POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
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Résistance et divergences [Pv H. Granger - QG OdP - Chili]

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Minerva R. McGonagall


MessageSujet: Résistance et divergences [Pv H. Granger - QG OdP - Chili] Dim 15 Juin - 22:53

Voilà quelques temps que Minerva avait rejoint la Vague à présent. Cela, la rendait plus utile à la résistance, c'était son point de vue. Tenter de faire sa place parmi la jeune rébellion, ce n'était pas de tout repos. La sorcière qui avait été plus de la moitié de sa vie dans une école, protectrice, certes, entre les murs de la célèbre école. Là voilà sur le terrain, traquer par d'anciens élèves pour la plupart pour ne pas dire la totalité. La sorcière était âgée mais restaient une cible difficile à abattre. Un trophée que beaucoup souhaiterait montrer.
Ainsi la sorcière avait du fuir Poudlard, non plus pour protéger les élèves, mais pour sa propre sécurité. Au début, elle était restée fidèle à l'Ordre du Phénix comme elle l'a été pendant plus de vingt ans, tapis dans l'ombre de Dumbledore, elle restait celle qui prenait la défense du Survivant. Contrairement à Albus, qui cherchait à le mettre en avant, se battre contre le Mage Noir, nombreux sorciers sont morts pour l'Elu, pour l'Espoir de vaincre le Mal. Mais les mangemorts, les divers appuis et surtout Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom anéantir Harry Potter et tout l'espoir de paix.

La fuite était inévitable, la mort aussi d'ailleurs, ainsi l'Ordre du Phénix s'était exilé, loin de leur patrie si cher à leur cœur. Les voilà au Chili en plein cœur de la Cordillère des Andes, à préparer leurs attaques. La mort d'Harry Potter, c'est son meilleur ami, Ronald Weasley qui prit la tête du Quartier Général. Longtemps déstabiliser par les plus anciens, le rouquin réussit à faire de sa place de second, un leader à sa manière. Néanmoins, nombreux membres de l'Ordre du Phénix désapprouvaient la manière de diriger du jeune sorcier. Il avait changé, radicalement. Minerva resta dans l'ombre, tout comme lorsque son mentor était vivant. Elle n'aimait pas exposer des idées qui de toutes évidences seraient évincées car jugées trop « douces » contre les forces du mal.

Les exploits de Weasley remontèrent et brisèrent certaines lignes de défenses mangemortes mais toujours avec des pertes de leur côté. Un jour, plus rien, c'était comme si la flamme de Ronald Weasley s'était éteinte. Il n'agissait plus aussi vivement que la première fois ? Agissant, quasi seul, pire faisant des erreurs flagrantes. Beaucoup, quittèrent l'Ordre du Phénix faute de leader. Certains disparurent, préférant essayer de refaire leur vie...ailleurs. Pour ceux qui restait, il fallait trouver une raison de se battre.

Minerva fit partit aussi étonnant que cela puisse paraître de ceux qui « disparurent » du jour au lendemain. Mais pas pour les raisons énoncées plus haut, non elle cherchait des appuis du passé. D'anciens amis, alliés qu'elle avait pu rencontrer lorsqu'elle était enseignante à Poudlard, les enfants des enfants, amis des amis, bref, toute personne pouvant se rallier à la résistance. Elle en trouva peu...il fallait dire, qu'ils étaient pour la plupart morts de vieillesse ou bien trop las pour se battre pour une cause qui n'était pas la leur. La vieille dame se résilia un jour, alors qu'elle lisait le journal clandestin de la résistance.

La Vague proposait certes une vision plus radicale que l'Ordre du Phénix, mais il recrutait toute baguette faisant ses preuves sur le terrain. Minerva pesa le pour et le contre durant des jours durant. Finalement et pour voir ce qui se passait sur place, elle retourna en Angleterre. D'ailleurs, elle évita de justesse de se faire capturer par un membre du Ministère. Heureusement, elle pu échapper à l'affrontement avec quelques blessures. Elle trouva un moyen de rencontrer le leader de la Vague pour proposer sa baguette.

Soupçonneux de compter l'animagi dans ses rangs, Minerva ne fut pas recalée pour autant. Une baguette était une baguette, et la vieille dame connaissait de par son âge de nombreux sorts d'attaques ou de soutiens. Ainsi après, plus de trente ans d'allégence à l'Ordre du Phénix, elle rejoignit la Vague. Même si elle n'était pas radicale et restait ce qu'elle était au plus profond de son cœur. Elle se battait et prêtait main forte sur le terrain avec ses alliés qui évidemment l'avaient suivi laissant, Ron Weasley et les autres au Chili.

Peut être six mois plus tard, Minerva avait combattu d'anciens rivaux, des nouveaux aussi, des créatures enrôlées. Elle avait subi de nombreuses souffrances, le videntraille de Valverde, l'avait particulièrement affaiblie pendant plus d'un mois.
Depuis quelques jours, une possible mission « coup de poing » dans les quartiers de Glascow agitait les membre de la Vague qui participera ou non ? Minerva s'était proposée. Mais d'ici là, elle se prépara. Et médita sur le futur proche qui les attendait.
Dans un moment calme, en pleine lecture de la Gazette. Elle apprit les morts de certains membres de l'Ordre. Du haut de la tour du quartier général, elle regarda par la fenêtre pensant aux survivants au Chili.

Prenant son courage à deux mains, elle opta pour rendre visite à ses anciens alliés. Même si au fond, ils étaient tous dans le même camp, seule la vision des idéologies divergeait. Tout se sait dans ce monde, la Résistance doit tout savoir, et la vieille dame se doutait que certains s'étaient rendu compte qu'elle n'était plus aussi proche de l'Ordre qu'après la bataille de Poudlard.

Une désertion ? Non. Un argument qui tenait en trois lettres ? Bien sûr que cela ne suffirait pas, surtout que depuis plus de la moitié d'une année, elle n'avait pas chercher à garder contact avec eux.  Elle aurait déserté ça aurait été la même chose, le même ressentit vis-à-vis de ceux qui étaient restés.  McGonagall, souvent associée à Poudlard, à quelqu'un de droit et loyal, avait tourné le dos à l'Institution qui l'avait aidée à survivre à la mort de son époux. Même si c'était surtout Dumbledore qui l'avait aidé à l'époque.

Revoir les autres. Un sentiment de remords. Mais elle ne retournerait pas à l'Ordre du Phénix. Non, c'était trop tard, elle ni voyait plus la même : conviction. Et ça serait mentir.
Ainsi, elle transplana, tenta de se souvenir des chemins et raccourcis à prendre pour percer les défenses du quartier général dans la Cordillère des Andes. Il restait peu de sorciers. Mais chacun d'eux la dévisagèrent, certains l'insultèrent sans gène.

-Alors on revient !
-Les déserteurs ne sont pas les bienvenus, Minerva.

Les deux sorciers crachèrent aux pieds de la vieille femme. Elle ne prononça pas un mot, d'ailleurs, elle ne parlait presque plus. Sauf peut être quand on lui demandait directement son avis. Ou part politesse on lui demandait comme elle allait.

Finalement, elle fut agrippée par le bras non loin du bureau où se tenait le leader de l'Ordre.

-McGonagall ! Tu as finalement retrouvé la raison ?  
-Nolan, toujours en vie...et en forme.
-Oui, en vie.
-Tu me fais mal, lâche-moi !


Le sorcier devait avoir la cinquantaine bien posée. Il s'était fait mordre durant la bataille de Poudlard. Lorsqu'il avait agrippé la sorcière, il serrait son avant-bras, la vieille femme fit un geste brusque pour se dégager de l'entrave.

-Que fais-tu là ? Espionner ?
-Je suis venue voir quelqu'un.
-Qui !?
-Je t'ai dis de me lâcher !
-Relax, professeur...détendez-vous...nous sommes alliés, non?


Minerva réajusta ses lunettes. Le silence retombé, une tierce les rejoignit.

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MessageSujet: Re: Résistance et divergences [Pv H. Granger - QG OdP - Chili] Mar 24 Juin - 7:59

"Un départ, ça ressemble toujours à une désertion" - Berthe Hamelin

Spoiler:
 

Q.G. de l'Ordre, Zone AmSud - Cordillère des Andes, Chili...

L'un des avantages à avoir un quartier-général dans la Cordillère des Andes c'était sa difficulté d'accès. Perché sur de haut plateaux, dans l'immensité sauvage, la végétation et la vie animale n'y étaient pas toujours présente, bien que le spectacle était à couper le souffle. Eloigné de la civilisation, abrité sous des kilomètres de galeries creusées dans la roche, le quartier-général de l'Ordre du Phénix pour la zone Amérique du sud  ressemblait à un bastion imprenable et bien défendu.

En apparence les alentours étaient désertés. Miss Granger avait donné des instructions afin que cette base soit la plus discrète possible pour échapper à toute éventuelle détection, par d'éventuels baroudeurs, avions ou satellites. La base en elle-même était soumise au sortilège du Fidélitas, ce qui la rendait incartable et impossible d'accès à tout ceux qui ne figuraient pas dans le secret. Aucune armée, aucune bombe ni aucun missile n'était en mesure de les inquiéter. Pour évacuer, il suffisait de suivre des galeries, d'emporter le matériel essentiel et de tout faire sauter.

L'intérieur ressemblait à des catacombes, en plus large. Certaines salles avaient été creusées pour divers usages tels que les dortoirs, les salles de réunion, les lieux de stockage, une chapelle, une salle d'état-major, les espaces détente, les réserves de nourriture et d'eau potable, l'infirmerie, un laboratoire (avec peu de matériel), une morgue et des commodités rudimentaires. L'extérieur avait été préservé et les traces effacées. Plusieurs équipes de guetteurs avaient été disposées en hauteur, à des endroits stratégiques afin de surveiller les alentours et prévenir le QG au cas où.

Ronald avait été impressionné par la minutie déployée par sa chérie. Il l'avait vu chambouler leur organisation, restaurer ce qui faisait l'âme de l'Ordre du Phénix à sa fondation par le professeur Dumbledore. Elle avait banni le serment inviolable, l'usage de la torture, ouvert le recrutement aux moldus, restaurer une dignité, bien qu'il restait encore du travail à accomplir, comme celui qui consistait à faire un peu de ménage dans leur rang. Son "chéri" ne voyait pas toujours les choses d'un bon oeil, mais il lui avait toujours fait confiance, lui qui n'était plus le même homme depuis l'échec de Privet Drive.

La moralité était pour elle une question importante, capitale. Cela ne voulait pas dire que lorsque vous étiez en guerre, il ne fallait pas user de la ruse et de certaines opérations brutales, jugée illégales en temps de paix, pour affaiblir et vaincre son ennemi. Aussi, si elle considérait que la fin ne justifiait pas toujours les moyens, Hermione préférait la subtilité et l'intelligence à la brutalité et à la stupidité. Elle considérait que l'Intendance était servi par des cerveaux brillants, qu'il y avait surement des choses tenues secrètes, des coups tordus en préparation partout dans le monde.

Si la résistance était inefficace c'était parce qu'il manquait un chef pour choisir la meilleure stratégie, pour préserver les valeurs et la culture que leurs ennemis tentaient d'abattre, y compris de manière insidieuse. Il ne semblait y avoir personne pour saisir les conditions d'engagement, pour établir une stratégie globale avec des objectifs politiques et militaires à long terme, pour renverser la vapeur et gagner les faveurs de nouveaux alliés, y compris de la majeure partie de la population de Grande-Bretagne. Jusqu'à présent, celles de l'Ordre et de la Vague s'étaient avérées inadaptées.

Bien-sûr, Hermione adorait échafauder des plans ; parfois même un peu trop. Mais s'il n'était pas question pour elle d'un divertissement intellectuel, elle se mit au travail dans l'espoir de relancer leur organisation et de surprendre leurs adversaires de manière machiavélique. Avec son cerveau en ébullition, la née-moldue oeuvra d'arrache-pied pendant des jours, des semaines, passant ses journées et ses nuits à réfléchir, consulter des documents, relire ses notes et écrire. On ne la voyait que pour certaines inspections, pour traiter les affaires courantes, prendre des décisions urgentes, prendre un repas ou une douche.

Son rouquin s'en inquiéta puisqu'à chaque fois qu'il tentait de l'approcher pour lui parler elle l'envoyait balader en pestant qu'elle réclamait la tranquilité pour travailler. Oui, mais sur quoi, se demandait-il, avec l'air penaud. C'était bien là la question ! Elle finit au bout de quelques jours par avoir un entretien avec leurs partisans, en dehors de ceux qui avaient désertés ou préférer partir. Heureusement, la majeure partie était toujours là, fidèle au poste et convaincu que l'intelligence, la sagesse, la vertu et le courage devaient triompher du Mal. Et elle avait eu le plaisir de retrouver les Weasley, Tonks, Shakelbolt, Horace, Elphias, Hagrid, Alberforth et les autres au rendez-vous pour leur exposer quelques détails et requérir leurs avis.

Elle leur parla aussi de son entretien avec Benjamin Mulciber, le leader de la Vague, survenu quelques jours auparavant. Les détails devant rester secrets pour l'instant, nous n'en parlerons pas. Cependant, il semblait qu'Hermione semblait désireuse de participer à l'opération Reconquista dans l'espoir de se faire une meilleure idée de l'individu et des ses méthodes. Et puis, il y avait cette proposition de s'allier à la Vague, de participer à "la république". La question restait pour le moment indécise. Ron s'était opposé à tout, mais peut-être n'avait-il pas tort pour une fois. Bien-sûr, avec la disparition de Bill et le changement d'attitude de l'Indésirable numéro 1, Fleur avait rejoint la Vague, comme le professeur Macgonagall. Et c'était bien dommage.

La sorcière regrettait de ne pas avoir vu son mentor lors de sa venue au Pérou. Malgré sa défection, la jeune femme restait attachée à son mentor, à l'une des femmes fortes de l'ancienne génération, du premier Ordre du Phénix qui combattit les mangemorts bien avant sa naissance. Elle ne comprenait pas pourquoi Ronald n'avait jamais requis son avis, elle qui disposait pourtant d'une expérience et de qualités inestimables. Ce départ l'avait affecté, même si elle en devinait plus ou moins les raisons. Elle espérait qu'elle allait bien, qu'elle ne se retrouverait pas dans une situation difficile. Peut-être s'agissait-il de l'une des raisons de sa colère à l'égard de son petit-ami. C'était possible.

En tout cas, si la Vague appréciait les manoeuvres et la force brutale, l'Ordre, lui, avait opté pour une meilleure répartition et plus de discrétion. En somme, il fallait dissimuler ses troupes, camoufler ses manoeuvres, les répartir intelligemment, ne pas tous les entreposer au même endroit et faire en sorte que leurs opérations coïncident avec leurs objectifs et la manière de contrecarrer l'ennemi. Voilà pourquoi, lorsque le professeur Macgonagall se rendit au quartier-général de l'Ordre pour la zone AmSud, elle ne trouva aucune trace d'activité récente ou d'âme qui vive. Les troupes avaient un moral moyen, ils ne manquaient de rien sauf d'une réelle occupation.

Hermione savait qu'elle ne devait pas suivre Ronald dans son entêtement. Pour regonfler un peu le moral des troupes, se relancer, il fallait "aller au charbon", comme on disait dans le temps. Donc, cette opération Reconquista, bien qu'hasardeuse, lui semblait l'occasion idéale pour mettre un peu de désordre dans les rangs ennemis. Voilà que la pression chez elle venait de monter d'un cran. Elle se retrouvait à faire le travail d'un leader, à planifier des opérations dans le monde entier et à devoir préparer une participation pour Glasgow. Un travail titanesque qui lui faisait dire qu'elle aurait bien besoin d'aide, mais surtout de réconfort, d'un soutien puisqu'elle n'aimait pas trop se retrouver au centre de toutes les attentions. Non, mais souvenez-vous de la réunion de la future A.D. à l'auberge de la tête de sanglier !

"- Miss Granger ! On nous signale une approche !"
"- Hm... amie ou hostile ?"
"- Eh bien, je... Il semblerait que ce soit le professeur Macgonagall, euh..."
"- Vous en êtes sûr ?"
"- Confirmé trois fois par nos observateurs. Ne devrait-on pas passer en alerte jaune ?"
"- Pour quoi faire ? Si des ennemis tentaient de pénétrer, nous aurions le temps d'évacuer et de tout faire sauter. Non, faites en sorte qu'elle trouve son chemin jusqu'ici et ne lui faites pas de mal. Continuez à surveiller les alentours. Postez des gardes aux endroits stratégiques, ça suffira."
"- A vos ordres."

Evidemment, la venue du professeur ne plaisait pas à tout le monde au sein de cette base. Hermione avait pourtant donné des consignes. Elle demanda à Ronald de la laisser s'entretenir avec elle, en laissant deux gardes à l'intérieur. S'il s'agissait du véritable professeur Macgonagall, son ancienne protégée ne risquait rien. Perturbée par cette visite inespérée et mal à l'aise à l'idée d'avoir à évoquer "son absence", la jeune femme appréhendait un peu. Non, il ne fallait pas que Minerva la voit dans cet état, surtout lorsqu'elle apprendrait que c'était elle qui portait actuellement à bout de bras l'Ordre du Phénix. Que penserait-elle d'elle à ce moment-là ? Elle n'en avait pas la moindre idée. C'était affreux.

Soupirant un grand coup en chassant ses réflexions, elle ajusta ses vêtements et un peu sa coiffure afin d'avoir l'air un peu plus présentable en dépit de son état de fatigue. Dans la pièce, on trouvait un réchaud qui lui permettait de faire chauffer un petit chaudron de soupe, une table, quelques chaises, des cartes d'état-major et des documents. Rangeant son kit d'écriture et certains dossiers confidentiels en lieu sûr, elle fit un peu place nette afin de recevoir cette dame de qualité qui lui faisait l'honneur de sa visite. Loin d'être hypocrite, Hermione voulait accueillir son ancienne directrice de maison comme il se convenait. Peut-être refuserait-elle une boisson ou un bol de soupe en sa compagnie, mais au moins ce serait offert de bon coeur et sans arrière pensée.

Au bout d'un moment, elle entendit du bruit dans un couloir creusé dans la roche. Approchant de l'entrée de la pièce, elle écouta le flot des conversations qui se rapprochait de plus en plus de sa position. Fronçant les sourcils, la résistante semblait contrariée et plutôt mécontente. Que se passait-il encore !? Elle avait pourtant donné des consignes ! Finalement, Minerva fut agrippée par le bras non loin du bureau où se tenait le leader de l'Ordre. C'était incroyable...

-McGonagall ! Tu as finalement retrouvé la raison ?
-Nolan, toujours en vie...et en forme.
-Oui, en vie.
-Tu me fais mal, lâche-moi !

-Que fais-tu là ? Espionner ?
-Je suis venue voir quelqu'un.
-Qui !?
-Je t'ai dis de me lâcher !
-Relax, professeur...détendez-vous...nous sommes alliés, non?

Si ce qu'elle entendait ne lui plaisait pas, elle eut au moins la confirmation que le professeur Macgonagall avait reconnu l'une de ses "vieilles connaissances". Ces deux-là ne pouvaient pas s'encadrer, mais tout de même ! C'était inadmissible ! Que cela fusse ou non une désertion, Minerva n'était pas une ennemie, mais la bienvenue tant qu'elle n'agissait pas de manière fâcheuse contre eux, ce dont l'ancienne Gryffondor doutait, mais par les temps qui courraient... En tout cas, Hermione sortit très vite de "son bureau" et avança d'un pas décidé en direction du petit groupe. Etant donné son air autoritaire, ses sourcils froncés et ses lèvres pincées, elle n'appréciait absolument pas que l'on perturbe ainsi un professeur, une résistante, qui méritait le respect, par le caleçon de Merlin !

"- Nolan !", s'écria-t-elle avec autorité, d'une voix puissante. "Je croyais avoir demandé à tout le monde de laisser entrer le professeur en toute sécurité ? Vous vous fichez de moi ou quoi !?", lui lança-t-elle avec son air réprobateur.
"- Ben quoi elle est sauve, non ?"
"- Excuse-vous tout de suite de lui avoir agrippé le bras !", fit-elle en sortant sa baguette magique.
"- Que je m'excuse !?", demanda Nolan, d'un air ébahi.
"- Dépêchez-vous avant que je ne vous transforme en une chose anormale !", lui rétorqua-t-elle au tac-o-tac.
"- Hum... Je... hum... Veuillez m'excuser", fit-il en serrant un peu la mâchoire.
"- Voilà qui est mieux et maintenant filez d'ici. C'est un ordre. Un seul mot de travers et je vous place aux arrêts de rigueur. Vous m'avez compris ?", ajouta-t-elle séchement.
"- Comme vous voudrez...", fit Nolan, avec un peu de nonchalance.  

Lorsque l'incident fut dissipé, Hermione vérifia qu'elles étaient seules puis elle soupira un grand coup afin de chasser son angoisse et se remettre les idées en place. A présent, l'air confuse et plus calme, elle plongea son regard noisette dans ceux de son ancien professeur de métamorphoses. Puis, dans une attitude quelque peu comique, en décalage, elle ajouta :

"- Oh, je l'aurai métamorphosé, soyez-en certaine, professeur", dit-elle sur un ton qui se voulait convainquant.

Elle réalisa soudainement qu'elle s'attardait un peu trop sur le problème Nolan et se reprit aussitôt.

"Hum... Pardonnez-moi pour cet incident. Depuis que Ron me laisse diriger, j'ai tellement de travail pour restaurer l'âme de cette organisation que je n'ai pas encore eu le temps de faire un peu de ménage", déclara-t-elle en soupirant d'un air fatigué. Elle essaya de se détendre et ajouta : "Soyez la bienvenue. C'est bon de vous retrouver. J'espère que vous allez bien. Je vous en prie, suivez-moi dans la salle d'état-major, nous serons plus à notre aise", fit-elle en lui adressant un sourire amical et sincère, en l'invitant d'un geste de la main.  

Une fois à l'intérieur, elle s'approcha de la table et d'une chaise et lui en présenta une afin que son invité puisse prendre place confortablement. Il n'y avait rien de mal à être poli et civilisé, n'est-ce-pas ?

"Puis-je vous proposer une boisson ou un peu de soupe ? Je comptais manger un peu. Je n'ai rien avalé depuis hier soir...", demanda-t-elle avec politesse, sincérité et un mince espoir.
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MessageSujet: Re: Résistance et divergences [Pv H. Granger - QG OdP - Chili] Sam 28 Juin - 16:01

Minerva était rentrée assez facilement au quartier général de l'Ordre du Phénix. Elle aurait du se douter qu'elle aurait droit à un comité d'accueil. Trop suspect pour être prit avec suffisamment de recul et voilà le résultat. Des sorciers que déjà à l'époque, elle ne pouvait supporter, l'a prirent en grippe dès son entrée dans le hall. La sorcière n'en était pas à sa première altercation et cela ne serait sans doute pas la dernière.

La vieille dame se retrouva face à face avec Nolan, un homme de sa génération qui pourtant loin d'avoir un casier vierge, bagarreur depuis son plus jeune âge, osait une nouvelle confrontation avec la Gryffondor. Pourtant, ils auraient pu être amis. Partageant les mêmes valeurs et la même avidité quand il s'agit d'apprendre, pratiquer la magie, mais voilà les caractères étant ce qu'ils sont : tous deux ne pouvaient se supporter. La démonstration en fit une nouvelle fois la preuve, enfin d'un côté c'était un bon moyen de vérifier les identités de chacun et poser les poings sur la table. Nolan tenait fermement le bras de Minerva, il appuyait avec suffisamment de force pour la marquer à travers ses vêtements. La sorcière se faisant menaçante, il en diminue pas son emprise.

Alors que les deux sorciers réglaient leurs comptes, d'autres les rejoignirent. Et forcément ce qui devait arriver, arriva. Une voix plus forte brisa le silence ou la tension qui régnait dans la pièce.

"- Nolan ! Je croyais avoir demandé à tout le monde de laisser entrer le professeur en toute sécurité ? Vous vous fichez de moi ou quoi !?"
"- Ben quoi elle est sauve, non ?"
"- Excusez-vous tout de suite de lui avoir agrippé le bras !"
"- Que je m'excuse !?"
"- Dépêchez-vous avant que je ne vous transforme en une chose anormale !",
"- Hum... Je... hum... Veuillez m'excuser"
"- Voilà qui est mieux et maintenant filez d'ici. C'est un ordre. Un seul mot de travers et je vous place aux arrêts de rigueur. Vous m'avez compris ?"
"- Comme vous voudrez..."


Minerva se frotta le bras, la voilà dégagée de l'emprise du sorcier. Elle le laissa se faire remonter les bretelles par une jeunette. Elle afficha un sourire satisfait. Même s'il n'y avait rien de glorieux de se faire libérer par sa cadette. Mais, voir le visage déconfit de Nolan, sans compter sur « ses excuses » non c'était vraiment satisfaisant. La vieille dame se retourna vers Hermione. Elle a été son élève et heureusement pour elle, un modèle pour la jeune femme. Ainsi, les ordres avaient été donné : personne ne devait toucher à l'ancienne professeur? Cela expliquait pourquoi elle était arrivée jusqu'ici aussi facilement. La miss attendit la réplique de Nolan avant de tourner les talons vers l'assemblée de sorciers. Minerva en profita pour lancer une pointe sarcastique à son allié.

-Si on m'avait dit que je vivrai suffisamment longtemps pour entendre tes excuses Nolan...Je ne l'aurai pas cru.
-Fais attention, McGonagall, elle ne saura pas toujours là pour te sauver la mise.
Déclara l'homme entre ses dents, tout en serrant les poings.

Minerva releva la tête, au pire, elle serait ravie de le remettre à sa place mais ailleurs...loin de ce public de mauvaise augure. La sorcière soupira avant de reprendre sa marche en compagnie de celle qu'elle était venue voir.

"- Oh, je l'aurai métamorphosé, soyez-en certaine, professeur"
-Je n'en doute pas une seconde, miss. Mais ne m'appelez plus ainsi, nous en avons déjà discuté.


La sorcière lui avait déjà dit lors des précédentes réunions quand elle faisait encore partie de l'Ordre sous la direction de Ronald Weasley. Mais il semblerait que les mauvaises habitudes étaient plus fortes. Elle ne pouvait lui en vouloir pour ce détail, mais la vieille dame digérait encore mal, le fait d'avoir été chassé de l'école suite à l'ascension du Mage Noir. Elle secoua la tête et suivit la jeune fille loin des oreilles indiscrètes.

Minerva ne savait pas vraiment pourquoi elle était venue. Voulait-elle apaiser les tensions entre la Vague et l'Ordre du Phénix ? Apaiser sa propre conscience d'avoir abandonner les siens ? Abandonner la philosophie de Dumbledore ? Après tout, elle n'avait pas été la seule à quitter le quartier général pour davantage d'actions au sein de la Vague. Non, elle ne culpabilisait pas et si Hermione lui demandait elle lui répondrait en toute franchise. Pourquoi mentir quand les faits sont là. Par prudence, Minerva opta pour le silence, laisser la demoiselle prendre les devant. Après tout elle était la « Seconde » dans cette organisation hors-la-loi, non ?

"Hum... Pardonnez-moi pour cet incident. Depuis que Ron me laisse diriger, j'ai tellement de travail pour restaurer l'âme de cette organisation que je n'ai pas encore eu le temps de faire un peu de ménage. Soyez la bienvenue. C'est bon de vous retrouver. J'espère que vous allez bien. Je vous en prie, suivez-moi dans la salle d'état-major, nous serons plus à notre aise"

Le silence se brisa aussi vite que la glace. En effet, quand les deux femmes furent dans une sorte de salle de réunion, les réponses allaient prendre place au fil de leur discussion.

-Ce n'est pas de votre faute, Hermione. Nolan a toujours été un idiot, le temps ne l'a pas rendu meilleur à mon égard. Le contraire m'aurait étonnée. Sinon, à part cela, tout va bien. Même si la guerre fait des ravages ici et là. Les batailles sont plus intenses et douloureuses qu'il y a une quarantaine d'années. Les méthodes...ne sont plus les mêmes.

La plus âgée prit place sur la chaise désignée. Elle s'y installa avec douceur, la vieillerie...

"Puis-je vous proposer une boisson ou un peu de soupe ? Je comptais manger un peu. Je n'ai rien avalé depuis hier soir..."
-Pourquoi pas, je prendrai bien un peu de thé. Cela fait un moment que je n'ai pas pris le temps pour une tasse. Je vous en remercie, miss.


L'animagi esquissa un mince sourire. Elle laissa son interlocutrice la servir, puis se servir de quoi se rassasier. Minerva aurait aimer qu'elle commence ses interrogations sur sa venue. Mais il semblerait que le destin l'en ai choisi autrement. Ainsi, la sorcière reprit la parole.

-Vous devez vous demandez ce que je fais là, non ?

Après un bref silence, la sorcière reprit, elle ne savait pas vraiment par où commencer.

-Je suis étonnée que vous me laissiez rentrer aussi facilement dans cette zone. Pourquoi ce privilège ? Alors que je ne fais plus partie de l'Ordre du Phénix.

Comme ça c'était dit et lancé. Maintenant, elle verrait bien la tournure de la conversation.
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MessageSujet: Re: Résistance et divergences [Pv H. Granger - QG OdP - Chili] Mar 1 Juil - 6:45

"Nous aurons tous à choisir entre le Bien et la facilité" - Albus Dumbledore

L'incident ayant été réglé, Hermione ne voyait aucune raison d'y revenir. Des heurts tels que celui-ci, il s'en produisait rarement, surtout depuis qu'elle tentait de remettre un peu de discipline dans les rangs. C'était une chose normale en société, lorsque vous aviez affaire à des crétins, des bagarreurs, des gens consommant un peu trop d'alcool, fumant de la drogue. Il suffisait d'une dispute à cause d'un jeu de cartes, d'un échauffement à cause d'une fille, d'une opinion, d'un regard de travers pour déclencher un trouble de l'ordre. Il fallait les occuper pour éviter cela.

Fort heureusement, Miss Granger avait donné des instructions pour contrôler sévèrement l'alcool et bannir la drogue. Elle demandait aux cadres d'effectuer des inspections, surtout lors des moments de détente pour se mêler aux hommes, contribuer à leur moral et éviter tout débordement. On jouait aux cartes, aux fléchettes. Cela permettait de prendre le pouls de l'organisation, de déterminer ce qui n'allait pas et leurs besoins. Il s'agissait de principes militaires qui faisaient leurs preuves et que des êtres tels que Sun Tsu avaient fort bien expliqué dans des ouvrages tels que "l'art de la guerre".

Hélas, le professeur Macgonagall avait quitté l'Ordre depuis un an. Personne ne pouvait reprocher aux gens d'avoir leurs opinions, de considérer cette "absence" comme une désertion, quelque-chose qui ne se faisait pas lorsqu'il existait un esprit de famille, une confiance, une loyauté établies entre tous les combattants. Bien-sûr, Ron payait ses mauvais choix, son manque d'exemplarité, même si en dehors de certains faits condamnables et de ses défauts, ce n'était pas un mauvais bougre. Rien à voir avec Mulciber. Après tout, s'il n'était pas fait pour diriger, pourquoi l'avoir élu Président de l'Ordre, hm ?

Oui, car après tout, ceux qui lui lançaient la première pierre, à tort ou à raison, auraient peut-être mieux fait d'élire quelqu'un d'autre, de faire valoir leurs opinions afin de le faire fléchir et reconsidérer ses décisions. Pourquoi ne pas avoir élu Kingsley ou Minerva ? Et puis, peut-être n'étaient-ils pas les mieux placés pour porter un jugement. Mais lorsque l'on imposait le serment inviolable, que l'on pratiquait la torture, que l'on foutait en l'air ce qui faisait jusqu'ici l'esprit de leur mouvement, on ne pouvait que comprendre pourquoi certains - une minorité - avaient préférés aller voir ailleurs. Mais vu ce qu'on leur proposait comme alternative...

On reconnaissait un vrai leader à sa manière d'éduquer ses hommes tant sur la manière de se battre, qu'au niveau du moral, de l'hygiène et de la moralité. Hermione s'était engagée à rétablir ce qui prévalait autrefois, en l'adaptant au conflit d'aujourd'hui. Rien n'avait été imposé. Tout avait été accepté à la majorité qualifiée, y compris son code de conduite qui ne comportait que dix conseils destinés à ses compagnons d'armes. Il ne s'agissait pas de règles inflexibles puisqu'il existait tellement de situations qu'il aurait été vain d'établir une procédure pour chacune d'entre elles. Elle s'en remettait au bon sens de chacun.

Nolan était une andouille, mais ce n'était pas illégal. Libre à lui d'avoir des opinions et même de les manifester tant qu'elles ne troublaient pas l'ordre, tant que ses actes ne constituaient pas une agression physique ou verbale. Le professeur Macgonagall méritait le respect, y compris de son intégrité physique. Contrairement à Sheppard, elle n'avait trahi personne au profit de l'Intendance. Elle n'était pas responsable de la mort d'innocents. "A l'heure du choix, chacun est libre", disait le professeur Dumbledore, y compris de "choisir entre le Bien et la facilité". Cela ne voulait pas dire que sa désertion était acceptable ni une déception.

La menace envers Nolan avait été claire. Lorsqu'un supérieur vous demandez d'obéir à un ordre, vous deviez y obéir, à moins que cela ne soit contraire à l'effort de guerre ou constitutif d'un acte de trahison. Si Nolan avait provoqué Hermione en lui répondant d'une manière qu'elle aurait jugée inacceptable, elle aurait du le relever de ses fonctions et le consigner dans ses quartiers jusqu'à nouvel ordre. L'Ordre était peut-être une famille, désormais il recrutait à l'international, y compris parmi les moldus. Les QG n'étaient pas des moulins, des endroits où l'on se croyait chez mémé, on l'on pouvait tout se permettre. Devenir résistants où servir dans l'armée magique impliquait de respecter une organisation, quelques règles pour le bien de tous.

Minerva afficha un sourire satisfait lorsque Hermione remonta un peu les bretelles de son aîné, qui était pourtant son subordonné. On pouvait débattre de tout, faire fonctionner la démocratie, mais en mission, il fallait quelqu'un pour diriger, en qui l'on puisse avoir confiance. Elle ne souhaitait pas fonder de république, mais unir la résistance, forger des alliances à l'étranger, conserver l'avantage d'agir comme un mouvement de guérilla invisible, flexible, mais bien présent, non comme un gouvernement fantoche, peu flexible, dont le territoire se résumerait à un mouchoir de poche. "La guerre est une extension de la politique par d'autres moyens", disait Von Clausewitz. Il fallait justement éviter de confondre une résistance et un gouvernement censé respecter l'état de droit, surtout sans armée, crédibilité et sans le soutien du peuple Britannique.

Sa solution et sa stratégie globale ne visaient pas à répondre aux ambitions personnelles, à des pulsions mégalomaniaques. Si quelqu'un devait assumer un jour la fonction de Ministre, il valait mieux que ce soit Kingsley Shakelbolt, mais cela ne serait possible qu'en cas de victoire finale et jusqu'à le rétablissement d'éléctions démocratiques. En attendant, il fallait montrer aux gens de l'unité, que l'on ne songeait pas à se distribuer des postes en attendant son heure et la gloire acquise sur un monceau de cadavres. Le peuple méritait mieux. Il méritait d'autres exemples que ceux que l'on tentait de leur imposer par la force. Respecter ses alliés, les traiter sur un pied d'égalité, faire main dans la main exigeait de faire un peu de politique, de diplomatie avec comme seul objectif la reddition inconditionnelle de l'ennemi. Administrer un gouvernement et une résistance étaient des charges trop lourdes, une confusion des genres malsaine. Elle pensait que l'ennemi s'en servirai peut-être pour les discréditer sur le plan international.

En d'autres termes, la résistance unifiée devait veiller aux intérêts de ses alliés, non d'établir un gouvernement Britannique dans lequel on retrouverait toutes les nationalités ; une particularité que l'ennemi utiliserait pour raffermir son nationalisme et sa propagande, en insistant sur l'alliance puriste de l'Axe Basilic et le soutien de la jeunesse. Hermione partageait un autre avis, elle qui avait une vision globale des objectifs politiques et militaires à long terme, une opinion sur les conditions de l'engagement et une compréhension de la manière dont l'ennemi pratiquait sa politique et la lutte contre la résistance. Harry avait agi lors de la bataille finale en s'effaçant au profit de ses lieutenants, les plus fidèles d'entre tous. Ils n'avaient pas été motivés par des promesses de postes, des flatteries, des intimidations, mais par une conviction profonde. Harry n'avait pas voulu du pouvoir. Il l'avait fui comme la peste. Ce n'était jamais le cas d'un mangemort ou d'un ex-mangemort.

-Si on m'avait dit que je vivrai suffisamment longtemps pour entendre tes excuses Nolan...Je ne l'aurai pas cru.

-Fais attention, McGonagall, elle ne saura pas toujours là pour te sauver la mise. Déclara l'homme entre ses dents, tout en serrant les poings.

Minerva releva la tête et soupira avant de reprendre sa marche en compagnie de son ancienne élève.

"- Oh, je l'aurai métamorphosé, soyez-en certaine, professeur"

-Je n'en doute pas une seconde, miss. Mais ne m'appelez plus ainsi, nous en avons déjà discuté.

Oui, il fallait être folle pour songer à refuser un poste au sein d'un gouvernement ou peut-être pas. Il s'agissait peut-être d'une preuve de son intégrité, de son incorruptibilité, de son désintérêt pour les titres ronflants et les charges honorifiques, d'une marque de son intérêt pour les gens, pour le plus important : leur souffrance, leurs difficultés, pour rester proche d'eux sans avoir à traîner un titre de Ministre ou de Chancelière comme une médaille imméritée. Je suis Hermione Granger, sang-de-bourbe. Cela sonnait mieux que Madame la Ministre ou la Chancelière, non ? Non, parce qu'allez donc dire cela à des réfugiés pour savoir combien de temps ils mettraient pour vous rétorquer : vous pouvez être le Dalaï lama ou le Pape que ça n'arrangerait pas nos affaires, non ? Au fait, vous avez été élu par qui ? Ah vous avez voté entre vous !? Ah oui, alors là... Et l'élection de la prochaine Miss, c'est pour quand ? Dîtes, Madame la Ministre, ce n'est pas que je critique vos dîners diplomatiques, loin de moi cette idée, mais vous auriez un bout de pain ?

Dans son empressement à vouloir régler le problème Nolan et faire bonne impression, elle avait oublié cette conversation où Minerva lui demanda de ne plus l'appeler "professeur". Que vouliez-vous... Employer le prénom de Minerva revenait pour elle à faire preuve d'irrespect, à rompre une vieille habitude. Si elle préférait oublier qu'elle était un professeur de talent, en préférant tirer un trait sur le passé, en oubliant que son ami n'avait pas craint de perdre la direction de Poudlard lors de l'avènement de la Grande Inquisitrice Dolores Ombrage, c'était son affaire. Pour sa cadette il s'agissait d'une erreur. De la vanité chez Minerva Macgonagall ? Hermione savait qui elle était, elle n'oubliait pas la mort de Harry qu'elle avait vécu comme un échec personnel. Pourquoi se mentir à soi-même ? Peut-être faudrait-il que Miss Granger cesse de redouter l'opinion des gens qui avaient de l'importance à ses yeux, pour agir selon ses convictions, comme elle l'avait toujours fait. Être son aînée ne voulait pas dire avoir toujours raison. C'était aussi valable pour elle. Cette fois, son ancienne directrice de maison avait abandonné ses convictions pour rejoindre un groupe d'extrémistes promettant plus d'action. Hermione était restée pour changer les choses.

Il n'existait pas qu'une forme de courage en ce monde et ce n'était pas à une ancienne Gryffondor que l'on ferait la leçon. Oui, pourquoi Minerva était-elle venue ? Hermione pensait qu'il ne pouvait y avoir que deux ou trois explications : soit elle était envoyée par Mulciber afin de la convaincre d'engager l'Ordre vers un rapprochement, soit elle venait de son propre chef pour revenir vers eux, ce qu'elle jugeait improbable. La dernière possibilité, la plus extravagante, consistait à se servir de son lien avec elle pour tenter d'obtenir des renseignements, pour infléchir son travail au sein de l'Ordre. Allons bon... Depuis le temps, il ne s'agissait plus de la "philosophie de Dumbledore", mais de la défense de la démocratie et des droits fondamentaux, quelque-chose qui dépassait de très loin un simple nom, aussi célèbre fut-il. Jamais la vanité n'avait arrêté le vieil homme. Le second Ordre était différent du premier et le troisième n'y échappait pas. La née-moldue se fichait pas mal des explications de son aînée et de ses excuses pour sa trahison. On était fidèle à ses convictions et à ses amis ou on ne l'était pas.

"- Hum... Pardonnez-moi pour cet incident. Depuis que Ron me laisse diriger, j'ai tellement de travail pour restaurer l'âme de cette organisation que je n'ai pas encore eu le temps de faire un peu de ménage. Soyez la bienvenue. C'est bon de vous retrouver. J'espère que vous allez bien. Je vous en prie, suivez-moi dans la salle d'état-major, nous serons plus à notre aise"

-Ce n'est pas de votre faute, Hermione. Nolan a toujours été un idiot, le temps ne l'a pas rendu meilleur à mon égard. Le contraire m'aurait étonnée. Sinon, à part cela, tout va bien. Même si la guerre fait des ravages ici et là. Les batailles sont plus intenses et douloureuses qu'il y a une quarantaine d'années. Les méthodes...ne sont plus les mêmes.

Minerva s'installa confortablement tandis qu'Hermione s'apprêta à se servir un peu de soupe dans le chaudron qui se trouvait non loin de là. Son accueil avait été sincère, une marque de respect. Ce n'était pas parce que le professeur était parti sans rien dire qu'il fallait en oublier les bonnes manières. Contrairement à d'autres, elle savait gérer ce genre de situation qui la mettait pourtant mal à l'aise. Au moins ne se comportait-elle pas comme une vieille peau, un être au caractère odieux, mais comme quelqu'un de posé, ayant du savoir-vivre, de la générosité et de l'authenticité. Oui, les méthodes de l'ennemi n'étaient plus les mêmes, surtout depuis l'apparition de l'Intendance et de la Vague. Cela ne voulait pas dire que leurs méthodes étaient les plus adaptées. Au contraire. Evitons les piètres excuses. Au moins, son aînée se portait bien, ce qui la rassurait.

"- Puis-je vous proposer une boisson ou un peu de soupe ? Je comptais manger un peu. Je n'ai rien avalé depuis hier soir..."

-Pourquoi pas, je prendrai bien un peu de thé. Cela fait un moment que je n'ai pas pris le temps pour une tasse. Je vous en remercie, miss.

Minerva lui adressa un sourire, ce qui encouragea sa cadette à faire de même et à lui servir une tasse de thé bien chaude avec quelques biscuits. Ce n'était pas tous les jours que l'on pouvait se surprendre à réagir comme des êtres civilisés, que l'on pouvait avoir l'honneur de recevoir quelqu'un qui avait tellement compté dans votre vie. Elle se servit ensuite un bol de soupe avant de prendre place à son tour à la table, en face de son interlocutrice, sans se soucier d'avoir l'air misérable. Hermione préféra ne rien dire pour ne pas avoir l'air hypocrite ou péremptoire. Si son ancien professeur de métamorphoses était venue lui rendre visite, il y avait une raison et ce n'était pas pour rejoindre l'Ordre, du moins elle avait un doute. Non, cela aurait été trop facile et cela l'aurait mise si mal à l'aise si elle avait commencé par faire comme si rien ne s'était passé.

-Vous devez vous demandez ce que je fais là, non ?

C'était en effet la question que tout le monde se posait dans cette base depuis au moins dix minutes. Hermione se contenta d'avaler une puis deux gorgées de sa soupe à l'aide de sa cuillère avant d'essuyer les commissures de ses lèvres avec sa serviette de table qu'elle déposa sur ses genoux. Puis, elle observa son aînée en silence, comme si elle n'attendait rien de précis. La née-moldue voulait l'obliger à rompre ce silence, en respectant la dignité de son ainée. L'humilier ou lui reprocher des choses n'étaient pas dans ses intentions. La placer en détention ou devant un peloton d'exécution, non plus. Il ne fallait pas exagérer. Elle n'était pas Ron.

-Je suis étonnée que vous me laissiez rentrer aussi facilement dans cette zone. Pourquoi ce privilège ? Alors que je ne fais plus partie de l'Ordre du Phénix.

Miss Granger soupira un grand coup pour se donner du courage. La situation était délicate et leur silence montrait qu'elles ne savaient pas par où commencer sans redouter le sujet qui fache. Seulement, lui reprocher sa désertion, ce qu'elle considérait comme un mauvais choix maintenant, mais comme une décision qui aurait pu se comprendre à l'époque - sans l'excuser - cela aurait-il changé quelque-chose ? Hormis créer une tension inutile alors qu'elles savaient toutes deux que l'une avait déserté et que l'autre était déçue, à quoi cela aurait-il rimer ? Oui, le pire peut-être aurait été de dire à son ancienne directrice qu'elle était déçue, même s'il fallait parier que Minerva aurait su vivre avec. Mais ce que la femme d'âge mûr percevait comme un privilège, Hermione le voyait comme la preuve qu'elle n'était pas rancunière, comme une reconnaissance pour toutes ces années où Minerva avait oeuvré pour leur cause, pour protéger Harry.

"- Vous ne m'avez jamais appris la duplicité. Si vous êtes ici pour profiter de l'affection que je vous porte, vous pouvez le faire, mais j'en doute. Vous étiez l'ami du professeur Dumbledore, un membre de l'Ordre depuis sa fondation. Bien que les temps et les gens changent, je ne crois pas que vous oseriez risquiez nos vies, y compris en tentant de nous espionner", lui déclara-t-elle avec gravité, en l'observant avec sérieux.

"Votre ami a eu confiance en moi, en Harry et en Ron. Il m'a confié la tâche la plus délicate qui soit, en toute confiance, même lorsqu'il fut question d'en apprendre plus sur les horcruxes. Je connais notre pire ennemi, ses forces, ses faiblesses. Je suis l'une des dernières à avoir ces connaissances. L'année où vous m'avez confié ce retourneur de temps, j'ai appris que rendre la Justice n'était pas aussi aisé que la lecture d'un code de lois, que les grands pouvoirs impliquaient de grandes responsabilités. Pensez-vous sincèrement que je n'aurai pas pris la peine de sécuriser cette base et de protéger nos données confidentielles avant de vous recevoir ?", lui demanda-t-elle sur un ton interrogatif.

"Vous m'avez appris l'honneur et la fierté d'être une Gryffondor, même si je n'ai jamais approuvée cette rivalité entre maisons. Je ne peux pas croire que vous puissiez trahir. Si le professeur Dumbledore a cru bon de me laisser accéder à certaines connaissances jugées contre nature, c'était parce qu'il avait confiance en mon jugement, en ma capacité à agir avec intelligence et sagesse. Créer un horcruxe est un acte tellement abominable, que je n'oserai pas y songer, car il existe des sorts bien pire que la mort.", déclara-t-elle en ayant à l'esprit toutes ces victimes, y compris Harry.

Hermione marqua une courte pause. Songer aux horreurs de la guerre, à la mort de leurs camarades et à d'autres choses lui avait coupé l'appétit. D'un geste nonchalant, elle repoussa son bol de soupe sur la table et déposa sa serviette sur un coin. Le professeur pouvait estimer qu'elle n'était qu'une enfant, quelqu'un qui ne savait pas de quoi elle parlait ni où elle allait, elle lui aurait demandé si elle pensait que Dumbledore et elle n'avaient pas pensé la même chose les deux fois où ils durent lutter contre celui qui se faisait pompeusement appelé le Seigneur des ténèbres ? La dénigrer revenait à cracher sur le professeur Dumbledore et Macgonagall, ses deux mentors, à porter un jugement négatif sur ses principes qui émergaient à travers elle.

"Vous avez été - vous êtes - une seconde mère, un mentor, l'un de mes professeurs préférés, quelqu'un en qui j'avais confiance. Vous êtes l'une des sorcières les plus expérimentés et les plus doués en ce monde. Vous faites parti de la seule famille qui me reste. Vous avez été l'une de mes sources d'inspiration, ma directrice de maison et un membre très apprécié de cette organisation. J'ignore pourquoi vous êtes là. Est-ce à cause de moi ou vous a t-on chargé d'une mission quelconque ?", conclût-elle avec émotion et les sourcils froncés, pour tenter de garder le contrôle.

L'émotion, bien que contenu, se lisait sur son visage. Encore un peu et elle en aurait pleurée à chaudes larmes. Son malaise n'était pas feint. Elle n'avait pas besoin de l'être. Les larmes du phénix étaient réputées pour soigner toutes les blessures et apaiser les maux. Un tel animal était difficile à apprivoiser, mais il demeurait fidèle jusqu'à la mort de son propriétaire. Pour le dompter, il fait escalader les montagnes de l'Himalaya, attendre des jours avant d'espérer en croiser un et faire preuve de plus de patience pour gagner ses faveurs. A chaque fois que le phénix mourrait, il se consumait en un tas de cendres pour renaître, lui qui ne portait assistance qu'aux individus qui s'en montraient dignes. Fidélité, abnégation, compassion, solidarité, vertu, courage et trompe la mort. Tout un symbole...

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MessageSujet: Re: Résistance et divergences [Pv H. Granger - QG OdP - Chili] Jeu 24 Juil - 21:01

Les temps changent et ça ne pouvait qu'aller dans le bon sens. Même si cette vérité n'est pas toujours vraie. Elle est restée la même, inchangée durant de longues années pour Minerva. Comme si sa route ne pouvait plus être changée depuis ses débuts dans le monde magique, voire le début de son existence même. La sorcière avait toujours été guidée plus ou moins dans ses choix, sa manière de penser. Entourée de têtes biens faites et pensantes au meilleur pour autrui. Oui, Minerva avait eu des modèles, qu'elle n'a pas hésité à reprendre pour se créer son chemin.
 
Son premier modèle étant son père, certes, moldus, mais qui avait la foi et voyait la bonté au plus profond des êtes qui peuplent le monde. Il était sévère car il y avait des règles et pour une bonne raison. Ce n'était pas un mal de les suivre aveuglément, si ? Des règles qui ont été mises en place également à Poudlard, non sans en citer quelques-unes, la sorcière les avaient suivies sans rochignée durant sept années. L'habitude sans doute ou est-ce simplement pour ne pas s'écarter du chemin tracé ? Elle l'ignorait à l'époque, l'adolescence, puis l'âge adulte qui pointait le bout de son nez. Minerva avait tellement suivie ses règles, qu'elle avait hérité de nombreux surnoms de la part de ses élèves quand elle fut à son tour professeur à Poudlard. Elle respectait ses règles, elles n'étaient pas là part hasard, non.
 
Elle eut également Albus Dumbledore comme modèle et ça toute sa vie durant. Il lui avait dit un jour que s'écarter du chemin, n'était pas un mal, à condition de ne pas se faire justice soi-même. Choisir de faire un acte était propre à soi, et même de ne pas le faire. La règle est là, parfois pour être enfreind. Minerva avait toujours eu du mal avec cette pensée. Elle préférait suivre le "bon" chemin, suivre les règles.
 
Aujourd'hui, tout était différent. Elle faisait partie des hors-la-loi malgré elle. Devait-elle par conséquent ne plus suivre les règles ? Cette bataille à Poudlard, les mangemorts et la victoire du Mage Noir étaient-ce des signes ? Que le chemin était faussé depuis le début ? Elle l'ignorait, cela l'avait révoltée comme beaucoup. La violence n'a jamais été le point fort de la sorcière. Certes, si l'on venait à l'attaquer d'une quelconque manière, elle répondrait. Mais attaquer la première, c'était nouveau pour elle, attaquer pour mieux se défendre.
 
C'est ainsi que les choses ont commencé à changer dans l'esprit de McGonagall. Ainsi, qu'elle avait choisi de rejoindre la Vague. Ainsi, qu'elle avait décidé de tourner le dos à l'Ordre du Phénix qui ne répondait plus aux exigences du passé. Le changement...s'écarter du chemin que Dumbledore avait tracé pour beaucoup, c'était son choix et aujourd'hui, elle voulait le partager avec sa protégée.
 
 
Peu de sorciers s'aventuraient à l'attaquer, sans doute une des étiquettes qu'on a pu lui coller. A moins que ce ne soit juste d'une bonne évaluation de la situation. Minerva s'était étonnée d'avoir pénétré aussi facilement au QG de l'Ordre, sans problème. Certes, certains, qui ont la rancune tenace, la provoquait sans raison valable. Cela rajoutait à peu de piment. L'altercation passée, les deux sorcières s'isolèrent pour mieux discuter. Et cette discussion fut longue à démarrer, chacune sur ses positions et attentives à ce que dirait l'autre, les mots étaient duement posés, et pour cause. Tout débuta lorsqu'Hermione proposa un thé à Minerva que cette dernière accepta.
 
"- Vous ne m'avez jamais appris la duplicité. Si vous êtes ici pour profiter de l'affection que je vous porte, vous pouvez le faire, mais j'en doute. Vous étiez l'amie du professeur Dumbledore, un membre de l'Ordre depuis sa fondation. Bien que les temps et les gens changent, je ne crois pas que vous oseriez risquier nos vies, y compris en tentant de nous espionner".
 
Minerva s'arrêta de boire son thé. Son attention s'était portée sur les paroles de la jeune femme. Au moins, elle n'était pas rancunière. Elle acceptait que les individus puissent changer, même si, il y avait un bémol. La vieille femme opta pour la laisser parler, sans l'interrompre. D'un geste lent, elle posa la tasse sur le bord de la table et s'appuya sur les acoudoirs de sa chaise.
 
"Votre ami a eu confiance en moi, en Harry et en Ron. Il m'a confié la tâche la plus délicate qui soit, en toute confiance, même lorsqu'il fut question d'en apprendre plus sur les horcruxes. Je connais notre pire ennemi, ses forces, ses faiblesses. Je suis l'une des dernières à avoir ces connaissances. L'année où vous m'avez confié ce retourneur de temps, j'ai appris que rendre la Justice n'était pas aussi aisé que la lecture d'un code de lois, que les grands pouvoirs impliquaient de grandes responsabilités. Pensez-vous sincèrement que je n'aurai pas pris la peine de sécuriser cette base et de protéger nos données confidentielles avant de vous recevoir ?".
 
Elle marqua un point, Minerva inclina simplement la tête sur le côté.
 
"Vous m'avez appris l'honneur et la fierté d'être une Gryffondor, même si je n'ai jamais approuvée cette rivalité entre maisons. Je ne peux pas croire que vous puissiez trahir. Si le professeur Dumbledore a cru bon de me laisser accéder à certaines connaissances jugées contre nature, c'était parce qu'il avait confiance en mon jugement, en ma capacité à agir avec intelligence et sagesse. Créer un horcruxe est un acte tellement abominable, que je n'oserai pas y songer, car il existe des sorts bien pire que la mort."
 
Difficile d'admettre qu'elle avait raison. "De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités". Un dicton si commun, qu'il prenait de la valeur que dans certains discours. Dans celui de Miss Granger, il avait tout son sens. Minerva ne pouvait qu'acquiescer. Mais cela restait des mots, des convictions, des théories. Elle qui maîtrisait cette capacité appréciait la retrouver chez sa protégée. Tout comme Dumbledore lui avait appris "cette manière de penser".
 
"Vous avez été - vous êtes - une seconde mère, un mentor, l'un de mes professeurs préférés, quelqu'un en qui j'avais confiance. Vous êtes l'une des sorcières les plus expérimentés et les plus doués en ce monde. Vous faites parti de la seule famille qui me reste. Vous avez été l'une de mes sources d'inspiration, ma directrice de maison et un membre très apprécié de cette organisation. J'ignore pourquoi vous êtes là. Est-ce à cause de moi ou vous a t-on chargé d'une mission quelconque ?"
 
Voilà une conclusion que Minerva ne s'attendait pas. Elle fut non pas choquée mais intriguée du revirement de situation. Chaque mot qu'avait prononcé la jeune femme à son égard, la touchèrent. Minerva était réputée pour être quelqu'un de froid, distant, sévère, mais elle cachait un coeur malgré tout ce qu'on pouvait lui dire. Certains avaient eu le privilège de percer ce "blindage". Certains parvenaient à lire entre les lignes, à travers sa manière de réprimander un acte, de favoriser des actes quitte à enfreindre un règlement qui lui était cher, quand elle était enseignante bien sûr. Aujourd'hui, elle ne prenait pas forcément le temps d'y aller avec des pincettes. La sorcière resta sa voix face à la déclaration de sa cadette. Néanmoins un mot la fit sortir de son mutisme.
 
-Une mission ? Que voulez-vous dire ? Minerva répondit en grimaçant, en fait ça ressemblait davantage à un rictus.
 
Après une minute de silence, elle répondit calmement à la jeune femme. Curieusement, elle ne prit pas de "pincettes" avec elle, elle était franche avec la demoiselle. Néanmoins, elle lui répondit d'une voix douce et posée.
 
-J'ignore ce qu'on vous a dit sur moi, ou mes intentions envers vous. Toutefois, il met nécessaire de clarifier tout ceci avant de vous justifier ma présence. Elle fit une pause et reprit. Je crois que vous me mettez sur un pied d'estrade élevé. Néanmoins cela semble sincère de votre part, j'ignorai que mes actes avaient été perçus de la sorte par une étudiante telle que vous. Je vous en remercie, de me le dire même si les conditions dans lesquelles nous nous retrouvons aujourd'hui, sont loin d'être communes. Il est vrai que peu d'élèves durant ma longue carrière d'enseignante ont compté comme mes protégés. Vous en faites partie comme vous vous en doutiez, si peu et souvent Gryffondor. Toutefois, mon comportement de ces derniers mois ne sont pas...justifiables. Vous devriez me détester, ou pour plus de maturité exiger des explications. Mais non, rien de tout cela, vous me laisser entrer dans le quartier général, prenez ma défense devant tout le monde et m'offrez également du thé.
 
Minerva ne pu s'empêcher de ricaner. Ce n'était pas méchant, au contraire, c'était même comique comme situation. La demoiselle était au bord des larmes lors de sa déclaration. En prenant du recul, tout ceci était "pitoyable" et la vieille sorcière le savait. Ce n'était pas pour dénigrer son interlocutrice, ni qui que ce soit. C'était un constat ni plus ni moins.
 
-Ne le prenez pas pour vous, Hermione. Je suis flattée de votre discours. Mais, je vous dois cette explication, d'où ma venue ici, ce jour. J'ai longuement réfléchi comment aborder la chose, je m'attendais à plus de colère de votre part, de provocations de la part des autres. Mais tout ceci, non. A vouloir trop réfléchir, je me rends compte que j'ai perdu un temps précieux, j'aurai du foncer dans le tas, ça n'a jamais été dans mes cordes...certaines choses restent. Venons-en au fait. Ma venue.
 
La sorcière se redressa sur son siège, elle s'appuya toujours sur les accoudoirs. Maintenant qu'elle avait éclairci certains points, elle rentra dans le vif du sujet.
 
-Comme vous l'avez comprit tout ceci, ma venue, dépend uniquement de moi. Et je ne suis en rien en mission pour le compte de la Vague. D'ailleurs, si ça peut vous rassurez, je n'ai rien perdu de la vision protectrice de l'Ordre du Phénix. J...j'étais déçue de la manière dont tournait les choses depuis que monsieur Weasley avait reprit les rennes de cette organisation. Je sais, j'aurai sûrement du lui dire, en parler avec les autres, plutôt que de choisir la facilité : la fuite. Je sais que j'aurai dû prévenir de mes intentions de quitter l'Ordre pour m'engager à la Vague. Pourquoi ne pas l'avoir fait dans cet ordre ? Aucune idée. Je me suis écartée d'un chemin tracé.
 
Y penser était une chose, mais se l'entendre dire était une autre. Minerva réalisa que les paroles de son défunt père, la rattrapaient. En prenant du recul, elle comprit son erreur, le fait de s'être écartée de l'Ordre du Phénix fut une erreur. Mais elle ne voulait pas pour autant revenir sur ses pas.
 
-Je suis désolée.
 
A qui s'adressait véritablement ses excuses ? A son père, à Dumbledore ou bien tout simplement à Hermione. Chacun des protagonistes cités avaient une incidence dans sa manière de penser et voir les choses. Le silence retomba pour finalement reprendre quelques minutes plus tard.
 
-Maintenant que je vous ai certifié que ma venue n'était dûe à une mission quelconque pour la Vague, qu'aimeriez-vous savoir, Hermione ?
 


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MessageSujet: Re: Résistance et divergences [Pv H. Granger - QG OdP - Chili] Dim 10 Aoû - 2:11

"Il faut beaucoup de bravoure pour affronter ses ennemis, mais il en faut encore plus pour affronter ses amis..." - Albus Dumbledore

Hermione haissait la guerre et ce qu'elle provoquait aussi bien chez elle que chez les autres. Luttant d'arrache-pied afin de maintenir ce qui faisait d'elle et de ses semblables des êtres dotés de raison, il fallait bien admettre qu'en face de la barbarie, de la haine et de l'injustice, on était souvent tenté de se comporter comme un fauve pourchassant sa proie. Les temps changeaient et ça n'était pas pour le meilleur, du moins pour l'instant. L'important restait encore de se soucier de ses actes, d'agir avec sa conscience et son intelligence afin de surmonter les pièges et poursuivre son chemin dans la bonne direction, quel qu'en fusse l'issue.

Autrefois, la jeune femme possédait des modèles : ses parents, les professeurs Dumbledore et Macgonagall ainsi que le célèbre Merlin ; des individus lui ayant beaucoup appris et au travers desquels elle se retrouvait. Mais il arrivait toujours un jour où l'élève dépassait le maître, où il était temps pour l'enfant de devenir une adulte, d'assumer ses choix et les conséquences de ses actes. Et cela, Hermione avait appris très tôt à le faire sans avoir besoin de qui que ce soit. C'était elle qui s'était forgée sa conscience morale, c'était à cause des autres qu'elle avait acquis ce caractère, à cause de ses choix et du destin si elle avait accompli de grandes choses, mais c'était aussi grâce aux autres si elle était toujours en vie.

On aurait beau distinguer chez elle des traits de caractère propres à certains de ses mentors, chaque individu restait différent, avec ses propres convictions, ses forces et faiblesses, sa vision du monde et ses valeurs. Hermione n'était pas quelqu'un de très sociable, chose qui tenait plus de son expérience de la vie qu'à un défaut de caractère. Elle préférait étudier, lire, faire en sorte de s'améliorer pour devenir une meilleure personne et se faire une place dans la société. Mais si autrefois elle se montrait très à cheval sur les règlements, elle avait appris à les contourner ou les enfreindre pour des raisons morales ou un cas de force majeure sans aller pour autant jusqu'à la torture ou au meurtre.

Si Hermione ressemblait beaucoup à Minerva, elles n'étaient pas identiques et cela faisait fort longtemps qu'elle n'avait plus peur de faire valoir ses opinions, quitte à faire preuve d'impertinence en s'opposant à l'opinion de ses ainés. Car la sagesse n'était pas toujours une question d'âge et d'expérience - bien que cela aidait - mais surtout une question d'intelligence et d'état d'esprit. La vie était ainsi faite et l'on apprenait toujours quelque chose tout comme il était important de tirer des leçons de ses erreurs, de comprendre son environnement en faisant preuve de raison et de pensée logique. Voilà donc à quoi servait un mentor :  à servir d'inspiration, de matériau d'apprentissage, de bases solides sur laquelle on pouvait se forger une opinion, des valeurs, une décision sans toutefois laisser les autres décider à votre place.

A vingt six ans, Hermione n'était plus un enfant. Elle s'était toujours montrée sérieuse, organisée et responsable, mature et de bons conseils. Elle pouvait être fière de ses accomplissements, de son individualité, de ses valeurs, d'avoir eu le courage de se battre, pour défendre les autres et leur droit à l'existence. "A l'heure du choix, chacun était libre" avait dit le professeur Dumbledore, comme celui de choisir entre "le Bien et la facilité". Les règles, il ne semblaient plus trop y en avoir, car celles-ci étaient assez complexes pour être perverties, y compris par l'ennemi. Mais c'était aussi pour sauver la civilisation qu'ils se battaient, contre un schéma de pensée capable de vous transformer en psychopathe, en un être cruel, sadique et assoiffé de sang.

La née-moldue luttait depuis ses onze ans contre les forces du mal, sans jamais avoir le moindre doute sur l'importance de leur combat, sur sa légitimité. Il lui suffisait de lire le récit de certaines exactions, certains discours et d'approcher des réfugiés pour cela. On se battait pour les autres, pour une cause supérieure. Le plus difficile dans un conflit d'usure, c'était de conserver l'espoir, de trouver un peu de bonheur, une raison de vivre et la force de se battre. Harry était mort, son couple battait de l'aile, elle assumait de plus en plus de responsabilités, tant de gens étaient prêts à lui accorder leur confiance et leurs espérances qu'elle n'osait pas leur dire qui lui arrivait de douter, d'avoir des instants de faiblesse et d'avoir envie de pleurer.

Ceux qui prétendraient être insensibles, un modèle de force et de leadership étaient des menteurs. Les chefs aussi avaient leurs instants de déprime, d'hésitation, de ras-le-bol. Ils le cachaient pour que cette détresse passagère ne soit pas vu par les autres, car c'était un mal qui était communicatif. Quel espoir, quelle force vos partisans pourraient-ils avoir s'ils ne voyaient pas en vous un modèle qui les inspirent, les motivent ou les rassurent ? Hermione n'était pas Dumbledore, Rogue ni Macgonagall ou encore Shackelbolt et cela n'était pas un mal. On la suivait, car elle avait prouvé son courage, sa force, sa loyauté, son intégrité, qu'elle était d'un grand secours dans les moments désespérés, parce qu'elle se battait pour maintenir ou restaurer la dignité de chacun en ayant conscience des réalités et le sens de la justice.

Ce qui la révoltait ce n'était pas seulement la misère et l'injustice, c'était aussi les méthodes employées par certains résistants ou francs-tireurs. Elle n'avait pas pardonnée à Ron d'avoir fait appel à Jugson pour torturer Sheppard, elle n'avait pas acceptée ses actes de barbarie qui ne faisaient que porter tort à la résistance et à leur lutte. Dans cette histoire, il était question de tolérance, d'ouverture d'esprit, de se souvenir que les valeurs qu'elle défendait étaient à portée universelle. Elles appartenaient à tous. Il ne fallait pas oublier que l'on pouvait apprendre à partir des autres philosophies, des religions et de certaines formes de méditation à condition de ne pas sombrer dans le fanatisme ou l'absence de valeurs, que tout ne dépendrait pas que de cela, mais aussi des individus qui les représentaient. Mais il fallait éviter la magie noire, car elle était corruptrice par nature et endommageait l'âme.

Il n'y avait aucune forme de pensée unique au sein de l'Ordre du Phénix. Pour elle, le chemin tracé par Dumbledore et par Merlin était le bon. Cela valait mieux que le purisme, quelle qu'ait pu être son expression, mieux que l'anarchie et l'absence de valeurs. L'intolérance n'avait pas sa place, mais ce n'était pas toujours aisé. L'organisation défendait le droit de tous les peuples à l'auto-détermination, non à imposer leurs valeurs aux autres, même s'il faudrait consentir à des sacrifices. Elle était pour les droits fondamentaux et la lutte contre les discriminations. Mais l'important était de dissiper les facteurs de division, de s'accorder pour lutter ensemble contre l'Intendance, sans autre but que celui-ci. Il fallait se contenter de faire la guerre et de pratiquer la politique le moins possible au risque de semer de nouveaux germes de division.

Ce n'était pas parce que l'ennemi ne respectait aucune règle qu'il fallait en faire autant. Agir comme eux se serait leur ressembler, confondre leur supériorité morale. Lors de la seconde guerre mondiale, les alliés avaient respectés ce principe, bien qu'ils durent consentir à des sacrifices et à des arrangements. La moralité n'était pas un concept rigide, mais flexible, exigeant beaucoup de sagesse et d'intelligence afin d'effectuer les meilleurs choix possibles. Cela ne fonctionnait pas toujours et parfois on était obligé de prendre des décisions délicates pouvant s'avérer préjudiciables ou bénéfiques en fonction du point de vue et du résultat. Car rien ni personne n'était parfait. Mais de là à légitimer la torture, les meurtres d'innocents, le terrorisme, non. Il fallait des gardes fous. C'était un impératif pour ne pas perdre, pour ne pas devenir des barbares.

Hermione était toujours loyale à l'égard de Dumbledore, de ses amis et à la résistance. Trahir ses convictions et ses valeurs, jamais de la vie. Elle tenait à rester du côté du Bien, sans jamais oublier pourquoi elle se battait et contre qui. Elle voulait rester fidèle à elle-même. Et puis ce qui importait ce n'était pas la vision de Merlin ou de Dumbledore, mais ce qu'ils pourraient tous faire afin de concevoir un monde meilleur, car il s'agissait d'une lutte de tous les instants, un combat qui se poursuivrait après la guerre. Ainsi en allait-il toujours de la vie : en constante évolution. L'existence d'un gouvernement, d'une justice et de valeurs - d'un modèle de civilisation - étaient de garantir la sécurité et les libertés de tous, de se distinguer du règne animal et de vivre en harmonie. Mais c'était parce qu'il existait toujours un concept de Bien et de mal, une part sombre chez chaque être vivant et des escroqueries, qu'il fallait défendre cet idéal contre la barbarie et le chaos.

Oh des regrets, de la colère et de la frustration, Hermione en avait comme tout le monde, mais les choses n'étaient guère différentes aujourd'hui que par le passé. C'était à eux de se battre, à eux de choisir, de vivre ou de mourir, de choisir un camp ou de rester neutre. Minerva avait trahi ses convictions et l'Ordre du Phénix plutôt que de rester et de se battre pour faire changer les choses. Peut-être s'était-elle senti trahi par son vieil ami. Sa cadette n'avait subi aucun lavage de cerveau, elle n'avait pas été torturée, on ne lui avait pas bourrée le crane avec des inepties, car elle n'était pas une petite idiote comme Lavande Brown ni un troll des montagnes comme Pansy Parkinson. Sa curiosité intellectuelle, sa soif de connaissance et sa vivacité d'esprit la poussaient à s'intéresser à tout, à en retirer quelque-chose, mais sa sagesse et sa concentration la rendaient difficile à manipuler, car elle n'était plus aussi naïve.

Son ainée pourrait expliquer sa désertion à sa manière : on était fidèle ou on ne l'était pas. C'était la même chose avec John Sheppard. Cela n'enlevait rien au fait qu'il était un grand résistant ni au fait qu'il avait lutté avec courage, en souffrant à leurs côtés, mais au moment de choisir entre rester fidèle ou trahir, il avait fini par céder au chantage. Il s'était montré lâche pour sauver sa vie. Cela pouvait se comprendre, car personne n'était infaillible, mais cela restait intolérable. Alors, Minerva pourrait partager sa façon de voir les choses avec elle, Hermione ne l'écouterait que d'une oreille, car il était hors de question de renier quoi que ce soit. Si Harry était resté l'homme de Dumbledore jusqu'au bout, elle ne renierait pas ses valeurs au profit de l'anarchie, d'une promesse de vengeance et d'action. Elle ferait ce qui devrait être fait et ce qui serait être juste, peut importe si cela signifiait consentir à quelques sacrifices personnels.

Comme toujours, Hermione était disposée à écouter, à réfléchir, à peser le pour et le contre, à discuter dans le respect de chacun, mais si elle n'aimait pas une chose ou si on ne parvenait pas à la convaincre avec de vrais arguments, ce n'était pas la peine d'essayer. Alors, l'anarchie, le purisme modéré, non merci. Il était inutile d'en parler. Quant à la Vague, on ne lui avait guère montrer de bons exemples jusqu'à présent, en dehors d'un seul homme ; le seul à lui avoir manifesté un tant soit peu de considération, de générosité et de respect, le seul à lui avoir donné envie d'accepter de rallier son groupe au leur dans cette confédération censée aller au-delà des clivages, mais qui donnait surtout l'impression de défendre l'ambition et l'égoïsme d'un seul homme en profitant de la haine, du désir de vengeance, de l'ambition, des vices, des bas-instincts et de la naïveté des autres.

Pourquoi Hermione serait-elle rancunière ? Cela faisait près de dix ans que ces dernières illusions d'adolescentes s'étaient envolées, alors une de plus ou de moins... Contrairement à Ron, ce n'était pas de la colère et de la rancune qu'elle ressentait, mais de la déception teintée d'une affection toute particulière. Et c'était parce que l'ennemi profitait aussi de ce genre de sentiments qu'elle avait appris à s'en méfier, qu'elle songeait à devenir occlumens. Car il ne fallait pas croire que la née-moldue était incapable de se remettre en question, de songer à ce qui pourrait la renforcer ou la faire devenir une meilleure sorcière. Elle réfléchissait à la façon d'accroître ses connaissances, sa puissance en faisant très attention à ses choix et aux conséquences. Mais stupide ou immature, elle ? Certainement pas.

Minerva était surement parti à cause de Ron, du serment inviolable, de son autoritarisme, de ces souterrains ressemblant à des geoles de l'Intendance, à toutes ces fois où Hermione s'était insurgée en privé pour dire non, pour tenter de le raisonner, d'argumenter ses positions et de se voir opposée une fin de non recevoir. Le rouquin avait beau être très amoureux, sa compagne ne pouvait plus l'encaisser et elle s'éloignait de lui. Plus jamais il ne lui imposerait quoi que ce soit sous peine de mort. Comme la fois où elle avait refusée d'abandonner Harry pour le suivre à cause des enjeux de la guerre, elle ne se laisserait pas manipuler par les sentiments, par son intérêt personnel. Sa vie sentimentale était un champ de ruine. Elle ignorait s'il parviendrait à rattraper le coup, à récupérer l'affection de celle dont il semblait être amoureux. Elle n'était plus sûre de rien.

Alors, le professeur pouvait fort bien être parti ou non à cause de cela, Hermione parvenait à le comprendre. Ne pas l'avoir capturée à son arrivée ni jeter en prison était du à cela et à ce qu'elle ressentait pour son ancienne directrice de maison. Elle avait désertée, ce n'était pas forcément excusable, mais elle n'avait vendu personne. Sa cadette avait la tête bien sur les épaules et une conscience morale. Il valait mieux la voir vivre et combattre leurs ennemis plutôt que de faire le sale boulot, de clôturer l'histoire d'une grande sorcière qui fut autrefois une amie proche du professeur Dumbledore. Et c'était parce qu'elle se méfiait de ses sentiments qui auraient pu obscurcir son jugement qu'elle s'était demandée si Benjamin ne l'utilisait pas pour la manipuler, pour jouer sur sa relation avec le professeur Macgonagall et ainsi favoriser une alliance à laquelle elle ne songeait pas encore. Son ainée ne semblait pas l'avoir compris et quelque part c'était normal.

Pour que cette conversation ne se transforme pas en champ de bataille idéologique ou en règlement de compte, la résistante avait opté pour le contre-pied pour couper court et autoriser une conversation sur des bases plus favorables. C'était Minerva qui lui rendait visite, elle qui avait désertée, elle qui lui devait une explication et non l'inverse. Dès lors, Hermione avait choisi l'honnêteté, une denrée bien rare de nos jours pour lui livrer le fond de sa pensée : était-elle venue à cause de sa rencontre avec Benjamin, pour une mission précise ou y avait-il une autre raison ? Un raisonnement logique chez une personne dotée d'une grande vivacité d'esprit, car il lui semblait incroyable qu'elle ait pu vouloir revenir vers eux au bout d'un an pour reprendre sa place parmi eux et encore moins probable qu'elle ait voulu assumer les conséquences de ses actes. Une simple déduction logique, mais peut-être se trompait-elle.

Elle remarqua la réaction de son ainée lorsqu'elle déposa délicatement sa tasse de thé sur le bord de la table, en appuyant ses coudes sur les rebords de la chaise. Parlons directement, sans chichis, mais sans oublier les bonnes manières, car ils restaient encore des êtres civilisés. Ses paroles de sagesse étaient la base d'une réflexion basée sur l'expérience ; une chose que l'on trouvait de moins en moins au sein de la résistance. De la raison, de la pensée logique, de la sagesse, des convictions profondes, de la loyauté, de l'intégrité, de l'honneur : des concepts à visée universelle qui appartenaient à tous. Cela ne remplaçait pas les actions concrètes, mais sans intelligence, réflexion ni sagesse, il ne pouvait y avoir de stratégie efficace, sans conviction profonde et sans idéal, il ne pouvait y avoir de force intérieure hormis celle consistant à laisser libre-court à sa sauvagerie et à la haine. Il fallait pourtant se battre aussi sur ce plan pour opposer une réelle résistance psychologique à l'ennemi, pour leur montrer des valeurs qu'ils n'appréciaient pas, pour leur montrer que si l'on pouvait blesser, faire souffrir et tuer, ils ne parviendraient jamais à vaincre la puissance d'une âme, qu'il était impossible de vaincre un esprit buté refusant la soumission.

Bien-sûr, le professeur Macgonagall fut touchée par ses paroles sincères. Le reproche, la colère et la rancune n'avaient pas leur place ici, mais si cela la surprenait autant, peut-être se rappellerait-elle d'un vieil homme avec ce léger sourire bienveillant, de ses petites lunettes en demi-lune et de son regard tantôt amusé, tantôt joyeux qui savait se faire respecter autrement que par la peur, la violence, la contrainte, la menace, le sarcasme ou l'intimidation. Non, Hermione ne croyait pas qu'une dispute avec elle aurait réglé le problème.

"- Vous avez été - vous êtes - une seconde mère, un mentor, l'un de mes professeurs préférés, quelqu'un en qui j'avais confiance. Vous êtes l'une des sorcières les plus expérimentés et les plus doués en ce monde. Vous faites parti de la seule famille qui me reste. Vous avez été l'une de mes sources d'inspiration, ma directrice de maison et un membre très apprécié de cette organisation. J'ignore pourquoi vous êtes là. Est-ce à cause de moi ou vous a t-on chargé d'une mission quelconque ?"

"-Une mission ? Que voulez-vous dire ?" Minerva répondit en grimaçant, en fait ça ressemblait davantage à un rictus.

Cela semblait pourtant évident, non ? Sans formuler aucun reproche, il était légitime de s'interroger sur sa venue après une année de silence, après l'avoir vu quitter un groupe sans un mot, sans une justification. Désormais, Minerva oeuvrait pour la Vague et il était normal de se demander ce qui la poussait aujourd'hui à vouloir s'entretenir avec elle. Une minute s'écoula et on lui répondit sur une voix douce et posée :

"- J'ignore ce qu'on vous a dit sur moi, ou mes intentions envers vous. Toutefois, il met nécessaire de clarifier tout ceci avant de vous justifier ma présence". Elle fit une pause et reprit. "Je crois que vous me mettez sur un pied d'estrade élevé. Néanmoins cela semble sincère de votre part, j'ignorai que mes actes avaient été perçus de la sorte par une étudiante telle que vous. Je vous en remercie, de me le dire même si les conditions dans lesquelles nous nous retrouvons aujourd'hui, sont loin d'être communes. Il est vrai que peu d'élèves durant ma longue carrière d'enseignante ont compté comme mes protégés. Vous en faites partie comme vous vous en doutiez, si peu et souvent Gryffondor. Toutefois, mon comportement de ces derniers mois ne sont pas...justifiables. Vous devriez me détester, ou pour plus de maturité exiger des explications. Mais non, rien de tout cela, vous me laisser entrer dans le quartier général, prenez ma défense devant tout le monde et m'offrez également du thé", conclut-elle sans pouvoir s'empêcher de ricaner.

On ne lui avait rien dit, non, mais elle ignorait toujours les raisons de sa venue. Non, elle ne l'a mettait pas sur un piedestal en dépit de ses paroles sincères. C'était aussi une manière d'abaisser la tension entre elles, de ne pas se focaliser que sur un aspect négatif. C'était une manière de préserver sa dignité et de rétablir un certain équilibre. Hermione était fière de figurer parmi ses protégées. Le reste était effectivement injustifiable. Oh, mais justement elle attendait des explications. Pourquoi l'aurait-elle détester et en quoi sa réaction était-elle immature ? C'était, au contraire, un geste intelligent, sage et compatissant. C'était une situation étrange - comique, si vous voulez - mais raisonnée. Si un Sheppard aurait été reçu de manière musclée, ça n'avait pas été son cas, car la Co-dirigeante de l'Ordre savait surprendre et prendre de bonnes décisions en fonction des circonstances, contrairement à ce triple idiot de Ron.

"- Ne le prenez pas pour vous, Hermione. Je suis flattée de votre discours. Mais, je vous dois cette explication, d'où ma venue ici, ce jour. J'ai longuement réfléchi comment aborder la chose, je m'attendais à plus de colère de votre part, de provocations de la part des autres. Mais tout ceci, non. A vouloir trop réfléchir, je me rends compte que j'ai perdu un temps précieux, j'aurai du foncer dans le tas, ça n'a jamais été dans mes cordes...certaines choses restent. Venons-en au fait. Ma venue", fit-elle, les larmes aux yeux, avec émotion.

Ce n'était pas "pitoyable" comme elle semblait le penser. Et non, Hermione ne prenait pas pour elle cette remarque qui aurait pu passer pour une légère condescendance. Minerva était perturbée par son accueil et par la délicatesse de sa cadette. Rien de surprenant lorsqu'on était un tant soit peu psychologue, lorsque l'on connaissait son interlocutrice, lorsque l'on était nullement armé d'intentions hostiles ou manipulatoires. Si son ainée était flattée et soulagée d'une certaine manière alors c'était l'essentiel pour son ancienne élève. Elle n'était pas Ron et la Justice - au sens où elle l'entendait - ne se rendait pas ainsi, sous le coup de la vengeance, de l'absence de discernement et de l'arbitraire. En reconnaissance pour ses actions passées et présentes, le professeur Macgonagall ne méritait pas de se faire ainsi malmener, contrairement à d'autres.

"Comme vous l'avez compris, tout ceci, ma venue, dépend uniquement de moi. Et je ne suis en rien en mission pour le compte de la Vague. D'ailleurs, si ça peut vous rassurez, je n'ai rien perdu de la vision protectrice de l'Ordre du Phénix. J...j'étais déçue de la manière dont tournait les choses depuis que monsieur Weasley avait reprit les rennes de cette organisation. Je sais, j'aurai sûrement du lui dire, en parler avec les autres, plutôt que de choisir la facilité : la fuite. Je sais que j'aurai dû prévenir de mes intentions de quitter l'Ordre pour m'engager à la Vague. Pourquoi ne pas l'avoir fait dans cet ordre ? Aucune idée. Je me suis écartée d'un chemin tracé".

Elle en avait supposée les motifs et elle en avait à présent la confirmation, y compris sur ce qui l'avait poussé à partir. Peut-être Hermione en aurait fait autant dans d'autres circonstances et elle comprenait - elle partageait même - sa déception à l'égard de Ronald. Mais la née-moldue n'aurait pas parler de chemin tracé, car elle n'était pas certaine de croire au concept de destinée. Elle ne doutait pas de la sincérité de ses propos.

"Je suis désolée".

Ce fut comme un coup de marteau reçu en plein coeur ou comme une enclume lui tombant sur le crane. Jamais, oh grand jamais, Hermione n'aurait imaginée entendre son ancienne directrice de maison, son ancienne directrice-adjointe et professeur de métamorphoses s'excuser pour quoi que ce soit, à tel point qu'elle écarquilla les yeux un bref instant d'un air abasourdi. Ce n'était pas comme si le professeur n'avait jamais eu d'incidence sur elle, encore aujourd'hui. Le silence retomba lourdement. Hermione ferma les yeux et soupira.

"- Maintenant que je vous ai certifié que ma venue n'était dûe à une mission quelconque pour la Vague, qu'aimeriez-vous savoir, Hermione ?"

"- Pourquoi avoir pris un tel risque dans ce cas ? Pourquoi être venue me voir ?", lui demanda-t-elle, un peu hésitante. "Ceci n'est pas un interrogatoire. Vous n'êtes pas obligée de me répondre et soyez assurée que je prendrai les mesures qui s'imposeront afin que vous repartiez en toute tranquilité, même si je dois m'occuper personnellement de Nolan", ajouta-t-elle avec conviction.

Etait-elle au courant de sa venue récente au quartier-général de la Vague ? Devait-elle lui mentionner sa rencontre avec Benjamin et Sheldon, lui parler de cette proposition d'alliance ? La résistante jeta un oeil sur son bol de soupe qui était en train de refroidir. Elle avait eu faim quelques instants auparavant, après plusieurs jours sans manger, occuper à réfléchir sur cette nouvelle stratégie dont elle cachait à tout le monde l'existence. Voilà plusieurs jours qu'elle n'avait pratiquement pas fermer l'oeil.

"En l'espace d'un an, vous avez eu l'occasion de vivre et de combattre avec eux. Je ne suis pas très emballée par la Vague et leurs contradictions. Je n'apprécie déjà pas les méthodes de Ron, alors si cela consiste à laisser libre champ aux extrêmes..." Elle marqua une courte pause. "Il existe certaines choses qui me chiffonnent dans leur organisation, dans la manière de considérer que des gens ayant de telles différences puissent s'entendre sur leur lutte contre l'Intendance lorsqu'une née-moldue et un membre de l'Ordre seraient pris à parti, traitée en paria et obligée de suivre les consignes d'un type qui ne m'a pas prouvé qu'il était digne de quoi que ce soit.", fit-elle avec sérieux. "Nous nous battons dans le même camp, mais je me dois de tout considérer, et pour l'instant je n'ai pas une bonne opinion. Libre à vous de me parler de votre expérience, avec arguments à l'appui, mais je me vois mal manifestée une curiosité qui pourrait passer pour un vilain défaut.", conclût-elle calmement.

Hermione attrapa sa cuillère et rapprocha son bol de soupe. Elle n'avait toujours pas retrouvée son appétit, mais il fallait se forcer un peu. Il existait des gens qui n'avaient rien à se mettre sous la dent et on ne pouvait pas dire qu'elle pouvait se permettre d'avoir souvent un plat chaud sous le nez pour se caler l'estomac. Se battre revenait aussi à prendre soin de soi de temps à autre. Quant à la conversation, la résistante ne comptait pas repartir dans une bataille idéologique avec son ancien mentor. Elle était disposée à l'écouter, à accorder de l'intérêt à ses arguments, mais guère davantage...

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Pensine
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Minerva R. McGonagall


MessageSujet: Re: Résistance et divergences [Pv H. Granger - QG OdP - Chili] Sam 16 Aoû - 19:30

Citation :
quote]"Il faut beaucoup de bravoure pour affronter ses ennemis, mais il en faut encore plus pour affronter ses amis..." - Albus Dumbledore
Décidément tu sais les choisir tes citations ❤ ]


La situation était étrange. Comment imaginer une telle confrontation entre les deux sorcières. Les choses ne sont plus ce qu'elles étaient par le passé. Tout était si : facile, avant tout ce chaos. La sorcière aurait aimé que les choses se passent autrement, mais voilà, c'est ainsi et maintenant elle ne pouvait revenir en arrière. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être une « girouette » un coup oui, un coup non ? Non Minerva était entière et allait où on avait besoin d'elle, où elle se sentait utile. C'était un argument qu'elle aurait pu avancer à Hermione pour expliquer sa désertion, mais ce n'était qu'une infime partie de la vérité. L'honnêteté, un sentiment qu'on ne pouvait enlever à la vieille dame.

Alors qu'Hermione lui répondait de façon posée et juste, elle eut presque un sentiment de se faire sermonner par Dumbledore, ou son père. Les choix définissaient beaucoup dans la vie de tous les jours, les responsabilités de ses actes encore bien plus. Minerva était las de devoir encore se justifier. Mais elle le devait au moins pour rassurer sa cadette. La miss avait encore des doutes sur la venue de son ancien professeur, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Mais les choses allaient être éclaircies et puis c'est tout.

L'accueil avait plutôt mal commencé, les nouvelles et les anciennes rancunes avaient refait surface dès son arrivée au quartier général de l'Ordre du Phénix. Minerva savait qu'elle ne serait pas accueillie les bras ouverts, mais de là, à la chercher de la sorte. Bref, l'incident avec Nolan permit de passer les barrages. Cela dévoilait qu'elle était la véritable Minerva McGonagall et non une espionne sous une formule de dissimulation d'apparence. Elle avait prit l'habitude d'utiliser ce sortilège quand elle partait sur des terrains minés, des terrains où sa tête ferait un bel objet décoratif de salon chez les mangemorts. Non, Minerva ne cherchait pas la provocation en revenant au QG de l'Ordre. Elle cherchait à se justifier et préserver des amitiés forgées du passé.

Ainsi les deux femmes s'éloignèrent du tumulte afin de discuter tranquillement. Elles avaient des choses à mettre au clair, sur table, comme on pouvait le dire. Minerva expliqua certaines informations, se justifia, même si elle préférait que ce soit Hermione qui lui pose les questions.
Après avoir bu un peu de thé, la vieille dame écouta attentivement les répliques de sa cadette devenue un leader malgré son jeune âge.

Le silence prenait une tournure pesante. Les deux femmes s'écoutaient parler l'une après l'autre. C'était très solennel, inutile d'hurler, de se disputer, elles parlaient simplement. Aucune véritables tensions s'étaient mises en place depuis le début de la discussion, il y avait bien des réponses qui devront être dévoilées, un fait non négligeables, après tout, elles étaient là pour clarifier les choses. Mais ce silence pesant, ponctuait chacune des interventions des deux sorcières. Elles avaient chacune conservées leurs éducations malgré cette guerre, qui aurait pu au moins les révolter dans leurs manières de réagir, mais non rien de tout cela. Elles étaient calmes et parlementaient simplement autour d'un bol de soupe et d'une tasse de thé.

Après une longue explication, Minerva fini par s'excuser de son comportement. La vieille dame était sincère et honnête depuis le début, pourquoi le contraire, me diriez-vous ? Et le silence reprit ses droits sur la conversation. Sans nul doute qu'Hermione ne s'attendait pas à cela ? Quoiqu'il en fut, la sorcière regarda son interlocutrice en se demandant ce qu'il adviendrait de la suite.

"- Pourquoi avoir pris un tel risque dans ce cas ? Pourquoi être venue me voir ? Ceci n'est pas un interrogatoire. Vous n'êtes pas obligée de me répondre et soyez assurée que je prendrai les mesures qui s'imposeront afin que vous repartiez en toute tranquillité, même si je dois m'occuper personnellement de Nolan".

-Il le fallait.

Minerva releva la tête, prit la tasse de thé et bu une gorgée ou deux. Elle sourit lorsque Nolan fut mentionné.

-J'ai mis des mois à me convaincre que Monsieur Weasley agissait d'une façon peu commune pour diriger l'Ordre. Je lui ai longuement cherché des excuses, de part son jeune âge, la guerre et la direction d'une telle organisation. Je suis finalement partie et curieusement, sûrement des regrets...les choses se sont rapidement enchaînées, j'ai longuement hésité avant de rejoindre la Vague, mais je ne pouvais m'assurer ma survie seule avec des avis de recherches sur ma personne. Le temps a joué contre moi, mes choix aussi, je le reconnais aujourd'hui, et...j'ai voulu...cela fait déjà plus d'un an. Elle soupira. Je prendrai tous les risques nécessaires afin de justifier mes actes auprès de l'Ordre du Phénix, auprès de vous, Hermione. J'ai toujours voulu être loyale envers les individus de mon entourage, bien plus que sur les principes du Bien pour tous. Chacun ses faiblesses.

"En l'espace d'un an, vous avez eu l'occasion de vivre et de combattre avec eux. Je ne suis pas très emballée par la Vague et leurs contradictions. Je n'apprécie déjà pas les méthodes de Ron, alors si cela consiste à laisser libre champ aux extrêmes... Il existe certaines choses qui me chiffonnent dans leur organisation, dans la manière de considérer que des gens ayant de telles différences puissent s'entendre sur leur lutte contre l'Intendance lorsqu'une née-moldue et un membre de l'Ordre seraient pris à parti, traitée en paria et obligée de suivre les consignes d'un type qui ne m'a pas prouvé qu'il était digne de quoi que ce soit. Nous nous battons dans le même camp, mais je me dois de tout considérer, et pour l'instant je n'ai pas une bonne opinion. Libre à vous de me parler de votre expérience, avec arguments à l'appui, mais je me vois mal manifestée une curiosité qui pourrait passer pour un vilain défaut."

En vieillissant Minerva avait un visage bien plus expressif que par le passé. Il fallait bien l'avouer les paroles d'Hermione n'étaient pas dénuées de sens, bien au contraire. Il y avait du vrai dans son discours et même si Minerva appartenait à ce nouvel ordre, elle partagea son sentiment vis-à-vis de ces paroles.

-Vous avez raison, un an déjà. Je n'approuve pas les moyens extrêmes que la Vague emploient pour renverser l'Intendance. Même si avec du recul, cela fait grandement pencher la balance en nôtre faveur. L'idéologie puriste a toujours été une plaie pour la communauté sorcière. Je dirai qu'il faut de tout pour fonder une résistance qui tienne la route. Même si comme je vous l'ai indiquée, je ne partage pas cette violence extrême, néanmoins un, deux, une multitude de groupes individus qui font front à cette propagande puriste...je ne dis pas qu'il faut régler la violence par la violence, mais nous sommes en guerre et chaque individu agit pour protéger un maximum d'individus. La sorcière fit une nouvelle pause. Pour ma part, si je dois affronter les hautes sphères de ce régime par la force magique, je le ferai qu'importe le nom du groupe auquel j'ai prêté allégeance, si cela permet à des innocents de survivre en paix dans un futur...proche.conclut Minerva d'une voix douce.

La sorcière comprenait bien, en analysant le discours de la jeune femme qu'il y avait anguille sous roche. La cadette pensait sans doute que son aînée était là juste pour forger cette alliance entre les deux communautés. Mais ce n'était pas elle de le faire, si cela devait se faire, mais pas par son biais. Minerva voulait le clarifier.

Si une alliance doit se faire entre les deux groupes de résistance, elle se décidera au cours d'une rencontre entre vous et Benjamin. Et non par mon biais, d'ailleurs, si le contraire avait été pensé j'aurai été direct avec Mulciber, tout comme je le suis avec vous, Hermione. Et puis, j'ai ma part de secrets, je ne dévoile pas mes destinations comme je le faisais quand j'appartenais à l'Ordre du Phénix.

Même si les réponses furent impulsives, elles n'avaient rien d’agressive envers Hermione. Au contraire, Minerva voulait lui faire comprendre qu'elle n'était pas devenue ce genre de sorcière.
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MessageSujet: Re: Résistance et divergences [Pv H. Granger - QG OdP - Chili] Lun 1 Sep - 19:31

"Les vrais amis t’aiment pour ce que tu es et non pour ce qu'ils veulent que tu sois" - Ted Rall


La situation avait quelque-chose d'assez surréaliste et de dérangeante, mais de là à parler de confrontation... Le plus difficile pour Hermione avait été de faire taire certains sentiments contradictoires à l'annonce de l'arrivée de son ancienne Directrice de maison pour réagir dans l'intérêt de son organisation. Mais ce fut la raison couplée avec ce qu'elle ressentait de plus fort - étrangement ou non - qui l'emportèrent sur le reste. Elle préféra dès lors s'adresser à Minerva avec justesse et de manière posée, avec le respect dû à son âge et à son expérience, mais aussi et surtout avec une grande honnêteté et affection.

Un individu irréfléchi, incapable de se dominer aurait sans doute mal réagi. Peut-être même aurait-il regretté son acte après coup. Dans le cas présent, Hermione venait de lui démontrer combien elle et le professeur Dumbledore avaient eu raison de lui accorder leur confiance et à croire en sa capacité à raisonner avec sagesse en dépit de son jeune âge. Bien-sûr, elle aussi en avait assez de se justifier, d'essuyer des insultes, d'avoir à endurer la haine des autres et leur stupidité. Mais ce n'était pas comme si elle avait du se battre toute sa vie avec le plus grand des courage afin de lutter contre le mal, en tentant d'exister et d'assumer des responsabilités.

Elle admettait que sans Harry et Ron, elle serait morte, tuée par un troll des montagnes relâché par le professeur Quirrel dans les cachots de Poudlard ou à plusieurs reprises durant la guerre. Sans eux et les épreuves endurées pour repousser Vous-Savez-Qui elle n'aurait sans doute jamais compris la valeur que pouvait avoir une amitié, le courage, la solidarité ou l'Amour. On pourrait la prendre pour une folle ou une idiote pour défendre ainsi ses amis avec tant de volonté et de férocité, sans rien attendre en retour, mais elle avait retenu que c'était dans les ennuis, les moments de solitude et de chagrin, lorsque votre vie était en danger, que l'on reconnaissait ses vrais amis : Ginny, Neville, Luna, Hagrid, Fred et Georges, Minerva, sans oublier Harry et Ron.

Sans attendre de réelles justifications de la part de son aîné, l'appréhension lui avait coupé l'appétit. Elle redoutait de voir la situation lui échapper, se transformer en une épreuve de force qui mettrait leurs nerfs à rude épreuve. Hermione n'avait pas envie d'une énième dispute. Qu'elle ait pu ressentir de la déception, de l'angoisse, de la tristesse et de l'hésitation, cela la regardait, mais la jeune femme s'interrogeait sur les raisons qui avait poussées le professeur Macgonagall à faire preuve d'un tel courage - après une année de silence - en sachant qu'elle imaginait d'ores et déjà sa venue comme la conséquence possible de sa conversation avec Benjamin Mulciber et Sheldon Ferguson. Aucune hypothèse ne lui semblait satisfaisante, mais elle préféra réagir avec tact.

Chacune de leur réponse fut entrecoupée d'un silence pesant, comme si les deux femmes réfléchissaient un peu trop avant de parler afin de gérer leur malaise réciproque en faisant bonne figure et preuve de bonnes manières. L'instant était très solennel, mais sans réelle animosité. Mais en dépit des signes de lassitude et de légère appréhension qui émanaient de chez Hermione - qu'il fallait mettre à la fois sur sa fatigue et sur ses préoccupations - elle semblait prendre les choses avec beaucoup de recul, car ce n'était pas son orgueil qui était touché. Car bien-sûr, si certains actes étaient tout bonnement injustifiables et inexcusables, le professeur Macgonagall restait une amie chère à son coeur. Ses excuses furent ce qui lui fit le plus mal et ce qui la perturba le plus, en sachant que jamais elle ne se serait attendu à cela, ce qui lui rendit la tâche plus difficile, à tel point qu'elle en écarquilla les yeux de stupeur et en ferma les yeux afin de soupirer et ne pas avoir à s'adresser à son amie avec un trop plein d'émotion.

Avec beaucoup de calme - en dépit de ce qu'elle ressentait - Hermione observa son aîné sans rien dire, en se contentant de l'observer avec beaucoup de sérieux, avec les sourcils légèrement froncés. Mais puisqu'on lui demandait ce qu'elle voulait savoir, elle fut assez décontenancée par la question. Son contre-pied avait fonctionné, protégeant ainsi sa dignité et redonnant un peu de confiance à son ancien professeur. Seulement, malgré le nombre de questions qui se bousculaient dans son esprit, encore fallait-il choisir les bonnes et ne pas les poser de n'importe quelle façon. L'important était surtout de connaître le motif exact de sa présence et de l'assurer qu'elle n'allait pas subir un étrange interrogatoire. C'était assez surprenant si l'on considérait les préparatifs de la mission Reconquista et son récent déplacement au quartier-général de la Vague où on lui avait peut être signalé sa présence, étant donné qu'elle avait pris un repas dans leur mess. Où peut-être pas.

- Pourquoi avoir pris un tel risque dans ce cas ? Pourquoi être venue me voir ? Ceci n'est pas un interrogatoire. Vous n'êtes pas obligée de me répondre et soyez assurée que je prendrai les mesures qui s'imposeront afin que vous repartiez en toute tranquillité, même si je dois m'occuper personnellement de Nolan.

- Il le fallait.

Minerva releva la tête, prit la tasse de thé et en bu une gorgée ou deux. Elle sourit lorsque Nolan fut mentionné. Hermione haussa légèrement les sourcils en se demandant ce qu'elle entendait par là, mais la réponse vint immédiatement. Quant à Nolan, elle était très sérieuse.

-J'ai mis des mois à me convaincre que Monsieur Weasley agissait d'une façon peu commune pour diriger l'Ordre. Je lui ai longuement cherché des excuses, de part son jeune âge, la guerre et la direction d'une telle organisation. Je suis finalement partie et curieusement, sûrement des regrets...les choses se sont rapidement enchaînées, j'ai longuement hésité avant de rejoindre la Vague, mais je ne pouvais m'assurer ma survie seule avec des avis de recherches sur ma personne. Le temps a joué contre moi, mes choix aussi, je le reconnais aujourd'hui, et...j'ai voulu...cela fait déjà plus d'un an. Elle soupira. Je prendrai tous les risques nécessaires afin de justifier mes actes auprès de l'Ordre du Phénix, auprès de vous, Hermione. J'ai toujours voulu être loyale envers les individus de mon entourage, bien plus que sur les principes du Bien pour tous. Chacun ses faiblesses.

"Peu commune" était un euphémisme et une manière polie de dire les choses. Hermione, elle, se serait montrée plus tranchante en sachant qu'elle désapprouvait autant les exactions de Ron que la pratique de la magie noire, mais Minerva n'avait pas la chance ou le déplaisir d'entretenir une relation aussi "privilégiée" avec son rouquin. "Lui chercher des excuses" ? Oui, ça, elle l'imaginait sans peine. Elle aussi avait essayé de lui en trouver, mais n'importe qui aurait pu être étonné de n'avoir vu aucun des anciens critiquer Ron pour ses dérapages, même si sa compagne s'y était risquée en privé. Or, lorsque vous lui deviez fidélité sous peine de mort, il y avait de quoi redoubler de prudence. Pour autant, cela ne voulait pas dire que Miss Granger était opposée à certaines formes de violence en combat - comme celle pratiquées par la Vague - mais avec quelques limites morales tout de même. De là à croire qu'elle n'oserait pas employer des méthodes "discutables", c'était mal la connaître et elle comptait sur ce genre de sous-estimation.

Le reste de ses propos se justifiait. Une fois la décision prise, la question de la subsistance se posait et Hermione comprenait qu'à moins de vivre recluse, jamais Minerva n'aurait fait le choix de mettre sa volonté de combattre le purisme de côté en s'estimant vaincue. Du moins, pas dans ces circonstances. Il n'y avait qu'à voir comment Ron s'était lamentablement planté pour comprendre que l'on risquait gros en adoptant les mêmes méthodes que leurs ennemis, que l'on pouvait indéniablement perdre sur le plan moral, perdre la volonté de se battre, mourir bêtement ou devenir l'ennemi à abattre lorsqu'on se laissait aller à des pratiques barbares, lorsqu'on se lâchait un peu trop sur ses bas-instincts en prétendant y trouver un quelconque réconfort ou une justification. Car basculer dans les forces du Mal, ce n'était pas une étape radicale - en dehors de certaines exceptions - ,mais bien une succession de mauvais choix, d'actions contre-nature, qui finissaient de vous compromettre, par endommager votre âme, par bousculer vos valeurs et modifier votre comportement. Si en plus de cela, vous consommiez de la drogue, alors là...

La fin de ses propos surprit davantage la née-moldue qui voyait là certaines de ses supputations confirmées par son aîné. Son aveu fut étonnant, car elle prit cela comme une marque de loyauté, d'affection, d'honnêteté envers celle qui avait été l'une de ses protégées, l'une de ses élèves préférées et quelqu'un qu'elle estimait comme une amie. Dix ans c'étaient écoulées, mais l'ancienne Gryffondor éprouvait toujours un peu de mal à juger de la distance parcourue - entre l'élève qu'elle avait été, l'amie qu'elle était et la dirigeante qu'elle devenait par la force des choses. Certes, cette preuve d'honnêteté et de loyauté arrivait un peu tard, mais mieux valait tard que jamais, hm ? Ce n'était pas une décision facile à prendre, mais Hermione jugea la situation avec l'impartialité et la sagesse dont elle fut capable en pareil instant. Minerva avait pris un risque calculé, en comptant sur la compréhension de sa cadette et cela avait fonctionné. Sans doute serait-elle parti elle aussi si elle n'avait pas cherché à changer les choses.

- J'ai essayé... vraiment essayé de lui faire entendre raison ,répliqua-t-elle en soupirant d'un air las. J'étais opposée à ce serment inviolable, contre les actes barbares qu'il pratiquait, lorsque j'ai appris la manière dont il traitait nos ennemis, comment il avait "géré" l'interrogatoire de Sheppard en le laissant entre les mains de cette brute de Jugson. Plus jamais je ne laisserai nous obliger à faire quoi que ce soit avec une telle épée de Damoclès au dessus de la tête. , ajouta-t-elle avec les sourcils froncés, en concluant ses propos sur un ton de reproche, en songeant à lui.

Je pensais que la mort de Bill, la capture de Percy et de trois autres de nos compagnons l'avaient fait basculé dans une descente aux enfers. Mais depuis l'opération d'Azkaban, nous les avons récupérés, en partie grâce à la Vague. Quelle qu'ait pu être ses raisons, c'était moralement injustifiable. Alors, si c'était là sa manière de se venger et d'attirer l'attention de Jedusor sur lui, pour entretenir sa réputation, ce serait odieux et complètement débile. Vaincre ses ennemis est une chose ; les torturer, ça jamais. , fit-elle en soupirant et en reprenant son souffle.

Je ne peux donc pas vous en vouloir puisque je partageais votre déception et votre réprobation. Qui sait ce qui aurait pu se produire si je n'étais pas restée... D'ailleurs, hum... Elle s'arrêta, jugeant que ses problèmes sentimentaux n'avaient pas leur place dans leur conversation. Elle se racla la gorge, en pinçant les lèvres, après avoir baisser un peu le regard en ajustant une mèche de ses cheveux derrière une oreille. Enfin, voilà... conclut-elle en soupirant de nouveau.

Minerva était une amie, mais l'heure n'était pas venue de faire des confessions intimes devant les deux gardes se trouvant dans la pièce. Elle reprit donc en faisant appel à son aîné et à son expérience de la Vague au cours de l'année écoulée. Elle lui confia sa perplexité, ses doutes sur ce qu'elle imaginait, sans trop entrer dans les détails. Ses questions lui semblaient légitimes : elle voulait savoir qui était le chef de la Vague, s'ils pourraient discuter les plans et tenter de changer les choses si elle désapprouvait certains éléments, comme Benjamin le lui avait signifié, mais aussi jauger leur comportement sur le terrain. L'autre aspect du problème était de savoir comment jongler avec autant de différences, en sachant qu'elle aurait beaucoup de mal à faire confiance à quelqu'un qui la méprisait, qui serait capable de la trahir ou de lui planter un couteau dans le dos par jalousie, par envie ou parce qu'elle était une "sang-de-bourbe".

Elle ramena son bol de soupe et reprit sa cuillère. L'appétit n'était pas revenu, mais elle se força afin de reprendre quelques forces et ainsi ne pas gâcher la nourriture. Pendant ce temps, elle écouta son amie lui confier son point de vue. Globalement, la jeune résistante allait réaliser que leurs opinions n'étaient pas si éloignées que cela. L'ennui avec les hors-la-loi c'était d'en voir certains se battre pour réclamer plus de justice, de liberté, un purisme modéré, un génocide, une vengeance personnelle, des idées politiques ou leur domination sur le monde et prétendre défendre l'intérêt général. Et puis, au dessus de cela, il ne fallait pas oublier les francs-tireurs et les mercenaires qui ne défendaient que leurs intérêts personnels, l'anarchie ou leur utilité à leur manière. C'était le chaos et pour y mette un terme, il fallait "travailler la question".

- Vous avez raison, un an déjà. Je n'approuve pas les moyens extrêmes que la Vague emploient pour renverser l'Intendance. Même si avec du recul, cela fait grandement pencher la balance en nôtre faveur. L'idéologie puriste a toujours été une plaie pour la communauté sorcière. Je dirai qu'il faut de tout pour fonder une résistance qui tienne la route. Même si comme je vous l'ai indiquée, je ne partage pas cette violence extrême, néanmoins un, deux, une multitude de groupes d'individus qui font front à cette propagande puriste... Je ne dis pas qu'il faut régler la violence par la violence, mais nous sommes en guerre et chaque individu agit pour protéger un maximum d'individus. La sorcière fit une nouvelle pause. Pour ma part, si je dois affronter les hautes sphères de ce régime par la force magique, je le ferai qu'importe le nom du groupe auquel j'ai prêté allégeance, si cela permet à des innocents de survivre en paix dans un futur...proche. ,conclut Minerva d'une voix douce.

Hermione approuvait certains moyens extrêmes par conviction par rapports aux conditions du conflit, par la raison plutôt que par choix personnel. Evidemment, elle réprouvait l'usage de la magie noire et était opposée à la pratique des sévices corporels, des actes de cruauté et de barbarie, mais dans une guerre de guérilla - et même si l'ennemi ne respectait rien - il fallait une opposition cohérente et réfléchie, même si cela impliquait d'utiliser la ruse ou la fourberie pour obtenir la victoire. Truquer des élections, assassiner des dirigeants et toutes ces choses que les gouvernements accomplissaient avec leurs forces spéciales afin d'intervenir dans les affaires internes des autres pays étaient illégales, mais une pratique courante. On nommait cela les Black Ops en Amérique du nord ; des opérations noires organisées par des gouvernements sans signe distinctif, sans leur soutien officiel et sans appui en cas de pépin. Mais Hermione possédait un autre objectif qu'elle était disposée à partager avec la Vague et même à lui confier en cas d'alliance.

Cela ne voulait pas dire que Miss Granger approuvait ces choses, mais il fallait bien distinguer la face visible de leur organisation et la face cachée, ce dont ils seraient obligés de faire pour l'emporter. Et c'était justement afin d'éviter à la résistance de faire n'importe quoi, de trop se compromettre et d'être vaincue moralement, qu'il fallait jouer sur les deux tableaux, comme l'Intendance qui disposait d'un service des relations publiques, d'une idéologie et d'une propagande - une face visible et une cachée - et surtout des visées autres, avec des interventions à l'étranger similaires aux Black Ops. Respecter ses prisonniers de guerre, ne pas s'en prendre aux civils (tant qu'ils restaient neutres), faire en sorte de limiter les dommages collatéraux, d'évacuer les civils, de ne pas achever des blessés qui se seraient rendus, etc, c'étaient tout ce qu'elle espérait afin que subsiste une certaine idée de la Justice, mais aussi pour préserver la légitimité de leur combat et se faire des alliés à l'étranger.

Si une alliance doit se faire entre les deux groupes de résistance, elle se décidera au cours d'une rencontre entre vous et Benjamin. Et non par mon biais, d'ailleurs, si le contraire avait été pensé j'aurai été direct avec Mulciber, tout comme je le suis avec vous, Hermione. Et puis, j'ai ma part de secrets, je ne dévoile pas mes destinations comme je le faisais quand j'appartenais à l'Ordre du Phénix.

Autant dire que si leur prochaine conversation ressemblait à la première, les chances d'obtenir les bases d'une future alliance attendrait encore un moment. La fin de leur entretien avait éclairci certaines choses - aussi surprenant que cela ait pu paraître. S'en prendre violemment à elle avait été une grave erreur, mais hélas les mauvaises manières de Benjamin avait crée une tension entre eux. A cela s'était ajouté un manque de confiance réciproque, des explications et des heurts. Oui, cela montrait clairement qu'ils ne se faisaient pas confiance et qu'ils ne s'entendaient pas exactement sur la manière de faire. Mais sans doute Benjamin avait-il fini par réaliser son erreur et par choisir une approche moins agressive pour conclure leur entretien de la manière dont il aurait du lla commencer. Cela leur aurait épargné bien des tracasseries. Quant à parler d'allégeance, Hermione préférait ne pas employer ce mot, mais plutôt celui d'alliance ou d'association, car elle espérait bien conserver sa liberté de ton et d'action au sein de la Vague. Par contre, à l'heure actuelle, la balance ne penchait nullement en faveur de la résistance. Bien au contraire. Et elle n'imaginait pas que dans les jours suivants, elle aurait l'occasion de voir Benjamin lui sauver la vie et lui donner l'opportunité d'apercevoir les pratiques réelles de son organisation. De quoi remettre certaines choses en perspective.

- Je comprends et je partage votre opinion, même si nous serons amenés à faire bien pire. Voyez-vous, je m'interroge sur la manière dont la Vague est dirigée. Je peux me tromper, mais si un individu décide de tout, n'envisage nullement d'écouter l'opinion des autres au motif qu'il a raison et que cela empêchera la trahison... Je ne suis pas certaine de vouloir de cela. Or, comme il le dit lui-même, tout repose sur la confiance. Seulement, Benjamin n'est pas omniscient ni omnipotent. Personne ne l'est et Dumbledore n'est plus. Alors, s'il est disposé à assumer seul ses erreurs, je pense qu'il est déraisonnable de laisser à un seul individu le soin de décider pour tous, surtout lorsque nous avons tant à perdre, notamment des résistants que nous ne pouvons considérer comme des individus aisément remplaçables. Cela dit, Benjamin m'a assuré qu'il n'agissait pas ainsi, qu'il serait possible de discuter et de proposer. Est-ce vrai ? , fit-elle avec calme, en soupirant et en observant passivement son bol de soupe.

Evidemment, un rapprochement, ça ne se fait pas en un claquement de doigt et parce qu'on le souhaite. Cette guerre est une course contre la montre. L'ennemi cherche à placer des taupes, à créer des organisations, des alliances et des dissensions pour diviser et éradiquer la résistance. Seulement, à l'époque de Dumbledore, si la situation était différente, il y avait une certaine liberté de ton et l'usage du vote. Et si Albus a joué les cachotiers sur certaines choses pour des raisons stratégiques, il reste malgré tout important de ne pas se contenter d'un seul avis, car on ne peut pas gagner à tous les coups. Il existe aussi des méthodes pour garantir une sécurité sans devoir régir la résistance comme Tom Jedusor l'a fait avec ses mangemorts. Le risque zéro, ça n'existe pas. D'ailleurs, si l'Intendance a été crée, il y a des raisons à cela. , fit-elle avec gravité, en portant un regard sérieux, mais bienveillant sur son ainé.

Son souhait n'était pas de diriger la résistance ni forcément l'Ordre du Phénix, mais d'être utile comme elle l'avait été avec Harry. Mais si elle ne pensait pas avoir toujours raison ni toutes les réponses entre ses mains - même si elle accordait nettement plus d'intérêt aux arguments et aux preuves irréfutables qu'à l'opinion et aux goûts de chacun - Hermione avait à ceci près ce défaut - ou cette qualité - d'être un esprit très cartésien, ce qui - il fallait bien l'admettre - avait sauvé les miches de ses amis à maintes reprises et conférer un avantage dans bien des situations délicates. En fait, on se trompait beaucoup à son sujet. Elle ne visait pas la domination sur toute la résistance ni des titres comme Chancelière, Ministre, Présidente, Reine ou Impératrice. La baguette de sureau elle-même ne l'intéressait pas, sauf si cela devait lui permettre de tuer Tom Jedusor. La quête d'un plus grand pouvoir était une entreprise à haut risque, mais surtout elle impliquait de grandes responsabilités. Elle n'était pas LUI.

Seulement voilà... Benjamin ne l'avait pas convaincu, hormis sur la fin de leur entretien où il lui donna matière à réflechir et une bien meilleure image. Il lui était paru suspect et elle ne voulait pas s'associer avec quelqu'un en qui elle n'avait pas confiance, qui ne la considérait pas un minimum. Elle songeait aussi à l'avenir - aussi stupide cela puisse paraître - car elle ne voulait pas d'un nouveau despote ni d'un tyran une fois que la guerre serait gagnée. Alors, oui, pour l'instant, le plus important était de mettre tout de côté pour agir sous la même bannière, mais vous admettrez que rare étaient les résistants à lui avoir montrer cette volonté, à lui avoir manifester un doute raisonnable pour considérer qu'elle et ses partisans étaient les bienvenus au sein de la Vague. Et ce n'était que parce qu'elle considérait qu'on ne pouvait bâtir une confiance et une cohésion qu'en rattrapant les bêtises de Ron, en prenant sur elle toutes les insultes et les menaces, en augmentant le nombre de missions avec la Vague, en tenant ses engagements comme elle l'avait toujours fait, qu'elle pourrait peut-être les convaincre de changer d'avis.

Sheldon Ferguson ? Dieu bénisse cet homme. Du point de vue d'Hermione, il avait rattrapé à lui seul un entretien qui ne s'était pas bien passé. Oh n'ayez crainte : ce n'était parce qu'elle le savait né-moldu qu'elle l'appréciait plus que Benjamin. Qu'il ait eu un passé de criminel ou non, c'était ce qu'il faisait aujourd'hui qui comptait et elle ne pouvait que l'avoir en estime pour la générosité et la sympathie qu'il lui avait manifesté. Quant au leader de la Vague, même si elle lui trouvait des points de comparaison avec son "chéri", elle ne lui reprochait pas d'avoir été un mangemort. Elle ne l'avait pas reproché à Severus Rogue alors qu'il ne s'était pas montré particulièrement gentil avec elle durant toutes ces années. C'était seulement ses manières qu'elle désapprouvait - encore une chose qu'il avait en commun avec ce rouquin qui avait le malin plaisir de l'énerver à tout bout de champ, à la séduire lorsqu'elle ne s'y attendait pas et à lui sauver la vie comme un prince-charmant particulièrement maladroit. Mais elle devait lui laisser du temps, le bénéfice du doute, pour apprendre à mieux le connaître. Quant à Minerva Macgonagall ? Oh, le parchemin qu'Hermione rédigerait à son sujet ferait au moins dix kilomètres tant elle plaçait cette femme forte en très haute estime. Jamais elle n'aurait laissé quiconque toucher un seul de ses cheveux. Mais si leurs opinions étaient similaires et si sa cadette se montrait plus difficile à convaincre, elle ne voulait pas paraître méchante, mais défendre seulement son opinion et espérer une mutuelle compréhension. Ce fut pour cette raison qu'elle ajouta dans la foulée :

Si je suis pour la diversité des origines et la pluralité des opinions, je suis une opposante au purisme puisqu'il s'agit d'un fléau, mais je pense que si l'on veut le combattre, on doit mettre ses sentiments et ses opinions de côté pour défendre tout le monde y compris ceux qui vous dégoûtent. C'est une question de cohérence et de survie. Je ne veux pas faire de politique ; du moins le moins possible, car l'important n'est pas là pour l'instant. C'est l'unité de la résistance qu'il l'est - ce dont j'essaye de convaincre Ron - mais je cherche une manière cohérente d'établir une meilleure entente entre nous et ainsi favoriser une union. Et cela ne peut passer que par trois moyens : les missions communes, l'égalité pour tous et la manière dont les dirigeants parviendront à convaincre les autres que nous devons faire taire nos divergences. En tout cas, nous nous accordons sur le fait que cela ne pourra pas se faire par décret.

Les tendances politiques m'importent peu, mais les préjugés ont la vie dure. Les gens ont toujours leurs opinions, des choses à reprocher aux autres et on ne peut pas les forcer. Je ne pense pas qu'il soit intelligent et sage de se battre avec quelqu'un qui serait capable de vous livrer à l'ennemi, de vous planter un couteau dans le dos ou de s'attaquer à vous pour un regard de travers. Sans confiance ni cohésion nous pouvons faire cette alliance, mais nous échouerons, car cela provoquera des dissensions. Ceux qui prétendent qu'il n'existe plus de tendances n'ont rien compris, lorsque eux-mêmes se battent pour des idées politiques, lorsque nous avons des créatures intelligentes parmi nous qui ne font pas confiance aux sorciers et défendent leurs civilisations contre une extermination ; parce que d'habitude on les place en première ligne. Des gens meurent, oui. Beaucoup d'autres mourront si nous faisons cela sans discernement, sans les convaincre d'accepter un modus vivendi, sans faire ce qu'aucun sorcier - en dehors de Dumbledore et de Harry - n'a osé faire.

Lors de la prise de Paris, le général Von Choltitz n'avait pas voulu se rendre à un résistant, mais à un officier de l'armée. Il avait tenté de créer une dissidence en faisant remarquer au chef de l'unité de la résistance que son collègue était un communiste. Le chef lui répondit sans détour qu'il ne faisait aucune distinction entre communiste et non communiste parmi ses camarades. Dans la situation actuelle, si leur deux groupes se méfiaient l'un de l'autre, s'il y avait des bagarres entre résistants, s'il était impossible de donner son avis, si in fine une alliance revenait à participer à un maëlstrom incontrôlable dirigé par un personnage qui imposerait son point de vue aux autres, y compris par la violence, où cela mènerait-il ? Sans cohésion, ils échoueraient...

Bien-sûr, vous êtes libre d'avoir un avis différent, Minerva. Et je le respecte. Je ne prétend pas proposer les meilleures solutions et je n'impose rien, mais certaines choses ne sont pas négociables ou difficiles à accepter. Vous le savez : j'apprécie la franchise lorsqu'elle n'approche pas le cynisme. J'aime le respect et la tolérance, car cela me rappelle que nous sommes des êtres civilisés, égaux en droit. Avoir un avis différent ne veut pas dire que cela ôte tout le respect et le Bien que j'éprouve pour un individu. Bien-sûr, ce serait une erreur de croire que je n'écoute jamais ou que je rejeterai une bonne idée sous prétexte qu'elle ne vient pas de moi. Voyez-vous, j'ai toujours accordé de l'intérêt à l'opinion de Ron par exemple, car il lui arrive d'être étonnement brillant ou criant de vérité, mais Benjamin ne semble pas le comprendre. Et je vous remercie de m'avoir livré votre avis., fit-elle en réfléchissant.

Avez-vous déjà lu les théories de l'évolution de Charles Darwin ? Les gens pensent communément que c'est la Loi du plus fort qui prévaut dans la Nature. En réalité, c'est faux. Si on le lit jusqu'au bout, on apprend que c'est celui qui s'adapte et résiste le mieux qui finit par l'emporter. Je ne sais pas pourquoi je vous dis ça... sans doute parce que je pense que ce conflit ne se réglera pas comme un jeu d'échecs et parce que la puissance n'est pas toujours un élément déterminant. La résistance est faible, mais elle peut l'emporter, s'il n'est pas trop tard. J'espère qu'un jour l'Ordre et la Vague sauront s'unir et évoluer pour s'adapter et vaincre leur ennemi commun. Ce serait une bonne chose., conclut-elle en lui adressant un sourire.

Comme elle le pensait on ne pouvait pas tout régler par la violence extrême ni par la bonté excessive. Le Bien et le mal n'existait pas, disait Jedusor. Il n'y avait que le Pouvoir et ceux qui étaient trop faibles pour le rechercher. Hermione réfuterait sans peine cela. En attendant, un crétin comme Crabble et une andouille comme Goyle pouvaient bien prétendre que la magie était puissance, l'un d'eux était mort pour avoir lancer un feudeymon dans la salle sur demande et l'autre n'était pas spécialement réputé pour être une lumière. Et ce n'était pas les exemples qui manquaient chez les soi-disant "sang-pur". Non, elle pensait plutôt comme Sirius Black, lui qui disait qu'il n'y avait pas d'un côté les bons et de l'autres les méchants, mais toute une nuance de couleurs entre le Bien et le mal. Et puis, tenter de prédire l'avenir était une entreprise éminemment compliquée - voire impossible. Quant aux prophéties, si elles s'avéraient quasiment toutes fausses, il devait bien y avoir une raison, non ?

J'espère ne pas avoir heurté vos convictions, Minerva. Pourtant, nos opinions ne semblent pas si éloignées l'une de l'autre. Seulement, j'accorde de l'intérêt à certains principes que l'on ne peut me demander de sacrifier comme ça sans réfléchir. Cela n'implique pas que ma vie, mais celles de ceux qui ont placés leur confiance en moi et qui espère nous voir prendre la meilleure décision pour nos intérêts et ceux de la résistance toute entière. En tout cas, j'espère ne pas avoir perdu votre considération. Votre opinion et votre affection comptent beaucoup pour moi, vous savez... ,fit-elle en s'interrompant.

Une larme venait de couler sur sa joue.
Voilà bien la peine de se servir un bol de soupe si ce n'était pour le laisser refroidir...

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MessageSujet: Re: Résistance et divergences [Pv H. Granger - QG OdP - Chili] Dim 7 Sep - 21:52



Les temps changeaient, traiter la violence par la violence n'a jamais été la vocation de Minerva. Mais parfois, il était nécessaire de faire abstraction à ses principes afin d'éradiquer le problème. Les pensées étaient devenues froides voire méprisantes dans l'esprit de la vieille dame, mais la guerre changeait les gens, changeait l'état d'esprit ce n'est que le résultat de toute logique. Changer pour devenir meilleur étant une volonté pour chacun, mais changer pour que les choses changent c'était une autre histoire. Il fallait se salir les mains quitte à se fâcher, surprendre ou décevoir son entourage. Minerva ne cherchait pas d'excuse à sa désertion, c'était déjà loin, elle avait donné son explication, ses excuses envers son interlocutrice. Que devrait-elle faire de plus ? Elle l'ignorait. Il est vrai qu'elle ait attendu pratiquement une année entière avant de faire le premier pas, le courage lui manquait peut être. Pourtant fière et reconnue pour une Gryffondor comme on l'entend, et pourtant la guerre avait changé la sorcière.


Ainsi la conversation avait débuté et se poursuivait tranquillement. Les deux sorcières n'avaient pas été dérangé, ni de grincement derrière la porte, pour quiconque souhaiterait en savoir un peu plus sans y être invité. Il n'y avait aucune tension entre les deux femmes, pourquoi d'ailleurs ? Le contraire aurait été étonnant, mais l'aînée ne pouvait être certaine qu'une colère n'éclate pas de la part de sa cadette. Après tout, Hermione en tant que dirigeant de l'Ordre avec son compagnon, aurait pu ne pas laisser entrer aussi facilement, lui crier dessus, passer sa colère ou tout autre chose...
Après s'être expliquée sur sa venue, puis justifier qu'elle n'essaierait pas de trouver une alliance entre l'Ordre du Phénix et la Vague, en tout cas, pas par son intervention directe ou indirecte. Minerva attendit la réaction de la jeune femme.


- J'ai essayé... vraiment essayé de lui faire entendre raison. J'étais opposée à ce serment inviolable, contre les actes barbares qu'il pratiquait, lorsque j'ai appris la manière dont il traitait nos ennemis, comment il avait "géré" l'interrogatoire de Sheppard en le laissant entre les mains de cette brute de Jugson. Plus jamais je ne laisserai nous obliger à faire quoi que ce soit avec une telle épée de Damoclès au dessus de la tête. Je pensais que la mort de Bill, la capture de Percy et de trois autres de nos compagnons l'avaient fait basculé dans une descente aux enfers. Mais depuis l'opération d'Azkaban, nous les avons récupérés, en partie grâce à la Vague. Quelle qu'ait pu être ses raisons, c'était moralement injustifiable. Alors, si c'était là sa manière de se venger et d'attirer l'attention de Jedusor sur lui, pour entretenir sa réputation, ce serait odieux et complètement débile. Vaincre ses ennemis est une chose ; les torturer, ça jamais. Je ne peux donc pas vous en vouloir puisque je partageais votre déception et votre réprobation. Qui sait ce qui aurait pu se produire si je n'étais pas restée... D'ailleurs, hum...Enfin, voilà...
-Vous savez, on dit souvent qu'un homme ne voit, ni ne ressent les mêmes choses que les femmes. Ils ont leur côté...brutal que nous n'avons pas forcément lors de la première approche du problème.



Minerva n'essayait pas d'enfoncer le rouquin pour ses actes faits et passés. Malgré le recul des années écoulées, elle ne parvenait pas à comprendre toutes ces cascades de violence d'un camp à l'autre. Elle cherchait à les expliquer, parfois. Elle ne disait pas que les femmes pouvaient être "plus" dociles que les hommes. Il n'y a rien de pire que deux femmes qui se battent ! Néanmoins, la vision différence du couple Weasley démontrait bien qu'ils n'avaient pas la même approche de la bataille, de la résistance et des attaques contre le purisme.


Un craquement de parquet fit tourner la tête de la vieille femme. Finalement, elles n'étaient pas "si" seules que cela. Dans la prénombre, deux gardes étaient contre la porte. Ils ne bougeaient pas, étaient-ils présent si le dialogue tournerait au règlement de compte ? Comme s'ils étaient assez de deux pour contenir l'animagi. Minerva les observa un moment, son regard passait au dessus de ses lunettes. Elle sourit, et remit correctement ses lunettes sur son nez avant de se tourner vers Hermione qui semblait un peu perdue par les soucis qu'elle avait avec son compagnon. Il n'était pas facile d'être "amie" avec celui avec qui on partage sa vie amoureuse.


- Je comprends et je partage votre opinion, même si nous serons amenés à faire bien pire. Voyez-vous, je m'interroge sur la manière dont la Vague est dirigée. Je peux me tromper, mais si un individu décide de tout, n'envisage nullement d'écouter l'opinion des autres au motif qu'il a raison et que cela empêchera la trahison... Je ne suis pas certaine de vouloir de cela. Or, comme il le dit lui-même, tout repose sur la confiance. Seulement, Benjamin n'est pas omniscient ni omnipotent. Personne ne l'est et Dumbledore n'est plus. Alors, s'il est disposé à assumer seul ses erreurs, je pense qu'il est déraisonnable de laisser à un seul individu le soin de décider pour tous, surtout lorsque nous avons tant à perdre, notamment des résistants que nous ne pouvons considérer comme des individus aisément remplaçables. Cela dit, Benjamin m'a assuré qu'il n'agissait pas ainsi, qu'il serait possible de discuter et de proposer. Est-ce vrai ? 
-Je ne crois pas que Benjamin agisse seul. Il consulte ceux qui l'accompagne pour une mission. Je ne crois pas qu'on agisse sous la dictature d'un seul chef, c'est difficile d'imaginer cela. Essayez de le rencontrer et de discuter avec lui, ça sera plus simple, non ? Je ne parler en son nom, il est bien trop grand pour que le fasse.
Conclu la sorcière en esquiçant un clin d'oeil discret.
-Evidemment, un rapprochement, ça ne se fait pas en un claquement de doigt et parce qu'on le souhaite. Cette guerre est une course contre la montre. L'ennemi cherche à placer des taupes, à créer des organisations, des alliances et des dissensions pour diviser et éradiquer la résistance. Seulement, à l'époque de Dumbledore, si la situation était différente, il y avait une certaine liberté de ton et l'usage du vote. Et si Albus a joué les cachotiers sur certaines choses pour des raisons stratégiques, il reste malgré tout important de ne pas se contenter d'un seul avis, car on ne peut pas gagner à tous les coups. Il existe aussi des méthodes pour garantir une sécurité sans devoir régir la résistance comme Tom Jedusor l'a fait avec ses mangemorts. Le risque zéro, ça n'existe pas. D'ailleurs, si l'Intendance a été crée, il y a des raisons à cela.
-Vous marquez un point, Hermione.
Après une minute de silence, la sorcière reprit. L'Intendance n'a fait que remplacer les membres jugés trop ou pas assez "puriste" du Ministère. Certains sont encore en place, car maniables à souhait, la menace d'un mage noir tout puissant fait réfléchir à son camp. Se raviser pour mieux survivre, la loi du plus fort...J'irai même plus loin, si j'osai...dire que l'Intendance pourrait renverser Tom, si cette communauté le voulait vraiment.


Minerva s'était confrontée à quelques membres de l'Intendance, les plus puristes du régime du Seigneur des Ténèbres. Ces sorciers étaient loin d'être les moutons qu'étaient les mangemorts. Ils ne sont pas "si" terrifiés du courroux de leur Maître. Leur charisme pourrait les sauver en cas de doutes de ce dernier. Mais les choses vont et changent, chacun est touché différemment par le conflit.


-Si je suis pour la diversité des origines et la pluralité des opinions, je suis une opposante au purisme puisqu'il s'agit d'un fléau, mais je pense que si l'on veut le combattre, on doit mettre ses sentiments et ses opinions de côté pour défendre tout le monde y compris ceux qui vous dégoûtent. C'est une question de cohérence et de survie. Je ne veux pas faire de politique ; du moins le moins possible, car l'important n'est pas là pour l'instant. C'est l'unité de la résistance qu'il l'est [...] sans confiance ni cohésion nous pouvons faire cette alliance, mais nous échouerons, car cela provoquera des dissensions. Ceux qui prétendent qu'il n'existe plus de tendances n'ont rien compris, lorsque eux-mêmes se battent pour des idées politiques, lorsque nous avons des créatures intelligentes parmi nous qui ne font pas confiance aux sorciers et défendent leurs civilisations contre une extermination ; parce que d'habitude on les places en première ligne. Des gens meurent, oui. Beaucoup d'autres mourront si nous faisons cela sans discernement, sans les convaincre d'accepter un modus vivendi, sans faire ce qu'aucun sorcier - en dehors de Dumbledore et de Harry - n'a osé faire.


Minerva écouta avec attention le discours de la jeune femme. Elle n'avait rien de plus à ajouter, quoi d'autres ? Tout ce qu'elle disait était vrai. Même si sauver la mise à des gens que l'on ne supporte pas, et qui ont tout fait pour nous nuire devront être sauvés et non des dommages collatéraux...bref, sur ce point-là, la sorcière n'était pas d'accord. Elle ne jugea pas utile de reprendre la parole pour cela. Elle pensait bien à des noms qui pourraient se retrouver entre les feux de l'action, et qui par conséquent seront sauvés avec les autres innocents. Mais de là, à tout faire pour eux, comme une sorte d'équité, non. La vieille dame n'était pas à cent pour cent sur cet argument là. Le reste oui, il fallait l'admettre, Hermione est une sorcière mature pour son âge. La guerre l'avait changée en bien. Un bon point pour la résistance sorcière.


-Bien-sûr, vous êtes libre d'avoir un avis différent, Minerva. Et je le respecte. Je ne prétends pas proposer les meilleures solutions et je n'impose rien, mais certaines choses ne sont pas négociables ou difficiles à accepter. Vous le savez : j'apprécie la franchise lorsqu'elle n'approche pas le cynisme. J'aime le respect et la tolérance, car cela me rappelle que nous sommes des êtres civilisés, égaux en droit. Avoir un avis différent ne veut pas dire que cela ôte tout le respect et le Bien que j'éprouve pour un individu. Bien-sûr, ce serait une erreur de croire que je n'écoute jamais ou que je rejeterai une bonne idée sous prétexte qu'elle ne vient pas de moi. Voyez-vous, j'ai toujours accordé de l'intérêt à l'opinion de Ron par exemple, car il lui arrive d'être étonnement brillant ou criant de vérité, mais Benjamin ne semble pas le comprendre. Et je vous remercie de m'avoir livré votre avis.


La sorcière s'appuya sur son dossier. Un léger sourire sur son visage se dessina.


-Avez-vous déjà lu les théories de l'évolution de Charles Darwin ? Les gens pensent communément que c'est la Loi du plus fort qui prévaut dans la Nature. En réalité, c'est faux. Si on le lit jusqu'au bout, on apprend que c'est celui qui s'adapte et résiste le mieux qui finit par l'emporter. Je ne sais pas pourquoi je vous dis ça... sans doute parce que je pense que ce conflit ne se réglera pas comme un jeu d'échecs et parce que la puissance n'est pas toujours un élément déterminant. La résistance est faible, mais elle peut l'emporter, s'il n'est pas trop tard. J'espère au moins que l'Ordre et la Vague sauront s'unir et évoluer pour s'adapter et vaincre leur ennemi commun. Ce serait une bonne chose.
-Pour ma part, je dirai que c'est l'espoir qui fait la différence.
-J'espère ne pas avoir heurté vos convictions, Minerva. Pourtant, nos opinions ne semblent pas si éloignées l'une de l'autre. Seulement, j'accorde de l'intérêt à certains principes que l'on ne peut me demander de sacrifier comme ça sans réfléchir. Cela n'implique pas que ma vie, mais celles de ceux qui ont placés leur confiance en moi et qui espère nous voir prendre la meilleure décision pour nos intérêts et ceux de la résistance toute entière. En tout cas, j'espère ne pas avoir perdu votre considération. Votre opinion et votre affection comptent beaucoup pour moi, vous savez...



L'animagi allait lui répondre, mais elle s'arrêta lorsqu'elle vit une larme coulée le long de la joue de son interlocutrice. Elle était à bout, en tout cas c'est ce que ressentirait Minerva si elle avait été à sa place. C'était beaucoup de pression à gérer, de conflits à temporiser afin d'éviter l'anarchie au sein de la résistance et sans compter la tension qui naissait à peine entre l'Ordre du Phénix et la Vague. Minerva ne prononça pas un mot durant de longues minutes, elle jugea que c'était la meilleure des solutions pour l'heure. Ne voulant pas remettre le couteau dans la plaie, ou alors repartir des échanges déjà passés. Elle pencha simplement la tête de temps en temps, à droite puis à gauche, pour finalement reprendre doucement.


-Et bien, je crois que nous avons fait le tour, il ya toutefois un point que vous n'avez pas dit. Un silence qui fit une sensation de suspens entre les deux sorcières. Qu'en est-il de cette soupe ?


Minerva sourit, c'est tout ce qu'elle avait trouvé pour redonner le sourire à la jeune femme.


[hj : je viens de me rendre compte que j'ai surtout fait de la narration, dis moi si tu as besoin de "+" de matière Smile ]
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Hermione Granger Origins


MessageSujet: Re: Résistance et divergences [Pv H. Granger - QG OdP - Chili] Dim 14 Sep - 3:34

"Est-ce de l'orgueil que de vouloir que son pays devienne moins archaïque, moins corrompu et moins violent ? Est-ce de l'orgueil ou de l'intolérance que de ne pas vouloir se contenter d'une démocratie approximative et d'une paix civile intermittente ? Si c'est le cas, je revendique mon péché d'orgueil, et je maudis leur vertueuse résignation." - Les désorientés - Aamin Maalouf

Dépasser ses limites, consentir des sacrifices - y compris moraux - Hermione connaissait cela depuis Poudlard et ses mésaventures en compagnie de Harry et Ron. A l'aube de leur vie d'adulte, les choses avaient prises une tournure plus sanglante, plus cruelle et plus violente que tout ce que leur trio avait connu en l'espace de sept ans. Les temps avaient changés : certains de leurs amis étaient morts, sa famille ignorait son existence, son couple avec Ron battait de l'aile, elle se retrouvait quasiment à la tête de l'Ordre du Phénix, on lui confiait beaucoup plus de responsabilités, les gens semblaient attendre beaucoup d'elle, ils avaient perdus leurs repères, leur innocence et une grande partie de leurs illusions. Dès lors, à force de vivre dans le danger permanent, dans des endroits secrets, d'être obligée de se déplacer, de combattre, de voir d'autres personnes souffrir et mourir, de crever de faim ou de maladie sans être assurée de voir leurs idéaux renaître de leurs cendres, cela vous changeait l'esprit d'une femme.

Les pensées étaient devenues froides voire méprisantes, à l'occasion. Hermione avait perdu un équilibre, une partie de sa vie, essentielle et irremplaçable. Lorsqu'elle songeait à ce que la guerre avait fait d'eux, notamment de sa relation avec Ronald, elle se refusait à toute résignation. Refusant de se plaindre ou de montrer ses faiblesses le plus possible, la née-moldue préférait se consacrer à ce qui revêtait beaucoup plus d'importance : la résistance. Elle préférait penser aux autres, se consacrer aux plus modestes, aux plus faibles, à ceux qui voyaient en elle une force nécessaire pour continuer à se battre et garder espoir. En fait, Miss Granger n'avait pas qu'à vivre avec ce titre d'Indésirable, mais aussi avec une profonde solitude qui n'était entrecoupée que lorsque Ginny, Luna, Molly, Kingsley ou d'autres anonymes s'approchaient pour discuter, pour évoquer ensemble des souvenirs "du bon vieux temps". Mais il existait des périodes dans sa vie qui n'avaient plus la même saveur, comme son anniversaire, celui de Harry ou Noël. Le reste n'était que responsabilités, réflexions et décisions.

La guerre changeait son état d'esprit, mais jamais elle n'accepterait de renoncer à ses principes, à ce qui faisait l'essence de son combat. Changer pour devenir meilleur était un but en soi, pour défendre ces choses que l'on raillait, que l'on tentait d'éliminer par la propagande, la manipulation et le lavage de cerveau en prenant n'importe quelle excuse. Elle savait que la guerre devenait plus sanglante, qu'il n'y avait plus de règles, hormis celles qui éviteraient leur compromission, qui les empêcheraient le plus possible de se comporter comme des barbares, comme des animaux assoiffés de sang. Son camp - celui de la résistance - devait montrer à l'Intendance qu'elle ne pourrait pas éradiquer la civilisation, la morale et la Justice sans se heurter à une réponse ferme,en prouvant qu'ils étaient capables de s'opposer à leur tyrannie. Mais si Benjamin venait à proclamer cette République, la résistance n'aurait d'autre choix que de prouver qu'elle était en mesure d'organiser un autre modèle de société, plus tolérant, basé sur d'autres valeurs et qui auraient retenues les erreurs du passé.

Si de prime abord, Hermione s'était méfiée de Benjamin, c'était parce qu'il avait essayé sur elle la manipulation mentale ; une pratique qui était une forme comme une autre de violence psychologique. Cela ressemblait à une situation étrange où la conversation vous échappait et finissait par vous exploser en pleine figure. Mais au lieu de pouvoir tenir une conversation argumentée, elle s'était retrouvée sur la défensive, à devoir supporter une diarrhée verbale accumulant les reproches, les insinuations mesquines, les insultes et des propos respirant le populisme, la démagogie, la mauvaise foi et la langue de bois. Un salopard, voilà ce qu'il était pour elle, car Miss Granger avait compris son jeu et ne s'était pas laissée faire. Malgré tout, il avait marqué des points sur la fin, lorsqu'il cessa son manège, lorsqu'il répondit enfin à ses questions avec plus d'honnêteté. Sur l'instant, elle ne s'était pas montrée très sûre d'elle puisqu'elle était furieuse et rancunière, mais il avait fini par la convaincre qu'une alliance était indispensable, qu'en dépit de sa méfiance envers lui, ils auraient plus de chance ensemble et qu'il en irait de leurs intérêts communs.

Alors, si elle n'était pas opposée à la République, elle craignait de voir Benjamin jouer le jeu de la quête du pouvoir, pour imposer sans violence apparente - mais belle et bien existante - un modèle de société proche du purisme modéré, sans le moindre scrupule et par tous les moyens, comme le firent certains dictateurs, en choisissant la voie des élections avant de tout démolir. Difficile de faire confiance à quelqu'un que l'on ne connaissait pas, qui ne suscitait pas toujours en vous de nobles sentiments, mais sans doute aurait-elle besoin de temps et d'autres preuves pour que le mépris qu'il lui avait manifesté avant de lui couper l'herbe sous le pied soit oublier. Mais, sans avoir été impressionnée par sa brutalité, il y avait eu quelque-chose qui l'avait intriguée lorsqu'il lui assura de sa confiance et des raisons qui le poussaient à agir. Oh, elle avait songé à lui dire non, à laisser les membres de l'Ordre rejeter sa proposition après cette insulte. Ron aurait été pleinement satisfait, sauf qu'elle avait eu la présence d'esprit de ne pas en faire une affaire personnelle. Si Benjamin devait prendre son poing dans la figure, cela arriverait en temps et en heure, mais pour l'instant, elle s'était efforcée à faire fonctionner son esprit critique, à analyser ses propres défauts ainsi que la situation, sans se contenter d'un seul son de cloche et d'une apparente bonne foi.

Quand bien même la logique ne serait pas l'aboutissement de la sagesse, mais son commencement, son esprit luttait depuis des jours entre l'opinion qu'elle pouvait avoir de lui, l'analyse de son discours et ce qu'elle était censée faire dans l'intérêt général. Car après tout, refuser une alliance parce qu'elle n'approuvait pas les manières de Benjamin, cela n'aurait été qu'une décision basée sur un motif personnel et du ressentiment. Et elle valait mieux que cela. Seulement, cette attitude de chien et chat, elle connaissait cela avec Ron. Avec lui aussi, leur première rencontre s'était avérée difficile, mais de là à imaginer des choses... Contrairement à son compagnon, elle n'en faisait pas une affaire personnelle et elle ne prétendait pas diriger la résistance. De son point de vue, il valait mieux que le Pouvoir vienne à vous plutôt que de le rechercher. Alors, que faire ?

- Vous savez, on dit souvent qu'un homme ne voit, ni ne ressent les mêmes choses que les femmes. Ils ont leur côté...brutal que nous n'avons pas forcément lors de la première approche du problème.

Une question de testostérone sans doute ou de caractère. Difficile de leur jeter la première pierre lorsque l'on était soi-même un volcan en ébullition, une hyper sensible à la recherche d'un équilibre permanent, une femme qui devait songer à se contrôler pour ne pas être dominée par toutes ces émotions qui se bousculaient dans certaines situations. Dans le cas de Ron et de Benjamin, elle parlerait plutôt de manque total de délicatesse, même s'ils lui avaient prouvés qu'ils étaient capables d'être sentimentaux. Hélas, elle détestait les machos et les crétins. Que faisait-elle donc avec son rouquin, alors ? Oui, eh bien, ça elle se posait la question, surtout avec cette affaire d'actes de torture et de barbarie. Quant à Benjamin, il avait beau être différent, il partageait des points-communs avec lui. Bien-sûr, elle comprenait pourquoi la guerre prenait une tournure plus violente et elle savait qu'ils seraient obligés d'aller beaucoup plus loin sans avoir à commettre ce genre d'actes infâmes. Quant à parler d'éventuelle "docilité", là non. Hermione n'étaient en rien une "fifille" au caractère superficiel. Au contraire, si elle ne s'exposait pas inutilement et si elle n'était pas du genre à figurer dans un gang de filles comme celui de Parkinson ou un groupe tels que les mangemorts, elle était une guerrière et il valait mieux ne pas trop la chercher.

En tout cas, cette phrase lui fit froncer les sourcils. Elle sentait que plus elle songeait à Benjamin et plus elle avait la moutarde qui lui montait au nez, qu'elle éprouvait l'envie quasi irrépressible de lui démolir le portrait. C'était dingue quand on songeait que Ron avait lui aussi cette fichue tendance à provoquer son agacement. Mais sans doute cela ne durerait-il pas. Bien-sûr, elle remarqua le malaise de Minerva lorsqu'elle réalisa qu'elles n'étaient pas seules, mais elle ne reprochait à personne de ne pas apprécier son petit-ami. La famille Weasley était toujours respectée au sein de la résistance, mais aucun d'eux - pas même Hermione - ne voulait voir Ron jeter l'opprobre sur eux. En rentrant de son entretien avec Benjamin, il y eut de grosses tensions, mais la née-moldue n'avait pas cédée. Elle avait exposée à ses membres ce qui s'était produit, ce qu'elle pensait, tout en les mettant en garde. Elle avait ajoutée à son rapport un bilan impartial qui montrait les avantages et les inconvénients d'une alliance avec la Vague et les autres mouvements indépendants. Elle espérait leur laisser le soin de décider en conscience, même si pour elle, cette décision était un peu prématurée, mais qui pourrait le définir avec certitude ? Personne...

- Je comprends et je partage votre opinion, même si nous serons amenés à faire bien pire. Voyez-vous, je m'interroge sur la manière dont la Vague est dirigée. Je peux me tromper, mais si un individu décide de tout, n'envisage nullement d'écouter l'opinion des autres au motif qu'il a raison et que cela empêchera la trahison... Je ne suis pas certaine de vouloir de cela. Or, comme il le dit lui-même, tout repose sur la confiance. Seulement, Benjamin n'est pas omniscient ni omnipotent. Personne ne l'est et Dumbledore n'est plus. Alors, s'il est disposé à assumer seul ses erreurs, je pense qu'il est déraisonnable de laisser à un seul individu le soin de décider pour tous, surtout lorsque nous avons tant à perdre, notamment des résistants que nous ne pouvons considérer comme des individus aisément remplaçables. Cela dit, Benjamin m'a assuré qu'il n'agissait pas ainsi, qu'il serait possible de discuter et de proposer. Est-ce vrai ?

- Je ne crois pas que Benjamin agisse seul. Il consulte ceux qui l'accompagne pour une mission. Je ne crois pas qu'on agisse sous la dictature d'un seul chef, c'est difficile d'imaginer cela. Essayez de le rencontrer et de discuter avec lui, ça sera plus simple, non ? Je ne parler en son nom, il est bien trop grand pour que le fasse. Conclut la sorcière en esquissant un clin d'oeil discret.

L'avis du professeur Macgonagall était très précieux. Pour Hermione, qui accordait une pleine confiance à son aîné, elle estimait que son avis l'aiderait à mettre ses sentiments personnels de côté pour prendre la meilleure décision possible, en toute impartialité. Elle avait le soutien de Kingsley et d'une grande majorité de l'Ordre du Phénix tandis que sa rencontre avec Sheldon Ferguson s'était avérée nettement plus productive et convaincante. A partir de là, Ron pourrait bien pester contre cette alliance, plus personne n'était disposé à l'écouter, tandis que sa compagne prouvait qu'elle agissait de manière impartiale, sans obéir à son compagnon, en tenant compte des aspirations de ses membres et en tenant leurs engagements. Dès lors, on aurait beau critiquer son caractère et ses choix, surtout son air têtu et ses opinions, jamais la née-moldue n'oublierait les raisons de son combat, le rôle qu'elle jouait, ni que les décisions qu'elle prenait ne devait en aucun cas être arbitraires ou prises sur le coup de la colère et de la soif de vengeance. Mais elle devait aussi éviter les trahisons, comme celle de Sheppard. Non, la confiance n'était pas une affaire à prendre à la légère.

Ron se méfiait de Benjamin, mais ils ne se connaissaient pas. Que cela lui plaise ou non, elle devait lui laisser une chance de la convaincre qu'ils défendaient la même chose. Son compagnon aurait beau lui faire les mêmes reproches qu'avec "Vicky", elle n'en avait que faire. Elle n'éprouvait aucun sentiment pour l'ancien mangemort et elle n'avait plus rien à voir avec la fille qui avait vouée un culte à Gilderoy Lockhart. Elle n'avait plus douze ans. De toute manière, les hommes semblaient tous les mêmes : machistes, indignes de confiance, brutaux et incapables de penser avec délicatesse. Pourtant, elle ressentait toujours ce besoin d'être aimée, réconfortée à l'occasion, même si avec elle, il ne fallait pas s'attendre à une épouse docile et obéissante. Sa conception du féminisme était que chaque femme avait le droit de choisir ce qu'elle désirait faire dans la vie, ce qu'elle devait porter, penser ou étudier, y compris si cela consistait à vouloir faire carrière. Molly avait préférée être une femme au foyer en élevant une ribambelle d'enfants, ce qui était tout à son honneur et un choix librement consenti, mais Hermione était plutôt une femme d'action, avec une ambition énorme vouée strictement à l'intérêt général, à toutes ces personnes qui souffraient pour toutes sortes de raison.

Alors, si Minerva affirmait que Benjamin écoutait les autres, elle était disposée à le croire, à faire comme lui et à lui accorder le bénéfice du doute. Sa façon de la rassurer était un peu surprenante, si l'on se rappelait combien sa directrice de maison pouvait se montrer autoritaire et stricte lorsqu'elle exerçait à Poudlard, mais elle se rappelait aussi les fois où elle les avaient défendus avec une certaine excitation, avec cette espèce de sentiment mêlé de fierté et de plaisir contenu lorsqu'il avait été question d'une bonne action ou d'un match de quidditch. Le professeur Macgonagall avait touchée son ancienne élève en lui adressant ce clin d'oeil. Elles étaient amies dorénavant et cela changeait beaucoup de son rôle d'autrefois. Mais si la loyauté était l'une des valeurs défendues par les Gryffondor, il fallait savoir qu'Hermione serait prête à faire n'importe quoi pour protéger son amie et ancien professeur. La manière dont elle réagissait face à son comportement et à ses propos lui prouvaient qu'elle n'avait pas changée, qu'il émanait chez elle bienveillance et sagesse, avec l'intention de la réconforter.

- Evidemment, un rapprochement, ça ne se fait pas en un claquement de doigt et parce qu'on le souhaite. Cette guerre est une course contre la montre. L'ennemi cherche à placer des taupes, à créer des organisations, des alliances et des dissensions pour diviser et éradiquer la résistance. Seulement, à l'époque de Dumbledore, si la situation était différente, il y avait une certaine liberté de ton et l'usage du vote. Et si Albus a joué les cachotiers sur certaines choses pour des raisons stratégiques, il reste malgré tout important de ne pas se contenter d'un seul avis, car on ne peut pas gagner à tous les coups. Il existe aussi des méthodes pour garantir une sécurité sans devoir régir la résistance comme Tom Jedusor l'a fait avec ses mangemorts. Le risque zéro, ça n'existe pas. D'ailleurs, si l'Intendance a été crée, il y a des raisons à cela.

- Vous marquez un point, Hermione. Après une minute de silence, la sorcière reprit. L'Intendance n'a fait que remplacer les membres jugés trop ou pas assez "puriste" du Ministère. Certains sont encore en place, car maniables à souhait, la menace d'un mage noir tout puissant fait réfléchir à son camp. Se raviser pour mieux survivre, la loi du plus fort...J'irai même plus loin, si j'osai...dire que l'Intendance pourrait renverser Tom, si cette communauté le voulait vraiment.

Hermione était ravie de constater qu'elles avaient la même opinion à ce sujet. L'Intendance avait été créer afin de palier aux insuffisances des mangemorts, pour augmenter les rivalités entre toutes les composantes du gouvernement, car elle savait que si Tom déléguait, il ne faisait confiance à personne, il n'avait aucun ami et préférait décider par lui-même. Les autres n'étaient que des moutons complotant plus ou moins pour s'accaparer le pouvoir. Quant à le renverser, encore fallait-il savoir que la née-moldue avait contribué à le rendre mortel, qu'elle avait participé à la destruction de ses horcruxes et qu'il ne pouvait plus en créer sans risquer l'auto annihilation. Et ce fut là, qu'elle réalisa qu'après dix années de conflit, Minerva ignorait encore tout du passé de Tom Jedusor, de sa psychologie, sur la façon de créer ou de détruire des horcruxes. Et le pire dans tout cela, était de se dire qu'Hermione avait été la seule depuis la mort de Dumbledore a être entrer en possession du seul livre qui expliquait comment en concevoir et de quelle manière il fallait les détruire. Et puis, elle songea brièvement à Horace Slughorn, le seul encore en vie à partager ce secret avec elle. Il était le dernier à pouvoir encore lui parler du jeune Jedusor.

Hermione poursuivit en parlant de sa conception des choses. Elle ignorait que Minerva ne partageait pas son avis lorsqu'il s'agissait de sauver la vie de gens que l'on aimait pas et qui avaient tout fait pour vous nuire. En fait, en disant cela, elle songeait surtout à la population civile, à ceux qui se sentaient obligés d'obéir à l'Intendance à défaut de trouver mieux ou de sentir que la résistance était sur le point de prendre le dessus. Mais tant que les lois de la guerre et la Justice étaient respectées, la résistante s'en fichait pas mal. Elle pensait notamment à Light Leonheart qui lui vouait une haine à cause de Ron. C'était comme se demander si Hermione aurait sauvée la vie de Lavande Brown des griffes de Greyback simplement parce qu'autrefois cette dernière avait été la petite-amie de son rouquin. Heureusement pour elle, son ancienne compagne de dortoir avait accordée à sa vie autant d'importance que la sienne, prouvant ainsi qu'elle possédait une belle âme et une grande force morale. A partir de là, Benjamin pourrait qualifier son caractère d'odieux, qu'elle n'en aurait rien à faire. Si Miss Granger avait la possibilité de sauver l'un des leurs - même quelqu'un qui ne l'appréciait pas - elle le ferait, au péril de sa vie.

- Avez-vous déjà lu les théories de l'évolution de Charles Darwin ? Les gens pensent communément que c'est la Loi du plus fort qui prévaut dans la Nature. En réalité, c'est faux. Si on le lit jusqu'au bout, on apprend que c'est celui qui s'adapte et résiste le mieux qui finit par l'emporter. Je ne sais pas pourquoi je vous dis ça... sans doute parce que je pense que ce conflit ne se réglera pas comme un jeu d'échecs et parce que la puissance n'est pas toujours un élément déterminant. La résistance est faible, mais elle peut l'emporter, s'il n'est pas trop tard. J'espère au moins que l'Ordre et la Vague sauront s'unir et évoluer pour s'adapter et vaincre leur ennemi commun. Ce serait une bonne chose.

- Pour ma part, je dirai que c'est l'espoir qui fait la différence.

L'espoir était un moteur comme un autre, mais pas le seul. Les petites victoires accumulées, suivis de plus grandes victoires, de raisons pour lesquelles se battre, de symboles vis-à-vis desquels on pouvait s'identifier ou s'inspirer ou encore le simple fait de se battre en toute solidarité les uns avec les autres, cela créait des liens, cela donnait des raisons de se battre et de tenir bon. Mais la résistance devrait faire bien plus que de conférer de l'espoir : ils devaient oublier leurs différents ou leurs différences pour considérer cette vérité : L'intendance voulait leur mort. Ensemble, ils étaient plus forts. Tant que l'on pouvait compter sur son propre camp pour vous défendre, pour n'abandonner personne, alors qu'importe le reste. Et c'était cette cohésion, cette confiance implicite et ce "tous pour un, un pour tous", qu'Hermione espérait, non pas pour elle-même, mais au bénéfice de toute la résistance. Si pour eux tuer ou être tuer leur parlait, alors se dire qu'il pouvait compter sur un allié appartenant à la résistance ou à la République, cela devait suffire, car des gens - aussi connu que la née-moldue - ne les abandonneraient pas. Mais pour vaincre, ils devraient s'adapter, évoluer et être plus malins que l'adversaire.

- J'espère ne pas avoir heurté vos convictions, Minerva. Pourtant, nos opinions ne semblent pas si éloignées l'une de l'autre. Seulement, j'accorde de l'intérêt à certains principes que l'on ne peut me demander de sacrifier comme ça sans réfléchir. Cela n'implique pas que ma vie, mais celles de ceux qui ont placés leur confiance en moi et qui espère nous voir prendre la meilleure décision pour nos intérêts et ceux de la résistance toute entière. En tout cas, j'espère ne pas avoir perdu votre considération. Votre opinion et votre affection comptent beaucoup pour moi, vous savez...

Une larme coula le long des joues d'Hermione, mais Minerva préféra ne pas lui répondre. La déception et la pression étaient difficiles à masquer lorsque l'on ne pouvait la dissimuler derrière une barrière mentale d'occlumens. En l'espace de deux ans, elle avait eu tellement de confits à régler, de pression à gérer, d'insultes à subir, d'énormes insomnies à gérer, qu'il ne fallait plus mentionner les noms de Ron et de Benjamin qu'avec une extrême précaution. La jeune femme endurait tout cela sans faillir, en faisant son job, en réformant une organisation qui en avait grand besoin tout en travaillant une stratégie globale. Cela ne voulait pas dire qu'elle s'estimait meilleure que les autres, qu'elle pensait être à même de diriger l'Ordre du Phénix comme l'aurait fait Albus Dumbledore, ni qu'elle pouvait se dispenser des idées des autres, mais elle n'avait pas oubliée les paroles de Harry lors des entraînements de l'A.D. : Il ne fallait jamais oublié qu'avant de devenir de grands sorciers, ils avaient été des élèves comme eux et elle avait encore besoin de se perfectionner. En cela, Hermione avait insisté pour que l'opinion des anciens de l'Ordre soient entendus. Ils avaient tant à leur apprendre que la résistance ne voulait se priver d'aucune aide ni de leur expérience dans la lutte contre les forces du mal.

Minerva maintint un silence assez pesant. Sa cadette lui laissait une totale liberté d'expression tant que le but n'était pas de l'insulter, mais elle ne voyait pas comment cette éventualité aurait pu survenir lorsqu'elle réalisait combien elles se respectaient. Mais quelle que soit sa future recommandation, Ronald devait réaliser que l'Ordre ou la Vague - seule - ne pourrait pas rivaliser avec leurs ennemis. La situation était délicate, elle tentait de trouver un accord dans l'honneur et l'intégrité sans pour autant renier leurs libertés, mais il fallait espérer que Benjamin lui ait dit la vérité, car Hermione ne lui pardonnerait pas. Qu'importe si elle devait s'éloigner de la vision des choses de son compagnon, si elle devait mettre en péril son couple. Elle savait que si elle devait rompre avec lui, personne ne voudrait d'elle, personne ne serait à la hauteur et ne serait assez intègre pour mériter son affection. Et puis, elle risquait à chaque instant d'être capturée ou d'être tuée et cela ne laissait que peu de place pour ce genre de choses malheureusement. Elle pensait être vouer à une vie de solitaire, sans enfant et elle préférait ne pas y penser. L'important, c'était son rôle de dirigeant et cette décision à venir. Elle ne voulait pas voir un enfant ou une autre personne venir lui reprocher plus tard d'avoir refuser une alliance quand celle-ci ne semblait dépendre que de l'entente cordiale de leurs dirigeants.

- Eh bien, je crois que nous avons fait le tour, il y a toutefois un point que vous n'avez pas dit. Un silence qui fit une sensation de suspens entre les deux sorcières. Qu'en est-il de cette soupe ?

Hermione esquissa un sourire amusé qui laissa entrevoir ses jolies dents. Son amie avait vraiment le chic pour ramener les choses à leurs plus simples expressions, avec tact et affection. Cette soupe ? Elle en pouffa de rire. Oui, grave décision ! Elle soupira, soulagée.

- Oh, eh bien, elle est délicieuse et son apport nutritif est sans doute satisfaisant, mais... Elle s'interrompit un instant. ... Il aurait mieux valu la confier à un enfant, car ce n'est pas bien de gâcher la nourriture, surtout que cela fait un moment que je n'ai pas eu un repas chaud. Elle soupira avant d'esquisser un sourire forcé. J'ai passé ces derniers jours à réfléchir et à travailler, mais il va bien falloir que je tranche la question. Fit-elle d'un air songeur en se remettant à manger. Il se peut que vous en entendiez parler après Reconquista d'ailleurs... , conclut-elle en observant son bol de soupe puis la mesure de sa cuillère avant de la porter à sa bouche.

Elle aurait volontiers sauter ce repas pour préserver les forces de quelqu'un qui en éprouvait plus le besoin. Elle s'en trouva gênée. Affamée après avoir passée plusieurs jours à travailler une stratégie, à réfléchir aux propos de Benjamin et aux opérations courantes, elle avait fini par ne plus avoir très faim à cause du stress. Cette décision était capitale, concernait l'ensemble de la résistance et constituerait sans doute un tournant dans cette guerre. Elle devait taire cette petite voix propice au doute et résister aux influences pour peser le pour et le contre et prendre sa décision. La suite ? Eh bien, Hermione organiserait un autre débat, accompagné d'un vote. Si elle parvenait à convaincre et à obtenir un Oui à la majorité qualifiée, la née-moldue savait qu'elle n'aurait plu qu'à envoyer un message codée à la boite aux lettres de Manchester. Ensuite ? Eh bien, il y aurait d'autres échanges, une bataille à Glasgow et à partir de là une alliance.

Miss Granger reprit une cuillerée de soupe. Elle venait de se rappeler qu'une séance d'entraînement était prévue d'ici un quart d'heures. La jeune femme pensait qu'il était indispensable de continuer à pratiquer les duels, à apprendre de nouveaux sortilèges et de nouveaux trucs qui pourraient vous sauver la vie d'une manière ou  d'une autre.

- Je suppose que vous avez connu certains élèves qui sont aujourd'hui membres du gouvernement de l'Intendance, non ? interrogea t-elle son aîné avec curiosité. Y a t-il des choses que vous pourriez m'apprendre à leur sujet, s'il vous plaît ? Car voyez-vous, je me suis toujours dit que plus on en savait sur ses ennemis, sur leur personnalité et leur manière de se battre et mieux ce serait dans le feu de la bataille. fit-elle avec sérieux.

Elle réfléchit un bref instant.

- Que diriez-vous d'une séance d'entraînement, Minerva ? J'ai vraiment besoin de m'entraîner et j'apprécie toujours d'apprendre de nouvelles choses. Et puis, je pense que cela me fera du bien de me défouler un peu... ,conclut-elle en lui souriant.

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Résistance et divergences [Pv H. Granger - QG OdP - Chili]

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