POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Air is grey [solo achevé]

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Date de naissance du joueur : 24/08/1994
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Arrivé sur Poudnoir : 23/02/2012
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Ma résistance magique est de: 15PV
John Mulciber


MessageSujet: Air is grey [solo achevé] Sam 19 Juil - 19:01

Le monde était une histoire. Une accumulation d'histoires, réelles ou inventées, certaines plus fantastiques et héroiques que d'autres, mais une succession de récits qui parfois se recoupaient ou se téléscopaient pour écrire une histoire générale qui commençait pendant la nuit des temps et se finirait à la fin du monde, qu'on disait lointaine ou proche, selon le point de vue. Pour John Mulciber, il n'y avait pas un monde mais des mondes – à moins qu'il n'utilisa ce mot pour dire « époques » mais d'une autre manière – qui n'en finissaient jamais d'en finir, parfois par sa faute, souvent contre son gré, qu'il y participe ou non d'ailleurs. Arrivons nous à la fin d'un autre monde, à la fin de mon temps ? Il lui semblait être en permanence au bord du gouffre, comme aspiré, lentement, par quelque chose qu'il ne pouvait ni contrôler ni comprendre, le temps. Désespoir. Il essayait, et il croyait. Lorsque tu commence à te dire que la vie sera meilleure demain tu es foutu. Parce que la vie ne sera pas meilleure demain, parce demain sera peut-être pire, parce qu'il n'y a rien, rien du tout, à espérer de cette vie, aucune assurance qu'on ira mieux, parce que la seule certitude possible, et en fin de compte rassurante, je trouve, qu'on aie ici bas, c'est qu'un jour tout ça va s'arrêter et finir. Désespéré, John Mulciber ? Oui, peut-être, et encore...Je suis loin d'être désespéré. Je ne le suis même pas devenu aujourd'hui. Je me donne seulement des airs. Le plus grand effort de ma vie a toujours été de parvenir à désespérer complètement. Il n'y a rien à faire. Il y a toujours quelque chose en moi qui continue à sourire.

Je n'ai pas réussi à redresser le monde, à vaincre la bêtise et la méchanceté, à rendre la dignité et la justice aux hommes. Non, il avait même singulièrement échoué et peut-être était-il même devenu le chantre d'un monde déviant, où la bêtise et la méchanceté triomphaient, où les hommes ne possédaient plus aucune dignité et où tout restait injuste. Peut-être était-ce le cas, mais John Mulciber croyait en ce qu'il faisait et qu'un jour grâce à ce qu'il faisait, ce qu'ils faisaient tous, le monde des sorciers serait un peu meilleur. La vie est jeune. En vieillissant, elle se fait durée, elle se fait temps, elle se fait adieu. Elle vous a tout pris, et elle n'a plus rien à vous donner, je vais souvent dans les endroits fréquentés par la jeunesse pour essayer de retrouver ce que j'ai perdu. Parfois je reconnais le visage d'un camarade tué à vingt ans. Souvent, ce sont les mêmes gestes, le même rire, les mêmes yeux. Quelque chose, toujours, demeure. Il m'arrive alors de croire presque – presque – qu'il est resté en moi quelque chose de celui que j'étais il y a vingt ans, que je n'ai pas entièrement disparu. Quelque chose de ce gamin qu'il avait été, idéaliste et ravi de construire un nouveau monde. Avait-il vendu son âme, de manière tragique ? Etati-il un minable, et un raté ? Non. C'est faux tout ça. Ce n'est pas grave, pas tragique. La véritable tragédie, c'est qu'il n'y a pas de diable pour vous acheter votre âme.

Mauvais, sans doute, John s'en fichait. Il n'avait jamais fui. Et il avait parfois, souvent, tout sacrifié. Je me suis peut-être trompé mais je mérite encore du respect. Et ce respect, quelqu'un ou plutôt un groupe de personne, lui avait refusé. Mulciber était un homme placide, tranquille, qui se fichait globalement de ce que faisait sa famille pour qui il n'avait aucune affection particulière : il détestait intervenir, bouger, car lorsqu'il bougeait, cela voulait dire qu'on le prenait pour un con, et il détestait ça encore plus.

Il mit la ligne finale aux nouvelles mesures concernant les suspects lors des enquêtes du département – assignation à résidence, privation de baguette, obligation de collaborer, emprisonnement par mesure de précaution – avant de quitter son bureau. John Mulciber était un homme actif et le Général passait avec raison pour quelque chose qui se rapprochait d'un réformateur : bon flic et bon militaire, Crow n'avait jamais jugé utile de rien écrire mis à part un règlement pour les agents, à l'époque où les exécuteurs faisaient encore partie du ministère. Mulciber avait décidé d'être carré et d'organiser une traque efficace et rapide de la résistance et des terroristes. Le fait qu'ils aient besoin d'un bouc-émissaire lui échappait complètement. Il s'en fichait, ça n'existait pas pour lui, et si quelqu'un le lui avait expliqué, fusse le Lord, il l'aurait traité de traitre.

En attendant, c'était une toute autre histoire qui l'occupait lorsqu'il arriva à Morley Old Hall. Il transplana hors du parc et marcha sur la route poussièreuse, réchauffée par la chaleur de l'été, pour rejoindre le château. Il entra sans se faire annoncer, surprenant aussi bien Edward que sa femme. Voutée comme d'habitude, parlant tout bas. Est-ce que tu pries, Susan ? De quoi parles-tu, dans les tourments qui te rongent ? Il parla enfin, suscitant un sursaut de surprise et une réaction méfiante de la part d'Edward.

« Bonsoir.
-Qu'est-ce que tu veux ? Qu'est-ce que tu viens faire là ? » Le ton était agressif mais John y discerna de la peur. Il expédia Teddy en arrière d'un sort informulé. L'autre se releva et le ton monta : « Ca veut dire quoi, ça ? Tu es chez moi ! Qu'est-ce que...
-Silence. Je suis ici chez moi. Toi tu ne fais qu'emprunter ce qui m'appartient. » Il estima qu'il avait assez entendu d'idioties et s'assit. « Susan. » La folle sursauta. Il continua sans aucune pitié. « Susan, va chercher tes fils.
-Quels fils ? Je n'ai plus de fils. » John la regarda sans aménité mais pas avec cruauté, peut-être juste avec une pointe de curiosité pour cette femme devenue folle par sa propre faute. « Hugh n'est qu'un gosse, il ne sera jamais rien. Ben est mort. Et lui...lui il est parti aussi. 
-Où ça ? » Elle pleurait mais il n'en tint pas compte. « Susan. Regarde moi quand je te parle. SUSAN ! » Elle se recroquevilla sur son siège, terrifiée. John n'était pas d'humeur à parler, parlementer, négocier, il voulait des réponses : s'il en avait ils mourraient d'une mort rapide, sinon ce serait la torture. « Vas-tu parler, oui ? Votre cas est déjà suffisamment grave. Parlez donc ! Vous croyez quoi ? Que le silence vous aidera ? Que vous allez en rééchapper ?
-John...tu...tu...n'est pas...sérieux ? » Edward bégayait. John ne dit rien. Il continua et protesta : « N...Non ! Non ! Nous n'avons rien fait, nous ne sommes pas responsables ! Ce n'est pas notre faute.
-Tu te trompes. C'est justement parce que tu n'as rien fait que tu es responsable : si tu avais fait quelque chose, tu pourrais peut-être te sauver toi. Pour tes fils, en revanche, tu as raison. Ce n'est la faute de personne. La branche est pourrie, j'aurais du le voir depuis longtemps, et je m'en excuse. Il était cruel de ma part de vous donner de faux espoirs. Mais maintenant, c'est fini. »

Il se leva. Pas de réponse, n'est-ce pas ? Mais il n'en aurait pas. Maudits soient les courageux, les obstinés, ils ne valent pas mieux que les fous...en fait, souvent, ce sont les mêmes. Susan, si légère, si fragile, si folle...elle était déjà morte, comprit John, depuis longtemps. Le regard était vague, si vague...à la dérive. La tuer était presque un acte de pitié. Il la souleva de terre, ignorant les cris qu'elle poussait, se tordant dans tous les sens, et la projeta simplement et efficacement contre la lance d'une armure décorative au coin de la cheminée. Elle s'empala sur la pointe de la hallebarde de celle ci et glissa lentement au sol. Morte avant d'avoir touchée le sol. Edward la regarda en pleurant, rampant et murmurant doucement des malédictions envers John. Mulciber le regarda d'un air navré, presque en colère de voir un homme si faible dans sa famille.

« Regarde toi. Tu étais pourtant le plus doué des fils de William, celui qui avait le plus d'avenir, le plus Mulciber. Regarde toi, Edward, tu pleures après une folle. Mais tu l'aimes, tu l'aimes même si elle est morte. Tu la veux, n'est-ce pas ? Bien sur que tu la veux. » Des diffindo de part et d'autres du corps sans vie de Susan la dénudèrent. John pencha la tête de coté, froid et calme, pour regarder Edward : « Regarde toi. Tu bandes. Tu veux la prendre, hein ? Eh bien vas-y.
-Non...non... 
-Bien sur que si. Fais le, voyons, je m'en fiche, moi, tu es déjà tellement minable. »

On n'aurait jamais cru ça de John Mulciber, mais après tout, n'était-il pas celui qui avait orchestré, ordonné, tous les viols de Walter Yaxley ? Il n'avait pas une sexualité détraquée mais observait celle de ceux dont c'était le cas et l'utilisait pour son compte ou pour les détruire. Il regarda Edward d'un air menaçant et l'autre s'exécuta, sous son nez. Il déboucla la ceinture de son pantalon, baissa son caleçon en pleurant, découvrant sa virilité décuplée par le désir pour une femme morte et commença à travailler besogneusement le corps sans vie de Susan. Il jouit pourtant assez vite, en pleurant, poussant des petits cris de plaisirs mêlés d'excuses. John se détourna, entendant un bruit à la porte. Hugh.

« Qu'est-ce que vous faites ? »

Le gamin était terrifié. John se détourna de Edward et regarda le gosse sans rien dire et lorsqu'il prit enfin la parole, ce fut pour commenter :

« Je signe votre fin. La tienne aussi.
-Non. Vous ne pouvez pas me tuer, ce n'est pas juste.
-Bien sur que si je peux. Quand allez vous apprendre ? C'est tué ou être tué. Ca a toujours été ainsi.
-Dans votre monde peut-être, mais pas dans le mien. »

John sourit, profondément amusé, et regarda avec un peu de gentillesse le gamin, presque moqueur, pour faire ce constat terrifiant :

« C'est mon monde. »


Un hurlement retentit derrière lui. Edward s'était jeté dans la cheminée, et il brulait, enflammant tout sur son passage. Hugh se précipita vers lui, mais s'embrasa aussi. John sourit à nouveau, transplana à l'extérieur du manoir. L'air est gris et tout brule. La version officielle était prête, Ben aurait tué toute la famille et brulé le manoir avant de partir, coup de folie, attentat contre le pouvoir, voilà ce que ça serait. John contempla les cendres, et sourit.

Jetons nous au feu ! Jetons nous au feu !
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Air is grey [solo achevé]

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