POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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The last liar will be the first fair man || Ariana

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John Mulciber


MessageSujet: The last liar will be the first fair man || Ariana Ven 2 Mai - 23:10

Les informations pouvaient parfois être contradictoires, mais jamais John Mulciber n'en lâchait une, car même si elles paraissaient étranges, elles étaient vraies et il le savait pertinemment. Il n'était pas flic. Pas à l'origine : mais voilà, il l'était devenu. Dans le fond, il ne l'était toujours pas, mais il était un chasseur. La quête du sang, la quête du meurtre. Il allait sur le front, toujours. Il cherchait à y aller. John Mulciber était à sa manière le roi de la cogne. Il aimait aller à l'affrontement, et il aimait se battre. Pourquoi ? Parce que John n'était ni vraiment talentueux, ni vraiment médiocre, nul part. En fait, il n'était doué en rien : sauf dans l'affrontement. Là, au cœur d'un combat plein de difficulté, il était dans son élément. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il était honnête. On pouvait le définir  comme ça, et lui le faisait aussi. Il aimait le combat parce que l'affrontement était la forme la honnête et la plus véridique de rapport humain. Sinon, on écrase ou on est écrasé. Fatalement, lorsqu'on aimait quelqu'un, on l'écrasait ou il prenait l'ascendant sur nous. Il pouvait en citer des milliers d'exemples. Les gens que je respecte sont mes ennemis – ou tout du moins une parodie d'ennemi. Eux seuls savent. Ils se reconnaissaient et se comprenaient. C'était ainsi. Ils n'étaient pas d'accord et la plupart du temps, John Mulciber ne leur ressemblait pas, mais dans le fond, ils étaient semblables. Leur intelligence pouvait admettre le raisonnement de l'autre. Dans le fond, lui le barbare, avait pu s'entendre avec Tom Jugson parce que leur raisonnement pouvait trouver un écho dans celui de l'autre. Moi, rouge et blanc, et lui gris, lisse, silencieux.  Rouge comme le sang, blanc comme les os, rouge comme la solitude, blanc comme le silence, rouge comme les nerfs d’une bête, blanc comme le cœur d’un dieu, rouge comme la haine qui se déverse, blanc comme une blessure de glace, rouge comme les ombres dévorant la nuit, blanc comme un soupir transperçant la lune, blanc qui étincelle et rouge qui tombe. La folie de John Mulciber n'avait d'égal que le panache avec lequel il l'utilisait pour en faire sa force : mais cette folie le poussait aussi à la destruction.

Celui qui chasse peut devenir chassé. John Mulciber possédait de nombreux défauts et de nombreuses qualités, mais pas celui de croire qu'il pouvait toujours gagner. Il l'avait cru, mais en était largement revenu. Il se savait fou, il se savait dangereux, il connaissait sa haine et son goût pour le sang et savait qu'il en mourrait. Il s'en fichait. Cela me fera du repos. Car c'était épuisant de vivre ainsi. Il était sans doute l'un des seuls à le voir. Mais c'était le cas. Pas seulement pour lui. Mais pour tous les mangemorts.  Nous sommes le poisson devant la cascade, nous sommes l’insecte dans la cage, nous sommes les ruines après la vague géante, le bâton sacré surmonté d’un crâne, la force du courant et la baleine qui le fend, nous sommes le bouc à cinq cornes, nous sommes le monstre cracheur de feu, l’enfant qui hurle ses pleurs, le dernier des démons vivant sur terre. Mais également les seuls à être capables de sauver le pays. Il ne fallait pas s'y tromper. La paix passe par la violence. Le respect passe par la haine. Il faut simplement installer les conventions, et alors on pourra m'oublier.

Les grandes choses n'étaient pas faites par les héros. Elles étaient faites par ceux qui avaient le courage d'agir. On ne régle rien en parlant, en discutant, en discourant. Le fond, pas la forme. Pourquoi mentir, de toute façon ? John était honnête. Il faisait ce qui était juste et agissait pour ce en quoi il croyait. Nul besoin de mentir, nul besoin de se dissimuler. Je suis moi, je suis le barbare, point final. Je le serais toujours. C'est ce qui fait que je suis moi, et je l'accepte, c'est mon mal, en quelque sorte. Et si vous voulez des excuses, venez les chercher.

Traquer et être traqué. Voilà quel était le destin du monde. Voilà quel était son destin. Maintenant que John Mulciber était en charge de la traque, il savait qu'on chercherait à l'avoir. Mais ça fait des années  que c'est comme ça, il n'y a donc rien de nouveau sous le soleil. Il fallait juste les arrêter avant qu'ils n'aient un coup d'avance sur lui. Voilà pourquoi il avait confié des missions simples à ses commandants de section. Trouver le QG de la Vague. Trouver leur nouveau chef. Un bilan sur le reste. Les nouveaux mouvements à trouver. Les actions prévues. Il faisait un bilan chaque semaine.

Il n'avait pas réellement essayé de trancher avec la direction de Lincoln Crow. Très forte dans la section anti-terroriste, l'ancien bureau des exécuteurs, John savait ne pas pouvoir l'annihiler. Ca aurait été de toute façon injuste vu le boulot que le nouvel intendant y avait effectué. Il s'était contenté de nommer des gens avec qui il savait qu'il pouvait travailler. On le nommait Général et on le connaissait. On le respectait. Il avait été indirectement le chef de beaucoup de gens d'ici. On lui obéirait. Ca lui suffisait. Le Général n'était pas proche de ses hommes mais il leur faisait confiance et on lui payait de retour, d'autant qu'il avait uniquement changé le commandant de la section anti-terroriste. Les autres, il les connaissait bien et avait travaillé avec eux.

Athelney Jones, commandant de la section anti-terroriste. Un type droit, ancien exécuteur, spécialiste de la Vague et non plus de l'Ordre du Phénix comme les anciens commandants. Ancien du Magenmagot, il s'était reconverti dans les exécuteurs parce qu'il jugeait les enquêtes baclées. C'était avant Orcus. Il n'avait jamais bougé. Expert du caractère humain, il était plus militaire que juge, et spécialiste des interrogatoires musclés. Il avait senti le vent tourner et avait prévenu dès le début de l'importance qu'allait prendre la Vague. Voilà pourquoi John l'avait nommé.

Il avait eu plus de mal à se convaincre de garder Garfield Manston, le commandant de la section d'intervention étrangère. Il était jeune, imbu de lui même, machait des chewing-gum, portait un uniforme débraillé et était à la limite de l'insolence dès qu'il causait. Mais à coté de ça, il parlait plusieurs langues, était capable de se fondre dans la population de n'importe quel pays et sa loyauté était sans faille.

Adelaide Spitallfield, pour finir, était la seule femme du groupe. Femme à poigne, s'il en était. John l'aimait bien, car elle avait de l'humour sous ses airs glacés. Chef du renseignement civil, elle était d'une grande intelligence et était très douée pour convaincre quiconque qu'elle faisait tout pour le plus grand bien de tous, sans parler du département.

Il faisait des réunions avec eux tous les jours. Et les choses avançaient vite.

« Alors. Qu'avons nous aujourd'hui ? Jones, vous commencez ?
-Confirmation de l'identité du nouveau leader de la Vague, comme on le supposait, c'est Mulciber. Son numéro deux est Sheldon Ferguson.
-Qui ?
-Un nationaliste écossais. Voilà son dossier. On a toute une population d'extrémistes radicaux qui s'est rallié à eux, ça ne le fera pas bonne presse, ce sont des skins et des petites frappes, des délinquants en tout genre. Je vous ai mis la liste de leurs groupes.
-Bien la déclaration et remise des armes devrait nous permettre d'en arrêter la plupart. Leur QG ?

-Je crois que ça passe sous la juridiction de Garfield, ça.
-Ouep, Athel', c'est à moi. Il est au Pérou, mon général. Notre agent le confirme, et j'ai parlé avec le type dont j'ai oublié le nom des renseignements secrets, ils confirment. On a du mouvement au Chili et dans toute la zone. Donc l'Ordre du Phénix bouge.
-Ils vont ré-attaquer, donc. Il fallait s'y attendre. Mais où ?
-En Ecosse, c'est probable, Général. Moi je ferais ça, à la place de Ferguson, où alors ils sont neuneu. C'est là où ils ont le plus de soutiens.
-Je vois. Très bien. Renforcement des mesures de sécurité, des patrouilles plus régulières sur Aberdeen, Inverness, Glasgow, Edimbourg. N'excluez pas Urqhart et signalez nos doutes à l'Inquisitrice Lestrange. Spitallfield, les consignes habituelles, vous expliquez ça correctement et vous informez Poudlard.
-Oui mon général. »

Les commandants de section se retirèrent au moment où l'agent Harewell entrait. John ne salua pas son aide de camp et celui ci comprit qu'il pouvait parler.

« Votre rendez-vous de dix heures, Général. Mademoiselle Ariana Bedan.
-Faites entrer, agent Harewell. »

Il s'attendait à une gamine banale. Tous les gosses se ressemblaient pour John. Mais il y avait quelque chose dans les yeux de cette gamine qui faisait dire au mangemort qu'elle ne l'était pas. Quelque chose qui lui faisait dire qu'il avait eu raison d'écrire ce qu'il avait écrit à Ruth. Elle est plus  Mulciber que Bedan. Un éclat dur dans les yeux le prouvait. L'idée qu'elle a raison et qu'elle ira jusqu'au bout quoiqu'il lui en coute. A la seule différence de John, elle savait obtenir ce qu'elle voulait du monde sans le détruire. Mais il y avait quelque chose chez elle. Il sourit, amusé, et se contenta, en forme de bonjour, de commenter :

« Alors c'est pour vous que j'envisageais de démissionner. Au moins je ne suis pas déçu, vous avez la présence d'esprit de vous dire qu'il faut rebondir. Prenez une chaise, Ariana – bientôt il faudra que je dise agent Bedan, si tout se passe bien. Agent Harewell, apportez à mademoiselle Bedan ce qu'elle voudra boire. Un thé glacé pour moi. Et laissez miss Flint tranquille, elle est mariée et peu intéressée par vous. »

Il reporta ensuite ses yeux sur Ariana Bedan et continua :

« Vous m'excuserez de ne pas être venu vous voir à Azkaban. Je mentirais si je disais que c'est à cause de mes nombreuses occupations. En réalité, cet endroit me fait peur. J'y ai passé dix-sept ans, moins j'y vais, mieux je me porte, vous comprenez ? J'ai préféré un soutien plus utile. Au moins il a payé, nous avons gagné. »

Oui, il croyait.  Et c'était par ailleurs vrai. Il termina.

«Ceci étant. Ruth m'a dit que vous cherchiez un emploi. Vous y entendez-vous en mensonge et communication, Ariana ? Je me doute que oui. Vous avez vu les meilleurs à l'oeuvre et vous avez commencé à les imiter. La question est, pensez vous pouvoir passer au stade supérieur et mentir à quelqu'un qui ne sera pas facile à berner ? »
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MessageSujet: Re: The last liar will be the first fair man || Ariana Sam 3 Mai - 13:39

Elle jeta un regard noir sur Londres. Ariana Bedan était rarement de bonne humeur très longtemps. Pour ainsi dire, elle virait du tout, au rien, en quelques minutes. A cet instant présent, rien ne l'avait réellement contrarié, mais elle se sentait incapable d'être joviale. Il fallait qu'elle râle, c'était primordial. Alors installée sur son balcon, observa la rue du Prince Consort en contre-bas, elle semblait avide de tout envoyer valser. Le ferait-elle ? Certainement pas maintenant. Elle avait bien plus grave à régler. Elle avait reçu une lettre d'Emma qui l'informait de la venue d'un clan puriste à Krakendor. Toutes les familles puristes en entendraient parler, toutes voudraient les rencontrer. Il s'agissait de Norvégiens ayant un grand nombre d'accords avec les Bedan. Wiltord les avait honorait en leur permettant de prospérer dans leur pays, ils voulaient lui rendre la pareille à coup sûr. Le patriarche accepterait-il ? Le problème était là. Ariana aurait sauté sur l'occasion pour accentuer le poids économique de Caerdydd Industries à l'étranger, mais la politique étrangère n'était pas le plat favori de son père. Il préférait mille fois accentuer son pouvoir au sein de l'Intendance qu'à l'extérieur. Ridicule puisque ce fameux poids, il le possédait d'ores et déjà en Grande-Bretagne. Elle râlait donc de ne pas pouvoir revenir au domaine pour influencer son père. Revenir aurait supposé qu'elle avait envie d'y retourner, or ce n'était pas le cas. Elle avait encore moins envie que son père croit qu'elle ait besoin de lui. Elle sentait une grande occasion lui filer sous le nez, et elle ne pouvait rien faire. Que c'était rageant. Ariana n'était pas pressée de devenir matriarche de la famille. Elle le serait évidemment avec Emma, mais rien ne semblait être assez bien, une fois assis sur le trône familial. Elle était encore une princesse au sein de cet empire, et cela lui convenait parfaitement. On savait qu'elle deviendrait l'une des plus puissantes personnes du pays financièrement parlant. Et ce savoir ne laissait pas anondin toute personne censée.

Encore vêtue d'un espèce de jogging ample, d'un grand tee-shirt, elle fixait l'horizon le plus lointain qu'elle était capable de percevoir. Coiffée d'une queue de cheval, elle n'était pas maquillée. Elle prenait son temps désormais, comme de grandes vacances. Elle n'avait aucune obligation, aussi elle se levait relativement tard et ne se pressait pas pour être prête à tout moment. Elle ne voyait personne de toute façon, Poudlard avait repris. Ni Wayland, ni Emma ne viendrait la voir. Isaac était passé il y a quelques jours. La dernière visite d'Emma remontait à la vieille de la rentrée. Elle souffrait de ne pas voir sa sœur tous les jours, et pourtant, elle ressentait, de plus en plus, un rapprochement. Comme si la distance les liait. La peine de ne pas être ensemble. Elle savait que sa soeur était sa seule alliée en toute situation, mais ses conseils lui manquaient, son avis, ses critiques. Cette distance rompait un lien nécessaire entre deux jumelles. Elle termina sa tasse de café et se leva enfin. Elle faisait encore tout, toute seule. Elle ne ressentait pas le besoin d'un aide ménager, comme un elfe. Elle trouvait cela grissant d'être son propre chef. L'ancienne Verte et Argent gagna l'étage où se trouvait sa chambre et alla se doucher avant de se préparer pour son rendez-vous.

Elle devait rencontrer le Directeur de la Sécurité Intérieure, anciennement Ministre de la Magie, John Mulciber. Affilié à sa famille, ils se connaissaient. Dire que leur relation était proche aurait été mentir, elle ne lui avait que très peu parlé durant sa courte vie. Mais Wiltord connaissait bien le mangemort : la relation de patriarche à patriarche forçait ce lien. Les deux s'entendaient bien, mais pour une fois, Ariana n'avait pas profité des relations de son père. Elle s'était appuyée sur quelqu'un d'autre et n'avait rien quémandé. Ruth Alexïeva, sa cousine, avait tout mis en œuvre pour la voir s'en sortir. C'était aimable de sa part. Ariana portait en grande affection cette personne. Non pas parce qu'elle était mangemort ou bien placée au sein du régime – tout ceci semblait n'avoir plus aucun impact sur la gamine. Mais plus car elle avait une véritable liaison avec elle. Une sorte d'amitié familiale. Laura était de ce genre-là, bien que ce soit bien plus profond, évidemment.

Elle quitta son appartement vêtue d'une robe noire à dos ouvert, talons modestes et un magnifique collier en argent et platine ornant son coup. Son maquillage était, comme toujours, discret mais diablement efficace. Sa coiffure était impeccable, rien ne semblait être laissé au hasard, et c'était bel et bien le cas. Elle transplana directement direction l'entrée de Buckingham Palace. De là, elle pénétra au sein de la nouvelle Intendance magique qui avait vu s'installer Eris Valverde et Lincoln Crow à sa tête. Elle n'appréciait ni l'un ni l'autre. Eris car il l'avait trahi sans une once de pensée puriste, et Crow car elle ne le connaissait pas. Mais son chemin la mena directement au Département de la Sécurité Intérieure. Là, elle s'annonça à l'accueil. Celle qui l'a reçue était assez âgée, approchant la cinquantaine. Ses lunettes rondes ornant son magnifique et grandiloquent visage semblaient tout juste posées sur son nez, en équilibre précaire. Elle leva ses yeux vers la gamine.

-Bonjour, Ariana Bedan, j'ai rendez-vous avec Monsieur le Directeur.
-M'oui... un instant je vous prie.

L'autre regarda une longue liste qui semblait rassembler tous les potentiels visiteurs. Elle posa son doigt fin et long sur le nom de la descendante Bedan. Elle lui donna un badge affichant en rouge vif “visiteur” et lui permit de se rendre, en lui indiquant, jusqu'au bureau du maître des lieux. Ici coexistaient de grands services permettant au pays de se porter au mieux. Là se trouvait par exemple la Brigade Anti-Terroriste, anciennement nommée Exécuteurs de Nuisibles. Elle avait voulu les rejoindre avant de rencontrer Eris Valverde. Depuis, elle avait arrêté de s'entraîner physique et magiquement de manière aussi assidue qu’auparavant... elle ne croyait plus être un jour capable d'y entrer.

Ariana se présenta devant la secrétaire de John et s'annonça. L'autre la fit patienter sur un siège installé là devant l'entrée du bureau. Un homme se ramena quelques minutes après. Il avait une forte dégaine de branleur. Le genre stupide se croyant intelligent. Elle ne fit pas attention au type et continua d'attendre, gentiment. Finalement, elle n'eut pas le choix, l'autre s'avança vers elle. Il lui tendit une main affublée d'un sourire affreux.

-Agent Haerewell, Miss ?
-Bedan. Elle ne lui avait ni serré la main, ni regardé.
-Vous savez, Monsieur Mulciber est un excellent patron, et je suis plutôt proche de lui... peut-être auriez-vous besoin de mon aide pour...
-C'est un style que vous vous donnez de draguer comme un abruti ? Remarquez ça change. Et puis ça désacralise le grand romantisme.

L'autre paru bouche-bée un instant, puis se leva lentement avant d'aller annoncer la venue d'Ariana. On la fit entrer, elle salua le Directeur d'un geste de la tête. Lui commença directement. Il avait failli démissionner ? Passionnant. Elle avait passée un mois à Azkaban pour qu'il démissionne. On sentait le grand soutien familial. Elle voulu avoir un sourire mauvais, mais se retint.

-Un jus de pomme Agent Harewell je vous prie. Avec des glaçons, vous seriez adorable.

Le ton était faussement aguicheur. On comprenait assez facilement qu'elle jouait avec lui car elle venait de le rembarrer, ce pauvre garçon. Elle replaça son attention sur John. Ah, la fameuse absence de venue. Il n'était pas le seul, loin de là. Elle acquiesça doucement.

-Ce serait ridicule de vous en vouloir, Monsieur. Je n'ai passé qu'un mois au sein de la prison et déjà j'en ai la chair de poule rien que d'y penser. Je n'ose imaginer d'y passer autant de temps.

On entrait finalement dans le vif du sujet, tant mieux. Un travail, effectivement, elle avait besoin de travailler. Pour s'émanciper financièrement, comme disait Ruth, mais aussi pour s'occuper. Elle n'était pas une mondaine comme sa mère, elle était incapable de ne rien faire. Il fallait qu'elle ait un rapport profesionnel, ou au moins une activité. D'autant que sa vengeance n'avait de sens que si elle s'approchait de ceux qui l'intéressaient.

-Je crois avoir réussi à berner toute une administration durant mon passage à Poudlard. Comme vous dîtes, Monsieur, j'ai eu d'excellents maîtres dans ce domaine.

Notamment un Inquisiteur, et plusieurs amis. Llewelyn pour ne pas le citer. Lui aussi savait mentir, mieux que quiconque. Faire croire à tout le monde qu'il n'était pas tombée dans un penchant bourbiste, c'était osé tout de même. Il suivait son frère aveuglément alors qu'il le dénigrait sincèrement à chaque instant de sa pauvre vie.

-Tout dépendra de qui. A vrai dire, si je devais être honnête, je pense être capable de mentir à n'importe qui. Je ne peux évidemment ni le garantir, ni le prouver, je peux simplement l'affirmer. Mais je doute que vous ne m'ayez fait venir si vous en doutiez réellement.

Elle lui adressa un sourire aimable. Mentir c'était son domaine. Elle était une actrice d'une rare expertise. A vrai dire, elle avait berné un jury de la Haute-Cour, elle avait berné Eris Valverde, elle avait berné tout un peuple, tout un régime. Et elle continuerait. Actuellement, John la croyait suffisamment intègre pour rebondir de sa chute et servir le régime, alors qu'elle s'orientait vers une vengeance personnelle qu'elle taisait lourdement et qu'aucun geste ne trahissait. Pas même une parole. A voir qui était le meilleur menteur, maintenant.

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MessageSujet: Re: The last liar will be the first fair man || Ariana Jeu 8 Mai - 17:28

Le purisme était un jeu de poker menteur. Il y avait des tas d'intérêts contradictoires qui se baladaient dans la nature. John Mulciber ne le niait pas. Il ne l'avait même jamais nié. Lui avait toujours servi la même chose : son nom et son sang. Il détestait sa famille qui le lui rendait bien, mais il était un Mulciber avant même de s'appeler John. Ce n'était pas comme s'il avait le choix. S'il servait comme mangemort, c'est parce qu'il avait toujours compris que le Lord défendait cette vision du purisme, ou tout du moins qu'il l'autorisait, ce qui revenait pour John à peu près au même, finalement. Il ne s'était jamais caché de ce qu'il croyait. Et j'agis en conséquence. Il était cohérent et honnête. Il pouvait comprendre un raisonnement d'un autre bord, un point de vue différent. Peu importe puisque l'objectif final reste le même, à savoir la pureté du sang.

Il agissait comme cela, de manière cohérente, sans jamais mentir, dans ce jeu de poker où tout le monde mentait. L'essentiel, c'est de le savoir. John pensait comme ça depuis toujours. Lui aussi jouait sa propre partie. Mais ce ne sont pas les cartes qui sont les plus intéressantes. Ce sont les joueurs. Qu'est-ce qui fait qu'on gagne ? Le fait qu'on sache utiliser ses cartes, qu'on sache bluffer, ou le fait que la main soit bonne ? Ce qui nous fait gagner, c'est la réaction des autres et la notre, ni plus ni moins. Les joueurs. John n'était aucunement un humaniste, le terme lui convenait très mal, mais il s'intéressait à l'humain. Pas à sa pensée mais à ses réactions, à ses actions tout court. Silencieusement, il étudiait cela, et il apprenait à voir.

Qu'est-ce qu'il avait de commun avec Ariana Bedan, sinon la rage ? Il la connaissait depuis toujours, cette colère. Elle est le secret qui permet d'avancer. L'idée qui permet d'aller jusqu'au bout parce qu'on soit qu'on a raison et qu'on ne peut échouer. Elle avait ses objectifs : quels étaient-ils mis à part la vengeance personnelle ? Aucuns. Mais c'était facile à voir, dans le fond. Moi, je sortirais d'un procès où un régime m'a condamné, je ne jeterais pas dans ses bras pour retrouver du boulot. Sauf si je voulais le détruire : là ce serait logique. Mulciber croyait à la logique des choses : lui même avait la sienne, propre. Il n'y avait pas une logique. Il y en avait beaucoup plus. Chacun avait la sienne. Il suffisait de voir un peu le caractère de la personne pour la trouver. Il sourit donc aimablement à Ariana :

« Hm. Je crois que si vous aviez réussi à berner toute une administration, vous seriez encore à Poudlard, mais je peux me tromper. »

Il n'avait jamais eu la réputation d'être quelqu'un de sympathique, ou d'honnête. Il savait s'adapter au monde, pas aux gens. C'étaient eux qui s'adaptaient à lui, car le caractère de John Mulciber restait toujours le même. Une honnêteté sans concession et sans égard envers quiconque le définissait. Il ne savait pas mentir. C'était une soit disant faiblesse dans ce monde ci. Il en avait fait sa force. Cela ne voulait pas dire qu'il ne pouvait pas être sympathique. John était prompt à rire, prompt à la colère, prompt à pardonner, comme tous les Mulciber. Mais il était loin d'être idiot ou fou. Il savait ce qu'on pensait de lui et n'oubliait que rarement les offenses. Ca lui permettait de rester en garde. Cela ne voulait pas dire qu'il détestait Ariana. Juste qu'il savait ce qu'elle avait fait et ce qu'elle ferait. Il s'en foutait. Tout le monde joue perso, l'essentiel, c'est de le savoir. Parce que tout le monde marche à quelque chose ; découvrir quoi est le meilleur moyen de pousser les gens à faire ce que vous voulez qu'ils fassent. Il sourit donc amicalement et actionna une télécommande. Sur le mur de gauche, consacré aux multimédias, l'écran de télévision moldu s'alluma. Une des vidéos de la Vague, où l'on voyait Benjamin Mulciber parler, apparut.

« Voilà la personne à qui je veux que vous mentiez. Je compte vous embaucher dans la section de renseignement civil, Ariana. Vous serez directement sous le commandement d'Adelaide Spittalfied, qui dirige la section. On a dit beaucoup de choses sur cette section. Qu'elle servait à la propagande du département et à berner le peuple, notamment. C'est faux. Rien à foutre du peuple. Je lui raconterai la vérité si je pouvais. Mais il y a les bourbistes. Et eux, je ne veux pas qu'ils soient informés. Vous n'allez pas faire de la propagande, Ariana. Vous allez faire de la désinformation. Je veux que vous les paumiez, qu'ils n'aient plus aucun repère sur notre action. La plupart des dossiers que je vous donnerais seront en partie – ou totalement – secret défense. Je vous impose le silence, et les serments inviolables. En dehors de ça, vous ne rendrez compte qu'à moi et au commandant Spittalfield. »

Il fit disparaître l'écran et reprit son discours. Bien sur, il ne demandait pas une chose facile à  Ariana Bedan, mais il avait appris de sa propre expérience que les jeunes possédaient une volonté parfois plus grande que leurs aînés :

« Vous avez déjà affronté Benjamin Mulciber. Il est probable qu'il se penche sur votre cas de plus près, maintenant, et que vous le recroisiez. Il faudra que vous soyez prête. Ou il vous tuera. Mais vous savez déjà ça, je crois. »

La mort n'est pas quelque chose de difficile. La mort est un soulagement. Mais John doutait qu'Ariana le prenne ainsi. Mais quitte à parler de choses déplaisantes, il comptait bien aller au fond du problème.

« Il est également temps que je fixe mes conditions. Je déteste les gens qui jouent cavaliers seuls. Je déteste les menteurs. Je me fous de vos objectifs personnels, Ariana. Je sais ce qu'ils sont. Poursuivez les si ça vous chante. Mais si vous les faites passer avant la mission que je vous confie, c'est à moi que vous aurez à faire. J'ai fait abstraction du fait que vous vous êtes substituée à l'Etat pour punir Mary Kane parce que j'aurais agi comme vous. Ca c'est un comportement puriste. Mais vous savez aussi bien que moi que ce sont les chefs de familles qui décident des sanctions pour ceux qui viennent de leur cercle. En ce qui concerne Llewelyn Mulciber, vous vous êtes substituée à moi. Sachez tenir votre rang, Ariana. »


La sévérité et la menace qu'il y avait dans ses paroles avait de quoi faire peur à n'importe qui, quoiqu'il aie vécu et qui qu'il soit. Car John Mulciber ne menaçait jamais en l'air. Il avertissait de ce qu'il ne fallait pas faire au risque de payer. Sans autre option. Il termina :

« Si vous n'avez pas de questions, vous pouvez disposer, agent Bedan. Le commandant Spittalfield vous montrera votre bureau. Vous êtes attendue demain matin, huit heures. En uniforme. Disposez, agent Bedan. »

Il n'était pas un patron facile. Mais John Mulciber n'était pas un tyran. Quoique.
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MessageSujet: Re: The last liar will be the first fair man || Ariana

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The last liar will be the first fair man || Ariana

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