela. Eris Valverde était une figure historique du milieu mangemort, un sorcier respecté, un politicien redoutable, un juriste renommé. Autant de qualificatifs qui en faisaient quelqu'un d'intimidant, de lointain pour un gamin tel que James – et la froideur habituelle de Valverde n'arrangeait rien.

Parler avec lui d'égal à égal était quelque chose de nouveau, de déconcertant même. Jusqu'alors, le vieil homme avait toujours écrasé son jeune collègue de ce qui semblait être du mépris, ou du moins de la défiance. Ce n'était plus le cas, ce matin-là. Dublin avait-il changé quelque chose entre eux ? C'était possible, mais il n'y avait pas que cela. Tous deux semblaient moins figés, moins hostiles. Le changement était à peine perceptible, si bien que James, un moment, estima l'affaire perdue en considérant le visage fermé de son interlocuteur. Valverde se montrait toujours aussi glacial, et énigmatique lorsqu'il assenait une phrase sibylline sans se donner la peine de préciser le moins du monde sa pensée. Que voulait-il dire en parlant de ce jour à marquer d'une croix ? James le haïssait lorsqu'il parlait de cette manière, hermétique à tout autre qu'à lui-même. Le nouveau ministre était homme de terrain, rationnel au point d'en être terre-à-terre. Les propos obscurs de Valverde avaient quelque chose d'exaspérant et d'inquiétant à la fois pour un esprit tel que le sien, rétif à tout mysticisme. En temps normal, il se serait agacé de ne pas avoir d'éclaircissements, mais il se contenta d'attendre la suite. Il commençait à connaître Valverde : la suite allait venir, lentement, mais sûrement. Les deux hommes partagèrent un moment de silence, puis, enfin, l'ancien Intendant parla. À la grande surprise d'Eccleston, il ne rejeta pas sa demande de soutien, et la condition qu'il y apporta – la fidélité absolue au Lord et au Purisme – n'avait rien d'incongru.


-Le Seigneur des Ténèbres peut à tout instant me demander des comptes, je me présenterai devant Lui l'esprit tranquille, assura le jeune Mangemort d'une voix paisible. Si par malheur j'échoue à le contenter, ce ne sera pas par négligence ou par déloyauté, je vous en réponds.

S'il venait à déplaire au Lord, il savait que ce ne serait pas volontaire. Par faiblesse, par incapacité, peut-être, et il en paierait le prix, mais pas par perfidie. Peut-être parce qu'il n'aurait jamais le courage d'envisager seulement cette hypothèse, et surtout, plus certainement, parce qu'il se refusait à manquer à la fidélité jurée.

D'un signe de tête, James indiqua qu'il ne souhaitait pas poursuivre sur ce sujet, ce qui sembla convenir à Valverde. Il n'était pas utile de se répandre en protestations de dévouement, puisqu'in fine, seul Lord Voldemort pouvait juger. Il y eut un nouveau silence tandis que le nouveau maître des lieux servait à boire, puis, lorsque chacun eut pris une gorgée d'alcool, le jeune ministre reprit :

-Puisque nous avons convenu de travailler ensemble, je pense que nous pouvons commencer immédiatement, si vous en êtes d'accord, monsieur Valverde... Je vous ai dit que j'avais un projet à vous soumettre, j'y viens. Notre pays a besoin de reconstruction, il a également besoin d'union, et dans cette optique, j'envisageais la création de chantiers de jeunesse. L'idée serait de permettre aux jeunes sorciers volontaires de s'engager au service du pays, durant les vacances d'été... une sorte de camp de jeunes, en somme, avec un projet précis dans l'intérêt général, et, pour eux, la possibilité de s'aguerrir, de vivre entre adolescents dans un cadre moins rigide que celui de l'école... Vous êtes en charge de l'éducation du peuple sorcier, vous êtes donc le plus à même d'organiser l'encadrement de ces chantiers. Pour ma part, je peux m'occuper de sélectionner les sites des chantiers, les travaux à y mener, et assurer toute la partie logistique. C'est très rapidement esquissé, j'en suis conscient, mais avant de m'engager plus avant dans cette idée, je tenais à vous en parler.

Il se tut, et prit une nouvelle gorgée de vin. Il n'avait pas voulu, à dessein, donner trop de détails sur ce projet, pour ne pas sembler s'imposer, mais il avait pensé à bien d'autres choses. Il serait intéressant de voir si Eris Valverde arrivait aux mêmes idées que lui – et ce serait une preuve de plus que finalement, ils étaient bien plus proches qu'ils ne le croyaient.
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MessageSujet: Re: Passation de pouvoirs et règlement de comptes (Eris) Jeu 29 Mai - 11:45

La crise politique qui venait d'être vécue par l'Intendance était tombée dans l'oubli. Les médias n'en n'avaient pas été informés, on avait prétendu que l'Intendance Valverde n'avait été mise en place que pour installer les nouvelles institutions, et on était passé à autre chose. Habitude pour les saluts de Crow, habitude pour un nouveau Ministre de la Magie, habitude pour une nouvelle Inquisition à Poudlard. Le temps de trois jours pour parler un peu à droite et à gauche, et c'était reparti pour un tour.
Mais le Mangemort Politicien, lui, s'en souvenait. En réalité, il ne s'y était guère attendu. Juge, Directeur de l'Ordre Nouveau ou Inquisiteur, il s'était attendu à tout. Des coups les plus bas aux faux soutiens, il s'en souvenait encore aujourd'hui. Mais comme Intendant, il avait pensé quelques minutes - quelques minutes de trop, d'ailleurs - que son rôle au coeur du Purisme était autre que politique, qu'il pourrait constituer une Intendance en se démarquant des intrigues. Faux. Il était tombé, comme les autres, par la politique. Que Crow pense ne pas composer avec elle, même pis encore, ne pas être manipulé par elle, il n'avait rien compris au jeu. Comme Valverde lorsqu'il avait été Intendant. Alors, il avait fait le choix de se retirer. Le Département des Lois tournerait. Les procès se feraient, les Départements de la Justice Magique enverraient leurs rapports, il rencontrerait les personnes travaillant pour lui, irait sur le terrain. Somme toute, il ferait en sorte de répondre aux attentes du Purisme et de Voldemort en matière de Justice dans l'Intendance. Le reste, il ne s'en occuperait pas. Comme un double retour aux commencements, il redevenait le petit juge du Magenmagot des années soixante-dix. Désenchanté? Non, juste totalement réaliste sur cette situation. Il avait essayé de changer les choses, de prouver que le Purisme se démarquait du bourbisme dans les ambitions personnelles. Trop idéaliste, le vieil homme l'était sûrement. Alors, il ne voulait plus porter l'échec des autres sur ses épaules. Il aiderait ceux qu'il estimait bons à aider, les autres tomberaient par eux-mêmes sans qu'il ne bougeât un quelconque doigt de sa main de fer.

Alors quid de la politique? Elle existerait toujours. Elle serait toujours là. Quelque part, en lui. Mais pour le moment, il avait une administration à mettre en place. Il observerait le reste. Brom sur le côté, Menroth mort, les Yaxley retirés, Avery en retraite, le vieil homme restait le plus ancien des Mangemorts, et le plus expérimenté en matière de politique et de juridiction. Cependant, on avait voulu prendre le contre-pied de qui il était, le mettre de côté car trop imposant. C'est que les petits en avaient marre de leurs pères qui faisaient la chasse pour eux. Incapables de la faire eux-mêmes, ils voulaient pourtant la faire. Alors autant leur laisser. Il regardait d'un oeil froid et distant les échecs, les quelques réussites qui se profilaient déjà. Valverde n'était pas un faux observateur, le genre d'être qui se permet des choses sur les gens complètement à côté de qui ils sont, et dans l'unique but de les détruire. Il regardait pour le Purisme, et aussi parce que Voldemort lui avait donné cette mission depuis son arrivée dans le rang des Mangemorts. Il avait fauté, il s'était trompé. Certes oui, les premières années avaient été faites d'obstacles que peu aiment trouver sur leur chemin. Mais désormais, trente années avaient passé. Il était un ancien Intendant, à la tête d'une institution régalienne qu'est la Justice, avait remis en place pendant deux années une administration du Sang tombée en ruine et remis la Sécurité au coeur d'un Poudlard au coeur de la Guerre Civile. Manque de modestie? Non, réalité. Il ne tirait aucun jugement sur cela, ne pensant guère qu'il était le meilleur et le seul à avoir pu le faire. Il avait du le faire, il l'avait fait. L'histoire s'arrêtait là et montrait simplement qu'il avait de l'expérience. De l'expérience qui finirait pas disparaître à sa mort, mais qui, dans ses temps aussi troubles, n'était jamais de trop. Les plus faibles refusent toujours qu'on les aide. Valverde aiderait ceux qui lui demanderaient son aide, si tant est que ces quémandeurs ne se voient pas affublés d'une position qu'ils n'avaient pas. Il n'avait pas besoin d'aider, et ils avaient besoin d'aide. Ils n'étaient pas faibles, mais ils n'étaient pas sans besoins. Telle était leur réalité. Qu'ils l'admettent était tout ce que désirait le Directeur des Lois.

Il n'avait pas aimé Eccleston. Cette fausse jeunesse, ce faux calme, cette ambition démesurée qui le poussait à se considérer à la même place que de plus grands. Il était immodeste, ce petit juge du Mangenmagot. Mais il s'était, depuis, pris de nombreux coups, dont nombre de Valverde. Des coups utiles, car ils ne coûtaient rien au Purisme. Ministre, ce qu'il vivrait et ferait influerait beaucoup plus le cours de choses, et in fine, le régime de Voldemort. Le jeune homme avait évolué, laissant voir une personnalité très proche de celle de Valverde à son âge. Moins froid cependant, et plus porté à oser se mettre au premier plan. Valverde jeune, c'était cependant la même envie de se battre pour l'idée du Purisme, la même rigueur dans la gestion des dossiers, ce même calme à toute épreuve. Que les deux soient aller à Serdaigle n'était pas un hasard. Ils se ressemblaient bien plus qu'ils ne voulaient se l'avouer. Et il était de coutume que le vieil homme n'aimât guère ceux qui lui ressemblaient, encore plus ceux qui représentaient une menace. L'indifférence prouvait l'incompétence. Ceux dont il ne s'occupait pas n'étaient ni un danger, ni des flèches dans leur domaine. Il avait autre chose à faire que perdre du temps pour ceux qui ne comptaient pas dans la balance.
Eccleston et Valverde restaient la part calme de ce régime. En comptant Brom en plus, bien que Valverde se démarquât des deux dans sa volonté de peu pratiquer les combats de terrain. Jamais combattant, il était un homme des bureaux nécessaire à l'installation dite "démocratique" de cette dictature. Il était un technocrate protégé par les militaires, un homme capable d'envoyer des dossiers qui contrôlent le faible équilibre sur lequel repose le Purisme.

Eccleston passa à un projet. Valverde avait changé de statut, en trois ans. A son arrivée à l'Ordre Nouveau, c'était lui qui proposait les projets. Désormais, c'était à lui que l'on soumettait les siens. Parfois même Crow aurait-il besoin du vieil homme. Dans cette Intendance, Valverde était devenue une valeur de référence. Le calme qui mesure les pour et les contre, tous paramètres personnels éloignés. Il était une valeur sûre, qu'il valait mieux ménager qu'autre chose.
Les temps changeaient. Et il n'avait jamais une seule seconde penser être éternel. Il n'avait rien demandé, il s'était engagé à servir Voldemort et la Sorcellerie du mieux qu'il le pouvait. D'autres derrière attendaient. Un poste, une fonction, n'avait jamais rien était d'autre qu'un statut éphémère. Il en était conscient, prêt à céder ce qu'il fallait céder pour les choses soient faites. Il avait notamment eu le choix entre la Sécurité Intérieure et la Justice, lorsque Crow lui avait demandé de faire partie de son gouvernement. Il avait pris la Justice, conscient que cette dernière aurait besoin d'un Juriste tandis que la Sécurité aurait besoin d'un homme de terrain. Un autre militaire. Mulciber, à l'évidence. Il était conscient de ses forces et de ses faiblesses. Mais au delà de cela, son observation des mutations de la société ne lui faisaient que voir que les choses évoluaient. Eccleston prenait de la place, Alexieva également, les deux qui n'étaient rien dans l'échiquier politique de 2003. Mais en 2003, des Jugson, Brom, Menroth ou Malfoy le composaient avec force et utilité. Désormais, d'autres avaient pris la place. Et ils laisseraient leur place à d'autres. Le temps Valverde en politique ne semblait pas terminé, mais bien sur la fin. Le temps d'une année encore, de deux peut-être, puis d'autres prendraient sa place. C'était le juste retour des choses, le cyclisme des institutions.

Valverde contrôlait encore Poudlard. Depuis qu'il y était devenu Inquisiteur, une part de lui y était resté. Son règlement, les hommes qu'il avait choisis et qui pendant des mois lui avaient été loyal jusqu'à la mort. Une relation spéciale s'était créée. Toutes et tous avaient eu conscience qu'en quelques heures, Poudlard pouvait devenir un champ de bataille de grandeur nature. Valverde avait besoin d'aide, mais cette nomination à Poudlard avait été surtout une nécessité. Tout le monde avait eu besoin d'aide. Aussi, tous s'étaient serrés les coudes. Une relations de confiance nécessaire s'était créée. Le vieil homme avait fait de l'Inquisition de Poudlard une branche de l'Intendance, une part politisée du régime de Voldemort. Désormais, Poudlard n'était plus coupé du monde.
Encore en charge de l'Education du Peuple, celle de la Jeunesse y était officieusement inclue. Encore en droit de regard, notamment parce qu'à l'Ordre Nouveau on l'avait empêché de s'y intéresser. La preuve en était avec la fin de l'Elite, orchestrée par Valverde lui-même.

« Nous devons faire en sorte que le peuple, entier évidemment, prenne ses bases et ses ressources dans son gouvernement. Une confiance doit s'établir. Aussi, vos chantiers sont une idée judicieuse pour permettre cela. Durant quelques temps, les jeunes Sorciers sont entre les mains du régime. Il faut que ces chantiers soient une communication directe entre le gouvernement et la Jeunesse Sorcière. De cette manière, nous pourrons nous accorder une confiance totale en eux. Valverde prit quelques secondes pour réfléchir, avant de prendre la parole de manière froide et calme. Peut-être devrions-nous faire de ces chantiers des endroits de perfectionnement en matière de Purisme et de Sorcellerie. Faire l'Elite de la Sorcellerie, autant en matière militaire qu'en matière politique. Les former au terrain, mais également à une pratique du Purisme d'élite. En faire de futurs Juristes, de futurs Commissaires du Sang. »

LeeRoy, désormais disparue depuis bientôt un an, avait coupé Poudlard des institutions publiques Puristes. Elle avait coupé la Jeunesse d'une réalité, cherchant on ne savait quoi. Une manière de contrôler quelque chose, et de contrôler leur avenir. Les protéger d'une menace qui les attendait tous une fois le pied sorti de Poudlard.
Un an après sa chute, le travail restait à faire. Poudlard s'était rouvert au monde. Un enseignement Puriste s'y faisait toujours. Mais il fallait lier la Jeunesse au régime. Leur prouver qu'une place était encore là pour eux, et que s'ils en faisaient la demande, ils la trouveraient.

« Les services de l'Inquisition de Poudlard ont les fichiers correspondant au suivi des différents élèves. Nous demanderons un accès total à ces fichiers afin de sélectionner les meilleurs Jeunes individus qui peuvent faire la gloire du Purisme à travers ces chantiers. Nous devons mettre la Jeunesse en mouvement, sans quoi elle tombera de nouveau dans la limite du bourbisme. »
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MessageSujet: Re: Passation de pouvoirs et règlement de comptes (Eris) Mar 24 Juin - 23:38

Curieux de voir comme les choses changeaient, et comme on changeait soi-même avec elles, sans même s'en rendre compte. Si on avait dit à Eccleston, quelques mois auparavant, qu'il parlerait à Eris Valverde comme il venait de le faire, il aurait haussé les épaules. Faire le premier pas en direction de ce type ? Il avait déjà essayé de se le concilier, et n'avait récolté que méfiance et froideur en retour. Il avait continué de lui témoigner le respect dû aux aînés, mais sans plus chercher à se rapprocher d'un sorcier qui semblait le tenir en si basse estime. Inutile de prêter le flanc à ses critiques ; tous deux adoptaient la même attitude faite de distance vis-à-vis de l'autre, et le jeune Mangemort, inconsciemment, avait copié les manières froides de Valverde. Ils ne se livraient pas une guerre ouverte, probablement parce que tous deux étaient convaincus de la nécessité de collaborer loyalement entre serviteurs d'un même maître ; mais cela n'allait pas au-delà. Tout en reconnaissant la valeur de Valverde comme sorcier, comme juriste et comme Mangemort, Eccleston le tenait pour rien moins qu'un vieux con, et l'autre avait à n'en pas douter une opinion tout aussi flatteuse de son cadet.

Ils auraient pu briller ensemble, cependant, s'ils avaient été capables de s'entendre. Leurs deux intelligences, somme toute assez voisines dans leur fonctionnement, auraient pu se compléter harmonieusement. Sans prétendre éclipser le Seigneur des Ténèbres – aucun des deux n'y aurait songé – ou même l'Intendant Crow, ils auraient pu conjuguer leurs efforts au service du purisme et de Lord Voldemort. James avait eu besoin de temps pour se rendre à l'évidence : ils se ressemblaient. Valverde lui tendait en quelque sorte un miroir dans lequel il pouvait se deviner, avec quelques dizaines d'années en plus. Ce qu'il détestait chez cet homme, c'était son propre reflet – cette raideur, cette froide logique de juriste, cette intransigeance. Difficile d'admettre que l'on ressemblait à ce vieux con, et que l'on était donc, très certainement, un vieux con en devenir. À force de fréquenter Valverde, cependant, le jeune Mangemort avait dû se rendre à l'évidence ; il accomplissait aujourd'hui le dernier pas de cette prise de conscience, en priant son successeur à la Haute-Cour d'occuper la fonction de conseiller du ministre. Il n'avait pas prononcé précisément cette phrase, parce que son amour-propre le lui interdisait, mais cela revenait au même : il avait avoué à Valverde qu'il avait besoin de lui, de son savoir, de son habileté politique, et, en quelque sorte, il s'était humilié. Le Mangemort politicien n'avait besoin de personne pour exister et pour poursuivre son œuvre. Eccleston admettait son infériorité, la précarité de sa position. Il avait appréhendé l'épreuve, qui finalement s'était révélée moins douloureuse que prévu, sans doute parce que son interlocuteur avait eu le bon goût de ne pas en rajouter. Restait la plaie béante de son orgueil, qui mettrait un peu de temps à cicatriser, mais l'essentiel était fait : ils allaient collaborer, et ils commençaient immédiatement, en évoquant les chantiers de jeunesse. L'idée séduisait Valverde, chargé de l'éducation du Peuple ; ils tenaient là leur premier dossier à mener en commun, le Ministre et son nouveau conseiller. James précisa :

-Je me suis entretenu avec l'Intendant, et il approuve l'idée de ces chantiers. Il serait même d'avis d'y intégrer quelques-uns des jeunes envoyés en camp de travail, ceux qui se seront le mieux amendés, de manière à les réintégrer à la société magique au terme de leur peine. Pour ma part, je pense que nous pouvons susciter une réelle adhésion au régime par le biais de ces chantiers, en en faisant des espaces de responsabilité, en donnant aux meilleurs de nos jeunes un rôle exaltant : celui de diriger leurs pairs. Ils doivent apprendre à obéir, mais les plus prometteurs doivent aussi apprendre à commander. Voici donc comment j'envisagerais l'organisation d'un chantier : les volontaires pourraient être répartis en petites équipes, de six par exemple, chacune dirigée par l'un des jeunes, nommé par nous. Ce chef d'équipe serait responsable devant le chef du chantier, un membre de l'Intendance. Rien n'interdit d'imaginer une émulation entre les équipes, en mettant en jeu une récompense quelconque pour la meilleure d'entre elles. En jouant sur l'esprit de compétition des adolescents, et en leur confiant des responsabilités qu'ils n'ont que trop rarement l'occasion d'exercer, nous pouvons repérer et encourager des leaders.

Le Ministre posa son verre de vin, encore à demi-plein, sur la table basse, et agita sa baguette magique. Un dossier relié de cuir apparut alors, semblant arriver de nulle part ; Eccleston l'ouvrit et en tira une mince liasse de parchemins.

-J'ai commencé à noter quelques idées de tâches qui peuvent être confiées aux jeunes, en fonction de leur âge... et aussi quelques idées d'activités annexes, ils sont en vacances et nous ne pouvons les faire travailler sans relâche. Je suis convaincu qu'il faut leur proposer également des moments de loisirs, mais pas d'oisiveté ; qu'ils puissent s'aguerrir, découvrir leur puissance magique, affermir leur caractère, autant lors des moments de travail que lors des récréations. Je pense par exemple à des courses d'orientation, à des exercices sportifs, à des ateliers de pratique magique encadrée... Nous devons faire en sorte qu'ils ne soient livrés à eux-mêmes à aucun moment, y compris lors de leurs moments de repos.

Il fit passer les parchemins à son nouveau conseiller et reprit :

-Voici une première sélection de sites. J'ai choisi des zones de la campagne anglaise, de manière à pouvoir organiser les activités de loisirs dont je parlais. Aide à la reconstruction de bâtiments publics... préservation du patrimoine naturel d'un périmètre magique exceptionnel... mise en valeur du patrimoine magique bâti... Les possibilités ne manquent pas, comme vous pouvez voir. Il faudra que vous me disiez, après vous être mis en rapport avec l'Inquisitrice Lestrange, combien de jeunes pourraient être concernés, et nous sélectionnerons alors le nombre de sites nécessaire. Ah, une dernière chose. Je pense que ces chantiers doivent demeurer gratuits, et que nous pouvons en profiter pour montrer aux familles sorcières que nous prenons en charge les jeunes, notamment ceux qui n'ont pas les moyens de faire quelque chose d'intéressant durant leurs vacances. Simple communication, mais c'est indispensable pour l'image du gouvernement.

Le Ministre reprit son verre et le termina avant d'ajouter :

-Je vous laisse le dossier préparatoire, monsieur, vous y trouverez de plus amples détails et vous pourrez ainsi apporter vos propres idées. Je pense que nous pourrons passer assez rapidement à la phase de réalisation du projet, conclut-il avec un sourire satisfait.

Il ne doutait pas un instant du succès de l'entreprise. S'ils voulaient se donner la peine de collaborer, ils pouvaient être les piliers de l'Intendance, et ils allaient l'être.
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Eris L. Valverde


MessageSujet: Re: Passation de pouvoirs et règlement de comptes (Eris) Jeu 3 Juil - 15:11

Spoiler:
 

Le Département de Loi deviendrait l'Institution Judiciaire de ce pays. De ces quatre pays. Mais il était certain qu'il ne retrouverait pas les splendeurs des Départements de la Justice Magique. Ou du moins, pas de cette façon. L'Ordre Nouveau avait pris le dessus un temps, notamment dès que Valverde était arrivé à la tête du Département. Witcher avait préservé cette stature, surtout grâce au fait que ce Département avait été l'un des premiers appartenant directement à l'Intendance.
Désormais, il était complexe de dire quel Département avait le dessus sur un autre. Chacun travaillait d'arrache pied pour continuer à préserver la paix interne et externe, à dépeupler le monde de Sangs-Impurs et de Terroristes. Chacun des services avait sa place. On devait au moins cela à l'Intendant Valverde, puisqu'il avait ainsi mis en place les différents Départements et leur avait donné leurs tâches. La méthode de forme de Crow avait peut-être changé les choses, mais le fond des missions restait le même. Celui donné par Eris lors de la création de cette nouvelle forme d'Intendance. Depuis, tous les Départements ne formaient non pas une échelle de valeurs qui pût rapprocher certains de l'Intendant et l'autre l'en éloigner. Contrairement à un ascenseur qui monte et descend, l'Intendant était un regroupement des Services tous mis sur le même niveau. Les Lois avaient besoin de la Sécurité Intérieure, tout comme l'Ordre Nouveau restait nécessaire pour les Affaires Moldues mais avait besoin des Renseignements Secrets. C'était tout une série d'entraide qui avait eu un objectif simple dans l'esprit de celui qui avait été l'Intendant de l'époque: qu'aucun Département ne devînt un nouvel Ordre Nouveau de Valverde ou Mystères de Menroth.

Dans ce bureau, les deux hommes qui échangeaient restaient la valeur sûre de l'Intendance, ou du moins, la valeur sereine. Eccleston et Valverde faisaient parties des Mangemorts connus pour leur calme et leur réflexion, ce qui leur permettait toujours une écoute particulière.
Mais pour le second, et sans-doute cela le deviendrait dans le futur pour Eccleston, cela n'avait pas été de la première logique et facilité. On avait longtemps cherché à mettre de côté ces voix de la sagesse et de la sérénité. Rogue avait été méprisé par bon nombre de Mangemorts, et Brom avait du se vêtir du costume du combattant pour qu'on l'écoutât. Valverde, lui, s'était imposé avec le temps, de manière à ce que chaque Mangemort se rendît compte de sa parole.
Influent, il ne l'était pas auprès du peuple. Dans ce sens où si le peuple choisissait son gouvernement, le nom de Valverde ne viendrait pas forcément. Tout comme Paravell ou Crow. Au contraire, certains tels que Mulciber, Witcher ou encore Eccleston ne laissaient pas de doute quant à leur poids dans le peuple. Leur influence, dans les sphères du pouvoir, ils la devaient au peuple. Car il ne fallait pas croire, ils n'étaient pas les seuls Mangemorts en lice pour le pouvoir. Certains, comme Valverde, eux, avaient une influence dans le privé. Dans les cercles Puristes politiques, dans le cercle restreint des proches Mangemorts de Voldemort. De fait, cette assurance et la manière avec laquelle il l'avait construite, tout était fait pour qu'il soit à la place où il se trouvait actuellement. Mais non sans combats.

Des combats, cette jeunesse allait en mener. De Saint-Clair, Eccleston, Crow, Paravell, ou encore Alexieva étaient des noms presque inconnus à ce jour mais qui deviendraient les futurs Mulciber, Menrtoh, Valverde ou Brom. Peu à peu, et dans un mouvement plus ou moins constant, ces derniers s’effaçaient. Menroth par sa trahison, Brom par sa retraite politique, Valverde depuis le procès Bedan et son expérience d'Intendant. Viendrait le tour de Mulciber, un jour également, de laisser sa place à d'autres. C'était bien l'ordre des choses.
Mais au dessus de tout, Voldemort continuait à mener la danse. Comme un maître d'école qui voit les élèves défiler devant lui puis disparaître, ses Mangemorts se renouvelaient régulièrement. Si bien qu'on en oubliait parfois certains. Quid des Greyback, Rogue, McNair et autres qui n'étaient que le nom d'un passé désormais révolu? C'était ce qui attendait la génération de dirigeants tels que Valverde ou Menroth, ceux qui en 2003 brillaient et qui bientôt en 2007 allaient laisser leur place à certains autres. Et ces certains autres eux-mêmes étaient destinés à cette fatalité du pouvoir qui voulait que la politique se passait très rapidement de ses plus fidèles serviteurs.

De fait, Voldemort avait bien compris qu'être politicien ne lui serait guère utile. Il brillerait un temps, après des années d'ombre, ou avant des années d'ombre, mais quelques années suffiraient à l'épuiser et à lui ôter toute envie de se battre. Il avait donc construit une armée bien plus intelligente que les autres. Combattants, scientifiques, politiciens, créatures, diplomates, autant de facettes utiles à sa conquête du monde. Mais au final, il restait au-dessus d'eux-tous. En quelques décennies, il avait réussi à faire oublier leur nom au profit du sien. Retiendrait-on Valverde dans l'histoire? Peut-être comme ayant été le grand Réformateur et Politicien des années deux-mille, Directeur de l'Ordre Nouveau. Mais sa place d'Intendant, d'Inquisiteur ou de Directeur du Département des Lois passeraient à la trappe. Et ceci, rien que s'il avait de la chance, bien qu'il était évident à l'heure actuelle, pour tous, qu'il ne faisait pas ça pour la célébrité ou un nom inscrit sur un livre d'histoire.
Mais à leur place, on se souviendrait du Mage-Noir Voldemort, celui qui avait conquis le monde en peu et tant d'années. Celui qui avait incarné le Purisme pendant si longtemps. Les noms de ses sbires n'étaient rien, et pourtant, il restait rien sans eux. Sans les combats remarquables de Mulciber, sans les discours et les dossiers de Valverde, sans l'expertise d'Eccleston, sans l'intelligence de De Saint-Clair ou de Menroth, il ne serait qu'un Grindelwald parmi tant d'autres, destiné à l'échec certain le temps qu'un autre prît sa place et tentât le coup à son tour.

Eccleston continuait à développer son projet. Remarquable projet. Valverde observait froidement, analysait, expertisait. Il n'était plus celui qui proposait les projets, mais celui qui les vérifiait. Une valeur sûre, certes, mais pas la valeur qu'il désirait être.
En écoutant le jeune Ministre parler, il prit conscience que ce qu'il s'était passé pour l'Ordre Nouveau ne reviendrait pas avec les Lois. Il comprenait que c'était désormais terminé, que la politique se ferait sans lui. Non qu'on penserait qu'il n'était plus compétent. Mais la vague Valverde était passée. Elle avait apporté en conscience, notamment de l'importance de la propagande peu présente avant 2003, de l'importance de la hiérarchie administrative et de la politique de paix dans un tel Empire tel que celui de Voldemort. Mais c'était désormais en place. Peu à peu, ceux qui ne le savaient pas avant commençaient à prendre ces habitudes. Et cette base de comportement et de travail, qui avait été une révolution sous Valverde, serait complétée par d'autres révolutions qui à leur tour deviendraient des bases et ainsi de suite.

Cette passation de pouvoir rimait étrangement avec une passation de puissance.
Comme si, soudainement, la vieillesse donnait à la jeunesse de quoi travailler et de quoi réussir les futures années de combat.

Soudainement, la pièce et Eccleston quittèrent Valverde. Pas de quoi affoler le Ministre qui ne pouvait que voir froideur.
Pris d'un vertige le vieil homme perdit le total contrôle de ses sens. Trou de mémoire soudain, le monde le quittait sous ses pieds. Nausée totale, son corps ne supportait plus son poids. Il voyait Eccleston mais avait envie de lui hurler dessus. Lui hurler sa faute d'être là, ou de lui venir en aide ou de ne rien faire. Il voulait hurler si fort mais s'en sentait tout à coup incapable. Et les mots continuaient à tomber de la bouche du Ministre, comme des coups dans le ventre du vieillard qui tentaient de s'y retrouver.
Puis tout revint en place. Une nouvelle nausée puis tout revint en place. Eccleston, attendant une réponse et n'ayant pas remarqué le malaise du vieil homme, les canapés, les dossiers, les tables, les murs, les milliers de livre. Peu de choses avaient changé, mais Valverde se sentait extrêmement faible.

« Vous proposez un bon projet, Eccleston. Il prit le dossier que lui tendit le Ministre. Je vous ferai un retour dans les deux jours, mais il semble que peu de choses seront à changer. Je prendrai contact avec l'Inquisitrice Lestrange et le gouvernement, notamment Paravell et Mulciber qui apporteront de leur expertise en Sécurité. Le Seigneur des Ténèbres sera mis au courant de vos projets et de votre aide précieuse. Il se leva, se tenant à l'accoudoir du canapé, observa la pièce pour reprendre ses esprits. Je suppose que vous avez de nombreux rendez-vous. »

Valverde posa le dossier sur son bureau, tourna des talons dans un mouvement fluide de robe et posa son regard sur le rebord de la bibliothèque. Le temps pour lui de se souvenir où il se trouvait. Son bureau, les Lois, Londres. Puis il regarda Eccleston aussi froidement que possible. Il eut soudainement la sensation que cette carapace de froideur se fissurait de l'intérieur et que peu à peu son visage se brisait. Son regard, plongé dans le calme le plus total, n'exprimait guère cette sensation dérangeante et étrange qu'est de sentir son visage tomber.

On toqua à la porte. Le service presse. Deux photographes. Valverde comprit. Il se rapprocha d'Eccleston.
Puis leurs deux mains étaient jointes, devant l'oeil des photographes. Cela changeait.

Enfin, Eccleston repartit.

Il était seul au Département des Lois.
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Passation de pouvoirs et règlement de comptes (Eris)

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