POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

Partagez|

Overcomes the past and builds the future || Llew

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage


    | STAFF DE PN ORIGINS

| STAFF DE PN ORIGINS
avatar
Date de naissance du joueur : 30/08/1989
Âge du joueur : 28
Arrivé sur Poudnoir : 15/08/2013
Parchemins postés : 1668



Pensine
Mon casier judiciaire est: peu rempli
Mon niveau magique est: PA2 - Elève Connaisseur
Ma résistance magique est de: 8PV
Mary Kane


MessageSujet: Re: Overcomes the past and builds the future || Llew Ven 11 Juil - 18:04

C'était rare que l'on prenne le temps de parler. Tout dépendait de ce qu'on entendait par parler bien entendu. Il y avait des discussions anodines que tout le monde, ou presque, avait une fois par jour. Elle était souvent peu fournie et insignifiante, allant du "Bonjour comment vas-tu ?", au "Tu as fais le dernier devoir de Défense Absolue", en passant par " Machin m'a dit que X sortait avec Y, tu te rends compte ?". Rares étaient ceux qui avaient des discussions plus poussées que ça. La plupart des élèves se contentaient de conversations simples et sans profondeur. Mary n'avait jamais su si c'était par peur de dire quelque chose de mal, et d'être pris en flagrant délit par un Brigadier, ou si c'était simplement parce que la politique, le régime et le purisme ne les intéressaient pas. Oh bien entendu, ça ne concernait pas l'ensemble de Poudlard, elle pouvait avoir une discussion sérieuse sur le purisme et la politique avec Wayland, pouvait discuter de magie et d'expériences diverses avec Jellyka, mais ils étaient des exceptions parmi les gens qu'elle connaissait.

Il fallait admettre que parler pouvait s'avérer dangereux. Avoir une opinion, en particulier si elle n'était pas exactement similaire à celle du régime qui les gouvernait pouvait valoir votre perte. Alors peut-être valait-il mieux s'en tenir aux conversations sans profondeur. On disait souvent que pour vivre heureux, il fallait vivre caché. Elle ne pensait pas que ça soit vrai, par contre, dans le cadre de Poudlard, pour vivre tout simplement, il valait mieux taire ce qu'on pensait. Et encore, ça n'assurait pas toujours une certaine tranquillité. Il suffisait de voir comment ça c'était passé pour elle. Elle n'avait pas eu besoin d'exprimer tout haut ses pensées pour être taxée de non-puriste. Il avait fallu une simple dispute avec quelqu'un de bien placé. Quelques mots échangés sur un ton peu amène, et elle s'était retrouvée en position plus que précaire. Quand elle y pensait, c'était peut-être un peu de la faute de Llewelyn s'il en était là aujourd'hui. Tel, l'effet papillon, la simple gifle qu'il lui avait donnée avait déclenché une rafale d'évènement improbable. Est-ce que tu te rends compte que tout aurait pu être différent si tu n'avais pas apostrophé au cour de Saint John ? Est-ce que tu regrettes ? Question un peu inutile au point où ils en étaient. Il lui avait souvent dit, elle réfléchissait trop, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Qu'avait-elle à faire ici, si ce n'était réfléchir ? Ça calmait son appréhension en voyant la fin d'année arriver.

En attendant, eux comme les autres évitaient de trop parler. Ils commençaient à avoir l'habitude que tous leur retombe dessus. C'était comme un tabou entre eux. Il y avait tellement de sujets qu'on ne pouvait pas aborder. Ne parlons pas de Benjamin, ne parlons pas de Vaas, ne parlons pas de notre départ, des Mulciber, de ma mère, du risque qu'on découvre que l'homme qui a été tabassé devant moi en début d'année n'était pas mon père, du risque d'une commission de sécurité, de Malone Witcher, tant de sujets qu'ils devaient éviter d'aborder. Pourtant, au bout d'un moment, il fallait bien les mettre sur la table. Parler de Benjamin était indispensable s'ils voulaient partir. Parler de Vaas aussi, heureusement pour eux, parler de son père était moins dangereux que de parler de Limonkov. Vaas, même s'il était connu des autorités, travaillait aussi bien pour l'Intendance que pour le reste du monde, sans camp, il était utile à tous, et on cherchait moins à le coincer que le nouveau chef de la Vague.

Néanmoins, de mémoire, c'était la première fois qu'ils échangeaient vraiment leur opinion sur le régime actuel, leur vision du purisme ou même leurs croyances personnelles. Ils avaient dû en parler une fois si ses souvenirs étaient bons, quand ils avaient été dans son dortoir, mais la discussion avait été courte, tout deux étant occupé par autre chose que le purisme à cet instant-là. Et après ? Après, elle avait eu peur de savoir, elle avait simplement décidé de profiter tant qu'elle le pouvait. Après, est-ce qu'ils avaient changé, elle pensait que oui, lui n'en avait pas l'air aussi sûr. Pourtant, il n'était plus le même. Elle voyait une nette différence entre le garçon qu'elle avait ramassé dans le couloir des sous-sols après qu'il se soit battu avec un gamin de sa maison, et celui qui se tenait à ses côtés maintenant. Peut-être avait-il changé avec elle. L'exception qui confirme la règle. D'un côté qu'importait, tant qu'ils étaient bien comme ils étaient.

"Tu te souviens que tu me disais que je réfléchissais trop. Je t'avais répondu que je pouvais le faire pour deux. Parfois, je me dis que tu as raison. Qu'elle importance si on a changé ou non ? Tant qu'on est heureux ?"

Il y avait une part de naïveté dans ses propos, mais peut-être aussi de défis :

"Tu as peut-être raison, on n'a peut-être pas changé. On garde le même fond tout en évoluant selon la situation..."

Elle hésita :

"... Une fois l'été passé, on ne sera plus obligé d'être ce qu'on attend de nous. Plus personne n'attendra rien de nous en fait. Ni Dieu, ni Maître comme ils disent."

Elle eut un sourire en le disant parce qu'elle le réalisait pleinement à présent. Pourquoi se soucier de savoir s'ils étaient normaux, rentraient dans la norme, ou autre ? Ils n'avaient plus besoin de correspondre à des normes. Vaas le premier se fichait de savoir en quoi ils croyaient et ce qu'ils pensaient. Ils allaient entrer dans un monde où la violence régnait en roi, mais la liberté aussi. L'impatience était présente chez les deux adolescents, mais ils n'avaient pas le choix, il fallait attendre, aussi, ils parlaient pour faire passer le temps.

"Je ne sais pas si ça sera vraiment différent chez lui. On n'aura pas de famille sur le dos, c'est sûr, mais ce sont des mercenaires, pas des enfants de chœur..."

Était-elle plus réaliste que lui ? C'était probablement parce qu'elle avait déjà croisé Vaas et quelque un de ses hommes. La jeune fille avait une vague idée de ce à quoi elle devait s'attendre. Elle ne savait pas vraiment quel serait leur rôle dans cette bande hétéroclite, elle n'avait pas osé lui demander, mais elle doutait qu'ils puissent simplement être là et végéter sans but. Ce n'était pas ce qu'elle voulait d'ailleurs. Mary avait son propre but, se venger d'Ariana, pour ça, il faudrait qu'elle devienne forte et s'entraîne pour y arriver. Quelque chose lui disait que cet entraînement comprendrait plusieurs choses qui ne seraient pas jolies à voir. Ne voulant extrapoler plus que de raison, elle n'ajoute rien, mais elle finissait par se demander qui de Llew ou elle serait le plus choqué par ce qu'ils découvriraient chez Vaas. La discussion, du reste, avait dérivé sur l'idéologie puriste et bourbiste, et elle mit un moment à comprendre qui était John.


"John ? L'ancien Ministre ?"

Il restait toujours étonné de la façon dont Llewelyn parlait de leur dirigeant, une partie du gouvernement faisait partie de sa famille. Mulciber, Witcher, Alexïeva, Crow, et même Eccleston lui étaient liés de près ou de loin. Ça devait être grisant et à la fois effrayant de savoir les siens si près du pouvoir. Mary partait du principe que plus on montait haut, plus la chute était rude lorsqu'on trébuchait. Comment serait jugée la défection de Llewelyn parmi les siens ? Mal, sans aucun doute, elle pensait avoir trouvé une solution, mais elle lui en parlerait plus tard.

"Je pense que j'aurais peu de chance de parler de Purisme avec lui de toute façon."

Elle haussa les épaules.

"Même s'il n'est pas d'accord, ça reste ce que je pense, je ne crois qu'ils fassent les choses de la bonne façon, mais de toute façon, ça n'a pas beaucoup d'importance. Plus maintenant. Je voulais faire du Droit Magique une fois Poudlard finit, je voulais tenter de faire des choses bien pour le Purisme, mais ma façon de voir les choses et mon sang m'aurait empêché d'avoir une quelconque importance, je crois. Je n'aurais pas eu de poids."

C'était probablement un de ses désirs secrets, avoir du poids. Elle avait envie d'être notée, pas juste invisible. Être discrète ne lui avait rien apporté, elle avait désormais un désir d'émancipation vis-à-vis des règles et des normes qu'elle n'avait jamais eues avant. Malgré tout, ça ne changeait pas ses croyances et en entendant parler de Granger, elle eut un rictus de mépris.

"Granger ..."

On sentait dans son ton tout ce qu'elle pensait de la née-moldue. On l'avait appris à la mépriser et à la détester dés sa naissance. Elle qui se prétendait égale aux gens comme Llew et elle qui étaient sorcière par droit de naissance. Peut-être parce qu'elle avait eu l'habitude que les sang-pur la regardent de haut, elle ne pouvait pas imaginer qu'ils soient tous égaux. Elle avait probablement besoin de se dire qu'elle y avait des gens en dessous d'elle. On ne change pas les vieilles habitudes.

"Tu n'écoutes quand même pas ce qu'elle dit ? C'est une sang de bourbe ! On n'est pas tous égaux Llew, même si on ne parle pas de sang, il reste encore le talent, l'intelligence, la richesse, parler des gens en les classant par le sang, ce n'est jamais qu'un moyen comme un autre de classifier. Ariana m'est supérieure par le sang, comme toi. C'est un fait. Elle vient d'une lignée de sorcier qui ont su conserver la pureté de leur sang et ça doit être salué. Par contre, ça ne veut pas dire qu'elle m'est supérieure en tout, seulement de ce point de vue-là. Et pour le salut de la sorcellerie, c'est quelque chose qui doit être noté. Les gens comme ceux de l'Ordre du Phénix sont simplement égoïstes, ils veulent leur confort et ne pensent pas qu'il y a quelque chose de plus grand qu'eux en jeux. Imagine si on recommençait à faire comme avant ? Les sorciers se mariant avec des moldus sans distinction, on se retrouverait avec un gêne magique de moins en moins pur, de plus en plus dilué. Pour finir, n'importe qui pourrait être sorcier. Si nous sommes nés différents, ce n'est pas sans raison. Une élite est sorcière, l'autre non. Notre erreur, c'est d'avoir vécu caché."

Discours formaté par des années de purisme. On ne changeait pas les opinions des gens aussi facilement que ça. Mary partait pour vivre sa vie, parce que le régime actuel le voyait comme une mauvaise puriste. Malgré ça, ses croyances n'étaient pas ébranlées. Elle n'était pas d'accord avec le principe du régime de la terreur, mais elle reconnaissait la nécessité de faire quelque chose pour qu'il n'y ait plus de sorciers né-moldu se mélangeant avec des gens comme elle et Llew. De même, elle se disait que la pureté du sang restait quelque chose d'important. Sa relation avec Llewelyn lui avait toujours semblé condamnable et elle était certaine que sa mère, et son grand-père l'auraient désapprouvé s'ils l'avaient appris. Elle visait trop haut pour quelqu'un comme elle. De son côté, elle passait par-dessus ses scrupules en se disant que tant qu'ils n'avaient pas de descendance, ce n'était pas grave. Leurs sangs ne se mêlaient pas et c'était le plus important.

Heureusement, l'ensemble de la discussion n'était pas aussi pesante, ils pouvaient rire un peu en changeant le sujet en parlant de choses plus légère comme la sexualité des politiciens. Voulait-elle vraiment savoir ce que faisait l'Intendant ou non avec sa femme ? En bonne jeune fille pudique, la réponse était "non", mais ça ne l'empêchait pas d'en rire avec Llew :

"S'il dirige sa femme au lit comme il dirige le pays, elle doit s'amuser ..."

C'était dit avec un sourire, mais en vrai, l'Intendant l'effrayait. Elle l'avait croisé en début d'année quand il donnait cours aux septièmes, elle n'avait vu qu'un homme dur et froid devant lequel on avait envie que de baisser les yeux. Heureusement, elle n'y pensa pas longtemps, se concentrant sur leur envie mutuelle de faire autre chose que s'embrasser chastement et se tenir la main dans les couloirs. Elle n'avait pas besoin d'en parler avec lui pour savoir qu'il devait probablement être un peu frustrer :

"Ne me tente pas, je pourrais bien dire oui.", se contenta-t-elle de répondre.

Elle n'était pas fort à l'aise pour parler de ça ouvertement, mais les sous-entendus ne la gênaient pas. C'était dire les choses franchement qui l'embarrassait. Parler de ses cousins ne semblait pas plaire à Llew. Sa jalousie était presque légendaire, Mary en était toujours flattée même si elle ne lui avait jamais dit. Ça l'amusait assez souvent de jouer dessus.

"Ne fais pas la tête, ça ne marche pas, tu le sais bien, puis ils sont probablement moins beaux que toi, tu n'as rien à craindre."

Elle le complimentait rarement, pourtant, elle le pensait vraiment. Elle n'était pas fort partiale dans sa manière de voir les choses. Entièrement satisfaite avec ce qu'elle avait, elle n'avait jamais pensé voir ailleurs. Mary n'était pas le genre de personne à chercher plus que ce qu'elle avait. Elle l'aimait vraiment parce qu'il l'acceptait comme elle était malgré les préjugés qu'il avait pu avoir sur les gens comme elle. Elle ne pensait pas qu'il puisse exister mieux ailleurs. Naïvement, elle pensait que c'était évident et qu'elle n'avait pas besoin de le dire tout haut pour qu'il le sache. Même si ça s'améliorait, elle n'était toujours pas fort douée pour tout ce qui touchait aux relations sociales.

"Je ne doute pas qu'il sera ravi de voir son frère de dix-sept ans de se marier."

La dérision et l'ironie étaient bien présentes ici. Parler de chose impossible et qui n'arriverait jamais l'amusait. Mary n'était pas quelqu'un de très attaché à la famille, et si elle considérait le mariage comme une institution sacrée, elle doutait un jour arriver devant l'autel. Parler de son frère les amena sur sa famille, lui non plus ne semblait pas certain qu'elle lui manquerait.

"Même si elle a été gentille, à mon avis, elle ne le sera pas tant que ça si jamais tu la revois ..."

Oui, ils lui devaient l'adresse avec laquelle ils contacteraient Benjamin, mais la Serdaigle ne pouvait pas s'empêcher de garder un brin de jalousie inconsciente. Peu sure d'elle, elle avait peur d'être détrônée dans son affection, elle n'aurait pourtant jamais osé l'avouer. Quant à son frère, elle supposait qu'elle pouvait comprendre dans une moindre mesure, mais en réalité, tout ça lui était quelque peu étranger. Elle ne savait pas vraiment quoi dire, alors elle l'écouta sans rien dire parce qu'elle se doutait que ça devait être dur d'en parler. La preuve en était quelque trémolo dans sa voix et son regard qui semblait s'embuer sans qu'il puisse rien y faire. Néanmoins, il n'y pas de larmes versées, simplement un pauvre sourire qui était probablement une tentative de se dire que tout irait bien. À sa demande, elle le prit dans ses bras. Caressant ses cheveux un peu comme on l'aurait fait avec un enfant.

"Ils ont fait de nous un beau gâchis."

Elle le disait avec le sourire parce qu'elle pensait qu'ils allaient bientôt être libérés de tout ça.

"Tu n'es pas obligé de l'aimer, pas si tu ne sais pas, mais tu n'es pas obligé de le détester pour autant. Ce n'était pas ta faute, ni la sienne. Tu étais à peine un enfant qui sentait qu'on préférait son frère à lui, c'est normal que tu l'ais détesté. Tu sais, je suis partie parce que je voulais rentrer en Angleterre, mais aussi parce que ma mère préférait Eleonore. Elle était moi, mais en mieux. Je me suis souvent dit que j'aurais voulu qu'elle ne soit pas née, comme ça je n'aurais pas eu besoin de me comparer à elle tous les matins. Elle ne me manquera pas et je ne me sens pas coupable de le penser. On ne choisit pas sa famille après tout, ce n'est pas de notre faute si elle ne nous convient pas. Fais comme moi, choisi qui en ferra partie ou pas."


Spoiler:
 


____________________________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 24/08/1994
Âge du joueur : 23
Arrivé sur Poudnoir : 04/02/2013
Parchemins postés : 229



Pensine
Mon casier judiciaire est: vide
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 10PV
Llewelyn Mulciber


MessageSujet: Re: Overcomes the past and builds the future || Llew Sam 2 Aoû - 21:40

Peu importe qui tu es. Parfois Llewelyn aurait bien aimé pouvoir se dire ça. Peu importe qui tu es, du moment, en effet, que tu es heureux. Mais ça ne marchait pas comme ça. On n'attendait rien de lui en particulier, en fait : a vrai dire il n'était qu'un deuxième né et maintenant un bâtard et personne n'attendait rien des gens comme lui. Il n'était destiné à rien sinon à vivre dans l'ombre : il ne manquerait très certainement de rien, il existerait, physiquement, mais voilà tout. Il mourrait et on l'oublierait. Tragique. Exister, pas vivre, voilà ce qu'on attendait de lui. Mais il ne voulait pas de ça. Quitte à manquer de tout, il voulait essayer de faire quelque chose, de construire quelque chose, d'un peu durable, d'un peu grand, qui lui donnerait l'impression d'être vivant. Nos âmes sont sur terre pour se parfaire. Celui qui bafoue son âme en ne se construisant pas, en ne cherchant pas à progresser toute sa vie est comme un cadavre. Inutile. Stérile. Il y a tellement d'hommes sur cette terre dont l'âme s'est perdue dans l'oubli de l'essentiel. Tant d'amnésiques. Comme eux. Mes parents, les Mulciber. Ils voulaient me faire prendre cette voie là. Certains par dégoût pur, comme Susan, d'autre par bienveillance, car il y avait toujours des gens qui voulaient bien faire, et pour qui la vie, constatait avec effroi Llewelyn valait moins que l'existence. Les hommes ont le pouvoir d'accomplir les plus grandes choses. Ils peuvent construire leur vie, en créer d'autres ou aider celle des autres à se construire. On ne vit jamais seul. La solitude est une illusion. Le désespoir, un leurre. Curieux : comment préférer vivre dans l'oubli le plus profond, comment préférer la Sécurité au fait de pouvoir faire ce qu'on voulait vraiment, au fond de son esprit, être soi ? Il ne comprenait que mal le crime, le vrai crime, mais en cela il pouvait adhérer au mode de vie de Vaas, du moins tel que Mary le décrivait.

Il voulait donc bien la croire lorsqu'elle disait que ça n'aurait aucune importance une fois partis. Qu'ils seraient plus heureux. Et que plus personne ne se soucierait de Llewelyn Mulciber et de Mary Kane. Si d'aventure quelqu'un s'en était jamais soucié. Mais, en revanche, les gens attendaient quelque chose du nom qu'il portait. Il pouvait espérer vivre sa vie, ça, oui, certainement, et il n'allait pas se priver de le faire, mais jamais il ne pourrait espérer qu'on ne le fasse pas payer pour sa trahison ou qu'on n'essaye pas, tout du moins, de le faire. John ne pourra jamais arrêter de me poursuivre. Rien à faire. Il sourit légèrement et commenta :

« Sans doute. Sauf quand John apprendra que j'ai trahi. Là, il essaiera de me faire payer...mais ce sera mieux, tout de même. On pourra s'arranger pour l'éviter. »

Sans parler d'Ariana. Et même de Wayland. Llew doutait que son frère veuille lui faire du mal, mais il doutait aussi qu'on lui laisse le choix. Il choisirait de sauver sa peau et d'obéir. Il ne lui en voulait pas. Il n'était pas bien sur qu'à sa place, il aurait pu faire autre chose, et dans ce cas précis, il préféra simplement ne pas mentionner le reste de leurs amis. C'était dur de partir et ne pas l'admettre restait impossible. Mais c'était le plus simple. Là bas ce sera terminé. Il n'aurait plus besoin de ravaler sa fierté pour survivre, plus besoin de subir en silence. Même s'il ne savait aucunement où était ce « là-bas » et quand il y arriverait, Llewelyn jugeait que ce serait mieux. Cela suivrait une longue période de désespoir où il n'était pas heureux : sauf lorsqu'il avait eu Mary à ses cotés et alors il avait repris un peu confiance. Ma vie ressemble à une série de gifles cinglantes qui ponctuent quelques brèves parenthèses de raison. Des flashs de lumière dans un couloir obscur. Et je vieillis. Il sourit encore, cette fois franchement amusé, à la mention des mercenaires :

« Je sais pas si ça va réellement me changer des histoires des multiples viols commis par le cousin Walt... je crois pas qu'on puisse considérer ma famille comme une bande d'enfants de chœurs non plus, si tu vois ce que je veux dire. »

Non, les sang purs n'étaient pas forcément mieux que les mercenaires de Vaas, simplement, ils avaient plus de vernis qu'eux, et ils parvenaient presque toujours à le dissimuler. Mais personne ne pouvait ignorer ce qu'ils étaient tous vraiment. Impossible à cacher. La folie ordinaire, ça se voit.

« Les régimes évoluent. Les choses changent. A un moment donné, que ce soit avec, à cause, sans, la résistance ou les mangemorts, ce sera peut-être possible que tu fasses quelque chose. On n'en sait rien. »
Il sourit et l'embrassa avant de déclarer fermement : « Ne pense pas comme ça, d'accord ? Ne pense pas que tu ne comptes pas. Tu comptes pour moi. Et il te reste une vie assez longue à vivre, il y aura d'autres gens, d'autres situations dans lesquelles tu compteras. Tu me crois ? »

Etait-il simplement décidé à être rassurant ou y croyait-il ? Non, il y croyait réellement, sans nul doute. Il semblait impossible à Llewelyn que tôt ou tard il reste seul à voir combien sa copine était merveilleuse – au risque de paraître idiot, il le pensait vraiment. Ca ne voulait pas exactement dire qu'il pensait comme elle. Il secoua la tête :

« Je sais pas, franchement. Regarde moi. Ecoute bien ce que je vais dire. En quoi le fait d'être né d'une folledingue et d'un mec qui trompait sa femme me rend supérieur à toi ? Franchement, moi je n'y crois pas. Supérieur à un moldu, oui je veux bien. Sans aucun doute. Mais supérieur à un autre sorcier, non. » Ce n'était pas une question de sang. « C'est rien qu'une foutue question d'éducation. Je suis un Rowle et un Witcher. Ok ? Et pourtant, pourtant je reproduis, plus ou moins fidèlement, le comportement Mulciber. Conclusion ? On m'a élevé pour que je le fasse. Conclusion subsidiaire : si on m'a élevé pour que je crois en ça, pourquoi on t'aurait pas simplement élevé pour que tu crois en ça, que les sang purs te sont supérieurs ? »

Il avait eu du temps pour réfléchir. Il n'était pas vraiment sur de ce qu'il disait, mais il le pensait. On est purisme parce qu'on apprend à l'être, parce qu'on le devient à force d'entendre parler de supériorité ou par haine pure. Parce qu'on est malheureux et qu'on a besoin d'un bouc-émissaire. Ca ne l'empêchait guère d'y croire, mais il était plus ou moins lucide sur la chose. Plus ou moins.

N'empêche qu'il préférait parler de sujets plus légers, plus affriolants aussi : au moins Llew pouvait rire de ça,de l'Intendant et de sa femme, à défaut d'affronter Crow en personne, qui lui foutait passablement les jetons.

« Y a certaines femmes qui aiment ça, tu noteras. »


Il sourit d'un air fin à sa seconde réplique et l'attira gentiment contre lui :

« Mais tu devrais, tu sais. »
Il l'embrassa, de manière de plus en plus impudique, cela dit. Il se méfiait pourtant tout autant que Mary de la surveillance qu'exerçait l'Inquisition et il la libéra de son étreinte sans avoir rien fait d'autre finalement, que de l'avoir peloter, sans même froisser ses vêtements, pour tout dire. Il reprit alors : « Tu sais ce que je voudrais vraiment ? Pas seulement qu'on ne soit plus condamnés à ne rien faire, mais simplement pouvoir me réveiller en sachant que tu dors à coté de moi. »

Ca aussi, ça pouvait peut-être paraître naif, mais tout ce qu'ils faisaient étant sous contrôle, ils n'avaient pour ainsi dire aucun moment à eux, eux seuls, ce qui ne pouvait que le frustrer et le rendre malheureux, voire un peu irascible. Carrément jaloux lorsqu'on parlait de garçons qui auraient pu draguer Mary, il demanda du ton le plus sérieux et concerné du monde lorsqu'on en vint au fait qu'il boudait – ce qui était faux dans son esprit, homme de mauvaise foi qu'il était :

« Tu jures ? »

Une fois rassuré sur ce point la conversation reprit de plus belle. Il réussit même à sourire vaguement à la possibilité étrange que Ben les marie. Moins au fait que Ruth n'aurait pas le choix que de le combattre, mais il en allait de même pour Jill et Wayland par exemple. Drôle de vie, drôle de vie, qui tourne bizarremement de façon bien cruelle...il se demanda si son grand-père l'avait vu. C'était possible, mais Cadeyrn n'en parlait guère. Parfois il gardait les choses pour lui lorsqu'il savait qu'elles pouvaient être dangereuses à dire. Moi je n'en pouvais plus. Il avait eu besoin de parler et il était heureux de l'avoir fait, comme soulagé. Il posa sa tête dans le creux de l'épaule de Mary.

Choisir ? Non, sans doute pas. On peut aimer les gens, malheureusement, et tout autant les détester. Savoir qu'ils sont mauvais et ne pas pouvoir les quitter...telle était sa relation avec Ben. Il sourit cependant, chuchotant doucement :

« Si vraiment je devais choisir, tu sais, je resterais seulement avec toi, je crois. »


C'était vrai. Et tout aurait été plus simple. Tellement plus simple. En attendant, il fallait déjà qu'il la laisse. Llewelyn l'embrassa une dernière fois en murmurant quelque chose qui ressemblait à un

« Merci. »


Son sourire était lumineux, comme débarrassé, pour une fois, de la douleur et du poids qu'il gardait en lui.

Ce serait pour bientôt.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Overcomes the past and builds the future || Llew

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POUDNOIR :: 

Détente

 :: Archives :: PN origins :: Poudlard
-