POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
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Les recrues [PV Dan L. Millers, endroit secret, AmSud]

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MessageSujet: Les recrues [PV Dan L. Millers, endroit secret, AmSud] Mer 6 Aoû - 18:30

"L'union dans le respect et la diversité" - Devise de l'Ordre du Phénix

La levée du secret magique avait pris le monde au dépourvu, révélant avec stupeur l'existence d'un monde et de pouvoirs ayant appartenu au folklore. Ce qui figurait autrefois dans les histoires et les contes de fées, l'iconographie, l'architecture, la littérature, le cinéma et la mythologie s'étaient brusquement révélés comme une réalité. Et de quelle manière : sur un double coup d'état, à la fois au Ministère de la magie, mais aussi au Parlement Britannique. Un homme vêtu d'une armure, au regard dur et étrange, armé d'un bâton de bois, était apparu sur les écrans devant des ruines fumantes, annonçant aux êtres qui ignoraient jusque là leur existence que leur Reine avait été assassinée, que certains sorciers extrémistes cherchaient à abattre leur monde et qu'ils feraient dès lors tout leur possible pour les protéger.

Seulement voilà : si cet acte constituait une déclaration de guerre, les moldus avaient été privés de leurs chefs, de l'état-major des armées. Certains furent tués, d'autres soumis à l'impérium ou remplacer grâce à du polynectar afin de rassurer le peuple qui s'était senti en état de siège. Les archives avaient été incendiées. Le chef du MI6 et d'autres s'étaient enfui et se cachaient. Des civils, des militaires firent de même. Certains se regroupèrent, s'armèrent afin de se prémunir du danger représenté par ces inconnus, ces sorciers dont ils ne savaient rien et dont les discours n'avaient pas convaincus. Ils devinrent des hors-la-loi, des francs-tireurs, des mercenaires, des résistants. D'autres étaient effrayés, curieux, ravis, perplexe, naïfs ou méfiants. Et puis, les choses changèrent. L'Intendance s'était installée à Buckingham Palace, les lieux du pouvoir et de l'administration civile étaient détenus par leur soit-disant "sauveurs".

Tous les coups d'état n'étaient pas violents. On basculait dans la dictature et l'horreur par le biais des élections, du mensonge, du contrôle de l'information, par un assassinat ou une affaire louche. On se réveillait un beau matin prisonnier de son pays. La prise de contrôle s'effectuait dans le silence, on étouffait les révoltes, on commettait des crimes, on faisait tomber les autres dans des pièges. On commençait par prendre le contrôle des différents pouvoirs, par transformer les médias, par modifier les lois sur divers prétextes, par soumettre et stigmatiser les artistes et les intellectuels, par désigner des boucs-émissaires, par susciter la peur, la suspicion, la délation et les bas instincts. On se méfiait de ceux qui étaient venus en arme pour faire la guerre et non offrir la Paix. On se demandait qui étaient ces résistants. La vie continuait parce qu'on avait un boulot, une famille à nourrir, une vie à préserver, parce que le peuple n'était pas uni pour se révolter, car tout ou presque était fait pour maintenir le statu-quo.

Ainsi c'était éteinte la Liberté. Eh bien, pas tout à fait. Il brillait encore une petite lueur d'espoir. Le monde et ses ressources étaient vastes. Il existait une résistance, des milliards d'individus, près à défendre leurs familles, leurs cultures, leurs traditions, leurs vies, leur indépendance, face au nouveau visage du nazisme. Certes, elle n'était pas encore unifiée ni très puissante. Des dissensions existaient et leur avenir était incertain. Le monde était en guerre et l'Irlande était tombée, vaincue par les armées de l'Intendance. Elle se répandait de manière idéologique par la corruption, les trucages d'élections, les opérations noires, les expériences interdites et l'espionnage. Les moldus ignoraient qu'ils contribuaient à leur destruction, qu'ils étaient menacés par un gigantesque plan d'extermination. L'Italie, l'Allemagne et le Royaume-Uni avaient formé l'Axe Basilic. Des capitaux circulaient ou été confisqués, des gens étaient arrêtés, interrogés, internés, emprisonnés, déportés ou exécutés. La troisième guerre mondiale avait déjà commencée.

L'Ordre du Phénix existait depuis les années 70, depuis la première apparition des mangemorts et du Seigneur des ténèbres. Il s'agissait d'une société secrète fondée par le professeur Dumbledore, le plus grand sorcier depuis l'époque de Merlin. La diversité, les droits fondamentaux, la confiance, la solidarité, l'honneur, l'Amour et la défense des moldus étaient les marques de l'organisation, opposée au sectarisme, à la dictature, à l'égoïsme, à la haine et à l'absence de valeurs de l'Intendance. Le bourbisme, favorable à la diversité, au refus de la pensée unique, aux libertés, opposé au purisme défendant la race, la pensée unique, les inégalités et le totalitarisme. Si l'Ordre défendait l'intérêt général, il évoluait grâce à ses individualités et à son Président, qu'il eut été question de Dumbledore, de Valentine ou de Ron. Chaque fois, le phénix évoluait, prenait une forme et s'adaptait pour s'opposer à de nouvelles menaces comme le ferait un organisme vivant ou la vie en règle générale.

Depuis qu'Hermione avait obtenu le soutien de la grande majorité de leurs partisans face à l'immobilisme, elle avait réorganisé leurs procédures de sécurité, contournée le serment inviolable, abrogée le règlement et les restrictions de recrutement. Elle oeuvrait pour renforcer la confiance et la cohésion, pour redonner des objectifs ainsi qu'une politique cohérente en établissant une nouvelle stratégie globale. Des technologies "maison" et de nouvelles techniques de lutte étaient à l'étude, l'antenne de PotterVeille avait été réactivée. Elle réfléchissait à un enseignement aux tactiques de guérilla, à augmenter le nombre d'opérations conjointes avec la Vague - l'autre mouvement de la résistance. Elles songeait aux intérêts d'une possible alliance en dépit de l'opposition de Ron, mais avec le soutien de Kingsley Shackelbolt. Le sortilège du Fidélitas, de mutisme, la réorganisation de l'Ordre en plusieurs cercles distincts ainsi que la compartimentalisation devaient rendre plus difficile la compromission totale de l'organisation et l'espionnage.

Pour l'Intendance, la raison et la pensée logique étaient leur pire ennemi opposée à la vision mécanique d'un esprit manipulé, comme un moustique attiré par une lumière intense, par le mystique. On leur retirait leurs droits, on promulguait des lois strictes et raciales. On interdisait certains emplois à certaines catégories d'individus, on mentait, on banalisait la violence, le rapport à la mort, comme s'il ne fallait plus avoir peur de rien, comme s'il n'y avait plus de moralité, de mal lorsque l'on restaurait les jeux du cirque de la Rome antique, lorsqu'on attaquait les pays voisins sous divers prétextes alors qu'il existait une Paix en Europe depuis soixante et un an, qu'il existait un droit national et international condamnant les actes de cruauté et de barbarisme, le génocide et les crimes contre l'humanité. On utilisait la langue de bois, la politique de bas étage, des paroles haineuses pour désigner les responsables de la guerre, pour éviter de réveiller les gens lorsque des questions gênantes étaient formulées.

Les gens commençaient un peu à comprendre, ils finiraient par le faire. Dans le reste du monde, les avis étaient mitigés ou hypocrites. L'internet était censuré au Royaume-Uni, les médias contrôlés. Il n'existait plus réellement d'opposition. On travestissait la vérité, mais tout le monde n'était pas dupe. On voyait que les sorciers avaient la main mise, qu'il n'y avait qu'une sorcière pour s'adresser aux médias dans le pays, qu'ils ressassaient tous les mêmes choses. Le peuple n'avait jamais voulu de la guerre ni des sorciers. Ils avaient appris à vivre sans eux. Certains services de renseignements cherchaient surement à en savoir plus sur leurs pouvoirs, sur la manière de les vaincre pour pouvoir négocier à armes égales ou les repousser si le danger se faisait plus menaçant. Mais les choses avaient changées. Pour l'instant, les moldus ne s'alarmaient pas, car ils ignoraient certains détails et plans secrets. Les puristes avaient la main mise sur la société Britannique, aussi bien moldue que sorcière, mais rien n'était encore perdu pour le reste du monde. Les moldus étaient plus nombreux qu'eux. Il fallait les sauver et les convaincre que le danger ne venait pas de la résistance.

L'Ordre recrutait toujours des combattants dans le monde entier. Celui-ci se déroulait souvent par cooptation, par le biais de réunions secrètes indépendantes les unes des autres ou par d'autres méthodes toutes aussi discrètes. La torture et les mauvais traitements n'étaient pas employés tandis que l'usage du véritaserum était soumis à une acceptation volontaire. Les sélections de recrues s'effectuaient notamment par le biais d'agents berger, utilisant des pseudonymes, n'ayant aucun contact avec les  dirigeants, ne détenant aucune information capitale et aucun accès à un quelconque quartier-général. Leurs opérations étant au plus proche de l'ennemi, il fallait éviter les compromissions en cas de capture. Hermione savait qu'une erreur, une imprudence personnelle, un manque de rigueur dans l'organisation de leur toile pouvait conduire à l'exécution de dizaines de personnes. Elle n'avait pas oubliée Sheppard, sa peur de la torture, la trahison de certains, y compris pour de l'argent ou des privilèges.

Deux moldus avaient été observés durant quelques mois. Ceux-ci semblaient vivre comme des hors-la-loi, se nourrissant d'expédients, se déplaçant avec des armes, se méfiant de tout et de tout le monde. Un agent berger - qui ne leur avait fourni que son pseudonyme - était parvenu à les convaincre de rejoindre un mouvement de résistance, sans préciser le nom de celui-ci ni la manière dont il serait recruter. On ne leur laissa pas le temps de prévenir d'éventuels contacts. On leur demanda de partir séance-tenante et de prendre leurs effets personnels. Puis, ils furent exfiltrés hors du Royaume-Uni, dans un pays et une localité où personne n'irait les chercher, où personne ne songerait à y dénicher des activités résistantes. Les deux recrues furent séparées, on leur retira leurs armes, leurs munitions, leurs talkie walkie, leurs effets personnels, les lacets de leurs chaussures, leurs ceintures. On leur fit passer une rapide visite médicale, on vérifia leurs vêtements afin de dénicher d'éventuels dispositifs explosifs ou d'espionnage.

Les recrues ne furent ni malmenées ni maltraitées, mais il était évident que s'ils étaient des espions, ceux-ci seraient passés par les armes, à moins d'accepter un marché : celui de devenir un agent double soumis au serment inviolable. Pas de pitié pour les traîtres et les agents ennemis. C'était la guerre. Cela ne voulait pas dire que l'on appliquait cette mesure avec plaisir. Alors, en attendant d'en savoir plus, les recrues furent interrogées individuellement par diverses personnes durant deux jours où on les questionna de manière contradictoire. Le premier se nommait Dan Millers, un ancien Capitaine de l'armée Britannique, âgée de 40 ans. L'autre s'appelait Alex Dorth, à peine majeur. Lorsque l'on estima que leur moment était venu, on conduisit le dénommé Millers dans une salle dépouillée de décoration où l'on ne trouvait qu'une table et deux chaises. Les deux moldus ignoraient dans quel pays et dans quel endroit ils se trouvaient.

"- Qu'en pensez-vous ?", demanda un homme, en fixant la pièce où se trouvait la recrue au travers d'une vitre sans teinte et protégée par divers sortilèges.

"- Qu'à moins de leur proposer le véritaserum, nous n'aurons aucune certitude. Moins ils en sauront et mieux cela vaudra pour nous tous. Mais j'imagine qu'ils auront des questions sur nos activités, nos valeurs, sur le monde sorcier et ce qui se prépare. J'espère qu'ils n'ont pas subis de mauvais traitements ?", demanda Hermione, les bras croisés.

"- On leur a retiré leurs effets personnels et ils ont passés une visite médicale qui n'a rien révélé, hormis quelques carences dues à leurs conditions de vie. Ils n'ont pas du manger à leur faim depuis un moment. Aucun mauvais traitement ne leur a été infligé. Ils ont été soignés et nourris."

"- Bien...", fit la née-moldue. "Aucun dispositif d'espionnage ou d'explosifs ?"

"- Leurs effets personnels et leurs vêtements n'ont rien révélés."

"- Hm... une chance pour eux." Elle en soupira. "Je vais aller lui parler", ajouta-t-elle, pensive.

Deux gardes l'accompagnèrent à l'intérieur de la salle. D'autres surveillaient l'endroit secret. Simple mesure de sécurité. Cette "souricière" soumise à divers sortilèges de protection la rendait invisible et bien protégée. Elle se trouvait dans un endroit isolé dans les montagnes.

"- Bonjour Capitaine...", fit-elle avec un sourire amical. "Je vous prie de pardonner toutes ces questions et cette attente. Cette procédure peut paraître vexante et dérangeante, mais j'espère que vous comprendrez.", ajouta t-elle avec sérieux.

Hermione se déplaça jusqu'à la table et prit place sur la chaise vacante. Elle faisait dorénavant face à leur nouvelle recrue. Cet officier semblait plus méfiant et plus renfermé que son jeune ami d'après le rapport fourni. La jeune femme s'attendait à un entretien un peu difficile.

"Si on ne vous la pas encore dit, vous et votre ami n'êtes pas nos prisonniers. Vous pouvez encore renoncer et partir, mais si vous vous engagez, ce sera sans possibilité de retour. Avez-vous faim ou envie d'un rafraîchissement ?", lui demanda t-elle avec politesse, soucieuse de son bien être. "Bien... Vous avez surement de nombreuses questions. Alors, je vous écoute...", conclût-elle avec sérieux, en fronçant légèrement les sourcils.

Cela semblait logique : ce type était un militaire. Il était habitué à la discipline, aux ordres, aux procédures de ce genre. Quoi qu'il en dise, il devait s'inquiéter pour son ami, se demander s'ils avaient fait le bon choix, s'ils n'allaient pas le payer de leurs vies. Ils ignoraient où ils se trouvaient, ils ne connaissaient personne et il s'adressait à une femme plus jeune que lui. La manière la plus simple pour établir une communication et la base d'une confiance était de le mettre à l'aise. Cela impliquait donc de lui laisser l'initiative des questions. Ainsi, il serait plus aisé pour Hermione de jauger ses connaissances et son état d'esprit. Puis, ils aviseront....

Spoiler:
 


Dernière édition par Hermione Granger le Mer 20 Aoû - 18:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les recrues [PV Dan L. Millers, endroit secret, AmSud] Sam 16 Aoû - 23:41

Dan commençait à se demander s’il avait eu raison d’accepter la proposition des sorciers. Il n’avait aucun moyen de savoir s’il pouvait leur faire confiance – oui, ils auraient surement des objectifs communs, mais ils restaient des moldus à leurs yeux. Même si ces rebelles les acceptaient, lui et Alex ne seraient que des pions sur leur échiquier, des pièces aisément sacrifiables au regard de la vie d’un autre magicien. Mais avaient-ils d’autres solutions ?

Tant qu’Alex était en sécurité, ça valait le coup, se disait Dan. Cependant, le fait d’être séparé de son protégé n’était pas pour le rassurer. Tout le reste, il pouvait l’admettre : le désarmement, la méfiance, les interrogatoires, l’attente… Mais le fait qu’il soit séparé du gamin était un vrai problème pour lui – Alex doit être terrifié, il n’est pas habitué à ça, c’est juste un gosse ; voilà le laïus qu’il avait servi à tous ses vis-à-vis, sans succès. Il ne pouvait rien faire pour Alex, rien d’autre qu’espérer, et se tenir tranquille en se disant qu’il allait bien, même s'il savait qu’Alex supportait mal la solitude, et qu'il cauchemardait toutes les nuits, malgré tout.

Il avait donc patienté. Il s’était d’abord prêté avec calme au jeu, en attendant qu’il se finisse. Ce nouvel interrogatoire n’avait pour lui rien de différent des autres. Assit, seul dans la pièce, il attendait en silence que son interrogateur arrive – une pointe d’agacement commençait à percer sous son masque tranquille, dans la façon dont il tapotait de ses doigts sur la table. Oui, il était prêt à comprendre qu’ils aient besoin de temps. Mais de tout ce temps-là ? Ça commençait à bien faire… Il s’arrêta de bouger en entendant la porte s’ouvrir, et en voyant arriver la jeune femme à la tête de l’Ordre du Phénix.

À vrai dire, Dan n’avait aucune idée de qui était cette femme face à lui. Il leva un sourcil à son entrée – elle était vraiment jeune, pour s’occuper ainsi des interrogatoires. En même temps, ce n’était pas si étonnant que cela, la résistance devait vraiment manquer d’effectifs, s’ils en venaient à les recruter eux, des moldus. Enfin, il n’allait pas s’en plaindre, il avait pris sa décision, il n’était pas encore temps de la regretter. Pas encore. Il l’observa s’assoir face à lui. Elle avait de l’assurance, ça ne devait pas être la première fois qu’elle faisait ça. Enfin bon, il était prêt – il commençait à en avoir soupé de ces interrogatoires croisés qui lui reposaient les mêmes questions dans tous les sens, mais il fallait bien qu’il se plie au jeu.

"- Bonjour Capitaine... Je vous prie de pardonner toutes ces questions et cette attente. Cette procédure peut paraître vexante et dérangeante, mais j'espère que vous comprendrez."

C’était assez étonnant qu’elle l’appelle par son grade. « Je ne suis plus Capitaine », bougonna-t-il. C’était ironique qu’elle l’appelle ainsi. Après tout, n’était-ce pas leur faute, à eux, les sorciers ? Sans eux, il vivrait sa petite vie peinard, il serait toujours à l’armée, il pourrait voir sa fille, sa chère filleule, sa famille, ses amis, sans avoir à fuir ni à se cacher. Bien sûr, c’était égoïste, et c’était surtout faire vraiment preuve de mauvaise-foi, étant donné que cette fille se battait, bien sûr, elle aussi, contre ceux qui lui avaient pris sa vie, mais…

Quant à la procédure… Oui, il comprenait – ce qui ne l’enrageait pas moins. Qu’on le sépare d’Alex, qu’on le traite comme un espion, tout cela l’agaçait au plus haut point. Bien sûr, c’était normal, mais aussi profondément énervant. Qui était cette gamine pour le prendre de haut comme ça ?

"Si on ne vous la pas encore dit, vous et votre ami n'êtes pas nos prisonniers. Vous pouvez encore renoncer et partir, mais si vous vous engagez, ce sera sans possibilité de retour. Avez-vous faim ou envie d'un rafraîchissement ?"

Ouais, c’est ça… Bien sûr qu’il pouvait partir, haha. Comme si, une fois qu’il avait vu tant de visages, et été amené ici, même s’il ne savait pas où il était, il pourrait ensuite marcher tranquille sous le soleil, sans craindre que la résistance lui tire une balle dans le dos. Enfin bon. C’était mignon, même si ça lui déplaisait profondément. Quand il avait dit oui, il savait que ça l’engagerait, que ça les engageraient définitivement. Il secoua la tête à la question, autant d’agacement que pour répondre à la jeune femme.

"Bien... Vous avez surement de nombreuses questions. Alors, je vous écoute..."

Des questions ? Ah, voilà qui était nouveau. C’était la première fois qu’ils lui accordaient des questions. Bien sûr, comme elle l’avait bien deviné, sa première question irait à Alex.

« Alex va bien ? Ce n’est qu’un gosse, j’espère que vous ne l’avez pas trop terrifié. », lui reprocha-t-il. Bien sûr, malgré son inquiétude constante et paternaliste, il se doutait au fond de lui qu’ils n’avaient pas maltraité son petit protégé, mais les nouvelles étaient si rares qu’il profitait de l’occasion de pouvoir en demander. Cependant, ce n’était pas sa question première.

« Qu’allez-vous faire de nous ? Oui, bien sûr, c’est sympa d’être là, vos petits interrogatoires, tout ça, tout ça… Moi je veux bien, mais ensuite ? Quand vous aurez jugé qu’on est clean – d’ailleurs, cela arrivera-t-il dans longtemps ? – qu’est-ce qu’on pourra bien faire pour vous ? En quoi des moldus comme nous vous seront utiles, sorciers ? »

C’était peut-être arrogant, mais Dan ne s’était jamais pensé inutile. Même lorsque les magiciens avaient débarqué dans sa vie, il s’était dit qu’il pouvait les combattre, avec ses propres armes, avec la poudre et le feu. Oui, c’aurait été difficile, bien sûr, mais pas impossible. Il était persuadé qu’il serait utile à cette résistance, à l’Ordre, mais il voulait d’abord savoir ce qu’eux en pensaient, pourquoi ils les avaient acceptés, et ce qu’ils allaient leur demander. Enfin qu’ils allaient lui demander – pour Dan, il était hors de question qu’Alex prenne part à ce combat.

Et puis, il restait une dernière chose qu’il voulait savoir. Une chose plus personnelle, qui pour une fois ne concernait pas Alex, et ne le concernait pas directement. Mais bien sûr, il était hors de question qu’il demande directement cela à cette femme. Il glissa néanmoins un sourire dans sa phrase en demandant :

[b]« J’ai… une dernière question. Quelles sont les nouvelles de l’extérieur ? Du monde ? »|/b]

Ce n’était pas tant le monde qui intéressait Dan, que deux pays en particulier. Qu’était-il advenu de sa famille ? Sa sœur, en Grande-Bretagne, les quelques amis qu’ils lui restaient ? Maintenant que le grand Secret n’existait plus, les choses allaient être difficiles pour eux. Et puis, il pensait à sa fille, en Australie. Que se passait-il là-bas ? Avaient-ils cru cette nouvelle absurde d’un monde magique ? Sa petite Neila était-elle en sécurité ? Contrairement à Alex, elle n’avait rien pour se protéger, elle… Si elle était attaquée, elle ne pourrait rien faire…
Bien sûr, jamais il ne mentionnerait son nom devant des sorciers – il n’y aurait rien de pire pour la mettre en danger que de montrer qu’il tenait à elle, et qu’il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter de son sort. Cependant il espérait secrètement que cette femme face à lui lui dise que la petite allait bien, qu’elle était en sécurité – alors même que cela aurait signifié qu’elle était en danger, puisque son existence était connue…
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MessageSujet: Re: Les recrues [PV Dan L. Millers, endroit secret, AmSud] Mer 20 Aoû - 6:18

"Penser de façon autonome, cela signifie réfléchir sa croyance et son incroyance, sa confiance et sa méfiance" - Edgar Morin

L'interrogatoire des recrues ou des prisonniers n'était pas l'activité la plus intéressante ni la plus facile pour beaucoup de résistants, mais elle s'avérait nécessaire pour diverses raisons. En fait, il n'existait pas de procédure applicable pour chacune d'entre elles. Il était plutôt question de psychologie et d'adaptation : de persuasion. Parfois, il était question de subterfuge. Le reste n'était qu'une succession de règles de sécurité et rien de plus. En l'occurrence ici, le Capitaine Millers et son jeune ami ne risquaient rien ;  du moins tant qu'ils resteraient coopératifs.

Les interrogatoires croisés, le changement d'interlocuteurs, l'attente, le désarmement, la fouille au corps, les soins médicaux, la séparation, tout cela faisaient parti d'une mise en scène respectant la morale et la Justice, une vision qui était celle du refus de la barbarie, des traitements cruels et dégradants, du respect pour la vie et de la tolérance. Pour l'instant, il était hors de question de les traiter en ennemi, d'employer des techniques plus "radicales" de persuasion, car ces individus - même en période de guerre - possédaient encore des droits.

Hermione avait lu le rapport et assistée aux derniers interrogatoires. Elle se doutait que ces moldus ignoraient tout ou presque du monde des sorciers, qu'ils se méfiaient d'eux ou les haïssaient. Elle savait qu'ils avaient des questions, envie de savoir ce qu'il était advenu de l'autre, d'apprendre qui étaient ces résistants et ce qu'ils revendiquaient. Elle n'oubliait pas qu'elle se trouvait devant un Capitaine de l'armée de sa Majesté, un homme qui avait déserté, qui avait été formé pour savoir comment réagir aux interrogatoires musclés, mais certainement pas comme un membre des forces spéciales des S.A.S.

Pour l'instant, la résistante se contenta de l'observer, d'écouter les intonations de sa voix, de remarquer certaines micro expressions qui échappaient à la plupart des gens. Loin d'être une experte, elle tentait d'analyser - à travers cela et les mots - le mode de pensée, le système de valeurs, le degré de confiance et le caractère de cet individu, non pour lui faire mal, mais pour établir une passerelle de communication, une relation de confiance ou à défaut pour tenter de le déstabiliser assez pour lui donner matière à réflexion, pour le persuader qu'il n'était pas face à une ennemie.

Comment le convaincre ? Comment établir une confiance lorsque vous êtiez retenu contre votre volonté, lorsque vous ne vous connaissiez pas ou vous compreniez mal ? Comment réussir à dépasser des siècles d'ignorance ? Certes, ils avaient accepté leur proposition après des mois d'observation et quelques entrevues secrètes. On ne leur avait pas caché les risques ni pourquoi ils se battaient, sans leur révéler le nom de leur groupe ou leurs identités. On ne les avaient pas menacés ni maltraités. Aujourd'hui, on leur demandait de faire le choix le plus difficile, celui de la résistance et du patriotisme, en toute liberté et dans l'honneur.

Pour Hermione, l'Ordre du Phénix était une famille, un groupe d'amis ou d'individus s'unissant pour défendre une seule cause, pour mettre fin à la guerre et empêcher un génocide à l'échelle mondiale. Défendant la pluralité des origines, des opinions et des croyances - à l'exception du racisme, de la xénophobie et de l'anarchie - elle estimait qu'il y aurait des nations qui souhaiteraient conserver leur indépendance vis-à-vis des sorciers ou s'unir à eux lorsque la guerre serait terminée. C'était le principe de l'auto-détermination, l'un des droits fondamentaux défendu par la Charte des nations unies.

Ce principe, la résistance serait obligée de l'enfreindre pour la survie de toutes les formes de vie existantes sur cette planète, pour protéger des innocents face au sectarisme et à la barbarie. Cependant, les questions politiques relatives à la Grande-Bretagne devaient être mise de côté, les ambitions personnelles et les préjugés placées entre parenthèses pour faire front commun contre un ennemi puissant et impitoyable. Nul besoin de gouvernement provisoire, de partis politiques et de titres ronflants. Il devait n'y avoir que des combattants, une ligne directrice - tous contre le purisme quelle que soit sa forme ! - un semblant de hiérarchie ainsi que des objectifs diplomatiques et militaires.

En entrant dans la salle d'interrogatoire, Hermione afficha un air neutre, mais bienveillant. Elle savait qu'il l'observerait, qu'il tenterait de la jauger ou de la déstabiliser. Et bien qu'il ne s'agissait pas de son baptême en la matière, elle disposait d'un avantage qui consistait à fermer son esprit et résister aux influences extérieures. Ce fut donc en toute quiétude, en contrôlant ses pulsations cardiaques et sa respiration, avec une barrière mentale en place, qu'elle s'avança devant lui afin de s'excuser, en lui proposant quelque-chose à boire ou à manger. Toutefois, en dépit de ses paroles sincères, il s'agissait toujours d'un test. La question était de savoir quand celui-ci s'arrêterait.

"- Bonjour Capitaine... Je vous prie de pardonner toutes ces questions et cette attente. Cette procédure peut paraître vexante et dérangeante, mais j'espère que vous comprendrez."

« Je ne suis plus Capitaine », bougonna-t-il.

Cela n'était ni étonnant ni ironique qu'elle l'ait nommée par son grade pour la simple raison qu'elle connaissait les lois et le droit international. Selon ses lois, un déserteur ou un criminel restait soumis aux lois de son pays et appartenait toujours à ses forces armées. En titillant son honneur, Hermione cherchait à le comprendre et elle venait d'obtenir une réaction : Cela lui avait déplu. Pourquoi ? Etais-ce parce qu'il était un mauvais officier-supérieur, un criminel ou quelqu'un ayant réalisé que son pays était sous la coupe d'une poignée de sorciers mal intentionnés ? Pourquoi avait-il abandonné ses hommes ?

Elle poursuivit :

"- Si on ne vous la pas encore dit, vous et votre ami n'êtes pas nos prisonniers. Vous pouvez encore renoncer et partir, mais si vous vous engagez, ce sera sans possibilité de retour. Avez-vous faim ou envie d'un rafraîchissement ?"

A en juger par sa réaction, il n'en avait pas cru un traître mot. Apercevoir des choses, des visages, n'avaient aucune espèce d'importance. L'endroit où il se trouvait était bien protégé. Il ignorait le pays et la région dans laquelle il se trouvait. Il ne connaissait les noms de personne. Il ne savait pas qu'il discutait avec l'un des individus les plus recherchés ni avec l'un des chefs de la résistance. La nourriture et la boisson n'étaient pas empoisonnées et aucune goutte de veritaserum n'y avait été versée. La perfidie était pour leurs ennemis, non pour leurs recrues. Autrement, oui, ils restaient libres de partir avant qu'il ne fusse trop tard, aussi surprenant que cela ait pu paraître, puisqu'il existait une procédure prévue à cet effet.

Abattre des civils dans le dos sans raison valable était un crime de guerre. Cela revenait à relacher un prisonnier et à l'abattre comme un chien en prétendant qu'il avait tenté de s'enfuir, cela consistait à le molester après l'avoir provoqué en prétendant à une rébellion, à lui faire le coup de la baignoire et à l'électrocuter pour avoir été un vilain garçon. Il existait pire encore. Non, il y avait des choses que l'on ne faisait pas au sein de l'Ordre et Hermione espérait que ce militaire ait encore une once d'honneur et le sens du devoir. Elle nota son agacement qui aurait pu être le signe d'un caractère délicat, d'un manque de patience ou d'une vexation quelconque. Peut-être s'agissait-il des trois à la fois. Allez donc savoir...

"Bien... Vous avez surement de nombreuses questions. Alors, je vous écoute..."

« Alex va bien ? Ce n’est qu’un gosse, j’espère que vous ne l’avez pas trop terrifié. », lui reprocha-t-il.

Pourquoi tenait-il autant à ce jeune homme qui était à peine majeur ? Selon le rapport, Alex Dorth avait perdu ses parents. Depuis, il voyait cet ancien militaire comme un père adoptif, comme quelqu'un qui le protégeait et lui avait appris à se servir d'un fusil de précision. Elle savait que ces deux-là manquaient d'informations, qu'ils ne faisaient que lutter comme d'autres pour leur survie, leur famille et leur pays, qu'ils cherchaient une protection et de quoi se battre. Et comme elle l'avait deviné, son inquiétude se tourna directement vers le jeune homme sous sa protection ; une attitude bien paternaliste et généreuse pour un type qui ne donnait guère de signe de détente ou d'amabilité. Mais comment lui en vouloir ?

« Qu’allez-vous faire de nous ? Oui, bien sûr, c’est sympa d’être là, vos petits interrogatoires, tout ça, tout ça… Moi je veux bien, mais ensuite ? Quand vous aurez jugé qu’on est clean – d’ailleurs, cela arrivera-t-il dans longtemps ? – qu’est-ce qu’on pourra bien faire pour vous ? En quoi des moldus comme nous vous seront utiles, sorciers ? »

La jeune femme maintint son attitude bienveillante devant des questions légitimes et prévisibles. Hermione ne le trouva pas si désagréable, mais elle en avait vu d'autres. Quant à leur utilité, elle estimait que le jeune homme serait libre de prendre part ou non à la lutte, d'une façon ou d'une autre. Quant au Capitaine, elle comptait déjà sur son expérience et ses compétences pour éduquer ses troupes, prendre part à des opérations et l'aider à servir de trait d'union. S'il se battait pour défendre son pays et les moldus, elle n'avait rien contre. C'était aussi leur but. Néanmoins, bien qu'elle ne le montra pas, elle fut intriguée par ses questions et par un terme en particulier. "Sorcier" : voilà bien un terme qui marquait une différenciation de manière bien cinglante.

Oh elle ne lui en voulait pas le moins du monde. C'était compréhensible, mais cela lui fit drôle de considérer que pour les uns elle n'était qu'une "sang-de-bourbe" et pour les autres "une sorcière". Et on viendrait ensuite lui dire qu'elle était une personne odieuse, elle qui défendait tous les opprimés sans se soucier de leurs origines ; elle qui revendiquait le terme de "sang-de-bourbe" comme un symbole de fierté et non plus comme la pire des insultes, elle qui serait prête à défendre à égalité la vie d'un elfe de maison, d'un gobelin, d'un centaure, d'un moldu et allez savoir qui d'autre. Ce type avait donc une dent contre les sorciers. Mais que leur reprochait-il au juste ? La mort de la famille royale, l'attaque de Londres, leur existence, mais encore ? Voilà le noeud du problème, l'enjeu de cette conversation : savoir pourquoi il avait déserté et pourquoi elle sentait poindre de la méfiance derrière ses questions.

Etait-il arrogant ? hm... d'un certain point de vue. Pour Hermione, absolument pas. Cela cachait une haine à l'égard des sorciers, un manque de connaissance de leur univers et c'était "tout à fait normal" si l'on considérait ces dix années de propagande puriste et ce qui s'était produit. Les mots, voyez-vous, avaient une importance. C'était aussi ce qu'elle avait reproché à Benjamin. Le langage humain était si imparfait, si délicat, que l'on pouvait jouer avec et leur faire dire à peu près n'importe quoi pour peu qu'il n'y ait en face personne pour en comprendre le sens caché, pour se laisser influencer par des talents d'acteur ou des sentiments. Dan et son ami seraient loin d'être inutiles, mais surtout ils avaient le droit de se battre contre la tyrannie et l'oppression. Chacun aurait un rôle à jouer, avec ses forces et ses faiblesses vis-à-vis desquelles ils n'auraient pas à mentir ou à se sentir stupide, car c'était humain.

« J’ai… une dernière question. Quelles sont les nouvelles de l’extérieur ? Du monde ? »

Hermione s'attendait à ce qu'il lui demande qui elle était et quelle organisation elle représentait. Elle s'était attendu à des questions comme : où sommes-nous ? Qui êtes-vous ? Mais le Capitaine Millers n'en avait pas voulu. Il lui avait prouvé qu'il était intelligent, prudent et suspicieux. Il ne montrait pas sa peur, quand bien même il respirait la nervosité. Tant mieux. Quant à sa famille, l'Ordre n'avait pas eu le temps de diligenter une enquête, mais elle lui aurait répondu volontiers par la vérité si elle avait eu la moindre information. Seulement, on ne lui avait encore posé aucune question à ce sujet. Quant aux nouvelles de l'extérieur, du monde, ce n'était pas le genre d'informations que l'on considérait comme étant "secret defense". Du moins, cela dépendait des informations transmises. Alors, la dirigeante de l'Ordre se contenta de lui répondre en toute honnêteté :

"- Votre ami va bien. Vous pourrez lui parler un moment après notre entrevue. Il n'a pas été malmené, mais si vous veniez à vous plaindre de quoi que ce soit, je vous prierai de me le faire savoir, s'il vous plait. Vous pouvez m'appeler Kneazzle *, si vous voulez...", lui répondit-elle avec calme.

Elle l'observa un bref instant avant de reprendre. La née-moldue n'était pas une idiote qui se reposait sur la bonne foi ou l'apparente amabilité des gens. Si certains auraient pu critiquer ses méthodes d'interrogatoire, il fallait se rappeler qu'elles dépendaient de l'individu que l'on avait en face de soi, qu'elle devait se méfier de ne pas croire ce que l'ennemi voulait qu'elle croit. Mais à ce petit jeu là, à moins de lui laisser le choix entre la légilimancie et le véritaserum, il faudrait bien mettre ces deux-là à l'épreuve d'une toute autre manière.

"Lorsque vous serez "clean", comme vous dîtes, vous aurez la possibilité de vous joindre à nous. Vous aurez accès à une caserne protégée par le serment du fidelitas, un sortilège qui vous empêchera de trahir sa localisation, même sous la torture. Vous ne connaîtrez vos compagnons que par leurs pseudonymes et vos privilèges seront réduits pour l'instant. Vous pouvez me poser des questions à ce sujet, si vous le désirez.", fit-elle avec amabilité.

"Sachez qu'au sein de l'Ordre du Phénix nous ne faisons aucune discrimination. Quel que soit nos origines, nous sommes tous à égalité. Nous luttons tous contre le purisme et l'Intendance. Si vous voulez vous battre pour les moldus et défendre notre pays dans l'honneur et l'indépendance - ou le monde entier - cela nous convient. Vous pourrez participer à des opérations en vous portant volontaire ainsi qu'en nous faisant bénéficier de votre expérience. Ici, c'est l'union qui fait la force.", ajouta-t-elle en concluant avec sérieux.

Evidemment, les recrues n'avaient que peu de privilèges et peu d'occasion de pratiquer l'espionnage puisqu'ils seraient surveillés aussi longtemps qu'on le jugerait utile. La compartimentalisation des informations et la division en cellules devaient permettre de réduire - sinon de rendre impossible - toute tentative d'espionnage et de compromission totale de l'organisation. On le leur confierait que ce qu'ils avaient besoin de savoir et le test ne prendrait fin que lorsque la question ne se poserait plus. Cela ne dépayserait donc pas ce cher Capitaine Millers habitué à évoluer dans un milieu de type militaire.

Hermione se leva et commença à faire les cent pas devant lui, avec les bras croisés contre sa poitrine. Il émanait d'elle une grande confiance et un grand calme, chose qui aurait pu paraître surprenant chez ceux qui la connaissait, mais l'occlumancie avait cet effet qu'elle permettait de dissimuler les pensées et les émotions au regard des autres. Cela ne voulait pas dire qu'elle n'avait pas appris quelques petits tours de passe-passe pour ne pas paraître trop froide. Elle se rappelait assez des professeurs Rogue et Dumbledore pour connaître leur différence de style. Bien-sûr, si la jeune femme agaçait beaucoup de monde par son intelligence, sa culture, sa propension à avoir quasiment toujours raison et son caractère, cela lui conférait un atout non négligeable : de l'aplomb. Enfin, façon de parler...

"Si j'en juge par votre vocabulaire, les sorciers sont responsables de votre malheur et vous vous méfiez des gens comme moi. Je comprends. Or, vos préjugés trahissent votre méconnaissance totale du monde des sorciers. Ce que je vous propose c'est de vous apprendre tout ce qu'il y a à savoir afin que vous puissiez vous battre et essayer de survivre. Je sais aussi qu'il vous faudra du temps pour comprendre que nous ne sommes pas vos ennemis et que nous pouvons nous faire confiance.

Il y a quelques mois, l'Irlande a été envahi par l'Intendance. Il s'est installé un régime totalitaire répressif envers les opposants politiques, les homosexuels, les moldus qui refusent de se soumettre aux sorciers, envers ceux qui posent trop de questions, les nées-moldus comme moi ainsi qu'envers tout ceux qui ne partagent pas leur vision ou sont devenus inutiles voire dérangeants. Avez-vous entendu parler des commissions de sang ou des commissions destinées à "l'intégration" des moldus, Monsieur ?

Des camps de travaux forcés et d'extermination ont été créer. Ces derniers ne sont jamais mentionnés dans les médias. L'italie, l'Allemagne, l'Espagne et la France se sont rapprochés du Royaume-Uni et ont envoyés quelques divisions sur notre territoire. L'O.N.U. et son équivalent sorcier ne bougent pas. La conscription a été relancée dans notre pays. Nos armées ont fusionnées et sont dirigées par des sorciers ou des hommes de paille sans aucun doute.

Des milliers de nés-moldus, d'opposants, de moldus, de bébés, des gens de tous âge, tous innocents, sont exterminés chaque jour. Les médias sont contrôlés, l'internet censuré, des enfants sont envoyés en camp de travail, d'autres sont embrigadées comme le furent les jeunesses Hitlériennes. Les lois deviennent impitoyables et discriminatoires, un système de caste a été instauré, nos gouvernements ont fusionnés afin de favoriser la transition et l'élimination de tout pouvoir détenu par les moldus. En ce moment même, l'Intendance organise des jeux du cirque dans la capitale, comme à l'époque de la Rome antique. Des gens sont forcés de s'entre-tuer, d'affronter des animaux dans une barbarie jamais égalée depuis la seconde guerre mondiale."


Hermione fit silence un instant et cessa sa marche. Son attitude n'avait pas changé, mais ses yeux commençaient à briller d'une étrange lueur. Puis, elle se remit à marcher en poursuivant son résumé de la situation dans le monde.

"Nous savons que la Chine adhère à la politique de la Grande-Bretagne, mais aussi que les Etats-Unis, l'Australie, le Canada et l'Océanie sont menacés. Si leurs magouilles ne suffisent pas, ils trouveront un prétexte pour leur déclarer la guerre. Le reste n'est qu'une vaste supercherie, une opération de propagande diffusée par les médias et le gouvernement afin de corrompre les esprits, pour vous convaincre que vous êtes "du bon côté" et que des terroristes cherchent à détruire notre monde. Vous savez, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, Goebels et Alexïeva, la jolie poupée chargée des relations avec les moldus, c'est pareil.

Je suis en train de vous parler d'un conflit qui fera des milliards de victimes si nous ne faisons rien, si nous ne l'emportons pas. Peut-être aurons-nous à payer cette victoire au prix fort, mais ce qui est sûr, c'est que si nous ne nous unissons pas, l'humanité disparaîtra et avec elle toutes les créatures jugées indignes de vivre. Il est donc indispensable de mettre nos connaissances et nos forces en commun pour éliminer cette menace. Vous pouvez dès lors choisir de continuer votre petite guerre personnelle, avec vos préjugés, ou être plus utile en rejoignant la résistance. Ici, on respecte les gens pour leurs différences et leur volonté de se battre."


La née-moldue s'arrêta et fixa le Capitaine droit dans les yeux. S'il cherchait à l'impressionner, il n'avait qu'à se dire que si elle avait voulu lui faire du mal, cela aurait été chose faite, que si elle avait voulu les embrigader de force dans leur armée, on leur aurait collé un flingue sur la tempe et on les auraient menacés de diverses représailles s'ils n'obéissaient pas. Ca aussi cela aurait été un crime de guerre. Cela revenait également à profiter de la faiblesse des gens pour les pousser au suicide, à prendre sur eux des explosifs pour aller se faire sauter en martyr. Alors, s'il voulait par là vérifier les valeurs morales de ce groupe de résistance, cela ne posait aucun problème. Mais maintenant qu'elle avait joué les gentilles filles, l'heure n'était plus à la plaisanterie.

"Oh et avant que vous ne m'appeliez encore "sorcière", je pense que vous auriez besoin d'un cours d'histoire sorcière en accéléré, parce qu'il est plus facile de juger ce que l'on ne connait pas, ce que l'on ne comprend pas ou ce que l'on refuse à comprendre. Il est plus facile de tuer en ignorant que la personne qui se tient devant vous est intelligente et guère différente de vous. C'est un problème que les sorciers et moldus ont en commun.

On ne vous demandera pas de sacrifier votre vie pour d'obscures raisons, car contrairement à l'ennemi, nous ne considérons pas nos hommes comme de la chair à canon. Nous nous battons pour la liberté, les droits fondamentaux et le droit de vivre. Nous sommes peut-être des idiots, des civils jouant aux petits soldats, des paysans ne sachant pas manier d'armes ou des moins que rien, mais nous sommes tout ce qui vous reste.

Maintenant que j'ai répondu à vos questions, répondez aux miennes : Pourquoi avoir déserté ? Comprenez que la désertion d'un Capitaine de l'armée de sa Majesté est une chose curieuse, à moins que vous n'ayez quelque-chose à vous reprocher ? Je me demandais également... pardonnez-moi, mais... avez-vous encore de la famille au pays ?"


Pour l'instant, Hermione le tenait par les noisettes et elle n'avait pas l'intention de lâcher prise. Soit il se mettait à table, soit il devrait patienter quelques jours de plus. Si ce Capitaine souhaitait un jour sortir de ce panier de crabes et revoir son jeune ami, il aurait tout intérêt à ne pas l'embobiner ou à essayer de jouer au plus malin. Si l'on voulait rire de la résistance, on ne devait pas oublier que le monde et ses ressources étaient vastes. Elle n'avait pas oublié l'aide de ce dragon libéré de Gringotts, la révolte des elfes de maison, l'aide de Buck l'hypogriffe, le soutien des centaures, des gobelins et des êtres de l'eau. La Nature, l'instinct de survie des créatures peuplant leur monde était puissant. Cette planète qui était la leur était un bien précieux vis-à-vis duquel ils devaient montrer du respect tout en communiant avec elle pour s'en faire une alliée ; une chose que l'on sous-estimait bien souvent. Non, tout n'était pas encore perdu, car lorsque l'on tentait d'y mettre des barrières, celle-ci finissait toujours par reprendre ses droits...

* HRP : Kneazzle signifie Fléreur en Français.

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MessageSujet: Re: Les recrues [PV Dan L. Millers, endroit secret, AmSud] Mar 9 Sep - 23:51

Il pourrait voir Alex. Voilà qui était enfin une bonne nouvelle. Finalement, si ces sorciers les laissaient se voir, c’est qu’ils avaient dû juger que deux moldus n’étaient pas dangereux pour eux – en tous cas pas assez pour que leurs retrouvailles puissent provoquer quoi que ce soit. Il s’attendait à trouver un Alex terrifié et fatigué ; contrairement à lui, il n’avait pas l’habitude, et il était si jeune… Il lança un regard reconnaissant à la jeune femme face à lui ; elle n’y était sûrement pour rien, mais de toute façon un peu de bonne volonté de sa part ne pouvait pas nuire.

Dan se sentait responsable du gamin. C’était sa tâche de le protéger, de veiller sur lui… sa responsabilité, et son fardeau. Ce n’était pas qu’Alex fusse un mauvais garçon, ou inutile, ou quoi que ce soit de ce genre, non. Non, c’était surtout qu’à chaque fois qu’il le regardait, Dan voyait les visages de ceux qu’il n’avait su protéger, ceux qui seraient encore là s’il avait été meilleur. Alex était le reproche vivant de sa propre incompétence, le dommage collatéral d’une guerre qui n’aurait pas dû être la sienne. Bien sûr, c’était oublier que maintenant c’était le monde entier qui était pris dans la tourmente, et que partout on sentirait les retombées de cette guerre – mais le gosse aurait dû affronter ça avec les siens, et non pas avec un inconnu qui se prenait pour un héros et tentait de le transformer bon gré mal gré en soldat. Dan n’avait jamais su être un bon père, de toute façon. Il avait abandonné sa fille, son propre sang ; il se répétait qu’il faisait cela pour la protéger, il s’en était d’ailleurs convaincu, mais cela ne changeait rien au fait qu’il l’avait abandonnée. Il était un soldat, pas un père. Il avait toujours obéit aux ordres, et il se retrouvait maintenant aux commandes. Il avait dû prendre les décisions, parce que c’était son devoir, et qu’il était le seul à pouvoir le faire, mais il n’avait jamais appris à consoler un gosse qui se réveillait en sueur toutes les nuits, il ne savait pas comment réagir quand fleurissait un sourire sur ce visage qui avait déjà trop souffert pour son âge, il n’avait aucun moyen de lui transmettre un peu de chaleur et de courage quand le gamin en avait besoin. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était le protéger. De son mieux. Car c’était sa tâche.

Et bien sûr, n’était-ce pas faillir à son devoir, qu’être allé vers la Résistance ? C’était se mentir à lui-même que se dire qu’en faisait cela, il protégeait Alex. Bien sûr que le gosse serait plus en danger en agissant qu’en se cachant. Bien sûr, oui, mais lui-même avait besoin d’un chef. Pouvoir se reposer sur des ordres clairs, obéir sans avoir à réfléchir – cela lui allait très bien. Il croyait en leur cause commune ; il préférait ne pas penser au fait qu’il ait pu être manipulé par ces « rebelles » pour être utilisé comme un outil. Il se savait lâche : faire confiance était bien moins effrayant, dans cette situation, que se dire que ces sorciers se battaient pour une cause plus trouble que ce qu’ils annonçaient. Après tout, il y a toujours des monstres dans tous les camps, et peut-être avait-il croisé seulement ceux du camp adverse. Mais il voulait y croire. Il voulait croire qu’il avait rejoint le bon camp, qu’il faisait quelque chose de bien, qu’il protégeait les siens et son pays. Il n’avait fait confiance à personne depuis des années, et il n’était même plus sûr d’en être capable à nouveau ; mais il avait dit « oui ». Alors il agirait. Il se battrait pour eux, et pour cette Kneazzle si elle le lui demandait – quoi que puisse être un « kneazzle » au juste.

Retrouver la vie de caserne, comme elle le lui annonçait, ne lui paraissait pas si mal. Bien sûr qu’ils auraient des pseudos, c’était logique, et évidemment qu’on ne les laisserait pas courir partout. Cela ne l’inquiétait pas outre-mesure. C’était même rassurant, de retrouver une routine qu’il n’avait plus connue depuis des années, et qui, il ne s’en rendait compte qu’aujourd’hui, lui avait un peu manqué – même si ça devait être dans une caserne magique remplie de sorciers. Il n’avait pas vraiment de questions à lui poser à propos de cela, il verrait bien comment ça s’organiserait. En tous cas, il sentait bien aux remarques de son interlocutrice que son attente touchait à sa fin ; cette succession d’interrogatoires allait se finir un jour, visiblement, et ce n’était pas plus mal. Il lui fit signe de poursuivre en esquissant un sourire.

"Sachez qu'au sein de l'Ordre du Phénix nous ne faisons aucune discrimination. Quel que soit nos origines, nous sommes tous à égalité. Nous luttons tous contre le purisme et l'Intendance. Si vous voulez vous battre pour les moldus et défendre notre pays dans l'honneur et l'indépendance - ou le monde entier - cela nous convient. Vous pourrez participer à des opérations en vous portant volontaire ainsi qu'en nous faisant bénéficier de votre expérience. Ici, c'est l'union qui fait la force. " , ajouta-t-elle en concluant avec sérieux.

Oui, bien sûr, elle se mettait à lui tenir un discours sur l’égalité ; il était tout prêt à l’entendre, puisqu’il avait décidé d’y croire, mais cela ne l’empêcha pas de noter le mot « moldus ». Elle aurait pu dire « peuples », ou tout autre mot englobant à la fois les sorciers et les gens normaux. Elle cherchait à lui plaire, à lui montrer qu’il se battrait pour protéger les siens. En soit, elle n’avait pas tort, c’était exactement ce qu’il voulait faire – mais leur ennemi commun ne s’en prenait pas qu’aux « moldus », n’est-ce pas ? Sinon les magiciens ne se seraient pas levés contre lui, Dan ne pouvait croire cela. Finalement, si elle en était à chercher ainsi son approbation, c’est que les huiles là-haut avaient dû juger qu’ils étaient dignes de confiance. Bien sûr, comme ils étaient des rebelles traitres à leurs gouvernements, ils se méfieraient toujours, c’était la guerre après tout, mais son pressentiment se confirmait : ils avaient gagné une confiance relative de l’Ordre, et leur attente touchait à sa fin. Il hocha la tête calmement en sentant qu’elle était sérieuse – elle n’aurait peut-être pas apprécié qu’il se mette à rire de son discours hautement démago. Enfin, c’était de bonne guerre, après tout on veut toujours prouver qu’on est le bon camp, et puis elle avait l’air de croire ce qu’elle disait, ce qui était déjà pas mal.

"Si j'en juge par votre vocabulaire, les sorciers sont responsables de votre malheur et vous vous méfiez des gens comme moi. Je comprends. Or, vos préjugés trahissent votre méconnaissance totale du monde des sorciers. Ce que je vous propose c'est de vous apprendre tout ce qu'il y a à savoir afin que vous puissiez vous battre et essayer de survivre. Je sais aussi qu'il vous faudra du temps pour comprendre que nous ne sommes pas vos ennemis et que nous pouvons nous faire confiance. "

Il ne bougea pas quand elle se leva, se contentant de noter à nouveau ce qu’il s’était déjà dit plus tôt : elle avait de l’assurance, pour une fille de son âge. Elle avait quoi, vingt-cinq ans ? Au final, elle n’était pas beaucoup plus âgée qu’Alex, et Alex était un gamin. Par contre, il ne s’attendait pas vraiment à ce qu’elle prenne ombrage du terme de « sorcier » ; elle parlait bien des siens comme des « moldus »… En même temps, Caroll aussi avait tiqué quand il l’avait appelée ainsi. Bien qu’il n’ait pas dit ça de façon péjorative, elles avaient toutes les deux raison, ce n’était jamais agréable de se faire traiter de monstre, même si la triste réalité était bien là : il y a des gens qui ont la chance de naitre plus armés que d’autres pour la vie, mais qui en contrepartie inspirent la peur. À eux de voir si cela les blesse, les contente, ou s’ils l’acceptent. Quant à savoir si lui, il était prêt à ne pas juger tous les sorciers comme ses ennemis… C’était autre chose.
En fait, il détestait les sorciers en général, juste parce qu’ils étaient puissant. Une haine, qui comme toutes les haines, venait de la peur. Cependant, ce n’était pas pour cela qu’il comptait tous les traiter comme ses ennemis – il avait besoin d’eux, pour lutter contre leurs semblables. C’était détester les chiens, mais adopter un molosse pour se protéger des attaques de ses congénères. Un mal nécessaire. Et puis, au final, les sorciers étaient comme eux : tous différents, et certains étaient même sympathiques, malgré tout. Non, il ne les traitait pas tous en ennemis ; mais il les regardait tous avec méfiance, oui, elle n’avait pas tort. Bien sûr, ils apprendraient à se connaitre, oui… Il lui sourit doucement.

« Si je pensais que vous étiez mes ennemis, je ne serais pas là. Et oui, je suis là pour apprendre, après tout. Donnez-moi les armes, je les manierais, et je ne parle pas que de fusils. »

Il l’écouta attentivement détailler la situation mondiale. Il secoua la tête. Bien sûr que non, qu’il n’était pas au courant. Rien ne filtrait. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, à en croire les médias. Bien sûr… Toutefois, il n’était pas surprit, c’était ce qu’il avait soupçonné depuis le début ; depuis le premier jour, quand il avait entendu parler des « sorciers » à radio, il avait compris que plus personne ne serait en sécurité nulle part, plus jamais. Il nota au passage que son vis-à-vis était née moldue – comme Caroll. Les rebelles était-ils tous des victimes du régime ? Ce n’était pas étonnant, en fait, mais presque un peu triste ; il fallait que les autres se lèvent aussi, s’ils voulaient avoir une chance.

Il ne comptait pas mentir à cette fille. Oui, il voulait les rejoindre, mais oui, c’était pour ses propres raisons. Ce n’était pas pour la liberté, ou l’égalité, ou quoi que ce soit, mais pour protéger les siens. Les moldus. Comme il l’avait toujours voulu, comme il l’avait toujours cru : la tâche d’un soldat est de protéger ceux qui ne peuvent se protéger eux-mêmes.

« Je me battrais avec vous. Mais pas pour vos beaux idéaux tout brillants – je ne vais pas vous mentir là-dessus, si je suis avec vous, c’est d’abord pour moi. Et quelque chose me dit que même dans ce cas-là, vous m’accepterez… » Il ne voulait pas la défier, ou encore chercher à l’impressionner. Il parlait avec calme, énonçant un simple fait ; s’ils étaient bien des rebelles tels qu’il les imaginait, et qu’il ne leur donnait pas de raisons de se défier de lui, ils auraient besoin de son aide. De toute l’aide disponible, en fait.

"Maintenant que j'ai répondu à vos questions, répondez aux miennes : Pourquoi avoir déserté ? Comprenez que la désertion d'un Capitaine de l'armée de sa Majesté est une chose curieuse, à moins que vous n'ayez quelque-chose à vous reprocher ? Je me demandais également... pardonnez-moi, mais... avez-vous encore de la famille au pays ?"

Il ne s’y attendait pas. Qu’elle le questionne sur sa désertion. Qu’elle lui demande s’il avait de la famille, un peu plus, mais ça… Ces deux questions demandaient une réponse différente. En quoi était-ce un problème qu’il soit un déserteur ? Lui-même refusait de se voir ainsi. Même s’il refusait son grade de capitaine, mettre le mot « déserteur » sur son propre visage était difficile.

« Je ne suis pas parti par choix. Quand je suis… parti de l’armée, les sorciers ne s’étaient pas encore révélés, mais j’avais déjà eu l’occasion d’en croiser. Qui m’aurait cru ? Je pensais être le seul ; le seul « moldu », je veux dire, à savoir. Et je n’aurais rien pu faire pour protéger les miens en restant à l’armée… Voilà, c’est tout. Quand les choses iront mieux, ils auront tout le loisir de me juger – vous aussi si vous le voulez – mais je pense que là, ce n’est pas le plus urgent. Quoique c’est à vous de me dire, si vous pensez que je dois être traduit en justice pour désertion… »

Il haussa les épaules. Il ne pensait pas avoir de choses à se reprocher. Pas sur ce point-là en tous cas. Enfin… Elle soulevait une question qui méritait d’être posée : avait-il déserté parce qu’il se jugeait incapable d’être un soldat, puisqu’il n’avait su défendre ses amis ? Il chassa rapidement cette pensée de son esprit. Non. Ce n’était pas ça. Il ne pouvait pas juste partir à la chasse aux sorciers, protéger Alex, et en même temps garder une vie normale. C’était impossible.

Bien sûr, il y avait autre chose, aussi… La peur.
Depuis l’incident, il avait vécu dans la peur. Il lui avait fallu se cacher pour tenter d’échapper à la vengeance de la sorcière, vengeance qui était peut-être même imaginaire. Il lui aurait été trop dur de vivre sa vie au jour le jour, en pleine lumière, en imaginant cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Non, bien sûr, fuir et se cacher n’était pas la bonne solution, mais il n’avait rien vu de mieux à l’époque. Il avait été terrifié, et, d’un certain côté, il l’était encore. Il avait décidé de rejoindre la Résistance pour se battre, oui, mais cela ne rendait pas ses ennemis moins effrayants – ses alliés non plus d’ailleurs.

Il restait une question. Il tenta de réfléchir à toute allure. Devrait-il leur parler de sa famille ? Que pourraient-ils faire de toute façon ? C’était attirer l’attention sur eux, non ? Cela ne les mettrait-il pas en danger ? Bien sûr, ils étaient en danger de toutes façons, mais il suffirait qu’un agent de la Résistance les surveille et se fasse prendre pour que l’ennemi les repère ! Sa sœur, ses parents… Et surtout sa petite fille, en Australie !
Il avait fait jurer à Alex de ne jamais parler d’eux – le gamin raconterait surement sa propre histoire, l’incendie, mais jamais il ne parlerait d’eux, il l’avait promis. S’il prenait cette décision maintenant, il n’y avait pas de retour arrière, la Résistance serait au courant. Était-ce les mettre en danger, ou les protéger ? Bien sûr, son interlocutrice lui affirmerait que cela les aiderait, mais cela l’arrangeait bien, elle aussi, d’avoir quelques otages à se mettre sous la main dans le cas où il était un traitre ! Non pas qu’il y ait des risques, mais cela paramètrerait bien sûr sa réponse…
Il fit de son mieux pour rester impassible ; si elle remarquait son inquiétude, elle se douterait forcément que la réponse à sa question était positive. Fallait-il leur cacher, ou non ?

« Quelles assurances me donnerez-vous, si je vous dit que j’ai une famille ? Si je vous donne leurs noms, je les mets en danger ; vous aurez beau me dire qu’ils sont déjà en danger, ce sera forcément pire, quand l’ennemi saura qu’ils sont de la famille d’un rebelle… Je ne suis pas sûr de vouloir prendre ce risque. »

Finalement, il l’avait dit ; de toute façon, ils auraient facilement deviné qu’il n’était pas seul au monde, personne ne l’était vraiment. Cependant, ce n’était pas pour cela qu’il allait forcément en dire plus. Oh, oui, bien sûr, ils pourraient trouver en cherchant un peu – il n’avait pas changé de nom après tout ; il le faisait quand il louait un appartement, ou cherchait un boulot au noir, mais il avait voulu faire preuve de bonne volonté envers ces résistants. Il espérait juste que ça n’allait pas mal se terminer.
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MessageSujet: Re: Les recrues [PV Dan L. Millers, endroit secret, AmSud] Dim 28 Sep - 16:00

"L'équité vient du coeur ; la justice de la raison." - A. Chavanne

D'une certaine façon, l'interrogatoire du Capitaine Millers ressemblait de loin à celui d'un prévenu attendant un jugement devant une cour de Justice. De l'issue de ce parcours dépendrait de son avenir, de sa propre existence et de celle de son jeune protégé. Certaines mauvaises langues critiqueraient ses méthodes, la jugerait un peu trop tendre ou intransigeante, mais il ne fallait pas se fier aux apparences, aux propos des démagogues, des populistes et des adèptes de la calomnie. Et puis, il s'agissait d'un recrutement, non d'une pratique accusatoire.

Après avoir fait les cent pas en affichant un air neutre, mais bienveillant, Hermione était restée en position d'observatrice, en écoutant et en jaugeant Dan après l'avoir fixée droit dans les yeux, comme pour lui faire comprendre qu'elle n'était pas impressionnée. Si elle avait voulu lui faire du mal ou le recruter par la force, l'Ordre aurait employé d'autres méthodes nettement plus discutables. Elle pensait que leurs recrues avaient besoin de cours accélérés, y compris en Histoire sorcière afin qu'ils sachent contre quoi ils luttaient et quels étaient les amalgames à ne pas faire. Du moins, elle espérait que cela leur ouvriraient les yeux.

Son discours n'avait rien eu de hautement démagogique. Elle s'était contentée de répondre à ses questions, à lui faire un résumé honnête de la situation mondiale, sur la base de ses connaissances et de ses supputations. Hermione croyait en ses propos et elle s'était refusée à enrober les choses en usant de la langue de bois, en exagérant les choses et en tentant d'obtenir son adhésion en touchant une corde sensible : celle de la compassion exacerbée. Elle ne faisait pas semblant, il ne s'agissait pas d'un numéro d'actrice, même si l'honnêteté, la solidarité et le réalisme n'étaient pas chose courante en ces temps troublés. Le Capitaine ignorait qui elle était, mais il l'apprendrait vite. Sa méfiance était compréhensible et elle était réciproque.

En tout cas, la née-moldue sentait que sa manière de l'appeler par le terme générique de "sorcière" pouvait cacher certains préjugés, une haine envers les porteurs de baguette et elle ne s'était pas trompée, mais sans être sûre que son discours avait porté ses fruits, elle considéra que l'instant était venu de l'interroger sur les raisons de sa désertion, ce qu'elle trouvait curieux, à moins d'être en présence d'un criminel en fuite ou d'un officier-supérieur ayant réalisé on-ne-saurait dire comment que les sorciers étaient une menace, des envahisseurs. Comprendre ses motivations revenait à cerner les raisons qui le poussait à se battre contre les sorciers, à déterminer son parcours.

Dans l'immédiat, Hermione cherchait à vérifier cela et à savoir s'il avait de la famille. Un homme fiancé ou marié n'aurait jamais abandonné sa femme ni ses enfants ou du moins cela semblait peu probable. Il était possible qu'en dépit de son statut de hors-la-loi, le Capitaine était encore en contact avec eux, malgré ce que cela représentait. En posant la question, elle espérait définir sa situation, savoir s'il ne vivait qu'avec le garçon, en sachant que les observateurs n'avaient relevé que des contacts sporadiques avec "la civilisation". Ils se cachaient et agissaient seuls, mais elle se souvenait que Harry, Ron et elle avaient pris des mesures pour protéger les leurs au début de la guerre. Si famille il y avait, Dan aurait surement pris des précautions avant de faire le choix de la désertion.

« Si je pensais que vous étiez mes ennemis, je ne serais pas là. Et oui, je suis là pour apprendre, après tout. Donnez-moi les armes, je les manierais, et je ne parle pas que de fusils. » fit-il en lui adressant un léger sourire.

Et s'ils avaient été convaincus qu'il était un ennemi, il ne serait pas là à lui parler, mais pour l'instant, il n'avait obtenu que le bénéfice du doute. Ainsi, était-il disposé à apprendre. Cela n'étonna pas Hermione qui avait parié qu'un militaire tel que lui, bourré de haine et de préjugés serait ravi d'obtenir toute information susceptible d'atteindre ses ennemis.
"Apprends à te connaître et à connaître tes ennemis et les portes de la victoire te seront ouvertes pour l'éternité", disait le général Sun Tzu. Et il avait raison : l'information était d'une importance capitale. Elle lui sourit en hochant la tête, comme le signe qu'elle prenait note de sa bonne volonté. Puis vint le résumé sur la situation mondiale. Sur ce point, Miss Granger pensait que leurs recrues ne savaient que des brides d'informations, que ce qu'ils avaient pu entendre par la propagande.

Cela ne déclencha chez lui aucune réaction de surprise ni quoi que ce soit d'ailleurs. Il n'avait fait que secouer la tête en signe de dénégation. Sa réaction eut au moins le mérite d'être sincère et sans détour, sans la moindre agressivité, ce qu'elle apprécia. Hermione détestait les hypocrites, les beaux parleurs et les menus menteurs, sans oublier les machos qui tentaient de la prendre de haut pour compenser leurs propres faiblesses. Ce Capitaine était intelligent : il savait écouter, réfléchir, faire preuve de patience et de bonne volonté face à un individu qui tentait de faire la même chose, de bâtir une relation de confiance avec ses futures recrues. Restait à savoir s'il se joindrait à eux, comme le jeune garçon semblait déjà vouloir le faire.

« Je me battrais avec vous. Mais pas pour vos beaux idéaux tout brillants – je ne vais pas vous mentir là-dessus, si je suis avec vous, c’est d’abord pour moi. Et quelque chose me dit que même dans ce cas-là, vous m’accepterez… » Il parlait avec calme, énonçant un simple fait.

Hermione resta calme et posée lorsqu'elle nota sa franchise. Elle appréciait ce type, car au moins on pouvait discuter avec lui à bâtons rompus, sans se lancer des vacheries en pleine figure ou se croire dans une arène avec deux taureaux prêts à charger l'un sur l'autre. Il avait raison : tant qu'il n'était pas un espion ou une de ces brutes avec un pois-chiche à la place du cerveau, elle se fichait pas mal de ses motivations. L'important avait été de se montrer honnête, de lui parler de l'Ordre du Phénix sans trop enjoliver les choses, car il aurait tôt fait de se faire sa propre opinion. La confiance ne s'offrait pas, elle se méritait et se cultivait. Mais s'il tentait de les duper, il finirait dans une geôle pour le restant de la guerre ou par nourrir les asticots.

- Maintenant que j'ai répondu à vos questions, répondez aux miennes : Pourquoi avoir déserté ? Comprenez que la désertion d'un Capitaine de l'armée de sa Majesté est une chose curieuse, à moins que vous n'ayez quelque-chose à vous reprocher ? Je me demandais également... pardonnez-moi, mais... avez-vous encore de la famille au pays ?

Et vlan ! Il ne l'avait pas volé. Maintenant, que la confiance était établie, Hermione espérait le voir répondre à ses questions sur cette ligne de conduite. Elle savait que l'existence d'une famille pouvait être une faiblesse pour un hors-la-loi ou un résistant, mais la née-moldue avait autre-chose en tête : lui proposer une exfiltration, un programme similaire à la protection des témoins en matière de Justice ; une procédure que la résistance employait à de nombreuses reprises afin de sauver leurs agents, des fugitifs, des civils et des tas d'autres personnes. Le fait qu'il soit un déserteur ne lui posait aucun problème. Comprendre ce qui l'avait conduit d'un poste dans l'armée, en sacrifiant une carrière et sa sécurité, pour rejoindre la résistance était indispensable pour obtenir une crédibilité à ses yeux. Il n'y avait aucune question anodine, en dépit des apparences. La guerre impliquait qu'il n'y ait aucune zone d'ombre.

« Je ne suis pas parti par choix. Quand je suis… parti de l’armée, les sorciers ne s’étaient pas encore révélés, mais j’avais déjà eu l’occasion d’en croiser. Qui m’aurait cru ? Je pensais être le seul ; le seul « moldu », je veux dire, à savoir. Et je n’aurais rien pu faire pour protéger les miens en restant à l’armée… Voilà, c’est tout. Quand les choses iront mieux, ils auront tout le loisir de me juger – vous aussi si vous le voulez – mais je pense que là, ce n’est pas le plus urgent. Quoique c’est à vous de me dire, si vous pensez que je dois être traduit en justice pour désertion… » ,fit-il en haussant les épaules, en pensant qu'il n'avait rien à se reprocher.

Hermione esquissa un large sourire et sembla un peu amusé. Elle avait trouvé sa dernière phrase amusante, si l'on considérait qu'elle était l'une des plus recherchées par l'Intendance, considérée comme un Indésirable et une résistante de premier plan. En quoi son jugement aurait-il une quelconque valeur d'un point de vue juridique, lorsque la loi en vigueur au Royaume-Uni était devenue criminelle, au service d'un gouvernement tyrannique qui l'utilisait comme outil pour appliquer leur politique de purge et d'extermination ? D'un point de vue légal, le Capitaine aurait à répondre à une cour-martiale, sous la juridiction du Juge avocat général, dont le service dépendait du Ministère de la défense, mais dont la fonction et son personnel était administrativement dirigés par le Ministère de la Justice. C'était ainsi en Grande-Bretagne avant l'arrivée de l'Intendance, même si le système était compliqué à cause des pouvoirs dévolus à l'Ecosse et à l'Irlande. Serait présent un juge avocat accompagné d'un jury composé de 3 à 7 officiers et subalternes. Elle trouvait cela futile, en sachant qu'en cas de capture, on ne lui ferait aucun cadeau.

Les bras croisés, elle reprit sa marche des cent pas face à lui afin de lui répondre, toujours avec honnêteté.

- Hmm... fit-elle en se mordant la lèvre inférieure, en décroisant les bras.

Personne ne vous jugera, sauf si vous vous faîtes capturé. Je n'ai pas l'autorité pour vous juger pour désertion. Je ne pourrais juger que des actes que vous commettrez en tant que résistant. Et puis, il est probable que l'on vous inculpe également de meurtre et de haute-trahison s'ils mettent la main sur vous. C'est notre lot à tous. ,dit-elle en lui souriant.

J'ignore pourquoi vous avez fui et comment vous avez compris la menace, mais comme vous disiez, ce point de légalité n'a aucun intérêt et sera le cadet de vos soucis. C'est à vous de décider si vous souhaitez m'en dire plus. ,conclût-elle avec gravité.

Elle le vit réfléchir à sa seconde question. Qu'en était-il de sa famille ? Son silence devait surement impliqué une hésitation, surtout si Miss Granger se basait sur l'ensemble de leur conversation et ce qu'elle savait ou avait déduit de lui. Si la confiance qu'il pouvait lui accorder était en cause, il valait mieux rester prudente avant d'envisager un geste de bonne volonté.

« Quelles assurances me donnerez-vous, si je vous dit que j’ai une famille ? Si je vous donne leurs noms, je les mets en danger ; vous aurez beau me dire qu’ils sont déjà en danger, ce sera forcément pire, quand l’ennemi saura qu’ils sont de la famille d’un rebelle… Je ne suis pas sûr de vouloir prendre ce risque. »

La méfiance était manifeste, mais comment lui en vouloir ? L'important était de savoir si cela n'était pas un prétexte pour attirer des résistants dans un piège, en profitant de leur compassion et de leur propension à porter secours à la veuve et à l'orphelin. A ce jeu là, Hermione aussi pourrait rester méfiante et elle se devait de tout envisager, même l'improbable. Alors, elle reprit place sur sa chaise, face au bureau qui la séparait du Capitaine Millers. Le visage fermé et les yeux observant la surface de la table, il lui fallait prendre une décision, envisager un geste.

- Et qu'est-ce qui vous fait croire que depuis votre "départ précipité", ils n'ont pas été retrouvés par l'ennemi, hm ? Vous savez donc où ils se trouvent, n'est-ce pas ? ,lui demanda-t-elle en le fixant avec sérieux, droit dans les yeux.

Ils ont votre dossier militaire, y compris celui du MI5. Ils n'auront aucun mal à savoir. Pour eux, vous étes un déserteur, un hors-la-loi. Le risque, vous l'avez déjà pris lorsque vous avez fui. S'ils apprennent vos contacts avec la résistance, ce sera pire, oui, mais guère différent de ce qu'ils vous feront s'ils mettent la main sur vous. Elle marqua une pause.

Plus vous aurez de contact avec votre famille, plus ils seront en danger à cause de vous. Puisque vous me parlez d'assurances, j'en déduis que vous étes méfiant et je ne vous le reproche pas. Cela étant, en dépit des mesures de sécurité prises pour garantir notre sécurité, je n'ai pas l'habitude de prendre les gens en otage pour m'assurer de leur loyauté. ,fit-elle en marquant une pause, pour l'observer.

Nous exfiltrons des réfugiés, un peu comme le programme de protection des témoins qui existe aux Etats-Unis. Nous sauvons des milliers de vie. Je peux faire en sorte que votre famille soit exfiltrée vers un pays ami, avec une protection et une nouvelle identité, mais ils n'auront aucun autre contact avec la résistance ni avec vous afin de garantir notre sécurité réciproque.

Je dispose de moyens magiques pour leur offrir un abri sécurisé. On nomme ce sortilège, le sortilège du Fidelitas. Il permet de dissimuler une information ou un bâtiment aux yeux des autres en cachant ce secret à l'intérieur d'une personne qui devient son gardien. Lui seul peut indiquer verbalement ou par écrit cette information. Lorsque ce sort protège un bâtiment celui-ci demeure invisible aux yeux de tous, sauf de ceux étant dans la confidence. Il n'apparaît sur aucune carte.

Je propose que vous vous rendiez avec deux de nos membres là où sont vos proches. Ils utiliseront un mode de transport un peu perturbant au début, proche de la téléportation, même si ce n'est pas exact. On le nomme le transplanage. Ce sera à vous - sans évoquer la résistance - de les convaincre de partir sur le champ avec vous. Eventuellement, je pourrais faire en sorte que vous soyez le gardien de ce secret, comme ça, vous seul serez en mesure de révéler l'endroit où ils se cachent, mais à la condition que je fasse partie du secret. Les modalités de l'opération mériteraient réflexion...

Qu'en pensez-vous ?
,lui demanda-t-elle avec sérieux, en faisant mine d'être perplexe.

Après lui avoir répondu, Hermione sortit sa baguette magique et fit apparaître sur la table son exemplaire de l'Histoire de la magie qu'elle dupliqua à l'aide d'un sortilège de gémino. Elle fit disparaître l'original puis le prit dans ses mains afin d'en vérifier le contenu. Le livre était bien entretenu, sans ratures ni annotations, presque neuf. Puis, elle le posa sur la table et le poussa vers le Capitaine.

Ceci est l'Histoire de la magie de Bathilda Tourdesac. Bien qu'il soit édulcoré, sachez que tous les sorciers âgés de onze à dix sept ans ont eu à l'étudier avant que l'Intendance ne parvienne au pouvoir. Lisez-le, posez toutes les questions que vous voudrez.

Hermione se leva de nouveau, sa baguette reposant dans ses mains, comme un professeur s'apprêtant à donner une leçon à son élève. Et puis, ce que Harry et Ron avaient toujours trouvé surprenant chez elle - à savoir retenir tant de choses soporifiques avec une mémoire à faire pâlir un ordinateur - elle balança un résumé :

"Au cinquième ou sixième siècle de notre ère, un mage répondant au nom de Merlin est venu en aide à un romain, le père d'Arthur Pendagron. Il fut le professeur de son fils jusqu'à ce qu'il fut en âge de retirer l'épée d'excalibur du rocher. Vous connaissez la suite... Il créa une cité nommée Camelot, lutta contre les armées de Mordred et mena ses armées jusqu'à la victoire. Arthur et Merlin agirent comme des réformateurs pour leur époque. Cette histoire, bien que retravaillée par nos ancêtres au XIIe siècle, donna naissance à la légende Arthurienne, qui je le crains est bel et bien fondée sur une vérité historique.

Avec l'avènement du Christianisme, les religions considérées comme païennes, comme celle des druides ou celle des sorciers, furent considérées comme hérétiques. Par crainte, ambition, cruauté et soif de pouvoir, les Chrétiens ont pourchassés certaines créatures considérées comme maléfiques, allant jusqu'à tuer les chats, brûlant les sorciers, en lançant des inquisitions. La pénurie de chats causèrent des pestes dans certaines villes, comme à Paris alors que ceux-ci étaient vénérés dans d'autres civilisations. Les sorciers vivaient autrefois en harmonie avec les moldus, ce qui est toujours le cas dans bon nombre de pays d'Afrique ou d'Asie, même si pour eux il ne s'agissait que de magie chamanique. Ils ne savaient rien de l'organisation du monde magique.

Après l'histoire de Salem, les sorciers décidèrent de se dissimuler au regard des moldus. Ils créèrent un conseil sorcier, l'ancêtre du Ministère de la magie, pour administrer ce monde, pour prendre les mesures nécessaires afin que les moldus prennent les mythes et les légendes, le monde de la sorcellerie, pour des contes de fées, des choses appartenant au folklore. A partir du XVIe siècle, la rupture fut consommée bien qu'il eut toujours des sorciers - bons ou mauvais - qui interférèrent dans l'histoire des moldus pour en orienter le développement. Ce fut le cas de Merlin. Lors de la seconde guerre mondiale, un sorcier nommé Grindelwald a apporté son soutien aux nazis, mais il fut vaincu par Albus Dumbledore en 1945, un homme que j'ai eu l'honneur et le privilège de connaître.
Elle marqua une pause.

De toute évidence, Dan aurait surement du mal à suivre...

C'est lui, voyez-vous, qui est à l'origine de l'Ordre du Phénix ; une organisation secrète visant à s'opposer aux forces du mal, à protéger les moldus, à défendre la diversité et les droits fondamentaux contre nos ennemis : les mangemorts et désormais ceux qui servent l'Intendance. Ceux-ci firent leur apparition dans les années 70 et ils furent vaincus une première fois dans les années 80. Si vous avez créer l'O.N.U., sachez que les sorciers disposent d'un organisme équivalent nommé la Confédération Internationale des mages et sorciers qui prévoit dans son article 73 que tous les ministères de la magie présents dans le monde doivent prendre toutes les mesures nécessaires afin d'assurer la pérennité du secret magique. Cette décision ne visait pas à la domination, au complot, mais à nous protéger. Chaque dirigeant moldu à travers le monde a eu connaissance de notre existence et nos gouvernements ont oeuvré ensemble afin d'empêcher les criminels sorciers de commettre leurs crimes.

Le but autrefois était de préserver nos deux mondes, de laisser du temps pour nous faire évoluer vers une meilleure compréhension et qui sait, un jour, vers une ère de prospérité. Hélas, le Seigneur des ténèbres est parvenu à faire assassiner le professeur Dumbledore et nous avons perdu l'ultime bataille qui devait nous assurer la victoire finale. Nous sommes restés un mouvement de résistance, mais l'ennemi a réussi son coup d'état et il s'en est pris à la famille royale ainsi qu'au gouvernement de sa Majesté, privant ainsi notre peuple et le vôtre de leurs chefs et de leurs gouvernements élus. De fait, si les moldus ont évolués depuis le moyen-âge, ce ne fut pas tellement le cas du monde sorcier. La rupture du secret magique est en soi une erreur, car elle arrive trop tôt, sans préparation, mais désormais, nous devons tous faire avec.
Elle marqua une autre pause, en songeant à cela.

Evidemment, je comprends votre haine envers les sorciers, mais vous feriez une belle erreur en considérant qu'ils pensent tous la même chose. Ceux qui sont au pouvoir sont des criminels. Les vieilles rancoeurs ont été ravivées par des individus racistes et xénophobes. Un sorcier dit de "sang-pur" est un sorcier dont la famille paternelle et maternelle ne comporte que des sorciers. Un sorcier de "sang-mêlé" possède un ou plusieurs moldus (ou nés-moldus) dans son arbre généalogique et enfin un né-moldu est un sorcier issu de parents n'ayant aucun pouvoir magique. Il existe aussi des individus victimes de discrimination que l'on nomme "cracmols". Ils ne possèdent pas assez de magie en eux et puisqu'ils sont assimilés aux moldus ou à des gens victimes d'un handicap, ils font l'objet d'un rejet de la part de la société. Un système de caste et de privilèges, voilà à quoi ressemble ce monde magique et je trouve cela horrible.

Je peux m'arrêter là ou nous pouvons parler d'autre-chose, comme vous voudrez...
, conclût-elle en soupirant.

L'Histoire de la magie n'était pas forcément la matière préférée de grand monde, mais c'était utile !
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Les recrues [PV Dan L. Millers, endroit secret, AmSud]

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