POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

Partagez|

Loneliness is unfair || Hermione

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage



avatar
Date de naissance du joueur : 07/05/1993
Âge du joueur : 25
Arrivé sur Poudnoir : 13/04/2014
Parchemins postés : 390



Pensine
Mon casier judiciaire est: sur le bureau de Crow
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 11PV
Sheldon H. Ferguson


MessageSujet: Loneliness is unfair || Hermione Jeu 3 Juil - 19:04

« VOUS MANGEREZ DU HAGGIS !
-Mais m'sieur Ferguson...
-Silence ! Ta mère t'as pas appris à manger ce qu'on te donne ?
-Si, mais...
-Bon appétit alors ! »

Sheldon Ferguson était un peu tyrannique en cuisine, mais il estimait que tous les bons cuisiniers se devaient de l'être. Son seul exemple, cela dit, était le cuistot qui lui servait son rata à l'armée, rouge brique et gros à force de gouter les plats qu'il leur faisait, ce qui laissait pantois Ferguson qui trouvait à peu près tout ce qu'on leur servait immonde. Lui, il aimait cuisiner, et s'acharnait à faire des choses potables avec les moyens du bord. Mais il restait avant tout un Ecossais farouchement fier de son pays et si on lui avait bien fait comprendre qu'à la longue il devenait franchement agaçant avec sa cornemuse – même s'il n'avait pas du tout abandonné l'idée de rentrer dans l'hotel de ville de Glasgow en jouant Flower of Scotland, non mais – il n'avait pas du tout renoncé à initier les autres à la gastronomie écossaise, soit du haggis, du haggis, et encore du haggis, mêlé de saumon écossais et de scones pour varier, sans oublier le thé, et le whisky. Peut-être un peu partial, il adorait tout cela, sans compter les fish and chips et les tourtes qu'il refourgait quand il avait de quoi en faire, et bien sur, les inimitables sandwichs au thon et à la mayonnaise, spécialité assez immonde des bars de Glasgow. Chez les autres, cela remportait moins de succès, alors il essayait de se rabattre sur des ragouts, mais continuait de manger aussi sa nourriture même si on ralait. Peu disposé à se laisser emmerder et décidé à ouvrir l'horizon gastronomique des autres, il avait souvent gain de cause tout de même.

Parce qu'il aimait les gens et que ça se sentait, tout comme il devait être le plus enthousiaste à l'idée de retourner à Glasgow. Cette ville, cette tache sur le lever du soleil, déguisée dans la brume du matin, c'était sa ville. Ca ruinait sa vie, car il avait une vie pourrie, comme tous les glaswegiens qui vivaient non pas dans le centre rénové, mais dans le Drag, où cohabitaient peur, prostitution, couteaux, et agression...Si on y regardait bien, on se demandait comme on finissait par aimer Glasgow, mais Sheldon aimait cette foutue ville. Elle avait une attraction magnétique étrange, comme un signal de ralliement dans votre crâne. Il n'y avait rien là bas que le monde entier n'avait, mais c'était chez lui. Voilà pourquoi il allait y revenir. Toute sa vie se composait de haine, de souffrance, de brouillard, parfois sanglant, mais il luttait contre la misère. Pas parfaitement, pas gentiment, pas avec de grands mots, avec toute la vulgarité d'un type qui a élevé, comme tous les habitants de sa ville, le baiser de Glasgow, c'est à dire le coup de boule, au rang d'art, pour ne pas qu'on lui vole son portefeuille, lui qui gueulait, qui adorait gueuler, qui ne s'en laissait pas compter, qui ne se voyait pas comme un humaniste. Mais pourtant, il le faisait.

Au final, l'indépendantisme, chez Sheldon, ce n'était pas grand-chose. Un truc en fond. Il était indépendantiste parce que jamais personne n'aidait les gens comme lui, ni les gens du Gorbals, ni les chomeurs. La pauvreté engendrait la misère, rien de plus. Il détestait les grands discours et les fausses promesses, il agissait sans se poser de question. Démocratie, droit, lutte contre les inégalités ? Non, lui se foutait de ça. On lui en aurait parlé, il aurait volontiers dit aux gens qu'ils étaient de beaux parleurs et qu'ils n'apportaient rien. En cela, lui qui n'aimait guère les sorciers, comprenaient un peu Benjamin. Même d'après ceux qui ne l'aimaient pas, c'était quelqu'un sur qui on pouvait compter, quelqu'un qui ne laissait pas tomber les gens, qui tout en en disant pis que pendre s'occupait d'eux s'ils étaient malades ou malheureux, et Sheldon pensait que beaucoup d'amis autoproclamés du genre humain, n'ayant à la bouche que les mots de bienveillance et de compassion, ceux qui ne faisaient rien d'autre que parler, étaient en réalité plus égoïstes et indifférents que ce garçon qui avait passé sa vie à se peindre sous les traits d'un méchant.

Il ne se voyait pas gentil. Ca ne lui serait pas venu à l'idée de se voir comme un médiateur social quelconque, un bénévole de la croix rouge amélioré. Sheldon aidait les gens parce qu'il devait les aider, il avait donné des occupations politiques à des jeunes pour éviter qu'ils se mettent à buter des gens, il résistait parce que chez lui, c'était déjà la misère et qu'avec le Lord ça allait être pire...Sheldon avait payé le fait d'être un sang-de-bourbe, et il savait que les moldus paieraient le simple fait d'exister. Il les haissait, franchement, tous les sorciers comme les mangemorts, qui avaient humilié le gosse qu'il était à Poudlard, juste parce qu'il n'avait pas les codes pour comprendre. Il ne voulait pas qu'on fasse ça à ses gosses. Enfants d'un né-moldu et d'une moldue, qui étaient-ils pour Voldemort sinon des nuisibles ? Et les moldus ? Ils allaient tous payer, et Sheldon le savait, voilà pourquoi il se battait.

Il n'était pas Ben, pas Jugson. Il n'était qu'un type loin de chez lui qui savait pertinement qu'il fallait qu'il y retourne pour faire ce qu'il avait toujours été de mieux : un dissident. Un opposant. Le mot favori de Ferguson était non, le deuxième fuck. Un type bien sinon, toujours une blague aux lèvres et un mot assez encourageant pour chacun. Au quartier général, on riait avec lui, comme là, malgré ses éclats de voix. On essayait de se détendre en attendant de voir le résultat de l'entrevue entre Ben et Hermione Granger.

Il respectait Hermione Granger. Il ne la connaissait pas, mais cette fille avait du courage, plus que lui. Elle n'avait pas eu peur et elle leur avait répondu à ces petits salauds de puristes, là où Sheldon avait fui. Et tenir, en temps de guerre, c'était cracher à la gueule du diable. Il se demanda si elle allait rester – à la réflexion, peut-être qu'il n'aurait pas du faire du haggis à manger...Il n'en savait trop rien et c'est presque avec anxiété qu'il guetta la sortie de la résistante.

« Vous restez manger, miss Granger ? Les gars ont fini, et j'ai du rab.  »

Miracle d'une caserne, la cantine jouxtait la salle de réunion. C'était un peu brusque, peut-être, mais c'était ce qu'il y avait de plus proche des bonnes manières chez Sheldon, et ça partait d'une bonne intention. Il n'était pas Ben, n'avait rien contre elle. Mais est-ce que Mulciber avait quelque chose contre Hermione, d'ailleurs ? Pas sur...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 19/09/1987
Âge du joueur : 30
Arrivé sur Poudnoir : 24/05/2014
Parchemins postés : 474



Pensine
Mon casier judiciaire est: sur le bureau de Crow
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 12PV
Hermione Granger Origins


MessageSujet: Re: Loneliness is unfair || Hermione Ven 4 Juil - 21:38

"Les derniers et les meilleurs fruits qui ne mûrissent que tard dans une âme ardente et passionnée, c'est la douceur envers la dureté, la tolérance envers l'intolérance, la charité envers l'égoïsme, et l'amour des hommes à l'égard du misanthrope." -  Johann Paul Friedrich

Pour beaucoup, Hermione Granger n'était qu'une insupportable Miss je-sais-tout, quelqu'un qui disposait d'un savoir livresque, une jeune femme brillante capable de calculer des racines carrées à grande vitesse, de résoudre des énigmes difficiles, de faire preuve de génie et de sang froid dans les instants délicats.  La plupart ne préféraient voir que ses défauts, en les exagérant. Ce fut le cas pour Ron, par jalousie, mais aussi de cette espèce de petite fouine de Malefoy, lui qui ne pouvait pas admettre qu'une sang-de-bourbe - qui plus est une fille - ait pu être plus intelligente et plus douée en magie qu'un "sang-pur". Elle était la preuve vivante, provocante, que la théorie de Salazar Serpentard ne reposait sur aucun fondement, autre que raciste. Il en allait de même pour son héritier, Tom Jedusor, qui aurait été euthanasié par son ancêtre pour avoir eu un père moldu. Non contente d'écraser la plupart des gens par son intelligence, elle était dotée d'une grande sensibilité et générosité qui lui conféraient une grande conscience sociale et un esprit de psychologue. Chevaleresque, elle s'était toujours efforcée d'aider les plus faibles, comme Neville, de défendre les opprimés, comme les elfes de maison, de dire la vérité et de vouer sa vie aux autres.

Ce n'était pas parce que vous étiez née dans la banlieue de Londres, dans le quartier de Hampstead, que vous étiez ignorant à propos de la misère humaine. Beaucoup préféraient ne pas s'en préoccuper, certains effectuaient des dons caritatifs pour se donner bonne conscience ou bonne image, pour obtenir une réduction d'impôts, mais à défaut d'une volonté politique, d'une société ayant le souvenir de ce que signifiait le rationnement, la souffrance, l'injustice, de vivre dans un quartier pauvre, on se montrait moins sensible face aux autres. "Chacun ces problèmes". La plupart des gens refusaient que l'on aide trop les pauvres pour ne pas en faire des assistés, mais il ne fallait pas croire que les égoïstes, les lâches, les étroits d'esprits, les racistes, les médiocres, les profiteurs et les ambitieux n'appartenaient qu'à une catégorie sociale. Elle existait aussi chez ceux qui préféraient la facilité, comme l'excuse parfaite, qui méprisaient les intellectuels et qui alimentaient la haine et la violence. Que dire de l'absence de valeurs et de l'éducation parmi les sorciers lorsque l'esclavage, les sévices corporels ne suscitaient aucune réaction ? Que fallait-il penser des moldus qui pouvaient encore exprimer leur racisme jusque dans les années 90 sans réellement craindre de sanction ? La responsabilité politique, seule, ne pouvait être engagée. Si responsabilité il y avait, elle était collective.

L'égalité était un droit naturel qui nous rendait différent des animaux. Elle était un fondement de nos rapports sociaux, des droits fondamentaux. Elle ne fixait aucune barrière, mais elle libérait l'individu et le protégeait par la loi contre les discriminations de toute nature. Elle garantissait entre autre l'égalité devant la loi, de disposer d'un traitement juste et équitable, non basé sur l'arbitraire. L'intendance, elle, fixait des barrières pour mieux asservir, pour établir une distinction sur tous critères entrant en conflit avec des théories racistes et xénophobes au service d'une politique d'extermination de masse. Le droit à la vie, de penser, d'aimer, d'avoir des opinions, de les exprimer et tant d'autres droits étaient niés pour faire des gens de parfaits outils déshumanisés, privés de leurs libertés. Là où il y avait des lois, il n'y avait pas de libertés ? Non. Il fallait des lois pour codifier la société, pour sanctionner - non réprimer - les comportements jugés contraire aux valeurs de la société, comme l'esclavage, le meurtre, les actes de barbarie, le vol, etc. Elles servaient à protéger les gens, à refléter le degré d'évolution et non à en faire un instrument politique voué au crime. Dans un régime dictatorial, la liberté n'existait pas. L'humanité non plus. Elle était illusoire et très bien ressentie par la population, elle qui n'aimait pas l'Intendance, mais qui était maintenue au silence par la peur, une loi répressive et le contrôle de masse.

"L'espoir faisait vivre". Pour les Grecs anciens qui songeaient au mythe de Pandore, il s'agissait de la pire calamité. L'espoir pouvait être une force, mais pas pour tous. Hermione avait sacrifié sa famille, perdu son meilleur-ami. Elle avait perdu ses droits, la capacité d'être perçue comme un être humain. Elle était en train de perdre Ron, celui qu'elle aimait. Elle avait connu l'enfer, la misère, la faim, le doute, le chagrin, la torture, l'envie d'abandonner, de mourir. Elle voyait chaque jour ses semblables vivre l'enfer, des enfants qui mourraient de faim et de maladie, jusqu'à ce qu'elle en vienne à se cacher pour pleurer et maudire. L'espoir ? Elle en serait un, parmi d'autres, pour que ces gens aient quelque-chose qui les maintiennent en vie, même si elle devait se priver ou mourir pour eux. Sa vie n'était rien comparée aux principes qu'elle défendait envers et contre tous, lorsque la vie de milliards d'individus étaient dans la balance. "L'idéal de la vie n'est pas d'être parfait, mais de devenir meilleur", disait Ralph Emerson. S'il y avait un enseignement à tirer, c'était que nous avions la mémoire courte et étonnement sélective, qu'il fallait se battre sur tous les fronts, même si le bonheur ne résidait pas dans le crime et la haine de son prochain. Faire de la démagogie et du populisme ne suffiraient pas à masquer les erreurs, à établir une résistance psychologique parmi la population et à vaincre la propagande.

Seulement, il existait des êtres comme Sheldon Ferguson, concernés par la misère régnant dans leur pays. Il possédait une expérience différente, celle d'un habitant de Glasgow, obligé de céder au crime pour survivre dans un quartier où régnait la prostitution, les gangs et les agressions. Cela ne voulait pas dire qu'Hermione serait incapable de comprendre, surtout après tant d'années à vivre parmi les hors-la-loi. Elle ne prétendrait pas savoir ce que Sheldon avait vécu ni même ce que Benjamin avait enduré. Mais elle savait qu'un individu qui se mettait à voler ou à trafiquer pour nourrir sa famille, c'était un peu comme Jean Valjean dans Les Misérables de Victor Hugo. Il ne fallait pas oublier les circonstances atténuantes, ne pas oublier son humanité lorsqu'il était question de Justice, même si tout n'était pas excusable. Il fallait comprendre que pour l'Ecossais, le baratin des politiciens était hypocrite et inutile, qu'il était préférable d'agir parce que ces gens qui se prétendaient démocrates et humanistes ne faisaient en réalité rien contre la misère. Hermione aurait été d'accord avec lui, aussi bien du côté sorcier que moldu, bien qu'elle reconnaissait l'utilité des rapports humains. L'action seule ne suffirait pas : il fallait aussi des idées, administrer, insuffler un changement. "Avez-vous songé à faire carrière dans la Justice ?", lui demanda le Ministre Scrimgeour lors de la lecture du testament du professeur Dumbledore. "Non, j'aimerais faire un peu de bien en ce monde", lui rétorqua-t-elle par un trait d'esprit, sous les rires moqueurs de Harry et Ron.

Pour la née-moldue, c'était scandaleux. Comment pouvait-on réduire de petites créatures comme les elfes de maison à l'esclavage, les torturer, les tuer et faire de leurs corps ou de leurs têtes des objets d'ornementation, retirer le pain de la bouche de quelqu'un, le laisser mourir dans sa misère ou s'en prendre à des enfants ? Comment pouvait-on être égoïste face à tant de misère, établir un système de caste, accorder des privilèges à une minorité, promouvoir les relations consanguines, les mariages arrangés, ne rien faire contre l'injustice, la corruption et les inégalités ? Tout comme Sheldon, Hermione s'était investie en collectant des vêtements, en faisant des dons, en apportant de la nourriture et des couvertures à des sans-abris, en rendant visite à des enfants dans des hôpitaux, en s'opposant aux forces du Mal. Seulement, la société sorcière était plus obscurantiste, en retard, que celles des moldus. Elle s'en prenait aux gobelins, aux êtres de l'eau, aux lycans, à certains vampires et aux centaures par racisme et peur. L'argent, les biens matériels, les honneurs, elle s'en fichait. C'était ce qu'elle appréciait chez les Weasley : leur ouverture d'esprit, leur Amour, leur conscience sociale, leur générosité, leur humilité et leur conception de l'honneur. Pour améliorer la société, il fallait des individus compétents et altruistes au pouvoir, pour faire en sorte de responsabiliser les gens et les éduquer.

La sorcière ne faisait pas que parler : elle agissait. Elle se méfiait des beaux parleurs, des promesses, des sourires et des faux-semblants. Lorsque vous étiez l'Indésirable numéro 2 et une née-moldue, vous ne pouviez pas trop vous fier à ceux qui découvraient les notions de démocratie et de libertés, qui excitaient la haine et la violence, qui surfaient sur le populisme et la démagogie pour faire valoir des intérêts personnels. Elle ne se fiait pas aux policitiens, à ceux qui recherchaient le pouvoir, à ceux qui prétendaient avoir changé. Elle ne croyait rien ni personne sans preuve. Cela valait mieux que de se faire berner. Il était préférable de réfléchir, de peser le pour et le contre, avoir plusieurs avis que de tout prendre pour argent-comptant. Elle ne le connaissait pas encore, mais la jeune femme aurait voulu voir Sheldon s'investir pour sauver les jeunes, l'entendre lui parler de sa vie et des raisons qui le poussaient à se battre pour défendre la liberté et ce en quoi il croyait, lui qui n'avait connu que "l'école de la rue". Il était une "vraie personne", un citoyen lambda ayant encore un soucis pour les convenances, lui qui comprendrait ce que cela faisait d'être persécuté, rabaissé, humilié, que la haine répondant à la haine ne permettrait pas de rapprocher les gens ou d'en faire des individus meilleurs.

Certes, elle avait répondu à une invitation en prévision d'une alliance, mais elle tenait à rencontrer d'autres personnes, à les observer en action, à jauger leurs valeurs et leurs méthodes. On avait beau avoir son histoire, ses opinions politiques, un intérêt ou non pour la religion, pour les études ou d'autres formes de pensée, ce que certains ne comprenaient pas c'étaient l'importance des valeurs, des convenances et du tact dans les rapports humains, que pour convaincre et rassembler il faudrait agir avec intelligence, sagesse et diplomatie. Chaque civilisation possédait ses propres valeurs, son système judiciaire, ses traditions, ses tabous, défendait ses propres intérêts. Comprendre cela, saisir la manière de discuter avec eux, de leur montrer du respect ou d'instaurer les bases d'une coopération, exigeait autre chose que ce que Benjamin Mulciber lui avait montré. Former des alliances, des pactes commerciaux, ce n'était pas menacer les autres de l'usage de la force ou leur montrer un masque de fermeté. On ne gagnait rien avec la violence et la fermeté sinon plus de violence et de fermeté. La plupart du temps, il fallait négocier, montrer du respect, même si c'était difficile, sinon on n'obtenait rien. Parfois, il fallait plier le genou, cesser de porter des jugements de valeurs et rabaisser sa fierté pour avancer. Mener une guerre, cela exigeait bien plus qu'un guerrier.

En sortant de la salle d'état-major, nul n'aurait pu parier sur l'issue de sa conversation. Elle n'avait pas hurlé, lui non plus. Elle ne lui avait pas cassé de chaise sur la tête ni mit son poing dans la figure. Ronald n'aurait pas fait le déplacement et s'il l'avait fait, Hermione savait qu'il se serait montré incapable de maîtriser ses nerfs. Benjamin ne lui avait pas fait grande impression, mais les choses évoluèrent lorsqu'il se livra un peu plus à propos de Natasha Radeskine. "Je n'ai pas pu la sauver elle, mais eux, je peux essayer. C'est ma croix. Le châtiment qui correspond à la honte d'avoir fait partie des bourreaux, et d'en avoir été fier." Et cela, elle voulait bien le croire. "Mais ce n'est pas pour ça que je vais me mettre à faire de beaux discours plein de morale, de justice, ce que vous voulez. Parce que les mots, c'est du vent, dans mon cas. Si vous dites « tuer c'est mal » alors que vous avez tué vous aussi, on vous rira au nez. Si vous empêchez les gens de tuer, on vous prendra un peu plus au sérieux". Et il croyait quoi, qu'elle ne se battait pas depuis ses onze ans pour empêcher les gens de mourir ? Il n'avait pas l'apanage de la résistance ni de la souffrance. Tuer pour se défendre lors d'un conflit armé était une chose. Elle l'avait déjà fait. Les crimes de guerre cela existait aussi. Les mots n'étaient pas du vent comme il semblait le croire. "Ils pouvaient blesser ou rassurer, apporter du réconfort et de l'espoir". Mais cela, il ne le comprenait pas. Des beaux discours, il en faisait lui aussi. Selon elle, s'il agissait plus avec les compétences d'un chef peut-être le prendrait-on plus au sérieux.

« Vous restez manger, miss Granger ? Les gars ont fini, et j'ai du rab.  »

Sheldon Ferguson ignorait si leur conversation avait évolué au-delà du stade du simple rapport de force et du mépris, s'il faudrait en retirer quelque-chose d'important. La Miss avait essayé de dialoguer aussi longtemps que ne le permettrait sa dignité et sa patience. Benjamin et Ron, s'ils n'étaient pas aussi bornés, pourraient si bien s'entendre ! Ils lui donnaient tout deux envie de "mordre la vie à pleine dent". Hermione, elle, était venue pour découvrir la Vague, pour en apprendre plus sur eux, sur leurs dirigeants, pour savoir pourquoi elle devrait participer à l'opération Reconquista et à cette idée de république qui lui semblait prématurée, mais pas une mauvaise idée en soit. Elle se fichait pas mal de l'opinion de Ben à son sujet qui ne se basait que sur du vent et de la médisance. Elle ne le craignait pas. Mais puisque cela semblait réciproque, elle avait préféré changer d'approche. Haussant les sourcils de stupéfaction, Hermione s'apprêtait à remettre son capuchon et à se désillusionner lorsqu'elle fut interpellée par un homme d'âge mur, bien bâti, charismatique, lui proposant un déjeuner en sa compagnie. Voilà bien le premier acte d'amitié et de générosité, désintéressé semblait-il, qu'on lui manifestait depuis son arrivée. L'air un peu déboussolé et pensive, elle ne su pas quoi répondre tout de suite. En apparence gentille et posée, elle s'était dit que plus vite elle partirait et moins on lui reprocherait sa présence.

"- Oh euuh...", fit-elle en roulant un peu les yeux d'un air surpris et un peu gêné. "Je... eh bien... si vous insistez... Je ne voudrais pas déranger. C'est très gentil et généreux de votre part, Monsieur ?", conclût-elle en lui demandant son prénom avec politesse.

Même si elle venait d'accepter cette invitation, la résistante aurait payée son repas, si elle l'avait pu, pour ne pas faire d'histoire. C'était ainsi lorsque l'on manquait de confiance en soi. Hermione avait eu jusqu'ici l'impression de ne pas être la bienvenue et cela ne l'avait ni inciter au dialogue ni à rester pour discuter avec les autres. Être rejetée, elle connaissait. Cela avait commencé à l'école parce qu'elle était différente des autres, plus intelligente et mature. A Poudlard, on avait pas voulu d'elle parce qu'elle intimidait par son génie et son autoritarisme, parce qu'elle était une "sang-de-bourbe" préférant les livres au contact humain. On lui en avait voulu d'avoir été la meilleure-amie d'Harry Potter, d'être le chouchou du professeur Macgonagall, de réussir et de ne pas être une femme comme les autres. On ne lui passait rien. On exigeait beaucoup d'elle, mais pas autant que le traitement qu'elle s'infligeait pour être au niveau. Des gens qui avaient abusés de sa gentillesse et de sa générosité, de son envie de se faire des amis, elle en connut beaucoup. Et pourtant, au lieu de basculer dans la délinquance, le chagrin, la magie noire, elle avait démontré son courage, sa détermination et sa volonté de se battre contre une vie qui ne voulait pas d'elle. Harry et Ron avaient fait bien plus que de la sauver de ce troll des montagnes. Il lui avait offert une vie qu'elle ne possédait plus.

Apprécier les gens c'étaient aller au-delà des apparences, discuter, faire connaissance pour se trouver des points-communs ou des intérêts particuliers. On ne pouvait pas plaire à tout le monde, mais Hermione savait qu'en dehors des Weasley voire peut-être du professeur Macgonagall, personne ne la connaissait, hormis de réputation. Peut-être cela valait-il mieux ainsi, surtout lorsque l'on était activement recherchée et votre tête mise à prix. Faire connaissance, s'attacher aux gens puis les voir disparaître, cela faisait mal. Cela finissait par agir sur vous comme un détraqueur se nourrissant de vos souvenirs les plus heureux. Pourtant, c'était aussi ce qui faisait que la vie méritait d'être vécue. Avoir des amis, une famille, faire des projets et s'aimer valaient mieux qu'une vie solitaire vouée à la haine. Comme le Capitaine Achab, les résistants ne devaient jamais oubliés que la haine et la soif de vengeance, sans discernement, conduisaient à l'échec et à la mort. Il fallait se montrer plus malin que la baleine. En entrant dans cette cantine, Miss Granger pensait qu'elle imposerait un silence pesant, qu'on lui manifesterait du mépris, qu'elle lirait un jugement dans le regard des autres qui oubliaient ce qu'elle avait accompli au péril de sa vie. Elle ne savait pas que cet homme s'inquiétait pour l'issue de leur rencontre ni qu'il l'admirait pour son courage.

Si son intention était de s'en prendre à elle de manière différente, pour tenter de semer le trouble dans ses valeurs, elle serait vite fixée. Jamais elle ne tolérait certaines actions, ce qui ne voulait pas dire que le plan sur lequel elle travaillait depuis un sacré bout de temps n'était pas ambitieux et surtout dénué de certains scrupules dans certaines conditions. Kidnapper des enfants en échange d'une rançon, manipuler des gens pour qu'ils se sacrifient à votre cause, faire exploser des bombes dans des lieux publics sans intérêt stratégique étaient hors de question. Si la fin ne justifiait pas toujours les moyens, certaines de ses idées étaient sournoises, brillantes, car elle estimait que la ruse pouvait être plus payante que des opérations de grandes envergures. Mais en dépit de cette guerre qui montrait ce qu'il y avait de pire au sein de l'humanité, elle voulait défendre ce qu'il y avait de meilleur, sans oublier qu'il existait sur cette Terre des choses merveilleuses, une planète regorgant de vie, qu'aucun être humain ou sorcier ne saurait rivaliser avec la Nature, avec la volonté des peuples d'aspirer à la Liberté. Oui, le rêve, l'idéalisme pouvait être un moteur formidable. Hermione possédait un coeur énorme. Elle luttait à sa façon contre le Mal qui tentait de la ronger de l'intérieur, en préservant son âme, en puisant des émotions positives partout où elle le pouvait, en luttant contre ceux qui tentaient de la réduire au silence. Elle songeait au rêve de Merlin, aux chevaliers de la table ronde et au St-Graal.

Pour Sheldon, elle serait peut-être une idiote ou une illuminée. Pourtant, elle savait que cet idéal parlait aux sorciers, avant la chute du Ministère. Car il ne fallait pas oublier que les "sang-purs" représentaient une minorité au pouvoir, moins de dix pour cent. Cela faisait plus de dix ans qu'elle vivait avec une pression énorme sur les épaules, avec le poids du monde. Grâce à son amabilité, Hermione suivit Monsieur Ferguson jusqu'aux cuisines qui fonctionnaient comme un self-service. Elle remarqua que le Haggis, plat traditionnel Ecossais, était au menu, ce qui lui décrocha un grand sourire. Il existait de nombreuses recettes, mais il se composait en général d'abats de mouton, d'oignon, d'avoine, de graisse de rognon de mouton, d'épices et de sel. Le plat était accompagné de purée de pommes de terre et de rutabaga. Elle n'en avait jamais mangé alors qu'elle avait étudié durant six ans à Poudlard. Par curiosité et par respect, elle demanda :

"Oh vous servez du haggis ? C'est formidable ! Je n'en ai jamais mangé. C'est vous qui l'avez préparé ?", lui demanda-t-elle avec un sourire intrigué, mais sincère.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 07/05/1993
Âge du joueur : 25
Arrivé sur Poudnoir : 13/04/2014
Parchemins postés : 390



Pensine
Mon casier judiciaire est: sur le bureau de Crow
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 11PV
Sheldon H. Ferguson


MessageSujet: Re: Loneliness is unfair || Hermione Lun 4 Aoû - 17:09

Pourquoi s'intéresser à Hermione Granger ? Après tout Sheldon n'était même pas officiellement de la Vague – d'ailleurs si on lui avait demandé, il n'était pas exactement sur qu'il aurait répondu qu'il en était, même s'il soutenait Benjamin : mais c'était principalement par amitié. Ferguson ne se considérait pas comme sorcier et appartenir à un groupe résolument sorcier ne pouvait réellement lui correspondre, lui, qui s'il assumait d'être né-moldu, préférait de loin se voir comme un moldu. Tout simplement parce qu'il avait choisi cette vie là. Peu importait, pour en revenir à la Vague, il aurait pu se ficher éperdument de savoir si l'Ordre du Phénix et la Vague allaient s'allier ou non. Mais non. Il ne s'en fichait pas. Il fallait qu'ils s'allient, quitte à renoncer à la République ( certainement pas à Glasgow, en revanche, car ça, dans l'esprit de Ferguson, c'était impossible, et il ne faudrait pas compter sur lui sans l'Opération Reconquista)...et ça lui coutait de dire ça. Car Sheldon Ferguson restait un républicain farouche, anti-royaliste à mort, anti-anglais jusqu'au bout. Pour que lui décide qu'on pouvait renoncer à la République, il fallait vraiment qu'il y aie un intérêt supérieur au-dessus, et il croyait réellement qu'il y en avait un. Unis, ils fallaient qu'ils le soient. Passer trop de temps à se faire la guerre entre eux serait inutile. On faisait la guerre avec les alliés qu'on avait, point. Surtout quand ceux ci étaient courageux et droits. Courageuse, une qualité qu'il ne pouvait nier à Hermione Granger. Elle avait réussi à faire ce qu'il n'avait pas fait : se battre et trouver une place dans un monde qui a priori lui était hostile...peut-être moins hostile qu'il ne l'avait été à Sheldon. Il ne savait pas.

Il n'avait été lâche qu'une fois dans sa vie, en partant de Poudlard, mais était-ce vraiment de la lâcheté ? Il n'avait cessé de lutter depuis, en choisissant sa vie. Il n'en était pas fier et pas spécialement heureux, il avait choisi, c'était tout. Oui, Sheldon s'était décidé à revenir au monde des moldus, un monde où il avait trouvé sa place. Où il se battait et où jamais, à défaut d'être le plus grands des héros, il n'avait été lâche. Héroique, non, à contre courant du monde, oui, et il luttait depuis trop longtemps pour ne pas le savoir. Ce monde ci était cruel : il était dur, mais il n'était jamais cruel, lui. Le monde était une saleté qui désignait ses ennemis, qui classifiait en blanc et noir. Si Sheldon appréciait Ben, c'était sans doute pour ces fois où il hochait la tête avec tristesse et qu'il commentait : « Le monde est en lutte comme des chats dans un sac. ». Oui, il y avait de ça. On désignait les bons et les mauvais, et on exterminait les mauvais. Au nom de la Sécurité, ou de l'Insécurité. L'Insécurité devait être le mot pour décrire le monde moderne. De l'Insécurité névrotique de Freud à celle du Kaiser, celle du Fuhrer, celle d'Eisenhower et de Staline en passant par la crainte du citoyen lambda des méchants banlieusards, des délinquants, des noirs, des arabes, des autres, pour arriver tout droit à celle des mangemorts et de Voldemort – les ennemis rôdaient.

Ils allaient fracturer les voitures, cambrioler les maisons des honnêtes gens, molester les enfants, vouer les gens aux feux de l'enfer, les assassiner pour se procurer de l'argent de leurs drogues, les forcer à se tourner vers La Mecque, corrompre le sang des gens, détruire la sorcellerie, remettre en cause la supériorité non prouvée, au passage, des gens, détruire leur sécurité. Sheldon Ferguson, sans bien savoir pourquoi – enfin si, il était écossais, il venait de Glasgow, il parlait vulgairement et il venait d'un sale quartier de chômeurs et d'assistés, sans parler du fait qu'il n'était pas sorcier – s'était vu relégué lui aussi au rang d'ennemi. Comme Hermione Granger, comme Ben Mulciber, comme les gamins qu'il s'acharnait à sauver, à qui il essayait de donner un but, malgré tout. On lui avait enseigné à être fort, à mépriser la faiblesse, à faire la loi avec un gang, mais lui regardait toute sa ville, et quelque part, tout son pays, tout son monde, avec une grande tristesse, et lui qui était fort et savait se débrouiller aurait aimé pouvoir faire quelque chose pour les gosses qu'il croisait dans les rues, et qui erraient sans but, pour que tous ceux qui erraient ne soient pas perdus. Il se souvenait de ce qu'avait été Glasgow. Une ville ouvrière mais fière. Maintenant des gamins se tuaient le dos à travailler, s'ils travaillaient, à décharger des ballots, balayer des cours, gâcher du mortier, ou surveiller des parkings sur lesquels se garaient des quatre-quatre d'où sortaient en braillant des téléphones portables des hommes à peine plus âgés qu'eux , plus malins qu'eux, et qu'ils méprisaient de tout leur cœur. Sheldon avait été ce gamin et comme eux il avait été dégoûté par ça.

Il se souvenait d'un temps où les choses avaient un sens, où les maisons étaient bien tenues, où on n'avait pas beaucoup d'argent mais pas beaucoup de choses à acheter non plus, et où un petit garçon comme lui pouvait regarder son grand-père avec admiration parce qu'il avait été le meilleur charpentier du chantier naval ou le meilleur fondeur des haut-fourneaux. Il avait vu la défaite et l'humiliation de ses parents et grands-parents, des gens modestes mais fiers – quand bien même Edgar était un sale con – qui avaient plongé dans la misère et qui surtout avaient perdu leur fierté. Les gosses tuaient pour survivre, ils dealaient pour survivre, pour essayer de s'adapter à ce système qui ne voulait pas d'eux, pour redonner du sens à une existence où « réussir » ne voulait plus rien dire et n'était pas un verbe pour eux. Sheldon aussi se battait pour redonner un sens à tout ça. Pour montrer à ces jeunes qu'il y avait une autre voie, peut-être : il s'était battu avec eux, pour eux. Il leur avait donné un idéal, un style, une vie – sans attendre rien d'eux qu'ils ne finissent pas comme lui. Il les avait forcé à lire et à apprendre, lui qui pourtant méprisait le système scolaire. Lui qui n'avait du lire dans sa vie que Robert Bruce et Walter Scott leur avait appris l'histoire de leur pays et la déclaration d'Arbroath pour qu'ils se souviennent que ni les anglais, ni les riches, ni personne, ne pouvaient les contraindre à renoncer à leur liberté, qu'ils devaient se battre pour ça. Il songeait avec férocité que s'ils y arrivaient, il aurait réussi et que eux aussi réussirait.

C'était un homme simple et il apprenait avec eux. Il y avait peut-être une chose qui lui avait échappé, sans doute parce qu'il n'avait lu Orwell, mais sans doute Sheldon Ferguson avait-il dans son caractère cette notion de common decency, cette haute vertu plus répandue dans le peuple que dans la haute société, très rare chez les intellectuels, qui est un composé d'honnêteté et de bon sens, de méfiance à l'égard des grands mots et de respect de la parole donnée, d'appréciation réaliste du réel et d'attention à autrui. Voilà peut-être pourquoi Sheldon ne passait pas sa vie à philosopher, qu'il pouvait être vulgaire, qu'il ne se posait pas de grandes questions, mais qu'importe si on était ou non d'accord avec lui, même si on était anglais, pourtant une sale engeance, voilà oui, pourquoi il aidait les gens sans distinction et qu'il était toujours souriant et prêt à proposer son aide, un repas, à discuter. Autant dire que toutes les questions et hésitations d'Hermione Granger à propos de ce repas furent balayer simplement, d'un air même un peu surpris par toutes ces hésitations :

« Bah...pourquoi vous me dérangeriez ? Je veux dire, y a de la nourriture, c'est bien fait pour être mangé, non ? Z'êtes pas d'accord ? » Il sourit et la laissa entrer : « Je suis Sheldon Ferguson. Pouvez m'appeler Sheldy ou Fergie – enfin tant que vous ne me confondez pas avec cette fille de ce groupe de techno qu'écoutent mes gosses, quoi, hein ! »

Paroles prononcées de manière brute, mais pas méchante. Ferguson parlait comme ça, avec ce redoutable accent à couper au couteau. Il sourit à la seconde remarque d'Hermione, tout en servant le plat :

« Ouep – c'est la spécialité nationale de mon pays, alors la moindre des choses vu qu'on m'a confié la cuisine, c'est que je le fasse partager : cela dit, vous noterez, ça a un succès mitigé. Pourtant c'est pas immonde... »
Il sourit avec bonne humeur : « Me souviens pas non plus en avoir mangé à Poudlard, mais faut dire, j'y suis resté que quatre fichues années, alors je peux pas donner un vrai avis. »

Il n'aimait pas non plus parler de Poudlard et se contenta de servir ensuite le haggis sans rien dire. Il commenta après un certain silence :

« C'est bien que vous soyez venue. Ca nous permet de prendre du plomb dans la tête, à nous autres têtes brulées. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 19/09/1987
Âge du joueur : 30
Arrivé sur Poudnoir : 24/05/2014
Parchemins postés : 474



Pensine
Mon casier judiciaire est: sur le bureau de Crow
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 12PV
Hermione Granger Origins


MessageSujet: Re: Loneliness is unfair || Hermione Jeu 21 Aoû - 8:34

"La générosité croit toujours devoir ce qu'elle donne" - Anne Sophie Swetchine

L'entretien avec Benjamin s'était mal passé. Hermione avait réussi - on ne sait trop comment - à le convaincre de mettre de côté la proclamation de la République en prévision d'une alliance, mais surtout parce que la résistante avait surement employé les mots justes. Elle estimait qu'un tel acte pousserait l'Intendance à attaquer leur crédibilité, à les faire passer pour plus faibles et pour des ambitieux. Outre cet aspect là, il existait d'autres facteurs à prendre en considération : une république risquait de relancer des combats politiques, de la corruption, des coups tordus et leur donner mauvaise image. Sans le soutien du peuple, il n'était surement pas question d'organiser des élections ni de revendiquer une quelconque légitimité par rapport à l'Intendance. La république apparaîtrait faible, elle risquait de se compromettre en faisant de leurs représentants à la fois des hommes d'état et des soldats bénéficiant d'une justice d'exception dans un pays censé garantir l'état de droit. Elle finirait par se montrer incapable de gérer certains problèmes, leurs titres passeraient mal aux yeux des réfugiés et de ceux qui espéraient autre chose de la résistance. Et puis, il y avait l'aspect militaire : sans le soutien de la population, sans alliés ni armée forte, basculer d'une guérilla à une guerre conventionnelle si tôt serait une énorme erreur.

Pour l'instant, Miss Granger était sorti de l'état-major de la Vague avec l'esprit ailleurs et le visage fermé. Qui pourrait dire si tout s'était déroulé pour le mieux ? En fait, l'espoir était mince et la née-moldue regrettait que les prémices d'un rapprochement aient été compromis par la faute d'un seul homme, par celui d'un dirigeant qui ne semblait pas saisir qu'en la traitant comme la dernière des dernières, il ne ferait que se dévaloriser et se mettre à dos une résistante qui aurait méritée mieux que des insultes et des insinuations. Pour elle, le moment n'était pas encore venu de prendre une décision, mais d'y réfléchir, même si sa décision semblait déjà prise, si elle ruminait de bien vilaines choses et si sa déception était grande. Par fierté, elle avait refusé de se rabaisser à cette mascarade qui lui avait laissé un gout amer dans la bouche. Elle ne s'était pas battu depuis ses onze ans pour se faire insulter de la sorte par un minable qui croyait que tout lui était du, qui décidait de tout seul, sans porter aucune considération à des gens comme elle et qui en même temps espérait la convaincre de rallier ses forces aux siennes. Et bien non. Si cette alliance devait naître, il faudrait qu'il y ait surtout une confiance, une cohésion, une égalité et une considération dans leurs rangs. C'était à eux - les dirigeants - à faire en sorte que cela fonctionne, mais aussi aux autres.

Ronald pouvait bien prétendre n'avoir aucune confiance en lui, sa compagne se fichait pas mal de son avis comme de sa dernière chemise ; elle qui considérait l'opinion de Kingsley avec nettement plus de considération. Et qu'importe si la née-moldue donnait l'image de quelqu'un qui passait outre l'autorité d'un dirigeant qui avait abusé de leur confiance et qui n'en avait pas foutu une en l'espace de deux ans. Sans Hermione pour maintenir le navire à flot, pour remettre de l'ordre dans une organisation qui avait presque périclité, pour remotiver les troupes et leur redonner un but et se prendre les insultes à sa place, personne n'aurait pu le sauver. Seulement, les résultats étaient là : L'Ordre restait une force importante sur laquelle on devait compter, mais il était temps pour eux de revenir sur la scène internationale, d'augmenter leurs activités, de multiplier les missions de coopération avec la Vague afin de créer les conditions favorables à une alliance. Il fallait parvenir à s'entendre, à mettre de côté les divisions, à donner à tous l'envie d'y croire et de réclamer cette unité dans l'honneur, l'équité et la considération entre tous les mouvements voulant adhérer à cette confédération.

Pourquoi Monsieur Ferguson s'intéressait-il à Hermione ? Elle n'aurait pas su quoi répondre, surtout après l'entretien qu'elle venait d'avoir et qui l'avait plongé dans un étrange mal être. Elle ne voulait pas le montrer. Toutes ces années de souffrance pour avoir le sentiment de n'être toujours qu'une moins que rien ou quelqu'un qui ne méritait pas de vivre... La née-moldue ne connaissait pas cet homme qui lui semblait d'origine Ecossaise de par son patronyme et son accent. Des gens courageux ces Ecossais... Seulement, elle avait été perturbée à l'idée de s'être vu proposer un repas sans une once de reproche ni de haine dans le regard qu'elle eut un peu de mal à lui répondre sans éprouver de la honte. Ca n'était pas tous les jours que vous pouviez entretenir une relation civilisée avec quelqu'un, que vous pouviez partager avec lui un repas et une conversation sans avoir le sentiment de ne pas être à votre place ou avec le besoin de vous tenir sur le qui-vive. Elle était pour le régime l'Indésirable numéro 2, une insulte et la preuve vivante de l'inanité des préceptes de Salazar Serpentard. Elle était avec Ron la seule à connaître les secrets de Jedusor, son passé et sa pire crainte. Grâce à leur trio et à l'aide reçue, ils étaient parvenus à accomplir des exploits, à ôter à leur pire ennemi son immortalité et cela méritait le respect.

Si Hermione était un symbole pour les nés-moldus, elle en était une aussi pour la résistance, une valeur sûre, un génie de l'ombre qui essayait par tous les moyens de se rendre utile, à se battre pour des valeurs et une cause supérieure, pour des gens qu'elle ne connaissait pas, mais qui souffraient, se lamentaient ou mourraient pour n'avoir commis aucun autre crime que celui d'être nés différents et d'avoir dérangés les puissants. Il n'y avait ni héros, ni dieu ici. Juste des gens courageux. Oh oui, la rancune, la colère et la frustration étaient puissantes chez Miss Granger, dans une teneur encore insoupçonnée. Et elle n'en voulait pas qu'à Benjamin, oh ça non. Mais il fallait se méfier de cela, car elle s'avérait un plus grand danger encore lorsqu'elle était fâchée ou en furie, car à l'image des dragons, c'étaient les femelles qui étaient les plus dangereuses, surtout lorsqu'elles défendaient leur progéniture et hélas beaucoup l'avaient appris à leur dépend, en s'en prenant à elle où à ses proches. Alors oui, pour ne pas faire d'histoire, elle avait cru qu'il valait mieux s'en aller au plus vite, car elle n'aurait pas supporter de se faire prendre à parti dans le mess de cette caserne.

Hermione était une anti puriste convaincue et une royaliste. Bien-sûr, l'assassinat de la famille royale faisait les affaires de l'Intendance dans le sens où cela avait ravivé les pensées indépendantistes surtout en Ecosse et en Irlande. Pourtant, elle croyait à l'unité, au Royaume-Uni, même s'ils devaient fonder une république, si la guerre venait à être gagnée. Ensemble, ils étaient plus forts, mais l'heure n'était pas à ce genre de considérations politiques. Etrangement, elle inspirait à Monsieur Ferguson du respect et de l'admiration alors qu'elle était anglaise. Comme lui, elle pensait que passer trop de temps à se faire la guerre porterait préjudice à la résistance, mais hélas, si les choses étaient parfois si simples, certains trouvaient toujours le moyen de rendre les choses plus compliquées. Oui, elle s'était battu toute sa vie pour avoir le droit d'exister et de se faire une place dans la société, mais loin d'être égoïste, elle s'était toujours battu pour défendre les plus faibles et de nobles causes, sans jamais penser en premier lieu à ses ambitions personnelles. L'important était pour elle de négocier une alliance dans l'honneur, avec l'assurance qu'ils auraient un rôle à jouer.

Courageuse et droite, elle l'était, mais elle n'avait pas les moyens de convaincre Benjamin et Ronald de faire un pas l'un vers l'autre. Elle se doutait que si elle n'avait pas fait le déplacement à sa place, il y aurait eu une bagarre et peut-être un mort, mais Hermione n'avait pas dit son dernier mot. Renoncer à la république jusqu'à la victoire finale était une décision sage, tout comme trouver quelqu'un qui serait capable de discuter avec elle de manière civilisée, de lui faire voir ce qu'était la Vague, mais il était évident que personne au sein de l'Ordre n'accepterait de suivre un chef qui se souciait pas mal de vos hommes, qui n'avait que faire de vous, à moins que cela n'ait eu un avantage quelconque. Si une alliance revenait à être reléguée dans une voie de garage, à tomber dans un piège et à obéir à un individu qui se comporterait comme vos ennemis, en utilisant les méthodes plus viles pour que vous la boucliez, sans le moindre scrupule, y compris pour que vous obéissiez, ils ne feraient que frayer avec le despotisme. Et tant qu'elle n'obtiendrait pas satisfaction, elle ne changerait pas d'avis.

Sans doute y avait-il des individus au sein de la Vague et de l'Ordre qui attendaient avec intérêt de savoir si quelque-chose de positif ressortirait de cette rencontre. Mais croyez-bien qu'Hermione refuserait de se rabaisser à une humiliation ou à faire le jeu de son interlocuteur si cela consistait à perdre toute crédibilité. Elle savait qui elle était, quelles étaient ses convictions, qui étaient ses alliés et ses ennemis, ce qu'elle pensait devoir faire. Si elle songeait à l'intérêt général, il y avait malheureusement des choses incontrôlables, des difficultés à surmonter pour rendre certaines choses possibles. Elle n'avait pas démérité, mais elle avait refusé d'entrer dans un jeu perfide consistant à éluder des questions essentielles, pour ne retenir finalement que le mauvais. Non, Benjamin ne semblait pas honnête ni capable de rassembler et elle avait toujours son honneur. Le sentiment d'anéantissement et de profonde déception qu'elle ressentait fut rattrapé par ce geste anodin, généreux et d'allure sympathique de la part d'un homme dégageant un certain charisme.

Ne se sentant pas à son aise, elle avait hésité entre un refus poli et une acceptation. Voilà que son manque de confiance venait de resurgir en la poussant à croire qu'elle ne ferait que créer des problèmes. Elle s'était senti obligée de payer son repas afin qu'on lui fasse pas le reproche d'ôter la nourriture de la bouche de gens plus méritants. Cette attitude consistait à souffrir d'un manque constant de confiance en soi et d'un sentiment d"infériorité. Hélas, il y avait aussi cette phobie sociale, cette intelligence et ce caractère qui l'isolait des autres et la rendait incomprise, en plus de lui pourrir la vie. Oui, sans doute possédait-elle aussi cette notion de common decency d'une certaine manière, même si son cerveau était en permanence en train de philosopher, de réfléchir et de tout analyser sous le regard éclairé de la pensée critique. Elle aidait les gens et pensait d'abord à eux à cause de sa conscience sociale, de ses valeurs, de sa grande empathie et compassion à l'égard de son prochain. Ce n'était pas parce que ses parents étaient dentistes et des gens assez aisés qu'elle n'imaginait pas la misère et les difficultés qui pouvaient régner ailleurs. On ne passait pas dix années à vivre comme un SDF et un criminel en cavale sans avoir conscience de la dure réalité.

Bien-sûr, Sheldon manifesta de la surprise face aux questions et aux hésitations d'Hermione. Pour lui, tout cela était normal et ce repas avait été offert de bon coeur, sans arrière-pensée. Il n'imaginait pas pourquoi elle pouvait se montrer si prudente en dépit de la force de caractère et du courage qu'elle venait de manifester pour défendre à la fois sa position, son honneur et celui de ses partisans. Il n'avait pas idée de son caractère, de ses défauts et complexes qui faisaient de sa vie un enfer. Et puis qu'espérait-elle faire une fois rentrer au quartier-général ? Retrouver un type qui ne la méritait pas ou pleurer dans sa chambre, à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes ? Pour qu'ensuite elle ait à s'expliquer ? Et bien puisqu'on lui proposait l'hospitalité, voilà une occasion de rencontrer un membre de la Vague, de se faire une connaissance et qui sait y trouver un peu de réconfort sans y aller trop fort sur les confidences ?

« Bah...pourquoi vous me dérangeriez ? Je veux dire, y a de la nourriture, c'est bien fait pour être mangé, non ? Z'êtes pas d'accord ? » Il sourit et la laissa entrer : « Je suis Sheldon Ferguson. Pouvez m'appeler Sheldy ou Fergie – enfin tant que vous ne me confondez pas avec cette fille de ce groupe de techno qu'écoutent mes gosses, quoi, hein ! » ,fit Sheldon de manière brute, mais sans méchanceté.

Hermione lui offrit un sourire un peu timide, teinté d'amusement. Elle apprécia son geste et sa façon de voir les choses. Oui, la nourriture était faite pour être mangée, mais ce n'était tout de même pas une raison de rentrer dans les cuisines comme un malpropre pour s'empiffrer comme un certain rouquin de sa connaissance ! Quel gourmand celui-là ! Croyez-le ou non, mais un jour elle l'avait vu engloutir un plat entier de saucisses ! Parfaitement !

**De la techno ? Quoi cette "musique" de presse hydraulique ?**

Elle en haussa les sourcils de perplexité et d'étonnement. Eh bien, oui, quoi ? Elle n'y connaissait rien en techno et en dehors de certains types de musique, la plupart de ses compositeurs favoris étaient morts et enterrés depuis belle lurette, alors ! Quoi ? Comment ça elle était ringarde ? Vous imagineriez Hermione écoutant les Spice Girls ou du heavy métal ? Oui, bon d'accord, elle s'était bien amusée au bal des trois sorciers et avec les Bizarr'Sisters, mais enfin, tout de même !

"- Oh vous servez du haggis ? C'est formidable ! Je n'en ai jamais mangé. C'est vous qui l'avez préparé ?", lui demanda-t-elle avec un sourire intrigué, mais sincère.

Sheldon lui sourit à nouveau en lui servant son plat et en lui préparant ses couverts.

« Ouep – c'est la spécialité nationale de mon pays, alors la moindre des choses vu qu'on m'a confié la cuisine, c'est que je le fasse partager : cela dit, vous noterez, ça a un succès mitigé. Pourtant c'est pas immonde... » Il sourit avec bonne humeur : « Me souviens pas non plus en avoir mangé à Poudlard, mais faut dire, j'y suis resté que quatre fichues années, alors je peux pas donner un vrai avis. »

Sa bonne humeur faisait plaisir à voir et elle redonnait le sourire à son invité qui trouvait l'Ecossais à la fois décontracté et amusant, en sachant qu'elle rencontrait quelqu'un qui semblait plus âgé que son père. Cette pensée provoqua en elle un pincement au coeur. Ses parents, non, elle ne devait pas y penser. Ils étaient mieux là-bas, en vie, sans savoir... sans savoir qu'ils avaient une fille. Poudlard... Voilà près de dix ans qu'elle n'y était pas retournée. Être plongée si jeune dans la guerre et les responsabilités en auraient fait fuir et renoncer plus d'un, mais elle ne regrettait pas ses actions, même si la modification de la mémoire de ses parents fut l'une des choses les plus terribles à faire. Elle ignorait que c'était Yed Yaxley qui avait été envoyé chez elle pour n'y trouver qu'une maison vide. A quoi bon repenser à cela hormis pour se faire du mal, hm ? Qui se souciait de ce qu'elle pouvait bien ressentir de toute façon ?

Un certain silence s'installa. Hermione avait pris place à une table après y avoir été invité. Le plat sentait très bon et semblait appétissant. Que l'on aime ou pas, il n'était pas question de faire la fine bouche, surtout lorsque l'on ne pouvait pas toujours réaliser ce plat de fête et il était hors propos de songer un seul instant à insulter un homme qui lui avait manifesté un peu de chaleur humaine sans rien attendre d'autre en retour que de discuter avec elle et faire sa connaissance. Une rencontre tout à fait rafraîchissante et tellement rare de nos jours. Mais si Fergie n'appréciait pas trop de parler de Poudlard, son interlocutrice, elle, préférait ne pas songer à ce qu'elle y avait vécu ni qu'il s'agissait de l'endroit où elle y avait perdu deux des hommes les plus importants de sa vie : Dumbledore et Harry.

Il sourit à la seconde remarque d'Hermione, tout en servant le plat :

« C'est bien que vous soyez venue. Ca nous permet de prendre du plomb dans la tête, à nous autres têtes brulées. »

Des têtes brûlées ? Oh elle en était une aussi à sa manière, même si d'ordinaire elle réfléchissait avant d'agir. Cela étant, la guerre l'avait poussé à se dépasser, à affûter ses réflexes et à foncer dans le tas en improvisant comme ce fut le cas lors du casse de Gringotts ou lors de l'infiltration du Ministère. Son rôle au sein du trio ne consistait pas uniquement à servir de "cerveau", mais aussi de fédératrice, de mère-poule, d'être un peu comme la voix de la sagesse entre deux garçons devenus des hommes au caractère difficile. Alors, si en plus elle était capable de vous sortir d'une situation compliquée et de penser là où d'autres seraient pétrifiées, l'avoir de son côté devait sans doute être atout plutôt qu'un inconvénient, non ? Eh bien, si sa présence lui faisait plaisir, c'était déjà ça de gagner, car Hermione se demandait si elle n'aurait pas mieux fait d'écouter Ron et de rester bien sagement au quartier-général pour étudier.

Sa remarque l'étonna et la fit baisser un peu les yeux. Elle n'était pas certaine de leur être d'une quelconque utilité. Elle ne voulait pas non plus servir de boniche.

"- Hm... c'est vraiment délicieux !", dit-elle après avoir avalé une bouchée de Hagis.

Elle lui adressa un sourire ravi et amical avant de froncer les sourcils et d'adopter un air beaucoup plus grave. Si Sheldon pensait qu'elle était venue leur donner une leçon, disons qu'elle n'avait pas envie de se disputer avec quelqu'un d'autre. Agir sans réfléchir était une chose, mais sans réflexion, c'était prendre le risque de courir plus vite à sa perte. Et ce qu'elle avait envie de lui dire l'inquiétait.

"Je... je ne pense pas que ma présence ait été d'une quelconque utilité, je le crains", fit-elle en soupirant, en affichant un air déçu avant de reprendre une autre bouchée. Lorsqu'elle l'eut mâchée et avalée, elle reprit la parole : "Votre patron ne semble pas comprendre la différence entre parler en toute franchise et insulter les gens. Quant à son sens de la diplomatie, j'aurai eu plus de succès avec un troll...", conclût-elle en haussant les sourcils d'un air blasé et en levant les yeux au plafond, avec la bouche légèrement entre-ouverte.

Voilà qu'elle était son utilité : offrir des solutions, réfréiner les ardeurs béliqueuses afin d'empêcher que des gens ne meurent pour rien ou bêtement. Elle pensait que chacun avait son propre courage, sa propre façon de se battre, sa propre intelligence et son utilité. Certains, comme Ron, se contentait de la force brutale, sans réfléchir aux conséquences, sans anticiper. D'autres se comportaient comme de parfaits crétins. Mais elle pensait qu'en mettant leurs compétences à profit, ils seraient complémentaires, seulement, Benjamin lui avait montré qu'il s'en fichait pas mal. Quelle qu'ait pu être sa motivation, Hermione, elle, savait mettre sa bien pensance et sa psychorigidité de côté pour reconnaître les mérites des autres, pour savoir utiliser leurs compétences à bon escient. Sheldon, lui, devait en avoir.

"Hum... Je ne voulais pas vous insulter en parlant de la sorte. Vous avez été si généreux. Si c'est le cas, je vous prie de m'excuser, mais si je suis venue, c'est aussi pour rencontrer des résistants de la Vague et me faire une idée plus précise de votre manière de fonctionner, de ce que vous vous interdisez de faire en combat.", lui déclara-t-elle avec perplexité, en observant son plat ainsi que la fourchette et le couteau qu'elle avait entre les mains. "Si cela n'est pas trop indiscret, que faisiez-vous avant la guerre ? Votre femme et vos enfants sont ici eux aussi ?"

La née-moldue n'était pas ce que l'on pourrait appeler quelqu'un de très sociable. Disons, qu'elle ne savait pas trop comment s'y prendre sans avoir l'air stupide. C'était pareil lorsqu'il s'agissait de se faire des amis ou de discuter avec quelqu'un qui n'avait pas forcément les mêmes centres d'intérêt que vous. Oh, elle avait de la conversation et elle n'était pas si méchante lorsqu'on apprenait à la connaître, à aller au-delà des apparences, mais lorsque l'on n'était pas sûr de soi, que l'on redoutait de ne pas être aimé par les autres, on finissait par redouter les rapports sociaux, par se replier sur soi et finir par apprécier la compagnie d'un bon vieux livre par exemple...

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 07/05/1993
Âge du joueur : 25
Arrivé sur Poudnoir : 13/04/2014
Parchemins postés : 390



Pensine
Mon casier judiciaire est: sur le bureau de Crow
Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
Ma résistance magique est de: 11PV
Sheldon H. Ferguson


MessageSujet: Re: Loneliness is unfair || Hermione Sam 4 Oct - 19:38

Dans la vie, Sheldon Ferguson considérait qu'il n'y avait pas trente types de personnes. Il y avait les gens qui bossaient et qui voulaient vivre en paix, et il y avait les autres, ceux qui voulaient les abattre. Puis il y avait le troisième type. Lui appartenait à cette catégorie là : celles de ceux qui voulaient vivre en paix, qui n'avaient pas les moyens d'écraser les autres, qui n'étaient même pas destinés à le faire, mais qui étaient contraint d'entrer dans la lutte parce qu'ils refusaient qu'on les écrase. Jamais personne ne pourrait faire ça à Sheldon. Il ne savait pas plier. Il n'avait jamais su prendre l'habitude de fermer sa gueule. Mais il avait réussi à être autre chose. Quoi ? Bonne question. Plus qu'un dealer, pas un politique. Rien ne le destinait à ça. Il était aussi crasseux que les autres. Aussi vicieux et mal habillé que les autres. Comme eux, il appartenait à une famille sordide du quartier le plus écorché de la ville de Glasgow : la zone. Sous toutes les latitudes, on trouvait ces repaires de repris de justice, de bohémiens, et d’assassins en puissance : à Glasgow c'était cent fois pire. Il n'était qu’un petit salopard du Gorbal, graine de bandit, de maquereau, graine de conspirateur et féru de coups durs. Pas plus que les autres, il ne redoutait le mal ni le sang. Non, il l'admettait, il était un dur : Sheldon Ferguson ne cherchait pas à être quelqu'un de bien, et il se baladait avec un cran d'arrêt sur lui et un flingue. Par habitude.

Le monde était cruel et il fallait bien s'armer pour s'en défendre. C'était son monde, il ne pouvait pas y échapper. Un monde décadent et moche, plein de junkies et d'assassins, où il avait plongé, où il leur était peut-être semblable. On le disait terroriste, voire fasciste, avant même que le Secret Magique soit brisé : mais Londres aurait fait passer Amnesty International pour une organisation nazie plutôt que d'approuver un indépendantiste. Il fallait malgré tout, lui reconnaître une chose  : il n'aimait et n'avait jamais aimé que les minoritaires. Les maigres contre les gros, les pauvres contre les riches, les imparfaits face aux bien-pensants, et si erratique que semblait sa trajectoire, elle avait une cohérence qui était de s'être toujours, absolument toujours, placé de leur côté.

Ce qui n'était pas gagné au départ. Sa mère était une moins que rien, une débile qui n'avait rien trouvé de mieux que divorcer, et puis après...Il ne savait pas où elle était passée. Il n'avait pas pu retrouver sa trace. Il aurait bien aimé pourtant. Il la haissait, sa mère. Si elle savait ce que c’était qu’une mère. Rien de commun avec elle, femelle éprise, qui livra ses entrailles au plaisir en l’enfanta par erreur. Une femme n’était pas mère à cause d’un fœtus qu’elle nourrit et qu’elle met au monde. Les rats aussi savaient se reproduire. Il trainait sa haine d'elle dans les dédales de sa curieuse existence. Il ne fallait pas le laisser venir. Garce. Il fallait recourir à l’hygiène. Il fallait le tuer. Il fallait ne pas le laisser subir cette petite mort de son enfance, garce.

On possédait son père à la flatterie. Aussi vaniteux que bête, il s'engageait bénévolement à donner sa vie ou sa liberté en échange d'un mot bien placé et flatteur pour ce qu'il croyait être son honneur...son honneur était, en réalité, la came et une sorte de mafia, qu'on appelait pudiquement dans les journaux de la BBC les gangs. C'était comme ça. Il haissait le reste du monde, pourtant, tout autant qu'il méprisait. Parce qu'il pouvait la cotoyer dès qu'il allait dans le nouveau centre. Il avait devant lui le soleil atroce de richesse, cette plaque de cuivre débordante de lumière luxueuse, effrayante de puissance, pétillante, étonnamment divine.

Il haissait la richesse, celle qui n'était pas partagée. On ne pouvait pas imaginer les actes qu'il avait commis. Odieux, démoniaques, immondes, le simple fait de les entendre faisait vomir les capitalistes. Ils venaient le hanter de temps en temps, mais il se disait qu'il avait des motifs valables. Sans aucun doute parce que l'effroyable était son lot quotidien...

L'heure de la sortie sonnait. Et il s'était encore une journée passée à rien penser.Courir, payer, acheter, voler...Il avait vu des bateaux couler, sans un poing levé, sans une voix haussée. Dans cette vie, on essayait d'apprendre à ne jamais rien demander, et à surtout ne pas regarder les gens tomber...Un peu plus de sang sur les doigts et on vendait ça comme le paradis. Un peu plus de sang à cracher, mais c'était beau la vie !
Alors, voilà. Il se battait. Sans aucun mot en particulier. Il n'aimait pas parler, savait relativement mal le faire. Il ne prêtait pas attention aux paroles, juste aux actes : ainsi, la franchise de Ben Mulciber, parfois matinée d'une agressivité certaine, ne le choquait pas. Elle lui convenait, car elle faisait partie de son monde, de toute manière. Aussi il ne pouvait pas comprendre ce genre de problèmes. On venait, on se disait carte sur table ce qui n'allait pas, point.

« Vous lui avez dit ce qui ne vous plaisait pas. Je suppose qu'il a fait pareil. Vous passez votre vie à vous méfier les uns des autres, c'est ça le problème avec vous autres sorciers. On a pas le temps pour ça, mam'zelle. Et je dirais la même chose à Ben. On a pas le temps de paranoider sur le fait que chacun veut bouffer l'autre ou pas. De toute façon, c'est pas vrai. L'est pas comme ça, Benjamin. Chiant, militaire, ça oui. Jugson, il était chiant, mais juriste, croyez moi c'était pire. Mais c'était un bon. Ben essaye de prendre la relève, c'est pas facile. Fait de son mieux. On essaye tous de faire de notre mieux. C'est pas parfait. Mais on fait ce qu'on doit. L'essentiel, c'est d'avoir à s'excuser auprès de personne. L'essentiel, c'est qu'on leur montre en face qu'on va pas fermer notre gueule. Qu'on s'écrase pas devant des petits putschistes. »
Il soupira, sourit. « Je serais pas venu, vous savez, si quiconque essayait de m'imposer des trucs et des machins. Personne est là pour ça. Tout le monde veut la même chose. Comme dirait Dylan – vous aimez Bob Dylan ? Il faut aimer Dylan, croyez moi – we always feel the same, we juste saw it with different point of view. »

Il était bavard, et pas fin. Mais pas méchant. Il n'essayait pas de convaincre, il plaçait juste son point de vue, comme ça. Pour lui, ce genre de discussion était inutile. D'autant qu'il le savait, Ben n'avait rien d'un méchant homme. Pas forcèment clean, mais pas forcément clean, ça ne voulait pas dire mauvais.

Parler de lui ? Allons bon. Ferguson parlait très peu de lui. Voire jamais. Il n'avait rien à dire sur lui : il passait tellement de temps à s'occuper des autres que parler de lui même lui semblait une marque forcené d'égoisme qu'il n'aimait pas. Il sourit d'un air décontracté :

« Moi ? J'étais ennemi public. »
Il se prit à rire. « Allons, ne faites pas cette tête, je plaisante ! Plus sérieusement, j'ai fait l'armée – les Malouines – un peu de de politique, mais je me suis fait viré du parti indépendantiste que j'ai créé, depuis je bosse à Glasgow. Je fais de mon mieux pour, je sais pas...faire régner l'ordre est pas le bon mot.  Je fais pas le boulot de la police...ni celui des services sociaux. Je vis avec les gens et je me fous pas de leur existence, voilà. J'emmerde le gouvernement de Londres aussi, parce que je suis indépendantiste. Ma femme aussi, mes deux derniers enfants, Banshee et Robert aussi. Voilà voilà...c'est comme ça que j'ai atteri ici et pour ça que je veux retourner à Glasgow. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



avatar
Date de naissance du joueur : 19/09/1987
Âge du joueur : 30
Arrivé sur Poudnoir : 24/05/2014
Parchemins postés : 474



Pensine
Mon casier judiciaire est: sur le bureau de Crow
Mon niveau magique est: PA4 - Adulte Supérieur
Ma résistance magique est de: 12PV
Hermione Granger Origins


MessageSujet: Re: Loneliness is unfair || Hermione Sam 11 Oct - 17:47

"Icus certus in re incerta cernitur" (C'est dans le malheur qu'on reconnaît ses amis)

Loin de tout sectarisme, Hermione préférait ne pas mettre les gens dans des catégories. Pour elle, il n'y avait pas que les bons et les méchants, mais une multitude de nuances à travers lesquelles il n'était pas toujours facile de s'y retrouver. La guerre lui avait appris que lorsque toutes les règles disparaissaient, lorsque les changements d'allégeance étaient monnaie-courant, on ne pouvait plus se permettre d'être insouciant, de ne prendre aucune précaution, car c'était une question de survie, surtout lorsque l'on était aussi recherchée.

Xénophilus avait trahi pour revoir sa Luna, Gripsec avait rompu ses engagements, Quedver avait trahi les Potter, Rogue avait mené en bateau Voldemort. Faire confiance était devenu un luxe que l'on ne pouvait plus trop se permettre si l'on voulait avoir une chance de rester plus longtemps en vie. Mais comme Benjamin lui avait signifié - elle le savait fort bien - il existait des situations où il fallait prendre un risque et accepter de remettre sa vie entre celles de quelqu'un d'autre, sans réfléchir ou tout au moins en limitant les risques, car l'union faisait toujours la force.

Elle avait pris l'habitude de ne plus se confier, en faisant de cet adage moins on en sait, mieux c'est une règle de vie au quotidien. Le monde était cruel et c'était pour se défendre qu'elle s'était mise en tête de devenir occlumens et de poursuivre ses études. Cela lui permettait d'occuper son temps libre, de pratiquer de nouveaux sortilèges, d'accroître ses connaissances en magie. Prendre soin de soi et des autres valaient mieux que de se morfondre et se complaire dans la décadence en estimant que certains principes ne méritaient plus d'être défendus.

Hermione n'était pas du genre à se taire lorsque les choses devaient être dites, même s'il lui arrivait parfois de manifester un manque de tact, sans volonté de blesser, lorsqu'elle estimait qu'il en allait de ses intérêts ou de ceux des autres. Toute vérité n'étant pas bonne à dire, elle n'en restait pas moins quelqu'un de franc, détestant l'hypocrisie, le cynisme et certaines attitudes qu'elle trouvait déplorable ou trop agressive. Quelque part, elle ressemblait à Fergie, avec son refus de plier, de la fermer face au racisme et aux attitudes velléitaires, surtout lorsque l'on pensait avoir raison et être dans son bon droit.

Etrange rencontre qu'avec cet homme qui portait cette jeune femme en estime, en sachant qu'elle faisait face à un ancien repris de Justice un peu brute de décoffrage, mais pas méchant pour un sou, à condition de ne pas lui marcher dessus. Hermione n'avait aucune idée de ce qui l'avait poussé sur cette voie, de ce qu'était la vie d'un gang, bien qu'il existait toujours des raisons lorsque vous descendiez aux enfers. La misère, elle y était sensible tout autant qu'à la souffrance des gens et c'était pour cela, pour se sentir utile et parce qu'elle pensait ne pas valoir grand chose, qu'elle s'efforçait d'aider les autres, parfois contre leur volonté, sans attendre une quelconque reconnaissance.

On la qualifiait de tout un tas de choses, mais on ne savait rien. On la jugeait sans comprendre, par gratuité ou par préjugé. Elle avait fini par s'y faire, par ressentir une colère contenue qui agissait comme le moteur de sa détermination. Plus on l'attaquait et plus elle savait que son combat était juste, que ceux qui s'en prenaient à ses origines n'étaient que des minables, car eux étaient loin d'être des modèles de vertu et des êtres supérieurs, un peu comme Malefoy. Qu'importe en fin de compte. Ils valaient mieux les ignorer et continuer à se battre pour quelque-chose de plus grand, en espérant contribuer à faire évoluer les mentalités, en défendant ces choses qu'ils ne comprendraient jamais, en luttant contre quiconque tenterait de les écraser.

Hermione n'avait que faire des gens à l'esprit bien pensant qui estimaient qu'il valait mieux défendre le crime et l'anarchie que de se battre pour quelque-chose ayant vraiment un sens, pour donner à leur vie une réelle utilité, au lieu de toujours se plaindre et de ne rien faire pour changer les choses, pour alimenter la haine et les préjugés en venant hurler à qui voulait l'entendre que la vie avait été injuste avec eux et qu'ils ne croyaient jamais ceux qui manifestaient pourtant bien plus de bonne volonté, d'abnégation et de courage qu'ils n'en démontraient. De toute façon, pour changer le monde, il fallait se sentir concerné et y prendre une part active. Rien n'était jamais gratuit.

Car si la violence engendrait toujours la violence, la mort finissait toujours par frapper, par faire perdre un fils ou une fille à une famille pour un trafic de drogue ou une guerre de gang, parce que cette personne s'était trouvée au mauvais endroit au mauvais moment ou encore parce qu'elle avait lancé à un autre un regard qui avait déplu. Exiger plus de justice sociale, ce n'était pas se faire justice soi-même, en contribuant au malheur des autres, en pensant agir dans l'intérêt des crèves la faim et de tous les oubliés de la société. Si responsabilité il y avait, elle était collective, non dévolu qu'à une oligarchie se revendiquant du peuple, mais n'agissant plus tellement dans ses intérêts. Mais quels autres choix laissaient t-on à ces laisser pour compte ? La vie était suffisamment difficile et injuste pour pousser certaines familles au crime ou à fréquenter les services sociaux pour avoir seulement de quoi se nourrir.

Bien que déçue et masquant sa colère, Hermione luttait contre ses démons intérieurs pour ne pas céder à la facilité, pour ne pas faire preuve d'un manque d'objectivité et ne pas saisir cette occasion pour transformer les choses. Et ce fut là, sans qu'il n'en ait eu conscience, que l'intervention de Ferguson prit tout son sens, en permettant à la née-moldue de couper court dans sa colère et son ressentiment, par un simple élan de générosité et de courtoisie. En apparence, l'homme n'avait pas l'air d'un bandit, mais plutôt d'un père de famille dégageant un certain charisme, une expérience que beaucoup de jeunes ne possédaient pas. Qui était-il ? D'où venait-il ? Quelle était son histoire ? Avaient-ils le temps d'en discuter ? La jeune femme aurait été parfaitement de son avis concernant les injustices et l'inaction, car elle aussi, fusse t-elle quelque peu privilégiée, elle trouvait cela scandaleux.

En lui servant une assiette de Haggis, plusieurs résistants attablés eux aussi, assistaient à la scène avec une certaine curiosité. Hermione ne se sentait pas très bien ; en fait, elle tentait de chasser son malaise et sa rage pour se sentir un peu mieux, avant de rentrer pour réfléchir aux éventuelles suites à donner à tout ça. Ho, elle aurait aimée envoyer balader Benjamin, lui et sa proposition d'alliance en lui démolissant le portrait, mais cela aurait été irresponsable. Qui pourrait comprendre combien la décision à prendre était délicate ? Elle n'avait que vingt six ans et tant de responsabilités à assumer alors que beaucoup se seraient déjà écroulés sous le poids de la difficulté. Mais pas elle, car c'était une habitude.

Je veux faire le plus de bien possible en ce monde, avait-elle répondu, quelque-chose de plus utile que de devenir Auror, avait-elle rétorquée à Harry et Ron. Mais quoi ? La guerre avait détruit son projet de rejoindre le Ministère, pour tenter d'y réparer certaines inégalités et injustices dont elle avait pris conscience très tôt. Être une née-moldue et une Miss je-sais-tout ça n'étaient pas pire qu'être un mangemort, un raciste ou un assassin. Elle ne recherchait ni la fortune ni la gloire, à satisfaire les désirs d'un seul ou à mentir pour défendre des intérêts personnels. La célébrité et le pouvoir ne l'avaient jamais intéressée, préférant s'effacer pour aider Harry. Son seul désir était d'aider pour être acceptée, pour donner un sens à sa vie et convaincre qu'elle avait le droit d'exister.

Elle aussi accordait plus d'importance aux actes. Des gens agressifs et pourtant gentils elle en avait connu en la personne d'Alastor Maugrey, lui qui avait été proche de virer cinglé à force de côtoyer d'un peu trop près le Mal et de penser un peu trop comme les criminels. Benjamin, c'était autre-chose : une agressivité teintée de mauvaises manières et de mauvaise foi, mais difficile d'en être certaine après une seule rencontre. Mais si elle cherchait à être certaine qu'il n'y avait pas en lui les germes d'un futur despote, elle était libre de douter de lui, de se demander si cette Constitution républicaine ne dissimulait pas autre-chose que de nobles principes. Être vigilant était le devoir de tout citoyen, car c'était à cause d'individus ambitieux, corrompus, menteurs et trop imbus d'eux-mêmes que le Ministère avait été conduit à sa chute, comme souvent à travers l'Histoire.

Benjamin avait fini par souligner qu'il lui faisait confiance et qu'il n'éprouvait aucune animosité. Elle aurait bien aimé en dire autant, mais cela aurait été un mensonge. Seul l'avenir pourrait lui faire changer d'avis. Ce ne serait pas la première fois. Ho, il ne fallait pas lui en vouloir d'être aussi vigilante et tenace, comme tirer à quatre épingles, tout en étant difficile à convaincre. C'était sa façon de vérifier que ses choix étaient les bons, car de cette décision dépendrait l'avenir de la résistance, de milliers d'êtres vivants. Personne ne pouvait exiger d'elle - ni de qui que ce soit - de prendre ainsi les choses avec légèreté, sans se soucier des conséquences, sans chercher à connaître les gens. Mais ce dont elle avait le plus besoin en ce moment c'était de calme pour réfléchir et surtout de la ténacité pour ne pas commettre un acte irréfléchi qu'elle regretterait sans doute après coup.

Fergie ne prit pas mal son honnêteté. Sans doute, en avait-il vu d'autres.
D'ailleurs, il prit les choses avec une certaine philosophie :

« Vous lui avez dit ce qui ne vous plaisait pas. Je suppose qu'il a fait pareil. Vous passez votre vie à vous méfier les uns des autres, c'est ça le problème avec vous autres sorciers. On a pas le temps pour ça, mam'zelle. Et je dirais la même chose à Ben. On a pas le temps de paranoider sur le fait que chacun veut bouffer l'autre ou pas. De toute façon, c'est pas vrai. L'est pas comme ça, Benjamin. Chiant, militaire, ça oui. Jugson, il était chiant, mais juriste, croyez moi c'était pire. Mais c'était un bon.

Hermione respectait le point de vue de Fergie, même si elle trouvait ça trop simple. En temps de guerre, faire confiance aux autres, comme ça, c'était courir tout droit vers une désillusion. Comme l'avait affirmé Harry : à l'école, lorsque l'on se trompe, on peut réessayer, mais dehors, lorsque vous voyez vos camarades se battre et mourir à côté de vous... on ne peut pas savoir avant de l'avoir vécu. Non, ce problème ne concernait pas que les sorciers, mais chacun d'entre eux. C'était là le lot de toute guerre où l'ennemi cherchait à profiter de la moindre possibilité, en usant de la ruse et du chantage si cela s'avérait nécessaire. Tuer ou être tué, c'était bien là ce que les parties en présence ne cessaient de rabâcher, non ? En tout cas, elle n'était plus un enfant naïf près à croire le bon dieu sans confession. Cela n'avait jamais été son cas, en dehors peut-être de Gilderoy Lockhart pour d'autres raisons, mais à douze ans, on ne pouvait guère faire autrement.

Cette remarque fit sourire la née-moldue. Elle était elle-même autoritaire, têtue et un peu chiante, mais là n'était pas la question. Jugson ? Elle le trouvait beau parleur, diplomate et ambitieux. Ce n'était pas quelqu'un qu'elle portait dans son coeur, bien qu'elle regrettait la mort horrible qui lui avait été infligée. Personne ne méritait de mourir ainsi. Là-dessus, Hermione fronça les sourcils sans savoir comment il avait été capturer. D'un autre côté, si elle avait conscience que cette guerre était une course contre la montre, qu'il ne fallait pas laisser des questions d'ego faire barrage à cette alliance, l'incroyable abnégation dont elle faisait preuve depuis le début du conflit allait peut-être être utile, si elle parvenait à faire taire son ressentiment pour faire le choix le plus difficile en cette période difficile. La jeune femme avait beau se contenir, elle pensait que cette décision ne devait pas dépendre d'un décret qu'elle prendrait en pensant agir dans les intérêts de l'Ordre. Et elle avait raison.

En tout cas, l'Ecossais poursuivit tandis qu'elle était en train de manger :

Ben essaye de prendre la relève, c'est pas facile. Fait de son mieux. On essaye tous de faire de notre mieux. C'est pas parfait. Mais on fait ce qu'on doit. L'essentiel, c'est d'avoir à s'excuser auprès de personne. L'essentiel, c'est qu'on leur montre en face qu'on va pas fermer notre gueule. Qu'on s'écrase pas devant des petits putschistes. » Il soupira, sourit. « Je serais pas venu, vous savez, si quiconque essayait de m'imposer des trucs et des machins. Personne est là pour ça. Tout le monde veut la même chose. Comme dirait Dylan – vous aimez Bob Dylan ? Il faut aimer Dylan, croyez moi – we always feel the same, we juste saw it with different point of view. »

Il était vrai que Benjamin ne devait pas avoir la tâche facile au sein de la Vague. Elle le vivait presque de la même manière au sein de l'Ordre, en agissant à la place d'un Ron absent, alors qu'elle n'avait jamais voulu être sur le devant de la scène. Elle espérait être à la hauteur, digne de confiance. Cela n'avait rien de parfait, on tentait de minimiser au maximum ses erreurs. Hermione aurait exprimée le point de vue de Fergie d'une autre manière, mais dans l'ensemble elle partageait son opinion. Mais son problème n'était pas seulement de savoir si l'on était capable d'écouter le point de vue des autres sans rien imposer, mais ce que l'on cherchait à obtenir depuis que Jugson avait été capturé et exécuté par l'Intendance. D'un autre côté, si l'ennemi cherchait à susciter la suspicion afin de semer le trouble au sein de la résistance, il était vrai qu'ils n'avaient pas trop le temps pour les règlements de compte et la paranoïa.

Hélas, tout le monde ne recherchait pas la même chose. Ils avaient tous leurs raisons de se battre, de haïr les autres et de ne pas croire aux promesses. Hermione pensait que le Ministère avait commis une erreur en refusant d'évoluer, en restant caché sans chercher à mieux comprendre les moldus et à s'inspirer d'eux. Aujourd'hui, ils payaient tous la corruption qui s'était installée au Ministère, cette décadence qui s'était infiltrée au sein de la population, en dépit de l'intérêt croissant que ceux-ci avaient manifestés pour les moldus avant la guerre. Le pouvoir fonctionnait encore de manière archaïque, sans réelle séparation. Voldemort avait su jouer sur la peur, sur les ambitions, la corruption pour corrompre, quitte à user de l'imperium pour soumettre les autres et évidemment l'échec revenait à tous, sans exception. Il était inutile de se chercher des excuses.

Non, les gens ne pensaient pas tous la même chose et ne voyaient pas le monde de la même façon, sous différents angles. Il existait des résistants qui se battaient pour autre chose que des principes, pour une idéologie, pour défendre leurs proches, pour casser du sorcier ou pour assouvir une soif de vengeance. Certains le faisaient aussi par défaut, en rejetant la société et ses principes, en haïssant parfois les gens comme elle et Sheldon qui ne faisaient que se battre pour défendre le droit de vivre, l'égalité et la liberté pour tous, sans discrimination, sans se soucier de savoir s'ils étaient aimés. Cela ne fonctionnait pas ainsi et il était difficile d'idéaliser les choses lorsque vous viviez avec les rats et dans la misère, avec comme seul objectif de trouver une raison de survivre, de vivre une journée de plus. Sheldon pouvait le comprendre, lui qui avait vécu dans un quartier difficile et défavorisé de Glasgow, lui qui expérimentait cette vie de hors-la-loi depuis bien plus longtemps.

Fergie sourit d'un air décontracté. Hermione l'avait écouté avec respect, sans manifester de désaccord apparent. Il était libre d'avoir un avis, de l'exprimer et de soutenir son ami. Elle non plus ne voulait voir personne lui imposer quoi que ce soit de manière arbitraire et d'attentatoire à ses libertés. Elle n'avait que le plus profond mépris pour l'Intendance et leurs règles qui ne faisaient que souligner leurs peurs, leur étroitesse d'esprit et leur psychopathologie. Oui, elle aimait Bob Dylan et elle pensait en particulier à une autre chanson - Hurricane Carter - qui avait tendance à l'inspirer et à la faire frissonner. Lutter contre les injustices, défendre les plus faibles et ceux que l'on tentait de lyncher, se montrer solidaire dans l'adversité et réconfortant dans les instants difficiles, voilà ce qu'elle s'était toujours efforcée de faire, car elle connaissait la solitude et la souffrance, ce que c'était de se faire rejeter par les autres pour des dons qu'on lui enviait et pour des défauts que l'on ne comprenait pas.

N'étais-ce pas ce que Sheldon Ferguson essayait de faire ? Seulement, en y réfléchissant, la manière de rendre la Justice était le reflet des valeurs d'une société, d'une évolution, d'une différenciation par rapport au monde animal dont ils étaient issus. La société créait des inégalités, de la misère et du crime. Les détraqueurs se multipliaient grâce à cela et étaient le signe de la corruption du Ministère. Lutter contre le Mal impliquait du Gouvernement une énorme responsabilité : celle de résorber la misère, d'amoindrir les inégalités dans la mesure du possible et de penser avant tout aux autres et à la défense de leurs droits. Mais lorsque vous tentiez d'imposer une pensée unique, lorsque vous utilisiez la Justice comme instrument d'un génocide et d'une dictature, en vous prenant pour un individu parfait et mégalomaniaque, pour défendre la pureté d'une race qui ne l'était pas, en jouant à Dieu, cet esprit là ne pouvait être que barbare et criminel par nature.

Mais lorsqu'il fut question pour Fergie de parler un peu de sa personne et de sa petite famille, il lui offrit un autre sourire décontracté. Elle non plus n'aimait pas s'épancher là-dessus, pas plus que sur ses problèmes sentimentaux. Tout ce qu'elle aurait pu faire c'était avouer un terrible secret concernant sa famille, un sacrifice qu'elle s'était imposée pour les sauver et protéger Harry. Pour ainsi dire, elle était orpheline, n'ayant jamais existée. Qui comprendrait ? Il valait mieux pour elle ne pas penser que ses parents étaient toujours en vie, quelque part en Australie au risque de vouloir y retourner pour leur rendre la mémoire et rechercher leur pardon. Elle n'avait agi qu'avec Amour et sagesse, pour les protéger, en sachant qu'ils seraient morts si elle n'avait pas agi de la sorte. Quant à Ron, elle préférait ne pas y penser. Les Weasley et l'Ordre constituaient sa seule famille. Il lui semblait difficile de tirer un trait sur une amitié et des sentiments comme ça.

« Moi ? J'étais ennemi public. » Il se prit à rire.

Hermione haussa un sourcil de surprise, en relevant les yeux de son assiette.

« Allons, ne faites pas cette tête, je plaisante !

Elle lui adressa un sourire poli quoiqu'un peu amusé et contenu.
Elle se demanda ce qu'il entendait par là, mais la réponse vint aussitôt :

Plus sérieusement, j'ai fait l'armée – les Malouines – un peu de de politique, mais je me suis fait viré du parti indépendantiste que j'ai créé, depuis je bosse à Glasgow. Je fais de mon mieux pour, je sais pas...faire régner l'ordre est pas le bon mot.  Je fais pas le boulot de la police...ni celui des services sociaux. Je vis avec les gens et je me fous pas de leur existence, voilà. J'emmerde le gouvernement de Londres aussi, parce que je suis indépendantiste. Ma femme aussi, mes deux derniers enfants, Banshee et Robert aussi. Voilà voilà...c'est comme ça que j'ai atteri ici et pour ça que je veux retourner à Glasgow. »

Un ancien militaire ? Voilà qui expliquait en partie son charisme. Il avait donc fait partie des Scots Dragons ou des Royal Marines ? Cette révélation suscitait d'autres questions, mais la jeune femme pensa qu'il valait mieux ne pas trop se montrer curieuse. Les Malouines, oui, elle voyait très bien à quoi il faisait allusion. Elle avait deux ans et demi lorsque ce conflit eut lieu. Ce territoire était toujours disputé entre l'Argentine et le Royaume-Uni. Pourquoi ? A cause du pétrole, dont les analystes en avaient estimé la présence en quantité comparable à celles de la mer du nord. Par contre, elle fut surprise d'apprendre qu'il avait essayé de créer un parti indépendantiste, mais qu'il s'en était fait viré. A cause de quoi ou de qui ? De quelqu'un d'un peu trop ambitieux, d'un jeune loup qui l'avait fait tomber dans un piège ou bien avait-il été trop loin dans son "combat" pour l'indépendance de l'Ecosse au point justement d'avoir des démêlés avec la Justice ?

Préférant ne pas tirer de conclusion hâtive, elle se demanda malgré tout ce qu'il avait fait pour mériter un tel traitement. Elle n'eut pas le temps d'y réfléchir puisqu'il lui parla de son lien avec la ville de Glasgow et de sa manière d'aider les gens. La jeune femme aurait aimée en apprendre plus sur la façon dont il avait rebondit depuis cet échec et comment il s'était proposé d'aider les autres, comment il était sorti de ce cercle vicieux. Seulement, lorsqu'il mentionna la manière dont il enquiquinait le gouvernement de Londres parce qu'il était indépendantiste, elle haussa un sourcil en étant soudainement confrontée à l'attitude d'une personne qui considérait la politique de Westminster et les Anglais comme des occupants. En réalité, elle se serait attendu davantage à ce genre d'attitude de la part d'un Irlandais à cause de l'IRA et de l'opposition entre catholiques et protestants. Pour l'Ecosse, elle se demandait en quoi ceux-ci auraient pu se sentir opprimés. Une question de fierté et de culture sans doute.

Globalement, elle n'avait rien contre, bien qu'elle pensait qu'une indépendance de l'Ecosse signifirait créer un nouveau pays, briser plus de trois cent ans de vie commune, en reléguant cette nation au 58e rang mondial, avec un budget coupé à la hache, une dette énorme, des fuites de capitaux et une résistance économique de la part du Royaume-Uni. Et puis ce serait sans compter la fin de la sécurité sociale gratuite, son retrait éventuel de l'union européenne en sachant qu'en dehors du tourisme et de certaines industries, le pétrole de la mer du nord à lui seul ne suffirait pas à en faire un pays riche et encore moins auto-suffisant. Alors, si en plus une guerre mondiale venait tout détruire... Dès lors, pourquoi vouloir être indépendant lorsque ensemble ils étaient plus forts, lorsque Westminster accordait déjà au Parlement Ecossais des pouvoirs étendus et les mêmes bénéfices que le reste du Royaume-Uni ? Bien-sûr, le gouvernement central n'était pas exempt de défauts et elle n'ignorait pas que la parti conservateur n'avait pas la cote parmi les Ecossais.

Tout cela valait bien-sûr avant la guerre. La monarchie n'étant plus, la seule alternative qu'on lui proposait en dehors de la dictature c'était la voie de la république, la première du genre au Royaume-Uni. Mais Hermione n'avait pas changé d'avis sur Fergie parce qu'elle le savait indépendantiste. En fait, cela n'avait plus la moindre importance, surtout après l'invasion de l'Irlande. Et puis, il était libre de défendre son idéal. Pour elle, Irlandais, Ecossais, Gallois et Anglais luttaient ensemble pour la même cause, avec l'espoir d'instaurer un gouvernement ayant retenu les erreurs du passé, en essayant de créer un système réellement unifié qui ferait d'eux une nation libre, indépendante et indivisible. Ce serait préférable à une quelconque domination Anglaise ou de la part d'un autre pays. Mais comme elle aimait l'Ecosse, s'y sentait chez elle, qu'elle n'avait jamais fait de mal à un Ecossais au point d'être amie avec Minerva, elle ne se sentait pas visée. Seulement, à l'entendre, on se doutait que son ressentiment envers les Anglais concernait Glasgow, la misère qui régnait dans certains quartiers et l'inaction des politiques qui promettaient plus qu'ils n'offraient.

Lorsqu'il eut finit de parler, Hermione l'observa un instant.
Elle prit une profonde inspiration puis elle ajouta avec calme et sur un ton poli :

- Je crois moi aussi qu'il s'agit d'une course contre la montre, que plus nous perdrons de temps à nous reprocher des choses et à nous bouffer le nez pour savoir qui est digne de foi ou capable de diriger et plus nous ferons le jeu de l'ennemi.

Bien-sûr que j'aime Bob Dylan
, fit-elle en souriant. même si je pense que convaincre les gens que nous voulons la même chose, après toutes les désillusions, sera l'un de nos plus grands défis. Il m'arrive d'en douter. Elle soupira.

Hormis "Knockin' on the heaven door" qui lui faisait penser à Harry et à ce qu'elle avait éprouvé à de multiples reprises sans pourtant baisser les bras, elle hésita. Mais plutôt que de choisir cette chanson, elle en préféra une autre :

Connaissez-vous "Hurricane Carter" ? , demanda t-elle, perplexe. Cela me rappelle que même dans une démocratie la loi peut être injuste et partiale, au service d'un ségrégationnisme qui me donne l'envie de me battre pour ceux qui ne peuvent se défendre et sont victimes d'injustice. Je ne pense pas qu'aux nés-moldus, mais à beaucoup d'autres, notamment aux elfes de maison.

Elle n'avait pas renoncée à revendiquer l'abolition de l'esclavage puisqu'une loi moldue datant de 1833, mais appliquée à partir de 1835, avait été votée et ratifiée au Royaume-Uni.

Ils ont tué les gens que j'aimais, ils ont voulu me démolir, détruire ce en quoi je croyais, parce que j'ai refusé de leur céder, de laisser des gens souffrir et mourir sans rien faire, parce que je leur ai rappelé qu'une née-moldue - de surcrois une femme - pouvait réussir, être plus maligne et compétente que leurs théories sexistes et racistes veulent le faire croire. C'est ce que Dumbledore disait : continuez à vivre et à vous aimer, à faire ce que bon vous semble, car c'est là tout ce que déteste les mangemorts. ,fit-elle avec un rictus sur le coin des lèvres.

Un patronus, sous la forme d'un Jack russell terrier, vint interrompre leur conversation. Elle n'en menait pas large, si l'on considérait son regard fuyant et son air un peu stressé à l'idée de déplaire à Monsieur Ferguson. Ceci était un message de Ron. Il n'y avait pas l'ombre d'un doute. Elle savait que quelque-chose d'important devait arriver aujourd'hui, qu'elle attendait un message précis, mais elle ne l'imaginait pas aussi tôt !

- Euh... Roger Rabbit et Jessica sont de retour au bercail. Ils ont rapporté un stock conséquent de grosses carottes. L'ennui, c'est que le chacal n'aime pas le vermicelle.

Le message codé aurait pu prêté à rire. Quelle idée avait-elle eu de suggérer cela à Ron ! Depuis tout le monde au sein de l'Ordre n'arrêtait pas de plaisanter avec ça ! C'était pourtant du sérieux, par la barbe de Merlin ! Cela ressemblait à des phrases bizarres, mais c'était utile pour transmettre des messages importants !

Hum... , fit-elle en se raclant la gorge. Eh bien, je vais hélas devoir vous laisser, Fergie. Il semblerait que le devoir m'appelle. ,conclût-elle avec le sourire.

Finissant rapidement les quelques bouchées restant dans son assiette, avec l'attitude de quelqu'un qui avait un train à prendre, elle attendit d'avoir fini et de s'être essuyer les commissures des lèvres avec sa serviette de table avant de conclure avec politesse.

C'était vraiment délicieux. , déclara t-elle sur un ton appréciateur. Je vous remercie pour ce repas et cette intéressante conversation. J'ai été ravie de faire votre connaissance. Je vous dis à bientôt, peut-être. Prenez soin de vous !

Après lui avoir serrer la main et s'être éloignée du QG de la Vague en étant désillusionnée, Hermione vérifia qu'elle était seule puis elle transplana...

Une semaine plus tard, un paquet fut livré à Sheldon, contenant une petite bouteille de scotch Ecossais pur malt, vieilli en fut pendant 12 ans, de la distillerie Cardhu (à consommer avec modération). Un morceau de parchemin était inclus, accompagné d'un mot rédigé avec une écriture fine et soignée :

Citation :
En espérant que vous trouverez ceci à votre goût, je tenais encore à vous remercier pour votre sympathie et votre générosité.

Avec mon bon souvenir et mes meilleures salutations.

Hermione

P.S. Il paraît que ceci convient très bien avec le Haggis.

[Terminé]

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur





Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Loneliness is unfair || Hermione

Revenir en haut Aller en bas

Loneliness is unfair || Hermione

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POUDNOIR :: 

Détente

 :: Archives :: PN origins :: Monde adulte
-