POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Between blood and fire || DSC

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Mike F. Witcher


MessageSujet: Between blood and fire || DSC Mar 24 Juin - 16:45

Chaque jour était différent. Mais chaque jour se ressemblait en Irlande. Temps calamiteux, terroristes ou menace idéologiques potentiels à arrêter, torturer, expédier en Angleterre pour être jugé, et autres choses sympathiques, rafles à organiser, commissions du sang à valider, et ainsi de suite, tous les jours. Si Mike Witcher trouvait encore le moyen de faire de la politique, de la vrai, c'était principalement en rapport avec les lois sur le sang qu'il préparait et non pas vraiment avec le Convent comme il en avait l'habitude. Encore que, des intrigues politiques, c'était un grand mot. Il était très rare de voir le Convent consentir à sortir de l'ombre pour agir. L'organisation jugeait qu'il valait mieux savoir. Rien ne lui échappait. Les moyens financiers de l'organisation servaient à ça. A savoir. A payer. Le but de Mike Witcher, ce n'était pas de tout contrôler. C'était de tout connaître. Et alors lorsqu'il le fallait, ils pouvaient intervenir partout. Lorsque le secret magique avait été levé, il avait fallu recommencer ces opérations d'achats de personne et de corruption. Bien implanté dans le monde sorcier, le Convent s'était pourtant fait prendre de vitesse par le Lord – ce qui n'étonnait guère Mike, lui qui était habitué à dominer la scène politique mais à céder le pas sur son Maitre – et  avec le monde moldu, ce serait plus difficile. Mike le savait mais ne renonçait pas.

Il ne renonçait à rien, comme d'habitude. Il n'avait jamais renoncé à rien. Ni à son rôle de chef de famille un peu tyrannique et totalement possessif, qui cherchait et réussissait à tout contrôler, ni à son rôle de chef officieux du Convent, ni à sa charge officielle de mangemort et de directeur de l'Ordre Nouveau. Jamais. Pas plus qu'il n'avait renoncé à toutes les facettes de sa personnalité. Le type dur, froid, le soldat, pour les emmerdeurs, pour la tuerie, pour ordonner. Le  sympathique officier, limite fonctionnaire, pour ses hommes, pour le peuple. Le charmant héritier, sang pur, chef de famille, charmant, souvent. Mais qui était Mike Witcher au final ? Rien, personne, ou tous les personnages qu'il jouait à la fois ? Lui même aurait pu oublier, mais lui savait. Le chef, le chef, et encore le chef. Il était un soldat, un militaire, il aimait ordonner et aimait qu'on lui obéisse. Il se donnait les moyens de le faire. Ca avait été toujours facile pour lui. Belle gueule, il savait parler, il savait gueuler lorsqu'il le fallait. Il méprisait les mondanités mais savait faire des sacrifices, il avait vécu à la dure : concrètement, tout le monde l'aimait. Il ne manquait pas d'esprit.

C'était un devoir qu'il s'était fixé en tant qu'héritier, chef de famille. Pour exister, pour commander. Parce qu'il savait qu'on avait besoin de lui. Lourde charge que celle d'être héritier. Vous grandissez en sachant que vous n'avez pas le droit de décevoir, vous n'avez même pas le droit de mourir. Il n'y a pas de remplaçant pour accourir après vous ; c'est vous, et point. Ca vous donne un besoin irrépressible d'être parfait, et vous vous enivrez du pouvoir qui va avec. C'est de cette étoffe-là qu'on fait les despotes. Surtout qu'il avait décidé de ne pas simplement être un nom. D'être plus. D'être lui. De prouver au monde qu'il ne serait pas simplement ce qu'on attendait de lui. Le fils à papa.

Il était un monstre. De travail. De colère. De jalousie. Lui, il était brillant. Pas Tom, pas Ben, il était celui qui avait le mieux réussi. Toujours. La preuve, il en était là aujourd'hui. Pas les autres. Seulement voilà, finalement, tout le monde l'avait lâché. La première, c'était Nancy, bien sur. Et en plus, ses mots revenaient souvent dans son esprit.

« On est toutes des connes, à la fin, pas vrai, Mike ? Des pauvres connes, des cinglées. »

Il la prit par le bras et la secoua brutalement, pour l'empêcher de parler, pour la faire taire, parce qu'il ne voulait pas ça, lui. Il voulait que ça se passe bien. Pourquoi est-ce qu'elle ne pouvait pas accepter, tout simplement ? 

« Moi, je suis la salope qui te rend meilleur, Mike. »

Il cessa de parler. Il employait toute son énergie à maintenir ses bras le long de son corps. Ses yeux étaient pleins de larmes. Il tremblait.

« Je suis la connasse qui fait de toi un homme. Celle qui t'a donné une fille. T'as besoin de nous. Tu auras toujours besoin des autres. Ca te tue, hein ? Je sais que ça te tue. »

Soudain, ses mains furent sur son cou.


Oui, ça le tuait, encore aujourd'hui. Ca le tuait toujours. Il avait besoin des gens, lui qui en méprisaient la plupart. Witcher ne supportait pas d'être seul, mais il haissait la foule, le commun des mortels. Pourtant, si on lui avait donné le choix entre rester là en Irlande où il avait pourtant bien plus de pouvoirs qu'avant, et rentrer en Angleterre, voir un peu plus sa fille et un peu plus Ruth, il aurait choisi la deuxième option. Il fatiguait, et se battre avec tout le monde l'agaçait. Qu'on ne le reconnaisse pas à sa juste valeur non plus. Du trio d'amis qu'il formait avec Ben et Tom, il était celui qui s'en était sorti le mieux. Le meilleur. Et il se voyait comme un type bien. Le type dont toutes les femmes ne pouvaient que tomber amoureuse. Vaudrait-il Ben un jour, malgré la trahison ? Il savait que Ruth ne l'aimait pas – il était un ami, rien de plus. Rien de mieux. Le mec qui avait accepté un mariage pour une alliance, et qui avait accepté la non fidelité de sa fiancée...ce qui lui donnait le droit de coucher ailleurs aussi. Sauf qu'il ne l'avait pas réellement fait...et qu'il ne savait pas du tout d'où venait ce foutu sentiment de trahison lorsqu'elle parlait d'autres hommes que lui.

« De SaintClair...qu'est-ce qu'elle peut bien trouver à cet idiot ? »

Il avait dit qu'il essaierait de faire un effort et d'admettre qu'il avait peut-être été imbuvable avec le français et que c'était peut-être quelqu'un de fréquentable, mais la possibilité – même non admise, non prouvée – que Ruth aie couché avec l'autre le rebutait profondément et le rendait peu enclin à revoir son jugement. Mike pouvait être buté lorsqu'il le voulait, ceci en était un exemple parfait.

Son secrétaire entra sous la tente dressée pour son chef. Ils étaient dans le port de Londonderry depuis peu de temps, à camper. Ca devait être une banale opération de rafle. Un bateau plein de sang-de-bourbe quittait le port, les rafleurs les arrêtaient avec l'aide d'un destroyer de l'armée moldue. Simple. Sauf que non. L'équipage du destroyer s'était révolté ; on avait bien capturé les fugitifs nés-moldus, mais rien à faire pour l'autre bateau, et il bloquait le port. Résultat, une dizaine de rafleurs tués, autant de morts dans la police magique irlandaise, et un Mike Witcher excédé qui recevait présentement le ministre de la Magie irlandais pour lui exprimer sa façon de penser.

« J'en suis à douze morts chez moi. Vous en êtes à onze. Personne n'a capturé le bateau, il continue de nous canarder, et personne n'a les compétences pour l'arrêter. Concrètement, vous comptez faire quoi ?

-Je...euh...enfin, c'est un équipage moldu, nous allons bien réussir à...
-A quoi mis à part me bégayer à la figure ? Grand Dieu, je ne suis pas un spécialiste, mais ce machin a des canons, est-ce que votre cerveau réalise ?
-Je vais...euh...je vais vous envoyer le général...
-Ah non ! Non, pas question. J'en ai assez de vos bras cassés et de vos crétins, je veux parler à quelqu'un qui s'y connaisse, quelqu'un qui vienne de Londres.
-Monsieur Mulciber...
-A envoyé une vingtaine d'agents à lui et tient à notre disposition tous les hommes nécessaires, mais il ne peut pas venir lui même. Il est en tournée d'inspection dans le Nord. De plus, aucun des agents de la Sécurité Intérieure n'a suffisament d'expérience avec ce genre de cas pour agir seul. Je veux quelqu'un de compétent, bon sang.
-...
-Bon, d'accord. Je vois. Vous allez me dégager le terrain, fissa. Retournez vous occuper de je ne sais quoi à Dublin, je vais me démerder tout seul. MacNamara, appelez moi De SaintClair.
-De SaintClair ? Pourquoi lui ?
-Parce que contrairement à vous, j'ai un peu d'espoir qu'il sache de quoi il parle. »

Bonne raison. Suffisante pour que le ministre irlandais s'en aille, furieux. Mac Namara revint un peu plus tard pour annoncer l'arrivée imminente du directeur des Mystères. Mike approuva, puis alla filer un coup de main à Asbach, le  commandant des rafleurs, et à quelques uns de ses gars pour enterrer les types tombés plus tôt. C'est là que De SaintClair le trouva, avec une pelle, en uniforme, en train de creuser. Ca n'enchantait guère Mike de le voir là. Mais il n'avait guère le choix et il se contenta en guise de salut de commenter en lui tendant la main :

« J'ai moyennement le temps ou l'envie de jouer au connard mondain et clairement pas la motivation pour essayer de débattre de qui de nous deux est le plus intelligent. J'ai perdu une dizaine de mes gars et je suis entouré d'imbéciles heureux qui pensent que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes alors qu'aucun n'est capable d'arrêter cette merde de bateau. Alors j'espère qu'au moins vous vous allez pouvoir m'aider. Je sais bien que vous m'aimez pas beaucoup, et peut-être que vous avez des raisons pour, mais concrètement, je suis pas là pour vous emmerder aujourd'hui, au contraire. On vous a mis au courant de la situation ? »

C'était une autre facette de la personnalité de Mike, ça. Le mec qui s'inquiètait pour ses gars, qui voulait de l'efficacité, qui savait effacer son ego pour que ça fonctionne. Et c'était rare. Mais possible. Voilà au moins en quoi il différait de Jugson. Il méprisait l'échec, mais savait reconnaître qu'il avait besoin des autres pour réussir.
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Tryan De SaintClair


MessageSujet: Re: Between blood and fire || DSC Ven 27 Juin - 17:17

Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu t'acharnes ? Tu ne vois pas qu'elle est partie, qu'elle ne reviendra pas. C'est horrible mais c'est comme ça, il faut t'y faire. Tu as changé, elle n'est plus tienne, elle est ailleurs, tu ne peux plus rien pour elle, elle n'est plus là. Le temps passera, tu l'oublieras, tu la remplaceras et tu retourneras à tes petits jeux. Tu en trouveras une autre, elle ne la remplacera jamais, mais tu finiras par t'y faire, même le jour où on t'enterrera, elle ne sera pas, elle ne t'attendra pas, elle est déjà partie, déjà loin.
Arrête de te mentir, relève toi et affronte la vérité. Tu sais que tu peux, mais tu ne veux pas, pourquoi ? Ça te plaît vraiment d'être dans cet état là ? Tu aimes te morfondre, qu'on te prenne en pitié ? Non, alors pourquoi t'es comme ça Tryan, pourquoi tu n'arrives pas à franchir ce foutu cap ?
Parce que je l'aime ...

Couché sur un des gradins de la salle de la mort, le français prenait une pause, comme il aimait le faire souvent entre deux dossiers et deux entretiens. Les jambes légèrement relevées, seul son bras bougeait et ondulait, guidant sans baguette une essence de glace ayant pris la forme d'une sorte de wyrm. La créature de cryomancie se déplaçait dans l'air et tournait autour du bras du français, sans grand intérêt.
Avant, il aurait été incapable de manipuler de la glace sans baguette, et là, il arrivait à ce résultat qui, malgré un aspect presque grotesque et enfantin, n'était pas à la portée de tous les sorciers. Le bonheur contre la puissance, un marché qu'il n'avait pas souhaité conclure, malgré lui pourtant, il l'avait accepté. Il se rappelait de ces mots qu'il avait un jour délivré ...
* C'est le prix à payer pour ses erreurs.*

Perdu dans ses pensées, à regarder le plafond, ponctué par les bruissements du voile et les murmures des disparus, il entendit toutefois l'entrée d'une personne dans la salle. Le bruit des talons qui claquent rappelant autrefois ceux de Roxane, indiquait que sa toute nouvelle secrétaire venait le perturber, et si elle le faisait, ça n'était pas sans raisons, car la miss était drue et avait rapidement cerner le comportement de son patron au travail.
Elle se déplaça jusqu'à lui pour lui porter un message orale. Elle se piquait devant lui, ignorant le coté informel de la position de son patron pour entrer dans le vif du sujet.

« Monsieur le directeur, j'ai un message urgent pour vous.»

Le français ne tourna même pas la tête, elle comprit qu'elle devait poursuivre pour capter son attention.

« Vous êtes appelez d'urgence au port de Londonderry … un problème avec les forces armées moldues.»

Elle n'eut pour seule réponse qu'un soupir.

« Cet appel à l'aide vient du directeur de l'Ordre Nouveau … Mike Witcher.»

Le directeur des mystères s'immobilisa. Sa tête pivota pour fixer le visage de sa secrétaire qui ne plaisantait pas. Sa réponse ne tarda pas d'ailleurs.

« Si Witcher m'appelle à l'aide, c'est vraiment qu'il est dans la merde ...»

Le wirm de glace entra en contact avec sa peau et disparut dans un petit crissement glacé, le sorcier se releva, prenant la direction de la sortie, talonnée par sa suivante qui reçut les ordres suivants :

« Tu prends les rennes du département, dis à Rookwood qu'il gère mes dossiers de cet après-midi, contact Lawliet et son équipe, je les veux avec moi sur le coup.»


***********************************


Les cinq membres du département des mystères foulèrent le sol de ce port macabre. Ils furent immédiatement reçu par le secrétaire de Witcher, ce dernier leur indiqua l'endroit où le directeur se trouvait et eu la bonne idée de briefer brièvement les nouveaux venus sur la situation.
Une rafle qui avait mal tourné, des moldus excédés de suivre les ordres, et des morts en pagaille alors que les sangs-de-bourbe avaient tout de même été interceptés. Résultat, un bateau au port qui canardait tout ce qui approchait, de près ou de loin, autant dire que la situation était plus que compliquée quand on ne savait pas comment gérer la chose.
C'était étrange qu'on l'appelle lui, Tryan De SaintClair ennemi notoire des mangemorts, pour démerder ce bourbier dans lequel était fourré Witcher et ses potes irlandais. Mais qui était plus qualifié que lui et son équipe pour gérer ça ? C'était la seule solution viable de toute manière.
Ça ne faisait pas spécialement plaisir au français de venir aider un type qu'il n'appréciait pas, s'il le faisait, c'était pour le purisme et éviter que la chose soit médiatisée, c'était la porte ouverte à une rébellion ouverte et c'était la dernière chose dont il avait besoin. Sur ce coup là, il allait devoir anticiper les mouvements adverses en plus d'agir presque à la place du département des affaires moldues en gérant le coté médiatique de la galère. Un belle merde dont il héritait tiens !

Il trouva un peu plus loin le mangemort en uniforme en train de creuser, pour enterrer ses gars, ceux qu'il avait fait tué involontairement, il en était responsable et il le savait. Flanqué de ses langues-de-plomb, le directeur des mystères s'approcha, pas un sourire, pas un regard amical, juste une façade froide pour entendre ce que l'autre avait à dire, et il avait intérêt de parler franchement s'il ne voulait se retrouver seul dans cette merde infernale.
Une main tendue et une explication suivirent.

« J'ai moyennement le temps ou l'envie de jouer au connard mondain et clairement pas la motivation pour essayer de débattre de qui de nous deux est le plus intelligent. J'ai perdu une dizaine de mes gars et je suis entouré d'imbéciles heureux qui pensent que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes alors qu'aucun n'est capable d'arrêter cette merde de bateau. Alors j'espère qu'au moins vous vous allez pouvoir m'aider. Je sais bien que vous m'aimez pas beaucoup, et peut-être que vous avez des raisons pour, mais concrètement, je suis pas là pour vous emmerder aujourd'hui, au contraire. On vous a mis au courant de la situation ? »

Il saisit cette main, l'entente était là, à chacun ses compétences, à chacun ses armes. L'heure n'était pas à la dispute, et le français le savait, le pourquoi il était présent, car il n'aimait pas se déplacer pour recevoir des crachats et des insultes.
La réponse ne tarda pas à venir de l'autre coté.

« Brièvement, montrez moi ça.»

Pas besoin de plus. Ils se déplacèrent pour apercevoir la baie où se trouvait le bateau démoniaque.
Le français écouta l'autre ajouter quelques détails quant à la situation actuelle.
Après quoi, il donna son analyse.

« Concrètement, est ce qu'on a observé un mouvement de leur embarcation ? Ils auraient déjà pu prendre le large … on pourrait tenir un siège et les priver de vivres, mais ça prendrait trop de temps, il faut éviter que la chose soit rendue publique. On ne peut pas se permettre de médiatiser une révolte, il va falloir agir vite.»

Car il était clair que le temps jouait contre eux, il fallait battre le fer tant qu'il était chaud, et résoudre ça n'allait pas être simple.

« On ne peut pas couler le navire sans attirer les soupçons … ni s'approcher sans subir des tirs de leur part.»

Portant une main à son menton, il fixa le navire tout en réfléchissant à une idée pour s'occuper de cette menace. Et puis après quelques secondes, cette dernière vint d'elle même.

« Est ce que vous avez du matériel moldu ici ? Du genre une de ces petites embarcations à moteur, où on peut mettre cinq ou six personnes. »

L'idée était claire :

« Il va falloir monter à bord et gérer la menace de l'intérieur.»

Concrètement, c'était ça son idée, mais il attendait de savoir si matériel était disponible pour la développer et l'exposer, car il avait déjà un plan d'action, et même un plan de secours.
Ça n'était pour rien qu'il avait mené la guerre dans le Sud de l'Irlande, on savait qu'il était un excellent stratège, il allait encore le démontrer aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Between blood and fire || DSC Mer 2 Juil - 12:22

Il faisait un sale temps, mais Mike avait appris depuis longtemps que c'était la règle générale lorsqu'on enterrait des gens. Bleu d'azur ou cisaillé d'éclairs, le temps était toujours affreux lorsqu'on devait se charger des cadavres. La mort, cette donnée qu'il connaissait bien, qu'on considérait comme abstraite tant qu'on ne l'avait pas en face – car même pour les gens qu'il connaissait, s'il n'avait pas à les enterrer lui-même, ou venir à leur enterrement, Mike voyait ça comme une donnée chiffrée, rien de plus – avec laquelle il traitait tous les jours, venait d'un coup se révéler à ses yeux. Witcher jouait avec la mort : une mort qu'il n'appelait pas mort, mais suppression élimination, solution – le vocabulaire nazi endlosung, solution finale, lui aurait parlé – qui remplissait sa vie et qu'il notait dans des grands registres, une mort qu'il présentait dans de beaux rapports, avec de beaux graphiques qui montrait une augmentation exponentielle du nombre de personnes condamnées et exécutées en Irlande. Mike Witcher savait ce qu'était la mort. Il n'en avait pas peur mais la trouvait terrible. Les gens qu'il détestait le plus étaient morts, ceux qu'il aimait le plus aussi : pourtant il savait bien que leur décès n'était pas la fin de tout, au contraire. Ils étaient là. Comme les pauvres types qu'il enterrait aujourd'hui. Il portait la responsabilité de leur mort. Ils l'accompagneraient toujours.

A tout prendre, il préférait les vivants que les morts, lui qui n'aimait pourtant pas grand-monde et qui méprisait beaucoup de gens. Les vivants, Mike pouvait les insulter, leur foutre une baffe s'ils l'emmerdaient trop, et par dessus tout, il pouvait démontrer sa supériorité sur eux. Avec les vivants, c'était facile. Il pouvait les convaincre et jouer du meilleur atout qu'il avait sur eux, l'intelligence, et la conscience qu'il obtiendrait ce qu'il voulait s'il donnait aux gens ce que eux voulaient voir. Mais avec les morts, tout ça ne s'appliquait pas. Il ne gagnerait jamais contre les morts, et sans doute, ceci était la pire des choses que Mike Witcher pouvait vivre, presque une humiliation. Les morts étaient morts, et on se souvenait du meilleur d'eux. Il ne rivaliserait jamais avec son père, qui était mort au faite de sa gloire : sang pur héroïque, soutenant activement les mangemorts, et lui mauvais fils, n'étant jamais venu le voir. Que son père ne l'aie jamais trouvé digne de sa personne, ça, personne n'en parlait. Le verdict avait juste été qu'il avait réclamé sa présence et qu'il n'était pas là. Il se souvenait du regard de Watson, du regard de mépris qu'il lui avait lancé. A ce souvenir, les poings du directeur de l'Ordre Nouveau se crispèrent.  Watson était un pauvre type, il n'avait jamais rien fait de sa vie, d'où lui venait le droit de le mépriser ? Il l'aurait tué, sur le moment. Mais non. Il s'était contenté de l'humilier en réussissant. Mais il ne cherchait pas à lutter contre son père. Mike était fier de n'avoir jamais suivi le chemin tracé par son paternel, fier de ne jamais avoir été ce qu'il attendait de lui. Mais il connaissait la sentence de ce père mort.

Pas assez. C'était l'histoire de la vie de Mike. Il n'avait pas non plus réussi à sauver Jeremy Howth. Les morts étaient les reflets de ses échecs. Le mangemort détestait l'échec, perdre étant pour les faibles. Aussi il ne s'arrêtait jamais. Essayer. Échouer. Essayer encore. Échouer de nouveau. Mais échouer mieux. Cynisme répétitif ? Oui. Mais la vie était une blague, et il n'avait pas le choix. Alors évidemment, il était amer, et dur. Mais il l'était avec humour, cette élégance du désespoir qu'il ne niait pas à Ben. Il était amer poliment. Il était malheureux avec élégance, avec classe, politesse. Et lorsqu'il mourrait, il essaierait de le faire poliment, pour ne pas être un échec pour quelqu'un.

Voilà, la différence entre les gens qu'il tuait, qu'il notait dans ses rapports, et les qui étaient morts était là. Tous étaient de sa faute, quelque part. Mais les premiers ne lui évoquaient rien, parce qu'ils n'étaient rien, même pas réellement des humains – de toute façon à qui manqueraient-ils ? On tuait aussi leur famille, alors la réponse pour Witcher était un haussement d'épaule machinal, manière de dire « personne, voyons, ne soyez pas stupide ». Les morts lui manquaient. Il connaissait leur histoire. Et cela restait comme un échec – alors que l'élimination des impurs d'Irlande restait une réussite.

Sale temps donc, et ça n'allait pas s'améliorer avec De SaintClair. Au fond, Witcher n'était même pas là pour voir les rafleurs mourir. C'était une opération de routine, il n'avait fixé qu'un objectif général, les moyens étaient laissés à la liberté de ses hommes, mais il assumait la responsabilité. Il donnait les ordres, tout en haut, il était venu voir. Il ne pouvait pas l'ignorer. Assumer les conséquences de ses actes. Être responsable. Ça ne faisait pas partie de son éducation. Anthony Witcher était un partisan forcené du pas vu pas pris, et il considérait que moins on pouvait voir ou deviner qui dirigeait tout, mieux c'était. Être tranquille, diriger d'en haut, voilà ce qu'il avait appris à ses enfants, mais Mike était là, pourtant. Les mains dans la merde. Ça lui venait de l'armée. Et puis d'un goût certain pour l'action, et d'une envie de tout contrôler. Même s'il n'aimait guère apparaître. Faire, et être vu par les bonnes personnes. Les soldats, pour avoir leur respect. Jamais les officiels, pour continuer à faire partie de leur monde, mais comme un type issu de rien. Un banal militaire...

Mais là aussi, le mangemort pouvait sourire et dire pas assez. Pas assez pour le définir, comme on devait dire pas assez pour définir De SaintClair. Il attendait de la compétence, et pas une joute verbale, même s'il jugeait tout de même le directeur du département des Mystères. Grande question, avait-il couché avec Ruth ? Au moment opportun, il faudrait qu'il demande. De manière personnelle, il était plutôt content qu'il sache de quoi il parlait. Mais tout de même qu'est-ce que Ruth avait pu lui trouver ? La compétence ? Oui, mais Valverde aussi était compétent, et elle n'employait guère le mot sympathique pour le décrire, et Mike savait ce que voulait dire le mot sympathique chez sa cousine : cela allait de charmant à ayant une conversation intéressante en passant par personnalité compatible avec la sienne jusqu'à bon amant, et il aurait aimé pouvoir être sur que ce n'était pas le dernier cas, car ça, Mike le prendrait comme une insulte personnelle.

Du reste, cependant, il était tout de même assez content que De SaintClair lui file un coup de main, et il précisa la situation. L'autre aurait pu dire non, et Mike n'avait pas envie que cette mascarade dure, aussi fut-il précis et clair, n'omettant rien :

« Normalement, il y a deux jours, une opération était programmée. Un bateau chargé de soixante impurs devait partir d'ici. Le destroyer devait bloquer le port et les rafleurs les rattraper. On les a rattrapé, sauf que le destroyer ne bouge plus, et bloque toujours le port. Ils ont commencé à tirer sur les gens de la police magique irlandaise qui allaient voir. Onze morts, leur embarcation envoyée par le fond. Idem quand Asbach – le commandant des rafleurs – est arrivé. Douze morts. Je suis arrivé hier de Belfast, avec dix agents de la sécurité intérieure. Mulciber ne peut pas se déplacer, et depuis j'essaye d'avoir un expert, et les irlandais ne m'aident pas. Ils voulaient m'envoyer je ne sais quel général, un sorcier qui n'a jamais travaillé avec ce genre de trucs... »


Bref, voilà pourquoi finalement il avait résolu d'appeler De SaintClair. Reconnaissance de son échec personnel ? Concrètement, s'il n'avait pas été entouré de crétins, Mike était persuadé qu'il aurait pu réussir. Oui mais voilà, les gens compétents, ça ne courrait guère les rues, et Witcher se trouvait donc bien seul. Il désigna rapidement la mer :

« Concrètement, en faisant ça, ils bloquent la passe, personne ne peut accéder au port. S'ils partent à l'ouest, ils se trouvent face à une flotte, si ils partent à l'est, il y a des mines, je crois. Ils peuvent tenir la passe, ça forme une saleté de goulot d'étranglement, avec un seul navire, ils peuvent réduire en pièce la flotte. Je suppose qu'ils attendent que nous perdions patience et que nous attaquions pour  passer. »

Il n'était pas expert, mais il avait eu le temps d'étudier des cartes et de se renseigner sur la situation. Autant dire qu'il comprenait plutôt bien ce qui se passait. Il sourit :

« Faut voir. Doit rester le zodiac des gardes-cotes, je suppose. Combien vous voulez emmener de personnes ? »

Etait-il volontaire ? Pourquoi pas, si le français voulait bien de lui. Après tout, l'Irlande, désertée par toutes les forces puristes, était plus ou moins son territoire attitré – même si Mike n'en tirait aucune fierté ni sentiment de puissance, rien que de la fatigue. Fatigue qu'il brisait par toutes les possibilités d'action qu'il avait, même une attaque qui lui semblait périlleuse à bord d'un zodiac contre un detroyer, David et Goliath en somme. Ce qui le rassurait, c'est de savoir qu'au moins David avait gagné.
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MessageSujet: Re: Between blood and fire || DSC Jeu 3 Juil - 16:11

Parfois, il arrivait à Tryan d'envier les autres. Sur le papier, il avait tout, en théorie, il devait être heureux, mais non, rien à faire, les sourires étaient si rares qu'ils n'avaient même plus de vraie valeur. Il aurait aimé pouvoir sortir de son monde, voir ce que les autres pouvaient ressentir, mais son foutu manque d'empathie handicapait sa compréhension de l'autre, le contraignant à rester dans son éternel schéma, une bande qui une fois terminée revenait au point de départ, il tournait en boucle.
La puissance et le savoir ne faisaient pas tout, il lui manquait toujours quelque chose, et c'était ce petit quelque chose qui lui faisait penser qu'au fond, il ne mériterait rien de plus que ce qu'il prenait. Il avait déjà perdu ce en quoi il tenait, il n'avait jamais vraiment chercher à remplacer ce vide, ça n'était pas les opportunités qui manquaient, mais il n'oubliait pas. Ça, personne ne le comprenait vraiment, parce que personne ne se mettait à sa place. Il ne pouvait pas les blâmer pour ça, il en était lui même incapable, mais ça commençait à peser dans la balance.

Il avait changé, pour essayer de se remettre, il avait fait des efforts, tout ça pour quoi ? Rien, une fausse promesse de bonheur, une foutue illusion qui n'avait pas sa place dans ce monde de merde, encore une fois, on s'était joué de lui. Tout ça commençait à peser, l'accumulation de tuiles en tout genre, ça et ce vide qui grandissait. Il n'allait pas toujours attendre, tôt ou tard, il allait prendre une décision, mais cela lui semblait difficile. S'amputer un bras était toujours douloureux, même s'il était gangrené, même si c'était pour son propre bien, l'acte en lui même requérait un sang froid et une maîtrise qu'il ne possédait qu'à moitié.
S'il en était là, c'était pour elle et grâce à elle, en quelque sorte. Il l'aurait bien remercié, mais il regrettait trop pour le faire, surtout pas depuis ce foutu mutisme qui n'aboutissait à rien. A quoi bon jurer de tout se dire quand on ment ou qu'on savait pertinemment que ce pacte ne pouvait aboutir ? Et puis, les morts ça ne parlait pas. Jusqu'à ce que la mort vous sépare, les termes étaient bien choisis, cela signifiait qu'à travers cette dernière tout s'arrêtait, qu'il ne fallait pas s'accrocher. L'amour mourait en même temps que le reste, c'était peut être la mise en garde de ce serment qu'il n'avait pas prononcé.

Une vie ensemble c'était peut être trop, mais l'éternité, c'était encore pire. S'il pouvait lui parler, il lui aurait dit que tout avait un prix, la vie, la mort, l'éternité, on a jamais rien sans rien, et rêver n'était qu'un truc de gosse pour leur faire espérer que demain serait meilleur. Sauf que demain n'était jamais meilleur, jamais mieux qu'hier ou qu'il y a un mois. On avait l'impression du mieux, mais dans le fond on s'enfonçait vers quelque chose de plus envenimant.
Un mensonge, voilà tout. Tout le monde ment, les morts, les vivants, tout le monde. Il n'y avait pas une foutue once de vérité dans cette putain de chienne de vie, et le savoir vous faisait perdre foi en l'humain, en tout ce qui avait un jour pu contribuer à, il en était presque certain désormais, une illusion de bonheur.

Il l'aimait, ou il l'avait aimé … au fond qu'est ce que ça changeait si tout cela mourrait demain ? À quoi bon se poser la question quand tout se termine tôt ou tard ? Toujours plus tôt que tard d'ailleurs. Et puis avancer pour quoi ? Pour faire chier le monde, pour essayer de s'accrocher à quelque chose, pour être un con parmi tant d'autres. Après tout il ne s'agissait que de ça, qu'être con et se laisser joliment fister par la vie et les autres. Y'avait pas de répit pour les braves, pas de répit pour celui qui essaye d'avancer, juste de la merde au bout du chemin, de la merde et se dire finalement : Putain, tout ça pour ça …
Avoir tant sacrifié pour … bah pour rien au fond. Accepte ton destin, tend ta joue, reçois la baffe, et dit merci à la dame, à la vie de te l'avoir mise bien profond, tout en finesse et en subtilité.
Mais qu'on ne l'y reprenne pas, pas de pitié, il n'en avait jamais voulu, ni pour lui, ni pour les autres, ni pour elle. Jugez donc, mais ne venez crier qu'on vous juge. L'avantage de s'en foutre était qu'on ne craignait rien, mais pas la pitié, il avait trop d'orgueil et de fierté, et ça n'était pas pour l'aider, bien au contraire.

En un sens, Witcher devait fonctionner comme ça aussi. Un tout ou rien, on gagne ou on perd, y'a pas de milieu. Tu subis ou tu fais subir, c'était con, mais la vie marchait comme ça, le monde aussi. À ce petit jeu, forcément, il n'y avait pas de vainqueur final, car la finalité, qu'on le veuille ou non, c'était un pied dans la tombe, puis le reste du corps. Restait à savoir s'il n'y avait qu'un nom ou pas sur le sépulcre, mais ça, mort, tu t'en fous bien de savoir que y'a quelqu'un à coté de toi ou pas.
Comme ces raffleurs qui n'avaient pas forcément eu envie d'avoir cette mort, disons le, de merde.
Et eux, bon qu'à creuser à la pelle, n'étaient que des roues de secours. Au fond, Witcher aussi c'était fait baiser par la vie, tous les péons qui avaient accepter des responsabilités avaient signer pour une vie de merde. Et ils ne se soutenaient pas. Peut être qu'aujourd'hui cela changerait, peut être que ça n'était que du temps perdu à résoudre simplement un problème. Allez savoir …

« Concrètement, en faisant ça, ils bloquent la passe, personne ne peut accéder au port. S'ils partent à l'ouest, ils se trouvent face à une flotte, si ils partent à l'est, il y a des mines, je crois. Ils peuvent tenir la passe, ça forme une saleté de goulot d'étranglement, avec un seul navire, ils peuvent réduire en pièce la flotte. Je suppose qu'ils attendent que nous perdions patience et que nous attaquions pour  passer. »

Alors il fallait faire ce qu'ils attendaient, mais le faire d'une autre façon, afin de surprendre et de tuer dans l’œuf toutes les autres tentatives possibles et inimaginables. L'effet de surprise allait leur servir, c'était certains.

« Faut voir. Doit rester le zodiac des gardes-cotes, je suppose. Combien vous voulez emmener de personnes ? »

Le français réfléchit rapidement avant de répondre.

« J'emmène mon équipe avec moi … éventuellement une ou deux autres personnes, si aucun de mes gars ne sait se servir du matos. Si vous pouvez faire en sorte de sortir le 'zodicac', on va y apporter quelques modifications ...»

Sa réponse n'en attendait pas d'autre et il s'approcha de ses hommes, donnant ses ordres à son tour.

« Bon, il va falloir qu'on aille directement à la source du problème. Une fois là bas, on gère comme on peut. Si on a pas les moyens de les capturer, on ne le fait pas … si on a pas les moyens de les neutraliser, on ne le fait pas. Je ne veux pas que l'un d'entre vous y laisse sa peau, on est pas là pour ça. Si on ne peut pas, et bien on ne peut pas, tout simplement, on se rabattra sur une autre option.»

Au moins, il était franc. Il émettait l'hypothèse d'un échec, il ne l'acceptait pas mais comprenait que la perfection n'était pas de ce monde et c'était une première pour les mystères. Son équipe avait beau être la plus compétente dans ce domaine, il y avait encore du chemin à faire pour arriver au bout du chemin et obtenir des soldats anti-moldus.
Ils firent mouvement jusqu'à l'embarcation, et continua à mettre son plan à exécution, donnant ses directives.

« Va falloir enchanter tout ça … désillusion, insonorisation et tout ce qui va avec, objectif être le plus discret possible. Virez moi tout le matos inutile à l'intérieur.»

Les quatre langues-de-plomb s'exécutèrent. Les quatre étaient relativement jeunes, trois hommes et une femme, tous les trois blonds ou châtains, assez fins, et avec un petit air slave. D'où ils sortaient ? Seul les mystères le savaient, et Tryan comptait bien garder le secret là dessus, c'était un peu son seul joker, le seul moyen qu'il avait de demeurer intouchable, indispensable.
Mais ça, Witcher s'en foutait bien, lui ce qui l'intéressait, c'était que le problème soit résolu avec le moins de dommages collatéraux possibles. Et le français avait une petite idée pour partager la douleur en cas de problème …
Revenant vers Witcher, il lui demanda sur un ton informel, comme si la situation exigeait d'agir vite, quitte à froisser les esprits :

« Je peux éventuellement vous faire de la place … après je sais pas si vos gars sauront gérer une fois là bas. Comprenez bien que je n'aurais certainement ni le temps, ni l'envie de traîner des boulets dans ce merdier. »

Car une erreur et c'était toute la mission qui capotait. Un erreur et c'était la vie de tous les puristes présents qui était mise en danger. Le mot d'ordre était donné : efficacité.
Pas de place pour l'approximation, pas le temps de niaiser.
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MessageSujet: Re: Between blood and fire || DSC Mar 26 Aoû - 10:24

Mike Witcher pouvait être désigné comme un être immoral. Il avait décidé d'aller se battre et décidé de faire la guerre, parce qu'il avait trouvé ça romantique et amusant. Au départ, oui, il l'imaginait comme ça. Il voulait s'enivrer l'esprit du danger qui rôdait, longer l'immense précipice de la mort à ses pieds, le divin absolu d'une vie suspendue au fil des cruels hasards, haletant chacun de ses instants comme une première, une dernière seconde. Il était en effet, il l'admettait, totalement immoral, et l'immoralité avait gagné chez lui, comme elle gagnerait toujours, dans tous les cas, dans toutes les guerres. Il était une histoire de guerre. Voilà comment on pouvait définir Mike Witcher. Politique, gouvernant, juriste, militaire, économiste,  tout ça était vrai mais ne résumait qu'imparfaitement et partiellement Michael F.I.D. Witcher. Une histoire de guerre, voilà ce qu'il était, ce qui était assez logique en soit.

Une histoire de guerre véridique n'est jamais morale. Elle n'est pas instructive, elle n'encourage pas la vertu, elle ne suggère pas de comportement humaniste idéal, elle n'empêche pas les hommes de continuer à faire ce que les hommes ont toujours fait. Si une histoire de guerre vous paraît morale, n'y croyez pas. Si, à la fin d'une histoire de guerre, vous vous sentez ragaillardi, ou si vous avez l'impression qu'une parcelle de rectitude a été sauvée d'un immense gaspillage, c'est que vous êtes la victime d'un très vieux et horrible mensonge. La rectitude n'existe pas. La vertu non plus. La première règle, semble-t-il, est qu'on peut juger de la véracité d'une histoire de guerre d'après son degré d'allégeance absolue et inconditionnelle à l'obscénité et au mal. Obscène et mauvais, il l'était. Mike l'avait découvert. Et pourtant il continuait...Il continuerait de se battre jusqu'au bout, malgré la rancoeur, l'aigreur, la solitude, le découragement, la peur...Il se battrait encore parce qu'il ne savait plus faire que ça, parce qu'il en avait déjà trop vu, et qu'il serait insupportable que ce fût vain.

La guerre était une saloperie, aujourd'hui il le savait, mais il ne pouvait pas y échapper. Notre mère la guerre, qu'ils disaient, tous. La guerre était quelque chose de sonore, quelque chose de très sensible, en fait, sons assourdissants, images d’horreur ancrées au fond de la mémoire comme une vieille huître malade sur une épave, odeurs suffocantes et si prégnantes qu’on en sent encore le fumet mauvais et douceâtre des années après. Mais s'il voulait résumer la guerre, il garderait ceci : le son des cloches par lesquelles tout avait commencé, puis le silence… ce silence que seule la guerre peut engendrer, épais comme dans le ventre d’une mère sous la terre, épais comme des millions de silences se chevauchant et se recouvrant les uns les autres. Une absurdité et une saloperie. Après l'Afrique du Sud, il était ravagé. Aujourd’hui encore, il ne des semaines qui suivirent qu’une sorte de long cauchemar gris et poisseux. Et lorsqu'il en avait émergé, il n'était plus qu’une ombre de vie, une silhouette vide… un promeneur des rivages, ceux d’entre les vivants et les morts, et qui ne savait plus de quel côté exactement il marchait.

Et pourtant, il avait continué...car la guerre était sa plus précieuse alliée. Peut-être même la seule. La guerre ne risquait pas de vous claquer dans les pattes, elle était toujours la même. On ne pouvait pas faire confiance à la politique, jamais, mais la guerre oui. Ils étaient tous, d'une certaine façon, les enfants de la guerre. Elle créait la camaraderie.  Camarades, oui. C’est le mot juste. La camaraderie supposait une loyauté et pouvait atteindre à une éphémère intensité de sentiments que ne connaîtrait jamais l’amitié. Celle-ci demandait des conditions plus normales, plus longues pour pouvoir s’épanouir. Un homme n’était rien pour vous et la minute suivante vous êtiez prêt à braver l’enfer pour lui, dans un élan spontané, instinctif…Camarades au combat et camarades de pensées, deux choses différentes et pourtant proche.

Il ne serait certainement pas mort pour sauver Tryan De SaintClair, mais il comprenait à peu près son cheminement intellectuel, comprenait à peu près son parcours et peut-être que là, on pouvait trouver, si c'était possible, envisageable, une notion qui se rapprocherait un peu de celle de la camaraderie...

Peut-être.
En attendant, c'était agir qu'il fallait faire, moins réfléchir. Il donna une série d'ordres brefs, regardant de loin, très loin, De SaintClair et ses hommes. Chacun dans son coin, hm, et l'autre qui se posait en expert de la question moldue. Cela dit, ça n'allait pas forcément se passer comme ça. Il sourit d'un air bonhomme :

« Moi je viens, oui. Mes hommes non. Ce n'est pas leur boulot. En revanche, j'ai prévenu le département des Affaires Moldues, ils doivent m'envoyer quelqu'un. L'expertise technique c'est vous, et eux ils viennent regarder pour les conséquences, hm ? »

Il sourit, juste au moment où dans la zone sécurisée de transplanage, quelqu'un arrivait. Le nouveau venu portait l'uniforme et possédait une tête de fonctionnaire : lunettes, cheveux lisses plaqués en arrière. Il avait l'air distingué et un peu surrané, pouvait avoir la cinquantaine et les salua d'un salut puriste impeccable.

« Monsieur le directeur, monsieur De SaintClair. Madame la directrice m'envoie pour vous accompagner. Je suis le lieutenant-professeur Julian Hammersmith. »
Avant que les autres ne lui parlent il continua : « Je suis au courant de la situation. Je vais venir tout de même, histoire de rappeler que mon titre de lieutenant ne sert pas tout à fait à rien. »

Mike connaissait Hammersmith de réputation : militaire doué qui aurait pu finir général, il s'était piqué de devenir un intellectuel, avait fini professeur, et finalement était expert pour la gestion de crises pour le département des affaires moldues. Il le salua lui aussi et commenta :

« Nous partons quand vous voulez, De SaintClair. »


HRP : Mes excuses pour le retard
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MessageSujet: Re: Between blood and fire || DSC Sam 6 Sep - 18:23

S'il avait tenu une liste des personnes des abattre, nul doute que le directeur des mystères aurait inscrit le nom de Mike Witcher. Pas parce qu'il le craignait, pas parce que ce dernier était dangereux, mais parce qu'il se montrait difficilement supportable. L'habit ne faisait pas l'homme, la marque non plus, et peut être qu'un jour, les mangemorts comprendraient le pourquoi de cette affirmation. Witcher, Eccleston & co, tous ces gars étaient des personnes à évincer, ils n'étaient pas, selon le français, puriste avant d'être mangemorts, et c'était un de leur principal défaut. Ils étaient peu à l'image de Ruth et d'Eris, trop peu, et ceux qui formeraient la génération suivant celle des Valverde, Menroth et Brom, se devaient d'être le plus puriste possible.
Si jamais Witcher devait être blessé sur ce bateau, plus ou moins gravement, le dilemme se poserait. Sauver un puriste ou un mangemort ? Se débarrasser d'une nuisance ou d'un acteur politique ? Si Tryan n'avait pas vraiment hésiter à sauver Mulciber, il n'en serait pas de même pour ce péteux de Witcher, car ce dernier ne l'aiderait pas en cas de problèmes, c'était une certitude, restait à savoir comment gérer les choses. Donner l'ordre à ses hommes de le faire, ou de mourir pour ce type ? Non, il ne fallait pas abuser des bonnes choses. Mais un Witcher mort serait un Witcher utile à long terme, dérangeant à court terme certes, mais c'était une épine de moins dans le pied. À méditer …

Voir les rangs du Lord diminuer était toujours une bonne chose tant que le purisme était au commande. C'était la finalité logique de toute chose, voir le monde changer et évoluer vers une sorcellerie plus puissante, une sorcellerie reine d'elle même et non prisonnière d'un tyran, aussi puissant soit il. Voldemort ne voyait les choses que par lui même, il n'était pas immortel, loin de là, tout homme pouvait mourir. Car si même Flamel et Merlin y étaient passés, son tour viendrait aussi, il n'y avait pas à s'inquiéter. Qui ramasserait les restes ? Le peu de mangemorts encore en vie se déchirerait pour un lambeau de pouvoir de leur maître, s'évinçant aussitôt pour ne laisser que les plus jeunes et patients, et après … après la partie deviendrait beaucoup plus intéressante.
En soi, la mort du tyran ne pressait pas, pour l'instant il avait son rôle à jouer, et il le jouait. Tout comme Witcher jouait le sien, avançant peut être, mais pas suffisamment pour inquiéter Tryan De SaintClair. Et si voir ce dernier barboter dans la mouise était amusant, l'y laisser l'était encore plus … à défaut d'aider le purisme, c'était au moins divertissant.

« Moi je viens, oui. Mes hommes non. Ce n'est pas leur boulot. En revanche, j'ai prévenu le département des Affaires Moldues, ils doivent m'envoyer quelqu'un. L'expertise technique c'est vous, et eux ils viennent regarder pour les conséquences, hm ? »

Déjà ?! C'était donc son genre de couper l'herbe sous le pieds des gens. Si les affaires moldues ne venaient que pour regarder, cela spécifiait bien leur impuissance à agir correctement, et dans ce cas là, la question se posait autrement. Si le français se foutait bien de récolter de la gloire durant cette opération, il refusait catégoriquement que l'on s'attribue ses faits d'arme, on n'avait que trop laissé dans l'ombre les vrais acteurs, pas deux fois la même erreur. Les inspecteurs des travaux finis devront apprendre à rester à leur place, s'ils ne savaient pas le faire, alors il apprendraient sur le tas, mieux valait éviter cela devant une horde de journalistes, non ?
Avant d'ajouter qu'il n'avait visiblement pas le choix, le français fut pris de court par l'arriver du dit 'quelqu'un des affaires moldues'. À cette vision, Tryan ne put réprimer un profond soupir. Ce gars avait tout du rat de bureau, le look, les attitudes, jusqu'à ce sourire miséreux et totalement insipide qui caractérisait les gens de son espèce. Pire encore, lorsqu'il effectua le salut puriste, De SaintClair tourna la tête pour regarder son équipe, les suppliant probablement du regard avant de faire un bref non de la tête, dépité devant ce triste spectacle.

« Monsieur le directeur, monsieur De SaintClair. Madame la directrice m'envoie pour vous accompagner. Je suis le lieutenant-professeur Julian Hammersmith. »

Et bien le voilà le dit boulet. Il en avait tout l'air, jusqu'à son nom presque risible tant il collait avec le stéréotype déjà bien mis en valeur. Son titre était presque aussi ridicule que son allure, lieutenant-professeur, qu'était il ? Un mélange de militaire et d'enseignant ? Non, auquel cas on l'aurait appelé instructeur, ce mec était juste un bureaucrate bon qu'à frimer avec son grade qui n'avait aucune valeur réelle. Fixant le nouveau venu d'un air froid, dissimulant un manque d'entrain certain, le français écouta avec un profond ennui la suite des civilités dont il avait horreur.

« Je suis au courant de la situation. Je vais venir tout de même, histoire de rappeler que mon titre de lieutenant ne sert pas tout à fait à rien. »

S'il avait été seul, Tryan lui aurait rétorqué que s'il n'y avait que le titre dont il était question, la chose aurait été plus simple, mais la présence de Witcher l'obligeait à une certaine … civilité, chose à laquelle il n'était pas vraiment habitué avec les individus de ce genre. Qu'à cela ne tienne, il n'y avait qu'avec les Mulciber et leurs larbins que le surnommé DSC pouvait voir ce genre pique toléré et apprécié à sa juste valeur.

« Nous partons quand vous voulez, De SaintClair. »

Voilà qui était finement dit, au moins, ils étaient réactifs, à défaut d'être foncièrement utiles, le français se contenta de fixer Witcher et de lui répondre :

« Je fais un dernier point avec mes gars et nous partons.»

Il n'attendit pas de réponse et rejoignit son équipe qui avait visiblement terminé son travail d'enchantement, prêt à partir en direction de ce navire de mort à bord d'une embarcation magiquement détournée. Une fois vers eux, il s'accouda au zodiac, leur expliquant la situation à sa manière, loin des oreilles indiscrètes des invités à l'expédition.

« Vous voyez les deux oiseaux de malheur là bas ? Et bien on se les coltine pour la mission. Si Witcher saura se démerder, l'autre peut être pas, et je tiens à être clair avec vous, ce type là n'est pas une priorité, compris ?»

Il y eut un moment de flottement que le français combla vite.

« On sait pas ce qu'on trouvera là bas … il faut éviter d'être dispersés, si c'est le cas, restez tous les quatre ensembles, c'est clair ? Je me démerderai avec les deux autres. Pas de risques inutiles, pas tentatives de suicides, pas de héros une fois là bas.»

Posant sa main sur l'épaule de son second, il conclut son briefing.

« A nous de faire en sorte de limiter la casse.»

Une bref tape signifia la fin de ses dernières recommandations, après quoi, il rejoignit les deux invités, leur désignant l'embarcation qui venait d'être mise à l'eau.

« On vous attend, prenez place.»

Les cinq membres des mystères plus les deux extérieurs, prirent place à bord du bateau qui démarra et fonça en direction du navire ennemi, sans un bruit. Voyant que la pression commençait à monter, le directeur des mystères leur expliqua brièvement :

« Inutile de vous désillusionner, les moldus ne peuvent pas voir l'embarcation, ni l'entendre … une fois qu'on sera au bateau, nous grimperons à bord avec un ascendio. Vous deux ... il désignait les deux plus jeunes de son équipe, puis vous Witcher, ensuite vous deux, il désignait les deux autres de ses employés. Enfin notre invité des affaires moldues et moi même. Vous savez ce qu'on doit faire une fois là bas.»

Le navire se rapprocha, jusqu'à ce qu'on ne puisse plus apercevoir que se coque et le bord de ce dernier. Immobile au pied de ce dernier, le zodiac attendait patiemment, le bon moment viendrait bien tôt ou tard. Quand on n'entendit plus que le clapotis de l'eau, le français hocha la tête, signe qu'il était temps de passer à l'acte. Les deux langues-de-plomb informulèrent leur sort, l'assaut était lancé.
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MessageSujet: Re: Between blood and fire || DSC Sam 11 Oct - 17:39

Les dernières personnes à comprendre Mike Witcher étaient mortes depuis longtemps. Symboles de ses propres échecs ou morts qui ne comptaient pas, comme Tom Jugson, il ne pensait plus guère à eux. Il n'était pas du genre à se considérer comme un intellectuel – il rejetait cette étiquette d'économistes si intelligents que l'on ne savait qui avait fourgué aux Witcher et en particulier à son père. Lui n'était pas comme ça. Il se définissait, finalement, comme un type pragmatique. Un type qui parlait pour se faire comprendre, pas pour faire des phrases. Un homme qui n'avait pas besoin de dire vous quand il savait dire tu. Un type qui est, qui a, qui dit et qui fait, il n'avait pas besoin d'autres verbes. Un type qui ne dîne, ne déjeune et ne soupe jamais : il mange. Pour lui, le passé était ce qui était arrivé avant le présent, et le futur ce qui arriverait après, à quoi bon compliquer ?

Mais le réduire à ça, c'était encore mentir. Il était capable d'atteindre ce niveau intellectuel que partageaient son père et Tom Jugson, sans réelle difficulté, d'ailleurs. Mais c'était quelque chose d'entier, exigeant, exclusif. Et surtout, surtout, cela poussait à devenir banal – rien de plus banal qu'un intellectuel ou un illettré, un homme d'action ou un politique. Il haissait plus que tout la banalité, juste un peu moins que le parcours, tout tracé, qu'on avait prévu pour lui au départ, juste un peu moins que les gens qu'il asservissait. Parce que la vie des gens, des vrais gens de tous les jours, c'était un truc au-dessus de ses forces. Un mystère, pour lui, la vie quotidienne des gens quotidiens, comment ça fonctionnait dans leur tête et dans leur coeur. Comment pouvaient-ils faire confiance à ce monde auquel ils étaient obligés d'obéir ? Comment pouvaient-ils vivre en se sentant si vulnérables ? Qu'est-ce que ça faisait d'être une victime ? Victime de son voisin, du monde en marche ou de la raison d'Etat ? Comment accepter une telle idée, s'en accommoder le restant de ses jours ? Comment faisaient les honnêtes gens quand on leur fait comprendre qu'ils se battent contre des moulins ? Qu'ils n'ont aucune chance de soulever des montagnes ? Il avait essayé, tout au début, mais il n'avait pas pu. C'était au dessus de ses forces.

Ce qui le sauvait, c'était ça : il était foncièrement un salaud. Pas le plus brillant, ni le plus sympathique. Juste un salaud. Ca lui permettait de cohabiter avec lui même. Parce que s'il avait eu un bon fond, il serait devenu fou. Witcher était fou de toute manière, mais au moins, il ne se détestait pas lui même. Il y avait bien assez de De SaintClair pour ça. Il sourit vaguement. Combien il avait vu s'asseoir sur leurs beaux principes dès lors qu'on leur faisait miroiter la seule chose qui leur manquait au monde. Personne ne résistait à ça. Le désir... La plupart du temps, c'était plus efficace que la menace. Tout homme avait son prix.Si vous ne les tenez pas par l' argent, vous les tiendrez par leur vice, si vous ne les tenez pas par leur vice, vous les tiendrez par leur ambition. Personne ne savait de quoi est capable un entrepreneur pour décrocher un marché, un acteur pour un rôle, un politicien pour une élection. Il attendait, patiemment : le faire tomber, le laisser crever ? Oh, oui, possible, mais pas réellement utile. Pourquoi détruire s'il pouvait utiliser ?

Il n'avait rien contre l'autre. Et s'il ne mourrait pas pour le sauver si la situation tournait mal, la réciproque était à peu près certaine : Witcher ne se sentait donc pas spécialement coupable de penser cela. Ce n'était même pas spécifique au Français. C'était juste qu'entre lui et quelqu'un d'autre, il préférait se sauver lui. Et en ce qui concernait Hammersmith, fallait-il voir l'idée d'emmerder le français ? Non, pas en premier, il n'était pas aussi mesquin que ça. Il faisait simplement les choses dans les règles – et pas l'autre : ce qui devait singulièrement emmerder le français, en effet, mais les francs-tireurs, Michael Witcher ne les aimait guère, sauf lorsqu'il agissait lui même en tant que tel.

Et puis de manière très simple, Tryan De SaintClair était aux Mystères. S'il avait la mission de faire des recherches sur les moldus, il n'avait certainement pas celle de controler leur armée et de toute façon, ce qu'on attendait de lui se limitait à peu près à une expertise technique. Quand ils auraient le contrôle du bateau, la Sécurité Intérieure prendrait le relais – et un type comme Hammersmith serait toujours là.

L'autre devait mal supporter ce petit fonctionnaire sang mêlé, Witcher, lui, s'en fichait. Il cherchait le pragmatisme, le reste, aucune importance. Il était là pour résoudre le problème, point. On partit donc à la rencontre du bateau. Et ce fut assez rapidement le combat qui vint. Confusion ? Oh, comme toujours. Lui tuait sans distinction de toute façon. Il avait perdu les autres de vue, et ce fut la voix tranquille d'Hammersmith qui vint interrompre le combat :

« Bien, messieurs les matelots, si vous voulez bien m'écoutez... » Witcher tourna la tête vers lui : tout le monde s'était interrompu. Costume impeccable et pas du tout blessé, Julian Hammersmith avançait vers, tenant en respect un homme de la pointe de sa baguette. « Enfin, ceux que messieurs les directeurs Witcher et De SaintClair n'ont pas éliminé. Merci. Votre capitaine se rend. Faites comme lui. Merci. Si quelqu'un veut bien prendre la peine de désarmer ces messieurs – vous êtes bien bons. »


Mike Witcher se contenta d'un petit rire amusé :

«Extraordinaire. »
Il éleva ensuite la voix pour héler le directeur du département des Mystères : « De SaintClair ! Je m'en vais, il faut que je donne l'ordre à mes hommes de reprendre. Arrangez vous avec Hammersmith le temps que Mulciber envoie ses hommes, ça ne devrait pas prendre trop de temps. Merci du coup de main. »
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MessageSujet: Re: Between blood and fire || DSC Lun 27 Oct - 0:14

Tout se passa très vite, en une dizaine de secondes, tout le monde se retrouva sur le pont du bateau à balancer des sorts dans tous les sens. Il y eut des explosions, c'était là le signe d'une impatience de la part des sorciers et d'une non maîtrise de leur nerfs, pour Tryan, il fallait être méthodique. Son style à lui ? Très défensif, très posé, peu de sortilèges mais tous efficaces, ou presque, il lui arrivait rarement de rater sa cible, même alcoolisé durant une soirée.
Faisant signe à ses hommes de rester ensemble, le français se mit à couvert derrière une rampe. Mais déjà les moldus se pressaient à l'entrée et envoyaient des salves de projectiles un peu partout, du grand n'importe quoi. Pour ce qui suivit, on peut dire que le directeur des mystères y avait pensé très longuement après avoir étudié la question moldu, et il prouva de suite l'efficacité de ses recherches.
D'un geste brusque et rapide, il se releva, et d'un coup de baguette, il renvoya les munitions à ceux qui les lui avaient envoyé, les faisant ainsi tomber sous leurs propres balles avant de passer à leur niveau et de les finir avec des glacius.

Arrivant au niveau des cabines, ses hommes le rejoignirent rapidement, là il leur expliqua rapidement :

« Vous deux, retournez sur le pont avec Witcher et l'autre … le reste gardez l'entrée, que personne ne rentre, c'est clair ?»

Son timbre de voix avait été différent, on sentait là l'ordre strict et sérieux, en meneur d'hommes qu'il était, le français savait s'imposer et se faire obéir, là, il ne voulait surtout pas que quelqu'un voit cela c'était sa bote secrète et il avait envie de la tester, plus que tout. Cela s'imposait à lui comme une évidence, car en plus de résoudre la situation, il allait vider une partie du bateau rapidement.
Passant la porte, il avança de quelques mètres dans le premier couloir. Informulant un hominum revelio, il obtint sommairement la position des individus présents, armés ou pas, ils représentaient une menace, menace qu'il fallait réduire à néant, et c'était précisément ce qu'il allait faire.
Se retournant, il vit que personne ne le suivait et décida donc d'entamer la procédure de nettoyage façon De SaintClair. Tendant son aubépine, il songea très fort à son aimée, et ressentit instantanément son affinité avec la glace. L'effet fut immédiat, un léger mouvement de baguette fit apparaître une forme bleutée presque blanche, fantomatique mais différente d'un patronus. L'air se glaça, alors qu'il regardait celle qui ressemblait à une nymphe … ou à une banshee, difficile de le savoir, car malgré sa beauté, elle allait apporter la mort aux moldus. L'instant d'après, la silhouette s'élargissait pour glacer tous le couloir et poursuivre à vive allure son chemin, givrant tout sur son passage. De par ses mouvements de baguettes, le français l'empêchait de revenir, et la simple entente des cris en provenance de l'intérieur suffisait à lui indiquer que son sortilège faisait effet.
C'était son feudeymon à lui, fait de glace et de nécromancie, le givresprit comme il s'amusait à l'appeler, par moquerie plus que sérieusement. Et puis plus rien, le silence. Un silence lourd alors que l'air glacé transformait ses expirations en buée. Les présences s'effacèrent, et d'un coup de baguette, il mit fin à son sortilège. Difficile d'avancer dans le couloir tant le sol était glissant, glace qu'il dissipa pour avancer dans l'endroit, découvrant les corps couvert de givre de ses ennemis. Leur peau était pâle, livide, leur doigt coller à leur arme, le regard vide, vidés d'une vie qu'il leur avait pris aussi simplement et cruellement. Sur certains, on pouvait voir que le sortilège avait complètement transformé leur corps en glaçon difforme, c'était dire la violence de l'attaque. Cette puissance nécessitait un contrôle absolu, ou presque sans quoi … elle pouvait très vite ôté la vie de celui qui osait y faire appel.

Et puis il y eut du bruit dehors des paroles, prononcées suffisamment fort pour qu'il ne puisse les ignorer.

« Bien, messieurs les matelots, si vous voulez bien m'écoutez...Enfin, ceux que messieurs les directeurs Witcher et De SaintClair n'ont pas éliminé. Merci. Votre capitaine se rend. Faites comme lui. Merci. Si quelqu'un veut bien prendre la peine de désarmer ces messieurs – vous êtes bien bons. »

Déjà ? Cela avait été rapidement réglé cette histoire, même s'il avait fallu l'intervention des langues-de-plomb pour tenir le choc face aux moldus, l'avantage de connaître son ennemi sûrement.
Haussant un sourcil, le français fit demi-tour en direction du pont, avant d'entendre Witcher.

« De SaintClair ! Je m'en vais, il faut que je donne l'ordre à mes hommes de reprendre. Arrangez vous avec Hammersmith le temps que Mulciber envoie ses hommes, ça ne devrait pas prendre trop de temps. Merci du coup de main. »

Soupire blasé, le directeur des mystères se rendit sur le pont et, sans pour autant voir Witcher, lui répondit en criant à son tour.

«Un plaisir. La prochaine fois songez à apporter quelques rafraîchissements !»

On sentait là tout le sarcasme de l'homme et son intention, car désormais, Witcher avait une dette, et il comptait bien le lui rappeler en temps voulu, même s'il se doutait bien que ce dernier ne voudrait jamais la lui payer, qu'importe, c'était pour le principe.
Récupérant ses hommes, il trouva ceux qu'il avait envoyé sur le pont en train de fouiller les moldus et de les aligner comme du bétail qu'on comptait. Le dit Hammersmith était là lui aussi, visiblement toujours aussi propre sur lui, c'était presque affligeant de voir ça.
S'avançant vers lui, le français n'eut aucune compassion pour ce pauvre homme et s'adressa à lui comme à un subalterne, sans la moindre considération, car qu'on se le dise, ce mec là n'était bon qu'à récupérer les restes du travail des mystères.

« Vous vous occupez d'eux. Débarquez les sur la plage, immobilisez les si besoin. Mon équipe s'occupe de ça, vous supervisez le tout pendant que je m'assure qu'il ne reste plus personne sur ce rafiot. Pour l'aspect médiatique, c'est votre boulot, ça ne me regarde pas.»

S'adressant ses hommes, il leur dit alors :

« Beau boulot à tous. C'était propre, vous pouvez être fiers de vous, c'est du très bon travail. On se retrouve au port pour le débriefing, encore bravo.»

Retournant sur les lieux du massacre, il dissipa petit à petit la glace qui se trouvait là, avec un peu plus de difficulté que celle de d'habitude. Les marques semblaient être là et ineffaçable, métal rayé, peau coupée ou fondue par le froid, matériel cassé, les sévices étaient impressionnants, il ne se doutait pas que cela pouvait avoir de telles conséquences. Chaque corps présentait des marques différentes, marques qui ne pouvaient visiblement pas être guérites. C'était vraiment quelque chose d'aussi horrible qu'efficace.
Une fois la glace entièrement retirée, ce qui lui prit bien une dizaine de minutes, il se rendit dans la cabine du capitaine à la recherche d'indices en lien avec la résistance. Ça n'était certes pas son boulot, mais il aimait savoir dans quoi il mettait le nez. Rapidement, il laissa tomber, faute de temps et d'envie, après tout, il avait fait son boulot, rien de plus.

Une fois de retour sur le pont, il reprit le chemin du port, géra ses hommes et garda les prisonniers parqués en attendant les gars de Mulciber. Après quoi, il retourna aux mystères avec son équipe pour le débriefing, qu'il préférait faire en terrain conquis.
Toutefois, son esprit était occupé par quelque chose d'autre, de plus puissant, les ravages qu'il avait commis. Était ce bien raisonnable de posséder une telle puissance ? Qu'importe, il ne pouvait l'ignorer et comptait bien s'en servir, la nécromancie lui avait ouvert des portes, il était peut être temps de passer au stade supérieur de son évolution, mais avant cela … il devait voir un homme bien particulier.
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