POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Ceux que l'on craint || Hildergarde [Fini]

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MessageSujet: Ceux que l'on craint || Hildergarde [Fini] Dim 8 Juin - 16:51

En arrivant à Pré au Lard, Ruth songea qu'elle y avait été plus souvent ces derniers mois, que durant les cinq dernières années. Quand on se rendait à Poudlard, passer par Pré au Lard était obligatoire. Comme beaucoup de lieux magiques, Poudlard faisait partie de ceux où il était interdit de transplaner. L'interdiction était exceptionnellement levée pour l'examen de transplanage qui avait lieu une fois par an, mais outre ça, il fallait se rendre à Pré au Lard et prendre une calèche ou un balai pour arriver jusqu'au château. Elle était arrivée un peu plus tôt que prévu, profitant du beau temps de ce mois de mai pour flâner un peu dans les magasins, mais sans rien acheter. Elle n'avait besoin de rien et n'était pas venue pour ça. Elle ne tarda pas à prendre une calèche tirée par des sombrals en direction du château.

Etranges et intéressantes créatures qu'étaient les sombrals. On ne savait pas vraiment pourquoi c'était le fait de voir un mort qui donnait la possibilité aux gens de les voir, mais Ruth était persuadée qu'il y avait quelque chose à creuser là-dedans. Le monde magique en général, était souvent inconnu aux yeux de ceux qui évoluaient dedans. Infinis, ouvert à toutes possibilités, on pouvait toujours aller plus loin dans la magie. Tant de choses inexpliquées, tant que de capacité gâchée, pourquoi le commun des sorciers ne le comprenaient pas. Ils avaient fallu l'arrivée du Seigneur des Ténèbres au pouvoir pour que les choses changent. Préserver la pureté du sang et de la sorcellerie. C'était désormais leur mission pour aussi longtemps qu'ils vivraient. Débarrassé le monde des nés-moldus et s'assurer que les moldus étaient sous contrôle. Tant de tâches qui pouvaient sembler énormes et sans fin, mais dont ils avaient la responsabilité. Qu'importait les moyens employés, le but à atteindre était bien plus important que le chemin emprunté pour l'atteindre. Qu'on puisse s'opposer à la croisade qu'ils avaient entreprise pour la sauvegarde de leur monde semblait inconcevable à la jeune femme.

Son arrivée à Poudlard mit un terme à sa réflexion. La porte du carrosse fut ouverte par un brigadier, qui dans un mouvement inattendu de galanterie, lui tendit sa main pour l'aider à descendre. Haussant un sourcil, elle prit néanmoins la main qu'on lui tendait tout en soulevant un pan de sa robe de l'autre pour ne pas trébucher dessus.

« Merci, j'ai rendez-vous avec le Professeur Madne, pas besoin de me montrer le chemin, je saurais m'y retrouver. »

Ce qui était dit comme une aimable suggestion, était en réalité un ordre et l'homme le comprit. Il la salua et reprit sa position tandis que Ruth pénétrait dans Poudlard. Elle passa les grandes portes du Hall avec une certaine nostalgie. Elle n'avait plus remis les pieds à Poudlard depuis le tournoi des trois sorciers. Ça faisait plus de dix ans maintenant. Poudlard n'avait pas changé. Bien que partiellement détruit lors de la bataille qui avait vu Harry Potter mourir, il avait été reconstruit de manière fidèle à ce qu'il avait jadis été.

La jeune femme n'avait pas le même passif que les autres à Poudlard. Elle n'avait passé qu'un an au sein de la prestigieuse école de magie, et ce, en tant qu'invitée. Pourtant, à mesure qu'elle parcourait le hall pour se diriger vers le sous-sol, ses souvenirs revenaient et la faisaient sourire lui redonnant momentanément l'âme de ses dix-sept ans. Le tournoi des trois sorciers était pourtant loin, l'époque ou Dumbledore dirigeait cette école aussi. C'était désormais à Bellatrix Lestrange que revenait la direction de l'établissement et dans chaque couloir, elle croisait des brigadiers chargés de maintenir l'ordre sur les petites têtes blondes qui formeraient la prochaine génération puriste d'Angleterre.

Elle s'adressa au brigadier en faction devant la porte du bureau du professeur Madne :

« Madame Madne est-elle dans son bureau ?
Elle finit de donner un cours.
Vous lui direz que la Directrice du département des Affaires Moldues l'attend dans son bureau. Je suis un peu en avance. »

On lui ouvrit la porte et elle pénétra dans ce qui était le bureau de son ancienne employée. Ne voulant pas être indiscrète, elle laissa la porte entrouverte et s'installa dans un des fauteuils de la pièce. Elle sortit un dossier et le feuilleta distraitement attendant que la Directrice des Serdaigles ait fini de donner son cours.

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MessageSujet: Re: Ceux que l'on craint || Hildergarde [Fini] Dim 15 Juin - 14:57

Spoiler:
 

La folle du sous-sol était postée en plein milieu de sa salle de cours. Les cinquièmes années regardaient cette drôle de femme là, plantée comme un poteau, murmurant on ne savait quoi dans cette musique devenue très forte. Elle avait mis de son gramophone une mélodie jazz, qui donnait envie de danser à ceux qui s'y connaissaient. Mais, ils n'étaient pas là pour danser. Du moins, en apparence.
Elle avait voulu tester leurs capacités à la concentration maximale, s'assurant du mieux qu'elle pouvait de les déstabiliser. Les BUSEs étaient dans quelques semaines, et ils devaient être capables de gérer toute sorte de contrainte intérieure ou extérieure. Se concentrer, se devait être leur objectif.
Mais en toute sincérité, elle avait presque oublié pour quelle raison elle avait fait ça. Elle dansait presque, les laissant à leur potion. Si bien qu'au bout du compte, elle ne s'occupait plus d'eux. Mais à ceux qui se trouvaient en face d'elle, ils avaient désormais une contrainte de plus: ne plus se concentrer sur leur examinateur, aussi loufoque ou salaud fût-il. Hildegarde, elle, les regardait quelque fois mais ne cessait jamais de déambuler dans la salle en chantonnant les airs qui passaient par la "machine du bon Dieu" comme elle aimait à l'appeler.
Aujourd'hui, elle s'était affublée d'une longue robe jaune aux fleurs vertes, avec des bottines à talon violettes. Une veste de tailleur noir surplombait le tout, accompagnée d'un imposant collier dont il était complexe de deviner le motif. Ses cheveux, comme de coutume mis dans tous les sens, se balancaient au rythme de pas qu'elle ne contrôlait pas véritablement. C'était devenue une coutume de la voir habillée comme une jeune femme alors qu'elle avait largement dépassé les cinquante ans. Cela en faisait sourire certains, mais l'intelligence et le talent d'Hildegarde faisaient que rapidement on oubliait l’excentricité de la bonne femme et que son style vestimentaire devenait classe.

La cloche sonna.
Elle parcourra les quinze chaudrons qui avaient vu chacun un binomme faire des massacres avec quelques potions. Deux bonnes notes, deux autres au dessus de la moyenne, le reste piètrement bas et d'une incompétence notable. Il ne leur restait plus que deux chances avant l'examen final, pas de quoi ravis les plus incapables. Ou plutôt ceux qui n'avaient rien fait. Car elle avait une vision de travail qui banissait les idiots et coutumiers "T'as eu une bonne note, t'as de la chance !". Elle ne croyait pas qu'un gamin puisse naître moins con qu'un autre. Le travail faisait la différence, toujours. Et il finissait toujours par payer. A part une deux catastrophes en cinq ans d'enseignement, ceux qui étaient mauvais étaient surtout ceux qui ne s'intéressaient pas à la matière et/ou qui ne travaillaient pas assez sur celle-ci. Il n'y avait jamais eu de secret ; on réussissait ce qu'on aimait faire. Le tout était de laisser le temps à chacun des jeunes sorciers de trouver ce qu'ils aimaient faire et leur laisser faire.
Ou alors, leur faire croire qu'ils aimaient faire quelque chose... Tout l'art d'une dictature, de toute évidence.

« Avance donc chéri, tu vois bien que je n'arrive pas à sortir !
— Oh, pardon, m'dame.
Tu diras à ta grande soeur qu'elle est collée la semaine prochaine. Ce qu'elle m'a rendu, si on peut le prendre en considération, n'est pas mieux que de quoi torcher le cul d'un singe. Allez file ! »

Le gamin se poussa et laissa passer la grande dame.
Le couloir était rempli de monde. Les brigadiers ne s'en sortaient à peine. C'était un brouillas incroyable. Un des mômes chuta, ce qui fit rire Hildegarde, puis s'en alla en chouinant presque de la honte qu'il avait eu. Du moment qu'il n'y avait de pas mort, cela lui permettait en toute logique de regarder les individus les plus faibles de ce château afin de les condamner à quelques expériences qu'elle aimait faire sur eux.
Elle eut du mal à rejoindre son bureau. Un bon coup de Bellatrix Lestrange n'aurait pas fait de mal à cette foule de monde, bien que très rangée comparé à ce qu'elle avait pu voir lorsqu'elle était élève à Poudlard. Les élèves se mouvaient silencieusement, tandis que la Maîtresse des Potions tentait de se frayer un chemin dans toute cette foule. « Pousse-toi, chérie, tu bloques le passage ! » ou encore « Attention à mes chaussures, triste nouille ! » fusaient dans tous les sens. Certains tournaient la tête. Les Serdaigles la rebaissaient très rapidement, se rendant compte que c'était leur Directrice qui pestait contre les élèves.

« M'dame ... votre bureau... Directrice... 'dues... Professeur... !
Qu'est-ce que tu baragouines ?
— C'est la Directrice des Affaires Moldues ! Elle est dans votre bureau !
C'est qui celle là?
— J'sais plus son nom, moi !
On est deux chéri ! »

Elle lui fit une petite tape sur l'épaule puis ouvrit la porte.
Une fille cria. Elle tourna la tête, ne trouva pas l’origine du cris mais oublia la venue d'une personne dans son bureau. Elle claqua la porte, souffla un grand coup. « Quel bordel cette école ! » laissa-t-elle filer au même moment qu'elle repérait une personne qu'elle connaissait particulièrement bien. Elle ouvrit bien les yeux, observa la dite personne, puis se souvint. Elle avait été nommée au gouvernement, cette gourde !
Enfin, elle avait surtout l'air d'une gourde, mais était bien plus intelligente que cela. Même si Hidelgarde restait persuadée qu'elle était l'une des personnes les moins bien conseillée, et qu'elle se dirigeait vers un chemin qui ne lui allait pas du tout. Se marier avec un Witcher, copiner avec Mulciber... Cette belle famille immense du Purisme ! Tu parles ! Tous des salauds ! La famille n'avait jamais existé. Hildegarde était persuadée que ce n'était qu'une notion inventée par un débile ne sachant pas quoi faire de son temps.
Bon, elle n'y croyait pas totalement, mais elle méprisait les familles. La sienne n'était qu'un dépotoire de toutes les plus horribles choses qu'une société peut faire à des êtres humains. Pas de quoi rougir de plaisir en voyant les Madne, tous aussi fous et drogués les uns que les autres. Elle rigola, partie dans ses pensées, puis s'arrêta soudainement en se souvenant d'Alexieva.

« Quel honneur qu'un membre du gouvernement se déplace jusqu'à ce... trou à rat sous la magnificence de ce beau château ! Madne s'approcha en avançant d'un air désinvolte, pris entre ses doigts fins les cheveux de Ruth, fit un petit sourire, puis continua. Tes cheveux sont toujours aussi beaux... Tu as déjà essayé de te teindre en brune? Cela serait... Elle s'arrêta, renifla l'air ambiant de son blanc bureau. Ca ne sent pas bon ici ! Il n'y avait personne quand tu es venue? »

Elle tourna des talons, traversa la pièce vers la droite. Elle ouvrit un placard, actionna une manivelle qui découvrit quelque chose que Ruth ne pouvait appercevoir d'ici. La Directrice des Serdaigles eut un air soudain dégoûté, prit entre ses doigts ce qui ressemblait à une langue humaine en décomposition et l'amena jusqu'au feu. « Quelle cruche ! Je l'avais oubliée cette petite. » Elle la jeta dans le brasier. Il n'y eu qu'un bruit de combustion. Elle se tapa doucement la tête. « Et évidemment, ça ne marche pas. Flûte ! ». Tournant la tête vers Ruth, elle ria assez bruyamment et s'avança jusqu'à sa table de travail où elle déposa le paquet de copies qu'elle avait sous le bras précédemment.
Le bureau était d'un silence palpable. Et d'un immaculé impressionnant. Presque entièrement blanc, ne sentant guère autre chose que le confort et la chaleur. Les immenses fenêtres magiques faisaient oublier qu'on se trouvait six pieds sous terre, là où l'humidité et les rats avaient élu domicile.
Elle apporta deux coupes qu'elle remplit rapidement avec du champagne. Une fois sur la table, les deux n'attendaient que les deux femmes. Hildegarde sourit d'un air satisfaite, au fond assez contente d'avoir de la visite.

« Que puis-je pour toi, chérie? »

Elle enfonça dans son porte cigarette la cigarette qu'elle avait sorti d'on-ne-savait-où. D'un mouvement de doigt, il y mit feu et porta le tout à sa bouche rougie de rouge-à-lève.
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MessageSujet: Re: Ceux que l'on craint || Hildergarde [Fini] Jeu 19 Juin - 20:10

Alors qu'elle attendait dans le bureau de la directrice des Serdaigles, Ruth avait sortit trois dossiers qu'on lui avait transmis avant qu'on ne parte. Elle avait demandé qu'on lui fasse une recherche sur ce que les moldus appelaient des « entreprises pharmaceutique ». D'après les rapports qu'elle avait reçus c'était eux en charge de la distribution et fabrication des remèdes moldus, un peu à l'image des potionistes et des apothicaires. Curieuse de connaître comment fonctionnait leur préparation de ce qu'ils appelaient des « médicaments » et la manière dont le corps humain réagissaient à leur préparation, elle avait demandé qu'on se renseigne sur les différentes entreprises qui existaient. Trois semblaient être sorties du lot, GlaxoSmithkline, AstraZeneca et Shire. Ce genre d'entreprises était toujours à la recherche de subvention, elle comptait leur proposer que l'Intendance investisse dans leurs entreprises en échange de certains services pour les contrôler petit à petit. Elle avait prévu de rencontrer les conseils d'administration de ses différentes compagnies dans le courant du mois. Petit à petit, ses plans se mettaient en place.

Les jambes croisées, elle tapotait distraitement le dossier qu'elle lisait. Comme souvent quand elle était absorbée dans son travail, elle oubliait où elle se trouvait. C'est avec une certaine surprise qu'elle entendit la porte se claquer furieusement accompagnée d'une remarque sur le bordel qu'était l'école. Elle eut un sursaut avant de refermer son dossier sèchement et de le poser sur la table. Les deux femmes s'observèrent un moment en silence. Hildegarde Madne faisait partie des personnes les plus étranges que Ruth ait rencontrées. Le premier mot qui venait à l'esprit de Ruth quand elle la voyait, c'était « fantasque ». Elle était une grande femme à la chevelure indisciplinée dans laquelle on aurait pu faire un nid. Elle semblait souvent perdue dans ses propres pensées, et avoir un mode de fonctionnement bien à elle.

Les deux femmes étaient profondément différentes, mais elles se connaissaient bien. Elles avaient travaillé ensemble quelques années et Ruth avait été son ancien chef avant de partir pour le gouvernement. Il n'y avait pas qu'elle qui avait changé d'affectation en ce moment. C'était dommage d'ailleurs, l'Intendance avait perdu une de ses meilleures potionniste avec le départ de Madne. Elle aurait très facilement pu prendre sa place après son départ si elle avait choisi de rester à l'Intendance.

À la place, c'était une de leur ancienne collègue qui avait pris le poste. Une femme d'une trentaine d'années qui n'avait rien trouvé de mieux que d'annoncer sa grossesse après sa nomination pour finalement démissionner quelques mois plus tard. Manque de professionnalisme flagrant, elle pouvait très bien travailler et avoir un enfant non ? Qu'elle idée de vouloir se consacrer uniquement à sa famille. C'était avec une moue dépitée et agacée que Ruth avait appris la nouvelle dans le courrier qu'on lui avait envoyé, lui demandant de regarder les candidatures pour la remplacer et de donner son avis. Elle avait regardé les candidatures l'air septique. Elle n'avait aucune idée de qui choisir. Faute d'inspiration, elle s'était dit qu'elle en discuterait avec Madne. Ça faisait un moment qu'elle avait prévu de lui rendre visite autant faire une pierre deux coups.

Étant habituée aux extravagances de son ancienne collègue, elle se contenta de hausser un sourcil interrogateur en se demandant ce qu'il pût bien y avoir de drôle.

« Un honneur, je n'en doute pas Hildegarde. »

On sentait une pointe d'ironie dans la phrase de la mangemorte, elle doutait fortement que sa présence ici soit un honneur pour Madne. Ça n'avait d'ailleurs pas d'importance, ce n'était pas pour ça qu'elle était venue. Elle la laissa tripoter ses cheveux tout en faisant une remarque sur la couleur sans rien dire. Vraiment, elle n'avait jamais compris comment elle faisait pour passer du coq à l'âne comme ça. Délaissant ses cheveux quelques secondes plus tard, elle lâcha les mèches qu'elle avait en main pour s'occuper d'autre chose. Elle était comme un tourbillon d'idées qu'on ne parvenait pas à maîtriser. Sitôt l'une commencée, une autre venait à son tour. Avec une patience qu'elle n'avait pas, elle attendit qu'Hildegarde finisse son petit tour avant de dire quoique ce soit. Elle revint bientôt vers elle, deux coupes à la main et les posa sur la table. Ça fit sourire la plus jeune des deux femmes et elle se saisit d'une des deux coupes pour en boire une gorgée.

« Beaucoup de choses. La première, c'est celle-ci. »

Elle sortit de son sac, qui avait pourtant la taille d'une feuille de parchemin et l'épaisseur d'un livre, une pille de dossier sur lequel il était marqué divers noms. Elle le posa sur la table et les montra du doigt au professeur de Potion.

« Tu te souviens de Madeline Crawford ? Celle qui a pris ma place quand je suis partie au gouvernement. Elle a décidé de démissionner, une sombre histoire d'enfant et d'une famille à laquelle elle voulait se consacrer. Il faut un remplaçant, et on m'a demandé de jeter un œil aux candidatures, tu as travaillé plus souvent que moi avec eux. Ça t'ennuierait de me dire lequel est le moins incompétent selon toi ? Je n'arrive pas à me décider. »

Elle haussa les épaules, indiquant le peu de cas qu'elle faisait du choix. L'histoire ne l'intéressait pas outre mesure. Elle le faisait uniquement parce qu'on lui avait demandé de rendre service.

« Samuel Kingston à l'air intéressant. Dans mon souvenir, c'était un idiot avec qui il fallait éviter de parler politique mais un potionniste correct. Au moins lui ne tombera pas enceinte. »

Ruth était devenue dure avec les années. Elle aimait sa famille, mais celle-ci ne se mettait pas en travers de son chemin. Elle avait abandonné sa fille, elle tuerait probablement un jour l'homme qu'elle aimait, tout ça pour le purisme. Pour la gloire de la sorcellerie, leur survie, celle du monde sorcier, de leur enfant, pour suivre le Seigneur des Ténèbres. Elle ne pouvait pas comprendre qu'on décide d'abandonner une carrière simplement pour des enfants. Pour une famille... Il y avait plus important.Elle détestait les oisifs, les incapables, les assistés de la société, les moutons. Elle voulait de l'action, des sorciers conscients de la chance qu'ils avaient. C'était la pensée d'un soldat qui avait fait du purisme sa vie et son but. Néanmoins, elle avait la décence de garder son opinion pour elle en public. Elle était dure, méprisante, peu amène sauf avec le cercle de ses proches et sa famille, mais elle tentait d'être affable en public.

Elle se leva de son siège regardant avec intérêt les fenêtres magiques qu'Hildegarde avait ajouté à son bureau. À l'extérieur, il faisait un temps superbe, sans qu'aucun nuage ne vienne obscurcir le ciel. Bien entendu, elle n'avait jamais vu le bureau du temps de ses prédécesseurs. Elle était restée trop peu de temps à Poudlard pour ça et elle avait évité le bureau de Rogue autant que faire se pouvait. Elle regardait la vue dehors tout en faisant dos à son hôte, elle but une gorgée de champagne et demanda :

« Comment vas-tu ? Poudlard te satisfait ? Par curiosité, dis-moi, tu as continué tes recherches et tes expériences ? »

Elle n'était pas uniquement venue lui demander de choisir un remplaçant après tout, elles avaient toutes les deux mieux à faire.

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MessageSujet: Re: Ceux que l'on craint || Hildergarde [Fini] Dim 20 Juil - 18:08

Ses recherches? Ses recherches. Oui, ses recherches. Oh oui, elles avançaient très bien. Elle sourit à Ruth d'un air préoccupé, comme si cette question était la source d'une arborescence d'autres. Elle se souvenait de tout ce qu'elle avait encore à faire, à découvrir, et le peu de temps qu'il lui restait. La dictature retirait le peu de concept qu'on avait encore de liberté ou de résistance, si bien que cela devenait impossible pour elle de trouver dans les corps de chacun ce flux magique qui permettait de s'accorder au bourbiste. Comment la Magie y-arrivait-elle? Comment faisait-elle pour ne pas empêcher cette auto-destruction? Hidlegarde était pantoise, bien plus encore, elle était totalement débile face à cette question pourtant si banale.

Elle observa les bulles de champagne qui remontaient. Tout était si calme à de tels lieux de la folle dingue de la tour d'Ivoire de Poudlard. Celle qu'Hildegarde aimait à appeler "la Bête", en référence à ses goûts vestimentaires plus que douteux et à sa voix stridente qui aurait fait sursauter une truie en plein sommeil. Cependant, tout cela n'arrangerait pas ses affaires, car l'autre folle dingue qui avait dirigé Poudlard avait un petit problème particulièrement avantageux pour Hildegarde. Elle la haïssait, si bien qu'elle faisait tout pour qu'elle se pète plus qu'une jambe en sautant au-dessus d'un fossé trop gros. Mais Eléonore la Belle était tombée avant elle, et toutes les chances de possibilités avec. De fait, il fallait improviser. Expliquer pourquoi des élèves disparaissaient, bien que les comptes en ressources humaines à Poudlard étaient aussi bien tenus qu'une discothèque de Gobelin. Pas de quoi ravir les plus extravagants.

Devant elle, Ruth attendait une réponse.
Relations sociales. Calembredaines. Diableries.
Elle sourit, une nouvelle fois, but une gorgée de champagne qu'elle ne s'attendait pas à sentir aussi bien dans sa gorge, manqua de peu de tousser et de cracher, avala tant bien que mal pour finir par un léger hoquet qu'elle dissimula d'un mouvement tête. Chorégraphie originale s'il n'en est pas.
Elle n'avait jamais véritablement adulé cette bonne femme, sous des charmes qu'elle ne dissimulait pas et qu'elle prétendait seules qualités de son être. Elle n'était pas idiote, d'ailleurs, sûrement était-elle bien plus intelligente que belle. Ce n'était pour rien qu'elle était entrée dans le gouvernement, pas plus d'ailleurs qu'elle n'en était pas encore sortie au vu des bouleversements dignes des marées. Aux Potions, elle était bonne. Nul ne savait comment elle était arrivée à ce poste, même si son Sang Pur avait aidé. Elle était une des meilleures potionnistes de l'Intendance, à l'image d'un Rogue ou même d'un Slughorn, aussi bourbiste fût-il. Mais elle n'était pas encore la meilleure, l'expérience venant avec le temps et ayant pas plus de trente ans à son actif. Aussi, c'était toujours étonnant que de la voir, elle qui mêlait innocence et rapidité d'esprit avec une beauté plus que fatale à quelques gourgandins pas encore foutus de lasser leurs chaussures tout seuls.

Mais elle était là pour une bonne raison. Demander conseil à la bonne vieille Hidelgarde, la vieille chouette qu'on avait laissée tranquille dans son bureau pendant tant d'années à Urquart pour éviter d'en avoir les rabougris quotidiens. C'était comme fou comme histoire que de voir une des femmes les plus importantes du pays suivre cette vieille orange dans les fins fonds de Poudlard pour lui quémander un conseil que le premier bonimenteur de foire aurait expédié comme un boulet de canon. Hildegarde fit un nouveau sourire, peu de temps espacé avec celui d'avant tant ses pensées couraient plus vite que le temps lui même.
Il fallait avouer qu'à Poudlard, mis à part quelques viscères de fous élèves et des cris de Lestrange, on ne voyait pas grand chose passer devant soi la journée. Encore plus qu'on se trouvait sous-terre, chose plus encore cocasse quand on voyait qu'on ne l'oubliait pas.

« Cette vieille tortue de terre de Madeline n'aura pas fait six mois qu'elle a déjà jeté l'éponge. As-tu vu comme c'est épatant à quel point ses goûts vestimentaires feraient honte à un moldu en kilt? Sans parler de son haleine, qui rendormirait quatre morts d'un coup réveillés par on-ne-sait-quoi de plus nauséabond. Hildegarde fit une moue sceptique et dégoûtée, puis regagna le regard de Ruth qui ne cillait pas. Quoiqu'il en soit, Samuel est bien assez débile pour ne se plonger que dans son boulot. Ce petit cachalot me semble tout bien choisi, quoiqu'un tantinet exigeant avec les autres. Mais tu sais que c'est fou comme ceux qui sont véritablement moches peuvent soudainement attirer une ribambelle de gourdes à leurs pieds et devenir pères d'une colonie de mioches insupportables? Méfie-toi. Et veille à ce que le Français des Mystères ne tombe pas le nez en premier dans les affaires des recherches de l'Intendance, on aurait l'air fin ! »

Elle ne le connaissait pas vraiment, le jeune godelureaux du Ministère, mais elle avait appris avec l'expérience à se méfier du Département des Mystères. Le vieux Menroth avait mené la vie dure au Département de Recherche en Elixirologie et Potions de l'Intendance, passé sous le contrôle direct de Brom à la création de l'Intendance.
La politique, elle n'aimait pas ça, mais il fallait convenir qu'elle menait les peuples par le bout des doigts, de manière notamment à leur faire croire à une liberté qu'ils n'avaient plus. Mais aussi étonnant que cela pouvait paraître, enfermée dans son bureau de blanc décoré et sous les sols de Poudlard, elle se sentait bien plus en sécurité et en liberté que n'importe quel idiot de "terroriste" prêt à faire sauter la cervelle du voisin - le courage des résistants étant aussi connu que la clémence des Mangemorts, aussi était-il toujours préférable pour eux de laisser avancer les autres avant.  

Clope au bec, verre de cristal à la main, elle observa sa propre situation un temps. Les bulles pétillaient de moins en moins, annonçant avec certitude un goût plus au moins maussade du champagne, éphéméride terrible de la vie.

Elle se leva, fit un sourire suffisamment large à Ruth pour à la fois la rassurer et l'inquiéter ensuite, fonça de ses longues jambes jusqu'à la cheminée et y jeta son champagne dans le feu, verre compris.
Souvent, elle était pris de ses souvenirs viscérales qu'elle ne saurait expliquer, remontant à des moments d'une enfance gâchée par la drogue, la misère et l'alcool. En soirée, elle n'y arrivait pas. Elle commençait de ci de là quelques verres qu'elle reposait sur un coin de table entre plusieurs autres, comme pour se faire oublier et laver la tâche qui avait longtemps marqué sa famille. Elle refusait de devenir comme eux. Ses jours n'étaient consacrés qu'à ça, devenir autre chose qu'une Madne. Être Hidelgarde et rien d'autre. Elle tentait d'entrer dans la vie humaine comme on rentre dans le fond d'un fruit pour en retirer la partie pourrie et les vers qui vont avec. Elle voulait comprendre comment on pouvait devenir aussi humainement misérable, faire de sa vie un si grand gâchis sans s'en rendre compte. Comment il était possible que tant s'en sortent et que quelques uns deviennent l'extrême opposé de la réussite humaine. Il devait bien avoir quelques choses, dans les gênes, dans le sang, dans les organes, quelque chose de pourri. Elle s'y accrochait tant elle n'avait jamais pu s'accrocher à autre chose, comme pour se persuader que ce qui lui était arrivé dépendait de l'horreur humaine et non du destin et de la malchance.

« Tu sais ce que Platt est devenue? C'est vrai, elle avait disparu. Peut-être en savait-elle plus. Non, tu ne dois pas savoir. Tu as vu ce qu'a sorti Dirwell quant aux théories des chèvres qui peuvent produire les bézoares? C'est fabuleux d'invention, bien qu'il faille admettre que ce vieux bougre sort ses théories pour se faire mousser et ramasser les gallions. »

En réalité, elle ne savait plus vraiment quoi dire. Elle n'aimait pas les relations sociales, du moins, aussi imprévues. Elle ne connaissait pas suffisamment Ruth - ou n'avait pas assez de pouvoir sur elle contrairement à celui qu'elle pouvait avoir sur ses élèves, et se retrouvait donc dans un carrefour social qu'elle détestait. Soit la conversation tombait à plat et l'une des deux finirait par remercier l'autre et mettre fin à la discussion, soit elle prenait un tournant intime et privé qui la ferait durer encore de nombreuses minutes. Mais actuellement, elle restait bloquée dans cet entre-deux. Dans ces convenances de début de conversation qui font que, une fois épuisées, ne laissent souvent que le vide d'une décision qu'il faut prendre.

En réalité, Alexieva ne venait pas totalement pour parler de Samuel ou d'un autre débile potionniste qui passerait sa vie dans un laboratoire sans en sortir le nez. Elle était là pour autre chose, et tout ne dépendait que d'elle.

Hildegarde marcha jusqu'à son bureau où un bouquet de fleurs oranges trônait par dessus quelques centaine de copies d'examens. Elle renifla le tout, sembla se couper d'un monde qui ne devait plus être le sien et revint à la réalité sociale qu'Alexieva lui imposait.
Elle avança de nouveau jusqu'au canapé et, plantée debout derrière la jeune-femme, lança vigoureusement un « J'adore tes chaussures » comme pour annoncer qu'elle était au bord de ses limites et que sous peu, elle deviendrait sans-doutes une pauvre bête en proie à ses démons.
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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: Ceux que l'on craint || Hildergarde [Fini] Jeu 31 Juil - 15:12

Il y avait quelque chose d'étrange chez Hildegarde. Elle n'aurait pas su dire quoi, mais c'était toujours l'impression que son aîné lui avait donnée. Elle était intelligente, fantasque, originale, surprenante, et surtout, elle ne tenait pas en place. Il fallait toujours qu'elle bouge, qu'elle aille d'un bout à l'autre de la pièce, qu'elle s'occupe. Elle ne semblait pas pouvoir s'arrêter. À vrai dire, elle ne se rappelait pas avoir vu une seule fois Hildegarde Madne statique. Elle se souvenait qu'au début, quand elle avait été engagée comme apprentie à l'Intendance par l'ancien Maître des Potions dont elle avait pris la place, elle lui avait donné le tournis. Ruth n'avait pas l'habitude.

La jeune femme, quant à elle, était statique. Les mangemorts de l'ancienne génération avaient souvent été recruté un peu sur le tas. A l'époque, le Seigneur des Ténèbres n'était pas en ode de sainteté, et il ne disposait certainement pas des infrastructures qu'il avait à présent. Les anciens mangemorts n'étaient pas des soldats. Non, ils étaient des fidèles, qui croyant en un idéal, avaient mis leurs compétences, quelles qu'elles soient, au service du mage le plus puissant de leur époque.

Aujourd'hui, les choses en étaient bien différentes. Ils étaient des militaires. Ils avaient été entrainés pour. Rien n'était laissé au hasard chez les Serviteurs des Ténèbres. Et quand on les jugeait prêt, si on les jugeait un jour prêt, ils recevaient la marque. Le signe à la fois de leur asservissement et de leur pouvoir. La plus grande distinction qui existait en ce monde, associée à une cage dorée dont ils fermaient eux-mêmes la porte. Ruth avait appris à rester calme et immobile. À attendre, à analyser une situation. Souvent assise bien droite dans son fauteuil, son dos ne reposant jamais contre le dossier, les jambes croisées, elle regardait autour d'elle sans ciller et sans faire un mouvement. Elle économisait ses mouvements et une main, par réflexe et habitude, n'était jamais non loin de sa baguette. Pourtant, elle n'était pas une duelliste. Oh comme tous ses compères, elle savait se battre, et elle ne se battait pas mal, mais ce n'était certainement pas elle la plus forte de tous. Néanmoins, certaines habitudes sont dures à perdre. Désormais, avec elle, lors de ses sorties officielles, elle avait deux tireurs de baguette d'élite qui l'accompagnaient au cas où elle aurait un problème, pourtant, elle n'aimait pas l'idée de compter sur les autres. Quoiqu'il arrive, où qu'elle soit, elle avait sa baguette à portée de main. Et ce bien plus qu'avant. La jeune femme se rendait bien compte que son poste faisait d'elle une cible de choix pour les Hors-la-loi, elle était le visage qu'on offrait aux moldus. Elle ne doutait pas que la plupart des résistants ne la portaient pas dans leur cœur. Beaucoup d'entre eux auraient probablement voulu la voir tomber. Elle, tout comme le reste des mangemorts. Dans son cas, la tuer aurait été un acte d'une stupidité aberrante, mais ça n'aurait pas été le premier. Au cours des derniers mois, elle avait gagné en popularité, en particulier après l'attaque particulièrement idiote de Jugson sur sa fille et elle-même. La tuer, la faire passer pour une martyre et donnerait une bien mauvaise image de la résistance qui n'avait pas besoin de ça.

Ici, dans les murs de Poudlard, nul besoin de s'inquiéter à l'idée d'une tentative d'assassinat. Poudlard à l'époque de l'Inquisitrice LeeRoy, ressemblait bien plus à cirque qu'une école. L'ancienne mangemorte et protégée de Brom avait laissé le bourbisme revenir entre les murs de l'école et ça avait causé sa perte. Eris Valverde avait relevé le niveau transmettant à sa sombre collègue une école disciplinée et puriste. Nul doute que si Valverde avait pris des mesures drastiques pour renforcer la sécurité à Poudlard, Bellatrix Lestrange du haut de sa tour noire en prendrait d'autre. Le vieux fou avait eu tendance à dire que Poudlard était l'endroit le mieux protégé du Royaume-Uni, et pour une fois Ruth était d'accord avec lui.

En attendant, ce n'était pas Lestrange qu'elle était venue voir, mais bien Madne. Pourquoi venir déranger son ancienne collègue maintenant qu'elles n'avaient plus rien à voir l'une avec l'autre. La jeune femme avait pris le premier prétexte qu'elle avait sous la main, c'est-à-dire cette demande idiote qu'était choisir le remplaçant de son remplaçant. Madeline avec son ventre rond insolent n'aurait-elle pas pu le faire ? Elle supposait que la comparaison avec la torture venait de là et en fit la remarque à son ancienne collègue :

« Une tortue de terre, ça me semble plutôt flatteur si tu veux mon avis. Avec son ventre, qui n'était déjà pas plat avant sa grossesse, elle m'a toujours fait beaucoup plus penser à un cachalot qu'à une tortue. Quoiqu'encore, je suis probablement méchante envers les cachalots. Eux, ont une certaine élégance qu'on ne peut pas nier. Madeline, elle ... »

Elle ne finit pas sa phrase puisque les deux femmes savaient pertinents que ça n'aurait été que pour ajouter une méchanceté de son cru. Sans compter qu'elles avaient autre chose à faire que de parler de la nature animale de leurs anciens collègues, Hildegarde ne le savait juste pas encore.

« Oui, Samuel devrait faire l'affaire. Il peut bien aller tremper son biscuit où ça lui chante, lui n'aurait pas besoin de 6 mois de congé de maternité parce que les vapeurs produites par potions et les élixirs sont susceptibles d'affecter le nourrisson. Et s'il veut continuer à nourrir sa marmaille ou entretenir les catins qui lui courront après, ma foi, il a tout intérêt à garder la position qu'on lui fait l'honneur de lui donner. »

Y avait-il du mépris dans son attitude et dans ses paroles ? Oh oui, sans aucun doute. Elle ne comprenait pas, elle qui dédiait sa vie à son travail, qu'on puisse envisager autre chose. Malheureuse dans sa vie privée, le travail était un exutoire dans lequel elle se complaisait pour éviter de voir les problèmes liés à sa vie sentimentale. L'idée que Madeline, maudite soit-elle, ait décidé d'arrêter de travailler pour se « consacrer à sa famille », quand elle-même ne pouvait pas être appelée « maman » par sa propre fille, la rendait folle de rage. Pourtant, si on sentait dans son ton une certaine irritation, son visage lui restait aimable et impassible. Sa vie personnelle devait rester privée, et il y avait bon nombres de secrets qu'elle gardait pour elle.

Du reste, c'était amusant comme tout le monde semblait évoquer De SaintClair en ce moment. Le français était retourné sur les devants de la scène de façon discrète. On entendait peu parler de lui en dehors de son département et de la thèse qu'il avait publiée. Faire attention à De SaintClair, la bonne question aurait été « A qui ne devait-elle pas faire attention ? » , qui un jour ne serait pas susceptible de lui planter un couteau dans le dos ? La famille, les amis, elle y tenait, mais elle n'était pas assez naïve que pour croire que toute relation ne peut pas changer du jour au lendemain. Elle avait assez souvent vu le phénomène arriver que pour retenir la leçon. Oui, le français était ambitieux. Ils s'intéressaient à la technologie moldue presque autant qu'elle le faisait. Nul doute qu'ils étaient les deux directeurs de département les plus qualifiés pour en parler. Néanmoins, les connaissances du français étaient focalisées sur l'armement, quand les siennes touchaient à tout. Il était possible qu'il veuille sa place, elle n'en savait rien. De son point de vue qu'il veuille sa place ou non n'avait pas d'importance. Non, c'était son désamour pour les mangemorts qui était plus dangereux aux yeux de la jeune femme. Bien entendu, elle n'allait pas en parler à Hildegarde. Elle n'était pas assez proche d'elle pour ça. Elle se contenta donc de répondre à sa question sans entrer dans les détails :

« Ça n'arrivera pas, quoiqu'il arrive, l'Intendance est au-dessus des Ministères et non l'inverse. Ils peuvent bien faire des pieds et des mains, ça ne changera pas. Je crois qu'on sous-estime un peu notre nouveau Ministre, et il y a probablement plus d'un directeur de département qui voudra tester les limites de son autorité, voir s'ils ne peuvent pas grappiller un peu de pouvoir à gauche et à droite. Ça serait une belle erreur si tu veux mon avis. »

Les temps avaient changé. L'Intendance n'était plus ce qu'elle avait été. Elle évoluait avec son temps et ses institutions aussi. Elle se renforçait. Ruth connaissait Crow et elle savait qu'il n'aurait rien d'un Intendant débonnaire, pas plus que ses prédécesseurs d'ailleurs. Il laissait carte blanche à ses collaborateurs, mais à la moindre incartade, les conséquences se ferraient sentir.

La discussion s'orienta sur un sujet moins sensible. Enfin tout dépendait du point de vue. À savoir, Platt. Qu'était devenue l'ancienne Inquisitrice. Celle que tout le monde avait déjà oubliée grâce à sa direction digne de LeeRoy. Tout ce qu'on retiendrait d'elle au final, c'était cet échec à Poudlard. Bien entendu, elle savait ce qu'elle était devenue, mais puisqu'Hildegarde semblait persuadée du contraire et elle décida de ne pas la contredire. Elle l'observa déambuler dans la pièce sans commenter la découverte du vieux Dirwell. Il eut ce moment de silence où elle se contenta de regarder sa collègue toujours sans ciller et en silence, un sourire amusé aux lèvres, mais ce ne fut que quand le professeur de potion se positionna derrière elle, admirant des chaussures qu'elle ne pouvait pas voir, puisque caché par sa robe, qu'elle se décida à parler.

La jeune femme se leva pour lui faire face et prit son verre pour se resservir à boire sans demander l'autorisation de son hôte, d'un air distrait, elle contempla le bouquet de fleur orange sur le bureau tout en déclarant distraitement :

« Poudlard à ses avantages, je suppose. Un lieu de travail grandiose, rempli d'histoire, ou tu as l'honneur d'enseigner un art subtil et délicat à des petites têtes blondes, qui pour la plupart, ne sont préocupés que par le contenu de leur pantalon. Pourtant, je me suis fait la réflexion que tu devais avoir beaucoup de mal à trouver des cadavres, ou des cobayes pour tes expériences. Bellatrix Lestrange, malgré tout son pouvoir et son prestige, ne peut pas détourner notre marchandise comme elle l'entend. »

Circulant dans la pièce, admirant la décoration, son verre toujours à la main, Ruth passa un doigt sur les fauteuils tout en buvant une gorgée du liquide pétillante. Elle en apprécia le goût, la légère amertume avant de continuer :

« J'imagine que Poudlard ne t'a pas fait arrêter tes expériences. Tu dois juste avoir plus de mal à te fournir le matériel de base, et je ne parle pas des composants. »

Oh oui, il était possible qu'elle sous-entende qu'Hildegarde ait détourné quelques corps pour son propre bénéfice. À vrai dire, elle s'en fichait. Poudlard encore une fois ne relevait pas de sa juridiction, pas plus que les sorciers. Ne la faisant pas attendre plus longtemps, elle entra dans le vif du sujet :

« J'ai plusieurs expériences que j'aimerais mener. J'aurais besoin d'une collaboratrice talentueuse et confiance. J'ai pensé à toi, je suis sûre que je peux te faire confiance après tout. »

Il y avait de l'ironie dans ses paroles, parce que les potionnistes peut-être bien plus que les autres en ce monde savait à quel point les apparences étaient trompeuses et à quel point la confiance devait s'accorder avec parcimonie.

« Il y a un lieu, plusieurs en réalité, destiné à faire le genre d'expérience que je veux mener. Le matériel mit à notre disposition est sans commune mesure avec ce que Samuel aura. Si tu acceptes ma proposition, tu y auras accès. »

Elle quitta le bureau pour revenir s'asseoir en face d'Hildegarde qui se tenait toujours debout derrière le fauteuil qu'elle avait occupé précédemment.

« Tu veux en savoir plus ou on continue de parler de mes chaussures ? »

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MessageSujet: Re: Ceux que l'on craint || Hildergarde [Fini] Jeu 7 Aoû - 17:57

Hidelgarde était une scientifique. Le genre de personne dont la vie était consacrée à ce quelque chose que beaucoup ne comprennent pas. Elle faisait partie d'une autre classe de la population, d'une caste marginalisée. Et Dieux que c'était bon de voir que cet endroit de la société n'avait pas eu à souffrir des Sangs. Bien qu'elle haïssait les Nés-moldus comme elle haïssait sa famille, sans véritablement savoir pourquoi, elle n'avait jamais adulé une suprématie des Sorciers sur ce triste monde. Hélas, on ne lui avait pas vraiment demandé son avis, sans quoi les choses n'auraient jamais été agencées ainsi. Sans nuls doutes Lestrange ne l'aurait-elle pas ainsi fait entrer à Poudlard. Mais qu'importait. Elle était venue pour Platt. Et Platt, comme lorsqu'on aime se faire mal alors que la douleur devient de plus en plus insupportable avait accepté cette candidature.
A dire vrai, elle était sûrement son unique soeur mais sa pire ennemies. Les deux sorcières étaient complémentaires de par les caractères. A l'une la froideur mortelle, à l'autre la folie des grandeurs. A l'une le savoir, l'autre la pratique et le tout mélangé pour un peu plus de gloire. Elles auraient fait un magnifique duo, à n'en pas douter. Qu'elle soit tomber, donc, ravissait Hidlegarde tout comme cela la brisait. Elle était coupée d'un mauvais élément, mais d'un élément qui la faisait jusqu'ici vivre. Platt éloignée, c'était comme une part d'elle-même qui était partie. La mauvaise part, tout aussi nécessaire que la bonne. Et sans cette part, Hildegarde se sentait quelque peu... déséquilibrée.

Elle fit un grand sourire à la bonne Ruth quand cette dernière aborda la question de la recherche.
En vérité, cette folle aux cheveux rouges était venue s'enterrer dans une telle horreur pour avoir la paix. La paix de découvrir la vie jusqu'à ses plus lointaines limites, à l'aide de personnes dont le Régime Puriste ne semblait plus avoir besoin. Quoi de mieux que servir la Sorcellerie et la science, même après sa mort?
Elle avait comme le sentiment de leur donner le pardon. Le salut de la mort. Une rédemption que de coutume seul Dieu offrait. Se sentait-elle un second Dieu? C'était des théories non idiotes des scientifiques, elle qui contrôlait la vie tout autant que la mort. Mais elle n'était pas encore arrivée à se sentir tout aussi puissante que celui en qui beaucoup croient pou rien. Non, en vérité, elle croyait en l'homme et unique en l'homme et sa putain de façon de toujours se foutre de la merde sur la tête et de marcher à l'envers. Elle était dégoûtée de cette humanité moche comme une porcherie, qui n'en sentait guère meilleure. Alors, comme toute bonne scientifique, elle essayait de comprendre pourquoi. De donner des raisons. Que diable s'était-il donc passé dans leurs foutus organismes pour qu'ils s'autodétruisent ainsi? Elle voulait comprendre. Cela n'était pas bien compliqué de le percevoir. Comprendre, rien que ça.

Elle explosa d'un rire assez inquiétant à la fin des mots de Ruth. Non mais qu'elle se trouvait bien pure cette gamine là !

« Chérie, enfin ! Tous les lieux ne me donneront pas à comprendre ce qu'il se passe dans ces bordels d'organes pour que les Hommes soient aussi cons ! Elle ria au point d'en pleurer. Et il me les faut vivants. Vivants, je veux sentir la vie sous mes mains pendant que j'essaie de comprendre pourquoi cette foutue vie est moche pour tous ceux-là. Tant pis s'ils crèvent après, c'est bien pour la science qu'ils le font ces petits choux de Bretagne. »

La Maîtresse des Potions tourna des talons, quittant sa position partiellement inquiétante pour Ruth et alla jeter sa cigarette dans le feu.
Son sourire s'était éteint et ses cheveux semblaient se balancer dans tous les sens. Talons claquant contre le sol froid de son bureau, elle était une fois de plus partie dans un moment unique et solitaire, là où Ruth et ses histoires n'avaient pour l'instant plus rien à faire.
Elle sortit du bureau telle une furie bien décidée d'en découdre, laissant grande la porte ouverte. La blancheur et le confort des lieux contrasta soudain avec l'humidité sombre des cachots de l'Ecole. Au loin, on entendait le choc des chaussures sur les ultimes pierres de Poudlard. Une vitesse folle. A entendre, cela faisait sans-doute peur. On commençait à être habitué de ces bruits soudains. En quelques mois, ces funestes endroits étaient devenus le Royaume de Madne, là où il ne valait mieux pas descendre si on ne faisait ni appeler "mon petit pigeon" encore moins "mon petit serpent à la queue frétillante".
Il y eut plusieurs bruits, quelques cris, puis un silence complet. On entendait rire Hidelgarde.
Soudain, quelqu'un entra dans le bureau. Un jeune élève, sans-doute dix sept ans. Blond, aux yeux presque noirs. Le garçon avait un visage que certaines de la gente féminine de cet âge auraient pu qualifier de "beau" et de "séduisant". Il répondait surtout à un nombre particulièrement vain de clichés. Presque imberbe, de jeunes muscles pas trop présents mais quand même. Un visage mi-rêveur mi-grand défenseur. Il avait tout pour plaire. Il avait tout d'un être ayant tenté de sombrer dans les clichés de la société et ce, pour abuser de jeunes filles qui n'en avaient rien compris.

Hildegarde suivait, baguette en l'air. Car en effet, le jeune homme lévitait, à moitié nu. Un simple boxer cachait une virilité qui, à son âge, n'avait pas encore totalement de quoi épater ces jeunes filles qui n'avaient qu'à fantasmer en voyant le reste du corps.
Il ne pouvait pas parler, mais il voyait. Ruth Alexieva n'était pas James Eccleston, ou John Mulciber. Dans deux ou trois années, elle commencerait à se faire connaître. Il ne la connaissait donc pas. Une inconnue. Calme avant tout. Il pleura. Il pleura parce qu'il pensa un instant qu'elle pourrait le sortir de là. Mais qu'importait. « Cet idiot a été pris dans les anciens bains de Poudlard en train de se faire sucer jusqu'à la moelle tel un chien par deux jeunes troisièmes années. Une gamine et un gamin. Il ne s'emmerdait pas ce petit capucin ! Alors tu vois, ma belle, je me suis demandé ce qu'il lui était passé par la tête pour faire ça. Actuellement, c'est véritablement idiot de le faire, et cela ne sert à rien. Ses parents sont morts à la guerre. Elle le regarda. Elle parlait avec calme total, prononçant bien chaque moi comme si elle tentait à chaque fois d'en extraire tout ce qu'ils avaient à dire et à cacher. Il y a bien quelque chose, n'est-ce pas? »
Elle tenait sa baguette comme un chef d'orchestre tient la sienne, cherchant à diriger toute une équipe d'instruments afin d'émouvoir au mieux son public. Elle attendait peut-être l'entrée de la cantatrice, celle qui allait jouer une tragédie.
Cela faisait foutrement tellement d'années qu'elle vivait cette tragédie.

Elle fit un geste, il tomba sur une chaise posée contre le mur de la cheminée de marbre. Un autre geste, et la chaise avança dans le coin Ouest de la pièce près du piano. Il tenta de se relever. Un nouveau geste, il fut propulsé vers l'arrière et retenu par des liens magiques.
Elle posa délicatement sa baguette sur un guéridon, ferma la porte et s'avança jusqu'à son bureau. Prenant bien en main son ouvre-lettre, elle traversa la pièce jusqu'au grand Gryffondor à moitié nu et totalement terrorisé. Elle se mit à genoux devant lui. « C'est comme ça qu'ils étaient. Devant lui. Mais c'est drôle, car on m'a dit qu'il ne tirait pas la même binette quand on l'a choppé entrain de passer cet agréable moment. Pas vrai, mon petit gars? Allez va ! Tu me donneras des nouvelles du pays. » Elle ôta le sous-vêtement de sa nouvelle victime, le laissant totalement nu devant Ruth. Elle tourna la tête vers cette dernière. Ses cheveux firent une rotation presque amusante, mais qui ne fit pas rire l'adolescent. Elle lui fit un large sourire avant de planter son ouvre-lettre juste au-dessus du sexe du Gryffondor, près de l'appendice. Il hurla tout ce qu'il avait à hurler. Le sang coulait partout. Sur le fauteuil blanc, sur le sol blanc, sur son sexe, sur ses cuisses à peine munies de poils masculins et virils. Puis elle retira la pointe, provoquant un éclaboussement de sang qui fit perdre connaissance le pauvre homme.
Puis elle planta son arme de l'autre côté. Soubresaut. Et elle rejoignit les deux trous en faisant une large entaille qui ne faisait du pubis et du reste de sa victime qu'un amas de chair et de sang.
Le gamin était en train de mourir. Son sang coulait, la douleur lui avait fait déjà quitter ce monde. Elle ouvrit la plaie d'une main. Ce fut trop. Il s'écroula, mort.

« Fichtre ! Calembredaine ! Débile petit morveux ! Lâche ! Il est mort l'imbécile. Regarde, Ruth, regarde ! Il est mort. Sans me délivrer le secret de son envie. L'envie était là. Il l'a fait. Ils lui ont fait ce plaisir. C'était là, quelque part dans cette zone. Un flux magique. Il me faut le sang. Elle sortit d'une de ses poches une fiole et la remplit de sang frais du jeune mort. Avec un peu de chance, je pourrai analyser le flux magique. En tirer quelque chose. Tu vois, Ruth, c'est ça la science. »

Puis elle se leva, fiole en main et quitta à nouveau son bureau.
Deux hommes et trois elfes arrivèrent. Les deux premiers emportèrent le corps, les trois créatures nettoyèrent le sol et la chaise en un clin d'oeil. Puis ils partirent à leur tour, laissant à Ruth l'étrange souvenir de ce qu'elle venait de voir.
Et Hildegarde revint, les mains toujours ensanglantées.

« Je crois que celui-là est bon pour être mangé par les cochons, comme disent ces abrutis de moldus ! Elle regarda Ruth d'un regard perçant, sondant et particulièrement observateur. Elle est là la science. Elle est autour de moi, en moi, en eux. Elle est partout. Et je veux être partout. Je veux être. »
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MessageSujet: Re: Ceux que l'on craint || Hildergarde [Fini] Lun 18 Aoû - 16:47

Hildegarde Madne était-elle folle ? Est-ce que Ruth pouvait réellement le juger ? Pour se faire, il aurait fallu qu'elle se juge saine d'esprit elle-même, et de ça, elle n'était pas certaine. Comme toute personne intelligente, elle avait tendance à s'arrêter parfois, et réfléchir à ce qu'elle faisait. Se souvenir de ce qu'elle avait été, et prendre le temps de se rappeler pourquoi est-ce qu'elle était où elle était aujourd'hui. Mangemorte, c'était comme une seconde peau. Pas juste une vocation, pas simplement une envie, non c'était devenu elle. Comme pour beaucoup de ses collègues, on ne pouvait plus distinguer la mangemorte et la personne privée. Les deux se fondaient et confondaient pour ne plus former qu'un seul être. Son état dictait ses actes, l'avait mise là où elle était au gouvernement, il faisait partie d'elle. Qu'en était-il des actes qu'elle accomplissait justement. Parfois, elle s'asseyait et se remémorait les morts, les tortures, les gens envoyés en camps. "Pour l'avenir du Purisme", "Des sorciers purs pour un sang pur", "Protégeons la sorcellerie", son esprit criait les slogans bien connu du Purisme quand elle y pensait. Un mal nécessaire mon enfant. La récolte est corrompue, il faut brûler et exterminer les mauvaises souches, les racines pourries, pour ne laisser que les bons éléments et assainir la société. Ce qu'ils faisaient était donc mal, elle se demandait combien parmi ses collègues prenaient le temps de se poser la question. Pas John, ça elle en était sûre, sa devise avait toujours été de ne pas réfléchir et de ne pas remettre en question le purisme, il fallait agir. La jeune femme avait toujours eu tendance à suivre la vision de celui qu'elle considérait comme son oncle, le respectant pour ses opinions, son statut de chef de famille et son parcours. Malgré toute l'affection qu'elle éprouvait pour lui, si la plupart du temps elle ne remettait pas ses actes en question, ça lui arrivait tout de même de le faire. Qu'est-ce qui était le plus effrayant alors, le fait qu'elle sache que ce qu'elle faisait était mal mais continue tout de même à le faire, ou qu'elle n'en éprouve aucun état d'âme. Si Ruth réfléchissait à ce qu'elle faisait, elle n'en éprouvait pas de remord. Oui, leur cruauté était un mal nécessaire. Purger la société pour obtenir une société pure, c'était leur but, et petit à petit, ils arrivaient à l'atteindre. Asservir les moldus ? Ce n'était que justice puisqu'ils étaient leur inférieur en toute chose. On devait leur reconnaître une certaine intelligence, de l'ingéniosité, parfois même du talent, mais ses qualités devaient être mise au service de quelque chose de plus grand qu'eux : Le Purisme. Qui de mieux indiqué que les sorciers pour leur montrer la voie, pour faire régner l'ordre des choses. Que ça soit par la terreur ou une autre manière.

La folie venait-elle du plaisir qu’elle ressentait en accomplissant sa tâche ? Pourquoi n’en aurait-elle pas eu ? Elle aidait à nettoyer le monde d’une engeance dangereuse pour l’avenir de l’humanité, quelle importance si elle éprouvait du plaisir à le faire. Les nés-moldus s’octroyaient des pouvoirs auquel ils n’avaient pas droit, brisant le système de classe et de pureté du sang, donnant une fausse image de la sorcellerie, prétendant que tout un chacun pouvait devenir sorcier. Eux, ces grandes familles qui détenaient jalousement leurs pouvoirs depuis des siècles auraient du accepter la venue de ses gens qui salissaient leur art ? Jamais. Alors elle servait le Lord. Tuait pour lui, expérimentait, jouait avec des corps vivants et sans vie de ses victimes. Ils étaient des tyrans mégalomanes au service d’un homme encore plus fou qu’eux. Pas de miséricorde, pas de pitié, s’ils pouvaient être vus comme des dieux, ils étaient aussi capricieux et cruels qu’avaient pu l’être les dieux de l’Olympe, à la fois beau et terrible, laid et cruel.

Si Ruth était folle, elle n’avait pas conscience de sa propre folie tout comme Madne ne devait pas avoir conscience de la sienne. Le fou ne sait pas qu’il est fou. S’il le savait, s’il le percevait, sa folie n’en serait pas une. C’était aussi simple que ça. Pourtant, même dans la folie, il y a des degrés, des différences, et celle de Madne n’était pas la même que celle de la Mangemorte. Les deux femmes étaient fondamentalement différentes même si elles se rejoignaient dans l’art des Potions. Aux yeux de la jeune femme, son ancienne collègue était folle. L’esprit trop remplis, incapable de se fixer sur quelque chose, elle papillonnait jusqu’au jour où elle se brûlerait. La folie chez elle ne semblait pas contenue. Non, il y avait longtemps que la soupape de sécurité s’était craquelée, laissant échapper des brides plus ou moins importantes de cet aspect de sa personnalité.

Ruth deviendrait-elle un jour comme elle ? Incapable de rester en place, incapable de contrôler sa folie ? Elle ne le pensait pas. Elle n’était pas folle, pas à ses yeux en tout cas. Et pendant ce temps, Hildegarde riait à gorge déployée. Il y avait quelque chose qu’elle devait trouver drôle, mais Ruth n’aurait pas su mettre le doigt dessus. Et tandis qu’elle riait, Ruth restait encore immobile. Pour peu, on aurait pu croire qu’elle ne faisait pas attention à sa collègue alors que c’était tout le contraire. Elle prêtait attention à celle-ci l’observant dans ses déplacements étourdissants sans l’ombre d’un sourire. Tournant les talons, elle s’en fût de la pièce telle une furie, cherchant quelque chose que Ruth ne pouvait deviner. Ruth ne la suivit pas, mais en profita pour se lever, faisant quelques pas dans la pièce. Etais-ce une bonne idée finalement de lui demander sa contribution ? Elle-même était calme, sérieuse et rigoureuse dans son travail. Madne aussi, mais pas de la même façon. Folle, le mot revient encore dans l’esprit de la Directrice des Affaires Moldues, et finalement ça la fit hausser les épaules. Oui, elle était folle, et alors ? Madne était brillante et le purisme avait besoin de gens brillant, qu’ils soient fous ou non.

Ayant brièvement dégourdit ses jambes, elle se rassit, de nouveau droite, son dos ne touchant pas le dossier du fauteuil. Elle entendit un cri au loin, du bruit puis le silence si ce n’était un bruit de pas dans le couloir. Elle ne réagit pas, la sécurité n’était pas son affaire. Il y avait tout un personnel mit en place par l’Inquisitrice pour se faire et nul doute que Madne ressemblait plus au chasseur qu’à la proie.

Ce fut d’ailleurs en félin triomphant qu’elle entra de nouveau dans la pièce. Accompagnée d’un jeune homme approchant probablement les dix-huit ans lévitant à moitié nu devant elle. C’est dans un silence total qu’elle regarda la scène. Le jeune homme pleurait sans que ça évoque la moindre compassion à la jeune femme. Elle attendait simplement la suite des évènements, elle savait Hildegarde bavarde dans une certaine mesure, elle lui dirait assez tôt ce que l’adolescent à moitié nu faisait là. Elle aurait pu avoir un grand débat avec son ancienne employée sur le fait qu’elle-même avait probablement fait la même chose lors de sa septième année à Poudlard ou évoquer le plaisir qu’on pouvait prendre dans ce genre de situation, mais ce n’était ni le lieu, ni la personne avec qui elle pouvait avoir cette discussion. James ou Mike, oui. Ils étaient ses cousins, ses amis les plus proches, ses égaux. Hildegarde, aussi utile soit-elle, n’était rien de tout cela.

Sous les yeux de Ruth c’était désormais une représentation macabre qui commençait. L’acteur principal n’avait certainement pas envie d’être sur scène, mais le metteur en scène était butté et cruel. Sans prévenir, une fois qu’il fut nu, son organe flétrit par la peur, fut sauvagement entaillé par l’ouvre-lettre de la Professeur de Potion, provoquant une hémorragie et un hurlement qui irrita les tympans de Ruth. Le sang, la douleur, le pauvre gamin n’allait pas résister longtemps ça ne faisait aucun doute. La jeune femme ne fit rien pour arrêter la Directrice des Serdaigles dans son entreprise. Elle aurait pu si elle l’avait voulu, elle était dans son bon droit quand bien-même Poudlard était sous la juridiction de Bellatrix. Or Ruth était certaine que Lestrange ne savait pas ce qui pouvait bien se tramer parfois dans le bureau de Madne. N’ayant aucun intérêt à le faire, elle ne l’arrêta pas. Le gamin allait mourir, c’était certain, il suffisait de voir l’état de la blessure. C’était répugnant mais Ruth comme Hildegarde en avait vu d’autre. Et si la scène aurait fait tourné de l’œil à certain, elles ne faisaient pas partie de cette catégorie.

Le plus surprenant, c’est que sa collègue semblait s’étonner de la mort du Gyrffondor. Toujours sans sourire, elle commenta d’un ton froid, tandis que qu’une petite équipe venait débarrasser le corps et nettoyer la salle :

« Evidemment qu’il est mort. A quoi t’attendais-tu ? Si la douleur est insupportable, le cerveau lâche, et même, avec une hémorragie pareille, il ne pouvait pas rester en vie. »

Apprendre à contrôler la douleur de sa victime, son seuil de tolérance. Tout un art auquel Ruth s’exerçait. Maintenir sa victime envie en lui faisant subir les plus dur sévices, quoi de plus difficile ? Tuer était tellement simple et facile. Garder en vie était un tout autre challenge.

Se levant, elle observa le bureau de nouveau d’un blanc immaculé, il n’y avait que les mains ensanglantées d’Hildegarde pour rappeler qu’en ses lieux, quelqu’un était mort. Sans la regarder, elle passa sa main sur les divans, et lui demanda presque songeuse :

« Ce n’était pas un sang-pur au moins ? Le sang Hildegarde, ne doit pas être gaspillé. Le pur encore moins que le mêlé, mais tuer et torturer un sang-mêlé qui n’a pas été jugé coupable reste un crime. Que deviendrait le monde si on laissait tout un chacun torturer gratuitement des gens comme toi simplement parce qu’ils sont sang-mêlé. Nous sommes disciplinés, il y a des lois et vous devez les suivre. A Poudlard, seul l’Inquisitrice Lestrange a le droit de torturer des élèves. L’Intendance et le Ministère condamne, toi non. Nous ne sommes pas des barbares comme les moldus, ne l’oublie pas. »

La voix était douce, et nullement agressive. C’est ce qui aurait du faire peur à Madne. Sous les paroles, à priori bienveillantes, de la jeune femme se cachait une menace bien réelle. Ruth était connue pour son caractère peu amène et souvent explosif, et c’est quand elle devenait froide que l’on comprenait qu’on avait été trop loin. Trop prise dans sa propre folie, elle avait commis une erreur. Elle avait tué un sorcier, de sang-pur ou mêlé, devant un membre du gouvernement sans en avoir le droit. L’enfant aurait été né-moldu, personne n’y aurait rien trouvé à redire, mais il n’y avait plus de né-moldu à Poudlard. L’acte de son ancienne collègue était donc un crime, et un manquement au règlement intérieur de l’école. Il n’y avait peut-être plus de justice, mais personne ne pouvait prétendre se substituer à leur autorité et donc par extension à celle du Seigneur des Ténèbres. Ici, elle se contenta de la remarque, et d’un ton plus sec, elle changea le sujet :

« Tu auras tes corps vivants. Le lieu où je vais t’emmener nécessite un serment inviolable pour que tu puisses y accéder. »

C’était probablement une mauvaise surprise que Ruth lui faisait là. Qu’importe, elle n’avait pas le choix et même si comme tout sorcier, elle répugnerait à le faire, son envie de d’accéder au savoir qu’on lui proposait prendre le pas sur le reste.

« Nous ferrons ça prochainement, ne t’inquiète pas, rien de trop contraignant ou presque. »

A présent, c’était la jeune femme qui souriait, riant presque à l’idée de la contrariété que le serment devait impliquer. Sans attendre d’éventuelle protestation, elle rassembla ses affaires d’un Accio et se dirigea vers la sortie, le bruit de ses talons claquant sur le sol. Avant de franchir la porte, elle se tourna vers Hildegarde son sourire toujours affiché.

« Passe une bonne soirée ma chère, nous nous verrons bientôt. »


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Ceux que l'on craint || Hildergarde [Fini]

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